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Tancrède

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Tout ce qui a été posté par Tancrède

  1. Une révolution pour l'alimentation militaire, son stockage, sa conservation et son transport? Dans la foulée des recherches sur les produits cultivés en labo et l'impression 3D, plusieurs projets existent pour, essentiellement, produire (ou faire croître) des aliments à partir de cellules souches (sous forme de "packages" de base), mais aussi tout simplement, si on peut dire, les "imprimer" (en fait, on va commencer à manquer d'un mot précis avec ces "imprimantes" 3D :lol:).... Ce qui permettrait au final, si on veut s'amuser avec les mots, d'imprimer, télécharger, photocopier un steack. Face aux pénuries alimentaires prévisibles et, en particulier, aux besoins désormais de moins en moins supportables de la consommation de viande (surface arable -70% des terres cultivables-, quantité d'eau -70% de l'eau fraîche consommée-, énergie -20% de la production d'énergie), divers travaux ont été menés pour produire la viande autrement. On connaît désormais la viande cultivée in vitro, véritablement "poussée" en labo et reproduisant lentement du muscle/de la chair/du tissu vivant sans passer par l'étape d'un animal :lol: (certaines marques sont commercialisées ici et là), mais apparemment, la suite est déjà là, notamment le fait de pouvoir "imprimer" soi-même sa bidoche à partir d'une imprimante 3D. Pour peu qu'on aie une imprimante 3D et ce qui s'apparente à des sachets standards d'une préparation noirâtre (faite de cellules souches), il sera possible de "sortir" directement de la viande. Au final, il s'agit du même procédé que celui de production de greffons et d'organes. L'équipe ayant présenté cette "viande imprimée" s'est d'abord focalisée sur le "produit" de base: une "cartouche" type de cellules-souches "incitées" à se spécialiser; avant le steack, une autre équipe sous la direction du même patron (Gabord Forgacs, Université du Missouri) avait réussi à "imprimer" des vaisseaux sanguins, ce qui renvoie au fait que, loin de se cantonner au steack en particulier, ce processus concerne en fait toute matière organique. Des échantillons ont été présentés et offerts à des séances d'essai pour le public dans les conférences TED. Le développement actuel concerne 2 axes: la présentation et la consistance, pour rendre le produit pleinement satisfaisant, et la production à grande échelle. Applications militaires selon vous? Et plus largement, les technologies d'impression 3D vous semblent-elles aptes à fournir, si pleinement intégrées, des axes de changements majeurs dans le domaine militaire? Je pense là moins au domaine industriel qu'à l'opérationnel, notamment le transport logistique et le stockage, et particulièrement l'approvisionnement sur théâtre d'opération, entre les centres logistiques majeurs et les diverses implantations et bases avancées sur le dit théâtre: pouvoir littéralement "produire" toute une gamme de matériels (matières, tissus, pièces d'objets complexes....) et matières organiques (bouffe?) à partir de "cartouches" faites de matériaux de base (à voir, entre autre, le "rapport" entre les volumes, tailles et poids de ces "cartouches" et celui des produits visés) est-il de nature à changer radicalement la taille et la fréquence des flux intra-théâtre, donc la vulnérabilité des troupes en opération, les besoins d'escorte et protection, les besoins en quantités de transports pour un volume donné de troupes, ou encore la discrétion de certains flux, la moindre "spécialisation" des transports (si une "cartouche" de base peut permettre de produire un nombre donné de produits finis divers)?
  2. La question n'est pas là; ça n'a rien à voir avec le fait de juger équitablement ou pas dans l'absolu. La question est que l'opinion publique/la scène publique EST un champ de bataille de plein droit à notre époque, et que ce champ de bataille a une multitude d'intervenants et de "sous théâtres", qu'il évolue désormais en temps réel et que certains savent s'en servir (sans compter en plus la part hors de contrôle des objets médiatiques non identifiés qui peuvent prendre spontanément vie et volume) et d'autres peu voire pas (la France est du nombre). Il serait temps de s'en rendre compte et d'apprendre, côté armée (qui auraient bien besoin de l'intégrer dans leur enseignement pour savoir gérer et savoir factoriser ça dans leurs calculs, leur organisation et leur action: les ricains et anglais ont appris depuis longtemps) comme côté gouvernement et Quai d'Orsay. Il faut des personnels et structures, des moyens et une "doctrine" opératoire, ainsi que l'implication des parties prenantes (notamment par des façons de procéder au sein du gouvernement et du Parlement, pour éviter trop de couacs majeurs entre opposition et majorité). Et le point est ici qu'on peut débattre plus ou moins à froid des jugements moraux dans l'absolus, de ce qui est réalité et de ce qui est invention, de ce qui est exagéré ou caricaturé et de ce qui est minimisé ou carrément obéré; on peut faire ça tant qu'on veut, mais ça n'a rien à voir avec ce qui se passe sur l'arène publique. La première victime de toute guerre est la vérité (et la seconde le plan de bataille :lol:), faut s'y faire et au lieu de s'en plaindre, (ré)apprendre à en profiter, ce qui suppose de le faire BIEN, vu que la politique (donc la guerre), c'est pas de l'objectivité ou de la recherche de la vérité, mais de la perception (et comment on influe dessus). Le fait est qu'en tant que démocratie, et démocratie "visible" de surcroît, on a des contraintes et des avantages particuliers; les saletés qui seront immanquablement commises par l'armée malienne (dont l'échelle et la nature restent à voir) sont un des écueils qu'on devra gérer dans ce domaine, parce qu'on est dans ce merdier et qu'il faut donc éviter de puer parce qu'on a été trop proche des horreurs, et ce afin de garder sa légitimité à une opération qui est appelée à se prolonger sur des années (avec ou sans la France) autant qu'il faut en préserver la France pour qu'elle ne se retrouve pas avec des casseroles et aucun bénéfice politique (ou autre) parce que tout d'un coup, une opération entachée d'opprobre (par une bonne exploitation) a offert à quelqu'un des biscuits et opportunités politiques pour mieux négocier, planter un couteau dans le dos de Hollande (étroit en haut, large en bas, et adipeux, mais un dos quand même), faire chier, entraver l'action ou le processus de décision français.... Le SPRAT rentre dans un C-17 :-[?
  3. Surtout que s'il y a vraiment trop de saletés dans ce genre, ça devient une affaire politique et médiatique (soit une "crise" médiatique brutale, soit, plus étalé dans le temps, une image accolée à ce conflit), et l'armée française se récupèrera la chose par contagion: comme chez Audiard, dans ce genre de registres, les bénéfices se partagent, les pertes et condamnations (ou années de prison) s'additionnent. C'est le genre de maladie (la sale image de criminel/complice) qu'on chope rien qu'en étant à côté. Et beaucoup d'acteurs locaux qui acclament aujourd'hui ou ruminent déjà se feront une joie d'utiliser ça plus tard.
  4. Pas vraiment: ce genre d'imaeg peut faire mal SI on en fait une polémique, si on relève le fait au lieu de le laisser se dissiper dans le tumulte de l'actualité. Des images potentiellement néfastes, il peut y en avoir des dizaines chaque jour, c'est ce qu'on en fait, la polémique qu'on crée autour, le jeu dans lequel on accepte de rentrer, qui fait du mal ou non. Qu'un porte parole du gouvernement ou de l'armée relève ce fait au lieu de surfer dessus en mettant l'éventuel journaliste qui y accorde plus d'une gueulade en face du ridicule de sa saillie (et y'a mille manières efficaces de faire ça au lieu du balayage de main méprisant longtemps fréquent dans les armées, française en particulier), c'est franchement un à plat-ventrisme et une lâcheté méprisables. On ne parle pas de soldats en train de se photographier avec des cadavres d'adversaires mutilés ou sur lesquels ils pissent, là, pas plus qu'on ne parle d'un truc genre l'affaire Mahé (où les politiques et militaires se sont aussi conchiés de petitesse). Juste d'un gars avec un foulard; un gars de 20 et quelques années issu de la génération Playstation et qui est au combat. Ouaaah. S'il faut se pencher sur le cas de tous les soldats ayant une attitude un peu gaillarde et un air un peu crâne, autant ne pas avoir de soldats et ne pas faire d'opérations, parce que ça arrivera toujours, c'est du détail, et des abrutis en mal de polémiques tenteront toujours des petites piques de ce type: ça s'ignore, ça se diffuse, ça se contre selon les cas. Faudrait vraiment que les armées se rendent compte que l'image est aussi un front, et un des plus déterminants qui soit: c'est pas juste du décorum complémentaire sur lequel on met vaguement un emballage après coup, mais une arme politique qui nécessite une stratégie et des moyens dès l'amont, et plus encore, une culture propre qui doit faire partie du bagage des chefs et cadres militaires dès leur formation. La guerre, c'est la politique, et la politique est affaire de perception, ça n'a rien de nouveau et pourtant c'est étranger à la mentalité militaire française (si ça ne l'est pas, ils le cachent très bien).
  5. Et dans le monde réel, l'Amérique est un pays développé et extrêmement urbanisé, où les zones utiles sont maîtrisables et tenables, contrairement à l'Afghanistan qui reste très rural (où seules existent les villes et les campagnes, pas d'espaces intermédiaires -comme les grands espaces de banlieues-, et où la grande majorité des gens est éparpillée dans les campagnes d'un pays accidenté); "la contre-insurrection", "la guérilla", ça n'existe pas en général, seulement dans un contexte. Et le contexte américain est celui d'un pays développé, où l'économie et la capacité à nourrir la population dépendent d'une organisation fonctionnant selon des modalités bien précises (les grandes villes ne pouvant pas tenir par elles-mêmes et dépendant de réseaux d'approvisionnements immenses). Enrayer cette organisation, surtout brutalement, si des petites bandes armées étaient en mesure de le faire (très douteux vu l'échelle dont on parle), c'est juste précipiter un chaos tel que l'essentiel des populations aura bien d'autres choses à foutre que lutter contre un "big government" méchant, et elles auront tendance à le soutenir pour rétablir les conditions basiques de vie. Faut arrêter de se faire des films comme si on était encore au temps où chacun avait sa ferme, où le centre ville était à 10 minutes de la cambrousse (et donc de la bouffe), où les villes étaient des petites choses ravitaillables avec un ou deux convoi de chariots.... Et où personne ne dépendait d'infrastructures développées. Parce que c'est CA l'époque où ces grands délires sur "la liberté", "la tyrannie", la "résistance de chacun" ont été déblatérées. Dans le monde réel des pays développé, raisonner ainsi n'est plus possible (et c'était déjà pas possible à l'époque de Jefferson, malgré les fantasmes; le déroulement de la guerre d'indépendance américaine le montre) et les choses ne peuvent que se passer autrement, parce que ton scénario devrait commencer par le vrai commencement réaliste: toute disruption du système de fonctionnement d'un pays à infrastructure développée commencera par une longue phase ressemblant aux films post-apocalyptiques, avec des grandes famines, des migrations massives et bordéliques ville-campagne, des émeutes, et au final, des millions de morts. La "résistance à l'oppression" de glandus avec des flingues et fonctionnant en petits réseaux de connaissances personnelles, ce seront des bouseux dans leurs collines qu'aucune troupe "d'oppression" ne va chercher (mais qui resteront persuadés de leur propre "grandeur" et de leur "héroïsme"), et des autorités débordées. Ou à l'inverse, ce sera un gouvernement aux apparences démocratiques et maintenant une partie des libertés publiques, mais surtout l'ordre et l'organisation dont les sociétés modernes, urbanisées et développées sont extrêmement dépendantes sous peine de voire les millions susmentionnés crever la bouche ouverte. Ce qui a par ailleurs l'inconvénient de concentrer les populations massivement autour des centres de pouvoir et donc d'imposer une limite bien concrète et directe aux vélléités de jouer les dictateurs old style avec uniformes rutilants, tout comme l'origine des soldats. Faut arrêter d'essayer de plaquer d'anciens schémas sur des réalités nouvelles. Et si on raisonne en termes de "pays utile", c'est plus caricatural encore. Alors oui, les bouseux de villages peuvent se paumer dans les Apalaches et attendre à leur avantage des troupes pros venant les chercher, mais 1/ Les troupes pros restent des pros dans une armée moderne, et leur causeront bien plus de pertes, et bien plus important 2/ pourquoi les troupes gouvernementales iraient se casser le cul à aller chercher des petites bandes de bouseux paumées, sans grande mobilité, et ne servant à rien au regard du reste du pays? Quoiqu'il en soit, et c'est le point d'une démocratie moderne, ce cas de figure est quasi impossible en terme d'imposition d'une dictature directe et apparente pouvant soulever "le peuple"; ça c'est de l'idéologie délirante à peu près aussi crédible que "le grand soir" pour les cocos. Enfin quand tu cites Jefferson, rappelle toi de quelques trucs: - tu parles d'un gars qui était tellement dans les nuages de l'abstraction permanente qu'il refusait l'idée même de l'existence d'un Etat: toute sa pensée et sa conception de la "liberté" repose sur cette base aussi creuse et vaine que possible. Fonder un raisonnement en s'affranchissant de la réalité, c'est mal commencer - tu parles d'un gars qui jugeait de tout et tous du haut de sa bonne sécurité de grand propriétaire terrien autosuffisant (au moins dans sa tête) et isolé - tu parles d'un gars qui rêve de liberté mais justifie l'esclavage, ajoutant un chapitre amusant dans le grand livre du "deux poids deux mesures" - tu ne cites pas Dieu ou un condensé de vérité universelle qui prouverait quoi que ce soit: tu cites juste Thomas Jefferson, un gars d'il y a 2 siècles. Si ta citation venait en point d'orgue d'une démonstration pertinente, ça ferait joli et ça donnerait un petit surplus de poids. La balancer comme ça, c'est juste croire que tu amènes la source de vérité.... Et tomber loin du compte. Alerte troll! Phrases gratuites, creuses, incantatoires et, pire encore, complètement fausses et délirantes en vue!
  6. On va dire que c'est pas tant les mangas ou MMORPGs en particuliers, mais toute la "culture de mondes virtuels" et les thèmes et méthodes/médias de divertissements qui sont devenus un phénomène d'échelle massive et, contrairement aux périodes précédentes, des univers en soi pouvant bouffer la vie quotidienne, absorber littéralement à H24 (même quand on ne "pratique" pas).... Lest natures particulières de chaque média (la télé a ses logiques -c'est un média "violent" parce qu'univoque et donc incitant à une posture mentale de passivité qui dépasse largement la période de visionnage-, les médias interactifs ont les leurs, la lecture a les siens....) se combinent et toutes ont leur propre effet d'addiction, de dépendance.... Vu les tendances culturellement obsessionnelles des Japonais :-[, ils sont les victimes rêvées :lol:. Encore une fois, pour ceux-là comme pour les autres phénomènes, regarder ceux répondant "officiellement" à tous les critères correspondant à la petite case voulue, c'est déjà ne plus regarder le problème et se contenter de n'examiner que les cas "post terminaux", les caricatures extrêmes. Ils ne sont que ceux présentant le degré le plus absolument élevé de la maladie, pas les seuls à l'avoir (ni les seuls à l'avoir à un stade grave, ou seulement préoccupant), s'il faut le formuler autrement. Pareil pour le suicide. Et traiter trop spécifiquement ces extrême d'un spectre ne résoud rien, comme il est inutile de penser résoudre les problèmes de pauvreté en hébergeant les SDF et/ou en ne s'occupant que d'eux. Pour les hikkokomori, par exemple, outre la croissance rapide du phénomène (qui est appelé "le problème de 2030" il me semble), il faut signaler que, si les évaluations peuvent aller de 2 à 3 millions d'individus, il faut ajouter le double de ce chiffre, selon pas mal de monde, pour comprendre aussi une population qui présenterait la plupart des "symptômes" (et qui sont à un micropoil de couilles de chameaux de correspondre exactement à la définition des 2-3 millions précités), plus ajouter la masse de ceux qui y correspondent moins, à divers degrés, mais présentent certains symptômes (tout ou partie, ou à un stade plus ou moins avancé) et une tendance, ou une forte probabilité, à s'acheminer vers ce statut. Envisager un problème social ne se regarde qu'ainsi, pas en créant une petite case trop définie pour circonscrire le problème, ce qui fausse le diagnostic. Exception faite du suicide (jusqu'à un certain point) qui a un statut particulier vu son caractère.... Irréversible :-[. Pareil, on ne peut pas voir la chose seulement ainsi étant donné les particularités de la société japonaise, rigide, oppressante (par ses codes) et compartimentée, et les exigences de toute analyse sociale; ce rejet procède le plus souvent peu d'une logique de choix et implique bien des degrés de contrainte (notamment le fonctionnement de la société japonaise qui contraint plus que d'autres à l'alignement total ou à la rupture totale). Mais bon..... Oups! C'est pas un sujet sur les mangas :-[? Ca vient de me revenir (sérieux en plus, j'avais oublié la partie du forum où c'était).... Courage, fuyons avant que les modos rappliquent....
  7. Si l'Etat engage clairement une répression massive/systématique avec armes et suspension des droits, le droit de résistance à l'oppression est facile à comprendre et à revendiquer.... Pour quelque chose de plus subtil, ben c'est à chacun de décider et de se lancer..... Et comme toujours dans l'histoire, ils seront des séditieux/putschistes/traîtres/fachos/anars ou des gentils/héros/bons citoyens/résistants suivant qu'ils perdent ou qu'ils gagnent :lol:.... Mais imaginer que des glandus avec leur fusil et leur petit stocks de munitions, un entraînement aléatoire et une capacité à agir en groupes proche du néant, vont changer le cours des choses (sauf peut-être temporairement et localement, dans des bleds), c'est délirer et se confire dans l'imaginaire ou le fantasme. Rappelons pour mémoire, et pour rester dans le même pays, ce qui a fait marcher la 1ère révolution américaine: - l'éloignement et l'immensité du territoire nord américain (même seulement la partie colonisée), de même que sa faible mise en valeur qui tend à accroître drastiquement les distances et à éloigner les centres de population (donc les objectifs) dans de larges proportions, ce qui s'ajoute au fait que le "pays" naissant n'a alors pas de centre, mais au moins 13 centres, et se conjugue au fait que malgré tout son pouvoir d'alors, l'Angleterre n'a qu'une capacité de projection limitée, avant tout par les moyens de l'époque, la situation internationale (ce qui la sollicite ailleurs) et ses capacités de financement (limitées après la guerre de 7 ans, ce qui est d'ailleurs la cause de la politique de taxation extrême dans les colonies), mais aussi par la capacité de destruction plus limitée des armées d'alors par rapport à la capacité de populations civiles à leur résister (là on est plus dans l'impact que peut avoir une milice, ou un individu, avec un mousquet: les troupes aussi ont des mousquets, et pas d'armes d'appui à moins de passer directement à l'artillerie, rare et chère, et donc concentrée dans les corps de troupes majeurs, pas "répartissable" sur la majorité du théâtre d'opération) - l'engagement d'autres pays dans la situation, et avant tout la France, ce qui a pour effet, outre d'accroître la combativité et la capacité de combat des coloniaux (soutien, équipement, conseil/formation, encadrement opérationnel) et de leur amener des renforts professionnels, d'étendre la guerre en la mettant aussi sur mer, mais en plus sur une multitude de théâtres simultanés: Antilles, frontière avec les colonies espagnoles, Indes, Atlantique et Manche (où une armée de débarquement se rassemble en Normandie). L'Angleterre est sur-sollicitée, ses finances drainées, son effort en Amérique du Nord sévèrement limité, et qui pis est, ses calculs stratégiques et l'intérêt de poursuivre la guerre sont complètement bouleversés, ce qui explique d'ailleurs le jetage d'éponge après Yorktown qui n'avait en soi rien d'une bataille décisive. - côté forces américaines proprement dites, quelles sont les forces qui ont fait la différence? Les forces américaines sont de 3 types: l'armée continentale (et les marines continentaux), les milices coloniales et les minutemen et troupes irrégulières. Et l'ordre d'efficacité est exactement le même. La guerre a commencé avec les milices coloniales existantes qui ont permis quelques succès particuliers (comme Bunker Hill) à grand coût et ont vite démontré la limite de ce qu'elles pouvaient accomplir.... Et ce sont ELLES les "well regulated militias". Leurs limites est d'ailleurs ce qui a promptement incité Washington à se faire l'avocat d'une armée de volontaires, assimilable à une armée professionnelle (même si tout ce que le professionalisme implique a mis plusieurs années à s'imposer face aux logiques initiales du volontariat.... Notamment la permanence aux armées au-delà d'une saison). Les troupes irrégulières ont un bilan équivoque, mais celles qui ont fait du résultat ont toujours été celles qui sont restées en permanence (ou presque) mobilisées et opérant conjointement avec la continentale, donc se soumettant à une règle de fait assez professionnelle. Enfin les minutemen, à part quelques cas individuels, ont démontré leur inefficacité, voire leur contre-productivité.... Mais ce sont les minutemen auxquels les "pro-guns" actuels se réfèrent comme moyen de "résister à l'oppression", parce que c'est du pur imaginaire national qui "parle", et ça résonne avec l'individualisme, même si les faits soulignent la nullité et la vacuité de la référence Le cas des minutemen est un peu comme les jacobins français actuels se référant aux "soldats de l'an II", soulevés par idéalisme républicain (dans la réalité, par le patriotisme français qui a l'inconvénient à leurs yeux de prédater la révolution), en nombres inatteignables pour la monarchie (alors que l'appel de Louis XIV pendant la guerre de succession d'Espagne a amené plus de volontaires, sans besoin d'obligation via la conscription), qui ont vaincu à Valmy (où il y en avait en fait peu, et tenus à l'écart des combats parce que pas bons, et où c'est la vieille armée de ligne qui a fait le boulot). Le 2nd Amendement commence par "a well regulated militia", ce qui démontre le réalisme des pères fondateurs qui ont vécu en live ces questions: et pour la note, ce n'est pas mentionné, parce que ça va sans même dire, ils ne disent pas "a well ordained militia" (qui veut dire une milice régulière, entraînée, ordonnée.... Soit faisant des périodes de rappel fréquentes et observant une certaine discipline dans le respect de ce suivi pour garder un minimum d'efficacité militaire et la capacité de monter en puissance). "Well regulated" renvoie avant tout au cadre juridique/légal/règlementaire d'existence de la dite milice, comme c'était le cas dans l'Amérique coloniale où les milices coloniales reposaient sur le système mis en place par les Anglais. Et mêmes elles, alors pourtant qu'elles avaient le même niveau d'armement que les rosbifs (sauf pour l'artillerie, nettement limitée), et que leur encadrement et doctrine reposaient sur les mêmes principes et cultures militaires, ne pouvaient rien face à une armée expéditionnaire britannique peu nombreuse, peu présente au regard du théâtre (ils ne pouvaient pas être en beaucoup d'endroits avec de quoi taper un peu fort). Le différentiel entre une armée pro actuelle et une milice serait mille fois pire, à moins d'un très haut niveau de milice (une quasi armée de conscription, un niveau d'équipement réellement comparable, un encadrement quasi pro et mobilisé en permanence, une infrastructure matérielle développée). Donc au-delà des principes abstraits qui sonnent bien, faut quand même arrêter de déconner. Mais une masse d'individus avec chacun une masse de flingues, même des fusils d'assaut et des lances grenades, chacun dans leur coin ou organisés au mieux à l'échelle du réseau de relations individuelles, ça peut peut-être faire un mauvais film genre "l'Aube rouge" et voir quelques petits groupes isolés durer dans les endroits bien vides, mais pour le reste, c'est juste moins que zéro. Si on prend réellement le 2ème Amendement pour ce qu'il est censé être, alors autant pas le faire hypocritement: toute prétention à avoir des armes pour l'autodéfense est nulle et non avenue, parce que le texte n'en parle pas et ne concerne pas du tout ce domaine. Il s'agit d'un droit de résistance à l'oppression, et alors là, la détention d'armes de guerre, et non d'armes de chasse ou d'autodéfense, est précisément l'objectif, qu'il faudrait d'ailleurs signaler comme tel dans une retouche de l'amendement puisque la distinction entre armes n'existait pas au moment de la rédaction: les mousquets/fusils civils et militaires étaient sensiblement les mêmes armes, avec des niveaux de performance comparables, la seule particularité des armes de guerre (par ailleurs achetables) étant d'avoir un circuit de production "militarisé" (par manufactures d'Etat ou partenariats publics-privés) pour pouvoir avoir une production de masse et des coûts d'acquisition réduits. Comme l'amendement ne vise que la résistance à une éventuelle oppression étatique, tout autre usage des armes à feu passe à l'arrière plan pour ce qui est de l'argumentation, voire de la législation, et la différenciation entre usage de défense et usage de résistance politique doit alors aussi passer dans le plan de la régulation, ce qui renvoie immédiatement à une vision de ce qui est pertinent ou pas, et de ce qui est socialement acceptable ou pas (pour la sécurité et le cadre d'usage et de détention à l'année d'armes spécifiquement faites pour faire la guerre moderne). Et là on parle pas seulement de fusils d'assaut, mitrailleuses, lances-grenades, mais aussi de chars, d'avions, de bombes, d'artillerie.... Soit on prend le texte au mot tel que la NRA le voit et on les met en vente libre, soit on le prend pour ce qu'il est, et il faut une milice comme instance d'organisation d'une troupe ayant un minimum de semblant de pertinence, et de fait un pouvoir de contrôle des groupes et surtout des matériels.... COMME LA BORDEL DE SUISSE! Mais, ô surprise, les Américains ont ça: entre la Garde Nationale (qui EST une milice, en temps normal pas sous l'autorité de l'Etat fédéral, et qui peut seulement être fédéralisée suivant des procédures lourdes et pleines de checks and balances) et les milices d'Etat (non fédéralisables), il y a tout les cadres qu'il faut pour un système ordonné et régulé, mais ça, la NRA veut pas en entendre parler, étrange non? Parce qu'apparemment, dès que le flingue n'est pas à 100% dans la main du glandu lambda, c'est du "big government" (pour la forme, la "résistance à l'oppression" à coups de flingues individuels sert bien plus souvent à buter ou menacer le shériff ou fonctionnaire local, de comté ou de ville, que l'employé fédéral :lol:). Et puis évidemment, dans le cas de la NRA proprement dite, l'important est de vendre plus d'armes et des plus chères, parce que qui finance le lobby? Devinez. Un indice: c'est pas les contributions indivuelles :-[. "Les armes ne tuent pas les gens, ce sont les gens qui tuent les gens"..... Sempiternellement râbaché comme argument en soi, c'est soit une énorme connerie hypocrite soit une vérité, mais si et seulement si on va au-delà de cette phrase seule qui "sonne" bien, mais qui par elle-même est insuffisante: les gens tuent les gens, mais les armes incitent plus à tuer ("l'épée, par elle-même, incite à la violence".... C'est pas de moi, c'est de Platon) ou, si on veut, facilitent la propension à décider de tuer (par la plus grande facilité) et accroissent les possibilités et probabilités de tuer. Et les armes à feu offrent d'avantage d'opportunités de tuer (et beaucoup de monde en peu de temps), en requérant moins de compétence individuelle, accroissent drastiquement la léthalité et donc la probabilité de tuer et blesser.... Dire qu'elles n'influent pas sur l'intention (ou la probabilité que l'intention devienne action) est faux. Et plus le progrès technique dans ce domaine est grand, plus ces logiques sont vraies, comme l'exemplifient des points de détails de ce débat aux USA comme les armes automatiques et celles d'assaut en particulier, les types de munitions, les types de chargeurs (non, un taré déboulant dans une école a nettement moins de chances de faire du chiffre avec un fusil à pompe qu'avec un PM....).
  8. Le Japon est plutôt pas terrible sur un grand nombre d'indicateurs -certes très imparfaits mais dont l'addition et la conjonction révèlent quand même des tendances- liés au bien-être (santé, équilibres de vie, niveaux de stress, temps passé dans les transports, niveau de sociabilité, isolement social/individuel....): certains avancent même que la lecture de mangas ;) en ferait partie (pas exclusivement cependant: toute tendance à la surconsommation de fiction en ressort aussi) dès lors qu'elle passe certains niveaux. Les épiphénomènes, comme vous les appelez, ne sont pas des phénomènes isolés quand on étudie les tendances de société; ce sont les révélateurs de tendances plus profondes, le point extrême de ces tendances, la partie émergée de l'iceberg si on veut. Le taux de suicide, par exemple, pour prendre un des indicateurs les plus dramatiques et voyants, n'est jamais très élevé dans l'absolu, mais si l'on se donne la peine de plus regarder, il est révélateur de beaucoup plus car il constitue le point le plus extrême des "réponses" à une tendance au mal-être: ceux qui franchissent le pas (tentative de suicide "sérieuse") sont une extrême minorité, à laquelle il faut ajouter, quand c'est mesuré, ceux qui le "franchissent un peu" (tentatives peu résolues qui sont des appels à l'aide), mais surtout la plus grande masse de ceux qui seraient, à quelques facteurs près (résolution, opportunité), susceptibles de le faire, et plus largement, ceux qui n'en sont pas loin et/ou présentent des "symptômes" pouvant y conduire à relativement brève échéance, soit un niveau d'insatisfaction (dans un ou plusieurs registres) qui dépasse largement une "moyenne" où l'équilibre peut se rétablir de lui-même. De ce point de vue, le Japon est plutôt pas terrible au sein des pays développés, et on ne peut limiter les choses aux phénomènes les plus visibles qui ne sont pas une chose isolée, mais un indicateur de tendances plus larges. Surtout quand, croisés avec d'autres tendances observées et facteurs plus ou moins mesurables, ils peuvent réellement servir d'outil. Surtout que ces comportements et phénomènes (hikkokomori, freeters, amae, Neet...) ont, au Japon plus qu'ailleurs, une tendance accrue à être qualifiés, circonscrits et pointés du doigt comme entièrement différents, soit compartimentés et isolés, ce qui accroît la tendance à les sortir de leur contexte.
  9. Tu crois que ça marche comme ça? Débarquer avec des troupes et changer le gouvernement, c'est juste se créer un deuxième et terrible problème sur ses arrières avant même de commencer la campagne vers le nord: super efficace pour se plomber avant même de commencer. Sans compter évidemment le léger problème de s'en prendre plein la gueule de partout pour jouer, et là pas sans justification, les colonisateurs nouveau genre. Un gouvernement, ça se crée pas du jour au lendemain: le Mali est fragile, terriblement fragile en tant qu'Etat, et le premier fautif dans le changement de gouvernement, c'est toujours celui qui se fait renverser, pas celui qui le renverse. La faute est au faible, à celui qui ne peut pas se soutenir lui-même. Ouattara peut ergoter parce qu'il est vexé, et décréter de grandes "vérités" autant qu'il le veut: il n'a pas fait grand-chose et ne fait que beugler du bas de son impuissance, en essayant de jouer les grands sages et de tirer ses marrons du feu. Le privilège de toute opposition ou de tout spectateur est de dire n'importe quoi, il en profite. Le problème de ceux qui sont dans le merdier, c'est de faire ce qu'ils peuvent avec ce qu'ils ont, et c'est ce que la France fait (pour une fois diront certains :lol:). C'est peut-être pas le moment de se lancer dans une grande opération de state building à Bamako et dans le sud, tout en menant une campagne militaire et civilo-militaire au nord, et sans doute aussi une lutte antiterroriste plus diffuse à l'échelle du Sahel.... Le tout avec quelque part entre 2500 et 4000h (à terme) qui sont là pour un temps on l'espère limité, et que le pays semble en plus devoir avoir du mal à équiper en suffisance: en ajoutant l'effort financier qui accompagnera l'aide en général au Mali, ça donne l'idée de ce qu'il y a à faire. Se payer un changement politique imposé à la tête d'un Etat malien pas vraiment en top forme par-dessus ça, c'est peut-être un tantinet, juste un tantinet, délirer: faire regagner un peu de marge de manoeuvre au dit Etat malien, encadrer légèrement son action pendant la période d'intervention (lui donner surtout des bornes pour ne pas servir de caution à un apprenti dictateur), et, à terme, exiger une élection libre à un horizon donné (avec observateurs internationaux et, si besoin est, appui policier/militaire pour le contrôle de leur déroulement) pour accompagner un rétablissement d'un processus démocratique, ce serait déjà pas mal, si on peut le faire. En attendant, aussi fragile que soit l'Etat malien ou ce qu'il en reste, aussi contestable que soit celui qui le dirige, c'est ce qu'on a et c'est celui qui tient ce qui peut être tenu, donc c'est ce avec quoi il faut faire en attendant les listes au Père Noël.... Bref, les dirigeants africains qui émettent maintenant doutes et critiques le font parce que la présence française les met bien à l'abri des Islamistes qui vont être maintenant très occupés à autre chose que leur "expansion", mais ils révèlent surtout leur propre nullité; l'inefficacité des armées africaines, au moins celles autour du Mali, est le reflet de la faiblesse de leurs Etats qui veillent à ce qu'elles ne soient pas trop efficaces pour éviter de les voir devenir plus "politiques" (la faiblesse des moyens n'excuse pas tout). Seuls des gouvernements faibles (peu légitimes, sans marges de manoeuvres, imposant la loi d'un groupe contre trop d'autres, trop compromis, voire complètement corrompus) agissent ainsi et maintiennent cet état de fait, et donc, quand c'est mis en évidence par une situation telle que celle du Mali, se mettent à gueuler comme des putois (mais une fois qu'ils sont en sécurité, ici par l'action de la France). Ils gueulent pour éviter de se mettre en face de leur faiblesse ou de leur nullité, ils incriminent leurs armées qu'ils ont sciemment maintenues peu opérationnelles (pour quelques bonnes raisons et beaucoup de mauvaises) afin d'éviter que ce soit l'Etat et/ou leur gouvernement qui soit incriminé (une armée est le reflet de son Etat, pas l'inverse).... Bref, des politiciens: c'est tout la faute aux autres, et c'est les autres qui font tout mal et foutent la merde :P.
  10. On ne peut pas se retrancher sempiternellement derrière des équivalences abstraites: à un moment ou un autre, quand on regarde de plus près, il faut essayer d'aller vers une quantification et ne plus se contenter de grands postulats de principe. Et au Japon, le mal-être est assez flagrant, plutôt nettement plus qu'ailleurs dans les pays à niveau de vie comparable, ce que beaucoup de symptômes, quantifiables ou moins quantifiables, permettent de mieux mettre en évidence. Les grandes tendances des mangas, des types/genres de mangas, en font partie.
  11. Sauf qu'ils ne le font pas, et que dans le monde développé, je ne vois pas de peuples aussi profondément réprimé, enfermé et déprimé (taux de suicide, faible natalité, sociabilité en baisse, enfermement dans des mondes virtuels....), particulièrement dans la jeunesse.
  12. Quand je parle de chefs, pour le versant fiction, ça renvoie essentiellement à tous les persos principaux, pas nécessairement ceux placés en position d'autorité seulement hiérarchique; mais ça renvoie, côté réel/culturel, à la mentalité japonaise, profondément imprégnée de déférence à l'égard de l'autorité (y'a qu'à voir l'organisation et le fonctionnement d'une entreprise japonaise), qui confine souvent à une forme de religiosité.
  13. Les chars n'ont jamais couvert toute la longueur du front des grandes attaques en 1918, il y en avait bien trop peu pour cela, et ils n'offraient encore un fois qu'un appoint, pas un élément décisif. Et quand j'évoque les indisponibilités de septembre-octobre, je ne parle pas d'un volant d'attrition-maintenance normal, mais d'un seuil intolérable pour le parc disponible: de facto, la capacité alliée à mettre des chars en ligne en octobre était devenue très réduite, loin des capacités de renouvellement. Non, ce qui faisait échouer les attaques, c'était: - la capacité limitée des humains à marcher à rythme très soutenu avec un énorme chargement sur un terrain difficile: la distance couvrable est limitée, comme les offensives allemandes de 18, malgré tout leur brio et leur gigantisme (et l'immense surnombre créé localement) le rappelleront - la présence d'un faible effectif en première ligne et de réserves importantes et réactives à l'arrière, bien préservées et appuyées, qui renvoyaient les offensives à domicile Et la tactique des offensives alliées n'a pas consisté à "liquider les points de résistance" pour se lancer dans un grand vide derrière, puisque l'idée de percée a été abandonnée au profit des morsures multiples partout sur le front, opérées plus rapidement que les Allemands ne peuvent réagir, permises par la mobilité opérative et un travail d'EM allant dans le sens de cette tactique de front. L'effet? Taper les réserves allemandes, user, prendre et garder l'initiative, forcer l'autre à ne pouvoir que réagir et l'user pour le forcer à rétrograder. L'échec des "tactiques d'infiltration" comme méthode stratégique est tout simplement qu'elles restent fondées sur les jambes humaines: leur capacité de percer est insuffisante face à la profondeur et à la résilience des dispositifs défensifs et armées modernes. L'attrition de ce fer de lance joue aussi (c'est de l'épuisement opératif/stratégique, renforcé par le fait que seules ces divisions peu renouvelables opèrent et poursuivent la percée), mais ne dépasse pas ce facteur fondamental. Oui, le camion et la mobilité de l'artillerie (sur rail et roue). Pas le char, réellement marginal dans son apport. Il y a une différence entre voir qu'ils peuvent être utiles, et les considérer comme capitaux. C'est pas les chars qui ont eu la peau des Allemands, et ce d'autant plus qu'ils avaient trouvé beaucoup de parades simples (tactiques et techniques) pour enrayer les avances de chars lors d'offensives alliées.
  14. En fait non, justement: plus j'avance dans le manga, plus ça me frappe. Au début, c'était quelques points communs qui me semblaient d'amusantes coïncidences, puis ça a franchement passé ce cap dans de larges proportions, du point de détail à la parenté profonde des grands axes de la méta intrigue (jusqu'au développement d'un "adversaire de l'ombre", caché derrière une planète indépendante qui joue elle-même secrètement les divisions des 2 grands empires en guerre). L'inspiration est là à tous les niveaux: ça ne veut pas dire que Weber est un plagiaire pour autant. Il a clairement apporté ses trucs, revus beaucoup de choses à sa sauce à tous les niveaux.... C'est rien de plus que ce qui fait l'essentiel de l'histoire du récit de fiction (surtout dans le divertissement) depuis toujours: on repompe, on "s'inspire", on reprend. C'est juste que là, c'est quand même très visible pour qui est familier avec les 2, et pas juste comme un simple et vague sentiment de "cousinage" des oeuvres. Dans HH? Pas tellement: il y a certes une part commode d'exagération, mais au final, c'est sous les régimes précédents que Havre était en grave sous-production, eu égard à son système politique, social et économique et à l'aiguillage douteux des ressources. Quand il s'agit d'un Etat qui regroupe des centaines de systèmes habités, et la capacité de production qui va avec, et qui en plus s'oppose à un autre Etat qui lui ne compte que quelques planètes (3, puis 4, puis un certain nombre de protectorats qui ne sont pas encore industrialisés), la disproportion des capacités de production doit bien apparaître à un certain moment (et ce encore plus quand la première nation retrouve un système économique efficace), même si le second Etat est économiquement hyperefficace et dispose en plus d'une "rente pétrolière" énorme via sa position (la plus grande zone de transit commercial et ses "droits de passage" versés cash).
  15. Difficile de demander aux civils de se soulever, ou de s'indigner vertueusement qu'ils ne le fassent pas: ils viennent de se prendre des horreurs dans la gueule, doivent être très moyennement informés, n'ont pas de date arrêtée pour savoir quand l'aide armée viendra, ne doivent pas avoir de réserves alimentaires et d'armements terribles, et plus encore, leur niveau de confiance dans ce qui est gouvernemental doit être un tantinet érodé, si bien que se soulever, c'est faire un choix clair dans les yeux des Islamistes, mais sans garantie que les gouvernementaux seront là rapidement, seront fiables/satisfaisants (et compétents), et seront équipés et volontaires pour durer. Et la présence française reste étrangère, donc, polémiques éventuelles à part, par essence pas faite pour durer (alors que les Islamistes peuvent se reconstituer et revenir dans 1, 5 ou 10 ans). Sans compter évidemment que se "soulever" contre des groupes armés agressifs et idéologiques, dont beaucoup semblent en plus très professionnels, avec peu ou pas d'armes et de façon décousue/désorganisée, c'est pas forcément évident: c'est pas parce que ça nous aiderait qu'il faut décréter que c'est "leur devoir", ou qu'il "serait temps qu'ils le fassent". Ca, c'est regarder uniquement sous l'angle narcissique de ce qui serait commode ou opportun pour nous ou pour "le Mali" comme abstraction générale (un peu comme dire que les Français qui ne se sont pas soulevés partout dans la France occupée quand le 6 juin a été un fait connu partout sont des lâches, ou que tout ce qui n'a pas résisté est indigne).
  16. Je connaissais pas les "Héros de la Galaxie": vraiment très manga dans le ton, et même très manga des années 80 :lol:.... Cependant, maintenant que je l'ai vu, j'ai la forte impression que l'auteur de la saga Honor Harrington a furieusement pompé dessus: il y a vraiment trop de choses qui en sont tirées (détails, noms, événements, background/univers, évolutions, types de régimes politiques, visions de l'évolution politique et de certains persos, angles de vue "micro" et "macro", types de personnages, technologies....), vraiment beaucoup beaucoup trop pour être fortuit: j'en ai halluciné parfois. Mais Weber y a amené une plus grande expertise tactico-technique, une plus grand bien-pensance (et en même temps moins de naïveté et de facilité sur certains plans), un plus grand "narcissisme par procuration" sur les personnages (un exploit si on considère la fascination exacerbée des Japonais pour les figures de chefs, qui fait des récits très disproportionnellement "centralisés"sur des persos accaparant toutes les vertus et l'attention, les autres n'ayant que des "fonctions": être méchants, être victime, être cons ou nuls, être en adoration devant les PP, être utiles....), comme si Tom Clancy avait repris en main ce manga :lol: pour en faire un produit à lui, un roman pour préado masqué derrière un emballage de surabondance (parfois réellement experte) technique et de détails en tous genres (voire de longues logorrhées pseudo-politiques et/ou moralisantes, ou plus simplement de commisération pour les personnages principaux, si parfaits et incompris). Plus du cul et des détails gores pour dire "c'est adulte".
  17. Ouais, c'est dans le New Rules de Vendredi :lol:.
  18. Répondre par la caricature n'est pas répondre. Que tu le veuilles ou non, les offensives alliées, et la doctrine alliée en général en 1918, reposent sur l'infanterie et l'artillerie essentiellement: les "milliers de chars" ne sont pas tant des milliers que ça dans les offensives, juste quelques centaines de petits chars lents (les médians et lourds ne sont pas très nombreux), qui apportent de l'appui feu rapproché, de la couverture roulante, pour les premiers réseaux de tranchée et prolonger un peu, mais somme toute, vu l'échelle des offensives, en quelques points seulement, ce qui représente un appoint marginal (parfois essentiel localement) comparé à l'artillerie, surtout en plus vu leur faible durée de vie (rappelons qu'en octobre 18, le parc de FT-17 est quasiment hors de combat dans son immense majorité). Le point n'est pas de dire que le char est inutile, juste de le ramener à sa place, essentiellement celle d'un apport mobile d'artillerie rapprochée en certains points. Comparé au camion, il est de bien moindre importance dans les facteurs de victoire. De même pour les avions dans leur capacité d'appui feu qui est extrêmement limitée (emport minime) et donc ne saurait représenter un facteur décisif dans l'action, juste un complément marginal pour ce registre. Les attaques contre les colonnes de renfort allemandes ne brisaient pas les colonnes de renforts allemandes: c'est du harcèlement qui, malgré les effectifs parfois impliqués, n'offre qu'une aide marginale, "contextuelle". La capacité de bombardement tactique de l'aviation en 1918 est juste ça: marginale. L'artillerie de campagne et l'artillerie lourde sont l'appui décisif à l'action, de même que les appuis d'infanterie rapprochée (canons de 37 roulants, mitrailleuses et FM, grenades VB omniprésentes dans les groupes de combat français), qui seuls permettent à l'infanterie d'avoir une capacité offensive significative, et ce à l'échelle du front. Personne n'a dit que les offensives de fin 17 et de l'année 18 reposaient sur des vagues d'infanterie et et des préparations d'artillerie massives et longues, sortis des doctrines courant 17; ça ne veut pas dire pour autant que tout s'est mis à reposer sur un "duo char avions" déjà trop mythifiés pour la 2ème GM au mépris de la réalité. En 18, l'infanterie a adopté une nouvelle tactique et une nouvelle organisation précisément pour retrouver la manoeuvre, et plus encore un cadre d'emploi de plus grande échelle (que certains appellent déjà "opératif"), et c'est ce que Loki souligne là où tu essaies de ne voir que le niveau tactique.
  19. Oui, c'est Von Steuben, et on parle là bien de la Continental Army, la première armée professionnelle américaine (initialement une force faite de volontaires pour une saison), et pas des milices régulières ou des Minutemen. Même pas de cadres: juste des individus persuadés de leur propre mythologie. Il est d'ailleurs amusant que chez les ricains, si la Continental Army n'est pas ignorée, c'est l'image du minuteman qui l'emporte largement dans l'imaginaire populaire: les plus inefficaces, voire même souvent contre-productifs, sont aujourd'hui ce qui sous-tend les revendications sur le 2ème amendement.... Comme un comique américain l'a dit vendredi: "the government hasn't tried to turn into a tyranny 'cause it is shit scared of a guy named Scooter in Kentucky, who has a .22" :lol:.... Sauf que le gouvernement a pu faire à peu près ce qu'il voulait ces dernières décennies "'cause Scooter spends all of his time on his doorstep with his gun, waiting for the government to come and take his guns, instead of paying attention to what it does and voting" :lol:.
  20. Tu parles de quel prussien? Celui qui a introduit le drill aux USA? C'est Von Steuben, non? Mais c'est pas les minutemen qu'il a entraîné: comme les autres formateurs, il était là pour former l'armée régulière continentale, qui elle est réellement devenue bonne au fil de la guerre.
  21. Tu peux arrêter les conneries sorties directement des rengaines de FoxNews, et de faire campagne comme si AD.net était un média politique américain rempli de citoyens américains? Parce que quand on en est à sortir Alex Jones comme fondement d'un "argument", c'est que ça manque vraiment de sérieux. Tu veux pas mettre Glenn Beck et Savage tant qu'on y est? Alex Jones est un pundit donnant dans la surenchère permanente depuis des années, fuyant toute notion d'argumentation, et dont le dernier rapport avec la vérité prédate sa carrière. Non, le 2nd Amendement n'est pas en danger, et quand bien même il le serait, ça ne voudrait dire ni que la démocratie américaine l'est nécessairement. Ben, ils essaient toujours de se représenter l'indépendance américaine comme une victoire des insurgents tout seuls, et essentiellement via les minutemen (les miliciens) dont l'efficacité serait légendaire.... Alors qu'un examen de la réalité montre que, malgré l'important rôle de reconstitution archéologique du savant Mel Gibson :lol:, les minutement étaient une milice plutôt foireuse.
  22. Contrairement aux images produites par les Anglais, il n'y a, dans l'épisode de l'invincible armada, aucun succès tactique concret contre les Espagnols, et surtout rien de décisif. Même l'attaque des brulôts sur la flotte mise (avec grande incompétence de la part de Medina Sidonia) à l'ancre n'a pas vraiment d'effet, et le seul accrochage conséquent, qui avait eu lieu avant cela, n'avait rien eu de conclusif ni aucun impact de conséquence sur la flotte espagnole. Les pertes conséquentes viennent de la météo et de l'absurde commandement du dépressif Medina Sidonia, complètement écrasé par ses responsabilités, obéissant aveuglément au téléguidage d'un Philippe II tâtillon ordonnant depuis l'Escurial, et de toute façon absolument pas un marin. Et malgré tout, les Anglais ont été incapables d'infliger de réelles pertes aux Espagnols, juste de produire un harcèlement constant, mais de petite échelle, avec une flotte très inférieure en nombre et surtout portant peu de canons étant donné qu'à part une poignée de vrais vaisseaux de guerre, il ne s'agissait que de marchands rapidement convertis. Ce n'est pas une doctrine sur laquelle "mise" l'amirauté britannique, c'est la conséquence d'un budget très réduit pour la marine et la guerre (l'Angleterre y est très mal et peu préparée: dans le registre terrestre, c'est pire encore), qui fait écho à la légendaire radinerie d'Elizabeth Ière et à une pression politique importante des Communes et des milieux d'affaires pour limiter à toute force la fiscalité de temps de paix. D'où leur surnom de "marchands de boulets" :lol:. Les corsaires et pirates surchargés en équipage, ce sont uniquement ceux qui opèrent le long des côtes, dans des opérations contre le cabotage ou des raids sur des détroits, depuis une base proche (ce sont ceux liés à une ville, et qui s'en éloignent peu), bref, ceux qui opèrent pour pas longtemps, voire à vue (ils attendent et guettent depuis leur port, et sortent quand une cible est vue). Dans les Caraïbes, par exemple, la logique est souvent différente, et vu la longueur des croisières (étant données les distances), les équipages sont drastiquement réduits en proportion. Ils surpassent en nombre beaucoup de marchands "moyens", évidemment (du gabarit de la petite flûte ou du brick pour la majorité), mais rarement plus: les pirates sont logistiquement très plafonnés. La plupart des corsaires aussi, vu les modestes armements qui représentent 99% du métier. Et les pirates ou corsaires s'associent rarement: dans les deux cas, on est en face de logiques individualistes forcenées, voire concurrentes (souvent même au sein de corsaires issus d'une même ville). La solidarité peut aller jusqu'à un certain point, mais l'association dans un registre commercial est rare parce qu'elle occasionne souvent les mêmes problèmes que toute coalition.... Des intérêts différents, concurrents, voire parfois opposés. Et surtout l'envie de tout grapiller aux dépends de l'autre. C'est du capitalisme à l'état brut et brute. Non, mon point était de signaler qu'ils avaient bien peu de "pain quotidien", contrairement à nos images d'Epinal issues des romans, BD et films. A part pour une extrême minorité d'heureux élus, c'était pas vraiment la joie, et la quasi totalité des corsaires a toujours été faite de commerçants essayant survivre et de limiter leurs pertes ou manques à gagner en temps de guerre. Quand aux cargaisons, les vaisseaux lents, lourds, avec peu d'équipage et une cargaison de valeur, c'est pas vraiment une équation fréquente: les navires ayant des cargaisons de valeur (épices, métaux précieux, produits manufacturés, étoffes, fourrures, pour l'essentiel) sont en convoi, rapides, bien armés ou avec un équipage plus nombreux, et souvent plusieurs de ces facteurs à la fois, ce qui est assez logique et va avec les exigences posées par les assureurs maritimes qui ne pratiquent pas des tarifs gentils, et comme les assureurs aujourd'hui, ne trouvent pas que leur métier est de rembourser leurs clients atteints par un dommage. Faut pas oublier que les cargaisons prises par un corsaire ou pirate doivent être revendues/négociées: non seulement c'est pas toujours évident de bien les revendre ou négocier (ni en gros ni en détail), mais ça coûte (il faut ALLER revendre les trucs quelque part, ce qui coûte le trajet, autant une dépense nette qu'un manque à gagner -vu qu'on va pas à la chasse en attendant ou qu'on paie des gens à faire ça), et il faut en plus TROUVER où et à qui revendre. Surtout en temps de guerre: c'est pas facile. Les victimes, quand il s'agit d'armateurs, ne sont pas forcément dispo pour racheter leur bien (les petits ne peuvent pas, sont lessivés par l'opération, et les gros peuvent attendre, et tous ne son pas rapidement et facilement contactables), et les négociants à domicile n'étant pas spécialisés là-dedans (ils ne dépendent pas de l'activité des corsaires) peuvent négocier à leur avantage. Ce qui a boosté l'activité des corsaires fin XVIIème et au XVIIIème siècle, ce sont en fait les Etats, qui ont encouragé l'activité dans une certaine mesure, tout connement en y consacrant du budget pour racheter des prises, en l'inscrivant dans une stratégie générale (s'en prendre au commerce ennemi), les corsaires devenant de fait dans beaucoup de cas des partenariats public-privé: les privés financent les armements, les Etats offrent des personnels et/ou des facilités, voire du soutien, et rachetant les cargaisons ou y ajoutant à tout le moins un bonus -notamment le rachat des navires saisis eux-mêmes- pour garantir la rentabilité des opérations, donc encourager les armements de corsaires par non seulement des armateurs privés, mais aussi des finances venant désormais de "l'intérieur des terres" (ce fut une grande mode à Versailles). Mais économiquement, à cette époque, ce ne sont plus des opérations en soi rentables par elles-mêmes: c'est du "keynésianisme de guerre", favorisant des opérations que jamais des marins et armateurs ne lanceraient ou n'auraient lancé avant, étant donné que le but est de faire du chiffre sur le commerce ennemi en général, mais que 99% des cargaisons et navires visés en particulier ne sont que de la petite bière qui ne vaudrait pas en soi l'effort, tant la cargaison est de faible rapport et serait, sans soutien de l'Etat, chiante et longue à revendre. Attaquer des cargaisons de riz, de blé, de petits articles de commerce, de textiles lambda -les gros volumes du trafic maritime- c'est que dalle pour un corsaire, sauf si l'Etat aide; et l'Etat aide parce qu'il veut que 20, 30% ou plus des flux ennemis de marchandises de tel ou tel type soient impactés. Mais un corsaire particulier, lui, ne risquerait pas son navire, son équipage, et surtout pas le coût d'une expédition, pour ce genre de cibles qui a plus de chances de lui rester sur les bras ou de ne même pas amener de bénefs qu'autre chose. Pour les pirates, ces avantages n'existent même pas, ce qui renvoie à la réalité des pirates, loin des images: de courtes carrières pour 90% d'entre eux (interrompues soit par la mort soit par une "reconversion"), des campagnes infructueuses dans la majorité des cas, beaucoup de temps passer à vivoter, et peu de prises. Faut pas se focaliser sur quelques personnalités ayant connu des destins extraordinaires ou au moins voyants, elles ne sont pas représentatives, plutôt même les exceptions qui confirment la règle: Morgan est une exception. Même chez les grands corsaires, on remarquera que beaucoup de leur réussite et fortune doit beaucoup à un ou deux "coups" exceptionnels, et surtout à une bonne "gestion" de l'après, généralement des investissements plus conventionnels et/ou un bon mariage avec une fortune plus "stable", souvent des armateurs (Jean Bart, Surcouf....).
  23. Et ça c'est pas un peu raisonner comme si "l'intendance suivait", quoiqu'il arrive; c'est pas un jeu vidéo dont on peut changer les paramètres, genre en se mettant l'option "fric infini". On fait avec ce qu'on a. Et le "différent", on fait comment?
  24. Ils ont préféré l'approche "traditionnelle" dans ce cas là: on va chercher son banquier (le "banquier des dictateurs", un Suédois il me semble) et lui siphonne les comptes.... C'est, avec le radinage de Eltsin, ce qui aurait infléchi la volonté du Serbe.... Evidemment, s'en prendre directement via l'électronique (ce qui est dans la logique éternelle de "cut the middleman" :lol:) poserait des problèmes lourds, dont un coup dur porté à la confiance générale dans la sécurité d'un compte bancaire (déjà que personne fait confiance aux banques).
  25. Il faut noter que c'est plutôt pendant longtemps un vide, ou quasi vide, juridique et un problème non traité entre Etats: rappelons que le "droit public" qui est en fait le premier droit international en Europe (et le fondement de l'actuel) ne naît qu'avec les traités de Westphalie, pour constituer un référent commun pour le règlement des conflits. Auparavant, on est encore plus dans la coutume féodale de régler en "realpolitik" les questions telles que celles-ci, si bien que le "corsaire" de l'un (qui n'est, aux yeux de son monarque, qu'un particulier faisant la guerre de son côté, essayant généralement d'avoir une forme de légitimité, voire un grade authentique, et de coordonner un peu son action avec celle de son pays, histoire de) est toujours le pirate de l'autre, et que lorsque vient la paix, le pardon des individus notables dans ce registre d'activités (à moins qu'il n'ait été pris, vu que là il est tué, à moins qu'il soit VRAIMENT important) peut faire partie du package des négociations de paix. Les lettres de marque étant au final des patentes nationales, elles ne prennent une validité en temps de guerre qu'après les traités de Westphalie (et encore) qui donnent à leurs porteurs un certain niveau de protection (comme pour les prisonniers de guerre). Soit une période d'existence assez courte (un siècle et demie environs). Il est à noter, comme exemple, que Drake a pu bénéficier d'une protection en raison de la publicité et de la rentabilité de ses services, qui lui ont valu un rapport direct avec Elizabeth Ière en un temps où, même si elle cherchait à la fuir, celle-ci devait accepter l'idée d'une guerre inévitable avec l'Espagne. Donc quand Drake revient de l'action de Cadix en 1587, elle l'anoblit (et devant l'ambassadeur espagnol), ce qui équivaut pour ainsi dire à une déclaration de guerre. Sinon, aucune "lettre de marque" ou protection juridique ne protégeait le corsaire anglais qui agissait avant tout pour son compte et celui de ses commanditaires, dans une conception profondément privée/individuelle de telles activités, et étrangères à nos concepts juridiques et aux instances et référents qui ne commencent réellement à naître qu'en 1648. Elizabeth Ière aurait pu aussi bien punir publiquement Drake si son évaluation de la situation politique et des coups à jouer avait même été un poil différente: aucun droit ne contraignait son attitude, et même dans le regard espagnol, tout aussi féodal en mentalité, tout reposait sur "le fait du prince", et non sur un référent juridique commun qui seul aurait pu donner une validité à une lettre de marque.
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