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Tout ce qui a été posté par Tancrède
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Japaniaiserie d'ambiance militaires
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Chronos dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Bof: "fortes et indépendantes" tel que c'est montré dans les japaniaiseries, c'est une nana avec un "métier d'hommes", mais qui, sitôt sortie du contexte professionnel, redevient une midinette gloussant devant les vitrines de frivolités, et joue la gentille ménagère attentionnée à la maison (faut pas déconner non plus: elle fait mumuse avec le tank si elle veut, mais qui va faire la putain de vaisselle, bordel :lol:).... Le jour où ils montreront (sans les "dévaloriser" implicitement en plus) des nanas jouant aux guerrières (et si possible sans minijupes et tenues faites pour faire bander l'otaku moyen) adoptant un caractère et des comportements jugés "masculins" aussi pour une bonne partie du reste (ce qui a tendance à être le cas dans ces "bastions du patriarchisme" fortement concurrentiels, comme diraient une enragée féministe), on pourra commencer à parler d'amorces de changements de mentalités. Pour l'instant, les pays d'Asie de l'est sont encore terriblement machos, jusqu'à l'absurde. Et la clientèle de ce genre d'anime (pour qui ces anime sont exactement calibrés intentionnellement) est à 90% masculine (et surtout adolescente) et n'a comme intention que de se palucher en les matant (ce qui, fait en expansion massive au Japon, concourt du désintérêt pour les relations humaines directes, y compris, et même surtout, les relations garçons-filles :O: ils sont vraiment obsessionnels et jusqu'au boutistes, les nippons). Après, ça peut nous frapper disproportionnellement en occident étant donné le mode de récit (le storytelling) de fiction japonais, le "ton" qu'ils ont dans leur façon de raconter une histoire (et évidemment encore plus pour des histoires pour ados): c'est excessif, caricatural, outré.... Les méchants sont ultra méchants, les cons sont vraiment très cons, les rires excessivement gras et débiles, les intonations toujours extrêmement outrées ou au contraire incroyablement, implausiblement calmes et impassibles, la gestuelle complètement hors de proportion avec le propos.... C'est comme ça, c'est le "normal" pour eux, alors qu'à nos yeux, ça paraît excessif, ça sonne plus faux, il n'y a pas de ton juste, de "juste milieu", à nos yeux. Et pour la conception de persos ou d'histoires, c'est pareil, avec une tendance aux archétypes en tous genres (ou des archétypes différents des nôtres), au resuçage industriel des mêmes ficelles (dans une proportion que même Hollywood n'oserait pas tenter).... Ils sont obsessionnnels qu'on te dit :lol:. C'est de nature (ou de culture, mais bon, on voit l'idée). Et en plus, assez peu innovants, y compris dans le récit de fiction: ils recyclent, perfectionnent, répètent à l'infini, mais créent peu, ce que te diras tout occidental ayant travaillé au Japon et du endurer des réunions de travail là-bas. J'ai même le témoignage direct d'un copain qui a fait un stage (ou eu une période limitée d'esclavage, c'est au choix) chez un grand mangaka japonais, comme simple tâcheron parmi d'autres: c'est un condensé de mentalité japonaise, et particulièrement un microcosme de leur façon de concevoir le processus créatif (qui l'est en fait bien peu). Et le changement social passe beaucoup moins par le récit chez eux que chez nous: la fiction peut refléter un changement social, mais dans un pays à mentalité nettement plus atavique et conformiste, infiniment plus respectueux (soumis) au principe d'autorité, et très peu confrontationnel dans la sphère publique (on ne remet pas en question de front un état des choses, surtout pas si cet état des choses est tenu par un "supérieur" à un titre ou un autre, ou une institution), elle ne s'en fait pas l'avant-garde ou le bélier. Chez nous, le récit de fiction a nettement plus de place dans le débat public au sens large, et dans les tendances sociales de plus ou moins longue haleine, en plus d'avoir un rôle éventuel de poil à gratter. -
Japaniaiserie d'ambiance militaires
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Chronos dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Des nanas en tenues frivoles sur des gros engins blindés avec canons de fort calibre, tu trouves ça étonnant de la part des Japonais? Ils ont resucé ça à mille sauces, en contemporain, passé ou futuriste, en anime comme en "live action", ces pervers :lol:. Un petit souvenir ému pour la "Tank police", ses bandites jumelles un peu salopes et son héroïne "pure" montée sur un FT-17 "2.0" aussi efficace que mignon :lol:. -
Opérations au Mali
Tancrède a répondu à un(e) sujet de pascal dans Politique etrangère / Relations internationales
Ca marche en vrai, ça? C'est pas que dans les séries télé? -
la défense des colonies espganoles (XVIè/XIXè s)
Tancrède a répondu à un(e) sujet de aigle dans Histoire militaire
Une seule fois: en 1587, Drake pénètre dans la rade et occupe le port, prenant quelques navires et en détruisant un nombre certain (mais au final peu conséquent), et surtout en détruisant des stocks de fournitures navales, des pièces de rechange, et surtout, notoirement, des tonneaux en vieux bois (essentiels pour la conservation de l'eau à bord), perte qui concourt à retarder le départ de la grande armada d'un an. Quoique les Anglais aient tendance à attribuer ce délai uniquement à cette petite pique de Drake, l'échelle de l'opération réduit cet argument à pas grand chose étant donné l'énormité des besoins et le nombre d'infrastructures, ports et villes mis à contribution pour les besoins de l'expédition, et l'importance des stocks déjà constitués ailleurs et/ou embarqués (et malgré ce détail parfois cité pour illustrer les problèmes de préparation de l'expédition, qui implique une certaine proportion de tonneaux en bois jeune, l'armada n'a pas eu soif ni n'a souffert de plus de pertes et d'indisponibles que d'autres flottes de l'époque). La ville, dans cette expédition de 1587, est intouchée, à part pour quelques bombardements limités pour un Drake qui n'avait pas de navires surarmés (il utilisait, comme souvent dans l'Angleterre d'alors, des navires marchands reconvertis) et surtout pas d'énormes stocks de munitions (et les boulets embarqués à l'époque n'étaient pas pour l'essentiel de gros calibres). L'impact fut surtout psychologique, autant par le fait de narguer les Espagnols et de s'en prendre à une ville visible, que par celui de démontrer un certain niveau de supériorité des canons anglais (en fait de la poudre) dont la portée était légèrement supérieure. Encore une fois, ça peut sembler facile à viser, mais ça ne l'est pas dans les conditions de l'époque: ce sont de vastes couloirs d'océan et un navire n'a que 30 bornes de vision dans les meilleures conditions, moins, voire nettement moins le plus souvent. Et surtout, être au bon endroit au bon moment (et là on parle d'être EXACTEMENT au bon endroit, au bon moment, et dans les bonnes conditions.... généralement au vent de l'ennemi/cible est préférable) est loin d'être une science exacte ou un fait dépendant de la seule volonté ou de la science navale. On ne peut que "croiser dans les eaux" visées, ce qui suppose un énorme facteur de hasard même en supposant qu'on puisse connaître l'exact (à quelques encâblures près, pas à quelques kilomètres près) point de passage. On l'oublie, mais l'essentiel de la vie en mer des pirates et corsaires, c'est croiser pendant des semaines en mer (sur des routes commerciales "fréquentées") sans jamais voir la queue d'un navire, ou en les voyant de loin sans pouvoir les attrapper (parce qu'ils sont rapides, parce qu'ils ont un meilleur vent même s'ils sont en vue, parce qu'ils sont du mauvais côté....), et revenir bredouilles en essayant de trouver de quoi financer la campagne suivante. Faut se rendre compte que même se donner rendez-vous en mer à seulement quelques jours d'avance (alors à quelques semaines ou mois, c'est pire), donc entre 2 parties "consentantes" et s'informant mutuellement, est une gageure, ce dont témoigne l'histoire navale militaire des XVIème et XVIIème siècles et la difficulté des jonctions de flottes ou escadres qui, si souvent, se loupent (en passans parfois très près les unes des autres). Et ce aussi dans le cas de flottes ennemies marchant à la rencontre l'une de l'autre.... Et se loupant alors qu'elles se "frôlent" sans le savoir. Les corsaires, c'est en temps de guerre uniquement, et la plupart, surtout aux XVIème-XVIIème siècles, sont très peu et mal armés étant donné que l'activité de corsaire (et, plus souvent qu'on pense, de pirates) est principalement le fait de marchands n'ayant plus de cargaison pendant les hostilités et devant se reconvertir temporairement dans ce brigandage maritime. Ils n'ont par ailleurs pas les moyens de financer des expéditions maritimes longues, et surtout pas continues pendant la durée d'une guerre, ou même une saison de navigation (puisqu'on navigue alors peu en hiver); rappelons que la piraterie et l'activité de corsaire, hors dans un nombre très réduit de lieux (Dunkerque par exemple, et encore est-ce lié à la situation très particulière de la "guerre de 80 ans" entre la Hollande naissante et les Espagnols), sont des activités au final et pendant longtemps aussi risquées que de faible rendement, à moins de s'y consacrer totalement, ce que peu peuvent faire, et qu'encore moins prennent le risque (avant tout financier) de faire. On note certes des "professionnels", des gens se spécialisant dans cette activité et y déployant de ce fait une expertise et des moyens (humains, matériels et de financement) que les autres n'ont pas, mais ils sont la "micro-élite" visible, qui a une place démesurée parce que voyante dans les esprits. Il n'y a un réel début de croissance de ce métier spécialisé qu'à partir de la toute fin du XVIIème siècle (la guerre de la ligue d'Augsbourg en fait, après la période des grandes opérations de 1690-1692), où on voit une croissance certaine de la popularité de l'investissement dans l'armement de croisières corsaires sur des vaisseaux armés de façon un peu conséquente, avec des capitaines et des équipages développant une spécialisation plus affirmée. Mais le phénomène restera plus limité dès lors qu'on est aussi dans la période où les flottes deviennent plus permanentes (y compris dans leur présence à la mer), les routes commerciales plus surveillées et balisées, les convois plus fréquents, et plus encore, les flottes commerciales de plus grande taille (ce qui réduit l'impact relatif de la piraterie et des corsaires).... Pourquoi la limiter à ce point? Les essais d'expéditions contre ces ports couvrent largement plus que ça, depuis bien avant la fin du XVIème et bien après le début du XVIIIème siècle (les Anglais continuent encore pendant les guerres napoléoniennes). Et encore une fois, malgré le nombre de tentatives, au final, ces villes ont pour l'essentiel été en sécurité et défendues victorieusement, et le taux de pertes largement "acceptable" et vite compensé. Seule Maracaïbo, il me semble, ne s'est jamais réellement remise. -
Opérations au Mali
Tancrède a répondu à un(e) sujet de pascal dans Politique etrangère / Relations internationales
C'est facile à formuler, mais après, une "vision politique" n'est qu'une grande phrase creuse s'il n'y a pas de quoi la conduire, et CA, ça se traduit par des problèmes, des risques d'enlisement, un "coût" politique (et financier) lourd au regard de ce que ça rapporte réellement, des troupes plus en danger et sans mandat réellement clair et/ou réalisable, des coalitions bancales et sans réelle coordination.... Si la mission est de stabiliser le Mali, ou plus encore la région autour du Nord Mali (cette espèce de grand vide désertique où sévissent trafics de grande échelle et de grand impact, et extrêmismes de plus en plus compétents et organisés), 2500h engagés pour quelques semaines ne porteront qu'un petit coup d'arrêt momentané et ne changeront pas la donne sur les années à venir. Si c'est bien ça la "vision politique", ça veut dire une volonté politique unie, solide et durable, et ce de la part de plusieurs Etats de la région et d'ailleurs (dont la France?), des moyens autrement plus conséquents pour contrôler/sécuriser la zone et permettre à un Etat malien (mais aussi, il faut le craindre, d'autres Etats limitrophes tout aussi fragiles) de ré-émerger et de trouver une stabilité, une solidité suffisante pour durer et mieux "s'établir". Ca veut dire du fric, des hommes, des organisations, des compétences (pas que militaires, très loin de là), de la durée (pour créer de la visibilité, donc de la crédibilité et de la confiance).... Et pour couronner le tout, la "coalition" durable qui doit tenir cette volonté politique doit être durable, alors même qu'on voit déjà le simple fait de l'intervention française faire des mécontents, des râleurs.... L'intérêt de la France dans la stabilité de ce coin est évident vu d'une carte et avec le privilège de faire abstraction du facteur temps (surtout le temps court), mais à l'aune des décideurs politiques rien que français, s'il faut y être en plus grand nombre et pour des années, s'il faut encourir les râleries, qui se déclineront ensuite en coups bas et luttes politiques avec les autres pays regardant la région (ou ayant un beef avec la France, ou quelque chose à en tirer), s'il faut prêter le flanc en politique intérieure à la dépense et à un "autre conflit incompréhensible" pour l'opinion (avec en plus tous les parfums très travaillés par les accusateurs de "néocolonialisme françafricain" :P), quid de la volonté de mener un tel effort, et quid de la crédibilité de celui qui sera mené? Une seule chose sûre; ce sont les soldats sur le terrain qui paient ce genre de conneries, d'indécisions et d'efforts maladroits sans grande rationalité stratégique ou continuité dans le temps. -
Opérations au Mali
Tancrède a répondu à un(e) sujet de pascal dans Politique etrangère / Relations internationales
Y'a une arrière salle aux 2 magots? Merde, je croyais que c'était un (mauvais et très cher) café où on venait pour être vu :lol:. -
Opérations au Mali
Tancrède a répondu à un(e) sujet de pascal dans Politique etrangère / Relations internationales
C'est pas que "ça ne marche pas" dans l'absolu: ça n'a que peu marché en Afghanistan où tout a été mal fait, côté combat comme côté sécurité et reconstruction, avec un "win hearts and minds" (qui est censé encadrer/accompagner tous ces aspects) opéré comme le reste, sans coordination, sans adéquation avec le terrain, et plus encore, sans grands moyens à l'échelle d'un besoin minimum estimé (entre autre parce que l'Irak a pompé les moyens US très tôt). Sur ce point comme le reste, les ricains ont niqué leur "momentum" gagné en 2001 et laissé le champ libre aux "néo talibans" pour reconquérir le terrain social et humain, et pas par la gentillesse, mais en installant néanmoins une organisation sociale, juridique, administrative.... Soit "proto étatique" avec un mérite au moins: même forcée, elle est là et elle marche relativement, toutes choses considérées (répressif, voire abusif, mais c'est de l'ordre et de l'organisation en place, et dont on sait qu'il n'a pas d'horizon de départ, ce qui le rend crédible, ou à tout le moins inévitable). Quid au Mali? Il faut rétablir un Etat malien crédible: y'a t-il une recette? Dur à dire, mais on sait que ça coûte (afin d'éviter la concentration des efforts sur une ou deux petites zones en laissant le reste à l'abandon, et/ou le saupoudrage inefficace partout), on sait que ça doit être fait, on connaît certains écueils.... Et on sait qu'il faut une volonté politique et un effort concerté et unifié derrière (ce qui n'a pas été le cas en Afghanistan). C'est là le hic: pour qu'une solution existe, il va falloir, d'une manière ou d'une autre, raquer (du fric directement, des troupes, des personnels civils et militaires de toutes qualifications, des aides de toutes sortes, de l'effort "en nature" de reconstruction....), et ce dans la durée, et avec une certaine unité de décision sur place, ce qui veut dire un contributeur majeur qui coordonne tout (mais paie beaucoup), ou un "pool" d'Etats contributeurs acceptant qu'une direction unifiée existe pour gérer l'effort.... 2 choses difficiles à envisager à moins que les ricains décident de "se payer" le Mali sous le nez de Hollande. Sinon une chose frappante dans les quelques médias africains qu'on voit cités ici (je ne prétends pas à l'exhaustivité des sources), c'est le ton général accusatoire à l'encontre des forces armées maliennes et des forces ouest-africaines en général, autant pour leur compétence "discutable" que pour leur tendance à jouer les acteurs politiques, voire les bandits, qui rejoint une comparable désillusion sur les gouvernements: est-ce une tendance générale au "ras le bol" par rapport aux institutions, un "pissage dans un violon" de quelques journalistes et/ou critiques appelant au renouveau, l'expression d'un changement au sein de certaines forces ou tendances politiques? Pour l'instant, l'armée française (par sa présence et son efficacité) sert de plate-forme, de miroir déformant pour mieux mettre en évidence l'incompétence, la petitesse, l'ambition ou le je m'en foutisme des politiques et militaires ouest-africains, à les mettre en face de leurs insuffisance, si ce n'est de leur indignité; ce même usage peut évidemment se retourner à court ou moyen terme contre un intervenant extérieur qui, parce qu'il est nécessaire, pourrait en devenir insupportable, au moins aux yeux de certaines factions qui y verraient leur opportunité, et parce que de toute façon, la règle demeure que les invités et les poissons ont ceci en commun que passé un certain temps, ils puent tous les deux et deviennent emmerdants. Mais pour l'instant, je suis frappé du ton agressif des journalistes africains à l'encontre des militaires et autorités en général: ce n'est pas immérité, loin de là, mais l'absence totale de réserve indique t-elle une grogne, une critique, ou quelque chose de nettement plus agressif? Ca peut être important et rejoindre ce que je disais plus haut concernant la nécessité et la difficulté de reconstruire un Etat et une économie, en ce que ce "ton" de la scène publique" est ce qui va sous-tendre, représenter et/ou caricaturer le lendemain direct du plus chaud des opérations, de cette "première phase" où les choses iront vite et le bodycount sera élevé dans une courte période de temps. -
la défense des colonies espganoles (XVIè/XIXè s)
Tancrède a répondu à un(e) sujet de aigle dans Histoire militaire
"A la merci" est un très grand mot: le nombre d'attaques tentées est au final réduit, et le nombre de réussies encore plus (en tout cas sur des villes d'un peu de conséquence). Ceux qui les ont réussies sont effectivement célèbres.... Parce qu'ils ne l'ont fait qu'une fois et que, au final, il n'y a qu'un nombre réduit de personnes dans ce palmarès: Drake, Duguay Trouin et quelques autres, sur 3 siècles d'histoire de l'empire espagnol aux Amériques (et un nombre de villes-cibles plutôt important). On va pas parler d'un terrible taux de réussite ou d'une "vulnérabilité" terrible. Pour le cas de Cadix, ce fut une fois. Mon point était de signaler l'espace temps de l'époque et le "champ de détection" d'un navire en chasse: oui, les itinéraires sont grosso merdo connu... Sur une carte. Quand on arrive dans le monde réel, on est sur des navires de 50-60m à tout péter, avec un champ de vision portant au maximum à 30 bornes par beau temps et mer étale, le tout dans les portions larges du Golfe du Mexique et dans le grand Atlantique. Essaie de repérer quelque chose là-dedans en navigant à vue et sans avoir la date et l'endroit précis où un convoi passera: le couloir des alizés fait un peu plus que 30 bornes de large :-[. Ajoute le fait que la prévisibilité des rythmes de navigation est très réduite (on ne peut commencer à vraiment faire des évaluations que dans la 2ème moitié du XVIIIème siècle, avec l'arrivée de chronomètres relativement précis), et ce d'autant plus qu'on parle d'une marine à voile, cad qui peut se retrouver encalminée, ou devant attendre que le vent tourne autour d'un passage (sans compter un chef de convoi qui peut décider de tromper la routine de quelques jours s'il veut éviter les petits malins). Il suffit de voir ce qu'était "l'angle" sud est de l'Angleterre (passage de la Manche à la Mer du Nord, entre Douvres/Folkestone et le cap à l'extrême sud est de l'île) jusqu'au XIXème siècle: un gigantesque parking à navires en permanence (d'un côté ou de l'autre suivant le vent), attendant un changement de direction du vent pour simplement pouvoir se lancer vers l'Atlantique ou la Mer du Nord, entrer ou sortir dans l'estuaire de la Tamise. Des fortunes pouvaient se jouer, les coûts exploser, simplement parce qu'une cargaison attendait à quelques kilomètres de sa destination, totalement à la merci des vents. Qu'un convoi des Indes soit temporairement bloqué à cet endroit, et la place boursière de Londres pouvait partir en sucette. C'est ça le genre de contraintes maritimes qui allait avec la marine à voile et qui amenait un facteur de relativité énorme dans les prétentions à connaître et prévoir itinéraires ou délais. -
La Force de Réaction Rapide de l'UE : les Groupements Tactiques (Battlegroups)
Tancrède a répondu à un(e) sujet de alexandreVBCI dans Europe
Si tu regardes l'histoire, c'est un des problèmes militaires les moins résolus et traités à toutes les époques, avec juste de brèves exceptions: l'escorte des convois (et parfois le transport militaire lui-même), surtout logistiques, mais de tous les flux en général (de personnes/personnels, de matériel, de vivres....) a TOUJOURS été sous-traité pour l'essentiel ou la totalité. Et ca a TOUJOURS fini par causer des problèmes majeurs, vu que c'est tellement vital, essentiel, que ça devient vite un secteur attractif (salement rentable) et une occasion facile d'entretenir et de développer des groupes armés toujours plus pros et organisés. Si tu regardes par exemple sous l'empire romain, l'épisode de l'indépendance palmyréenne (et le fait que Palmyre se soit taillé un empire énorme dans l'Orient romain et perse) part de ça, et reflète l'évolution de cette région qui avait vu la montée en puissance de groupes privés d'escorte de convois et de patrouille des routes commerciales, puis la concentration du secteur aux mains d'une petite élite de chefs d'entreprises influant sur des luttes entre cités (qui avaient toutes leurs 2 ou 3 "bosses" de telles boîtes), puis enfin l'entrée dans un jeu plus politique. Autres exemples: les ordres de moines guerriers en Orient, templiers en tête, sont nés de cette nécessité, les samouraïs ont émergé comme caste à partir de telles structures privées, et la chevalerie d'occident aussi est venue de ces besoins locaux/régionaux de "protection" (plus souvent octroyée que demandée) et d'escorte. On n'a rien vu de différent arriver en Afghanistan, Irak ou dans les zones troublées de l'Afrique (en plus de bandes plus purement crapuleuses/"pirates" et de mouvements armés politiques). Et effectivement, les savoirs-faires militaires se diffusent largement via la mise sur le marché d'ex-soldats ayant une expertise à vendre et pas beaucoup d'autres champs de reconversion (surtout pas des carrières valorisantes): c'est aussi un problème existant depuis que les armées existent.... Passé un certain nombre d'années (une petite dizaine, voire moins), un guerrier a toujours été pris dans une logique assez restrictive. Il a une expertise très particulière, et c'est son métier, son point d'excellence, qu'il soit dans une armée ou non. Dans la grande majorité des cas, il y a peu de reconversions heureuses à moins d'une très bonne situation du marché de l'emploi où il se trouve, de bonnes conditions personnelles et de possibilités de reconversion/apprentissage professionnels poussées. Et là, à l'époque actuelle, on parle d'un "marché" où la main d'oeuvre dispo représente chaque année des effectifs conséquents (même en s'en tenant aux anciens des bonnes armées), où la circulation dans le monde est facile, où la demande d'une telle expertise est importante, et où les conditions de reconversion sont difficiles. L'équation est facile à résoudre. -
La Force de Réaction Rapide de l'UE : les Groupements Tactiques (Battlegroups)
Tancrède a répondu à un(e) sujet de alexandreVBCI dans Europe
Oui, ce serait pas con de commencer la chose sous forme de ces unités permanentes de formation/encadrement/appui multi-échelons (une force "tutrice" en quelque sorte, avec moyens propres d'action) dont les USA commencent à parler, pour former un début d'appareil et de doctrine propre, de même que de forces mixtes civiles-militaires-policières aptes à fournir des services d'Etats (voire à les prendre en charge), et un cadre aussi pour des ONG, dans des zones où l'Etat a failli, toutes choses qui sont souvent évoquées et jamais faites, étant donné qu'il s'agit d'une expertise nouvelle, d'un besoin qui commence lentement à être évalué réellement comme un besoin à part entière (et impliquant de ce fait une doctrine et des moyens propres si on veut obtenir des résultats réels). Evidemment, là aussi ça peut bouffer sur les intérêts d'Etats intervenants ("faire la paix", "établir un meilleur état de paix", c'est le but d'une opération.... Et c'est là où on obtient, ou on essaie d'obtenir, ce pourquoi on est venu), et donc l'épineuse question politique reste entière, avec ses bonnes et mauvaises raisons pour les pour et les contre, qui dépendent essentiellement de l'état de la volonté de gouvernants quand aux questions de stratégie, sécurité et intervention. Et nombre d'Etats européens, si ce n'est une vaste majorité, n'ont ni vocation ni intérêt à favoriser une politique étrangère active utilisant du militaire, aussi "gentil" soit-il, pour de multiples raisons: émergence d'un "niveau fédéral" échappant plus à leur veto tout en les impliquant quand même, construction politique européenne (contre laquelle beaucoup sont), questions de coûts, utilisation de fonds européens n'entrant pas dans le gâteau à grapiller, implication de ressortissants de leur pays -sous un autre uniforme- qui peuvent quand même leur mettre le nez dans des situations géopolitiques qu'ils veulent éviter, montée du rôle des "grands" Etats interventionnistes contre les petits et moyens plus casaniers, mise en contradiction potentielle avec le rôle de l'OTAN qui garde les préférences de la plupart des pays (et qui a leurs seules contributions concrètes à un quelconque effort militaire).... Même si cet embryon "d'armée" (et embryonnaire pour longtemps) restait de peu de conséquence financière, le simple principe de sa création constituerait l'essentiel du problème. S'il était créé, ce serait le pas majeur, et en fait le seul vrai pas à faire, pour qui veut une fédération européenne. -
La Force de Réaction Rapide de l'UE : les Groupements Tactiques (Battlegroups)
Tancrède a répondu à un(e) sujet de alexandreVBCI dans Europe
C'est vraiment le prétexte politique par excellence, ce concept de mise au pot commun quand il s'agit d'unités concrètes de combat; par essence, ça ne peut pas marcher à moins d'un faisceau de circonstances si exceptionnelles (proximité de la zone d'intervention, extrême visibilité d'une situation, mobilisation médiatique et/ou populaire, pas d'ambiguité sur les "gentils et méchants", compatibilité avec les moyens dégageables par la dite "force européenne" -cad pas une affaire trop maousse....) que c'est pour ainsi dire un outil sans intérêt, en tout cas au regard des coûts induits, et ce d'autant plus qu'il ne "rapporte" rien politiquement et ne fait même pas croire à un début de queue de "politique étrangère" commune, ou à une "armée européenne" ayant même un début de "popularité" ou d'image vendable. Au final, si la question d'une force européenne un peu concrète doit se poser rapidement, je ne vois pas de vraie possibilité qu'elle passe par aucune forme du type de celle-là, qui, quelle que soit la formule, est une contribution des Etats à un dispositif très théoriquement mis en commun, sachant que le "commun", en terme de volonté politique, n'existe pas ou très peu puisqu'il n'y a pas d'Etat européen. Si ça doit commencer à se faire, et sur le plan opérationnel à se faire de façon un peu efficace et pertinente (plutôt qu'avoir des agrégats artificiels d'armées aux cultures et structures différentes MALGRE l'élément otanien commun), faut prendre le problème par l'autre bord (et on peut établir une très longue histoire de constructions étatiques comparables, rien qu'en Europe, à commencer par l'apparition d'une armée permanente en France): faire naître des unités, un embryon d'armée, proprement européens, à partir des institutions existantes. Ca peut ne commencer qu'avec une force symbolique, une structure militaire réunissant les éléments existants, et au final, dans un premier temps, l'équivalent de quelques bataillons tout au plus. Mais quelque chose de non structurellement lié aux Etats (sinon très en amont dans la question des lignes budgétaires ou de la décision d'emploi). Commencer à créer une culture militaire et une institution militaire "proto-fédérales" ne passera pas par une mise en commun: ça, c'est la garantie, au mieux, de créer un canard boîteux avant tout politique (donc issu de compromissions à motifs avant tout politiciens) si jamais une "fédération européenne" devait voir le jour, et au pire, d'avoir un prétexte politique n'existant qu'en théorie et pour quelques photo-ops. Faut pas avoir la trouille de commencer petit: créer un petit EM issu uniquement des institutions européennes, un petit budget et quelques unités terrestres constituant un petit levier de renfort ou d'interventions réduites, ne représente en aucune façon un coût majeur. Mettons, juste pour illustrer, 3 ou 4 battlegroups maxi en terme de force de combat (et une forte dépendance à l'OTAN et/ou aux Etats pour pleins de domaines), recrutant européen, payant européen, avec un uniforme européen, une culture à développer à partir de rien, et répondant aux institutions européennes. Dans un premier temps, et sans doute pour une longue durée et pour beaucoup de raisons correspondant autant aux moyens limités qu'aux limites inhérentes à la faiblesse des organes de gouvernements européens, il s'agirait plus d'une force offrant un petit volant politique, une petite marge de manoeuvre pour "encourager" certains Etats (comme la France au Mali) en leur donnant un renfort dans certains cas, sans dépendre entièrement d'Etats contribuant à un pot commun qu'ils n'ont pas les moyens d'alimenter vu les capacités réduites de leurs propres appareils militaires, les coûts induits et leurs propres impératifs politiques (aussi bien en terme de politique extérieure -beaucoup d'Etats européen ne voulant pas en avoir une qui induise du Khaki- qu'en terme de coûts, ou de refus d'abandon de souveraineté). Si le problème devait vraiment être abordé, c'est par cet angle là qu'il faudrait commencer: espérer quelque chose d'une forme ou d'une autre de "coopérative militaire" de la part d'Etats qui ont autre chose à foutre de leurs moyens militaires très limités que de faire semblant de contribuer pour la forme, c'est vraiment tout faire pour se mettre la tête dans le sable. C'est en revanche un pas politique important, dont il est difficile de voir si le Conseil Européen pourrait le voter: beaucoup d'opposition pour bien des raisons de principe et de commodité, mais aussi, du moins tant que les coûts induits sont minimes, beaucoup de bonnes et mauvaises raisons pour faire apparaître ce genre de petite marge de manoeuvre (si tant est que la décision d'emploi ne dépende pas de l'unanimité, auquel cas c'est presque mort-né). -
Opérations au Mali
Tancrède a répondu à un(e) sujet de pascal dans Politique etrangère / Relations internationales
Je me représente vraiment très mal la zone d'opérations et je ne connais qu'assez mal les données politiques du problème, l'organisation/le fonctionnement du Mali et de cette vaste zone, mais on est déjà en train de parler de "gagner ou perdre" cette guerre/opération, de décréter combien de temps ça durera.... Apparemment, la fenêtre d'opportunité, ce sont les 8 semaines qui séparent ce démarrage de la saison des pluies, mais: - cette saison des pluies est-elle un horizon barré de façon absolue? Y'a plus rien qui peut être fait quand elle est là? - j'imagine que la reprise des villes ne sera pas forcément extrêmement dure, mais entre ça et l'élimination des organisations visées en -supposément- pouvant aller les dénicher dans tous leurs coins de repli ("bases") et de planque, n'y a t-il pas un hiatus? Je dis ça parce que mine de rien, il s'agit d'un territoire immense et qui, même si le désert y est dominant, doit bien receler des multitudes d'endroits et de zones difficiles à réellement quadriller/contrôler, soit des points à partir desquels ces groupes armés peuvent espérer survivre et se regrouper pour reprendre, une fois des leçons apprises, leurs activités (ou en entreprendre d'autres). - les effectifs impliqués dans les opérations n'indiquent pas vraiment des moyens de réellement reprendre en main de tels espaces. Quoiqu'il en soit, le peu d'image que j'arrive à avoir au clair pointe vers le fait que la durée prévisible des opérations pourrait n'être pas du tout si prévisible que ça, et quand on commence à parler de "gagner" ou "perdre", même si effectivement la reprise en main initiale de villes et villages comporte son risque d'atrocités et de gaffes (avant tout en raison de l'usage des populations comme boucliers), une telle opération n'a pas forcément toutes les chances d'obtenir un résultat ayant quoi que ce soit de définitif (sauf pour ce qui est de permettre à l'Etat malien de souffler et récupérer des marges de manoeuvre, si on l'y aide).... Donc quid du lendemain de la reprise de la dernière ville d'importance? Reprendre les agglomérations et routes majeures est-il un résultat en soi suffisamment satisfaisant? Comment s'en prendre à un ennemi nomade/semi-nomade et réellement réduire ce qui est le motif profond d'intervention, à savoir les grands itinéraires et groupes en lesquels consistent ces grands trafics de la zone saharienne, et qui menacent tous les pays alentours? Quelques milliers d'hommes semblent bien peu à l'égard de cette ambition là qui est la menace non de l'heure (qui est la menace des groupes armés du nord contre l'Etat malien), mais de la décennie (voire plus), dans cette TRES vaste zone de non droit dont la montée en puissance dans le gâteau des grands trafics et des risques terroristes (et d'affaiblissement des Etats de la zone) a été récemment très significative. Reprendre le nord Mali (en fait surtout ses agglomérations et carrefours majeurs) n'est qu'une étape, et la réponse immédiate au problème le plus absolument immédiat, mais les problèmes suivant/sous-jacents sont déjà très actifs et sont une suite tout aussi immédiate, pas une vague menace promettant l'orage pour un jour lointain.... Donc 8 semaines avant la saison des pluies.... Et puis? -
"Les Français n'ont jamais gagné une guerre"
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Suchet dans Histoire militaire
L'excuse des manques de budget pour le travail le plus important -celui qui, comme par hasard, a manqué le plus en 40- ne tient pas vraiment: le travail des EM (et de coordination des EM de divers échelons et secteurs entre eux) réclame de la sueur et du jus de cervelle (et de l'honnêteté intellectuelle) plus que du matériel, du travail d'organisation.... Les Allemands s'y sont entraînés avec des budgets masqués et mis à la portion congrue, et pour le côté manoeuvre, avec des bagnoles et chenillettes avec des armatures de bois et carton: c'est du travail humain, de formation d'équipes de combat et de travail, de réflexion, de rôdage.... soit une réflexion et une pratique permanentes qui s'alimentent l'une l'autre, et dont toutes les bases étaient présentes en 1918-1920, avec les EM rôdés issus de la guerre. C'est ça qui a manqué, qui n'implique pas vraiment de surcoûts majeurs, bien avant un quelconque programme d'armement (qui, quand ils sont bien faits, découlent de cette pratique). Où? A quel moment ça a merdé et ce savoir-faire (et savoir-être en fait) essentiel s'est perdu? A quel moment la certitude d'être par définition les meilleurs et toujours au top en la matière a pris le dessus? A quel moment quelqu'un a t-il décidé que les coûts de fonctionnement induits par ce travail étaient du superflu? On voit quand la doctrine fondamentale a changé, cad quand une direction "idéologique" a été donnée d'en haut (entre Locarno et la mort de Foch, grosso modo, la messe est dite), mais pour la perte du savoir faire et du savoir être pratiques, cette façon générale de s'organiser et de travailler, de concevoir et d'opérer, en combien de temps, combien d'étapes, ça s'est fait? -
Cooooool :O! Le commentaire était juste pour déconner: il avait les apparences du sérieux? Faut ralentir sur le café. L'équivalence établie par De Gaulle est une formule, une illustration, pas un axiome formulé comme objectif stratégique à atteindre en soi et pour soi; les remarques qu'on étale depuis maintenant pas mal de posts essaient de souligner CE QU'EST une grande ville moderne, et justement qu'elle est un objectif stratégique atteignable à cause de sa nature. Une grande ville est un système, et un système très fragile: interrompre sa mécanique avec un certain niveau (et un certain type) de dégâts, c'est foutre en l'air ce système, résultat qui n'implique pas forcément de dézinguer une part même majoritaire de sa population, en tout cas un résultat qui n'est pas révélé/mesuré de façon pertinente par le bodycount. Et les grandes villes d'un pays forment un "méta système" autour duquel l'essentiel de l'activité la plus rentable du dit pays fonctionne: disjoint ce système, interromps le, détruis-en physiquement une partie, annihile une proportion donnée de ceux qui le font vivre (essentiellement la population des centres villes), et l'effet est démesuré. Et là encore, le bodycount est un indicateur peu pertinent pour révéler la réalité de l'impact. Ce n'est pas une opinion c'est un fait. Tout comme "détruire" une armée de campagne n'est pas forcément lui infliger un taux de pertes monumental, mais détruire le système, le tout cohérent qu'elle représente (ce qu'a visé toute doctrine tactique, puis opérative, moderne), le but est de détruire la réalité de l'atout qu'est une ville, ce qui implique du bodycount très lourd, mais pas nécessairement une proportion fantastiquement élevée de l'immense population que représentent aujourd'hui les mégapoles modernes couvrant de vastes surfaces. Vouloir à toute force tuer tous les habitants d'une mégapole est même un gâchis d'efforts (va falloir commencer à faire des bombes spécifiques pour raser méthodiquement les milliers d'hectares de banlieues résidentielles et pavillonnaires autour des cités modernes?), parce que la réalité pragmatique de ce qui fait une ville est de moins en moins réductible à l'effectif que représente une telle concentration humaine (qui n'est qu'une condition de base et une conséquence du "fait" qu'est la grande ville). Détruis les facteurs importants qui font cette réalité pragmatique, et la ville n'est plus que ça: une vaste concentration de population qui, sans le "système" fonctionnel qu'elle représente, ne sont qu'un énorme encombrement, un gigantesque et soudain besoin de ressources, une tragédie et un poids mort. Bref, c'est frapper "utile" et symbolique, vu que passé un certain niveau de bodycount, tu n'as pas plus d'effet, au moins à très court/court terme (le temps de la décision, de l'événement et de ses lendemains immédiats); les nombres dans ces échelles (et encore faut-il qu'un pays frappé puisse les mesurer, ce qui n'arrive pas avant un bout de temps), passé un certain seuil, n'ont pas de différences concrètes dans les esprits à part certains seuils très symboliques.
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Et quand il faut gérer en direct le bordel généralisé, les manques de tout (étant donné la "surconcentration" des moyens et capacités dans une grande ville qui "irrigue" au moins une province autour d'elle, son "hinterland"), l'économie qui part en couilles, les circuits internes du pays compètement shuntés (routes, infrastructure informatique, échanges.... Bref, les flux dans tous les domaines).... C'est même à se demander, avec une destruction de cette échelle, combien de temps (en jours/semaines) il faudrait pour simplement EVALUER les dégâts et savoir ce qui se passe et comment se redéployer et remettre un pays en marche tenable à partir de là. Si plusieurs grandes villes sont par terre, cette capacité à évaluer et savoir, vu l'échelle des dégâts, la perte de capacités et le bordel induit, serait-elle même encore là? Avant même de parler de la capacité à réparer? Les grandes villes, les centres, d'un pays développé, sont plus que la somme de leurs composantes, et le circuit qu'elle forme est lui-même plus que la simple addition de ces villes. Une seule qui part, c'est cette équation (qui fait qu'un pays est plus qu'une économie basique, voire une de survivance, et plus qu'un simple agglomérat de populations) qui part en couilles. Sans doute que les forces militaires d'un pays nucléaire ou préparé à des frappes nucléaires peuvent continuer à exister de façon organisée pour un temps, et à rendre des coups; mais ce sont les seules formes d'organisation qui le peuvent.
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Je crois qu'on est à peu près tous d'accord (sauf Raoul qui semble vouloir pouvoir détruire plusieurs fois chaque objectif, en sentimental nostalgique de la doctrine MAD :lol:): l'effet de disruption sur la vie d'un pays qu'est l'annihilation de facto d'une mégapole, ou même seulement de son "centre" (par rapport à la zone urbaine/agglomération) est suffisamment catastrophique pour justifier pleinement la dissuasion dans sa pertinence: c'est encore l'arme qu'on ne peut accepter d'affronter tant qu'on n'a pas de système garantissant 100% d'interception, tant le risque est inacceptable (et il faudrait des changements majeurs pour qu'il devienne acceptable). Et c'est même pire encore aujourd'hui qu'au temps de la guerre froide tant les grandes villes sont devenues "capitales" (vraiment à tous les sens du terme) pour un pays impliqué à un degré significatif dans une économie "post industrielle", tout comme c'est aussi devenu pire encore par la taille des zones urbaines, leur vulnérabilité/fragilité à tous égards, et leurs interconnexions entre elles pour former la trame la plus importante, rentable et cruciale d'un pays. Y'a de ça: regarde le niveau de ressources que le Japon (dont la quasi intégralité de son armée de terre) a du mobiliser pour une seule centrale nucléaire ayant eu un accident.
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Le fait est qu'aucun pays ne peut accepter une telle "perte sèche", même un régime comme la Chine, et ce d'autant plus que ces proportions putatives ne sont pas des échantillons représentatifs: tu vises les centres d'un pays, soit les muscles essentiels, les nodes nerveux et les neurones, ce qui fait littéralement fonctionner un pays à un régime autre que simplement vivrier, ce qui le coordonne.... Essayer d'imaginer la perte de tels centres, même d'un seul, et son impact sur le fonctionnement et les équilibres internes est impossible à sous-évaluer, c'est justement le point des analyses sur le fait urbain au XXIème siècle. Le bodycount lui-même en perd proportionnellement de l'importance par rapport à ce que représente une mégapole à tous égards et qui fait qu'une telle ville, quand elle est fonctionnelle, représente infiniment plus pour un pays que la somme des gens qui y vivent, même en "pondérant" chaque habitant par une valeur relative supérieure (on raisonne amoralement, en terme de "pays utile") de par le niveau moyen de qualifications (dans tous les domaines clés d'une société) nettement plus élevé que dans le reste du pays. C'est comme te dire que tu es un poids moyen boxant un lourd, et qu'un de tes directs a causé un blocage d'un centre nerveux du gars (une toute petite zone comparé au reste du corps), et une paralysie locale: ça fait un adversaire toujours plus lourd et puissant, mais handicapé. Paralyses-en 2 ou 3 autres, et même s'il peut encore te balancer une pêche qui t'enverras à l'hosto, c'est un handicapé moteur quand même. Ajoute les valeurs symboliques et humaines de telles concentrations urbaines, le tumulte politique, la soudaine semi-paralysie du pays qui cause d'énormes remous et effets directs et indirects (avec mécontentements massifs et violents à la clé), et le trauma collectif tout comme l'impact concret de la perte d'une seule mégapole est un calcul qu'aucun politique ne veut risquer par anticipation. Si ça arrivait en cours de route, il est probable que le pays bombardé hurlerait d'abord à la mort contre l'agresseur et réclamerait des répliques immédiates et massives, mais ça c'est une fois que la merde est partie; ça n'est pas contradictoire avec le simple fait qu'aucun pays ne veut ni ne peut accepter un tel coût, pas avant un changement massif, gabarit cataclysmique -guerre à mort pour des ressources insuffisantes même pour un petit nombre de pays- des conditions des relations internationales. La seule vraie question est de rester crédible quand à la volonté d'en user s'il le faut. Pour des "cibles" particulières, faut essayer d'imaginer: la Chine a des éléments de résilience potentielle énorme.... Mais aussi des tensions internes telles qu'un stress soudain sur les ressources et moyens dispo (comme au hasard.... Shangai transformée en parking) et les équilibres internes du pays serait dévastateur. Imaginer pareillement une Russie sans Moscou, c'est envisager un pays qui certes survivra et gardera une capacité de réplique, mais un pays non seulement handicapé à l'extrême pour des décennies voire plus, et un pays qui risque l'éclatement interne. Ces 2 grands pays très autoritaires, il ne faut pas l'oublier, sont éminemment fragiles en interne sur bien des plans (on n'a pas besoin de forcer sur le bâton quand on est solide).
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P'têtre que si: le commandement a une telle façon d'approcher le secret en France que le dernier modèle d'agrapheuse de bureau, si on en demande la couleur ou les caractéristiques, fait l'objet d'un "pas de commentaires sur le matériel" (d'un autre côté, je suis mauvaise langue: c'est peut-être pour éviter les problèmes avec la sécu en cas d'incidents de bureaux). Alors une étude centrée sur l'effet que pourraient avoir les armes si on s'en sert.... Evidemment, ce peut, comme tu sembles le penser, aussi être le même genre de pudeur qu'avant 14 où n'avaient pas été envisagés l'impact de l'intégration de l'artillerie et des mitrailleuses dans les calculs et la doctrine: ça devait gêner une conception des opérations pas franchement renouvelée depuis Napoléon (genre "le 155? C'est comme le 12 livres Gribeauval, en plus gros, donc pourquoi changer" :-[).
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Je défends pas nécessairement la diminution: pourquoi dès qu'on émet un avis, ça renvoie forcément; automatiquement, à une putain de bordel d'opinion sur un sujet plus large qui suppose d'envisager d'autres bordels de putains de sujets et thèmes?! Mais arrêtez de me juger, merde, je vous ai rien fait, moiiiiii.... Ouiiiiiiin, je veux ma maman! Bouaif, je crois pas que le béton armé moderne protège vraiment plus d'une série d'explosions nucléaires quadrillant un vaste espace urbain: y'a comme une bouffée de chaleur qui a tendance à s'en prendre aux organismes qui, eux, n'ont pas évolué d'un pet. Pour les réseaux de soins et autres, faut vraiment se rendre compte aussi de l'impact de la concentration humaine sur des superficies comme ça, mais aussi de l'interconnexion absolue de tous les systèmes (techniques, organisationnels, institutionnels, économiques, humains) qui font qu'une ville "fonctionne": imagine une frappe sur une mégapole.... Combien de médecins seraient dispos dans les 5 à 10 jours qui suivent (vu notamment qu'ils sont concentrés disproportionnellement en ville, dans des structures hospitalières plus vastes qu'avant -cad concentrant chacune plus du "potentiel médical" d'une ville, d'un pays....), et sur quelle surface autour d'une ville sinistrée faudrait-il les radiner pour avoir ne serait-ce que le tiers du nombre suffisant? Si en plus une autre grande ville du même pays est touchée, comment affronter ce double besoin tout d'un coup (et avoir assez de personnel soignant pour les 2 à la fois), sachant que les villes dignes d'être ciblées concentrent une part hors de proportion du potentiel médical d'un pays (non seulement le nombre de médecins, mais aussi leur niveau qualitatif, la proportion de spécialistes, le nombre d'équipes regroupées en un même endroit, les équipements en qualité et quantité....)? Ajoute le fait qu'une mégapole moderne sinistrée d'un seul coup, c'est une surface dantesque dans un état lamentable, donc extrêmement peu "circulable" (gravats, structures effondrées, routes en charpie, épaves de véhicules et obstacles en tous genres absolument partout....). Une grande ville en 45 ne couvrait pas du tout la même surface, ni n'était en plus "doublée" ou "triplée" par des couches de banlieues résidentielles à perte de vue: obstacles et goulots d'étranglement tous les 3m. Déjà que c'est pas la joie pour avoir le niveau de secours en tous genres si un pâté de maison (bref, un truc qui amène un nombre anormalement élevé de victimes à traiter d'un seul coup) prend feu ou s'effondre dans un grand centre ville moderne, mais si c'est toute la ville? Laisse tomber. Et ça ce n'est que l'aspect "soins et secours": le fait est que la ville en tant qu'ensembles de fonctionnalités vient de cesser d'exister d'un coup pour le pays (et de devenir même un "handicap" majeur, comme un trop plein de blessés sur le champ de bataille): centre de production économique et financier ("virtuel" et "réel"), atout politique (opinion, soutiens aux décideurs en place....), "noeud" de connexions (physiques/matérielles, virtuelles, humaines, décisionnelles) et plate-forme majeure de flux (transports, marchandises, "hubs" de données....), centre administratif.... Il faut vraiment essayer de comprendre ce qu'est la ville pour un pays, et plus encore la très grande ville dans un pays d'une économie moderne, insérée dans le "village mondial". L'impact est au-delà du mesurable pour la plupart des pays; et pour les pays pleinement développés et urbanisés, c'est difficilement imaginable (encore pire dans un pays concentré/centralisé comme la France). Certes, leurs propres besoins au quotidien les rend peu résilientes (ce sont des mondes en soi), même s'il faut se dire que dans le cas où de telles villes seraient agressées, ça veut dire une grande guerre avec adversaire majeur, donc un temps de préparation qui peut laisser des options.... Mais d'un autre côté.... Comment on assiège une ville, ou plutôt une agglomération/zone urbaine moderne de 10 ou 20 millions d'habitants? Il faut du monde :lol:. La bombarder, c'est une chose, mais l'assiéger? En établir un contrôle et le tenir? J'ai du mal à même envisager les moyens qu'il faudrait? Non, non, la bombe, c'est plus simple :-[.
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L'urbanisation massive: 2-3 "mégapoles" (genre Guangzu, Shanghai, Beijing au hasard :lol:) et hop!, tu as ton quota (un peu plus pour la Russie). 3-4 séries de boums concentrés sur les quelques "vrais" centre urbains et "nodes" de pays potentiellement adverses et nucléaires (ou alors vraiment importants), et ils ont d'autres soucis que faire chier, genre réinventer la roue, l'eau tiède (l'eau courante, ça attendra), l'écriture, la pierre taillée (j'exagère? Naaaaaan, à peine en fait :lol:), et un semblant d'Etat qui fonctionne, ou encore s'occuper de leurs populations massivement contaminées, déracinées, sans économie fonctionnelle, aux infrastructures démolies....). On sous-estime aujourd'hui l'impact des grandes cités modernes (le fait urbain moderne est étudié comme champ d'expertise à part entière depuis une vingtaine d'années), leur importance sur tous les plans pour la vie d'un pays, et l'effet catastrophique de la perte d'une seule: telles qu'elles se sont développées, les grandes mégapoles constituent une évolution jamais vue, qui change aussi la nature même des calculs de stratégies nucléaires qui existaient encore pendant la guerre froide (c'est dans le droit fil des analyses tendant à montrer que le monde a plus changé dans ses équilibres et la nature de son fonctionnement depuis une trentaine d'années qu'avant cela depuis l'Antiquité).
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Naaan, le légionnaire est bien plus tout-terrain que le SPRAT: il aurait pu jeter un pont sans problème sur le Rubicon.... Et acheminé le kéro du Rafale par réemploi d'un acqueduc. Ils savaient se démerder; ils étaient loin d'avoir que leur bite et leur pugio, mais même avec ça, ils pouvaient encore improviser un max.
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Ouaif, j'ai vraiment du mal à considérer le cas du kosovo comme un succès de politique étrangère ou "d'art militaire": - investissement militaire disproportionné pour un timbre poste: s'il faut un tel déploiement pour s'occuper du seul Kosovo ou de la Serbie, ça augure mal des capacités expéditionnaires nécessaires pour des endroits de plus grande conséquence. Sans compter que le coup décisif porté à la Serbie a plutôt été de retourner les Russes (c'est là que Milosevic a changé de chanson). La campagne aérienne a servi nettement plus tard à faire baisser sa popularité, une fois combinée à "l'embargo" sur les lignes de crédits octroyables à la Serbie.... Disons qu'au final, ça fait très très cher pour obtenir un effet ayant juste une part minoritaire dans la "victoire" contre un adversaire somme toute pas vraiment gigantesque. - si la gestion humanitaire peut être jugée bonne, la définition d'un "résultat satisfaisant" en terme d'Etat obtenu laisse songeur: Etat maffieux, peu contrôlé, une plaie dans l'Europe.... - l'affaire a laissé une impression importante en Russie qui concourt largement à expliquer la position actuelle de cet Etat (qui nous "coûte"), ce qui est une chose, et ce pour un enjeu douteux, ce qui en est une toute autre: qu'il faille froisser quelqu'un, ça fait partie du business, mais il faut que le jeu en vaille la chandelle.... Et là, c'était faire le jeu des ricains et pas du tout le nôtre (pas en tant que France, et pas forcément en tant qu'Européens). - tout le monde est toujours d'accord pour parler de succès et avoir l'impression que c'en est un quand les effets immédiats sont mineurs (ce qui est plus dû à la taille et à "l'aura" des pays concernés qu'autre chose) et quand les moyens sont abondants et à ce point supérieurs.... Regarde Desert Storm: la débauche de moyens et la quasi "non guerre" que ça a été (tant le déséquilibre est énorme), de même que l'affichage de la machine militaire otanienne faisant jouer ses rouages bien huilés quasi sans opposition, obèrent complètement l'analyse de politique extérieure en termes simples.... C'est réussi ou non, ça sert des intérêts ou non, c'est "rentable" ou non, c'est une situation réglée ou non.... C'est un "meilleur état de paix" ou non. Ca n'a pas eu que des avantages, note bien :lol:.... Très loin de là. Mais évidemment, à Rome, guerre et politique ne sont pas des sphères qu'on sépare, même au niveau des fonctions aujourd'hui jugées purement "techniques" de commandement; les premiers "purs" militaires (au sens où nous pourrions le comprendre aujourd'hui) dans la hiérarchie, ce sont les centurions (et encore, les plus "hauts" dans une légion, le primipile et le préfet de camp, sont déjà dans des fonctions et responsabilités à caractère aussi politique, comme en témoigne le fait qu'ils soient anoblis et passent dans l'ordre équestre avec l'accession à ces jobs). Les tribuns angusticlaves, les préfets de cohortes auxilliaires et d'ailes de cavalerie, les tribuns laticlaves, les légats, et évidemment les procurateurs et officiers impériaux divers (consuls/proconsuls....), sont moins des officiers supérieurs ou généraux comme nous le comprenons qu'une hiérarchie politique regardant une charge provinciale (dans une campagne planifiée, le rôle militaire "technique" devient plus prenant et prééminent, ou au moins plus accaparant, même si la conscience politique guide leur commandement) et oeuvrant par nature, et sans séparation, dans un cadre "complet": administration civile et judiciaire, économie et fiscalité, police, constructions et fortifications, organisation et planification, diplomatie et relations avec les populations locales, recrutement et commandement militaire.... Y'a pas de séparation autre que purement pratique (au sein du staff): tout est pensé comme une seule et même chose, en continuité, cohérence et coordination de A à Z.
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Idéalement oui, en gardant à l'esprit que les dites structures ont intérêt à être aussi permanentes que possible, avec juste l'équipe au sommet, le décideur final, qui soit réellement changeable, mais aussi une permanence (en contrepartie) des types de personnels pouvant être appelés à cette charge: qu'ils se connaissent, soient habitués à se pratiquer et à comprendre le métier et l'approche de l'autre (réellement, pas les lignes de com façon "nous sommes totalement en phase", "les services travaillent main dans la main", "nous nous connaissons de longue date".... Dont les autorités françaises sont très coutumières). Mais évidemment ça suppose aussi une autre logique du politique lui-même qui, outre sa nature, a pris une tendance au micromanagement encouragée par les techniques de communication modernes.
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Opérations au Mali
Tancrède a répondu à un(e) sujet de pascal dans Politique etrangère / Relations internationales
Vu les besoins de popularité du gouvernement (qui doit vouloir être moins "normal"), je me demande si ils ne vont pas être un peu ambitieux (toutes proportions gardées) et aller en quête d'une victoire, ou au moins d'une apparence de victoire, impliquant un symbole fort qui marque même les esprits français moyennement intéressés par ce genre de choses: l'électorat malien en France existe bel et bien (et il est un "coeur de cible" du PS), et si l'affaire n'est pas trop longue (du moins ce que le politique en attendrait: après, la réalité d'une reprise en main effective du territoire peut s'étendre sur.... Longtemps), montrer une colonne française arrivant pour libérer Tombouctou pourrait titiller le Hollande (et non la Hollande qui bien évidemment n'en a rien à fumer). -
"Les Français n'ont jamais gagné une guerre"
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Suchet dans Histoire militaire
Etait-ce ce un "talent"? Malgré tout ce que la "Waterloo Industry" a essayé d'implanter comme mythes, il n'y a pas de "reverse slope defense" qui soit une invention: se planter derrière la crête d'une hauteur, masquer son effectif, c'est aussi vieux que.... Les collines :lol:. Le seul fait est que Wellington, de par le principe même de sa présence en Espagne, a le loisir de livrer les batailles entièrement à son avantage ou celles qu'il ne peut pas éviter (ce qui ne peut quasiment pas arriver); il n'a pas besoin de livrer bataille, simplement d'être en Espagne et d'y "soutenir" (le terme pouvant vouloir tout et rien dire), ce qui contraint les Français à le poursuivre et à, eux, chercher la bataille à tout prix et dans n'importe quelles conditions parce qu'ils sont contraint par le temps, les ressources et les besoins stratégiques dans la péninsule. Sans compter en plus que les troupes françaises en Espagne, c'est pas vraiment le niveau qualitatif de la Grande Armée (hors le moment où c'est Napoléon lui-même qui y va, ce sont en grande majorité des recrues non entraînées qui touchent leur premier fusil en arrivant en Espagne). Ajoute à cela une autre contrainte majeure: pas d'unité de commandement en Espagne. Napoléon a refusé la centralisation du commandement sur ce théâtre, et chaque maréchal est livré à lui-même sans réelle coordination avec les autres, ce qui, entre autres choses, les met de facto en concurrence, gâche les moyens, fait faire des conneries, empêche l'existence d'une stratégie. De fait, chaque maréchal est une "entité stratégique" autonome, donc se fixant des buts propres totalement déconnectés de ceux des autres, et comme il n'y a pas de centralisation (et donc de réserve de moyens centrale ou d'organisation et de distribution de tâches coordonnées, rationalisées et séquencées pour un but commun), il s'agit d'une "petite" entité stratégique d'autant plus pressée et contrainte par son manque de moyens, qui se trouve donc d'autant plus pressée par le temps et forcée d'aller chercher la castagne au plus vite quelles que soient les circonstances, tout en devant tenir villes, routes, ports, ponts.... Face aux guérillas qui infligent plus des 3/4 des pertes françaises. Je cherche toujours le "talent" tactique de Wellington là-dedans: un adversaire non coordonné (donc en fait autant d'adversaires séparés que de maréchaux/généraux) forcé de venir à lui quasiment dans n'importe quelles conditions, donc qui viendra à lui dès qu'il s'arrête pour l'attendre.... Et contre Laurent G en CI :lol:. Le monde est sauvé!