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Tout ce qui a été posté par Tancrède
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[Séries TV]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Ben c'est un peu ce qu'on oublie: contrairement à ce qui est souvent dit, l'audience principale pour ces personnages ne sont pas les filles, mais les mecs, et de très très loin (dans un rapport De 4 à 5 pour 1).... Et plus précisément les geeks, moyennement à peu sportifs, et/ou tous ceux qui ont un rapport un peu plus poussé que la moyenne avec leur maman (si on faisait des profils psychologiques). Essentiellement, ce genre de perso tels qu'ils sont faits dans l'industrie ciné/télé, ce sont des produits d'appel pour ceux qui ont un fantasme de la femme forte, et pour l'éveiller/le titiller chez les autres (parce qu'on l'a tous). Après, c'est plus ou moins réussi selon la série ou le film, évidemment. Surtout que l'héroïne est taquée comme une crevette (souffrant d'anorexie aggravée): coups sans crédibilité (non ma petite, tes bras ne font pas mal), chorégraphies assez ridicules et over the top, adversaires très coopératifs et/ou maladroits (quand ils ne sont pas complètement passifs).... Quand la même actrice fout une branlée à Bruce Willis dans Die Hard 4, c'est franchement ridicule. C'est d'autant plus con qu'introduire des persos de ce type (nanas sans gabarit "combat", geeks....) aurait pu inciter les scénaristes à être un peu imaginatifs sur des façons de se sortir de situations difficiles (y compris violentes) par d'autres méthodes.... Mais bon, comment combattre le fantasme de "nana/maman qui prend les choses en mains"? Ca racle très très profond dans l'inconscient masculin :D . -
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Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Aouch! Ca arrive si souvent? Alors dans ce cas, un stage de 2-3 gestes basiques (à driller) et surtout d'analyse des situations (pour savoir quoi faire et limiter le stress) avec option spray au poivre (et comment et quand l'utiliser, ne pas se le faire renvoyer à la gueule....). Ca peut se boucler assez vite (avec quelques rappels réguliers), et une fois formalisé (en un enseignement simple et cherchant pas à trop en faire), les personnels de sécurité des hôpitaux peuvent très bien être les "profs" ou "gardiens du savoir-faire: au global, ça ne coûte quasiment rien, sinon un peu de temps (stage initial et petits rappels mensuels), ce qui est évidemment la denrée rare dans les hôpitaux (à moins évidemment d'inclure le stage initial dans la formation des personnels médicaux.... Donc à l'école). Oui, avec le super "chef de service" ou grand patron qu'est un vieux de la vieille (ou une autre déclinaison du genre: la patronne-maman qui pense qu'à ses subordonnés, le jeune idéaliste....) et dont la loyauté et l'idéalisme sont tels que les cadres et gardes fous n'ont pas à exister pour lui; ils deviennent de ce fait des choses lourdes, inutiles, encombrantes, des gadgets de politiciens couvrant leur cul, des complications absurdes de bureaucrates à fort taux de rétention anale, amoureux de théories et de complications (face à l'expertise terre à terre et universellement parfaite du vieux de la vieille), et autres "trucs politiques" (par définition inutiles et absurdes), voire sont des insultes remettant ignoblement en cause la dévotion patriotique fanatique et l'expertise infaillible (elles aussi acquises par définition) des personnages qui eux ont "les mains dans le cambouis" et savent, eux, comment fonctionne la vraie réalité du vrai monde réel (où les espions et ennemis sont partout et tout le temps, ont sans arrêt un vieux compte à régler et des histoires personnelles, voire de famille, avec les persos....). -
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Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Ah, oui! Les fichiers informatiques où il y a toujours tout, je les oubliais, ceux-là; avec la capacité conjointe aux croisements de bases de données omniscientes qui semble n'avoir aucune limite et se faire instantanément (sauf si le scénar demande que ça prenne du temps, pour que l'info cruciale ne soit dispo qu'au tout dernier moment), pouvant par ailleurs puiser dans tous les fichiers de toutes les administrations connues sans restriction judiciaire ou politique (seul le niveau d'accréditation, à l'occasion, peut jouer si ça sert le scénario). Dans une même série, on peut ainsi avoir toutes les contradictions possibles: instantanéité ou temps long, accès universel ou restreint.... Un des grands classiques: Interpol est une agence de police mondiale avec des agents de terrain, avec accès universel et "override" permanent. Dans le même fil, les agences américaines de police peuvent aller dans n'importe quel pays, y opérer n'importe comment (en cassant tout le plus souvent) et donner des ordres à tout le monde. Ou s'effondrent d'une baffe ou d'un atemi, suivant le scénar.... Un des trucs fascinants dans l'action au cinoche et à la télé, c'est que tous les coups sont portés à l'optimum: bon angle, bonne distance, rarement interrompus, arrivent à pleine puissance.... C'est plus télégénique, évidemment.... Mais à force de voir ça dans toutes les séries et films, de voir ce genre de coups arriver dans tous les combats, et tout au long d'un seul combat, ben chaque scène devient vite lassante. J'ai vu -enfin- Expendables 2 hier.... Quelle bouse! Et dans ce registre aussi (ne parlons même pas de l'action avec armes: les années 80 à leur plus mauvais). Comme dit plus haut, c'est dans tous les sujets (en tant que passionné d'histoire et de politique, je souffre beaucoup de ce que je peux voir, par exemple); mais bon, ici on parle de guerre, sécurité, action/violence, armements, renseignement.... Il semble que régulièrement, on atteigne une somme énorme de tels codes dans les séries et films: tellement de trucs admis tacitement (en fait surtout par les scénaristes) qu'il s'agit d'un petit monde en soi qui réfléchit avec ses propres normes de plus en plus détachées de toute réalité. Jusqu'à ce que, enfin, quelque part, une série, un film, ramène un petit peu de raison dans tel ou tel aspect et renouvelle le genre. Mais dans l'ensemble, la tendance est plutôt à la croissance constante de ce genre de conventions tacites. Surtout que dans les séries, on peut avoir une série qui commence en ramenant un certain degré de "réalisme" (n'exagérons rien quand même), puis si elle dure (la maladie du succès, quoi), dérive lentement dans ce genre de trucs: Covert Affairs, par exemple, avait pas mal commencé du tout, avant de très vite dériver vers les habituelles conventions du genre "espionnage" à la télé. J'avais eu un temps le même genre d'espoir (sans attendre non plus du vrai réalisme) avec le début de Burn Notice (l'agent qui cherche à éviter l'action, y va de façon maligne, vicieuse, tordue, joue la tromperie et la déception et non le "je fonce dans le tas", l'agent qui n'est pas un superman).... Pour être très vite déçu. Quand aux séries "militaires", rarement vu le réalisme se maintenir longtemps si tant est qu'il ait existé au début, les codes et conventions arrivant vite, et le grand guignol se pointant TRES vite. Plus facile de tout résoudre par de l'action non stop et de foutre des intrigues où le sort du monde se décide tous les quatre matins que d'avoir un peu d'imagination et de chercher des solutions inventives/surprenantes, de l'action plus réaliste (qui peut aussi être plus pêchue et surprendre le spectateur blasé). Pour tout dire, les moments d'action dans la plupart des séries et films sont ceux où mon cerveau prend sa pause (et pas pour regarder en mode passif), où je peux baîller, penser à autre chose, me rappeler que le repas a cuit trop longtemps.... Lamentable, oui, quoique pour ce niveau de besoin, une courte formation avec un "rappel" hebdomadaire peut contribuer à donner 2-3 gestes qui vaudront dans la plupart des cas (99% des situations violentes en hôpital ne sont pas à un niveau alarmant et n'intègrent pas un antagoniste réellement violent ou, surtout, doué pour la violence). Mais ça renvoie à un autre code des séries et films: ces choses s'apprennent en périodes courtes, et les héros (jeunes surtout), sont en quelques semaines/mois des experts qui ne fumblent jamais contre des glandus lambda (même 1 an de cours d'arts martiaux ne créent pas un pratiquant qui se démerdera, en situation réelle, si bien que ça face à un individu sans formation, mais agressif) et sont au niveau d'adversaires ayant des années d'expérience et de pratique (sans parler d'un gabarit à l'avenant). Et ça se joint à l'autre code des séries et films: tu balances le nom de certains arts martiaux et disciplines (dont le nom varie avec la mode du moment) et c'est la martingale absolue: tu as les "arts martiaux" dans le CV = tu casses la gueule à n'importe qui quel que soit son gabarit (évidemment: tacitement, "art martiaux" veut dire "tu retournes la force de l'autre contre lui", "tes coups cassent tout"....). Dans le genre Nikita a poussé la chose à un degré rarement atteint à l'écran. Le personnage de Ziva dans NCIS a de même cumulé les codes débiles qui existent de façon immanente dans la réalité parallèle de la télé: les nanas israéliennes sont entraînées au combat et sont passées par l'armée (et "armée" veut dire "unité combattante"), elles sont toutes championnes de close combat (et en chaleur), le gabarit n'existe pas, un "espion" est avant tout une caricature de super commando/FS puissance 10, les "espions" savent tout faire et sont doués en tout.... L'arrivée relativement récente de l'archétype de la "nana d'action" semble avoir poussé ces grandes tendances à des niveaux extrêmes (Claire Danes dans Homeland a un personnage quand même un peu plus "réel" dans les registres d'action d'une barbouze; après, pour le reste, d'autres clichés et codes absurdes entrent en jeu qui compromettent le dit perso autrement - pathologies, relations humaines au travail, processus de décision dans la CIA, crédibilité de quelqu'un qui avale trop de comprimés noyés dans du vin blanc....). -
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Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Ca fait partie de ces "codes" inconsciemment admis dans la plupart des séries: si on les additionnait et les mettait tous ensembles de façon visuelle, on s'apercevrait encore plus facilement du nombre d'absurdités qui remplissent les séries et films d'action. La somme de ce qu'on ingurgite sans vraiment y faire attention est énorme, et déforme beaucoup de nos perceptions et façons de voir sans qu'on s'en rende compte, à moins d'être vraiment connaisseur du domaine traité: c'est valable pour les armes et l'action -qui se traitent ici- mais aussi dans tous les registres de la connaissance et de l'activité humaine (donc on est tous les gogos d'un domaine ou d'un autre à moins d'avoir la connaissance universelle). Quand on voit, juste pour le registre sécurité/militaire/action, ce que l'absence de connaissances alimente dans le petit monde des tarés de la théorie du complot (hélicoptères noirs, surveillance de chaque individu, omnipotence/omniscience des Etats, voire de grandes sociétés....). Quels exemples pourrait-on trouver dans ce registre? - le corps à corps à lui seul mériterait un sujet: les arts martiaux à deux balles, l'absence d'importance du gabarit (sauf avec les géants, qui ont leur propre gamme de gags et codes visuels), ce qui envoie ou non quelqu'un au tapis (parfois, il suffit d'un gnon anodin, d'autres fois, il faut un acharnement qui tuerait 15 personnes avant que la cible daigne poser un genou à terre).... - les explosions: beaucoup de flammes (c'est plus "visuel"), peu de fumée et de gravats soulevés (souvent en plus, elles sont en surimpression sur la vidéo, et se dissipent très vite, de façon très artificielle.... Suivant le budget CGI), effets plus que discutables.... Les grenades en particulier, sont l'un des trucs les plus mal représentés - le compte à rebours (évidemment qui ne peut être arrêté qu'à une seconde de l'échéance.... Depuis plus de 30 ans à la télé et au ciné.... On croirait qu'ils chercheraient à se renouveler): affiché et bien visible, il est un incontournable. Et avec lui viennent les fils rouge et vert, qui apparemment sont dans la fiction des repères scientifiques qui font que par téléphone, on demande à quelqu'un, sans aucune autre indication sur la bombe, lequel il faut couper - les armes, les munitions (leurs effets, la nécessité de recharger....), la précision des tirs: y'a du boulot, mais le réalisme est rarement présent. J'adore la persistance du sniping avec des calibre 50 pour taper des cibles à 2 ou 300 mètres à tout péter (souvent pour faire "sérieux".... Ou montrer une nana avec un très très gros flingue), ou les fusils de précision qui ont l'air de tirer en rafales. - la résistance des matériaux: les murs et véhicules qui pètent pour un rien ou résistent à tout selon les besoins d'un scénario, mais rarement ceux de la vraisemblance - les organisations terroristes ou criminelles toutes puissantes, à la pointe de la technologie et de l'organisation, anticipant tout, aux méthodes, savoirs-faires et matériels ultra-sophistiqués, et aux troupes d'élite - les "hommes de main", sans doute l'un des codes les plus vieux qui soit: qu'ils soient les "troupes" des gentils ou des méchants, ils sont une espèce parente de l'humain, avec des caractéristiques spécifiques, avant tout celle d'être des figurants sans réelle importance dans l'intrigue (ce qui est normal) et, en conséquence, aucune capacité propre (ce qui est le plus souvent stupide à l'écran). Ils appartiennent quasiment tous (ou ont appartenu) aux forces spéciales, SWAT ou autre formation et cursus d'élite, mais ça ne se voit pas: ils crèvent à cadence industrielle, s'effondrent à la première baffe ou à la première blessure (surtout si c'est une nana ou un gamin qui la donne), ne voient ni ne repèrent rien (même quand c'est devant eux), sont toujours passifs pour recevoir balles et coups, se réunissent en paquets denses quand les personnages importants envoient une grenade ou font péter un explosif, se lancent systématiquement dans des charges banzaï, tirent très mal, n'ont aucun sens tactique.... Bref, l'homme de main est un petit animal craintif et grégaire, sans doute hémophile et fragile de constitution, souffrant de multiples syndrômes (autisme, parkinson....), à la vision et à l'ouïe particulièrement défectueuses.... Ils existent en vastes nombres mais on se demande quand même comment l'espèce a pu survivre et passer le test de la sélection naturelle.... Sans parler de celle de l'entrée dans les formations d'élite auxquels ils sont censés appartenir. -
[Séries TV]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Bon, nilan du 1er épisode: - le syndrôme du super héros n'a pas (encore?) été trop poussé en avant, mais les réflexes semblent acquis chez les scénaristes: la fin de l'épisode, avec bagarre générale, voit quand même les "happy fews" tenir tête à une multitude qui meurt à cadence rapide (pas encore industrielle) et semble faite de semi-mongoliens avançant pour se faire shooter - du traficant d'armes russe, du parrain de cartel colombien et du terroriste islamiste; des grands paysages du Middle West, des bas fonds de Beyrouth et de la jungle colombienne.... Le contrat habituel est rempli de ce côté: on voit du pays - de la nana facile (pour Damian) et de la nana caractérielle avec flingues et surplus de testostérone (pour Damian et pour Michael semble t-il) et pour qui les lois de la physique et du combat semblent légèrement modifiées (à noter un combat vicieux/crade avec l'une d'elles), genre avoir le droit de faire des "trucs de FS" en talons aiguilles, cogner aussi fort que des taureaux avec des bras de mannequins, encaisser comme des bunkers, briser des nuques d'une torsion des doigts.... Contrat rempli aussi. - des mauvaises blagues en toutes circonstances: les héros façon SAS/années 70-80 sont décidément bien de retour - toujours une couverture satellite (image) permanente: putain, le reste des forces et services britanniques se demandent où est passé leur budget spatial? Tout est allé à la Section 20 exclusivement! - du matos encore à l'échelle artisanale, une Doucette aux effets un tantinet rachitiques - en extra, le plus incroyable tir de RPG jamais vu à l'écran: à croire que le machin est customisé avec une tête chercheuse et/ou que le tireur a un viseur et un télémètre next gen greffés dans l'oeil. Bref, pour l'instant, c'est dans le droit fil de la dernière saison. C'est expéditif, et on se penche pas longtemps sur ces emmerdantes histoires de filature, de renseignement, d'observation, d'analyse, d'acquisition de la super info.... On fonce direct et on tape. Et personne ne m'a encore expliqué pourquoi une unité clandestine mobilise autant de ressources et personnels autour de seulement deux opérateurs de terrain à plein temps: pas d'équipe d'appui (un autre binôme), de suppléants prêts à prendre le relai, de remplaçants prêts à comber une perte sans délai (une petite redondance, quoi).... -
[Union Européenne] nos projets, son futur
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Marechal_UE dans Politique etrangère / Relations internationales
La nature des activités; j'ai du me payer quelques heures de conversation avec un ami banquier et quelques avocats pour commencer à vaguement piger la proportion d'activités de la place de Londres qui sont intégralement liées au marché unique et à l'intégration des échanges, et donc la dimension du problème. Croire que les frontières sont devenues virtuelles est aussi, dans ce domaine pourtant dématérialisé, une illusion. On l'oublie dans le cas de Londres vu que cette dématérialisation, le marché unique, l'explosion des marchés financiers et le renforcement de la City datent de la même époque, et ont en fait depuis déjà longtemps été consubstantiels qu'ils nous semblent naturels. C'est pas une question d'intérêt: c'est juste une impasse politique dans laquelle Cameron s'est lui-même fourvoyé, avec ce référendum comme seule "issue" politique de court terme. Ca n'a rien à voir avec une perception de "l'intérêt supérieur de l'Angleterre" ou un calcul stratégique. De la pure impasse politique; c'est quasiment karmique, étant donné que c'est un gouvernement conservateur (et la partie des "good old boys" des boarding schools) qui se trouve acculé à cela par ce qu'ils ont depuis longtemps soulevé dans l'opinion pour se rendre populaires. C'est se retrouver avec le nez dans sa propre merde, quoi.... So shocking pour ces étoniens. -
[Union Européenne] nos projets, son futur
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Marechal_UE dans Politique etrangère / Relations internationales
Si l'Angleterre sort de l'union, la place financière de Londres cessera virtuellement d'exister comme poids lourd mondial étant donné l'importance des activités qui déménageront pour aller dans les frontières de l'Union (vraisemblablement à Francfort pour l'essentiel). A moins qu'un deal se fasse pour laisser un accès, mais ce deal est plus que douteux, malgré le fait que Londres cherche à tout prix à obtenir quelque chose dans le genre: les Allemands ont peu d'intérêt, et surtout aucune disposition, pour aller dans ce sens, et la France non plus. Le temps n'est vraisemblablement plus celui d'une GB pouvant obtenir les avantages de l'UE sans les "inconvénients". A quoi ressemblerait une économie (et une monnaie) anglaise où la place financière serait vidée d'une bonne part de ses capitaux et sa place d'interface vers l'Europe disparaîtrait? Pas grand chose pour un bon moment; le coup serait très très rude, surtout à une époque où les hydrocarbures de la Mer du Nord rapportent structurellement de moins en moins (et encore moins en royalties au budget, ces royalties qui ont été la seule condition historique à une baisse drastique des impôts sans trop impacter l'économie). Cameron le sait, et il sait à quel point il s'est enfermé dans une équation impossible avec ce référendum qui n'est qu'une fuite en avant soulignant son extrême faiblesse politique. Les élites financières anglaises sont essentiellement en train de se demander comment calmer le jeu, mais le problème est aggravé par le simple fait de ce référendum annoncé et de son résultat assez prévisible. -
Une armée comme système de progression
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Tancrède dans Histoire militaire
Rien de nouveau de ce côté: en périodes de paix longues, et hors de contextes de flambées nationalistes (généralement inséparables d'une menace très perceptible pour une population), ou évidemment d'époques et de lieux où l'armée est consubstantielle du pouvoir politique et économique (en Egypte encore aujourd'hui par exemple), les élites (de divers échelons) ont toujours plutôt tout fait pour éviter l'armée, sauf éventuellement, pour une certaine proportion, dans les armes techniques à forte image et rémunérations décentes (pour divers standards). La british army et l'armée américaine du XIXème siècle sont à cet égard assez emblématique: le soldat, pour les gens ayant une situation socio-économique stable et plus ou moins confortable, est perçu comme un raté (mais on ne le dit pas trop fort quand même).... Un peu comme souvent dans les pays développés aujourd'hui, où existe une telle mise à l'index plus ou moins inconsciente (en plus de la peur éternelle de celui qui "pratique" la violence professionnelle et a vu la guerre), souvent pernicieusement cachée sous un patriotisme abstrait (au mieux) ou de façade qui fait adorer la figure anonyme du soldat (au moins comme convention sociale) mais fait éviter le soldat "réel". Phénomène d'autant plus accru que le soldat d'une armée professionnelle représente une très faible proportion de la population (et n'est plus réellement "en contact" avec elle) et que les guerres, extérieures, sont "sans douleur" perceptible pour un pays (quasiment personne n'y risque quelque chose: vie, vie d'un parent, patrimoine....). Mais le point est que l'armée est un ascenseur social plus ou moins important selon les époques; cela dépend autant de la situation du pays (économie, société, développement....), ce qui est assez peu contrôlable, que de la volonté politique qui forge l'armée (d'en faire un ascenseur social) et qui veut un outil efficace. Parce que si on regarde l'histoire militaire, je défie quiconque de trouver des armées motivées et performantes qui ne faisaient pas une grande part à cette dimension, qui impacte lourdement le recrutement, la sélection, le moral, la formation, le fonctionnement et les opérations. La paie est importante, de même que l'équipement, mais ces éléments sont secondaire par rapport à deux autres aspects: l'image que vous renvoie de vous-même l'appartenance à une armée, et les opportunités et horizons qu'elle peut vous offrir. -
Drôle d'exemple ;) : le LASD est un peu une exception dans le registre des Shériffs aux USA: le law enforcement dans la région de LA est un peu un bordel, un imbroglio entre le LAPD et le LASD, en raison de l'histoire particulière de l'endroit, et plus encore du développement urbain, si bien que le LASD et le LAPD opèrent de fait de façon totalement imbriquée dans une métropole énorme (qui dépasse en fait les limites du comtés, donc implique encore d'autres agences). La ville de Los Angeles proprement dite, donc la zone du LAPD ne couvre "que" 3,7 millions d'habitants sur 1290 kilomètres carrés, sur un comté de 10 000 kilomètres carrés et 10 millions d'habitants environs. De ce fait, et c'est un cas de figure quasiment unique, le LASD pèse plus lourd que le LAPD avec 18 000 employés (plus 5000 volontaires et réservistes) contre 13 000, qui s'occupent des zones dites "non incorporées" (ce en quoi le sheriff s'apparente à la gendarmerie en France; dans le comté, cela représente 65 000 kilomètres carrés et plus d'un million d'h'abitants), et de villes dites "incorporées" (des municipalités de plein droit, mais qui se mettent en contrat avec le LASD au lieu d'avoir leur police; la moitié des villes du comté sont dans ce cas). Ce à quoi s'ajoutent les villes du comté disposant aussi d'un Police Department, et les agences de police de zones particulières au sein d'une ville (ports, aéroports, écoles, certains parcs, certaines infrastructures et institutions). L'imbroglio est encore pire quand on y ajoute le fait que la métropole de Los Angeles (qui fonctionne ainsi donc doit aussi organiser un certain niveau de police à cette échelle) est de facto une aire urbaine dépassant le comté (18 millions d'habitants pour cette mégapole), donc incluant les agences des comtés et cités voisines, et, pire encore, l'échelon étatique qui est là encore spécifique à l'Etat de Californie qui n'a plus de police d'Etat (depuis 1995), mais une "California Highway Patrol" (les "CHiPs" d'une vieille série télé) aux attributions plus limitées que des polices d'Etat formelles.
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[Séries TV]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Avis aux amateurs (malgré la controverse sur l'évolution de la série): Strike back revient demain soir (sur la chaîne US Cinemax) pour sa 4ème saison, intitulée Shadow Force, toujours avec les 2 mêmes gais lurons à l'affiche, et Rhona Mitra (donc la série a un excellent scénario :-X ). -
Une armée comme système de progression
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Tancrède dans Histoire militaire
Bon, j'ai encore créé un sujet qui dissuade.... Oups. Un dernier point sur la légion comme "système d'hommes" intégré aux échelons tactiques, opératifs et stratégiques, ainsi que pour la gestion de la ressource humaine dans tous ses aspects: la légion est un organisme permanent (et en fait quasiment le seul organisme permanent dans l'armée romaine dont l'activité couvre tous les domaines de l'activité militaire de court, moyen et long terme) qui garde une mémoire institutionnelle de tout ce qui concerne le domaine militaire de près ou de loin tel que le connaissent les Romains. C'est en fait la seule organisation gardant, analysant et adaptant les Retex. On peut y ajouter l'élite politique et militaire romaine, mais celle-ci ne fait rien de façon organisée et structurelle ou systématique, transmettant au sein de chaque famille sa propre expérience et ses propres échanges avec d'autres, soit quelque chose d'assez peu professionnel et pas forcément très travaillé (et dont la qualité peut varier du tout au tout selon les familles et individus), et surtout quelque chose qui perd beaucoup en conséquences pratiques avec l'avènement de l'empire (les grands clans ne sont plus ceux qui lèvent les légions). La légion est en fait la mémoire de l'armée romaine, et son implantation en fait aussi la mémoire d'un théâtre d'opération particulier (avec un très fort élément de "tronc commun"). Plus encore qu'un bataillon, c'est une mémoire de plusieurs échelons, du micro tactique (contubernium et centuries, voire manipules selon leur réalité concrète après la réforme marienne) à l'opératif (c'est l'échelon opératif de base) et au stratégique (surtout dans les provinces à une seule légion) en passant par tous les stades et types de manoeuvre (occupation et "contre-insurrection", manoeuvre de conflit "classique", bataille rangée) et évidemment les échelons intermédiaires (échelon "bataillonnaire" via les cohortes, diverses formations en "task forces" de circonstances). C'est aussi un creuset de formation permanente à TOUS les métiers, savoirs et savoirs-faires inclus dans les besoins d'une armée, d'une campagne et d'une occupation militaire, accrus de l'expérience accumulée sur une longue existence: chaque métier, chaque "degré" de ces métiers (de l'infirmier au chirurgien en chef, du secrétaire d'intendance à la direction de la logistique en général....) a ainsi une chaîne hiérarchique pratique, une permanence des organisations en place (malgré le turnover des personnels), soit un organisme qui maintient et accroît ses connaissances. Par opposition, une armée de bataillons, si elle n'est pas suppléée par des organismes centraux très développés pour remplir la même fonction, ne peut fournir un pareil travail dont l'importance ne peut jamais être sous-estimée. Et dans le cas de l'armée romaine, ces "organismes centraux" devraient plutôt exister au niveau provincial, au moins au niveau des 4 grandes préfectures divisant l'empire sous Dioclétien (les provinces étant alors divisées en 2 à 3 diocèses). Ce ne fut pas le cas, l'essentiel de la formation continuant à se faire au sein des unités, et avant cela dans un certain nombre bases qui deviennent, telles des bataillons de dépôt, le centre des savoirs-faires. De ce fait, nombre de fonctions sont moins immédiatement connectées au combat et à ses retours: la formation initiale, la formation continue.... Tout comme (cf plus haut) les carrières ne peuvent plus "fonctionner" dans une entité allant du plus bas échelon hiérarchique jusqu'au plus haut, du niveau micro-tactique à l'échelon opératif: cantonnées à des unités tactiques essentielles, elles ne peuvent plus être gérées avec la même fluidité et le même niveau d'opportunités. La légion offrait l'avantage unique d'être une base, une école et une mémoire, un corps d'appartenance, un lieu de carrière longue (à fortes perspectives) et une unité opérationnelle, le tout dans une seule organisation, un organisme "vivant". L'évolution actuelle des brigades interarmes françaises (avec les centres de formation initiale, l'accent pointé sur le déploiement d'unités issues de la même brigade....) pourrait-il favoriser un fonctionnement plus proche de ce modèle antique selon vous, formant une version interarmisée et actualisée du système régimentaire à l'anglaise? -
Une armée comme système de progression
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Tancrède dans Histoire militaire
C'est une hypothèse; je ne crois pas à la "décadence longue" romaine, celle qui court sur des siècles et qui reste encore souvent la base de réflexion de trop nombreux historiens qui y casent plein de thèses diverses, et je crois encore moins à une "décadence" du modèle militaire. Cependant, comme dans toute évolution, il y a des pertes et des profits (et quand à dire si les uns compensent les autres, je doute que qui que ce soit puisse toujours faire un bilan exact), et parmi les pertes liées à la disparition de la légion classique, je note: - la perte d'un échelon de bataille et d'opérations permanent (c'est pas dans le sujet, mais quand même un peu): la légion était de fait un échelon opératif et stratégique en plus d'un échelon tactique, un "système de campagne" et de bataille formant le coeur d'une armée de campagne type de Rome (avec un nombre équivalent d'auxilliaires fournissant les capacités spécialisés nécessaires: cavalerie de poursuite, manoeuvre et reco, cavalerie de choc et mêlée, troupes de missiles et infanterie légère), fournissant l'infanterie de mêlée organisée à un échelon plus que bataillonnaire (fournissant entre autre, tout connement, le nombre, la redondance, la résilience, la capacité d'occuper, de déclencher plusieurs opérations simultanées), ainsi que des capacités à haute valeur ajoutée (génie, sapeurs de combat, coordination micro tactique, tactique et opérative, artillerie, capacité de travaux/terrassement en grand, logistique). Le tout dans une formation organique permanente, soit un système de bataille et de campagne, mais aussi un système de gestion des troupes dépassant la simple échelle de l'unité essentielle ou de l'unité tactique. - perte d'un échelon de GRH unique. Aujourd'hui, et encore plus dans un monde fondé sur le déplacement à pied ou à cheval (et un où l'écrit reste une denrée relativement rare), c'est beaucoup pour faire fonctionner un système où l'information circule vite de façon fiable, en l'occurrence l'info sur la GRH (qui fait quoi, qui peut faire quoi, qui mérite quoi, quelles gammes de postes très variés doivent et peuvent être remplies....). Dans l'absolu, tu peux le faire si les infos sont centralisées et les personnels décidant (à tous les échelons), évaluant, sélectionnant, jaugeant et recommandant peuvent être régulièrement et fréquemment en contacts soutenus. Théoriquement, une bonne centralisation des infos pourrait le faire si un grand nombre de conditions étaient remplis (bons critères de sélection et jugement, opportunités suffisantes en temps réel, grande confiance dans les critères de sélection (qui font qu'on met tel personne à tel poste sans l'avoir vue à l'oeuvre ni avoir croisé quelqu'un qui l'a vu à l'oeuvre par exemple). Mais l'échelle du monde romain, malgré le fait qu'il s'agisse de l'espace le plus rapidement interconnecté de son époque) impose trop de limites, ce qui rend la légion très compétitive pour offrir des parcours de carrières longs et des perspectives depuis les plus bas échelons: c'est un petit monde où les carrières sont de toute façon longues (16, puis 20 ans, plus ensuite 24 ans, dont les dernières années se font dans des postes et garnisons moins exposées et des jobs moins demandeurs). Ce n'est que passé un certain grade, où il reste peu d'appelés (les plus hauts grades du centurionnat, et évidemment les grades d'officiers supérieurs) que la mobilité verticale peut se faire par changement d'unité. Sauf évidemment quand on crée de nouvelles unités, ou qu'on en reforme qui ont été anéanties, ce qui pour les légions n'est pas arrivé très souvent (peu de créations/recréations de légions après la guerre civile). L'armée qui émerge de la grande crise du IIIème siècle est une armée d'unités tactiques spécialisées, dont le mix permet de former des armées de campagnes très efficaces et calculées au plus juste en effectifs, avec des EM de théâtres et de campagne permanents. Ce n'est qu'une évolution "normale" de l'armée romaine qui, dès le 1er siècle, a développé l'usage de former des task forces ad hoc, autant pour ne pas laisser vides des frontières en prenant les troupes qui s'y trouvent (il n'y a pas de réserve centrale) que pour favoriser un mode de combat qui abandonne la ligne de bataille statique et quasi rituelle (longue à mettre en place, lourde à manoeuvrer, ne fonctionnant pas avec des adversaires concevant la guerre autrement) encore en vigueur pendant les guerres civiles, au profit d'une conception très mobile de la campagne (fait déjà acquis, surtout avec César) mais aussi du combat, ce que favorise la permanence de l'armée amenée par Auguste et le développement parallèle de troupes auxilliaires permanentes aussi professionalisées que les légions. Ces task forces forment de plus en plus la base des campagnes romaines (hors des garnisons et de leurs opérations locales), et le nombre d'unités calculées pour cet usage se multiplie (notamment les cohortes dites équestres, unités interarmes organiques dont un nombre croissant sont permanentes), si bien qu'on trouve aussi nombre de garnisons formées autour de "mini armées", des cohortes d'infanterie lourde (d'auxilliaires) avec un nombre équivalent d'auxilliaires spécialisés, pour défendre les espaces entre deux légions trop espacées. En fait, selon moi, cela révèle que dès le début du principiat, l'empire a du galérer pour défendre ses frontières, ce qui a imposé un usage tactique qui s'est graduellement imposé à la pratique de gestion des troupes habituelles (pas assez de monde en général, pas assez d'unités opératives autonomes). Quand la menace sur toutes les frontières (ajoutées aux troubles intérieurs) a trop augmenté, le système a craqué et il a fallu uniquement se soumettre aux exigences tactiques, soit fournir des task forces prêtes à l'emploi, à un rythme que le système de génération de troupes ne pouvait soutenir (surtout avec la crise économique/monétaire du IIIème siècle). Or, après le IIIème siècle, l'effectif semble équivalent, voire supérieur à celui de la période du principiat (d'Auguste aux Sévères), sauf peut-être dans la toute dernière période (règne des Sévères) qui voit l'armée romaine atteindre un maximum (que l'empire d'Orient égalera au VIème siècle), avec notamment 32 ou 33 légions (le maximum jamais atteint, sauf pendant les guerres civiles où elles ont été plus nombreuses, mais où la qualité pouvait beaucoup varier et dont la plupart étaient en grave sous effectif). Mais il s'agit d'une armée de bataillons, d'unités tactiques de base, avec peu d'unités groupées en permanence: on ne voit des "brigades" (mot employé par défaut) qu'au niveau de l'armée palatine (la réserve centrale à l'échelon impérial), et encore de façon limitée à l'usage tactique (une unité d'infanterie lourde avec une auxilliaire). A moins que l'empire ait pu avoir une gestion centralisée des troupes pour gérer les carrières individuelles, ce qui est douteux pour la très grande majorité des effectifs, je ne vois pas comment il a pu rétablir un système analogue à celui de la légion. Donc comme tu le dis, la proportion de soldats pouvant avoir des perspectives au-delà de leur unité (même pas un "GTIA", et plutôt juste le bataillon) a du drastiquement chuter, ce qui impact le système de sélection, la motivation des troupes (qui du coup, doivent aussi devenir plus rapaces sur le butin, voire plus enclines à la désertion), la qualité de l'encadrement. Il reste un vivier important, mais il a du sérieusement baisser, et l'armée a du plus avoir tendance à se stratifier socialement. L'avantage de la légion (la moitié de l'armée romaine du principiat au maximum; c'est la limite à garder à l'esprit) est d'offrir un système de garnison ET de campagne/bataille permanent ayant une certaine échelle (opérative), donc un nombre d'échelons important (jusqu'au sommet de la hiérarchie militaire non nobiliaire, et ouvrant même une voie pour le premier échelon de la noblesse); la légion est un monde en soi (certains ici liront cette phrase autrement :D ), couvrant la quasi totalité de l'échelle sociale romaine et offrant beaucoup plus de possibilités d'évolution horizontale (spécialités, métiers, aussi bien militaires que pour la reconversion) et verticale (butin, retraite, promotion, ascension sociale). Outre l'attractivité, la motivation et l'incitation à bien faire (pour une part variable des effectifs, mais à mon avis plus importante qu'un autre système), facteurs pour lesquels on peut aussi attacher l'esprit de corps (et je dis bien "de corps"; un peu comme si on compare l'appartenance à l'USMC à celle régnant dans un bataillon particulier) lié à l'image et l'histoire de l'unité (qui a une dimension religieuse à Rome: la légion est une unité "religieuse"), on peut voir dans ce système intégré une capacité de sélection et de formation (donc de développement des talents, de brassage....) dans la durée qu'un effectif équivalent de bataillons séparés avec des contrats d'aussi longue durée ne peut fournir. Sauf à garder les dits bataillons toujours ensembles (et que cet échelon ait une GRH unique) et/ou à avoir une gestion centralisée (niveau impérial) pouvant totalement pallier l'absence de l'échelon légion: techniquement difficile, surtout à cette époque. C'est à peu de choses près ce qu'on retrouve, dans le principe, et en plus petit et cloisonné, dans le système régimentaire tel qu'il évolue sous l'ancien régime et tel qu'il existe encore en Angleterre. Majorité de la carrière des troupiers, sous offs et officiers au sein du même régiment (qui encompasse plusieurs bataillons), porosité faible entre les armes (la légion était dans une certaine mesure interarme, et le légionnaire DEVAIT avoir plusieurs métiers et toujours plus se former), cloisonnement sur des critères sociaux et éducatifs (plus prononcés que dans les légions: l'institution limitée des "warrant officers" offre cependant un débouché par le haut, mais très limité en nombres).... Si je comparais vraiment à l'époque actuelle, une légion, ce serait une brigade (ou division) interarme, rassemblée en permanence et opérant toujours, en entier ou en task forces, avec des unités venant de ce vivier unique. -
L'armée a généralement pu être un ascenseur social à travers l'histoire, dans une mesure plus ou moins importante selon le lieu et l'époque. Mais plus qu'un ascenseur social (quoique cet aspect soit pour certaines époques difficilement séparable du sujet seulement militaire), le point de ce sujet est de se focaliser sur le fonctionnement interne des armées comme système de sélection, promotion et progression, et l'importance absolument fondamentale de ce point sur l'efficacité militaire (tactique, opératique et stratégique) Les possibilités peuvent y être anecdotiques (quelques individus remarqués pour fait d'arme et "anoblis"/promus), limitées par paliers (on ne peut accéder qu'à la catégorie directement au-dessus de la sienne, et après c'est plafonné), bloquées quasiment irrévocablement pour certaines catégories (c'est particulièrement vrai et criant dans les systèmes de castes sociales: exigence de noblesse, ségrégations sociales/religieuses/ethniques....), limitées en tout sauf en nom (ségrégations et blocages officieux en état de fait, phénomènes de castes et chapelles internes, exclusion par l'origine géographique ou sociale, entrismes divers, niveaux d'éducation....). Bref, les situations sont extrêmement variées. Il semble quand même, mais c'est relativement discutable, que les armées organisant le plus la promotion vers le haut ont, à travers l'histoire, bien mieux performé que les autres. Cela exige avant tout un certain niveau de permanence d'un volant important des troupes (en pourcentage de l'armée totale mobilisée en temps de guerre), incluant une "active" (dans une armée de conscription) servant aussi de plate-forme de sélection des cadres et soldats à fort potentiel (soit pour les recruter, soit pour les utiliser/placer à leur avantage dans le cas d'une mobilisation), et évidemment la partie professionnelle des troupes (ou la totalité dans le cas d'une armée pro). Cela exige aussi un moindre cloisonnement social et culturel, au moins dans la mesure des "règles" communément admises dans une société à un moment donné. L'un des points les plus bas de l'histoire militaire à cet égard est le Moyen Age; un Etat central anémique ne peut maintenir d'armée permanente, même embryonnaire, à moins de considérer les micro-effectifs de professionnels directement entretenus par le roi comme la seule "armée" permanente puisque ce sont les seules troupes en qui il peut réellement avoir confiance et qui ne négocient pas leur emploi. Le résultat est une "armée" théorique de conscription par classe, extrêmement cloisonnée à quelques exceptions rarissimes près, sans conservation ni entretien des savoirs et savoirs-faires (et encore moins de "R&D" évidemment), sans organisation/optimisation/rationalisation des coûts (d'équipement, de casernement, d'approvisionnement). Tout repose en fait sur les individus, et au mieux les petits groupes sociaux et géographiques essentiels qui par ailleurs sont aussi, hors temps de grande mobilisation, des rivaux potentiels pour le pouvoir central et entre eux. A l'opposé, l'armée romaine fut le premier exemple à très grande échelle d'une "armée système" organisant la progression interne au maximum des possibilités pratiques, sociales et culturelles de son époque. On peut trouver dans nombre de "petits" peuples et ethnies, des systèmes en théorie comparables, mais il s'agit là de phénomène de très petite échelle: une tribu où tout le monde se connaît, ou presque, peut ainsi fonctionner, sélectionner et promouvoir de manière plus informelle et souple. Les barrières sociales peuvent y être moindres, ou en tout cas oubliées face à l'évidence du mérite. Mais sitôt qu'on quitte cette échelle anecdotique et qu'on parle de "vraies" armées, le paysage se vide et cette désertification répond pour l'essentiel à des questions d'ordre social/sociétal (et économique) et culturel. Peu d'armées antiques, sinon aucune (la macédonienne dans une moindre mesure peut trouver des éléments de comparaison favorable, pour la période Philippe/Alexandre en tout cas), n'a pu édifier un système de grande échelle aussi "ouvert", "progressiste" et surtout durable. Le système n'est pas parfait, et c'est pourquoi il faut le voir comme progressite seulement jusqu'à un point: Rome reste une société aristocratique avec des barrières sociales importantes, même si elles sont nettement plus poreuses que ce que l'occident médiéval a pu connaître. Par ailleurs, les limites techniques et culturelles (et de connaissances, notamment de "profilage psychologique", de limitation du système scolaire) de l'époque sont aussi des obstacles. Ces limites établies, on voit cependant dans l'armée romaine un système général qui n'a pas tant que ça à envier à ceux de notre époque, surtout dans nos armées actuelles "de temps de paix", qui ont leurs propres cloisonnements dont l'impact peut être important sur le volontariat, l'attractivité du métier, la "rétention" des meilleurs.... Je suis un "anti décliniste" dans l'analyse de l'histoire romaine (le déclin est un mythe hérité des débuts de la science historique), mais si une faiblesse durable a pu se créer dans l'armée romaine, ce peut être d'avoir renoncé à la légion comme système de GRH, vu que ces unités étaient un système de formation, de sélection et d'organisation de la progression sans équivalent. De ce point de vue, une légion romaine est un "organisme" de 6000h aux multiples échelons et sous-échelons, avec une forte porosité du bas vers le haut (sauf pour les 7 tribuns et le légat, rangs politiques et donc nobiliaires), et ce pour chaque "famille" de rangs et distinctions (légionnaire de base, légionnaire vétéran, sous-officiers, spécialistes, centurionnat) qui ont chacune de multiples "échelons" (sur l'effectif total, moins de 3000 légionnaires sont purement "de base", sans exemptions d'aucune sorte ou grade distinctif -et encore ce fait ne prend pas en compte les affectations et distinctions temporaires, les récompenses.... Bref, tout ce qui offre des opportunités et surtout des perspectives pour plus tard, qui sont des motivations). Cet aspect peut être tempéré par l'existence, malheureusement très mal connue et circonscrite (dans ses usages, conséquences, pratiques), de "livrets individuels" pour chaque soldat de l'empire, ce qui constituait une prouesse pour cette époque vu les effectifs et la surface concernés (ce fut déjà une chose -unique dans le monde antique- de le faire pour la seule ville de Rome). Ces "livrets" ont-ils permis une "GRH" à grande échelle de l'armée, permettant de se passer ultérieurement dy "système" que fut la légion? Impossible à dire, mais je tendrais à penser que les simples limites pratiques (temps, distances, effectifs, dysfonctionnements "normaux") sont trop importantes pour permettre un fonctionnement analogue, quoiqu'évidemment une gestion des individus puisse avoir existé à moindre échelle (celle d'une province militaire par exemple). On sait que ce fonctionnement existait pour les officiers supérieurs (cad de l'ordre équestre et évidemment sénatorial) qui pouvaient changer d'unités d'affectation et avoir un parcours de carrière long et varié, débouchant ensuite sur la politique. C'est plus dur de le savoir pour le centurionnat, mais évidemment par ailleurs, il faut aussi garder à l'esprit que la mobilité géographique est partiellement déconnectée de la mobilité dans le rang par la condition sociale (seuls les officiers supérieurs, et une certaine tranche supérieure -ou choisie- du centurionnat sont "bougeables" sans leurs unités). Mais l'accès à ces rangs supérieurs n'est pas fermé au rang, au moins jusqu'au sommet du centurionnat (les 2 plus hauts grades y sont anoblissants: centurion primipile et préfet de camp), qui reste une institution recrutant essentiellement dans le rang. L'après crise du IIIème siècle offre un autre système de progression, incluant par ailleurs les plus hauts échelons avec la séparation de fait des élites romaines en une élite politique/économique et sociale, et une militaire, et une disparition de la légion traditionnelle au profit d'unités plus petites et plus nombreuses pour une armée plus "modulaire", mais aussi une armée "stratifiée" en plusieurs familles d'unités de statut, prestige et qualité différentes (milices, limitanei, comitatus, palatins et scholes), au travers desquelles la progression est organisée, avec cependant une grande inconnue sur le fonctionnement à la base de ce système. Je vois mal en effet comment, depuis la base, quelque chose a pu remplacer la trentaine de légions de 6000h qui, comme un système régimentaire, pouvait fonctionner comme un organisme de sélection, formation et progression, via d'abord la mobilité interne dans la légion, représentant la majorité de la carrière d'un soldat parti d'en bas qui peut être "développé" d'une sous-unité tactique essentielle jusqu'à une unité opérative. J'ai du mal à voir comment un tel système peut être remplacé par un grand nombre d'unités différentes restant moins longtemps ensembles (elles ne peuvent pas selon moi former un organisme comparable), même si l'effectif global dans une province donnée reste le même. De ce point de vue, à effectif global équivalent, l'atomisation et la spécialisation au profit d'une armée de "bataillons" et d'EM permanents régionaux, si elle gagne en souplesse opérative et stratégique, gagne en spécialisation et en combinaison d'armes (à condition que l'entraînement reste), perd du point de vue de la GRH et de la promotion interne, étant donné que le monde romain est trop grand, et l'armée romaine trop peu centralisable, pour créer des "écoles d'armes" ou des "corps" internes pour organiser une progression et des carrières par spécialités (qui retrouveraient ainsi un effectif suffisant pour organiser une vraie progression). C'était le premier exemple. Il y en aura d'autres si je suis pas flemmard et si la température ne déclenche pas de "réflexe Pulco". Qu'en pensez-vous? Comment ce domaine s'applique t-il à nos armées actuelles? Où se situent-elles de ce point de vue? J'aurais pu citer un autre cas répété à travers l'histoire: le déclenchement des guerres est souvent le révélateur des défauts des armées de temps de paix: mauvais choix de modèle militaire et de système d'armes évidemment, mais dans la ligne du sujet, mauvais fonctionnement (ou mauvais système en général) de formation, de promotion et de sélection des personnels, des cadres, et, tout en haut, des chefs. Pour la France, la Guerre de Cent Ans, le début des guerres de la révolution, l'année 1914 et 1940 sont d'éminents rappels à cet égard, les valses de généraux virés à tour de bras n'en étant que la partie la plus visible.
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Réalisme des films de guerre
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Gran Capitan dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Pas un fan du Thunderdome :D ? Le plus culte des 3 (pas parce qu'il est meilleur évidemment)? J'entends bien, et on peut énoncer les "nouveaux" un par un pour voir leurs agendas, mais la question n'est pas là: le point était pour moi de demander quel était (ent) le(s) but(s) de Expendables (hors de faire du fric évidemment) dans ce registre des figures d'action: uniquement valoriser les vioques, promouvoir des p'tits jeunes, opposer les générations? Perso, j'aurais bien aimé plus d'insistance sur les vioques, façon Space Cowboys: les vieux singes qui connaissent encore pas mal de tours qui permettent d'irriter les djeunz -qui ne doivent pas être en reste non plus cependant (histoire de faire cracher un "j'ai plus l'âge de ces conneries" à Stalone :D ). -
Réalisme des films de guerre
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Gran Capitan dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
C'est quoi la "cohérence" de Expendables? Au début, je croyais que le but était de foutre toutes les stars d'action sur une seule bande (avec un quota disproportionné pour les ex retraités des années 80 qui sont le "sel" de la marque), mais il en manque tellement d'emblématiques (genre Vin Diesel, Channing Tatum, Liam Neeson, The Rock -hélas, il en fait partie-, Jeremy Renner, Robert Downey Jr -éventuellement-, Christian Bale....), au profit de demi sels (genre Liam Hemsworth et Randy Couture) que ça en perd sa cohérence, à moins évidemment que le but soit purement de mettre en valeur les vieux, et de nier la "nouvelle génération" en n'y prélevant que des "émergents" et anecdotiques, Jason Statham étant l'exception.... Peut-être pour son côté "entre deux âges" et sa visibilité toute relative -il n'a pas encore eu de "grand" rôle, ni porté un grand film sur ses épaules malgré le relatif succès du Transporteur qui reste un hit, mais pas un majeur. Sinon, vu récemment Fast 6, juste à signaler dans ce forum pour le "moment tank", avec une espèce de tank tuné (histoire de faire futuriste) qui se fait gicler d'une autoroute par des manoeuvres de bagnoles..... Un argument pour ceux qui sont contre l'allègement des forces mécanisées . -
Pour la note: le WSJ est un sujet de blagues permanentes dans les médias américains (même sur les Networks à l'occasion, pourtant si policés.... Et castrés de nature): sa crédibilité actuelle ne pèse pas très lourd et il a eu en fait une tendance marquée et continue à suivre le même genre de trajectoire que FoxNews: un média destiné à un lectorat de niche (même si une niche peut être nombreuse) très spécifique, et sans grande influence au-delà de ce qui s'apparente à une bulle tournant par et pour elle-même (comme Fox et un certain nombre de médias et émissions dont l'audience peut sembler impressionnante, mais qui ne portent pas ailleurs que sur une part de marché constante, très orientée, déjà acquise et enfermée dans ses rengaines). Bref, ça fait un moment que le WSJ est considéré comme perdu pour la cause et pris au sérieux par personne au-delà de sa petite bulle; un peu comme un cercle de poivrots refermé sur lui-même, toujours à la même table dans le même bar et auquel personne ne fait attention, les ignorant même quand ils gueulent fort et tapent sur la table.
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Amérique latine : l'armée en guerre contre les cartels de drogue
Tancrède a répondu à un(e) sujet de alexandreVBCI dans Politique etrangère / Relations internationales
::) J'avais pas vu celle-là! On leur a pas dit que les "vrais" templiers ont été abolis en 1307 dans un procès qui a eu une certaine portée "médiatique"? Le nombre d'associations de toutes sortes (souvent de l'ésotérisme à deux balles) qui revendiquent le nom est proprement sidérant, mais contrairement aux Hospitaliers (les chevaliers de Malte) et à quelques autres ordres (avec toutefois assez peu d'infrastructure; seuls les chevaliers de Malte ont du nombre, des moyens pour jouer à l'ONG authentique et une couverture internationale), la franchise "templiers" est morte et enterrée sous Philippe le Bel, et n'a jamais été remise sur le marché: seul le pape pourrait le faire (et vu que la papauté était un peu partie prenante à l'abolition de l'ordre ....). Donc dans ce cadre, y'a pas vraiment une seule organisation qui a le droit de revendiquer une "authenticité" quelconque, et certainement pas un statut comparable aux Templiers (qui ne peut venir que du Saint Siège). Alors un gang mexicain, pourquoi pas, après tout; ils peuvent revendiquer une autre partie de l'héritage templier, celui des croisades, de la rapacité (comme banquiers sans scrupules, on faisait difficilement mieux), des déprédations diverses et variées, de la participation active aux intrigues sordides et sanglantes de la scène politique et féodale européenne, d'un zèle fanatique à certaines périodes très brutal.... Ca marche aussi pour "l'authenticité" et "l'héritage", pour tous ces gens de tous ordres qui veulent au final juste essayer de s'équiper d'un nom à forte reconnaissance et d'une image cool .- 635 réponses
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(et 3 en plus)
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Chine
Tancrède a répondu à un(e) sujet de alexandreVBCI dans Politique etrangère / Relations internationales
Apparemment, ce projet immobiler est foiré: personne n'y va, les apparts n'ont pas été préemptés.... Ca peut changer, mais vu l'état de la demande et de la croissance en Chine (quand on sort de la propagande et qu'on enlève l'inflation, on est TRES loin des taux mirobolants qui sont affichés), ce genre de choses n'est pas forcément appelées à marcher, surtout qu'il faut voir ensuite, au-delà de l'architecture, comment la ville a réellement été conçue (proximité de zones d'activité, "ergonomie" et efficacité du système urbain....): il y a en Chine des projets urbains autrement plus intéressants et pertinents en la matière (projet urbanistiques et écologiques visant à créer la "ville du futur", ou plutôt "l'unité urbaine du futur"), plus susceptibles d'attirer du monde. Ce truc là semble juste un délire architectural provenant, si je me souviens de l'histoire, d'un magnat francophile s'offrant un caprice (et l'histoire est remplie de tels personnages persuadés d'avoir l'idée géniale qui marche à tous les coups). -
L'armée britanniques dans les campagnes de 1944 1945
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Charles XII dans Histoire militaire
Ne voit-on pas là un refuge dans la fiction, la "magie", bref, le fait de prendre ses souhaits pour des réalités et non plus des probabilités (à jauger sainement)? Dans ce cas précis, s'en remettre à un futur proche où les V1 et autres armes miracles résoudraient tous les problèmes d'un coup, histoire qu'un Hitler de plus en plus retranché dans l'infantilité (face à la pression croissante et à un massif "retour au réel" dont il doit avoir une certaine conscience.... Mais le refuse) n'ait pas de décision à prendre(celles du monde réel, aux coûts donnés et aux bénéfices incertains, mais en tout cas relatifs), lui qui prend de plus en plus le parti que "tout s'arrangera à la fin". C'est ce même réflexe qu'on voit ne faire que croître dans les sommets de l'absurdité et du délire face à une situation dont l'inexorabilité n'est que de plus en plus évidente. Entre le débarquement, moment où, apparemment, des possibilités existent encore, et les délires des derniers moments dans le bunker (où il manie des armées inexistantes et pique des colères d'enfant quand le réel lui est mis sous le nez), on voit juste une montée des degrés d'un même escalier, le réflexe de fuite en avant. Très très freudien :lol:: un enfant qui refuse de faire des choix parce que tout n'est pas parfait et facile, qui nie la réalité (de plus en plus fort), qui refuse la remise en question et préfère la fuite en avant (en tablant toujours sur un deus ex machina qui résoudra tout et en s'étendant ensuite des plombes sur le vaste et brillant futur qui vient après: choix du QG dans une Angleterre occupée, plans pour l'armée et la marine géante de l'après victoire, "vision" du futur Berlin....). On se demande, dans ces campagnes du débarquement, comment la structure du commandement allemand a pu foirer si constamment et à ce point; au final, beaucoup tient à ça et au blocage absolu du système de décision dont les organes (mal disposés entre eux par la façon de fonctionner du régime) n'osent pas aller dire au "cerveau" qu'il déconne. Les alliés avaient-ils à ce moment une méthode d'anticipation du mode de fonctionnement allemand, et de celui de Hitler en particulier? En terme de profils psychologiques, du fait de tabler sur telle ou telle réaction plutôt que sur telle autre.... Ou seul le renseignement réellement reçu servait de base de décision? Je demande, parce qu'on a par réflexe souvent tendance à assumer (et c'est à bien des égards très sain) que l'adversaire est au moins aussi malin que soi, qu'il fonctionne sur des bases de "rationnalité" analogues (quoique la différence culturelle soit souvent dans ce domaine la cause de bien des erreurs d'appréciation), et que donc, il est relativement prévisible dans ses choix (on peut au moins prévoir la gamme de choix qui s'offrent à lui, comment lui va voir cette gamme, et quels critères guident sa décision). Mais le cas Hitler est édifiant car on est là en face d'un adversaire à la rationalité discutable; y'a t-il eu des "surprises" (à conséquences de terrain) pour les alliés dans le comportement allemand à cette période? -
[Belgique]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Jojo67 dans Politique etrangère / Relations internationales
Non, c'est toujours mauvais à rappeler de cette façon: les "wallons" dont tu parles sont morts et enterrés, de même que ceux qu'ils méprisaient (mais pour qu'ils ont étrangement inclus dans un Etat providence), sans compter évidemment que globaliser ainsi sur des communautés est déjà un tantinet sectaire. Les portions plus ou moins importantes de la population flamande qui "renvoient" cet ascenseur imaginaire (mais en étant nettement plus radins côté pognon apparemment) sont bien vivants, "repayant" une blessure qu'ils n'ont pas subi eux-mêmes à des populations tout aussi vivantes aujourd'hui qui ne l'ont pas infligée. Un peu comme un descendant d'esclave sans aucune marque de fouet sur le dos, ou passé "d'objet" appartenant à quelqu'un d'autre, qui se vengerait sur le descendant de ce quelqu'un, qui ne lui a personnellement rien fait. C'est une chose de "porter" en soi le souvenir familal, c'en est une toute autre d'agir à titre porthume sur des "coupables par procuration", et c'en est une encore plus différente d'en faire un programme politique. En terme de justification, de position politique, la légitimité ou l'argument "moral" équivalent à moins que zéro. Par ailleurs, il me semble que l'élite flamande historique est celle qui a le plus donné dans le registre "anti-flamingand" (comme souvent les élites d'une zone dominée se font plus royalistes que le roi et méprisent plus durement les leurs), en se faisant ultra francophone pendant un bon moment avant de retourner sa veste par commodité politique et un revanchisme imaginaire mais bien commode à instrumentaliser politiquement (surfant sur les rancoeurs qu'ils avaient plus que largement contribué à créer). -
Ca rappelle l'énoncé des possessions de Ben Laden au lendemain de son exécution, avec insistance sur sa collection de porno et la bombonne de lubrifiant qui allait avec :-[. Parce qu'il y a en fait 2 logiques distinctes et dominantes dedans: la sécurité civile (ou ce que nous appelons comme tel) et le contrôle des frontières et de l'immigration (clandestine et régulière). La première représente une consolidation d'une myriade d'agences de tailles diverses qui représentent le niveau fédéral de la prévention et de la gestion de toute une gamme de catastrophes et d'urgences (naturelles, terroristes....), et de problèmes génériques (contrôle animalier et agricole, de l'hygiène et de normes sanitaires en général....), la seconde est essentiellement le service des douanes, de la surveillance des frontières et de la "gestion" de la citoyenneté et de la nationalité. C'est une logique de ministère de l'intérieur, mais en fait la version "fourre tout", ou plutôt "fourre tout le reste à part la police" (à l'échelon fédéral), parce que là, le FBI, l'ATF, la DEA, le Marshall Services et l'USSS (qui rappelons le, avant de protéger le président, est la "police de la monnaie") sont des organisations bien en place au service de ministères aussi très en place. Il n'y a pas de tutelle sur la police et le renseignement autant qu'il y a une coopération théorique (avec les habituels dysfonctionnements et aléas des guerres de service) et des structures permanentes de coopération sur des sujets donnés (notamment le terrorisme dans ses divers aspects). Il ne faut pas oublier qu'il y a de légitimes raisons pour ne pas trop "rationaliser" les services fédéraux américains; si on part de ce strict point de vue de "rationalité" de la mission, le FBI pourrait et devrait en théorie être LA police fédérale en général et constituer une agence unique concentrant un maximum de trucs..... Sauf que ça rappelle un peu trop le temps de J Edgard Hoover. De ce point de vue, le DHS est une rationalisation de tout ce qui n'est pas police stricto sensu, et avant tout les services de prévention sécuritaire et d'urgence, et tout ce qui concerne la nationalité et les frontières, tous domaines qui peuvent légitimement ressortir d'un ministère de l'Intérieur tel que nous le concevons, si ce n'est que la police proprement dite n'y est pas, vu qu'historiquement, elle ressort plutôt du département de la Justice aux USA (ce qui est assez légitime car n'oublions pas qu'on parle d'un Etat fédéral, donc fait d'Etats ayant eux, déjà, leur police, et en fait plusieurs échelons de police). Après, le fait est que la rationalisation opérée avec la création du DHS a été extrêmement mal menée, et l'occasion de beaucoup de malversations et usage politique du processus pour lancer en grand des "pork barrel politics", ce qui est en fait surtout le cas dans la partie "douane et frontières" de l'organisation, très abondante en personnels, et surtout très présente sur la frontière mexicaine qui est un "objet" politique dantesque aux USA, comme le dernier plan délirant de développement de la "sécurité" de cet endroit le rappelle. Plus de 30 milliards de dollars supplémentaires (et des milliers d'agents recrutés, de drones achetés et déployés, de milliers de systèmes vidéos....) pour une frontière qui, dans la réalité, est déjà sursaturée, sécurisée, et ne représente plus un problème réel d'immigration clandestine (bilan migratoire nul depuis plusieurs années, nombre de clandestins se comptant juste en dizaines/centaines....). Mais quand les tarés hurlent à l'invasion et que les politiciens locaux en font une plate-forme de campagne pour alimenter la parano et le nombrilisme d'un certain électorat....
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Réalisme des films de guerre
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Gran Capitan dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Merde, j'avais même pas vu le trailer.... Un peu tout caca, c'est vrai.... Dommage, Ben Kingsley n'est pas une mauvaise idée pour Rackham. En revanche, Harrison Ford est une idée déplorable pour Graff: pas du tout ce que le personnage est et surtout dégage. L'aurait fallu quelqu'un de plus roublard, cynique et décati :lol:. Philip Seymour Hoffmann aurait été génial. -
Pour l'instant, ce genre de choses sont des effets d'annonce étant donné l'état de la scène politique américaine et des blocages de plus en plus graves sur Capitol Hill. La récente affaire de "l'option nucléaire" (une menace de changement de règles de fonctionnement interne, aux conséquences directes et indirectes énormes, à la base sur la question du filibuster et de son abus par les sénateurs du tea party et de la droite conservatrice) a été évitée de peu au Sénat, et il est évident que ni le majority leader de la Chambre (John Boener) et le minority leader du Sénat (Mitch McConnell) n'ont le contrôle de leurs troupes, avec en général la frange la plus ultra du parti républicain qui de fait contrôle le processus des nominations aux candidatures. Cependant, des menaces massives sur le budget de la défense seraient par trop dommageables aux sponsors du parti, et de nature à forcer un retour à la table des négociations, et ce d'autant plus que, plus largement, Obama a repris l'offensive sur le sujet encore plus fondamental de la réforme fiscale et de la politique économique (le tout sur fond d'une nomination très attendue pour la future direction de la réserve fédérale). Quelle que soit l'issue du problème actuel de gouvernance des USA (et il faut s'en inquiéter), un point de rupture est proche, étant donné que le parti républicain, en état de "guerre civile" de fait, se divise autour de la question de provoquer, comme sous Clinton, un "government shutdown", soit de facto le refus de voter même un budget de gestion des affaires courantes (au-delà des services les plus basiquement essentiels), ce qui est comme faire semblant de jouer des muscles alors que cela affiche en fait leur incapacité à avoir une politique, et l'incapacité de leur direction à tenir leur monde.
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Réalisme des films de guerre
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Gran Capitan dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
A propos d'enfants et de guerre, en novembre arrive Ender's Game: pour le coup, il faut espérer que le film arrive à vraiment capter quelque chose d'un bouquin au final assez peu "visuel" et très introspectif (pour la vraie force de son propos). Je peux pas piffer Orson Scott Card, et les suites qu'il a écrit à cette matrice initiale me font royalement chier, mais celui-là vaut le détour.... Donc les attentes pour le film ne sont pas minces.... -
Cette affaire de "stop and frisk" continue de faire des remous importants, d'autant plus que le flic en chef qui l'a mise en place à NY est aujourd'hui le candidat désigné pour le poste de secrétary (ministre en fait) for homeland security.... Et qui se trouve d'autant plus embarrassé que des vidéos de lui dans les années 90 (et jusqu'à la moitié de la décennie 2000) sont sorties, le montrant condamnant fermement des méthodes policières de ce type, autant pour leur illégitimité que pour leur inefficacité, et leur effet contre productif sur la relation de la police avec les communautés (évidemment surtout celles de couleur) qu'elle protège (et "sert"). Dur de se contredire à l'ère de la vidéo :lol:, surtout quand on n'est pas un élu (qui ont apparemment un certain "droit" à dire n'importe quoi, puis son contraire, et s'en sortir.... Ou même à montrer leur service trois-pièce et continuer à se présenter comme des gens sérieux :-[).