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Intervention occidentale en Syrie
Tancrède a répondu à un(e) sujet de pascal dans Politique etrangère / Relations internationales
C'est pas une situation lybienne, avec un régime ayant juste un embryon de troupes loyales et compétentes, et surtout non renouvelables. Il a un réservoir de minorités (mais qui sont majoritaires dans les formations/cursus militaires) qui lui permet d'entretenir, dans une certaine mesure, ses troupes "stratégiques".... Le matériel, c'est moins sûr que la capacité de remplacement ad vitam soit garantie (dépôts et arsenaux perdus à l'ennemi, capacité de maintenance et moyens financiers grandement réduits, pertes opérationnelles, état du matériel avant guerre, en tout cas de la partie moderne....). Y'a très peu de chances, voire aucune, qu'Obama vise à créer un panier de crabes de cette ampleur: y'a déjà une ration suffisante. -
Intervention occidentale en Syrie
Tancrède a répondu à un(e) sujet de pascal dans Politique etrangère / Relations internationales
Et sinon, surtout, ça risque de mettre les Russes vraiment en colète et de compliquer plus sérieusement la situation: Obama va devoir vraisemblablement en passer par le Congrès (avec des Républicains qui vont tenter d'en faire un "vote de confiance" devant l'opinion), et ça risque d'être du peu au jus, avec des parlementaires de mauvaise humeur vu qu'ils vont devoir être rappelés pour une session extraordinaire (de leurs vacances pour certains, de leurs sessions de "town hall meetings" pour d'autres, mais surtout pour leur 1er métier: la levée de fonds de campagne), et qu'il est difficile aujourd'hui d'évaluer comment l'affaire syrienne va être utilisée/objectifiée par une scène politique américaine peu lisible à l'orée de la rentrée parlementaire (questions du vote du budget, du plafonnement de la dette, des séquestrations, de la dernière occasion de taper dans le "Obamacare"....). Obama doit pas être chaud, chaud de mettre la question syrienne sur la moquette de la Chambre. Toute frappe envisagée visera donc à ne pas compliquer encore plus que nécessaire la situation.... Notamment en risquant d'amener les Russes dans la danse (qui de leur côté doivent aussi rechercher à prendre des postures viriles et à éviter de faire trop de conneries). Il y a zéro chances que le gouvernement américain en général, et ce président en particulier, recherchent la guerre en Syrie. Ils sont plutôt en train de se demander quelles cibles remplissent le cahier des charges, faisant passer le message voulu aussi mais n'étant ni de nature à menacer le régime syrien ou à énerver les Russes trop fort. Y'a pas à dire: l'absence totale de la moindre alternative potentielle (même embryonnaire) à Assad rend les choses vraiment compliquées.... -
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Tancrède a répondu à un(e) sujet de pascal dans Politique etrangère / Relations internationales
En termes de barils, ce serait encore moins; leur production est en chute continue depuis longtemps, et le conflit n'a rien aidé. Mais c'est tout ce qu'Assad a comme ressource, donc à peu près sa seule marge de manoeuvre, y compris par rapport à ses alliés. TAPER! TAPER! Je ne vois pas vraiment d'autre cible qui porterait autant d'effets (dans la limite du cadre de frappes ponctuelles), enverrait un message clair et compréhensible sans être vide autrement qu'en symbole, sans pour autant déboulonner Assad. -
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Tancrède a répondu à un(e) sujet de pascal dans Politique etrangère / Relations internationales
C'est donc dans le plus pur intérêt national français de frapper. Sinon, le pétrole et le gaz syrien semblent grosso merdo se trouver dans l'est et le nord est du pays.... Est-ce à portée de tir? Morceaux choisis venus des alliés de Bachar, en cas de frappe américaine: - ce sera un second Vietnam pour les USA (un grand chef militaire iranien) - ce sera la fin de l'Etat d'Israël (le même) - nous défendrons le régime syrien jusqu'au bout, jusqu'au dernier homme (un représentant du Hezbollah) Beaucoup de ces remarques sont passées par Tweeter.... Ca fait pas sérieux.... Tout comme les déclarations. -
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Tancrède a répondu à un(e) sujet de pascal dans Politique etrangère / Relations internationales
Moi j'aime bien l'idée de l'ex ambassadeur américain, de taper le petit pactole pétrolier d'Assad, donc son porte monnaie pour acheter des armes à tonton Vlady: quelqu'un a une idée de ce à quoi ressemblent ces petites ressources pétrolières syriennes? Est-ce concentré en une zone? Si oui, taper ça pourrait être au moins un coup "made in France" avec de la classe O0 . -
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Tancrède a répondu à un(e) sujet de pascal dans Politique etrangère / Relations internationales
La décision semble toujours -au moins en apparence- en balance, mais le planning militaire a été déclaré comme étant largement avancé, et un chiffre semble circuler chez les gens "zinformés" (bref, des huiles du Pentagone laissent filer), celui d'environs 200 missiles, et de frappes ciblant spécifiquement des capacités de mise en oeuvre d'armes chimiques (donc pas d'autre type de cibles). Turquie et Australie sont considérés comme soutenant une éventuelle opération (la "coalition of the willing" est faiblarde) en plus de la France, mais l'avis général est que le hardware balancé sur la Syrie sera 100% made in USA (ils ont cependant une tendance à ne pas prendre en compte les trucs étrangers.... Sauf éventuellement si ce sont les Anglais). Si c'est avéré, outre du soutien et du renseignement, tout ce que que la France enverra, ce sont des soutiens aux uns et des grands discours aux autres. Sinon, dans un autre registre, Marc Ginsberg, ancien ambassadeur de la Maison Blanche au Moyen Orient et expert de la région, a été vu et repris de nombreuses fois ces derniers jours à propos de ses prises de position: pour lui, si une action doit être entreprise, elle doit cibler là où il est possible de faire mal à Assad de façon radicale en peu de frappes, mais sans changer immédiatement la situation (meilleur moyen de l'amener à une supposée table des négociations).... Et cette cible, ce sont les quelques ressources pétrolières de la Syrie encore sous contrôle du régime, et qui lui rapportent un petit pactole estimé à 15 millions de dollars en net par mois: somme pas gigantesque, mais qui sont actuellement la seule source de cash significative du régime, et qui est dans les faits ce qui lui permet de continuer à acheter des armes, munitions et approvisionnements divers aux Russes. Le soutien qu'il recevrait sans cette compensation (mine de rien, avec les aléas des estimations, on peut ainsi évaluer un minimum raisonnable de plus de 100 millions de dollars par ans, ce qui est amplement suffisant pour une guerre de cette ampleur -en s'ajoutant au "capital militaire" déjà acquis), de la part de l'Iran et de la Russie, ne disparaîtrait pas, mais perdrait nettement en ampleur, devrait être négocié (donc prend du temps et des concessions) et calmerait la position russe, mais surtout changerait les calculs d'Assad en restreignant ses options et en le forçant à envisager d'autres solutions à moindre terme. -
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Tancrède a répondu à un(e) sujet de pascal dans Politique etrangère / Relations internationales
A défaut son frangin qui, apparemment, aurait plus qu'une responsabilité écrasante dans le bombardement d'une école au napalm lundi dernier. Sinon, sondage NBC News d'aujourd'hui (enfin d'hier.... Enfin de vendredi, quoi): Les USA doivent-ils entreprendre une action militaire en Syrie? 50% de non, 42% de oui, 8% d'indécis. A noter que les proportions changent assez nettement dans les enquêtes utilisant des termes plus précis (notamment ceux de "frappes" ou "d'actions limitées" plutôt que "d'action", ce dernier pouvant évoquer l'engagement de troupes): quand il s'agit de supporter des frappes aériennes, on trouve 50% de oui, 44% de non et 6% d'indécis, par exemple. CCes enquêtes révèlent aussi l'importance du "fait" de l'usage des armes chimiques auprès du public américain, en même temps qu'une compréhensible méfiance à l'égard d'un gouvernement qui évoque des armes de destruction massive pour aller taper un autre pays (air connu, dira t-on). Résultat, les sondages sont sans ambiguité sur l'importance placée dans un vote du Congrès comme étape nécessaire (79% souhaitent l'approbation du Congrès).... Ce qui a peu de chances d'arriver, donc limite la marge de manoeuvre d'Obama quand à la nature et à la durée des opérations envisagées (et encore plus avec le rationnement qu'ont imposé les "sequesters" aux forces: fuel, munitions, entraînement, personnels, disponibilité en général.... A moins de changements massifs, l'Amérique a pour l'instant le souffle puissant, mais court). Par rapport au début, et même au milieu de la semaine, ceci dit, l'évolutionde l'opinion est sensible; je le signale afin de montrer comment une opinion se "travaille" (pour l'instant avec des efforts minimum), et à quel point la résolution d'Obama peut se sentir. Elle se voit aussi au ton que Kerry a pu employer dans sa déclaration de cet après-midi (18h environs heure française), et au fait que les informations divulguées aujourd'hui étaient connues depuis le début de la semaine, et ont donc guidé les postures prises (dont le sens est en fait clair, et d'autant plus qu'on le constate là après une semaine de prises de positions). Dernier détail amusant: Nancy Pelosi, la "minority leader" (patronne des démocrates, minoritaires à la Chambre) a fermement pris position pour des frappes en Syrie après avoir été convoquée, avec d'autres parlementaires, à la séance de présentation des preuves concernant les attaques chimiques. Pour la note, Nancy Pelosi est l'une des rares élues américaines (même parmi les démocrates.... A l'inverse de Mme Clinton) qui a pris position en 2003 CONTRE la guerre en Irak et le vote des pouvoirs de guerre au président d'alors. Sans présumer de connaître la vérité, quand ce genre de personnage prend la position impopulaire (et frapper la Syrie l'est aujourd'hui) à 2 reprises sur ce genre de sujets, je peux avoir tendance à accorder un minimum de "capital confiance" (sans prendre sa position à la lettre, je prends néanmoins ça comme un indice parmi d'autres). -
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Tancrède a répondu à un(e) sujet de pascal dans Politique etrangère / Relations internationales
Combien on va (et combien on peut) en balancer? Pour paraphraser Astérix, on peut bien leur montrer qui nous sommes (enfin qui est le Scalp), mais faudrait pas qu'ils voient combien nous sommes. Ensuite, avec l'absence de quantité vient le problème de l'absence de densité: ça parle plus quand on peut balancer les bouzins par cascades plutôt qu'un toutes les 3 heures ou plus. Sinon, petit lien pour télécharger le PDF laissé par la Maison Blanche sur le dossier des attaques chimiques: je le mets à titre d'illustration de la campagne médiatique (et politique) que mène Obama. http://tv.msnbc.com/2013/08/30/white-house-intel-report-on-syrian-use-of-chemical-weapons/ Ensuite, un amusant détail: le coût des opérations pour les Ricains, surtout en période de "sequester". De fait, la campagne ne peut qu'être limitée dans le temps, parce que toute extension requèrerait un vote du Congrès, qui n'est pas capable de voter quoi que ce soit en ce moment, et, dans le rapport actuel des forces politiques au conflit syrien, il ne semble pas que beaucoup de monde ait envie de voter là-dessus, ou même que la question arrive sur le tapis de la Chambre (le Sénat, ça semble un peu différent). On se trouve donc dans la situation où les Républicains pourraient refuser d'accroître les crédits militaires . Une première, ou une résurgence des isolationnistes (sauf que là, y'a bien plus qu'eux qui veulent éviter le vote). Extrait du PDF de la Maison Blanche (sur les préparatifs observés): Je sais pas où est cette banlieue de Damas (si quelqu'un me dit "à côté de Damas"....), mais elle va prendre. Ceci dit, si beaucoup de cibles liées aux armes chimiques sont dans le coin de Damas, quelles chances y'a t-il de faire du boulot pas trop sale? -
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Tancrède a répondu à un(e) sujet de pascal dans Politique etrangère / Relations internationales
Quelqu'un pourrait m'expliquer en quoi des actions de Rafales devant faire l'aller-retour France-Syrie sont autre chose que du pur symbolique? Note, ça fait bien sur la caméra, de dire qu'on "risque" des avions, plutôt que de "seulement" tirer des missiles depuis la "sécurité" de la mer, mais le message envoyé est trop faible (parce qu'il y a pas grand monde de dupe et que les opinions concernées par cette histoire se foutent de ce genre de choses). Parce qu'à moins d'avoir la super info sur un petit nombre de cibles ultra sensibles qui feraient super mal à Assad s'il les perdait (sa résidence d'été?), à ses généraux (le bar à putes réservé aux huiles?) et à son régime (failli faire un sale jeu de mots, là....), la petite quantité "pour la forme" qui sera assénée à cadence pré-artisanale va pas faire beaucoup pour signifier quoi que ce soit. Y'a quand même un peu trop de sources de toutes sortes qui crédibilisent les accusations (outre le fait qu'il y ait eu plusieurs occurrences), dont les ONG et témoignages civils sur place, un grand nombre de sources ouvertes.... Qui pointent dans le sens d'Assad (et y'a quand même, malgré le passif irakien, un peu plus de raisons de penser que les Ricains ont plus de moyens de se renseigner que quelques inspecteurs baladés par un régime dictatorial sur son territoire). Quand on sait en plus à quel point, encore aujourd'hui, les Américains (population, classe politique: même les néo cons la ferment, y'a juste quelques "faucons" à l'ancienne qui radotent) ne veulent PAS tremper le pied au MO, la thèse de la grande méchante conspiration tient pas la route. La question est plus du délai: dans l'état de l'opinion américaine (désolé, mais C'EST dans le sujet), une intervention semblerait requérir plus de temps, de "travail de terrain" pour amener une partie suffisante de la population là où un président décidé à intervenir la voudrait, afin de pouvoir légitimer (à l'intérieur) son action, couvrir un minimum son cul, voire soutenir son image "présidentielle" (y'a pas de grands gains politiques à attendre de ça; juste éviter le dommage). Une telle action n'offre pas de distraction par rapport à l'actualité, donc faut pas croire que pour le gouvernement américain, ce soit une question vitale, ou qu'il y ait le lobby militaro industriel qui fasse pression pour ça (eux, éventuellement, ils voudraient un débarquement massif en Syrie, voire tout le MO: ce genre de trucs, c'est peanuts). Donc on en revient au "travail" de l'opinion américaine et de la "scène" médiatique internationale (au moins ses pans concernés); ça ne se fait pas en quelques heures ou jours, et c'est pourquoi les déclarations de Kerry (plus enflammé qu'Obama depuis le début de cette histoire: une divergence?) m'étonnent. La semaine dernière, l'opinion américaine était encore catégoriquement contre. Cette semaine, l'idée de frappes de missiles a lentement fait son chemin: l'état d'esprit sur lequel les sondages et études s'accordent, c'est grosso modo "ouais, c'est pas bien et il faut bien le faire savoir et punir.... Mais fait chier, et faut vraiment pas faire quoi que ce soit de plus". Encore un peu de travail (infos, déclarations, débats, présence sur les médias sociaux, maintien du sujet dans le "news cycle....), et il y aura une majorité relativement acceptable pour ces frappes (plus, faut pas rêver). On voyait, pour illustrer ce "travail", de nombreux tweets lâchés ici et là par divers officiels (Susan Rice, Joe Biden....), tous très courts et destinés à circuler vite et faire réagir, sur le thème, essentiellement, des armes chimiques et de la crédibilité américaine suite à l'énoncé de la "ligne rouge". Ca veut dire qu'ils se tiennent à cette trame narrative qui constitue le cadre de leur action, et c'est ce sur quoi ils travaillent le/les public(s); faut pas croire que le vice président ou des personnes comme Rice lâchent des tweets spontanément ou partagent leurs états d'âmes du moment. -
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Tancrède a répondu à un(e) sujet de pascal dans Politique etrangère / Relations internationales
L'argument comme quoi si on n'intervient pas partout, alors on n'a aucune légitimité à intervenir où que ce soit (et que si on le fait on n'est rien qu'un sale hypocrite) en est-il un? Ce genre d'alternative renvoyées tête à tête existe partout, mais rarement aussi fort qu'en France, avec cette hypocrisie à reconnaître que l'intervention extérieure se fait pour des motifs de posture (idéalisme/droit international....) ET d'intérêt national. Et dans une certaine mesure aussi, pour des motifs d'opportunité (la situation n'est pas toujours favorable, qu'on le veuille ou non, ou rend le coût d'une opération plus élevé que ce qu'on peut se permettre) et de possibilité/capacité: combien de nations ont les moyens d'intervenir à l'extérieur, hors de leur voisinage? Et combien de tels "fronts" peuvent-elles mener en même temps ou dans une fenêtre de temps réduite? C'est pas sur ce forum qu'on aura à souligner la limitation de la capacité militaire d'un pays, et de la France en particulier. -
Merci pour les infos, mais effectivement, l'énormité potentielle de tout ce qui peut ressortir du SIGINT et du renseignement (surtout dans le DOD évidemment) en dehors de ces budgets "renseignement" stricto censu, tend à être dantesque.... Et souligner à quel point les ricains se donnent les moyens de "savoir".
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Tancrède a répondu à un(e) sujet de pascal dans Politique etrangère / Relations internationales
Ce à quoi je renvoie à répétition; voir les questions à la fin de mon dernier post. Mais faut pas non plus être fermé à l'intégralité de la chose, vu que des frappes ne seront qu'une partie des actions à venir si elles doivent être entreprises. Ce n'est pas la guerre en Syrie qui est traitée ici, juste l'action qui est envisagée actuellement, et le contexte précis dans lequel elle s'inscrit, cad la question des armes chimiques. Toute intervention en Syrie se décompose en aspects "techniques" qui TOUS sont des éléments à définir et prendre en compte pour décrire une opération militaire: - il faut un objectif fondamental à l'opération, un cadre, qui doit être défini clairement et être "imprimé" dans les mentalités des pays intervenants, et dans celles d'une part significative des opinions publiques participant au débat sur la question (bref, les opinions de tous les pays qui la ramènent sur la question). Il y a un "terrain" psychologique et politique à préparer pour que des frappes soient envisageables et puissent avoir une chance de porter un degré ou un autre d'efficacité politique, au-delà de la liste de matériels endommagés ou détruits. Mais tout cet aspect, qui encadre strictement toute action militaire et définir par là sa nature et ses limites, présuppose une raison précise sans laquelle la direction américaine des opérations ne peut définir une trame à l'histoire, donc un début, un déroulement et une fin. - il faut ensuite définir des objectifs physiques à cibler, tabler sur la mobilité de certains d'entre eux, leur "camouflage", les parades syriennes..... Et définir la nature de ces objectifs: bâtiments? Infrastructures? centres de décision et C3I (dont certains peuvent bouger)? Des individus particuliers (ça complique à bien des égards: renseignement, aspect politique/juridique....)? Des capacités spécifiques (production et mise en oeuvre d'armements chimiques: complication dans le séquençage des destructions, vu qu'il faut taper divers types de cibles, et une certaine quantité, pour détruire une capacité)? Des capacités à haute valeur ajoutée dont la perte équivaut à une "amende" lourde pour l'infraction syrienne (les centres C3I mentionnés, des sites radars, des installations et matériels aériens.... Donc incluant des pertes humaines certaines)? Chaque type d'objectif comporte son lot de contraintes techniques, de problèmes politiques.... - il faut ensuite orchestrer "l'exploitation" médiatique et politique, contrer l'offensive de rétorsions (politique, médiatique, monétaire/économique éventuellement, informatique/cyber-attaques....) et payer le nécessaire prix politique (variable) qui va avec ce terrain d'affrontement et les lendemains d'une frappe. Dans ce genre d'opérations, il ne faut pas se leurrer et dédaigner ce qui n'est pas du "pur" déchaînement de hardware: l'efficacité obtenue dépend de bien plus, et tous les aspects évoqués sont, dans des cas comme celui-ci, des éléments et aspects "techniques" d'une intervention en Syrie, qui tous sont des conditions vitales du résultat militaire et politique obtenu. -
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Tancrède a répondu à un(e) sujet de pascal dans Politique etrangère / Relations internationales
C'est pourquoi j'ai dit que beaucoup dépendait de la nature des preuves détenues par les Américains et que, pour l'instant, seul un petit nombre de personnes ont vues. L'autre problème est que trop de positions ont été prises publiquement, et sans trop de nuance ou de prudence. Personnellement, si ça devait en venir là, et précisément pour cette raison, il faudrait même taper un peu, précisément à cause de ces prises de position, pour garder une crédibilité à la menace qu'on brandit (parfois abusivement), à moins qu'il n'existe une parade magique et/ou une coopération d'autres parties pour sortir élégamment de la situation (ce que la Russie n'est pas prête à fournir). Cet argument ne marche pas à tous les coups: pour la France, par exemple, on sait très bien que ce genre de choses n'a pas le moindre impact sur la politique intérieure, n'aide pas un politique et ne détourne pas un iota d'attention des problèmes intérieurs. Aux USA, les actions envisagées contre la Syrie ne sont pas de nature non plus à changer quoi que ce soit à la scène intérieure et aux tendances électorales, à moins que ça n'amène des rétorsions d'ordre terroriste sur le territoire US ou que, cas très improbable, une intervention au sol en Syrie s'ensuive, ce dont personne ne veut et que personne ne votera, sauf peut-être un John McCain très très seul sur ce sujet. Dans l'état actuel de la scène politique américaine, y'a zéro chances que ça serve le gouvernement en place (et qu'il agisse pour cette raison); c'est au contraire un casse gueule potentiel qui peut servir certaines parties de l'opposition (ou plutôt certains individus) pour se faire mousser. Et là, on ne parle pas d'une guerre, juste d'une campagne de bombardement qui n'impliquerait sans doute même pas d'avions au-dessus du sol syrien, ou très peu. Ah? Les soupçons étaient du côté des Insurgés? Pas vu grand-chose qui mettait en cause des Insurgés disposant d'armes chimiques.... Et quels insurgés si c'est le cas? C'est aussi une bonne partie de ce qui est en question: quoi envoyer? Pour quel effet recherché? Quels types de résultats peuvent être obtenus par un bombardement par missiles de croisières? Quelle quantités sont envisagées et envisageables pour obtenir du résultat tangible? Que faut-il cibler? Que peut-on cibler? Quelle exploitation médiatique et politique peut et doit être fait pour obtenir des résultats? Ce sont des questions "techniques" à l'articulation du militaire et du politique qu'il faut envisager sérieusement. -
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Tancrède a répondu à un(e) sujet de pascal dans Politique etrangère / Relations internationales
Pour la crédibilité des Etats ayant fait, à tort ou à raison, de l'usage des armes chimiques une limite; et la question n'est pas de participer pleinement à la guerre civile hors d'actions discrètes, et certainement pas de renverser le régime Assad, mais de punir significativement, encore une fois de faire grimper le "cost of doing business" pour qui s'amuse avec des trucs dont on a décidé qu'ils étaient "pas du jeu". Donc taper, pas soutenir de rebelles (enfin pas plus que ce qu'on fait depuis 2 ans) ou renverser Assad, mais l'emmerder. Il faut voir cette question comme n'ayant virtuellement rien à voir avec le conflit syrien lui-même, ou une prise de parti dans ce conflit (évidemment, dans les faits, y'a quand même toujours un peu de ça, ne serait-ce que par le fait de sanctionner ou taper un camp et pas l'autre), mais comme une action punitive pour avoir marché en dehors des clous. Donc taper Assad, de manière à ne pas détruire sa capacité à avoir un régime, mais suffisamment pour lui faire comprendre qu'il peut perdre des billes auxquelles il tient (ou dont il a salement besoin), même s'il garde son sac et peut rester jouer dans la cour. Et ensuite faut le faire savoir pour que d'autres élèves ne soient pas trop tentés d'utiliser ces billes là, d'en acheter ou d'en fabriquer, parce que ça leur coûterait plus que ça ne leur rapporterait. Quand on a édicté une règle et qu'on a répété qu'elle était importante, si on ne la fait pas respecter, on perd plus que ce qui tourne autour de cette règle seulement. Et c'est encore plus vrai quand on a une puissance, la Russie, qui défie de faire respecter cetter règle (dont elle est signataire par ailleurs): reculer, c'est perdre beaucoup plus que ce qu'on pense de prime abord. Encore une fois, ce point n'a en fait pas grand chose à voir avec le fait de soutenir ou non les insurgés syriens, désormais. Pour compliquer la sauce: - si la Russie et l'Iran n'étaient pas aussi constipés sur le moindre mouvement américain, et ne le faisaient pas savoir, Obama aurait pu s'en tirer avec une petite frappe symbolique - mais si le mandat en Lybie n'avait pas été un ch'tit poil dépassé, la Russie et l'Iran ne seraient peut-être pas aussi "anal retentive", quoique personnellement j'en doute vu l'évolution de la posture russe et de la situation intérieure du pouvoir en Russie, et la nature du pouvoir iranien. -
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Tancrède a répondu à un(e) sujet de pascal dans Politique etrangère / Relations internationales
Plus encore que voir les choses en binaire et dans l'absolu théorique, faut aussi arrêter de voire les alternatives pour chaque cas en binaire: bien malin est celui qui prétend savoir ce qui serait arrivé si, dans telle situation, rien n'avait été fait, ou si les choses avaient été faites autrement. Dans le cas lybien, décréter que laisser Khadaffi aurait été mieux, ou critiquer ce qui a été fait, est très confortable, mais c'est aussi oublier que la situation avec la Lybie, à cette époque, en était arrivée à un point où le Khadaff devenait très incompatible avec.... A peu près tout le monde. Et qu'il posait autant, sinon plus de problèmes que ce que la situation lybienne actuelle semble amener. Sans oublier évidemment qu'il y AVAIT de fait une guerre civile en Lybie avant que l'OTAN l'arrose de bombes, des massacres sans nom (largement imputables au pouvoir en place) qui auraient continué pendant un bon moment, une situation qui aurait pu largement dégénérer, voire des voisins s'en mêler.... On peut faire un bodycount post-Khadaffi, et le comparer à une extrapolation de bodycount dans une timeline fictive où Khadaffi serait resté au pouvoir, ou d'autres scénaris prédictifs.... Quelle chaîne d'événements aurait créé le plus de bordel et de morts? Faut être très malin ou très prétentieux pour penser avoir une réponse certaine. Il est par ailleurs aisé de critiquer l'interventionnisme, et d'oublier que les conditions d'une intervention sont rarement décidées à l'avance, et sont toujours contradictoires et extrêmement contraignantes pour la liberté d'action (contraintes intérieures des intervenants, contraintes internationales résultant de la négociation d'une position politique). En ajoutant évidemment un fait qui correspond plus au thème principal de ce forum: on trouve rarement la formule militaire (militaro-politique, militaro-humanitaire.... Bref, tout les domaines impliqués selon la situation en plus de la force de coercition/destruction stricto censu, mais domaines qui reposent sur une mise en oeuvre principalement militaire), au sens d'un ensemble de solutions techniques et tactiques, qui réponde exactement à une situation. Bref, on fait ce qu'on peut avec ce qu'on a, et s'il fallait s'empêcher d'agir parce que la solution technique exactement adaptée et pertinente n'existe pas, on ne ferait rien du tout, dans la guerre comme dans tout type d'intervention. Il est très confortable de décréter qu'on n'en serait que mieux. Le monde est bordélique, la façon de faire du business est bordélique et créatrice de nouveaux problèmes, c'est comme ça et y'a aucune autre alternative. Et il est même difficile de faire des bilans après coup qui déterminent nettement si les avantages dépassent au final les inconvénients (sauf des années après, voire des décennies.... Et encore). -
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Tancrède a répondu à un(e) sujet de pascal dans Politique etrangère / Relations internationales
Ca n'a rien à avoir avec cette débilité de débat philosophique sur la justification ou non de limites sur les armes chimiques (quoique... Essaie de faire fonctionner un système international sans un minimum de règles); le fait est que ce genre de limites a été posé.... Dès que c'est le cas, le fait d'agir ou non ne dépend pas de la justification morale ou de la pertinence de la question posée, mais du fait de savoir si l'engagement des puissances prenant la responsabilité morale de ce genre de règles vaut quelque chose ou non.... Donc si elles veulent rester crédibles ou non (surtout quand l'avertissement a été répété comme dans le cas syrien). Ensuite, 5 Etats ne sont pas signataires du traité (dont la Syrie, l'Egypte et la Corée du Nord) et 2 l'ont signé mais pas ratifié (Israël et la Birmanie), mais ça n'empêche pas: - qu'il y ait une politique générale visant à interdire l'usage de telles armes, laquelle se trouve avoir une certaine réalité dans les comportements adoptés puisque Assad se sent obligé nier qu'il ait utilisé ces armes et de faire bonne figure - que cette convention, ce "tabou", s'impose dans les esprits, mais aussi soit imposé par des mesures de contrôle ET, si besoin est, des actions. Par ailleurs, le traité n'est pas la seule convention internationale interdisant/encadrant l'usage de telles armes: la première proscription date de 1925: c'est le protocole de Genève (appartenant aux Conventions de la Haye de 1899), qui adresse l'usage des armes chimiques et bactériologiques dans les conflits armés (incluant les guerres civiles). Et la Syrie en est signataire.... Ce pourquoi d'ailleurs Assad est et se sent obligé d'accueillir des inspecteurs, et se doit de se démener pour essayer de planquer toute preuve de l'utilisation de telles armes. -
Dans la même fuite, il était fait mention d'un afflux de fric massif dans les années qui ont suivi le 11 septembre, incluant des "budgets exceptionnels", pour les grands programmes de renseignement; plus de 500 milliards de dollars (je n'ai pas de période pour cette dépense). Pour un ordre de grandeur annuel: 'année fiscale 2013 alloue 52 milliards aux 16 agences de renseignement des USA (rien sur les sous-structures, "joint" structures, officines diverses.... Ou sont-elles toujours rattachées aux grandes agences?). Par ailleurs, quelle frontière peut-on établir aux USA entre les programmes de renseignement (au sens des agences proprement dites et activité "d'espionnage/contre espionnage" et de renseignement "stratégique") et les activités et programmes de renseignement des armées? Comment se répartit le rôle (et donc la nomenclature dans les budgets) au niveau satellitaire, par exemple, ou au niveau des moyens d'écoute, de guerre électronique.... Les frontières ne sont-elles pas très artificielles dans de tels domaines (et représentent de fait des budgets renseignement, et des sommes énormes)?
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Tancrède a répondu à un(e) sujet de pascal dans Politique etrangère / Relations internationales
Dans le registres des preuves, les transmissions semblent jouer un rôle important, du peu que les rares personnes les ayant consultées ont laissé filtrer: transmissions radios/audios? Messages sous forme électroniques? Ca crée vite du volume (soit des informations qui se recroisent, se répètent), dès lors qu'une chaîne de commandement est impliquée, surtout une dans un Etat bureaucratique où chacun couvre et recouvre son cul, se défausse et se défile pour ne pas servir de fusible, même s'il s'agit à la fin de changer une ampoule. -
Intervention occidentale en Syrie
Tancrède a répondu à un(e) sujet de pascal dans Politique etrangère / Relations internationales
La "ligne rouge" existe ailleurs que dans les déclarations des USA: l'usage d'armes chimiques (et des autres saletés) est une ligne rouge dans plusieurs traités et conventions assez largement signés et publiquement assumés, la restriction de et dans l'emploi de la violence par les Etats est une des bases de l'ONU, la condamnation (au moins en théorie suivie d'effets) de tels comportements est corollaire de nombreuses alliances militaires, il existe de nombreux programmes, accords, campagnes et organisations reconnus comme légitime pour éviter la prolifération de tels armements et réduire leurs stocks.... Le simple fait que des inspecteurs en la matière soient en ce moment en Syrie le rappelle, tout comme le fait que Bachar, même aux abois et isolé, soit forcé de les accueillir, rappellent que ces règles de comportements sont si profondes, au moins dans la forme et les figures imposées des relations internationales, qu'il s'agit d'impératifs politiques bien réels. Laisser faire en la matière peut détruire ce début d'édifice. On peut discuter en théorie de la pertinence ou de la logique de telles conventions, les voir comme des "tabous" absurdes, voire aller jusqu'au débat fondamental de savoir si la guerre et l'emploi de la violence doivent avoir des règles et si elles se justifient.... Mais le fait est que ces normes sont quand même là, plus ou moins largement signées, plus ou moins largement acceptées, et revendiquées par nombre de puissances comme des faits. Dès lors, ça devient une question de crédibilité des Etats et de réactions face aux risques d'escalades dans le développement et l'emploi de certaines capacités si elles sont "banalisées" par une inaction constante face à de tels faits. Tout système international a besoin de règles fixes, de certains repères constants; les briser a historiquement toujours été désastreux. C'est aujourd'hui la seule question pour les USA: s'il y avait une alternative à Assad et que l'Amérique n'était pas en syndrôme post-irakien, on pourrait suspecter des intentions de changement de régime et, effectivement, de cas du "plus fort qui veut taper le plus faible et lui imposer sa loi", mais là, on est à des lieues de ça. Il n'y a rien d'autre qu'Assad pour garder un semblant de cohérence à l'espace syrien (n'appelons plus ça un pays), les USA se retirent de 2 guerres longues et coûteuses (56 000 morts et blessés "marqués", 4 à 6 trillons de dollars au compteur) avec une opinion freinant des 4 fers à l'idée d'une autre guerre (surtout au MO) et une scène politique divisée et polarisée à l'extrême (dont des tendances pour qui tout et son contraire devient un prétexte pour dire "merde" au président). Ceux qui voient là un "maître plan" des USA pour taper sur la Syrie manquent le tableau.Et si on y ajoute le possible micmac avec la Russie que des complications à cet endroit pourraient amener.... La question des preuves de l'action va être cruciale: le "smoking gun" semblerait irréfutable et pourrait justifier une certaine gamme de rétorsions.... Mais est-il liable (j'entends de façon prouvable) au commandement central syrien et à Assad en particulier, ça c'est autre chose. Les preuves, que pour l'instant les USA n'ont pas divulguées (sauf à un comité réduit du Congrès et un groupe d'experts et chefs de divers services), sont donc cruciales. -
L'avenir de la péninsule coréenne
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Andromeda dans Politique etrangère / Relations internationales
On te laisse deviner à qui son accès est réservé.... Y'a peu de chances que ce soit un sport de masse. -
Intervention occidentale en Syrie
Tancrède a répondu à un(e) sujet de pascal dans Politique etrangère / Relations internationales
Ah, Assad est en fait un démocrate humaniste incompris de ses contemporains? Délires à part, la question des preuves américaines est politiquement cruciale, tant à l'intérieur des USA (Congrès et population) qu'à l'extérieur (alliés, mais surtout "scène publique" onusienne et médiatique); l'essentiel de la temporisation actuelle par Obama est essentiellement due à la gueule de bois post Irak. Avoir des alliés sérieux, un dossier sérieux, et une opinion raisonnablement convaincue sont aussi essentiels pour lui que réussir à donner un cadre précis à une action de rétorsion, cad à lui donner un début et une fin, donc un objectif compréhensible et atteignable. Le but est de punir l'usage d'un type d'arme qui, à tort ou à raison, est considéré assez largement comme une limite à ne pas franchir, et dont le président Américain a lui-même réitéré le statut spécial il y a peu en le plaçant comme une "ligne rouge" en parlant du conflit syrien. La question, une fois cet engagement établi, n'est plus de savoir si les USA vont agir, mais quand, comment et pour quel objectif. L'autre aspect est le rôle de la Russie, et de savoir si il va aussi y avoir un jeu de qui a la plus longue entre Barrack et Vlady, vu l'embouteillage naval qui se profile entre Chypre et la Syrie. Mais dans les deux aspects de la question, la crédibilité US est mise en jeu, par le principe général établi contre les armes chimiques, et par la ligne rouge précisément placée par Obama dans ce domaine dans la situation syrienne. C'est aussi con que ça, et ça n'a en fait rien à voir avec les syriens et leurs souffrances. Une partie de la question de l'emploi des armes chimiques, de leur éventuelle banalisation, se joue aussi ici. Après, ça devient plus "bassement" technique: qu'est-ce qui peut obtenir un tel résultat, dès lors qu'on exclue tout déploiement au sol, voire une vraie campagne aérienne (afin de ne pas déployer trop d'avions trop souvent au-dessus de la Syrie et risquer des complications)? Est-ce possible avec des seuls bombardements par missiles? En tout cas, préparer l'opinion américaine ("c'est une campagne de bombardement uniquement", "pas de boys envoyés", "les preuves sont pas bidonnées ce coup ci", "c'est dans notre intérêt"), la scène politique intérieure (pas avoir des "antis" qui hésitent et restent vagues avant pour mieux dire "j'étais contre, j'avais tout prévu et il a eu tort" après) et la scène médiatique et politique extérieure de la guerre ("pas de changement de régime", "les faits invoqués sont réels"....), sont des impératifs absolus. C'est une chose de statuer des positions claires (c'est plus ou moins en cours), c'en est une autre de les imposer comme la toile de fond des débats et du discours général, dans les esprits des populations et dans le discours des dirigeants. La scène publique est un champ de bataille cruciale pour qu'une action ponctuelle comme un bombardement soit un essai transformé et non une démonstration vide de sens. Après, ça dépend aussi en partie du volume de feu déversé, des cibles touchées (et vues comme étant touchées), des circonstances des événements (pas trop de bobos collatéraux) et du dommage réel causé aux moyens d'Assad de mener la guerre "à sa façon", tant en capacité opérationnelle qu'en capacité à utiliser des saletés. Il y a un élément de dommages réellement causés, mais qui là ne peut dans un tel cadre être vraiment public (car difficile à prouver dans une opération ponctuelle), qui joue et n'a d'effet sensible que dans les chancelleries et dialogues entre parties prenantes: c'est le fait d'augmenter le "cost of doing business" pour Assad (dont les moyens sont quand même comptés et peu rapidement remplaçables). En taper au passage, un peu (ou plus qu'un peu) au-delà du seul "mandat" de faire mal aux capacités "hors la loi", fait partie de la punition envisagée et des règles du jeu. Ce sont donc deux axes: - obtenir un résultat visible d'une campagne de bombardement, essentiellement faite par missiles, impliquant donc une forte action médiatique et politique, sur la scène américaine et sur la scène mondiale - taper relativement durement certaines capacités syriennes (utilisation et fabrication d'armes chimiques, décision et C3I), en guise d'avertissement plus que symbolique, voire faire payer une note pour la forme (taper des trucs qui coûtent), sans mettre en danger le régime cependant (et en le faisant savoir) Ces deux axes sont compatibles jusqu'à un certain point: au-delà, lequel vous semble le plus important? Personnellement, je ne sais pas de quoi il faut avoir le plus peur: des USA ne faisant rien, ou des USA faisant quelque chose. La situation a placé Obama dans une position vraiment dégueulasse, tant sur sa propre scène politique que sur la scène internationale. 'voudrais pas être dans ses pompes, pour celle-là. -
Intervention occidentale en Syrie
Tancrède a répondu à un(e) sujet de pascal dans Politique etrangère / Relations internationales
Séance houleuse au Parlement britannique aujourd'hui: Cameron est aux prises avec une opposition parlementaire lourde et une division (hors de la ligne de partage politique entre majorité et oppositions) au sein des formations politiques sur la question syrienne. Résultat, le vote sur l'autorisation d'une action armée est décalé d'une semaine. Traduction pour l'extérieur: la direction britannique temporise. Obama va t-il s'appuyer sur ce délai pour temporiser lui-même? Peut-il se le permettre? De fait, il semble forcé d'avoir des alliés sérieux: syndrôme post Irak, risque d'avoir à passer outre les résolutions de l'ONU, ce qui semble se dire à Washington est qu'il n'est pas prêt du tout à y aller seul, à moins d'être politiquement et publiquement mis au pied du mur (et traité de tapette de toutes les directions, quoi). De même, il semble avoir besoin de l'appui du Congrès et refuser l'idée d'avoir recours au "war power act" lui autorisant une action unilatérale pour un délai donné. En fait, en politique intérieure US tout comme à l'ONU et pour la scène médiatique mondiale, beaucoup semble reposer sur le cas qu'Obama peut faire à partir des preuves d'usage de l'arme chimique. Connaît-on leur nature et leur degré d'irréfutabilité? Ne sont-elles que circonstancielles? Les Américains peuvent-ils s'en servir, ou du moins se servir de certaines, sans révéler des sources ou des capacités de renseignement dont ils ne veulent pas faire la publicité? Ces preuves semblent le seul moyen de mettre publiquement Chine et Russie le nez dans leur propre caca, si elles sont suffisantes, et d'obtenir quelque chose, même d'ambigu, à l'ONU. -
Intervention occidentale en Syrie
Tancrède a répondu à un(e) sujet de pascal dans Politique etrangère / Relations internationales
Tout ce qui s'appelle U2 a un point commun: la retraite, ça n'existe pas. Comme pour la classe politique et les présentateurs télé: si on veut les voir prendre leur retraite, faut les foutre dehors manu militari. -
Intervention occidentale en Syrie
Tancrède a répondu à un(e) sujet de pascal dans Politique etrangère / Relations internationales
D'une part, on peut imaginer que les opérationnels américains anticipent ce genre de trucs et font leur ciblage en fonction: les médias ne sont pas ceux qui désignent les cibles, et par ailleurs tout n'est pas déménageable. D'autre part, l'acte est médiatique et politique avant tout; le but est de châtier l'utilisateur d'armes chimiques et de lui signifier que ça coûte: ça peut impliquer un vaste panel de cibles à haute valeur ajoutée, mais ça implique surtout d'avoir une vaste campagne médiatique multinationale coordonnée pour faire caisse de résonnance et exploiter l'événement que seront des frappes ciblées, très douloureuses ou non. L'impunité américaine, l'absence d'investissement et de risques de leur part, la puissance déployée et le tintamarre médiatique s'ensuivant (s'il est bien mené avec un orbat et une stratégie médiatique bien foutue.... Ce qui doit se préparer en ce moment), sont la démonstration de puissance réelle dans la politique visant à répliquer sur le sujet des armes chimiques: taper au moins un peu la capacité, mais frapper de façon importante en toute impunité, et le faire savoir. Il est néanmoins clair que quelques-uns des objectifs, ou au moins un seul, doivent bien "donner" à l'image, pour appuyer le propos (ou l'accumulation de cibles frappées pour donner l'impression de la quantité), afin de lui donner une dimension symbolique. -
Intervention occidentale en Syrie
Tancrède a répondu à un(e) sujet de pascal dans Politique etrangère / Relations internationales
Désolé, je sais pas si je t'ai rendu service: Rand Paul (et son père), c'est comme Twilight, on ne sait pas à quel point on a de la chance de ne pas connaître.... Un peu comme la Syrie aussi, doit se dire Obama en ce moment. Sinon une sucession de petites et moins petites infos vues sur la télé américaine dans les émissions d'aujourd'hui (c'est donc grosso modo sur ça que se base "l'humeur" du moment de l'opinion publique, le "ton" général de leur agora), sur le sujet des réactions aux annonces/rumeurs de frappes américaines: - L'Iran et la Russie se sont déclarées en mode de coopération maximale pour empêcher toute action contre la Syrie - en Israël, on verrait des citoyens acheter en masse des masques à gaz en cas d'attaque de représailles de la Syrie ou de l'Iran, avec apparemment des avis de violence généralisée à la région entière. L'info retransmise décrit cela comme un flux massif de citoyens allant chercher leurs masques - au Liban, la seule annonce des frappes aurait accru brutalement l'afflux de réfugiés syriens (déjà 700 000 officiellement recensés: le système d'accueil serait en grave crise - un officier général iranien a fait l'annonce syndicale désormais de rigueur: toute action armée des ricains contre la Syrie sera pour eux un second Vietnam ::) : c'est annoncé à chaque fois, ce truc, maintenant (à tout Etat occidental). Je les croirais quand j'aurais vu des avions américains patauger dans une rizière en hurlant "coloneeeeel" (ou est-ce "adrieeeenne"?) Je ne prétends pas à l'exactitude des faits: c'est ce que la télé ricaine annonce (et pas les chaînes "radicales"). Pour rappel, la position officielle prise par Obama hier soir dans une interview multi-chaînes: - le régime syrien EST responsable des frappes chimiques - la décision de frapper n'est "pas arrêtée" - il a fait cependant une longue apologie de l'intérêt de séries de frappes limitées Au même moment, le ministre de la défense Chuck Hagel annonçait que les forces US étaient maintenant prêtes à frapper dans la minute, "just like that". Bref, Obama réserve ses options, attend sans doute une accumulation de renseignements opérationnels et du soutien diplomatique, essaie d'avoir un relatif consensus politique intérieur (plus dur qu'avoir un avis uni de la Ligue Arabe), prépare le terrain médiatique intérieur et extérieur, procrastine sans doute un peu en espérant soit qu'un truc terrible arrive qui condamne Assad plus nettement, soit que le St Esprit résolve tout pour lui, et laisse décanter dans l'opinion américaine l'intérêt de frappes de missiles répétées. Il y a sans doute aussi un élément de recherche d'impact médiatique de frappes déclenchées après, pendant ou juste avant une intervention publique du président, ce qui suppose j'imagine un important travail de renseignement, coordination (y compris avec les alliés), ciblage.... Pour faire son petit effet.