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Tancrède

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Tout ce qui a été posté par Tancrède

  1. Elle est valable pour les 2 en ce que la conscription ou l'engagement professionel ne sont jamais, de ce point de vue, qu'une question de vivier de recrutement. De même, il faudrait différencier les stades d'armées pros: une armée pro à un moment historique où un pays a un sentiment national (ou équivalent) fort, une menace très visible à ses frontières, ou bien où la carrière militaire offre des horizons de promotion sociale, recrutera des personnels d'un meilleur niveau moyen que l'armée pro d'un pays en paix et sans menace tangible à l'horizon, où le sentiment national généralement s'affaiblit. Quel que soit le type d'effectifs de l'armée, le principe d'encadrement est une constante. Evidemment, pour qu'une armée de conscription soit comparable aux diverses formes d'armées pros, il faut considérer avant tout l'active, et non la mobilisation en grand. Mais ce sujet rejoint aussi une réflexion générale qui me trotte dans la tête régulièrement, sur les types d'armées et leur efficacité, types qui se résument au fond à 3 grandes catégories: - conscription - professionnelle - de caste (lié à une société d'ordres ou de castes sociales) Toute armée, où que ce soit et à n'importe quelle époque, s'appuie sur un de ces 3 modèles comme élément principal, et intègre une proportion plus ou moins importante des 2 autres: une armée de conscription a toujours un encadrement et commandement en grande partie pro et des unités permanentes pros, toute armée pro ou de caste a des unités conscrites, au moins sous la forme de réserve, et toute armée de caste inclue des pros sans statut et la possibilité plus ou moins développée d'organiser une levée/milice. Dans les armées occidentales, l'aspect caste est réduit à la portion congrue et ne se voit réellement qu'au travers de la reproduction sociale de familles de militaires (et des petits avantages et favoristismes, mais aussi meilleures connaissances, qui vont avec) et la perpétuation plus ou moins forte de traditions et comportements dans les parcours de formation et unités. Mais l'armée turque, par exemple, inclue encore une certaine dimension de caste via une proportion non négligeable de son corps d'officiers qui est réellement auto-reproduite: les écoles militaires (dès 3 ans) sont bien plus développées qu'ailleurs.
  2. Ca faisait longtemps que j'avais pas lancé un grand sujet théorique, mais celui-là me démange depuis longtemps, bien que j'ai jamais réussi à clairement le circonscrire. La question est la suivante: on compare sans arrêt les carrières et possibilités d'un côté (niveau individuel) et l'efficacité globale obtenue de l'autre (système d'encadrement et de commandement) selon les pays, mais y'a t-il, sur le temps long, un système qui ait plus fait ses preuves qu'un autre ou bien des applications plus ou moins efficaces, ou foireuses, de systèmes ayant tous le potentiel d'être bons? Par exemple, à l'époque actuelle, je prends plusieurs "visions" pour comparer: - le système anglo-saxon très vanté sur ce forum: des carrières de sous-officiers, des carrières d'officiers, une perméabilité très modérée entre les deux - le système russe: avant de commencer à développer des sergents de carrière (pas vraiment encore très au point), il y a une conception du sous-off qui est un conscrit avec plus de bouteille, et un officier qui fait une énorme partie du travail d'encadrement et de commandement, avec souvent comme conséquence une proportion plus grande d'officiers - le système français, plus bâtard: de vrais officiers et sous-offs de carrière, mais une propension importante à attribuer les grades de sous-offs plus fréquemment que chez les anglo-saxons, fait qui en relativise l'importance, l'autorité et les perspectives de carrière, cependant compensé par une grande perméabilité entre le corps des sous-offs et les bas grades d'officiers (jusqu'à capitaine) qui donne une haute moyenne de qualité à ces grades, très opérationnels (et qui fait un meilleur mix avec les jeunes officiers de carrière). Pour comparer, le système français me fait en fait penser à l'armée romaine, en particulier avec le grade de centurion, qui veut en fait tout et rien dire tant il recouvre une large réalité: - dans l'armée romaine, les officiers tels que nous pourrions le comprendre sont en fait les hauts officiers: légats (commandant une légion, la réserve, la cavalerie d'une armée), tribuns (officiers d'Etats-Majors de différents horizons, avec affectations permanentes ou temporaires: commandement d'un groupement de cohortes, de cavalerie, d'auxiliaires, de détachements temporaires interarmes, de l'intendance....), consuls/proconsuls (commandement d'une armée) et imperators. Ce sont autant des grades militaires et des affectations (voire une distinction pour l'imperator qui est en fait un maréchal, soit un général victorieux) que des fonctions politiques faisant partie du cursus honorum, et leur attribution, sauf pour quelques-uns, est décidée, ou au moins débattue/négociée, à Rome. - quelques légatures seulement, pour des fonctions particulières (préfets de camp, commandement opérationnel autonome de certaines cohortes, surtout de vétérans) sont octroyées à des centurions ayant beaucoup de bouteille et de mérite. La préfecture d'un camp de légion ou d'une armée est la fonction la plus prestigieuse pouvant être attribuée à un centurion, généralement un centurion primipile (un qui a dirigé la 1ère cohorte d'une légion), et c'est une affectation de fin de carrière ou préalable à l'anoblissement. - le centurion est à la fois un officier et un sous-officier selon nos critères en ce qu'il est totalement issu du rang: les moins élevés hiérarchiquement correspondraient à un adjudant (ou major) encadrant une centurie (80h dans le système marien) subalterne dans une manipule, les plus élevés correspondent à un vrai chef de bataillon (commandant une cohorte, soit 480h, voire 800h pour la 1ère cohorte d'une légion, la plus forte et prestigieuse). Le corps des centurions est la voie d'accès au succès pour ceux qui ne viennent pas de la classe des chevaliers ou sénateurs, et l'anoblissement peut survenir après une carrière réussie (donc l'accès au cursus honorum, au moins pour les descendants). - en-dessous de centurion, il y a de vrais bas grades de sous-officiers (les principales), eux-mêmes étant en même temps les marches intermédiaires des bons éléments ou les dernières marches d'une carrière de soldat réussie (pour ceux qui resignent, les vétérans, ou evocati): décurion, decanus, optione, signifer, tesserarius, et surtout les spécialistes d'encadrement, légionnaires méritants qui reçoivent les formations de spécialistes nécessaires à une légion (architectes, musiciens, logisticiens, signaleurs, éclaireurs....). C'est donc un système en 3 voies subordonnées: soldat, centurion (mix entre notre conception des officiers et sous-offs) et officiers (grades supérieurs selon notre nomenclature), avec des voies d'accès à la catégorie supérieure en nombre important (mais il est plus rare qu'un simple soldat arrive au niveau officier, sauf en fin de carrière longue: passer les 2 voies d'accès entre catégories au cours d'une vie est énorme, mais loin d'être sans précédent). La distinction n'est inintéressante: les centurions sont donc les officiers les plus experts du niveau opérationnel/tactique, mais surtout, par rapport à nos systèmes modernes, ils sont valorisés comme tels par un cursus spécifique. Les officiers proprement dits sont plus ou moins valables dans l'opérationnel/tactique, suivant qu'ils s'y intéressent suffisamment ou non, mais ils vont plus haut que nos généraux, étant donné que la disctinction entre commandement militaire et carrière politique n'existe pas à Rome (la carrière militaire fait partie du parcours obligatoire pour une réussite politique). Si les hauts officiers romains ont une histoire très inégale du côté de la réussite au niveau tactique (combats, batailles, campagne annuelle), ils ont en revanche une longue histoire aux niveaux opératifs (une campagne dans son ensemble) et stratégiques (un conflit, une expédition....) qui n'a à rougir devant aucune autre. Pourquoi? Parce que ce qui peut faire leur faiblesse au niveau pratique et tactique, est largement contrebalancé par leur force au niveau supérieur, à savoir qu'ils ont tous en tête "the big picture": ils connaissent les tenants et aboutissants stratégiques d'une campagne, voir la vision dans le long terme de l'Etat romain. Ils savent quelles sont les ressources de Rome, la nature et la structure de leurs adversaires (et leurs forces et faiblesses au niveau stratégique), ils savent quelles campagnes valent la peine d'être faites, avec qui s'allier et qui se friter, qui tromper et qui rallier.... Bref, ce ne sont pas des techniciens, mais tous, même les moins bons, voient large, ont accès au monde de la décision politique à Rome (donc à l'attribution des moyens et à la hiérarchisation des objectifs).... Ils appartiennent à l'élite romaine, au plus près du niveau stratégique donc: ce ne sont pas des techniciens (plus ou moins bons) comme nos généraux qui attendent devant la porte des grandes personnes et sont au mieux des consultants spécialisés. Donc un officier romain raisonnablement intelligent et qui fait l'effort d'apprendre le versant technique et noue de bonnes relations avec des centurions de carrière a selon moi bien plus de chances d'obtenir de bons résultats qu'un général intelligent avec la pyramide qui s'étale sous lui. Après, évidemment, tout système dépend de la qualité des hommes qu'il recrute, garde dans le temps et promeut, bien plus que de la façon dont il fonctionne en théorie. Mais quel système peut sembler à même de permettre la meilleure qualité moyenne d'encadrement et de commandement selon vous?
  3. Là tu fais pire que schématiser; primo en France, l'extrême droite au singulier n'existe pas, moins que partout ailleurs. Il y a trop d'extrêmes droites qui pour la première fois de leur histoire, ont été unies sous la bannière FN par la personne de Le Pen. Ca ne lui survivra pas. Secundo, le racisme réellement épidermique (c'est-à-dire ceux qui croient vraiment aux races, à la hiérarchie entre elles....) n'est l'apanage que d'une extrême minorité idéologique même au FN. Tertio, l'extrême gauche n'a peut être que moins de racisme, mais elle n'en est pas exempte, y compris dans une part de ses actions (voire l'attitude ambigue vis-à-vis des juifs/israéliens/sionistes en jonction avec les mouvances islamistes et approchantes). Mais surtout, ce qu'elle ne donne pas dans ce registre, elle le donne dans d'autres sectarismes aussi graves: les "bourgeois", les "riches", qu'ils le soient ou pas d'ailleurs (on tape ceux qui ont l'air de se rattacher au modèle), les religieux.... Tous les extrêmes ont des catégories de boucs émissaires, des groupes à désigner du doigt pour attiser les rancoeurs et donner une grille d'analyse simpliste qui permet de ne parler qu'en slogans débiles. Mais apparemment, le racisme est le seul sectarisme débile qui ait l'air d'indigner les bien-pensants médiatiques, les autres sectarismes, à potentiel tout aussi meurtrier, n'ayant pas l'heur de bien passer à l'écran. Enfin, l'extrême droite n'a rien d'un ultra-libéralisme en général: y'a des tendances ultra-étatistes, d'autres effectivement plus libérales, d'autres encore conservatrices qui ont des mélanges variables sur la place de l'Etat, d'autres carrément anti-"économie de marché", certaines purement technocratiques....
  4. Le petit truc de ces "sondages", outre le fait qu'ils varient selon qui est le commanditaire, c'est qu'ils ne reflètent qu'une réflexion de quelques secondes/minutes des sondés, mais aussi et surtout leur ignorance; une Suisse qui tenterait ce coup là se prendrait des rétorsions massives en contrepartie, qui ne rendraient plus sa situation économique si enviable, ni sa position de "petit pays" (qu'elle ne serait plus du tout), proportionnellement toujours avantageuse. Elle entrerait dans le jeu beaucoup plus contraignant des grands Etats, la moindre de ses décisions serait nettement plus porteuse de conséquences, donc contrée par d'autres pays, et donc complexe, le mode de gouvernement, donc de gouvernance, en serait fatalement changé. Sans compter qu'avec un tel accroissement démographique et géographique (temps et distances ne sont pas neutres, même aujourd'hui), qui plus est avec de nouvelles populations différentes dans leurs cultures et habitudes, la démocratie directe ne serait plus aussi possible. Dernier point, dans le domaine des rétorsions, une Suisse qui boufferait de l'espace comme ça devrait se prononcer sur l'UE: l'intégrer, avec les contraintes que ça suppose, ou ne pas le faire, avec cette fois des Etats non disposés à lui maintenir le statut intermédiaire actuel dont elle bénéficie grandement.
  5. Tancrède

    Nanas au combat

    J'ai pas dit les mouvements, je parle de la "pensée" (grand mot vu le niveau théorique), de son organisation, sa méthodologie et sa rhétorique: les courants féministes dominants sont en grande partie issus du "french feminism" (école De Beauvoir entre autres :-[). Le féminisme tel qu'il existe comme idéologie politique organisée en mouvements importants est très majoritairement issu du marxisme, c'est pas moi qui l'ai inventé, c'est un fait. Approcher l'histoire en général sous un angle unique de supposée domination d'un sexe par l'autre, est aussi faux qu'abstrait; et c'est une rhétorique qui vient en droite ligne des milieux socialistes. Faut d'ailleurs pas s'étonner qu'en France en particulier, les féministes politiques viennent en majorité écrasante du PC, du socialisme et des extrêmes gauches, vu que c'est souvent par réaction à l'organisation extrêmement macho que promouvait le PC que s'est constituée leur vocation. Pour l'approche superstructure/infrastructure, elle n'est pas si mineure puisqu'elle représente l'analyse marxiste de l'histoire: la réduire comme tu le fais, c'est écarter la façon dont Marx juge l'histoire, mais plus encore l'explique au travers d'une grille de lecture très faussée et limitée. Sa dialectique est en fait très déterministe puisque lui-même la décrit comme inconsciente à l'échelle humaine, et plus encore à l'échelle d'une vie humaine, les logiques dont il parle, selon lui, s'étageant sur des durées trop longues pour être directement senties. Oui, désolé pour Debord, je sais pas pourquoi je pensais structuralistes et j'ai recraché un situationniste.... Saloperie de rue d'Ulm. Pour le coup, là ça vire au HS. Pour y revenir, je me demandais en fait quel pouvait être, pour la question de l'esprit de corps à ses différents niveaux (sous-unité élémentaire, bataillon/régiment, armée en général), le niveau d'abstraction qu'il était raisonnablement possible de demander à un soldat: les questions des couleurs de peaux, différences culturelles, religieuses, ethniques et autres se sont résolues en leur temps, plus ou moins. Mais il est là question d'une différence plus fondamentale, et en partie irréductible, qui a une connotation socio-culturelle dans tous les esprits de toutes les cultures. Ma réponse de compagnies/batteries/escadrons entièrement féminins consiste juste à trouver un niveau où gérer cette irréductibilité en donnant aux éventuelles combattantes un moyen de s'adapter au métier et à l'institution en tant que groupe et non en tant qu'individus isolés, parce que précisément, au moins à bas niveau dans l'organisation, la différence sexuelle et les préjugés qui vont avec ne me semblent pas réductibles, surtout dans la population particulière qu'est celle des soldats du rang, et encore plus dans les unités combattantes. Bref, des sous-unités féminisées leur donnent un moyen de s'intérer et de supporter l'inévitable concurrence/condescendance/bizuthage qui irait avec. Le tout en supposant bien sûr que l'égalisation du niveau plancher pour le physique et les compétences (par des parcours adaptés des viviers de recrutement mieux différenciés) permette de réduire les différences concrètes (en termes opérationnels) à de simples préjugés.
  6. Tancrède

    Nanas au combat

    Il y un iatus à partir de la 2ème moitié du XIXème siècle et jusqu'en 1945 où le modèle social et socio-économique des sociétés industrielles devient effectivement très macho-oriented en termes de capacités juridiques. Mais dire que le modèle soi-disant patriarcal domine depuis l'aube des temps est un mensonge. Rappelons aussi que même le modèle ultra-macho de cette société industrielle, autant du à la mentalité "bourgeoise" urbaine qu'aux structures de la société ouvrière (en matière d'organisation macho totalitaire, personne n'a fait mieux que le PC, surtout celui d'après guerre), ne donne pas tant de "pouvoir" que ça aux hommes qu'elle ne distribue des rôles. Dans ce modèle, l'homme est celui qui doit se crever au travail contre salaire (pas l'autre travail qui est de tenir la maison et d'élever des gamins, et qui devient inexplicablement quelque chose de subordonné, dans les mentalités) avoir le dos/les poumons (ou la santé en général) cassés à 35-40 piges (cas dans la paysannerie et la population ouvrière) et crever nettement plus jeune. Et en cas de guerre, les statistiques sont encore plus rudes. C'est en fait la conscription universelle qui est le premier agent de cette mentalité, en donnant à la totalité de la population masculine un modèle qu'une bonne partie, sinon la majorité des hommes ne peuvent pas atteindre: ce modèle de l'homme alpha-male viril, courageux, ayant le goût du risque et de l'action, fort (qui boit de la bière et casse la gueule à tout le monde :lol:), qui décide de tout, invente, bâtit, détruit, dirige.... Ne correspond en fait qu'à une petite partie des hommes, tant en termes de capacités que de mentalité/profil psychologique. Ca veut pas dire que les autres hommes sont des gonzesses, mais faut quand même se rappeler qu'en 1914, dans tous les pays d'Europe, sur une classe d'appelés, 30% sont de toute façon pas au niveau requis, de près ou de loin. Et là on parle que de la capacité physique/mentale fondamentale (état de santé, tares congénitale ou déficience mentale grave). Après, pour faire un bon combattant, ou avoir la mentalité en général, le taux d'hommes réellement aptes et ayant la bonne attitude/disposition est encore plus bas. C'est le propre des universalismes d'avoir voulu étendre en modèle ce qui était réservé à une part plutôt minoritaire d'une nation. Ca permet d'avoir un meilleur vivier général, mais ça inclue aussi de brasser de larges proportions de bras cassés ou de non-volontaires, voire de purs réfractaires. Même chez les valides, en France, fallait en réaiguiller plus d'un sur les Batd'Af ;) ou des unités discipinaires, voire des quantités d'autres unités. Et là on parle en plus de guerres de chair à canon, où le niveau d'exigence pour de bonnes parts de l'armée est plus bas. Mais la société met en exergue le modèle d'une minorité, et ce qui était avant une répartition des rôles entre les sexes, entre les couches sociales, est soudain vu comme une pyramide hiérarchique. Mais faut arrêter de se représenter le monde d'avant ce dernier tiers du XIXème comme un monde patriarcal: même l'histoire du droit te le révèlera: notamment dans ce qui est de la propriété privée et plus encore de qui en a le contrôle (nu-propriété et usufruit), ce dernier étant exercé par la personne qui a la permanence et la connaissance de cet usage (le femme dans 90% des cas pour le monde paysan). Sous différents modèles, tu trouves ça aussi bien dans les pays nordiques qu'en France. Pour le droit de vote (quine donne pas à l'homme un pouvoir sur la femme parce que l'homme ne vote pas en tant que catégorie ou sexe, et encore moins contre l'autre sexe), rappelons que si les femmes l'ont eu en 45 en France, les hommes ne l'ont pas eu réellement avant 1870 ;). Et encore, l'histoire des débats à l'Assemblée et ailleurs te montrera que c'est une opposition avant tout républicaine dure qui en a décidé ainsi, parce que les femmes étaient estimées comme plus monarchistes en France (les histoires de sexisme à divers degrés ne sont présentes que chez des minorités radicales). Et avant ça, il a été censitaire, et/ou interdit à certaines professions (notamment les domestiques/garçons de ferme et assimilés de divers degrés, soit entre 1/3 et la moitié de la population masculine). Faut pas délirer ces histoires de "pouvoir patriarcal" qui est de l'invention de bas étage pour les besoins d'une rhétorique qui passe bien dans les médias. Si ça n'était pas le cas, les mouvements féministes actuels ne tricheraient pas autant avec les statistiques dans les sujets qui leurs sont chers, et ils utiliseraient autre chose que des exemples qui ne remontent jamais réellement avant le début du XXème siècle (sauf pour se payer un petit délire antique/mythologique de temps en temps). C'est tout le problème de n'examiner l'histoire, ou une partie de l'histoire, que sous un seul angle, avec une seule lorgnette. La "vision" en terme de superstructure/infrastructure n'a pas attendu Guy Debord. C'est un mode d'analyse faux et idéologique, mais il ne vient pas pour autant des péteux de la rue d'Ulm ;). Il peut être en fait question d'inclure le féminisme dans ce sujet, pour deux raisons: - c'est en bonne partie avec les féministes, ou plutôt face aux mouvances féministes, à leur agenda politique, à leurs idéologies mais surtout à leurs discours rôdés que ce débat aura lieu un jour ou l'autre. L'autre adversaire sera l'armée elle-même, ou plutôt le côté "gardien du temple" de la caste de ses cadres blanchis. - il est bien question d'un changement de mentalité dans une société qui n'est plus une société de type industriel/nationaliste avec une menace massive immédiatement à ses portes. On se repproche plus en fait d'une société d'Ancien Régime sur bien des points, où la conscription militaire ne serait jamais intellectuellement envisagée comme devant être universelle (une hérésie pour une mentalité d'Ancien régime: on n'exige pas un sacrifice pareil de gens qui n'en retireront pas le bénéfice corollaire au combat). L'indifférenciation sexuelle à l'égard du métier est en fait la seule différence.
  7. Tancrède

    Nanas au combat

    En tant que lobbie politique et médiatique, il est né dans des milieux marxistes: la rhétorique est très analogue d'ailleurs. On te présente "l'histoire de l'humanité " comme un truc à ne regarder que sous un angle (inventé), celui d'une moitié de la population oppressée par l'autre :P.... Tant qu'à faire au passage, tous les maux de l'humanité sont du coup nécessairement la faute de la moitié oppressante dont l'élite pensante (ah ben oui, c'est organisé :O) est appelée "patriarchie" par certains féministes. Bref, les idéologies de systèmes dans toute leur splendeur ont encore frappé. Notez, ça passe plus facilement à la télé quand c'est délirant, simpliste facile à capter et con. Après, évidemment que ça se complexifie: le féminisme a des centaines de chapelles. Mais pour une bonne part, il y a à la base cette vision simpliste qui raisonne en reprenant (j'ai fait court, je le signale), les principes de "superstructure" et "infrastructure", le postulat débile de "qui a l'argent a le pouvoir" (dans le couple).... Ca peut sembler en grande partie HS, mais comme je l'a déjà dit, l'armée n'est pas à l'abri de ces polémiques. Vu sa faiblesse politique (désintérêt, non-connaissance des dirigeants, relégation comme 5ème roue du carrosse et variable d'ajustement, absence médiatique....), ces débats ont lieu sans elle, et pire encore, leur dimension médiatique risque même d'imposer graduellement des modifications en dépit du bon sens, simplement parce que pour les lobbies féministes, ce n'est qu'un endroit de plus où combattre la "patriarchie" :P, en se foutant totalement de la finalité et des besoins de l'armée. Juste un endroit où marquer des points et suivre un programme idéologique. Ce débat là est l'un des aspects de celui, plus large, qui risque de cantonner encore plus les armées européennes au rôle de supplétif onusien spécialisé es peacekeeping (et qui en dispense les USA): l'un des grands arguments côté féministe est de dire que la guerre moderne ne nécessite plus de force physique ou de capacité d'agression, qu'il n'y aura plus que des missions type casque bleu/nation building, entre 2 coups de mains lors de catastrophes naturelles.... Et que tous les critères requis ne sont que des prétextes pour tenir les femmes écartées des armées et qu'il faut donc les abaisser (quoique ce vocable ne sera pas employé: ils préfèreront "adaptés"). Bref, lentement, les armées seront de plus en plus calibrés pour un "worst case scénario" de peacekeeping à grande échelle, non pour la guerre, et certainement pas pour le panel de menaces telles qu'elles peuvent se profiler ou se développer. C'est tout le problème de la Vème République et de la disparition des sujets de géopolitique/sécurité de la sphère publique: ça peut tenir, et même être bon pour l'armée si et seulement si le président et la commission de la défense (panel de députés de tous partis réellement concernés par la chose) sont réellement connaisseurs, ont une vision/ambition et tiennent ferme sur ces sujets. Sinon, l'armée est l'organisme le plus politiquement vulnérable de la république. Les généraux sont des à-plat-ventristes carriéristes sans poids politique, et la sphère politique ne voit l'armée que sous l'angle de contrats et d'emplois, et de quelques garnisons politiquement sensibles. Bref, si cela devient politiquement opportun dans X ou Y circonstances (et cette opportunité n'a pas besoin d'être d'un changement gigantesque; encore une fois, l'armée n'est plus un objet politique énorme), ce genre de réformes faciles et démagos passera comme une lettre à la poste et sans le moindre remord. Avec l'atlantisme forcené de la commission de la défense et d'une bonne partie de l'exécutif et des élites, suppléé par le désintérêt absolu pour ces questions des 2 côtés de la barrière politique, ça ne ferait même pas polémique.
  8. Tancrède

    Nanas au combat

    Moi je dis que c'est probable, et même certain compte tenu des temps d'inactivité en base, de la peur permanente, de la promiscuité, de la jeunesse des troufions et de la nature de la guerre et des unités qui la font au premier rang. En même temps, il s'agissait pour l'Union Soviétique de troupes de conscrits, ce qui multiplie les problèmes par 10. Avec des soldats pros, ça arrive aussi, mais ce serait nettement moins omniprésent. Qui plus est, côté soviet, ils n'ont pas la culture du sergent de carrière: à l'époque, les sergents étaient des conscrits avec un peu plus de formation, ce qui n'aide pas à créer une distance suffisante, ni une autorité ou une expérience équivalentes à celles de sergents pros. Les officiers sont forcés de tenir une bonne part du rôle des sergents, mais pas avec la même proximité intermédiaire, et avec plus de rudesse pour compenser, mais surtout, ça leur bouffe un temps qu'ils n'ont pas, ayant aussi leur besogne "normale" à accomplir. Le penchant pour la bouteille vient avec, en plus des causes similaires à celles des soldats. Si les officiers avaient été des femmes en majorité, mais aussi les troufions, y'aurait eu peu de chances que la situation diffère: les femmes peuvent tout aussi bien jouer à qui a la plus longue entre elles, se quereller pour quelque chose qu'elles veulent, tromper l'ennui via des expédients.... Certains aspects peuvent différer, mais les problèmes et leurs palliatifs sont au fond de même nature. Et si ce cas hypothétique parle de femmes, soldats ou officiers, en unités de combat, il faut y ajouter les mêmes facteurs que pour les hommes: nature du "pack/groupe" particulier qu'est une unité de première ligne (et la mentalité "compète/club exclusif" qu'il y a dedans), tension d'une zone de combat, emmerdement, atmosphère "confinée", pertes déjà subies.... Côté afghan, manquent-ils tant que ça de femmes? L'impression était plutôt que c'étaient les hommes qui crevaient à vitesse grand V dans ce pays depuis 40 piges. En Chine, en Inde et dans d'autres pays d'Asie, là t'as un énorme décalage entre les populations masculine et féminine, et qui ne fait que grandir, ce qui causera inévitablement des tensions sociales, une hausse du crime organisé, voire du militarisme comme exutoire pour le gouvernement. Mais bon, pour revenir au point d'avant, les féministes devraient revoir leur copie de lieux communs qui voudraient faire des femmes un élément plus équilibré ou pacifique, voire dans pas mal de leurs délires matriarchiques, un genre qui pourrait se passer de l'homme ou le mettre "sous tutelle" dans une société naturellement plus pacifique :P :lol:. J'ajoute, en référence au post précédent dans la partie sur l'agressivité des femmes comme équivalente à celle des hommes, qu'il existe une différence notable entre sexes sur les affections et dérives mentales. Dans le spectre extrême, pour chamatiser, les hommes auront plus tendance à devenir des criminels violents et les femmes des dépressives catatoniques. Mais il s'agit là des cas les plus extrêmes. Le point est qu'il faut indiquer qu'il s'agit des tendances majoritaires de chaque sexe. Or, la population féminine apte à intégrer des unités de combat aurait plus de chances de concentrer des sujets tendant plus vers un caractère et archétype mental "mâle", soit ayant plutôt tendance au goût du risque, de l'action, de l'engagement, et donc vers une agressivité plus grande, plus proche de celle qu'on observe chez les hommes. Et elle ne serait pas tempérée par l'isolement dans le cas de sous-unités organiques entièrement féminines.
  9. Tancrède

    Nanas au combat

    Ca.... les garnisons et postes avancés où les troufions restent longtemps à rien foutre sans grande information sur ce qui se passe.... Si en plus quelqu'un laisse l'alcool y circuler, le résultat est garanti d'avance.... A se demander, s'il y avait des unités entièrement féminines exposées aux mêmes conditions, quels genres de dérives y seraient observées: ça ouvre sur le thème de la psychologie et du genre d'esprit de corps qui pourrait se développer au sein de telles unités. - d'abord, il y aurait certainement une appropriation des valeurs dites "masculines", individuelles et de groupes. L'essentiel de ces valeurs, attitudes et modes de comportement sont moins liés au sexe qu'au métier, à ses nécessités et ses contraintes, ainsi qu'à la mentalité de groupe, le tout exposé à un futur dont la durée peut être très courte, en tout cas inconnue. Les amazones du roi du Dahomey avaient ainsi complètement intégré, plus que renversé, les mentalités masculin-féminin: elles affichaient toute l'attitude des unités spéciales et d'élite envers les unités régulières, voire les conscrits. Ainsi, si elles balançaient que les femmes étaient plus faites pour le combat que les hommes, c'était là la seule rhétorique "girl power", parce qu'en fait, les qualités, attitudes et morceaux de frime qu'elles affichaient était surtout dues au fait qu'elles étaient la seule armée permanente du Dahomey, le reste étant fait de paysans à l'entraînement inégal, conscrits en temps de guerre. Il s'agit donc plus de l'attitude des pros face à des conscrits; et d'ailleurs, l'un de leurs mottos était "nous sommes des hommes, pas des femmes". Elles étaient recrutées très jeunes, drillées et entraînées en permanence, et quand on regarde les photos existantes, on constate généralement une carrure très conséquente (donc un développement du haut du corps important, plus long et dur à obtenir chez la femme): le niveau d'agressivité, voire de fanatisme, y était entretenu avec zèle. A toutes fins utiles pour le métier, elles était devenues "des mâles" (façon de parler). - question esprit de corps au niveau du bataillon/régiment; c'est déjà suffisamment abstrait pour qu'une compagnie féminine puisse s'y intégrer si les choses sont menées correctement, et si, surtout, l'intransigeance sur le niveau en fin de formation de base est totale, et ce afin d'éliminer tout doute sur la question de la capacité. Grosso modo, chaque nana devra montrer qu'elle peut transbahuter un mec d'un bon gabarit sur ses épaules sur une distance conséquente. - profils et archétypes: j'ai parlé plus haut de la différence entre les archétypes "mâle/femelle" comme une chose à séparer radicalement du sexe au sens physique ("homme/femme comme réalité biologique). Le fait qu'une part de la population féminine présente les qualités physiques, achevées ou potentielles, pour remplir les critères nécessaires aux unités combattantes, ce fait est aussi lié à l'existence d'une part conséquente de mentalité dite "mâle" (goût de l'action et du risque, mentalité de "protecteur"....). Elle peut être plus ou moins développée à la base, autant par la naissance que par la vie, le cursus, l'expérience et l'éducation, mais elle sera aussi inévitablement accrue par l'entraînement militaire, tant au niveau de l'attitude mentale que de l'entraînement physique (ça rend agressif, ça donne de l'énergie, ça apprend à "en vouloir" bien plus fort....). - dernier point: contrairement à beaucoup de stéréotypes, les femmes ne sont pas moins agressives que les hommes, ou même pas réellement moins enclines à la violence, ce que révèlent les statistiques de la violence domestique. Le fait est que les cas de violence domestique résultent le plus souvent en une large majorité de femmes blessées. Mais pour ce qui est des démarrages de ces conflits, ou du recours à la violence, il y a plutôt égalité. Et quand les blessures de ces conflits sont dues à une arme (moins grand nombre de cas), et non à des coups à mains nues, les victimes sont très majoritairement des hommes. En bref, dans le monde réel, les gens qui en viennent aux mains, ou à la violence, le font parce qu'ils sont souvent tendus (pour mille raisons, structurelles et conjoncturelles) et généralement passent à l'acte en ne sachant pas quoi faire. 90% des gens ne savent pas se battre, donc à mains nues, c'est le plus grand et/ou lourd qui gagne, le plus souvent, soit généralement l'homme. Mais le recours à une arme (le plus souvent un objet du quotidien, et souvent un couteau de cuisine) est le plus souvent du fait des femmes, du fait aussi de cette différence de gabarit (qui les rend plus promptes à y penser). Bref, au-delà des clichés, l'agressivité n'est pas une caractéristique de l'homme, et le fait d'envisager de passer à l'acte n'est pas plus étranger à la femme qu'à l'homme. Pour ce qui est de la mentalité militaire, les seuls vrais facteurs qui me semblent pertinents sont donc la capacité physique et la mentalité de groupe, ce qui me confirme dans l'idée d'une nécessité de créer un niveau satisfaisant pour gérer la mixité: il faut des "packs" de femmes comme il y a des "packs" d'hommes, pas des individus isolés. On constate d'ailleurs que les cas signalés où des femmes ont été agressées dans les armées, ou simplement "mises à l'écart" ou harcelées sont le fait de groupes bien plus que d'individus. Que dans nombre de ces cas, la dite femme n'ait pas été à la hauteur du niveau physique ou technique requis n'entre pas en ligne de compte pour cette part du raisonnement: le fait est est que l'on a affaire à des unités, non à des individus, des groupes qui vivent, combattent et meurent ensemble. Essayer d'imposer la mixité à ce niveau ne pourra produire que de mauvais résultats, parce que les groupes de cette taille (section/compagnie) ne sont pas un truc manipulable reposant sur des sciences exactes et transposables sur une liste à puces de caractéristiques sur Powerpoint. Ils excluent tout ce qui n'est pas exactement comme eux. Et s'il a pu y avoir des problèmes, à diverses époques, pour intégrer des soldats d'une autre couleur, il y a entre hommes et femmes une différence bien plus irréductible. Et plus encore, surtout dans ce genre d'environnement, et encore plus quand ce groupe est envoyé au combat, pour l'action, mais aussi pour l'attente et la vie quotidienne, il ne peut pas être considéré que hommes et femmes (surtout des jeunes, généralement au niveau d'éducation moins que moyen au background culturel bien ancré et à la socialisation particulière) peuvent être des camarades de chambrée comme les autres. C'est trop d'abstraction à demander au troufion en zone de combat ou dans les longues périodes de garnison avec rien à foutre. Qu'en est-il, dans la réalité, des quelques femmes qui sont à demeure en unités de combat? Disons que la tradition de l'AdT ne permettra pas d'avoir d'infos autre qu'officielle -c'est-à-dire sans valeur- et qu'il faudrait pouvoir avoir suffisamment de bruits de couloirs pour pouvoir recouper les avis. On peut imaginer que celles-là sont au niveau physique. Mais qu'en est-il de la réalité quotidienne, en métropole et au combat? De même, cette question de la féminisation d'unités de combat en soulève une autre dans la GRH: la reconversion des militaires après 15 ans dans une unité combattante. La féminisation, parfois très poussée, des jobs dans l'administration, le soutien non projetable.... N'offre plus une soupape de gestion pour des éléments méritants. Il devrait être question de faciliter le transfert de soldats expérimentés qui veulent "être au calme" vers des boîtes privées dont les contrats de maintenance/formation/entraînement à moyen et long terme, secteur en pleine explosion, pourraient offrir des débouchés en nombres conséquents. De même qu'un usage raisonné de boîtes françaises de contractors ayant un statut particulier pour encadrer la chose. Mais en attendant, l'accès en masse de personnels, surtout féminin, aux postes fixes de l'armée comme premier emploi, a bouché cette voie pour les combattants en 2ème emploi. Intégrer les femmes en unités combattantes non-mixtes reviendra aussi, de facto, à créer un nouveau type de parcours et de carrière, pour les mdr comme pour les sous-offs et officiers; peut-être un rééquilibrage graduel de ce côté? L'un des derniers points sera aussi que, surtout face aux premières pertes en opération, il faudra être ferme et adamant dans l'affirmation que le rôle dit "masculin" dans l'histoire n'est pas ce que les féministes -qui transposent une analyse marxiste contre une supposée "patriarchie"- en disent. le rôle du masculin a toujours été d'être l'élément sacrifiable, et le militaire en est l'aspect extrême. Donc si polémique il y a face aux premières pertes, non de femmes d'unités de soutien déployées pour l'occasion, mais bien de femmes ayant été cherché la castagne dans une unité faite pour ça, l'attitude du commandement et du politique devra être de dire exactement la même chose que pour des pertes masculines et de ne pas entrer même d'un doigt de pied =dans le blabla: rôle "masculin" (au sens non sexué) = sacrifiable. Militaire = sacrifiable (c'est dans le contrat). Militaire tué = c'est comme ça et point barre.
  10. Si ça prend..... A quand le sous-marin piraté (ou simplement repéré) par une attaque informatique adverse.... Voire par des hackers purs et durs :lol:?
  11. Tu vois ce cas là dès la première GM, avec, selon le mot d'un général allemand, "la victoire du camion français sur le rail allemand"; l'expression, limitée à ce domaine, est quelque peu emphatique, mais elle reflète une réalité, dans la mobilité des approvisionnements et du transport d'hommes dans la profondeur (depuis l'arrière, pas en attaque) le long du front côté allié, par rapport à une plus grande lenteur côté allemand dès qu'on s'éloigne des grands axes d'approvisionnements (peu nombreux) côté allemand. Ca limitait le nombre d'endroits d'où lancer des offensives, ou alors ça allongeait énormément le temps de préparation d'une offensive s'il fallait la faire loin des dits grands axes: soit il fallait en construire, soit il fallait prendre le temps d'acheminer matos, appros et hommes dans la zone de départ de l'attaque. Pour la défense, c'était pareil: l'acheminement, donc le temps de réorganisation et de renfort, était plus long; vu les dispositifs organisés préventivement pour la défense en profondeur, ce décalage était cependant moins grand, sauf en cas d'offensive alliée massive qui nécessitait d'acheminer des moyens plus conséquents que prévus initialement. Dans tous les cas, une immobilisation plus longue des moyens de transport, et un temps d'action et de réaction plus long, ainsi un nombre d'options plus limité et plus contraignant côté allemand. Certainement, et l'introduction en quantités homéopathiques de matos révolutionnaires n'est pas un facteur de victoire (sauf dans le cas de la bombe atomique ;)). Mais le sujet n'est pas là: il a apparemment plus valeur de "veille" technologique pour voir ce qui pourrait arriver dans les armées.... Sinon il serait dans la rubrique "histoire militaire". Cependant, il est vrai qu'il serait assez pertinent sur ce sujet d'essayer de se demander, parmi les multiples super-technologies avant-gardistes, lesquelles pourraient être appelées à devenir un produit de "grande consommation militaire"; après tout, beaucoup de soi-disant technologies révolutionnaires n'ont jamais dépassé le stade d'expérimentation ou de produit marginal, tant côté militaire que côté civil, soit parce qu'elles n'étaient pas si révolutionnaires en fait (effet d'annonce ou usage se révélant pas si avantageux voire contraignant), soit parce qu'elles n'ont pas connu de développement économique permettant la série (pas trouvé son marché, pas convaincu d'investisseurs....), soit encore parce qu'elles ont été réellement blackboulées pour des raisons X ou Y.
  12. Tancrède

    Nanas au combat

    http://chrt-tcdp.gc.ca/aspinc/search/vhtml-fra.asp?doid=90&lg=_f&isruling=0 Un document pas mal sur la question, fondé sur une étude à grande échelle dans les 3 armes des forces canadiennes dans les années 70.... C'est assez long.
  13. Tancrède

    Le successeur du CdG

    On en reparle pour dire à quel point c'est impossible :lol:?
  14. Tancrède

    Le successeur du CdG

    Et le Pentagone peut freiner des 4 fers PARCE QUE les Européens le font; si ce n'était pas le cas, les US seraient contraints d'en faire plus. Ceci dit, le gardiennage/police des mers, ils le font, même si ça se confond en partie avec le rôle de présence (liberté des mers, montrer le drapeau: la majorité des Burkes fait quoi de son temps, à ton avis? Il faudrait un peu regarder la réalité en face: l'adversité est majoritairement de ce type, et ces vides ne se remplissent pas tous seuls, en tout cas certainement pas avec les forces armées des pays limitophes le plus souvent.
  15. Tancrède

    Le successeur du CdG

    Faux. L'armée US fait des missions de peacekeeping/"gardiennage"/police des mers.... Mais elle est une exception en ce qu'elle se débarrasse d'une partie de ces missions sur les Européens. Si ceux-ci assumaient plus leur indépendance, elle devrait prendre une part plus conséquente dans ces tâches. Les Chinois et les Russes donnent aussi dans le casque bleu. La question est simplement que ces missions que tu regardes de haut si facilement remplissent aussi un objectif politique, qu'il soit efficace ou non, pertinent ou non, bien rempli ou non: il est politique donc réel, et dans pas mal de cas, il doit être rempli car la nature a horreur du vide. Et qu'on le veuille ou non, qu'elle soit pertinente ou non, il y a une communauté internationale organisée qui a son agenda, ses tâches et des vides à remplir qui ne le seraient pas par d'autres. Et en l'absence d'autre chose, ces vides ne peuvent être remplis que par des forces armées. Les Coast Guards US ne vont pas faire la chasse aux pirates au large de la Somalie ou ailleurs, ils ne vont pas faire de l'assistance aux populations à Haïti.... Chose que la Navy fait (avec d'autres) et que personne d'autre ne ferait. Il ne faut pas confondre non-compréhension du domaine stratégique/armée et d'une indépendance assumée d'un côté (cas européen), et utilité/inutilité des tâches de peacekeeping/police des mers de l'autre. Les 2 emploient les mêmes vecteurs (les forces armées), mais dans le premier cas, c'est en train de devenir sa seule utilité pour les élites européennes contentes de leur statut de protectorat, et dans le second, c'est par défaut d'un autre outil que ces tâches (dont l'essentiel sont nécessaires, et certaines discutables) sont assumées par ce même vecteur. Le côté "sacré" de la dissuasion nucléaire est que précisément, c'est LE domaine où la confusion des genres est rigoureusement impossible, parce qu'il ne peut servir que dans 2 options de ta trilogie made in Sun Tzu, la dissuasion et l'utilisation pour effet de pure destruction: arme "absolue", parce qu'il n'y a pas de mode d'usage intermédiaire. Pourquoi? parce qu'il y a un ordre international (qui profite encore à l'Europe de façon de plus en plus disproportionnée), et qu'il est injuste (aucun ne pouvant être juste): certains Etats (peu en fait) ont les moyens, d'autres non, mais dans un monde aussi interconnecté où une zone d'instabilité a des répercussions de toute façon, il est bien question de police du monde (concept à définir et à bien circonscrire), sachant que les Etats de ces zones n'assureront pas un niveau de sécurité correct. Parfois, des entités non-étatiques de tous ordres peuvent même, à des milliers de kilomètres, constituer un adversaire direct pour un Etat lointain. Ta phrase serait pertinente si et seulement si tous les Etats pouvaient remplir leur part de sécurisation pour un niveau global et local optimal, auquel cas l'armée n'aurait besoin que d'être un outil de pure coercition pour des guerres symétriques, ne s'entraînant et s'équipant que pour ça et ne sortant donc jamais de ses bases que pour des exercices, avec seulement des actions de services secrets et de FS pour faire mumuse discrètement à l'étranger. C'est une utopie. A ceci près qu'un outil de guerre ne se bâtit pas quand l'urgence vient, et que les matos et systèmes (parfois fait de nombreux matos/bâtiments) les plus gros et les plus complexes nécessitent des tailles minimales et des séries. Et ils nécessitent plus encore des programmes permanents. Et chacun correspond à des besoins, des intérêts et des vues d'un acteur géopolitique, non seulement à un instant T, mais aussi perçu dans le long terme. Et ces trucs ne sont pas seulement nécessaires en soi, mais aussi la capacité de les produire, qui est pleinement participante de l'effet de dissuasion de l'outil et concourt de ta capacité de défense globale. Pour ça aussi, un effectif plancher est nécessaire et correspond en partie à des arguments économiques (regarde le Japon qui produit des séries de tanks à rythme ralenti, voire dont il n'a pas besoin, pour conserver la capacité de les produire). Quand aux besoins réels, faut quand même les regarder avant de dire ce que tu dis: 11 FREMM, c'est réellement à peine de quoi entretenir la capacité d'une flotte de guerre. C'est un noyau pour conserver des équipages et une capacité de combat de brève échéance.
  16. Toujours ce mythe des "recettes exceptionnelles" qui est actualisé comme valeur comptable à l'avance, sans même savoir quel chiffre sera obtenu. Des estimations très généreuses pour se donner des apparences.... Dans les faits, sûrement pas 2 milliards. Mais la question des coûts de fonctionnement est aussi intéressante qu'inquiétante: "mutualisation" est de même un terme très politique qui veut tout et rien dire et dont l'estimation repose sur les desideratas politiques de l'émetteur, au moment où le terme est employé. Cependant, l'importance des objectifs est telle que les implantations elles-mêmes pourraient encore être revues (ce qui veut dire affrontements politiques en interne), afin de concentrer un peu plus (sûrement pas encore assez) le nombre de bases. Mais l'inquiétude est de voir encore des rognures générales sur l'entraînement, les dotations, les stocks.... Avec pour corollaire d'inefficacité l'explosion des budgets de préparation juste avant un déploiement et celui des achats d'urgence.
  17. Tancrède

    Nanas au combat

    Tu veux dire, dans l'article référencé? Oui, elle tape le torse, bouh, douleur. D'un autre côté, quand tu montes un dossier à charge, même la quantité de postillons peut devenir un grief :lol:. Mais taper (même sans dommage), surtout dans une institution comme la Marine où la mystique du commandant flegmatique et silencieux est la plus poussée, c'est ça qui est surtout employé comme argument pour dire que c'est un comportement de merde. Parce que le truc grave n'est pas que ça fasse mal ou pas, mais que côté officier, ce soit de la gesticulation faisant montre d'un manque de self control et d'une autorité nullissime, et côté subordonnés, c'est humiliant de se faire traiter en public de la sorte, comme un môme de 3 ans. Oui et non, enfin surtout non: - les femmes ne sont pas une "minorité", mais une réalité biologique et psychologique (dans une moindre mesure) jusqu'ici jamais envisagée dans l'armée. - la question est qu'il s'agit de parcours d'intégration pour les femmes (avec des unités de destination spécifiques), mais aussi pour d'autres publics, surtout en raison des problèmes de vivier de recrutement - s'agit-il tant que ça de discrimination: il ne s'agit pas de faire de grandes unités féminines, ou même de régiments/bataillons, mais des sous-unités, compagnies/escadrons/batteries, qui restent partie intégrante d'un bataillon/régiment, encore réellement l'unité de référence, et qui sera mixte. C'est un accommodement à la réalité là où elle est la plus gérable. On fait bien des rations de combat végétariennes et sans porc, et il y a des padre de 4 religions. - et en opération, ces compagnies/batteries/escadrons, ou leurs composantes (sections, pelotons), seront employées en tant que telles dans un dispositif indifférencié. L'important, c'est qu'elles soient en "groupe constitué", capable de s'assumer et de se défendre, pas des individus isolés qui sont vus à la fois comme des boulets et des intrus au sein des groupes incompressibles qui ont une "identité" trop forte et qui doivent la garder parce qu'elle est leur force (compagnie, section, groupe). Ces conditions de vie en opération, elles les affronteraient comme n'importe quel autre soldat, mais ensembles.
  18. Tancrède

    Nanas au combat

    J'ai surtout en fait essayé de réfléchir à plusieurs trucs: - hommes-femmes différents en moyenne en capacités, essentiellement physiques, "naturellement" - les logiques de groupe et de corps: si l'esprit de corps dans sa dimension large et abstraite (l'armée, la nation....) peut faire graduellement accepter l'idée de mixité, et si au combat et face aux normes uniques d'entraînement et de résultats, ça peut aussi finir par passer, au niveau du groupe de base et de l'unité de vie commune, surtout pour des individus isolés et ayant une "différence" en partie incompressible (dans la réalité comme dans la perception des autres et du groupe), c'est absolument impossible et irréaliste. - l'armée n'a pas un bon taux de candidats par poste, et ça semble structurel et non conjoncturel; il faut donc maximiser le vivier existant de toutes les façons possibles, en le considérant non pas comme un seul vivier, mais plusieurs "publics-cibles (inégaux en taille, c'est un fait). Eliminer la majorité des facteurs qui dissuadent les femmes ayant ou pouvant avoir la vocation (et avant tout l'attitude off-camera des groupes constitués à l'encontre d'individus isolés) va avec. De même pour d'autres publics dans la société hyper-individualiste et relativement hédoniste d'aujourd'hui (recrues en manque de forme, rétifs à une autorité qui s'impose trop vite alors que dans nombre de cas, il faudrait pas longtemps et des sous-offs pas trop obtus pour expliquer pourquoi c'est comme ça et ça doit le rester....). Sûr que plein de geeks, "gars normaux" et mollusques qui ont la vocation et l'envie de se refaire une santé et n'ont pas eu la volonté/possibilité de le faire seul se débloqueraient. De même, nombre de candidats écartés parce qu'ils ne sont pas immédiatement au standard (mais n'ont pas de problèmes de santé ou mentaux), pourraient ainsi rentrer dans le rang pour un coût supplémentaire pas vraiment gigantesque. - Cursus-sas pour 3 ou 4 grandes "familles" de recrues différentes: 1 "normal" (en fait pas de sas, ceux-là sont les aptes directs), 1 pour femmes, 1 pour volontaires mais pas en forme, et éventuellement 1 autre s'il faut affiner les définitions. Le but est d'amener les recrues au niveau unique de début d'instruction proprement dite (et là, la temporalité et les méthodes varient). C'est en fait ça le vrai seul coût net supplémentaire (avec les structures et campagnes de communication pour "aller chercher" la recrue dans cette approche ciblée). - dans le cas des femmes, la féminisation de quelques compagnies/batteries/escadrons est nécessaire pour s'inscrire dans ce cursus et intégrer les femmes en tant que groupe qui pourra se "défendre" et faire sa propre place (à quand le premier emmerdeur de dortoir qui se retrouvera menotté à poil par un GC féminin sur une place d'arme :lol:?), offrant accessoirement des vraies carrières de combat pour des officiers féminins et des soldat(e)s du rang. Au moins jusqu'à un certain niveau. Pour être honnête, le fait est que toutes les spécialisations de combat ne pourront donc être ainsi "féminisées". - un coût supplémentaire est un changement dans la GRH des armées, mais il n'est pas particulier au cas féminin: tout le monde le réclame, et il est d'autant plus impératif qu'il faut élargir le vivier de recrutement. Ainsi, s'il est entendu que 2/3 des recrues (de mdr à sergent) n'ira pas au-delà de 2 contrats, il faut compenser par le fait d'offrir de vraies formations (conditionnées par un minimum de mérite, mais pas au lance-pierre) vu l'ostracisme dont sont victimes les ex-militaires sur le marché du travail hors certaines spécialisations). C'est quelque chose qui se mutualise facilement avec d'autres administrations et ne coûte pas des mille et des cents si c'est bien géré. Un effort de lobbying de l'Etat auprès des chambres de commerce ne blesserait personne non plus. - encore dans le cas des femmes, l'existence de cursus et d'unités constituées féminines (comme il y a des bâtiments de la marine avec leurs "quartiers féminins") consubstantielles aux régiments cependant, est aussi une vitrine de communication, avec pour message implicite: "vous ne serez pas à l'écart, vous ne serez pas seule, vous ne serez par harcelée, le programme sera plus adapté". Mais l'obligation de résultat permettra de faire passer le côté "soldats tous au même niveau" et éviter les contre-arguments éternels, les rumeurs de double standards.... L'avantage d'une ou de plusieurs sous-unités de ce type est aussi augmenté si, lors d'une cocasion de déploiement, elle se distingue de façon indéniable, et plus encore si elle subit des pertes et affronte la polémique éventuelle dans les médias en disant "qu'elles ont signé pour ça et que merde aux commentaires de journaleux et autres émos des médias". Ce serait un dépucelage salutaire qui n'irait sans doute pas au-delà du premier cas. Là, elles seraient vite "banalisées", et le fait entériné. - petit avantage statistique: quelques sous-unités féminisées permettent de faire grimper le taux de sélection pour les autres unités: dans le vivier "mec" en général, mais aussi dans le vivier "direct au niveau" en particulier.... Mais des questions restent en suspens: - y'aurait-il assez de candidates en nombre et en qualité pour, même avec le supplément physique (et/ou psychologique) d'adaptation, former les dites unités? Au moins pour une compagnie de combat, y'a quand même des chances. Vu l'importancce du combat pour les carrières, ce qui est sûr, c'est que les volontaires officiers ne manqueront pas et qu'il y aura du choix pour l'écrémage :lol:. Mais une fois le projet lancé, il faudrait sans doute le faire en tant que 5ème CC d'1 ou 2 RI, avec quelques années pour voir les effectifs atteints, aux normes, et surtout matures. Surtout: si, après 7, 8 ou 10 ans, ça ne prend pas, sera t-il possible d'arrêter le bouzin? - comment se passerai la gestion de la mixité en SGTIA/GTIA face à une unité constituée? Des frictions, condescendances, commentaires, comportement de groupes côté mecs? Sûrement A une échelle gérable? C'est la question. Disons qu'on imagine mal les légios accepter le fait quand même :lol:. - de telles unités, si elles se créent, et surtout s'il s'en crée plus d'une, créeront-elles un appel plus large aux vocations féminines ainsi décomplexées? En somme, ces compagnies/batteries/escadrons deviendraient-ils des "produits d'appel"? Impossible à dire: il faudrait déjà en fait, avant de se renseigner par divers sondages dans la population, faire parler (anonymement) les femmes dans les armées pour savoir si elles sont réellement contentes d'être en unités de soutien ou fixes, ou si elles voudraient aller en unités de combat mais savent juste ce qui les attend question sous-unités. - comment éviter les polémiques potentiellement nuisibles qui pourraient quand même apparaître? Là c'est plus facile: d'abord être inflexible sur les critères et standards divers et variés pour l'entraînement et la formation. Ensuite, ne pas citer que les "défauts propres aux femmes" côté vie militaire, manques de dispo, taux plus élevé de fractures et fragilisation osseuses.... Mais balancer aussi sur les spécificités masculines: indispositions dues à l'alcool et aux drogues, comportements violents.... Aux USA, si le taux de grossesse est enlevé des statistiques, la tendance est inverse et ce sont les mecs qui sont plus indisponibles. Et de ce côté, pour les unités de combat, il peut être demandé un certain engagement côté femmes, pour la durée de leur contrat, ou réserver un petit volant pour ciompensr: le taux global n'étant pas gigantesque, à l'échelon compagnie, ça va pas chercher loin. - plus dur: y'aurait-il un impact réel et sensible sur "l'esprit de corps", l'attitude d'autres unités et sous-unités, des "mecs" en groupes constitués? Sur l'unité des forces, le regard sur le politique? La question doit être posée, parce qu'en définitive, il ne s'agit pas d'une expérience sociologique pour satisfaire les chiennes de garde ni d'un "truc" pour refiler un cursus combat à de jeunes femmes officier afin que plus d'entre elles prennent du galon dans les spécialisations "en vue", mais d'un moyen parmi d'autres (et plutôt low cost) pour améliorer la qualité moyenne des recrues. En somme, est-ce que l'impact général et ses répercussions directes et indirectes seront "pour le bien du Service" comme ça se disait avant?
  19. Tancrède

    Nanas au combat

    Oui, c'est vrai, c'est très sectaire, sexiste, sans doute raciste (tout est raciste aujourd'hui) et contre l'honnêteté naturelle des Etats (surtout autoritaires), la présomption d'innocence, le bénéfice du doute.... :-X Honte! Shame! Mais qui n'a pas du mal, à les voir défiler, à imaginer leurs jolies petites formes comme vraiment trop frêles pour même porter une arme.... Et encore plus un barda? Mais que pensez-vous de ma proposition de gestion de la mixité seulement au-dessus de l'échelon compagnie, afin d'intégrer non des femmes isolées mais des GC/sections/compagnies constituées dans des SGTIA et GTIA? J'essaie d'imaginer la chaîne de conséquences, coûts et avantages obtenus, et le but est d'essayer de voir si une telle démarche vaudrait le coup au final.
  20. Tancrède

    Nanas au combat

    Le sujet est sur les unités de combat, pas les jolies auxiliaires chinoises (si toutes sont même des militaires: y'en avait trop de jolies pour que ce soit innocent).
  21. La Cour des Comptes le fait très bien, et jadis le Commissariat au Plan le transcrivait en perpectives de réorganisation/développement.... C'est pourquoi Chirac et Jospin ont détruit ce dernier, et le gouvernement actuel rogne les prérogatives et moyen de la première (mais les gouvernements l'ignoraient déjà copieusement depuis 30 piges).
  22. En attendant, dans l'histoire de l'A-380, y'avait un pôle français qui était au niveau, et un pôle de Hambourg qui se drapait dans de faux résultats et qui ne s'était pas modernisé ni repensé. Avec ou sans subventions, les grosses structures s'enferment dans ces logiques, souvent par préservation d'habitudes et féodalités confortables, pour éviter les conflits internes (avec le personnel, mais surtout entre "chefs" de baronnies internes) et pour faire durer les carreaux cassés en terme de coûts. Ceux qui croient qu'il y a une différence entre grosses structures étatiques et grosses structures privées, surtout multinationales, se fourent les doigts dans l'oeil jusqu'à l'omoplate ;). Le post ne te remettait pas en cause ;), ni d'ailleurs ne parlait des Allemands en général; le terme "les Allemands" était en l'occurrence pour parler de l'attitude de l'Allemagne en tant que pays/Etat (comme le terme "Berlin" d'ailleurs, ou encore "les Américains" quand il est question de la politique extérieure US). Ben c'est surtout que les résultats à l'export, faudrait arrêter de prendre ça pour un signe de bonne santé économique: une économie basée sur les exportations est une économie de pays en voie de développement. Un pays développé, en tout cas un d'une certaine taille, est avant tout un pays qui est son propre premier marché, et de très loin. Et c'est encore plus vrai aujourd'hui où toutes les grandes zones économiques sauf l'UE pensent avant tout en ces termes et non en termes de cette illusoire division internationale du travail: combien de temps les Chinois et autres pays émergetns vont-ils acheter de la machine-outil allemande? Question bagnoles et produits chimiques, c'est déjà fini pour les gros sous. Ils cherchent à se rattrapper et à ne dépendre de personne. Le calcul économique allemand n'aura d'effet qu'encore quelques années, et guère plus. Et en attendant, ils auront encore plus massacré leur marché intérieur qui se retrouvera en outre extrêmement vieilli, avec une grosse part de retraités très aisés, et une population active dans la mouise (sans parler de la part très bien formée de la jeunesse qui, sans grandes perspectives, qui s'exportera encore plus qu'elle ne le fait déjà). Et tout investissement productif continuera à être condamné ou sévèrement limité au profit de la rente des vieilles générations (qui par ailleurs ne sera pas si joyeuse parce qu'elles devront soutenir leurs enfants et/ou petits-enfants).
  23. Tancrède

    Armée Autrichienne

    Ils feront ce calcul un jour ou l'autre. Ils n'ont aucune menace frontalière, la sécurité est européenne et américaine, et s'ils renoncent la conscription comme les forces lourdes sont les derniers remparts de principe (national et d'organisation). Dès que le "tout pro" sera à l'ordre du jour, ils entreront dans les faux prétextes de "l'armée compacte, pro, moderne, déployable et efficace" qui permettra de diminuer à volonté. Les forces lourdes contraignent, par leurs besoins, à un certain format: gicle-les, et tu gicles une cascade d'unités, de coût et de besoins. Après, qu'ils aient une ou deux brigades de plus que l'Irlande ne change plus vraiment rien: l'infanterie ne coûte pas cher en termes organisationnels. Alors une Heer à 3, 4 ou 5 brigades d'infanterie légère, ça change rien au poids diplomatique nul de l'Autriche, mais ça leur économise beaucoup de fric.
  24. Ils le savent un peu trop bien et agissent un peu trop bien dans ce sens.
  25. Pas vraiment: déjà parce qu'une bonne partie des inégalités en Allemagne a "pu" être transférée vers une différence plus géographique que socio-économiques (wessies und osties); quoiqu'il arrive il y a un nivellement économiques dans un pays développé, et ce nivellement s'accroît toujours plus en occident depuis une trentaine d'années, concourant d'un cycle de polarisation de la richesse. Mais surtout, il faut regarder la réalité allemande: post réunification (afin d'éviter de fausser les statistiques en ne prenant que la RFA), le niveau de revenu moyen allemand était supérieur de 20 à 30% au niveau de revenu moyen français, et la différence de niveau de vie encore plus grande pour diverses raisons (notamment une plus large et plus précoce distribution low cost). Aujourd'hui, la différence est quasi-nulle entre les 2 pays. Et si on affine la recherche en regardant le facteur générationnel, c'est pire encore pour l'Allemagne. Evidemment que c'est leur mode de raisonnement depuis 45: mais ce mode de raisonnement était adapté à une économie en phase d'expansion, dans un monde où l'occident développé concentrait l'essentiel de la richesse et des perspectives de développement, et surtout dans un pays en plein boom démographique. Ce mode de pensée n'est simplement pas adapté à la réalité actuelle, et encore moins au futur à court et moyen terme, avant tout pour des questions démographiques et pour la simple raison de la perte (relative) de spécificité et d'avantage économiques et scientifique des puissances occidentales, surtout européennes. Le Japon est dans une situation encore pire à cet égard. Mais la politique est dictée par ceux qui ont les moyens et le temps de peser collectivement, et vu l'état de la population allemande, ceux-là sont en grosse majorité les plus de 45-50 ans, qui sont largement sur-représentés dans le vote et dans la teneur du débat politique. Les partis dominants sont des partis de vieux. Ajoute le poids du lobbying des grosses industries d'exportation et celui de la mentalité atlantiste (ajoutée au confort de la situation géopolitique, politique et budgétaire de s'en remettre aux USA pour la défense), et tu as ton résultat. Après, pour la communication politique, tu te drapes dans les discours et campagnes sur la "vertu naturelle" et la "rigueur intrinsèque" du peuple allemand :P :lol: (quiconque connaît les milieux d'affaire allemands connaît leur "honnêteté" et les niveaux d''inefficacité mêlée de prétention que beaucoup de grosses structures atteignent, comme le rappelle l'histoire Airbus), comme vaseline pour se donner une fierté, mais surtout comme un moyen de mieux accuser des "pays club meds" (en utilisant au passage de façon plus ou moins caricaturale, les vieux clichés raciaux) afin de stigmatiser quelqu'un comme étant le problème. Mais si les Allemands s'inquiétaient tant de ces pays, pourquoi les ont-ils accepté dans l'euro? Ils connaisssaient leur situation avant et connaissaient la nature des soi-disant "contraintes" budgétaires de l'UE (et les moyens de les faire respecter). Les politiciens allemands utiliseront sans doute plus tard l'argument de la "naïveté" des dirigeants de l'époque de penser que ces pays se "corrigeraient": les dirigeants ne sont jamais naïfs, ils sont toujours calculateurs et cyniques. Ce discours est d'une hypocrisie de bas étage.
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