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Wallaby

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Tout ce qui a été posté par Wallaby

  1. Bonsoir @Fusilier Je suis ravi de te parler à nouveau depuis tout ce temps. La Catalogne est une "Nation", se murmure-t-il. Et c'est une colonie, colonisée par les touristes allemands.
  2. C'est un principe appliqué de manière sélective, qu'on applique quand ça nous arrange et qu'on n'applique pas quand ça nous arrange pas. Admettons que les Français aillent se battre pour Marioupol. Iront-ils se battre pour libérer les Tibétains et les Ouïgours ? Et quid des Catalans et des Écossais ?
  3. 27 juin 2022 08:30 Nous aligner plus étroitement sur la politique américaine en Asie à un moment où les USA ne semblent pas avoir une doctrine cohérente, est une erreur. Nous devons travailler plus diligemment à construire une posture diplomatique et stratégique pour nous mêmes en Asie, et nous devons travailler plus étroitement avec les pays de la région.
  4. https://www.quarterlyessay.com.au/essay/2021/03/getting-to-zero/extract Prenons l'exemple de l'Allemagne, leader dans le domaine des énergies renouvelables. Son Energiewende, ou "plan de transition énergétique", a été lancé en 2000. Dans les dix-neuf années qui ont suivi, la part de l'énergie primaire dérivée des combustibles fossiles est passée d'environ 84 % à 78 %. Aux États-Unis, l'ambition et la planification sont nettement inférieures à celles de l'Allemagne, mais la part de l'énergie primaire provenant des combustibles fossiles a diminué dans les mêmes proportions au cours de cette période, passant de 86 % à 80 %.
  5. https://www.quarterlyessay.com.au/essay/2022/06/sleepwalk-to-war/extract La concurrence avec la Chine pour la primauté en Asie de l'Est est de loin l'engagement stratégique le plus sérieux que l'Amérique ait pris depuis la guerre froide. Et pourtant, Washington s'est lancé dans cette entreprise sans avoir une idée précise de ce qui serait considéré comme une victoire, de la manière dont elle pourrait être remportée, de ce qu'elle coûterait et des raisons pour lesquelles la victoire est vraiment importante. Cela semblerait presque incroyablement stupide et irresponsable si cela ne semblait pas si familier. C'est ce qui s'est passé lorsque Washington a lancé l'Amérique en Afghanistan et en Irak dans les années 2000, et même au Vietnam dans les années 1960. Il existe ici un modèle d'incompétence américaine que nous ne devons pas négliger. À Canberra, on a tendance à supposer que la machine politique américaine fait bien les choses, et à prendre ce qu'elle dit pour argent comptant. Mais lorsque les enjeux pour nous sont si élevés - bien plus élevés que lors de ces précédentes débâcles - nous ne pouvons pas nous permettre de supposer que nos alliés savent ce qu'ils font. Nous devons faire preuve de diligence raisonnable et décider par nous-mêmes si ce que Washington dit ou fait tient la route et a du sens. Et plus nous regardons de près, plus les choses semblent empirer. Les problèmes commencent par la question la plus fondamentale : que cherche exactement Washington ? Vise-t-il à préserver l'ancien ordre régional, avec l'Amérique comme première puissance en Asie de l'Est, de sorte que les choses restent essentiellement telles qu'elles ont été au cours des cinquante dernières années ? Ou vise-t-elle moins haut, cherchant plutôt à conserver un rôle stratégique majeur, sans toutefois conserver la primauté dont elle jouit depuis si longtemps ? Deux membres éminents de la nouvelle équipe de Biden ont écrit - également en janvier 2021 - que la politique de Washington en Asie devrait "commencer par s'éloigner de son objectif singulier de primauté". Ils ont fait valoir que l'Amérique devrait chercher à équilibrer la puissance de la Chine en Asie, et ont suggéré l'ordre stratégique européen du XIXe siècle comme modèle pour l'ordre que l'Amérique pourrait chercher à favoriser en Asie. J'ai soutenu dans mon premier essai trimestriel, Power Shift, en 2010, et dans le livre qui a suivi, The China Choice, que l'Amérique devrait chercher un moyen de partager le pouvoir avec la Chine en Asie. Mais cet objectif se heurte aujourd'hui à deux problèmes. Le premier se situe à Washington, où il subsiste un attachement instinctif profond à l'idée de la primauté américaine comme seule base possible de la stratégie américaine en Asie. L'option de partager le pouvoir de manière significative avec la Chine dans un système d'équilibre des pouvoirs ou de concert des pouvoirs à l'européenne doit nécessairement signifier traiter la Chine comme un égal. Ceux qui ont plaidé en faveur de cette approche - y compris notre propre Kevin Rudd - ont sérieusement sous-estimé les concessions qu'il faudrait faire à la Chine pour que cela fonctionne. Ils s'attendent, par exemple, à ce que la Chine accepte de relâcher la pression sur Taïwan si l'Amérique respecte plus strictement la politique d'une seule Chine. Cela pourrait fonctionner si l'objectif de la Chine était de préserver le statu quo là-bas, mais la Chine veut bien plus que cela. Elle veut récupérer Taïwan, et elle n'acceptera pas une présence stratégique américaine en Asie si l'Amérique ne l'accepte pas - ce que personne à Washington n'est prêt à faire, car cela reviendrait à renoncer à la primauté américaine. Et personne n'est prêt à l'envisager. En bref, il n'existe aucune vision cohérente à Washington d'un quelconque rôle américain en Asie autre que la primauté. Plus largement, alors que les propositions de Rudd pour une "concurrence stratégique gérée" suggèrent des mesures pour réduire le risque de conflit sur des points chauds tels que Taïwan et la mer de Chine méridionale, elles n'abordent pas les différences sous-jacentes entre l'Amérique et la Chine sur le leadership stratégique en Asie de l'Est. Ils supposent que la Chine pourrait accepter la présence stratégique de l'Amérique en Asie afin de réduire le risque de guerre. Mais il n'y a aucun signe de cela. Au contraire, la Chine veut utiliser le risque de guerre pour forcer l'Amérique à quitter la région - tout comme l'Amérique espère que le risque de guerre obligera la Chine à accepter la primauté des États-Unis. Le deuxième problème se situe à Pékin. L'Amérique ne sait peut-être pas ce qu'elle veut, mais la Chine le sait. Elle veut que l'Amérique quitte l'Asie en tant que puissance stratégique. Il y a dix ans, lorsque la Chine était plus faible et que l'Amérique semblait plus forte, Pékin aurait pu être persuadé de faire un compromis et de permettre à l'Amérique de rester dans la région en tant que puissance équilibrante plutôt que dominante. Mais aujourd'hui, la Chine a plus de poids, elle a donc peu de raisons de faire des compromis maintenant et encore moins dans les années à venir. Hugh White
  6. C'est un modèle attractif pour les gens qui ont des opportunités moins bonnes chez eux. La Russie est restée durant les dernières décennies une destination de choix pour les travailleurs émigrés ukrainiens, et les Criméens ont été ravis de devenir des russes, parce que pour les fonctionnaires et les retraités, cela voulait dire que leur traitement ou leur pension allait devenir un traitement ou une pension russe, [en fait boosté par les revenus pétroliers, parce que la Russie est une sorte de "pétromonarchie"] d'un montant beaucoup plus élevé que leur traitement ukrainien précédent. http://www.air-defense.net/forum/topic/18353-ukraine-ii/page/268/#comment-776988 http://www.nytimes.com/2014/06/11/world/europe/ukrainians-find-jobs-and-a-slice-of-russia-in-arctic-norway.html?ref=world (10 juin 2014) Article sur les mineurs du Donbass qui vont chercher du travail dans les mines du Svalbard - un archipel norvégien dans l'Océan Arctique - exploitées par une compagnie russe et où les salaires sont plus élevés en rapport avec l'isolement et les risques (accidents miniers et accidents d'avion pour s'y rendre). Une petite école pour les enfants des mineurs suit le cursus russe et enseigne aux élèves, presque tous ukrainiens, la langue et la culture de la Russie, un pays que la plupart n'ont jamais visité mais auquel ils se sentent appartenir. Irina Kara, l'institutrice, qui vient de Lougansk, dit qu'elle aime son travail et qu'elle ne se soucie pas trop de l'absence de soleil en hiver ou des mois d'été où il ne fait jamais nuit. Mais elle admet qu'elle se fait tout le temps du mauvais sang pour ses deux enfants et pour le reste de sa famille restée en Ukraine orientale. « Ici c'est le bout du monde, dit-elle, mais ça paye bien ».
  7. Je n'ai pas l'accès à l'article du Welt. Mais de fait les rapports de force dans l'UE ont été bouleversés par la guerre : - La taille des économies d'abord, puisque le PIB polonais est maintenant supérieur à l'allemand, le tchèque au français et le hongrois à l'italien - Les populations : la Pologne est aussi peuplée que France et Allemagne prises ensemble - Et les droits de vote au sein des institutions de l'UE, qui ont été modifiés en conséquence Comme le faisait remarquer @Alexis, ce n'est pas le centre de gravité économique de l'Europe qui s'est déplacé vers l'Est. Mais quelque chose s'est déplacé. Il y a une nouvelle division du travail entre l'Europe de l'Ouest et l'Europe de l'Est. Elle existait déjà sous la forme des travailleurs agricoles saisonniers chargés de cueillir les fruits dans les vergers anglais ou allemands, mais aujourd'hui se superpose à cela la répartition des rôles entre l'européen occidental qui paie, et l'européen oriental qui est "soldat", étymologiquement payé pour une "solde", donc en gros, mercenaire. Ce qui s'est déplacé, c'est le centre de gravité tragique. Joe Biden est allé haranguer ses troupes qui sont en fait ses mercenaires. Il les a couverts d'éloges. La presse euro-américaine a repris en choeur. Mais c'est un suicide d'une partie de l'Europe. Ce sont des kamikazes qui sont sacrifiés et à qui on rend un dernier hommage, dont on rédige par avance les épitaphes. Avant de partir vers le front, ils répondent "Ave Joseph (Biden, hein, pas Staline), morituri te salutant". Un jour, une compositrice contemporaine (Cate Blanchett-Tár) composera un opéra, inspiré du Requiem de Britten [1], et il sera joué à la Berliner Philharmonie. Son titre sera : « À l'Est, Rien de Nouveau ». [1] https://en.wikipedia.org/wiki/Sinfonia_da_Requiem À l'automne 1940, Britten a été convoqué au consulat du Japon, où on lui a lu une longue lettre du vicomte Hidemaro Konoye, qui était l'organisateur de la célébration. Le vicomte était le frère cadet du prince Fumimaro Konoye, alors premier ministre du Japon. Dans cette lettre, le vicomte accusait Britten, comme il l'a écrit plus tard, "d'insulter une puissance amie, de fournir une œuvre chrétienne là où le christianisme était apparemment inacceptable, que l'œuvre était lugubre, et ainsi de suite." C'était aussi l'expression du pacifisme du compositeur depuis toujours et une réaction à l'assombrissement des développements politiques qui ont finalement conduit à la Seconde Guerre mondiale. En fait, il s'était récemment installé aux États-Unis en raison de l'engagement de la Grande-Bretagne dans la guerre[6]. Dans un article publié le 27 avril 1940, il déclarait au New York Sun : " Je fais en sorte que ce soit aussi anti-guerre que possible [...]. Je ne crois pas que l'on puisse exprimer des théories sociales, politiques ou économiques en musique, mais en associant une nouvelle musique à des phrases musicales connues, je pense qu'il est possible de dépasser certaines idées... tout ce dont je suis sûr, c'est de ma propre conviction anti-guerre au moment où je l'écris... ".
  8. Je pense que cela ne peut marcher que par la coercition, si les Américains mettent le paquet au niveau des sanctions économiques générales ? Ou ciblées sur les dirigeants ? D'un interventionnisme militaire direct ou indirect ? Parce que pour la séduction, le compte risque de ne pas y être. Les Etats-Unis ont cessé d'être perçus comme un partenaire fiable depuis le retrait chaotique d'Afghanistan et aussi avec l'élection de Trump, qui laisse planer l'hypothèse de futurs gouvernements américains moins tentés par l'aventurisme et l'interventionnisme brouillon. Si ils se loupent, ils vont au contraire ossifier les liens entre le régime et la Russie, et créer un régime à la mentalité obsidionale encore plus farouchement anti-occidental. De façon générale, on assiste à la fin de la "guerre contre le terrorisme" (c'est officiel depuis le 31 décembre 2022 : fin des décorations américaines attribuées à ce titre : https://nationalinterest.org/blog/paul-pillar/good-riddance-war-terror-206210 ), et les gouvernements africains vont devoir se positionner en fonction de la polarité USA/Russie ou USA/Chine plutôt que la polarité USA/Al Qaïda ou USA/Boko haram. Il y a une sorte d'inversion de ce que racontait il n'y a pas si longtemps Marc-Antoine Pérouse de Montclos : Les dictateurs africains vont se remettre à vendre aux Américains et peut-être aux Français du "soutien anti-soviétique" en échange de leur fermeture d'yeux sur leurs dérives démocraticides et droitdelhomicides.
  9. Apparemment non, comme l'explique la suite de l'article du Petit Journal.
  10. https://thechinaproject.com/2023/02/17/mini-electric-cars-are-big-in-china-will-the-rest-of-the-world-catch-on/ La berline électrique la plus vendue en Chine en 2021 et 2022 était le mini VE Hongguang (宏光), fabriqué par Wuling 五菱. De manière révélatrice, de 2019 à 2021, la proportion des ventes de mini VE par rapport aux ventes totales de VE a augmenté de 17,7 % à 29,8 %, selon les données de la China Passenger Car Association (CPCA). En 2022, les ventes totales de VE en Chine ont toutefois bondi à 6,49 millions d'unités, et la proportion de mini VE a légèrement reculé à 19,3%. Mais cela représente tout de même 1,09 millions de mini VE vendus en Chine, soit une augmentation de 21,5 % en glissement annuel. Malgré le volume des ventes, l'industrie des mini VE souffre du même problème que l'ensemble du secteur des VE en Chine : l'absence de bénéfices. La Hongguang représente environ 90 % des ventes totales de SAIC-GM-Wuling, et la marge bénéficiaire brute de la société ne dépasse pas 3 % par véhicule vendu. La vitesse maximale de la Hongguang est de 96 km/h, et son autonomie maximale est d'environ 160 km. La voiture a la taille d'un cart de golf et est certifiée pour accueillir quatre personnes. La Wuling Hongguang, mai 2021
  11. https://lepetitjournal.com/shanghai/actualites/la-disparition-du-parrain-de-la-tech-chinoise-356403 (20 février 2023) « China Renaissance n’est pas en mesure de contacter Bao Fan ». C’est par ce communiqué laconique que la banque d’investissement a annoncé le 16 février au soir que son PDG était « incommunicado », tout en précisant que cette « indisponibilité n’était pas liée à l’activité ou aux opérations de la société, qui se poursuivent normalement ». C’est le quotidien économique Caixin qui aurait poussé le groupe à rendre cette information publique, ses sources lui rapportant que Bao Fan n’avait pas été vu depuis plusieurs jours… Le milliardaire rejoint ainsi la longue liste des hommes d’affaires ayant momentanément disparus ces dernières années, invités par les autorités à « prendre le thé ».
  12. https://www.tagesschau.de/ausland/europa/russland-ukraine-krieg-diplomatie-101.html (21 février 2023) Nicole Deitelhoff est professeur de relations internationales à l'université de Francfort et membre du comité directeur de l'institut Leibniz Hessische Stiftung Friedens- und Konfliktforschung. Les perspectives ne sont malheureusement pas très favorables pour le moment. Les deux parties continuent de croire qu'elles peuvent trancher ce conflit sur le champ de bataille. Les deux négociateurs potentiels, c'est-à-dire les gouvernements ou présidents respectifs, se sont également fortement engagés publiquement. L'Ukraine a notoirement rédigé un décret stipulant qu'il n'y aurait pas de négociations avec Poutine. Et le gouvernement russe a clairement indiqué à plusieurs reprises qu'il était certes prêt à négocier, mais uniquement si l'Ukraine acceptait de perdre les territoires que la Russie a illégalement annexés à l'automne. Ce n'est pas une base solide pour des discussions. Actuellement, nous observons surtout les positions contradictoires de l'Ukraine et de la Russie et avons l'impression que des discussions ne pourront jamais avoir lieu. Mais c'est faux. D'une part, il y a toujours des domaines dans lesquels on coopère. C'est le cas de l'accord sur les céréales. Ce sont les processus d'échange de prisonniers qui se déroulent de manière totalement silencieuse. Cela signifie qu'il y a là des domaines où l'on peut encore dialoguer. Et dans tous les conflits violents, on échange d'abord des positions maximales. Cela doit naturellement rendre sa propre position de négociation la plus forte possible, montrer clairement que l'on n'est pas prêt à faire des concessions. Cela conduit à ce que les deux parties donnent l'impression qu'elles ne peuvent pas s'entendre. Mais cela fait surtout partie des escarmouches préliminaires. C'est également le cas ici, même si nous sommes confrontés à une situation relativement difficile sur le plan militaire. Nous savons par la recherche que la médiation de tiers est un élément important pour faire avancer les négociations de paix. En particulier lorsque la guerre dure depuis longtemps et qu'elle s'est accompagnée de beaucoup de violence, il est sinon très difficile pour les deux parties de s'asseoir directement à la même table. Dans la situation actuelle, il y a selon moi deux possibilités. La première est un processus de paix sous l'égide des Nations unies. Mais jusqu'à présent, les Nations unies ne sont guère parvenues à jouer un rôle proactif dans ce conflit, elles sont plutôt restées un observateur, si l'on excepte l'accord sur les céréales. L'autre variante serait un État qui jouit au moins d'un minimum de confiance de la part des deux parties et qui a en même temps suffisamment d'influence, donc suffisamment de potentiel de pouvoir, pour que les parties l'écoutent. Dans la situation actuelle, seul un État pourrait le faire, à savoir la République populaire de Chine. Lors de la conférence de Munich sur la sécurité, la Chine a expliqué qu'elle souhaitait présenter un plan de paix. Cela donne l'impression qu'elle est intéressée par une médiation. Mais en même temps, certaines déclarations des dirigeants chinois ne laissent pas nécessairement penser qu'ils veulent vraiment jouer un rôle de médiateur, mais qu'ils se rangent du côté d'une partie, à savoir la Russie. C'est une mauvaise condition de départ pour une médiation. Il faut prendre les deux parties au sérieux pour pouvoir faire des offres de négociation crédibles. Quels compromis les deux parties peuvent-elles faire sans compromettre leur position actuelle ? Que peut concéder Vladimir Poutine et que peut concéder Volodymyr Selenskyj ? Deitelhoff : C'est la question centrale. Les deux parties ne sont pas prêtes à faire la moindre concession territoriale. Du côté ukrainien, c'est tout à fait compréhensible, car il doit céder des parties de son territoire qui lui reviennent tout à fait légitimement en vertu du droit international. Le président russe Poutine a illégalement annexé ces quatre oblasts et les a déclarés territoire russe ; il insiste pour qu'ils le restent. Dans une telle situation, la seule chose que je puisse imaginer est de laisser le statut de ces zones territoriales ouvert et de ne pas décider à qui ces régions doivent être attribuées, mais d'envisager une troisième solution. Ce serait une administration internationale de ces territoires. De mon point de vue, seules les Nations unies pourraient administrer ces territoires pendant une certaine période, afin d'y lancer à la fin un processus de référendum qui se déroulerait alors à l'échelle internationale dans des conditions transparentes. Mais c'est déjà une grande exigence pour la partie ukrainienne. Je ne suis pas sûr qu'elle accepterait et ce n'est pas non plus une recommandation de ma part. Mais cela me semble être l'une des rares options vers lesquelles on pourrait tendre.
  13. C'est à nuancer : la Chine s'est libéralisée aussi : les Chinois ont beaucoup plus de libertés aujourd'hui qu'ils n'avaient autrefois : liberté de changer de travail, de déménager (dans les limites du hukou, qui a été allégé dans certaines provinces mais pas dans toutes), de voyager, d'aller faire des études à l'étranger, liberté d'entreprendre, d'investir, d'acheter un logement, etc... Et la liberté d'expression en Chine a atteint un point maximal juste avant l'arrivée au pouvoir de Xi Jinping avec en particulier un internet encore assez peu censuré.
  14. Pour continuer la comparaison entre la Russie et la Chine, un dirigeant chinois actuel répondrait que la grande erreur de l'URSS a été de se libéraliser, et que la clé du succès chinois a été de se réformer sans se libéraliser.
  15. Les Chinois et les Russes n'ont pas les mêmes cartes dans leur jeu. Les Chinois ont joué finement, c'est sûr. Enfin jusqu'à Xi Jinping, la militarisation de la mer de Chine méridionale, et les diplomates "Wolf warrior" qui sont aussi fins que des éléphants dans un magasin de porcelaine.
  16. Il reste à démontrer que l'Union Européenne actuelle est basée purement sur l'esprit et le commerce. Dans les faits, l'Union Européenne et l'OTAN s'étendent à peu près au même rythme.
  17. En proposant à l'Ukraine en 2013 un accord d'association qui ne tenait pas compte des intérêts économiques russes en Ukraine, l'Europe a entrepris de détricoter activement le peu de hub commercial que la Russie constituait dans le cadre de la CEI.
  18. Je pense que tu as raison en partie. Un éléphant écrase les fourmis sans volonté explicite d'écraser les fourmis, c'est juste parce qu'elles sont sur son chemin et pas dans son champ de vision. D'où l'expression de "somnambulisme" employée dans la conclusion du rapport des Lords britanniques de 2015 sur la crise. Il y a une navigation à vue, qui ne voit que l'instant présent, et a négligé l'accumulation des rancoeurs russes. Le suivisme des Américains de la part de beaucoup d'Européens participe de cette négligence. Il est plus facile de suivre aveuglément les Américains que de réfléchir par soi même à ses propres intérêts, et de courir le risque de ne pas être d'accord avec les Américains. Mon intuition est que par exemple dans les propos de Lech Walesa de cet été, avec la volonté de «ramener» la Russie à «moins de 50 millions d'habitants», ou un désir "d'humiliation" de la Russie chez Anne Applebaum, ancienne membre du comité éditorial du Washington Post qui officie aujourd'hui à The Atlantic, vient d'une russophobie plus ancienne et n'est pas qu'une réaction épidermique à la guerre d'Ukraine. Il y a tout un mouvement russophobe qui a trouvé dans cette agression russe la justification pour en finir définitivement avec la Russie, en la démembrant, dans une sorte de "plan Morgenthau" : https://fr.wikipedia.org/wiki/Plan_Morgenthau
  19. Sans surprise, Pékin n'est pas "à l'unisson" de Joe Biden : https://www.globaltimes.cn/page/202302/1285939.shtml (21 février 2023) "Le président Xi a d'abord proposé une nouvelle vision de la sécurité, qui va au-delà des idées traditionnelles sur la sécurité et de la politique de puissance en Occident", a déclaré mardi au Global Times Xu Bu, président de l'Institut chinois d'études internationales et secrétaire général du Centre d'études de la pensée Xi Jinping sur la diplomatie. Elle transcende la pratique à long terme des pays occidentaux consistant à construire leur propre sécurité sur la base de la mise en danger de la sécurité des autres pays. Alors que le monde approche du premier anniversaire de la crise ukrainienne cette semaine, les États-Unis et certains pays occidentaux ont continué à attiser les flammes et à faire monter la tension en envoyant davantage d'armes en Ukraine, et en faisant des gestes politiques comme la visite surprise du président américain Joe Biden à Kiev lundi. "La Chine est profondément préoccupée par l'escalade du conflit et le risque que la situation devienne incontrôlable", a déclaré M. Qin [ministre chinois des affaires étrangères, Qin Gang], commentant la crise ukrainienne au cours du forum. La Chine continuera à promouvoir les pourparlers de paix, à apporter la sagesse chinoise pour une solution globale à la question de l'Ukraine, et à travailler avec la communauté internationale pour promouvoir le dialogue et la consultation afin de répondre aux préoccupations de toutes les parties pour rechercher une sécurité commune, a-t-il dit. Le ministre chinois des Affaires étrangères a exhorté les pays concernés à cesser immédiatement de jeter de l'huile sur le feu sur cette question, à cesser de blâmer la Chine et à cesser de provoquer la situation en utilisant des références telles que "l'Ukraine aujourd'hui, Taiwan demain". La Chine présentera également dans les prochains jours un document de position plus complet et faisant autorité en termes de règlement politique de la question ukrainienne, comprenant certaines idées fondamentales telles que le respect de l'intégrité territoriale et de la souveraineté, le respect de la Charte des Nations Unies et la résolution des différends par des moyens pacifiques, a déclaré M. Fu. "La sécurité d'un pays ne peut être construite sur la non-sécurité d'un autre pays. Toutes les préoccupations de sécurité des pays concernés devraient être respectées... ces idées fondamentales ont été incluses dans le document, qui devrait jouer un rôle de premier plan dans la prévention d'une nouvelle escalade et dans la recherche de solutions pacifiques", a déclaré l'envoyé chinois. Le document conceptuel [1] fournit une voie importante pour poursuivre la mise en œuvre de l'ICG sur 20 domaines de coopération clés et six plateformes de coopération, qui pourraient être des mesures réalisables, a déclaré mardi au Global Times Wang Dong, un expert des relations sino-américaines à l'Université de Pékin. "Bien que Qin n'ait pas mentionné les États-Unis nommément dans le discours, il a exhorté les États-Unis à ne pas alimenter le conflit, à cesser de s'ingérer dans les affaires intérieures de la Chine et à cesser de comparer la crise ukrainienne avec la question de Taïwan, à laquelle nous sommes fermement opposés", a déclaré Wang de l'Université de Pékin, notant que la position de la Chine est toujours claire car elle se tient toujours du côté de la paix, de la désescalade et de l'avancement des pourparlers de paix. "Le document a été dévoilé afin d'élaborer pleinement notre position, à savoir le soutien à un multilatéralisme centré sur l'ONU, alors que certains pays occidentaux ne cessent de nous reprocher d'être pro-russes", a déclaré Wang Yiwei, directeur de l'Institut des affaires internationales de l'Université Renmin de Chine, au Global Times mardi. Certains experts chinois estiment que la Chine a la position la plus objective et la plus neutre sur le conflit Russie-Ukraine, car elle adopte une attitude très équitable envers les deux parties. En revanche, les États-Unis - qui sont en partie à l'origine du conflit - ont émis des doutes sur la position de la Chine, car Washington la considère selon ses propres intérêts et perspectives. "Selon les concepts et les idées de la GSI [2], en ce qui concerne la crise ukrainienne, la sécurité future de l'Europe ne peut exclure la Russie", a déclaré Wang. A l'heure actuelle, certaines forces comme les Etats-Unis espèrent faire tomber la Russie et exclure le pays de l'Europe en matière de sécurité et d'énergie, ce qui n'est pas réaliste, a noté Wang Yiwei. Dans le contexte de la rivalité entre les États-Unis et la Chine, la vision de la sécurité proposée par la Chine vise clairement la confrontation entre les blocs dirigés par les États-Unis qui souhaitent étendre l'OTAN, y compris dans le Pacifique asiatique, ce qui ne fait que créer des ennemis ou restructurer les chaînes d'approvisionnement au nom de la sécurité, créant ainsi davantage de confrontation, a noté M. Wang. "En revanche, la Chine met en avant un nouveau type de relations internationales, inclusives et équilibrées, qui permettent de relever les défis ensemble et de parvenir à la sécurité pour tous." [1] [2] https://www.fmprc.gov.cn/eng/wjbxw/202302/t20230221_11028348.html
  20. https://french.news.cn/20230222/e0d8f5ca48a347dc93e487e5643a5a79/c.html (22 février 2023) La Base nationale d'archéologie sous-marine (mer de Chine méridionale) relevant de l'Administration nationale du patrimoine culturel de Chine a récemment été lancée. Avec une superficie prévue de 74 mu (environ 49.333 mètres carrés) et une superficie totale de construction de 31.085 mètres carrés, la base devrait remplir diverses fonctions, y compris la recherche et la protection du patrimoine culturel sous-marin, la réparation du patrimoine culturel et la formation d'archéologues, selon l'administration. Li Qun, vice-ministre de la Culture et du Tourisme et chef de l'administration, a déclaré que la mer de Chine méridionale était la plus grande en termes d'échelle et la plus riche en matière de patrimoine culturel sous-marin de toutes les eaux chinoises et représentait une zone importante de la Route de la soie maritime. La construction de la base constitue une étape importante pour renforcer le travail de protection du patrimoine culturel sous-marin du pays, et revêt une grande importance pour la transmission de la culture traditionnelle chinoise et la sauvegarde de la souveraineté, de la sécurité et des droits maritimes de la Chine, a noté M. Li.
  21. Pour les gens intéressés, je tire cela de cette interview du général Desportes : 12:36 Je pense que c'est globalement le comportement de l'Occident vis à vis de la Russie qui a engendré une rancoeur grandissante et qui de la Russie bienveillante des années 1990 - les années Yeltsine où l'on pouvait faire un certain nombre de choses - cette décadence-là a engendré l'arrivée au pouvoir de Poutine, qui petit à petit a trouvé de plus en plus insupportables les menées occidentales, et s'est senti menacé lui-même, avec en particulier l'avancée de l'OTAN, les radars anti-missiles installés par les États-Unis en Roumanie et en Pologne. Donc on a eu une rancoeur. Le sentiment en Russie d'être en danger, de pouvoir être agressé, et donc de se défendre, en quelque sorte, par cette attaque. 13:50 Je ne dis pas que l'Occident allait agresser. L'important n'est pas ce qu'on pense nous. L'important c'est ce que pense l'autre. L'autre pense que, effectivement, nous sommes devenus un danger. Et ça, je crois que nous n'avons pas su le voir. Donc ce mouvement en avant. Et là je crois qu'il est intéressant de se rappeler deux citations que j'aime bien, une qui est un peu datée puisqu'elle date de Catherine II, XVIIIe siècle, parlant je ne sais pas si c'était à Voltaire ou à Diderot, lui dit : « la seule façon pour la Russie de se défendre, c'est de repousser toujours ses frontières » et on sait que c'est bien sous Catherine II, après Pierre le Grand, que les frontières de la Russie se sont largement élargies, vers le Sud, vers l'Ouest, vers l'Est, etc. Il y a ce fond qui existe. La deuxième chose, c'est ce que dit le président Poutine à Angela Merkel, je crois en 2015, il lui dit : "la Russie n'a pas de frontières".
  22. Les Occidentaux envisageaient de gagner avec la méthode de Sun Zi : de faire capituler la Russie sans se battre en lui faisant comprendre qu'il était vain de se battre, tant était supérieure la force occidentale. De fabriquer une anti-Russie en Ukraine, vassale aux ordres de Washington, embryon de l'avenir souhaité pour la vassalisation de la Russie tout-entière.
  23. Ce que je m'épuise à dire, c'est que ça a commencé en 2008 (sommet de l'OTAN de Bucarest promettant d'intégrer l'Ukraine dans l'OTAN) ou en 2014 (la présidence Ianoukovitch n'ayant été qu'un interlude). L'invasion de 2022 est le prolongement et l'aggravation de celle de 2014, parce que l'Ukraine passait "sous influence militaire occidentale" [1]. Poutine n'agit pas. Il passe son temps à réagir à des événements qui lui échappent. La Finlande a une faible population, et pour l'instant on ne voit pas en Finlande un désir d'installation de bases militaires américaines. Donc peut-être n'est-ce pas une trop grande source d'inquiétude pour les Russes. Donc c'est de leur point de vue c'est peut-être une conséquence fâcheuse, mais gérable, qui ne modifie pas l'équation militaire par rapport à l'otanisation déjà faite de l'Estonie voisine. [1]
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