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Tancrède

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Tout ce qui a été posté par Tancrède

  1. Il est comme les nains du seigneur des anneaux.... Redoutable sur de courtes distances, un sprinter naturel :lol:.
  2. Illusion gratuite. Et la dissuasion ne marche pas contre les ricains, ni en fait contre grand-chose; elle ne peut marcher que contre une menace d'invasion ou de dommage direct sur le territoire national (ou d'un allié très sérieux et vital), pas beaucoup plus. Si tu veux jouer à agiter le joujou nucléaire pour chaque truc qui emmerde un peu le pays, tu vas voir ce qui va se passer ensuite. je doute que 30 Rafales projetés fassent beaucoup réfléchir le Brésil (la puissance de projection des brits aux Malouines n'était déjà pas assez grande pour agir au-delà des Malouines: ils ne pouvaient menacer l'Argentine en rien, sauf à passer au nucléaire, ce que les USA n'auraient pas laissé faire). Et pour le Canada, il a les moyens de mobiliser sa réserve, et surtout de faire largement plus. Le seul point est qu'il n'a pas à le faire parce que les USA sont à côté. Si tu comptes aller faire mumuse sur les côtes du Canada, tu te prends le Canada plus les ricains. Donc exit le point du Canada. S'il devait avoir à affronter ce type de situation sans cette certitude américaine, il aurait des moyens militaires bien plus importants dont il a largement les moyens. Autre logique: aucun Etat africain n'a les moyens de projeter de la puissance sur la France, et la plupart des menaces ne sont pas de nature étatique, donc elles supposent qu'un Etat africain nous laisse entrer pour aller traiter cette menace là. Et la France n'a pas les moyens de contraindre beaucoup d'Etats de la laisser se déployer sur son territoire: s'il fallait contraindre par la menace de la force, la France aurait tout un tas de pays sur le paletot et des tas de conséquences de tous niveaux qu'elle n'a pas les moyens d'affronter comme les USA qui peuvent se mettre le monde entier à dos et encore être un acteur incontournable. Ensuite, les Etats africains puissants comme le Nigéria pourraient accepter le conflit sur leur sol et admirer l'enlisement rapide des forces françaises contre une absence de dispositif rangé en bataille. Là t'es carrément dans un autre monde. Sans les USA, la France ne peut faire réfléchir l'Iran, et la Grande Bretagne non plus. Sauf équation nucléaire remise dans la balance, mais dans un nombre si limité de cas, encore une fois, que ça en fait pas vraiment une puissance de négociation. La politique de la canonnière nucléaire ne peut pas marcher, à moins de pouvoir affronter l'ensemble des rétorsions ultérieures qui ne manqueront pas de surgir de toute part. Et pouvoir débarquer, voire même entretenir, un corps de bataille de 25-30 000h n'est pas quelque chose qui fera vraiment peur à l'Iran. A part le nucléaire (qui ne marche que dans un nombre limité de cas de figure qui ont peu de chances de se produire avec ces zones) et des menaces sur le trafic maritime, la France n'a rien de crédible contre les puissances d'Asie. 30 Rafales ne dissuaderont pas grand monde là-bas, et aucune projection de forces au sol n'est crédible contre ces pays là. Projeter à 4000km et projeter à 9000, c'est pas le même sport.
  3. Faut quand même dire qu'il y a les domaines incompatibles parce que dès l'amont, dès la pensée stratégique, la conception est différente (entre les armées Brit et Française d'un côté, et les autres armées européennes de l'autre), et les domaines incompatibles à divers degrés pour des raisons d'articulation opérationnelle de plus ou moins haut niveau. L'incompatibilité que tu mentionnes pour l'artillerie, elle suppose plus des changements de formation de personnels pour de petites unités, pas de capacités fondamentales (l'artillerie brit sait aussi faire de la contre batterie quand même), et des commandes qui ne portent pas sur des matériels ou programmes d'équipement sur une décennie ou plus. Y'a les incompatibilités éternelles (porter le drapeau brit sur l'épaule gauche :lol:) et celles à 20-30 ans (doctrine de projection d'un corps expéditionnaire "taille 30 000h" -hop, celle-là a disparu), les incompatibilités à 10 ans, et les incompatibilités à 4-5 ans voire moins (formation des EOP....). Le point est quand même que la part des incompatibilités à plus de 10 ans ont sérieusement diminué entre France et Angleterre, et celles à 5 ans ou moins a augmenté.
  4. Parce que tu crois qu'il y a, avec ou sans BPC 3, le volume de forces pour faire infléchir ou pour faire réfléchir beaucoup de monde? 2ème ou 3ème, c'est une façon de se rassurer et de fausser le jugement. Quand le 2ème est à ce point à la ramasse par rapport au premier et aussi peu puissant par rapport à la répartition mondiale des capacités de défense, c'est pas se dire que t'es n°2 qui va changer grand-chose.
  5. Vu le nom, y'a peu de chances que j'y joue jamais :lol:! C'est pas forcément HS, mais tous les wargames procèdent aussi d'un mode de pensée.... En plus, plus ils cherchent à être "précis" et à restituer un contexte d'affrontement, plus ils ne collent (et n'ont de pertinence) qu'à ce contexte d'affrontement. En bataille navale, j'ai peu de jeux en référence, mais c'est souvent à la part laissée au hasard et à l'inconnu qu'un wargame prend son intérêt: elle doit pas être maximale ou minimale, mais bien dosée dans chaque dimension où il y en a une à laisser. C'est en cela que les échecs et le go sont révélateurs: le seul "brouillard de guerre" réside dans l'esprit de l'adversaire. C'est l'affrontement réduit à son expression la plus essentielle.
  6. En même temps, le Mahjong est aussi un jeu d'argent en tant que tel ;) :lol:, moins en phase avec une approche stratégique en ce qu'il est fait pour viser les gains, petits ou grands, partiels ou maximum, pas en soi la victoire et l'anéantissement décisif de l'adversaire :lol:. Faut essayer de séparer les jeux proprement dits qui sont quand même surtout et en tout temps une concurrence, donc impliquant des tactiques, des mécanismes voire des approches stratégies communs à la guerre et à toute compétition, même économique, des jeux plus "matriciels" comme les échecs et le go, en soit pris comme une confrontation utilisant les ressorts fondamentaux de la pensée stratégique. Dans le même ordre d'idées, tu pourrais faire un topic sur les arts martiaux et méthodes de combat individuel qui reflètent aussi bien les grandes logiques du combat, de la stratégie et de la guerre que les "esprits" des cultures, tant dans la forme qu'ils prennent que dans leur adaptabilité et leur façon d'être enseignés.
  7. Calme-toi: la coopération nucléaire, pour l'instant, c'est juste sur le contrôle qualité des têtes existantes :lol:, contrôle pour lequel un labo commun est fait.
  8. Parce que tu regardes l'aspect trop concret de la chose, au niveau de la résolution purement concrète (qui a évidemment ses propres aspects) qui est déjà une approche purement tactique: le jeu est une modélisation de principe et de penser, un fait qui structure les esprits (surtout depuis tout petit) et les façons d'approcher un problème. C'est plus fondamental. Napoléon, un esprit pourtant peu théorique et très pratique, insistait beaucoup sur la nécessité pour les officiers de pratiquer le jeu d'échec et d'avoir de la chance :lol:. Deux facteurs peu en rapport avec les aspects pratiques d'une "véritable bataille". Les échecs ne sont pas un kriegspiel au sens strictement opérationnel, mais une modélisation des processus de pensée stratégique. Ney était par exemple un joueur d'échecs déplorable, mais un chef de combat et un meneur d'hommes formidable. Il n'empêche que pour ce qui est de commander au-delà d'une attaque pendant une bataille, pour manoeuvrer un corps d'armée et pire encore pour commander de façon indépendante.... Il était lamentable, et seul Jomini -bon joueur d'échec et connaisseur des organisations armées-, tant qu'il fut son aide de camp, lui a permis d'éviter le pire. Autre différence entre go et échecs, qui reflète 2 façons de voir et de penser la stratégie: - au go, les pièces sont immédiatement disponibles pour la manoeuvre et ne se "déplacent" pas: le combat commence au premier coup même s'il est d'usage que les 2 adversaires commencent mollo pour se sniffer (mais même la phase de sniffage est incluse dans la stratégie, pour se tromper mutuellement) - aux échecs, les pièces doivent d'abord avoir une phase de mise en place pour entamer les véritables mouvement de l'affrontement. Il faut se déplacer, installer son dispositif à partir d'une position de départ....
  9. Pas gagné effectivement, mais M. Bercy et M. le Chancelier de l'Echiquier semblent avoir la haute main sur la définition des doctrines ces temps-ci :lol:.... Et le temps du serrage de ceinture est généralement le temps du recul qui permet de voir que les distinctions d'orfèvre entre spécialistes sont des choses très relative (quel missile doit porter à 1842m plutôt qu'à 1968,3 -unités de distances converties :lol:- au niveau de la compagnie d'appui....), surtout quand le maintien d'un cadre purement national fait que le cost killer prend les capacités par paquets entiers, menace d'en sucrer des entières ou les contraint tellement que ce qui ressortait du niveau bataillon va maintenant être une capacité brigade.... Surtout que dans les 2 cas: - les 2 armées sont uniquement faites pour être expéditionnaires dans un arc de crise relativement identique avec la possibilité en dernier recours d'agir en grand, contrairement aux autres européens qui ne conçoivent pas d'envoyer de forces autrement qu'en compléments plus ou moins anecdotiques des USA, mais surtout qui ne conçoivent pas leur politique étrangère dans ce cadre et n'ont pas de territoires outre-mer, ou en tout cas ne conçoivent pas d'aller les défendre par les armes contre une menace majeure (même les Pays Bas) - les 2 armées sont faites pour être entièrement expéditionnaires ET employées (contrairement aux autres pays européens) Les différences que tu mentionnes sont quand même de moins en moins fondamentales, surtout à l'heure où la pertinence des formats militaires et forces est remise en question là pour des questions d'adaptation aux modes de combat "prévisibles" (les 2 pays tâtonnent pas mal pour définir de grandes unités pertinentes et des battlegroups adaptés). Avec l'adoption d'un PA CATOBAR, le RU vient tout connement d'annuler sa conception de l'aéronavale et de l'emploi d'un PA. A côté de ça, le reste est nettement moins structurant et de long terme. Le point de l'artillerie est-il si éloigné maintenant qu'ils tronçonnent complètement leurs effectifs de pièces automotrices lourdes pour arriver au même genre de portion congrue que la France avec les AuF-1? De même pour leur infanterie: moins de brigades, organisation régimentaire (pour l'administratif) concentrée au niveau régional et la "faiblesse" de leurs bataillons (sensibles à la moindre perte/indisponibilité) = possibilité de remise en question et de concentration un peu plus pronconcée des unités. Des différences se maintiennent encore, mais: - elles s'amenuisent au point qu'un seuil de compatibilité est possible - l'usage opérationnel tend à être de plus en plus similaire - les problèmes affrontés en opération et la prégnance encore grande du modèle de la Guerre froide amène des 2 côtés à une nécessité de repenser l'outil - quand les différences sont plus sur le "dosage" quantitatif de tel type d'unité plus que sur la définition complète "en nature" d'une approche (exemple des hélicos), ça n'empêche plus grand chose pour ce qui est de structures communes de formation, de définition des besoins matériels (seule la quantité peut varier), d'édification de formats d'unités élémentaires (l'opérationnel au niveau national décidant comment "assembler" une force avec ces éléments)....
  10. N'empêche qu'une conception commune pourrait venir de cet accord, notamment parce qu'elle irait parfaitement dans l'optique de cette "Entente Frugale" :lol: (titre en vogue apparemment) faite pour les économies: si l'idée pouvait être de mutualiser, mais alors vraiment et complètement mutualiser les structures d'entraînement, les types d'unités (pas d'unité en particulier) et les doctrines d'emploi (ça marche en fait surtout dans l'armée de terre), cela impliquerait du coup la définition d'un matos commun (déterminer le partage de la charge d'activité et des bénefs serait infiniment plus ardu).... Le point étant que chacun continue à avoir ses forces et jouets en pleine propriété, mais de rendre assez commun la façon dont elles sont conçues pour pas avoir à se bouffer le nez. Sachant que les 2 armées ont des impératifs communs dus à une conception similaire d'une armée faite pour être employée en permanence et déployée souvent (et garder la possibilité d'un déploiement massif d'environs 30 000h, chiffre commun des 2 côtés de la Manche), ce serait peut-être politiquement possible.
  11. A votre avis, cette idée "de force d'intervention commune", ça ira jusqu'où? Parce que la France a récemment fait beaucoup de ces trucs: - brigade franco-allemande - "fusion" momentanée de la brigade de montagne avec les Alpini italiens: quel degré ça a pris? Rien de structurel, évidemment, mais au niveau des doctrines, exigences, entraînements, procédures.... - battlegroups européens.... Qui sont pour l'essentiel une vaste blague. - et maintenant ce "machin" franco-britannique, pour l'instant évoqué. La France a t-elle l'ambition de se rendre une espèce de partenaire pivot entre plusieurs "tendances" dans l'UE? Auquel cas quelque chose de plus structurel avec les Britanniques pourrait être recherché.... Une brigade franco-anglaise (amphibie avec les RM que la réforme anglaise sait pas où caser :lol:: Fusilier tomberait dans les vappes :lol:) pourrait être dans les tuyaux (avec plus de perspectives d'emploi opérationnel que la franco-allemande)? En tout cas, ça coûterait pas cher en effectifs et moyens. En tout cas, côté allemand, beaucoup dépend de ce que les Allemands attendent de leur armée: Sa réduction à quelque chose comme 60-70 000h, dont seulement 1 tiers est à niveau et entièrement projetable selon les normes OTAN, cette réduction est avant tout un choix budgétaire et un renforcement de la logique de non puissance et de supplétif ricain. Il est amusant dans le "C dans l'air", que Toscano, européiste et atlantiste, ait insisté sur l'absence d'un drapeau européen lors des accords franco-britanniques :lol:. Simple concession aux conservateurs britanniques ou symbole-message voulu? Si c'est le cas, il ne sera pas si facile, en l'état des décideurs actuels en France et en GB, d'inclure d'autres pays dans ces accords (et de toute façon pas dans le volet nucléaire, le seul concret pour l'instant).
  12. Mais décréter que le gouvernement finlandais était "de type fasciste", là c'est délirer complètement. C'était un gouvernement de type républicain tendance autoritaire qui, même combiné à un degré de nationalisme élevé et à la fièvre de la guerre, n'a pas rendu les Finlandais fascistes pour autant. Pour l'alliance allemande, c'est assez simple, y'avait que 2 choix: ou être avec les ordures rouges, ou être avec les ordures brunes, et dans les 2 cas, le partenaire était trop grand. Faudrait un peu veiller à pas utiliser les mots et concepts n'importe comment. La Finlande n'a jamais eu de régime totalitaire.
  13. Tancrède

    Nanas au combat

    C'est plutôt sur une étude statistique globale (quoique peu approfondie) sur les militaires que sur la féminisation.
  14. Aaaaaah, ça! Tout le monde n'a pas la conscience professionnelle des éxécuteurs de la Cour Kangourou, souvent de petits artisans siciliens ou juifs polonais très traditionnels ayant encore le goût de la fidélité et de la dicrétion.... Tout se perd :lol:. Ceci dit, c'est toujours pratique de faire de l'outsourcing, quand il est possible, dans ce genre de mission, de complètement compartimenter une opération, l'assassinat proprement dit n'impliquant pas de savoir les tenants et aboutissants de l'affaire, ou l'identité du commanditaire (auquel cas un "externe" peut être engagé ou impliqué/manipulé). Pas toujours le cas. Quand il s'agit de guérillas comme en Afghanistan, l'exécution est facile (obtenir de savoir où est la cible l'est souvent nettement moins), c'est pourquoi elle peut être indifféremment par des FS, par les branches action des services de renseignement, ou par des unités régulières. Là, c'est limite du timeshare et c'est en fonction de qui a de la place sur son agenda :lol:.
  15. Y'a toujours des deals de ce genre, et le "Murder incorporated", soit l'organe d'exécution de la "Cour Kangourou", instance de décision et règlements internes de la nouvelle maffia des années 20-30 aux USA (qui remplace les vieilles structures de la Mano Nera), majoritairement italienne mais aussi hollandaise, irlandaise et juive), cet organisme aurait beaucoup participé à l'action antinazie sur les ports et docks américains pendant la 2ème GM, dans le cadre des accords temporaires entre parrains maffieux, surtout italiens, et Etat américain. Coopération dont le plus notable résultat est l'invasion de la Sicile par des forces US qui ont tous les effectifs de la maffia comme troupes de reconnaissance :lol:.
  16. Ne pas oublier une autre différence fondamentale entre échecs et go: au go, toutes les pièces sont indifférenciées et seule compte la stratégie. Y'en a toute une tripotée en réserve, aucune n'a de possibilité différente, et elles sont toutes à usage unique, pour un positionnement définitif qui n'a de valeur que dans une tactique donnée d'encerclement, elle-même par à la stratégie globale du joueur. Aux échecs, les pièces sont et restent mobiles, même les pions, et la moitié d'entre elles sont des pièces de différentes valeur et capacités. La modélisation des forces que cela implique est tout aussi révélateur de la culture, et du positionnement pris par le stratège en Chine. Les échecs seraient-ils plus tactiques, ou reflèteraient-ils la propension des cultures indo-européennes à chercher à faire la décision au plus vite. En tout cas, le rapport au temps n'est pas le même.
  17. Tancrède

    Nanas au combat

    Ben j'ai expliqué ça en long en large et en travers dans les 2 pages précédentes, et pas que moi d'ailleurs. La mentalité des unités de combat, c'est pas un truc anodin, et l'esprit de corps, c'est pas un produit réunissant 3 ou 4 grands ingrédients indifférenciés et qui se réussit à tous les coups. Une mentalité de groupe, surtout d'un groupe au combat, c'est pas une mentalité normale (entre autes choses, c'est nettement plus primaire, et ça n'a aucune patience pour les complications). Et les individus qui la composent ont aussi un background, une éducation, des préjugés.... Et l'armée n'a ni la vocation ni le temps de changer les mentalités. Bien des mecs pourtant physiquement capables ne correspondent pas au moule du groupe, ne s'intègrent pas. Et il est souvent très dur de maintenir ce groupe et d'empêcher les débordements (ça, faut demander à des sergents, pas aux communicants du SIRPA); introduire un élément aussi radicalement différent que des femmes, c'est demander un peu trop d'abstraction aux soldats, et imposer un peu trop de logiques supplémentaires de fonctionnement. Et c'est nier les différences fondamentales à tous niveaux entre hommes et femmes et les modes d'interaction conditionnés qu'elles impliquent (dans quelle mesure par la nature ou par la culture? Les 2 jouent en tout cas). Pour rappel, surtout dans le monde anglo-saxon, mais aussi en Israël et ailleurs, y'a eu des batteries d'études spécifiquement militaires sur ce sujet depuis les années 70 (certaines étant des études non ponctuelles et des observations et bases de données à alimentation continue), et elles s'ajoutent aux recherches médicales qui s'attachent à cette différenciation au regard de telle ou telle capacité, mais aussi à tout le champ sociologique et psychologique en général, et des "Women's studies" et "Men's studies" aux USA et au Canada.
  18. Tancrède

    Nanas au combat

    Ben relis un peu le topic, ça parle de ça, réalités à l'appui. Faux, ça n'est qu'une possibilité qui vient au second plan, en aucun cas une priorité: l'armée n'est pas là pour offrir les opportunités que chacun désire ou pour être le champ d'expérimentation de tel ou tel lobby. Elle n'a, en définitive, qu'un but et un seul: être efficace. Et pour ce faire, s'il faut être arbitraire et catégorique, elle doit l'être: c'est l'une des rares activités où ce qui s'appelait jadis "le bien du service" prime absolument et sans la moindre ambiguité. Une façon d'aborder la question parmi d'autres: à part une bonne part des lobbies féministes, personne ne conteste que les tests d'admission ne doivent faire en aucun cas un régime spécial pour les femmes, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui. Parfois c'est franc et ouvert: il y a 2 barêmes. Parfois c'est en théorie unisexe et dans la pratique complètement truqué/faussé (Israël, France notamment). Mais les expériences réalisées ont montré que quand la barre était la même, la proportion de femmes qui passait était très minoritaire, et qui plus est essentiellement groupé dans le bas des performances. Et c'est là que vient un os de plus avec le principe que tu avances: si les effectifs admissibles de femmes sont très réduits, il y aurait mixage dans les unités de combat, nécessairement, ce qui implique une réalité bien plus déterminante que la seule aptitude individuelle aux tests, à savoir la valeur globale de l'unité de combat, qui n'existe que via un esprit de corps qui est une réalité complexe, inquantifiable, absolument pas créable sur commande (et surtout pas parce que quelqu'un a décidé de ce qui était politiquement correct ou "juste"). Et l'esprit de corps dans les unités opérationnelles, celles où les soldats vivent au quotidien ensembles, s'entraînent ensembles, sont déployés ensembles, souffrent ensembles et éventuellement crèvent ensembles, c'est pas quelque chose d'uniquement idéaliste, gentillet et sympa à évoquer. C'est aussi une mentalité de bande, de pack et d'identité. Il y a un modèle excluant auquel il faut coller. Et il y a aussi des mecs qui ne rentrent pas dans ce moule. Seulement, si un politique décrète que ça doit pas se passer comme ça et que tous les aptes doivent être admis et que le reste doit s'écraser, soit l'unité recréera des divisions en interne, soit elle ne créera pas du tout d'esprit de corps. Dans tous les cas, l'efficacité ne sera pas au rendez-vous, ou alors ça se limitera, comme peut le souligner le bataillon Caracal en Israël, à une unité faite pour les devoirs corvées et les missions "légères", autant dire amener des sacs de riz pour la caméra. Y'a beaucoup de choses qui ne se décrètent pas, celle-là en est une. Et demander à des mecs d'aller se faire trouer la peau dans des conditions qu'ils refusent, ça n'aura pas d'effets louables. Les grands slogans genre "pas d'hommes, pas de femmes, tous des soldats", ça marche à la télé, ça marche pour pas mal d'unités non combattantes ou non directement combattantes, mais supposer que ça marchera pour des unités de combat au sol, c'est vraiment ne rien faire pour connaître la réalité de ces formations et de ce qui fait qu'elles marchent. D'où mes longues circonvolutions plus haut sur la seule possibilité restante, si tant est que réunir les effectifs ayant la capacité soit possible: des sous-unités élémentaires entièrement féminines où pourrait se développer un esprit de corps et une ambiance, un "milieu" rendant la chose possible, la mixité se faisant entre unités constituées et non au niveau individuel indifférencié.
  19. C'est un peu l'oeuf et la poule: les jeux comme les échecs et le go ont-il précédé le mode de pensée stratégique de la culture qui les a vu naître, ou c'est la façon de penser la stratégie dans leurs zones d'origines qui a créé le jeu? Après tout, le jeu n'est qu'une simulation stylisée du type de problèmes, d'attitudes et de décisions auxquels un dirigeant peut être confronté, aussi sont-ils peut-être nés d'une volonté pédagogique pour éduquer les futurs chefs.... Ce qui est sûr, c'est que les Grecs, par exemple, modélisaient des wargames pour l'éducation en caserne, à l'époque classique; les Spartiates, les Athéniens, les Thébains.... Utilisaient des modélisations en bac à sable répondant à des règles mathématiques, à des arbitres (qui imposaient aussi des conditions, comme le déterminant des taux de pertes d'une action) et à une part de hasard (soit déterminée par les dés, soit par un choix des arbitres) pour tester la réaction des djeunz face à l'imprévu. Mais le modèle grec pour penser la guerre, qui est la principale source de la pensée militaire occidentale, n'est pas né des jeux, mais de la conception qui allait autour de la pratique des combats entre Cités grecques, affrontement de hoplites, et uniquement de hoplites, pratiqués comme un rituel de face à face sur un terrain plat et convenu à l'avance, pour que rien n'existe d'autre que la confrontation pure et dure des "packs" de citoyens méritants pouvant s'offrir l'équipement de hoplite (collectivisation de la conception "héroïque" et individuelle du combat de l'époque mycénienne, exemplifiée dans la Guerre de Troie, et mentalité qui se retrouvent dans la culture chevaleresque). Le développement des Cités, les invasions contrées des Achéménides, et l'éclatement progressif du cadre politique des "relations internationales" du monde grec (ensemble de coutumes, croyances, restrictions.... Qui régulaient le "jeu" entre les Cités censées se rappeler qu'elles étaient quand même grecques et en cela à part des autres), avec un point d'orgue lors des guerres du Péloponèse, ont complété cet art de la guerre qui a cependant gardé ce trait particulier au monde grec de l'idée de la recherche voulue du choc frontal et décisif (par opposition aux cultures cavalières et d'autres peuples). Ce dernier point est prégnant dans la culture militaire et stratégique occidentale en ce que quel que soit le raffinement, le réalisme pratique et l'élaboration d'une stratégie, le penseur grec recherche avant tout le meilleur moyen d'amener au plus vite la bataille frontale. Plus généralement, les peuples indo-européens non cavaliers ont plus eu cette tendance de la recherche de stratégies cherchant à provoquer au plus vite l'ouverture par laquelle les moyens du choc décisif pourront être employés. Et c'est de cette matrice culturelle que vient le jeu d'échec. Le go vient d'une autre approche, fondée avant tout sur l'économie des moyens calculée dans le long terme et préférant de ce fait la préservation des ressources militaires le plus longtemps possible, délayée par toutes les tactiques latérales possibles.
  20. Tancrède

    Questions en vrac

    Elles ne sont pas admises dans les unités expressément faites pour le combat: c'est une généralité dans beaucoup de pays, et un débat qui se trouve sur le topic "nanas au combat" ;).
  21. De go! Comme un joueur de go; culture différente, stratégie différente, périphérique et non frontale.
  22. Ouais, enfin y'a bien peu de chats pour une pièce comme l'Atlantique; il est peut-être sûr d'aller choper une ou deux souris, mais combien d'autres vont pouvoir amener leur fromage à bon port pendant ce temps?
  23. Assurer ça en permanence, ce serait déjà un peu plus que "juste ça", même si ça reste limité.... Tout ça pour une zone maritime très réduite :P. Que dire pour des espaces plus grands, certes moins denses en activité, mais moins aisément maîtrisables?
  24. Ce qui, dans le cas du trafic de came, compte assez peu: - soit les traficants utilisent des mules qui ingurgitent leurs paquets de dope et les "restituent" à l'arrivée - soit ils refilent des sacs avec de la dope dedans.... Et Tant pis si 1 sur 2 ou 2 sur 3 se font choper. Vu les rendements du produit, si 1/4 des quantités transférées par avion passent, les bénefs sont encore conséquents Et dans les 2 cas, les passeurs sont pour la plupart innocents: soit ils sont contraints, soit ils ne savent même pas qu'ils sont des passeurs (échange de bagage, sachets glissés dans le bagage....), et ceux qui le sont vraiment ne sont que des branques. Ca plus quelques pots de vins aux bagagistes, parfois de véritables petites mafias locales. Sans compter évidemment le transport par avion de tourisme qui, comme les go-fast, tentent le coup à la sauvage. Les grandes mafias utilisent des moyens interarmées :lol:. Et pour le volant naval, le tableau ne serait pas complet sans cet usage extensif de la conteneurisation, et les sous-marins artisanaux des narcos, qui finiront bien par faire école ailleurs que dans le Golfe du Mexique.
  25. Plus encore, il a fallu toute la décennie 90 pour que les ressources de l'extrême orient russe commencent à être correctement exploitées en quantités significatives.... Donc une ressource que Eltsine n'aurait pas eu de toute façon même si les prix avaient été élevés. Gazprom n'a pas été édifié et consolidé comme cashmaker de l'Etat russe, bien plus que les impôts qui rentrent peu et mal, en un coup de baguette magique. Pour la note aussi: la "saine gestion" de Poutine condamne les bénéfices tirés des ressources énergétiques à moyen terme. Tirer tout ce qu'il y a à tirer des bénéfices de Gazprom et d'autres n'est pas sans effet: la Russie n'investit que peu dans le maintien à niveau et le développement des capacités d'extraction et dans les très chers et nécessaires travaux de prospection.... Ce qui est pris aujourd'hui ne fera pas de petits. De plus, depuis l'ère Eltsine, une chose est restée constante: la population bénéficie somme toute très peu des richesses produites qui sont toujours accaparée par une élite restreinte dont la seule différence est qu'elle reste dans le rang et ne cherche plus à péter au-delà de ses dividendes.
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