-
Compteur de contenus
18 697 -
Inscription
-
Dernière visite
-
Jours gagnés
166
Tout ce qui a été posté par Tancrède
-
Le Mindef/Minarm - Successeurs - Nomination - bilan et actions
Tancrède a répondu à un(e) sujet de zx dans Economie et défense
Les armées ne sont pas un électorat: beaucoup trop éparpillés localement, et démographiquement non significatives en scrutin national (d'autant plus qu'elles n'ont pas un vote assez nettement marqué, et qu'elles votent pas tant que ça en fonction des propositions en matière de Défense). C'est du tout petit, faut pas croire que ça touche en quoi que ce soit le politique. Et après? Il en a rien à taper: lui joue dans la cour des grands. Le boulot spécifique d'un ministère, surtout un qui ne compte pas politiquement comme la Défense, il est pas là pour ça. Les décisions concernant la défense sont finies pour ce mandat. Les vrais choix budgétaires ont été faits, le reste ne concerne plus que les affaires courantes, ce dont même Morin n'a plus rien à foutre. Alors Juppé, qui est encore un premier couteau :P.... -
Et les Américains font beaucoup de sport à l'école, au lycée et à la fac, ça les empêche pas à l'arrivé d'avoir en moyenne une mauvaise forme physique (moins bonne que les Français qui pourtant n'ont que peu de sport dans les études). Et les Japonais aussi font plein de sport, mais leurs statistiques de santé sont pas mirobolantes. Y'a les clichés, et y'a le triste constat statistique: la vie dans une grande ville moderne, les modes de consommation, le mode de vie sédentaire, l'hygiénisme poussé (pas l'hygiène minimum, mais tout ce qui vient d'environnements trop aseptisés), l'alimentation pourrie, la pollution, le stress.... Font que toutes les populations vivant dans de grandes agglomérations modernes tendent vers ça (et Singapour n'est rien d'autre qu'une grande ville). Sans compter les problèmes de santé plus "structurels" qui vont avec ce mode de vie: allergies, fragilités, vulnérabilité accrue aux maladies et "saletés", maux chroniques.... Faut ajouter en plus la très faible natalité à Singapour et le cortège de conséquences qui vont avec (individualisme accru, enfants plus couvés, plus d'ambitions placées sur un enfant -qui éloignent de préoccupations comme l'armée-, autre conception de la vie humaine....). Tant pour la motivation pour l'armée que pour la qualité moyenne des recrues, ces évolutions ne permettent pas forcément la survie du modèle en l'état, à moins de menaces immédiates importantes (pour la motivation). La réduction du service militaire (en plus avec alignement de TOUS les grades sur les 2 ans règlementaires) réduira inévitablement la qualité (surtout de l'encadrement) et fera porter l'effort plus sur les pros. Mais l'armée pro aura t-elle suffisamment de volontaires vu l'accroissement spectaculaire du niveau de vie, des ambitions, du niveau d'études? Quand leur bataillon de FS doit s'ouvrir aussi aux myopes et à quelques autres menues déficiences jusqu'ici considérées comme rédhibitoires, ça traduit quelque chose....
-
Le Mindef/Minarm - Successeurs - Nomination - bilan et actions
Tancrède a répondu à un(e) sujet de zx dans Economie et défense
Sans compter qu'à défaut d'une place "avec moyens" dans les instances du parti, un job de ministre te file des moyens en autonome: moyens de se renseigner, moyens d'être courtisé (par des maires et députés pour tel ou tel petit truc, par des chefs d'entreprises, par des responsables d'administration), moyens de parler haut et fort.... Un ministère, surtout un important, c'est du fric à distribuer, du personnel pour savoir et faire.... Bref, c'est pour jouer le jeu de la politique. -
On sait jamais.... Faut toujours être prêts :lol:.
-
Le Mindef/Minarm - Successeurs - Nomination - bilan et actions
Tancrède a répondu à un(e) sujet de zx dans Economie et défense
Ca donne du poids, ça lui refout de la visibilité en national, et surtout, plus d'occasion de permanence pas loin des médias et des centres de décision: CA LE FAIT REMONTER A PARIS :lol:! Faut pas toujours croire que c'est plus tarabiscoté que ça: les instances nationales du parti sont à Paris (et avec elles les endroits où se décident choix de candidatures et attributions de budgets), les centres de décision et interlocuteurs y sont, les lieux où se réunir y sont.... Bref, la décision s'y trouve. Et c'est pas par téléphone que ce jeu se joue. Alors pour ça, il faut un prétexte et un petit job pour couvrir les dépenses: évidemment, pour quelqu'un qui a de la bouteille en politique et un "statut" national, le petit job doit avoir un peu de dorure. Si quelqu'un croit une seconde que Juppé va à la Défense pour s'en occuper ou parce que un "changement de direction" réel est décidé, ou encore parce qu'il a des idées et qu'un ministre dirige son ministère, il ne vit pas sur la bonne planète. -
Le Mindef/Minarm - Successeurs - Nomination - bilan et actions
Tancrède a répondu à un(e) sujet de zx dans Economie et défense
Faire quelque chose à moins de 2 ans des élections? Et croire qu'un ministre, en l'état de fonctionnement de la Vème République, décide de quelque chose? Faut revenir sur Terre et regarder un petit peu le monde réel. -
Le Mindef/Minarm - Successeurs - Nomination - bilan et actions
Tancrède a répondu à un(e) sujet de zx dans Economie et défense
De toute façon, une nomination à moins de 2 ans des élections, ça ne veut strictement rien dire pour les armées: c'est juste pour donner de l'importance politique à Juppé (ou le mettre sous les spotlights pour le flinguer) et/ou le reflet de rapports de force en interne dans la majorité. Pour le ministère, ça va pas plus loin que la gestion des affaires courantes. -
:lol: :lol: :lol:!!!!!! Ca marche, même "à bonne distance" ce truc? Y z'ont même pas le même sur tous les véhicules :lol:! C'est pas plutôt un responsable de dépôt qui s'emmerdait ou qui a pris un coup de trop?
-
Systèmes de recrutement: quelle meilleure armée pour quelle tâche?
Tancrède a posté un sujet dans Histoire militaire
Avec tous les bémols et conditions qu'il est possible de mettre pour définir le fait évident qu'il n'y a pas de meilleure recette pour faire l'armée parfaite, mais qu'il n'y a que des armées adaptées (plus ou moins bien) à un certain spectre de tâches et de menaces, et qu'aucun système ne dure éternellement dans son fonctionnement théorique/optimal, force est quand même de reconnaître que certains systèmes dans leur principe -et dans leur application- ont été meilleurs que d'autres et ont donné de meilleurs résultats: - le modèle romain de conscription en mode défensif, à la grande période de la république - le modèle professionnel romain à partir de Marius - le système prussien puis allemand pour la formation des cadres via les écoles de cadets - samouraïs, mamelouks, janissaires (voire une certaine survivance dans l'armée turque avec l'importante présence de l'armée dans l'enseignement), chevalerie pour ce qui est de la formation individuelle Il y a des centaines de recettes pour disposer de forces armées, mais au final, toutes se ramènent à 3 grands principes de systèmes: - la conscription: qu'il s'agisse de conscription nationale/régionale ou de milice, quel qu'en soit le mode, le service militaire et la disponibilité pour le rappel (pour défendre localement ou servir dans une armée mobile) pendant un certain temps est l'un des moyens les plus universel dans l'Histoire. Peut y être aussi assimilé le fonctionnement des peuples cavaliers et nomades, et les peuples pour qui la guerre est un mode de vie. - un système de caste guerrière: samouraïs, chevalerie, janissaires.... Le système de caste peut être aristocratique, ethnique, religieux, venir d'une spécialisation militaire ou de n'importe quel autre principe. La constante est l'idée d'une partie réservée et plus ou moins auto-reproduite de la population qui est assignée dès la naissance à une fonction guerrière et au mode de vie qui va avec. une portion importante de familles de militaires dans une armée est une évolution souvent constatée dans des armées de conscription ou professionnelles ayant existé pendant longtemps. Certaines évolutions dans des armées professionnelles (ou la portion pro d'une armée de conscription) tendent parfois vers ce modèle, comme le montre l'obligation faite au IVème siècle dans l'Empire romain qui impose aux fils (au moins les aînés) de soldats la carrière des armes - l'armée professionnelle: ce système inclue aussi bien les armées de volontaires nationaux payés que les mercenaires, mais aussi des statuts particuliers, "entrepreneriaux" mais non exactement mercenaires, comme l'organisation des raids vikings qui étaient en fait des entreprises privées recrutant pour une campagne Tous ces systèmes ont eu des applications plus ou moins réussies, plus ou moins durables, efficacité et durabilité dépendant autant de facteurs circonstanciels (lieu, époque, évolution du pays, société, environnement....) que de pertinence du principe et de sa mise en oeuvre (dans l'absolu comme au regard des circonstances). Quelle est selon vous la meilleure forme d'organisation, celle qui a démontré, en général, une meilleure efficacité, une plus grande capacité à durer? Y'en a t-il une? Quelle serait la forme la plus adaptée aux circonstances en occident aujourd'hui? -
Le Mindef/Minarm - Successeurs - Nomination - bilan et actions
Tancrède a répondu à un(e) sujet de zx dans Economie et défense
Vu ce qu'ils s'en tapent, en l'état des choses, vaudrait mieux pas: ils veulent se prononcer dessus, mais n'y connaissent rien, ne connaissent rien aux questions géopolitiques, et surtout ne veulent pas s'y connaître. Faut pas se laisser avoir par les caricatures made in Canal + ;). -
France - Angleterre : Le Crunch ou le Couple ?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Coriace dans Politique etrangère / Relations internationales
C'est les hormones, ça: l'horloge biologique :lol:! -
Oh, ça marcherait bien dans Super Mario, ce genre de camo :lol:!
-
Y'a vraiment des trucs intéressants dans l'armée singapourienne, dont beaucoup ne peuvent en fait exister que dans un pays présentant une pareille configuration, à savoir: - un territoire réduit, bien identifié et isolé, presque "fortifié" naturellement et bien délimité de toute part - un haut niveau de ressources - un environnement dangereux qui contraint au schéma de défense totale comme seule crédibilité et mobilise la population en continu - une population extrêmement réduite, sur laquelle un fort investissement peut être fait et dont une bonne connaissance peut être établie Faut voir quand même leur système de conscription: poussé à l'extrême! Chaque citoyen est soumis dans sa vie à une batterie de tests en tous genres, à divers palliers de formations pour le service militaire, policier ou civil.... Et les statistiques nationales sont un truc hallucinant: la population est connue et étudiée sous toutes ses coutures. Reste à voir cependant comment ils franchiront le cap des aléas d'un pays désormais très développé: syndrôme paresse/oisiveté/individualisme inhérent aux grandes villes modernes, montée des "faiblesses" de santé qui vont avec la vie moderne (myopie, allergies, problèmes de santé "structurels" dont beaucoup liés à la vie moderne et à la pollution), baisse de la forme physique des citadins d'une grande ville à haut niveau de vie.... Apparemment, ça fait une génération que ces problèmes se posent, si bien que leur bataillon commando a du s'ouvrir aux myopes pour continuer à pouvoir maintenir ses effectifs. Faut quand même pas oublier non plus que leur service national militaire donne des recrues pour 2 ans: le niveau peut être bon, sans doute même boosté par la disponibilité en effectifs importants de conscrits à haut profil d'études pour nombre de spécialités techniques, mais aussi par le fait que le service militaire ent emps normal ne concerne qu'une partie de la population (l'armée peut donc choisir ses conscrits dans une certaine mesure, en tout cas écarter les plus corniauds).... Mais 2 ans quand même, c'est pas non plus gigantesque pour former à haut niveau des soldats (qui plus est des citadins vivant à l'occidentale, qui doivent pas être en grande forme), surtout dans une armée très capital intensive. Le but restant plus d'ailleurs de les former que d'en disposer, afin précisément que l'armée puisse avoir son efficacité dans le seul cas de figure qui compte pour elle: la défense totale. Pour le reste, les petits effectifs de pros suffisent pour des déploiements réduits et ponctuels. En fait, l'armée singapourienne dans son format de temps de paix, c'est avant tout une réserve de savoirs-faires et un labo d'expérimentations matérielles. De plus, leur sélection et formation des officiers peut être apparemment discutée (et elle l'est), sachant que seul le niveau d'étude décide de la sélection, de l'affectation et d'une partie de la progression. Un très bon point cependant pour aller dans leur sens: des exercices et manoeuvres de niveau divisionnaire ont lieu plusieurs fois par an pour toutes les divisions (les 3 en fait).... Ca pourrait donner à réfléchir en occident sur les domaines de dépenses qui comptent.
-
Ce camouflage façon "maousse pixel" des véhicules sert-il réellement à quelque chose? L'image de la colonne en progression avec ses APC "festifs" est un tantinet ridicule.
-
Victoire, défaite, match nul ou à côté de la plaque?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Tancrède dans Histoire militaire
Y'a quand même un decrescendo des pertes alliées au fur et à mesure de l'avance, correspondant à une déliquescence graduelle du front allemand. Et surtout, et là il s'agit de la correspondance des généraux, une croissance exponentielle des divisions "hors de combat" qui masquent mal des désertions qui deviennent massives, des "ruptures de moral", des contestations.... Il y a une certaine masse documentaire (peu exploitée) qui a été citée ici et là, ainsi que des événéments récurrents dès les moins de mai-jui 1918: - refus d'unités entières de monter au front, surtout observable dans les unités transférées de l'est et les unités à l'entraînement - division de l'armée entre "unités d'assaut" et "unités de position" qui est mal vécue par ces dernières, délaissées y compris au niveau de l'intendance (déjà plus très fameuse), ce qui crée une brêche dans l'armée - taux de désertion très importants des unités transférées d'autres fronts vers l'ouest (jusqu'à 20-25%), partiellement masquées par le commandement sous le vocable de "permissions illégales" - la faiblesse du châtiment pour les déserteurs repris (quelques mois de prison.... Ce qui garantit d'éviter les combats et n'est pas long) encourage encore plus les désertions - des unités entières de nouveaux appelés refusent de monter en ligne et sont souvent soutenues par la population de leur ville de cantonnement (en Bavière, au bade Wurtemberg et en Thuringe, des séries d'événements de ce type se multiplient dès mai-jui 1918). - discipline relâchée dans les divisions présentes au front, constatée par une enquête du Kronprinz Ruprecht, à laquelle s'ajoute le moral "déplorable" des unités venues de l'est - apparition de masses de soldats ne rejoignant pas leurs unités, répartis sur les noeuds ferroviaires, en paquets de plus en plus énormes au fil des mois. Le commandement ne les récupèrera jamais - multiplication des dépassements de délais de permission (pas désertion proprement dit; les mecs restent juste à domicile) - accroissement spectaculaire du nombre de prisonniers faits par les Alliés lors de l'Offensive des Cent Jours (la moitié des prisonniers allemands de toute la guerre est faite lors de l'avance): la propension à la reddition est tout d'un coup assez massive. - les études sur le courrier révèlent le défaitisme ambiant, et les masses de blessés et mutilés rapatriés transmettent cette impression à la population qui n'est plus du tout atteinte par la communication officielle. La dernière tentative de reprise en main des déserteurs et réfractaires, à la mi octobre échoue, et le chiffre d'un million de soldats en parfaite santé mais s'agglomérant dans les grandes gares en refusant de monter au front est évoqué. Et ces mêmes problèmes concernent aussi le matériel: la retraite laisse derrière elle une bonne partie du matériel lourd de l'armée, et si les dépôts sont encore fournis, ils ne veulent rien dire s'ils sont loin du front et que celui-ci recule plus vite que de nouveaux terminaux ferroviaires peuvent être montés, qu'aucune estimation correcte des besoins ne eput être faite et transmie en temps satisfaisants (déjà obsolète au moment de partir: c'est une mécanique lourde et bien huilée qui permet d'approvisionner ces armées), et plus encore quand nombre de gares sont engorgées de réfractaires et que le trafic ferroviaire en général est déréglé. Sans compter l'action de mouvements de populations, des grèves et blocages.... Certes, en octobre, des unités combattent encore et infigent des pertes, mais ce n'est même plus l'armée présente au front, plutôt sa fraction encore motivée: l'échelle des pertes infligées n'est juste plus suffisante à l'échelle du front. -
Victoire, défaite, match nul ou à côté de la plaque?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Tancrède dans Histoire militaire
Difficile d'évaluer le moral en termes exacts et en "quantités" sur un rapport, mais l'effondrement de 1918 est bien réel et fait passer à la trappe le mythe de l'armée qui n'a pas perdu et qui a été "poignardée dans le dos", sorti opportunément par l'EM. Il suffit de savoir à quoi parfois peut tenir le moral d'une unité, et comment se fait la contagion, pour se dire que quelques cadres solides/motivés/jeunes/fanatiques ici et là dans chaque bataillon peuvent faire une énorme différence dans bien des cas. Mais de facto, ça devient un choix stratégique majeur pour l'Allemagne, vu qu'il s'agit d'une concentration des moyens sur un segment donné des effectifs de mêlée. Et encore plus quand les offensives de printemps reposent sur l'usage de ce segment.... Et que le résultat est la perte sèche d'une bonne portion de ces unités qui concentraient la "qualité" de l'armée allemande de façon disproportionnée. En termes de ressources globales, la perte est plus que significative, sinon irréparable. Le gambit des offensives de printemps, c'est quand même aussi l'aveuglement de la pensée militaire allemande focalisée sur la tactique à la place de la stratégie, complètement oubliée par Ludendorff, même s'il est vrai que le fond de la pensée stratégique allemande vient aussi de la situation du pays qui, depuis la Prusse, ne peut envisager de penser une guerre autrement que courte. -
Victoire, défaite, match nul ou à côté de la plaque?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Tancrède dans Histoire militaire
Tiens, ce dernier point peut être significatif: les unités de choc sont faites avec des éléments plus motivés, en plus d'être dans le haut du panier.... Ce drainage des meilleurs éléments a t-il un effet constatable sur la solidité du moral du reste des unités de ligne? Dans le cas russe, si ce fait était avéré, la contamination révolutionnaire dans la ligne a t-il été rendu possible/plus facile par ce biais? Pareil pour l'Allemagne en 1918: les ponctions massives d'éléments de choix pour former une quantité importante de bataillons et divisions d'assaut, en bref un choix stratégique (en fait un choix tactique à grande échelle) de concentrer les ressources sur une partie réduite de l'armée, ne sont pas une chose neutre pour le reste des forces qui voit ses éléments les plus motivés partir, et les ressources déjà comptées se concentrer plus sur ces unités. L'effondrement du moral et de la discipline, puis de la cohésion aux mois d'octobre-novembre 1918 peuvent-ils y être attribués? -
Victoire, défaite, match nul ou à côté de la plaque?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Tancrède dans Histoire militaire
En l'occurrence, le terme agrarien était inapproprié bien qu'effectivement, une forte part des élites continentales soit agrarienne de mentalité et de choix, surtout en Russie, en Prusse ou en Autriche. Mais en cette époque, utiliser ce terme pour qualifier l'économie en général serait un abus étant donné l'absence de réelle "politique économique" au sens moderne. La macro économie et le choix assumé d'un mode de fonctionnement économique ne fonctionne pas réellement à cette échelle étant donné la forte dépendance à un secteur primaire qui occupe de fait l'immense majorité de la population ne serait-ce que pour la simple survie. Même l'Angleterre n'est commerçante en majorité que par accroissement démographique déconnecté des réalités agricoles (sa surface agricole utile, à ce stade, ne peut employer une proportion de main d'oeuvre analogue à celles du continent, et surtout pas nourir toute la population). Le volontarisme économique en France sous Colbert et sous Napoléon n'ont pas concerné un changement massif d'affectation des ressources humaines, ni une échelle colossale, en tout cas pas à ce point là. Quand même du mal à parler de résultat stratégique: le terrain perdu par les Allemands à l'est, ils peuvent le perdre (il était pas à eux pour commencer) et ça ne change rien pour eux (aucun impact industriel, dommages humains supportables), alors que le terrain regagné par les Russes ne leur sert pas vraiment (pas d'économie à y faire repartir). Ce n'est guère qu'une question de moral, et surtout chez les Russes (les Allemands ne sont pas entré en déprime pour ça :lol:). Parler de "1er recul allemand depuis la Marne", c'est du symbolique: la Russie n'était pas "au bord de l'effondrement" en 1915: les distances étaient bien trop grandes pour ça. Ce qui change en 1916, question choix réellement stratégique qui pèsera effectivement, c'est ce qui ne se voit pas, à savoir l'organisation de l'économie de guerre côté allié (côté allemand, c'est de la débrouille à grande échelle centralisée par Ludendorff) d'une part, et la rationalisation du transport maritime contre le conservatisme libéral des milieux économiques. A quantité de navires égale, les quantités transportée sont presque doublées! Fin des problèmes d'approvisionnement, surtout en France. combiné à la reprise de l'agriculture et de l'industrie (dégagement d'un volant d'ouvriers qualifiés de toute obligation au front, ainsi que de cadres agricoles -la main d'oeuvre étant faite de femmes, mais aussi de réformés, de jeunes et de travailleurs issus des colonies) et à l'organisation plus rationnelle de l'économie, cela écarte tout problème de rationnement et aucune pénurie ne sera à signaler ni au front ni à l'arrière. Et l'accroissement des flux transatlantiques dégage les horizons de planification. Problème dans cette guerre: tout résultat sur le terrain, à défaut d'une percée désormais impossible, n'est qu'un résultat tactique de faible ampleur, quelle que soit la dimension de la bataille. Le seul impact stratégique est différé, et c'est celui des pertes humaines, le potentiel humain garantissant le maintien des dispositifs de la guerre de position qui sont bien trop profonds pour qu'une percée effective et exploitable puisse avoir lieu, du moins à ce stade. Seule l'usure existe. Faut quand même se rendre compte que le seul réel moyen de décision des EM est à ce moment le fait de dire ou non qu'il y aura une grande offensive (qui n'a pour résultat que faire grimper les statistiques de morts/jours), et de faire les arbitrages sur le jeu des réserves. Plus que dans la 2nde GM, cette guerre est en fait la négation du résultat sur le plan géographique, sur le terrain: la vraie guerre se livre dans les quantités. Quantités d'hommes, quantités de munitions et d'armements.... C'est la course à qui épuisera l'autre le premier, et les vrais résultats et choix stratégiques se voient et se décident à ce niveau. Il n'y a guère que sur le front des Balkans, et de façon plus discutable en Italie et en Russie d'Europe, que le terrain, avec plus d'espace pour manoeuvrer, peut encore voir des mouvements d'armées changer le cours des événements. Verdun est-il un échec allemand ou un échec mutuel? Le but de Falkenhayn était l'attrition de l'armée française, pas la percée pour laquelle le secteur de Verdun était inapproprié (terrain pas adapté derrière Verdun. Son plan a foiré parce que l'armée allemande a autant souffert, mais quel est le succès français réel? Le moral, le symbole? Certes, mais c'est cher payé, une France de 39 millions d'habitants (même plutôt 38 en 1916) pouvant difficilement supporter la même attrition qu'une Allemagne de 65 millions, à la population plus jeune (pourcentage nettement plus élevé d'hommes de 18 à 35 ans pour 100 000 habitants). -
Victoire, défaite, match nul ou à côté de la plaque?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Tancrède dans Histoire militaire
Et résultat, l'usure est au moins aussi grande chez les Alliés, et proportionnellement plus importante même côté occidental. Reprendre Vaux et Douaumont n'a rien de "stratégique", et dans l'affaire, perdre des soldats par centaines de milliers pour quelques dizaines de kilomètres carrés, c'est pas vraiment du résultat. La ressource comptée, ce sont les hommes. Aucun résultat de terrain ne signifie quoi que ce soit à cette échelle de conflit. La seule chose qui compterait serait de pouvoir percer la ligne adverse en profondeur, ce qui est l'impasse de toute cette guerre, ou d'infliger une saignée à l'adversaire sans en subir une en retour, ce qui marchera rarement. Bon, d'accord, ça a été tapé sans réfléchir, c'est juste sorti comme ça :-X: "d'économies agraires".... Il est content le Gally :lol: ;)? Vous écrivez jamais de travers vous autres? -
Ouaif! Enfin faut être dans le trip: surjoué, intrigues fadasses, baston trop stylisée, et surtout, ça se répèèèèète: les américains utilisent trop des recettes, mais le cinéma HK les ferait passer pour des artisans en comparaison..... Quand une recette est trouvée, ils font film sur film qui sont exactement le même truc avec des acteurs différents. Et non, perso, John Woo, bof! Casino Royale et la série des Bourne ont quand même opéré une bonne update du genre, surtout sur l'aspect "action" proprement dit (baston avant tout), avec un nouvel équilibre réalisme/impact visuel qui a franchement redonné un peu de souffle au mouvement et aux sensations à l'écran.... Parce que que la baston avait pas trop changé au ciné depuis les années 80, sauf l'introduction de nanas (toutes en gabarit mannequin rachtèque) faisant cette espèce de kung fu cartoon stylisé auquel les plus de 8 ans ont (ou devraient avoir) du mal à croire :P.... Encore un héritage du cinoche hong-kongais avec l'action qui prend pas aux tripes et qui constitue limite le moment où l'oeil se repose en attendant que ce soit terminé :lol:. C'est marrant d'ailleurs, en cinoche comme en série, sur ce volant de la baston, le traitement est très différencié pour les sexes, souvent même dans la même oeuvre: quand des mecs se fritent, ça tend de plus en plus à être relativement "réel/concret" (dans la mesure du cinématrographiquement possible) avec beaucoup d'impact (loi des grands coups de poing téléphonés des années 80-90), mais quand les nanas s'y mettent, c'est de la danse.... Et si le mec et la nana se fritent, c'est une espèce de ballet sans impact qui pue à 3 kilomètres :lol: (quelqu'un a vu Salt récemment :-[?). Pareil pour les gabarits de geeks: le kung fu pourri qui frappe de la pointe du pied gagne toujours :P.
-
Ce qui, à moins d'un méga bon travail sur les personnages et l'histoire, garantit un monument d'emmerdement complet, applaudi par tous les critiques branchés, mais déprimant et garantissant le besoin d'un putain de film d'action après pour avoir la pêche. Ben le problème, encore une fois, c'est que si tu balances la scène telle qu'elle s'est passée (rien que pour cet aspect là), ce sera chiant au possible, absolument pas visuel et garanti de ne faire radiner aucun spectateur payant.... Donc condamnant le genre pour 10 ans chez les producteurs ciné français. Faudrait quand même s'enlever de l'idée que retranscrire la réalité a le moindre intérêt visuel (ou autre) pour une fiction: la réalité ne passe pas à l'écran, et ne marche pas (la réalité, faut y être si tu veux en avoir la tension). Sinon, faut faire un documentaire, pas essayer d'avoir le cul entre 2 chaises. La crainte vis-à-vis de la french production, c'est justement que ce soit hyper réaliste et fidèle: visuellement, ce sera chiant, sans tension, froid, confus et ça ressemblera à rien. Essaye de faire partager un peu de l'émotion des opérateurs du GIGN avec du réalisme, et tu foutras tout en l'air. L'audiovisuel a sa façon de fonctionner, et filmer "ce qui est" produit l'effet inverse. C'est pas comme ça que ça marche, c'est tout.
-
C'est navrant à dire, mais les réalisateurs qui tirent des cris d'orfraies aux vrais opérationnels et militaires pour des adaptations plus ou moins infidèles au réalisme des façons de faire ou à la réalité des événements sont souvent plus ceux qui ont raison, malgré tout ce que les puristes pourraient dire. Kathryn Bigelow savait ce qu'elle faisait avec Démineurs: qu'elle ait vu ou non comment c'est "en vrai", elle connaît mieux le public et son média que tous les puristes de la chose militaire en général et du déminage en particulier. Ceux qui croient qu'il n'y a qu'à être fidèle à ce qui se passe/comment ça se passe pour que "ça marche" ne font juste pas l'effort de comprendre que le cinéma est un média, un mode d'expression, un monde qui a ses règles pour faire passer un sentiment donné, une impression, une atmosphère.... Ca vaut pour l'action comme ça vaut pour le "réalisme social/sociétal" si cher aux "auteurs" de films français et leurs pellicules dépressives: la réalité, personne ne la fera jamais passer à l'écran, c'est pas fait pour ça, et d'ailleurs le plus souvent, le spectateur ne va pas au cinoche pour voir de la réalité (il se la cogne tous les jours, il va pas en plus payer pour aller en voir une version foirée). La réalité se vit, se voit en live et se constate, elle se montre pas à l'écran. Là, franchement, faut espérer que le réalisateur a voulu faire quelque chose de prenant, parce que même l'action proprement dite, elle est un peu chiante: la résolution de la prise d'otage, c'est quelques opérateurs du GIGN dans moins de 5 mètres carrés enfumés qui allument dans 3 directions en moins de quelques minutes.... Question action à l'écran, ça risque de laisser sur sa faim.
-
Ben.... C'est surtout que la prise d'otage, c'est un peu aussi une non histoire question cinoche, à moins de très sérieusement prendre des libertés avec ce qui s'est passé, sinon c'est l'ennui garanti: - risque du film genre documentaire. Rien contre ça, mais pour ce qui est du grand écran, il faut de la dramaturgie, une histoire, un protagoniste et un antagoniste (pas trop caricaturaux non plus) et une vraie galerie de personnages qui font des trucs (donc exit la fidélité aux vrais persos), sinon c'est très TRES vite chiant. Il faut une histoire, un fil conducteur, pas juste le descriptif des événements qui n'a rien pour passer par le biais de la fiction - faut idéalement éviter de se limiter à ce qui amène à l'assaut proprement dit et l'assaut lui-même (surtout que c'est rapide, très resserré, pas très cinématographique): ça ferait trop peu d'action pour un film d'action, et si le but est une montée en tension avec juste la grande scène, faut être Sam Peckinpah, Spielberg (jeune) ou Michael Mann pour arriver à scotcher à l'écran pendant 1h et demie à 2h - bref, faut une histoire, un contexte plus large, une intrigue, donc quelque chose qui entoure l'événement (genre les complices des preneurs d'otage qui font d'autres trucs en même temps, comme si le coup de l'avion était une diversion, ou n'importe quoi du genre). Pas fidèle à la réalité, mais la réalité est pas faite pour le grand écran :lol: Bref, faut broder, et surtout pas hésiter à en faire des tonnes: les ricains hésitent pas, autour d'un événement réel/réaliste, à balancer toute la purée de la dramaturgie et des intrigues annexex/parallèles, voire de la méta-intrigue où l'événement-phare n'est qu'une pièce dans un puzzle plus grand, quitte à risquer le ridicule (plus souvent du à des directives de producteurs qui croient aux recettes toutes faites et déjà utilisées, ou à une flemme scénaristique que les effets spéciaux sont censés compenser). Mais au moins ils tentent le coup. Là juste un peu peur de la grande et totale fidélité aux événements qui risque d'amener un quasi documentaire avec des dialogues, pas de persos (juste des hommes "normaux"), pas d'histoire faite pour tenir en haleine (et pour ça, faut une scénarisation, chose qui éloignera forcément de toute réalité).... Bref, un peu comme Kolwezi, un truc d'une platitude déprimante malgré tout ce qu'il y a à tirer du thème. Parce que c'est juste ça pour obtenir une oeuvre de fiction: un thème, pas une histoire en soi. Le cinéma et la fiction en général ont leur langage, la réalité en a un autre, et les 2 sont rarement compatibles: même pour Blackhawk Dawn, Ridley Scott a été obligé de "scénariser" les persos, de créer un antagoniste quasi muet dans la foule adverse, d'essayer de tout faire pour mettre quelque chose en relief dans un récit qui, aussi fort et réel qu'il ait pu être, aurait pu aussi bien produire une platitude navrante juste prétexte à voir des coups de feu en masse. Alors là, vraiment peur du réalisateur français qui va parler de "réalité", qui est à fond dans son trip parce qu'il est allé voir comment c'est "en vrai", et qui va éviter de comprendre que le vrai et le cinoche, surtout de genre, ne font pas bon ménage. Faut se lâcher et oser l'exagération maximum!
-
Ben.... Si couic les Rafales, pourquoi un CdG :lol:? Allez hop, tout est bouclé, le concept est cohérent :lol:.