-
Compteur de contenus
18 697 -
Inscription
-
Dernière visite
-
Jours gagnés
166
Tout ce qui a été posté par Tancrède
-
Heroic fantasy et SF militaires
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Tancrède dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
!!!!!! OMG!!! Je l'avais oublié celle-là! C'est Bill Maher qui l'avait sortie, non? EDIT: ah, non, c'est quelqu'un d'autre qui l'a sorti.... Ceci dit: Atlas Shrugged est traduit en français par "la grève"? Pas terrible.... -
Vers une GARDE NATIONALE à la française ?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de alexandreVBCI dans Europe
Pas vocation, non, mais quelle est l'alternative? Laisser autant de personnes à la dérive que possible? Ca se paie en aval, ce genre d'attitude, avec des coûts sécuritaires très largement accrus là où un petit investissement en encadrement et formation, quand le problème est encore jeune, suffit. souvent à éviter le pire. Que l'Education Nationale soit à réformer, c'est certain, mais toutes les solutions ultérieures pour éviter la création de problèmes plus grands sont bonnes à prendre, parce que quand on en arrive au traitement policier de ce probème, on est à un stade où le coût par tête de pipe (traitement policier et judiciaire, impact sur la société....) est plus élevé. Et pourquoi un service national tel qu'on l'évoque avec Christophe 38 (soit "à la suisse") ne permettrait pas de faire du Sentinel ou du Vigipirate? Eux, ils font bien une armée avec, et on le faisait aussi jusqu'il y a pas si longtemps. Et quand on a les structures d'encadrement et de formation (ce qu'on a actuellement à petite échelle et qui sert aussi au service civique et au SME, même si ces structures existent à la base pour la reconversion des militaires) à une échelle telle qu'on la préconise (et qui seraient tout sauf limitées au domaine militaire), donner un coup de pouce à un nombre donné de jeunes en difficulté semble pas une si mauvaise idée, y compris pour un objectif d'ordre public. Le terme de "Garde Nationale" ne porte pas en lui une forme précise de service; il faut en définir un. Une Garde Nationale à l'américaine est une milice à temps partiel de volontaires. Celle qui semble évoquée par le gouvernement est juste une réserve étendue (et j'ai de sérieux doutes sur l'effectif réellement utile qu'on en retirera, sitôt l'émotion d'attentats massifs passée). La milice suisse est un service national formant à un certain nombre d'activités (essentiellement militaires) pour disposer ultérieurement et en permanence d'un volant permanent de main d'oeuvre (ici spécialisée dans la défense territoriale en mode militaire) et d'une capacité de mobilisation massive. On peut l'appeler "armée", on peut l'appeler "milice", on peut l'appeler "garde nationale". Personnellement, cette dernière solution, réhabilitant un service national en mode suisse mais appliquée à un plus grand nombre de domaines, me semble préférable, entre autres parce qu'elle concourt d'un plus grand effet qui est de réimpliquer la population dans la citoyenneté, de rendre les Français actifs dans le principe même de la collectivité. Quand on parle de résilience, de solidité du corps national, de vigilance citoyenne... C'est par ça que ça commence. -
Vers une GARDE NATIONALE à la française ?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de alexandreVBCI dans Europe
Alors je me suis mal exprimé: je pensais plus au fait qu'une telle réforme devrait impliquer des corps d'encadrement (de professionnels) dans chaque ministère/organisation de l'Etat concernée par le besoin et donc par ce "nouveau" service national, et ne pensais pas à avoir des intérimaires corvéables qu'on enverrait indifféremment ici ou là d'une semaine sur l'autre suivant le besoin du moment. J'étais plus dans la définition d'un certain nombre de "métiers" et domaines où cette aide serait souhaitable, et où les conscrits/miliciens seraient aiguillés pour leur formation et leur service ultérieur, comme une spécialisation à part entière. Après, cela repose sur quelque chose que je suis incapable d'évaluer, qui est de savoir ce qu'on peut obtenir d'une personne qui sera formée sur un temps donné (si on prend le modèle suisse, par exemple, ça voudrait dire autour de 5-6 mois de formation -21 semaines est la norme en Suisse, non?-, et un peu plus pour des "services longs" formant des cadres et spécialistes), et dans combien de domaines d'activité ces 6 mois peuvent produire quelque chose d'utile, c'est-à-dire un "milicien" ayant un certain nombre de semaines de service par an à fournir dans cette activité (ou un nombre limité d'activités dans le même secteur) pendant un nombre d'années déterminé. Je ne pensais absolument pas à une polyvalence absolue, juste à un nombre de domaines (militaire, policier, sécurité civile, douanes, voirie, associatif et social, monuments nationaux, eaux et forêts, aide internationale....) qui pourraient avoir des structures d'encadrement (formateurs et cadres "d'unités de milice") pour employer cette main d'oeuvre. Les Suisses qui ne veulent pas faire le service militaire ont d'autres options dans un service civil, qui recouvre pas mal d'activités (sur une période plus longue cependant, j'imagine afin d'éviter que trop fuient l'armée qui doit rester prioritaire dans leur modèle) allant jusqu'à des chantiers sur les sites historiques ou l'assistance sociale. Il y a quand même beaucoup d'activités et de secteurs qui ont besoin de bras nécessitant certes une qualification spécifique mais pas non plus BAC +5, surtout si ce travail est dirigé par des cadres pros, et dont il n'est pas vraiment possible de les "monétiser" (cad en faire un marché du travail, ou embaucher suffisamment de fonctionnaires) en quantités suffisantes tant le coût serait astronomique. Rien que l'entretetien des littoraux et de leurs abords face à l'érosion maritime ou à l'ensablement des canaux de drainage (dans beaucoup d'endroit, une activité jadis faite par ceux qui exploitaient l'endroit, agriculteurs, ostréiculteurs....) est un domaine que les DDE et communes ne peuvent même commencer à couvrir correctement (ce qui crée des zones innondables en grande quantité) et qui pourrait avoir l'usage (littéralement en perpétuité) d'une importante organisation nationale dédiée à la protection (physique, écologique....) de ces environnements particuliers (dans une approche holistique, sinon on limiterait la chose à des hilotes remuant du sable). -
Heroic fantasy et SF militaires
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Tancrède dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Cette "émergence" date de bien avant la fin de la guerre froide: elle pouvait certes être plus tenue par la nécessité d'un front commun, mais ce point avait à mon sens plus de liens avec l'ancienne culture politique des décisionnaires, beaucoup plus consensuelles, et surtout, l'ancienne structuration de la politique américaine, dont les financements étaient bien plus tenus par les organes centraux des partis (donc les adultes) qui étaient eux-mêmes plus divers. Il a fallu du temps, cependant, et pas mal de changements économiques et technologiques (ceux des années 80-90) pour que le changement majeur amorcé par la "Southern Strategy" de Nixon (récupérer l'électorat très conservateur voire radical, mais structurellement démocrate -souvent par simple haine héréditaire du seul nom de "républicain" depuis Lincoln- du vieux sud) produise ses effets, en conjugaison avec le nouveau radicalisme initialement porté à la même époque par Barry Goldwater. Reagan sera le premier à en faire la synthèse et à favoriser l'émergence de la "moral majority" (le tiers religieux de la base républicaine actuelle) qui ne pouvait cependant pas encore imposer ses vues à l'époque, face à un Reagan certes conservateur, mais aussi fin politique, prêt par essence au compromis, et assez modéré dans pas mal de domaines (aujourd'hui, il serait labellisé "sale communiste pro-gay" et viré de toute estrade républicaine), une posture que Bush Jr avait -en apparence seulement- réussi à ressusciter pour se faire élire avec son thème du "compassionnate conservative". Depuis cette époque, beaucoup de choses ont changé qui n'ont en fait aucun lien avec la guerre froide et tout à voir avec l'évolution interne des USA, les changements économiques, politiques, sociétaux et technologique.... La "victoire" de la guerre froide est une cerise sur le gâteau, pas un des ingrédients du gâteau. On notera aussi, pour le domaine de la SF et de la fantasy (mais surtout de la SF) qu'effectivement, il y a une sur-représentation des conservateurs de tous types, mais surtout des tendances dures, religieuses ou non (Orson Scott Card est un ultra-religieux, limite taré); je ne connais pas toutes les explications du phénomène, mais la tendance américaine (plus prononcée que dans d'autres cultures) au "what-if" est particulièrement présente chez les très conservateurs.... Est-ce que ça aurait à voir avec cet étrange phénomène qui voit des dizaines de milliers de gens du vieux sud faire du re-enactment de la guerre de Sécession (en espérant un résultat différent?), ou plus simplement avec l'extraordinaire taille du secteur de l'édition américain et de son marché, qui permettent d'éditer BEAUCOUP d'auteurs de tous niveaux de qualité et de leur trouver un lectorat suffisant pour continuer la parution? Enfin, je soulignerais aussi l'importance aux USA du tropisme militaire et sa transcription dans l'édition, notamment via une présence marquée d'anciens militaires et de geeks du domaine dans le métier de l'écriture. La machinerie militaire américaine est énorme et offre ou chapeaute beaucoup de cursus universitaires à ses engagés, tout comme elle supporte un grand effort d'éducation (part de sa politique de recrutement et de communication) dans les lycées et universités (très nombreux à avoir un corps de cadet, en plus des lycées et universités militaires proprement dites) et a, d'une manière générale, un énorme impact et une grande popularité dans la nation. L'attrait pour la chose est l'une des premières raisons de l'importance du marché (la demande, quoi) et de l'offre qui s'y adjoint. Qu'il s'agisse de fiction contemporaine, d'uchronie, de fiction futuriste ou de pure SF, il y a de quoi alimenter largement le marché et avoir une offre qui produit beaucoup, donc nécessairement quelques perles dans ce "beaucoup". Le techno-thriller (avec Clancy comme St patron) et la "military science fiction" (pourra t-on bientôt aussi parler de "military fantasy" comme d'un genre à part entière?) ne sont pas nés là-bas par hasard. Et oui, pour le coup, la guerre froide, tant par les angoisses qu'elle a créé pendant une longue période de temps que par l'appareil militaire qu'elle a généré (et son "implantation" permanente dans le logiciel mental national) et la culture (patriotisme belliqueux et technologisme) qu'elle a développé, a joué un rôle certain. On l'oublie d'ailleurs, mais le roman militaire en France se portait très bien jusqu'à la 2ème GM; il était même très développé comme genre, surtout entre 1870 et la 1ère GM, même si comme 99,99% des romans militaires US actuels (contemporains, uchroniques, futuristes ou SF) seront sans doute oubliés d'ici 50 ans (et même avant), quasiment rien n'a supporté l'épreuve du temps. On n'écrit pas Le désert des Tartares, le rivage des Syrtes ou Guerre et Paix (pas proprement militaire, mais contient cependant certaines des plus authentiques retranscriptions de batailles dans un livre) tous les jours. -
Vers une GARDE NATIONALE à la française ?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de alexandreVBCI dans Europe
D'abord, il ne faut jamais oublier de souligner la puissance de l'inertie d'un système bien en place et qui existe depuis longtemps: pour les Brits, les corps de cadets font partie du paysage et des options pour les jeunes depuis très longtemps. Ce n'est pas une formule qui se cherche, qui cherche des moyens, qui cherche une définition.... C'est un fait de l'existence. Mais si le gouvernement les sponsorise, il faut rappeler: - qu'il n'est pas le seul à le faire - que ces organisations n'émanent pas du mindef britannique et ne sont même pas des organismes publics Ce sont dans le principe des organisations de jeunesse, et dans la forme des organisations caritatives (ou plus généralement, ce que les Américains appellent des "non profits"), comme les scouts, soit essentiellement ce qu'on appellerait en France des organisations à but non lucratif, qui pourraient s'incarner sous la forme d'associations ou de fondations d'intérêt général (typiquement sous l'ombrelle de la Fondation de France). Mais elles jouent un rôle de conseil auprès du Mindef britannique et d'autres ministères, tout en profitant de certaines facilités (le financement public n'est pas qu'en argent) et de transferts de personnels (une des voies possibles pour les militaires quittant l'armée) et d'une tutelle formelle, organisationnelle et culturelle par différents corps de l'Etat: ainsi, on trouve l'Army, la Navy (avec une branche Royal Marines), la RAF, mais aussi la police et les pompiers. Rien que pour les forces armées, il y a annuellement autour de 100 000 cadets ainsi encadrés (je ne connais pas les chiffres pour ceux de la police et des pompiers), 140 000 en incluant la Combined Cadet Force qui est une organisation séparée par le fait qu'elle travaille uniquement dans les écoles privées) mais aussi rattachée au mindef (et divisée en branches rattachées aussi aux différentes armes), ce qui est à la fois un chiffre impressionnant, et à la fois indicateur d'une limite, tant en volontaires qu'en moyens disponible, puisque ces 140 000 recouvrent une grande variété d'âges (de 7 à 18 ans, typiquement), et non une proportion importante d'une classe d'âge (une classe d'âge brit étant du même ordre qu'une des nôtres, ça fait 11 classes d'âge, soient autour de 8 millions et demie de jeunes; 140 000 là-dessus, c'est pas grand chose). Il s'agit donc d'organisations de la société civile qui sont chapeautées/épaulées et encouragées par le MOD et d'autres ministères (intérieur, éducation notamment) pour organiser des sections de cadets dans les écoles publiques et privées du pays, écoles qui choisissent ainsi de créer en leur sein un corps de cadets. L'une des grandes limites du système est que le MOD offre des facilités et des financements, mais qu'ils sont limités (les budgets sont ce qu'ils sont, les disponibilités de personnels et de surfaces d'entraînement sont plafonnées), les écoles et les organisations ayant donc la charge de trouver du fric par eux-mêmes (un corps de cadets coûte cher). Il convient de noter que le système se prolonge après 18 ans, dans les universités, qui ont aussi un équivalent du système, soient des cadets universitaires même s'ils n'en portent pas le nom (contrairement aux USA où un certain nombre d'universités ont un corps de cadets): ce sont les University Officer Training Corps (pour l'Army: 19 universités en ont un), University Air Squadrons (14 universités) et University Royal Naval Units (14). Le coût par cadet est ici bien plus élevé que pour les plus jeunes, et il faut noter que dans l'ensemble, si on veut faire marcher ce truc, faut raquer un minimum pour rendre la chose utile pour le cadet, pour les forces armées (éventuellement: peu de cadets joignent un jour l'armée) et pour la société, et pour la rendre attrayante (notamment organiser des compétitions entre corps, dans le pays et à l'étranger, organiser des réunions....). En tout état de cause, les corps de cadet ne forment pas une Garde Nationale, une milice ou autre chose: ils aident à cadrer des jeunes au mieux, à les intéresser à la nation en général, à en sensibiliser certains aux forces armées ou au thème de la défense du pays, à créer un pont "armée nation", à rendre les études plus marrantes/immergeantes.... Mais ce n'est au final pas vraiment dans le même trip que le sujet, même si ça peut faire partie de ces ruisseaux qui, en amont, facilitent ultérieurement l'existence du grand fleuve qu'est la défense du pays et l'implication de la population dans la citoyenneté. En pratique, c'est une autre forme de scoutisme pour les jeunes de 7 à 18 ans, qui apprennent une autre forme de vie en groupe dans le cadre d'un certain nombre d'activités (généralement sportives et plus ou moins liées à l'armée, assorties de quelques trucs de bienfaisance), en marge de l'école qui reste le cadre de ces organisations. La version universitaire est plus poussée, mais reste dans le même esprit. -
Heroic fantasy et SF militaires
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Tancrède dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
C'est dans le premier tome qu'il y a la plus longue description d'une "ré-éducation" BDSM par une domina version fantasy appartenant à la garde rapprochée (essentiellement faite de gros bourrins en armure -les gardes proprement dits- et de dominas en cuir -les bourreaux et arme anti-sorciers) du grand méchant de ce premier volet. Le thème revient épisodiquement (je crois pas qu'il y ait un tome sans sa séance de torture, mais très courte), mais l'horreur verse plus dans les crimes de guerre/crimes contre l'humanité, généralement par un camp de méchants à tendances ultra religieuse et/ou proto-communiste qui déteste la vie, l'amour, le bonheur et le très saint objectivisme (pas mentionné en tant que tel, bien sûr, on est dans un monde fictif de fantasy où Ayn Rand n'existe pas et où personne, donc, ne sait qui est John Galt.... Sauf qu'un puissant sorcier du temps jadis a eu une vie et un suicide étrangement similaires.... Aheum, aheum). Mais effectivement, outre ses idées politiques aussi superficielles et simplettes qu'égocentristes et outrancières (sur les campus américains, le principe veut qu'on découvre Ayn Rand et vire complètement fan en première année.... Et qu'on foute les bouquins aux ordures l'année suivante, quand on commence à développer un esprit critique; cependant, certains gardent le virus.... Comme Paul Ryan, l'actuel Speaker de la Chambre US), Goodkind semble avoir une fascination assez étrange du BDSM (et une grande connaissance de ses "codes").... Coquin, coquin. -
Vers une GARDE NATIONALE à la française ?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de alexandreVBCI dans Europe
Je pense que ta question pêche par le singulier: "quelle seraient LES missions de ces personnels?" serait à mon sens plus approprié. Il n'y a pas UNE mission unifiante qui justifierait le rétablissement d'un service national, même inspiré du modèle suisse (cursus de formation pour disposer d'une réserve milicienne nationale avec un temps d'activation annuel déterminé), surtout que de nos jours, si on voulait le faire, la question d'une vraie universalité serait inévitable, impliquant donc potentiellement l'intégralité d'une classe d'âge (moins évidemment les inaptes à tout), soit autour de 800 000 personnes. C'est ça, ou juste l'augmentation de la réserve et son éventuel redéploiement dans divers "corps de métiers", qui pour moi atteindra rapidement un plafond dans le niveau de volontariat (surtout hors des périodes de lendemains d'attentats massifs, qui ne sont que des pics) et ne fournira jamais ce dont on peut avoir besoin. Entre les deux, je ne vois que des solutions qui créeront des inégalités et porteront sur certaines portions de la population. Et, au-delà des missions proprement dites, le principe unifiant serait peut-être le fait du service lui-même, à savoir redonner une colonne vertébrale à la nation, réimpliquer le citoyen dans la vie de la nation via un certain nombre d'activités de l'Etat. Sinon, pour revenir à des chiffres qui sont certes plus qu'à la louche et détachés du détail (potentiellement très inflationniste) des diverses activités (donc pas uniquement militaires) d'un service tel que je l'évoque, je regardais le C dans l'air d'aujourd'hui où étaient rappelées les estimations diverses par le gouvernement, la Cour des Comptes et le scepticisme usuel et nécessaire par rapport aux grands programmes. Le service civique pour environs 200 000 personnes était estimé avoir un coût avoisinant le milliard (donc partir plus sur 1,2 ou 1,3); c'est juste pour avoir des ordres de grandeur, et je ne sais pas ce que ce chiffre recouvre, s'il s'agit du coût annuel de fonctionnement ou si déjà des coûts d'infrastructures (y compris des acquisitions de terrains et bâtiments?) sont inclus. Si on part sur un service pour toute une classe d'âge, on arrive donc autour de 5 milliards (je me le mets comme ordre de grandeur de référence) par an. C'est peut-être très faux, complètement sous-estimé, mais je réfléchis pour l'instant à partir de ça: quelqu'un a t-il une idée du coût du système suisse (pour ce qui concerne le fait du système milicien dans et hors du budget de l'armée)? Ou de ce que pesait le système de la conscription dans le budget français d'avant Chirac? On a déjà vu plus haut le taux d'encadrement nécessaire au système suisse, ce serait une bonne idée de zieuter de tels ordres de grandeur pour savoir de quoi on parle. Christophe Barbier émettait une idée amusante dans l'émission, qui était d'affecter le bénef annuel reversé à l'Etat par la Française des Jeux à l'usage exclusif de ce système (le vice privé au service de la vertu nationale, en somme.... Ca me plaît), soit une somme de 3,5 milliards. Ce serait un bon début, et, en tout état de cause, assez pour déjà couvrir largement un service seulement masculin. Question annexe: une classe d'âge "utile", ce serait environs combien? Sachant que dans le cadre d'un service milicien avec un important volant de missions très diverses, le niveau (physique, psychologique, mental, légal) peut être plus différencié qu'au temps du service militaire.... Pas besoin d'être pétant de santé et capable de courir le 100 mètres en 12 secondes pour intégrer mon grand projet du 83ème Régiment de Trolls Professionnels (dédié à la lutte online contre Daesh dans les réseaux sociaux). -
Heroic fantasy et SF militaires
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Tancrède dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Le fanboyisme pro armée allemande est toujours hallucinant chez les Ricains, surtout tant il est empreint de mythes, d'ignorance du sujet ("compensée" par un geekisme total sur certains aspects spécialisés et techniques du dit sujet.... Bref, ils croient comprendre la forêt parce qu'ils connaissent un arbre dans le détail) et d'inculture générale. Ce qui est si persistant, outre la fascination pour le matos et les uniformes, c'est dans cette certitude que les SS en particuliers étaient des "super soldats", littéralement surhumains: quand Ringo "régénère" des anciens SS pour aider à la lutte contre un envahisseur extraterrestre (oui, j'ai bien écrit cette phrase dans le monde réel.... Assez navrant), c'est à croire que c'est ZE groupe auquel on pense en premier pour aller choper de l'expérience; de la connaissance du combat et de l'esprit martial. Le type a été militaire (un para, je crois), il devrait en savoir un peu plus. Mais c'est normal d'avoir des réactions fortes et le besoin de les exprimer: je déteste par-dessus beaucoup de choses les fanboys d'un film, d'une série, d'un bouquin, qui ne supportent pas que des critiques s'expriment (sur des fora ou autres) pour casser l'objet de leur adulation, s'empressant de qualifier les vilains mal penseurs de nuls qui n'ont pas de vie et juste beaucoup d'aigreur..... Désolé, mais quand on s'est payé un bouquin de genre 500-800 pages (format fréquent en SF/fantasy), on a investi beaucoup de soi, pas seulement en fric, mais surtout en temps et en attention, et si ce temps a été gaspillé, qu'on s'estime lésé, que l'investissement émotionnel (c'est l'impact normal d'un média: c'est aspirant, impliquant, c'est peu interactif donc "violent" sur l'esprit.....) a été important, on a le droit d'avoir des trucs à sortir. Surtout quand des auteurs se mêlent de foutre un discours politique peu nuancé et très idéologique dedans: c'est un propos qu'on prend, qu'on subit passivement sans pouvoir répondre au dit auteur. On réagit de la même façon (quoique généralement moins viscéralement, en tout cas moins puissamment) aux incohérences (réelles ou perçues), aux niaiseries (idem), aux facilités et à l'écriture artificielle, aux mauvais persos.... Et à tout ce qui fait généralement les lignes des sites de discussion, qu'il s'agisse d'un bouquin, d'un film, d'une série.... On se prend un propos de façon purement univoque le temps du visionnage ou de la lecture, si l'expérience ne marche pas sur vous, y'a besoin de répondre, tout comme si elle marche très bien, y'a besoin de le faire savoir. -
Heroic fantasy et SF militaires
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Tancrède dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Alors n'aie jamais la malchance d'essayer Terry Goodkind et l'horreur idéologique (et on pourrait dire aussi l'erreur narrative) qu'est le cycle fantasy de l'Epée de Vérité.... Le mec a la plume qui fait tourner les pages (malgré l'énorme somme de problèmes, incohérences, facilités, niaiserie....), au moins dans les premiers tomes, mais putain.... Arriver à faire d'un cycle de fantasy un manifeste idéologique pro-Ayn Rand (et son soi-disant "objectivisme"), fallait le faire.... Pouvaient pas laisser la fantasy tranquille, loin de la politique? -
Pas que les ministres d'ailleurs: les nominations des directeurs des grandes agences (notamment celles liées à la sécurité nationale) ont aussi connu leurs lots de problèmes, traînant parfois longtemps, voyant des candidats très consensuels (que le président n'est pas obligé de choisir, pouvant prendre des radicaux SI IL VEUT) devenir des prétextes à batailles politiciennes qui traînent, Par exemple, l'ATF n'a pas eu de directeur entre 2006 et 2013.... Principalement à cause du lobbying de la NRA. De l'abus de la lettre d'une constitution: où l'on se rend compte de la relativité des mots. Pour qu'un régime fonctionne, aussi bien rédigée que soit sa constitution, un grand nombre de présupposés doivent être de fait acceptés, notamment "le bon sens", si souvent invoqué, si rarement employé, ou encore la "civilité", rappelée par les vieux routiers qui passent de ce fait pour des moralisateurs parlant de choses vagues, et plus encore, cet ensemble de petites choses dont théoriquement la lettre de la loi vous permet de disposer, mais dont il est tacitement admis qu'on ne doit jamais se servir sous peine de se pourrir la vie mutuellement et d'empêcher les roues du business politiques d'être graissées, même pour le seuil le plus minimal d'activité. Les radicaux de la droite meuwicaine ont décidé d'oublier ce principe de base qui participe de fait d'une constitution non écrite accompagnant toute constitution formelle. En l'occurrence, cette "non constitution" repose entre autres sur un principe essentiel, une directive absolue de la conduite d'un être humain responsable et intéressé à son avenir: "ne chie pas là où tu bouffes" (don't shit where you eat).
-
Dont on s'aperçoit qu'elle a nettement moins de sens quand l'un des partis sort de la modération jusque récemment tacitement acceptée et surtout implantée dans les moeurs par le fonctionnement et la nature de l'écosystème washingtonien tel qu'il a existé pendant la majorité du XXème siècle. Il a disparu à partir des années 90, et s'est définitivement éteint avec les élections de 2010, si bien que la polarisation croissante qui était apparue avec la "Gingrich revolution" est devenue la norme absolue, et essentiellement du fait de l'évolution interne du parti républicain, tiré par ses extrêmes droites, là où le parti démocrate, à la traîne de cette tendance pendant près de 15 ans devenait de fait un parti de centre droit avec une très forte aile centre/gauche qui râlait mais suivait (hors de quelques occasionnels sursauts).... Jusqu'à la candidature de Bernie Sanders qui révèle le ras le bol de la base électorale populaire démocrate, qui a d'ailleurs forcé Hillary Clinton a sérieusement gauchiser son discours. Quoiqu'il en soit, la présidence Obama à partir de 2010 (reprise de la Chambre par une majorité républicaine extrêmement à droite, où les modérés n'existent plus et les conservateurs "normaux" sont terrifiés par les ultras) a montré que le fonctionnement jusqu'ici traditionnel d'un exécutif en minorité était impossible à moins de totalement s'écraser et d'appliquer le programme de la majorité à la Chambre, ce qui n'est pas dans la nature des institutions et de la culture politique américaine où le compromis est le préalable nécessaire. En l'absence de cette soumission -parce que les extrêmes ne fonctionnent et ne pensent qu'en termes absolus, donc ici domination ou soumission-, surtout après l'élection d'un Sénat républicain, Obama n'a pu que reposer sur son dernier atout: le veto présidentiel... Ce qui veut dire, essentiellement, qu'il n'y a pas de gouvernement aux USA sauf pour le strict minimum syndical (affaires courantes) et la gestion de l'urgence (y compris la guerre, menée ici sans le Congrès qui refuse d'en discuter -et de décider- sauf pour critiquer). Face à cet immobilisme devenu norme, qui s'ajoute à des problèmes plus profonds (inégalités, concentration des richesses et revenus, domination toujours plus forte du système politique et économique par des groupements d'intérêts particuliers, fin de l'American Dream....), il est peu étonnant que les candidatures populistes rameutent autant de monde: Trump, Cruz, Carson (jusque récemment) et Sanders sont les "anti-systèmes" qui tapent là où ça résonne.
-
Vers une GARDE NATIONALE à la française ?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de alexandreVBCI dans Europe
J'ai du mal à exactement formuler l'idée que j'ai d'un tel service, mais je repense régulièrement à un vieil article de Benoît Bihan qui présentait le défi de la défense/sécurité de la nation à notre époque (et pour le "futur visible", quoi qu'on mette derrière ce terme) comme une approche inverse de ce que nous avons connu à l'époque des guerres mondiales: là où la nation mobilisait 100% c'est une métaphore, mais on va dire "l'essentiel") de ses énergies (citoyens, moyens, attention), et même plus (endettement massif de temps de guerre) dans un seul domaine (l'armée et ce qui s'y associe directement: industries de défense, priorités de recherche, réorientation de l'activité économique, limitation des libertés ou en tout cas contrainte du système légal et de la vie courante par les nécessités de la guerre) pour une brève période de temps et pour un seul objectif, il faudrait maintenant consacrer une part réduite (mais conséquente quand même, et surtout bien définie) de ces énergies dans TOUS les domaines afin de tenir la distance dans cette période sans "guerre" telle que nous les avons comprise jadis, mais pleine de conflictualité et de danger protéiformes, frappant nos intérêts et citoyens dans et hors des frontières, dans des logiques de confrontations directes et indirectes différentes de celles des affrontements nationaux d'avant. Bref, au lieu de 100% des moyens dans un domaine pendant 4-5 ans, il en faudrait un pourcentage réduit dans toutes les activités utiles pour une durée indéfinie. Dans l'optique de cette conception de la sécurité, l'approche évoquée d'une "milice" multi-métier inspirée du modèle (plus purement militaire) suisse, me semble une approche adaptée pour commencer à donner à l'Etat des moyens d'être et d'agir partout et de dégager plus de marge de manoeuvre pour les professionnels, surtout des domaines régaliens, qui auraient moins à se disperser. -
Vers une GARDE NATIONALE à la française ?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de alexandreVBCI dans Europe
C'est quelque chose de beaucoup plus dans mes idées effectivement, tant pour les besoins de l'Etat et de la collectivité dans un grand nombre de domaines (de bras en quantité et/ou en qualité) qu'il n'est pas et ne sera jamais possible de monétiser en emplois (le budget serait astronomique, et à cette aune d'un temps plein à part entière, beaucoup de ces missions/fonctions cessent d'être pleinement justifiables, du moins pour les politiques plus court termistes), que pour les besoins de la nation en terme de sens de l'appartenance, de participation active à la citoyenneté, et de cette "résilience" qu'on invoque à tout crin sans jamais réellement la définir. Ce dernier point ne se limite pas à cette nouvelle forme de service national, mais il y contribue grandement. De fait, l'exemple suisse d'un service national essentiellement résumé à une formation spécifique à une mission, suivi de longues années avec un créneau annuel "milicien" dédié au service public (quels que soient l'emploi et la mission, pour ce qui nous préoccupe ici), semble un très bon exemple. Dans le cas français, cependant, il conviendrait de définir non seulement LES missions à remplir, mais précisément quels métiers/gammes de métiers seraient concernés, tant pour des besoins logistiques (établir les cursus de formation, dédier les personnels, avoir les infrastructures, organiser l'activité....) que pour éviter au moins dans une certaine mesure les travers qui peuvent aller avec ce genre de choses (genre se créer des hilotes de fait). Je note surtout un point dans l'article que tu cites: le taux d'encadrement de l'armée suisse par des professionnels. 3600 pros, et en fait plutôt 1800 d'entre eux, suffisent à former et encadrer 140 000 conscrits annuels? Ca fait un ratio plutôt intéressant. Même en supposant que le cas qu'on évoque pour la France impliquerait une plus grande variété de métier (dans et hors des domaines régaliens), donc un plus grand nombre de personnels à effectif de conscrit égal, ça aide à se donner une idée de la taille de l'entreprise. -
[Séries TV]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Nan, c'est bon de ce côté: je les ai mangé un soir de binge watching, sans faire gaffe.... Confondu avec la pizza (moralité, il faut regarder ce qu'on bouffe). -
Surtout que la "dame" dans le décolleté de "laquelle" il plonge.... Est l'ex-maire de NY, Rudy Giuliani (qui a fait du buzz à un moment sur sa propension, réelle ou non, à se travestir). Sachant qu'en plus, au mieux (pour elle), elle ne pourra être que milliardaire en centimes un jour, contrairement à Trump.
-
Heroic fantasy et SF militaires
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Tancrède dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Stratégie, il y a: c'est l'aspect tactique/opératique qui est complètement absent, réduit (comme le rappelle d'ailleurs aussi Goya) à un très rapide brush sur la qualité individuelle des combattants et le postulat idéologique qui va avec, qui est un des aspects contestables de Dune (que les planètes "dures" forment les bons soldats, celle avec un environnement clément faisant des tapettes: une très vieille croyance). -
Allemagne
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Wallaby dans Politique etrangère / Relations internationales
Bon article. On se rappellera ainsi à quel point la tendance naturelle est à transformer le citoyen en être passif "consommateur" de sécurité.... Phénomène qui impliquerait que la police à elle-seule (et le système judiciaire, j'entends bien) peut prendre en charge l'intégralité du complexe processus qu'est la création et le maintien de la paix civile, ce qui est bien évidemment impossible. -
[Séries TV]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Je sais, je suis pareil..... Mais essaie d'être honnête vis-à-vis de toi-même: regarderais-tu Arrow s'il n'y avait pas Katie Cassidy? Parce que sans elle, tu risquerais effectivement de faire attention à ce qui est dit, voire, crime odieux, faire attention au scénario, à ses trous, ses invraisemblances et ses incohérences. Ceci dit, The Flash (dans le même univers télé), pour moi c'est niet! Y'a des limites à la quantité de nullité que je peux tolérer au nom d'un tropisme particulier. Puis, sérieux.... dans LoTS, tu as vu des scénaris.... "Intéressants"? y'a des épisodes hors saisons dont j'ai pas entendu parler, ou on a vu le même truc? Allez, tant qu'on est lancé dans nos péchés télévisuels, confessez, bande d'hypocrites: quels sont vos plaisirs coupables? Les trucs dont vous savez intellectuellement que c'est nul à chier, mais que vous regardez quand même (voire aimez un peu) pour une raison personnelle (tropisme pour un genre, un acteur/une actrice, un "je ne sais quoi" qui rend l'univers de la série confortable -évasion, refuge- et la fait fonctionner avec vous....). N'ayez pas honte, on en a tous au moins quelques-unes.... Après tout, des dizaines de millions de gens regardent NCIS et ses dérivés, ou CSI et ses dérivés. Je n'ai par exemple même pas honte d'être accro en ce moment à The Royals, une série anglaise de luxe mais aux relents et qualités de soap opera qui se paie une image désolante d'une famille royale d'Angleterre fictive, avec force pathos, jeu d'acteur au mieux médiocre (sauf Elizabeth Hurley qui a beaucoup d'excuses.... Au moins physiques, même à son âge), écriture moyenne, scénario atterrant.... Mais si jouissivement trashy! Ou encore Jekyll & Hyde (non, non, pas l'excellente minisérie Jekyll, d'il y a quelques années), un récent truc de fantasy contemporaine dans l'Angleterre des années 20, avec des monstres cheap et un héros au pathos dégoulinant qui aimerait bien essayer de jouer aussi les anti-héros (cf le titre), mais s'en trouve bloqué par son absence de talent d'acteur et un scénario bas de gamme. Je sais que c'est nul, mais je regarde, c'est chimique.... Sans doute de profonds problèmes et manques tout au fond de mon inconscient. J'ai même toléré une saison de Da Vinci's Demons.... C'est dire. Ou encore tenu l'entièreté de la nouvelle série vite annulée de Sharon Stone (productrice et actrice), Agent X, nullissime au possible. Ceci dit, pour une bonne série surnaturelle, mais pas trop, essayez The Frankenstein Chronicles, une série anglaise avec Sean Bean.... Qui plus est une série où la prod ne TUE PAS Sean Bean. Une très bonne approche du mythe Frankenstein, très humaine/vue du sol et sans outrance, bien meilleure que celle choisie dans Penny Dreadful, une série que par ailleurs j'aime beaucoup pour son ambiance et ses visuels puissants. -
[Union Européenne] nos projets, son futur
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Marechal_UE dans Politique etrangère / Relations internationales
Disons que c'est une coproduction: Ce qui se passe à Bruxelles n'est pas que le fait d'un mauvais processus de compromis entre Etats: le "monstre" a une vie propre, et a créé (et maintient, voire développe) son propre déficit démocratique. Mais attention, je n'absous pas les Etats: C'est juste que, comme tu le rappelles, eux sont au moins confrontés à la réalité, dans une certaine mesure, et à l'impératif d'agir (ou, malheureusement, de gesticuler). -
[Séries TV]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Ouaaaah, t's encore meilleur public que moi pour la fantasy à la télé, parce qu'en toute objectivité, c'est vraiment mauvais et infantile, hors des moyens mis à l'écran (décors, effets spéciaux, bande originale): script et dialogue, casting et jeu d'acteur, ton et histoire générale, travail du background et facilités de scénario, plus une mention spéciale pour les apparences (fringues ultra design mais avec un côté cheap malgré tout, et brushings impeccables dans la nature sauvage) et le pathos pré-ado tendance hyper émo narcissique (c'est pas que les émois amoureux, c'est tous les émois, surtout ceux de la petite elfe, à croire que tout ce qui arrive n'est là pour l'aider à être une femme libérée et moderne).... C'est plutôt à un degré très bas. Avec ce relent de manifeste féministe cheap qui a été étrangement remarqué par beaucoup de critiques et contribue à rendre les personnages masculins encore plus nuls (sauf le druide, qui fonctionne un cran plus haut/moins bas que tout le monde). Je vais aussi continuer à regarder parce que c'est de la fantasy et que l'offre est limitée dans ce domaine (dur d'être un accro), peut-être aussi parce que les deux nanas sont pas désagréables à regarder, mais je me fais pas d'illusions ou ne cherche pas de prétextes défendant le produit.... Tu vas bientôt me dire que tu as aussi jugé Legend of the Seeker correct? C'est le même niveau, question qualité: c'est d'ailleurs la même équipe de prod, les mêmes décisonnaires, beaucoup des mêmes équipes d'écritures... Et quelques acteurs en commun.... C'est même tourné en grande partie aux mêmes endroits. Faut pas se leurrer: c'est une production MTV, ça vise donc avant tout le public MTV, soit, aujourd'hui, des jeunes filles en manque d'estime d'elles-mêmes, des geeks et des jeunes gays. Et même là; le bouzin a pas fait un score terrible lors de la diffusion du pilote. -
[Séries TV]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Ca dépend: ça fonctionne en période. Le binge watching (ou le binge sampling dans le cas de jours où on s'enfile des épisodes de plusieurs séries différentes) réclame un état d'esprit particulier, qu'on n'a pas forcément sur commande. Y'a des fois où je suis en mode abstinence et je plonge dans des bouquins, d'autres où je sais quoi attendre d'une série/d'un film et je le/la "regarde" en faisant quelque chose d'autre (même travailler: ça nuit généralement pas à la performance, en plus), mon sixième sens mutant me disant si ça vaut le coup ou si c'est oubliable.... Inconvénient: si ça vaut le coup, le même 6ème sens me dit "arrête de bosser, ducon, c'est génial!". Oups! Dur, dur d'être mutant (mais je proteste: je fonctionne aussi au bio, na!). -
Heroic fantasy et SF militaires
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Tancrède dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Oui, l'infodump est poussé à un niveau rare chez Weber, et le problème d'ailleurs n'est pas tant qu'il le fasse, c'est juste qu'il en abuse, et souvent sur trop de sujets, y compris et avant tout ses persos très bancals (encore une fois.... Les émois intérieurs d'Honor: accumuler les malheurs homériques et les dilemmes que Corneille trouverait abusifs ne la rendra pas intéressante). Je précise que ça ne me dérangeait pas trop étant donné que si on est dans une de ses oeuvres, il faut l'accepter si on veut lire ce qu'il a à donner..... C'est juste que ma critique de ses autres oeuvres et affiliés (dont Ringo) se situe précisément dans le contexte de quelqu'un qui avait déjà lu (et aussi, va t-on dire, subi) Honor Harrington. Une série, ça va, mais l'effet répétition/sentiment de lire le même truc sous d'autres oripeaux frappe pour les suivantes; si j'avais commencé par Empire of Man, ça m'aurait sans doute pas fait cet effet, qui serait arrivé du coup avec HH. C'est pas faux, surtout à partir du milieu de la série. C'est le roquefort qui dit au camembert "tu pues" . La référence à Hornblower est là, c'est pas pour autant que Weber garde un minimum de sens des proportions dans les accomplissements de son personnage. Forrester était porté à l'exagération, mais dans un cadre infiniment plus réaliste; le seul moment réellement too much pour moi fut le combat à un contre quatre dans la baie de Rosas (celui à l'issue duquel il est fait prisonnier), qui résulte certes dans la perte de son vaisseau, mais aussi dans le désemparement des quatre navires de ligne de l'amiral Cosmao (qui n'avait jamais demandé ça, et n'a surtout jamais pris ce genre de raclée et n'a jamais subi de défaite personnelle en tant qu'officier général, un fait rare à cette époque). Pour le reste, le jingoisme est un peu énervant, et le personnage d'Hornblower est essentiellement monolithique (cependant bien décrit humainement quand il se comporte comme officier, n'étant pas à l'abri d'énervements et de mesquineries.... C'est ailleurs qu'il devient chiant), avec une petite tendance de l'auteur à n'accorder de légitimité qu'à ses émotions, interrogations et motivations, celles des autres étant présentées comme "inférieures" (essentiellement par le fait qu'elles sont jugées, et pas celle du héros), du moins pour les rares qui en ont et ne sont pas juste des outils scénaristiques. C'est aussi un inconvénient de la narration exclusive par les yeux du personnage, ceci dit. Mais à côté de Weber, Forrester est un monument de maturité narrative. Mais j'aurais mauvaise grâce à le critiquer: Hornblower, ce fut mon initiation au roman de marine à un jeune âge, et j'ai bouffé ces bouquins à grande vitesse à l'époque, qui ont eu le mérite de me faire m'intéresser au sujet, et dans une autre mesure.... De me préparer à la découverte d'O'Brien, qui fut là la claque absolue dont je ne cesserai pas de chanter les louanges (Non... Je n'aime pas les claques, ceci dit). Je savais pas pour son invalidité: intéressant.... Ca handicape la capacité de relecture et de synthèse à ce point, de pas pouvoir "manipuler" physiquement (pour ainsi dire) le texte soi-même, à ton avis? Pas nécessairement très élevés: comme dit plus haut, Empire of Man, je l'ai lu après déjà beaucoup de temps passé sur HH toutes séries confondues; en fait, c'était l'année dernière..... Donc j'étais un peu à un point de saturation de l'école Weber, c'est tout. C'est juste qu'il n'y avait pas assez dans ce que je cherchais dans l'oeuvre pour valoir la chandelle de subir l'écriture, l'infodumping et les personnages creux, qui plus est aussi répétitifs à travers l'univers Weber and co. Là tu me cherches ! Oui, Jordan a (avait) l'écriture lourdingue et pas vraiment le sens du rythme, mais ses persos sont infiniment moins archétypiques dans leur développement que tu l'indiques. Même Rand, qui a un point de départ et une backstory on ne peut plus classique dans le genre, se développe différemment de la plupart des héros.... Manque de bol, c'est en bonne partie avec des délires intérieurs un tantinet chiants à force d'être longs. "Les amis d'enfance" sont plus originaux que ce qu'on voit ailleurs (surtout Matrim: je vois pas son profil si souvent que ça), et les "amies" d'enfance aussi (enfin, surtout la militante féministe au caractère de cochon), et le "mentor".... A qui tu fais référence? Thom, un barde-espion roublard et désabusé qui n'est pas un profil de base si classique que ça en HF? Ou Moiraine dont les bonnes intentions sont pourries par ses backgounds de grande aristo et d'Aes Sedai qui la rendent maladroite, impérieuse et, à l'occasion, irritante, lui faisant faire de mauvais choix à l'occasion (surtout avec les gamins)? Ou encore Lan? Bon, lui il est assez classique: seigneur déchu s'interdisant émotions et attachement, machine à tuer façon Terminator en mode Duracel, il a tout du héros tragique que son entourage essaie de détragédiser malgré tout. En tout cas, j'en vois pas un de ces 3 derniers qui a le profil Merlin, Gandalf ou Obiwan. Mais ça se sont en plus juste les prémisses des persos: leur développement à travers la série est plutôt bon et assez original dans beaucoup de cas (renforcé par le fait qu'ils sont tous des persos par qui la narration passe alternativement, ce qui les légitimise etles étoffe plus); y'a qu'Egwene qui n'arrive pas à sortir du stéréotype (et on voit ce qui lui arrive). -
[Union Européenne] nos projets, son futur
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Marechal_UE dans Politique etrangère / Relations internationales
Ben c'est comme le dicton chinois: on entre dans des temps intéressants..... Joyeuse perspective. -
Allemagne
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Wallaby dans Politique etrangère / Relations internationales
Je viendrais appuyer Alexis sur ce coup là: il me semble qu'il ne parlait pas des forces de police dans l'absolu, ou des forces anti-émeutes en général (et il faut souligner, surtout en France, à quel niveau celles-ci sont arrivées en terme d'efficacité et de contrôle de la violence.... Même si les effectifs par rapport à ton expérience de 2000 ont, je crois été diminués de plus d'un tiers, CRS et GM combinés), mais des forces qui sont disponibles à l'instant T et/ou dans les 10-20 minutes cruciales (grand max) pendant et après une explosion de violence collective comme dans le cas évoqué des 100-150 femmes aggressées au 31/12. Les CRS et GM, c'est très bien si tu peux les déployer préventivement ou en 5-10 minutes sur les lieux, ce qui est le cas dans les exemples que tu évoques de manifestations ou de rassemblements prévisibles à l'avance, ou tellement importants et/ou avec un objectif impliquant la durée (des revendications sociales/politiques, se faire voir des médias, un grand moment de joie ou de deuil collectif).... Là, on a assisté à un truc spontané et/ou planifié au mieux très peu de temps à l'avance dans l'intimité de réseaux sociaux ou de communications purement privées. Il y avait donc impossibilité totale de savoir qu'il y avait une menace, d'estimer sa taille et le lieu des méfaits, ou encore d'évaluer sa dangerosité. Du coup, la police était condamnée à réagir, ce qui l'asservit aux limites de ce qui est immédiatement disponible et à proximité du crime. Et c'est bien ce qu'Alexis pointe du doigt: si ce mode d'action devient un truc courant, entre l'action préventive très en amont (trouver de tels réseaux et bandes si ce sont même des bandes à la base, et les coincer pour d'autres activités criminelles qu'ils peuvent avoir -mais n'ont pas forcément) et la pure réaction (moyens limités par la géographie et les ressources disponibles dans un rayon d'action très proche) quand se déroule le crime, il n'y a pas grand chose de possible. -
Allemagne
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Wallaby dans Politique etrangère / Relations internationales
Très d'accord, mais j'avoue que je reste pantois (et c'est vraiment un euphémisme) devant la réaction des autorités allemandes depuis l'incident, même si l'histoire des derniers mois apporte un contexte éclairant sur le sujet. C'est assez atterrant, et on en viendrait réellement à croire à un complot organisé du politiquement correct, des bisounours, des multiculturalistes béats et des anti-Etats qui essaie de museler tout ce qui ne va pas dans la ligne du parti. La réalité est bien sûr différente, infiniment plus complexe et bordélique, plus liée à des questions de quelques individualités faisant beaucoup de conneries et quelques mauvais choix dans le fil d'une application d'un calcul plus politique (où le "long terme" écrase de telles "anecdotes" de court terme) et dans le cadre d'une mentalité ambiante avec ses biais. Ceci dit, si de tels incidents devaient se multiplier, témoignant ainsi d'une possible hausse de la criminalité de tous les jours (en terme de nombre de "criminels" de bas étage) et d'une hausse certaine de l'efficacité moyenne de cette criminalité (notamment via les possibilités de coordination évoquées), la question de l'effectif nécessaire des forces de l'ordre va peut-être se poser avant les changements plus radicaux que tu évoques, qui impliquent, disons-le clairement, le retour de la vieille tradition de tirer sur la foule (de façon ciblée peut-être, mais tirer dans la foule quand même). Ceci dit, sur ta solution n°1, je ne suis pas d'accord avec ce morceau précis J'ai de sérieux doutes sur la question de cette efficacité vantée d'une répression de ce genre (je fais plus référence au mode d'action "Abu Graïb" qu'à l'option des peines très lourdes) dont la barbarie (sur critères occidentaux fondés sur l'Etat de droit) produit généralement plus d'effets secondaires néfastes (et surtout des effets de nature structurelle sur le rapport population-Etat) que d'avantages, et ramène toujours sur le tapis cette question (très débattable) de la réalité de l'effet dissuasif de peines très lourdes sur le criminel, surtout le criminel de bas étage (qui planifie peu, en tout cas pas vraiment à l'avance, agit plus dans l'instant, a souvent peu de conscience de l'avenir, est souvent dans une situation difficile dont il veut échapper à tout prix, même momentanément, est souvent en bandes -des groupes qui s'excitent tout seuls-....). Le problème de cette façon de réagir est qu'elle obère complètement le vrai débat que personne ne veut avoir et qui est celui du contrôle social dans une société démocratique avec un Etat moderne (qui représente la centralisation de beaucoup de fonctions jadis -bon an mal an- du ressort d'un niveau plus local de communauté); et ce contrôle (infiniment plus créateur d'ordre), dans un tel cadre, ne peut être rétabli que par une réimplication des citoyens dans leur propre système de maintien de l'ordre (le formel et l'informel: même une vraie police de proximité bien intégrée localement ne suffira pas).