-
Compteur de contenus
18 697 -
Inscription
-
Dernière visite
-
Jours gagnés
166
Tout ce qui a été posté par Tancrède
-
turquie La Turquie
Tancrède a répondu à un(e) sujet de madmax dans Politique etrangère / Relations internationales
J'ai beau chercher, je ne vois pas dans l'histoire de France de massacres qui soient des actions préméditées à fin d'exterminer un groupe ethnoculturel spécifique, à part en fait les deux cas métropolitains de la Vendée insurgée et, mais c'est beaucoup plus discutable déjà, les Huguenots pendant les guerres de Religion. Des actions de répression sanglante dans le cas de territoire conquis/coloniaux ou proprement nationaux, de maintien extrême de l'ordre, des actions de terreur/dissuasion en temps de guerre (le sac du palatinat par Louis XIV restera à cet égard un sommet en la matière), oui, et pas qu'un peu. Mais du massacre de groupes ethniques/religieux/culturels ciblés en tant que tels? Je vois pas des masses et en définitive, seul le cas vendéen y correspond et pourrait même être qualifié de premier génocide de l'histoire, la notion de génocide me semblant en fait liée à l'époque contemporaine et à la perception idéologique qui est née avec l'Etat moderne (cette idéologie pouvant être raciale, religieuse, politique, culturelle). pour le reste, on s'aperçoit souvent que la mentalité de l'époque, utilisée par la rhétorique politique quand ça la sert, n'admet pas le droit de conquête; pas que ce soit un mal, mais quand on juge le passé, c'est un critère dont on ne peut faire abstraction étant donné qu'il n'est pas un peuple qui ne le reconnaissait pas comme un fait avant le XXème siècle, admettant la conquête comme un fait "normal" des nations et le cortège d'horreurs qui va avec comme quelque chose "de regrettable mais inévitable" :P. -
turquie La Turquie
Tancrède a répondu à un(e) sujet de madmax dans Politique etrangère / Relations internationales
Il n'y a pas que l'article 2 pour la définition du phénomène génocidaire, c'est là le problème: le fait d'écarter les deux cas mentionnés n'est pas mon opinion en particulier, mais celle de juristes s'étant intéressés à la possibilité de les définir comme tels, que je ne fais que retranscrire. Si l'on s'en tenait au 2/a), beaucoup de cas de meurtre (juste un individu) pourraient être qualifiés de génocides . C'est donc un poil plus complexe, et ça n'enlève en rien à l'abomination vécue par ces deux populations. Ce qui m'étonne dans l'usage de ce terme, c'est le besoin actuel de qualifier tout et n'importe quoi de génocide, juste parce que le terme semble soudain être le seul valable médiatiquement, comme si "massacres", "horreurs", "exactions" ou "crimes" étaient des termes neutres et "dévalués" en quelque sorte, dans le cours de bourse des mots qui marchent à la télé :-[. Les famines organisées par Staline en Ukraine, accompagnées d'exactions de toute sorte, ne visaient pas à exterminer la population ukrainienne, mais pourtant elles ne le cédaient en rien en horreur collective à d'autres événements comme la Shoah ou le génocide arménien. Mais apparemment, quand il y a une revendication de "génocide", si on utilise le terme "massacre", par exemple, on est tout de suite accusé par les militants de tous ordres de nier des souffrances, et par extension de nier la population "victime" (dont les représentants contemporains n'ont eux-mêmes souvent rien vécu des horreurs qu'ils revendiquent comme les leurs), et bien souvent d'être un raciste/sectariste pur et simple. Personnellement, je ne trouve pas que "massacre" soit un mot moins terrible dans sa portée que "génocide". -
Les causes de la défaite française de 1940
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Jojo67 dans Histoire militaire
En l'occurrence parce qu'on parle de domaine militaire ;), aspect dans lequel les Brits se sont payés quelques coups de pied au cul magistraux depuis le XVIIIème siècle, sans avoir à en payer des conséquences politiques énormes pour la simple raison qu'une défaite militaire n'a pour eux pas de conséquence fondamentale sur le pays, sa direction et sa conduite. Pour le reste, ce que la France s'est payé entre 1789 et 1940, les Anglais se le sont payés entre la Guerre des Deux Roses et la Glorieuse Révolution de 1688 (avec en plus les Guerres de Religion comme toile de fond, chose qui est arrivée en décalé en France, avant cette période 1789-1940, se greffant sur les derniers conflits de féodalité), des séismes tout aussi importants et ravageurs qui n'ont cependant pas intéressé le reste de l'Europe du fait de l'éloignement/excentrage des îles britanniques. Qu'eut été la période révolutionnaire en France si le pays avait bénéficié d'un tel isolement/désintérêt vis-à-vis du reste de l'Europe? Quelque chose de beaucoup plus court et moins sanglant (pas pour les massacres internes attention), ne donnant pas de grain à moudre à un gouvernement autoritaire trouvant son exutoire dans une fuite en avant guerrière devenant croisade idéologique pour canaliser les énergies. De fait un événement moins "fondamental" dans l'histoire. 1789 n'est pas un événement local du fait de la situation géographique de la France, pays très peuplé, en position "charnière" en Europe continentale sur les plans géographiques et géopolitiques. Les évolutions plus "soft" de l'Angleterre depuis le XVIIIème siècle sont dues à l'éloignement du pays et dans une certaine mesure à son autre grande force aux XVIIIème-XIXème, à savoir le système monétaire et de crédit (mis en place dans la première moitié du XVIIIème sous l'égide de Newton) qui permet l'expansion économique qui, relativement à la taille de la population des îles et aux possibilités de se focaliser sur un développement outre-mer sans crainte de dégarnir les frontières, sépare plus nettement les problématiques militaires et politiques. Les pays continentaux n'ont pas ce luxe, et la question des frontières et menaces des voisins y reste intrinsèquement une part de la vie politique dans tous ses aspects, tout comme un changement politique majeur en interne ne peut pas ne pas voir les voisins s'en mêler, au besoin les armes à la main. Le reste n'est que conséquence à mon sens, les changements plus radicaux étant liés à une situation impliquant plus de facteur du fait précisément de l'implication de problématiques guerrières (ou de la menace qu'elles s'insinuent dans le tout), du rôle des Etats voisins et concernés.... On ne peut pas raisonner avec la France (ou d'autres Etats continenaux) comme on raisonne avec l'Angleterre parce que celle-ci peut fonctionner en vase plus clos du fait de son insularité: toute problématique en France induit forcément sur cette période une implication directe d'autres Etats, des anticipations sécuritaires de tous côtés à la guerre ouverte en passant par l'ingérence et aux pressions plus ou moins discrètes. -
turquie La Turquie
Tancrède a répondu à un(e) sujet de madmax dans Politique etrangère / Relations internationales
Délicat: ni l'un ni l'autre cas ne présentent réellement les caractéristiques d'un génocide dont il ne faut jamais oublier qu'il s'agit d'une notion proprement juridique. Il s'agit ni plus ni moins du meurtre avec préméditation d'une communauté donnée (ethnique, religieuse, culturelle). Le cas des indiens d'Amérique est apparemment peu présentable en tant que génocide devant un tribunal parce que l'extermination n'a jamais réellement été recherchée malgré certains personnages dans l'histoire américaine qui ont donné dans ce registre, et il aurait fallu une volonté un peu suivie parce que ce bastringue se poursuit sur une très longue durée. Le cas aborigène est plus délicat en ce que certaines politiques peuvent ressortir de l'intention génocidaire (stérilisation et essai médicaux notamment), mais là non plus, le terme de génocide s'applique mal au-delà des abominations qui ont effectivement été commises. Pour la France, le seul cas de génocide qui puisse être soutenu devant un tribunal est le cas de la Vendée entre 1793 et 1795 qui présente toutes les caractéristiques voulues pour répondre à la définition (intention, planification, moyens, mise en oeuvre et suivi, action sur beaucoup de plans, pas seulement militaire). -
Les causes de la défaite française de 1940
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Jojo67 dans Histoire militaire
Il est moins possible, à mon sens, d'avoir la bonne stratégie "novatrice" au bon moment que d'essayer d'avoir de quoi se retourner, chose qui pourrait faire consensus au sein d'une démocratie en bonne santé (et le fait généralement): de quoi ménager le premier choc du contact, encaisser le temps de s'adapter, qu'il s'agisse de profondeur stratégique venant de la géographie ou d'une géographie "aidée" par un outil militaire cassant le tempo et/ou les avantages de l'adversaire (comme la ceinture de fer de Vauban en son temps qui n'a jamais visé à être impénétrable, ou les théories de défense souple/AC contre les GMO soviétiques) d'un côté, et d'une capacité d'adaptation de l'autre, qui elle suppose de la souplesse dans les structures (organisation et production) et mentalités. Le problème d'une "stratégie novatrice", c'est qu'on ne peut savoir à l'avance si elle va marcher: on peut se gourer comme on peut taper juste et bien anticiper le futur, mais dans le cas d'un appareil militaire, on ne le sait que quand il est trop tard. Voir ce qu'est l'armée allemande en 40: innovation certes, mais pour une toute petite part de l'armée. Et la stratégie adoptée de passer par les Ardennes eut pu être un désastre sans possibilité de se retourner pour peu que, à outil équivalent, le commandement allié ait agi autrement. S'il ne faut pas épargner la critique sur les décideurs d'une autre époque, il ne faut pas non plus trop verser dedans: cela minimise le facteur "erreur/hasard" qui gouverne bien plus qu'on ne le pense. Ca c'est à mon sens une interprétation type "l'herbe est plus verte chez le voisin" (le gazon anglais ne doit pas être vu à l'aune de cet étrange complexe transmanche ;)): l'examen de l'histoire britannique démontre le contraire. Seulement, eux ils ont toujours eu la Manche pour gagner du temps et pallier leur incapacité toute aussi grande que les autres Etats à s'adapter à l'avance. Dans le cas militaire, cela leur autorisait à prendre des claques continentales et à pouvoir changer à l'abri de la protection maritime. La France ne disposait pas de tels préavis. -
Les causes de la défaite française de 1940
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Jojo67 dans Histoire militaire
Le pire avec Pétain, c'est qu'il est devenu conservateur, voire plus, sur son vieil âge: la majorité de sa carrière, il l'a fait comme officier estampillé "républicain". Mal en cours avec les élites traditionnelles et catholiques (il vient "du bas", et sa vie personnelle n'avait rien de très chrétien :lol:), il fait partie des officiers "bien vus" avant 14 :P. Les vrais tournants, en fait, pendant l'entre deux guerres, me semblent la mort de Foch -et avec lui, c'est le "lobby" Foch qui meurt, laissant l'école Pétain seule en lice dans l'establishment doctrinal-, l'empreinte psychologique de la guerre dans les mentalités de dirigeants qui restent en place, et "l'esprit de Locarno", soit ce qui amène au traité de Locarno et les conséquences sur la stratégie française qu'il entraîne, donc sur la pensée et l'outil militaire. Sans doute une part de la mauvaise préparation française est-elle inévitable et due à la nécessité d'être à la remorque d'une Angleterre qui reprend beaucoup de vieilles habitudes après 1918, montrant qu'elle n'a rien oublié et rien appris, mais qu'elle peut se le permettre vu qu'elle a la Manche comme Ligne Maginot :-[. Mais une France de 38-39 millions d'habitants avec un ennemi de 65 puis 80 millions d'habitants (plus jeunes) à ses frontières ne peut se permettre de la jouer seule. L'impact d'un outil militaire en apparence plus offensif et plus rôdé, avec peu de fortifications, n'aurait pas non plus été neutre en matière de perception dipomatique, même s'il aurait pu aussi, avec une attitude plus ferme et une stratégie plus cohérente (notamment celle des alliances de revers avec les pays d'Europe centrale et orientale), être plus dissuasif pour l'Allemagne au prix d'un refroidissement avec les Brits qui aurait pu valoir le coup d'être payé. Ben oui, mais c'est là une constante historique: les évolutions continues sont rares dans l'histoire, tous pays confondus. Même si y'a des pays qui, pour diverses raisons, peuvent plus se permettre de ne pas changer parce qu'ils sont plus à l'abri des coups de pieds au cul (Anglais et Ricains entourés d'eau par exemple :lol:). Contrairement à certaines images d'Epinal qui diviseraient les pays en "révolutionnaires" et "réformateurs" naturels, l'histoire indique que comme pour toutes les grandes organisations humaines (qui impliquent donc des processus résumés sous le nom de "politiques"), les Etats ne changent qu'avec des coups bien profonds dans le c... L'amour propre :-X. -
Les causes de la défaite française de 1940
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Jojo67 dans Histoire militaire
Très bonne somme, Jojo ;). Evidemment, des choses me hérissent ;) :lol:, mais c'est ma nature de pinailleur :-X en majorité et quelques points de vue différents, rien d'autre.... Vu que toi t'en as écris une et pas moi, je me la prends, je me la tords et je me la mords :lol:. Donc félicitations pour le boulot =). Le passage sur Gamelin me fait cependant penser, et cela pourrait être un sujet en soi, qu'outre tous les reproches que méritent les dirigeants français de l'entre-deux-guerres (avec un bémol sur ce plan pour le Front Populaire et le gouvernement d'union nationale de Daladier, moins coupables que les autres) et plus encore ceux que méritent les décideurs militaires, un vrai procès pourrait être fait en général à ce régime pour le système de sélection des élites militaires inhérent à la République (la IIIème en particulier). Tout régime aura toujours ce problème là, mais peu autant que la IIIème, qui aura fait illusion avec le "moment" de 14-18 qui a vu un certain consensus national de la revanche accorder de l'importance au domaine militaire, la nécessité de la guerre opérer un certain degré de sélection rapide au début et la victoire masquer l'immensité des couacs. Rien de tel pour 40, même si pourtant le plus grand exercice depuis dans l'institution militaire est de n'avoir rien fait pour faire une grande revue autocritique fondamentale permettant un peu de table rase et un peu de publicité sur la chose, les amitiés, habitudes et quelques faits d'armes ponctuels masquant pudiquement la forêt qu'il eut fallu déboiser. Comme sous le Second Empire, les copinages, les ententes internes, les rouages de la machine et la bravoure individuelle masquent les idioties, scléroses mentales, dogmatismes et carriérismes de beaucoup trop de monde. Mais la IIIème, et en fait dans son droit fil la Vème, a plus que beaucoup d'autres régimes écrasé l'institution militaire à haut niveau, réclamant et imposant sans que ce soit dit à voix haute des généraux conformistes, à plat-ventristes, carriéristes, toujours au moins un poil plus préoccupés de leur carrière, de leur ego ou de leur "vision pour la France" que de l'efficacité de l'outil et de son adaptation à une stratégie générale pertinente. En bref, pour de bonnes et de mauvaises raisons, la République a pris l'habitude d'écraser l'institution militaire comme pensée, voix et lieu de décision, comme acteur national, à un degré beaucoup trop poussé, bien plus que ce que la stabilité politique nécessitait. Ajoutons certains dogmatismes dans la structure mentale de formation des élites militaires en France, conjuguée à certaines façons idéologiques de voir l'armée dans la politique, et la façon de promouvoir les chefs réellement décideurs dans l'appareil militaire n'est plus qu'une conséquence durable et reproductible, même en cas de changement de constitution. Gamelin en est une sorte d'incarnation, comme ton bref examen de sa personne et de son mode de commandement le montre: y'a t-il une part de caractère personnel? Certainement, et les choix de chefs militaires tels qu'ils s'opèrent dans la république incitent à faire émerger ces profils. Mais dans sa correspondance, on voit aussi à part égale une façon d'écrire sans se mouiller et rester dans l'équivoque et la procrastination qui se retrouve beaucoup dans une institution où le mode d'existence et de progression impose de telles règles. Cela existe partout, mais à mon avis rarement à un degré comparable à celui-là, sauf évidemment dans des régimes de terreur où les officiers savent qu'il faut pas la ramener pour rester en vie. Que vous en semble? -
Ben je trouve qu'il commence à justement connaître ces évolutions "de temps de paix" de façon accélérée, souvent en raison de motifs commerciaux fondés sur l'idée de rameuter le plus de monde possible: faire des cours à la carte (notamment des cours juste pour les femmes, ou les catégories de poids), mettre trop de règles de comportement, codifier (souvent pour servir d'aide mémoire, ce qui est nécessaire vu que les gens n'ont en général pas beaucoup de sessions hebdomadaires, arrivent fatigués, ont des horaires contraignants, pas le temps d'assimiler....), se conformer à certains desiderats (en fait s'adapter à la clientèle, ce qui n'est pas uniquement négatif vu qu'il faut enseigner aux gens normaux de quoi affronter les situations qu'ils risquent de rencontrer réellement).... Par ailleurs l'expansion de cette méthode est une cause de problèmes: beaucoup de profs formés, beaucoup de clientèles, beaucoup de façons de voir.... Et donc déperdition de ce qui fait "l'essence" d'origine des principes d'une méthode censée être plutôt sommaire et appliquée. C'est le plus souvent pas encore dramatique, mais il est dingue de voir une discipline aussi jeune en être au stade des écoles de pensées en conflits et des querelles de chapelles et d'héritiers. Perso, je conseillerais plus les écoles russes de systema et sambo version "combat pratique", non parce qu'elles sont exemptes des mêmes dérives potentielles mais parce qu'elles sont si peu répandues que justement elles n'ont pas subi (encore?) des dérives de ce type et restent du coup proches de l'enseignement militaire (tous les profs en viennent directement). Le karaté kyokushinkai, pour les cours que j'ai vu, avait un focus gardé sur la pratique à coups portés qui aide beaucoup. Mais le bagua tel que je l'ai appris était très focalisé sur le trip "aller à l'essentiel, pratiquer le contact" pour avoir le sens des espaces et distances de combat.
-
Il me semble que plus qu'aucun autre siècle, le XXème a montré à quel point les techniques de combat en écoles "établies" se dégradent vite dans les résultats qu'elles donnent (en termes de pratiquants), par les 3 facteurs que sont: - le fait de les enkyster dans un corps de doctrine, écrit ou non, de les enfermer comme savoir-faire décomposé voire spécialisé: le cas des arts martiaux japonais, divisés en écoles de spécialités (judo/jujutsu, aikido, kenjutsu, kendo, karaté, lutte au sol) qui chacune se développent pour acquérir une somme de contenus nécessitant un apprentissage à temps plein, est assez édifiant à cet égard. L'éducation des samuraïs n'opérait pas de telles distinction et ces pratiques de combat désarmé ou armé étaient un tout, qui d'ailleurs était fait dans le cadre encore plus large d'une éducation guerrière incluant aussi tactique/stratégie, combat en groupe à diverses échelles, formation intellectuelle large.... Mais rien que pour le corps à corps, une approche complète allait de soi. - le fait de les enrichir sans arrêt en ajoutant chapitres et sous-chapitres à ces sommes de savoirs, chose qui les rend indigestes, complexes, insenseignables (sauf à ceux qui y consacrent leur vie et ne cherchent dans leurs étudiants que ceux qui reprendront leur flambeau), ésotériques - le temps de paix qui les fait vite dériver vers une pratique ludique/sportive/épanouissante et "sécurisée" (par des règles, des codes, des comportements, une éthique, une approche de plus en plus intellectualisée -beaucoup plus qu'il n'est nécessaire) qui se déconnecte trop vite de la pratique réelle, tant des gestes et attitudes que de la "vision tactique" liée aux environnements réels, et qui concernent plus que simplement 2 gars face à face sur une aire de combat. Et deux gars qui savent dès le début qu'ils vont survivre, qu'il n'y a aucun enjeu de vie ou de mort, de capture ou de liberté, de blessure ou non; ça change les gestes, les attitudes.... Ajoutez à cela l'impact de ces facteurs sur la formation et le cadre mental des profs et instructeurs, multiplié par le nombre de "générations" de ces mêmes enseignants, et vous avez les ingrédients de dégénérescence accélérée d'arts de combat trop sacralisés dans leurs formes (qui pourtant n'ont fait que changer et n'ont rien à voir avec leurs origines plus prosaïques) qui expliquent la profusion actuelle, l'absence de lisibilité générale, les problèmes de choix et de mise au point de méthodes pertinentes "globales", les querelles de chapelle.... Sans compter évidemment les questions d'égos de "gourous" de disciplines, les effets de mode et les dérives commerciales. Le MMA a déjà dérivé comme pratique sportive enseignée aux enfants et pleine de règles (qui éloignent les compètes de la réalité pourtant voulue comme objectif initial), le krav maga en est déjà aux querelles de branches entre générations de profs.... Pour les armées, il est à espérer qu'on cherche à former des combattants avec des combattants plutôt qu'essayer de perpétuer une doctrine appliquée. On avait mis le curling aussi ?
-
Remonte dans le topic, tu le verras cité abondamment: j'en ai fait un peu plus de 5 ans (avec du XingYi: ils sont souvent jumelés) et je suis pas le seul ici. Mais Bagua et KungFu, c'est pas vraiment le même trip ;).
-
Donc en fait même pas la peine de discuter du contenu d'une discipline ou de sa méthode pédagogique/son approche du combat.... Une quinzaine de jours avec un rush pour en faire le maximum, c'est pas grand-chose et t'en ressors pas avec grand-chose, point barre. En tout cas certainement pas avec assez de bagage et d'assurance pour savoir pouvoir gérer une situation en opérant une gradation de la violence, ou envisager sérieusement de se risquer à aller au contact (comme option valable dans ton arsenal).
-
Juste une question, au-delà de la seule technique en cours: quelle durée est réservée à l'enseignement du corps à corps aujourd'hui dans l'AdT? C'était une petite quinzaine de jours y'a pas si longtemps, il me semble, non? Soit pas grand-chose, et qui plus est concentré sur peu de temps, avec donc une faible durée d'assimilation entre les leçons. La clé d'un enseignement assez foireux.
-
Le C4 est-il destiné à toutes les troupes? Je croyais qu'il s'agissait de techniques complémentaires, pas d'une pratique complète en soi. Je pense surtout à la formation des officiers, mais l'enseignement des arts martiaux ne concourt-il pas aussi de la formation intellectuelle du professionnel de la guerre? Après tout, dans la vision japonaise, le "budo" est un tout, et les leçons tirées de la pratique du corps à corps pas seulement vu comme simple technique physique recèlent absolument tout ce qu'il est nécessaire de savoir sur les principes du combat et de la guerre (déception, connaissance de soi, économie des forces, décision rapide, perception de l'environnement, savoir ce qui est utile et ce qui est futile....). Toutes les sociétés ayant développé des castes guerrières n'ont jamais limité le corps à corps au rang de simple technique pour le combat individuel. Quand on compare la chose à la pratique abusive de l'équitation et de l'escrime sportive (désormais totalement dénaturée par rapport à l'art réellement martial qu'elle était à l'origine), on se dit que ce serait pas plus mal pour des élèves officiers de commencer un cursus dès l'admission en école militaire, à poursuivre tout au long de la carrière.
-
Alors là BPCs, je suis pas d'accord ;)! Le pentathlon moderne devrait être obligatoire! En même temps que le rétablissement du duel pour les officiers! Ca aiderait à rajeunir l'effectif et à sélectionner les meilleurs :lol:. Ou alors on fait le pentatlon postmoderne (ou le néo-pentathlon, au choix du Sirpa :lol:): parkour, close combat, tir, course de fond avec poids et curling :O.
-
Dans l'absolu des statistiques des conflits modernes (depuis la Révolution on va dire), tu as raison, mais les 1 à 2% de morts par arme blanche ne doivent pas obérer une réalité plus affinée sur l'utilité de fait de la chose (outre le développement personnel du soldat....) pour nombre d'unités et de situations plus particulières: le débat sur la baïonnette qui a eu lieu dans la section histoire en est un exemple, mais plus globalement, les unités de pointes (et de police militaire d'ailleurs :lol:) en ont besoin, et je ne parle pas que des unités spéciales/commandos, mais de tout ce qui s'apparente de près ou de loin à de l'unité d'assaut (voltigeurs et grenadiers sous l'Empire par exemple), aux unités chargées de tâches dans des terrains cloisonnés/confinés, à celles, généralement en reco/rens, qui sont susceptibles de tomber inopinément au contact de l'ennemi, et à celles chargées de tenir un territoire (avec des civils dedans) en ayant un peu plus que la seule option de létalité maximale dans leur arsenal. Même dans une optique -aujourd'hui peu probable- type OTAN vs PAVA, le nombre d'unités susceptibles d'aller friter de près et ayant donc besoin potentiellement de pouvoir se démerder dans diverses formes de close combat (mains nues, à l'arme blanche ou des formes "bâtardes" avec baïonnette ou toute forme d'arme improvisée), n'est pas un chiffre si négligeable et n'est en aucun cas limité aux seules unités spéciales/commandos. Prendre d'assaut une position retranchée, surtout si le besoin ponctuel est de le faire discrètement, peut imposer cet exercice, de même que n'importe cas d'une guerre impliquant de prendre des objectifs urbains (si l'intérêt, donc la stratégie, le dicte) plutôt que de se cantonner au strict schéma clausewitzien de destruction symétrique de l'armée d'en face avec reddition automatique (supposée) de l'Etat ciblé. Le fait est qu'on ne sait pas de quoi la guerre sera faite, ni ce que la stratégie dictera, ce qui laisse ces savoirs-faires dans le registre des "must do". Et encore plus dans des armées expéditionnaires de petite taille dont on ne sait même pas pour quel adversaire, quel théâtre et quel conflit on les prépare. Non? Eviter le sol, c'est le but, effectivement (ne serait-ce que pour garder ouverte l'option de se carapater en courant :lol:), mais s'en tenir au pied-poing est improbable, vu que le close combat est vraiment.... "close" :lol: (vive les avant bras et genoux): j'ai quand même vu beaucoup de développer l'enseignement de la phase "intermédiaire" du grappling (pour faire chuter, déséquilibrer, mais sans forcément suivre au sol même si ça reste le but initial), entre les techniques et enseignement debout (à "distance" et en close combat) et les techniques et pratiques au sol: c'est un domaine qui a pris une place à part entière désormais dans tous les coins où j'ai regardé.
-
Et pourtant si; en combat "réel", tu as bien peu l'occasion d'aligner un coup de poing correctement, avec la force voulue et à l'endroit voulu pour obtenir un effet réellement significatif (ou alors c'est que t'es face à un glandu) alors que ça t'expose pas mal. Le combat se déroule bien souvent beaucoup trop près pour bien décocher du poing (sauf sur un adversaire préalablement plaqué au sol et/ou maintenu dans une clé de bras, par exemple): les coudes/avant-bras et les genoux sont déjà plus commodes et exposent moins, et quoiqu'il arrive, mieux vaut savoir à tout prendre saisir et gérer son adversaire au corps à corps (au sens le plus strict, corps contre corps) qu'essayer d'imposer un combat à distance type pieds-poings qui a peu de chances de se dérouler comme sur un ring. Maintenir l'adversaire à distance par du pied-poing, pour peu qu'il y ait un peu de savoir-faire et de pratique des deux côtés, c'est juste au tout début. Ca finit toujours bien plus près.
-
Israël et voisinage.
Tancrède a répondu à un(e) sujet de loki dans Politique etrangère / Relations internationales
La baisse des sentiments collectifs d'appartenance nationale, la perte d'un sens de "l'exceptionnalité" occidentale (à laquelle Israël appartient) qui va de pair avec le développement (économique, politique, militaire, culturel, identitaire) d'autres pôles de puissance venant d'autres civilisations aussi bien qu'avec les changements économiques et sociaux qui marginalisent plus de monde (polarisation des richesses dans les pays développés, réduction des classes moyennes, "banalisation" des qualifications et statuts de catégories socioprofessionnelles entières et de leurs études, même universitaires) et individualisent les sociétés développées, me semblent concourir de ce type de phénomènes qui font tendre vers les identités particulières et les communautés de plus petites tailles (par rapport à des touts nationaux), à l'identité plus affirmée et militante. -
Israël et voisinage.
Tancrède a répondu à un(e) sujet de loki dans Politique etrangère / Relations internationales
Oh, ça s'équilibre en partie: ne pas oublier que plus un milieu est dur/extrêmiste, plus une partie des dits rejetons se construiront en opposition au modèle familial et vireront vers l'autre bord.... Surtout si ce modèle s'affiche dans la rue d'à côté :lol: . -
turquie La Turquie
Tancrède a répondu à un(e) sujet de madmax dans Politique etrangère / Relations internationales
Dans des populations qui à cette époque ne représentaient pas 5% de ce qu'elles étaient sous la colonisation française ;). -
le comportement du soldat dans l'action de combat ,pitié ou sans pitié ?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Gibbs le Cajun dans Histoire militaire
Pour résumer la chose, je renvoie à l'hypocrisie romaine à propos de ce qu'on appelait de leur temps les "stratagèmes", en fait toute forme de ruse, tactique ou surprise impliquant le camouflage, la déception/désinformation, qu'il s'agisse d'une embuscade, d'un mouvement opéré par surprise pour tomber sur les arrières ou arriver comme on ne l'attend pas, l'usage d'armes nouvelles ou de méthodes inhabituelles.... Quand leurs adversaires usaient de telles choses, il s'agissait de "lâcheté", de "traîtrise". Quand les romains le faisaient, c'était qualifié d'une expression du génie et de l'infinie ressource de la supériorité romaine. Grosso modo, la traîtrise, c'est le plus souvent le succès de l'autre :lol:, vu qu'à la guerre, y'a pas de règles, que la première chose de l'art militaire, c'est la maîtrise de l'info (connaître tout sur soi, connaître tout sur l'adversaire pour savoir ce qu'on peut faire et lui dicter sa façon de penser sans qu'il le sache), et qu'au final, le principe même de toute tactique et de toute stratégie est de laisser le moins de choses au hasard, de n'attaquer qu'à coup sûr, et d'opérer selon la logique de la lâcheté calculée: l'idée de toute tactique est de tomber sur l'ennemi à 10 contre 1 quand il est de dos et endormi. S'il est assez con pour se faire prendre comme ça, tant pis pour lui; le but est de gagner et de limiter la casse dans son camp, point barre. Quels belligérants ont jamais joué "fair play", même ceux qui prétendaient le faire? On trouvera des actes ponctuels, individuels, humains, mais des guerres jouées "dans les règles"? Depuis le début en Afghanistan, on qualifie les adversaires de "lâches", mais on se gêne pas pour omettre qu'ils se battent contre les armées les plus modernes de la planète, disposant de moyens dantesques dans tous les domaines (satellites, aériens, véhicules, soutien....) avec des budgets faramineux par rapport à eux. On qualifie souvent de lâche celui qui refuse de vous affronter là où vous êtes le plus fort et choisit son terrain: - l'armée conventionnelle traite de lâche l'adversaire guérilléro qui se dérobe et refuse le frontal - le chevalier de la guerre de cent ans méprise l'archer qui tire de loin, voire même tout guerrier qui recule ou manoeuvre sur les flancs (vrai au moment de la bataille de Poitiers par exemple) - le romain et le grec méprisent le Perse pour qui l'arc est l'arme de guerre par excellence, culturellement implantée dans son éducation comme l'atteste une phrase résumant l'éducation de l'aristocratie parthe/perse: "un enfant doit savoir dire la vérité et tirer à l'arc". La guerre est pensée à partir de ce fait, donc par conséquent la tactique et la façon de mener tout combat En bref, on voit souvent traiter de lâche l'adversaire qui ne fait pas en sorte que l'on gagne :lol: en nous affrontant là où on est le plus fort et quand on l'a décidé. Mais évidemment, beaucoup de proverbes condamnent ce méchant ennemi qui n'opère pas selon le super plan de bataille qu'on a prévu :-[. C'est aussi vrai au niveau stratégique et opératif qu'au niveau de la plus petite tactique. C'est effectivement nier l'autre, au moins dans la propagande de guerre mais aussi souvent dans la perception qu'on a de lui en général (individuellement et collectivement), mais plus gravement encore, quand on croit un peu trop à ces indignations, c'est nier la réalité de ce qu'est la guerre, qui n'est pas un match de boxe, un tournoi ou un duel. On combat pour un but précis, à savoir sa nation/son camp/ des objectifs précis, avec comme impératif de gagner, et d'une, et au moindre coût (vies humaines, dégâts matériels, temps passé, coût financier, mobilisation des ressources), de deux. Tout autre impératif est secondaire, voire inexistant. Au plus petit niveau, cependant, celui des unités élémentaires, dans certaines circonstances, ou des individus (voire certains chefs), des modes de "coexistence guerrière" ont pu exister de façon plus ou moins constante ou ponctuelle, incluant certaines formes de courtoisie, de respect se traduisant en certains types de conventions et comportements non écrits.... Certaines périodes ont vu des codifications de la guerre entre adversaires réguliers qui ont été plus ou moins respectées sur une durée donnée (guerres entre cités grecques, chevalerie occidentale), mais rien de plus. -
Tensions aux Malouines
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Chris. dans Politique etrangère / Relations internationales
Je sais pas si il y a tant besoin que des journaleux soient là en permanence: les armées en emmèneront avec eux d'une part, et surtout, elles s'arrangeront pour avoir des "fournisseurs d'images" bien à elles (les unités et services de relations publiques autant que celles de psy-ops et rens) et alimenter la corrida médiatique. La vérité compte peu quand il s'agit de temps réel et d'image sur le moment (ne pas oublier qu'elle est la première victime de toute guerre), et l'exploitation sera tout, avec le facteur interactions entre les 2 "vérités" contradictoires et entre elles et les opinions publiques ciblées comme inconnue. C'est une bataille de volonté et une bataille de légitimités dont le théâtre médiatique sera une composante majeure presque au même titre que le théâtre des opérations réelles. C'est d'autant plus vrai que contrairement aux USA, les Brits et Argies peuvent moins se permettre de faire un truc violent et dire merde au monde. La durée du conflit dépend de cette légitimité, parce que sur un plan strictement militaire et limité aux deux belligérants, il n'y a pas d'issue tant qu'un des camps ne jette pas les pouces, et les Brits peuvent foirer un débarquement mais revenir 6 mois ou 1 an plus tard. Une médiation sera imposée de facto par un rapport de force politique (pour favoriser tel ou tel camp, éviter une insécurité maritime croissante, minimiser l'impact sur le commerce....), et dans cette arène là, l'opinion publique est un élément déterminant. -
Tensions aux Malouines
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Chris. dans Politique etrangère / Relations internationales
Je sais vraiment pas en fait: c'est un théâtre si particulier, par rapport à l'invasion d'un pays où le combat au milieu de civils est, dirons-nous, "noyé dans la masse" sur un plan médiatique. Là, c'est moins y'en a, plus l'attention potentielle est disproportionnée avec deux belligérants pour qui l'image comptera énormément dans le cadre de la posture politique/diplomatique, avec course à l'échalotte pour être le "gentil" de l'histoire (ou en tout cas pas être le méchant ;)) et pouvoir faire son storytelling auprès des opinions publiques disposant d'un accès à des médias contradictoires (internet dans le cas de pays à la presse relativement contrôlée mais pas totalement en censure non plus). Les attitudes de beaucoup d'Etats à l'ONU pourraient subir des pressions de ce type, fait qui peut aider à relativiser certaines postures de parti pris et/ou limiter le prix "d'achat" de ceux qu'on veut se rallier ou faire taire. En fait, je suis pas loin d'imaginer, dans le cas d'Argentins ayant écarté l'élément aérien au moins un moment et pouvant donc débarquer, une progression vers la capitale sur plusieurs axes avec quelques menus accrochages (les Brits peuvent pas se permettre des positions retranchées importantes ou durables comme les Argies le coup précédent, pas avec 1000h), et une espèce de siège de Port Stanley avec négos permanentes entre les parties en présence.... Genre "vous évacuez les civils, on les met au chaud et on se fout sur la gueule entre gens de métier", "non, vous voulez la ville, vous allez faire de la casse et avoir le sale rôle".... Et là, c'est en fait à qui saura bluffer le plus loin sur sa résolution à sacrifier des civils si besoin est. Ca pourrait durer un temps (les Brits cherchant à jouer la montre et les Argies pris entre l'impératif de vitesse et celui de ne pas casser du civil) et se résoudre ensuite à qui veut les îles le plus fort, celui-là devant accepter l'éventualité de pots cassés en termes de vies civiles (et d'infrastructures) et la sale image éventuelle qui va avec (immédiatement montée en épingle par l'autre). Des 2 côtés, un storytelling aura été préparé, avec une vraie cellule de crise politique-médiatique pour exploiter chaque évolution de la situation, mais tant que le premier mort civil n'aura pas eu lieu, ils essaieront de délayer au maximum le moment de mettre cette cellule réellement au boulot dans un tel registre. La fois précédente, c'étaient les jours qui comptaient; à l'époque ultra-médiatique, il s'agira de réagir et proagir en heures, voire moins. Que pensez-vous de ce scénar? -
Tensions aux Malouines
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Chris. dans Politique etrangère / Relations internationales
En même temps, quel que soit l'effectif britannique (dans une certaine mesure), et en partant du principe que les Argentins ont trouvé le moyen de réduire la menace aérienne, les opérations au sol côté brit sont contraintes par les mêmes facteurs que pendant la première manche, aux premiers rangs desquels: - un format réduit par rapport à la zone à couvrir: les opérations de débarquement argentins peuvent se faire avec une relative liberté, les Brits ne pouvant pas couvrir même une petite partie des points de débarquement possibles ni forcément monter d'opérations convaincantes de contre attaque depuis quelques zones de réserves d'intervention - la population des îles est concentrée et représente, dans un conflit de ce type, à la fois l'objectif à saisir (la capitale) et "l'objet" à protéger (voire un argument médiatique); les Brits ne sont pas libres de leurs mouvements et ne peuvent envisager de défendre la ville façon camp retranché à Verdun - sans espoir de renforts immédiats suffisants face à une opération argentine ambitieuse, les Brits peuvent pouvoir calculer que la résistance a un seuil: pas la peine de se faire massacrer jusqu'au dernier ou de perdre 30 à 50% de l'effectif dans une défense qui ne peut être renforcée dans les premiers jours. Du coup, leurs plans en la matière, pour ce scénario du pire, peut tout simplement être que toute résistance est inutile (à part une dissémination de quelques éléments d'observation et SF discrets en attendant le 2ème round) si la première phase du débarquement ne peut être empêchée. Que vous en semble? -
Tensions aux Malouines
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Chris. dans Politique etrangère / Relations internationales
Sur ce plan, à moins de parler d'un scénario dans 15 ans, ce sera pas encore ça: les Argentins n'ont que très peu modernisé leur aviation depuis la première guerre. Leur AdT a été sérieusement reprise en main, ce qui garantit un tout autre déroulement pour les opérations au sol (et encore, le premier coup, ils ont retiré leurs bonnes unités direct après la prise de l'île et laissé des conscrits peu formés, peu encadrés et pas soutenus), mais côté aéro, c'est pour l'instant encore peanuts, ancien et de toute façon très loin du continent pour un scénar aux Malouines. Les Malouines n'ont jamais été une affaire de "rentabilité" en termes monétaire (sauf maintenant qu'il s'agit d'un gisement pétrolier et gazier potentiellement de grande ampleur et que la situation brit risque de rendre ce coin vital pour eux), mais le fait est qu'il ne serait pas stratégiquement rentable de les perdre par un coup de force: laisser pisser un précédent de ce type est bien pire que le coût de n'importe quelle opération militaire pour reprendre ces cailloux. -
et si les USA avait écouté les autres au Vietnam ?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Gibbs le Cajun dans Uchronies
A mon avis, il est difficile de résoudre a posteriori le problème US au Vietnam par un débat tactique et technique: dans le même genre, il faut noter le rôle des Marines Sud Coréens (en effectif du même ordre que l'ANZAC il me semble, mais j'ai pas zieuté depuis un bail) dans un rôle contre insurrectionnel très violent, efficace et "sale", et en déduire que eux aussi avaient une approche différente et pertinente. Mais c'est une chose d'avoir un savoir-faire à une certaine échelle, et une toute autre de gérer un conflit dans son ensemble, avec une posture (militaire, diplomatique/politique....) et des contraintes précises qui imposent aussi des manières de faire, des façons de gérer les ressources.... Le problème fondamental du conflit aurait-il pu être résolu par une doctrine d'emploi différente au sol (donc l'entraînement et l'équipement qui vont avec), plus alignée sur les concepts des alliés jugés "plus efficaces" (à noter que les sud coréens ont aussi eu des commentaires faisant d'eux les troupes les plus "efficaces" du dispositif US)? C'est difficile à dire: il est certain que les résultats mesurables eussent été différents (bodycount civil, insurgé et militaire des 2 côtés, zones contrôlées, coût en ressources du dispositif au sol, dépenses de munitions et pertes de véhicules, surtout d'aéronefs....), mais d'un autre côté, d'autres choses sont moins facilement mesurables sur le seul plan militaire: - quel rythme opérationnel pour de telles approches visiblement plus lentes? Le tempo est tout face aux nord vietnamiens - quel coût en terme de dispositif permanent? Quels besoins en effectifs et moyens pour tenir ET frapper? - quelle adaptation de l'adversaire? Les chefs nord vietnamiens et leur population ont montré des capacités d'approche intelligente et de réponse "low cost" assez ahurissantes Et surtout, une différence d'approche tactique et opérationnelle change t-elle les données fondamentales du problème? La corruption et la faiblesse du régime sud-vietnamien? Son absence de crédibilité/légitimité auprès de la population? La nature idéologique du conflit et l'impact de cet aspect des choses sur la population? La capacité nord vietnamienne à mobiliser, idéologiser, contraindre les populations et leurs énergies, donc à maintenir la volonté du camp adverse? Surtout quand on voit l'affaiblissement graduel des Vietcongs et leur marginalisation progressive dans l'appareil de lutte politique et militaire face aux USA, les Nords Vietnamiens prenant graduellement en charge tous les aspects du conflit et se reposant de façon de moins en moins déterminante sur le Vietcong. Donc en fait, mon point est de demander si des méthodes différentes sur le plan tactique et opératif auraient pu changer la donne stratégique fondamentale du conflit. A votre avis?