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Wallaby

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Tout ce qui a été posté par Wallaby

  1. https://www.franceculture.fr/emissions/les-enjeux-internationaux/qui-sont-les-habitants-de-tonga (27 janvier 2022) 09:29 Tonga est la dernière monarchie du Pacifique. Le pays qui a le moins subi la colonisation. C'est aussi un système aristocratique, une monarchie qui s'appuie sur une société très hiérarchique, dans laquelle les nobles ont un rôle politique important puisqu'ils sont très représentés à l'assemblée nationale (un peu moins qu'avant, depuis des émeutes et une réforme en 2006). Le leader du mouvement démocratique a été arrêté plusieurs fois pour sédition, mais il n'a jamais été réellement emprisonné. Il a été premier ministre à partir de 2014. 11:36 Les nobles, dans la vie quotidienne, on leur rend hommage. 11:52 Ces nobles sont aussi censés être ceux qui assurent le bien être et la subsistance du peuple.
  2. https://www.lindependant.fr/2022/01/12/des-images-incroyables-le-cartel-mexicain-mene-des-frappes-aeriennes-contre-un-gang-rival-a-laide-de-drones-10041857.php Le cartel le plus dangereux du Mexique aurait largué des bombes depuis un drone sur un camp rival dans une nouvelle guerre territoriale que se livrent les cartels mexicains. Cette frappe en drone serait signée du cartel de Jalisco Nouvelle Génération, une organisation criminelle mexicaine fondée en 2009 et actuellement active dans le monde entier. https://www.franceculture.fr/emissions/les-enjeux-internationaux/quelles-priorites-pour-la-nouvelle-cooperation-anti-drogue-entre-le-mexique-et-les-etats-unis (25 janvier 2022) Malgré les accords successifs qui les lient depuis maintenant une cinquantaine d’années ; malgré les moyens mis dans cette lutte contre les trafiquants : trois milliards de dollars engagés par Washington ces treize dernières années dans le cadre de l’initiative dite de Merida…; malgré enfin la véritable guerre engagée contre la drogue avec force soldats… il y a toujours plus de drogue, et toujours plus de morts. 300 000 en quinze ans dans des règlements de compte et des assauts de l’armée. Washington et Mexico ont donc d’un commun accord, tourné la page de l’initiative Merida et posé les bases d’une nouvelle coopération, dont ils sont en ce moment en train de préciser les contours, mais qui doit démilitariser ce combat commun qui reste prioritaire. 04:22 Le Mexique poursuit en justice 10 fabricants d'armes américains (...) devant un tribunal fédéral de Boston. 70 à 90% des armes retrouvées sur les scènes de crimes au Mexique viennent des Etats-Unis. 05:57 Ce que demande le Mexique, c'est une coopération nettement accrue dans la capacité des Etats-Unis à filtrer et à faire le travail de douane du côté Etats-Unien de la frontière. La question de la traçabilité est au coeur de ces sujets. 09:02 Des programmes sociaux sont en place. Malheureusement on ne voit pas une réduction forte et tangible de la violence sur les deux dernières années. Les taux d'homicides et les nombres d'homicides sont constants, se dont se félicite et le gouvernement et ce que dénonce l'opposition. 11:30 Le déploiement sur le territoire mexicains d'agents de la DEA [américaine] fait partie des très grands enjeux de la coopération bilatérale. Le gouvernement mexicain en fait une monnaie de négociation.
  3. 19 janvier 2022 John Mearsheimer : la situation va d'abord empirer L'administration Biden de cédera pas, pour 4 raisons : - la russophobie : la croyance que la Russie est 100% coupable et l'Amérique 100% innocente. - l'extension illimitée de l'OTAN est un "concept sacré" de la doctrine américaine. La notion de "droit" de l'Ukraine à faire partie de l'OTAN renvoie à une doctrine libérale profondément ancrée dans les esprits occidentaux. - Biden est affaibli sur la scène politique interne américaine - faire des concessions à la Russie enverrait un signal de faiblesse à la Chine Il va donc y avoir une escalade, et le péril va monter. 36:08 Malcolm Rifkind : j'ai dit en 2010 que la tentative d'inclure l'Ukraine dans l'OTAN était une erreur extrêmement stupide. Ainsi que la Géorgie. Non pas que l'Ukraine n'ait pas le droit de faire une demande d'adhésion, mais parce que ce n'est pas dans l'intérêt de l'OTAN ou de la sécurité européenne. Aussi parce qu'il n'est pas réaliste de penser que les membres de l'OTAN sont prêts à se battre dans une guerre totale contre la Russie après un déclenchement de l'article 5 par une Ukraine qui serait devenue membre. L'Ukraine devrait réfléchir à la neutralité, sur la base du Traité d'État autrichien de 1955 [1]. Mais au préalable, il faut organiser un référendum en Crimée sous supervision internationale et la Russie doit retirer ses troupes du Donbas. [1] https://fr.wikipedia.org/wiki/Traité_d'État_autrichien
  4. https://www.lemonde.fr/afrique/article/2022/01/03/mali-une-dizaine-de-partis-rejettent-la-duree-de-la-transition-voulue-par-le-gouvernement_6107999_3212.html Le Cadre d’échange réunit plusieurs partis et regroupements de partis, dont le Rassemblement pour le Mali (RPM), de l’ancien président Ibrahim Boubacar Keïta – renversé le 18 août 2020 –, et Yelema, de l’ancien premier ministre Moussa Mara. Cette coalition avait déjà annoncé son refus de prendre part aux Assises nationales de la refondation, organisées du 11 au 30 décembre. Il avait exprimé ce refus le 19 novembre au colonel Assimi Goïta, au pouvoir depuis le putsch du 18 août 2020.
  5. En fait en diplomatie, on ne reconnaît jamais un régime. On reconnaît les États avec leurs frontières. Et on établit des relations diplomatiques ou pas avec les régimes qui sont de facto au pouvoir à l'intérieur de ces frontières. Par exemple la France reconnaît l'État d'Afghanistan. Mais elle n'établit pas, en tout cas pour l'instant, de relations diplomatiques officielles avec le régime Taliban de facto au pouvoir. A priori, un État étranger n'a pas le droit de dire qui est légitime et qui ne l'est pas. C'est une ingérence, et les ingérences sont interdites par la charte des Nations Unies. Donc tout ce qu'on peut faire, c'est être fâché, et exprimer sa frustration en retirant son ambassadeur, ou en coupant toute relation diplomatique, ce qui est compliqué tant que le régime en question est présent à l'ONU, car au pire on est obligé de se croiser dans les couloirs et à la tribune de l'ONU (comme c'est le cas de la Corée du Nord pour les Américains).
  6. Il est reconnu à l'international. Emmanuel Macron était à deux doigts de rencontrer Goïta au mois de décembre. C'est compliqué de ne pas reconnaître un gouvernement qui détient de facto le pouvoir. Par exemple au Venezuela, tout en criant sur tous les toits que Maduro était illégitime et que seul le chouchou des Occidentaux Guaido était légitime, les pays occidentaux ont maintenu des ambassadeurs à Caracas accrédités par le gouvernement de Maduro (avant de se faire déclarer personae non gratae par Maduro). Une possibilité, c'est de faire comme pour les Talibans et la junte birmane, qui pour l'instant n'ont pas de siège à l'ONU. L'appui de la Chine et de la Russie sont cruciaux. Pour l'instant les seuls pays qui ont retiré leur ambassadeur de Bamako sont les pays de la CDAO, mais cette même CDAO continue la diplomatie avec Goïta en envoyant et recevant des émissaires. Et lorsque la France a retiré ses ambassadeurs d'Australie et des Etats-Unis, il y a quelques mois, cela n'équivalait pas à une "non reconnaissance" de l'Australie et des Etats-Unis par la France, qui aurait équivalu à ce que Paris rende l'Australie aux Aborigènes, et les Etats-Unis à l'Angleterre.
  7. https://www.iris-france.org/163798-preoccupantes-turbulences-economiques-en-turquie/ (10 janvier 2022) L’inflation pour l’année 2021 s’établit, selon les chiffres officiels, à 36 % c’est-à-dire un chiffre plus de sept fois supérieur à l’objectif que s’était fixé le gouvernement. Cette situation s’explique en large partie par une dépréciation de la livre turque de près de 45 % par rapport au dollar dans la même période, ce qui entraîne mécaniquement une augmentation du coût des importations. Par-delà la sècheresse des chiffres, il faut comprendre que la hausse du prix des produits de première nécessité (52 % à 120 % pour l’électricité selon le quota de consommation annoncé le 1er janvier, 25 % pour le gaz naturel consommé par les ménages, 86 % pour l’huile, 54 % pour le pain…) rend les fins de mois singulièrement compliquées pour les catégories sociales les plus défavorisées ainsi que pour une partie des classes moyennes. Dans le même temps, le taux de chômage officiel effleure les 15 % de la population active, ce que de nombreux économistes turcs considèrent comme très sous-évalué. Des élections présidentielle et législative doivent théoriquement être organisées au printemps 2023 et il apparait clairement dans les études et sondages d’opinion que les soutiens du président et de son parti, le Parti de la justice et du développement (AKP), est en train de s’effriter.
  8. La preuve c'est que les Criméens étaient tout contents de devenir russes, puisque cela voulait dire que les salaires des fonctionnaires et les retraites allaient augmenter.
  9. https://warontherocks.com/2022/01/putins-wager-in-russias-standoff-with-the-west/ (24 janvier 2022) Cette crise ne concerne pas l'OTAN ou l'Ukraine [pris isolément], mais l'OTAN et l'Ukraine [pris ensemble]. La Russie veut que Washington accepte un ordre européen révisé dans lequel la Russie dispose d'un droit de veto sur les accords de sécurité et sur les décisions relatives aux résultats en matière de sécurité. En fermant la porte de l'OTAN et en interrompant la coopération en matière de défense avec les pays non membres, Washington reconnaîtrait que les considérations de sécurité de Moscou l'emportent sur le droit de ses voisins à choisir leur orientation stratégique et que la sécurité en Europe doit être négociée avec Moscou. Après s'être montrée initialement ouverte au dialogue, l'administration du président ukrainien Volodymyr Zelensky a pris un virage brutal en s'éloignant de la recherche de compromis avec Moscou. Zelensky a arrêté l'allié de Poutine, Viktor Medvedchuk, et a interdit trois chaînes de télévision pro-russes dans le pays. Poutine s'est également emporté contre une loi linguistique discriminatoire adoptée en 2019, qui vient d'entrer en vigueur. Non seulement l'Ukraine a poursuivi sa trajectoire vers l'ouest, mais Zelensky a également choisi d'adopter une ligne dure, et a commencé à éliminer activement l'influence russe en Ukraine. Ce revirement a anéanti tous les espoirs que la Russie avait de parvenir à un règlement politique souhaitable et lui a ôté toute possibilité de s'affranchir des sanctions occidentales. Les responsables russes ont fait savoir publiquement qu'ils ne voyaient plus l'intérêt de négocier avec M. Zelensky, considérant son administration comme une marionnette des États-Unis, et se sont plutôt adressés à son protecteur - Washington. Les capitales européennes et Washington ont soutenu la position de l'Ukraine. Moscou est donc confronté à un choix entre accepter que l'Ukraine s'éloigne et l'escalade. Moscou estime qu'elle doit agir pour empêcher une réorientation définitive du pays et la destruction des principaux piliers de son influence. Parmi les griefs de Poutine, il y a la conviction que l'Ukraine deviendra une plate-forme pour la projection de puissance des États-Unis sur le flanc sud-ouest de la Russie et il ne peut tolérer cette perspective (rappelant les craintes de Moscou qui l'ont conduit à envahir l'Afghanistan). L'automne dernier, il a déclaré : "Et si demain il y avait des missiles près de Kharkov, que ferions-nous alors ? Nous n'allons pas là-bas avec nos missiles, mais des missiles sont amenés à notre porte. Bien sûr, nous avons un problème ici". Étant donné que Washington a fait savoir qu'il considérait l'Europe comme un théâtre secondaire, le prix demandé par la Russie allait inévitablement être élevé. L'élite russe peut croire qu'elle est en bonne position pour mener une opération militaire et résister à la tempête des sanctions économiques occidentales. Ayant stabilisé l'économie russe, constitué un trésor de guerre de réserves (plus de 620 milliards de dollars) et serré la vis à son opposition, le régime est plus confiant sur le plan économique et politique. Moscou a plus de poids sur l'Europe en raison de la flambée des prix du gaz et des pénuries d'approvisionnement en énergie. Poutine pourrait également juger que l'administration Biden est réticente à l'idée de promulguer les sanctions financières les plus sévères de son arsenal, car celles-ci provoqueraient des secousses dans le système financier mondial, une hausse des prix de l'essence aux États-Unis, sans parler de l'impact sur les prix de l'énergie en Europe. Il convient également de considérer que les hypothèses russes peuvent être colorées par un optimisme de guerre. Moscou pourrait croire qu'une grande partie de l'opinion publique ukrainienne a discrètement des attitudes pro-russes et que les forces russes pourraient être accueillies comme des libérateurs. Les élites russes voient l'Ukraine comme une oligarchie manipulable avec des élites corrompues. Ces hypothèses et ces récits sont profondément ancrés dans les déclarations et les écrits de Poutine. L'élite russe est profondément chauvine et a peu de considération pour les capacités militaires ukrainiennes. Moscou peut juger que le recours à la force est préférable par rapport aux coûts croissants de l'inaction et aux risques potentiels de devoir recourir à la force ultérieurement. Les dirigeants se persuadent de faire la guerre, en imaginant que la situation leur est imposée et en rationalisant qu'un conflit est inévitable et qu'il vaut mieux se battre maintenant que plus tard. La Russie ne serait pas le premier pays à en envahir un autre, en évaluant mal la dynamique sociopolitique et les coûts de l'occupation. Au cours du mois dernier, l'Occident a également armé l'Ukraine en prévision d'une attaque russe, ce qui n'est guère un succès politique pour Moscou. Si Poutine fait marche arrière sans faire de gains, la perception nationale et internationale sera qu'il a bluffé ou, pire encore, qu'il a été dissuadé avec succès. Poutine se retrouvera avec le pire des deux mondes, perçu à la fois comme agressif et résistible. En outre, si un État autoritaire peut se soucier moins de la perception de son public national, les élites, ou ce que l'on appelle le "sélectorat", sont une autre affaire. Les dirigeants autoritaires comme Poutine peuvent voir leur capacité à gérer des coalitions politiques diminuée si les élites les perçoivent comme téméraires, incompétents et de plus en plus inaptes à gouverner. Poutine a certainement des options, mais ce n'est pas une compétition dans laquelle il peut se permettre de reculer sans frais. La question n'est pas de savoir ce que la Russie peut faire militairement en Ukraine, puisque la réponse est presque tout, mais quel type d'opération pourrait permettre d'obtenir des gains politiques durables. Par conséquent, la plupart des scénarios semblent illogiques et politiquement contre-productifs. Compte tenu des enjeux et des coûts probables, toute opération militaire russe devrait obtenir des gains politiques qui donneraient à Moscou la capacité d'imposer sa mise en œuvre. En bref, il ne suffit pas de faire du mal à l'Ukraine pour obtenir ce que veut la Russie. Si certains pensent que la Russie a l'intention de contraindre l'Ukraine à conclure un nouvel accord de type Minsk, la réalité est que personne à Moscou ne pense que l'on puisse obliger un gouvernement ukrainien à appliquer un document qu'il signerait. Un tel accord serait un suicide politique pour l'administration Zelensky, ou toute autre administration. La Russie n'a aucun moyen d'imposer le respect de ses préférences une fois l'opération terminée. C'est, du moins, la leçon que Moscou semble avoir tirée de Minsk I et Minsk II. Pourquoi Minsk III serait-il différent ? La Russie n'a pas eu de mal à faire signer des accords à l'Ukraine sous la menace des armes, mais tous ces accords ont abouti à la poursuite de la marche de l'Ukraine vers l'ouest et au déclin de l'influence russe dans le pays. On ne voit pas très bien comment Moscou peut atteindre ses objectifs sans procéder à un changement de régime, ou à une partition de l'État, et sans s'engager dans une forme d'occupation pour conserver son influence. La Russie pourrait faire valoir l'offre d'un retrait de ses troupes à terme de l'Ukraine en échange d'un accord, en se disant que les États-Unis pourraient préférer une Ukraine brisée à un redécoupage brutal de la carte de l'Europe. Mais cet arrangement combinerait sans aucun doute les demandes actuelles faites à l'OTAN avec des impositions de souveraineté à l'Ukraine, y compris la fédéralisation pour accroître l'autonomie régionale, et un recul des liens de défense avec les membres de l'OTAN ainsi que la promesse que l'OTAN n'admettra jamais l'Ukraine. Il est possible que Poutine pense qu'il peut obtenir un tel accord, qui sera appliqué de l'extérieur par les États-Unis, mais seulement s'il détient la majeure partie du territoire ukrainien entre ses mains. Le scénario de plus en plus probable est que Moscou a l'intention d'installer un gouvernement pro-russe soutenu par ses forces, ce qui correspond aux allégations récemment publiées par le Royaume-Uni. La Russie pourrait également envisager une partition de l'Ukraine. Il ne s'agirait pas d'une occupation totale du pays, mais de la majeure partie du pays, sans les régions occidentales. Ce serait terriblement risqué et coûteux, mais cela ferait de Poutine le leader russe qui a restauré une grande partie de la Russie historique et établi un nouveau tampon contre l'OTAN. Une occupation de facto de la majeure partie de l'Ukraine pourrait être le seul moyen pour la Russie d'imposer sa volonté au pays si elle ne parvient pas à installer un gouvernement pro-russe. En lançant une offensive, l'une des décisions les plus risquées de Moscou sera de rester largement à l'est ou de s'aventurer à l'ouest du Dniepr. Que la Russie ait l'intention de partitionner l'Ukraine ou non, la guerre est hautement contingente. Dans un cas comme dans l'autre, les forces russes peuvent finir par contrôler de grandes parties de l'Ukraine pendant une période prolongée. C'est d'ailleurs ainsi que la Russie s'est retrouvée à l'origine avec le Donbas, sans avoir jamais cherché à le tenir indéfiniment. De même, l'opération russe visant à s'emparer de la Crimée ne montre guère que l'annexion était un résultat prémédité. Par conséquent, une fois qu'une opération est lancée, au-delà du mouvement initial, il est difficile de prévoir comment elle pourrait se terminer. Pourquoi pas quelque chose de moindre envergure ? Une campagne de moindre envergure, consistant peut-être à s'emparer du reste du Donbas, aurait des coûts et des risques élevés. Qu'est-ce que Moscou y gagne en Ukraine, ou en termes de révision de sa position en Europe ? Au contraire, cela aggrave la situation difficile dans laquelle se trouve actuellement la Russie. Les dirigeants russes ont reconnu que leur stratégie visant à tirer parti du Donbas n'a pas porté ses fruits et il est peu probable qu'ils redoublent d'efforts ou qu'ils répètent quelque chose qui, selon eux, ne fonctionnera pas. La logique d'une opération militaire russe suggère que la meilleure façon pour Moscou d'obtenir des gains politiques durables est d'utiliser la force à grande échelle et de s'engager dans une occupation pendant un certain temps. Cette crise révèle un problème dans la stratégie américaine. Les États-Unis devront gérer la Chine et la Russie en même temps, dans un avenir prévisible.
  10. La remarque suivante : https://www.guancha.cn/ChenFeng3/2022_01_25_623476_s.shtml Bien entendu, les États-Unis et l'Occident pourraient également utiliser la pression diplomatique pour contraindre la Biélorussie à refuser de coopérer avec la Russie et à ne pas autoriser les troupes russes à lui prêter main forte. Sans la révolution de couleur de l'Occident en Biélorussie, cela aurait pu fonctionner. Mais à quoi pense l'Occident lorsqu'il gifle la Biélorussie avec sa main gauche et l'attire vers soi avec sa main droite ? converge avec les analyses de Grigory Ioffe sur la politique occidentale qui pousse la Biélorussie dans les bras de la Russie : http://www.air-defense.net/forum/search/?q=jamestown&quick=1&type=forums_topic&item=24192 Cela pose aussi la question de savoir comment des gens qui sont incapables de s'apercevoir qu'ils jettent la Biélorussie dans les bras de la Russie pourraient être capables de s'apercevoir qu'ils jettent la Russie dans les bras de la Chine.
  11. Deux articles de Hal Brands : https://www.foreignaffairs.com/articles/china/2022-01-18/overstretched-superpower Les États-Unis sont un hégémon hypertrophié, dont la stratégie de défense est déséquilibrée par rapport à la politique étrangère qu'elle soutient. La première année de Biden a déjà montré combien il est difficile de gérer un monde indiscipliné lorsque Washington a plus de responsabilités - et plus d'ennemis - qu'il n'a de moyens coercitifs. À plus long terme, une superpuissance qui ne parvient pas à maintenir ses engagements en adéquation avec ses capacités risque de payer un prix encore plus lourd. L'administration [Biden] a fait des avancées majeures dans la compétition sino-américaine au cours de sa première année - en développant la planification et les exercices militaires multilatéraux dans le Pacifique occidental, en concentrant des organismes tels que l'OTAN et le G-7 sur la belligérance de Pékin, et en lançant le partenariat AUKUS avec l'Australie et le Royaume-Uni. Pourtant, Biden n'a pas bénéficié d'un quelconque répit sur d'autres fronts. Le plus problématique de tout, c'est que les relations des États-Unis avec l'Iran et la Russie ont empiré, au lieu de s'améliorer. Ces signes sont de mauvais augure pour 2022. Les États-Unis pourraient se retrouver confrontés à de graves crises de sécurité en Europe et au Moyen-Orient, en plus des tensions persistantes et élevées dans le Pacifique. Et ces possibilités laissent entrevoir un problème plus profond dans la politique américaine, un problème qui s'accumule depuis des années : l'hypertrophie stratégique. À la fin de la présidence de Barack Obama, la question se posait de savoir si les États-Unis pouvaient vaincre la Chine si Pékin attaquait Taïwan, ou la Russie si Moscou envahissait la région de la Baltique. Ce qui était clair, c'est qu'une telle guerre nécessiterait l'écrasante majorité de la puissance de combat du Pentagone, ainsi que la quasi-totalité de ses capacités de transport aérien et maritime. Cette prise de conscience a entraîné un changement majeur dans la planification de la défense américaine. La stratégie de défense de l'administration Trump a déclaré que la norme des deux guerres simultanées était révolue. L'armée américaine serait désormais dimensionnée et façonnée pour gagner une seule guerre majeure contre une seule grande puissance concurrente. Les États-Unis seraient toujours capables de "dissuader" une agression sur un autre théâtre, mais, comme l'a souligné une commission bipartisane comprenant plusieurs responsables actuels de l'administration Biden, la façon dont le Pentagone s'y prendrait exactement sans la capacité de vaincre une telle agression restait ambiguë. Le danger le plus flagrant, mis en évidence par les crises simultanées en Europe de l'Est et en Asie de l'Est, est que les États-Unis pourraient être amenés à mener simultanément des guerres contre la Chine et la Russie. Ce serait en effet un scénario cauchemardesque pour une armée à guerre unique. Si un président américain sait que le Pentagone aura besoin de tout ce dont il dispose pour une guerre trop plausible avec la Chine, il sera moins enclin à recourir à la force contre l'Iran ou la Russie, de peur que Washington ne soit pris de court si la violence éclate dans le Pacifique. Cette question conduit à un deuxième problème : la perte d'influence diplomatique dans les situations autres que la guerre. Comme l'a écrit le russologue Michael Kofman, la stratégie de Poutine consistant à utiliser la coercition militaire pour réviser l'ordre de l'après-guerre froide en Europe repose sur sa conviction que la "menace plus grande de la Chine" finira par "forcer Washington à faire des compromis et à renégocier". Lorsque le Royaume-Uni s'est retrouvé avec plus de rivaux qu'il ne pouvait en gérer à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, il a commencé à apaiser ceux qui étaient moins dangereux et moins proches - y compris les États-Unis - pour se concentrer sur l'endiguement de l'Allemagne. Lorsque la guerre de Corée a révélé que la politique d'endiguement de Washington dépassait ses ressources militaires, les États-Unis ont été contraints d'entreprendre une importante augmentation de leur capacité militaire pour combler l'écart. L'administration Biden pourrait essayer de contourner ce dilemme en gérant les tensions avec l'Iran, la Russie et d'autres challengers tout en encourageant les alliés en Europe et les partenaires au Moyen-Orient à assumer une plus grande responsabilité pour leur propre défense. C'est un instinct compréhensible. À court terme, les coûts géopolitiques d'un véritable repli sur soi et les coûts financiers d'un réarmement peuvent sembler supérieurs aux difficultés de se débrouiller. Pourtant, la première année du mandat de Biden a déjà montré que l'hypertrophie inflige des dommages au projet planifié. Le monde finira par punir une superpuissance qui laisse son déficit stratégique s'aggraver trop longtemps. https://foreignpolicy.com/2022/01/25/americas-war-for-global-order-is-a-marathon/ La suprématie des États-Unis est devenue plus contestée, en partie en raison de la prospérité que le système dirigé par les États-Unis a favorisée. Le PIB réel de la Russie a doublé entre 1998 et 2014, et les dépenses militaires ont quadruplé. Entre 1990 et 2016, le PIB chinois a été multiplié par douze, et les dépenses militaires par dix. Alors que la Russie sortait de sa paralysie postcommuniste, que la Chine connaissait une ascension fulgurante, les pays qui n'appréciaient pas le statu quo avaient désormais les moyens de le contester. Cette évolution a été exacerbée par un troisième facteur : la distraction, le désinvestissement et le désengagement des États-Unis. Après les attentats du 11 septembre 2001, les États-Unis ont passé une décennie à se concentrer sur le Moyen-Orient plutôt que sur des rivaux géopolitiques en pleine ascension. Bien que les responsables américains aient longtemps espéré que Washington pourrait éviter d'entrer en concurrence avec la Chine, son gouvernement communiste poursuit son "rêve chinois" aux dépens des États-Unis. Il s'agit, avant tout, de supplanter les États-Unis en tant que première puissance de la région Asie-Pacifique, en laissant l'Asie aux Asiatiques, comme l'a déclaré le président chinois Xi Jinping. Depuis plus d'un quart de siècle, la Chine a procédé à un renforcement militaire déterminé afin de pouvoir dominer ses voisins et empêcher les États-Unis de les défendre. La Chine a également mêlé coercition et séduction pour saper les alliances américaines et accroître sa propre influence ; elle a eu recours à une expansion rampante pour contrôler de larges pans du Pacifique occidental. Comme pratiquement toutes les puissances montantes, la Chine cherche à obtenir la primauté dans son arrière-cour géopolitique. L'éviction des États-Unis est une condition préalable à la prise en main de cette région par la Chine. Cependant, la suprématie régionale est moins une destination qu'un tremplin. La probabilité d'une guerre sino-américaine à propos de Taïwan, par exemple, a augmenté de façon spectaculaire ces dernières années et continuera probablement à augmenter dans les années à venir. L'ombre d'un conflit violent plane aujourd'hui sur l'Europe de l'Est. Entre-temps, Washington sera confronté à tous les dangers de la rivalité entre grandes puissances : crises diplomatiques à fort enjeu, conflits par procuration, manigances secrètes, courses aux armements, et l'ombre de la guerre. Premièrement, la concurrence à long terme se déroule dans un crépuscule géopolitique entre le soleil de la paix et l'obscurité de la guerre. La rivalité géopolitique n'est pas la paix. La menace de la violence est omniprésente, et certaines compétitions aboutissent à la guerre. Dans une rivalité à long terme, l'ancien diplomate américain George Kennan a noté : "Il n'y a pas de sécurité réelle et il n'y a pas d'alternative à une vie dangereuse." Pourtant, la compétition n'est pas un conflit militaire total. Elle peut mêler rivalité et coopération. Avant la Première Guerre mondiale, par exemple, le Royaume-Uni et l'Allemagne étaient des partenaires commerciaux et des ennemis stratégiques. La concurrence peut également se traduire par des guerres délibérément limitées. En effet, le fait qu'une rivalité de longue durée soit de longue durée - c'est-à-dire qu'elle ne se termine pas rapidement et violemment - indique probablement que les protagonistes partagent un intérêt pour éviter que les choses ne deviennent incontrôlables. Tout cela prend du temps, ce qui nous amène à un cinquième point : La compétition à long terme est souvent insatisfaisante et indécise par nature. Elle se déroule sur des années, des décennies, voire des générations. Elle récompense le renforcement progressif de la position d'un individu plutôt que sa quête d'un triomphe rapide et décisif. Par conséquent, la compétition à long terme exige des qualités apparemment contradictoires : la capacité de déployer la puissance de manière efficace tout en la conservant sur le long terme et la capacité de progresser de manière constante tout en conservant une certaine flexibilité en cours de route. La détermination est impérative, mais il n'y a pas de prix pour ce que l'ancien Premier ministre britannique Robert Gascoyne-Cecil, connu sous le nom de Lord Salisbury, appelait "s'accrocher au cadavre d'une politique morte". Et comme la compétition à long terme prend du temps, le temps devient une arme. Les stratèges intelligents cherchent à prendre l'avantage en exploitant les fenêtres d'opportunité et en manipulant le rythme de la rivalité. Sixièmement, la compétition à long terme est un test des systèmes autant que de l'art politique. Elle permet de déterminer quel modèle politique, social et économique peut le mieux générer et utiliser la puissance. Il n'y a pas de questions purement nationales. Les questions qui affectent la performance des institutions, de l'économie et de la société d'un pays peuvent déterminer son destin géopolitique. Les meilleures stratégies renforcent le système d'une nation en entreprenant les réformes nécessaires ; le péché capital est de poursuivre des politiques - étrangères ou nationales - qui sapent la vitalité d'une nation. Si les Américains ne sont pas bien au fait de la compétition à long terme aujourd'hui, c'est parce qu'ils n'ont pas eu à y faire face récemment. Cela fait 30 ans que les États-Unis n'ont pas été engagés dans une rivalité entre grandes puissances. Peu de décideurs vivants ont une expérience approfondie de ce défi. Par conséquent, les États-Unis ont une mémoire musculaire très limitée pour faire face à des ennemis puissants et persistants. "Les imbéciles apprennent par l'expérience", a dit un jour l'ancien chancelier prussien Otto von Bismarck. "Les sages apprennent par l'expérience des autres". En effet, il existe plusieurs raisons pour lesquelles les stratèges avisés devraient revoir la guerre froide des États-Unis. Si Carl von Clausewitz a pu écrire le traité de référence sur la guerre en étudiant les conflits napoléoniens, si l'historien athénien Thucydide a pu tirer des vérités fondamentales sur la géopolitique de la guerre du Péloponnèse, alors une lutte aussi épique que la guerre froide peut certainement enseigner au monde quelque chose de fondamental sur la compétition à long terme.
  12. https://www.thenationalnews.com/opinion/comment/2022/01/24/turkey-has-quietly-sent-armenia-a-friend-request/ Les Émirats arabes unis ont finalisé la semaine dernière leur échange de devises avec la Turquie, pour un montant de 4,9 milliards de dollars, et les deux pays espèrent signer d'autres accords lors de la visite de M. Erdogan à Abu Dhabi, qui pourrait avoir lieu le mois prochain, ce qui laisse penser que les tensions qu'Ankara entretient depuis des années avec les États du Golfe se sont largement apaisées.
  13. J'avais relevé les infos suivantes sur la "gérontocratie" américaine : À côté, les gérontes de l'Union Soviétique déclinante étaient des petits jeunes de moins de 80 ans : Brejnev, Andropov et Tchernenko.
  14. https://foreignpolicy.com/2022/01/25/us-natural-gas-france-deal-cheniere-energy-transition-climate-change/ En octobre 2020, le gouvernement français a bloqué un accord de 7 milliards de dollars entre Engie, une entreprise énergétique française partiellement détenue par l'État, et NextDecade, une entreprise américaine de gaz naturel liquéfié (GNL), car le gaz était trop sale. Mais récemment, il a été révélé qu'un nouveau contrat de 11 ans avait été discrètement signé pour ce même combustible en juin dernier, cette fois entre Engie et Cheniere Energy, une autre société américaine de GNL.
  15. J'ai trouvé ça : https://medium.com/doublethinklab/tracing-control-and-influence-at-guancha-news-54219a0f8203 (1er mai 2021) Guancha Syndicate (观察者网) est l'un des portails de médias en ligne les plus populaires et les plus influents de Chine, lancé en 2012 pour fournir une source d'information alternative, théoriquement décentralisée, aux internautes chinois. Guancha est également un foyer du mouvement "nouveau nationaliste" chinois, fondé sur un sentiment anti-occidental et sur la conviction de la supériorité du modèle de gouvernement actuel de la Chine. Le Laboratoire Doublethink a noté une tendance des médias internationaux à citer Guancha comme une source indépendante d'informations et d'opinions, distincte des médias de propagande étatiques tels que Global Times et China Daily. Par exemple, la chaîne australienne ABC News a cité un post Guancha d'un "commentateur civil bien connu qui se fait appeler Xi Yazhou" (qui se présente comme un commentateur militaire indépendant sur le site Guancha) dans un article sur le dévoilement d'un nouveau drone pendant les répétitions pour marquer le 70e anniversaire de la RPC. Mais les observateurs de Taïwan pourraient reconnaître Guancha comme une source d'opérations de désinformation visant l'île à la suite du typhon Jebi, qui a frappé Osaka en 2018. Selon Reporters sans frontières (p.17), des articles et une vidéo de Guancha ont faussement affirmé que le bureau de représentation de Taïwan à Osaka n'avait rien fait pour aider les citoyens taïwanais en détresse, laissant l'ambassade de Chine leur porter secours. Les médias taïwanais ont repris ces fausses informations sans les vérifier correctement - bien que le Taiwan FactCheck Center ait démystifié la désinformation - ce qui a entraîné des protestations contre la présidente taïwanaise Tsai Ing-wen. Ce billet sert à clarifier le positionnement de Guancha dans l'écosystème médiatique chinois et le contexte historique dans lequel il a évolué. Nous voulons montrer que le Parti communiste chinois (PCC), sous la forme du gouvernement central via le Conseil d'État et du gouvernement municipal de Shanghai, a influencé l'organisation depuis sa création.
  16. Une "crise des missiles de Cuba", en quelque sorte. Le truc qui m'inquiète, c'est que Joe n'a peut-être pas les mêmes neurones, la même réactivité, le même désir de réfléchir en dehors des sentiers battus, que John. Je ne me moque pas des Allemands et je me désespérerais que la France fît plus.
  17. https://peterbeinart.substack.com/p/americas-generation-gap-on-ukraine (24 janvier 2022) À Washington aujourd'hui, si vous vous opposez au maintien des portes de l'OTAN ouvertes à l'Ukraine, vous êtes considéré comme une sorte de cinglé. Je ne connais pratiquement aucun membre du Congrès, quel que soit son parti, qui soit de cet avis. Il y a dix ou vingt ans, pourtant, c'était une position épousée par les piliers de l'establishment américain. Que s'est-il passé ? En partie, c'est une histoire de changement de génération. La politique étrangère américaine est désormais dominée par des personnes qui ont grandi dans un monde unipolaire. Et c'est une chose dangereuse. En 2014, Henry Kissinger, la personnification de l'establishment de la politique étrangère américaine, soutenait : "L'Occident doit comprendre que, pour la Russie, l'Ukraine ne pourra jamais être un simple pays étranger." Si "l'Ukraine doit survivre et prospérer, a-t-il insisté, elle ne doit pas être l'avant-poste de l'une ou l'autre des parties contre l'autre - elle doit fonctionner comme un pont entre elles." Au lieu d'adhérer à l'OTAN, l'Ukraine "devrait adopter une position comparable à celle de la Finlande", dans laquelle elle "coopère avec l'Occident dans la plupart des domaines, mais évite soigneusement toute hostilité institutionnelle envers la Russie." Zbigniew Brzezinski, qui, lorsqu'il était conseiller à la sécurité nationale de Jimmy Carter, était connu comme un faucon de la guerre froide, a néanmoins adopté le modèle finlandais. L'Ukraine, insistait-il, ne pouvait avoir "aucune participation à une alliance militaire considérée par Moscou comme dirigée contre elle-même". Néanmoins, comment se fait-il que personne ayant le prestige d'un Kennan, d'un Moynihan, d'un Kissinger ou d'un Brzezinski ne se fasse l'écho de leurs arguments aujourd'hui ? Je pense qu'une partie de la réponse est liée à l'expérience de la vie. Ces hommes ont grandi pendant la guerre froide. Par conséquent, ils ont considéré comme normal - tragique, mais normal - que la Russie possède une sphère d'influence. C'est lié aussi au déclin des études russes dans les universités américaines : http://www.air-defense.net/forum/topic/6454-russie-et-dépendances/?do=findComment&comment=1479988
  18. Il devrait y avoir un équivalent du "point Godwin" pour récompenser toute personne réussissant à placer le professeur Raoult dans une discussion qui n'a rien à voir avec la médecine.
  19. Tout ce qui est là dedans est vrai. Tout est attesté par la documentation et par les meilleurs auteurs.
  20. Ambrose Evans-Pritchard est furieux contre l'Allemagne : https://www.telegraph.co.uk/business/2022/01/25/eus-unforgivable-failure-ukraine/ Les élites allemandes ont signalé par leurs actions et leur langage corporel qu'il n'y aura pas de conséquences sérieuses, quoi que fasse M. Poutine avec ses forces Blitzkrieg et ses divisions blindées à la frontière de l'Ukraine. La Commission européenne a pris la décision de ne pas retirer le personnel de l'ambassade de Kiev, un comportement révélateur d'une puissance qui se considère comme neutre. Le Français Emmanuel Macron a choisi ce moment pour appeler à un nouveau partenariat stratégique entre l'UE et la Russie, distinct des Américains, à la consternation des États de l'UE en première ligne qui dépendent de l'Amérique pour leur survie nationale. M. Buras [de l'ECFR] a déclaré que le Conseil européen avait demandé à l'équipe de politique étrangère de la Commission de proposer un ensemble de sanctions il y a six mois, mais qu'aucun document n'était apparu. "Il s'agit d'une mise en cause dévastatrice de la diplomatie européenne à un moment où elle est confrontée à son test le plus sérieux", a-t-il déclaré. Au cœur de cette paralysie se trouve l'étrange ambivalence de l'Allemagne, soutenue par la croyance indéfectible qu'elle a une compréhension et une appréciation uniques de la Russie. La foi nationale en l'Ostpolitik survit à chaque provocation de M. Poutine. C'est en partie un moyen de camoufler ses intérêts personnels et ses avantages commerciaux, mais c'est aussi une véritable pathologie culturelle. "Ils ne peuvent pas se sortir de la tête l'illusion d'un partenariat stratégique avec la Russie", a déclaré le professeur Hannes Adomeit, de l'Institut de politique de sécurité de l'université de Kiel. Il fait partie des 73 historiens et experts allemands de l'Europe de l'Est qui ont rédigé une lettre ouverte accusant l'establishment berlinois de contribuer au désastre en cours par des erreurs systématiques d'appréciation, de poursuivre avec acharnement la doctrine de l'Annäherung durch Verflechtung (rapprochement par l'interdépendance) et de continuer à croire que M. Poutine serait encore moins contrôlable sans le dialogue allemand. "Ils pensent que les siloviki (hommes forts de copinage) qui entourent Poutine ne sont pas si différents des anciens Brejnev et Gorbatchev. Mais Poutine est beaucoup plus dangereux parce qu'il est moins contraint par la sagesse collective du Politburo et qu'il est rancunier et irritable (carries a chip on his shoulder)", a-t-il déclaré. Matthias Platzeck, du Deutsch-Russisches Forum, appelle à la fin de toutes les sanctions résiduelles post-Crimée afin d'apaiser le Kremlin, arguant qu'il est désormais impératif sur le plan stratégique d'éloigner la Russie de la Chine de Xi Jinping. Ou, comme l'a dit un peu trop franchement l'ex-chef de la marine allemande, M. Poutine ne veut que du respect... et le mérite. Le résultat de l'apaisement allemand - oui, c'est le bon mot - est que la Russie ne sera pas expulsée du système SWIFT de paiements mondiaux, même si M. Poutine prend Kiev et érige son gouvernement fantoche. Friedrich Merz, le nouveau chef des chrétiens-démocrates, a déclaré qu'il était trop dangereux d'activer cette option nucléaire financière. Elle risquerait de faire exploser les marchés financiers européens et de déclencher une crise bancaire, dévastant l'économie européenne. Il a semblé suggérer que des sanctions contre quelques oligarques seraient une réponse suffisante. Dans un sens, M. Merz a raison. Les entreprises allemandes ont continué à investir à grande échelle dans l'économie russe depuis l'annexion illégale de la Crimée en 2014 et sont donc otages, un peu comme la City de Londres a continué à financer le régime d'Hitler jusqu'en 1938, tout en faisant un lobbying furieux pour une paix aux conditions de Berlin. Il n'y aura pas d'embargo sur les exportations russes d'énergie et de minéraux stratégiques. Les principaux dirigeants du SPD - dont le ministre de la défense et le secrétaire général - continuent de penser que le gazoduc Nord Stream 2 doit être construit même si M. Poutine anéantit l'Ukraine. Berlin a refusé de vendre à Kiev des systèmes d'armes défensifs et est intervenu pour empêcher les États baltes de l'OTAN d'expédier de vieux obusiers est-allemands provenant de leurs stocks militaires pour aider à renforcer la résistance de l'Ukraine. En bref, l'Allemagne ne prendra aucune mesure susceptible de menacer sa relation spéciale avec Moscou ou de mettre en péril ses intérêts économiques à long terme. Elle concède au Kremlin un droit de regard impérial sur son étranger proche. Nous attendons donc, avec un pressentiment tendu, que le sol gèle suffisamment pour que les chars et l'artillerie russes puissent y pénétrer, et nous posons la question suivante : que restera-t-il de l'UE si M. Poutine brise l'architecture de sécurité européenne au cours des six prochaines semaines ? Évoluera-t-elle vers le condominium franco-allemand "lotharingien" dont rêve M. Macron, ou sera-t-elle le début d'un condominium russo-allemand de facto beaucoup moins agréable pour Bruxelles, Paris et l'Occident ?
  21. Il y a un autre fil sur l'Irlande du Nord : http://www.air-defense.net/forum/topic/19768-2016-quel-ambiance-en-irlande-du-nord/#comments
  22. En tant que membres de l'OTAN on est un tout petit peu concerné. Et en tant que membres de l'Union Européenne, les Néerlandais se sont prononcés très clairement par référendum en 2016 sur l'accord d'association UE-Ukraine. Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Référendum_néerlandais_sur_l'accord_d'association_entre_l'Ukraine_et_l'Union_européenne De la même façon, quand il a été question en 1963 de faire entrer le Royaume-Uni dans le Marché Commun, qui était le Général de Gaulle pour apposer son véto ? Eh bien, il était le général de Gaulle. C'était un simple mémorandum non ratifié, une note, donc ne valant pas plus qu'une simple promesse verbale.
  23. Les Occidentaux par la voix de James Baker, Helmut Kohl, Hans-DIetrich Genscher, se sont portés garants que l'OTAN n'avancerait "pas d'un pouce vers l'Est".
  24. Qu'est-ce qui te choque dans le titre ? Est-ce "République" ou "Irlande" ?
  25. Pour continuer de commenter l'affaire du vice-amiral Schönbach, ce que je trouve remarquable c'est la façon dont les journalistes de l'Agence France Presse [1] et de Belga [2] se sont évertués à rendre incompréhensible la position du chef de la marine allemande, en omettant la colonne vertébrale de son discours, l'argument massue qui est « Même l'Inde et l'Allemagne ont besoin de la Russie. Nous avons besoin de la Russie contre la Chine » [3]. Sans cet argument, ce qu'il dit et qui est repris apparaît décousu et irrationnel, dans le petit monde provincial européen où la Chine n'est pas dans le radar et où l'on réfléchit au mieux à 4 ou 5 ans à l'avance et non à 40 ou 50 ans à l'avance. L'Europe et l'Inde sont deux sous-continents de la masse continentale eurasiatique. Et dans le contexte indo-pacifique, l'idée se comprend parfaitement. La preuve c'est que l'australien Hugh White le dit. Au moment où j'ai traduit ce passage, j'ignorais ce qu'avait dit Schönbach le jour même, et ce n'était pas du tout prémédité de ma part, c'est une pure coïncidence : - Du coup, cela peut aussi expliquer la déclaration d'Olaf Scholz sur sa réticence à sanctionner la Russie [4], ce qui punirait l'Allemagne, mais aussi... punirait la Russie. Or si l'on punit la Russie, on affaiblit la Russie, et si on affaiblit la Russie, la Russie n'investit plus au Kazakhstan, et la Chine devient la puissance dominante au Kazakhstan : [1] https://www.lefigaro.fr/flash-actu/demission-du-chef-de-la-marine-allemande-apres-des-propos-controverses-sur-l-ukraine-20220122 [2] https://www.rtbf.be/article/conflit-en-ukraine-un-amiral-allemand-somme-de-s-expliquer-apres-des-propos-controverses-sur-la-russie-10920081?id=10920081 [3] https://theprint.in/world/china-slams-germanys-ex-navy-chief-for-his-call-to-de-link-close-beijing-moscow-ties/812470/ [4] https://www.swissinfo.ch/eng/germany-urges--prudence--in-potential-sanctions-against-russia-over-ukraine/47285604
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