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Tancrède

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Tout ce qui a été posté par Tancrède

  1. les unités purement clandestines recrutent de toute façon dans les régiments de FS "réguliers" . Ce sont les mêmes qualités, les mêmes types d'hommes, et le niveau physique/mental/endurance-résilience/expérience/détermination/autonomie est déjà sélectionné. Apparemment, c'est plutôt que s'ils veulent faire dans le "black Et de longue haleine", ils n'utilisent pas les personnels en squadrons du SAS; mais dans ces unités, y'a toujours un volant d'opérateurs sélectionnés et qualifiés en dehors des effectifs fixes. Sinon, il est vrai que pour le black, l'option de contractors privilégiés (prosaïquement: des anciens du 22ème, du SBS ou du SRS -quoique celui-là n'a pas encore beaucoup d'anciens) est devenue une réalité constante et intéressante pour un service de renseignement: tu veux faire du black? Tu embauches au black :lol:. "Antiterrorisme" est devenu un label généraliste qui recouvre beaucoup d'emplois, et le JTF2, dont ce n'est qu'une des attributions (comme la Delta Force), a déjà connu quelques scandales liés à des opérations cradasses. Mais le point est que le Canada a un service de renseignement calqué sur modèle anglais, à savoir qu'il ne dispose pas de sa propre branche "action"/paramilitaire. le JTF2 est plutôt le réservoir auquel le CSIS fait appel quand un tel besoin se présente. Ce qui implique que le JTF2 est quand même qualifié pour le "travail clandestin" :lol:. En Frane, seul le service action est apte aux opérations clandestines, c'est à dire sans uniforme; les autres FS portent l'uniforme (avec nuances: le 13, surtout, peut à la rigueur se camoufler dans un environnement urbain.... Mais le point est qu'ils auront toujours des signes de reconnaissance pour, en dernier recours, être identifiés en tant que soldats).
  2. Impossible de mettre ce sujet dans "armée de terre" ou ailleurs. Impossible en fait de faire un énième sujet sur les "forces spéciales" tant le terme semble indéterminé et plus ou moins galvaudé selon les cas, en tout cas recouvrant une réalité trop vaste pour être simplement appréhendé en termes militaires ou seulement selon les angles de spécificités "techniques". Ce sujet concerne en fait le truc un peu fantasmé, mais bien réel, des unités spéciales "haut du spectre": les plus secrètes/discrètes, à l'activité la plus cachée, celles qui font ce que le cinéma et la télé ont banalisé sous les noms de "wetwork", "black ops".... Et qui ont pour seule vraie particularité notable par rapport aux autres unités spéciales d'agir surtout dans le registre de l'action clandestine (et non discrète/spécaile/secrète), au commandement du politique ou du plus haut niveau stratégique/interarmée, ou directement sous la tutelle des services de renseignement. Certaines font aussi office de forces spéciales opérant en uniforme pour le compte d'un commandement de théâtre, mais il s'agit d'un partage des tâches et tel n'est pas leur mission première ou exclusive. Quelles sont-elles? En France, dans ce registre, il n'y a vraiment que la direction Action de la DGSE (ex-Service Action) Au RU, il s'agit encore et toujours du SAS, des SBS et du nouveau SRS, qui sont en fait à la disposition de tout le monde, le militaire comme le politique, ou directement les MI-5 et MI-6 qui n'ont pas de "service action" propre ou aucune forme de groupe paramilitaire. Avec la "touche" particulière, dont personne ne sait si elle existe vraiment, de "l'Increment", micro-unité plus ou moins mythifiée et qui se chergerait des exécutions sanctionnées, sur le territoire national comme à l'étranger (ce sont eux qui ont, en quelque sorte, le vrai matricule "00" :lol:, pas les agents du MI-6). Au Canada, pas novice en matière de capacités spéciales, le JTF2 a été créé spécialement pour les opérations clandestines (notamment par son statutu légal spécifique) Avec les USA, rien n'est jamais simple :lol: tant ils aiment faire plein de trucs avec des acronymes et multiplier les chapelles dans chaque "pré carré" des forces armées ou d'ailleurs, mais pour ce "sommet" de la pyramide, la liste est quand même assez courte: - sous l'égide du National Clandestine Service de la CIA, la branche paramilitaire des services secrets US est la Special Activities Division - un peu en concurrence avec la SAD, le Joint Special Operations Command, soit la partie "haut du spectre", l'élite de l'USSOCOM. Cette subdivision du commandement des FS américaines inclue: la Delta Force, le DEVGRU (ex-Seal Team 6), l'Intelligence Support Activity (aussi nommée Gray Fox pendant un temps; c'est l'unité de reco/renseignement), le 24ème Special tactics Squadron de l'Air Force (opérateurs au sol, coordinateurs de feu, resco/C-SAR....)
  3. Est-ce que ce serait pas quelque chose du genre..... Le premier film d'action militaire français ("terrestre" évidemment)? Hors trucs historiques plus ou moins réussis, y'a t-il un autre exemple d'un tel thème dans le cinéma français? Si oui, apparemment ça vient pas vite à l'esprit.... A part peut-être, à titre partiel, Nid de Guêpes, aussi sans scénario que jouissif côté visuel/mise en scène/action. Attention, ça risque de faire "jurisprudence" auprès des producteurs et financiers français; s'il est foiré, y'en aura pas d'autre de sitôt.
  4. Tancrède

    Obéir aux ordres jusqu'au bout ?

    Il fut un temps où de telles considérations n'auraient pas été considérées comme antinomiques :P: le point est que ce n'est pas très difficile de cadencer un texte, au minimum. Et surtout, les points de légalité dans ce texte ne reposent pas sur des formulations alambiquées (il y a nombre de textes de lois qui ne ressemblent en rien à du français, qui sont au sens propre incompréhensibles parce que grammaticalement faux de bout en bout, mais c'est comme ça), juste sur un certain nombre de mots à dire. En plus, si c'est un rappel d'obligations juridiques, y'en a bien plus qui s'appliquent à l'action du soldat. C'est plus un énoncé de grands axes moraux/juridiques, donc un texte parfaitement sortable en maximes qui sonnent mieux. Mais apparemment, doit y avoir un lobby du mauvais goût, de l'impronnonçable et du "qui fait pas envie" dans l'armée française.... Les preuves? - les acronymes d'organisations, d'organismes, de projets.... Ne ressemblent à rien, sont faits pour êtres impronnonçables et mal mémorisables, ont trop de lettres (signe de dénominations mal choisies), et quand ils se foulent pour que ça ait l'air d'un mot.... IL EST NAZE! - les noms d'opérations, de missions, d'armements.... De la série des SNA aux noms de pierres pour bagouzes de vieilles monégasques aux premières explosions nucléaires ("gerboise", non mais qui a pondu cette merde! Et en plus, "gerboise" est bleue :P).... Le moins qu'il y ait à dire c'est que "à chier" et "ridicule" sont les mots d'ordre dans ces choix - les acronymes et noms de véhicules: là c'est encore pire.... Déjà que les présenter à l'export est dur, mais là ils insistent pour que personne ne les remarque dans le lot (sauf dans les publi reportage du Mindef où les matos français "attirent toujours le plus grand intérêt".... Tu parles; les mecs doivent faire des paris pour voir si les boîtes françaises ont trouvé un nom ou un acronyme encore plus pourri que le précédent) - la langue employée par les militaires pour causer au grand public, ou parler dans un débat/une commission parlementaire, ou écrire un texte: incapables de faire une phrase simple, de ne pas se perdre en circonvolutions inutiles, d'éviter un jargon technoïde qui sonne snob et ne veut pas dire grand-chose, ils ont vraiment décidé que la langue de bois militaire devait être comme celle des philosophes, à savoir dire rien du tout en beaucoup de mots pompeux et superflus, ordonnés en phrases mal construites La conclusion est simple messieurs: l'armée française a déclaré la guerre à la langue française, tant à sa justesse qu'à son esthétique! Le Code du Soldat n'était qu'un coup de semonce, une escarmouche: le conflit s'installe dans la durée, et les officiers français, une fois n'est pas coutume, sont à l'avant-garde!
  5. Double post volontaire pour mettre à part cette idée des GTIA. Un article de Benoît Bihan, dans DSI, évoquait cette revue nécessaire de l'organisation tactique pensée selon l'efficacité des unités et sous-unités. Il proposait une organisation fictive comme base de réflexion (plus facile de penser à partir d'un truc concret, aussi bon ou mauvais soit-il, que d'essayer de sortir direct la solution parfaite à partir de réflexions plus ou moins fumeuses), définissant ainsi des échelons de référence autour du GTIA qui semble l'idée qui s'impose lentement. le point est que l'histoire militaire montre grosso modo un mouvement général (avec souvent des retours en arrière en période de paix, qui rendent les premières phases de guerre très sanglantes et dures pour ceux qui l'ont le plus fait, voire parfois décisives) vers l'autonomisation croissante des niveaux opérationnels les plus bas (à l'arrivée, dans le futur, le fantassin tout seul sera t-il un système complet :lol:?), mais aussi à leur interarmisation croissante. En période de paix, c'est le mouvement inverse qui s'opère souvent, parce que les logiques en vigueur ne poussent pas à l'organisation en vue du combat, mais en vue de la réduction des coûts fréquemment habillée par des prétentions de "rationalisation". Par ailleurs, les progrès techniques (détection/portée de vue, communications, rapidité de déplacement et portées de tir pour un volume moyen donné), la taille et la variété des théâtres d'opération (cloisonnés ou vide, montagneux....) impliquent que l'autonomisation (en terme de décision comme en terme de moyens interarmes pour affronter une situation sans apport extérieur) doit être la plus grande possible au plus petit niveau possible. Parallèlement, la concentration des forces (principe éternel), qui doit rester une priorité, est aussi en contradiction avec ces données, sauf si le dit groupement s'adapte intelligemment. La concentration n'est nécessaire qu'à un moment précis et en un endroit précis, pour obtenir un effet précis; la dispersion des petits détachements autonome peut donc rester la norme, pour peu que le commandement puisse anticiper les besoins éventuels de concentration, les plannifie et les optimise au mieux. Ainsi, il définit, comme forces autonomes essentielles organiquement interarme en vue du combat tactique concret: - le GTIA, évalué entre 200 et 2500h - lui-même divisé en 4 ou 5 sous-groupements (dont une réserve): remplaçant le bataillon dans ses tâches, il lui attribue un volume de 300h maximum, et disposant de plusieurs fonctions opérationnelles - eux-mêmes divisés en 4 ou 5 détachements: environs de la taille d'une section renforcée (50-60h), mais autonomes et avec une "spécialité" dominante: contact/mêlée, reco/rens.... Cet échelon aurait la charge de ce qui échoit aujourd'hui à une compagnie
  6. Tancrède

    Obéir aux ordres jusqu'au bout ?

    Essaie de pas sous-entendre que tout soldat est avant toute chose un fusilier marin ;).
  7. Tancrède

    [Char] Leopard-2

    Surtout que le sol du bocage normand, c'est vraiment très humide et bourbeux ;) :lol:, et la visibilité est contrariée par des obstacles permanents: difficile de baser une doctrine d'attaque sur l'espérance de faire rebondir les balles selon le bon angle :lol:.
  8. Tancrède

    Obéir aux ordres jusqu'au bout ?

    Généralement, quand il y a fragilité de régime, guerre civile.... Y'a vraiment beaucoup de parties en présence très différentes et très opposées les unes aux autres qui disent toutes avoir l'immense majorité du "peuple" derrière elles :lol:. Et surtout, dans ce genre de situations, à grande échelle, le militaire du rang n'a pas à décider par lui-même de l'attitude de l'armée: y'a eu un processus en amont pour décider de cette attitude, un avis militaire pour discuter de sa faisabilité, des directives préalables dispatchées aux troupes par leurs officiers, des discutes en coursives pour se mettre d'accord.... C'est pas le troufion, seul, face à la foule en rage, qui va décider ou non de tirer, de tabasser, de juste faire barrage ou de reculer un cran.
  9. Oui, pour les classes de base, c'est l'idée: c'est l'endroit où les civils sont convertis en militaires. A titre "qualitatif", c'est d'ailleurs une coopération de cet échelon là qui devrait définir un programme physique un peu plus musclé pour les recrues "mous du genou mais bonne volonté", les "pas au niveau mais en veut salement", voire des mises à niveau scolaire pour -hélas- pas mal de monde.... Et pour l'inclusion de femmes, c'est aussi l'endroit où un programme spécifique serait pas du luxe pour arriver à un niveau global homogène du "soldat prêt à commencer sa formation réelle". Soit le moment où des programmes de mise à niveau adaptés à la diversité des profils et aux manques constatés (et de différentes durées) serait quelque chose de pertinent, vu que l'afflux de recrues ne permet pas vraiment d'avoir un grand choix.
  10. Tancrède

    Obéir aux ordres jusqu'au bout ?

    Si un jour ils pouvaient changer ce "code" terriblement mal écrit; écrire la même chose sous forme de poème, de comptine, ou au moins avec des phrases bien cadencées, faciles à retenir, facile à résumer, où chaque phrase peut être une maxime en soi et non une énumération mal écrite, pompeuse et un tantinet répétitive.... Ca coûterait juste un peu de jus de cervelle et un peu de goût, voire un appel à quelques bonnes volontés.... Pas la mer à boire. Snobisme? Les bons textes, ceux qui marquent et qui se retiennent sans qu'il soit besoin de l'ordonner, ne ressemblent pas à ça, qu'il s'agisse d'une chanson de marche, d'un article de loi ou de tout autre écrit. Et quand ça reste bien en mémoire, y'a moins de question à se poser quand au contenu face à la réalité :lol:.
  11. Grosso modo les unités de combat interarme ou spécialisée, et le sujet est précisément sur celle(s) à partir de laquelle une armée est pensée, sur laquelle l'effort le plus important est à faire. Chaque époque en a eu une ou plusieurs. C'est à opposer à la tendance actuelle qui réfléchit plus selon chaque système d'arme pris indépendemment et dont il faut maximiser la performance en fonction juste de lui-même et par rapport à ses concurrents (le char, le VCI, le canon, le missile AC longue portée, le fantassin du futur, le fusil d'assaut....) au lieu de penser que la majeure partie du résultat s'obtient par la logique interarme, la façon dont coopèrent et interagissent ces systèmes d'armes entre eux pour des effets combinés, d'où l'importance de déterminer quelle est l'organisation tactique la plus utilisée sur le terrain. Dans le premier cas (logique de plate-forme), c'est la vision de l'ingénieur qui prime tout; dans le second cas, c'est le tacticien qui impose ses vues (généralement considéré comme plus sain pour parler de guerre :lol:). L'un des problèmes flagrants de la logique de l'ingénieur (ou plutôt du fabricant, celui qui se fait des pépètes) est la course aux armements matériel par matériel, l'augmentation de chaque capacité particulière dans chaque matos coûtant une fortune et des délais de fabrication trop longs pour un besoin qui n'a pas une chance sur 1000 d'arriver. Le point de parler de "système tactique" est pour montrer que la réalité de l'efficacité militaire s'obtient par la combinaison des effets des unités et non par les matos regardés comme tels, et que le vrai "système d'arme", ça reste encore l'unité militaire. A quantité d'entraînement égal, entre un groupement blindé avec des matos moyens (mais homogènes et pensés pour être et fonctionner ensemble) et pensé et organisé pour fonctionner selon ces paramètres, et celui fait de tous les matos super pointus pensés chacun dans leur catégorie et chaque unité s'entraînant au max dans sa spécialité selon les modes d'organisation actuels.... De quel côté vaut-il mieux être? Ou est la performance marginale et où est la performance absolue? Et, en parallèle avec cette unité tactique essentielle, il faut aussi la coupler avec une grande unité (brigade/division/corps....); par exemple, au niveau terrain, la division pendant la seconde guerre mondiale était devenue juste un réservoir et un QG intermédiaire pour former des Kampfgruppe/battlegroup blindé. Eux étaient les unités vraiment "maniées" par un officier supérieur, tandis que le mouvement à plus grande échelle était décidé par le corps d'armée ou l'armée (en fait celui qui décidait le mouvement général dans un certain secteur, et disposait de réserves pour appuyer tel ou tel mouvement). Le chef de division devenait plus un intermédiaire qu'un décideur. Ce sont ces groupes là, les "systèmes" tactiques, les "effecteurs", pas les véhicules ou les types d'armement. Le vrai "système d'arme", c'est l'unité militaire qui combat de façon coordonnée en coopération étroite sous les ordres réellement directs d'un chef. Pour ces aspects particuliers, il vaudrait mieux créer des unités spécialisées: civilo-militaires et/ou psy-ops (elles sont aussi offensives que potentiellement "nation building). A moins évidemment que tu puisses trouver suffisamment de traducteurs pour en avoir un contingent raisonnable dans chaque grande unité de combat. Ce qui est sans doute un peu optimiste. Quand c'est la rareté qui règne, t'es obligé de concentrer les savoirs-faires pour qu'ils se préparent au mieux et puissent être alloués comme "ressource rare" selon l'arbitrage le plus pertinent. Ben c'est un peu le truc: s'il faut partir du principe que l'unité essentielle de l'avenir, celle dont on compte le nombre pour évaluer la force d'une armée, est le GTIA (c'est-à-dire le Kampfgruppe/battlegroup en plus autonome), il faut s'organiser en fonction de ça: - des GTIA fixes doivent être définis avec toujours les mêmes unités/sous unités qui les servent, et un mini-EM permanent et entièrement expéditionnaire - comme c'est peu économique il faut que plusieurs GTIA cohabitent dans un même endroit et partagent leurs structures d'entraînement; le bon échelon est à trouver, mais grosso modo, les actuelles brigades interarmes représentent environs 4 GTIA théoriques. Plus serait mieux, mais pour calculer à partir de ça, ça veut dire en fait qu'elles peuvent ainsi se rassembler en un nombre donné d'armes et spécialités ayant chacune un régiment administratif s'occupant de l'entraînement spécialisé/d'arme. Plus besoin de bataillons/régiments d'une même arme en plusieurs exemplaires dans une même brigade si l'usage opérationnel ne correspond en rien à ça. Chaque unité de combat individsible (compagnie d'infanterie, peloton de chars, batterie, section du génie) n'aurait ainsi qu'un régiment d'attache et un GTIA et point barre. Pour l'infanterie, plus nombreuse, l'échelon du bataillon peut rester pertinent: les 2-3 compagnies renforcées (appuis, reco....) qui sont assignées à un GTIA peuvent être un bataillon, vu qu'elles coopèrent ensemble en permanence. Ce ne sont que des exemples, les GTIA eux-mêmes devant se répartir en quelques grandes spécialités (blindés lourds/mécanisés, motorisés, aéroportés, amphibie, montagne....). - tant qu'à faire, faudrait trouver un nom à cette unité qui ne serait plus un groupementoccasionnel. Même son vrai nom, à savoir "bataillon interarme" n'est pas vraiment un nom. Donc il faut lui en assigner un. Pourquoi pas reprendre réellement le nom de brigade, apr exemple, pour cet échelon? le "brigadier", avant de disparaître de la hiérarchie (c'était celui qui n'a qu'une étoile), n'était pas réellement un général et n'était plus exactement un colonel subordonné au sein d'un régiment. Les actuelles "brigades interarmes redeviendraient des divisions, et ne seraient que des réservoirs, des unités administratives et des centres d'entraînement rationalisant et gérant l'activité métopolitaine de plusieurs GTIA, ce qui est d'ailleurs un peu le cas aujourd'hui. - en faire l'unité de référence veut dire aussi que la hiérarchie en découle: un chef de GTIA doit être un rang spécifique: décide par exemple que le colonel, ou le lieutenant-colonel est le pacha essentiel de ce truc. Ca veut dire qu'il y a un nombre donné de ces grades, en fonction de ce dimensionnement. Pareil pour les rangs supérieurs qui correspondent aux rassemblements. Ca change beaucoup la nature des grades, des profils, des carrières.... Et fore à revoir l'organisation militaire et la vision de la hiérarchie. Ca veut dire, entre autres, que le colonel doit être un décideur indépendant, apte à gérer les aspects stratégiques et politiques, les relations avec des autorités étrangères (si un déploiement se fait à l'échelon GTIA, c'est bien de ça qu'il s'agit, parce que sur un théâtre, son seul supérieur national, c'est celui qui commande le dispositif interarmée).... Et ses subordonnés, c'est qui? le capitaine doit-il encore être un officier, ou pas plutôt issu du rang (toute la hiérarchie des bas officier devenant en fait la continuité du parcours de sous-off et non le débyut du parcours d'officiers)? Vu qu'un GTIA est le machin autonome de base, ceux qui commandent ses sous-unités doivent être capables d'autonomie, de sang-froid, d'autorité et d'expérience, soit pas vraiment le profil du jeune lieutenant/capitaine frais émoulu de St Cyr ou avec juste 2/3 OPEX dans les pattes. - au-dessus, pour les grandes unités, il faut aussi déterminer quelle grande unité est pertinente aujourd'hui. Une certaine souplesse existe; elle est procurée par le panel plus ou moins grand de forces qu'un EM projetable (EMF) peut gérer. L'EMF peut donc être en lui-même cette unité, gérant de 2 à X GTIA. Pareil, faut lui trouver un nom un peu plus "fixe" :lol: et lui donner une permanence, mais aussi peut-être une spécialité dans certains cas (l'amphibie, la montagne, laéroporté, l'éventuelle guerre blindée, ont leurs exigences). Et en définitive, c'est sous leur autorité que sont placées les moyens d'appui supplémentaires nécessaires aux GTIA pour taper plus fort (MLRS, missiles....), voire plus loin (FS, unités de reco plus poussées/spécialisées/rares), bouger mieux (unités plos lourdes et spécialisées du Génie) et durer plus longtemps (moyens spécifiques ou additionnels de la log, du CAT, du Mat). A partir de ça, tu peux "compter" réellement ton armée et évaluer sa puissance, mais tu l'auras aussi, par rapport au reste, redéfinie en profondeur pour ce qui concerne l'organisation humaine. Si ce n'est fait qu'à moitié, ce seront de petits St Cyriens tous frais qui gèreront les unités essentielles (sections interarmes) correspondant à une autonomie plus grande que dans les ordres de bataille des décennies passés. pas vraiment l'idéal pour optimiser l'efficacité.
  12. En fait, c'est un sujet en partie commun sur les 3 (tournant autour de l'élément humain et la "GRH" des armées en tant que systèmes complexes), mais vu selon des angles d'approches différents: le premier, c'était selon l'angle du fonctionnement des systèmes hiérarchiques, de la répartition des tâches, des travails, des carrières, des rangs.... Le 2ème, c'est selon la qualité humaine à tous les échelons, le recrutement, les choix.... Et celui là c'est sous l'angle de la structure organisée des unités et l'efficacité proprement militaire qu'elle donne. Difficile de bien répartir nettement un sujet comme ça, mais tout regarder de façon indifférenciée fait une salade imbittable: la répartition en approches n'est pas nette et parfaite, mais c'est mieux que rien ;). Y'a toujours un arbitrage à rendre entre l'optimisation des formations pour l'entraînement et celle pour la guerre. Chaque type de troupes dans une grande unité complexe doit à la fois s'entraîner à sa spécialité propre, et s'entraîner au combat articulé et composite en grande unité; et les 2 le plus possible. La 3ème logique est celle de la gestion, qui cherchera à toujours concentrer les unités par type de troupes pour la rationalité économique. Comme toute une armée ne peut être rassemblée en un endroit sur une grande base unique avec en plus assez de place pour les exercices de tous types, il faut arbitrer.
  13. S'il est en kaki, oui: y'a des civils de la défense et des militaires derrière les bureaux de toutes les armées. En théorie, celui en kaki est censé pouvoir être encore un soldat de terrain (entraînement de base au moins). L'USMC insiste sur cet aspect, particulièrement, mais à voir la corpulence de beaucoup de responsables de bureaux locaux de l'USMC, de marines cantonnés à ces tâches.... C'est difficile de se dire que chaque Marine est un fantassin :lol:.
  14. La concurrence, l'expansionnisme chinois (en terme de sphères d'influence et d'alliances = marchés, latitude politique....), l'accroissement de sa puissance globale, donc de son "rayon d'action" politique et économique qui se confronterait, peut-être jusqu'au point de rupture, avec les intérêts américains, un raidissement idéologique quelconque d'une part et/ou de l'autre, un contexte de ressources (et donc de contrôle des lieux de production et des axes d'approvisionnement) raréfiées au point qu'il n'y a aucun partage possible (et pas de changement technologique suffisant pour compenser).... Mais plus encore, des anticipations sur tous ces phénomènes, des perceptions, des calculs, pertinents ou non, orientés ou non, idéologiques ou non; elles ont tendance à amplifier les logiques en cours, comme des prophéties autoréalisatrices. Depuis quand les grandes puissances manquent-elles de raisons/prétextes pour se friter? Y'a toujours un point où le conflit armé entre dans l'horizon des possibles, voire des probables (pas une certitude), malgré toutes les excellentes raisons de ne pas y entrer.
  15. Tancrède

    Ici on cause MBT ....

    Le problème était la précision et la portée des armes (et l'impératif de faire mal) qui contraignait les pilotes à aller au plus près, et en radada: si le Sturmovik a été l'avion militaire le plus produit de l'histoire, c'est aussi parce qu'il a eu le taux de mortalité le plus élevé. Le Stuka, poids plume, fait office de référence en matière de sûreté aérienne, à côté de lui :lol:. La seule personne, dans la guerre blindée de cette époque, qui avait une espérance de vie plus courte que le pilote de Sturmovik.... C'était son mitrailleur.
  16. Tancrède

    Ici on cause MBT ....

    En fait, à un peu plus grande distance, mais pas tant que ça, le Thunderbolt est exactement en proie aux mêmes problèmes que son prédécesseur spirituel, le Sturmovik :lol:.
  17. Vu le niveau des politiques et les raisons réelles pour lesquelles ces "coopérations" sont faites, il y a de sérieux doutes quand au dégagement de budgets pour s'approprier la technologie des composants non fabriqués nationalement.
  18. Là c'est pas du tout l'armée australienne :lol:.... Y'avait un truc sur la forme physique en cours dans la catégorie "US Army". Donc après les programmes d'exercices malsains et les abus du fitness et des dopans musculaires dans l'Army, ils s'en prennent à la bouffe? Mais que vont avoir d'intéressant les drugstores projetables de l'US Army si la Darpa leur enlèvent leur junk food, et que restera t-il aux MREs si elle leur enlève les Hershey bars :lol:?
  19. 3ème et dernier volet de ma trilogie de sujets semi-nébuleux, toujours dans la catégorie "Histoire" étant donné qu'il est plus commode de comparer avec le plus de documentation possible, et que seul le regard sur les systèmes passés est suffisamment clair pour essayer d'envisager un autre regard sur le fonctionnement des armées actuelles et les différences entre elles. Un premier sujet évoquait les modes d'organisation humaines internes aux armées, la répartition des rôles et fonctionnement, le 2ème s'attache à la qualité humaine, des troupes comme des officiers, et voici le 3ème qui évoque plus directement l'efficacité d'une organisation au niveau tactique. L'efficacité et la pertinence d'une organisation militaire se mesure principalement à son époque et à ses adversaires potentiels, et l'époque actuelle est intéressante en ce que, à la fois par une plus grande connaissance de l'ensemble du spectre des adversaires possibles et par une priorité avouée à l'action lointaine, les armées ont rarement eu à être aussi adaptables à un panel varié de menaces protéiformes et d'adversaires donnés. Tout en devant garder une aptitude à la "grande guerre" ordonnée et symétrique contre un adversaire étatique organisé et avancé (et réfléchir aux formes que prendra cette guerre à l'avenir, pas répéter une 2ème GM 2.0), les armées doivent aussi se préparer, s'organiser et s'équiper contre des menaces non-étatiques différentes, pouvant opérer dans tous types de milieux, loin de structures organisées, sur des théâtres d'opération politiquement et stratégiquement complexes et ayant rarement 2 camps bien nets aux prises l'un avec l'autre. Par ailleurs, l'avantage technologique encore pour un temps net des pays avancés ne doit pas cacher non plus ses faiblesses, à savoir que l'adversaire, même low tech, a les moyens de s'informer dessus et réagit plus vite en s'adaptant au moindre coût, voire en infiltrant en partie le dispositif (cas des grandes organisations criminelles à volet paramilitaire, ainsi que de mouvements de guérillas). Mais d'autres Etats avancés réfléchissent aussi au moyen d'organiser à grande échelle cette défensive "low tech" (techno-guérilla....). Au regard de cette menace multiple, les armées avancées peinent à sortir d'un modèle issu des guerres mondiales et de la guerre froide, et perpétuent les mêmes structures et pensées fondamentales qu'elles adaptent à la marge, mettant l'essentiel de leurs efforts dans la course en avant au "plus disant" (pas le mieux disant) technologique, souvent plus en pensant chaque matériel pour lui-même, qui devient sa propre catégorie. C'est, entre autre, la logique de plate-forme. A cet égard, les armées européennes seront, plus vite que l'armée américaine, confrontée à la réalité d'un "seuil d'inefficacité" en raison de moyens plus limités, et devront soit réapprendre à penser plus fondamentalement, soit définitivement s'en remettre au cousin d'outre-atlantique. C'est là que vient le terme de "système tactique", expression nébuleuse, sans doute pompeuse et volontairement vague. Le point est qu'à tout moment, à toute époque, il y a des unités et des échelles de référence à partir desquelles tout est pensé; ça a pu être le régiment, le bataillon, la légion, la division.... En dessous de cet écchelon et à côté de cette/ces spécialités, c'est une subdivision à capacité partielle, au-dessus, c'est un groupement de plusieurs auquel sont ajoutées des capacités complémentaires pour optimiser SON effet. Plus exactement, c'est plus souvent un couple entre une unité élémentaire et une grande unité: légion/cohorte, division/battlegroup, brigade/compagnie (guerre de trente ans), corps/bataillons-escadrons (Napoléon).... Le point est de mettre en avant que la plus grande efficacité tactique n'est pas obtenue par un matériel pris séparément, ou un type d'unité en soi, mais par le système complexe qui crée une synergie donnée. Et c'est cette synergie qui est la vraie efficacité militaire, MEME SI CHAQUE MATERIEL OU UNITE PRIS SEPAREMENT EST INFERIEUR A CEUX DE L'ADVERSAIRE. Si la synergie est meilleure, c'est elle qui l'emporte de loin. D'où la question: à l'appui de l'histoire récente et lointaine, quel pourrait être "l'effecteur" tactique, et l'association/l'échelon de référence des armées actuelles? Les armées actuelles sont-elles assez pensées en ces termes ou ne reposent-elles pas totalement sur la vision à partir de la qualité de chaque matériel, un peu comme si le chef d'orchestre perdait son autorité au profit de chaque musicien, et de chaque luthier qui fabrique leurs instruements? C'est une question fondamentale, parce que c'est à partir de cette unité/couple d'unité primaire du "terrain", du niveau opérationnel, que tout le reste est pensé: organisation tactique à grande échelle, choix, quantité et dimensionnements des matériels (surtout les plus grands pour la projection, de nos jours), entraînement principal des hommes (les autres entraînements et formations étant complémentaires, additionnels, moins prioritaires), mais aussi choix de financement, échelon diplomatique de référence ("combien de divisions?"), et même plus fondamentalement le fonctionnement concret de l'organisation humaine hiérarchique qu'est l'armée et la façon dont elle fonctionne comme micro-société et au sein de la société (voir la répartition officiers/sous-officiers, les carrières, la GRH, le statut militaire....). Un exemple parmi d'autres: l'escadron blindé est toujours le même depuis plus de 70 piges. Est-il encore seulement pertinent, tout comme la concepton du char comme cavalerie? S'ajoute à cette réflexion un fondamental de toute époque: en période de paix, la tendance est à la concentration des unités de même type en paquets-réservoirs, et la rationalisation budgétaire pousse toujours plus à cette concentration au point que les unités et grandes unités de temps de paix ne sont absolument plus des formations de combat et ne s'entraînent pas, ou pas assez souvent, comme telle, au point de ne pas avoir de vraies unités de combat organiques au-dessus de petits échelons comme la section ou la compagnie (ou leurs équivalents à travers l'histoire). L'histoire militaire est souvent faite de cette absurdité qui nie le "train as you fight": historiquement, le régiment est né d'une conception pratique pour coordonner des compagnies trop petites et variées en taille pour être un échelon de command and control suffisant pour organiser une bataille. Seulement, le temps de paix voit la concentration des régiments et tercios qui atteignent une taille telle qu'ils sont impropres au combat, ce qui conduit à l'émergence du bataillon, plus petit et "maniable". Seulement, le régiment n'est plus une formation de combat: trop grande pour être un échelon tactique utile, il est aussi trop petit et spécialisé pour former une unité médiane autonome dans une subdivision d'un ordre de bataille. Alors apparaîtra la brigade, pendant la guerre de trente ans (suédoise et hollandaise), qui ne survivra pas en tant qu'unité organique permanente, restant un groupement de circonstance. Viendra ensuite la division, pensée cette fois de 2 façons; en autonomie sur le champ de bataille (groupement de forces de même type) et en autonomie à l'échelle du théâtre (groupement composite pouvant se mouvoir de façon autonome). Napoléon l'aggrandira pour en faire le corps, ramenant la division proprement dite à un groupement d'unités spécialitées. Mais ent emps de paix, beaucoup de ces organismes subsistent et sédimentent l'organisation et la hiérarchie. La Première GM voit un retour aux réalités, mais douloureux et qui prend du temps: la brigade s'efface vite, la division change radicalement, le régiment n'est plus qu'administratif, le corps s'affirme, l'armée s'efface, le groupe d'armée se développe.... Et peu d'armées dans l'Histoire ont essayé de penser à l'avance quels échelons de référence et quelles structures étaient celles qui devaient être privilégiées et autour desquelles tout devait tourner, en temps de paix comme en temps de guerre. Les Allemands ont travaillé une bonne organisation tactique de la division avant 1939, avec le kampfgruppe. Mais ce sont les soviétiques qui ont pensé la bonne grande unité pour concrétiser leur vision de l'art opérationnel.
  20. Di Rupo a t-il la carrure, la popularité et/ou les couilles pour faire ce coup là (ni plus ni moins qu'un ultimatum)? S'il réussit à l'affirmer fort en réunissant même un semblant de consensus des non-flamands, il incarnera à peu près tout ce qui n'est pas autonomiste/indépendantiste flamand.
  21. Pour la note, le post kilométrique paumé en début de soirée a été retapé =(.... Voir plus haut.
  22. Mon point justement est que ça n'est pas qu'une réforme cantonnée au Mindef, mais un changement à mener au niveau national et dont la nécessité ne se fait réellement pas sentir seulement dans le domaine de la défense: changements de modes de vie pour raisons économiques, de santé, écologiques, sociétales, psychologiques.... Le "modèle" de consommation n'y incite pas, mais pourtant les besoins sont là, et massifs, les coûts de "fontionnement" du système actuel de consommation-production sont trop élevés et insoutenables dans la durée (encore plus à l'échelle de la planète), surtout pour le bénéfice reçu (alors que procéder autrement est, de manière de plus en plus évidente, de bien meilleur rendement, permettant aux individus d'optimiser leur niveau et qualité de vie pour moins cher). Mais le changement, même en termes d'optimisation un peu poussée de l'existant, est beaucoup plus dur que laisser aller le statu quo jusqu'à l'effondrement brutal, voire la crise et le clash. Un copain a conduit une étude dans certains secteurs économiques (le privé étant réputé "plus efficace" par ordonnance presque divine) et les résultats sont atterrants pour souligner cette évidence de réticence absolue au changement, y compris dans des milieux très concurrentiels (les "recettes" d'adaptation/réforme donnant souvent de mauvais résultats parce qu'elles sont elles-mêmes souvent des habitudes). Tant en terme d'efficacité quotidienne que de résultats économiques, c'était lamentable, et l'enfermement dans une logique donnée, très confortable pour les gens installés (à tout niveau hiérarchique, mais évidemment, au sommet, ça a plus de conséquences) est souvent plus coûteuse, mais est vantée comme meilleure et à l'occasion présentée comme une "nouvelle approche" (alors qu'il y a juste eu remaquillage). Revoir la com D'abord et avant tout, il faut éviter de limiter la com à ses aspects slogans-affiches-spots TV parce qu'il s'agit sans doute du volant le plus superficiel, le plus cher en lui-même et le moins cost-effective d'une vraie communication. - les spots, pubs, affiches.... Coûtent cher en achat d'espace, touchent peu de monde, ont peu d'impact et sont réellement peu convaincants et peu efficaces, surtout pour convaincre de faire une carrière (pas acheter un produit), et en plus parce que tels qu'ils sont faits depuis un bail, ils sont MAUVAIS, ridicules, et en fait comme toute la communication et "information" du Mindef, sont nuls à chier, illisibles, bon enfants et conçus par un client qui a une attitude très condescendante vis-à-vis d'un citoyen qu'il faut nettement plus concaincre qu'à des époques plus cocardières, voire à des époques où l'éducation était balbutiante. La bien-pensance paternaliste présentant un monde gentillet où le soldat est un héros qui ramène la super nana et a un super matos façon forces spéciales, disons que les gens que ça va vraiment convaincre ne devraient pas avoir leur place à l'armée :P. - de même, pas la peine de penser à investir dans des séries et films: c'est pas les USA, et ça va pas vraiment créer beaucoup de vocations, en tout cas pas ds solides, même si l'intérêt créé en terme de place dans l'imaginaire collectif n'est pas à négliger. Cependant ce n'est pas assez motivant en soi, et en revanche, ça coûte TRES cher, et a toutes les chances, comme les spots de pub actuels, d'être faits sur un ton lamentable et béni oui-oui qui ne convaincra personne, à moins de compenser par d'autres aspects qui, comme aux USA, sont généralement les trucs visuels hors de prixDisons que de bonnes fictions audiovisuelles à thème militaire sont plutôt la conséquence d'une communication militaire bien faite et en profondeur, soit le résultat à long terme (et pas financé par l'armée) d'une vraie politique qui vise à réinsérer l'armée dans la société. - un site internet du Mindef qui soit lisible et pas niais serait un plus :lol: - le contenu de l'éducation est l'un des grands axes d'une vraie politique de communication, utilisant les moyens de l'Etat, pas ceux des entreprises privées vendant savonnettes et consoles de jeux. La réhabilitation de l'histoire militaire en particulier et de l'histoire événementielle en général (existant dans beaucoup de pays et attendue même dans l'éducation nationale où beaucoup de profs se fâchent des abus de l'histoire façon école des annales, qui est illisible) est une des bases, au même titre qu'un changement de vision du sport dans l'éducation, et plsu encore, surtut à partir du lycée, d'un intéressement plus grand au fonctionnement du monde contemporain, incluant une vraie vision des aspects géopolitique et de l'implication du pays dans ces enjeux réels. Certains profs ont suggéré qu'une vraie Education civique ait lieu au collège, et qu'elle soit remplacée totalement et partiellement par cet apprentissage initiatique à une lecture du monde au lycée. C'est pas la mer à boire: honnêtement, j'ai récemment eu à expliquer à un petit groupe d'ados de 17 ans à quoi sert une armée, pourquoi une intervention est justifiée, ou alors pourquoi ça peut au moins être débattu. C'étaient pas des génies, mais ils ont chopé ça en un quart d'heure, et ça a évité de les voir se diviser entre le clan des "rien à foutre", celui des "bouh c'est du méchant impérialisme qui va piquer le pétrole des crèves la faim pour les bourgeois" et celui des "faut taper dessus". Comme la communication du Mindef, si c'était bien expliqué (et pour ce point particulier, y'a pas besoin de plus que l'équivalent de 5-6 slides), y'aurait pas besoin de tartiner des niaiseries sur l'action humanitaire qui sent plus l'excuse qu'autre chose. De ùmême dans l'éducation supérieure, une meilleure intégration et un meilleur financement des cursus stratégiques, un peu plus de débouchés pour des organes de réflexion, ça bouleverse pas la loi des grands nombre, c'est pas très cher et ça peut beaucoup (les think tanks de ce domaine peuvent trouver facilement des sources de revenus pour peu que l'Etat soutienne un effort et le bon) - que les politiques soient astreints à en parler régulièrement, ne serait-ce que pour réinsérer ce débat et ne pas le reléguer, en partie volontairement en partie par atavisme, au second plan. C'est un budget de 40 milliards, c'est la sécurité du commerce extérieur, ce sont les risques de la planète, c'est la question de l'indépendance nationale/du poids que le vote peut jouer sur le destin du pays (et les questions européennes).... Une obligation d'un débat public d'une heure par semaine (ou une semaine sur deux) en prime time sur une chaîne de grande audience, assortie d'une obligation d'un documentaire/étude précédant le débat, plutôt qu'un vague truc de publi-reportages sur la chaîne parlementaire ne serait pas du ressort de l'effort insoutenable ou de la dépense astronomique. - une réforme qui marcherait avec celle de l'éducation, passant par une semi-militarisation, à divers degré, d'une portion significative d'établissements, surtout des internats. Le but n'est pas de faire des marcheurs au pas de l'oie depuis la plus tendre enfance, mais de réinsérer l'armée dans la société et de remettre la société au fait de l'armée. Loin de faire des trucs de réinsertion pour délinquants émargeant sur le budget du Mindef, expériences toujours anecdotiques et rarement efficaces, il s'agirait avant tout de profiter de l'expérience d'encadrement et d'offri d'autres rythmes que ceux imposés par le mode de vie surtout urbain (raison pour laquelle les internats sont plus indiqués). Surtout à destination des enfants de milieux défavorisés, pour compenser un encadrement parental défaillant (une cause statistiquement significative de l'échec, surtout dans les quartiers difficiles). Le but au global n'est pas de vouloir militariser la société, mais d'obtenir un effet significatif sur la perception du monde et du pays dans une part plus grande de la population, avec pour effet et effort corollaire de mettre l'armée au coeur de cette perception revalorisée. Sur le fonds des ressources disponibles, ça n'a rien de titanesque (sauf les efforts à faire pour l'EN qui sont de toute façon importants) et il s'agit plus de volonté politique que de nouvelles dépenses. Le résultat visé est d'influer sur la loi des grands nombres et de replacer l'armée dans l'optique d'une grande portion de la société et comme horizon possible. Mais évidemment ça fonctionne pas tout seul: Pas obligatoirement: point n'est besoin d'embrigader, juste d'accroître le vivier potentiel de recrutement. Aujourd'hui, t'as que 3 types d'engagés: - ceux qui n'ont aucune autre possibilités - ceux qui se font des illusions, ont une vocation faiblarde (juste l'envie de faire "différent", ou "parce qeu c'est cool le kaki et les armes") ou ne savent pas vraiment quoi foutre - ceux qui ont la vocation durable Ces 3 catégories ne sont pas égales en nombre et se divisent en 2 ensembles, ceux qui ont grosso merdo le niveau et ceux qui l'ont pas mais serons pris quand même. Pire encore, tout est fait pour ne pas garder les soldats.... Alors se barrer est une option qui se pratique à la première occasion, mais devinez quoi les gros malins des RH: les meilleurs/plus malins se cassent souvent les premiers, à moins de VRAIMENT ne vouloir rien d'autre qu'être militaire (pas vraiment un cas général). Cependant, élargir le nombre de vocations fermes, surtout dans toutes les couches de la société, passe par la création d'un environnement favorable à son émergence. Les mesures proposées plus haut concourent d'une telle action, mais il y en a d'autres. Un service national civique avec un contingent militaire pour chaque classe d'âge est une idée qui trotte dans le discours de politiciens de tous horizons (certains pourraient même avoir les couilles de réellement le faire un jour). C'es propre à se servir de recrues intelligentes dans certaines spécialités, à créer quelques vocations, mais en tout cas à normaliser l'armée dans la perception du citoyen moyen, en faire une part légitime et nécessaire. Ironie supplémentaire: rend l'option militaire de ce service national plus courte 1 an ou 16 mois au lieu de 2 ans) et tu attireras beaucoup de petits malins (assez pour sélectionner). De toute façon, rien ne changera sans de toute façon quelque chose qui ait de l'ampleur et qui n'est pas forcément une dépense majeure, mais, sans doute plus difficile, une réorganisation des dépenses actuelles. Parce que de toute façon, il est possible de faire remonter la conscience citoyenne et la perception de l'engagement militaire comme une chose légitime, intéressante et importante, mais pas de recréer le nationalisme du XIXème siècle, moment assez unique et extrême dans l'Histoire. Alors il faut refaire de la carrière militaire un statut social et une perspective d'avenir pour répondre. Le comparatif avec la réforme de Louvois est à cet égard confondant d'évidences et de l'ampleur de vue du ministre, et encore plus si tu compares la chose avec l'armée avant Louvois, mais plus encore avec l'armée un siècle après Louvois. - avant Louvois, le soldat, c'est le rebus, recruté dans les bas-fond de la société, souvent en partie de force: c'est généralement pas une personne sympathique ou admirable, il est en mauvaise santé, c'est assez fréquemment une ordure, par nature ou parce que le fonctionnement du système l'y amène, il pille toutes les régions traversées indifféremment (y compris celles de son pays), c'est souvent un criminel, jamais un "actif" avant d'être soldat.... Et sa perception dans la société est aussi dégueulasse: c'est un tapeur qui, même quand il ne pille pas, loge chez l'habitant par obligation légale et s'y comporte mal. Il est rejeté et se moque de tout le monde - Louvois invente en fait le "prestige de l'uniforme": avant lui, y'avait pas d'uniforme, et même s'il y en avait eu un, il n'aurait eu aucun prestige. Avec lui, sur le simple constat que pour avoir une bonne armée, avant toute autre chose, il faut avoir de bons hommes et une nation qui la soutien, ou au moins ne la méprise pas, tout est changé (sans doute l'une des révolutions militaires les plus capitales et pourtant méconnues). Que fait-il? il fait du militaire un statut et une carrière intégrée à la vie de la nation. Il invente réellement la solde et l'idée qu'elle doit être régulière et calculée sur le coût réel de la vie, et de même que le fourniment militaire est à la charge de l'Etat (et en partie du soldat pour l'uniforme, mais cet entretien des effets passe par un système d'Etat qui en minimise le coût): après lui, c'est le non versement de la solde qui devient l'exception, et non la règle (chose imposée malgré la réticence des unités encore privées). Il invente le casernement et les pensions et séjours d'invalidité et de retraite, il invente surtout un système de carrière permanente qui permet de donner de la visibilité aux bons éléments à tous les échelons, jusqu'au simple soldat qui peut faire une carrière en tant que tel. Ce système devient en outre un moteur d'ascension sociale, aussi à tous les niveaux: le nombre d'anoblissements militaires sous Louis XIV, déjà jamais vu dans l'Histoire, n'est que la partie émergée de l'iceberg et cache en plus grand nombre des réussites et ascensions en deça des critères et grades d'anoblissement (chez les sous-offs et bas officiers notamment). Enfin le grand effort de Louis XIV et Louvois est de bannir totalement toutes les causes et comportements qui faisaient du militaire un criminel et un pillard dans ses propres frontières (souvent sur ordre même de ses officiers, de l'aveu de Turenne qui disait "c'est comme ça, c'est la guerre"). Bref, avec Louvois, le militaire, en quelques années, est passé du statut de criminel protégé par la loi à celui de "bon gars à marier"; celui qui offre une carrière, qui a des perspectives (c'est loin d'être toujours la panacée, mais par rapport aux critères de l'époque, un peu quand même), qui a un niveau social, mais surtout, qui a un statut et une image qui le valorisent. C'est le défenseur du pays, et non un prédateur violent et de mauvaise vie. Résultat? Ca ATTIRE! Et le vivier de recrutement cesse d'être constitué par les 10-20% du bas de la société (criminels, sans emplois, poitrines creuses, débiles....) pour s'étendre à toute la société. Autre résultat? L'efficacité: à effectifs et armement équivalent, les unités que composent les troupes issues de ce recrutement peuvent faire et retenir plus de trucs, elles les font nettement mieux, une heure d'entraînement est 10 fois plus efficace, ils tiennent mieux sous le feu, ils désertent nettement moins en général, ils ont plus d'allant et de motivation. - un siècle plus tard, dans les années 1780 l'évolution a été comparable à celle en occident depuis les dates (variables selon les pays) d'abandon de la conscription et de fin de la menace soviétique. A effectif égal, l'armée coûte plus cher, elle est plus professionnelle, l'entraînement plus systématique et quantitativement important, le matériel coûte nettement plus cher et il est plus abondant, les carrières longues sont nombreuses..... Et pourtant elle est moins efficace, et de loin: des principes (non de tous les changements point par point) de Louvois, il ne reste que l'interdiction du pillage du sol national, les hôtels d'invalides dont certains ont même été supprimés, et l'uniforme. Le reste des principes qui faisaient le succès du recrutement, il n'est rien resté: soldes jamais réellement revalorisées au fil du siècle écoulé, versement plus aléatoire, suppression discrète des services collectifs qui optimisaient la gestion des dépenses courantes (au nom nul doute d'une économie ponctuelle), délestages sans pension et sans regard pour la carrière par dissolution de régiments sans réengagements, réductions des "secondes carrières" dans les morte payes (garnisons de places), et plus encore, disparition de l'ascension sociale, surtout complètement bloquée au niveau du corps des officiers à partir des années 1770 (réformes St germain) mais déjà bien entravées depuis des décennies au profit d'un retour du système nobiliaire (accès réservés, places à vendre, népotisme obligatoire, mais aussi, aux plus bas échelons, choix des postes par les officiers nobles, même pour les vétérans et sous-offs, par logique clientéliste). Résultat: une armée technique où le soldat est méprisé, ce qui se retrouve beaucoup dans l'armée britannique ou l'armée prussienne au même moment, où ces défauts sont compensés, du moins les officiers le pensent, par un traitement et une discipline exclusivement punitives, une "GRH" pensée juste au niveau comptable, et un surcroît d'intendance (de cette époque datait la sacralisation de la ration quotidienne d'alcool, par exemple) pour jouer la carotte du bâton surabondant. Ces armées d'ancien régime sont devenues lourdes et lentes, peu manoeuvrantes (aggravé par les problèmes d'organisation qu persistent notamment par effet de la sédimentation du corps des officiers), peu efficaces, limitées dans leurs options tactiques, et de faible portée et vitesse au niveau stratégique (voir l'armée prussienne en 1792, et l'armée anglaise jusqu'au bout des guerres napoléoniennes). Dans la société, la perte de statut et d'image est bien réelle, récupérant non l'image de bande de criminels, mais celle de glandus et traîne-savates. Au point même que, en accord avec l'idée en vogue d'une stabilisation de l'Europe, de longs débats courent dans les années 1780 sur la nécessité même d'une armée: Louis XVI était d'ailleurs partisan d'une toute petite armée (en plus des garnisons) prête à encadrer les milices locales pour le cas -improbable- où les frontières seraient menacées, et d'une forte marine pouvant porter une espèce de grand corps d'infanterie de marine, soit une armée expéditionnaire additionnelle, faite pour l'outre mer ou intervenant en défense si le spectre d'une grande guerre revenait. Quoiqu'il arrive, une armée est avant toute autre chose un "système social" et civilisationnel: il est possible de déduire l'essentiel de ce qu'est une société à un instant T en regardant son armée, sa place, son fonctionnement.... Aucun changement ne viendra dans l'armée française ou les armées occidentales, européennes en particulier, sans changement social/sociétal/politique: sans ce changement, les armées continueront sur leurs logiques actuelles, devenant toujours plus inefficace globalement, s'enferrant dans la seule progression technologique de plus en plus marginale et coûteuse, jusqu'à atteindre le seuil d'inutilité. De l'entropie des systèmes.
  23. C'est dégueulasse que de telles boîtes puissent négocier des subventions par ce genre de chantage: les Etats devraient pouvoir opérer des rétorsions, comme dans ce cas ci une interdiction pour RyanAir d'utiliser l'espace aérien français (c'est un bien de négociation comme un autre après tout, s'il faut entrer dans cette logique :lol:)..... Oui, je sais, ça marche pas comme ça..... Mais le PDG de RyanAir est un tel connard :P.
  24. Remontée de topic pour ce sujet apparemment peu accrocheur et qui mériterait pourtant de s'y attarder. Les troupes et encadrements des pays occidentaux sont-elles aujourd'hui de "bonnes" troupes? La question n'est pas d'insulter les soldats en place qui risquent effectivement leur vie en OPEX, mais bien d'essayer de juger globalement de l'efficacité obtenue. Pour cela il faut noter: - que l'efficacité dépend évidemment de la qualité humaine "moyenne" (pas les individus pris un par un) - qu'elle dépend aussi du niveau d'entraînement en quantité (du matos aussi, mais c'est pas le sujet et cet aspect est quand même largement traité sur ce site :lol:) - et qu'elle dépend enfin du cadre d'emploi: de la façon dont le dispositif militaire est pensé, de l'organisation en unités pertinentes, de la collaboration entre armes, spécialités.... Choses qui dépendent de l'encadrement fixe des armées (planification doctrine, organisation.... Donc quand même beaucoup ceux qui s'en occupent) et de l'encadrement opérationnel (qualité des officiers et sous-offs, et organisation/répartition de leurs rôles). Côté qualité du recrutement, faut quand même noter quelques trucs en occident: - la baisse dramatique de l'importance accordée au domaine de la défense, voire l'influence de l'antimilitarisme (moins les radicaux qu'une atmosphère générale de condescendance/mépris/opposition au militaire et à l'idée même d'armée, voire à la nécessité d'une action militaire) a impacté gravement la perception par la population de ce domaine. Evidemment, l'absence de menace immédiatement et facilement perceptible comme au travers de toute l'Histoire de France n'aide pas. Le déclassement des élites militaires, la fermeture de ce milieu (notamment pour des carrières ultérieures).... Est une amplification de cette logique pour le "haut niveau". - la baisse de la conscience nationale et du patriotisme est ue réalité désormais structurante: le collectif national n'occupe plus la même importance dans la vie de chacun (et encore moins dans cet aspect particulier). Même aux USA, où cette baisse est un peu moindre, il faut distinguer entre les "patriotes" pour qui le patriotisme ne va pas plus loin que parler, gueuler, critiquer les autres et afficher un petit drapeau sur la porte, et ceux qui sont capables de s'engager. Et là ça vole pas non plus très haut - le mode de vie moderne, la consommation, l'urbanisme, le niveau de confort moyen, l'individualisme (certains analystes parlent même d'une mentalité hédoniste en occident, ce qui est peut-être un peu tiré par les cheveux pour la majorité de la population) ont fait baisser autant le niveau de forme physique que la "résistance naturelle" (proportions d'allergiques....) et surtout la capacité à envisager comme possible un mode de vie militaire qui, même s'il a progressé, implique des réalités très brutales que l'habitant moyen a moins de probabilités de vouloir accepter - enfin toutes ces logiques sont poussées au maximum pour le tiers/quart supérieur de la population, celui qui a le potentiel de faire une grande carrière dans l'armée: cela veut dire l'élite socio-économique (et intellectuelle), mais aussi une bonne part des hauts potentiels de tous types (physique et/ou intellectuel) et de tout niveau social, pour des carrières longues de tous niveaux (il y a divers niveaux/types d'élites nécessaires pour une bonne armée: pas que les généraux) Les facteurs se combinent pour expliquer la baisse en général et type par type des vocations en nombre et en qualité. La gestion des armées n'arrange rien en outre. Le soldat est considéré comme de la main-d'oeuvre semi-qualifiée, et même l'officier général a tendance à être vu par le décideur comme un consultant très spécialisé pour ainsi dire marginal. Ce qui veut dire qu'outre les manques dans le recrutement, le maintien dans l'institution est lui aussi un grave problème à tous les échelons. le comparatif avec la 2ème moitié du XVIIIème siècle est pertinent à cet égard: à côté de l'activité intellectuelle intense qui repense en grand les armées, leur organisation, leurs tactiques et leurs matériels, on constate la régression des armées en terme d'efficacité. Encroûtage des officiers et fermeture toujours plus grande de leur sélection, entraînements inadaptés alors même que les troupes n'ont jamais été aussi permanentes et professionalisées (en termes de durées de carrière), organisation inadaptée (proportions d'unités selon les types, taille des unités élémentaires, calibrage des grandes unités), coût exorbitant du matériel, de l'entretien.... Et à côté de ça, capacités manoeuvrières réduites, exigence logistique pachydermique, discipline inhumaine (rendue nécessaire par la médiocrité du recrutement), endurance faible, mobilité stratégique faiblarde (voir l'armée prussienne et l'armée anglaise comme caricatures de cette tendance). A cet égard, il ne sera jamais assez possible de souligner le caractère exceptionnel dans l'Histoire de la période allant du milieudu XIXème à la fin de la Guerre Froide, où la conscription universelle généralisée a shunté ces logiques de recrutement. L'obligation pour tout homme majeur de servir, en plus dans une atmosphère de patriotisme assez généralisée, a induit que le processus de sélection se faisait au sein de l'institution militaire même et auprès de toute une population C'était encore plus "idéal" en temps de mobilisation générale car c'était là pour ainsi dire toute la population mâle en âge de combattre qui était samplée pour choisir les bons sujets pour les troupes de combat.
  25. C'est aussi, quand même, une question de niveau, quoiqu'il ne faille pas penser que parce qu'une force est plus exigeante dans sa sélection, plus dense dans son entraînement.... Les autres sont pour autant mauvaises. - les opérateurs GIPN et RAID viennent du même vivier de recrutement et passe la même épreuve commune. Le RAID choisit en premier ceux qu'il veut parmi les aptes. - les tests police sont généralement moins poussés et longs que ceux de l'armée, les procédés moins rôdés, quoiqu'évidemment la situation ait évolué avec les décennies d'existence, et l'un des effets des guerres de bouton est que chaque organisation essaie sans cesse d'accroître son champ de compétences pour rogner des missions et des budgets - les GIPN et RAID représentent à eux deux moins des 2/3 des effectifs du GIGN - les GIPN ont des rôles régionaux, pour un panel de mission nettement plus limité - comme toutes les unités "centrales", le RAID et le GIGN bénéficient d'une concentration nettement plus grandes de moyens et formation. Existant en unités plus vastes en un seul endroit, ils ont plus d'installations propres et y accèdent plus souvent. Etant des unités de "dernier recours", ils sont, comme une réserve, tenus à un niveau d'entraînement permanent plus élevé pour un panel plus vaste et moins déterminé de missions (plus adaptables en somme). Entre les 2, le GIGN (plus de 400 personnes pour jusqu'à 200 personnes déployables et "facilités" avec le monde militaire, notamment le 13ème RDP) bénéficie nettement plus de ces aspects que le RAID (170 personnes pour environs 45 opérateurs dispos). L'aura internationale du GIGN, par ailleurs, ainsi que son accès longtemps plus grand au "politique", lui a donné des structures plus vastes et des moyens liés au fait de devoir "faire école". - le GIGN a des compétences strictement militaires que n'ont pas les autres, ou en tout cas pas au même degré (ils les cultivent et les travaillent plus parce qu'ils ont plus de chances d'avoir à les pratiquer): intervention en milieu maritime, modes d'insertion, action à l'étranger.... En outre, il y a des différences majeures entre le GIGN, qui est une force plus "intégrée/autonome" que les RAID et GIPN qui sont de purs groupes d'intervention. Le GIGN a ses propres moyens d'observation en unités dédiées. D'ailleurs à cet égard, une question anodine: des unités si vouées à un milieu généralement urbain et en France ne devraient-elles pas chercher à varier les profils pour cette fonction observation/recherche? Des mecs pétants de santé, avec une coupe généralement relativement stricte, une posture plutôt droite (pas des robots ou des caricatures de soldat, mais un peu quand même) et âgés de 20 à 35-40 ans ne constituent-ils pas quelque chose d'un peu trop homogène pour se fondre dans un paysage?
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