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Tout ce qui a été posté par Tancrède
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Il serait bon que, plus généralement, aux USA mais aussi ailleurs, on revoie cette habitude des "speaking fees" hallucinants, surtout quand on sait que les discours et interventions concernées ne justifient en rien de tels chiffres. Il s'agit en partie d'une rétribution de la célébrité ainsi revendue à prix d'or auprès d'universités, d'entreprises, groupes d'entreprises.... Qui allongent indistinctement. C'est particulièrement choquant dans le cas d'universités ou de colloques d'intérêt général, le prix étant du coup refilé aux étudiants (et aux USA, ils croulent déjà sous les dettes en grande partie dues à un système universitaire complètement déréglé, aux dépenses hors de contrôle et depuis longtemps sans rapport avec la qualité de l'enseignement) ou à des causes qui peinent à collecter du fric. Beaucoup de ces discours sont disponibles, et il n'y a rien dedans que de très général, le seul "intérêt" étant la célébrité qui les prononce, supposée garantir d'attirer du monde, favoriser la notoriété et le prestige de l'établissement et/ou organisation accueillant l'événément, faire venir du "beau" monde et donc favoriser réseautage et donations.... D'autres discours -et c'est un des reproches fait à Clinton cette semaine, surtout dans le cas de la conf chez Goldman- sont mystérieusement indisponibles, malgré la présence d'une société de transcription sur place, donc celle d'une version écrite. Le problème de ces rémunérations exorbitantes pour pas grand-chose voire rien du tout (le contenu est généralement sans intérêt) est qu'il s'agit d'un circuit mondial et de circuits nationaux qui servent avant tout à rétribuer discrètement des accords passés, sous couvert d'une activité honorable: on se souviendra des interventions à 1 million de dollars de l'heure de l'ex-président Bush Jr dans les pays du Golfe où, me dit radio rumeur, il n'était même pas toujours, voire consistaient uniquement en un cocktail mondain (certaines mauvaises langues disent même que certaines de ces interventions n'ont jamais existé que sur le papier, à l'inverse du transfert d'argent, bien réel). Les reconversions professionnelles d'ex dirigeants ou dignitaires nationaux dans "le lobbying", dans des conseils d'administrations (aaaah, M. Schröder et sa retraite tranquille dans le secteur énergétique russe.... Qui lui aurait été promise des années avant qu'il quitte la chancellerie), des organismes de conseil, des fonds d'investissement à nom pompeux et objectifs prétentieusement nobles, des associations et fondations en tous genres mais pas au-dessus de tout soupçon.... Ces reconversions, donc, sont devenues une affaire très organisée, et les discours surpayés sont la partie la plus commode et la plus répandue (parce que les sommes sont plus petites et les engagements des prestations ponctuelles: c'est "souple"). Promettre un job, c'est juste la taille au-dessus. En l'occurrence, mettre un ex-politique sur un circuit de telles prestations oratoires (discours, position "d'expert" dans un média, places de consultant dans des organisations plus ou moins liées à la politique....), c'est de facto lui garantir un bon revenu pour des années.... Et ce à l'heure où plus de 80% des ex-représentants et sénateurs américains bossent pour une firme de lobbying et/ou une organisation politique privée sitôt après avoir fini leur mandat, au point que de nos jours, la majorité de ceux qui cherchent à se faire élire ne visent qu'un ou deux mandats, le temps de se faire la réputation, le savoir et le carnet d'adresses pour se faire embaucher là où ça paye. C'est moins Clinton qui est à viser, dans cette polémique, que le système générique qui aujourd'hui régit la politique, particulièrement américaine. Ce que Sanders a très bien noté en ne réagissant pas à la défense de Clinton qui l'accusait de la traiter indirectement de corrompue, préférant opter pour la critique du système en général, mettant en évidence ce que j'ai décrit plus haut, à savoir la "reconversion" des politiques (qui tend même à devenir un système où la période en politique doit être aussi courte que possible, servant de filtre pour se faire embaucher) et les montants énormes que, sous de multiples formes (et sur des périodicité très variables: vous garantir informellement un job est un mode de corruption difficile à prouver), de grandes organisations injectent dans le système politique. Et de souligner qu'il doute que ce soit sans influence sur la façon dont les dirigeants politiques sont élus ou nommés, sur la façon dont la politique fonctionne, et sur les choix qui sont faits. On la lui fait pas, au vieux!
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Tu parles de Bernie Atréides contre la représentante de la maison Clinton.... Tu peux corriger ton affirmation "celle et ceux", et dire "celles et ceux". Les deux nanas de la compète (même si évidemment, une des deux a zéro chances de faire un résultat visible) sont des enragées. Hillary le masque mieux, mais tout le monde sait sur Capitole Hill qu'elle a toujours été classée chez les faucons, côté politique extérieure, et que dans le cabinet Obama (pardon.... Le conseil impérial), c'est pas elle qui a prêché d'aller causer à La Havane ou à Téhéran (Jakarutu!!!!).... Ca s'est fait contre son avis.... Très très contre. Y'a du y avoir des mains qui cherchaient la bague chargée au Gom Jabbar. Etrangement, Clinton est activement soutenue par le Bene Gesserit les organisations féministes (farouchement opposées à la Maison Harkonnen/Séoud), malgré le bilan beaucoup plus ouvertement proféministe de Bernie..... Que faut-il en conclure?
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Euh?! Les trucs soniques, ça c'est dans le film. Le livre n'utilise pas de trucs fondés sur un armement particulier (sauf les atomiques pour créer les conditions de la bataille voulue), renvoyant même l'affrontement plus vers une histoire de bite, de couteau et de planètes dures qui font des vrais guerriers, versus les planètes civilisées qui font des tapettes. Jakarutu!!!!! Ces hérétiques seront emportés par le tourbillon de la guerre sainte: que leur lame brise et tombe en poussière! Ca dépendra aussi de qui sera le prochain Empereur Padishah: Shaddam junior, en place jusqu'en 2007-8 serait déjà intervenu avec toutes ses légions. Et même si le prochain était encore un "calme", qui sait ce qui se passerait en cas d'attentat conséquent dans l'Empire ou dans un de ses protectorats chez un de ses amis? Voire une série d'attentats plus ou moins serrée dans le temps, qui permet de créer le climat adéquat? Ce genre de trucs pouvant s'ajouter à une situation économique stagnante (ou pire), des menaces sur le marché de l'Epice/pétrole (voire des attentats ciblés fragilisant certains points de passages et/ou goulots d'étranglement, dans le Golfe en particulier), on peut vite arriver à un cocktail incitant la Guilde à menacer l'Empereur de castration faire un lobbying très volontaire agitant entre autres choses le financement électoral. Et boum! C'est pas parce qu'on entend moins les va t'en guerre de Kaitan/Washington qu'ils ne continuent pas à gueuler très fort et à inciter à y aller.
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Sauf que l'Irak n'a pas le monopole de l'épice du pétrole, très loin de là, et est même loin d'être le premier producteur. Ca change plus qu'un peu l'équation politique qui va avec. Gordon, sors de cet avatar! On t'a dit que t'étais has-been quand ton deuxième film est sorti!
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Un article dont la "thèse" (enfin, il a rien inventé, le journaliste: les journalistes ricains se tordent le cerveau depuis juin dernier sur la "méthode Trump") se vérifie dans les jours post-Iowa: la presse, surtout télé, continue à parler avant tout de Trump et à favoriser les sondages qui mettent son lead en avant. Il est devenu leur gagne-pain, depuis l'été dernier. Ils vont pas le lâcher, et il va continuer à représenter 50% ou plus du temps consacré à la politique républicaine.
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Premier sondage national (PPP) après les caucus de l'Iowa: Trump a perdu beaucoup de sa marge d'avance, restant en tête, mais avec "seulement" 25% des intentions de vote, contre 21% pour Cruz et Rubio. Carson est encore à 11%, et Bush, Kasich et Paul à 5%. Mais Paul a officiellement jeté l'éponge, de même que d'autres, mais dont tout le monde se fout. Le dernier sondage national de PPP (donc avec les mêmes méthodes, les mêmes échantillons, les mêmes questions et conditions) date de la dernière quinzaine de décembre, et voyait Trump à 34%, Cruz à 18, et Rubio à 13. Les sondages nationaux ne veulent pas dire grand-chose dans cette élection qui se joue dans chaque Etat et où les effets d'une victoire ou d'une défaite (dans un Etat) sur un autre Etat votant après sont difficiles à établir de façon quantifiée, mais ils sont quand même un utile indicateur de tendance. Il ne faut cependant pas non plus trop en conclure: Trump prend un coup, il subit un creux, et peut très bien remonter dans les jours qui viennent, en très peu de temps, sans même parler des semaines qui viennent. Il y a un effet de court terme particulièrement fort après un résultat, surtout s'il se combine à une gaffe ou deux (comme lui faisant sa râleuse face à Cruz). Son impact se diffuse le temps d'un newscycle ou deux, le temps que les logiques plus profondes reprennent leurs droits. Le fait devrait cependant rappeler que s'il y a réellement un "effet Trump", il est corollaire d'un fort mouvement antagoniste d'hostilité pour ce candidat qui laisse peu de monde indifférent, dans un sens ou un autre. Il est certes très favorisé par une partie de l'opinion, mais aussi littéralement haï par une autre encore plus importante. Cruz, lui, ne provoque pas de ralliement massif, mais pourra peut-être tirer son épingle du jeu parce que, contrairement aux précédents vainqueurs républicains de l'Iowa (Santorum et Huckabee), il a: - une masse de fric monumentale. Maintenant que Bush a cramé son énorme trésor (il en garde encore pas mal, mais uniquement sans son SuperPAC: sa campagne est fauchée) et ne parvient plus à récolter beaucoup de fric, seul Rubio peut se comparer au fric de Cruz. - une cote de popularité importante dans un électorat particulier: les ultra-conservateurs religieux et idéologues, complètement intransigeants, désormais très organisés et financés: cela lui donne ses chances dans un certain nombre d'Etats, essentiellement le Vieux Sud, et son Etat du Texas. Rubio est celui qui a créé la surprise: l'importance de son score le crédibilise et ramène les espoirs de l'establishment et des conservateurs "normaux" sur lui. Il va continuer à récolter du fric et organiser son "ground game", tachant d'améliorer son image qui a pris quelques coups notoires (sa faible présence au Congrès, son absence de bilan législatif, ses changements de position maladroits, ses talonnettes , la gestion de ses finances personnelles, le fait qu'il ait tapé dans les fonds de campagne pour des dépenses perso....), et essayer de faire des scores importants dans les "early states", d'en gagner au moins un, pour se crédibiliser dans les Etats conséquents (et moins extrêmes) qui viendront essentiellement lors du SuperTuesday. Au final, l'Iowa fut une très mauvaise affaire pour un Trump qui a tout d'un coup perdu son aura d'inévitabilité et de domination, son principal avantage: il peut la rebâtir, en commençant par un New Hampshire dont les comportements politiques sont très différent de ceux de l'Iowa, mais il va devoir apprendre vite à la jouer "au sol". Dans le NH, les estimations pour le GOP sont: 38% pour Trump, 14% pour Cruz, 12% pour Rubio, 9 pour Bush, 7 pour Kasich. L'impact des caucus de l'Iowa n'est pas encore très pris en compte dans ce sondage, mais surtout, le NH est, comme l'Iowa, un Etat à très faible population, avec un habitat très dispersé et de fortes identités politiques et culturelles: l'appartenance à un parti y est plus faible, l'électeur moyen très changeant, et plusieurs courants idéologiques puissants déterminent à divers degrés le substrat gouvernant la pensée des gens de là-bas, démocrates, républicains ou indépendants, de façon particulière au lieu. Ainsi, le libertarianisme, une haine particulièrement forte des élites et de la centralisation cohabitent avec un fort attachement aux programmes publics visant à égaliser les chances (éducation peu chère, sécurité sociale, justice accessible, finance de "petite échelle" favorisant plus les business locaux que les grandes entreprises....). Rien de très original, sinon dans le "niveau de force" de ses idées et le cocktail particulier qu'elles forment dans l'Etat, à forte "mentalité yankee". Les particularités du lieu font ainsi qu'une grande (plus qu'ailleurs) part des électeurs ne se prononce qu'au dernier moment, versent aussi bien à droite qu'à gauche, et que le changement d'avis de peu de monde est rapidement d'un grand poids électoral (même si Sanders a plus de 30 points d'avance sur Clinton, la messe est tout sauf dite). Et là-dessus, la vague des résultats de lundi arrive, suivie des débats de samedi et de la campagne suractive de "retail politics" qui s'est (re) lancée cette semaine. On constate donc que, même si les primaires de l'Iowa n'ont pas été bonnes depuis longtemps, surtout côté républicain, pour dégager les bons candidats ou prédire le vainqueur, elles restent importantes tant elles structurent la suite des primaires.... Et tout ça via un processus de caucus généralement foireux et bordélique, aux règles plus ou moins absconces, où les candidats doivent aller parler quasiment à chaque péquin, et où les multiples micro-débats entre militants (1681 districts, donc 1681 points de débat, maquignonnages et vote) plus ou moins informés et enclins à subir toutes les influences de court terme qu'une procédure ouverte (pas de vote secret) suppose, débouchent sur le choix de qui pourrait se voir confier les codes nucléaires. la démocratie en action.... They've all come, to look for America.
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Nominalement, pour la "victoire" en tant que telle, sans doute un peu, mais pour le nombre de délégués, je ne crois pas: le compte final fut de 20 délégués contre 21, je crois, soit pas vraiment de différence. Et les délégués dépendent moins de la victoire proprement dite que de ralliements personnels (vu qu'il n'y a pas de mandat impératif de vote pour eux lors de la convention). Je ne suis pas exactement sûr du règlement des caucus démocrates de l'Iowa, qui est vraiment nébuleux (celui du GOP est nettement plus clair), mais je ne crois pas que cela ait une influence si grande non plus sur l'orientation des 8 "super délégués", qui sont de toute façon indépendants du vote, et se rallient à titre personnel (cad dans des discussions d'arrière salle, des promesses, des négos.... Bref, ce que les ricains appellent le "horsetrading", et nous de la politique de maquignon). Ca fait partie de toutes les élections dans toutes les démocraties, ces petits coups de putes et actes de harcèlement permanent. Dans le principe, ils sont choquants, souvent illégaux, mais "petits".... Et tellement nombreux qu'on n'y fait pas attention et qu'on accepte la chose en disant "c'est le jeu". Le coup de Cruz -au final un tweet au bon moment- n'est qu'un exemple parmi mille autres, même si maintenant, Trump n'a pas pu s'empêcher d'en faire un plat 2 jours après; c'est une connerie, mais c'est sa nature. Et ça va beaucoup le desservir: si Cruz va peut-être, face au fait que certains aient décidé d'en faire une question médiatique, en pâtir, Trump va SÛREMENT prendre un coup parce que, si peu de gens aiment ou tolèrent les "tricheurs" (tous le sont un peu: la politique, c'est la guerre avec des règles), PERSONNE n'aime les chialeuses. Ce que Cruz a fait, au final, c'est comme au foot: tout le monde sait qu'il faut pas simuler, les arbitres sanctionnent quand ils peuvent, mais l'important est que le jeu continue. Simuler, ou mille et un autres trucs, c'est considéré comme du "gamesmanship": on fricote avec la limite des règles -marchant dessus à l'occasion ou mettant même un bout de pied au-delà en croisant les doigts, on pousse autant qu'on peut, on utilise tout ce qu'on peut pour choper même un micro-avantage.... Parce que c'est comme ça, et que personne n'a jamais joué le jeu autrement.
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Quelques commentaires au lendemain des caucus de l'Iowa: - les résultats annoncés par la campagne Clinton, clamant la victoire à la publication des premiers sondages, furent en fait une décision-éclair face à un petit début de panique à l'évocation de résultats encore largement inconnus. 20% des voix n'étaient en fait pas encore décomptées, et à ce stade, les résultats dans une douzaine de districts avaient été décidés littéralement à pile ou face en raison d'une égalité parfaite des scores. Je dis bien "littéralement"; dans ces districts, la personne chargée de superviser le processus a lancé une pièce pour que la décision soit faite, le match nul n'étant pas admissible. Si l'impression de victoire a été forte pendant un moment, il semble que la campagne Clinton n'ait pas réussi à faire suffisamment de spin pour transformer l'essai: l'impression générale des commentaires d'aujourd'hui, soit ce qui donne le ton général du débat, va plutôt vers la mise en évidence d'une Clinton-Goliath n'obtenant pas de vraie victoire, et d'un Sanders-David réussissant un joli coup. Le résultat est concrètement une victoire, mais une très faible, et dans un Etat dont le nombre de délégués est faible. En revanche, en terme de perception publique, impression est donnée d'un camp Clinton recourant à un "dirty trick" pour essayer de s'afficher comme un grand vainqueur, alors que, quand les décomptes furent vraiment connus dans la journée, la marge séparant les deux candidats étaient encore plus faible qu'attendue. On peut pointer une certaine animosité d'une partie de la presse dont la relation amour-haine avec Clinton lui fait voir, aux moments de cherchage de merde, des fautes où il n'y a que des maladresses, de la malice là où il n'y a qu'une mauvaise décision, de la condescendance là où il n'y a qu'un mouvement politicien. Mais le fait demeure: l'élan qu'a voulu se créer Clinton en revendiquant prématurément la victoire pour donner l'impression qu'elle était nette, a plutôt tendance à lui revenir dans la tronche - révélateur de l'impression créée en revanche par Sanders: dans les 24 heures qui ont suivi les résultats initiaux, la campagne du sénateur du Vermont a vu affluer les donations, totalisant 3 millions de dollars sur cette seule durée, soit la meilleure journée en la matière depuis l'annonce de sa candidature. La grande majorité de cette somme provient en outre de nouveaux donateurs, qui restent autour de la moyenne de 27 dollars, et indiquent donc une croissance très nette de sa base de collecte de fonds (pas loin de 100 000 contributeurs en plus qui s'ajoutent aux plus de 3,5 millions enregistrés, un chiffre sans précédent). - le score qui fait tiquer les commentateurs politiques: le différentiel entre les deux candidats démocrates dans la tranche démographique des 18-29 ans. 84% pour Sanders, 14% pour Clinton. Sanders est faible chez les seniors (60 ans et plus), avec 29% (contre 68 environs pour Clinton) et un peu en-dessous chez les 30-59 ans. Son défaut de notoriété encore certain explique en partie ce retard, de même que les particularités culturelles de l'Iowa peuvent accroître certaines reluctances à son égard (par exemple, le terme "socialiste" et ce qu'il suppose dans l'imaginaire américain, même à gauche), mais ce différentiel, qui semble destiné à s'amenuiser en faveur de Sanders, reste conséquent quoiqu'il arrive, surtout si on le superpose à d'autres qui restent notables, notamment quand on regarde la division hommes-femmes ou celle de la couleur de peau (minorités et femmes sont plus nettement pro-Clinton à ce stade). Là est le problème pour un Sanders qui va devoir continuer sur sa lancée, avec un accent porté sur le fait de convaincre les vioques, mais aussi parvenir à mobiliser plus la jeunesse, non pour qu'elle soit plus "pro-lui", mais pour qu'elle se bouge le cul pour aller voter..... Parce que si les Américains votent peu, ce à quoi seuls certains candidats arrivent à temporairement remédier (un peu), et Sanders semble faire partie de ceux-là, les JEUNES Américains votent extrêmement peu. Et là, grand-père va devoir aller leur tirer l'oreille pour les rameuter devant les urnes (et pas pour que ces cons d'étudiants de fratries pissent dedans).
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Petite résurgence amusante de la question des femmes dans l'armée aux USA.... Sous un nouvel angle: les chefs de l'Army et des Marines ont mis en avant, lors d'une audition au Congrès jeudi dernier, que maintenant que tous les postes des forces armées étaient ouverts aux femmes, celles-ci devraient avoir, comme les hommes, à s'inscrir sur les listes du Selective Service System, l'organisme qui recense la population mobilisable en cas de réactivation de la conscription. Le but d'un tel changement serait donc une conscription indifférenciée et n'accordant aucune priorité ou aucun avantage à un sexe sur l'autre. La manoeuvre peut sembler politicienne de la part des officiers généraux, une manière de rendre la chose -et la perspective, aussi improbable soit-elle- plus réelle dans l'esprit de la population féminine afin d'un peu plus dissocier les organisations féministes aux revendications sélectives, et de maintenir le buzz sur les changements silencieux imposés aux forces, souvent à leur corps défendant (à tort et à raison selon les sujets).Politiquement, l'arme est à double tranchant, parce qu'à moins que le problème ne repasse sous le manteau (probable), cela ne laisse que 2 solutions: soit intégrer effectivement les femmes dans le système (ce que nombre de démocrates pourraient craindre), soit fermer définitivement le Selective Service System, c'est-à-dire toute possibilité de revenir rapidement à la conscription en cas de besoin, ou de la maintenir dans l'horizon. Le système en lui-même coûte quelque chose comme 24 millions par an, en soit une goutte d'eau dans le budget militaire, et une mobilisation minime de ressources, mais la base de donnée et la planification qu'il maintient à jour sont un capital potentiellement important, et conservé à moindre coût. https://www.washingtonpost.com/news/checkpoint/wp/2016/02/02/army-and-marine-corps-chiefs-its-time-for-women-to-register-for-the-draft/
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Allemagne
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Wallaby dans Politique etrangère / Relations internationales
Tu donnes de l'argent à BHL? Je suis choqué. En plus, faut un meuble sacrément bancal, vu que (à tous les sens du terme), Béchamel écrit pas fin. Le culte de la personnalité d'Hitler fut vraiment étonnant: - il s'est vendu comme héros de guerre et soldat exemplaire.... Il semble qu'il n'ait pas vraiment vu l'action et n'ait récolté aucune médaille à titre individuel - il s'est vendu comme bourreau de travail ultra-discipliné à la volonté de fer.... Il semble en fait qu'à l'image de l'apparence d'efficacité de l'Etat nazi, derrière laquelle se cachait en fait une pétaudière usinagazeuse de gaspillage d'énergie, il était assez flemmard, velléitaire et en foutait pas vraiment une ramée, reportant la résolution des problèmes, étudiant peu les dossiers et adoptant de fausses solutions très politiciennes - et maintenant cet exemple de "vertu germanique" mise en avant se serait comporté comme un ploutocrate de la plus basse espèce? Shocking! Un peu comme la soi-disant "vertu germanique" tant vantée actuellement et reprise par les médias un peu partout n'est qu'une illusion, il semblerait que décidément, ma bonne dame, on ne puisse se fier à rien ni personne. -
En plus de ce qu'Alexis ennonce, j'ajouterais qu'il a un manque de charisme puissant, c'est un exécrable "campaigner", il est fadasse au possible et peu inspirant, et le fait d'être candidat de l'establishment implique aussi que son programme est du "encore plus de ce qu'on fait et prône depuis 40 ans" (à l'heure d'une continuelle polarisation des richesses et de revenus qui n'ont pas progressé depuis 40 ans pour 90% -en fait plus- de la population, ça commence à se sentir). Evidemment, comme dit plus haut, le fait d'avoir été A CE POINT estampillé par l'establishment est devenu néfaste, et quand je dis "à ce point", je souligne avant tout le fric qu'il a pu rameuter, particulièrement le "soft money", c'est-à-dire moins l'argent de sa campagne (déjà énorme) que celui des PACs et surtout SuperPACs qui se sont créés autour de lui, incarnant le "big money" des entreprises, entités et individus aujourd'hui très mal perçus. De plus, précisons que s'il y a une bonne part de réalité dans l'expression, "establishment" est aussi un concept en partie artificiel et médiatique, une sorte de croque-mitaine parfois commode pour foutre beaucoup de choses sous une seule étiquette. Et, pour beaucoup de raisons, certaines mauvaises, mais aussi beaucoup très justes, Jeb Bush, par son nom de famille, par son bilan en tant que gouverneur (et sa carrière ultérieure, liée à cette position privilégiée dans des réseaux relationnels au sommet), par sa personnalité (doctoral, donneur de leçons, "fils de", coincé, un peu prétentieux, condescendant malgré lui, "artificiel"), en est venu à incarner, plus que les autres dans cette élection, l'image qu'on se fait de cet establishment. Par ailleurs, capitaliser sur son nom de famille est aujourd'hui plus un handicap qu'un atout: comme dit plus haut, le bilan de W est toujours en grande majorité considéré comme négatif, et la proximité dans le temps n'aide pas à favoriser le même nom de famille visant encore le "top job", Au final, je ne sais pas quel facteur est le plus déterminant, mais Jeb Bush concentre sur lui beaucoup trop d'éléments détrimentaux dans le contexte actuel; personnellement, je pointerais cette notion d'incarnation de "l'establishment", dans sa réalité et son mythe, comme le plus lourd boulet à traîner, et de loin. Depuis l'avènement du Tea Party et, plus largement, l'émergence en force, organisée et financée, de cette extrême droite qui échappe à l'autorité de la convention nationale ET des structures locales du parti républicain, la "révolte" gronde, et les cadres du dit parti ne peuvent plus réellement contrôler(/compter sur) un tiers de l'électorat habituel (les classes moyennes et classes moyennes supérieures rangées à droite), le reste s'agglomérant à l'étiquette générale "républicain" seulement en dernière instance, contrainte par le système à un tour et l'habitude, mais refusant de jouer le jeu avant ça, et ayant désormais les moyens de le faire. Une note sur l'Iowa: la faiblesse relative de Trump par rapport à Cruz aurait été son manque de travail organisé et sérieux sur le terrain. La campagne de Trump n'aurait pas développé un "ground game" vraiment important dans cet Etat où la population est si dispersée et plus individualiste, en plus d'avoir ses particularités idéologiques, contrairement à Cruz et Rubio qui ont consacré beaucoup de temps (y compris personnel) et d'argent pour mobiliser et organiser des masses d'activistes chargés de faire du porte à porte (la "retail politics", ou "politique au détail") et d'organiser le débat partout à petite échelle (réunir de petits groupes, et fréquemment, pour motiver, mobiliser, convaincre, répondre....). Bref, Trump l'a plus joué en dilettante qui "survole" et préfère les grands rassemblements. Il est à cet égard étonnant qu'il ait fait un tel score en manquant autant aux règles élémentaires de la politique électorale dans un Etat de ce type, et la question est maintenant de savoir dans quelle mesure la fin de son "aura d'invincibilité" sera contrebalancée par ce résultat plutôt excellent au regard de l'investissement consenti (minime par rapport à ce que les autres ont fait). Le New Hampshire a un fonctionnement analogue: c'est quasiment la capitale de la "retail politics", fonctionnant peu aux grands meetings et nettement plus au porte à porte et aux conversations dans un café ou une salle commune de village. La force de Trump dans cet Etat résidera sans doute avant tout dans la faiblesse des autres, et avant tout d'un Cruz qui n'a pas grand chose à espérer hors d'un nombre très réduit d'Etats, concentrés dans le vieux sud et un peu le Midwest. L'électorat du NH, même seulement l'électorat penchant plus à droite, est nettement plus indépendant, moins porté à faire peser la religion dans sa décision de vote, plus de mentalité "yankee" traditionnelle, ayant une emphase particulière sur la relation avec le Canada voisin (que beaucoup de républicains, Cruz en tête, fustigent), et -et surtout actuellement- avant tout focalisés sur les questions économiques. Les chiffres de la participation, comparés à ceux de 2008: - démocrates: 171 109 votants contre 239 872 en 2008 (effet Obama). Le chiffre est très élevé par rapport à la moyenne des primaires de l'Etat depuis 40 ans, mais très en-deçà de ceux de 2008. La météo particulièrement dégueulasse peut être blâmée pour une partie de cette "moindre" mobilisation (par rapport aux attentes), mais pour moitié au mieux. Une bonne partie de ce relativement moins fort afflux vient aussi d'efforts (que beaucoup voient à raison comme délibérés) de sous-médiatisation de la campagne démocrate, voulue par l'establishment du parti pour favoriser Clinton. Les débats ont ainsi eu peu de publicité, et ont été placés à des dates exécrables pour l'audience (soirs de grands matches, soirs de WE....), tout l'opposé de la campagne républicaine qui a recherché l'audience et a subi "l'effet Trump". Dans l'ensemble, depuis 1 an, la campagne démocrate a donc subi cette impression "d'inévitabilité" de Clinton, qui douche les enthousiasmes et l'intérêt en général, donc l'attention. La campagne Sanders, qui, malgré son succès depuis l'été, a été ainsi occultée par les médias jusqu'à une période très récente où la masse critique qu'elle avait atteinte ne pouvait plus être ignorée. Trump a été, à l'inverse, disproportionnellement surmédiatisé dès le début, les masses affluant vers lui bien après ses débuts. - républicains: 186 874 votants contre 119 188 en 2008. Il y a clairement eu un effet de mobilisation côté GOP, le vote de 2008 étant au-dessus de la moyenne des 40 dernières années, mais pas de façon gigantesque. Les "anti-systèmes" sont clairement la raison de cet afflux, essentiellement Cruz, Trump et, dans une bien moindre mesure, Carson. Et pour revenir brièvement sur la question Clinton, de récents sondages sur le personnage résument bien, je trouve, son problème: - est-elle un candidat compétent, avec l'expérience requise? 88% des interrogés répondent oui - est-elle capable de gagner? 77% répondent oui - se préoccupe t-elle des gens comme vous? 22% répondent oui - est-elle honnête? 10% répondent oui Je crois que ces proportions parlent d'elles-mêmes et indiquent la cote de confiance et d'amour de Clinton, en même temps que sa force. Les féministes (qui sont largement pour elle) peuvent clamer autant qu'elles (et ils) veulent qu'elle est saquée parce "qu'on aime pas une femme agressive".... Le problème est que son agressivité en faveur de causes progressives ou d'un changement politique significatif sonne très faux aux oreilles américaines. D'autres personnes, femmes et hommes, sont acceptées si elles/ils ont de l'authenticité dans de telles manifestations publiques, voire si ça fait partie de leur personnage: Sanders a été ronchon et agressivement revendicatif depuis plus de 50 ans, Clinton a changé de style et de positions comme de chemise depuis 20 ans, avec très peu de constantes (et celles-ci plutôt génériques: défense de la condition féminine....); ça marque plus une différence que le cliché facile de "la sanction machiste contre la femme qui gueule". Gueuler va mal avec son personnage par trop indéfini et protéiforme dont la seule constante perçue et d'être toujours à côté de l'assiette au beurre. C'EST CA! Clinton est en fait une vraie radsoc, c'est-à-dire un radis: rouge à l'extérieur, blanche à l'intérieur, et toujours près du beurre..... Raison pour laquelle, par exemple, au milieu d'étudiants qui seront endettés à vie pour payer leur éducation avec des prospects professionnels limités, ses honoraires d'intervenants de 200 à 300 000 dollars de l'heure DANS LES UNIVERSITES, y compris publiques (= un des multiples facteurs d'accroissement du coût des facs), passent très mal.
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Le chiffre amusant sorti de l'Iowa: Avec plus de 14 millions dépensés dans l'élection, Jeb Bush aura ainsi consacré 2884 dollars par vote obtenu dans cette primaire, un record absolu au niveau mondial. Il les aura payé cher, ses 3%, montrant son désespoir à un moment donné en envoyant des "cartes de visite" chez les électeurs démarchés, sous la forme..... De tablettes vidéo montrant ses clips de campagne..... Un moyen peu imaginatif (et étrange; à notre époque, on envoie des vidéos, pas le hardware qui les diffuse) de claquer vraiment beaucoup de fric (parce qu'il en a envoyé beaucoup). Comme un de ses directeurs de campagne l'aurait dit à la presse sous le manteau: à ce stade, on aurait pu aussi bien cramer les dizaines de millions de dollars dépensés.
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Allemagne
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Wallaby dans Politique etrangère / Relations internationales
En tout cas le débat sur l'immigration se déchaîne au moment où a été lancée la republication (en version annotée) de Mein Kampf en Allemagne (première fois depuis....); sortie fin janvier, ce tirage s'est vendu intégralement en un éclair, alimentant le débat sur ce livre dont il est depuis longtemps question de savoir ce qu'il faut en faire en Allemagne. Difficile de réellement lier la chose à l'humeur du peuple allemand face à la crise des réfugiés, mais difficile aussi de ne pas en parler, donc j'opte pour la solution de facilité: je signale la nouvelle et établis juste (et lâchement ) un parallèle, sans affirmer de lien d'aucune sorte (je doute qu'il y en ait)..... La prochaine fois, je dirai "pendant ce temps, à Vera Cruz".... -
Ca n'a jamais été un point noir pour elle: le cliché de la femme agressive qui serait mal acceptée par l'audience est plus un truc qui agite les présentateurs macho de FoxNews et les féministes qui ressortent ce cliché en accusant tous les mâles de faire deux poids deux mesures.... Alors que dans le monde réel, ça fait des décennies que tout le monde s'en cogne et que ça a zéro impact sur les sondages des politiciennes sur l'offensive. Après, homme ou femme, ils peuvent passer la limite et être réellement hargneux, ce qui a tendance à être toujours pénalisé.... Parce que, surtout à la télé (un média agressif et irritant pour le cerveau), les gens invectifs qui coupent la parole ont cette étrange tendance à emmerder le monde, et après à nier le fait en disant qu'ils sont "passionnés". Une tête à claque est une tête à claque, et personne n'a jamais trouvé un seul sondage indiquant que les femmes étaient plus sanctionnées par l'opinion pour ça que les hommes. Hillary est avant tout définie par son statut: c'est un monstre médiatique depuis plus de 20 ans, toujours au premier rang de la scène politique sur toute cette période. Le peu de monde qui arrive à ce statut a une double image d'icône et de repoussoir (savoir quel côté domine à un moment donné est tout le truc), et elle est en plein dans cette situation, à un point exacerbé puisqu'elle se présente pour l'entretien d'embauche le plus médiatisé et lourd de conséquence de la planète (ça et plombier dans une grande ville). Tout est surinterprété, répété ad nauseam, déformé au-delà du reconnaissable, et amplifié jusqu'à faire péter les synapses. Ca laisse peu de place à l'indifférence, ou même à une vision impartiale et/ou modérée du sujet en question; ça devient humainement impossible, dans ce déferlement médiatique constant depuis plus d'un an, avec un tel personnage, de ne pas réagir et sur-réagir, souvent malgré soi, à la moindre nouvelle ou non-nouvelle sur le dit personnage. Pas de temps pour le recul, pas de temps pour remettre les pendules à l'heure, pas de possibilité de remettre en perspective, pas de temps pour le fact-checking; c'est la "démocratie" moderne à l'ère des "news cycles" constant, omniprésents et ultra-rapides. Avec pour résultat qu'un personnage aussi médiatique et emblématique que Clinton, présente de cette façon depuis plus de 20 ans, ne peut pas laisser indifférent: on l'adore, on la hait, on vote contre elle ou pour elle, au pire on se résigne à voter pour elle par défaut, mais bien peu sont ceux qui ne se prononcent pas. Un personnage qui atteint un tel niveau d'image n'a pas d'âge, pas de sexe, sauf à l'occasion quand son prompteur (dûment rempli sur indication des enquêtes d'opinion et analyses prévisionnelles définissant le plan de campagne et la politique d'image) lui dit de jouer cette carte. Et c'est ça le truc: son défaut (revers de la médaille de son avantage) est qu'elle fait robotisée, produit prépackagé calculé pour la clientèle visée, sans grande chaleur humaine et trop "dans le bain" de la machinerie politique depuis trop longtemps. Et, contrairement à son mari (les deux sont estimés être les meilleurs politiciens des USA), elle n'a pas vraiment le contact facile, le "truc" qui fait que quand elle te serre la main, t'as envie d'être son pote; Bill l'a, elle non. Il sait être doctoral ou "folksy" à volonté, c'est un trou du cul hypocrite mais t'as envie de boire un verre avec lui, il peut chier sur ton tapis mais tu lui pardonnes, te prendre un truc et partir sans le payer mais tu lui dis "à la prochaine".... C'est pas donné à tout le monde.
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C'est pas ce qui passe mal avec elle; ce qui passe mal, c'est son bagage. Elle fait partie du paysage depuis trop longtemps, elle a trop de revirements à son compte, quelques erreurs et mauvaises décisions (notamment la guerre en Irak, mais aussi ses positions précédentes sur le mariage gay, son bilan législatif vis-à-vis de Wall Street....), trop de copains dans les endroits qu'il faut pas afficher (le susnommé quartier financier de NY entre autres).... Bref, elle incarne l'establishment. Et elle dégage depuis un bail et pour beaucoup de monde, à tort ET à raison, l'insincérité des politiques, les prises de position et déclarations faites en fonction des sondages.... Incarner l'establishment, surtout à ce stade de la politique américaine (polarisation extrême des richesses, blocage politique total, impopularité de Washington à un plus haut historique, impression d'un système politique et économique non seulement bloqué, mais faussé en faveur de l'élite), c'est à double tranchant (vote de raison, mais pointage de doigt), avec un lest sur un des tranchants pendant ces primaires.
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Petite précision supplémentaire sur un des aspects qui donne le plus d'avantage à Clinton; ceux qu'on appelle informellement les "super délégués". Ce sont des délégués de chaque Etat à la convention nationale du parti, qui ne sont pas élus, mais choisis par un processus interne du parti dans chaque Etat, et qualifiés de "parti leaders", généralement des élus en place ou des ex-élus. Il y a depuis longtemps beaucoup de critiques sur ces "représentants non élus" (ironique?), puisque leur processus de nomination est tout sauf transparent, et leur importance numérique (autour de 20% des délégués à la convention nationale) est plus que de nature à peser sur le cours de la nomination. Et, bien évidemment, ils ont une tendance très lourde et très confirmée à aller dans le sens du vote de l'establishment du parti. Certains diront que c'est, dans le parti démocrate, la "part des sages" pour contrebalancer d'éventuels démagogues et des mouvements d'humeur ponctuels de l'opinion.... Mais plus généralement, c'est vu comme un déni de démocratie. Et dans la course actuelle, la campagne auprès de ces candidats non élus va bon train, et se trouve sans surprise être lourdement en faveur d'Hillary Clinton, le candidat par essence de la direction du parti qui a déjà été à de multiples reprises critiquée pour les avantages internes qu'elle a donné à Clinton, et les prises de positions à peine déguisées en sa faveur. Le match nul en Iowa a cette conséquence, à savoir que si Clinton a emporté 21 ou 22 délégués et Sanders 21, les 8 super délégués de l'Etat, en revanche (tant par convention que par ralliement préalable), vont dans sa poche, pour un total de 29 à Clinton. Là est sa victoire, même si la campagne Sanders arrive à tirer profit de l'après caucus sur le terrain médiatique.
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Je doute que ce dernier point soit une tactique réellement envisageable, étant donné que l'enjeu principal (même si l'Iowa en offre au final très peu) est d'avoir des délégués: la victoire ne ramène pas tous les délégués d'un Etat, ce qui amène cette particularité que les électeurs qui ne se prononcent pas peuvent, s'ils passent la barre éliminatoire des 15%, envoyer à la convention nationale des délégués sans candidat déclaré, qui se prononceront donc au dernier moment. Autre statistique générique, confirmée en Iowa mais valable dans tout le pays: Sanders a un avantage de 2 contre 1, voire plus, par rapport à Clinton chez les moins de 45 ans (électeurs démocrates, mais aussi sympathisants et population générale), un rapport suffisamment important pour avoir une meilleure vision de qui vote pour Hillary. Chez les moins de 25 ans, la disproportion est écrasante (plus de 80% pour Sanders, avec le bémol qu'une bonne partie sont des nouveaux entrants dans le marché politique, la population jeune/étudiante "traditionnelle" du parti démocrate étant un peu moins déséquilibrée entre les deux candidats), et si l'on ajoute des données socio-économiques, le portrait de l'électeur pro-Sanders se précise: les électeurs "working class" et "lower middle class" sont massivement en faveur de Sanders, particulièrement sur des thèmes comme le refus des grands traités de libre échange (position à laquelle Clinton s'est ralliée en catastrophe, après des années de politique active en faveur de tels traités.... Depuis le premier mandat de son mari en fait). Il s'agit en grande partie des populations à qui ces traités ont tout sauf bénéficié: ouvriers, petits employés.... Qui n'ont pris que des coups et/ou s'attendent à en prendre plus dans cette conception du commerce international.
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Mais on constate que les sondages préalables aux caucus sont quand même passés loin de la marque, même s'ils ont bien perçu et suivi les mouvements d'opinion: un sondage à cette (micro-échelle) reste un jeu très aléatoire, et rien que les conditions météo du jour des caucus (fortes chutes de neige, tempête par endroits) ont été une inconnue suffisante pour fausser les calculs. Plus encore, côté démocrate, la mobilisation de nouveaux électeurs et de jeunes par Sanders était l'inconnue majeure et inquantifiable, une proportion trop importante se décidant au dernier moment. Quelques retours: - comme prévu, Clinton a bien marché chez les femmes, les modérés et surtout les électeurs âgés (3 électeurs sur 10 dans les caucus démocrates pour ces derniers) - Sanders a littéralement mobilisé la jeunesse et les électeurs dont c'était le premier vote/premier caucus (4 votants sur 10 appartenaient à cette dernière catégorie), avec un bémol: apparemment, ces primo-électeurs étaient moins nombreux qu'en 2008 (57% des électeurs aux caucus démocratiques), où Obama avait pu en rameuter plus (la marge est cependant réduite, et la météo pourrait presque expliquer toute la différence). - rappelons, histoire de dimensionner la chose, que le total des délégués d'un parti dans ces caucus représentera de toute façon.... 1% du total des délégués aux conventions de parti.... Ce qui veut dire que Clinton et Sanders viennent, chacun, de récolter autour de 0,5% du nombre de délégués qu'il y aura dans le pays quand le moment viendra. La vraie bataille est donc pour l'instant celle des perceptions. Et le New Hampshire sera le révélateur, d'autant plus que là, Sanders joue sa campagne: lui doit l'emporter dans cet Etat. S'il perd, la bataille des perceptions est perdue; il doit prouver qu'il peut gagner (surtout dans cet Etat où il a un avantage), là où Clinton, encore à ce stade, peut se permettre de perdre. Elle a un énorme avantage dans le sud, et encore un très net dans les "gros" Etats, ceux qui sont vraiment riches en délégués et déterminent donc la victoire lors du SuperTuesday. Côté républicain, si les sondages sont passés à ce point à côté de la plaque, cela semble avant tout en raison d'une récurrente sous-estimation du vote évangélique (beaucoup de décisions d'aller voter qui se font au dernier moment), lourdement en faveur de Cruz. Certains pensent que, en tout cas en Iowa, la tactique de Trump de ne pas se pointer au débat de la semaine dernière n'a pas été si efficace qu'il a semblé, pouvant donner lieu à une perception de faiblesse ou de caprice égocentrique (au final, dans cette interprétation, il a donné l'impression du gars qui fuit devant une femme -Megyn Kelly). Pour la note amusante: je sais pas si certains d'entre vous ont regardé comment fonctionnent les caucus, mais si ceux des républicains ressemblent à une élection assez classique (vote majoritaire simple avec bulletin), ceux des démocrates ont un règlement (d'un autre temps, visiblement) complètement barge et limite imbittable, ce qui fait des scènes télé assez marrantes où on voit les militants se réunir en paquets (un par candidat, plus un pour les non-décidés) dans un grand espace (généralement un gymnase, une salle de concert....) et commencer le processus et fonction des résultats. A se demander comment ils peuvent s'y retrouver pour obtenir un décompte fiable, parce que ça ressemble à une cour d'école (en regardant, j'attendais à chaque seconde qu'un groupe ou l'autre commence à chanter "c'est à babord, qu'on gueule, qu'on gueule....").
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Iowa has "felt the Bern", mais apparemment, c'est quand même pas une victoire, même si de toute façon, il ne s'agit que de récolter des délégués pour la convention démocrate qui désignera plus tard le candidat final.... Et un nombre limité de délégués avec ça (l'Iowa est peu peuplé). Il est à ce stade encore difficile de voir quel effet aura cette victoire sur l'électorat démocrate "normal" et sur le supplément (important) que Sanders parvient visiblement à mobiliser hors du réservoir de vote habituel: d'un côté, David a ébranlé Goliath, de l'autre, Hillary semble réussir à clamer la victoire, fut-ce d'un cheveu sur la photo finish (en soi, électoralement, la victoire dans un Etat à caucus ne veut pas dire grand chose si elle est courte, le nombre de délégués pouvant être partagé), et elle a la presse de son côté, qui va sans doute essayer de maximiser cet effet au détriment du grand-père grognon qui mobilise littéralement tous les jeunes pour lui (ô ironie). Nul doute que ce qui va passer sous silence, c'est le fait qu'Hillary a disproportionnellement investi (temps, argent, ressources humaines, présence personnelle) dans l'Iowa, pour un résultat qui au final devient vraiment médiocre quand on factorise cet élément. Mais la politique est perception, et si elle arrive à faire claironner le mot "victoire", en dépit des réalités basiques (la campagne partie de rien a en quelques mois changé la composition de l'électorat démocrate) et du résultat concret (quelques délégués de plus que Sanders sur un nombre de toute façon réduit), c'est ce qui sera le plus retenu, et c'est ce qui risque d'avoir une influence (de quelle ampleur? Autre discussion) sur le vote d'autres Etats. Si le New Hampshire (Etat à primaires) semble plus nettement pencher pour Bernie (en tout cas pour l'instant), le Nevada est encore nébuleux, et la Caroline du Sud reste extrêmement clintonienne. La lutte pour les "Early States" va donc réellement commencer par être médiatique: Sanders doit à tout prix faire passer le message que "le colosse est ébranlé", tandis que Clinton doit donner l'impression que les probabilités établies se réaliseront inéluctablement.
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Sanders a créé l'événement pour obtenir ce score, démontrant sa capacité (que Clinton n'a pas) à mobiliser des électeurs qui d'ordinaire n'en sont pas (les jeunes en tête), sont désillusionnés par la politique ou ne s'y intéressent pas, ce qui constitue un réservoir de votes important. Par ailleurs, il totalise à ce jour 3,5 millions de donations individuelles (moyenne toujours autour de 27 dollars, ce qui veut dire entre autres que peu, voire aucun d'entre eux, n'a atteint la limite légale et que donc la plupart peuvent encore donner et restent donc son armée de réserve), un chiffre littéralement jamais vu sur la scène politique américaine contemporaine.
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[Séries TV]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Si vous voulez un truc qui se lâche un peu, une nouvelle série a commencé sur le network américain WGN, qui s'est récemment mis à produire ses propres séries (Salem et Manhattan sont ses deux premières créations originales) et affirme son propre style: le monde crade et méchant, et un tantinet over the top dans ces registres. La série en question? Outsiders. Le cadre? Les zones montagneuses du Kentucky rural, où vivent beaucoup de communautés plus ou moins isolées, vivant souvent en "clans" étendus, et dont le mode de vie a créé une bonne part des stéréotypes dont on affuble les ruraux des Appalaches: consanguinité élevée et inceste, faible éducation, brutalité parfois meurtrière, alcoolisme important, religiosité syncrétique parfois extrême et mystique, entrisme surdéveloppé, haine de toute autorité gouvernementale voire carrément de toute loi, affirmation survivaliste.... Cette série a décidé de s'inspirer de ces clichés et des réalités qui les sous-tendent (de tels modes de vies existent encore dans le coin, à des degrés divers, et on notait au début du XXème siècle des comportements proches de ce que la série décrit), pour créer une histoire autour d'un tel clan vivant sur sa colline depuis aussi longtemps qu'il y a eu des colons européens dans le coin; les Farrell sont ainsi une "tribu" vivant sur le mode d'un ancien clans irlandais (ce qui a été une réalité jusqu'au XXème siècle, et pas mal de coutumes restent encore, nombre de migrants irlandais pré-XIXème siècle ayant été des exilés ou des réfugiés), auto-normé et refusant toute règle du monde extérieur, allant à l'occasion se servir dans la ville la plus proche sans payer, dans des "expéditions" évoquant le cattle-raiding du temps jadis (encore une réalité très présente en Irlande et en Ecosse au XVIIIème siècle, avec les affrontements claniques). Si la série s'affranchit de pas mal de réalisme par une exagération voulue, elle crée cependant une ambiance vraiment bien rendue pour le cadre et le focus de son intrigue: une organisation de marginaux vivant leur propre société au milieu d'un pays développé, survivant dans un de ses espaces encore sauvage désormais -et c'est le début de l'histoire- menacé par la toute puissante industrie du charbon dont un consortium a découvert un filon particulièrement alléchant sur les terres de nos teigneux irlandais.... Qui aiment à se voir comme un clan guerrier, et à s'organiser et se vivre comme tels (avec choix du "brenn"/chef du clan par combat.... Le pire étant que ce point serait en fait une réalité -ou l'était jusqu'à une période récente- dans certains endroits de ce type), le tout emballé dans un trip volontairement très néo-celtique/punk/new age versus corporate America, avec les habitants d'une petite ville du Kentucky profond pris entre les deux forces. Evidemment, le clash entre les sauvages et la civilisation est un terrau fertile pour une histoire.... Et pour beaucoup de violence très gratuite. -
Frappes sur la Libye, le sujet officiel!
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Fenrir dans Politique etrangère / Relations internationales
Le général de Viliers vient de faire une sortie notable sur le sujet, et avec lui d'autres ont commenté le sujet sous d'autres angles: à moins d'arrêter Sentinelle et de foutre un paquer de fric en urgence, la France ne peut rien faire en Libye. Ce qu'on peut en revanche faire, si jamais il y a une volonté côté US, anglais et/ou italien, et un peu de moyens déployés, c'est renforcer un peu le dispositif Barkhane (et les alliés, Tchad en tête) pour préparer le filet de l'autre côté d'une éventuelle intervention, histoire d'empêcher la constitution de bases arrières, de choper ceux qui voudront passer par la porte de derrière.... Mais toute la question est là: y'a t-il le moindre soupçon de volonté aux USA? Sans eux, les Rosbifs ne bougeront pas, et les Italiens encore moins. Or, dans le débat US actuel, on est en campagne électorale, Obama est entré dans sa phase de "lame duck" et ne doit pas être sûr de vouloir intervenir de sa propre initiative (une intervention décidée par la présidence seule est limitée dans le temps à 2 mois), surtout que là on parle de forces au sol, et le Congrès n'accepte toujours pas de même discuter de voter quoi que ce soit sur la question syro-irakienne, perdu qu'il est dans son obstructionnisme pour le principe, la campagne électorale en cours, les divisions des républicains (qui sont au stade de la guerre de tranchée depuis maintenant un moment) et les grands discours creux sur la guerre à faire partout, mais le vote sur le sujet à envisager nulle part. Nul doute que certains évaluent actuellement l'impact de l'ouverture d'un front en Libye et/ou d'une intervention conséquente en Syrie/Irak sur leur campagne électorale, que tous ces "certains" préparent leur manière de rebondir au cas où une de ces interventions, ou les deux, auraient lieu.... Mais tant que les primaires ne sont pas passées, ce qui ouvrira la phase de polarisation au niveau national, j'imagine mal la scène washingtonienne lever le petit doigt sur le sujet, ou même envisager d'en parler de façon publique (et je vois pas la nullissime scène médiatique américaine aborder le sujet ou le forcer sur les candidats en attendant). Côté républicain, en tout cas, c'est certain; un candidat républicain unique aura tout loisir d'unifier un peu le parti derrière une inévitable critique d'Obama auquel on assimilera le candidat démocrate qui sera forcé de se définir en fonction de la politique choisie. Intervention ou non intervention, tout comme les modes d'interventions choisis ou refusés, seront automatiquement plus mis sur le compte du candidat démocrate, surtout si c'est Clinton, qui s'est inscrite dans l'héritage d'Obama (Sanders aurait plus de latitude vu la posture qu'il a prise sur la politique étrangère). Et toute cette salade politique contraindra la posture américaine: Obama pourra intervenir, mais sans vote du Congrès, c'est-à-dire avec des moyens, un cadre et un mandat très limités, et toute intervention, non intervention, intervention indirecte ou "lead from behind" sera durement jugé par tout ce que la droite pourra utiliser sur la scène publique, quelle que soit l'option choisie, provoquant un fardeau politique que les démocrates feront tout pour nier et éviter en même temps. A moins d'événements majeurs (au sens "majeur de façon visible pour les occidentaux-ricains") survenant dans les zones concernées et changeant l'équation sur le plan politique, c'est ce à quoi le système décisionnel américain, complètement et irréductiblement fractionné, est confronté. -
terrorisme Daesh
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Politique etrangère / Relations internationales
Je ne sais pas si cela avait été signalé, et/ou si la vidéo avait été posée ici ou sur le fil "Irak", mais les médias américains se sont plus penchés dessus ces derniers jours: le bombardement d'un très important dépôt d'argent liquide de Daesh le 11 janvier dernier semble avoir constitué un des tournants importants dans la posture de "l'Etat jihadiste", bien des changements repérés depuis, même si certains se profilaient déjà avant et/ou avaient été mis en place, semblent lui être du, qu'il les ait justifié ou en ait constitué un accélérant majeur. La combinaison de ce coup direct avec le bombardement systématique de l'infrastructure pétrolière et des circuits d'acheminement du pétrole semble donc porter des effets visibles. Un exemple très illustratif réside dans la division par deux de la paye de tous les membres de l'organisation, y compris les cadres et les très "choyés" combattants étrangers qui passeraient en moyenne de 400 dollars/mois à 200. Si d'autres dépôts de cash avaient déjà été touchés par les bombes de la coalition, celui du 11 janvier semble avoir été d'une toute autre importance (conséquence entre autres causes du décortiquage des données saisies l'an dernier quand le "comptable" de l'organisation a été tué, et sa femme prise?); il est impossible d'évaluer les sommes détruites ainsi, mais il est possible de mesurer les effets.... Et de constater le visuel: http://ktla.com/2016/01/16/video-shows-us-bombing-millions-at-isis-cash-depot-pentagon-says/ -
Allemagne
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Wallaby dans Politique etrangère / Relations internationales
Oui, mais le problème là-dedans est quand même que le tribunal présuppose qu'une bagarre est quelque chose de contrôlable et que chacun peut doser ses coups et sa "réponse" en général comme s'il s'agissait d'une chose quantifiable. A moins d'être un maître avec des décennies d'expérience (y compris en combat réel) et une marge de supériorité énorme sur l'adversaire, le tout dans un environnement relativement contrôlé et contrôlable (ce qui est rarement le cas quand ça arrive dans la rue), le fait même d'aborder la question sous cet angle est complètement à côté de la plaque, et engager la discussion sur ce point conduit par essence à une culpabilisation abusive du défenseur. A moins que ce type ait été un champion de close combat confirmé capable d'évaluer exactement et l'adversaire et sa propre riposte, je ne vois pas ce que le tribunal peut trouver de pertinent à juger du "dosage" de sa réponse: un type lambda, ou même la ceinture noire lambda, dans cette situation, a peu de moyens d'évaluer le niveau de risque, de contrôler la situation dans un environnement si "ouvert", et surtout, il n'a pas vraiment de marge de sécurité dont il puisse être sûr. Le tribunal, dans ce cas, fait preuve de relativisation pour la relativisation, Dans le cas allemand, ça donnerait quoi? Trouver des circonstances atténuantes pour les violeurs? Commencer le cycle du "slut shaming" (faut pas porter des jupes comme ça, mademoiselle) comme la maire de Cologne l'a fait? Et accuser des gens qui pourraient s'interposer d'être des racistes se lançant dans une ratonnade? -
C'est justement l'une de ses grandes forces: il donne l'impression que ce n'est pas calculé, que c'est un coup de tête ou un coup de sang.... Rien n'est plus faux: ce gars sait exactement ce qu'il fait. Il vient d'un des marchés immobiliers les plus durs de la planète et il est devenu un expert reconnu du management d'image (en tout cas de la sienne): faut surtout pas s'imaginer qu'il ne calcule pas la moindre de ses interactions ou de ses apparitions publics. Dans ces domaines, il sait calculer comme d'autres établissent un échéancier.