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Tancrède

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Tout ce qui a été posté par Tancrède

  1. Les quantités nécessaires pour les besoins en morphine (qui ont aussi d'autres exigences qualitatives que la prod de poppy afghan) ne représentent pas le millième des quantités produites pour la consommation de came, opium brut ou héro raffinée.
  2. Quel coût :O????!!!!! Quand tous les treillis sont changés, le coût est assumé de fait: où serait le surcoût d'avoir adopté le design SAGEM dans la commande des nouveaux treillis? Le producteur n'aurait pas vu la différence dès lors que c'était commandé dès l'origine. Economiquement, la différence est nulle à moins que le motif SAGEM, comme le motif canadien, ait résulté d'un programme de recherche chiffré en millions et nécessite des matériaux hyper spécifiques. Soit dit en passant, à part pour les ricains, le design d'un nouveau camo ne bouleverse pas vraiment les données d'un budget. Ce qui revenait un peu au même que de dire que le camo existant était l'identité visuelle de l'armée française.
  3. Symbolique :lol:! Mais certains ont par exemple chiffré ce que ça coûterait de racheter toute la production d'opium, ou la plus grande partie, chaque année.... Il ne s'agirait que d'une fraction de l'effort de reconstruction: mais imagine l'effet induit.... Tu enlèves à beaucoup de clans guerriers leur antagonisme avec les forces de l'OTAN (ne resteraient que les "vrais" talibans, jihadistes et pashtouns radicaux), tu limites drastiquement le choix que les pégus ont à faire dans leur fidélité, dézinguant une bonne part de l'insécurité au passage dans beaucoup de zones. Et tu trucides le trafic d'opium et d'héro au niveau mondial pour quelques années, le temps que d'autres filières se remettent en place (essentiellement dans le sud est asiatique). La seule chose qui empêche de faire ça est le principe: mais question efficacité stratégique et rapport coût-efficacité, c'est sans ambiguité. En tout cas plus qu'un effort de guerre permanent, une lutte internationale contre les filières d'importation et une lutte policière et de santé publique en aval, dans les pays clients. Cerise sur le gâteau, ça permettrait de calmer le jeu avec l'Iran dont une part dantesque de la population souffre de l'opium et de l'héro à bas prix, surtout dans l'est du pays. Et le coût de l'achat sur place "à prix d'usine" de l'opium non transformé (surtout si en plus l'OTAN transporte) est ridicule: le tout coûte pas vraiment un quart de Porte Avions chaque année. Un peu plus avec les frais de destruction et de vérification (qu'il n'y a pas un peu de détournement au passage).
  4. Entièrement d'accord, mais je crois que la réflexion à l'époque avait été que ça différenciait pas assez des Anglais :P. Oups :-X! Que je suis mauvaise langue :lol:: ça sert quand même pas à grand chose et ça fait pas classe :lol:.... Ceux qui arbitrent ces choix ont vraiment un goût de chiotte ;). Ils doivent appartenir au même complot qui choisit les noms de véhicules, d'opérations, d'acronymes.... Faut éradiquer cette engeance. Sur la matière du treillis usuel (pas le FELIN, apparemment gardé pour aller dehors, en OPEX, donc en société et avoir l'air cool), sa résistance, sa qualité.... Vu que ça risque d'être le truc à tout faire pour l'entraînement.... Y'a quelque chose? Qui va le produire entre autres, vu que ça avait eu son importance pour le précédent, surtout vu les dotations non proportionnelles à l'usure accélérée.
  5. Tu peux ajouter, entre les 2, Choiseul après la Guerre de 7 ans, mais aussi la politique menée sous la Restauration et la Monarchie de Juillet ainsi que celle de Napoléon III. Pour ce qui est des processus, détrompe toi sous la Monarchie: c'est aussi instable que sous la République. Pffffff, non mais quoi encore? Tu voudrais pas qu'ils soient honnêtes aussi :lol:?
  6. La ceinture élastique est-elle réellement nécessaire? Et le fait que les poches soient aussi saillantes (ça accroche tout ces saletés :lol:)? Pour le camo, c'est quand même navrant que le premier principe demandé par les généraux soit que le motif français soit avant tout "reconnaissable" avant d'être efficace et surtout adapté aux déploiements.
  7. Le nouveau treillis et la nécessaire prise de réalité en pleine gueule pour les officiers powerpoint de l'AdT et leur doctrine à la con. C'est déjà pas mal. En plus, il pourrait y avoir du vrai bénéfice de grande ampleur si on voulait vraiment et si l'argent de la reconstruction était mieux utilisé qu'à financer la villa de Kharzai à Zurich.
  8. Ouais, ben le propre d'un changement important, c'est faire quelques trucs recommandés par les militaires et beaucoup les emmerder aussi: les routines, mauvaises habitudes (et les habitudes tout court d'ailleurs) ne concernent pas que les officiers généraux et les politiciens. Jamais entendu parler d'un changement significatif qui ne casse pas les pieds à tout le monde; si une réforme un peu sérieuse ne dérange pas, d'ailleurs, c'est qu'elle est pas sérieuse ou qu'il y a quelque chose de vraiment foiré dedans :lol:. Si la carte des implantations militaires est scellée dans le marbre, y'a pas grand avenir pour forger une armée efficace. Et quoiqu'il en soit, y'aura toujours de quoi se plaindre, de ce qui existe maintenant ou de ce qui pourrait exister :P.
  9. Et oui, mais pour ça, il faut un politique qui ait ET l'expertise ET l'autorité, ainsi que la volonté, soit par lui-même, soit parce que le président a été convaincu et appuie vraiment la chose. Un des problèmes annexes est que les quelques politiques qui ont l'expertise l'ont plus souvent par affinité avec les officiers généraux, donc sont eux mêmes, en quelques sortes, intégrés aux querelles de chapelles où ils ne sont aucunement neutres. Lellouche est neutre là-dedans: il roule pour la chapelle tout-USA :lol:. Ceci dit, je souscris à la vision globale, dans le principe, de Philippe (comme quoi ça arrive): nous sommes désormais une île géopolitique, et comme toute île européenne qui se respecte, c'est une Royale Navy prioritaire qu'il faut, avec une AdT servant d'obus à ce canon maritime, pas l'inverse. Vouloir une grosse AdT (enfin, c'est relatif :P), c'est déjà succomber aux demandes US d'amener des boots on the ground.
  10. Ce que tu vois là (au-delà de l'interprétation un peu idéologique) c'est la civilisation: il faut en être fier =): l'être humain, d'un barbare péniblement bipède qui tapait sur son voisin dès lors qu'il voulait lui piquer son steack ou sa bourgeoise (ou les 2 d'un coup évidemment, ce qui est plus malin et cost effective), est passé au stade d'un être raffiné, élégant, économe et efficace.... Désormais, il sait que taper tout le temps est bête, d'abord et avant tout parce qu'il roule en sociétés organisées et non en clans familiaux de base, et que donc, il faut beaucoup plus de consensus pour ordonner la baston. Ensuite, parce qu'il sait que la baston ne vaut le coup que si elle est faite selon certains codes moraux, et avant tout celui d'employer des armes dignes de ce nom d'une manière professionnelle et disciplinée dans le cadre d'un acte réfléchi et rationalisé qui fait honneur à l'esprit humain. Après tout, comme le disait Frédéric II, "l'artillerie amène noblesse et civilisation à ce qui, sans elle, ne serait qu'une vulgaire bagarre" :lol:. Non mais, alors évidemment, se taper dessus comme ça, ça coûte plus de temps, de fric et d'efforts, donc on peut pas non plus faire ça tous les jours. Pour les amateurs de baston en mode plus primitif, aller dans les banlieues moisies de Paris ou Los Angeles; ne pas compter sur Rio ou Bogota, les racailles là-bas sont depuis longtemps passées à un stade supérieur de professionalisme, donc de civilisation :lol:. Ils agressent moins fréquemment, mais mieux, mieux ciblé, et plus massivement en une fois. Aaaaaaah, le progrès tout de même, c'est merveilleux !
  11. Mais disons aussi qu'un avion de combat n'est pas qu'une arme tactique, c'est beaucoup plus. Pour continuer à métaphoriser, et c'est encore plus vrai avec le F-35 qu'avec les générations précédentes d'appareils, ce n'est une arme que contre qui les USA te disent que c'est une arme :lol:.... Contre ceux que tu peux voir comme ennemis mais que les USA refusent de voir comme tels, c'est pas une arme, c'est même pas une voiture d'occasion :lol:. Bref, c'est une bagnole que t'as le droit d'utiliser que là où le proprio d'origine est d'accord :lol:. Et en plus t'as pas le droit de négocier le prix, le propprio d'origine a le double des clés, et ton garagiste peut pas tout réparer parce l'usine a tous les droits.
  12. Se méfier de ce genre de statistiques, le comptage des victimes de guerre et de l'impact des guerres étant un exercice assez métaphysique et politique ne reposant jamais sur les mêmes critères et manquant de moyens pertinents, sauf très longtemps après les événements, et encore. Se méfier encore plus des annonciateurs de "tendances", surtout dans ce domaine. Ne pourrait-ce être tout aussi bien le signe que la guerre, plus qu'avant, redevient une affaire de professionnels plus ou moins à temps plein, et moins une histoire de mobilisation générale et d'implication globale de la population? Que la "professionalisation" de beaucoup d'organisations participant de guérillas et autres conflits liés à des zones instables/grises/fragiles a concentré les dispositifs qui ont aussi appris à être plus efficaces dans leur ciblage? Que la décennie n'a pas eu autant de génocides/nettoyages ethniques que les années 90? Que des activités de brigandage/rançonnage armé/mise sous contrôle/trafics aux mains de mouvements violents a augmenté aux dépends de causes plus politiques? Parce qu'à regarder la carte de la conflictualité/instabilité, ça n'a pas diminué, au contraire. Mais ça s'est professionalisé et diversifié dans la forme. D'autres pourraient aussi arguer que le développement économique de nombre de nations implique leur montée en puissance et la croissance de leurs besoins/rapacité, donc le besoin de stabilité dans un certain rayon autour d'eux, mais aussi d'une concurrence accrue entre puissances dans un contexte de crise et de raréfaction des ressources, ce qui ferait d'une période de relative baisse -qui reste à réellement prouver- le calme avant la grande tempête. Les décennies 1850-1860 n'ont pas été connues pour leur tendresse.
  13. Heum, heum.... Starfighter :lol:.
  14. Grande question: la prise de Londres, comme demandé plus haut, aurait-elle entraîné la chute du RU ou le gouvernement britannique aurait-il poursuivi la lutte en évacuant la capitale pour se réfugier au Nord? La détermination de Pitt et de ses émules, le mouvement nationaliste de ce moment.... Auraient pu entraîner une guerre à outrance sur le territoire, mais d'un autre côté, beaucoup d'intérêts se retrouvaient croisés à Londres, plate-forme essentielle, et sans Londres et le Kent, les moyens auraient vite manqué, et la subsistance de la population aurait vite posé problème. Pour un pays pas si grand et aussi centralisé financièrement, le coup eut été total pour ce qui est de la capacité de guerre à l'échelle européenne, mais la lutte eut pu se poursuivre sur le sol assez longtemps. Il y a aussi les questions de mentalité du temps: le principe de la campagne décisive qui amène à la paix n'a pas marché en Russie pour d'autres raisons; ici, le pragmatisme eut pu avoir raison du nationalisme. De plus, une guerre qui continue sur l'île même aurait eu d'autres conséquences, notamment le rapatriement des 18 000 soldats britanniques présents en Irlande: tous ou une partie, mais l'enjeu de la survie eut pu contraindre à l'abandon pur et simple de l'Irlande, même momentané. Quoiqu'il en soit, sans le sud-est et Londres, quelle aurait été la capacité de guerre britanniques? Il restait des arsenaux et des ports importants pour le grand commerce (Liverpool au premier chef), et le contrôle aurait été gardé sur les troupes outre-mer et la flotte. Seulement la capacité à soutenir la flotte aurait quand même été durement impactée étant donné l'importance de l'estuaire de la Tamise et du Sud Est pour ce qui est des chantiers et des équipages qualifiés. La vraie question est de savoir ce qu'il aurait pu rester comme finances aux britanniques: même en contrôlant encore la grande majorité de leur territoire métropolitain, le revenu de l'impôt seul sur la population et sur ce qu'il reste d'activité et de commerce n'aurait pas suffi vu l'importance de Londres à la fois pour la finance, l'activité commerciale et industrielle. Sachant en plus que le taux d'imposition anglais d'alors est TRES élevé (plus que nulle part ailleurs sur le continent), la population n'aurait pu être plus mise à contribution (sauf par le volontariat dans la milice ou des contributions en nature), et l'activité économique sans Londres (comme centre de consommation surtout) aurait elle-même subi une énorme limitation. Plus encore, la capacité de guerre anglaise dépend du système de crédit et de la stabilité monétaire, les 2 mises en place depuis 1 siècle par Newton, ce qui a fourni au pays son immense capacité à emprunter et à se remettre vite après un conflit. Sans Londres, avec un commerce impacté, une guerre sur le sol, tout cet édifice s'effondre. Il a déjà failli le faire au cours des guerres napoléoniennes à cause du Blocus Continental, très efficace contrairement à ce qui en a été dit trop souvent. Donc l'attitude des flottes éparpillées de par le monde compte en fait peu, étant donné que la capacité à les financer aurait immédiatement fait défaut en large partie, pour au moins une proportion importante de la Navy. Un amiral ne peut rien si ses navires se retrouvent vite sans moyens d'acquérir du bois à brûler (avec l'eau potable, c'est la grande consommation d'un navire de guerre), des espars de remplacements, des voiles, du goudron, du chanvre, des munitions.... Sans doute une partie des forces aurait pu être vite rapatriée (en prélevant sur celles qui restent sur place), mais quel eut été leur état à l'arrivée, y'aurait-il eu de quoi leur fournir ce qu'il leur manquait? La Navy serait certainement restée dangereuse, et avec pour le coup une surabondance d'équipages qualifiés (et volontaires, voire quasiment fanatisés par la fièvre patriotique) pour infiniment moins de navires à opérer.
  15. Ca, ils savent donner de la gueule à leurs produits, les ricains: ils vivent dans leur propre image :lol: et ils ont, au fond de leur âme, une vocation perpétuelle de vendeurs de voitures d'occasion, ceux qui compensent la déficience du produit par la tchatche :lol:.
  16. C'est pas particulièrement "pointu": il y a eu des fenêtres signalées par l'amirauté britannique, qui ont déclenché des moments d'inquiétude, voire des paranoias (sans doute en partie voulues par les dirigeants britanniques qui ont, sur la période, surjoué le risque d'invasion par intérêt). C'est dans beaucoup de livres qui se penchent un peu sur le thème de l'invasion de l'Angleterre, que ce soit du côté anglais ou des hésitations de Napoléon avant de devoir se retourner vers l'Autriche et la Russie.
  17. Est-ce une fatalité absolue? Si oui, dans quelle mesure (quelle part du délait pourrait être shuntée?). Les pistes évoquées par l'article mentionné initialement insistent sur les économies et la souplesse apportées par la modularité des plates-formes et la prise en compte insuffisante des potentialités des architectures de réseaux (notamment dans les dispositifs tactiques), évoquant la possibilité de navires de 2500-3000 tonnes plus économiques (et aussi voulus comme tels) aux modules interchangeables (modèle danois), avec une insistance sur la recherche d'économie. Soit une classe unique de ce tonnage, en grand nombre, soit une classe plus limitée, complétée par un plus grand nombre de navires de 1500 tonnes (avec on l'imagine moins de modules). Evidemment, question modularité et coûts, la tendance américaine à gâcher une idée de départ en empilant les changements, façon Zumwalt et LCS, n'est pas vue comme le bon plan :lol:. Bihan propose un modèle avec une flotte lourde très limitée en nombre de capital ships faits à l'économie (une espèce de duo PA-croiseur lourd avec une option frappeur vu comme un porte-missile complémentaire), une légère nombreuse de "fantassins des mers" telle que décrite plus haut, et une auxilliaire sur normes civiles adaptée au tout. Difficile d'évaluer le coût réel de ça, surtout sa flotte lourde qui paraît difficilement réalisable à l'économie, mais l'idée de la légère semblait avoir du sens.
  18. T'aurais LA méthode recommandée, qui simplifierait la vie de tout le monde sauf des politiciens (y compris des familles de militaires): rassembler les GTIA autour des camps capables d'autoriser l'entraînement. Mais bon, tous les GTIA ne sont pas non plus focalisés sur la manoeuvre blindée ;). L'entraînement principal en unité constituée vient, selon la nomenclature évoquée plus haut, au niveau du (petit) bataillon interarme (sous groupement) et de l'équivalent de la section renforcée (groupement élémentaire). L'entraînement au niveau GTIA peut s'offrir d'être un peu moins fréquent. Mais le problème est le même aujourd'hui, et même pire vu l'éclatement actuel du dispositif.
  19. 80% :O? Tu parles des jours de fêtes, là; j'aurais pas dit plus que 70. D'où le grand intérêt de faire du GTIA l'unité de référence permanente, comme certains pays l'ont déjà fait. 1 GTIA = 1 caserne. D'ailleurs, l'Army Transformation américaine regardée dans le détail est bourrée de défauts, mais ils ont vu que ça, c'était pas sans intérêt: même sans compter sur le rassemblement plus facile sur leurs grandes bases, les bataillons de manoeuvre de leurs brigades (pas vu pour le reste) sont désormais des unités interarmes permanentes. Par exemple, dans une Heavy BCT, chaque bataillon de manoeuvre est ainsi un regroupement organique de 2 Cies d'infanterie mécha, 2 compagnies de chars et d'1 compagnie blindée du génie.
  20. Sûrement, mais à de nombreuses reprises dans l'Histoire militaire, de grands changements sont venus moins d'une innovation spécifique, technique ou technologique, mais plus d'une façon de "redistribuer" les moyens/capacités existants d'une façon plus pertinente, bref, d'une façon de repenser et de réorganiser un dispositif plutôt que de poursuivre dans la logique en place. Parfois ça coûte moins de monde pour un effet équivalent ou supérieur, parfois non, mais se focaliser sur le seul critère que les équipages doivent être sans cesse moins nombreux pour acheter plus de missiles semble difficilement une façon intelligente d'aborder le problème et de rationaliser les ressources disponibles. C'est négliger, ou reléguer au second plan, la tactique, que certains veulent réduire à un exercice arithmétique. il serait quand même pertinent, en faisant un instant abstraction des coûts en personnels (les équipages n'étant pas non plus, étrangement, si énormes que ça en proportion des effectifs d'une Marine, mais restant tout aussi longs à former et à maintenir en forme qu'à aucune époque), de réfléchir une minute à la façon d'optimiser aussi la répartition d'une quantité de capacités donnée sur un autre nombre de plates-formes, ou de voir comment mieux allouer optimiser la distribution de la puissance selon les missions. L'alternative est de tout sacrifier à l'imitation servile version échantillonnaire de l'US Navy (en plus cheap sans doute au fur et à mesure que le temps passe), de rêver d'une flotte européenne qui ne miroite que dans les yeux de ceux, surtout Français, qui rêvent d'une Europe puissance souvent pour mieux ne pas avoir à penser au présent, et d'avoir à envoyer des frégates ultra modernes ayant le gabarit des destroyers de la guerre froide faire le contrôle des pêches et la lutte antipirate parce que "l'essentiel aura été sauvé, à savoir la capacité de haute mer" (mais en coalition avec les USA pour ce vrai cas de figure bien sûr, juste histoire de faire une figuration stylée). Ca vaudrait quand même 2 minutes d'essayer de considérer qu'il n'y a pas forcément une fatalité absolue au modèle US pour obtenir de l'efficacité. Parce que "après", c'est déjà aujourd'hui: à part les SNA, France et Angleterre sont maintenant condamnées à la dépendance stratégique et à une capacité de guerre de haute mer limitée au seul et absolu worst case scenario: pour le reste du panel de capacités, elles ne peuvent se permettre d'avoir une palette large que contre des Etats-croupions, et encore pas plus d'un à la fois.
  21. Tancrède

    La Marine française lance un SOS

    C'est pas pour argumenter gratuitement, crois le bien, mais ce problème est bien en amont de cela: il est de fait dans les mains du Mindef et de la commission de la Défense, ce qui veut dire, en l'état du fonctionnement de la politique, entre les mains du PM/président. Le choix ou non du maintien des élites/décideurs militaires en place, les "experts", dépend d'eux, ainsi que le choix des structures de dépenses et de décisions internes au ministère, ne dépend que du décisionnaire politique qui a l'armée qu'il mérite. Faut jamais attendre d'une structure en place qu'elle se réforme d'elle-même: ça n'est jamais arrivé nulle part et ça n'arrivera jamais. Une organisation ne se réforme que sous une contrainte extérieure/supérieure bien sentie, et surtout une contrainte qui ne se contente pas de décréter un seul critère d'appréciation dominant (en l'occurrence ce que ça coûte) au global, mais une série de critères pertinents et cohérents (que le politique arrête de faire sa politique d'aménagement du territoire entre autre, mais aussi qu'il mette les industriels au pas, mais de la même façon cohérente/supportable). Ce dont souffre plus encore la Marine qu'une hiérarchie moins incompétente dans la gestion que conservatrice et rétive au changement (avant tout pour préserver ses postes, ses chapelles, ses snobismes, son pré carré, ses carrières....), c'est une hiérarchie politique grandement désintéressée de la chose, manquant d'ambition nationale, qui a totalement relégué ce domaine à l'arrière-plan et s'est précisément déchargé de son rôle et de son autorité au profit de l'organisation elle-même. Un poisson pourrit par la tête, et les élites militaires ne sont pas la tête; faut pas s'attendre à autre chose de leur part tant que le politique lui-même n'aura pas REELLEMENT choisi et voulu le changement. Faux exemple: - le seul poids politique qui compte aux USA, à système politique différent, est celui du président pour l'exécutif. Le ministre est de facto un consultant dont la seule influence personnelle ne vient pas d'une "expertise", mais des relations qu'il peut nouer en interne avec le président d'une part, et les membres importants de la commission de la défense d'autre part. - ayant à réfléchir à une plus vaste échelle (bien plus vaste), les USA sont de fait contraints à cette "départementalisation" plus accrue de la gestion - mais surtout, les USA sont un mauvais exemple en termes de gestion pertinente (Mc Cain, parmi tous les sujets dont il traitait, connaissait au moins celui-là): les surdépenses et dépassements en tous genres sont colossauc chez eux. la différence est que vu la taille de leur budget, même une gestion de merde laisse encore des forces colossales à disposition, surtout comparativement à ce que les autres pays font.
  22. Y'a t-il tant de pays que ça qui réunissent les conditions d'union/conscience nationale élevée (ou plus), d'acceptation des sacrifices de toute nature, de menace très importante aux frontières et de moyens quand même assez élevés, même pour faire une combinaison milice/levée/conscription de grande échelle avec un corps de bataille moderne plus ou moins grand (voire inexistant ou limité à une réserve stratégique de moyens d'appuis puissants)? La Suisse et la Finlande ont eu un tel modèle dans des conditions très spécifiques. Regarde même le cas géorgien, pourtant pas un pays où la concentration des moyens en une armée moderne toute petite (sans doute sur pression US) a été d'une grande pertinence: pas vraiment un pays où les ravages de la société de consommation et de l'individualisme ont encore pu impacter durement une conscience nationale assez affirmée (et jalouse vu l'indépendance récente) et une homogénéité de la population importante. Pourtant, le mordant des unités de conscrits a vite fléchi, et personne n'a envisagé la lutte à outrance. La taille de l'adversaire a pu jouer, mais quand même.
  23. Oui, mais là c'était pour répondre à la question initiale ;), posée apparemment avec comme souci premier de réduire les dépenses. Ceci dit, on a du mal à trouver la pertinence d'un dispositif de défense qui part du principe, pour avoir une chance d'être efficace, qu'une bonne partie du territoire, de l'économie et de la population doivent être sacrifiées, et qui nécessite qu'une partie des forces le soit aussi. C'est de la défense qui fait le pari du désespoir comme base de départ, soit rarement de la stratégie pertinente :lol:.
  24. Impossible de faire de tels calculs dans l'absolu, seulement en relatif selon l'état des budgets, coûts dans un pays donné et technologie disponibles, mais aussi selon les effets tactiques qu'il est possible d'obtenir contre des adversaires donnés, ce qui est nettement moins facilement quantifiable, surtout uniquement en argent. Mais par rapport aux systèmes d'armes foutus sur CHAQUE plate-forme de haute mer moderne, les coûts que tu mentionnes sont quand même très relatifs. Le SNA est compté à part, vu qu'il s'agit à la fois d'un bâtiment très spécialisé et de très haute valeur. Mais le point n'est pas de dire que la flotte de haute mer doit être "rustique" pour avoir cette spécialisation (le frappeur n'est pas spécialement rustique): il s'agit d'un arbitrage des ressources et d'une répartition des capacités qui prend en compte non seulement la liste point par point (et non groupée) des capacités nécessaires à une task force efficace, les "quantités" nécessaires dans chacune de ces capacités (nombres de missiles et tubes, redondance des capteurs....) ET le nombre de coques qui est aussi un facteur pertinent (répartition des risques, souplesse du dispositif, options tactiques....). "Spécialisé" ne veut pas dire retour à l'âge de pierre, au contraire. Apparemment, beaucoup de gens ne sont pas si catégoriques, mais quoiqu'il en soit, c'est dans ces pays là, voire de plus petit, que cette question se posera en premier, les ressources contraintes obligeant soit à s'effacer soit à faire cracher du jus de cervelle pour optimiser des capacités. L'enfermement dans la logique de plate-forme seule comme la seule valable et pertinente garantit, en revanche, qu'effectivement, ces pays sont déjà presque hors compétition.
  25. Efficace en terme de bodycount, mais des 2 côtés: il implique de sacrifier, dans le principe même de ce type de défense, beaucoup de monde (la technologie jouant autant le rôle de multiplicateur de force que de moyen d'optimiser au mieux les effectifs, donc de les réduire pour un effet équivalent au moins, mais plutôt supérieur). Et le problème d'un dispositif militaire donné n'existant que relativement à l'état d'un adversaire probable, mais aussi d'une population donnée et de l'état de son "consensus national": - maintenir un tel dispositif implique une conscience nationale forte, un lien très puissant, un patriotisme élevé, une cohésion importante, et une acceptation tacite de pertes potentielles importantes (en vies humaines, militaires et civiles, en territoires, en potentiel économique et propriétés privées: ça implique dès l'abord des déplacements de populations) - le maintenir nécessite un ou plusieurs adversaires identifiés et menaçants même pour qui ne connaît rien à la stratégie et aux capacités d'un dispositif militaire - le maintenir dans le temps (même seulement une dizaine d'années) implique que les 2 facteurs précédents restent constants - le coût d'un tel dispositif n'est pas forcément moindre qu'une armée expéditionnaire réduite et très capital intensive/technologique
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