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Tancrède

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Tout ce qui a été posté par Tancrède

  1. Merci d'appuyer mon point !!!! Mais j'avoue que dans le cas d'Eragon, je pensais en fait plus, avec lui et à travers lui, à ces personnages tellement centraux dans le récit qu'ils écrasent tout, en l'occurrence moins par ce qu'ils savent effectivement faire pour la victoire (quoiqu'il y a généralement un sursaut final où ce perso fait un truc incroyable, tellement d'ailleurs que c'est du deus ex machina) que parce que l'intrigue est littéralement pendue à leur petite personne, leurs états émotionnels, leur histoire personnelle.... Si bien que des tas de personnages de fait secondaires mais qui auraient le potentiel de beaucoup plus se retrouvent plombés par ce chieur/cette chieuse et ses états d'âmes, alors qu'eux sont souvent infiniment plus capables, ou en tout cas moins cons, ou même simplement capables d'apporter leur pierre à l'édifice. Dans Eragon (je ne connais que le film), la petite elfe ou le vieux maître/dragonnier joué par Jérémy Irons sont littéralement mieux à même de faire bouger les choses que le petit con prépubère en titre qu'il faut sans arrêt attendre et traîner comme un boulet. Y'a des learning curves qu'on peut rendre plus élégantes, et des personnages qui peuvent rester centraux sans qu'on insiste autant sur leurs émois soit en focus direct, soit via les conversations d'autres personnages.... Même dans les fictions pour enfants. Harry Potter a des moments similaires (voire quelques uns des livres quasi entiers), mais il évite le pire de ce travers. Dans le même genre, malgré la puissance d'évocation mythique de l'oeuvre, les Chroniques de Narnia, c'est un peu pareil avec la tripotée d'enfants Pevensey, que les locaux, infiniment plus rôdés aux épreuves de leur monde et pas cons, doivent attendre à tout moment pour, mystérieusement, les placer à leur tête (avec leur absence de background dans les domaines suivants: stratégie et tactique, planification militaire, entraînement physique poussé -ou même maturité physique-, entraînement aux armes -et en plus un entraînement médiéval, avec armures et tout-, combat en formation....). Heureusement qu'il y a la figure mythologique d'Aslan qui est le vrai coeur de l'oeuvre atténuant l'effet de cette petite armée de Mary Sues dont la multiplicité n'empêche pas la lourdeur. J'avais bien aimé le combat spatial Obiwan vs Jango Fett and son, justement, comme un bon point de la prélogie.... Avec des missiles utilisés au bout du compte (après les lasers à forte cadence et les mines soniques); seul défaut, ils n'explosent pas avant de toucher physiquement le vaisseau ciblé, juste pour avoir des plans de profil où le missile est à moins d'un mètre du cul du vaisseau d'Obiwan, alors qu'ils ont une capacité explosive plutôt maousse. Mais au final, c'est pas l'aspect technique trop détaillé et ses manques éventuels qui m'emmerde, en tout cas pour les scènes de batailles un peu conséquentes: dans ces cas là, la confusion générale est trop grande pour qu'on puisse attacher son regard à quoi que ce soit de particulier, et tout ce qui importe, ce sont les visuels cools, où la multiplication des types d'armes ne ferait que nuire, et où il importe plus de faire comprendre le mouvement général de la bataille et de surimposer une arme en particulier, et/ou un avantage tactique en général (le nombre, la cohérence d'une unité/flotte, la taille d'un vaisseau ou d'un type de vaisseau....) qui puisse avoir un visuel fort. Dans Macross, ce sont les floppées de missiles et leurs sillages (des contrails dans l'espace, rappelons quand même, pour les pinailleurs) qui offrent ce visuel. Dans SW, c'est le gigantisme de tout (à commencer par les vaisseaux), l'échelle, des choses, la profondeur de vue La bataille de Coruscant, qui semble en fait toujours être celle critiquée dans la prélogie (la bataille de Naboo étant une resucée en plus petit de la fin de l'Etoile Noire dans le IV, avec une certaine simplicité agréable), réussit dans le chapitre visuel pour souligner le gigantisme et la confusion (bataille impliquant des centaines d'unités opérant réellement dans 3 dimensions), réussit à créer quelques visuels intéressants, mais en fait beaucoup trop et surcharge aux dépends d'une meilleure perception du spectateur que la bataille d'Endor avait su procurer (et, bon, d'accord, rien ne remplacera jamais le "moment" de la bataille: l'amiral Ackbar et sa réplique -"it'f a twap!"). Et quand l'attention se focalise sur les 2 jedis faisant leur chemin, là c'est totalement foiré: les clones sont tellement remplaçables et sans "travail" scénaristique qu'ils peuvent ainsi perdre toute leur escorte sans que qui que ce soit y fasse attention (occasions ratées de faire du marquant), et les missiles aux persistances improbables et aux effets ridicules (ces petits robots saboteurs, franchement....) sont une vraie foirade; c'est une bataille.... Faut faire simple et brutal. Sur le plan ciné, je sais pas tellement si c'est le fait d'avoir des vaisseaux armés de batteries qui est le problème: dans la prélogie, aucun vaisseau n'a de laser qui porte très loin, apparemment, ce qui fait qu'on peut considérer que c'est l'état technologique d'alors, surtout avec des vaisseaux qui, même pour les lourds, sont encore loin des dimensions abracadabrantesques des unités de la flotte impériale, véritables géants dont l'armement et la production d'énergie sont d'une autre classe.... Mais même là, au final, les vaisseaux de Star Wars ne tirent pas à des portées lointaines: quand ça castagne, ils vont au contact. Y'a que l'Etoile Noire (et la nouvelle chiasse façon "ceinture pour planète" qui essaie de renouveler le truc sans le faire et sans se fatiguer) qui tape loin. Donc au final, qu'est-ce qui choque tant que ça dans cette bataille, avec des navires tirant des bordées (sachant en plus que des deux côtés -clones ou robots- l'emphase n'est pas sur la survie des équipages), si de toute façon les portées de tir sont courtes? Je sais, je provoque un peu les geeks ici.... A dessein. Nyerk!
  2. - TGCM/TGCS (réponse subsidiaire: pour les fans de l'UE, le sabre est plus tard retrouvé, avec la main encore attachée avec pour créer un clone de Luke -imaginativement appelé Luuke- que Mara Jade, future Misses Skywalker, tuera) - TGCM/TGCS encore: mais enfin, le balayeur/recycleur doit être capable de participer à la mise en oeuvre de la machine si jamai..... Nan, j'arrive même pas à le dire jusqu'au bout. - TGCM/TGCS toujours: parce que c'est au pilote prisonnier qu'il doit accéder! Nan mais, pourquoi tu poses des questions aussi délirantes au lieu de t'extasier sur le film, sur SW en général, et sur les super effets spéciaux - TGCM/TGCS (qu'on se le dise): parce que les méchants aiment leur intimité et que, contrairement aux faciles caricatures de la vile propagande rebelle, l'Empire est pour la liberté de circulation des personnes.... Une pure Mary Sue.... Abrams est tellement obsédé par ce type de perso qu'il dégomme tous les autres pour qu'elle ait tout, soit tout et fasse tout, et en plus concentre l'attention de tous.... Résultat: aucune intensité dramatique, aucun enjeu ou intérêt dans sa personne, sauf pour les personnes qui, pour une raison qui leur est propre, s'identifieront totalement à elle. D Ca c'est un des trucs qui me frappent le plus, dans la gamme des détails techniques: Lucas avait introduit les missiles dans la prélogie, les moyens devant avoir été limités pour les rendre visuellement corrects dans la trilogie initiale, sauf la vague description des torpilles à protons qui, visuellement, étaient en fait des lasers bougeant de façon non rectiligne (suggérant que dans l'espace, on ne voyait que leur propulsion), et qui, de toute façon, n'ont été utilisées qu'une seule fois dans les films. Là, Abrams n'a rien fait de nouveau en matière d'armements (sauf la "petite arme" anti-planète): un choix volontaire, une concentration sur l'hommage/la resucée des visuels qui ont "fait" l'univers SW, ou simplement il s'en fout parce qu'il est infiniment moins geek technique que Lucas et que ce qui lui importe est son histoire? On verra dans les films suivants, mais je suis pas loin de pencher pour la 3ème option, quand on voit la façon dont il "use" l'univers sans rien lui apporter en contrepartie: tout (persos, lieux, histoires individuelles, groupes, technologie....) est un outil, un "plot device" juste là pour servir de ressort très temporaire à l'intrigue qu'il a définie.
  3. Oh, on peut faire ça.... Ceci dit, à part le hero factor et les character shields, tu oublies le TGCM (dans sa variété cinématographique, le TGCS: Ta Gueule C'est le Scénar), un facteur technique important pour expliquer tous les points techniques et technologiques à fortiori pas évidents. Ceci dit, hier soir, je me suis fait un marathon SW (triste, pour le 31/12, hein? C'est chiant d'avoir la grippe! Pourquoi les jedis ont jamais la grippe? Je sais.... TGCM) et Luke mentionne TEXTO dans l'épisode IV: "on ne voit rien avec ce casque".... Lui n'a pas un fabricant d'armes à satisfaire. Par ailleurs, c'est étrange, mais dans cette première trilogie (que j'avais pas vue depuis longtemps), surtout l'épisode IV, la nullité au tir des stormies n'est pas si évidente: des deux côtés, ça tire beaucoup et ça loupe beaucoup, et les stormtroopers ne tombent pas par paquets quand tirent les héros (en fait bien peu tombent dans les combats au sol), ce qui, si je dois comparer à l'épisode VII (le faut-il? Vraiment?), concourt en fait de toutes ces choses, petites et grandes, qui donnent aux vieux films une plus grande impression de "réalisme", ou en tout cas d'histoire "à taille humaine", "près du sol", malgré la dimension galactique, spatiale et épique de l'histoire. Les héros ne sont pas omnipotents, gaffent souvent (c'est un détail con, mais au lieu de poser Luke en icône masculine au tout début comme Abrams pose implausiblement Rey en superwoman dès le départ, Lucas le fait s'en prendre plein la gueule dans l'épisode I: assommé par des Tuskens, se fait botter le cul à la cantina....), voire accumulent les conneries, donnent à l'occasion dans le ridicule (ou le "ridicule grandiose": Han profitant de "l'instant" pour faire fuir et charger une colonne de stormtroopers confus à lui seul en hurlant, jusqu'à ce que l'erreur se dissipe..... Face à un bataillon entier), et, généralement, se trouvent plus dans une veine "réaliste" d'action (exemple; pris entre 3-4 adversaires pointant leur flingue, ils lèvent les mains, comme une personne non suicidaire le ferait: on ne leur fait pas faire des chorégraphies implausibles pour s'en sortir). Avec ce petit plus des dialogues bien mieux écrits (j'en reviens pas, je suis en train de défendre SCENARISTIQUEMENT la trilogie d'u Lucas pas obsédé par l'excellence narrative, la richesse de l'intrigue ou la direction d'acteurs) qui donnent vie aux interactions et concourent, avec le worldbuilding très riche, à donner une dimension plus affective à l'univers projeté à l'écran. Les échanges Solo-Luke et Solo-Leia, entre autres, restent souvent de très bon ton, et sans équivalent dans le nouveau film aux dialogues purement utilitaires (toujours pour cette histoire qu'Abrams veut forcer à avancer vite) ou juste exagérément mélos mièvres ou grandiloquents (au point d'être cheaps). J'ai cru voir l'amorce de quelque chose dans les échanges entre Finn et Poe au début (une jolie "bromance" en devenir?), mais leurs retrouvailles dans la dernière partie du film n'ont pas poursuivi cette veine. Tancrède, toujours en train d'essayer de définir précisément pourquoi l'épisode VII n'a pas le même impact (pour lui/moi.... Je vais pas encore me mettre à parler de moi à la 3ème personne; c'est une résolution de nouvel an) que les autres films.... Parce que là, j'en suis au 3ème visionnage de ce putain de film, avec entre temps un refresh de la prélogie, et maintenant un de la trilogie, et j'arrive toujours pas à réellement avoir une seule scène , un seul moment ou une seule image de l'épisode VII qui me reste dans la rétine ou dans les émotions. Même l'épisode V (toujours le meilleur de tous les SW..... Non, non, pas de discussion là-dessus, c'est un fait!) qui tourne essentiellement autour de Luke (pivot du scénario et de l'action de tout le monde) ne fait pas de lui une Mary Sue comme l'épisode VII en fait une (et une bien gratinée) de Rey. Et, autre facteur non quantifiable: revoir l'épisode VII est souvent chiant, là où revoir la prélogie et la trilogie ne l'est globalement pas (je dis pas qu'il y a pas quelques "avances rapides" en cours de chemin, mais en fait pas tant que ça): étrange pour des films que j'ai vu un grand nombre de fois et que je connais pas coeur. Je ne décèle pas ce potentiel dans l'épisode VII.
  4. Bien sûr que non, ma thèse n'est pas "sérieuse": c'est Star Wars, bordel! On délire de toute façon, et on parle de "plausibilité" et de "réalisme" dans les paramètres d'un space opera et d'une fiction tous publics. Quand je parle de "très courte distance" pour le combat du bloc prison, j'entends "shooter un gars par dessus son pupitre" (genre à 1 mètre) et, au pire, dans la même pièce (3-4m à tout péter). J'aurais du dire "bout portant"? Les gars qui sont juste en uniforme, il me semble que ce sont les personnels techniques et opérateurs sur machines (combat via un outil à commandes, quoi), pas des fantassins ou gardes; le combat "physique" ne fait pas partie de leurs attributions. On est bien sûr d'accord: je pointe juste qu'il y a des cas où ça passe mieux que d'autres. Un des types de cas où ça passe moins bien est précisément quand les adversaires tombent par dizaines à chaque coup de feu, qui bougent comme des glands avec pour seul but tactique de présenter de la façon la plus évidente possible la meilleure cible collective au tir des personnages principaux. Y'a des fois où les hommes de mains des méchants (ou des gentils d'ailleurs) camouflent mieux leur vocation inaliénable de mourir rapidement.
  5. On en est tous là, entre contaminés du virus Lucas 1.0.... Je disais juste qu'on ne doit pas s'empêcher de juger d'un perso ou d'un film sous prétexte qu'on en attend plus dans ce qui va suivre.
  6. Il ne me semble pas: ils enlèvent leurs casques assez vite (sitôt dans le bloc prison) où ils arrivent (c'est le but de la manoeuvre) camouflés en escorte de prisonniers, et la brève "bataille" qui y a lieu est une exécution à très courte distance sur cible immobile et non avertie. Ensuite, ils sont sans casque (j'invoque là le "hero factor") pendant un bref moment, restant en mode de combat statique (donc où l'encombrement de l'armure va pas vraiment gêner de façon majeure) dans le couloir des prisons avant de sauter dans le compresseur d'ordures à la sortie duquel ils enlèveront les armures. Donc ma thèse reste valide: je le dis, je le répète et je l'affirme! Le stormtrooper de base est littéralement envoyé à l'abattoir par le grand capital le complexe militaro-industriel corrompu de l'Empire. Tout comme j'affirme que le taux de perte des clones aurait pu être bien moindre si l'éducation militaire implantée par les Kaminos n'avait pas été si mauvaise, les faisant charger en rangs d'oignons sans même exploiter le terrain. Et pour eux non plus, on ne va pas s'étendre sur les éventuelles conséquences d'une armure mal designée. Et pour moi, cette analyse est confirmée par le fait que les Kaminos n'ont pas été foutus de conquérir l'univers alors qu'apparemment, ils peuvent créer des armées de millions d'hommes à partir de quelques labos et usines.
  7. C'est quand même bizarre, je trouve, d'entendre souvent cette ligne depuis que le film est sorti: un film, même quand il faut partie d'une série/saga, est censé pouvoir tenir debout par lui-même. J'ai commencé tout petit par Le retour du Jedi, et même à cet âge, ça tenait debout tout seul sans créer de manques, et les persos tenaient debout et étaient attachants sans que je connaisse à ce moment leur histoire précédente. Là, s'il faut attendre le 8 ou le 9 pour savoir quoi penser de Rey, je trouve qu'il y a quelque part un problème, une couille (ou absence de, parce que c'est une fille ) dans le potage. Et par extension, cette idée qu'il faut réserver son jugement sur la création d'Abrams parce qu'on n'a vu que le premier film? Un peu étrange: n'est-ce pas déjà créer des excuses parce qu'on veut encore espérer le meilleur? C'est pas mal en soi, mais encore une fois, un film doit avant tout tenir debout par lui-même, pas comme partie d'un tout plus grand (ça, c'est du bonus). Avant tout parce que c'est un produit de consommation et qu'on a payé pour, en fric, et, plus grave, en heures de notre vie (non récupérables). En soi-même, il a pour job de nous distraire (ça, de ce côté, je ne l'enlève pas à Abrams, c'est fait), procurer une évasion profonde (job pas rempli pour moi: c'est distrayant, mais pas plus) et nous exalter, faire bosser l'imagination, procurer un plaisir qui dure le temps du film et plus (là, c'est pas fait non plus). Seul bon truc de ce combat: créer un visuel marquant avec les sabres faisant de la vapeur en traînant dans la neige, le tout dans la semi obscurité de la forêt. C'est pas inoubliable parce que ça puise essentiellement aux visuels créés par Lucas (les duels luke-Vader, à l'imagerie réemployée dans la prélogie, les pauses avec dialogues tentateurs/menaçants.....), mais ça fait le job.
  8. Ben regarde le trip entre la prélogie et ce film: Anakin est un personnage à chier, mais tout le monde peut te faire la liste de pourquoi il est à chier.... Et en détail. Et ils le feront sans même que tu le demandes. Rey? Certains peuvent trouver qu'elle est géniale, mais je doute que beaucoup pourront faire une liste de pourquoi elle le serait, et il faudrait les forcer à le faire. Comme je l'ai dit plus haut: la prélogie, ou même juste la Menace fantôme, a tous les défauts qu'on veut.... Mais elle est bien plus marquante à tous égards: des scènes mémorables, un univers qui apporte quelque chose, plus de vrais personnages (même mauvais), moins de prévisibilité, plus de richesse, plus d'enjeux (alors que, comme dans Titanic, on connaît les grandes lignes de ce qui va suivre!), plus d'intensité émotionnelle (alors qu'on peut pas dire que ce soit vraiment le point fort de Lucas).... Dans ce film, les personnages sont comme les planètes visitées: ouaif, c'est un gars/une fille, il/elle fait des trucs.... C'est une planète où il y a de la forêt, de la glace ou du sable.... Dans les deux autres trilogies, on retient et identifie les mondes et les persos: ici, on a plutôt affaire à des outils de scénario à peine déguisés. C'est "planète untel" et "perso qui fait ci ou ça". Rey est le perso principal incarnant ce monde asservi au rythme qu'Abrams veut lui assigner: pas marquant, qui expédie tout. On ne peut lui attribuer que quelques qualificatifs peu nombreux et très génériques là où on pourra et voudra s'enfoncer dans une longue discussion pour expliquer par le menu toutes les raisons pour lesquelles Anakin est un protagoniste réellement à chier et Christensen un acteur de merde. Ca te fait sentir la différence dans la construction de personnage? Le bon personnage féminin de blockbuster "action" de cette année, que j'oppose à Rey, c'est la Furiosa de Mad Max: C'est pas sa "faute" si le scénariste a fait de Max un figurant dans sa propre histoire, et elle est n'est pas une Mary Sue malgré l'étendue de ses capacités dans le film et leur exagération (la manchotte de 50kgs qui tient tête dans un corps à corps un bon moment avec Max? Sérieusement?). C'est un personnage fort, qui fait des conneries et des choix, qui a une histoire "plausible" et pas outrancière, des enjeux réels, qui est bien joué et autour de laquelle tout ne tourne pas. Elle pèse de son juste poids dans l'histoire: je peux critiquer le fait que cette histoire n'en accorde pas plus au personnage titre (joué par ailleurs par un acteur un tantinet oubliable), mais ça ne remet pas en question Furiosa pour qui on ne peut avoir que de la sympathie et/ou de la compréhension, en tout cas, qui ne laisse pas indifférent. Et ce alors que c'est dans un film dont le scénar est même pas moyen, l'histoire et le cadre simpliste, mais dont la narration et l'action sont puissants.... Tout comme les 6 autres films Star Wars sont des récits pour enfants avec des persos archétypiques.... Mais infiniment plus puissants et efficaces.
  9. Sauf que pour Luke et Anakin, la même chose devrait s'appliquer, et ce passif de l'univers est là pour montrer qu'une "learning curve" est une chose réelle: scénaristiquement, pour être un minimum crédible, mais surtout narrativement, pour qu'on "accompagne" le personnage et qu'on puisse s'identifier et/ou s'attacher à elle. Or, ce n'est pas le cas. Franchement, déjà le fait qu'une nana qui passe le plus clair de ses journées à récolter de vieilles pièces détachées foute la branlée à deux brutes professionnelles, c'est beaucoup trop: à ce moment là, pourquoi elle est pas déjà le caïd du coin? La nana qui a du mal à trouver à bouffer tous les jours et doit trimer toute la journée pour arriver à réunir assez pour un seul repas, je la vois pas vraiment arriver à apprendre les capacités de combat nécessaires(et tant qu'à faire, à choper la masse musculaire: elle a plus le gabarit d'un mannequin, pas de Ronda Rousey); Le "grandir dans un environnement dur" (Luke et Anakin dans un environnement idyllique? T'as bien vu ce qu'est Tattooine? Les Tuskens qui raident les fermiers sans arrêt, des bestioles dangereuses partout, une planète régie par des maffieux où se réfugie ou transite la racaille de la galaxie?) ne tient pas: ça aurait pu justement montrer un exemple de comment on apprend à survivre seul (cad, pas en apprenant le combat au bâton tout seul, sans sensei, heures de pratiques quotidiennes ou sparring partners) et aider à construire un peu d'identité,de plausibilité et de cohérence au personnage: quelqu'un qui évite et fuit (un peu de parkour, pourquoi pas?), ne se laisse jamais prendre dans les emmerdes, disparaît en un éclair en laissant ses poursuivants gros jean comme devant. Et ce personnage apprendrait ensuite (au long de la trilogie) l'intérêt, le besoin et les méthodes pour se confronter aux emmerdes dures. Une très bonne critique que j'ai entendue, à cet égard, est que Rey est un bon exemple de "Mary Sue", un concept anglo-saxon sans équivalent en France, définissant un personnage "trop bon trop vite", et surtout, trop bon en tout, représentant en fait plus les aspirations, l'identification ou les fantasmes de l'auteur projetés dans le récit. Un travers nuisible issu à l'origine de critiques adressées aux fanfictions (plus précisément -et ironiquement ici- de Star Trek dans les années 70, par des fans féminines) qui a tendance à pourrir et alourdir des récits, à déséquilibrer les personnages et à enlever tout enjeu et tension aux intrigues de par sa nature excessive même, éliminant ou amoindrissant par ailleurs toute sympathie et/ou identification qu'on peut soi-même projeter sur eux. C'est une extension de ce syndrôme que les rôlistes connaissent sous le terme de "grosbillisme" (qui ne concerne que les capacités du perso), couvrant l'ensemble du personnage (capacités, actions, choix, psychologie, façon de présenter sa situation et ses choix.... Bref, tout doit tourner autour d'eux, qu'ils soient dans la scène ou non) et de sa place dans le récit. Généralement, une Mary Sue a aussi un background exagérément chargé, une situation excessivement difficile, des soutiens beaucoup trop marqués et subordonnés de la part d'autres persos (il faut toujours parler de ce perso, même quand il/elle est pas là, il faut toujours le/la soutenir, il faut toujours le/la plaindre, ne penser qu'à lui/elle....). Bref, c'est beaucoup trop de too much, ce qui révèle plus l'ego de l'auteur et ses manques que le désir de faire une belle histoire ou le talent pour la retranscrire. Ce sont les raisons pour lesquelles les Mary Sue sont particulièrement présents dans l'univers des fanfictions où beaucoup de frustrations s'expriment, et pas tant de talent que ça ne sont révélés, les univers pastichés servant en fait plus de plate-formes émotionnelle pour les rédacteurs que d'outils pour qu'ils exercent leur plume. J'avoue que je trouve que dans la fiction actuelle, télé, écrite ou ciné, les nanas ont souvent plus tendance à être des Mary Sues ces jours-ci, comme une surcompensation après une longue période trop dominée par des personnages mâles. Le résultat est une collection de personnages femmes peu attachants, caricaturaux, complètement exagérés, souvent au moins partiellement ridicules, et de personnages hommes fadasses, handicapés, nuls ou au mieux capables dans un seul domaine, en tout cas incapables de motiver l'identification du spectateur, et certainement pas sa sympathie. Revers de balancier? Peut-être, mais en attendant, ça fait de la mauvaise fiction. Rey est, je trouve, un bon exemple de ça, parce qu'on le veuille ou non, les personnages sont comme des "actionnaires" de l'intrigue qui est le résultat d'interactions entre un univers, ses circonstances et ses grands courants/dynamiques d'une part, et les personnages, leurs histoires individuelles (background, capacités, épreuves, évolutions) et leurs interactions (échanges, décisions, alliances, oppositions/rivalités/concurrence, combats, choix comparés, choix partagés) de l'autre. Si un personnage a un tel poids qu'il est l'actionnaire majoritaire a lui seul, c'est chiant; si il est actionnaire majoritaire au point de ne même pas laisser une minorité de blocage à un autre ou aux autres pris ensembles, c'est pire que nul. Exemples de Mary Sues (je prends des mecs, histoire de pas passer pour le sexiste du coin): le Master Chief de Halo, le John McClane des derniers Die Hards, n'importe quel perso principal de la grande majorité des films d'arts martiaux, Eragon.... Anakin, dans la prélogie, est pas passé loin; il a été sauvé par son histoire fondamentale (devenir Darth Vader, donc passer d'un camp à l'autre), par l'obsession de Lucas pour la richesse du world building (qui ne sur-centre pas tout sur un perso ou les persos) et par l'existence réelle d'autres personnages de plein droit. La caractéristique première d'un/une Mary Sue n'est pas le sexe, mais l'excès d'attention et.... De tout, en fait. Au point d'être irritant et/ou sans enjeu qui vous attache à ce personnage. Rey, dans ce film, on sait qu'elle va s'en sortir et tout faire "parce que". Tous les personnages héroïques ou anti-héroïques ont tendance à avoir des symptômes de Mary Sues: c'est normal, ça va avec le genre héroïque et, dans une certaine mesure, avec le principe même du récit en général qui va s'attacher à, se focaliser sur, un personnage plus qu'un autre. Avoir plusieurs "vrais" personnages (avec des capacités, des objectifs légitimes, des points de vue légitimes et différents, une capacité à provoquer une réaction forte d'attachement/rejet -dans des proportions variables) est le premier moyen de lutter contre cet effet. Ensuite, c'est le travail sur la "dimension humaine" du personnage, ce qui commence par ses limites et/ou ses défauts. Même s'il n'y a qu'un héros et des personnages secondaires, on peut encore faire marcher le truc (plus ou moins bien): le captain kirk est clairement une Mary Sue, mais par le talent de l'acteur et des scénaristes, et/ou par d'autres phénomènes, Spock est devenu un contrepoids salutaire pour la série Star Trek.
  10. Ouais, j'avais préféré les Screen Junkies; pas encore d'honest trailer dessus, cependant, juste un "honest teaser": "Remember, the trailers for the Phantom Menace were cool too".... Mais surtout, l'une des meilleurs analyses que j'ai vue sur la particularité de films aussi chargés par l'univers qui les a précédé: "we could show you two hours of a monkey washing a cab, and you'd still go see this movie.... Twice". C'est quand même salement vrai: qu'on l'aime ou le déteste, qu'on le veuille ou non, si on a même un peu le virus Star Wars, on le verra et on le reverra, rien que pour "être" dans cet univers quelques instants de plus, espérant.... Quelque chose. La force d'une franchise bien virale, maintenue en vie depuis bientôt 40 ans. On peut en vouloir à Disney (et à Abrams pour certains, quoique la délimitation des responsabilités ne soit pas connaissable à ce stade, et ne le sera sans doute jamais vraiment) d'abuser de ce fait établi.
  11. Si le méchant n'est pas fort, n'est pas un immense obstacle à surmonter, quelle valeur a le héros/l'héroïne? Protagoniste et antagoniste sont consubstantiels l'un de l'autre: l'un construit l'autre et réciproquement, c'est un principe de base de la narration. On aura beau me dire que là, il avait déjà pris une grave blessure incapacitante par Chewbacca, plus une méchante à l'épaule par Flinn, qu'il était crevé, qu'il avait pas mangé ses weetabix, qu'il avait tué quelqu'un d'un peu important pour lui et qu'il était donc très troublé, gnagnagna.... Ben ça n'excuse pas le fait de se faire poutrer quand on a eu la formation jedi depuis la petite enfance, face à un adversaire qui a eu queud'chi mais qui, apparemment, peut tout d'un coup télécharger une formation en une seconde. Le "la force est maousse dans la famille" ne tient pas vraiment, parce que là, c'est de la pure adaptation (et de la pure spéculation de la part des spectateurs) au besoin d'un scénario qu'Abrams veut faire avancer beaucoup trop vite, considérant sans doute les étapes nécessaires emmerdantes. Nul doute que si le scénar le demande, dans le prochain film, Ren sera quasiment invincible, ce qui démontrera d'autant plus le point, et le manque de constance dans une scénarisation qui sacrifie les fondamentaux au profit de l'instant. Il faut à Luke 1 film et demie (représentant des années) incluant une période de vrai entraînement pur et dur (couvrant des mois) pour commencer à avoir un début de niveau qui lui permet tout juste d'être pas trop ridicule face à Darth Vader/son père (SPOILER ALERT.... Pour certains peut-être encore?) pendant quelques minutes. Tout connement parce qu'il a été établi que, comme toute chose, "la force est un métier": quelqu'un de pas formé aura de bonnes intuitions (et par là, des réflexes étonnants), d'occasionnels coups de bol monstrueux, un taux de réussite supérieur à la moyenne dans beaucoup de chose, mais guère plus. Le reste s'apprend: manipuler le mental du péquin moyen, faire de la télékynésie, jouer les télépathes, et surtout.... Faire de la putain d'escrime de haut niveau avec un coupe chou fait de lumière concentrée, le tout généralement dans des conditions abracadabrantes et stressantes, avec d'occasionnels vols d'objets dans la gueule des escrimeurs et un duel de volonté invisible à l'écran mais qui fait des trucs tout pas cools sur la cervelle. C'est Star Wars, bordel, pas les logiciels d'entraînements et savoirs-faires de Matrix. Quand Luke commence son odyssée, c'est juste un bouseux bricoleur avec le cul bordé de nouilles et un brevet de pilote. Quand Anakin commence, c'est juste un bouseux bricoleur avec le cul bordé de nouilles et un hobby de coureur de caisses à savon boostées. Ils ont une "learning curve" devant eux, avec laquelle Lucas ne prend pas exagérément de raccourcis autres que le fait que cet avantage de la Force fait d'eux des gars qui apprennent très vite (mais ce "très vite" représente des années), sauf dans le jedi training qui reste une chose dure et sérieuse, les épreuves qu'ils affrontent entretemps impliquant justement les limites imposées par cette lenteur à développer un bon potentiel. Comment Luke tire son épingle du jeu face à Darth Vader dans l'épisode IV? En évitant d'être dans la même pièce que lui, en ayant Obiwan pour couvrir son cul sans arrêt, en étant dans une bataille spatiale avec plein d'autres joueurs (empêchant Darthy de se pencher sur son cas particulier) et en ayant une attaque surprise d'un pote revenu au dernier moment pour lui sauver son jeune cul. En fait, et cette opinion couvrira même le personnage de Rey, je ne dirais pas que les personnages et leurs histoires sont mauvais..... Ils sont juste plats, inexistants, fades, superficiels (choisissez le terme qui vous parle le plus); des resucées rapides de stéréotypes mal étoffés, mal utilisés. Ce qui est ironique quand on pense que Lucas ne s'est jamais caché d'avoir créé SES personnages en se fondant essentiellement sur des archétypes issus du "monomythe" (théorie contestable, mais utile pour étudier l'histoire de la fiction), sans vraiment trop innover dessus..... Bref, Abrams fait des photocopies de photocopies, sans même prendre la peine de bien les ajuster ou de fermer le clapet de la machine au dessus de la feuille copiée avant d'appuyer sur "copy". Le résultat est donc flou, insipide et trop transparent. Dans une histoire comme Star Wars, ça pardonne moins, étant donné que les grandes scènes d'action et de bataille spatiale sont moins uniques dans le monde d'aujourd'hui que dans les années 70-80 où lucas avait un quasi-monopole sur cette réinvention du space opera, ou même dans les années 90-2000 (prélogie) où LucasArt gardait une avance technologique sans équivalent, et une monopolisation de ses moyens sur des années (voulue par un Lucas alors seul patron et voué à la R&D plus qu'à la maximisation de son bénef de court terme). L'histoire, l'univers, sa richesse et ses particularités, et plus encore les personnages, leur passif et leurs interactions, sont l'élément clé à travailler.... Et là....
  12. J'ai fait une expérience: j'ai revu le film (en streaming ce coup ci), puis encore une fois deux jours après, pour voir l'effet qu'il allait faire, et surtout celui qu'il allait laisser, puis je me suis repayé la prélogie, histoire de comparer avec quelque chose de censément et notoirement pas très bon.... Et bien après quelques jours, le constat est le même qu'auparavant: la prélogie, Menace fantôme incluse, est bien plus marquante pour moi (j'entends par là: chaque film individuellement), aussi nuls que soient les persos (pas vraiment plus que ceux d'Abrams, somme toute, sauf Jar Jar évidemment) et superficielle l'intrigue, et dans les deux cas, les raccords à la trilogie originelle sont plutôt lourds et parfois vraiment plus que limite (vraiment du mauvais découpage/collage, surtout à la fin du III). La prélogie a bien plus de richesse et de travail de background, elle prend plus son temps pour développer le décor (le décor physique proprement dit, mais surtout le cadre de l'intrigue: le world building est pris au sérieux et devient du coup beaucoup plus "invitant" pour l'imagination, et prenant pour l'esprit), et je lui donnerais un énorme avantage en ce qui concerne les personnages "qui comptent", dont l'action a un impact sur le déroulement du scénario, dont les choix sont réels (et pas inexistants ou superficiels, juste là pour faire du remplissage, ou sans conséquences) et dont l'histoire personnelle permet un minimum d'attachement. Il y a somme toute un meilleur "équilibre" entre eux, qui offre d'ailleurs un champ plus large pour l'identification potentielle du public, là où le nouveau film ne nous offre qu'un vrai personnage qui fait tout, Rey, les autres étant des aides occasionnellement compétents, des faire valoirs, des distractions ou des handicaps à compenser (ou juste quelqu'un pour faire la conversation). A comparer avec Finn la "demoiselle en détresse" qui ne sait pas faire grand chose et sert essentiellement de "témoin" et de "comic relief" occasionnel, et Poe dont ils ont essayé de faire un Han Solo bis sans réellement lui en donner les moyens, au point de le reléguer de fait à une figuration occasionnellement active, n'ayant d'existence scénaristique que très brièvement, ce qui donne l'inconvéniente impression qu'il n'est qu'un outil au service de l'histoire qu'Abrams veut raconter à un tempo donné et trop rapide (un perso est, à un degré ou un autre, toujours au service de l'histoire, mais ça doit pas se sentir, surtout ceux qui comptent, cad ceux pour lesquels on tente d'établir une connexion affective avec le public). Pour le reste, les "anciens" sont pareillement instrumentalisés au point de jouer des pastiches d'eux-mêmes, occasionnellement savoureux parce que jouant sur les vieux codes bien établis et le "capital acquis" des films précédents, mais sans rien leur ajouter de neuf ni leur faire réellement prendre pied dans l'histoire.... Bref, Abrams fait d'eux des faire-valoir, malgré le temps qu'il leur fait passer à l'écran. Le seul autre perso potentiel est Ren, l'antagoniste qui n'a pas vraiment d'aura ni ne dégage rien faisant de lui une "épreuve" pour l'héroïne (visiblement capable de le poutrer avant même sa première leçon d'initiation en première année de prépa Jedi); ça pourrait être suppléé par le (très) grand patron des méchants s'il n'était pas un peu.... Ridicule. Dans la prélogie, aussi contestable que soit la façon de mener leur histoire, il y a au moins 3 personnages (tout comme dans la trilogie initiale), Anakin, Obiwan et Padmé (qui devient cependant très passive, fade et insignifiante dans le 3ème, au lieu de devenir un vrai personnage tragique), un vrai antagoniste (il est vrai aidé par l'aura acquise par la première trilogie), de vrais personnages secondaires et même quelques personnages "principaux le temps d'un film" (je pense là surtout à QuiGon). L'histoire répond plus à une meilleure répartition des apports entre ces personnages, semblant moins liée exclusivement à un seul, ou même à seulement les 3 principaux. Tout linverse du cas de Rey qui semble ici la seule à avoir une majorité des "votes" sur ce qui se passe, par ses choix, les enjeux sur sa personne et ce qu'elle implique, ses réussites et ses échecs.... J'ai surtout l'impression d'un mauvais choix de ton général: Abrams aurait selon moi l'intention de faire un quasi film d'adulte avec des codes et éléments assez enfantins, ce qui donne un résultat assez superficiel, renforcé par d'autres erreurs et son propre style de storytelling mené tambour battant et sans pauses.... A contraster avec un Lucas qui ne s'est jamais caché de faire les Star Wars avant tout pour le jeune et très jeune public (ados et moins de douze ans), même si parfois il a essayé un peu trop fort (Jar Jar et autres trucs), et dont on ne peut pas dire qu'il ait été malhonnête à cet égard: malgré ce que pense/veut penser toute une frange de fans et geeks fanatisés dans le starwarisme le plus extrême (qui essaie de trouver toutes les justifications, extrapolations et métaphysiques possibles dans les films et ce qui les entoure), C'EST une oeuvre pour enfants et jeunes ados avant tout, et Lucas s'est bien focalisé sur une narration qui s'accorde avec la cible. J'ai l'impression qu'Abrams et/ou Disney (qui sait qui a réellement le dernier mot et/ou le final cut) a un niveau de focus bien moindre, donnant de ce fait dans un mauvais attrape tout (enfin pas si mauvais sur le plan commercial vu le box office). Mais le fait de ma petite expérience demeure: après quelques jours, La Menace fantôme (et les deux autres) me restent bien plus dans la rétine et la mémoire que The Force Awakens qui décidément, malgré trois visionnages, ne parvient pas à me laisser même une ou deux images/scènes fortes, un perso ou un dialogue qui reste en mémoire, ou même une impression ou une émotion particulière. C'est aussi là que je comprends la critique de certains ici sur la musique: je peux associer des scènes des deux précédentes trilogies avec des moments de la musique (toujours les mêmes évidemment), tandis qu'aucune scène de celui-là ne ressortira, amenant ces mêmes souvenirs de moments épiques ou puissants émotionnellement (même quand on n'est plus un enfant.... Si on a été contaminé à un jeune âge, on le reste). C'est en fait assez plat, sans force et sans souffle, malgré tout ce qu'Abrams essaie d'utiliser en "consommant" le capital acquis dans SW (en butant un perso majeur avant tout). Bref, ce film a été incapable de me travailler aux tripes, là où même l'épisode I en avait été capable à certains moments.
  13. En tout cas je suis sûr de tenir ZE explication pour la nullité au tir (individuel ou de groupe) des Stormtroopers, y compris ceux du dernier opus qui sont pourtant censés être entraînés depuis la petite enfance: Finn tire extrêmement bien au cours du film, même quand il utilise d'une seule main une arme plutôt censée être tenue à deux..... On pourrait cyniquement simplifier en disant que c'est le "hero factor" qui fait d'un ex stormtrooper un tireur d'élite d'une seconde sur l'autre, mais non! Je dis non! En fait, l'explication est plus prosaïque et tiens à mon avis, comme de nos jours, aux méfaits du complexe militaro-industriel; elle est donc très simple.... L'armure est en cause! Cette armure si peu pratique, visible à des kilomètres, rigide, un peu ridicule et qui ne protège de rien du tout, cette armure qui rend tout mouvement maladroit, qui n'offre aucune protection contre les gaz (juste contre la fumée apparemment) ou aucune assistance respiratoire malgré son encombrement, et qui a bien l'air de faire glisser sur les sols un peu lisses. Elle offre une mauvaise visibilité, contraignant le champ de vision et les mouvements de la tête autant qu'elle limite les mouvements du porteur; et je soupçonne que les systèmes d'aide à la visée sont une autre arnaque du fabricant, un tas de gadgets inutiles qui doivent rendre les soldats semi-épileptiques (avec tout plein de symboles électroniques dans tous les sens et de trucs qui clignotent) tout en ayant, j'en suis persuadé, une mauvaise ventilation impactant une visière du coup toujours semi embuée (l'effet "masque de paintball" pour les pratiquants). Mais évidemment, le fabricant devant être quelqu'un d'important qui finance qui il faut, rien n'est fait pour critiquer, et c'est pas dans un régime comme l'Empire/Le Premier Ordre que l'info risque de sortir devant le nez de qui pourrait ou voudrait changer les choses. Absence de liberté d'expression, bureaucratie autoritaire divisée en baronnies et clans, luttes d'influence, un programme sans doute très cher financièrement et complexe techniquement (donc un truc monolithique, dur à coordonner, impliquant beaucoup de groupes et organisations), et sans doute bien peu de souci pour le fantassin; je dirais que le Stormtrooper a reçu la F-35 des tenues de combats.... Et il va la garder..... Et il va rester nul, foutant aux chiottes le lourd (et peu coûteux) travail de tant de sergents instructeurs.
  14. Quand tu penses que les staffers de Sarkozy ont mis des mois (après son élection) à accepter d'utiliser des téléphones sécurisés (sur lesquels on les avait abondamment briefé), et que même à ce point, la plupart continuaient quand même à utiliser des téléphones du commerce en "complément" (cad, ils avaient les téléphones sécurisés.... Dans leurs poches ou leur tiroir de bureau).... Autant dire en effet que la stupidité a en effet bien plus de chances de jouer un rôle que la malveillance.
  15. C'était le grand problème des Séouds; et il était déjà toujours un peu plus difficile à gérer depuis une trentaine d'années, alors que l'argent, malgré tout, affluait (même si pas au rythme de la croissance continue de la population et des besoins estimés/demandés: allocations/redistribution par tête de pipe en baisse, explosion démographique, kleptocratie par nature toujours plus rapace, inflation de tous les coûts de projets, religieux plus demandeurs et influents....); mais là, ça sentirait presque le sapin, vu les mesures qu'ils sont en train de prendre, qui, même s'il ne s'agit pas à proprement parler d'imposition directe, s'apparente tout de même à plus de prélèvements et moins de prestation, donc un impact plus ou moins lourd sur le niveau de vie, et ce alors qu'il n'y aura pas de changement politique interne, et que des décennies de travail au corps de la société par les wahabites portent leurs fruits. Nul doute que ces efforts vont s'accompagner d'un maximum de "communication" du haut vers le bas pour proclamer la nécessité des efforts (tout en continuant à avoir une élite qui affiche son niveau de vie délirant et une mise en avant d'un "saudian way of life" aussi irréaliste que consubstantiel à la propagande de ce régime) et moraliser sur la difficulté des temps; mais ces efforts demandés, outre qu'ils tomberont sur une population déjà en partie atteinte par de multiples problème, mal armée pour y remédier, et en partie importante déjà touchée par des difficultés matérielles, s'apparentent pour moi à cette certitude fréquente qu'ont les élites, surtout auto-reproductrices (et surtout celles ayant l'outil et la volonté pour réprimer), à considérer qu'on peut "bouger le curseur" toujours un peu plus bas pour éviter de réformer sérieusement.
  16. Ils peuvent pas se le permettre (voir plus haut dans le sujet, en fait surtout les 2 premières pages; on en a pas mal discuté): le budget militaire, c'est à la fois la défense extérieure du pays ("acheter" la protection US via les contrats d'armement géants), la défense intérieure du régime (via les différentes composantes de la "Garde Nationale", en fait plus exactement des gardes féodales où la plus forte composante est celle des Séouds) et la protection directe de la famille régnante (la "garde tribale" -partie la plus forte de la garde nationale et seule force militaire digne de ce nom dans le pays- des Séouds), en même temps qu'un système massif de redistribution économique (via des jobs et des investissements.... Même si l'efficacité produite est souvent nulle) et d'aménagement du territoire.
  17. Comme le dit Libanais_75, le système de fonctionnement saoudien impose justement d'éviter une pression fiscale quelconque, entre autres raisons parce qu'il y a bien peu de revenus du travail dans le pays: peu de Saoudiens travaillent, et encore moins ont un travail qui soit autre chose qu'un emploi de fait fictif et/ou surpayé -comparé au service réellement rendu-, reçu comme une faveur par un "patron" de type féodal: la société saoudienne effectivement active au sens où nous pourrions le comprendre -un monde du travail fonctionnant comme un marché fondé sur des bases de compétitivité/rentabilité/rationalité économique et de mérite/compétition- est une réalité terriblement minoritaire, en tout cas absolument incapable de créer une base fiscale apte à soutenir un Etat de 30 millions d'habitants (ou même un 5 fois plus petit). De fait, la très grande majorité des revenus sont des revenus de transfert, directs (allocations, biens et services gratuits ou à pris réduits, soutiens divers....) ou indirects (jobs plus ou moins artificiellement créés et soutenus), et ce à l'échelle de la population entière, pas seulement d'une petite minorité, soit quelque chose qui dépend directement de la façon dont les revenus du pétrole sont "redistribués" (par l'Etat, par les autres grands bénéficiaires -féodaux et religieux) pour acheter la population et donc la paix sociale. Ce système a déjà pris continuellement du plomb dans l'aile depuis les années 80, le niveau de redistribution ayant baissé assez régulièrement et n'étant que de plus en plus imparfaitement compensé par un surcroît de répression et de latitude laissée aux religieux (ce qui génère en soi des problèmes). Mais en essence, le potentiel fiscal du pays est assez nul, puisque c'est l'Etat -ce qui, en AS, veut dire le système féodal des grands clans à mentalité kleptocrate, pas un vrai Etat-, qui génère le flux de richesses (il ferait quoi en taxant? Récupérer ce qu'il vient de donner? Du moins ce qui n'est pas dépensé dans des biens importés?), et que ce flux, pour ce qui concerne la grande majorité de la population, n'a cessé de baisser, si bien que cette population n'aurait de toute façon pas tant que ça à (re)donner de ce qu'elle a reçu. Au bout du compte, cela reviendrait à donner encore moins à la plus grande partie des Saoudiens qui n'ont pas tant que ça pour vivre (contrairement à ce qu'on aime se représenter), et qui n'ont en plus rien à faire de leurs journées, et pas vraiment de qualifications. C'est une mauvaise combinaison, surtout dans un pays au très faible sentiment national, avec une monarchie pas du tout populaire, et travaillé en continu par des religieux puissants, omniprésents, rétrogrades et très politisés.
  18. J'ai vu la plupart des épisodes, et honnêtement, j'aurais du mal à dire si j'aime ou si j'aime pas. C'est pas exaltant, ou un déclencheur de passions ou de fortes réactions, mais c'est pas anodin non plus, et ça se laisse voir. C'est clairement inscrit dans une veine réaliste (nettement plus que Vikings), et je pourrais faire une liste de tout ce qui s'assemble bien là-dedans en terme d'intrigue, de background (le fil rouge historique de la série, c'est l'ascension d'Alfred le Grand et l'affirmation du Wessex) et de déroulé de l'action et des événements façon "vu du sol", sans deus ex machinae, super pouvoirs ou démontage d'hommes de main par douzaines. Est-ce ce souci qui fait que la narration est parfois un peu lente, que les épisodes ont parfois un certain manque de rythme? Un problème (juste pour moi: c'est pas une critique générale): le personnage principal m'est très antipathique (je saurais pas vraiment dire pourquoi), ce qui fait que je ne suis pas la série au rythme des sorties d'épisodes.
  19. On pourrait simplifier et dire carrément "incapacité au tir", tout bêtement. Le seul tir réellement intentionnel que j'ai vu un stormtrooper réussir dans tous les Star Wars, c'est le tir paralysant sur Leia dans les premières minutes de l'épisode IV. Avant et après ça, c'est foirade continue, avec quelques coups aux buts accidentels dans les affrontements de groupe où ça défouraille au hasard, et où, vu la densité du feu, il faut bien que quelques rebelles prennent une valda qui s'égare. Pfff, et pis de toute façon, faire une analyse stratégique de l'Empire, on avait déjà fait ça ici, na! Et pas seulement ça: on a eu d'intenses développement sur la stratégie et les opérations de la Guerre de l'Anneau (LoTR), sur ceux du débarquement alien sur NY contré par les Avengers, ou encore sur les opérations extérieures du président Bartlett (The West Wing), sans même compter les innombrables uchronies allant parfois très loin (Napoléon conquérant le Moyen Orient et visant l'Inde....). DSI? Des petits joueurs!
  20. Super représentation, merci de l'avoir trouvée et postée. Une autre série de chiffres publiée récemment, qui aide à décrypter le "trumpisme" et la base électorale qu'il a su conquérir et, semble t-il, commencer à consolider; je ne développerais pas, ayant déjà décrit plus haut dans le topic l'électorat de Trump et les mécanismes de sa campagne, qui créent autant ses opportunités que ses limites. Les chiffres concernent la façon dont se répartit l'électorat pas/peu éduqués, techniquement, ceux sans diplôme universitaire. La définition de "qualifié" est donc ici assez restrictive (voire même un peu condescendante), mais reste globalement indicative tant le déséquilibre est prononcé. Dans cette portion de la population américaine, en tout cas sa partie qui vote républicain ou tend plus vers les républicains: - Trump "prend" 37% d'entre eux - Cruz 16% - Carson 13% - Rubio 12% - Bush 5% Le "college divide" (terme employé dans la presse US) semble donc vraiment très marqué, donnant à l'électorat de Trump une caractéristique forte, et expliquant aussi le radicalisme et le ras le bol anormalement élevés de ce cycle électoral, côté républicain: l'anti-élitisme est vraiment porté par Trump qui, dans la cohue des candidats républicains, est réellement le seul à avoir porté le sujet durablement, contrairement à Carson qui ne l'a porté qu'un moment, ou à Cruz dont l'électorat est nettement plus éduqué. Le fait que 3 autres candidats aient une part à deux chiffres de cet électorat ne suffit pas à les présenter comme portant la rhétorique anti-establishment: par rapport à Trump, leur score est suffisamment bas comme "part de marché" de cet électorat, pour signaler que cette caractéristique n'est pas le premier motif de vote de ces électeurs (les facteurs religieux, géographique, culturel ou racial peuvent plus jouer pour eux, par exemple). En revanche, pour Trump, mobiliser nettement plus du tiers d'entre eux est un signe de rassemblement plus indicatif qui montre qu'il est le seul à réellement "porter le message" anti-système, anti-élite, anti-stablishment, au sein du GOP..... A un moment où ce message est plus porteur que d'habitude. Ce message se décline en divers faisceaux de propositions, en combinaisons qu'on ne retrouve pas chez ses concurrents: protectionnisme, couverture santé, anti-immigration (ce point précis est retrouvé ailleurs, mais pas en combo avec les autres points), frontières "durcies", nationalisme aggressif....
  21. Honnêtement, en termes de points majeurs du programme, il serait en termes européens un social démocrate bien affirmé: couverture santé universelle avec "single payer system", séparation nette des banques d'affaire et de dépôt, réglementation de Wall Street, Education supérieure à bas coût, augmentation des impôts sur les "0,1%" et les one percenters", sans doute aussi un peu sur le premier décile de la population, limitation des dépenses de défense.... Rien de très communiste: pas de nationalisation des "moyens de production", de plafonnement décrété des revenus.... Plutôt "liberal" (sens américain) sur les moeurs et droits des minorités, avec un seul bémol: le sujet des flingues, où, s'il est pour un certain niveau de contrôle limité (et une limitation des types d'armes accessibles), il ne se montre pas non plus excessivement assertif. Il vient du Vermont, un Etat très rural, où les flingues font partie du paysage.
  22. Phénomène intéressant, relevé par quelques journalistes US: les audiences actuelles de la campagne, en fait surtout des débats, sont sans précédent dans l'histoire américaine, même si cela semble nettement plus développé côté républicain, les "primaires tarées" ayant transformé le processus pré-électoral en show de télé réalité. Plus avec Donald Trump, certes, mais cela avait déjà commencé avec le cycle de 2012: grand nombre de candidats, financements énormes et moins dépendants des structures de parti, grand nombre de candidats clownesques, rhétorique extrême et souvent hors de toute réalité. Le débat démocrate de samedi a été pointé du doigt comme étant volontairement placé à cette date (un samedi, avec un important match de foot sur une autre chaîne, et le dernier WE avant Noël: 3 raisons pour plomber l'audimat) pour attirer moins de monde, et ce, comme celui d'avant, et comme la polémique sur le faible nombre de débats côté démocrate, afin de favoriser la hiérarchie existante, cad la candidature Clinton et sa confortable avance. Malgré tout, ce débat a fait une audience importante: en fait, il a rassemblé beaucoup plus de monde: - que les débats Clinton-Obama en 2008 - que tous les débats présidentiels (Obama-Romney) de 2012 - que tous les débats des primaires républicaines de 2012 Et la marge n'est pas petite. Le fait est, évidemment, que les audiences des débats républicains ce coup-ci sont bien plus conséquentes (le zoo attire l'audience?). Mais le point global demeure: le niveau d'attention des Américains pour cette campagne est un fait nouveau: le grand ras le bol, les candidats populistes, le niveau de préoccupation, la croissance du phénomène politique-spectacle.... Tout semble se conjuguer dans cette tendance peut-être lourde, soulevant la question de savoir si l'effet sera comparable dans la participation au vote, chroniquement peu élevée aux USA (un peu plus les années présidentielles). Dernier détail, sur le débat républicain de la semaine dernière: le candidat qui a reçu le plus grand nombre de nouveaux adhérents Twitter/facebook pendant et juste après ce débat fut.... Bernie Sanders (devant Trump)! Et il a réitéré samedi, pendant et juste après le débat démocrate (où, là, il était, évidemment).
  23. J'avoue que ce phénomène différenciant les films qui vous restent dans la rétine et la caboche, et ceux qu'on oublie, qu'il s'agisse dans les deux cas de films "bons" ou "mauvais" (avec toute la subjectivité que ces qualificatifs supposent), qui vous font passer un bon moment ou non, voire même vous scotchent, et bien cette différence m'intrigue. - il faut évidemment pouvoir dégager le facteur subjectif: l'humeur dans laquelle on est au jour J, qui vous rend bon public/réceptif à ce produit ou moins bon public, les prédispositions à "adhérer" à ce qu'on voit (goûts et couleurs en fonction du genre, du type d'histoire et de persos....) - il faut aussi filtrer pour voir si cet effet d'oubli même si on a aimé le film sur le moment, ou si l'action a impressionné, est une chose partagée; je le mentionne parce que dans le cas des Mission Impossible (sauf peut-être, étrangement, le premier, voire aussi le deuxième, qui ont une identité visuelle et scénaristique plus forte), l'oubli dans l'heure qui suit est un commentaire que je vois souvent, dans plusieurs langues. - reste enfin ce qu'il peut y avoir de vrai dans cette assertion, pas seulement pour soi, donc, et ce qui peut donc l'expliquer: le cas de cet opus de SW, je le compare aux MI peut-être en raison d'Abrams lui-même et de sa patte, parce que je fais le lien via Alias, série "d'espionnage" (hum hum; allez, faut bien mettre dans une catégorie) qui utilise, même si dans un autre contexte (série) et avec beaucoup moins de moyens, des codes similaires et un mode de narration proche. Et le fait est que la "patte" Abrams s'est rôdée à ça et fonctionne encore avec ses mêmes mécanismes. Et la différence avec Lucas est que, même si abrams est, selon moi un bien meilleur narrateur visuel, un meilleur chef d'orchestre d'une intrigue et des interactions de persos au service de l'intrigue qu'un Lucas-le-geek plus préoccupé d'en mettre plein la vue côté effets visuels, chacun a les défauts de ses qualités.... En ce sens qu'Abrams asservit ses persos au rythme qu'il veut imposer (il a sans doute aussi un biais sur la "centralisation" de l'intrigue autour d'un personnage, même s'il avait réussi à tempérer ça dans Star Trek avec un meilleur équilibre Kirk-Spock), qui écrase tout le reste: résultat, on est pris dans ce rythme, mais dans pas grand chose d'autre, ni les persos et leur histoire, ni leurs échanges, ni l'univers en background et ce qui s'y passe en général. Lucas, tout geek qu'il est, agit en geek: pas de grande profondeur dans les persos et leurs relations (quoique maintenant, en comparaison, je me prends à encore plus respecter le développement de la relation Han-Leia sur 3 films), mais le backgound est riche et développé, il est visuellement/sensoriellement -donc affectivement- prenant, il a des codes de fonctionnement que le spectateur peut s'approprier facilement, il s'y passe des trucs face et hors caméra.... Bref, il y a un vrai world building (et un "code building": cet univers crée ses propres tropes, un point majeur), si bien que même si on ne s'identifie pas à un perso, on peut aimer quand même à s'y "projeter", là où Abrams se sert du peu qui l'arrange dans l'univers et ses codes pour chaque scène, sans jamais s'y attarder même une seconde au-delà du superficiel et du strict nécessaire. Dans Alias comme dans les MI, on voit ainsi de façon trop transparente, les mêmes trucs et ressorts: on va de grandes villes du monde en grande villes du monde en passant par les grands paysages de rigueur, on va dans la boîte de nuit/la big soirée en super fringues (y'en a toujours une) parce que c'est toujours là que sont les trafiquants d'armes (et il faut toujours un trafiquant d'armes), on a toujours le même timing impossible super serré où un artefact techno débile vous permet de faire un truc douteux, on a toujours les mêmes hommes de mains débiles pour la scène de combat de rigueur.... Au lieu de se servir des particularités et richesses des lieux, des différences de persos (protagonistes, antagonistes, soutiens, figurants à petite participation), on mentionne juste que le lieu (Paris, Moscou....) est là parce qu'il a déjà par lui-même un nom établi qui "respire" quelque chose dans l'esprit du public (Paris = élégance, glamour, richesse et lieu d'échange de secrets; Moscou = danger et grandeur; Kuala Lumpur= exotique, ultra-techno, "nouveau monde et nouvelles menaces"....), et on espère que ça va suffire à donner de la force à une série de scènes.... Ce qui n'est jamais le cas, même pour des ricains. Résultat, tout est indifférent. En bref, pour moi, Abrams fonctionne comme un publicitaire: il use les codes et la richesse de l'univers déjà créé (comme les publicitaires, le fera t-il jusqu'à la corde? AU point de dénaturer, d'affadir, de banaliser?), là où Lucas, même dans un récit plutôt mauvais (la prélogie), en crée (parfois trop peut-être), donnant de la matière à l'imagination (pour plus tard notamment), tout en s'y attardant suffisamment dans certaines scènes où un décor, un lieu, une intrigue annexe, un type de perso.... Peut prendre corps dans la mémoire. Chez Abrams, tout me semble écrasé par le besoin d'aller vite et de s'accrocher au récit tel qu'il veut le voir aller d'un point A à un point Z, en passant par trop de "points lettres" entre les deux. Avec pour effet que tout est fade: les lieux sont indifférents (aussi magnifiques et bien rendus soient-ils), la diversité des scènes, persos, événements.... Frappe moins, et beaucoup de personnages semblent juste devenir des ressorts d'intrigue de façon à peine masqués, comme des boulons ou écrous sans personnalité autre que superficielle, servant un simple but mécanique pour que l'histoire avance, et que LE perso central (quasiment le seul "vrai" perso susceptible de susciter adhésion/identification) fasse ce qu'il a à faire. C'est trop "utilitaire" pour moi. Et Abrams, si pressé et assujettissant tout à ce besoin, me semblerait un peu "éjaculateur précoce".
  24. Ce qui me fait beaucoup marrer dans cette campagne de gens aussi provinciaux en terme de mentalité, et centrés sur leurs impératifs idéologiques intérieurs (tous les politiques le sont, mais dans la première puissance mondiale, avec un niveau de chauvinisme comme on n'en fait plus chez nous, c'est assez radical), c'est leur prétention à parler de géopolitique, essentiellement en termes débiles, confinant souvent à des dialogues dignes d'une mauvaise série B ou du trash talking des sports de combat, et, pire encore, à se donner des airs "d'hommes du monde" en dernière minute en voyageant (aux frais de la princesse) dans quelques pays sélectionnés pour serrer la pogne d'un officiel, si possible gouvernemental, et essayer ainsi de donner l'impression qu'ils sont des personnalités mondiales. Les voyages à Londres et à Tel Aviv sont les principaux pèlerinages ainsi requis, le parcours minimal obligatoire pour avoir l'air d'un vieux routier du world business. Là-dessus, on rajoute quelques couches de conneries qui sonnent bien aux oreilles des ploucs du parti, et dans les débats, on dit à quel point le président en place est con et incompétent, mais surtout, "faible", et que quand on sera en place, "on va voir ce qu'on va voir": on peut ainsi se faire bander soi-même en parlant de grandes flottes, de déplacements d'armées de centaines de milliers de bonshommes (une sorte de Risk virtuel dont on espère qu'il vous donnera l'air sérieux), de bombardements massifs (parfois nucléaires).... Et on croise les doigts pour que les journaleux (ou pire encore -on sait jamais, ça peut arriver- un de vos concurrents du même parti qui, par accident, connaîtrait quelque chose sur le sujet) ne posent pas de questions même basiques et se laissent entraîner dans le fantasme ainsi décrit. Dommage pour Trump qui s'est fait choper cette semaine à ne pas savoir ce qu'est la triade nucléaire, mais bon, c'est pas grave, il a un passe pour tout auprès de son audience de base. Mais avec le batch de candidats républicains de cette année, le fact checking ne peut pas suivre tant le débit de conneries à la minute est devenu important. Chris Christie pouvait ainsi affirmer en toute impunité dans le débat de cette semaine, avec des trémolos dans la voix, qu'il avait personnellement assuré le roi de Jordanie que l'Amérique le soutiendrait.... Il évoquait ainsi avec force le roi HUSSEIN de Jordanie, mort depuis 15 ans, devant une large audience, en référence à son voyage récent (payé par les contribuables du New Jersey et l'actuel roi de Jordanie) qui fut essentiellement un voyage familial de vacances (gratuites). Ce sont des gens très sérieux. Après, il suffit de voir le contenu de leurs postulats de politique extérieure.....C'est franchement atterrant. Churchill disait que rien ne pouvait vous dégoûter de la démocratie autant que 5 minutes de conversation avec l'électeur moyen.... Il aurait du mentionner 5 minutes d'écoute du candidat moyen avant ça.
  25. 3. Si tu t'en rappelles au réveil: te rappeler du contenu, d'images fortes, ou même de l'avoir vu. Si dans la journée, tu n'as pas vraiment de flashes à propos du film, de questions qui surgissent sur tel ou tel point ou moment, ou encore l'envie irrépressible d'en parler (et de faire chier le monde ce faisant), c'est qu'il ne t'a pas marqué plus que ça et qu'il y a donc des questions à se poser sur la force de l'oeuvre. Personnellement, un très grand nombre de blockbusters me font cet effet..... Emphase particulière sur les Mission Impossible qui sont un plus ou moins agréable divertissement, qui se laissent voir sans laisser trop d'impressions de longueur.... Et dont j'oublie tout dans l'heure qui suit. La première trilogie, je m'en rappelle quasiment minute par minute même si ça fait des années que je l'ai pas vue: peut-être l'âge joue t-il dans ce phénomène (l'épisode VI est le premier film que j'aie vu au cinoche dans ma vie, et j'ai donc maté la trilogie à un âge jeune et impressionnable), mais je relativiserais en signalant que, malgré tous leurs défauts, je me souviens aussi de la trilogie du Hobbit (vue une seule fois et sur des DVDrip de qualité aléatoire) et de la prélogie SW qui; en dépit de tout, reste un bon moment pour un fan de SW voulant son petit fix, l'apport en matière d'ajouts à l'univers et de fantasmagorie visuelle s'y ajoutant pour constituer un moment satisfaisant.... Et qui me reste dans la caboche, ce qui est bien plus que ce que beaucoup de blockbusters censément originaux et/ou "puissants" en terme d'impression sur la rétine et la mémoire. Doit donc bien y avoir un truc là-dessous. Donc outre les débats sur l'intrigue, les persos, la cohérence, la qualité d'ensemble, toussa.... Qu'en est-il de celui-ci pour vous tous? Un ratage? Un grand moment dans la lignée SW? Un bon divertissement qui remplit les attentes..... Mais dont la force périme en quelques heures?
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