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Tancrède

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Tout ce qui a été posté par Tancrède

  1. Tancrède

    Père Noël

    Pfff, Papa Noël est furtif: aucun missile ne peut locker le traineau ou ses moteurs cornus. Et, techniquement, si on part du point de vue qu'il est réel et remplit sa mission, à savoir distribuer des cadeaux en une seule nuit à des milliards d'enfants, qui peut croire qu'un seul missile peut le rattraper? C'est quoi la taille au-dessus de "supercroisière"?
  2. Là t'exagères: quand ça arrive, ce sont des suspensions (généralement sans solde.... Comme si un flic dans une grande ville américaine pouvait se passer même de la perspective de louper un mois), pas des renvois. Ca dépend: le café à l'américaine, typiquement, quand c'est fait comme il faut, c'est du café filtre, soit la plus forte concentration de cafféine au litre, de très loin, l'expresso (comme celui des machines à capsules, moins concentré qu'un expresso fait "dans les règles") étant derrière, et le café soluble à des kilomètres (plus faible concentration). Pour les grands gobelets, ça va dépendre du fournisseur: c'est vrai que généralement, dans les trucs en grandes chaînes ou les cafés qui font de la grapille, on a tendance à mettre plus d'eau pour limiter la dépense en matière première et maximiser le profit (comme les fast foods foutent un max de glaçons dans les cocas, et diluent en plus souvent la solution initiale de coca dans trop d'eau quand ils font le mélange). Mais t'as plein de cafés et certaines chaînes qui se targuent précisément de faire l'inverse (et servent quand même des gobelets indécents): à NY par exemple, c'est à qui connaît son troquet d'habitué qui lui fournit "the real stuff", et à Seattle, premier port d'importation de café aux USA, faut pas essayer d'arnaquer le local. C'est un peu comme la baguette à Paris, ces gobelets de cafés: y'a eu une période où c'était vraiment de l'eau partout, commele pain à Paris qui était pourri dans les années 70-80, puis il y a eu une réaction de la clientèle, de certains commerçants et de diverses têtes d'affiches de toutes provenances (célébrités, experts, politiques, auteurs/chercheurs, gastronomes....) et les choses ont changé, jusqu'au niveau institutionnel, mais avant tout dans le seuil moyen de tolérance, d'exigence et de connaissance.... Starbucks est l'un des grands gagnants qui a émergé de cette réaction. Parce que dans la conso américaine, faut pas voir le gobelet porté à la main comme une chose unique: outre la variété des provenances, ce peut être aussi le café qu'on emporte de chez soi via un gobelet qu'on a en réserve, ou surtout ce qu'on emporte d'un café où on avait commencé à boire à la tasse avant de transvaser/d'emporter du rab via ce récipient.... On oublie que les cafés ricains ont généralement cette option inexistante en France: le refill à volonté (tu paies une fois pour autant de cahoua que tu veux). Y'a que les trucs à la Starbucks ou les cafés type grands hôtels/restos où ça marche pas comme ça. Et dans les séries, c'est plutôt ça qu'on voit que les gobelets, il me semble: la cafetière filtre du commissariat, du bureau, de la base, ou celle du restau/troquet, où les persos puisent en continu sans apparemment remplir leur vessie pour autant. Désolé, je déblatère, mais là, c'est la période de Noël.... Chuis passé au vin chaud, à ct'heure ci....
  3. Pas besoin du check proof de Mythbusters pour celui-là: j'enfile thés et cafés à la chaîne, du matin au soir, en taffant.... J'évacue plus qu'une femme enceinte :-X . Toute la volonté du monde ne peut pas procurer la capacité d'attente nécessaire. Donc à moins d'avoir une vessie de la taille d'une citerne de navire.... Ou de courir comme un taré en continu.... Je suis pour ma part persuadé que les héros profitent de l'espace hors du champ de la caméra pour se soulager toutes les 5 minutes: ils s'en servent déjà tellement pour d'autres trucs, comme apparaître juste devant un type qu'ils poursuivent et qui avait 100 ou 200 mètres d'avance, voire plus (et qui s'était déjà emberlificoté dans un dédale de rues/d'arbres inextricable), surprendre quelqu'un au milieu d'un espace vide de couvert.... C'est un passage interdimensionnel auquel seuls les personnages importants de fiction audiovisuelle ont accès, un de leurs nombreux superpouvoirs (mais maintenant on sait que le sol de cet espace est couvert d'urine).
  4. Les armures correspondent à la guerre de Cent Ans, et plutôt le milieu de cette guerre (cad les armures qui ont commencé à se généraliser à ce moment: après, l'innovation est permanente et la généralisation de nouvelles générations d'armures très lente, dépendant de l'acquisition individuelle auprès de producteurs de type artisanaux), soit pas encore réellement des armures destinées à affronter les armes à feu, mais plutôt celles qui se sont imposées peu à peu pour améliorer la protection ballistique face aux flèches et carreaux dont l'usage s'accroissait beaucoup (évidemment en France face aux longbowmen lourds), mais aussi pour maximiser la capacité au combat monté entre chevaliers/cavaliers lourds, et la protection face aux fantassins dont l'usage (et donc la qualité moyenne des unité/groupements) augmentait. Les amures vues dans GoT correspondent donc plutôt à cet alourdissement croissant (extension des zones couvertes par des plaques au dépend de la maille, articulation des plaques) à fins de protection contre l'environnement général de bataille dans des armées qui, lentement, quittent le modèle féodal de guerre locale (entre cavaliers en armures surtout) et deviennent des forces plus structurées en divers types de troupes qui tous connaissent un progrès. Les vrais harnois blancs qui constituent l'évolution ultérieure sont très différents, et ce sont eux qui intègrent entre autres une "intégration" totale de l'armure comme globalité (dès sa conception) et la recherche d'un profilage qui, ajouté à l'épaisseur croissante (épaisseur plafonnée cependant: les harnois sont des armures étonnamment légères à porter), procurent un certain degré de protection contre les armes à feu portables. Mais les formes en sont particulières, et il ne m'a pas semblé que celles vues dans la série en présentaient beaucoup de caractéristiques: elles me semblent plus liées à cette période d'alourdissement face à l'accroissement des sources de menaces en bataille (avant tout les flèches) et de maximisation de la capacité de charges lourdes. Les combats dans GoT, enfin ceux qu'on peut voir, me semblent nettement plus respecter la réalité: ça combat à l'épée et au bouclier, et quand il n'y a pas de bouclier, il y a peu ou pas de longues passes d'armes (irréalistes), mais des assauts brefs suivis soit d'un coup décisif, soit d'un échec entraînant un retrait hors de la distance de combat: un combat à l'épée sans protection (bouclier et/ou armure), c'est du "ça passe ou ça casse" quasiment au premier coup (et si ça passe pas ni ne casse, tu retraites de plusieurs pas et tu guettes le moment pour relancer un assaut), pas des passes d'armes façon escrime de salon, film de mousquetaire ou chevalier de Pardaillan. Les épées ne s'entrechoquent pas beaucoup, et pas longtemps, et on joue de tout ce qu'on peut jouer à côté (pieds, mains, épaules....). Sur la proximité historique avec le Moyen Age, difficile à exactement cerner; y'a beaucoup de choses caricaturales (au sens: exagéré/amplifié), mais l'environnement est en même temps différent par mille et un facteurs (l'avantage de le faire dans un monde différent). Ce qui fascine l'auteur, et qu'il connaît par sa famille (une ancienne "grande famille"), en revanche, c'est l'ambition sans frein ni masque des "grands" qui veulent toujours plus, jusqu'où ils sont prêts à aller, ce qui les motive, ce qu'ils sont prêts à écraser au passage (et dont ils se foutent), les caractères et relations familiaux que cela crée, la juste place des choix individuels dans les mouvements de l'histoire....
  5. Je crois pas que tu puisses photoshoper un personnage en mouvement: sur une photo oui, mais sur un film? Si c'est possible, c'est à mon avis trop cher (pour l'instant) de le faire sur la durée de longues scènes. Mieux vaut encore avoir recours aux artifices habituels: une doublure sur des plans tronqués, voire un montage, des plans brefs succédant à une séance de "pompage" intense (pour la congestion apparente qui dure peu), et éventuellement la préparation physique plus ou moins longue selon les moyens du film/de la série et les dispositions des acteurs (on sélectionne quand même dans un pool important dont une bonne partie a en partie pour métier de s'entretenir). Reste aussi "l'effet caméra" (les muscles, comme la bedaine, paraissent plus gros qu'ils ne sont: la caméra donne 10kg), l'effet éclairage/angle (faire paraître les muscles plus saillants juste par l'angle de vue, l'éclairage choisi/le professionalisme du directeur photo, et éventuellement du maquillage/huilage) et l'effet comparaison (beaucoup d'acteurs qui paraissent très musclés sont en fait juste bien dessinés et secs, mais avec un volume musculaire/niveau de forme pas extraordinaire: c'est l'effet caméra plus la juxtaposition avec d'autres acteurs moins taqués/en forme ou avec des femmes -surtout très minces-, juxtaposition qui peu par ailleurs être "manipulée" par l'angle choisi et autres effets optiques simples). De toute façon, si mettre en valeur un physique musclé a une importance particulière pour le film ou la série, il est nettement plus économique d'avoir un acteur déjà en forme et/ou de lui faire subir une préparation physique. Tu triches, là: les deux photos ont combien de temps d'écart? Au minimum 20 ans, plutôt 25, voire 30. Difficile de s'en rappeler, mais le Keanu, il a 50 ans aujourd'hui, et il ressemble encore exactement à la photo du bas (la génétique, quoi).
  6. Sauf quand il y a une scène où quelque chose se passe pendant qu'ils y sont.... Ce qui suggère plusieurs faisceaux d'hypothèses: - les héros (et dans une certaine mesure les personnages principaux) n'ont pas de vessie ou de colon: ce qui est ingéré est désintégré dans leur métabolisme particulier - leurs orifices ont des propriétés de téléportation - ils ont plusieurs vessies (ou une surdimensionnée) et plusieurs mètres supplémentaires d'intestincts , mais naturellement suffisamment compactés pour ne pas déranger l'ordonnancement et la saillance des abdos (parfaits évidemment) - ils vont aux chiottes sans arrêt, mais dans la meilleure cache qui soit: juste en dehors du champ de la caméra (quelques pas à faire au maximum, la plupart du temps), cet espace interdimensionnel mystérieux où méchants et héros peuvent se planquer pour sauter à l'improviste sur quelqu'un sans que ce quelqu'un les voit arriver (même si c'est au milieu d'une plaine déserte). Du coup, dans le dit espace, y'a toujours de quoi se soulager - poursuite de l'hypothèse initiale que tu soulèves: ils peuvent se retenir indéfiniment sans être emmerdés (c'est le cas de le dire) ou handicapés par la chose, tout comme ils peuvent veiller indéfiniment, opérer en apnée sans limite de temps ni de performance, encaisser n'importe quel coup et dommage corporel sans broncher ni subir de baisse de capacité (même après amputation).... Je ne vois pas d'autre explication.... Sauf.... Noooon..... La logique bassement humaine serait-elle évacuée de tout raisonnement préalable aux récits de fiction? Je n'ose le croire.
  7. J'ai jamais vu de rococo trop prononcé dans les décorations de navires de lignes français: avant la période d'épuration massive des tracés de navire au XVIIIème siècle, les motifs sont plutôt restés assez "marins" dans leur intégration aux lignes des navires, évitant l'effet caricatural qui a pu arriver avec des navires d'autres nations dont les empilements dépassaient les limites de l'incongru (pourtant larges quand on considère normal le fait de mettre ce genre de trucs sur un navire de guerre) et du "déconnecté" du design marin et militaire. En tout cas je vois pas de période de la décoration navale française au XVIIIème siècle dont les motifs me choquent particulièrement par leur lourdeur, leur surabondance, un excès de rocaille ou de formes exagérément compliquées. En quoi je fais erreur? J'ai jamais dit que les Hollandais n'avaient pas des vaisseaux lourdement décorés; j'ai précisément dit l'inverse en évoquant que l'illustration avait un mauvais rendu et alourdissait le dessin français en donnant une impression qu'il s'agissait d'une "réinterprétation" à la hollandaise ou anglaise, cad un tracé plus massif, des motifs plus épais, donnant plus une impression d'empilement d'éléments et de déconnexion d'avec les lignes du navire. A quel moment j'aurais dit que les Hollandais n'avaient pas eu de décorations lourdes? J'ai précisément fait référence à l'inverse.
  8. Je parlais pas tant de l'époque que du rendu, en fait (bien vu pour l'époque: j'avais jamais fait attention à la baisse du tableau de poupe dans la dernière partie du XVIIème): le tracé sur cette illustration rend mal la grâce des lignes dans le dessin français des ornements de cette époque, et donne plus l'impression d'un rendu hollandais ou anglais, plus "lourd" dans le tracé, un peu comme si un Anglais ou un Hollandais avait copié les motifs français et les avait réalisé avec leur manière nationale. Les ornements français ont moins de lourdeur et vont plus harmonieusement avec les lignes du navire. Tout est dans le poignet.... A quel étage/pont (sauf si tu entends le château arrière stricto censu, cad la partie du pont supérieur couverte par une superstructure, avec la dunette au-dessus)? Entre les cabines du capitaine, éventuellement de l'amiral (les grands 3 ponts étant souvent faits dès l'abord pour être des navires amiraux/ de chefs d'escadres) ou de passagers de marques, celles du 1er lieutenant et d'autres officiers, la cabine des timoniers (directement à proximité de la roue: il y a au moins une petite cabine pour faciliter leur relai: sur un 3 ponts, c'est généralement sous la dunette), et évidemment la grande salle/salle du conseil, l'espace qui sert d'EM et de salle à manger, la pièce de réception privilégiée. Sur les 3 ponts, il y en a souvent deux (typiquement celle de l'amiral/de l'escadre ou flotte, et celle du capitaine/du navire). Et aux ponts inférieurs, on trouve aussi le carré des officiers, différencié des 2 autres grandes salles sur les 3 ponts.
  9. Le vieux port de la Rochelle n'était pas apte à recevoir des navires de ce gabarit (pas de port en eaux profondes à cette époque), et l'entrée du vieux port n'est pas commode pour de tels machins, ce qui est la raison pour laquelle Rochefort a été créé initialement.... Et perso, je trouve que même si ça veut évoquer un vaisseau français louis-quatorzien, le rendu évoque plutôt un anglais avec ses empilements sans goût: le dessin français de cette époque est plus gracieux. Et le tableau arrière, au-dessus de la gallerie haute, devrait être plus grand, sur un 3 ponts, comme le Soleil Royal le montre: il faut un tableau plus haut pour avoir le motif de l'Apollon rayonnant sur son char, avec en plus, sur les vaisseaux amiraux louis-quatorziens, les débordements de sculptures et motifs sur le bordage de la dunette, entre les fanals.
  10. La polarisation des richesses est la mort de la démocratie et de l'état de droit, comme l'abus du droit pour mieux le détourner, ou la démagogie. C'est arrivé à Athènes (démagogie, judiciarisation, polarisation des richesses, évasion fiscale).... Mais faut pas désespérer: les choses changent plus vite de nos jours (dans un sens puis dans l'autre) vu que la société est interconnectée, va plus vite que dans un monde peu peuplé, rural et pré-technologique. C'est d'ailleurs ce qu'on voit dans les médias US (enfin pas tous, mais FoxNews n'est pas compté comme un média d'information); on y parle de façon moins fataliste qu'en France, notamment en rappelant que les USA dans la période allant des années 1870 à Théodore Roosevelt vivaient dans le "Gilded Age" qui présentent des caractéristiques fondamentales assez similaires à l'époque actuelle: ultra polarisation des richesses, économie financiarisée et plus prédatrice que créatrice (c'était encore plus vrai en Angleterre à cette période), classe politique plus achetée qu'auparavant, domination des "puissants" sur les médias et le système décisionnel.... Et Roosevelt (le premier) a entamé largement le changement, poursuivi plus tard par Wilson après un bref resserrement conservateur sous Taft (ami-ennemi de Roosevelt au sein du même parti). Une décennie d'euphorie financière après, c'est l'autre Roosevelt qui radine....
  11. Pourquoi? Tu crois que les politiques en France (et partout ailleurs en fait) ne font pas exactement la même chose? S'il y a dans le vieux sud des "districts noirs" spécifiquement créés comme tels juste après le passage du civil rights act (aussi là pour garantir qu'il y aurait des élus noirs, la chose ayant été négociée aussi entre communautés), les principaux critères de tracé des districts sont loins de n'être que raciaux: il s'agit d'un profilage systématique des électorats par zone au sein d'un Etat et d'un comté (voire d'une grande ville quoique la chose soit plus dure), et d'une distinction des électorats les plus enclins à voter pour l'autre camp. la pratique est beaucoup plus développée chez les Républicains depuis une vingtaine d'années (avant, c'était "tout le monde le fait, et dans des proportions similaires"), et a abouti au résultat actuel, qui est essentiellement un produit de la 2ème partie des années 90 et des années 2000 (et une des conditions essentielles de l'émergence du Tea Party). Les communautés visées: noirs et hispaniques, certes, mais aussi les personnes âgées en zone de peuplement peu denses ou en banlieues à faibles revenus, les quartiers "working class" (entendre plus "à bas revenus" que "classe ouvrière", dans l'Amérique actuelle) et à fort taux de chômage, et, plus encore, les étudiants (qui sont aussi victimes de politiques ciblées faites pour démolir leur accès au bureau de vote) puisque les universités américaines (hors grandes villes) sont souvent des ilôts assez isolés, concentrant une masse importante d'étudiants, mais pouvant être clairement identifiés dans un comté. Que ce soit pour éclater ces électorats ou pour concentrer les électorats favorables, le mouvement a été assez univoque dans les régions dites "rouges", et a profité d'un fort effet de cumul d'élections en élections, poussant toujours un peu plus loin, au point que la moitié des Etats dits "rouges" (= GOP) ont ainsi une majorité démocrate au nombre de voix, mais très peu, voire pas, d'élus démocrates. Diviser pour régner, quoi. Ces comportements passent par une mainmise par mille et un moyens sur les bureaux de "redistricting" et les commissions électorales, et un abus des pouvoirs de l'attorney general et/ou du lieutenant governor (sans même parler du gouverneur) de l'Etat, qui sont généralement les personnages les plus impliqués dans ces activités. Quand je dis "mille et un moyens", ça implique beaucoup de choses, y compris du harcèlement judiciaire (enterrer des gens sous les procédures et les actions en justice pour les faire renoncer), de la cooptation illégale, des campagnes de dénigrement.... Quand on se demande à quoi sert l'argent en politique, où il va hors des grandes campagnes, c'est une des destinations principales et c'est l'avantage républicain que d'être plus financé par les grandes concentrations de fric (grandes au niveau fédéral, mais aussi au niveau local), surtout depuis l'irruption de masses d'argent sans précédent dans les années 2000, depuis Citizens United, depuis l'affaiblissement prémédité des syndicats et de leurs ressources, depuis l'explosion des inégalités et de la polarisation des richesses.... Les citoyens individuels et petites communautés ont nettement moins de moyens de se défendre. On estime aujourd'hui qu'il y a moins de 40 districts électoraux réellement concurrentiels dans tous les USA (tous en Etats démocrates, sans exception, juste histoire de le signaler: ça ne donne pas un brevet de vertu aux "bleus", mais ça souligne la disproportion dans les tendances au tripatouillage).
  12. Rôôô, mauvaise langue: oser sous entendre que ces respectables personnes du secteur carcéral privé rançonneraient l'Etat et le contribuable américain: tu es un européen typique, cynique et jaloux du pays de la liberté .Lainnde of ze frii, Aume of ze braïve. Sinon, un des candidats républicains putatifs à l'investiture du parti pour la prochaine présidentielle, et un des seuls qui ait une apparence de crédibilité (en fait très galvaudée, son bilan réel étant assez lamentable), a un pépin: Chris Christie, le gouverneur du New Jersey fraîchement réélu (avec l'aide des instances nationales et de l'Etat du parti démocrate, qui a torpillé sa propre candidate sciemment ??? ), fait face à une polémique qui prend de l'ampleur. Il aurait fait fermer plusieurs fois le Washington Bridge en rétorsion contre le maire local (via les problèmes, plaintes et l'impopularité qui s'ensuit) qui s'était manifesté contre lui lors des dernières élections. Le Washington Bridge est tout simplement le pont le plus actif au monde, puisqu'il relie le New Jersey à la ville de New York, où travaille une masse énorme d'habitants de l'Etat (vu les prix de NY, beaucoup d'habitants ont migré dans le "garden state"). L'arrêter même une minute cause des problèmes incommensurables. L'arrêter des heures, plusieurs jours de suite, a un impact économique et politique qui fait rechercher des boucs émissaires pour des représailles sanglantes. L'affaire a fuité cette semaine, et les adjoints directs et factotum de Christie y sont mouillés jusqu'au trognon, même s'ils invoquent lamentablement une soi disant "étude" du trafic ayant justifié les arrêts, sans que personne ait jamais entendu parler de cette étude, ni qu'aucun expert n'y ait jamais été impliqué (c'est évidemment une tentative de "paper trail" créée après coup). L'affaire serait locale et emmerdante si l'incriminé était quelqu'un d'autre, mais là, ça peut faire des taches sur Christie, qui est devenu un personnage national et semble bien positionné (si un républicain peut crédiblement l'être) pour la présidence.... Affaire à suivre.
  13. Et Jason Jones en critique d'art sur la découpe de ces districts, grandiose!
  14. Encore une fusillade dans une école, dans le Colorado, hier (dans le même coin qu'Aurora et Colombine): 2 blessés et 1 mort (le tireur qui s'est suicidé).... Hors de l'habituel débat sur les flingues, la violence.... L'un des points qui a émergé est qu'un nombre important de gens ont été interloqués par l'apparence des forces de police ayant répondu à la crise, ce qui a ramené à un autre débat qui émerge seulement aux USA, mais qui risque de devenir une constante, à savoir la militarisation croissante de la police et des divers services de sécurité américains (déjà soulevé abondamment pendant les attentats de Boston). L'un des détails qui a interloqué a été de voir un véhicule blindé de type militaire, flambant neuf, dans le déploiement de forces qui a accompagné l'événement, le tout dans une toute petite ville paumée du Colorado, pas spécialement riche: comment se fait-ce, comment se peut-ce? Le véhicule appartenait aux forces locales, pas à une unité d'intervention de l'Etat ou du niveau fédéral. C'était M. le shériff local (ou des adjoints à lui) qui disposaient de ce genre d'outils. La réponse est simple et accompagne le débat: on commence simplement à faire les comptes de ce qu'a signifié la décennie post 11 septembre, où la sécurité intérieure a pris, le plus souvent à tort, des proportions dantesques (sans résultats probants) à un coût exorbitant, et une dimension fortement militarisée. Les motifs n'ont pour l'essentiel rien à voir avec une vraie stratégie de sécurité ou une pensée cohérente pour une politique efficace, et beaucoup plus à voir avec de la gesticulation politique, mais surtout.... Le fait de refiler de juteux contrats à une échelle jamais vue. Le fait est que la petite ville en question n'est pas seule dans son cas, loin s'en faut: la création du DHS sous l'administration Bush, et la politique pratiquée par cette même administration, a vu des montants invraisemblables de fric investis tous azimuths pour des contrats de ce type avec des équipementiers jusqu'ici surtout liés à la Défense, et un secteur en pleine explosion de la sécurité intérieure (matériel et armement, entretien, conseil, formation, prestations de services directs....) véritablement favorisé dans le plus pur style de la "pork barrel politics" et d'une volonté de communiquer dans le style "regardez, on fait plein de trucs, soyez rassurés". Ce domaine de la sécurité intérieure, qui était déjà avant 2001 un lobby "lourd", est désormais une vache aussi sacrée que le secteur de la défense, avec lequel il partage nombre d'acteurs et de lobbyistes, et rejoint aussi le "prison industrial complex" (le système carcéral privé, très discuté, à l'efficacité/rentabilité douteuse et à l'influence néfaste sur la politique judiciaire américaine) qui représente entre 80 et 100 milliards de dollars par an. Au global, ce flux plus que massif de ressources dans la décennie post 9/11 est une des allocations de ressources les plus faiblement productives qui soit, en ce qu'il a eu un impact minime à court terme sur la sécurité publique, a diverti massivement cet argent d'autres postes plus utiles/productifs, et qu'il porte en lui des effets de moyen/long terme néfastes. Symboliquement, le DHS incarne cette politique: redondant, extrêmement coûteux au regard de son efficacité, il n'a toujours pas réussi à trouver un équilibre et reste une agence composite, mal organisée et confuse, coûtant une blinde et prescrivant une vision de la sécurité douteuse et des politiques de sécurité aussi chères que controversées. L'un des derniers avatars en date de cette politique sécuritaire -outre sa continuation via la pression suractive et hystérique du GOP- est le projet de fermeture totale de la frontière mexicaine, un gouffre de plus de 40 milliards (en fait sous-évalué et appelé à être multiplié parce qu'il ne fermera qu'une partie de la frontière) dont l'utilité estimée et la pertinence sont..... Nulles (contre l'immigration, contre le trafic de drogue et "l'exportation" de la violence des cartels), selon toutes les analyses prévisionnelles. Ce qu'un simple blindé dans une petite ville peut révéler....
  15. Tu parles du Japon ou de l'Angleterre victorienne ? Si tu veux, on peut appeler ça l'usage de la technologie SEX 1.0. Mais au final, la plupart des problèmes et raisons de faire des choses à grande échelle découlent de ça (caractères individuels, comportements, évoutions sociales, démographie, problèmes sociétaux, évolutions économiques....), faut pas se leurrer: "l'histoire est le syndrôme de nos maladies", disait l'autre.
  16. Tu fais référence aux évolutions qu'on constate chez les moins de 35 ans, dont une part énorme et croissante ne veut même plus avoir de relations avec l'autre sexe (et encore moins envisager un couple ou des enfants) :-[ , ou à leurs représentations sexuelles dans les médias (le porno japonais, surtout en mangas: même les non consommateurs de porno savent qu'il est complètement tordu) :lol: ? Oui, l'impression d'insécurité et la réalité de la sécurité sont deux choses TRES différentes, et la première a tendance à être en fort décalage avec la première, mais, selon les pays, dans des modalités TRES différentes, pour un tas de raisons. L'occident est par exemple le seul univers culturel où la question du viol a passé quelques caps (effectivement porter plainte, en parler, l'avouer à sa famille et devant les médias....) pour pouvoir être débattu et exposé dans la sphère publique, mais même cela est encore très incomplet et au final très récent.... Avec un effet corollaire simple: les statistiques du viol ont explosé, non parce que ça arrive plus (c'est plutôt l'inverse, au global, ce qui est un des avantages d'avouer le phénomène et de le traiter dans la culture générale et la conscience collective.... Et donc d'éduquer selon ces nouveaux repères sociaux, de moins tolérer et regarder ailleurs), mais parce qu'on le reporte plus. C'est pareil pour tout un tas d'autres problèmes qui sortent au grand jour, particulièrement dans les registres de la violence conjugale/domestique (conjoints, enfants), les diverses formes de harcèlement et autres nuisances, le rapport à l'homosexualité dans les familles et les groupes sociaux (et les conséquences qui vont avec: exclusion, violences, discriminations, harcèlement, abus, privations de droits).... Soit tout un tas de trucs qui étaient jadis du ressort du "on ne parle pas de ces choses là", du "ça arrive mais on ne le transcrit pas dans des rapports et statistiques", qui étaient niées.... Or ces comportements sont encore bien plus prégnants hors de l'occident, y compris dans des pays développés comme le Japon ou la Corée où subsistent plus des modèles (et hypocrisies/cécités, tolérances de l'intolérable, "pudeurs"/lâchetés....) dits "traditionnels", qui n'ont aucun effet réel (pour créer de la vertu) mais masquent la réalité et nient ses conséquences. Ceci dit, les pays des Balkans, des endroits sûrs.... La Slovénie, je veux bien, mais la Grèce (ces temps ci encore plus), ou l'Albanie me convainquent pas. J'ai entendu pas mal de mauvaises expériences en Serbie; pour le reste, aucune connaissance perso, quoique la Bulgarie m'apparaissait pas comme un paradis question sûreté personnelle (mais peut-être n'est-ce qu'une image?), et pour la Roumanie, je n'ai que des échos très contradictoires (du merveilleux au terrible, sans juste milieu). La Hongrie, en revanche, j'ai de la famille, et ça semble pas génial hors de quelques zones, mais il faut y ajouter une violence de rue croissante puisant ces sources dans la politique (c'est pas à tous les coins de rue ceci dit). Mais il y a beaucoup d'endroits, surtout dans des pays en "re-développement" comme ceux-ci (avec une certaine maffia-isation de l'économie et une forte polarisation des richesses), où les capitales ou grandes villes principales sont géniales et très sûres, mais où il faut pas non plus trop en sortir (témoignage d'une copine sur Riga, par exemple, à contraster fortement avec sa banlieue et le reste du pays).
  17. "Complètement" dépassé, c'est une façon de voir: l'occident continue à avoir des résultats. Après, surtout, c'est le coût de ce fonctionnement, et surtout le coût humain (on pourrait voir aussi le coût de l'efficience de chaque entreprise, de chaque service d'une entreprise, et l'évolution du rendement dans le temps, au fil des décennies et générations de travailleurs), qui peut gravement compromettre l'avenir du dit système, voire des pays qui l'utilisent. L'humain est le même partout, et on peut pas le pousser ad vitam: y'a des conséquences physiques, mentales, sociales, individuelles, collectives.... Qui ont une sale tendance à vous revenir dans la gueule. Et ces pays ne sont plus dans un schéma de reconstruction ou de "primo-développement" industriel, où les retours sont faramineux et permettent d'espérer en l'avenir (et où il y a une période où on peut promettre beaucoup et motiver ainsi.... Mais juste une période); ils ont atteint un état de maturité industrielle qui rend les progrès plus marginaux, les bénéfices plus concentrés sur moins de monde, la solidarité moindre, l'horizon moins prometteur.... Et la concurrence plus dure à affronter. Encore une fois, la démographie est un indicateur, une façon de "voter avec ses pieds".
  18. C'est marrant de lire ça: le nombre d'expats japonais et coréens dans mon quartier a tellement cru depuis quelques années, et essentiellement des jeunes couples. Quand on peut parler à quelques-uns, ils sont tous dans cet esprit et disent que pour tous les expats qu'ils connaissent, c'est la même chose: aucun ne veut retourner au pays. La pression sociale qu'ils ont développé sur les dernières décennies est celle du monde moderne (réussite, études, individualisme, autonomie) adaptée à la sauce (obsessionnelle, neurotique, plus le rapport de l'individu à la famille et à la société -questions d'images de soi et de la société notamment) japonaise (je sais pas comment ça marche dans la culture coréenne ou taïwanaise). Ce qu'on voit dans ces mouvements de la jeunesse, et qui serait aussi à étudier chez ceux qui réussissent, c'est avant tout un système qui crée des dépressifs à grande échelle: ceux qui "lâchent" ou ratent le passage ne sont que la partie la plus visible. Je me demande quelles seront les conséquences de fond: impact sur le vote (ou le non vote) et donc la politique, sur le "vivre ensemble" et les rapports sociaux et familiaux (violence domestique, ambiance et productivité au travail, alcoolisme/drogues/paradis artificiels, ....).... L'avenir économique et politique d'un pays (à 10, 20, 30 ans) en dépend infiniment même si c'est difficilement quantifiable et transmissible en statistiques et indicateurs fiables (les seuls qu'on prend en compte "sérieusement" pour le débat public, et donc les seuls qui créent des questions politiques auxquelles on s'attaque), ou résumable en peu de mots. Un indice s'il en est: la démographie ne semble pas attester d'une immense envie de vivre dans ces pays; même quand on la regarde de près, le rapport de naissances garçons/filles (moins déséquilibré qu'en Chine ou en Inde, mais préoccupant quand même) souligne jusqu'où s'exercent ces pressions sociales et la contrainte que chacun doit ressentir (peu d'enfants pour surinvestir dans leur éducation, plus de garçons parce que "c'est ce qu'il faut"....). La joie, quoi. Les quelques expériences et témoignages directs que j'ai sur les entreprises japonaises (est-ce pareil en Corée) montrent aussi des rapports humains pas terribles, et une efficacité/efficience discutable en interne via une surpopulation des bureaux, une culture hiérarchique excessive, donc des réunions improductives (personne ne l'ouvre, le chef a raison, la critique est une offense mortelle, la ligne du parti est affirmée), peu de souplesse, peu de remise en question (sauf à atteindre un point de rupture et à être réellement dans la merde), compartimentage extrême (pour avoir plein de petits chefs avec du monde sous leurs ordres), tactiques de bureaux surdéveloppées, déresponsabilisation (le blâme va toujours sur le subalterne).... Au global, des ambiances de travail plutôt dégueulasses, à mettre en rapport avec la façon dont s'exerce sur chacun la pression familiale, sociale, l'image de soi à assumer, la confrontation de tels impératifs avec la réalité.... Dans quelle mesure, pour ceux qui savent, la culture et le business coréen divergent du Japon? Les jeunes (et moins jeunes) affrontent-ils les mêmes problèmes?
  19. Le type en question, qui a apparemment déjà servi dans des occasions publiques, est aujourd'hui attaqué de toutes parts et prétend avoir été victime d'un épisode schyzophrénique (il serait sous lourde médication). On serait tenté de le croire, vu l'importance de l'événement (donc une organisation faisant appel à une société connue, et la dite société faisant appel à un prestataire avec qui elle a déjà traité) et l'improbabilité d'une autre explication (pas comme si le gars était un fouteur de merde ou un déconneur présent pour une caméra cachée). Donc pas de conspiration ou d'arnaque probable, juste Murphy qui pointe son nez et encore un gars qui arrive premier à un concours de circonstances.
  20. Pas vraiment: les fusils ont tendance à faire beaucoup plus de morts.... Sinon on utiliserait encore des lances. C'est pas anecdotique: la (nettement) plus faible létalité de conflits inter-communautés à coups de lances et flèches permet une moindre animosité (plus faible proportion des populations qui meurent des conflits, moindre proportion qui se trouve "radicalisée" par la chose, conflits moins décisifs et impliquant plus de négos).... Jusqu'à ce que la pression démographique, climatique et/ou économique devienne intolérable.... Cela rend les micro affrontements sans doute plus fréquents, mais nettement plus courts et moins meurtriers, cela limite la conflictualité pendant plus longtemps (et, théoriquement, s'il y avait un Etat valable, ça l'empêcherait). Mais là, l'incompatibilité des communautés semble avoir atteint un stade impossible; si l'Etat kényan ne peut retrouver de stabilité et de marge de manoeuvre, ces affrontements inter ethniques risquent de franchir le cap d'une grande radicalité, donc recherche de conflits plus décisifs.... Et là, les lances et flèches seront abandonnées et il y aura investissement dans des kalasch en nombre nettement plus massifs, voire plus que des kalasch. Assez représentatif de ce qu'un copain qui vit là-bas m'a dit: l'ANC enregistre une perte de vitesse constante depuis un bail, au profit de nouvelles forces (notamment une scission majeure de l'ANC, avec le départ de la faction de Mbeki), ce qui est encore pour l'instant surtout sensible dans les villes, les minorités (blancs -surtout Afrikaners-, indiens, et "coloured") et la partie éduquée/informée du pays, une majorité des zones rurales restant plus traditionnellement liée par un fonctionnement structurel de patronage politique et territorial (qui sert autant de mode d'organisation que de biais d'information). C'est devenu une antienne (sans doute aussi une arlésienne) dans la province du cap occidental (majorité de "coloured" et de blancs, zone où l'afrikaner est la langue dominante/unifiante) que de dire sans arrêt qu'ils sont prêts à l'indépendance: ils en ont les structures et capacités, mais y'a peu de chances que ça se fasse, mais ils agitent le doigt en permanence (et à force de crier "au loup", qui sait). Le point est que la dérive crapuleuse de l'ANC a de loin franchi les limites de la simple rengaine populiste présente seulement sur la scène médiatique, et Zuma incarne désormais à lui seul cette dérive dont il est le visage quasi unique (surtout depuis l'affaire du budget public attribué à son village natal, où il a une résidence somptueuse réalisée aux frais de la princesse). A l'ouest en tout cas, Helen Zille et Patricia DeLille semblent les nouveaux visages d'une opposition qui se diversifie, mais face au poids d'une ANC encore dominante par sa propre inertie.
  21. C'est vrai que c'est souvent chiant, mais on constate aussi que sans une circonscription claire du sujet, on écrit des pages à s'invectiver avec des trucs de niveau café du commerce en multipliant les mots creux et les délires sans fondement ou mesure.... Qu'est-ce qui fait le plus perdre du temps? Le point n'est pas tant de définir un "lobby" au sens strict ou large, mais de comprendre comment le lobbying fonctionne (évidemment ici en regardant surtout le fonctionnement concret du "camp" prosioniste -juif en particulier- américain), surtout quand on parle d'un groupe peu nombreux, pesant peu en terme de vote et de budget direct, et de comprendre la réalité des résultats, au-delà de ce qu'on lui attribue dans ce qui ressemble plus, dans la plupart des cas, à des théories de complot fumeuses et exagérées qu'à une réalité bien plus terre à terre.
  22. Pas si tu veux essayer de comprendre comment fonctionne le lobbying au-delà de l'impression qu'on a de ce que donne le versement d'énormes sommes d'argent aux campagnes électorales, de ce qu'il peut réellement obtenir, de ses limites, des conditions dans lesquelles il s'exerce, des hasards dont il dépend, de l'infinité de petits détails qui comptent.... Bien au-delà des mots vagues comme "influence", ou "puissance", qui créent des erreurs d'interprétation et des délires souvent très abusifs qui donnent toujours l'impression que le groupe qu'on regarde dans un reportage ou un article quelconque dirige la puissance auprès de laquelle il fait son lobbying. C'est valable pour les USA, c'est valable pour l'empire romain: la plupart des principes, mécanismes et fonctionnements sont fondamentalement pareils, seuls les rouages et engrenages changent. Si on veut comprendre la réalité du soi disant "lobby prosioniste" aux USA, faut d'abord réellement comprendre ce qu'est le lobbying ou le marchandage d'influence, ou la politique, et pas se contenter de généralités et d'invoquer des mots vagues sur lesquels on ne base que des raisonnements faux parce que "mal dosés" et mesurant mal la réalité.
  23. La lutte pour les "consciences" romaines dans l'empire par les religions orientales, dont le judaïsme, est assez bien documentée en histoire romaine; après, savoir qui étaient les prosélytes est autre chose. Je me suis insuffisamment exprimé cependant dans le post précédent. Il est difficile de savoir réellement les ordres de grandeur des conversions en termes d'effectifs (dans tous les cultes disponibles) parce que s'il est une constante dans les récits historiques romains (et d'ailleurs dans beaucoup d'autres cultures et récits, y compris judaïques), c'est que quand on dit que tel peuple, tel groupe, ou tel pan d'un peuple fait ci ou ça, on parle en fait surtout, et pour l'essentiel.... De ses élites. Donc dans ces phénomènes, on parle peu de la conversion du pégu, et certainement pas de vagues de missionnaires faisant du porte à porte pour vendre des calendriers et convier à des cérémonies massives de conversions (quoique ça a pu arriver localement, dans la tradition de Jean le Baptiste: ce sont des "hordes" de gens qui s'attroupent autour d'un leader charismatique, mais même si ça fait du monde vu de près, ça change pas la loi des grands nombres). Donc quand on parle de "parts de marchés" dans l'empire romain, on parle des strates supérieures de la société, c'est à dire des habitants des villes importantes, pas des campagnes (exploitations individuelles et latifundae, puis "colonies" dans l'évolution des grands domaines romains), des villes moyennes ou des esclaves, et pas vraiment souvent du prolétariat urbain. On ne parle en fait que des "classes moyennes" et supérieures urbaines (cad des villes ayant charte et institutions de cités), et des classes équestres et sénatoriales, ainsi que, dans une certaine mesure, de l'armée (en tout cas des officiers de la classe équestre militaire à partir du IIIème siècle). Dans l'absolu, ça ne représente plus beaucoup de monde, même dans un empire romain qui doit représenter entre 70 et 100 millions d'individus au IIème siècle (plus les étrangers qui y vivent, et les esclaves): ce "marché" disputé doit compter quelques millions d'individus à tout péter, encore réduits par le fait qu'il vaut mieux compter en familles qu'en individus. Sinon, dans quel contexte se classe la conversion massive des Kazakhs? En terme de démographie, c'est LE grand boost, il me semble.... Au final, tout ça c'est dans le sujet: dans le genre lobbying, on fait pas mieux.
  24. Les juifs ont surtout commencé à arriver en Europe via la république romaine finissante et l'empire romain, donc à partir du Ier siècle avant JC. Le prosélytisme juif dans l'empire romain a été au plus haut aux IIème-IVème siècles après JC, dans l'empire romain, où le judaïsme faisait concurrence à la chrétienté (avec l'avantage d'être bien vu du pouvoir parce que souscrivant au "culte" impérial -au sens de la religion civique de l'empire) et au mithraïsme, les 3 religions étant les poids lourds du se partageant la majorité des parts de marchés des consciences à cette époque, face aux divers cultes privés et à un polythéisme (varié selon les lieux) plutôt déclinant en nombres, même si encore très vivace. Les 3 faisaient leur lobbying activement auprès des autorités, mais les chrétiens se sont pris quelques vagues de répressions sanglantes jusqu'à ce que leur effort porte avec Constantin au début du IVème siècle: à partir de là, ils s'imposent graduellement et parviennent à faire du christianisme la religion d'Etat, puis la seule religion autorisée dans l'orbis romanum. Si on veut de la puissance de lobbying, la concurrence entre ces 3 cultes jusqu'à Constantin mériterait des études.... Si on avait suffisamment de matière historique, au-delà des querelles théologiques et autres sodomie d'anges en plein vol (dans ce domaine, les archives sont très fournies).
  25. Celles de Shlomo Sand ne sont pas non plus dénuées d'intérêt, notamment sur la genèse du sionisme comme "nationalisme à l'allemande", cad intégrant en une seule notion la "race" ethnoculturelle et le sentiment d'appartenance imposé et/ou vécu comme un déterminisme, dont découle une vision fondée sur une variante du "droit du sang", par opposition au nationalisme dit d'adhésion qui revendique le "plébiscite du quotidien" ou le choix), et dont découle le droit du sol. Les idées sont toujours bien moins originales qu'on le croit et n'apparaissent jamais dans un vide, et le sionisme né d'une conception allemande de l'appartenance ne fait pas exception: en ce sens, la thèse de Sand, quel que soit son insistance ou le degré d'unilatéralisme qu'il lui donne, a une grande validité même si elle n'est pas si originale, en fait ("l'invention" du "peuple juif" moderne, cad à partir de la fin du XVIIIème et de l'époque de naissance des nationalismes modernes, est un terme pertinent, même si volontairement provocateur). Après, on s'invente un mythe fondateur, une genèse mythique, une grande odyssée commune, un grand ennemi, un complexe de persécution particulier et un "fil rouge" logique qui amène à l'objectif qu'on veut assigner (et les instrumentalisations politiques qui vont avec): y'a peu de peuples/groupes qui ne procèdent pas ainsi, relisant leurs histoires à l'aune de cet angle de vision et les forçant à s'insérer dans cette lecture univoque. Je peux comprendre qu'un auteur s'énerve de l'univocité de cette "méta lecture" et puisse être outrancier dans sa façon de s'y attaquer: au final, c'est un peu le même syndrôme que des trucs qui amènent en France à partir de certains principes (et pas simplement de les intégrer comme une vision parmi d'autres) comme "nos ancêtres les Gaulois" ou les "frontières naturelles".... Le cas particulier dans le sionisme aux USA est effectivement le degré de militantisme des instances juives américaines qui font du lobbying dans ce domaine: dans le genre "plus royalistes que le roi", on fait difficilement. Et ils ont bien travaillé le sujet avec le temps, pour faire du soutien à Israël un élément inévitable pour quiconque se présente à une élection nationale, une base du débat public qui ne souffre pas la contestation ou la critique la plus modératrice. Pour savoir comment marchent ces choses (communication, lobbying, modification du débat public....), j'admire l'aspect technique du travail, c'est prodigieux d'arriver à un tel résultat avec autant de conséquences politiques, surtout quand on compare cet axe aux aspects et intérêts plus "realpolitik" que les USA auraient dans cette région, sans cette contrainte (donc ce vers quoi leurs intérêts strictement matériels devraient les porter). Ces groupes sont minoritaires dans la communauté juive, mais ils montrent ce qu'une organisation peut produire: on peut comparer la chose à la réalité des "néocons" dans la droite américaine. A la base, ce sont de petits groupes d'intellos très bien introduits, mais vraiment peu nombreux, et même ultra minoritaires dans le camp conservateur et les "faucons" traditionnels (et mal vécus par eux). Ils n'ont même pas, dans leurs organisations, un accès à des financements ayant une masse critique suffisante pour influer sur les élections, et n'influent que modérément sur les flux de fonds importants.... Et pourtant: guerre en Irak....
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