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Tancrède

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Tout ce qui a été posté par Tancrède

  1. La Pologne (source DSI) vient d'acheter 10 ScanEagle pour 7 millions de dollars. 7 millions et hop, les Polacks ont acquis d'un coup plus de capacité d'observation par drone que la France, avec un besoin nettement moindre en personnels et frais de mise en oeuvre et soutien :lol:.
  2. Entièrement d'accord; à force de se focaliser uniquement sur le spectre ultime/stratégique d'une Blue Water Navy, on en oublie une partie entière du boulot d'une marine. La paix fondamentale entre grands Etats qui est plus ou moins assurée par la dissuasion nucléaire et la capacité, aussi dissuasive, de rétorsion par la "grande" guerre, cette paix donc n'est en aucun cas la paix au sens absolu, et encore moins la stabilité, la sécurité et le respect des intérêts et lois du pays dans les zones dont il a la charge, et dans une large mesure, dans toute les zones par où passent ses intérêts, qui devraient être sécurisées mais ne le sont pas. Au final, ce serait à se demander s'il ne vaudrait pas mieux donner une nouvelle dimension à la gendarmerie maritime qui opèrerait toute la "poussière navale" de façon unifiée (de l'OPV haut de gamme au plus petit patrouilleur), y compris celle de la Royale qui est apparemment trop snob pour reconnaître une quelconque légitimité à ce qui est l'un des plus grands enjeux de sécurité et stabilité, à savoir s'en prendre aux menaces low end/low tech dont la massification récente est en soi un problème majeur qui touche aux intérêts vitaux du pays.
  3. C'est curieux, mais dans ce topic très prospectif/spéculatif, vu la question posée, personne n'a réellement posé la question impliquée par l'évidence de la réponse (oui les budgets militaires vont morfler, et si le topic vise juste à aligner les articles qui paraissent au jour le jour, faut le dire ;) :lol:); y'a t-il un seul pays qui a réellement envisagé de changer d'approche pour utiliser au mieux les fonds existants/restants plutôt que de persévérer dans le modèle militaire actuel en en compressant sans cesse le format et en sacrifiant des capacités entières parfois? Parce que là c'est bien la question même pour les grands pays d'Europe qui n'assument plus un modèle complet de forces militaires. Philippe persévère jour après jour à mettre en évidence l'approche comptable d'une restructuration de la dépense militaire, qui est l'un des axes nécessaires. Mais il y a aussi la réflexion à mener sur l'appareil lui-même, les problèmes d'inadaptation et de non pertinence des organisations humaines, tactiques et industrielles par rapport aux besoins des guerres "probables". Historiquement, la conjonction de moyens limités ou en réduction et d'une menace/d'un besoin a toujours eu tendance à rendre les gens malins, ou en tout cas à les forcer à réfléchir et à se remettre en question très profondément pour obtenir mieux, voire même plus et mieux, de moyens plus contraints. Les grandes réformes viennent toujours de là plutôt que de bonnes idées dans une situation où tout va bien. Certains petits pays, face à cette nécessité, ont adapté leur outil industriel, voire tenté des changements dans l'organisation et la nature de leurs forces; certes ils ne le font pas dans un contexte de forces armées "complètes" comme peuvent encore l'être, ou chercher à l'être, les forces anglaises ou françaises, mais ça ne veut pas dire que leurs expériences sont inadaptées.
  4. Surtout dans la mesure où ils n'avaient pas le choix et ne l'ont jamais réellement eu, au début surtout à cause de la guerre froide, ensuite par l'intégration complète au dispositif américain, acquise pendant 40 ans, et qui les placent en dépendance et met les ricains au coeur même de leurs systèmes de décision. Faut pas croire une minute que les Brits même les plus atlantistes (hors les idéologues d'une "union anglo-saxonne" comme Thatcher) apprécient le fait et croient à cette mystique idiote de la "special relation" ou du "grand frère". Ils ont bien vu en Irak, et sans grande surprise, la part de marché qui a été faite à leurs entreprises pour la reconstruction: quelque part entre macache et peau de balle. Seulement, dans le cas d'un partenariat réellement stratégique entre Londres et Paris, il faudrait autre chose: un partenariat sur les moyens, ou plutôt certains moyens, et un très relatif partage de l'assurance vie ultime qu'est la dissuasion sous-marine n'engage en rien, et surtout pas sur le moyen terme. Et définir une coopération limitée sur quelques programmes mineurs d'armement ne lie pas non plus beaucoup. Quoiqu'il arrive, ce niveau de coopération n'engage pas l'installation de systèmes, réseaux et circuits de décision un tant soit peu permanents qui seuls sont les organismes qui créent des habitudes de penser et décider ensemble. Même avec des principes d'intérêts fondamentaux et des situations relativement similaires, France et RU sont encore avant tout concurrents sur trop de choses dans ce qui ressort de la politique étrangère (industries, productions à caractère "politique" à vendre, positions à prendre....). Et ils ne sont pas encore à un point de nécessité réciproque, ou ne l'admettent pas. La politique étrangère est décidée en gros par quelques directives et principes fondamentaux (certaines lignes "nobles" impliquant l'humanitaire, une action dans un certain sens, la stabilité de certaines régions.... D'autres plus "réalistes) qui changent peu quel que soit le gouvernement, et par beaucoup de lobbies et chapelles qui orientent plus fréquemment les circonvolutions et méthodes d'atteindre ces objectifs ou de s'en approcher. Ces lobbies peuvent être des groupes politiques, louables ou non, idéologiques ou non, des entreprises particulières ou des secteurs d'activité, ou des groupements plus complexes d'intérêts divers. Mais une constante est que ces lobbies agissent auprès des instances de décision gouvernementales. Les ricains et brits ont quelques-uns de ces lobbies qui s'interpénètrent d'un pays à l'autre, et certains circuits de décisions qui sont aussi ouverts (surtout des circuits de décision anglais ouverts aux ricains). Côté franco-britannique, il y en a peu. Mais MBDA et Thalès peuvent être le noyau de structures plus permanentes. La façon dont va s'opérer la réalité des accords sur la dissuasion peut aussi créer un circuit permanent de décision et réflexion commune, et les gens qui y passeront, militaires et civils, pourraient être une première génération d'un vrai partenariat ultérieur (ils ne restent pas ad vitam dans ces organismes, surtout les cadres et décideurs). Mais tant qu'un nombre de tels réseaux ne se sera pas fait, il sera illusoire de voir les décisions de l'un prendre en compte les intérêts de l'autre, même à titre limité. Et les coopérations ponctuelles resteront ponctuelles. Et dans ce registre des habitudes de pensée et de travail, des réflexes d'information et de décision, des structures existantes.... Les ricains ont plusieurs longueurs d'avance, et la classe politique anglaise a t-elle vraiment encore une ambition nationale forte au-delà des seuls impératifs de sécurité? Il faudrait que le comportement des ricains à l'égard des Brits soit vraiment dégueulasse en permanence et qu'ils se fassent enculer de trop de façons sous tous les angles pour envisager de risquer une rupture partielle. Parce qu'un partenariat franco-anglais, même en restant atlantiste, impliquera nécessairement cela: pas "tuer le père" américain, mais dire "merde" un peu plus souvent, histoire de préserver plus que les apparences.
  5. Sinon, un détail amusant pour refléter les évolutions des organisations: les noms. "Escadron" vient de "escadre" qui est le terme dont vient aussi "escouade". L'escadre fut, jusqu'au XVIIIème siècle, l'équivalent du peloton sous l'empire (une trentaine d'hommes commandés par un sergent, assurant les 3 lignes de roulement d'un feu), soit un sous-groupement essentiel, évoluant entre une vingtaine et une trentaine d'hommes, et commandé par un sous officier issu du rang, le chef d'escadre, ou cap d'escadre en langue d'oc. Ce chef, ou cap (cabo chez les Espagnols), c'est le futur caporal. Pour l'escadron, le terme a une autre genèse, mais vient aussi d'un constat pratique au XVIème siècle; la cavalerie, comme l'infanterie, est regroupée en unités comptables à base géographique, les compagnies d'ordonnance, chargées de fournir 100 lances fournies (6h, dont 1 cavalier lourd noble, 1 coutilier -homme d'arme professionnel essentiellement à pied- 2 archers monters -mais combattant à pied-, et 2 servants -des tringlots, quoi). Evidemment, ces compagnies n'étaient pas des unités de combat, et une formation de combat devait être improvisée en opérations, pour l'infanterie comme la cavalerie. Ces unités de combat étaient AUSSI des compagnies, et le tout était aggloméré selon les vieux termes médiévaux de "batailles", c'est à dire des groupements d'infanterie ou de cavalerie. Ce vocable et cette organisation ne survivèrent pas aux guerres d'Italie: les unités n'avaient de vocation qu'à être utilisées en formations de spécialité et entraînées à combattre en unités formées. Dès Louis XI, une infanterie de piquiers "à la suisse" est créée (ancêtre des "vieux" régiments dont ne subsiste aujourd'hui que le 1er RI "Picardie") qui va vite suivre le modèle "pike and shot" qui se développe, en, s'organisant en "bandes" permanentes (200-400h) et s'organiser ensuite en régiments plus vastes, regroupant plusieurs bandes dont les effectifs vont varier à la baisse (et le nombre se multiplier), mais qui sont grosso modo les ancêtres des compagnies. Devant la massivité des régiments de temps de paix, réservoirs et lieux d'entraînement, et la petitesse des compagnies, le bataillon ("fraction d'une bataille") va être développé comme formation opérationnelle. Et il en sera de même dans la cavalerie: les grandes compagnies de gendarmes sont souvent trop petites en elles-mêmes pour peser en bataille, et la fin du système d'ordonnance au profit de formations permanentes plus concentrées pour regrouper les savoirs-faires et rendre la chose économiquement supportable pour un Etat qui n'a pas encore de budget important, la fin de ce système donc laisse avec aussi des régiments trop grands et des compagnies trop petites, desquelles va émerger, en parallèle avec les bataillons, l'escadron. Ces échelons ont d'autant plus d'importance qu'ils sont aussi des offices, c'est-à-dire un échelon administratif qui s'achète au propriétaire du régiment (ce niveau là est un office cher et convoité, lié à la haute aristocratie) et fait entrer l'acheteur dans la clientèle du dit propriétaire. Il devient proprio de son escadron ou de son bataillon, et peut choisir ceux qui lui achèteront le droit de commander une compagnie (plus petit échelon achetable), mais celui qui arbire cela est avant tout le propriétaire du régiment, le vrai "patron", qui favorise ainsi la clientèle traditionnelle de sa famille, généralement sur base géographique. Il y a régulièrement, dans l'histoire militaire, et évidemment surtout dans le cas des unités de mêlée, des moments de tension quand les unités administratives, héritières d'un autre temps et souvent, à une origine plus ou moins lointaine, elles-mêmes des unités opérationnelles, ne correspondent plus DU TOUT à l'utilisation opérationnelle qui est faite de leurs effectifs. Et il faut un temps d'adaptation plus ou moins long, ou un retour à la réalité très brutal, pour qu'une armée refasse un minimum coller l'organisation administrative et géographique à la pratique. Les grandes unités opérationnelles (échelon brigade ou division) ont rarement été des unités permanentes de temps de paix, garnisonnées sur le même lieu et s'entraînant en grand ensemble. Quelques grands camps, dans l'Histoire de France (le Camp de Boulogne, sous Napoléon, le Camp de Châlons sous Napoléon III, des camps de manoeuvres longues quand la guerre commençait à se deviner sous Louis XIV) sont des exceptions plus que des règles. Ce qui veut dire que le combat interarme a longtemps été limité comme concept d'unité permanente. Aujourd'hui, fait quasi unique depuis Rome (et de l'exception marginale des quelques formations de chars organiques à certains RI), la taille de l'échelon interarme opérationnel qui est la donne pertinente est à peu près celle d'une garnison économiquement, administrativement et politiquement "acceptable". Il faudrait profiter de cette occurrence rarissime. Longtemps la cavalerie a été à part (par son vecteur particulier, le bourrin), même si au sein même de ses effectifs, une variété interarme a toujours existé. Et le combat interarme "à la suédoise", à la grande époque, n'a eu de réelle pertinence qu'à l'échelle de batailles à effectifs moyens (généralement pas plus de 30 000h de part et d'autre) pendant la Guerre de Trente Ans. Infanterie et Cavalerie pouvaient encore exister tactiquement comme 2 entités séparées pour leur usage opérationnel en bataille. Mais la bataille n'est pas la guerre, et ce sont les unités légères, de même que la conception avant tout stratégique d'utilisation d'une armée par certains chefs comme Turenne, qui inspira Napoléon) qui se conçurent comme corps interarmes pour tout ce qui se passait entre 2 batailles rangées, c'est-à-dire, même si l'Histoire écrite ne s'attache pas à ces actions, l'action de portée stratégique et l'endroit où s'infligent alors entre 1/3 et la moitié des pertesau combat d'une campagne. Actions rapides, harcèlement, grandes opérations de contournement, petits raids ponctuels, "petite "guerre" permanente des untiés de reconnaissance.... Dès le XVIIème siècle, ces unités appliquent l'art de la guerre qui n'a pas eu l'honneur des pages les plus longues dans les manuels, mais qui compte autant, sinon plus, que la seule action en bataille. En témoigne les effectifs de ces unités qui, méprisées en temps de paix, sont multipliés par cent en temps de guerre. Et chaque fois qu'un de leur coprs s'institutionnalise trop et perd certains savoirs-faires, mais surtout la polyvalence qu'implique ces savoirs-faires joints aux autres, comme dans le cas des Dragons, d'autres se recréent. Il est amusant de noter que ces unités composites souligneront toujours le besoin d'avoir des cavaliers, des fantassins, des fantassins légers/partisans/éclaireurs, des artilleurs et des sapeurs: un peu ce dont il est question dans les Battlegroups si nécessaires comme base permanente aujourd'hui.
  6. En même temps, les Israéliens ont fait totalement abstraction du concept de véhicule d'accompagnement des chars: eux, c'est MBT (+hélicos et aviation) et APC, VCI connaît pas, même s'ils "envisagent" de monter du Spike sur certains Namers. Mais comme tout concept militaire, il y a un peu de choix fondamental et beaucoup d'adaptation au terrain, à l'adversaire et aux réalités de l'armée israélienne (conscription, avec peu de pertes acceptables). C'est une doctrine de mobilité limitée, fondamentalement, calquée pour des avancées brutales, massives et rapides sur de courtes distances, et amener l'infanterie sans dommage au plus près du lieu de saisie d'objectif/nettoyage de poches. Mais le tout pour des espaces de combat très limités où le dispositif peut rester très dense via les effectifs procurés conscription. Est-ce un modèle exportable? Certainement pas pour des armées professionnelles à vocation expéditionnaire, devant envoyer beaucoup de monde et de matos dehors, et surtout être adaptables à de multiples conditions de combat, qu'il s'agisse du terrain ou de l'adversaire.
  7. Alors n'ait pas l'hypocrisie de te croire meilleur que le "camp adverse" que tu t'inventes, si c'est la seule méthode à laquelle te conduit ta "logique". Là tu as tous les symptômes de la bonne petite "pensée" :P léniniste. la quasi totalité des gens sont pas d'accord, donc il faut imposer le point de vue par la force.... Ouais, déjà tenté, et les résultats sont probants.
  8. C'est ce sur quoi j'insiste depuis le début: l'esprit de chapelle existe dans l'absolu, via l'esthétique générale, les "mystiques" et histoires de chaque arme, mais aussi la doctrine, la constitution d'un organisme permanent de chaque arme (généralement autour de l'école d'application en France, les "maisons-mères).... Mais plus fondamentalement, il est fuelé et boosté par les unités permanentes, effectivement réunies. Au final, comme dans toute organisations, ce sont les réflexes acquis et les habitudes du quotidien qui déterminent le plus les comportements et font croire que l'organisation d'aujourd'hui reste, même si on admet des modifications ici et là, indépassable. L'univers concret de ton quotidien, les habitudes presque "confortables", surtout pour la réflexion et le cadre fondamental de la pensée.... Tout cela détermine bien plus les comportements et la façon dont, dans le cas militaire, tu vas penser à la guerre, que n'importe quel colloque ou réflexion théorique à laquelle tout le monde peut dire "amen" sans envisager une seconde de l'appliquer autrement qu'à la marge.... Ainsi de "l'interarme", une évidence qui est devenue.... Un concept, comme l'eau tiède :P. "C'est bien l'interarme, faut en faire régulièrement" est grosso modo la pensée-bonne excuse des militaires actuels. Passer à 2 entraînements interarmes plutôt qu'un, c'est le maximum de conséquences concrètes que l'orga actuelle peut procurer. Et bizarrement, dès que déploiement il y a, la prépa opérationnelle et bien évidemment la réalité du terrain ramènent toujours le RETEX que l'interarme, ça n'existe pas: il y a le combat, et au combat il y a des soldats qui combinent leurs savoirs-faires et leurs armes diverses pour obtenir l'effet optimal..... Mais sitôt de retour au pays, tout le monde redevient un membre de cla et regagne sa chacunière où il s'entraînera dans son job qui n'existe pas en opération. Exactement! C'est toute l'absurdité du raisonnement en unités de spécialité, qui fait qu'il faut déployer des efforts énormes pour essayer d'établir des cohérences là où des unités organiquement interarmes en feraient des pratiques évidentes et normales au quotidien: - toutes les unités étant sur véhicule, quasiment tous les véhicules étant armés, pourquoi les équipages n'appartiennent pas tous à l'ABC? - ah ben non, ce serait con, certains sont vraiment des APC, et leurs équipages doivent apprendre leur métier pour être au service du fantassin - ben oui, mais si tu fais ça, ils savent pas s'accorder avec les chars et chars légers d'appui, et les VBL de l'ABC marchent pas comme les VBL de l'infanterie, ils fonctionnent pas au même rythme et ils bougent pas pareil - ben c'est normal, les tanks bougent pas pareil - mais en opération, tout le monde bouge ensemble - ah ben oui, c'est pas simple ce bouzin Et tu peux illustrer le summum de cette stupidité avec la question du véhicule d'infanterie: est-il un accompagnateur/escorte de cavalerie pour assister le char, qui a en plus de la place pour des troufions, ou un véhicule de manoeuvre de l'infanterie qui peut appuyer les chars en second lieu? Et pourquoi le char serait-il pensé tout seul vu que la grande manoeuvre d'armées blindées était une spécificité liée au conflit en centre europe, fait pour un combat en rande pleine avec une densité hallucinante d'effectifs? Surtout quand maintenant le VCI est fait pour avoir une capacité antichar longue portée (missile) voire même un canon assez méchant qui peut menacer le char, au moins sous certains angles. Et que de toute façon les formations de chars sont groupées avec des VCI. Bref, penser "unités de cavalerie" est une connerie sans nom. Soit le char appuie par pelotons de l'infanterie en déploiement (conflit urbain, asymétrique....), soit il est couplé avec des unités de VCI au cas où il faut opérer une concentration parce que soudain, une horde d'armées mécanisées débaroule.... Aussi sur l'échelle de base du peloton, les escadrons étant mixés de fait pour faire les "carrés magiques". Et de toute façon, vu l'aspect exceptionnel et dangereux de telles concentrations de blindés (menace aérienne, équipes AC réparties sur le terrain, nombre et variété de vecteurs antichars, feux d'artillerie très précis et rapides....), cette formation doit être rapide et ponctuelle, durant peu de temps, repartant en dispersion direct après. Elle est donc censée être l'exception, pas l'entraînement dominant. Mais de toute façon elle n'est rien de ça: les chars sont avec les cahrs, les VCI sont avec les VCI, et en France, le VCI et l'APC ont un problème de définition/distinction qui renvoie à l'impossible jointure entre les rôles des chapelles qui continuent à se penser à part.... Et à vivre comme telles. A tout le moins, si la cavalerie était cohérente au moins avec sa doctrine partielle complètement obnubilée par le combat de masses de chars qui n'aura pas lieu, elle devrait être regroupée en régiments méca couplant 2 escadrons de chars avec 2 compagnies d'infanterie méca (vraiment méca), ou encore en couplant 2 escadrons de char avec 2 escadrons de "chasseurs de chars", engin d'accompagnement de cavalerie (genre un même chassis avec tourelles genre BTR-T). Et même plutôt avoir des escadrons mixtes, groupant plutôt ces trucs par couples de pelotons, et chacun de ces escadrons mixtes étant couplé avec un escadron d'infanterie méca (avec un VCI portant missile) ayant lui-même un peloton d'appui fait de chars et/ou de ces VCi-tueurs de chars. Mais là encore, ces formations seraient complètement à côté de la plaque si elles étaient des permanences, parce qu'il ne s'agirait que d'une idéologie de cavalier pensant à un conflit qui n'aura pas lieu; même un conflit d'armées blindées ne se présenterait plus sous cette forme, ne serait-ce que parce que les effectifs massifs de la guerre froide s'affrontant sur un terrain extrêmement étroit et ultra-dense en unités au kilomètre carré, ce conflit là ne pourra avoir lieu. Surtout qu'en plus, l'optique du terrain d'affrontement de la guerre froide était un terrain "préparé" et surpréparé, renforçant l'aspect particulier de ce conflit s'il avait eu lieu. Tous les itinéraires et scénariis étaient balisés et connus, avec chacun leur dispositif préparé, voire des terrains aménagés.
  9. Tenez, un exemple historique sur le "train as you fight" des unités de cavalerie d'autres époques. On se représente souvent les régiments de cavalerie de la grande période comme des masses de sabreurs homogènes, avec au mieux quelques officiers portant plus de dentelles et froufrous :lol:. Rien n'est plus faux. Les régiments étaient des choses composites, dans leur emploi comme dans leur structure permanente. Par exemple, les célèbres lanciers de Napoléon: dans un escadron de lanciers (en théorie dans les 250h), combien avaient effectivement une lance? Moins de 40% d'entre eux. Le point de leur arme, conçue en fait en premier lieu comme arme de choc contre la cavalerie adverse, puis comme arme de choc contre l'infanterie (plutôt en mouvement ou retraite/fuite que groupée en carrés fixes ou en bataillons compacts, vu l'absence de "blindage" des lanciers), n'impliquait pas de la foutre partout, vu que seul le premier rang avait l'élan et l'impact voulu. Il faut voir les lanciers comme les "chasseurs de chars" de l'époque, ou les intercepteurs :lol:: et pour nettoyer la cavalerie (surtout la cavalerie de choc et rupture adverse), ils ont besoin d'escadrons où le premier rang a des lances, et le second consiste en sabreurs légers pour achever le travail dans des rangs adverses désorganisés, combinant l'effet des deux, avec au mieux une petite réserve de lanciers (et de sabreurs) dans chaque escadron pour remplacer les premières pertes ou être envoyés par le commandant en un point de l'attaque. La mentalité actuelle ferait qu'il n'y aurait, à demeure, que des lanciers dans ces escadrons (qui seraient groupés en plus gros amalgames par économie, en plus, rendant l'unité permanente de fait pas maniable sur le terrain et nécessitant une sous-unité bricolée à la dernière minute), qui serait répartis et agglomérés à d'autres unités de cavalerie pour former quelque chose de vaguement opérationnel. Et pire encore, la majorité de leur temps, ils le passeraient à s'entraîner spécifiquement dans des formations trop grosses (plus qu'un escadron) qui sont leur permanence sur base, et faites uniquement de lanciers, ne concevant leur doctrine "principale" que selon ce critère. L'analogie vous paraît-elle claire?
  10. Chaque fois que j'évoque le sujet, je passe pour un facho :lol:.
  11. Là, sur ce point précis de l'information, il y a 2 principaux responsables, et franchement, si le politique y a une part, il n'est responsable que derrière ces deux là: - les médias: nullité, idéologisme, rêve de chaque journaleux d'être un polémiste et un éditorialiste avant d'être un journaliste (qui doit informer), absence de raisonnement, absence de rigueur, sensationalisme facile, recherche du caricatural.... Quand une nullité comme Apaty est censé être le "meilleur journaliste de France", ça résume beaucoup de choses - la population elle-même: sans aller jusqu'à demander à chacun d'être un économiste chevronné, d'apprendre à pondérer chaque opinion par la lecture informée et dépassionnée de l'avis opposé et l'admission de sa légitimité (plutôt que verser dans la caricature, vu que le discours revient toujours, d'une manière ou d'une autre, à essayer de gueuler plus fort: "les gentils contre les méchants, ceux qui ont raison contre ceux qui ont tort").... Sans aller jusqu'à demander que chacun consacre donc une part significative de son temps libre à l'information et à l'analyse critique, il faudrait quand même se rendre compte que se documenter par soi-même et réellement APPRENDRE et aller au-delà de ce qui est servi à tout un chacun est un DEVOIR tacite dans le principe même de démocratie. C'est pas une obligation légale, mais c'est pourtant une condition sine qua non. C'est pas pour rien que la démocratie est le plus dur et exigeant de tous les régimes: il demande à chacun de faire un putain d'effort qui est mesuré au droit de vote, en lui-même une arme puissante. Si beaucoup de révolutionnaires ont réfléchi à cette question du suffrage universel en se demandant si c'était une bonne idée, c'est pas par mépris pour "la populace", mais par souci de trouver le meilleur gouvernement (meilleur dans ce sens qu'il puisse trouver un compromis satisfaisant entre justice, représentativité, participation ET efficacité). Certains voulaient le censitaire étant donné que ceux qui avaient quelque chose seraient les plus impliqués et seraient en général contraint de faire cet effort de réflexion au-delà de leur seul intérêt. Ou encore que le fait d'avoir des biens signifiait que la personne avait du temps libre, donc pouvait consacrer une part de ce temps à l'étude. D'autres, comme Siéyès, voulaient le suffrage "capacitaire", lié à un niveau d'étude/de connaissances. Les Pères Fondateurs américains ne voulaient pas du suffrage universel tant ils se méfiaient de ce qu'impliquait le vote de larges groupes, qui créaient obligatoirement des partis politiques permanents, échelon par lequel la "politique professionnelle" commençait à apparaître et risquait de parasiter la réflexion et la décision publique. La question est, dans ce dernier cas: est-ce parce que le Français est "soumis"? Ca, ça n'engage que Gally. Perso, je pense que c'est plus lié à une question d'histoire et de mentalité, essentiellement venant de la formation particulière des partis politiques en France aux XIXème-XXème siècles. Nos partis émanent nettement moins qu'ailleurs d'actions et revendications concrètes à niveau local qui se seraient agglomérées par nécessaire concentration électorale et politique. Nos partis viennent en général de mouvances purement idéologiques/intellectuelles très abstraites (un des sous produits ravageurs de la pédanterie des Lumières qui devrait franchement être démythifiée) qui ont très vite accaparé le débat public. Plus qu'en Angleterre, par exemple, où les "moules" des grands partis viennent des disputes entre les couches sociales des élites socio-économiques historiques (négociants banquiers surtout tories, aristos surtout whigs). Dès le début, les mouvances politiques en France ont recherché à conquérir l'électorat local en partant de grands courants intellectuels nationaux, là où les autres pays européens ont fait l'inverse. Ca a eu son moment dans la première moitié du XXème siècle, mais ca a lentement passé avec la fin du temps des grands idéologies. Côté britanniques, c'est toujours demeuré via le principe simple (et injuste), mais solide, que les noyaux locaux des partis ont toujours été lié à la conservation de la structure sociale, à savoir les réseaux et hérarchies de notabilités et d'élites. Même le Labour, 3ème acteur apparu là plutôt comme en France, s'est adapté au système et a intégré de la même façon sa part de réseaux locaux. En France, sans grandes idéologies pour entretenir la ferveur, et via lé déception des grands partis, la désaffection n'a rien laissé localement.
  12. Rousseau l'a dit bien avant vous messieurs: pour que la démocratie puisse réellement exister, il faudrait que chaque citoyen, donc chaque être humain, soit une espèce de divinité omnisciente sachant tout sur chaque sujet de vote, connaissant les débats en cours sur chaque chose et ayant pesé son opinion à la lumière des arguments de toutes les parties, sans JAMAIS laisser sa situation personnelle et ses passions et pulsions prendre le pas sur la raison.... Sachant en plus qu'à côté, il a une vie personnelle et une carrière à mener. Ca fait des journées bien remplies :lol:. Comme ce n'est évidemment pas possible, très loin de là, un régime démocratique cherchera toujours un vague et bancal équilibre entre la nécessaire quête d'efficacité (relative) du gouvernement qui, quoiqu'on en aie, implique l'expertise que seuls quelques-uns ont, et la justesse du principe que chacun a droit à son mot à dire dans la conduite des affaires de la communauté. Evidemment, quand les experts n'ambitionnent que le pouvoir avant tout et que cette ambition prend tellement de place qu'elle impacte la conduite des affaires, y'a problème. Mais quand la population ne vote quasiment qu'en fonction d'idées abstraites (un peu) et de passions et pulsions liées aux situations personnelles, se laissant séduire (et non convaincre, ce qui est le propre de la raison) par les démagogies en tout genre.... Y'a aussi problème. Jusqu'où peut-on accepter la chose en prétextant que "la démocratie est le pire des systèmes, à l'exception blablabla...."? Ce dicton peut pas servir de parade universelle quel que soit le degré de pourriture avancé d'un système démocratique.... Quoiqu'il en soit, y'a quand même un truc amusant sur le budget militaire: pour les politiques, le budget d'équipement en particulier en est à un point où le réduire significativement et à demeure s'opposerait à beaucoup de leurs autres obligations bien concrètes: l'industrie d'armement ne peut plus beaucoup se contracter sans voir des pans d'activité disparaître, ce qui contredit la politique industrielle que, des deux bords, beaucoup veulent maintenir, et provoque des problèmes sur l'emploi (et avec les syndicats) qui placent la chose dans la politique "mainstream" et non dans le département non médiatique des activités des forces armées. Du coup, la variable d'ajustement devient l'armée elle-même, les forces, leur implantation au sol, leur entraînement, leur entretien, leur organisation et leur taux d'activité. A titre caricatural dans le spectre politique, cétait d'ailleurs effarant et crevant d'entendre le "programme" militaire de Besancenot à la présidentielle: trucider le budget de l'armée, mais en revanche soutenir les industries d'armement (forcément, y'a plein de potes syndicalistes et de "travailleurs" là-bas) à fond. Donc la Défense selon Les gauchistes, c'est pas d'armée ou presque, mais des grands parcs de matériels militaire :lol:. La quintessence des réformes depuis 15 ans, quoi: une armée toute petite mais suréquipée ("souple, modulaire....") :lol:.
  13. En fait, je verrais bien une opportunité de faire quelque chose d'intelligent (pour une fois), étant donné les similitudes de situations que France et Angelerre connaissant. Constats: - sous la houlette des désideratas de Washington, avec juste le droit de l'entrouvrir de temps en temps - de ce fait, certains engagements sont un petit peu obligés, ce qui a au moins l'avantage de mettre les 2 pays dans la même boue - similarités de tailles et de dimensions (et d'ambitions) des appareils militaires - similarités des capacités fondamentales demandées aux 2 armées: engagements et situations prévisibles à l'avenir sont très proches et répondent à la vocation expéditionnaire commune qui n'existe pas ailleurs - 2 seuls pays européens à garder une volonté, des intérêts, une identité et une ambition qui inclue une nécessaire vocation de puissance globale - dans la merde budgétairement, des programmes à la ramasse, des acquisitions non financées - des besoins pressants pour répondre aux contraintes d'être encore un peu puissant aujourd'hui, mais aussi de poser les jalons pour l'être encore un peu demain, et en tout cas de maintenir les moyens d'être autonome - les partages de moyens et échanges d'acquisitions en matière matérielle ne durent jamais et dépendent avant tout des intérêts économiques fluctuant des industriels qui sont très moyennement aux ordres de leurs Etats De ce fait, il serait quand même un tantinet pertinent de se mettre d'accord et d'harmoniser les formats et organisations de force, ou au moins une partie, ce qui est d'autant plus pertinent que le modèle militaire actuel est en grande partie contestable, mais surtout de moins en moins supportable par des Etats comme la France et le RU. Bref, qu'ils fassent leur petite révolution militaire ensemble, définissant en commun ce que doivent être la façon d'organiser et de concevoir doctrine et action des unités de combat terrestres (à la planification la plus courte), et dans une certaine mesure possible les unités navales et aériennes. Le point étant d'avoir au moins les mêmes besoins dans les matériels, ou le maximum possible. A l'aune des récentes expérience, les formats comme les grandes unités terrestres s'harmonisent, et le spectre des capacités globales, en tout cas à terre, est censé être similaire. Que chacun ait ses unités dans les quantités qu'il veut (de toute façon, c'est pas appelé à s'éloigner beaucoup), mais qu'elles fonctionnent de la même façon avec les mêmes matériels, pour exprimer un seul besoin global (meilleure position de négo, mais surtout commandes communes, meilleure planification et projets industriels un peu sérieux avec partage de la charge de travail). . Bref, ce serait peut-être là la vraie occasion de sortir un modèle de "European Way of Warfare".
  14. Il y a 250 ans, la France était le pays le plus riche et peuplé d'Europe (et pas loin d'être le plus peuplé du monde) et pesait à elle seule près d'un quart de la population européenne (Russie comprise) tout en étant un pays uni. Quand elle murmurait, tout le monde se penchait pour écouter, même si elle s'était pris une branlée à la guerre précédente. Aujourd'hui, la France pèse moins de 15% de la population européenne, Russie non comprise. Quand t'as besoin de gueuler, c'est qu'il y a pas grand-chose derrière et que personne ne t'écoute. USA: - 300 millions d'habitants - 40 à 45% des dépenses militaires mondiales - présence militaire conséquente partout, capacité de se projeter partout et en grand nombre - centre économique et financier du monde - coeur de la "world culture" qui affecte tout le monde à tous les niveaux - pour les pays européens: les USA ne sont pas le voisin de pallier France: pas vraiment "crédible" à côté.
  15. J'entends cette antienne à toutes les sauces.... Et il y a 2 constats simples pour y répondre: - c'est pas parce que les différences sont moindres qu'elles sont pour autant négligeables ou surmontables - où est-ce écrit qu'il faille essayer d'en faire fi et qu'il soit une évidence que l'Europe politique soit possible, ou même souhaitable? Comme je l'ai dit et re-dit, les raisonnements sur cartes sont généralement peu pertinents. Encore une réponse que j'ai à toutes les sauces.... Beaucoup de propositions dans ce même topic, y'a qu'à remonter les très nombreuses pages. Mais sans entrer dans les détails et pour juste évoquer de grandes orientations (pas par simplisme ou raisonnement superficiel.... Juste que ce soir, j'ai la flemme :lol:): - prendre acte du fait que la plupart des pays européens ne VEULENT PAS de la puissance: l'atlantisme offre la protection - prendre acte du fait que tous les pays européens de moins de 40-50 millions d'habitants se méfient avec raison de toute proposition éventuelle de puissance autonome, même embryonnaire, car elle consacrerait le leadership de leurs gros voisins qui est une tutelle bien plus lourde que la couveuse américaine. Lire La Guerre des Gaules pour se rendre compte que, dans le même genre de comportement, les peuples celtes des Gaules, qui avaient mille fois plus de proximité que les pays européens, se déchiraient entre eux, et qu'un bon nombre préférait bien l'alliance, ou même le protectorat romain, que le partenariat avec leurs voisins, fut-il plus ou moins puissant qu'eux. C'est comme ça que ça se passe quand il est question de préservation des intérêts et de l'autonomie, et de calculs des dirigeants. - prendre acte du fait que les additions théoriques de PIB ou de budgets militaires ne veulent rien dire, et que le nombre ne fait la force que s'il y a cohérence et cohésion: mieux valent 70, 100 ou 120 millions de personnes unies que 500 millions se prétendant une entité politique et se désagrégeant même sur des querelles mineures. La Russie, avec 120 millions d'habitants à l'horizon, ne se laisse pas marcher sur les pieds. Le Brésil, avec 180, est vu comme un géant de l'avenir à l'heure où tout le monde dit que seuls les entités se comptant à partir du demi-milliard vaudront quelque chose. La Corée du Sud et le Japon, bien qu'en partie sous tutelle, ne se laissent pas dire qu'ils seront rayés du XXIème siècle.... - si volonté réaliste d'une Europe politique il devait y avoir, même avec des liens plus formels que réels, mais ayant une ambition commune de puissance autonome, alors la seule option crédible pour "bâtir" de la puissance et avoir une chance réelle mais petite de la créer serait de le faire avec peu d'Etats, et en fait uniquement entre quelques grands. Problème: seuls la France et le RU pourraient avoir ces moyens et cette volonté, en même temps qu'une taille semblable et les moyens de base pour développer cela. Un peu léger, mais au moins il y aurait cohérence. Comme dit plus haut: j'en ai rien à foutre. J'indique juste ce parallèle pour montrer comment le monde réel marche. Il n'y avait pas de "Gaulois" comme il n'y a pas "d'Européens": il y avait DES peuples celtes vivant entre Rhin et Pyrénées, et aucun ne se oyait comme "Gaulois", appellation romaine que César a balancé pour dire qu'il avait chopé un immense pays et non une collection de petits/moyens. Et la gaule romaine n'était pas le pire endroit pour vivre à l'époque. Et elle n'a pas été "conquise" par les Francs: les Francs ont immigré dans une région déserte avec l'accord de l'Empire, puis, plus tard, se sont fondues dans l'élite gallo-romaine. Processus équivalent pour les Norvégiens en Normandie (région alors assez vide, mais stratégique). A long terme, tout le monde est mort. Donc les "si" et les questions de ce type, quand il s'agit de prendre des décisions politiques.... Agir en fonction d'après-demain ne donne pas de meilleurs résultats que n'agir que pour aujurd'hui. T'es si vieux que ça :lol:? Dans 20 à 40 ans, les grands déterminants seront déjà en place. Et pourtant, il y a de sacrées constantes.
  16. Le problème est dans les dirigeants eux-mêmes, et quelques calculs rationnels: l'idée d'un "camp occidental" est désormais, culturellement, la seule qui existe vraiment chez les dirigeants d'Europe de l'ouest (et en Europe de l'Est, l'atlantisme est dicté par le souci d'indépendance aux petits pieds et comme garde fou contre une résurgence russe). Pour les calculs rationnels, c'est plus simple: les autres pays européens préfèrent le leadership américain, lointain mais ultra-crédible, à l'idée d'une hypothétique "puissance européenne", peu crédible, chère et dangereuse à bâtir, exigeant de prendre des postures internationales risquées (surtout pour le commerce: rétorsions pour chaque fois que "merde" est dit aux ricains....), mais surtout, qui dépendrait du fait de mettre d'accord des pays dont seuls les Brits et la France ont une conception et des intérêts mondiaux. Enfin, cette "mise au diapason" supposerait tout connement pour la plupart des autres pays d'être mis sous la tutelle franco-britanniques qui, même si ce ne serait qu'un leadership et non une domination, serait proche et vécue comme telle. Faudrait réfléchir 2 minutes en tant que NON-Français à cette histoire de puissance; pour le coup, raisonner comme le fond tous les fanas de l'Europe puissance, c'est réfléchir comme les ricains à l'égard des Français..... "Mais pourquoi ils arrêtent pas de nous dire non quand on leur donne des ordres? On est les gentils, on est forts donc on est le chef" :P.
  17. Note que les coalitions ont quand même fini par l'avoir, le tondu ;) :lol:. La vraie question dans cette histoire est de savoir s'il y a un "changement culturel" au moins partiel et lent dans la pensée générale des dirigeants britanniques (des 2 bords) qui leur ferait lentement relativiser l'engagement atlantique. Agir en y croyant n'engage que ceux qui se fient aux illusions.... Problème: ceux qui s'y fient sont aux commandes en France, et leurs illusions s'appellent "idéologie atlantiste" et "mentalité de colonisés". Il ne s'agit là que d'une course à l'échalotte pour être le meilleur toutou supplétif de l'Oncle Sam qui est bien trop puissant pour ne pas être incontournable, et bien trop présent dans tous les calculs et opinions des élites dirigeantes pour n'être pas le déterminant majeur de tous leurs choix. Et il faudrait arrêter de se dire "Europe puissance" avec ou sans l'Allemagne: l'Europe puissance est un fantasme de Français. Espagne, Italie et Portugal, tout comme l'Allemagne, sont bien plus atlantistes qu'enclins à la moindre coopération en ce sens avec la France, et la Hollande, c'est encore pire; faut arrêter de croire qu'ils ont envie de cette union sur le papier qui donne des impressions de future grandeur. Tout dépend de ce qui se passe chez les Brits, à savoir si, lentement, insidieusement, ne se développe pas chez eux un fond de pensée se disant que les ricains sont incontournables, mais il faut une marge de manoeuvre s'ils ne veulent pas être un Canada bis. Jusqu'à 1815, la France a toujours été la plus forte des plus forts, ou au minimum à égalité avec le plus fort (lors de l'apogée espagnole). Cette image de moins grand parmi les grands date d'après 1870 et l'unification de l'Allemagne.
  18. Faut vraiment que t'arrêtes de mélanger la red bull avec n'importe quoi ;) :lol:.
  19. Une force expéditionnaire amphibie? Devant l'humiliation récurrente aux entraînements d'être planté dès que les abords de rivage sont boueux/marécageux, avec à côté les RM dans leurs machins à coussins d'air et leurs chenillés, peut-être que la politique de l'amphibie changera en France, même à petite échelle (extension de capacité pour le 519ème et les SAED des RIMA :lol:?).... Fusilier va faire pipi partout :lol:!
  20. Grand problème entre les unités, les missions et les besoins plus ou moins permanents: - les grandes unités opérationnelles de l'armée (GTIA/battlegroups, brigades et divisions) ont besoin de groupements spéciaux très formés pour diverses missions d'appui: reconnaissance à partir d'une certaine distance et/ou de certaines conditions, actions commandos et raids en tous genres.... - le commandement à haut niveau (commandement de théâtre, voire EMA) a aussi des besoins pour des actions émanant directement de lui, à vocation "stratégique", au moins à l'échelle d'un théâtre d'opération - les services de renseignement ont besoin d'une branche d'action paramilitaire au même titre qu'elles ont une branche d'agents clandestins - accessoirement, les autorités civiles ont besoin à l'occasion de groupes antiterroristes de haut niveau, et tous les Etats ne développent pas forcément ce savoir-faire poussé dans leurs forces de police - plus récemment, le développement des FS a fait qu'elles sont devenues, en elles-mêmes, une chapelle permanente (aux USA, il est même possible de parler d'une arme à part entière avec l'USSOCOM) développant ses logiques et réfléchissant en fonction de ses propres besoins Ce qui était un jeu à 3 ou 4 est devenu une partie complexe à 4 ou 5 où la répartition et la définition même des besoins ne peut faire abstraction du simple constat qu'il est très difficile d'établir cette nomenclature dans la majorité des cas, mais surtout, que quel que soit le choix opéra, le réservoir de troupes de haut niveau sur lesquels il va falloir investir plus est une denrée RARISSIME et dont il ne faut pas trop priver les forces conventionnelles sous peuine de vampiriser les meilleurs éléments, souvent d'ailleurs des sergents longs à former.
  21. C'est pas à ce point là non plus, mais je me base sur des logiques de bases: - le vrai effet de la tactique est d'optimiser les moyens interarmes pour maximiser l'effet d'une unité - quel que soit l'échelon, un chef ne peut manier plus de 4-5 éléments efficacement dans un combat articulé (1 capo "manie" 4h comme un colonel manie 4 compagnies et un colonel/brigadier manie 3-4 bataillons interarmes maxi) - l'expérience, le progrès.... Ont fait que l'échelon interarme de base n'a cessé de se réduire pour être efficace: là où Alexandre le Grand avait une "armée interarme" :P qu'il utilisait comme arme et dispositif complet (et ne se reposait pas sur la Phalange pour "faire le boulot" comme c'est trop souvent déformé) et les romains des ensembles des divisions interarmes (1 légion+ses auxiliaires) puis des task forces interarmes (tout fait autour d'unités de taille bataillonnaire), les armées post XVIème siècle (qui reprennent l'art de la guerre "en grand" après la pause médiévale qui est un peu une régression organisationnelle) recommenceront en cherchant à tâton cet échelon. D'une brigade à l'échelle des batailles dans la Guerre de Trente Ans, sa recherche se complique avec la massification des armées effectivement déployées de la fin du XVIIème siècle (où il est désormais courant qu'un général puisse avoir de 50 à 100 000h à manier en un seul endroit) jusqu'à la Première Guerre Mondiale. - la définition de cet échelon est cruciale, car c'est pour lui, son mode d'opération et son rythme de mouvement et d'action, que sont calibrés les besoins en matériels et unités "dimensionnantes", c'est-à-dire les moyens d'appuis et de soutien, unités plus rares et plus chères (forces spéciales et unités commandos ou de reconnaissance, moyens d'artillerie autonomes, c'est-à-dire avec leurs propres moyens d'acquisition et de mise en oeuvre, capacité de transport et d'approvisionnement, quantités de carburant et moyens d'acheminement....). C'est à partir de cet échelon que se calcule la puissance d'une armée ("combien de divisions"?). - "train as you fight": c'est l'unité effectivement utilisée sur le terrain qui doit être l'unité organique de base d'une armée, qui doit s'entraîner et vivre ensemble l'essentiel de l'année, pas ses morceaux Le point est que cette échelle d'unité ne fait pas renoncer fondamentalement à la capacité de regouper de plus grandes forces pour les faire agir ensemble: 4 GTIA de ce type pourraient former une brigade opérationnelle (pour peu que l'EM de la brigade soit doté des moyens de se déplacer, de se soutenir, et d'agir, ainsi que de moyens d'appui supplémentaires à distribuer).... Ou elle pourrait s'appeler division aussi bien. Mais l'entraînement à ce niveau est un besoin nettement plus rare (qui ne doit pas disparaître non plus), donc non pertinent pour l'organisation au quotidien. La réforme militaire américaine a été ainsi d'organiser des Brigade Combat Teams de 3 grands types (blindées, infanterie, Strykers/motorisées): 2 à 3 bataillons de mêlée interarmes chacune, 1 bataillon de reconnaissance interarme (plus les bataillons d'appui et soutien), et ces bataillons sont permanents et organiques. Et la Brigade (entre 3 et 4000h) est cantonnée dans un périmètre très restreint (bon, eux ils ont des bases immenses). 4 brigades forment 1 division, et pour mettre en oeuvre les divisions, il y a 12 EM de division permanents aux USA, et un nombre donné de brigades d'appui (ALAT, artillerie lourde) et soutien (logistique) qu'elles sont capables de commander en plus de leurs 4 éléments de combat. Plus "haut", il y a aussi un nombre donné d'EM de corps d'armées pouvant gérer un front entier avec plusieurs divisions. Mais le point est que l'unité qui s'entraîne et vit au quotidien, qui est "l'unité de compte" du combat, c'est la brigade (et tous les besoins en matériels, appuis et soutien sont calculés pour la mise en oeuvre des brigades, pas des divisions, pas des bataillons interarmes). Les entraînements au niveau division ou plus, c'est une à 2 fois dans l'année, pas plus. Le point est que de toute façon, aucune armée conventionnelle et expéditionnaire n'a jamais été faite pour occuper le terrain, et aucune armée de masse et de conscription n'a jamais été expédiée au loin, sauf le cas US en 44, qui est particulier (encore n'est-ce même pas une conscription générale). Tu peux doubler le budget et la taille de l'armée française et de ses moyens de transport, tu ne projetteras toujours pas assez d'effectifs pour occuper correctement même le Liban (même 60 000h, le double du contrat opérationnel actuel, ne le pourraient pas, sauf si la population, au moins en partie, est d'accord). Les armées sont faites pour gagner le conflit armé organisé, c'est-à-dire taper un dispositif armé adverse, essentiellement une armée d'un adversaire étatique, qui a des structures et des centres nerveux identifiés, et une armée organisée qu'il faut incapaciter, sinon détruire totalement. Avec de tels adversaires et leurs modes de comportements, il est possible de gagner en faisant suffisamment mal là où il faut, pas en détruisant complètement, ce pourquoi une armée, même pas énorme, peut s'attaquer à un adversaire plus grands (jusqu'à une certaine limite) si elle est bien conçue et organisée. Cntre un adversaire jusqu'au boutiste et fanatique, donc non rationnel dans sa logique fondamentale, là c'est plus dur: si c'est un Etat, il faut le ratiboiser jusqu'au sol, mais tous les adversaires ne sont pas Hitler prêt à immoler l'Allemagne sur l'autel de son échec. Contre des groupes non étatiques et fanatiques, c'est un peu le problème d'aujourd'hui. Mais ce serait une erreur de s'organiser uniquement contre cet adversaire là: il n'est pas vraiment le plus important ou le plus menaçant parmi les probables/possibles, et il n'est pas non plus très fréquent. L'armée doit avant tout rester fondamentalement organisée pour affronter d'autres armées. Raisonner en GTIA, c'est pas se dire que tout déploiement sera forcément un GTIA et pas plus, mais se dire qu'un GTIA est la plus petite force autonome et autosuffisante qu'il est possible de déployer, l'unité interarme autonome la plus petite pouvant produire les effets les plus grands. Si l'adversaire est plus maousse, il convient d'envoyer une fore conséquente, mais elle sera faite de ces GTIA, qui seront le "pion" opérationnel pertinent d'un dispositif plus grand, comme la division l'a été à une autre époque (aujourd'hui, on peut juste faire mieux le boulot d'une division de jadis avec un GTIA). Il doit donc rester aussi un échelon supérieur pouvant "manier" plusieurs GTIA. Par exemple: réhabiliter les EM des brigades actuelles. Et un échelon encore au-dessus pour gérer plusieurs groupements de GTIA sur un très grand théâtre (les 2 EMF, ou le CRR-FR). 4 GTIA par brigades, ça fait 32 GTIA en france à effectif égal (par contre, ce serait bien plus cher vu le nombre de matos dimensionnants à avoir). Ca fait 32 unités autonomes qui articulent bien mieux la puissance existante, qu'elles soient projetées une par une ou un gros paquet ensemble. La question est de trouver le bon échelon pour optimiser au mieux un effectif identique. Mais pour que cette unité soit pertinente, il faut qu'elle soit permanente. Et en l'occurrence interarme, ce qui est la donne opérationnelle, mais pas celle des garnisons. organisation qui renforce encore plus l'esprit et la pensée de chapelle, et explique qu'encore aujourd'hui, les cavaliers acceptent la donne de l'interarme en petites OPEX, mais réfléchissent encore fondamentalement comme s'ils allaient être organisés en régiments entiers pour une chevauchée fantastique contre des armées de chars soviétiques/chinois/iraniens. Et ils ne conçoivent l'essentiel de leur préparation qu'en fonction de ça avant tout, et n'envisagent leurs besoins matériels qu'en fonction de ça avant tout.
  22. Hé, t'en fais pas pour ça: je baragouine mes trucs plus ou moins râbachés en pensée, et les formalise sur ce forum un peu comme ils viennent :lol:. C'est pas que ce soit un souhait: c'est un constat. Tu trouveras jamais un Etat qui diminue pas drastiquement ses forces la paix revenue, pour de bonnes raisons en grande partie. Mais il faut garder plus qu'un minimum de chaque chose pour conserver les savoirs-faires essentiels (ça c'est l'option du dernier recours), soit une marge de manoeuvre opérationnelle qui est celle qui donne la capacité effective de puissance politique d'un pays, assortie d'une marge de manoeuvre potentielle (réserve opérationnelle, réserve conscrite/Garde nationale éventuellement, mobilisation générale à certaines époques, capacité financière et industrielle) qui détermine ce que le pays pourrait faire s'il y était acculé. Pour des pays comme les pays d'Europe de l'Ouest, sans menace d'invasion et aux intérêts mondiaux, cette capacité implique pour être crédible, donc efficace, d'être assortie de la capacité de soutien lointain et de transport (et de la protection des axes de transport) adéquate, ce qui veut dire que le moindre véhicule commandé implique un "pourcentage" de navire de transport en plus, de navire de protection en plus, d'aviation, de moyens de soutien.... Complètement différent du cas israélien qui peut aligner les centaines de chars qui n'iront jamais de leur vie au-delà d'un périmère d'activité de 200 kilomètres à tout péter. Leur modèle est purement de défense territoriale et ne peut pas grand chose à plus de 100km de leurs frontières en extension maximum. Donc il faut penser uniquement à cette aune. Au XVIIIème, l'armée de terre anglaise représentait 1/4 de la Française en temps de guerre; mais la France devait faire avec toujours au moins un grand adversaire sur terre et au moins 2 frontières terrestres à défendre, et au moins un allié en Europe Centrale à aller soutenir. L'expéditionnaire était réduit à la portion congrue, et la Marine ne pouvait être un calcul prioritaire. Résultat, l'armée anglaise avait comme cahier des charges d'envoyer un corps expéditionnaire assister ses alliés sur le continent et jouer un rôle très partiel (juste besoin d'être là et de menacer), de garder une force minime dans les îles britanniques (une importante en Irlande et 1 minime en Angleterre pour encadrer des milices de défense en cas d'invasion), et consacrer près des 2/3 de ses effectifs à la présence outre-mer et à la conquête coloniale. En revanche, la Navy pouvait transporter toutes ces forces ET assurer la protection des axes de communication, et avoir encore une réserve pour aller chercher la bataille. Pendant la Guerre de 7 ans, les forces françaises en Amérique n'ont jamais dépassé 4 à 5000 professionnels (plus des milices locales) et quelques autres milliers dans les Antilles, là où les Britanniques ont pu envoyer jusqu'à 40 000h (plus les milices sur les importantes populations de colons), sans compter une bonne quinzaine de milliers d'hommes en Inde. Ce besoin de transport maritime est d'ailleurs une des raisons pour lesquelles l'Angleterre n'a jamais eu une bonne cavalerie (les chevaux voyagent mal à l'époque, surtout dans les longues traversées). La france, malgré une flotte respectable (entre 1/2 et 2/3 de la RN), est à la fois forcée dans son modèle à mobiliser ses efforts aux frontières, et contrainte à les divertir de la mer. Interarme ou interarmée ? Le point est qu'aujourd'hui, il y a une opportunité par rapport à l'Histoire Militaire: l'unité interarme de base qui est pertinente (qui produit de grands effets) dans la guerre d'aujourd'hui (et qu'il est possible de commander, manier, contrôler, renseigner et soutenir) arrive autour de la taille d'un régiment, c'est-à-dire la taille d'une garnison. L'histoire de l'art militaire est celle du combat articulé, c'est à dire de la façon de répartir au mieux son armée et de rendre "intelligents et autonomes" les plus petits éléments possibles pour que le dispositif global puisse produire des effets bien supérieurs à ce que la seule addition de ses effectifs pourrait faire. Il serait possible de faire coïncider cette double contrainte éternelle qui, pour des raisons pratiques et surtout budgétaires, n'a que rarement pu être résolue. 1 GTIA à 2 bataillons interarmes de 2000-3000h ne serait pas une chose impossible à réunir sur une base ou dans un périmètre très restreint (bien plus restreint que les bases de défense, au pire 1 base par bataillon), et ce serait en plus budgétairement pertinent. le gain serait supérieur parce que là, il n'y aurait aucune unité "d'arme" plus grande que la compagnie, et les interactions seraient là au quotidien et dans la plupart des entraînements. Non seulement la pratique tactique y gagnerait, mais surtout, dans la durée, ce serait à partir de ces unités, et non des spécialités en premier lieu (dont les armes de référence ne pensent qu'en théorie d'abord à l'aune de leurs RETEX propres) que se ferait la pensée, que se verraient les besoins.... Ce sont les unités qui combattent effectivement ensemble qui peuvent réellement penser la guerre et exprimer les besoins les plus justes, à partir du résultat de leurs effets combinés et non de ceux estimés dans leur spécialité. Dans le débat éternel "mieux vaut du bon en tout et de l'excellent en rien ou de l'excellent dans quelques spécialités choisies et le reste comme ça peut?", le tout n'est pas de le poser comme ça, mais de se demander ce qui doit être bon ou excellent. Dans l'art militaire, il faut d'abord trouver l'échelon de référence qui doit pouvoir, A TOUT MOMENT produire l'effet maximal. Chaque équipement et entraînement de spécialité peut n'être que bon, si l'important est que l'unité interarme qui les combine en permanence produit un résulat excellent. Le principe de la tactique, c'est quand même que le tout est censé être supérieur à la somme des parties. Pour ce faire, il faut donc que les parties (unités élémentaires, matériels, entraînements) soient organisées, pensées, optimisées avant tout dans la façon dont elles concourent à l'effet général, et non pensées en tant que telles, unités par unités, système d'arrme par système d'arme....
  23. Tancrède

    L'artillerie de demain

    Viser une zone montagneuse au terrain au découpage prononcé et profond, aux multiples abris et caches, zones d'ombre.... N'est pas la même chose qu'aligner une DI groupée en terrain plat. Tant les moyens de détection que l'effet des explosifs au sol n'offrent pas la même efficacité terminale.
  24. Le sujet est quand même sur la cavalerie comme arme/division d'arme avant tout, même si c'est plus un angle d'approche pour analyser le combat terrestre. Et c'est un sujet historique, pas un dossier exclusif sur les scénaris d'organisation future de l'AdT (même si, encore, des propositions ne sont pas hors sujet, le passé servant à lire et relativiser le présent et éclairer le futur). L'époque actuelle est assez intéressante à cet égard: à travers l'Histoire, aucun Etat n'a jamais pu maintenir en temps de paix l'armée dont il avait besoin en temps de guerre. Ca c'est un fait indépassable et sur lequel il faut tabler comme une constante éternelle. La guerre est chère, et dès que l'adversaire est quelque chose de sérieux (pas au sens des combats vus sous l'angle du combattant qui, quelle que soit leur échelle, sont toujours une chose TRES sérieuse), c'est-à-dire de menaçant pour l'Etat en question et/ou ses intérêts vitaux (dès qu'un Etat est un peu organisé est stable, la sphère de ses intérêts vitaux ne se limite plus à ses seules frontières), la dépense devient forcément astronomique. Donc il doit adopter une organisation de guerre et augmenter/réformer ses forces militaires. Les USA aujourd'hui sont le seul pays à avoir une armée permanente qui suffit, encore pour un temps, pour gérer seule le nombre de conflits et menaces auxquels le pays est effectivement confronté. Mais ils ont atteint les limites avec le spectre actuel Irak-Afghanistan-présence permanente dans le monde- conservation d'une marge de manoeuvre dissuasive à tout instant. Si le format fondamental n'a pas eu à être augmenté massivement, en revanche, la dépense effective pour ce pied de guerre permanent à grande échelle a fait exploser les budgets cependant. Sur le pied de paix, l'organisation d'une armée subit plusieurs contraintes contradictoires qu'il faut accommoder: - couvrir le territoire en garnisons. S'il y a menace aux frontières, les garnisons y sont concentrées. Autrement, les garnisons dépendent de nombreux facteurs: politiques, géographiques (toutes n'ont pas les terrains d'entraînement à toutes les échelles d'unités, qui ont toujours été rares pour les armées ayant à s'organiser en unités élémentaires/unités de garnisons/grandes unités mixtes de combat).... - gérer des moyens limités, optimiser/rationaliser les coûts de gestion: c'est un des facteurs forts qui incite à avoir des unités d'un seul type les plus grandes possibles et qu'il faut faire grandir pour obtenir des économies d'échelle. Mais plus elles grandissent, moins ces unités sont opérationnelles, et plus leur tendance naturelle à se penser en tant que chapelle et à penser la guerre selon leurs seuls critères, spécialités, forces, contraintes.... Est renforcée. Les Légions sont passées par là, les régiments ont connu cette inflation (au point de devoir être séparés en bataillons devenant permanents, phénomène qui a duré sans dommage à l'époque de la conscription universelle, la répartition géographique et l'organisation opérationnelle de vastes unités agglomérées jutifiant ce modèle administratif dans une certaine mesure).... - lié à l'organisation géographique: avoir un bassin de recrutement préférentiel (la proximité de l'unité est un facteur fort), et dans le cas d'une armée conscrite, semi-conscrite et/ou ayant une réserve opérationnelle, la proximité géographique est un impératif. - dépendant de l'organisation et des moyens, un échelon pour de plus grands centres de formation "de spécialité": selon les époques, chaque unité élémentaire assure ce travail, ou bien il est "rationalisé" au niveau supérieur, voire à un niveau centralisé. Plus la paix dure, plus ces lieux se concentrent. - les "armes" minoritaires, les moyens d'appuis: la logique de guerre impose que chaque unité opérationnelle en ait le plus possible (en temps de guerre, leur multiplication à bas échelon est une autre constante historique), la logique de paix leur fait remonter l'organigramme au fur et à mesure de leur raréfaction, souvent au point de l'absurde. L'artillerie aux XVIème-XVIIIème siècle a toujours subi cette logique de pleinfouet (disparaissant souvent presque la paix revenue), de même que le Génie jusqu'à la 1ère GM. Les groupements "commandos", les formations de reconnaissance et aujourd'hui les FS ou équivalents ont du attendre l'après 45 avant d'avoir un embryon de permance, avec cette aberration actuelle de la confiscation par le haut de tout élément un peu "spécial" qui se retrouve souvent centralisé alors que l'essentiel des besoins est au niveau des unités interarmes élémentaires d'où ils viennent, réalité que la guerre rappelle toujours quand elle revient. - la nécessité d'être opérationnel au niveau individuel/petits groupes et au niveau des sous-unités élémentaires (compagnies, batteries, compagnies de cavalerie de jadis/escadrons aujourd'hui) a toujours pu être assurée dans ce cadre: les surfaces d'entraînement dispo autorisent ça quasiment tout le temps. - la nécessité d'être opérationnel au niveau des unités élémentaires (bataillons....) varie: pour les unités de cavalerie, c'est déjà plus dur à toutes les époques, pour les unités d'infanterie, ça passe encore. Mais ce besoin est déjà en contradiction avec la pensée et l'organisation tactique: en phase avec certaines époques et certains formats d'armée (la légion des 1ers siècles avant et après JC, les RI du XVIIème aux GM....), elle se heurte aux besoins opérationnels à d'autre. Ainsi, les RI du XVIème siècle à la guerre de Trente Ans étaient devenus trop grands, avec trop de compagnies, pour être des organisations opérationnelles, tout comme les légions d'avant Marius alignaient trop de manipules (trop différentes en plus): il a fallu inventer la cohorte et le bataillon (de même pour l'escadron dans la cavalerie) et en mettre plusieurs par régiment, et ils ne sont pas devenus des institutions en un seul jour. De même, ces unités n'étaient plus fonctionnelles en elles-mêmes, et elles devaient être déployées en grandes unités interarmes improvisées au moment de la guerre. Les carrés suisses et à plus grande échelle le Tercio ont été des premiers modèles partiels (spécialités d'infanterie rassemblées en 1 unité), à une époque où rien d'autre n'existait. Ensuite, il y eut les brigades interarmes hollandaises et suédoises. Mais déjà, la maximisation de l'efficacité ne passait plus que par ces grandes unités interarmes que presque aucun pays ne gardait permanente. Elles nécessitaient un entraînement permanent et un degré de professionalisme élevé que seuls les 2 pays susmentionnés (et surtout la Suède) ont maintenu en temps de paix à un niveau qui, même minimal, offrait un avantage qualitatif incomparable. Dans ce modèle, l'entraînement de l'unité élémentaire, bataillon/escadron/batterie, est déjà incompatible avec un mode de garnison et d'organisation spécialisé - la nécessité d'être opérationnel au niveau de la grande unité interarme élémentaire (brigade à une époque, puis division, voire corps d'armée à l'époque napoléonienne). Celle-là est de loin la plus sacrifiée de toutes dans les armées permanentes. Au mieux, un entraînement de "manoeuvre" par an, ou deux. Un peu plus d'entraînements interarmes à petite échelle (section, compagnie), mais pas beaucoup (coûts de déplacements, mobilsiation de moyens, agendas concurrentiels, priorité à l'entraînement de "spécialité" qui se trouve de ce fait plus pensé dans son coin....). Alors que c'est précisément là que la pertinence tactique existe réellement le plus et nécessite le plus d'entraînement. Les légions elles-mêmes étaient en théorie interarmes, même si le concept général était une infanterie médiane/lourde, avec de petits groupements de toutes les autres spécialités, si bien que le modèle de combat est celui de l'infanterie lourde. La pratique césarienne (1 auxiliaire pour un légionnaire) change cela, et devient une institution sous le Haut Empire: une Légion est couplée avec un effectif équivalent d'auxiliaires (cavaliers, archers/frondeurs et fantassins légers). Plus encore, la réflexion militaire romaine amène à mieux savoir doser les forces nécessaires, prélevant des effectifs légionnaires par cohortes lourdes (non par légions), cohortes auxiliaires, ailes (cavalerie) ou task forces composites, constatant l'impraticabilité du modèle strictement légionnaire sur le plan tactique (pas "maniable"). - au-delà, il peut y avoir besoin d'être opérationnel sur les rassemblements de plus grandes unités, mais personne n'a jamais pu rassembler une armée complète en une garnison, et des manoeuvres occasionnelles suffisent pour cela, surtout si des EM permanents existent pour ces échelons qui ne sont plus de la "simple" tactique Qu'il y ait une organisation en temps de paix et une en guerre, c'est une constante indépassable, mais il n'est que de constater les époques où les 2 tendent à s'éloigner trop radicalement l'une de l'autre, les unités permanentes et leurs spécialités de référence devenant trop déterminantes par rapport au constat d'un besoin d'unités opérationnelles; parfois, ça peut aller très vite et ne pas dépendre du temps de paix. Les esprits de chapelle se développent en temps de paix longs, mais ils peuvent aussi jouer rapidement, quand ils sont forts, sitôt une guerre finie. Et l'organisation territoriale, administrative et budgétaire ne fait que les renforcer généralement, impactant toujours la pensée doctrinale et opérationnelle. Dans ces cas là, la pensée d'arme préfère penser l'opérationnel en fonction des unités et organisations existantes plutôt que de penser les unités et organisations en fonction de l'opérationnel. Suivant l'époque, la différence entre ces 2 pensées peut être quasi inexistante, parfois, elle peut être abyssale. Mais quoiqu'il en soit, tant que la paix dure, c'est en fonction de la première que la guerre sera pensée, conçue et préparée. La pensée de spécialité est donc potentiellement ravageuse dans ce contexte, soit en imposant son modèle, soit en parasitant la conception interarme et la coopération entre armes (différences "culturelles", petites hiérarchies, concurrence budgétaire, imposition d'équipements et préparations selon les besoins et conceptions de la chapelle la plus en cours, incohérences de quantités, planifications, tempos parce que chacun pense dans son coin....). L'apparition d4EM permanents et professionnels, avec une vraie spécialité d'EM, a offert un palliatif plus ou moins pertinent à cela, outre le fait que cela était rendu nécessaire par la taille atteinte par les armées. Réussi sous Napoléon puis en Prusse (étendu à l'Allemagne), ce procédé fut largement foiré par la France et l'Angleterre au XIXème (avant 1870), ces 2 pays continuant à laisser les chapelles, devenues énormes, dicter leurs pensées chacunes dans leur coin. L'Histoire de la cavalerie, particulièrement en france, peut tout à fait symboliser ce problème qui peut devenir majeur. - Procédé anglais: réduction de format = les divisions deviennent les brigades (fait en France aussi), les régiments deviennent les bataillons, les bataillons deviennent les compagnies/batteries/escadrons (pour les tradictions, drapeaux....) - les régiments de référence peuvent devenir administratifs pour les zones de référence de 3-4 battlegroups interarmes, soient les brigades. il y a encore une zone pour l'entraînement de spécialités des individus et petites unités (les savoirs-faires plus poussés, les terrains "spéciaux"), et une zone de formation initiale. Si une brigade rassemble 4 battlegroups, ça fait au moins l'équivalent de 8 compagnies d'infanterie qui peuvent avoir 1 ou 2 régiments de référence (administratif et traditions) s'occupant des "affaires" de l'infanterie dans la zone. Les bases de défense ne sont pas un changement, vu que l'organisation pratique ne change pas: c'est un rassemblement "sur le papier".
  25. Tancrède

    L'artillerie de demain

    A condition d'avoir suffisamment de pièces d'artillerie pour lui barrer un nombre de zones et d'accès assez élevé pour qu'effectivement, il devienne prévisible.... L'emmerde c'est que c'est grand un théâtre d'opérations, et à surface égale, quand il est cloisonné par un fort relief, c'est encore plus grand.... Qui peut limiter les options de l'adversaire comme les Russes l'ont fait aux Allemands façon Berlin-1945 :lol:?
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