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Tancrède

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Tout ce qui a été posté par Tancrède

  1. Le point est aussi que pour mener ce genre de guerre, ou plutôt cette "activité" en général, la distinction traditionnelle de marine/gendarmerie/police/douanes en tant qu'organismes distincts opérant des collaborations plus ou moins ponctuelles n'a plus la même pertinence qu'avant, ne serait-ce qu'au regard du volume d'activité à traiter et de la nature profondément transfrontalière de la chose. Qu'au final la Royale proprement dite soit tronçonnée en tant qu'organisme opérationnel pour ne plus disposer en propre que de la flotte dite "de haute mer" ne serait pas si choquant, afin de créer une structure complètement intégrée utilisant les ressources des services concernés quasiment à demeure. Entre autres choses, ce service serait un lobby propre pour défendre auprès du décideur budgétaire l'importance de la mission et la nécessité des matériels qui lui sont alloués, plutôt que de voir ces services subir séparément les coupes budgétaires prioritaires des ministères dont ils dépendent. Il s'agit d'une vraie activité globale et qui n'a que peu de traduction dans les faits en tant que structure, et se voit assigné le reliquat des douanes, de la Marine, de l'Intérieur, de l'Outre-Mer (un peu).... Alors qu'il devrait s'agir quasiment d'une entité particulière interagissant aussi bien avec la Défense qu'avec l'Intérieur, mais aussi avec le Quai d'Orsay et la Justice. Pour ce genre de mission, il faut plus qu'un organisme interministériel assurant des liaisons ponctuelles, mais bien une approche particulière, et plus encore les moyens de défendre sa position et ses moyens face aux autres bouffeurs de budget ;).
  2. Et ouais, une opinion aussi stupide que penser que toute guerre a systématiquement une fin nette et absolument définitive avec un traité de paix en bonne et due forme et respecté pour les siècles des siècles :P :lol:. Mais vu que l'ensemble de la sphère criminelle a bien mieux abordé la mondialisation qu'aucune autre forme d'organisation, faudrait peut-être enfin songer à se mettre au diapason. Ca fait près de 20 ans que paraissent régulièrement des études et analyses sur ce phénomène qui a beaucoup changé dans sa nature, mais encore plus dans les dimensions et l'impact de ses activités. Et attendre de traiter ça en national, que ce soit par l'action sociale (santé publique....), civique, politique ou policière, là c'est vraiment vouloir s'y prendre goutte d'eau par goutte d'eau et essayer de vider l'océan avec une cuillère. Faut porter le conflit là d'où il vient et par où il passe, bien avant de traiter ses dégâts en aval. Et pour ça il faut, entre autre chose, un outil.
  3. Et ces 7t, résultat pourtant énorme (par rapport aux prises annuelles d'il y a 10-15 ans, c'est impressionnant), est une micro-goutte dans un océan (c'est le cas de le dire) en mouvement constant, et qui finance des entités qui ne cessent de grandir. Certaines ont déjà atteint des tailles critiques.
  4. Son rôle premier est de parer aux menaces réelles, qui doivent être correctement identifiées et traitées de façon adéquate. J'ai pas besoin d'une leçon sur le rôle dissuasif d'une marine et de l'action "qui ne se voit pas", merci; mais nier que la marine française, comme l'anglaise, soit du supplétif des US qui de fait assurent seuls ce rôle de pacification maritime par la dissuasion conventionnelle, c'est vivre sur Mars. Et quand au rôle de la marine pour la projection de forces.... Faudrait avoir une force crédible à projeter pour que ça ait un sens. Quelle action et quel scénario supposerait une opération maritime majeure qui impliquerait la France seule et la fin de non recevoir américaine? La France n'a rien de comparable même à la situation des Malouines, à moins que l'Australie ou l'Indonésie aie soudain des visées expansionnistes sur la Nouvelle Calédonie, ce qui est d'un niveau de probabilité proche de celui de la découverte d'un atome d'intégrité dans un cabinet d'avocats. De même, une action et une posture offensive de la France par rétorsion (blocus et autres) suppose l'aval de Washington dans le monde réel. Simple question de rapports de force et de vassalité. Tu veux l'indépendance, la vraie, y'a pas qu'un outil militaire bien plus gros et efficace à se payer, mais aussi le prix et les rétorsions de Washington pas seulement parce que tu pisses sur ses plates bandes, mais parce que tu te crois autorisé à chier où tu veux sans leur permission (encore une fois à Suez, c'est pas vraiment la puissance militaire de Washington qui a décidé des choses; quelques allers-retours sur la livre et le tour était joué, sans qu'il ait même été question que Washington retire ses troupes d'Europe, ce quils n'auraient pas fait). Faut des reins plus solides qu'un format d'armées doublé par une dépense plus sérieuse et mieux gérée. Etre dans la cour des grands, c'est pas juste avoir 1 ou 10 canons si les grands en ont mille. Aaaah? Donc sur ce simple point du cadre légal, c'est une situation arrêtée et acceptée, avec laquelle il faudra vivre ad vitam en laissant croître des acteurs non étatiques. Point barre la question est close à jamais. Figure toi que l'action extérieure, l'action stratégique/politique, c'est un tout, et que les forces armées n'en sont qu'un moyen, pas la fin, l'alpha et l'omega. Et si tu as besoin d'y recourir systématiquement, c'est que t'es sacrément mauvais. Les accords entre Etats, bilatéraux ou non, accords internationaux reconnus comme éléments constitutifs du droit international, sont de fait un moyen d'action, pour lesquels l'ensemble des moyens et pressions politiques, économiques et diplomatiques sont "fair game". Une pensée stratégique qui, 20 ans après la fin de la Guerre froide, prendrait enfin compte la réalité de la menace low end/low tech, principalement mafieuse (directement ou indirectement), procèderait à l'inévitable création d'un outil réellement destiné à mener sérieusement cette guerre là. Et la constitution en aval d'un outil maritime adapté n'en serait qu'une articulation. Mais pour ça, faudrait d'abord cesser de vivre avec les préjugés des années 80 sur les spectres de menace et regarder un peu en face l'ensemble des choses qui menacent les Etats "installés". Aussi ai-je précisé que le fameux "terrorisme maritime" était plus une virtualité agitée en politique qu'autre chose. La vraie menace n'est pas là. Tu noteras cependant qu'en plus de la piraterie (qui à elle seule, rien que pour la corne de l'Afrique, nécessite plus de moyens que la france ou l'Angleterre ne peuvent en fournir), un seul attentat de ce type booste le prix de l'assurance maritime, remue le monde politique et celui des armateurs, fait prendre mesures et changements d'organisation et de matos.... Et augmente les prix de transport maritime. Effet réel sur les économies qui en dépendent (changemetns des calculs et anticipations, telles industries et commerces cessent d'être rentables en l'état et s'en vont ou limitent leur activité....), massif et démesuré et hors de prix par rapport à la dépense d'une barque ou d'un zodiac plein d'explosifs artisanaux et d'un ou deux excités fanatiques.... Qui a l'arme intelligente?
  5. Plus j'essaie d'en définir un, même un truc débile histoire d'avoir un "objet" à critiquer, remanier, améliorer, tronçonner ici pour regarnir là.... Plus je m'aperçois du manque de données précises nécessaires pour établir quelque chose qui puisse tenir la route. Il y a de nombreux grands principes et réalités à prendre en compte: - la plupart des soldats ne sont pas là pour longtemps, donc ne peuvent être entraînés efficacement à beaucoup de rôles: la polyvalence, même idéalisée chez les Marines, reste quelque chose de mythique et théorique sur lequel il serait dangereux de se reposer. Donc les unités entièrement polyvalentes sont un leurre à éviter - à n'importe quel niveau, un chef ne peut pas diriger efficacement plus de 4 ou 5 éléments, idéalement 4 avec un en "réserve", que ces éléments soient des soldats individuels ou des unités. Et 3 est même bien plus crédible que 4 (donc 3 + 1 en réserve reste un concept plutôt valable), et pourrait servir de base générale. - l'impératif est de rendre "intelligente" la plus petite unité possible, et autonome le plus petit échelon possible - les moyens technologiques permettent d'optimiser la coordination, mais aussi de décentrer l'action et la décision. Et quoiqu'il en soit, même si l'optique de pouvoir encore se concentrer en grande unité (ici la "division", ou groupement de GTIAs, le GTIA, ou ses sous-groupements) doit rester une possibilité ponctuelle, les unités doivent savoir opérer de façon autonome et extrêmement dispersée c'est là que ça commence déjà à se compliquer: si le GTIA est pris comme référent, et son élément opérationnel est, au pif, évalué autour de 2000h, comment le répartir? Quelle taille de sous groupement, et quelle taille de détachement? En respectant le principe initial, 4 détachements feraient un sous-groupement, 4 sous-groupement feraient les éléments du GTIA (qui dispose d'un tronc central avec plus d'appui et soutien à "distribuer"). Mais là il n'est plus possible d'être vague: à chaque échelon doit correspondre une surface maximum à couvrir, une distance maximale à franchir, un volume de feu, une durée d'autonomie.... S'il est facile de déterminer un modèle d'unités fonctionnant en concentration (unités blindées faites pour la guerre genre OTAN-Pacte de Varsovie), c'est plus coton quand il s'agit d'un modèle qui doit pouvoir faire ça en cas de menace par un dispositif classique mécanisé, mais la plupart du temps opérer de façon dispersée en éléments aussi autonomes que possible, que ce soit pour un combat classique contre un adversaire "léger" et dispersé (ou pour se prémunir d'une menace lourde, attendant le moment pour la concentration), ou pour un mode plus "guerre asymétrique" au milieu des populations. Faut-il risquer le modèle unique d'unités, limitant les spécialisations au maximum (montagne, amphibie, aéroporté) à un nombre très limité de GTIA servant de "bélier d'entrée" ou d'unités encadrant/épaulant les unités lambda? Faut-il faire plusieur grands types de GTIA, à l'américaine (les 3 modèles de BCT)? Mais avant toute chose, je crois que je commencerais par une réforme profonde de la GRH des armées, histoire de faire radicalement grimper la qualité du recrutement, la motivation et la durée moyenne de service. Ca implique de changer beaucoup de choses et de conception et d'investir autrement et de toute façon plus dans l'être humain, premier outil d'une armée. De même, l'organisation tactique moins centrée, l'autonomisation des bas échelons.... Impliquent un changement radical dans la façon d'organiser les structures hiérarchiques (et donc les formations qui vont avec) et la répartition officiers-sous-officiers.
  6. Et comme à l'époque du choc pétrolier, l'UE a depuis cherché à diversifier ses apports (source perso au Quai d'Orsay); le prochain coup de ce type par Vlad Ier le Poloniumateur fera aussi effet, mais déjà moins. Il le sait, et le tentera peut-être moins facilement. Et pouvait-il l'éviter: facile de le qualifier d'outre à vodka incompétente vu la situation de la Russie post 1992.... Poutine aurait-il fait mieux s'il était arrivé au même moment? Les morceaux de la Russie d'alors étaient à qui avait les moyens de les prendre, et l'Etat avait bien peu de moyens pour s'imposer (et entretenir les moyens qui lui restaient), et il était lui-même divisés entre les factions qui chacune avaient marqué leur territoire. Eltsine faisait ce qu'il pouvait pour garder un embryon d'autorité, ce qui ne lui laissait pas beaucoup de marge et de moyens pour s'opposer aux diktats US-flavored. Poutine n'a pu émerger QUE parce que, favorisé par Eltsine et entamant le tissage de son réseau de pouvoir pendant cette période avec cet appui, il est arrivé avec les moyens de son action dans une Russie qui avait déjà subi les gros chocs de sa "restructuration" et avait pu voir par où elle s'était faite entuber, et dans laquelle un système (celui des "nouveaux russes") s'était structuré, donc était identifiable. Plus facile d'être "M. Propre" dans ces conditions. Faut rappeler qu'entre 1992 et la fin de la décennie, y'a eu quand même quelques années de bordel total où personne ne savait et ne comprenait rien de ce qui se passait. 90% de l'action d'un chef d'Etat, c'est de réunir et garder les leviers du pouvoir dans un pays un peu en ordre (gengis Khan a passé les 2/3 de sa vie adulte à réunir les mongols, et moins d'un tiers pour conquérir le plus grand empire de l'Histoire). Quand c'est le bordel, que personne ne sait où est le pouvoir, que personne n'a de prise sur personne parce qu'il n'y a aucun "système" fixe en place, facile de critiquer celui qui ne peut mettre de l'ordre. Il serait un jour pertinent d'arrêter la caricature sur Eltsine et de considérer quelle fut son action, la vraie, là où il pouvait agir, à savoir dans le retissage interne de réseaux dans l'appareil d'Etat. Poutine n'est pas sorti de nulle part tout d'un coup, et les leviers de pouvoir et réseaux dont il dispose ne lui sont pas venus comme ça; quand il arrive au pouvoir, y'a du boulot face aux "boyars" des mondes économiques et politiques, mais contrairement à Eltsine au début de son mandat, lui a des armes pour faire ce boulot. Par analogie historique, Pierre le Grand ne s'est pas imposé aux Strelits, au clergé et aux Boyards par la simple autorité de son titre qui ne valait pas grand chose (ils n'avaient qu'à le buter et prendre le suivant, tout aussi légitime); l'appui des ressortissants de la colonie occidentale (principalement hollandais et allemands, mais aussi quelques Français et Anglais, ainsi qu'un officier écossais compagon de beuveries) fut déterminant, de même que celui de tous les "djeunz" :lol: des environs (fidèles, jeunes pégus et aristos) qu'il a réuni sur les frais de sa cassette très limitée et de son autorité pour former 2 régiments d'infanterie (Preobrajenski et Semionovski) à l'occidentale qui lui ont servi de marchepied pour aller taper du Strelits et s'assurer que tout le monde allait l'écouter. Il a fallu des années (toute sa jeunesse) pour que ces formations, initialement des compagnonnages de jeu, deviennent quelque chose d'efficece et de nombreux. Pas aussi subtil que les jeux de pouvoirs interne à l'Etat post-soviétique, mais c'est l'idée.
  7. Pour continuer l'exemplarité de la "chose" cavalerie comme esprit de chapelle confronté aux usages opérationnels, les Guerres d'Italie et la Guerre de Trente Ans furent sans doute les plus grands laboratoires militaires appliquée de l'Histoire (en tout cas européenne), là où les formations militaires, et opérationnelles et permanentes changèrent le plus. L'exemple de Gustave Adolphe de Suède est édifiant: la Suède souffrait de nombreux handicaps, et avant tout ceux d'une population réduite et d'une "industrie" manufacturière très limitée en taille et en qualité de production. C'est donc sous armé que Gustave Adolphe se lança dans sa politique expansionniste. Cependant, outre le talent de chef opérationnel et stratégique de son roi, la Suède put dépasser ces limitations par un usage intelligent de ses ressources: - une infanterie à la grande qualité de recrutement: il n'est pas question de parler de "qualités intrinsèques" d'un peuple à faire la guerre, mais tout connement de noter que la Suède fut l'un des seuls pays de l'époque à parvenir à établir un système de réelle conscription qui lui permettait d'avoir (pour moins cher que des pros en plus) une infanterie solide et motivée recrutée auprès non de la lie de la société (comme dans le cas des armées pros), mais de l'intégralité de la société suédoise, et surtout les communautés rurales, soit les "classes moyennes" de l'époque, gens robustes, en bonne santé, "de bonnes moeurs et moralité" et regroupés en unités à base territoriale, donc soudés par un esprit de solidarité locale renforcé en plus par une croyance authentique en l'action "nationale", particulièrement dans le cas de la Guerre de Trente Ans où la religion jouait un rôle de forte motivation. L'importance des fonds consacrés à l'équipement individuel (premières ébauches d'uniformes, équipement satisfaisant.... Des raretés à l'époque) et à l'entraînement (la situation de la Suède contraignait à avoir une part importante d'effectifs permanents dans ses conquêtes, et le système de conscription imposait un devoir d'entraînement local en unités) aidèrent à l'édification d'un système efficace. de plus, recherchant à maximiser l'efficacité de ses effectifs bien entraînés mais souvent en infériorité numérique, le roi de Suède favorisa ouvertement le feu de l'infanterie sur sa capacité à encaisser, diminuant drastiquement les effectifs de piquiers au profit de ceux d'arquebusiers, pour une puissance de feu qui, combinée à l'organisation tactique interarme, était localement sans égale. La conséquence de ce choix était aussi la renonciation au système "pike and shot" exemplarisé par les tercis et issu des guerres d'Italie, qui impliquait de lourds carrés de piquiers avec des groupes de fusiliers devant (pour avancer) ou aux coins (en formation défensive), formation solide, mais statique. L'importance du feu dans l'armée suédoise plaçait les piquiers moins nombreux en soutien, prêts à se mettre au premier rang contre la cavalerie ou à percer un point du front (mais pas d'avance générale), et les arquebusiers en longues lignes de 5 rangs de profondeur pour déployer la puissance de tir d'un coup (3 rangs tiraient en même temps, ce qui pointe l'importance du premier choc et l'agressivité de la tactique). Formation plus vulnérable, mais agressive et mobile, surtout si utilisée comme telle par un chef recherchant précisément cet effet. Les unités "traditionnelles" d'infanterie, ayant déjà un plus faible ratio en armes à feu, n'en déployaient pas autant à la fois, aggravant leur vulnérabilité face au tir de ligne. - une artillerie professionnelle et innovante, notamment en raison des ressources limitées qui permirent d'apporter le "canon à la suédoise", un canon léger utilisable très rapidement, avec une cadence de feu supérieure à celle d'un mousquet, qui donnait à l'infanterie suédoise un punch inégalable, notamment pour créer les ouvertures dans les rangs adverses que la cavalerie pouvait exploiter, ou bien l'infanterie enfoncer. Sorte de mix entre un concept avant la lettre d'arme "collective"d'infanterie et d'artillerie à cheval, il accompagnait les groupements de l'avant. La Suède investit plus dans ces armes d'appui pour une guerre mobile que dans l'artillerie lourde, plus fixe et utile surtout au début de la bataille - c'est pour la cavalerie que la Suède fut encore plus innovante, et en fait revit complètement son système militaire en raison des manques dans cette arme. La Suède ne pouvait héberger de vastes élevages, et peu d'entre eux pouvaient fournir des chevaux faits pour la guerre. Leurs territoires allemands ne pouvaient aussi fournir que des contingets limités de telles unités. De plus, les manques industriels du pays faisaient qu'ils ne pouvaient équiper des unités de cavalerie lourde, chères en armures pour les hommes et parfois encore pour les chevaux. Du coup, inférieur en nombre et en qualité à ses adversaires pour la cavalerie de choc et rupture, mais personnellement persuadé des besoins de mener bataille en recherchant le choc décisif, Gustave Adolphe mit au point des tactiques d'effets combinés localement dans une courte période de temps, artillerie et infanterie étant utilisés conjointement avec la cavalerie pour des attaques très brutales et rapides. Cela supposait une réorganisation en unités opérationnelles interarmes au sein d'une armée qui s'organisa ainsi selon le modèle de ces "brigades". En plus de cette tactique combinée, il était d'usage que les groupements d'unités de cavalerie soient jumelés avec des compagnie de mousquetaires destinés à les appuyer et à "attendrir" une ligne adverse au moment même de la charge.
  8. Non, tu balances des grandes généralités absurdes et faciles sur l'oppression d'untel par untel, en inventant des camps et séparations que tu ne te donnes même pas la peine de définir. y'a une nuance généralement pas discrète entre le slogan et l'argument. 2 pages de HS pour un thème aussi profondément débile..... Ce serait pas possible de les gommer, histoire d'avoir un sujet qui a au moins sa première page qui part pas en couille?
  9. Oh merde! Le sujet des responsabilités du déclenchement de la Première Guerre Mondiale? Tu sais quelle polémique c'est, encore aujourd'hui, chez les historiens, même en dégageant tous les débats d'avant les années 60 (pour cause de marquage affectif trop important)? Pour le point particulier soulevé: Le "droit légitime" de l'Autriche Hongrie à intervenir est nul et non avenu pour ce qui regarde l'attentat de Sarajevo: la Serbie est un pays souverain dont aucune complicité (bien que probable sinon même certaine) n'a été prouvée, et l'attentat n'a pas été commis par les autorités serbes ou comme un acte d'agression ayant une quelconque approbation officielle de la Serbie. Mais l'Autriche veut utiliser ça comme prétexte et le sujet de la Serbie, de même que plus globalement ses visées sur les Balkans, jouent pour beaucoup, de même que la "protection" des Slaves des Balkans par la Russie. Et la Serbie est chatouilleuse sur son indépendance encore très récente, largement anti-autrichienne, surtout depuis le coup de la Bosnie Herzégovine en 1908. Et l'attitude des 2 pays est rendue réellement irresponsable par le soutien qu'ils sont sûrs de recevoir de leurs alliés allemand (qui, après le "lâchage" de 1908, ne peut pas ne pas soutenir l'Autriche) et russe (qui ne peut pas ne pas soutenir le dernier Etat slave du sud non annexé par l'Autriche se faire envahir). Bref, dans l'événement déclencheur, la responsabilité de l'Autriche Hongrie est écrasante, et celle des systèmes d'alliance contraignants vient ensuite. Dans le cas du Texan, c'est quand même un peu justifié :lol:.... ce qu est légitimement contestable, c'est l'agressivité de l'Instruction Publique à "poursuivre" les parlers régionaux en dehors de l'école et des organismes publics, précisément pour les éradiquer, pas de rendre la langue véhiculaire nationale obligatoire. Les gamins devant dire à leurs profs si leurs parents continuent à parler patois à la maison (pas qu'en bretagne: c'est partout), ça c'est un petit poil plus que juste "la règle".
  10. Surtout qu'il faudrait voir, pour être amusant, ce que proposent les nationalistes bretons pour "faire" une Bretagne: rien moins que l'écrasement des différents parlers bretons au profit d'une langue bretonne unifiée et inventée, imposée d'en haut, et particulièrement visant à écraser ce qu'il reste du Gallo. Historiquement, plus de la moitié des Bretons n'ont jamais parlé de langues bretonnes, mais une langue romane à vocabulaire celtique. Mais ça, évidemment, dans l'optique d'une "construction nationale bretonne", ça ne compte pas, le Gallo, c'est du patois de collabo du grand Etat colonisateur et fasciste :P. Soit dit en passant et pour revenir innocemment au sujet.... Faudrait en définir un de sujet..... C'est vaste "La Première Guerre Mondiale": y'a plein de sujets sur des aspects spécifiques de la Grande Guerre, mais là, y'a du mal à trouver un angle d'attaque: faut parler de quoi?
  11. Et moi je pointe la stupidité extrême de ces visions simplistes qui désignent des camps artificiels. Les "on" très à la mode pour se rattacher à une entité quelconque qui est d'ailleurs rarement définie (ce qui en enlève la dernière once de pertinence) et à qui il faut absolument attribuer une oppression pour se donner une légitimité à dire quelque chose (et s'attribuer une position morale via une douleur qu'on n'a pas soi-même subi). C'est comme l'usage des mots "faire souffrir", ou "écraser", c'est fait pour scandaliser et déjà ranger des opinions aussi tranchées que fausses sur des processus historiques. Comme "génocide" est devenu à la mode et utilisé à tort et à travers. A ce compte là "la France" a "fait souffrir".... La France :P. Quand tu ne définis pas les concepts utilisés, c'est déjà une manière de complètement fausser un propos. Le langage n'est pas une chose neutre.
  12. C'est qui les "Bretons" (quelle définition? Rappelons que le Gallo, langue romane, était plus parlé que les variantes de Breton dans la partie est de la Bretagne, la plus grande)? Et c'est qui "les Français" dans ce cas de figure? Un bon petit croquemitaine fictif qu'on s'invente pour qu'il y ait un méchant et un gentil dans l'histoire, et rien d'autre. Y'a aussi le Prussien mangeur d'enfants tant qu'on y est. Corses et Cévenols, ouais, plus quelques autres. Les Auvergnats, Aveyronnais et Bourguignos, y z'étaient déjà trop "institutionnels" à Paris: l'oligopole absolu sur les troquets et petits zincs, bref sur le café et la vinasse, c'est devenir le meilleur pote du Parisien :lol: (à l'époque en tout cas). Je parie plus sur une approche transversale par CSP, pour 1914-1918, et par quelques autres critères: les catholiques (pratiquants, avoués, ultramontains) en général, par exemple, et la paysannerie, de même sans doute que le corps enseignant (les hussards noirs, souvent officiers de réserve, y sont souvent allés comme des exaltés). Au bodycount, leur lot doit être plus élevé que la moyenne. Les ouvriers en revanche, ayant eu beaucoup d'exemptions, auraient un syndrôme de planqués ;). C'est fou ce qu'on peut inventer comme groupes dès lors qu'on considère divers angles d'approches, et se dire que les uns sont oppressés par les autres.
  13. Et encore une fois ce bon genre de petite logique inventée pour pouvoir parler en termes manichéens: les Bretons sont tout d'un coup les seuls à identité régionale, et il y a eux d'un côté et les "Français" de l'autre. Crois-tu que les Périgourdins, les Corses, les Lorrains, les Provençaux ou les Picards en avaient quoi que ce soit à branler de "considérer" les Bretons comme citoyens de première, seconde ou troisième zone ? C'est qui les "Français" dans ce genre de rhétorique à 2 balles généralement issue de discours politiques faits pour inventer un focus là où il n'y a pas lieu d'en mettre? Le Parisien de la haute bourgeoisie et le politicien de niveau national à tendance jacobine confesse un mépris plus ou mois élevé pour des régions rurales et des parlers et accents régionaux (Napoléon a eu à affronter bien pire pendant ses études)? Waaaaaaaah, grande nouveauté, où que ce soit, dans quel pays que ce soit et à n'importe quelle époque. Et ça fait vraiment une masse de gens qui "considère" les Bretons (quelle que soit la définition géographique de la Bretagne) ainsi, une proportion certaine de CSP+ des grandes villes, ou plutôt surtout de Paris, plus des profs à une période idéologique.... Vraiment la terre entière contre la Bretagne :P. Un poil nombriliste comme oeillère pour aborder un sujet.
  14. Faut souligner que s'il faut entrer dans le détail, en déterminant les catégories que l'on veut, les officiers d'artillerie ont une mortalité supérieure à beaucoup :lol:. Saloperie de contre-batterie!
  15. Et les Bretons, tu comptes la zone Gallo ou juste les Bretons-bretonnisants, tu comptes Nantes et sa région qui n'ont de bretonnes que le titre de propriété aristocratique des Ducs de Bretagne (soit un lien féodal, non culture, ethnique ou autre), ou juste le réduit breton hardcore à définition ethnique (en elle-même douteuse)? Et si tu sépares les Bretons des "Français", c'est quoi le taux de mortalité des Savoyards, des Picards, des Basques, des Cévénols susmentionnés, des Arpitans, des Jurassiens, des Gascons, des Périgourdins..... Si ça se trouve, chacun a versé plus de sang que ces salauds de "Français", espèce d'autant plus néfaste qu'elle semble singulièrement indéterminée :P.... Pour éviter cet angle polémique que tu sembles porté à regarder pour une raison X ou Y, regarde les taux de mortalités des populations françaises non selon les régions mais selon les catégories socio-professionnelles: dans un système de conscription nationale, tout le monde est envoyé au feu, y'a pas de contingent statistique plus sélectionné qu'un autre, en tout cas pas en raison d'une origine régionale. Vouloir persister là-dedans, et de cette façon, c'est vouloir une polémique qui n'a pas lieu d'être. Le problème fut le même avec les troupes coloniales. A ce titre là, encore une fois, s'il y a une surmortalité, elle ne concerne pas les Bretons en particulier, mais toutes les populations rurales parlant exclusivement leur patois et trop peu le français malgré l'instruction publique. A ce titre, faudrait regarder la mortalité des populations cévenoles, particulièrement dans des coins comme le Gévaudan, resté longtemps la région la plus "sauvage" de France (où des fonctionnaires des impôts disparassaient encore mystérieusement jusque dans les années 60 :P).
  16. Eux pas grand-chose (à part peut-être utiliser les sales petits secrets qui transitent par ces comptes et impliquent les Etats puissants et plus encore d'éminents ressortissants de ces pays, qui ont du poids politique), mais les Etats qui les chapeautent (chaque puissance a "ses" paradis fiscaux) rendent ce jeu plus compliqué. Et encore plus quand nombre de paradis fiscaux.... Sont sur le territoire même de certaines puissances et intouchables (la City de Londres en est l'exemple le plus abouti). Et c'est encore pire parce qu'une bonne part de la puissance acquise depuis 40 ans par nombre de ces acteurs est désormais légitime et complètement imbriquée dans l'économie "normale". Aussi bien, nombre d'Etats plus ou moins fragiles, mais de toute façon très nombreux, sont toujours pénétrés par ces acteurs dont la force est précisément d'être protéiformes. C'est pas qu'une question de volonté.
  17. On est d'accord, mais par expérience des organisations humaines, si tu mets plus d'argent à disposition de l'organisation (tirée d'un changement dans la gestion), et plus encore, des conceptions et habitudes existantes, tu coupes les pattes du changement organisationnel en laissant la façon de procéder actuelle perdurer et e la confortant dans ses habitudes et inadaptations. Ce sont donc 2 chantiers (réforme de la dépense et réforme de la pensée et de l'organisation des forces, donc changement d'organisation tactique) qui ne peuvent être séparés l'un de l'autre dans une conduite du changement qui se voudrait efficace. La question n'est pas de sacrifier la R&D, sujet que je connais trop mal même s'il n'est que de constater que beaucoup d'efforts sont très mal menés (exemple sur les 15 dernières années en matière de drones: même si la dépense fut insuffisante, le résultat obtenu est loin de la valoir). Le point est que pas mal de penseurs militaires montrent à quel point une bonne partie des efforts sont souvent de vaines quêtes faits en dépit d'une analyse stratégique pertinente. Sans doute pas de quoi bouleverser la loi des grands nombres en considérant l'effort global interarmées (la R&D pour les SNA et les navions coûte beaucoup plus), mais pour ce qui concerne les forces terrestres, il est plus que loisible de constater que la logique d'organisation tactique et de conception des matériels qui va avec, cette conception est à côté de la plaque et gaspille des sommes qu'il serait nettement plus pertinent d'utiliser autrement. Et encore faut-il faire la BONNE analyse de 1940 et pas le brandir en général comme justificatif pour tout: la médiocrité est avant tout tactique, intellectuelle et organisationnelle, pas matérielle. Une bonne pensée et une bonne doctrinent tireront toujours bien plus de résultats d'un outil matériel pas à la pointe du tip top (mais dans des quantités suffisantes) qu'une pensée paresseuse et une doctrine matériel-oriented d'un outil sortant des rêves humides des ingénieurs et des fans de systèmes d'armes (dans une certaine mesure de taille bien sûr: contre un adversaire mille fois plus grand, tout cela devient très relatif :lol:). Le matériel ne compte que partiellement, et non absolument comme tu as l'air de le présenter à longueur de post ;). Et l'affaire de Suez, on voit mal ce qu'elle vient faire là: le recul vient de quoi? De la menace nucléaire russe, du lâchage américain et de leurs attaques sur la livre anglaise. Aucun outil militaire, même l'arme nucléaire en France, n'aurait changé cette donne. Et les guerres mentionnées et "surprenantes" ne furent jamais face à une grande puissance (dans le cas coréen, la Chine n'est intervenue que plus tard), et n'ont jamais impliqué une menace réelle pour les pays intervenants, juste un choix d'attitude, le tout dans un cadre limité. A part les Malouines où les Anglais ne pouvaient laisser passer la chose, elles relèvent même de choix stratégiquement discutables et en aucun cas impactants en cas de refus d'intervention. Ca fait 15 ans qu'on se répète ça en France, et c'est plus que largement faux, sauf pour ceux qui bossent à la doctrine et que ça peut aider à dormir; il suffit de regarder le modèle de l'Army Transformation pour s'en rendre compte, et c'est pas la généralisation du terme "brigade" qui doit faire illusion. La force des organisations non étatiques à buts et moyens radicaux et violents ne vient pas de l'appui d'un Etat en particulier: quel impact a eu l'Afghanistan sur les activités de groupes radicaux à action internatinale? Limité au mieux, ou il a créé plus de vocations et d'opportunités au pire. Mais ne plus avoir de base d'entraînement en Afghanistan ne leur a posé aucun problème. C'est un peu tout le trip quand on parle de réseaux et non de structures fixes. Et la question d'une réorganisation pour s'organiser face à une guerre probable n'est pas de mal équiper, justement, mais de s'adapter au mieux au spectre des menaces les plus probables, estimées au plus juste: des MBT en masse tirant à 4km en mouvement sur une cible mouvante et opératn en grandes masses sont un des symboles de ce qui est inutile et précisément MAL PENSE (syndrôme 40). Une armée n'a de pertinence et de puissance que contre un nombre LIMITE d'adversaires possibles. L'armée "crédible dans l'absolu" n'existe pas et n'existera jamais. Si tu as la plus performante face à une menace massive, étatique et mécanisée, soit sûr que c'est l'endroit et la façon dont tu ne seras PAS attaqué, mais que tu seras du coup vulnérable, et attaqué, partout sur ce que cet outil ne peut traiter.... Ce qui est le cas aujourd'hui.
  18. La crédibilité, c'est la puissance, la puissance, ça n'est qu'en partie les moyens, c'est aussi avant tout la volonté et la défense des intérêts au détriment des autres dans un monde éminemment concurrentiel.... Donc la puissance, c'est au moins la volonté d'indépendance. Tu sortiras pas de cette équation dont personne ne veut à Bruxelles parce que ça froisserait l'Oncle Sam qui voudrait que l'Europe soit militairement puissante et qu'elle lui donne le commandement de cette puissance :P.
  19. Les Bretons faisaient plus de gamins à l'époque ? Faudrait voir la démographie. La mobilisation se faisant équitablement et les exemptions qui apparaissent sitôt que la guerre est acceptée comme longue (fin 1914) afin de dégager la main d'oeuvre industrielle très qualifiée (pour servir de cadre en usine), ces exemptions ne concernant essentiellement que des populations des grands centres industriels (soit quelque chose de démographiquement limité et géographiquement concentré), il faut donc que les régions les plus touchées aient été celles qui avaient un contingent de 18-35 ans plus élevé que la moyenne nationale, qui était salement en berne en 1914 (léger recul de population entre 1910 et 1914, à l'époque où Anglais, Russe et Allemands sont encore en plein boom démographique). Après, ça correspond effectivement aussi à la sociologie des décès: la paysannerie a été proportionnellement la CSP la plus touchée par la guerre, avec les professions libérales et la bourgeoisie d'un certain niveau, CSP qui fournirent le gros des officiers dont la mortalité fut très élevée (particulièrement dans l'infanterie et l'artillerie).
  20. Tancrède

    Ligne Maginot

    Le décor a aidé :lol:. La Ligne Maginot n'a pas coûté si cher que ça, au regard de plusieurs facteurs: - dans l'absolu, elle n'a pas vampirisé les crédits comme c'est dit trop facilement: il y avait de la marge de manoeuvre - elle n'a pas empêché que soient constitués et achetés d'importants parcs matériels et de munition, et que soit montée une organisation de guerre du pays et de la production bien plus performante que l'allemande - l'outil moderne de la Wermacht ne pèse pas grand-chose dans l'orbat allemand en 40: cette menace aurait été contrable en l'état des sommes investies La faute a été à un effort militaire très mal dirigé, longtemps laissé à faire n'importe quoi (avant la reprise en main de 36), qui a acheté des tonnes de choses inutiles ou inadaptées, et surtout manqué de commander et d'acheter les bonnes choses et de les organiser et préparer comme il fallait. Faut pas voir le problème dans le montant global de la dépense, même en soustrayant le coût de la Ligne Maginot. Et là, la responsabilité des têtes "pensantes" de l'armée (plus encore des têtes décidantes), et celle du monde politique, est écrasante.
  21. Exagère pas ton chauvinisme prorusse: - plus de 10% de leur budget militaire a du être consacré à cet effort mineur - les unités présentes n'avaient rien d'un contingent de dernière zone dans l'orbat russe - si la Russie avait envahi la Géorgie proprement dite, et plus encore l'avait convertie en satellite pur et dur par la force, elle serait entrée dans une autre gamme de problèmes avec tonton Sam qui n'aurait pas pu ne pas réagir, pas pour les Géorgiens en tant que tels dont les ricains se contrebattent les burnes avec des plumes d'autruche, mais pour le principe de pas laisser trop visiblement prendre ce "qui est à eux". Au mieux, ils auraient laissé faire avec un arrière-goût de "Bosnie Herzégovine version 1908 et après".... Les lendemains de ce genre de petit coup pour la forme sont souvent difficiless. La Russie n'a plus ni la puissance ni la population pour ce genre de jeux, c'est un peu son problème. Ca n'en fait pas un nain, loin de là, mais certainement pas la menace que tu évoques. Pourquoi? Les amis de Poutine sont tellement plus honnêtes et patriotes :P? Mais ce jeu là est toujours à sens multiple et, à part l'arme nucléaire, toutes les cartes ont une parade: si la Russie jouait à ça, Washington battrait le rappel de ses toutous européens qui joueraient au "niet gaz, niet pétrole" juste le temps d'impacter le cash flow russe qui fonctionne en flux tendu (mais qui a besoin d'un flot constant pour arroser les fidélités au sein de cet imbroglio de petites féodalités qu'est le pouvoir russe).
  22. Apparemment, Washingon a su les "convaincre", avec Israël, d'éviter de faire ça, et je doute que ce soit le seul deal d'armement avec Israël sur la construction de drones qui les ait fait renoncer à ce deal juteux. Fondamentalement, je crois dans ce cas particulier qu'il s'agit avant tout d'une incapacité des forces de l'OTAN à croire que les Russes allaient vraiment le faire (ou faire quelque chose): repérés, ils l'étaient, arrêtables, ils l'étaient encore plus..... C'est juste que les décideurs ont du halluciner et pas savoir quoi foutre devant cette action un poil sans objectif réel ni possibilité d'obtenir quoi que ce soit d'autre que du symbole. Et fallait-il risquer de voir le sang (surtout du sang russe) couler pour une petite bravade "pour le style" :lol:?
  23. J'avais pas dit le contraire ;); je parlais de "donner une nouvelle dimension", bref, en faire un service à part, une flotte "légère" autonome, avec ses missions et ses centres d'opérations.... Et ses budgets. Mais chapeautant toute la poussière navale de la marine et autres services disposant de la moindre embarcation destinée à un service gouvernemental..... Hop les vedettes de Bercy vont enfin servir à quelque chose :lol:! Disons quand même, et aussi, que l'organe crée la fonction, la fonction crée la mentalité ;) :lol:: plus l'accent est porté sur la Blue Water Capability, par contrainte ou autre raison, plus les têtes pensantes et décidantes de la Marine ne voient d'importance que là où ils veulent et peuvent en voir. Regarde ce qui est arrivé en interne à l'US Navy sur le seul sujet de la Guerre des Mines: les officiers qui sont encore attachés à cette mission sur les quelques barques qu'ils ont encore en voient l'importance, la complexité et l'aspect crucial, mais au global dans la Navy, cette partie de la "maison", c'est un "career ender". :P. De même, j'imagine bien que tous les marins, même un peu vers le haut de l'organigramme de la Royale, ne sont pas obnubilés uniquement par l'idée de grandes batailles aéronavales et sous-marines.... Quoique pour connaître personnellement un ex-patron de SNA (aujourd'hui avec plus de galon), y'a vraiment des snobismes de ce genre; vous me direz, c'est un sous-marinier, y sont pas pareils :lol:. Mais la tendance est quand même là, et le focus porté sur la Blue Water Navy fait aussi que le reste voit son importance niée, ou en tout cas relativisée. Faut quand même aussi regarder un fait en face: la flotte de haute mer ne sert pas à jouer un rôle quelconque de stabilisation et de sécurité mondiale. Elle sert à suppléer à la marge l'US Navy dans ce rôle et à préserver les moyens nationaux d'un jour remonter en puissance et de retrouver une marge d'autonomie si la situation le requérait, ce qui implique de garder effectivement les savoirs-faire de conception, de fabrication, de mise en oeuvre et de pensée/action opérationnelle. Mais la paix au sens de "paix entre les grands Etats", c'est l'US Navy, un peu renforcée par la masse de ses joyeux supplétifs, qui l'assure. Pour le reste, la menace low end des grands trafics, des flux ilégaux d'êtres humains et de marchandises, les raids de harcèlement et de pillage ponctuels des ressources, le terrorisme maritime (beaucoup évoqué par le politique et bien réel, quoique quantitativement, ce soit pas grand-chose).... Faudrait vraiment lâcher la vision des années 80 qu'on a en France sur ce sujet; la grande guerre n'arrivera pas sauf accident (et ce genre de trucs se voit un peu venir avec quelques années de préavis: la surprise stratégique n'existe pas quand les grandes masses se mettent en mouvement pour la guerre), mais la vraie menace vient de la somme des acteurs low end/low tech (quoique assez souvent plus du tout si low tech que ça) dont l'impact économique et sécuritaire est immense et constant, et qui coûte, en aval de leurs activités, infiniment plus cher à traiter dès lors qu'on se contente de réparer les conséquences ou de lutter contre en dernière extrêmité: lutte antidrogue et traitement des drogués, action de police spécialisée sur le territoire, inadaptée face au crime organisé qui n'a attendu personne pour être mondial, passivité face aux conséquences économiques de la piraterie, constat que les grands groupes organisant les trafics à grande échelle sont désormais de vrais acteurs géopolitiques dangereux (cf Mexique, Asie Centrale, Colombie, Sud Est asiatique, Afrique subsaharienne....) maniant des masses de capitaux énormes (et en grande partie "blanchies" et dans l'économie légale). Et cette sphère est souvent interpénétrée à un degré ou à un autre aux mouvances politiques, idéologiques et religieuses agressives/terroristes. Il faudrait enfin considérer ces menaces là comme telles, et lutter contre elles comme telles: c'est une guerre, et l'ennemi se frappe là où il est le plus faible (lieux de production, axes de transit/logistique, comme dans un conflit armé), et là où c'est le moins cher et le plus rentable de le frapper, soit pas à domicile (comme quoi, les grandes mafias utilisent bien leur puissance de projection ;) :lol: et portent le conflit au coeur des territoires développés). Comme dans la guerre, il faut impacter lourdement les flux logistiques pour commencer à sentir un effet en aval. C'est pas avec un ou deux OPV par grande zone que ça se fera, mais par un traitement ad hoc global de cette menace, appréhendée comme telle et non comme une action de police. Les Anglais veulent coopérer maintenant? Les Hollandais ont les mêmes problèmes avec leur ZEE? Ce serait le moment de faire quelque chose de plus poussé et centralisé à cet égard, surtout si c'est un sujet vu comme "moins sensible" que la super haute technologie nationale-souveraine de la Blue Water Navy.
  24. Ca va encore: pays peuplés et pleins de ressources, bien placés, avec des populations éduquées et encore des noyaux industriels et technologiques de bon niveau (et des coûtes de réalisation imbattables :lol:), où la France a des ouvertures et des places déjà prises.... Faut lâcher un peu ta grille de lecture des décennies précédentes :lol:, espèce de snobinard ;).... Tu veux vendre à qui? Aux USA :lol:?
  25. En lisant un truc dans DSI, on a apparemment dépensé QUE 400 millions en 10 ans pour les drones en France, dont 1/3 pour le Neuron.... Un Dixième de cette somme dans un truc genre ScanEagle (24h d'endurance et plus dans les versions récentes) auraient permis, le temps de faire des programmes de recherche mieux menés, d'avoir une capacité conséquente (un minimum d'une trentaine de vecteurs plus leurs stations au sol et la formation) qu'il eut été loisible d'étudier, mais en plus de faire une économie monstre en personnels, vu la très faible logistique exigée par l'engin, surtout s'il faut la comparer aux énormités comme le Sperwer qui font moins (efficacité globale, incluant le "rendement") avec beaucoup plus de monde et de matos et restent à ce jour le seul drone "bas de spectre" dont le vecteur coûte plus que le capteur :P. Splendide!
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