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Tout ce qui a été posté par Tancrède
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Opérations au Mali
Tancrède a répondu à un(e) sujet de pascal dans Politique etrangère / Relations internationales
Comme dit plus haut, un des facteurs à prendre en compte: ne pas prendre les Américains pour des cons ou des bourrins. -
Opérations au Mali
Tancrède a répondu à un(e) sujet de pascal dans Politique etrangère / Relations internationales
D'après le reportage, c'est plus un truc entre membres des FS (pour autant qu'on puisse se fier à un reportage français sur des questions militaires) qui se critiquent les uns les autres. Maintenant, au lieu de jouer les Français qui "savent" l'Afrique et la guerre face aux critiques ricaines par essence injustifiées, la chose doit plutôt être envisagée via 3 facteurs dominant: - les ricains savent un poil ce qu'ils font côté militaire, et les Européens, à part dans quelques cas et sur quelques sujets, feraient mieux de pas prendre facilement de haut la critique qui vient d'ailleurs, surtout quand ils sont aussi dépendants de l'appui ricain qui laisse un légitime côté "charlots en vadrouille" aux expéditions lancées avant de voir s'il est possible de les réaliser correctement et de les soutenir. Donc la fierté outragée est mieux gardée à l'écart. - dans quelle mesure la critique américaine dépend elle aussi de facteurs plus émotionnellement motivés (ceux qui auraient voulu y aller et se voient frustrés par une administration Obama plutôt anti-interventionniste) reposant plus sur l'attitude du commentateur n'ayant rien d'autre à foutre que regarder - la différence de doctrine qui impacte le jugement de tout observateur qui glisse vers une critique réalisée en fonction de ses propres priorités et méthodes (et juge de ce fait à quel point celui qui opère -ici la France- s'en éloigne, et non si la méthode est pertinente ou non); là, il s'agit de l'habituelle barrière interculturelle, valable dans tous les domaines, et qui force instinctivement à juger en termes de "supériorité" ou "d'infériorité" sans pouvoir concevoir le "différent". A noter aussi qu'on évoque plus des bruits de couloirs: on sait pas si c'est une critique généralisée ou juste quelques commentaires parmi des milliers d'autres, de toutes sortes.... Autant dire que s'emporter sur quelques bruits rapportés par une journaliste (qui plus est française, donc particulièrement peu au fait des choses militaires et de la politique extérieure) revient à se fatiguer les nerfs pour rien du tout, au moins avant d'en savoir plus. De tels échos peuvent être aussi bien juste ça, quelques commentaires de bars, qu'une critique professionnelle généralisée ou non (et plus ou moins justifiée), voire plus largement un prétexte reflétant une hostilité plus politique quand à l'action en Afrique (et renvoyant de ce fait à la course à l'échalotte présente et à venir entre puissances sur ce continent). -
Investir dans la défense ou investir dans la guerre économique ?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Carl dans Economie et défense
Tu crois que ce sont les RP qui font qu'un pays exporte bien dans un autre (si tant est, dans l'exemple cité, que le Mali ait de quoi acheter)? Il est récurrent sur ce forum de voir des gens persuadés que faire une OPEX amène des contrats, mais là.... Par ailleurs, comme Gally le rappelle, faut envisager les choses sous leur vrai coût: opérations et présence extérieure sont chers et doivent être ramenés au coût réel qui permet de les obtenir.... Un des exemples classiques est l'empire colonial français, qui a certes fait la fortune de quelques entreprises, familles et villes, mais a nettement plus coûté à la France qu'il ne lui a rapporté (Maroc excepté, qui était rentable). -
Investir dans la défense ou investir dans la guerre économique ?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Carl dans Economie et défense
Ca c'est très loin d'être si catégorique (en plus, mettre Portugal et Grèce, des pays au final peu développés, surtout avant d'entrer dans l'UE), et en attendant, oui, les "populations" de ces pays exportateurs ramassent, et ça ne s'est pas amélioré en 10 ans: ça devient structurel, ce qui a et aura nécessairement des conséquences politiques, en plus de compromettre leur position économique. Quand les retraités et vieux actifs allemands demandent toujours plus de politiques conservatrices pour favoriser leur épargne, l'impact est réel et dur sur l'investissement en général en Allemagne (pas que les secteurs exportateurs), et ils le font pourquoi? Pour soutenir leurs enfants qui eux galèrent. Ca s'appelle un cercle vicieux, et ce cercle a des exutoires politiques (populismes divers, pas forcément extrêmes, mais rigidifiants pour la marge de manoeuvre politique), sociaux et économiques. C'est pas parce que d'une année sur l'autre, ça peut sembler être "une guerre remportée par l'Allemagne" que c'est aussi vrai au bout de 5-10 ans. Et là, le temps joue plus contre eux (et contre la France), surtout dans un contexte d'économies aussi intégrées et interdépendantes que celles de l'Allemagne, de la France et de l'Italie (au-delà du lien de l'UE et de la zone euro). Et la conséquence est qu'ils surpayent beaucoup de leurs matériels militaires, qui ne sont même pas, en plus, dans la plupart des cas, parmi les plus stratégiques (on s'obsède pour les Pumas ou LeoII, mais c'est pas vraiment les trucs les plus significatifs d'indépendance militaire), ce qui limite leur capacité d'acquisition, la latitude de choix de leurs armées sur les matos (et la doctrine qui va avec) pertinents.... Leurs achats militaires nationaux (et en plus, les composants de ces matos obéissent aussi à la loi du 100% allemand, autant que possible) sont très chers et contraints, ce qui par ailleurs concourt à rigidifier autant leurs capacités que leur doctrine, et les orientations de leurs savoirs-faires, soient les vices, en économie, d'un marché contraint à tendance oligopolistique/monopolistique, sans même une politique extérieure orchestrant des OPEX, même réduites, de nature à leur donner un bain de réalité (voir ce qu'a fait le contingent allemand en Afghanistan). -
Oui et non: le problème là est que, et c'est notablement plus prononcé en France, on essaie de réfléchir purement en termes d'institutions et de dispositifs écrits, ce qui, dans ces domaines en particulier, est illusoire. On ne peut prévoir la réalité dans son intégralité, et essayer de le faire conduit plus souvent à de mauvais dispositifs ou à des dispositifs catastrophiques. Il y a besoin de souplesse, d'entente, de coordination, de compréhension du métier de l'autre, de consensus politique plancher.... Soit des choses qui justement ne peuvent être enfermées dans un dispositif légal, et nécessitent une culture particulière plus qu'une tentative par essence vaine de définition par avance de la réalité et de pointillisme légaliste. Un cadre légal/règlementaire est nécessaire, mais il ne peut être que vague et se contenter de placer des limites et gardes-fous (face à des débordements de divers types: usurpation d'autorité politique, abus sur le théâtre d'opération, comptes à rendre....). Et les politiques ont par essence du mal à faire ça, spécialement en France et spécialement sur les questions internationales: ils ne veulent pas assumer quelque chose, ils sont jaloux de l'autorité (véritablement parano) et hypercentralisateurs/micromanagers, quand bien même ils ne connaissent pas grand-chose à ces domaines....
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Le pire étant que cette stance est complètement hypocrite, étant donné que quand on les interroge, et plus encore quand on interroge leurs militants, les Tea Partiers ne veulent pas couper les dépenses militaires/sécurité, Medicare et la Social Security (qui sont l'essentiel du budget américains, le reste étant véritablement du détail, en tout cas impropres à changer les grandes données de la dépense publique): leur électorat est avant tout fait de retraités/vieux actifs et de populations d'Etats à faible économie, donc pour eux, toucher au Medicare ou à la Social Security (ou au budget militaire étant donné que les Etats du sud sont surmilitarisés et que les "ranks and files" des armées sont disproportionnellement du sud) est un suicide. Le seul objectif réel des républicains, surtout des conservateurs, dans cette question, est d'obtenir quelque chose, de faire du parasitage pur et simple (au risque d'aggraver le coût de la dette US et de compromettre l'économie, ce qu'ils ont déjà fait il y a 2 ans), en dépit des codes non écrits du Congrès et du simple objectif du service public, ce pourquoi cette action est très mal vue même dans l'électorat républicain. On voit l'impact de l'argent dans la politique US: se faire financer en grande majorité par un nombre réduit de "special interests", et avoir plus besoin de lever des fonds de campagne que de rendre des comptes à l'électorat, permet de se distancer de toute obligation. Résultat, un candidat républicain est "sur commande" de la part des organisations conservatrices et autres sources de financement, qui commandent les appareils et choisissent les candidats (ou les candidats aux candidatures), et l'électorat républicain est prisonnier du fait, vu qu'il n'a alors d'alternative qu'entre l'offre qui lui est présentée, et voter pour l'adversaire démocrate (ce qui marche pour les swing voters, mais pas pour l'électorat "fixe").
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Pas tant que ça, et la plupart étaient contre toute forme de religion organisée (si on regarde le protestantisme américain actuel, il est devenu en grande partie ce contre quoi le protestantisme s'élevait dans l'Eglise catholique au départ), contre la présence des organisations religieuses dans le débat public.... Georges Washington lui-même était agnostique, voire athée, et Jefferson était plus nettement athée.... Et ce sont 2 des figures suprêmement "revendiquées" par les Teabaggers :lol:. Les 2 étaient d'immenses fortunes (Washington est, il me semble, dans le top 20 des hommes les plus riches de tous les temps -sous réserve que ce qui permet de faire ces comparaisons soit si pertinent) en grande partie héréditaire, des aristocrates de fait qui pensaient comme tels et voyaient le monde (et le peuple) comme tels.
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L'idéologie des conservateurs PRETEND se référer aux pères fondateurs: ils utilisent la référence, ils l'illustrent en citant ce qui les arrange et en le sortant de tout contexte, ils déforment, ils interprètent, ils nient les changements du monde (en oubliant le fait que les "principes" fondateurs ne sont pas détachés d'une réalité contemporaine à leur écriture, ce que précisément les pères fondateurs ont inclus dans la pensée initiale.... Notamment par le fait de prévoir que la Constitution soit amendable; Jefferson allait même jusqu'à dire que les principes -et la Constitution-devraient pouvoir être réécrits à chaque génération).... En bref, ils font ce que les extrêmistes religieux font avec leurs textes de référence: les utiliser pour correspondre à une idéologie qui n'a rien de très ancien, ce pourquoi le mouvement conservateur, et la Tea Party en particulier, est parfois qualifié de "talibanisme américain". Le fondamentalisme n'est pas nécessairement religieux. Ce qu'on voit notamment en se rappelant que les pères fondateurs étaient pour la plupart athées ou agnostiques, cosmopolites, élitistes, et gerberaient s'ils écoutaient les conservateurs américains actuels. Ce ne sont pas non plus des principes abstraits, même s'ils ont pu aider: les ressources, l'éloignement par rapport à des adversaires développés, la taille du pays(qui a notamment gardé le prix de la surface au sol bas et évité la concurrence interne), le rôle de l'Etat au XIXème siècle (contrairement à ce qu'on pense, les USA ont très tôt fait un énorme "keynésianisme", dès le début en fait, et énormément au XIXème siècle), l'auto-destruction de l'Europe, la création d'une classe moyenne massive par un changement majeur à partir des années 30, mais aussi avant cela une exploitation systématique et à bien des égards assez inhumaine d'une partie de la population (esclavage d'abord, puis les immigrants et les couches populaires des grandes agglomérations), une politique extérieure impérialiste et d'exploitation sur le continent américain (Antilles, Amériques du Sud et Centrales), une politique commerciale agressive (y compris par voie militaire: Japon, Chine....) et hyper protectrice (qui a aussi été mise en oeuvre contre le Sud par le Nord avant et après la guerre de sécession), l'avantage initial du développement occidental (en général) dans un monde "sous développé" au XIXème siècle et dans la première moitié du XXème siècle, des politiques pertinentes (notamment dans l'éducation).... Ramener le développement et le succès à des "principes fondateurs" ou à la "liberté", c'est franchement nier beaucoup trop de réalités.
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Le problème de ce sujet est qu'il a deux approches qui ne peuvent être séparées: - l'angle "technique", à savoir les outils dont dispose le politique pour mener une politique extérieure incluant un volet militaire d'importance variable, jusqu'au point extrême où c'est le militaire qui gère quasiment tous les aspects pratiques et a la prééminence dans le décisionnel, ce qui correspond à ce volet terriblement rare du "conflit classique/symétrique" genre guerre totale ou à tout le moins inter-étatique pur et dur. Il suffit de voir ce qu'est le Secrétaire d'Etat américain, son autonomie de décision, son importance, ses moyens, pour comprendre la différence avec la France (le SE des ricains est, depuis l'origine, pensé comme un "2ème président"). - l'angle politique et décisionnel, qui correspond dans les faits à un changement politique, incluant une plus grande intégration des questions sécurité/stratégie dans le débat politique et de ce fait, dans le débat public et le champ de connaissances et préoccupations de la classe politique française qui est pour l'instant essentiellement faite d'amateurs marginalement préoccupés par la chose. Cela correspond aussi à une plus grande culture institutionnelle en la matière dans les hautes instances de la fonction publique (les interlocuteurs directs du politique, qui ne changent pas ou peu selon la majorité politique), ce qui induit à la fois un pouvoir déconcentré dans les faits (via le pouvoir de l'expertise, une plus grande continuité, plus de moyens, plus d'autonomie dans certains aspects) et, de ce fait, une autre conception du pouvoir, qui reste paranoïaque en France, centralisant trop les processus de décision sur une élite non experte et asservissant totalement les experts non élus (déresponsabilisés, "servilisés", enclins à faire carrière sans faire de vagues, peu pris en compte par rapport à l'agenda politicien....). L'un des premiers services de l'Etat qui devrait en la matière avoir une toute autre importance est le Quai d'Orsay, dont les moyens et structures (outre ses défauts d'organisation et de priorités, qui sont plus du management à revoir) ne sont pas propres à servir une politique extérieure sérieuse, juste à mettre de la cosmétique sur les décisions aléatoires du chef de l'Etat.
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T'as pas à l'être: même si le débat sur l'avortement nous semble dépassé, aux USA (cad ce topic), c'est l'une des patates les plus brûlantes et les plus fondamentales sur l'échiquier politique, et ce depuis longtemps. Parler de la politique américaine sans se pencher dessus (même si c'est plus un symptôme qu'une cause), c'est passer à côté de la politique américaine.
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Il faut les différencier et regrouper les "vraies" familles de causes, le viol à caractère avant tout sexuel (désir violent, mépris de l'autre, besoin narcissique) étant en fait, apparemment extrêmement minoritaire. Et beaucoup des causes majeures correspondent à de toutes autres logiques, souvent assez propres aux armées. Condamner chaque cas individuel doit certes être fait (un délit commis est un délit commis), mais se contenter de ce volet punitif et sur base individuelle ne permettra pas de changer quoi que ce soit. Et c'est intéressant comme analyse, précisément parce que c'est le reflet des problèmes de la culture militaire, de la société semi-fermée qu'est l'armée, surtout face à la société actuelle. Autres faits: - 23 000 viols reportés pour l'année 2011 dans les forces US. On estime que 80% ne sont pas recensés, soit que les victimes ou témoins ne les reportent pas (crainte de représailles, intimidation, honte, absence de preuve, certitude que c'est inutile, crainte pour la carrière, loi du silence), soit que les officiers à qui la chose doit être reporté découragent la victime, l'intimident, passe l'affaire sous le manteau, ne mettent rien par écrit, décident de ne pas poursuivre.... - les nombres de victimes et de perpétrateurs sont drastiquement disproportionnés, semble t-il, ce qui permet de ventiler encore plus et de différencier les viols et autres actes d'agressions (physique ou non) à caractère sexuel: si une culture de la chose existe bien dans des groupes définis, correspondant à des actes collectifs ou des "systèmes" plus ou moins tacitement organisés, il y a aussi une forte présence d'un certain nombre de prédateurs authentiques qui semblent soit être proportionnellement plus nombreux dans l'armée, soit être "révélés" par son environnement (plus d'occasions, usage de la loi du silence et des positions hiérarchiques, environnement plus stressant, donc plus propice à voir certains profils poussés vers leurs extrêmes, présence d'un grand nombre de gens traumatisés à divers degrés -parfaitement compatibles avec une activité normale la plupart du temps). Cette partie des perpétrateurs, cependant, peut aussi indiquer un problème peut-être insoluble quand au recrutement, à la formation, à la culture ambiante et à la nature peu changeable de la guerre: des choses peuvent être changées, une autre approche quand à la formation, à "l'esprit" et à la culture militaire, peut être adoptée (plus fondée sur les réalités de la psychologie humaine, mieux connue, et ce qu'on peut faire avec).... Mais la guerre ne se fait pas qu'avec des gens biens, tend à pousser des gens aux extrêmes sur de longues durées....
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Ce truc de "ne pas être en position de donner des leçons" m'énerve souvent: on n'est pas le gouvernement, notre parole n'a pas force de loi, et de toute façon, j'ai pas entendu le gouvernement normal français émettre d'avis ou de critique publique (ou même privée, une société est généralement trop narcissique pour s'intéresser aux emmerdes d'une autre :lol:).... Et on a le droit de parler d'un sujet en général (ce débat, pour d'autres raisons et à un autre degré, concerne aussi la France). Plus largement, s'il fallait se taire sous prétexte qu'on n'est pas parfait (voire même qu'on est hautement criticable), la liberté d'expression et de débat n'aurait aucun objet et le monde se devrait d'être un vaste silence. C'est pas parce qu'on est faiblard sur un sujet qu'on n'est pas capable d'avoir un avis pertinent dessus ;). Pour ce qui est de l'IVG en France, cette vision d'avortement "de confort" (pas vraiment soutenue par des statistiques qui ne sont pas faites ou fiables pour ce qui est de ce registre) est plus qu'idéologique et ne correspond à aucune réalité mesurable, et ce d'autant plus qu'une bonne partie des IVG (et de plus en plus, surtout chez les jeunes) correspond à des situations économiques, sociales et/ou familiales difficiles, ou en tout cas impropres, à une naissance. Aux USA, et c'est particulièrement caricatural dans les Etats "conservateurs" en situation économique difficile, une énorme partie des avortements correspond à des situations où une femme s'estime incapable de pouvoir élever un gamin et faire face aux coûts induits. Juger de l'abus "dans l'autre sens" est une fausse équivalence: il y a certainement un certain volant de personnes recourant à l'avortement comme compensation à une certaine négligence (quoiqu'il soit dur de parler de négligence de façon aussi légère: la contraception est, mine de rien, une discipline quotidienne, toutes les femmes n'y répondent pas bien, il y a des inquiétudes dans bien des cas....), mais c'est minime, et ce avant tout parce que, contrairement à la façon dont ce débat est souvent envisagé dans les médias, l'avortement n'est pas une procédure anodine. C'est un acte traumatique, pas un truc qu'une femme fait cavalièrement (et si elle le fait dans ce genre d'état d'esprit au début, les premiers stades de la démarche la ramènent sur terre très très vite, bien avant même la procédure médicale elle-même); j'ai jamais croisé de nana passées par là qui se la jouait comme si c'était un détartrage pris entre la poire et le fromage. S'il y a un débat où il faut faire attention de ne pas aller avec des préjugés, c'est celui-là, et avant tout pour un homme qui, spontanément, en aura beaucoup sans s'en rendre compte. Cet argument de l'avortement "de confort" est en grande partie du n'importe quoi, avant tout parce qu'il minimise ce qu'est cette procédure (un angle de vue abstrait) et les réalités auxquelles il correspond, mais aussi parce qu'il part d'un principe purement idéologique qui est la définition du commencement de la vie (à la conception), ce qui est d'ailleurs le point soulevé avec récurrence dans le débat américain actuel. Et partir de ce principe est déjà hautement idéologique, et une idéologie avant tout religieuse, sinon même purement bigote. Utilisé exagérément comme argument, oui, et il y a un débat légitime à avoir sur le miroir déformant que sont les médias, même sur cette question, et sur la surenchère des groupes de pression (en général et dans ce débat). Cependant, faut pas non plus oublier qu'à l'époque de ce débat, le viol était une réalité peu reconnue, rarement traitée sérieusement dans une grande part des cas, et très peu reportée (entre autre pour les raisons précédentes), ce qui minimisait l'argument au regard d'une réalité quantitative "publique" peu en rapport avec la réalité tout court. Par ailleurs, même avec exagération, il y a une légitimité à utiliser l'exemple caricatural comme argument, étant donné que le débat était alors dans une situation de "tout ou rien" et que la question était de principe, avec un camp qui voulait enfoncer au moins ce "coin", et l'autre qui refusait toute concession même aussi basiquement humaine, soit un face à face absolutiste, le genre de cas où la caricature met en évidence l'exigence d'un minimum de bon sens.
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Investir dans la défense ou investir dans la guerre économique ?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Carl dans Economie et défense
Le truc est effectivement qu'il faut se rendre compte qu'une économie fondée en grande partie sur l'exportation (pire encore si ce sont quelques exportations très spécifiques, ce qui est caricaturalement souligné par les monarchies pétrolières) est une économie de pays semi-développé/de PVD, qui fait clairement le sacrifice d'une partie plus ou moins significative de sa population pour se dédier à cette activité. -
Investir dans la défense ou investir dans la guerre économique ?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Carl dans Economie et défense
Les Allemands sont pas si étroits d'esprit que ça: les problèmes de la France sont un des sujets majeurs de préoccupation de l'Allemagne, même si elle est aussi prise dans ses impératifs politiques et économiques de court terme. Au-delà de ça, ils savent qu'ils ont bouffé leur pain blanc, que leur population vieillit à grande vitesse, que leur société présente des failles croissantes, que la Chine ne prévoit pas d'acheter leurs bagnoles et leurs machines dans encore 10-15 ans, et qu'ils ont besoin de la France et de l'Italie plus que de tout autre pays. Mais c'est pas comme s'ils avaient des masses de marges de manoeuvre non plus. -
Non, mais j'avoue que je perçois mal où tu veux en venir précisément, en fait quelles sont véritablement les questions que tu poses (je souffre du même problème dans pas mal de mes topics, apparemment :lol:) et auxquelles je pourrais répondre, ou en tout cas par rapport auxquelles je pourrais prendre parti.
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CIA = HS sur ce topic. Rien à voir avec les troupes combattantes. La question des viols, harcèlements, ségrégations et comportements fondés sur le genre/de nature sexuelle (des experts du sujet signalaient récemment qu'en nombre -pas en proportion- les viols et "sexual assaults" sur les hommes étaient aussi nombreux, voire plus, que ceux sur les femmes, dans les forces US), est sans doute une des plus cruciales à plusieurs titres: - ce sont évidemment des actes, comportements, schémas de comportement, et une "culture", absolument inadmissibles ou que ce soit, et dans bien des cas, des délits et crimes purs et simples. Ca c'est le côté "l'acte pris pour lui-même". - cela renvoie pour une partie des cas à une "culture", institutionnalisée de fait dans bien des cas, ce qu'on voit par exemple avec les codes de comportements informels et la "loi du silence" qui vont avec bien souvent. Il est à noter d'ailleurs que cette "culture" est bien plus prévalente dans le corps des officiers (et dans une certaine mesure chez les sous-offs) que chez les hommes (et femmes) du rang (ce qui se voit notamment dans les quelques grandes polémiques et crises dans ce registre, où ceux qui ont soutenu des femmes victimes de tels comportements, les ont incité à obtenir justice et/ou les ont protégé, étaient beaucoup plus fréquemment issus du rang que gradés), alors pourtant qu'on s'attendrait à l'inverse, le niveau d'éducation semblant à priori un des premiers ressorts pour limiter ce genre de phénomènes (d'autant plus que l'Air Force, la plus "éduquée" des armes, présente un nombre d'incidents autant voire plus élevé que l'Army ou les Marines, où le niveau d'éducation moyen est nettement plus bas). Cela peut tenir à un plus fort esprit de corps lié à ceux faisant des carrières statistiquement plus longues (les hommes du rang restant moins longtemps) et "s'identifiant" plus à l'institution (ou plutôt à une vision de l'institution), à la culture militaire telle qu'elle est comme idéologie/image de soi, au stress lié aux exigences des carrières longues (tout ce qu'il faut faire et être pour obtenir des promotions, avoir le bon dossier....) et la concurrence interne qui va avec (et ce stress se combine à la nature déjà par essence stressante du métier militaire, surtout dans les positions de combat).... - et plus largement, en poursuivant dans ce registre, ces comportements sont intéressants comme phénomène en ce qu'ils sont des indicateurs, des instruments de mesure, et en fait des symptômes, autant de ce dont souffrent les militaires comme individu que de ce qu'est l'armée comme institution. A cet égard d'ailleurs, l'extrême attention américaine, la maniaquerie véritablement, quand aux statistiques, est en cela une grande aide, combinée évidemment à la taille et à la relative variété des forces armées US. Si on se focalise sur le dernier angle, à savoir regarder de tels actes comme symptômes, il s'agit de voir à quelle(s) maladie(s) et causes ils correspondent. Le cas du viol et des agressions sexuelles n'est à cet égard pas séparable des cas de harcèlements divers (sexuels, psychologiques....) et de ségrégations, en ce qu'ils trouvent les mêmes causes et représentent des réactions et comportements reposant sur les mêmes principes, des "ripostes" (individuelles et collectives) différentes mais qui sont des graduations d'une même échelle. On constate par exemple que seule une minorité de cas de viols et assauts reposeraient sur le sexe proprement dit, et trouvent nettement plus de raisons dans des comportements de groupes et les relations de pouvoir qui vont avec (marquage de territoire, imposition de hiérarchies informelles, mentalités de packs/groupes....). Et quand on se place ainsi dans un décryptage psychologique, beaucoup plus de choses prennent leur sens, et surtout, on voit quels remèdes peuvent être apportés, mais aussi quelles sont leurs limites, voire les points où la bonne volonté pour trouver des remèdes peut créer des effets néfastes.
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Opérations au Mali
Tancrède a répondu à un(e) sujet de pascal dans Politique etrangère / Relations internationales
Bouaif, c'est juste un édito, pas une vraie intervention de BHL le stratège/chef de guerre :lol:. Ceci dit, une perle dans cet "article": C'est vrai que contrairement à eux, BHL est un expert géopolitique et un stratège de terrain :P. Surtout quand il pose avec ses boys band aux armes bouchonnées :-X. Je m'insurge contre cette odieuse expression: toi, tu vas arrêter d'insulter la béchamel, cette noble sauce, en la mêlant avec ce vieux produit périmé (si jamais il a été un jour consommable), sinon tu vas avoir des problèmes! -
Opérations au Mali
Tancrède a répondu à un(e) sujet de pascal dans Politique etrangère / Relations internationales
J'ai franchement du mal à prendre cette guerre au sérieux, au final: BHL n'a pas fait parler de lui et ne mène pas la vraie campagne opérationnelle, ni ne se met en avant avec son équipement dernier cri (lunettes noires hi tech et chemise blanche issue de recherches classifiées).... Est-ce même un vrai conflit du coup? -
C'est un des problèmes: il n'y a pas de parti républicain américain, pas plus qu'il n'y a un parti démocrate. Il y a un parti par Etat, le niveau fédéral n'étant qu'une "convention nationale" de ces 50 partis. Le parti républicain d'un bon nombre d'Etats "rouges" est souvent très radical et entièrement pris par les logiques de ces Etats, et peu par le niveau national. Par ailleurs, les grandes mouvances finançant et soutenant les agendas conservateurs au niveau fédéral (fondations et instituts divers, Eglises et mouvances religieuses, associations....) ont d'autant plus de pouvoir et d'emprise sur chacun de ces partis d'Etat qu'elles ont une puissance financière hors de proportion avec l'échelle de ce qu'un parti d'Etat peut financer, mais aussi une visibilité d'échelon national qui a un fort impact au niveau d'un Etat. Au final, et encore plus avec le temps, cela permet de placer des gens, monopoliser la parole publique et en interne du parti, faire élire du monde.... Et de là, tenir tous les tenants et aboutissants du fonctionnement politique républicain, notamment en étouffant toute parole différente, même en interne du "monde républicain", ce qui a eu pour effet, entre autre, de favoriser la fabrication de cette "bulle" d'information assez radicalement divorcée de la réalité. A cela, il faut ajouter le facteur fric, surtout après Citizens United: le fric est désormais réuni en packages bien plus grands, déplafonnés, anonymes (mais pas quand il y a négo privée), l'investissement de beaucoup de grands noms et grandes fortunes (très marqués à droite) le "concentre" en montants incontournables qu'il faut courtiser.... Et surtout, rend d'autant plus les républicains dépendants d'apports importants en argent que leur message se radicalise et leur base électorale potentielle perd des pans de votants probables, créant ainsi un cercle vicieux du "toujours plus".
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C'est l'autre tactique des républicains/conservateurs, surtout au niveau des Etats plus qu'au niveau fédéral (il y a quelques partis républicains dans un certain nombre d'Etats qui sont sévèrement gratinés): attaquer par le flanc ce qu'ils ne peuvent prendre de face. Dans beaucoup d'Etats, sur cette question d'avortement, les gouvernements républicains montrent une tendance marquée à sur-règlementer (genre mettre tant de règlements, qui plus est impossibles à observer, que le business est insolvable et/ou son exercice impraticable) les cliniques du planning familial (en plus d'encourager, voire de financer, le harcèlement, voire des tactiques de terreur, des personnels de ces centres par des "mouvements citoyens", qui agissent souvent en toute impunité) et, d'une manière générale, à rendre la pratique du droit à l'avortement impossible. Plusieurs Etats n'ont ainsi plus de centre du tout, ou un seul à l'échelle de l'Etat, vidant ainsi le droit de sens. L'abus législatif est une autre tactique: tordre le sens des textes (et le faire en permanence et en grande quantité) pour obtenir de fait ce qu'ils ne peuvent obtenir en droit. Les conservateurs/tea-partiers ont tellement abusé de ce type de procédé dans tous les domaines que cette question pourtant extrêmement technique et difficilement télégénique est devenue un des sujets majeurs de l'actualité, notamment autour de la personne du sénateur Harry Reid pour la réforme de la procédure du Filibuster dont les conservateurs ont plus qu'abusé dans les dernières années.
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Opérations au Mali
Tancrède a répondu à un(e) sujet de pascal dans Politique etrangère / Relations internationales
Faut nettement plus que du fric, encore une fois (même si ça peut être un des préalables): l'Afghanistan l'a encore rappelé (tiens d'ailleurs, à votre avis, ils touchent combien les troufions des bandes armées?), mais les résultats récents des ricains (qui ont cette tendance à croire pouvoir tout obtenir en allongeant le fric; le pardon de victimes "collatérales", la coopération des locaux, la bonne volonté de combattants "auxilliaires"....) aussi. Et pis faire ça, ça peut coûter, moins par le nombre de personnes concernées que par le temps qu'il faudra les payer: s'il faut payer des cadres (permanents?) pour des milices locales, il faut les entraîner, leur donner une "doctrine" adaptée, du matos à gérer.... Et vu les conditions locales, tu as plus de chances de créer de futurs petits (et par la suite moins petits) caïds locaux, voire chefs de bandes armées mobiles, petits "féodaux".... Qu'autre chose. Le problème ici est que tout commence par un Etat malien à refaire, et que pour ça, il faut avoir la confiance d'au moins une partie de la population, ce que les instances nationales du Mali n'ont pour l'instant pas des masses (en plus du manque de moyens et de marge de manoeuvre pour changer ça). Si, par exemple, la France renforçait son intervention, amenait plus d'alliés sur le terrain (et des solides), mais aussi amenait un vrai effort de reconstruction, et enfin, et surtout, disait qu'elle était là pour un bon moment afin précisément de garantir qu'un Etat relativement solide puisse repartir sur des bases saines (et que ce message était bien donné à tous les habitants, et "prouvé" régulièrement par de la présence et de l'assistance), ce serait le genre d'éléments de confiance qui permet de faire quelque chose et d'obtenir plus de concours et d'implication de la population (au moins une partie significative). Mais comme dans d'autres configurations, le corollaire de ce genre de politiques, c'est d'y mettre des moyens, pas de la jouer cheap. -
Opérations au Mali
Tancrède a répondu à un(e) sujet de pascal dans Politique etrangère / Relations internationales
Certes non, mais mon point est de dire qu'il y a quand même un certain nombre de points COMME ce pont (j'ai pas dit qu'il n'y avait que des ponts) qui auraient besoin d'être tenus: une section ou une compagnie à y balancer, ça peut vite faire du monde à l'échelle d'un déploiement de 2500-3000h à terme focalisés avant tout sur 2 GTIA mobiles à monter (et, au moment de l'histoire de ce pont, y'avait nettement moins de monde, et surtout pour partie pas encore organisés), sachant en plus qu'on balance pas une compagnie toute seule: il faut pouvoir être prêt à aller l'appuyer depuis une réserve centrale au cas où (qui serve de renfort potentiel pour plusieurs de ces sections ou compagnies implantées ici et là). Ne pas prévoir de pouvoir l'appuyer (et pas uniquement avec un appui aérien, lui aussi compté par ailleurs sur le théâtre), c'est de facto s'exposer. Et à l'échelle du théâtre, ça devient plus compliqué: les points à contrôler ne couvrent pas toute la surface, c'est évident, mais ils sont répartis dessus. Ca fait de très longues distances qu'il faut pouvoir couvrir pour que la capacité d'appui soit pertinente (et l'appui aérien n'a qu'une courte durée de permanence, et une capacité limitée, surtout avec si peu d'avions), c'est tout ce que je signalais. Ca renvoie juste à l'importance du nombre et à la faiblesse du dispositif présent au regard des besoins. Et au fur et à mesure que des villes et points clés seront repris, va bien falloir aussi en garder le contrôle, ce qui renvoie là autant à la faiblesse des effectifs français qu'aux manques de l'armée malienne et des armées africaines concernées (hors les tchadiens et éventuellement les Nigérians), tant côté compétences et capacités, que côté confiance (qu'on peut avoir en eux, que les populations locales peuvent avoir en eux). La guerre de rezzou, c'est accrocher et décrocher sans cesse en profitant de l'immensité de l'espace disponible, pas chercher le KO rapide: tu abandonnes une zone pour poursuivre, et quelqu'un y revient par la porte de derrière, et tout est à refaire, ne serait-ce que parce que les locaux n'auront que moyennement confiance dans ton effort vu qu'ils s'attendent à ces va et viens. Le Mali n'a pour l'instant plus d'Etat, et aucune confiance dans ce qui en tient lieu, et il est tout à fait légitime de se demander si c'est vraiment un pays. Tu raisonnes comme si on parlait d'un pays avec fort niveau de patriotisme/conscience d'appartenance bien solide et unifié, des principes intangibles et profondément acceptés par la population prise comme un tout (ce qu'elle est bien peu).... C'est pas le cas. Pour qu'un civil soit prêt à risquer sa peau pour son pays, il faut des préalables énormes qui n'existent que très peu aujourd'hui, voire pas du tout dans beaucoup d'endroits. Des préalables comme un Etat solide (et dans lequel il y a intrinsèquement une confiance certaine, quels que soient les aléas de la gouvernance et de l'actualité), une société unifiée, une conscience nationale forte, une organisation nationale et territoriale pour "mettre l'Etat" sur le terrain et le rendre "tangible" (y compris dans l'organisation d'une forme ou d'une autre de milice).... En l'état actuel des choses, refile des armes dans les villages traversés, et le résultat (mauvais, voire dangereux pour le pays et pour l'opération militaire en cours) est garanti; au lieu de juger moralement les populations et les appeler à risquer leur peau pour des abstractions, il faut créer un contexte où ces abstractions deviennent les leurs et prennent une part de réalité concrète. Ca se passe dans cet ordre, pas dans un autre. Quand un Etat est fragile au point de pouvoir être renversé avec quelques milliers d'hommes d'une armée pas au top niveau, c'est que c'est pas vraiment un Etat. On serait déjà contents si on pouvait obtenir rapidement un résultat pertinent avec tout ou partie de l'armée malienne et des autres armées africaines en chemin, ce qui va demander des efforts et inclue des risques de diverses natures (on a vu ce que ça donnait l'année dernière). Alors de là à monter des milices qui servent à quelque chose et ne présentent pas plus de dangers qu'elles n'amènent d'avantages.... -
Opérations au Mali
Tancrède a répondu à un(e) sujet de pascal dans Politique etrangère / Relations internationales
Dans les instances politiques et au sein de l'EMA, c'est encore plus difficile à faire passer que le PA2, comme genre de programme: c'est tout petit, c'est pas du truc à haute VA ou qui crée plein d'emplois, ça se voit pas.... Résultat, même des armées de 3ème zone ont des tenues et petits matériels au niveau, et qui plus est en abondance et bien renouvelés, et l'AdT a des fringues et petits équipements de pouilleux :-[. Et occasionnellement, quand une guerre dure plus de 10 ans comme en Afghanistan, on finit par équiper correctement le petit contingent qui s'y trouve. Ca rappelle le coup du bataillon de Corée, équipé par les ricains et tout bien apprêté jusqu'aux petits détails.... Et dès qu'ils sont envoyés en Indo, le premier truc que l'AdT leur fait à leur arrivée est de tout leur reprendre pour les rendre aussi pouilleux que les autres soldats, unité oblige. Cela ne souligne t-il pas plutôt la difficulté qu'il y a à même assurer la seule surveillance d'un territoire aussi immense? Faudrait dix fois plus de moyens d'observations, du satellite aux drones et aéronefs de reco, en passant par des patrouilles et du renseignement acquis sur place (le 2ème RH a t-il d'ailleurs des équipes sur place en nombre conséquent?). Et même pour contrôler des points clés comme (feu) ce pont, il faudrait combien de compagnies ou sections à parachuter/déposer, ce qui est une chose, mais qu'il faudrait aussi pouvoir appuyer rapidement en cas de besoin, cad avoir une réserve d'intervention dédiée à ça, en plus des GTIA qui vont faire la campagne? 1 million de kilomètres carrés, le Mali; faut vraiment garder à l'esprit que c'est plutôt grand, ce chiffre, et qu'un pioupiou, ben c'est pas très grand. -
Au contraire, elles sont plus dispo pour le prédateur. Et le problème est moins ce qui arrive au front, où tout le monde a vraiment autre chose à faire que penser à la bagatelle, consentante ou non, et plus en caserne/sur base. Un environnement fermé et stressant (volontairement -par l'entraînement, la concurrence, le poussage aux limites, la fatigue, la peur- et involontairement -comportements de groupes, pressions des "codes sociaux" de l'endroit, jeunesse, omerta de facto....) amène ça; l'histoire de la sociabilité en interne des militaires montre déjà que ça a toujours été difficile quand c'était un univers uniquement masculin, mais introduit en plus des femmes sur une base permanente, et ça peut se compliquer. Le nombre de cas de viols, agressions et harcèlements sexuels recensés dans les forces américaines est déjà alarmant, mais c'est bien pire quand on se porte sur les estimations du nombre réel, bien plus important et en grande partie planqué pour bien des raisons (silence, crainte pour la carrière, mentalité du "suck it up and go on", loi du milieu, honte....). Et comme le signale Rendbo, il faut aussi prendre en compte le viol (ou autres actes à nature plus ou moins sexuelle) des hommes (en majorité de nature homosexuelle, et plus souvent comme moyen de "mettre au pas"), encore plus difficile à quantifier (parce que s'il y a un milieu où un mec a encore plus honte de ça que n'importe où ailleurs, c'est bien l'armée).
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Opérations au Mali
Tancrède a répondu à un(e) sujet de pascal dans Politique etrangère / Relations internationales
Et l'expérience démontre plutôt que ça marche pas vraiment comme ça, qu'il faut infiniment plus (et notamment beaucoup de temps, de ressources et d'effectifs) pour former des milices efficaces et sur lesquelles on peut reposer (tant côté compétence que confiance), et surtout des milices qui ne poseront pas ultérieurement de problèmes (formation de bandes armées et guéguerres locales de voisinages, précisément l'un des problèmes endémiques du coin). Il faut vraiment un commentaire à ça?