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Tancrède

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Tout ce qui a été posté par Tancrède

  1. Certains pays commencent à avoir une ligne plus équilibrée en faveur d'autres systèmes d'armes, et par ailleurs, il faut noter que politiquement, il y a un effet de rattrapage après la période des traités navals restreignant les constructions de bâtiments majeurs, en tonnage et en nombre. Beaucoup de projets (chacun portés par des factions politiques et militaires) sont en attente depuis un bail et trouvent, quand tout le monde fout de fait les traités à la poubelle, un espace où s'engouffrer, écrasant toute notion d'un réexamen des priorités, ou d'une stratégie navale porteuse. Là où les Japonais ont moins d'excuses, c'est dans la disproportion des priorités: l'idéal de la bataille classique décisive de cuirassés est porté à un tel pinacle qu'il écrase toute autre considération: le domaine de la sécurisation des approvisionnements ( = bâtiments d'escorte à capacité ASM et AA, sous-marins, torpilles, pétroliers) est si rabaissé que c'est à se demander s'ils n'ont pas oublié un moment de quoi leur pays vivait. Là est le point où la croyance franchit le cap de l'irrationnel, et où l'espérance du KO en un coup devient l'obsession délirante qu'il y aura un match (unique) dans les conditions voulues, et qu'il aura un tel résultat. Et là est la question sur les arguments qui ont maintenu cette croyance (et donc le processus de décision tactico-politique qui le permet).
  2. Et j'imagine que le Yamato correspond à une pensée bien compartimentée dans ce registre: "dans le domaine cuirassé vs cuirassé, on va faire le putain de méga cuirassé imbattable".... Sans se demander si les cuirassés sont encore le truc dans lequel verser la moitié de son porte monnaie, si le cuirassé ne doit pas être pensé autrement (au sein d'un dispositif tactique notamment, plutôt qu'en vision quasiment mythique du duel de géants).... Le degré d'irréalisme qui préside à une telle vision, quand on le regarde avec le confort du recul historique, semble presque incroyable si on essaie de garder à l'esprit qu'il a été le produit de gens pourtant intelligents (on sait on sait, ce sont eux qui font nécessairement les conneries les plus visibles, vu que ce sont eux qu'on a tendance à mettre aux manettes.... En général). Parce que même si beaucoup doivent se rendre compte que un one on one entre les USA et le Japon est une connerie en 40, il semble que peu parviennent à voir à quel point c'est une connerie, et, pour parler plus militaire, la croyance en la faisabilité du KO définitif obtenu en une fois semble être aussi une chose qui défie presque l'imagination (peut-être plus excusable en Europe de l'ouest où les distances sont courtes, et où les belligérants potentiels peuvent croire que tout doit se résoudre vite et salement). Et le Yamato, tout comme l'aéronavale hyper pointue, témoigne réellement de cette croyance obsessionnelle.
  3. ... Soulignant le goulot d'étranglement qu'était la GRH au Japon, et la capacité très limitée de formation qui en découlait, de même sans doute que les restrictions énormes en ressources imposées très tôt, qui contraignaient les capacités d'entraînement (pilotes à temps de vol faible, marins sans pratique à la mer, soldats s'entraînant peu à la manoeuvre...), et les considérations "culturelles" susmentionnées. Quand on cumule tout ça (et d'autres trucs comme le système de choix et décisions que constitue le gouvernement japonais des années 30-40), on voit de quelle atmosphère, de quel contexte mental viennent le concept stratégico-tactique, le design et la décision de construction d'un programme comme celui du Yamato: beaucoup de problèmes en amont, certains vraiment profonds, aboutissent à une construction assez vaine et difficile à mettre en oeuvre et à soutenir dans le temps.
  4. Parce que tu trouves que la chair tombante de Poutine a la classe? Beurk, je préférerais que vous mettiez ce genre de photos dans un ruban "spoilers", ça m'éviterait d'avoir ça dans le crâne. Alexis garde tes fantasmes planqués, s'il te plaît! Un peu de dignité sur un forum public..... Y'a déjà assez de causes de remontées gastriques dans une journée.
  5. Les pays mentionnés n'ont ni le même genre d'histoire, ni le même type d'environnement géopolitique..... Et l'un d'entre eux ne réussit pas si bien que ça son bilinguisme :-[ ....
  6. Je faisais moins allusion au racisme (encore très important dans la mentalité japonaise, beaucoup plus que ce qu'on peut trouver en occident) qu'à cette croyance en une espèce de purée mystique émanant d'un navire, qui devrait apparemment inciter l'adversaire à se jeter à genoux devant la majesté intrinsèque et cette DCA karmique du navire. Tout ce que je vois dans la fiction japonaise indique cette vision exacerbée (caricaturale même, mode de narration "normal" de la fiction japonaise, très hyperbolique en actes et paroles, au point du ridicule à nos yeux) de l'aura supposée de certains systèmes d'armes, unités ou individus, chose qu'on retrouve par exemple dans la culture de l'autorité au Japon, le personnage du chef (de tout "niveau") et son infaillibilité. Ce dernier point, a entre autres effets concrets, pour caractéristique de faire des administrations et entreprises japonaises des fourmilières sur-staffées, où chaque poste d'autorité doit avoir du personnel, et des lieux où l'échange et la réunion sont des exercices pénibles et improductifs, bouffeurs de temps. Ca, c'est un exemple de phénomène purement culturel avec un effet concret de grande ampleur. Donc je me demandais quel genre de conséquences concrètes pouvait avoir (au travers de mille mécanismes j'imagine) un tel type de croyance en une aura mystique d'un navire comme le Yamato.... Si tant est qu'une telle croyance en avait. Après tout, la culture du guerrier et du combat de contact ont eu de vraies conséquences sur les conceptions tactiques (et par extension stratégiques) de l'armée de terre japonaise: le maintien d'absurdités contre productives comme les charges banzaï, que tu cites, n'en est qu'un exemple, de même que la conception de certains matériels (comme les mitrailleuses, particulièrement inadaptées aux combats de la 2ème GM), le mix de dotations (armes, véhicules, logistique), la façon de planifier, les présomptions (sur l'adversaire, sur ses propres forces....) et automatismes tactiques des décideurs de tous échelons....
  7. Il me semble que sur la série de 5 initialement prévue, 2 ont été construits, 2 ont été abandonnés, et un a été effectivement converti en PA (lequel, j'ai oublié): c'est complexe (mais évidemment, ça dépend à quel stade de la construction un décideur change d'avis), et je ne sais pas dans quelle mesure c'est commode et utile par rapport à un navire prévu dès la planche à dessin pour être un PA. Mais je vois quand même plusieurs problèmes: - la production japonaise d'alors n'est pas très efficace globalement: pas splendidement organisée, féodale dans son fonctionnement interne (chapelles, turfs, baronnies, rivalités, concurrences....), elle (et plus globalement le complexe militaro-politico-industriel japonais) a du mal à standardiser à tous les niveaux, à sortir des séries, à définir des designs auxquels on se tient, à faire corréler ambitions et réalités, desideratas politiques (fondés ou non dans le possible) et plans de charges crédibles... Chaque design, pour ainsi dire, est un prototype, phénomène qu'on retrouve sous d'autres formes dans l'industrie de l'Allemagne nazie. Au final, la production est lente et lourde (en main d'oeuvre et ressources requises), et donc assez faible, en plus de la capacité industrielle limitée du Japon dans l'absolu, quand comparé aux USA sur le plus simple plan quantitatif. - l'aéronavale japonaise embarquée n'est pas un outil qui peut être augmenté facilement, ou même se renouveler (à niveau de qualité satisfaisant) si rapidement: c'est pour moi un des goulots d'étranglement majeurs de cette arme à cette époque. La production de PA dépend aussi de ce facteur. - de même, les navires d'escorte sont un problème pour le Japon qui n'en produit pas assez (ce qu'on voit avant tout dans sa faible capacité à contrôler ses lignes logistiques maritimes) et d'assez bons: ajouter du PA implique nécessairement un effort AUSSI dans ce domaine, avec les mêmes problèmes posés. Sans même compter évidemment la mobilisation supplémentaire de consommables pour un PA et son escorte, ce qui veut dire une arme de guerre d'escadre aux dépends (encore plus) de la sécurité des appros maritimes, déjà largement insuffisante. Dans le mix interne des forces japonaises, c'est pas forcément la meilleure allocation possible. Mais au global, faut garder à l'esprit qu'on glose sur ces éléments en oubliant le "big mac" de l'analyse de la pertinence du modèle militaire japonais de cette guerre, qui est que l'équation est insoluble, dès lors que l'adversaire est l'Amérique: le simple différentiel économique/financier/industriel/démographique/technologique rend tout enfilage de perle (pour savoir si une autre approche stratégique/tactique, une autre conception des forces et de leurs équilibres.... Aurait pu l'emporter) assez inutile. Certes on peut arguer sans fin que le Japon aurait pu faire mieux avec une stratégie mieux pensée, une direction de la guerre plus unifiée, des amiraux (et leurs factions) moins rivaux et plus audacieux (et moins enclins à inventer des réussites, éviter le blâme....), des mix de forces mieux pensés, des navires conçus différemment, plus de destroyers et sous-marins, plus de pétroliers, plus de DCA, moins de cuirassés, une meilleure organisation de la GRH (pour produire plus de pilotes de qualité, une industrie fonctionnant mieux....), des avions plus évolutifs (que l'impasse qu'est le Zéro par exemple).... Mais c'est se focaliser sur un arbre en oubliant la forêt: la guerre était complètement irréaliste, les réserves japonaises plus qu'insuffisantes (qui limitent lourdement les capacités d'entraînement et de formation, la GRH, surtout dans les métiers de la guerre moderne, devenant un goulot d'étranglement total), leurs appros des goulots d'étranglement prohibitifs.... Pas la peine de se triturer pour savoir si un autre usage du Yamato et du Musashi auraient changé quelque chose de significatif, ou même de se faire fumer la cafetière pour voir si une autre conception de la guerre navale au Japon (une qui implique.... Un "non Yamato") aurait changé beaucoup de choses. Un point qui m'a fait tiquer dans le dernier G&H, dans l'interview du pilote ricain qui a bombardé le Yamato: il mentionnait qu'une journaliste japonaise l'avait interviewé, et au cours de l'échange, essayait de lui faire dire qu'il avait ressenti la "terreur" imposée par "l'aura" du navire: phénomène d'ignorance compensé par un élément culturel propre au Japon? Dans quelle mesure cette vision "mystique" est courante? Quand on regarde des trucs japonais, cette anecdote prend beaucoup de sens quand à certains délires et, plus généralement, pas mal d'attitudes et comportements de personnages. Le renom qu'a encore ce navire au Japon semble sortir directement de ce niveau de mystique exacerbé (qui est plus que la célébrité et la légère superstition qui peuvent courir ailleurs sur certains navires, certains types de véhicules, certaines unités), à la façon de la signification religieuse des légions romaines, mais même au point qu'il semble y avoir une vraie croyance en un effet matériellement palpable (négatif sur l'adversaire, positif sur l'équipage), et donc militairement réel, du navire. Genre la journaliste était tout connement en train de demander au gars à quel moment les "ondes", le karma, du navire, avaient commencé à balancer leur DCA/purée mystique.
  8. Et comment tu établirais la différence entre ce qui est "drone" et interdit, et ce qui est "aéromodélisme" et autorisé? C'est généralement là que les trucs commencent à se compliquer: quel est le critère, et est-il légal/légitime de l'employer pour interdire? Est-ce la trajectoire programmable, par opposition à la radiocommande? Est-ce le fait d'avoir une charge utile? En soi, ces éléments n'ont rien de répréhensible, et il serait abusif de commencer à trop légiférer dessus. Surtout que tant qu'on y est, rien n'empêche du coup de se mettre à regarder aussi dans le domaine de l'aviation civile et de toutes les formes de vol mécanisé ou non (autant de vecteurs permettant potentiellement des attaques aériennes/aéroportées). Le point est quand même que dans la plus large mesure possible, ce n'est pas à l'Etat de dire à un individu ce qui a de l'intérêt ou non: c'est pas vraiment comme ça que ça marche, et je doute que la majorité de tes passe temps (ou des miens), quand on regarde les choses sous cet angle "général", aient beaucoup "d'intérêt" (dans l'absolu). Chacun prend son pied comme il veut. Quand au sujet du détournement d'un engin de consommation courante pour des fins néfastes, il est vaste et pas nouveau. Il a nécessairement un intérêt, et avec certains objets et substances plus qu'avec d'autres, c'est évident, mais on ne peut pas le résumer simplement. Ce débat a commencé aux USA, alors même que la vogue des "drones" et nouveaux aéronefs modèles réduit (certains pas si réduits) a réellement décollé depuis le dernier Thanksgiving, où les ventes ont marqué une croissance impressionnante, et où la chose semble devenir ZE gadget qu'il faut avoir (oui, 90% de la clientèle est masculine, de 0,7 à 77 ans). On ne compte plus les interventions de forces de l'ordre venues constater les dégâts de voisinage, enlever un drone d'un arbre ou d'une lucarne, les cas de voisin énervé sortant l'arme familiale pour essayer d'arroser un de ces bouzins.... Moi je sais qu'un drone aérien ne m'intéresse pas des masses.... En revanche, je trouve qu'avoir une de ces "mules" robot (à pattes, à chenilles ou à roues) telles qu'on en voit en projets pour les armées serait génial dans la vie courante.... Elles sont aussi potentiellement utilisables pour bien des usages dangereux, mais tout d'un coup, vu que ça m'intéresse, je suis bien plus choqué à l'idée qu'on pourrait m'interdire d'en avoir (je suis aussi choqué qu'on m'interdise d'utiliser emule, mais bon....).
  9. Ah! C'est le domaine que je connais le moins: les avions radiocommandés sont en effet là depuis longtemps, mais -encore une fois, je n'y connais rien, ne pratiquant pas- je les ai toujours vu comme de petits machins rabougris pesant 3 plumes au maximum, donc en soi rien de bien terrible. Mais maintenant, on voit ici et là des engins aux formes très diverses, dont la taille est parfois impressionnante, et on entend des trucs comme le dernier feeling d'Amazon pour faire de la livraison porte à porte par des drones, on voit des trucs comme M. Tout le Monde foutre des caméras sur des engins du commerce.... Bref, ce nouvel aéromodélisme semble aujourd'hui connaître une explosion tous azimuts en termes de diffusion et surtout de nouvelles capacités, avec un développement accéléré qui laisse augurer que ce qui sera sur les étagères dans 2 ans n'aura rien à voir avec ce qu'il y a aujourd'hui. Je me rends bien compte que des mouvances terroristes souvent si en pointe dans un tas de domaines auraient déjà commis des attentats avec de telles bestioles si c'était aujourd'hui si facile, mais quand même: y'a tout un tas de trucs qui font flipper. Y compris le fait que la démocratisation de beaucoup de technologies dans ce "nouvel ancien domaine" autorisera des gens un peu bricoleurs à faire des trucs pas piqués des vers. Et pour le coup, ce qui me fascine dans cette histoire est l'aspect "grand tactique" pour des mouvances terroristes: des dizaines de drones équipés de petites charges explosives fonçant sur une foule, ou une pluie de tels engins à intervalles réguliers pendant quelques heures.... Une arme cheap à effet potentiellement ravageur en terme de peur collective (quand aux dommages effectifs, là c'est autre chose). Est-ce à portée aujourd'hui? Bientôt?
  10. Ca devient plus chiant quand c'est le flic qui met la main à la poche et reprend la créance du dealer pour que le business continue et s'accroisse.... Surtout quand le flic est aussi le dealer....
  11. Je regardais des infos américaines et, surprise, ils parlaient de la France avec son épidémie de drones au-dessus de Paris (dronémie? Désolé....); d'ordinaire, il faut qu'il y ait des attentats ou des émeutes pour que la France arrive aux infos youesse. Donc les drones inconnus qui survolent la capitale (après que d'autres -?- aient été renifler des centrales nucléaires) suscitent l'émoi côté US, sans doute parce que l'ambassade US fait partie des bâtiments survolés et -visiblement- filmés, amenant directement les soupçons d'intentions terroristes.... Ce qui est évidemment un point majeur d'inquiétude, un nouveau vecteur possible pour des attaques, et du coup, en total ignare, je me pose un tas de questions: le relatif libre accès à ces engins n'augure t-il pas de la possibilité d'opérations ponctuelles, voire "massives", pour des organisations de méchants barbus (et d'autres non barbus, soyons pas sectaires)? Quelle charge utile peuvent/pourront embarquer ces engins aisément disponibles dans un nombre croissant de comptoirs? Plus chiant: y'a t-il des moyens de contrer un tel vecteur (je vois mal des soldats vigipirate ou des flics se mettre à mitrailler ces machins façon DCA de Berlin) sans poser de sérieux problèmes dans une zone densément habitée (sans parler des pigeons morts, blessés ou traumatisés)? Quelques commentaires mentionnaient la création par la préfecture de police d'une "unité" dédiée à cette menace potentielle: on aura quoi, des Spitfire télécommandés allant faire la chasse à ces nouveaux "Huns"? De la guerre électronique pour piquer le contrôle? En l'état, avec ma vaste absence de connaissance du sujet (capacités et disponibilité des engins, façons de les contrer, état des lieux des dispositifs....), j'en viens à m'inquiéter réellement de cette nouvelle réalité: des drones cheap dispo au comptoir me semblent une composante XXL dans le domaine des menaces "low tech"/"low key" que des organisations terroristes peuvent agiter ou mettre en oeuvre contre un tas de "cibles molles" dans nos zones calmes et développées.... Sans que beaucoup de parades me semblent aisées.
  12. Bof, c'est une histoire de drogué et de dealer: lequel est coupable?
  13. Ou les monstruosités navales que le monde grec commence à construire en masse pendant et après la période des Diadoques, dans une course aux armements fermée sur elle-même (comme, sur terre, la seule innovation tactique du temps consiste à allonger toujours un peu plus la sarisse, pour arriver à des trucs énormes et employables dans une seule configuration, fragilisant les unités de phalanges en les sur-spécialisant et en accroissant leur temps de formation et critères de sélection); contrairement à ce qu'on croit savoir, il ne s'est alors pas agi d'augmenter le nombre de bancs de rameurs (l'expérimentation a montré que ce n'était pas possible sans gravement compromettre la flottabilité et l'équilibre du navire), mais d'augmenter le nombre de rameurs par banc et par rame, en créant des navires énormes et chers, moins propres à la manoeuvre et moins aptes à l'éperonnage (seulement dans une configuration de flottes analogues se chargeant de face), éléments très partiellement compensés par un armement plus important (catapultes et balistes diverses) et un contingent d'abordage plus conséquent (ce qui pose problème quand un ennemi plus manoeuvrier ne se laisse pas aborder, ou aborde à plusieurs). Cette approche a initialement eu des résultats (les avantages en puissance de feu et effectifs ont eu leur temps) avant d'entrer dans un cycle de rendements tactiques décroissants qui apparaissent peu aux contemporains pendant longtemps, étant donné que les adversaires sont tous dans le même trip: ce qu'on constate cependant est une tendance décroissante à l'usage des grands navires, dont le coût et la faible remplaçabilité rendent les décideurs plus timorés sur leur emploi. Toutes ses constructions se font de plus à un coût d'acquisition et d'entretien très radicalement supérieur, et donc c'est donc un coup majeur que d'en perdre au combat (un risque stratégique en soi, pour un faible nombre d'unités à l'utilité absolue et marginale décroissante): les délais de réparations sont énormes sur ces machins très complexes, ils sont durs à ramener au port, ils ne sont pas récupérables quand coulés (contrairement aux navires plus légers comme la trirème qui, coulée, flotte entre deux eaux), ils demandent beaucoup de matériaux, leurs équipages sont plus durs à remplacer (nombre et temps de formation en proportion), contrairement aux trirèmes et aux quinquérèmes qui ont représenté la fourchette des "bons compromis" coût/efficacité du temps pour la guerre d'escadres majeures (après, avec la domination romaine sans partage et l'absence d'adversaires "étatiques" sur mer, la trirème redevient le capital ship maximal pour longtemps).
  14. C'est tout la faute au retraité allemand; c'est lui qui fait la politique à Berlin! Putain de baby boomers.
  15. - Trop rare, ce qui implique la peur de le perdre: c'est le problème des cuirassés dès le début de l'ère du dreadnougth; trop chers, trop rares, trop longs à produire, ce sont des atouts qu'on ne veut employer que dans des conditions si précises qu'ils en deviennent de fait (avant que la culture/mentalité tactique ambiante le comprenne bien) peu employables. Même dans la 1ère GM où il n'y a pas encore beaucoup d'alternatives sur mer (en termes de systèmes d'armes à impact potentiellement stratégique: sous-marins à l'efficacité marginale et globale certaine, mais encore limitée), l'usage concentré de cuirassés de premier rang pour obtenir un avantage décisif est de fait très timoré. Ce qui rend la tonne de navire de ce type très chère, et le place comme une déclinaison des oeufs concentrés dans un seul panier. - Trop spécialisé: dans la stratégie japonaise, plus qu'ailleurs, la flotte est faite pour le "coup décisif", la bataille culminante qui obtient le KO quasi définitif. De ce fait, l'aéronavale (excellente au début de la guerre, mais très petite et peu renouvelable) tout comme les cuirassés (en fait surtout ceux de la "flotte combinée", le maître pion stratégique nippon) sont calibrés pour cette bataille hypothétique, plus fantasmée que réaliste. De fait, la seule capacité intéressante des cuirassés dans la guerre telle qu'elle se déroule est d'offrir un appui feu puissant dans les opérations amphibies et la guerre au sol sur les îles du Pacifique. Mais vu l'investissement, ça fait un appui feu très cher pour le service rendu. Pour la guerre en mer, l'utilité est plus que douteuse, quelle que soit la configuration envisagée ou le génie tactique mis en oeuvre: sous-marins et PA en grand nombre sont l'arme d'un vaste théâtre d'opération où la bataille unique n'est pas la donne, et destroyers et croiseurs sont l'outil secondaire mais intéressant pour l'escorte, l'appui et le raid. - trop gourmand: vu le niveau de ressources et les réserves japonaises, ces énormités sont d'un usage problématique vu leur consommation. Ce simple fait accroît tous les problèmes et toutes les difficultés susmentionnées, en ajoutant celui de l'entraînement à la mer pour les équipages nombreux qu'ils embarquent; problème qu'ont aussi, par exemple, les Allemands, mais surtout les Italiens, avec leur splendide marine pour l'essentiel confinée dans ses ports, dont une toute petite portion peut effectivement s'entraîner et mener des opérations, le reste attendant de se faire flinguer au port ou saisir.... Pendant 4 ans. Combien d'opérations soutenues auraient pu mener les supercuirassés japonais? Au détriment de quelles autres opérations et unités (vu ce qu'ils pompent, eux et leur escorte, dans les ressources dispo: le coût d'opportunité n'est pas évident à calculer)? La meilleure stratégie avec les Yamato/Musashi aurait été pour les Japonais.... De ne pas les construire, et de se focaliser sur d'autres systèmes d'armes: non seulement leur construction, mais l'effort de recherche, l'entretien, la position centrale qu'ils représentent dans l'organisation des moyens et la pensée stratégique/tactique, faussent complètement la pensée, la stratégie et les opérations japonaises. Ils sont un des symptômes majeurs de ce qui n'allait pas dans la pensée militaire japonaise.
  16. Et pourtant on a quand même fait un blockbuster sur le Titanic..... Etant donné que le personnage n'a pas existé (le "personnage" Ragnar est une compilation d'au moins 6 ou 7 personnages historiques ou inventés), ou en tout cas n'a pas fait le 10ème de ce qui lui est attribué, il reste du suspense sur ce que les auteurs vont choisir de lui attribuer comme vie et actions, et évidemment, la surprise de voir comment ces choses seront traitées. Oh putain! Ca me rappelle que je les ai téléchargé et ils doivent être encore sur un HD externe, quelque part.... Me suis tellement fait chier avec cette série que, passé 4 épisodes, j'ai continué à les charger sans faire attention.... Et n'ai jamais repris le visionnage.
  17. Et personne n'oserait tirer dessus: il est trop tout mignon tout plein!!!!!!
  18. Ben, c'est un peu tout le trip, et la raison pour laquelle les chefs peuvent rarement s'absenter longtemps du lieu central de leur pouvoir: quand le chat n'est pas là... Ca donne aussi au chef-héros, en l'occurrence Ragnar (mais aussi Lagertha maintenant), l'aura de celui qui porte sur ses épaules une énorme entreprise plus vaste et engageante que la mesquinerie des guéguerres politiques (du moins aux yeux des nordiques, vu que l'entreprise en question, c'est des raids de pillage et de la conquête de territoires), là où ses adversaires apparaissent du coup comme des traîtres mesquins à la mentalité "provinciale", enfermés dans leurs schémas mentaux locaux. Ca parle pour le côté dramatique de l'histoire, ça accroît la stature du/des héros, même si pour la réalité historique, c'est un biais artificiel (la plupart des chefs de guerre faisaient leurs raids pour obtenir plus de pouvoir à la maison et accroître leur influence et leurs territoires, processus qui aboutira au final à la formation de royaumes plus stables; tout comme Agamemnon attaque Troie pour unifier la Grèce sous son contrôle, tout comme César se lance à la conquête des Gaules avec pour seul réel objectif de dominer Rome). Pour ces chefs, aspirants-chefs et ambitieux dans leurs bleds au Danemark,en Norvège ou en Suède (entités encore inexistantes), le seul truc qui compte, c'est qui est Raoul dans le bled, pas qui conquiert tel territoire chez les Rosbifs ou qui ramène tel butin (ça, ce sont juste des moyens pour parvenir à leur fin). Donc Ragnar (pas une figure historique, mais plutôt la fusion d'un certain nombre de personnages: jusqu'à 7 ou 8 chefs et rois différents en fait) est, pour raison de scénario, présenté comme une espèce de quasi rêveur voulant l'aventure pour l'aventure, la découverte et l'accomplissement pour son renom personnel et une stature de grand homme, le pouvoir dans son bled n'étant que le moyen pour cette fin (soit l'inverse du paradigme réel), ce qui l'oppose radicalement aux autres, qui deviennent du coup des méchants à l'écran pour cette raison. Mais dans la réalité, ils étaient tous du même moule, avec la même ambition, la seule différence résidant dans qui gagne et qui perd. Mais ça, faut l'accepter comme étant le fond du trip, sans quoi effectivement, y'a beaucoup d'éléments qui risquent de faire chier comme étant des ralentissements d'une "intrigue principale" (la conquête extérieure). Mais dans la réalité, tout est là: un chef ne peut pas abandonner son fief pour aller chasser la chimère trop longtemps (surtout dans le système politique sous développé de la Scandinavie d'alors), il a des responsabilités, et surtout, le monde scandinave est alors un vide politique..... Et la nature a horreur du vide. C'est peut-être en fait ce qui manque vraiment en terme de "trame principale" dans cette série: un lien plus équilibré entre ce qui se passe outre mer et ce qui se passe "à la maison", donc aussi une trame principale en Scandinavie qui montre le besoin d'unification de plus grands territoires, chose permise par les fruits de la conquête. Comme ils ne développent pas (pur l'instant?) cet aspect, ça donne un peu l'impression effectivement que le théâtre d'opération "à la maison" fait du sur place, ses intrigues stériles et recommençant éternellement de la même façon, avec juste des visages qui changent.
  19. Ca encore, les complots, c'est la partie la plus intéressante du point de vue historique, parce que c'est hautement vrai: comme les permanentes machinations politiques de la Rome Antique (républicaine puis impériale) ou la Grèce classique (pré et post guerre du Péloponnèse, avant la conquête macédonienne, surtout), ce sont des luttes de clans, de familles et d'individus en permanence dans cette Scandinavie des VIIIème-IXème siècles qui n'a aucune sorte de centralisation (juste un peu du point de vue religieux) dans aucune de ses régions, où chaque village est une entité politique, un royaume en soi, où aucun monarque, autoproclamé ou traditionnel, n'a les moyens d'imposer une autorité sérieuse et durable sur une zone conséquente, et où les règles de succession et de gouvernance sont telles qu'elles laissent la voie à tous les ambitieux à tout moment, donnant au tout un sérieux look de monde mafieux où personne n'est dans la chaise du patron pour longtemps, où il y a beaucoup de "parrains" un peu partout.... Ce sont justement les raids sur l'Europe occidentale qui vont aider les sociétés scandinaves à se restructurer (cette période est initialement un énorme passage à vide, en lent rétablissement, après l'effondrement des proto-royaumes aux Vème-VIème siècles, eux-mêmes conséquence lointaine de l'effondrement du monde romain en occident), en fournissant des entreprises communes nécessitant des effectifs sans cesse croissants, qui font émerger des chefs importants qui deviennent notablement plus puissants que la majorité de leurs concurrents via la fidélisation de guerriers et de clientèles (individus, clans, zones), l'accumulation de richesses et de renom, la croissance de la population de guerriers professionnels (puisque la carrière des armes devient un débouché économique important et croissant via ces expéditions) qui permettent de former des armées (contrairement aux miliciens et aux raiders à temps partiel qui caractérisent le début de la période d'expansion viking). Pendant toute la période viking, la Scandinavie est le théâtre d'une recomposition politique permanente et violente qui la fait ressembler à un film de gangster de 2 siècles et quelques (dans une version fjord), jusqu'à ce que, lentement et péniblement, émergent les 3 royaumes qu'on connaît. Assassinats, trahisons, paranoïa politique, machinations permanentes, ambitions débridées, soulèvements, vendettas, revanches familiales courant parfois sur des générations, querelles (sanglantes) d'héritiers.... C'est un peu tout le trip. Donc là en fait non, la série n'exagère pas: la Scandinavie d'alors est un monde sans Etat, sans stabilité, sans gouvernance, sans beaucoup de règles; ergo la violence et les trahisons permanentes.
  20. j'avais testé le premier épisode quand il était sorti: pas réussi à le voir d'un seul coup, et une propension à ne pas vouloir me forcer à regarder le 2ème.... Donc des symptômes assez clairs, malgré le fait que j'avais pas en soi d'énormes reproches à faire à ce premier épisode. Me suis juste fait chier.
  21. Ce qui peut arriver quand le pays concerné n'a plus vraiment d'industrie de défense, en tout cas pas dans les matériels lourds et chers qui sont d'importants leviers pour l'économie, et des occasions de financement de la vie politique. Auquel cas, l'un des intérêts politiciens d'une armée, ce sont les bases et le soutien des personnels, qui sont des outils économiques locaux (rien que la masse salariale d'une base militaire est de facto une injection de fric dans un endroit), des enjeux de contrats.... Quand à côté, la capacité militaire s'effondre, tu peux en déduire que le maintien de certaines portions du budget est là pour des raisons précises qui ont bien peu à voir avec la "sécurité nationale" ou une quelconque posture internationale.
  22. Ce serait déjà pas mal, mais ces réalités ne peuvent pas être évoquées si aisément comme la chasse à de purs délits: il s'agit de réalités en grande parties légalisées (ou volontairement regardées avec négligence, ou justification active) tout connement parce que les lois fiscales sont un marché où les Etats sont très mal équipés: il y a peu de capital politique à faire à Bruxelles dans ce domaine, par comparaison avec celui qu'on peut se faire en favorisant ces comportements (par les lois et réglementations adaptées). L'importance du lobbying y veille, rappelant le vieil adage selon lequel il n'est pas choquant que les politiques soient à vendre, mais ce qui l'est est qu'ils le soient à si bon marché.
  23. Ca semble surréaliste quand on lit à côté tous ces articles sur le niveau d'équipement des forces allemandes, en tout cas celles de première ligne (les forces de réaction rapides, soit essentiellement les 20 000h qui constituent le "premier tiers" d'une Bundeswehr désormais à 3 vitesses), et quand on voit le budget tout sauf ridicule (malgré la portion réduite du PIB qu'il représente) du pays, le tout pour une armée qui sort peu de chez elle (pas de suremploi, d'usure accélérée, de pertes....). Dans quelle mesure est-ce, comme Collectionneur le pointe, le fait de matos qui restent à la maison? Y'a t-il par ailleurs un surinvestissement dans les programmes majeurs (on a vu les dérives de coût du Puma, par exemple) qui sont avant tout des programmes de soutien à l'industrie allemande (qui apparemment est incitée à produire du 100% made in Germany, ou autant que possible, donc aussi très cher) bien plus qu'ils ne sont des programmes correspondant à une politique militaire et une stratégie nationales? Parce que si les problèmes exposés ici sont réellement représentatifs de l'état des forces, alors même que le matériel est une priorité en Allemagne (pour les raisons économiques évoquées au moins), l'état de préparation des forces (donc la réalité de la "crise du moral") doit être franchement alarmant, vu que l'humain tend à être la 5ème roue du carrosse dans les armées de temps de paix, surtout des pays développés.
  24. Le petit secteur privé grec a morflé: les grandes concentrations capitalistiques grecques sont pour l'essentiel passées au travers des problèmes, tant en raison de leur impunité (fiscale et politique) qu'en raison de leur internationalisation (les armateurs ne sont que les plus visibles et importants). La petite reprise du pays, et les rentrées fiscales supplémentaires rappellent cependant que l'assiette de l'impôt dans ce pays est du grand n'importe quoi: elle est réduite, plus qu'injustement (et absurdement) répartie, et ne reflète pas grand chose de la carte économique, sociale et politique du pays.... Sinon ceux qui ont justement le moins d'importance dans ces domaines. En Grèce, l'impôt frappe surtout ceux qui ne peuvent pas en payer beaucoup.... Ou du tout. La question est, dans l'Europe actuelle, et dans son fonctionnement politique actuel: comment faire pour trouver un système fiscal satisfaisant? La Grèce peut bien établir un cadastre et une cartographie des revenus fiables si le présent gouvernement a le capital politique pour une telle entreprise -et rien que ça prendra des années avant de produire des résultats profonds-, elle ne peut pas s'imposer si facilement seule face aux dites concentrations capitalistiques qui ont tant de recours internes et externes, et de moyens de pression (par extension, ce problème est, dans des mesures diverses, le même pour les autres pays d'Europe).
  25. Il y a diverses interventions d'agents fédéraux à quelques moments, au fil des saisons (en lien avec Rabbit, avec "Hood", avec les truands locaux....). Et puis c'est pas la police locale qui règle les trucs "à sa manière".... C'est juste Hood qui impose sa manière (et il suffit d'avoir vu le premier épisode pour connaître sa formation, pas vraiment de nature policière). Pffff, c'est même pas un inspecteur: tu déconnes complètement, Rob: tu vois bien que c'est le Docteur qui se fait passer pour un inspecteur. Nul doute que le Tardis est planqué dans la pièce à côté.
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