-
Compteur de contenus
18 697 -
Inscription
-
Dernière visite
-
Jours gagnés
166
Tout ce qui a été posté par Tancrède
-
[Union Européenne] nos projets, son futur
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Marechal_UE dans Politique etrangère / Relations internationales
Crois-tu franchement que la démocratie ait jamais été autre chose, à quelque époque que ce soit? N"oublie pas les 2 phrases de Churchill sur la démocratie: - la plus connue: "le pire des systèmes à l'exception de tous les autres" - l'autre: "qu'est-ce qui peut vous dégoûter de la démocratie? 5 minutes avec l'électeur moyen" L'idéal du débat fondé en raison suppose des citoyens extrêmement éduqués, disposant d'une certaine quantité de temps pour s'informer sur tous les problèmes de manière contradictoire (= fonder son opinion sur des sources diverseset contradictoires, toutes devant être prises au sérieux à égalité), capables de ne prendre en compte que partiellement leurs intérêts personnels dans leur vote (voire de voter CONSCIEMMENT contre leurs intérêts à l'occasion), et plus encore, capables d'admettre quand ils ont tort, ou à tout le moins de réellement prendre en compte l'avis de l'autre pendant le débat éternel en démocratie) et de modifier/relativiser leurs opinions en conséquence..... Ca ressemble à l'être humain ces principes? La démocratie est plus prosaïquement le moins pire des systèmes parce que malgré tous ses défauts, elle peut se rebooter en cours de route, au moins par le vote régulier et ouvert à tous, offrant deux possibilités majeures (plus quelques autres) quand les conditions sont réunies: - que les citoyens s'unissent, temporairement ou non, en mouvements ou partis: même quand des partis en place trustent la scène, cette possibilité reste ouverte.... Et la technique rend la chose plus aisée (suffit de prendre la leçon du printemps arabe ou des événements en Turquie: pas parfait, pas stable, mais à coût zéro, des populations immenses ont pu commencer à combler le vide d'interconnexions sociales sur lequel, historiquement, tous les pouvoirs, surtout autoritaires, se sont édifiés). - soumettre les gouvernants à des alternances régulières, donc les mettre sur un siège éjectable tous les 4 ou 5 ans, point fondamental du système (avant, c'était le poignard, la succession ou le soulèvement pour faire ça): qu'ils vivent dans la chocotte permanente de ne pas pouvoir poursuivre le business. De ce simple fait, rapport de force de facto établi dans le principe constitutif, ils ont des comptes à rendre. Espérer plus, c'est déjà entrer dans l'idéologie: la démocratie n'est pas un système "positif" (ou "prescriptif, cad promouvoir des valeurs et types de comportements); on espère que le positif en résulterat et la possibilité reste ouverte, mais c'est essentiellement un système "anti négatif".... Cad un garde fou pour préserver du pire et conserver dans l'interstice un minimum de liberté individuelle d'exister (déconcentration, voire opposition, des pouvoirs, échéances électorales régulières, vote sanction). Espérer plus, ou croire une seule minute qu'il y a un "mieux avant", c'est déjà réinventer le passé et sortir des mythes d'âge d'or: la démocratie ne fonctionnait pas différemment au XIXème ou au début du XXème siècles, elle ne fonctionnait pas autrement à Athènes (c'était même sans doute plus merdique, ne serait-ce qu'en voyant le niveau d'éducation moyen de l'électeur du XIXème siècle ou celui du péquin atéhnien moyen). Et croire ce genre de mythes, c'est soi déjà entrer sur le chemin d'idéologies "positives" (dont le point extrême sont les utopies politiques dont on sait ce qu'elles donnent comme type de régimes), soit, au mieux, ne pas comprendre que les principes de la démocratie sont juste un standard minimum et réaliste sur l'être humain (surtout les groupes humains) pour le faire fonctionner durablement dans une société où les libertés individuelles sont tant bien que mal préservées. -
L'Egypte et son voisinage
Tancrède a répondu à un(e) sujet de alexandreVBCI dans Politique etrangère / Relations internationales
Peut être à apprendre que le pouvoir démocratique n'est par nature pas absolu et que la victoire ne s'assimile pas à un blanc seing pour imposer une vision absolutiste de ses idées et de son pouvoir; les perdants ont le droit d'exister après avoir perdu, à continuer de croire comme ils veulent et vivrent comme ils veulent.... Ou alors ça s'appelle pas "démocratie". Et c'est surtout vrai dans le cas d'un pays au lendemain d'une révolution, où tout est plus délicat et fragile, et encore plus vrai quand le "vainqueur" des élections n'a été vainqueur que parce qu'à ce stade de la "vie démocratique" naissante du pays, la dit vainqueur était la seule force politique organisée.... Et a donc plus gagné par défaut qu'autre chose, sans représenter ni symboliquement ni quantitativement la majorité de la population. C'est cette leçon que Morsi va peut-être apprendre aujourd'hui, et, espérons le pour l'Egypte, les frérots aussi. -
Réalisme des films de guerre
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Gran Capitan dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Une réaction d'un célèbre analyste stratégique face à la nouvelle des noces rouges.... https://www.youtube.com/watch?v=QKqF8lg_M7A :-X La vraie réaction d'Arya Stark devant la nouvelle: GRR Martin a été pudique et a essayé de préserver sa réputation, mais Internet est partout; https://www.youtube.com/watch?v=gQaERd-L3IM -
[Union Européenne] nos projets, son futur
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Marechal_UE dans Politique etrangère / Relations internationales
Tu ne parles que quantitativement; l'efficacité en terme de contrôle par des milliers de petits indics était nettement plus grande: ils étaient des voisins, ils étaient dans les familles, ce qu'ils rapportaient était d'une autre nature que ce qu'on peut collecter dans des communications électroniques ou l'examen de finances personnelles (intentions, non-dits, suggestions, humeurs....). Tous ces agents ETAIENT écoutés, suivis, par des "traitants" et un système de filtre et d'analyse se chargeant d'utiliser l'information. Et pire encore, le "bénévolat" dans cette atmosphère, souvent caricaturé par les exemples d'enfants dénonçant leurs parents, créait la plus redoutable des efficacités, observée encore en Corée du Nord: l'idée "qu'ils" sont partout, qu'il y a toujours quelqu'un qui te regarde même aux chiottes, avait la plus grande puissance. Catastrophique pour l'équilibre d'une société, terrible pour une économie, mais dans un régime dont le seul but est de se perpétuer, ça marche. Et l'ensemble des erreurs et abus du système (voisins qui dénoncent abusivement, individus délirant pour se venger ou obtenir quelque chose de quelqu'un....) oeuvrent en fait EN FAVEUR du système, accroissant la terreur qu'il inspire et l'isolement de l'individu face à cette terreur (aussi terrifié de l'idée de trouver "d'autres indignés" dont il ne peut être sûr qu'il l'est du système d'oppression). Le suivi (potentiel, pas réalisé) des communications informatiques n'est que partiel à côté de ça: les communications sont moins représentatives de toute la journée d'une personne, et encore plus si cette personne a effectivement quelque chose à cacher et observe donc un comportement différent, adopte un masque, des tactiques simples.... Aucune de ces adaptations n'étant en soi un défi technique, mais l'ensemble alourdissant l'effort de collecte et d'analyse, et le cumul à l'échelle d'une population rendant la chose impossible. Et surtout dans une société ouverte (et un monde qui l'est aussi en partie), par rapport à un système fermé comme les pays totalitaires, qui ne peuvent en définitive se tenir qu'en restant fermés. Contre un individu, oui, la puissance est grande, mais à ce compte, rien de nouveau: les puissants, les Etats, ont toujours pu tout savoir d'un individu lambda particulier et le détruire.... Et des "moi", y'en a des dizaines de millions dans une société :lol: (je suis partout, comme disait l'autre :-[). Donc: - pour un contrôle social de type totalitaire, pour que cette méthode puisse accomplir quelque chose, elle doit être assortie d'un niveau extrême d'atomisation de l'individu, qui n'est possible qu'avec une série d'autres moyens lourds et longs à mettre en place, avec des changements sociaux et politiques majeurs.... Et sans doute un pays refermé sur lui-même - pour une activité de type "surveillance", oui ça me dérange, c'est une atteinte à la vie privée (et ça doit être débattu très très fort), mais ça a peu d'impact dans les faits pour la quasi totalité des individus d'un pays dit "libre", et ça ne peut pas aller beaucoup plus loin. Ce qui me dérange nettement plus dans ce registre surveillance, c'est la participation et/ou les capacités en croissance d'entreprises privées (et autres formes d'organisation) dans ce domaine, parce qu'elles s'en servent. - pourquoi moi? Qu'est-ce que j'ai fait? - comme tu le dis, ils ne peuvent traiter "que" quelque milliers d'individus sur une longue période de temps, et seulement quelques sous-ensembles: c'est insuffisant.... Et si ce genre d'outil de surveillance devait dégénérer en outil de totalitarisme, comme je l'ai dit plus haut, il faudrait un tout autre dimensionnement de l'appareil: la NSA est déjà dans la gamme des 50 000 employés, sans compter d'autres services.... Pour un pays de 310 millions d'habitants comme les USA (sans même parler des écoutes extérieures), il faudrait qu'elle représente quel pourcentage de la société? Je suis pas si sûr que les ordres de grandeur aient tellement changé, au final, par rapport à l'ex-RDA (le rens humain, mais aussi les écoutes -dans un pays aux communications intérieures pourtant limitées- implique du monde si tu veux non de l'info brute, mais de l'info utilisable), et ce alors qu'il ne s'agira toujours que d'écoutes de communications électroniques, qui ne recouvrent qu'une partie de ce qu'il faut pouvoir voir et entendre pour contrôler efficacement une population. -
[Union Européenne] nos projets, son futur
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Marechal_UE dans Politique etrangère / Relations internationales
Snowden avait utilisé la formule non de totalitarisme, mais "d'architecture du totalitarisme"; même ça, c'est un peu exagéré vu la formule un peu catégorique et suggérant que c'est déjà le cas. Mais elle permet de dire que ce fonctionnement de la NSA offre il est vrai une plate-forme potentielle pour un outil totalitaire, tout comme le quadrillage de sociétés comme l'Allemagne nazie, l'URSS et ses régimes satellites, mais avec des moyens surtout humains, représentaient (et représentent encore en Corée) un système de circulation actif (autorisant la rétorsion, l'action préventive, et surtout la dissuasion permanente par la menace latente) et passif (recueil) de l'information, et en quelque sorte le système nerveux de tels régimes (quand une proportion significative de la population est faite d'agents de faits, permanents ou à temps partiel, ça cogne). Le fait est que malgré l'évidence du principe selon lequel tout le monde s'observe, seuls les USA ont développé un outil dont la taille, les capacités et les moyens bouleversent les logiques habituelles, au moins potentiellement (pour le moment?), tant il offre des possibilités énormes, donc des risques phénoménaux. Ce pourquoi il est crucial que le débat ait lieu et continue. Le totalitarisme est infiniment plus que la somme des "outils" observés dans les pays totalitaires, et même que de la façon dont ils fonctionnent en synergie. La plupart de ces "outils" (parti unique, atomisation de l'individu, Etat de droit limité ou d'apparence, parti unique....) ont été observé ailleurs dans des régimes qu'on ne peut qualifier de totalitaires (dictatures diverses.... L'Espagne franquiste était un bon exemple pour la polémique, de même, si on entre dans le détail, que l'Italie mussolinienne -la question est débattue). D'abord, l'omnisurveillance, si elle était possible, ne serait qu'une composante d'un totalitarisme, pas ce qui le définit, et ne débouche pas nécessairement sur un régime même "seulement" autoritaire. Ensuite, et c'était le point de Jojo, ils ne PEUVENT PAS surveiller tout le monde: les communications seulement (et encore pas toutes), et plus que tout, ils ne peuvent en traiter réellement (et sérieusement) qu'une partie infinitésimale, qu'ils semblent d'ailleurs, malgré tous les mathématiciens de génie qui bossent pour eux, moyennement apte à sortir (apparemment, il a été dit que les Brits triaient mieux le flot d'information, avec une fraction des moyens de la NSA). C'est très loin de "surveiller tout le monde" (ou alors très très virtuellement/théoriquement). Mais déjà cela soulève d'énormes problèmes et risques qu'il faut mettre en évidence au grand jour.... Comme le fait de pouvoir triturer des comptes bancaires, d'avoir accès à des banques d'informations de toutes sortes, de pouvoir agir sur la documentation légale d'un individu.... Ce qui revient au final à débattre du principe même des services secrets (un débat qu'une démocratie doit maintenir vivant), mais aussi de plus en plus, du poids de grandes entreprises dans certains secteurs d'activité (assurances et banques, moteurs de recherche et fournisseurs d'accès, stockage de données, sécurité informatique....), ce qui est l'autre volant du débat actuel: l'accès à trop d'information et la légèreté de nombreuses boîtes privées dont l'activité commerciale entre en conflit avec la vie privée, l'intimité et nombres de libertés, et la place particulière de contractants gouvernementaux.... Comme M. Snowden et son ex-employeur. Arrête de faire les gros yeux, Jojo.... Tu m'fais peur :'(. -
[Union Européenne] nos projets, son futur
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Marechal_UE dans Politique etrangère / Relations internationales
Lire: - Les fascismes, Pierre Milza - Les origines du totalitarisme et La crise de la culture d'Hannah Arendt - L'Invention démocratique : les limites de la domination totalitaire de Claude Lefort - : article de Marcel Gauchet paru dans Esprit il y a..... Ouh, ça rajeunit pas.... Avec ça, tu pourras faire le tour de la question et voir que c'est pas un mot à utiliser cavalièrement. C'est un petit peu vachement important quand même; surtout si c'est un fait systématique que les équilibres internes et compromis lors des négos sont connus à l'avance.... Ca a des implications gigantesques. -
Histoire militaire de la France
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Rochambeau dans Histoire militaire
T'aurais pas peur que la NSA te mette sur écoute :-X? -
Réalisme des films de guerre
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Gran Capitan dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Question combat, ils ont vraiment versé dans le mythe viking/surhomme: les vikings, surtout au début de la période de raids, étaient des pillards, visant le butin facile et évitant le combat pour lequel ils n'avaient ni le nombre ni le savoir-faire collectif. Par ailleurs, beaucoup, surtout avant la dernière période de l'époque viking, étaient surtout des cultivateurs, pêcheurs et artisans participant à la saison des raids une fois l'an, pas des guerriers professionnels qui étaient en nombre réduit dans les sociétés vikings à ce moment (même s'ils formaient souvent un noyau dans une expédition), limités qu'ils étaient à l'entourage direct de seigneurs divers, à l'élite nobiliaire et à quelques "aventuriers" cherchant à se faire un nom. Après, les armées de contrées comme l'Angleterre et ses royaumes anglo-saxons, même si une partie d'entre elles avaient de la pratique vu les affrontements fréquents, étaient en grande partie faites de milices et de levées des hommes libres (non rétribuée, ou rarement), dans des pays avec beaucoup de surface à surveiller et des densités de population très faibles (et une main d'oeuvre relativement rare), ainsi que des Etats sous-développés sans moyens d'avoir des armées permanentes, sinon de petits noyaux de cadres et de suites de seigneurs. Qu'une bande de raiders vikings poutrent des miliciens en patrouille, ça peut aller, mais qu'ils trucident systématiquement toutes les troupes d'un roi anglo-saxon à un contre cent, c'est du délire, même avec le réalisme de la cinématographie (et le quota de nanas pour aller dedans et racoler). Surtout quand en plus on voit les troupes anglo-saxonnes systématiquement faire des gaffes monumentales, et en bataille, adopter des formations aberrantes, ne pas profiter de leur nombre (un petit shildwall contre une unité conséquente, et ils foncent tous en file indienne sur le centre du shieldwall, en frontal....), se battre comme des lopettes, fuir en hurlant au bout de 3 minutes.... Cette réputation inventée des vikings comme super-guerriers reste délirante après 1200 ans :lol:.... L'Eglise a fait son boulot, avec le téléphone arabe (pardon, chrétien), les moyens de "guerre psychologique" des vikings.... Et pas grand-chose de plus. Mais bon, visuellement, la série reste pas mal du tout, tranchant pas mal à bien des égards (et un héros pas très sympathique). Me souviens pas, mais de nombreuses évolutions de la saxe/scramasaxe (dont les saxons tiennent leur nom) parsèment le monde nord, est et centre-européen; ça peut être apparenté. Et apparemment, comme ils résument symboliquement cette période de transition, ils soulignent que la seule zone de pillage longtemps accessible se trouvait à l'est, raidant la Russie avec les Svears (Suédois) avant que des aires d'expansion "de facto" se définissent suite à l'ouverture de l'occident. Rien du genre dans le monde slave? -
Oui, s'il est un savoir faire que les ricains ont développé depuis un certain temps, c'est l'agit prop et le soutien multi-facette à des groupes de contestation, et cette activité rejoint ici et là leur travail diplomatique "habituel" de lobbying "de terrain" auprès de populations (genre "leaders program"), plus légitime même si souvent choquant auprès de beaucoup de cultures. Et là, ça ressemble à de l'amateurisme limite infantile: crédibilité faible. Qui plus est, quand on connaît les processus de nominations d'ambassadeurs, surtout dans des pays sensibles, le fonctionnement interne du département d'Etat et le type de profils que ça induit, ajouté au fait que bien souvent ce processus est parasité par l'échelon politique pour "récompenser" (parfois, un poste prestigieux est une mise au placard de fait, pour éloigner quelqu'un d'influent, telle une certaine ex ambassadrice US à Paris) des contributeurs de campagne qui sont des politiciens, on arrive à des profils bien peu compatibles avec la moindre prise de risque (la prise de risque dans le milieu diplomatique étant souvent de l'échelle de tourner le café dans le sens contraire des aiguilles d'une montre -shocking- ou de parler sincèrement pendant 1 ou 2 secondes), avec le fait de mettre soi-même les mais dans le cambouis, et avec le fait de s'exposer. Du coup, cette affaire là, non seulement ça pue, mais c'est franchement peu crédible, sauf évidemment si le but n'est que de politique intérieure, histoire d'agiter, de boucémissariser un peu pour créer une petite crise (et faire oublier autre chose), pour qu'un clan de pouvoir utilise ça pour miner la position d'un autre.... Comme outil de négociation international, ça risque de faire léger. Je veux bien que le personnage soit détestable, voire même sans gêne (son passif à Taiwan semble aller en ce sens), mais là, c'est franchement du mauvais roman. Ou alors il a couché avec qui il fallait pas, et quelqu'un voulait le voir partir :lol:.
-
[Série TV Anglaise Strike back]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Alors qu'elle l'est pas des masses :lol:. Mais évidemment, le point n'est pas là: on veut voir des nanas bandantes avec des gros flingues (un fétichisme très commun) et taper des hommes très forts de façon très sexy (et hop le fantasme oedipien et maman qui prend les rênes). Sur une audience constituée en grande majorité de geeks hommes sortant peu et faisant peu de sport, l'effet est garanti (mais pour les "interviews de la vraie audience" :P, on met en évidence les "minorités": nanas en mal de girl power en tête). Formule marketing trop efficace pour disparaître. En toute honnêteté, une telle quantité n'est-elle pas assimilable à des séances de torture sans nombre? Auquel cas elle a mérité sa place avec les durs à cuire :lol:. Et Philip Winchester, il a pas eu des injections de botox et silicone un peu partout dans le corps :lol:? Quand je le compare avec son rôle dans la défunte série Arthur, où il était musclé et sec, mais 5 tailles en dessous, et qui a précédé de très peu son arrivée dans Strike Back, j'hallucine; soit c'est les injections, soit il a passé des mois à ne faire que soulever de la fonte et avaler des protéines. -
Histoire militaire de la France
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Rochambeau dans Histoire militaire
On ajoutera même que pour bien naviguer sur internet, pour en retirer plus que d'autres en terme de réflexions/conclusions/idées.... Il faut une grande culture générale plus encore qu'une bonne connaissance de l'outil. Tu peux être aussi calé techniquement que tu veux sur la chose, être né et avoir grandi avec, pour remplir une tâche, il faut réfléchir, ce qui implique d'avoir accumulé des savoirs, de les avoir confronté et croisé avec d'autres, de les avoir confronté à "l'épreuve" du réel (et de l'échec).... Le processus d'apprentissage ne change pas. On apprend à mieux le connaître, on essaie des méthodes pour le rendre plus efficace, mais la mécanique en arrière plan est toujours la même, et les besoins à l'autre bout du spectre (tâches à remplir, idées à avoir, discussions à pouvoir tenir et rendre productives....) ne changent pas tant que ça non plus, sinon dans les formes. Même quand on en sera aux savoirs téléchargeables directement dans le cerveau, l'équation ne changera pas tellement: certes, le processus de mémorisation ira nettement plus vite :lol:, mais pour pouvoir puiser dans ces savoirs, y naviguer aisément (et utilement), et plus encore pour pouvoir les mettre en oeuvre dans la réflexion et l'action, il faudra toujours un processus d'apprentissage qui sera toujours le même: il prend du temps, des tentatives, de l'accompagnement, de la mise en confiance, beaucoup de galops d'essais.... Pour devenir quelque chose d'utile. -
Histoire militaire de la France
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Rochambeau dans Histoire militaire
Il n'y a pas de vision passéiste: quand on évoquait la blibliothèque, c'était juste pour souligner le fait que le savoir est disponible dans une banque de donnée extérieure (ça aurait pu être ailleurs). L'abondance et la rapidité de l'information ne changent rien à l'affaire quand on parle de former des cerveaux aptes à la réflexion critique, aux raisonnements complexes.... Et s'il faut comparer le monde anglo-saxon si "en avance", on notera qu'eux non plus en général ne pètent pas des briques. Donc avant de s'émerveiller devant la disponibilité de l'information, faut se demander comment on apprend aux écoliers à penser, parce que les neurones, eux, n'ont pas changé d'un iota depuis qu'homo sapiens a pointé le bout de son nez (paraîtrait-il même, d'après certaines études, qu'on serait actuellement structurellement plus cons que l'homo sapiens d'il y a 15-20 000 ans, plus apte à apprendre et retenir). A partir de quel âge un écolier peut-il être capable de prendre en charge lui-même la partie "bachotage" de l'apprentissage? C'est pas parce que se procurer l'info est facile et rapide que ça change quoi que ce soit au fait qu'il faille l'ingurgiter pour pouvoir la triturer, la croiser avec d'autres.... C'est pas parce qu'elle est facilement dispo que l'élève sait où se procurer la bonne, et quand on parle ici d'histoire (ou de sciences humaines en général), c'est déjà une bonne partie du truc que de pouvoir trier bon grain et ivraie, trouver plusieurs sources et savoir se dépatouiller avec quand elles se contredisent ou sont pas d'accord avec ce que dit le prof ou ce que dit la source du voisin.... Comment faire en sorte que l'élève ingurgite la matière première? Comment faire en sorte qu'il "s'approprie" véritablement ce savoir? Là sont les questions, et elles se posent d'autant plus que précisément, la partie "acquisition" de la matière est aujourd'hui facilitée par l'abondance et la disponibilité des informations, qui peut ou non (mais vraisemblablement graduellement avec la croissance de l'élève) plus orienter le prof vers une valeur ajoutée plus grande en ce sens (faire turbiner l'élève, mettre en valeur l'apprentissage de grilles de lectures du savoir, mise à l'épreuve, contrôle continu....). Mais pour faire une analogie, la disponibilité du savoir via internet et les supports mobiles, c'est comme les émissions de cuisine: plus c'est disponible, plus ça devient un spectacle auquel on ne participe pas, ce qui crée beaucoup de croyants et spectateurs, et peu, voire aucun, acteur ou pratiquant :-X. L'essentiel de ce qu'une telle disponibilité procure dans le monde réel, c'est un réflexe d'acquisition/empilement sur le disque dur de l'ordi, pas celui des neurones: ça passe un peu à côté du truc, et de ce point de vue, c'est le même débat que la question du calcul mental depuis l'apparition de la calculette, ou de la résolution de problèmes et équations depuis celle des calculettes programmables.... Au final, même l'invention de l'imprimerie (et l'abondance de l'écrit qu'elle a procuré) n'a pas changé le besoin fondamental d'éducation ni la façon dont on développe un cerveau et une personnalité. Ca me fait penser à la période de la bulle internet où des milliers de jeunes "créateurs" de start up clamaient qu'il y avait une "vieille" économie et une "nouvelle" qui visiblement pouvait s'affranchir des fondamentaux (genre avoir un bilan équilibré et autres "vieilleries" d'une autre époque). Enfin l'histoire en particulier a pour rôle principal dans un pays de créer du sentiment d'appartenance. Après, la façon d'enseigner doit-elle évoluer, surtout en France? C'est certain. On notera d'ailleurs que les universités américaines risquent d'être la première institution qui sera confrontée rapidement à ce besoin de changer radicalement: coût de l'éducation (et problème majeur de la dette étudiante aux USA), "rendements" décroissants, systématisme des fausses notations, fuite en avant dans les dépenses de prestige et d'infrastructure.... Tout a concouru dans les 20-30 dernières années à pousser ce système vers la non pertinence absolue, ce que le principe même du cours magistral d'amphi caricature à l'extrême (le truc le plus inutile, et qui représente un coût faramineux: bâtiments spécifiques bouffant budget et espace, professeurs/chercheurs stars surpayés -alors qu'ils sont généralement de mauvais enseignants-, nombre d'heures dans une année....). Et oui, apprendre à réfléchir est déjà un défi en soi, dont les paramètres de base ne changent pas. Ensuite, il faut avoir le socle sur lequel réfléchir; la culture générale, si méprisée, est essentiellement, dans la plupart des branches professionnelles, ce qui démarque les bons des mauvais, non parce qu'elle les fait briller dans les conversations, mais parce qu'elle constitue une "base" plus variée et importante sur laquelle même des cerveaux d'hyper spécialistes peuvent mouliner plus efficacement (quand c'est un VRP -la quintessence de ce qu'on peut imaginer facilement comme des bourrins à savoir limité dans une activité pro- qui me dit ça, j'ai tendance à l'écouter). -
[Union Européenne] nos projets, son futur
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Marechal_UE dans Politique etrangère / Relations internationales
Et c'est pourquoi personne ne l'a fait, arrête de constamment caricaturer les avis des autres, c'est plus qu'irritant: c'est juste dérangeant quand le chef de la délégation a un intérêt versé à bosser pour la partie adverse (et est ouvertement en opposition avec les 2 poids lourds). Tous ont souvent tendance à bosser aussi pour une tierce partie; là, c'est carrément pour l'adversaire, et il n'a franchement pas un grand intérêt personnel à rouler pour l'Europe (tout le contraire). Quand au fonctionnement réel en interne à ce niveau, c'est pas vraiment le fonctionnement institutionnel théorique qui apportera la moindre réponse: les dispositifs en place ne sont qu'une donnée parmi d'autres dans ce qui fait la décision, et pas la plus fondamentale. Et comme toujours, tu es incapable de la moindre nuance dès qu'on évoque l'UE; que veut dire "être plus fort" (quels secteurs économiques, quels intérêts en particulier, au détriment desquels)? Que veux dire "nous", en l'occurrence? Quel "nous", cette façon (ultra libre-échangiste, avec une certaine vision idéologique de l'économie en général et de l'économie européenne en particulier) d'être "nous" (Europe) avantage t-il tous les "nous" (nationaux)? Pitié sur les slogans faciles. -
[Union Européenne] nos projets, son futur
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Marechal_UE dans Politique etrangère / Relations internationales
Pour l'instant, Snowden joue à Tom Hanks dans la zone de transit de l'aéroport de Moscou; si même Poutine hésite à l'accueillir, faut se demander si c'est pas justifié d'éviter cette patate chaude; les ricains sont furax, vaut mieux en profiter comme on peut et pas faire de conneries. Comme d'habitude, quand on veut savoir ce qu'il en est d'un problème, il faut écouter Mélenchon: son opinion est toujours une mauvaise solution de moins qu'on peut évacuer. Pour les vierges, ça n'engage que toi, et la queue, ceux qui ont envie d'aller voir :-[. Pour le reste, il est toujours très intéressant de voir les plans de carrière des grands décideurs, qui les paie, qui les emploie APRES leurs hauts postes: voir avec quoi Georges Bush Jr gagne sa vie (haaa, les cycles de "conférences" en Arabie Saoudite et au Koweit :lol:), comment Georges Bush Sr s'est occupé (merci Carlucci.... Qui d'ailleurs a aussi "embauché" John Major), ou comment Gerhard Schröder s'est reconverti après avoir quitté la politique (merci Gazprom et les joint ventures entre boîtes russes et occidentales du pétrole.... Comment? Ca aurait un lien avec le pipeline baltique? Poutine aurait renvoyé un ascenseur personnel? Noooooon!). Les envies de Barroso pour le secrétariat général de l'ONU sont un secret de Polichinelle à Bruxelles et ailleurs, et ce job ne s'obtient pas vraiment "au mérite". Donc faut arrêter de voir du complotisme facile partout, ou de s'imaginer qu'un dirigeant roule par nature pour sa charge, est prêt à prendre le moindre coup pour l'équipe.... L'intérêt personnel prime le plus souvent tout, et dans le cas de Barroso, il n'a pas beaucoup d'intérêt personnel à la jouer "européenne" (même au Portugal, il l'a plutôt joué très "açorienne": voir la carte des zones qui ont reçu des montants anormaux et peu justifiés d'investissements nationaux et européens). -
Histoire militaire de la France
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Rochambeau dans Histoire militaire
Le problème est que sans connaissances emmagasinées (et emmagasinées activement), tu ne peux pas te forger un outil de réflexion: tu ne formes pas ton cerveau à réfléchir. Qui plus est, l'histoire à l'école, qu'on le veuille ou non, est au moins autant là pour créer du sentiment d'appartenance qu'un savoir générique, utile ou non, ne serait-ce que pour ouvrir l'esprit, ou apprendre à mouliner -donc à former le cerveau- sur une forme particulière d'analyse (comme toutes les matières forgent leurs propres modes de réflexion, leur propre façon d'analyser, "révèle" les esprits plus versés dans tel ou tel domaine....). Je ne vois pas vraiment ce que savoir naviguer apporte à la formation d'un cerveau: que les élèves ne pigent pas pourquoi apprendre de la matière brute est une faute de l'enseignement, étant donné que les bibliothèques (avec aussi un "système de navigation") et livres existent depuis longtemps. Ca renvoie à cette vieille interrogation de tout collégien, de savoir quand les maths sauveront sa vie ou à quoi la biologie lui servira dans une carrière.... Ca sert avant tout à former la réflexion sous de multiples angles (leur faire comprendre ça, c'est autre chose, surtout quand à l'adolescence, ils sont persuadés de tout savoir et tout comprendre). -
Histoire militaire de la France
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Rochambeau dans Histoire militaire
Comme les programmes d'histoire :-[? -
Histoire militaire de la France
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Rochambeau dans Histoire militaire
Oui, cette façon de séparer connaissances et réflexion est parfaitement artificielle: le cerveau ne marche pas comme ça. On a besoin de matière première en abondance pour réfléchir, croiser les infos (sur de multiples sujets), les relativiser, réarranger leur ordonnancement, revenir dessus.... "La réflexion" dans l'absolu n'existe pas: il y a certes des façons de réfléchir, des méthodologies, qui peuvent s'appliquer à une gamme plus ou moins vaste de savoirs, mais il n'existe pas de "mode réflexif" dans l'absolu, tant les infos d'un domaine lui sont spécifiques (surtout à niveau avancé) et dépendent étroitement des savoirs et réflexions développées avant et ingurgitées pendant la formation. Un exemple parmi d'autres: fonder sa réflexion sur un savoir chopé sur internet ou toute autre source revient à dire qu'on n'apprend plus à critiquer l'information elle-même, à revenir dessus, à la voir sous un autre angle (ce qui est quand même souvent la base de tout nouveau développement). Outre le fait que ça présupposerait une information de base pure et parfaite et l'idée qu'on ne peut que se fonder sur des conclusions et savoirs précédents absolument sans reproche, la cervelle ne fonctionne pas ainsi. Ca me fait franchement penser (tiens, je viens de croiser cette ligne de réflexion avec une connaissance.... Sur un autre sujet ;)) à ce gimmick de Sherlock Holmes qui refuse d'apprendre un tas de choses dans des domaines "inutiles" (selon lui), et se persuade qu'il peut oublier des choses qu'il a vues, lues et entendues, parce qu'il est persuadé que le cerveau ne peut emmagasiner qu'une quantité d'informations finie, et qu'il veut donc réserver "toute la place" à ce qui a pour lui de l'intérêt, afin d'aiguiser sa réflexion.... Le XIXème siècle a quand même produit d'amusantes théories sur le fonctionnement du cerveau; ça et la crâniologie :lol:. Oui, surtout que "l'intuition" n'est essentiellement que notre cerveau inconscient qui mouline les infos et réflexions déjà acquises bien plus efficacement que l'esprit conscient ne peut le faire (établissant notamment schémas, répétitions et corrélations croisant tous les domaines et savoirs absorbés); il faut donc avoir sérieusement ingurgité de la matière première et avoir pris le temps de se l'approprier, de la critiquer/relativiser.... Avant d'arriver à un tel résultat. Mais bon, initialement je me demandais à partir de quel âge on peut compter sur des élèves pour acquérir la matière première par eux-mêmes (sur directives d'une bibliographie donnée, ne serait-ce même que le manuel scolaire dont on indique les chapitres à lire) sans qu'ils zappent la chose; un cours "vivant" où tous sont incités à participer activement (y compris par notation) "contrôlant" le processus d'ingurgitation et aidant à le "mettre en oeuvre". Et oui, il faut aller chez Pizza Hut, Domino's, dans beaucoup de "boîtes à pizza" pseudo-italiennes, et dans une vraie pizzeria, et y tester plusieurs items sur la carte, souvent plusieurs fois, pour comprendre que la vie n'est pas un itinéraire qu'on évite systématiquement: les raccourcis existent, mais y'a des limites . Un apprentissage long et dur, parsemé de déceptions surfacturées.... Pour mériter une simple et bonne Marguerita. -
Histoire militaire de la France
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Rochambeau dans Histoire militaire
Oui, la culture du concours d'entrée et celle de l'examen unique sont des reliques qu'il faudrait dégager. Même pas si peu d'accord que ça, forcément; on parle apparemment plus des "dossiers" centraux que du reste du mag (un article est un article, et quel que soit le magazine, il a peu de pages): s'ils faisaient aussi des thématiques, ce serait encore une autre discussion (peut-être ont-ils cela dans les cartons). Et là, tout dépend, pour G&H, du choix du thème central de leur dossier: celui du premier, sur "Napoléon génie ou pas" était à mon sens excellent en ce que c'est ce que je veux voir dans un mag. Cela suppose de connaître la matière première avant ou au contraire de n'y connaître absolument rien (plus dangereux vu que ça influe sur la future opinion du non connaisseur), et ça ne prétend en aucun cas à remplir les vides qui ne peuvent s'acquérir que dans un bouquin. Pareil pour la "supériorité militaire allemande" et d'autres: un angle original, avec une thèse à défendre, critiquer.... Celui sur Stalingrad, que tu critiques, me semble particulièrement mauvais parce que là le thème est trop particulier et précis: une bataille. Le dossier ne peut là tenir l'équivalent d'un bouquin ou d'un long article critique plus adapté à une revue d'expert. Bien que celui sur l'armée française de 1918 résume certains bons chiffres, je lui attribuerai le même problème: thème trop précis, reflétant un objet trop restreint, qui ne souligne qu'un manque d'exhaustivité pour qui veut savoir, et un trop plein de redites pour qui veut "être introduit" au sujet. Un "dossier" étant thématique, il devrait, dans l'angle qu'amène G&H, couvrir de longues périodes, une époque, de longues évolutions, un sujet vaste pour lequel le magazine peut apporter une vraie valeur ajoutée en fournissant une "grille de lecture" complète, reflétant un débat, une controverse historique (et tranchant aussi dedans en prenant un parti, mais seulement après), puisant dans la vaste bibliographie et le temps nécessaire d'analyse critique dont seuls des professionnels peuvent disposer. Sur un thème trop précis/ponctuel, beaucoup trop de bouquins infiniment plus exhaustifs existent: ils n'apporteront alors aucune VA en ce qu'ils présenteront la même chose qu'un livre, la matière en moins. -
Histoire militaire de la France
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Rochambeau dans Histoire militaire
Faut aussi savoir à partir de quel âge les écoliers/lycéens peuvent travailler la matière première (bachoter, ingurgiter la matière brute) par eux-mêmes pour consacrer les cours à l'enseignement critique/analytique, la discussion.... Ca risque d'être particulièrement dur en France avec cette culture sacro sainte du cours magistral et du monologue professoral. -
[Série TV Anglaise Strike back]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Une femme gaulée comme un mannequin ne se battra pas contre un homme gaulé comme un opérateur FS, si tu veux du "réalisme", ou elle sera, et c'est franchement ce que j'attendrais dans les séries, nettement plus "tactique".... "l'esquive", les "projections" (genre force et gabarit n'existe pas), c'est rester dans les mêmes clichés visuels qui rendent les combats chiants dans les séries et films (esquiver, tu peux pas le faire longtemps, à moins de te barrer, et ça ne résoud pas un combat): ou alors des "coups super précis qui portent toujours", qui supposent en fait que les adversaires soit des buses complètes pour que le différentiel technique puisse prévaloir sur le gabarit, un fort différentiel de puissance physique.... Un des clichés dont j'ai marre est de voir des gens faire des sauts périlleux dès lors que quelqu'un leur fait une torsion de poignet (c'est comme brandir une carte magique "j't'ai fait un truc de judo, tu dois voler" :P).... Beaucoup de mauvaises habitudes, "coups magiques" et clichés qui sont VRAIMENT chiants; à l'usage, ces conventions ont tué l'intérêt du combat à l'écran, avec un nombre rare de films et séries qui en sortent. Les combats "nana vs mec" ne faisant que mieux mettre en évidence ces facilités: le mantra sacro saint est maintenant que quand ça arrive, le mec ne gagne jamais, et surtout, semble évoluer dans un espace temps différent que quand son perso se coltine un autre mec (contre la nana, il est soudain plus lent, présente sa gueule aux coups les plus improbables, n'a plus aucune puissance, s'effondre pour un rien.... Quand c'est dans le même show, l'effet est bizarre). En bref, la nana aux mensurations que le spectateur veut voir, elle fera intelligent et/ou fourbe si elle veut gagner/s'en sortir, ou se servira du marteau qu'elle planque dans son sac à main au moment où le gars regarde pas, ou d'un méchant bout de parpaing qui traînait par là.... Ou d'un flingue (en faisant une morale genre "incorruptible": " "c'est bien un mec de venir avec sa bite dans un duel au flingue" :lol:). Y'a mille et un moyens de ne pas se retrouver acculé au corps à corps, ou de s'en tirer en réfléchissant et, plus important, en sortant des habitudes télévisuelles pour faire le plus important: SURPRENDRE le spectateur (évidemment, ça réclame du jus de cervelle côté scénaristes), qui est un animal vite blasé. Et si on veut casser des clichés, on case des nanas ayant le gabarit qui autorise le one on one avec un gabarit genre FS/gang member, ce à quoi ressemblerait une nana passant les sélections FS (et elle ressemblerait pas du tout à Nikita); nettement moins télégénique, mais peut faire des scène marrantes. Ca vaut pas que pour les nanas, d'ailleurs: voir un type Jet li-like s'offrir un gabarit The Rock comme un croissant au petit dej, c'est vite lassant et ça marche tout aussi peu (à moins d'un vrai truc); Expendables (para ailleurs pas très bon) avait d'ailleurs déjà un peu rétabli des équilibres plus "naturels" avec le même Jet Li vs Dolph Lundgren. -
Histoire militaire de la France
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Rochambeau dans Histoire militaire
L'histoire militaire est tellement à la ramasse en France depuis si longtemps.... Ca commence à peine à changer. Mais en général aussi, le récit historique pêche vraiment: peu d'historiens français se sont souciés de rendre digestes leurs publications, de leur donner du punch, du sex appeal, de la lisibilité et du style. Des pavés peu chapitrés, peu "circulables", au fil de récit unique (ce qui fait qu'il est rare qu'un ouvrage puisse se prendre à n'importe quel endroit: faut le commencer au début et le lire tout du long), c'est l'essentiel de ce qui se trouve.... Bref, l'historien français en général ne sait pas écrire et se fout de son public. Et pour la "lisibilité", ben tout le monde n'est pas Lucien Jerphagnon (style d'une clarté divine) ou Jean Christian Petitfils (livres extrêmement "circulables", subdivisés, chapitrés/sous-chapitrés, choix pertinent des subdivisions). Tiens, pour les magazines, il serait amusant de lister ce qu'on veut y trouver, ce qui fait qu'on y revient: - variété des sujets: leur nombre dans un "espace" (le mag) réduit (peu de pages). Constituent potentiellement d'excellents teasers pour des sujets et des époques auxquels on avait pas pensé ou qu'on croyait peu intéressants. La bibliographie est donc capitale et reflète une valeur ajoutée importante (travail de "filtre" de l'auteur de l'article: la blibliographie devrait cependant être argumentée pour différencier les livres, entre les "sommes" nécessaires, les livres "à thèse"....). - la confrontation de plusieurs auteurs/historiens sur un même sujet, dans un espace restreint (pour des "dossier" couvrant plusieurs articles); présente différents angles d'approches, sujets d'attention sur un même objet, opinions.... Et reflète les avis divergents et polémiques (donc les "leçons" et conclusions différentes en histoire), ce qui devrait être la norme, plutôt que d'avoir un historien qui dit qu'il y a polémique, généralement en ridiculisant ou minimisant tout ce qui n'est pas son avis. Cet aspect est généralement peu présent dans les parutions historiques. - encore dans le cas des "dossiers" comme ceux de G&H: la variété des angles d'approches sur un sujet unique. Le sujet est "couvert" sous un grand nombre d'aspects en peu de pages, ce qui permet d'avoir rapidement un panorama plus complet, d'illustrer un sujet, et accessoirement, de trouver l'angle qui vous "parle" le plus. - le choix des sujets, et là je trouve que G&H a apporté quelque chose: quand il y a, plus qu'un sujet en général, une "thèse" à établir, un mythe à défoncer, un réexamen à faire. G&H ne l'a pas fait dans tous ses dossiers, mais l'angle analytique est là, et dans la science historique française comme dans l'histoire militaire anémiée qu'on trouve ici, ça fait du bien - l'illustration au sens propre, précisément par rapport à un bouquin: cartes, illustrations.... Particulièrement en histoire militaire, on a besoin de représentations "physiques" et dynamiques. Ni G&H ni Champ de bataille ne sont la panacée à cet égard, mais quand on compare au reste de ce qui se fait en histoire militaire.... Ben au pays des aveugles.... -
Histoire militaire de la France
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Rochambeau dans Histoire militaire
Ta remarque n'est-elle pas influencée par le fait que tu connais nettement mieux, dans tes exemples cités, la période Napoléonienne que celle de Louis XIV ou celle de 1870? Parce que ce que donne Champs de Bataille sur les guerres de Louis XIV, franchement, j'ai juste lu 95% de déroulement des événements (dans le même style qu'on trouve partout, surtout dans le récit historique "à l'ancienne" dont il y a des quantités sans fin) sans le moindre sens de la synthèse ou d'une autre forme d'approche, et moins de 5% d'analyse "structurelle", organisationnelle, politique.... Des armées, systèmes militaires et politiques qui vont avec. Dans un magazine, on attendrait précisément autre chose: un angle d'attaque, une "thèse", quelque chose de plus vivant. Etant donné qu'il ne peut contenir autant d'info qu'un bouquin même petit, le mag a intérêt à opter pour une approche introduisant et/ou développant/ouvrant son sujet. Sinon, c'est juste du remplissage et un "profil de l'oeuvre" assez cheap. L'approche G&H est justement de ne pas s'étendre sur les déroulements minute par minute et année par année d'un conflit (ils donnent des bibliographies pour ça dans les articles; très bonnes d'ailleurs, du moins pour les sujets dont je connais la littérature) et de plus s'attacher à une réflexion globale sur les conflits et les opérations. Pas du tout le même angle d'approche et d'analyse, et certainement pas superficiel. Après, est-ce que ça demanderait plus? Oui, évidemment, mais là encore, y'a une bibliographie pour qui veut continuer. A moins d'avoir un magazine de 200 pages minimum sur un thème unique, tu ne traiteras bien aucun sujet (mais là, ça s'appelle un livre). En bref, malgré les articles plus courts, la valeur ajoutée de G&H me semble nettement plus grande, précisément parce qu'ils font ce que peu d'autres magazines font (et certainement quasiment aucun dans ce registre militaire); ils "traitent" le sujet, ils prennent de la perspective par rapport à lui, ils ne se contentent pas d'en raconter, en version short des faits qu'on peut trouver ailleurs. Et Champs de bataille , en plus, a une certaine tendance à réutiliser sans arrêt leurs anciens textes plus ou moins remaniés dans de nouveaux: à force, j'ai arrêté d'acheter vu l'impression persistante de racheter des trucs que j'avais déjà. Y'a du bon dedans, mais aussi beaucoup de redites, et parfois des maladresses et survols; pas tant des erreurs que des affirmations catégoriques sur des sujets qui sont mal connus ou font l'objet de controverses historiques; la moindre des choses est dans de tels cas de dire qu'on ne peut être sûr, et/ou de présenter les alternatives (quand on prétend à une certaine exhaustivité). Je parle surtout sur les sujets que je maîtrise mieux (antiques, médiéval, époque classique), mais leurs sujets sur les guerres récentes m'ont tout sauf impressionné; parfois des rappels utiles et une exhaustivité pratique, mais question analyse et "sens" des articles, ça pêche. -
Histoire militaire de la France
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Rochambeau dans Histoire militaire
Je n'ai pas lu d'études de marchés, donc je parle au conditionnel, attention. Cependant: - le lectorat de la presse magazine, hors certains types de parutions spécifiquement ado/enfants, ou de domaines d'intérêts "qui marchent" (mode....), tend à être âgé, de façon marquée - à part quelques titres, la presse en France, surtout spécialisée, c'est pas un secteur très solide, et la pente des dernières années est assez alarmante (ils n'ont pas trouve de "formule de secours" adaptée à l'ère numérique, sans doute en partie parce qu'ils ont rarement eu de quoi investir) - comme dans beaucoup de domaines d'intérêt et activités, ce genre de lectorat particulier a tendance à être concentré, cad que ce sont les mêmes qui achètent plusieurs titres (dans la presse histoire en général, dans la presse d'histoire militaire en particulier....), de la même façon que lors des grands scandales du piratage vidéo, on remarquait surtout que les "pirates" se divisaient principalement en deux catégories: ceux qui n'auraient jamais dépensé un liard pour un DVD (sans intérêt, ce n'est pas un marché perdu), et -cas qui nous intéresse pour l'analogie-, ceux qui achètent déjà beaucoup de DVDs. De la même façon que les gens regardant beaucoup de films/séries étaient ceux qui tendaient aussi à lire pas mal, voire beaucoup (pour les débats clamant que la lecture se perdait et que les junkies de l'audiovisuel n'étaient pas des lecteurs). Plus un marché est spécialisé, plus il s'adresse en fait à des "surconsommateurs". - pour l'âge, outre la tendance générale, on remarque aussi que l'histoire est un domaine, dans la presse, qui attire beaucoup plus de gens qui connaissent déjà et veulent savoir plus que de "primo accédants". C'est donc en ce sens moins un truc de "vulgarisation" pour les néophytes, sauf pour des cas particuliers (merci à "l'univers" Science & Vie, qui se porte mieux et tend à ne pas avoir une moyenne d'âge croissante de son lectorat, preuve d'un certain renouvellement). Au global, c'est pas des effectifs folichons, même s'il est toujours utile que ça continue à paraître (ça laisse la possibilité.... Enfin si la presse mag survit). -
Histoire militaire de la France
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Rochambeau dans Histoire militaire
Avant de dire ça, il faudrait regarder les profils des consommateurs, surtoût ceux par âge. Généralement, ce genre de "consommation" est essentiellement le fait de ceux qui connaissent déjà le sujet, assez peu de "nouveaux entrants". J'ai peur que la diffusion de ces magazines et l'audience de ces documentaires soit disproportionnellement âgée (et la télé, hors quelques types d'émissions, c'est plutôt pour les vieux; comme on peut l'entendre, "qui regarde encore la télé", "qui paie encore pour de la musique" :-[). Et vu la fragilité économique de la presse spécialisée française, la dépendance à ce lectorat âgé doit être pareillement disproportionnée. -
Correction sur les objectifs de la réforme: 80 000 personnels passent à la trappe en général (toutes unités et tous services confondus), et l'objectif est de parvenir à 32 BCT d'active (1 BCT à supprimer n'a pas encore été annoncée, la seule chose qui l'étant est qu'il s'agira d'une unité "outre mer"). Les bataillons de manoeuvre reversés le seront au sein de leur division: le nombre correspond: 13 brigades supprimées, pour 26 Heavy et Infantry brigades restantes. Les divisions américaines passeraient donc de 4 à 3 brigades de combat (et un modèle de brigades à 3 bataillons de manoeuvre.). Effectivement, ce qui va morfler dans cette réforme, ce sont les unités qui ne sont pas "de manoeuvre" (cad les bataillons interarmes principaux des diverses unités); mais loin de ne concerner que l'administratif, ce changement impacte aussi nombre d'unités de soutien, d'appui et de manoeuvre. Rappelons qu'une BCT, quel que soit son modèle, n'inclue pas que des bataillons de manoeuvre/mêlée (3 dans une Stryker Brigade, 2 dans les Infantry et Heavy BCT), mais aussi un bataillon de cavalerie (reco armée), un bataillon d'artillerie, un EM de brigade (et son soutien propre) et des unités d'appui et soutien diverses comprises dans les "special troops" batallions (police militaire, génie, génie combat -sauf dans les "Heavy"-, log, matériel, intendance, médical, pompiers....). Le reversement d'une partie de ces unités d'appui et soutien (une batterie d'artillerie pour aller avec le nouveau bataillon de manoeuvre, 1 escadron de cavalerie, par exemple) accompagne le changement, et l'ensemble semble s'inscrire dans le retour d'expérience de la dernière décennie qui a montré nombre d'insuffisances du modèle BCT, en fait surtout pour les Heavy et Infantry BCT dont les 2 bataillons n'ont jamais été suffisants. Elles suivent donc le modèle des Stryker Brigades avec 3 bataillons de manoeuvre, ce qui semble aussi suggérer que les Stryker Brigades ne changeront pas et donc que la seule de ce type qui est supprimée sera une coupure "nette" (sinon, il y aurait des Stryker Brigades de plusieurs types). Les brigades américaines tourneront donc entre 3900 (Stryker) et autour de 4500/4600h (Heavy) contre une fourchette de 3300 à 3900 précédemment. Ceci dit, Odierno a résumé la chose en évoquant un modèle d'unités plus "souples et létales"; je veux bien pour le "létal", mais pour le "souple"? L'Army s'ampute d'un certain nombre de pions de manoeuvre qui étaient déjà des unités plus que respectables au regard des besoins militaires prévisibles, ce qui semble aller dans le sens (à moins que malgré les hauts cris, il s'agisse d'un changement surtout budgétaire) d'une période post-Irak/Afghanistan analogue à la période post-VN: le traumatisme force au resserrement culturel sur le fantasme de "grande guerre". Les projets d'alourdissement des véhicules, s'ils se confirment, vont dans ce sens. Pas de nouvelles sur le nombre de brigades "modulaires" (feux, aériennes, défense aérienne, renseignement, soutien, aide à la manoeuvre): logiquement, les coupes devraient être proportionnelles. 80 000h, cela représente environs 11 à 12 milliards d'économie annuellement (plus les coûts afférents d'infrastructures, entretien et équipements divers).