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Tout ce qui a été posté par Tancrède
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Désolé de décevoir, mais si on peut reprocher beaucoup de choses au Front Popu, c'est pourtant de Blum que date précisément la reprise en main des industries et grands programmes d'armement, et la rationalisation de la production, industrie aéronautique en tête. Avant 36, l'industrie d'armement en France et la conduite des grands programmes sont tout simplement un scandale et une gabegie inepte et irresponsables où l'EM, les industriels et les forces politiques ont une responsabilité pleine et entière. Concentrer les industries aéronautiques et rationaliser la production d'armement terrestres furent une entreprise de longue haleine, qui ne pouvaient pas se faire en 1 ou 2 ans, mais c'est de Blum, puis du gouvernement d'Union Nationale de Daladier (mais avec majorité Front Popu, sans les communistes) que datent les premières politiques d'armement cohérentes rattrappant ce qui s'était fait, ou plutôt pas fait, depuis Locarno, soient 11 ans de non-politique en la matière. Les cadences de production de 39-40 et l'objectif d'être prêt pour 41 (pouvaient pas savoir) datent de ce moment. A noter que gouvernement Laval fut d'ailleurs l'un des pires qui fut de ce côté. Donc évitons les clichés faciles qui ont depuis longtemps été corrigés d'ailleurs.
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Je connais pas grand-chose sur l'usage opérationnel d'Enigma, mais l'un des gros inconvénients est que cet accès aux communications allemandes implique que les Alliés ne pouvaient non plus trop en faire usage afin de ne pas révéler cet avantage. Généralement, il servait donc plutôt de veille passive et de moyen de recoupement avec d'autres sources de renseignement de toutes sortes. Seules des opérations majeures pouvaient justifier de prendre le risque de révéler cet insight, et plus généralement, ils devaient faire attention à n'intervenir que sur des opérations allemandes pour lesquelles des communications étaient aussi passées par d'autres canaux que ce système d'encodage.
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[Belgique]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Jojo67 dans Politique etrangère / Relations internationales
Je me demande à quoi ça rime ces entrevues: on n'est pas censés en avoir grand-chose à foutre, et on a certainement pas besoin d'entrevues formelles (qui n'apportent pas grand-chose sinon rien) pour se renseigner sur "la situation". De la gesticulation? C'est juste pour la photo? Quand un Etat "s'inquiète", il le fait rarement savoir.... -
[Union Européenne] nos projets, son futur
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Marechal_UE dans Politique etrangère / Relations internationales
Le "yoyo", ça s'appelle l'adaptation, et l'Italie en aurait eu besoin depuis quelques années au lieu d'avoir une monnaie inadaptée à son économie. Ta "stabilité" tant vantée, c'est l'euro fort, à savoir une économie de Suisse géante faite pour les acteurs financiers (sûr qu'eux apprécient une UE plus intégrée: ils en sont les premiers militants. Ca fait quoi d'être leur idiot utile?). Le grand supermarché débile où 1/3 de la population seulement bénéficiera d'industries et de services de pointe faits avant tout pour l'exportation. Essaie un peu de comprendre ce dont tu parles au lieu de nous balancer continuellement les slogans superficiels genre "il faut plus d'Europe", "l'Europe se renforce toujours plus" (ça veut dire quoi "se renforce"? Chaque fois que je lis les statistiques, je constate le contraire).... Renseignes-toi un peu sur ce qu'est l'euro et quels intérêts ça sert, à quelle vision économique ça correspond et ce que ça implique en terme d'impact sur les différentes économies qui le composent. Mais la colonisation économique allemande (donc la tutelle américaine pour le reste), la pensée monétariste/libre-échangiste en dépit du bon sens et la mainmise de gros acteurs financiers sur les politiques monétaires et budgétaires ont l'air de te convenir. Non, c'est à peu près ce que tous voient venir depuis un bail. Ils attendent juste de voir l'inévitable effet boomerang. Mais c'est vrai, j'oubliais que tout ce qui n'est pas d'accord avec toi est europhobe enragé. -
Ca les forcera à considérer et à connaître ce qu'ils achètent, donc à y réfléchir au lieu de faire, acheter et vendre des packages virtuels dont ils ne savent rien en quelques millisecondes. Faudra qu'ils lisent autre chose que les statistiques et les historiques de ventes des dits produits (rêvons un peu). Imaginez un monde où les traders seraient des investisseurs et y connaîtraient quelque chose en économie . Ou bien un monde où ils seraient ce qu'ils sont censés être, à savoir des exécutants au service de stratégies d'investissement réel, et dont la seule VA serait de savoir un peu mieux se démerder pour rafler plus de titres d'une boîte recherchée.... Un rêve? Evidemment :'(.
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[Union Européenne] nos projets, son futur
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Marechal_UE dans Politique etrangère / Relations internationales
C'est oublier que pour les élites eurocratiques et leurs copains nos chères élites nationales, le libre-échange n'est pas une conception d'opportunité en fonction d'une situation donnée, mais une religion très dogmatique et unilatéralement partagée. Le Brésil, comme tous les autres pays émergents/en développement, a compris que garder le contrôle du marché intérieur (au moins sur quelques secteurs clés, en quantité -agro-alimentaire, une partie des biens de consommation....- et en qualité -quelques secteurs niches), et non se limiter à une économie asservie à l'exportation, était la seule solution. Il se protège en conséquence et ne changera pas de politique. Et plus le temps passe, moins l'aptitude de l'UE à peser face à cette attitude, qu'elle est la seule à partager, sera conséquente. -
[Union Européenne] nos projets, son futur
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Marechal_UE dans Politique etrangère / Relations internationales
Faux: - d'abord et avant tout parce que ça n'est pas sans conséquences énormes pour l'Etat - ensuite, pour être honnête, parce que c'est pareil avec toute concentration de pouvoir (tu fermes ta gueule si t'es pas content, c'est la règle du pouvoir). En ça l'Etat n'a rien de spécifique si ce n'est qu'il peut, et doit pouvoir, toujours aller au moins un cran plus loin. N'importe quoi de géré relativement intelligemment dans le temps afin de soutenir la demande nationale qui, au passage, est à peu près la seule raison pour laquelle la France a encore une note AAA auprès des prêteurs. Faire de la dette en temps de crise n'a rien de problématique; c'est ne pas la résorber en temps de croissance qui l'est. Pourquoi ne tolérer l'endettement massif qu'en cas de guerre massive. Les dégâts que prend un pays et la démocratie face à de telles crises ne sont pas négligeables. S'il ne faut pas sacrifier demain à aujourd'hui, l'inverse est aussi vraie. Après, pour les modalités de soutien de la demande, il faut aussi être cynique et voire ce qui a le plus d'impact sur l'offre purement nationale en premier lieu, et sur celle de nos clients les plus réactifs ensuite: - les grands travaux d'équipement et infrastructures (nouveaux ou remplacement) sont évidemment un bon biais à cet égard - les commandes d'investissement de l'Etat, dont la Défense est l'un des piliers, sinon le plus gros pilier - un nouveau chantier qui va avec le "développement durable" mais constitue aussi un magnifique outil de protectionisme et d'aménagement du territoire: l'organisation de circuits économiques de proximité (échelon régional, départemental ou autour d'une grande ville), pour la filière agricole notamment, mais aussi plus largement pour nombre d'autres filières - le soutien de la demande des plus modestes, au-delà de la conception qu'on a de la solidarité, est un bon outil économique, car, outre le fait que c'est pas ça qui coûte réellement cher, cette demande s'oriente avant tout vers la consommation du nécessaire (statistiquement observé), et alimente avant tout le marché nationale (alimentation, bâtiment....). L'effet multiplicateur existe pour l'action sur cette demande, même si c'est pas un énorme booster question quantité. - une politique de soutien et financement à la création d'entreprises et à la garantie de facilités de trésorerie, surtout face à la frilosité et à l'hypocrisie des banques, est un soutien absolument nécessaire. Encore plus, et ça marcherait mieux si l'Etat avait gardé un vrai outil d'analyse prospective et d'action suivie (feu le Commissariat au Plan), une politique d'investissement de l'Etat dans des secteurs ciblés (technologies vertes....), soit comme prêteur à conditions préférentielles, soit comme acteur direct, est vitale, encore une fois face à la frilosité et à la rapacité des acteurs financiers. -
[Union Européenne] nos projets, son futur
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Marechal_UE dans Politique etrangère / Relations internationales
De l'inconvénient d'avoir des dirigeants qui sont de vrais moutons: - devant les médias et les opinions publiques - devant ce qu'ils pensent être les désideratas du corps électoral pour chaque prochaine élection, et ce qu'ils savent être les demandes de leurs clientèles électorales - devant l'idéologie dominante, appuyée par la Commission, la BCE et les différentes "puissances financières" (désolé pour le terme très "années 20-30", mais la flemme sévit) Faut pas chercher les contradictions beaucoup plus loin. Ajoutons à cela les habitudes et contraintes d'une temporalité étalée pour les jeux politiques entre Etats (ce n'est après tout qu'une négociation constante, et les Allemands n'ont jamais rien voulu d'autre que vendre cher leur consentement; jamais il n'a été question de ne pas le donner).... Jouer le pourrissement satisfait toujours les intérêts de quelqu'un. On constate quand même ici les méfaits d'une presse stupide, inculte, moutonnière, lâche et/ou aux ordres (et, il faut le dire, des populations largement incultes et n'écoutant que les discours faciles): rien ne permet de forcer la main des dirigeants et de leur mettre le nez dans leur merde. Rien ne permet de mettre plus en lumière le rôle néfaste des acteurs financiers (avec des noms) qui jouent le pourrissement et alimentent le feu au point d'en faire un incendie non maîtrisable. -
A ceci près que tu parles comme toujours dans l'absolu, et non dans la réalité. Du coup les conclusions sont bancales au pire, très partiales au mieux.: - que les taxes, donc la dépense publique, soient mal gérées et que leur efficacité soit mauvaise, parfois scandaleuse, c'est un fait, et je crois pas que beaucoup ici contesteront. - mais limiter la question à tes 3 solutions est faux, et notamment parce que les taux de marge comme la part réservée à l'actionnariat, mais aussi "l'investissement" sont des sujets aujourd'hui très biaisés. Je l'ai déjà dit, une grosse part de ce qu'on appelle "investissement" ne l'est pas, mais constitue une grosse partie de ce qu'on résume sous le nom de "sphère financière" (avec les masses de fric purement spéculatif, ressortant d'acteurs spécifiques, et la grosse masse de l'épargne): qu'on préfère allouer sa tréso à ce genre d'activités (ça devient problématique quand on retarde des paiements dus parce qu'il est plus rentable de laisser ce fric en bourse un peu plus longtemps), ou carrément dégager le max de liquidités pour l'investissement à court terme, le problème reste.... Ca n'est pas de l'investissement dans la production, la recherche, le développement, le commerce.... Et il faut parler tout connement des marges, non seulement de l'acteur final, mais aussi de chaque maillon de la filière de production en amont, subdivisée et complexifiée à l'extrême, à mettre en corollaire avec la compression permanente de la part des salaires, qui est un mouvement global et non spécifiquement français. On parle pas de marges de quelques %. Quand à la part réservée à l'actionnaire, là y'a pas grande polémique: elle n'a fait qu'augmenter depuis 30 piges, en même temps que se raccourcissait la vision des dirigeants. On peut pas appliquer un raisonnement issu des 30 Glorieuses et d'avant à la situation de l'économie telle qu'elle s'est développée depuis les années 70. La création de valeur et sa répartition sont partiellement parasitées par l'Etat en France, mais elles le sont bien plus, au niveau mondial, par le comportement et les mentalités des grands acteurs économiques. C'est là où revient la notion de protectionnisme notamment: parce qu'en l'état des choses, notre seule option sera quoi? D'aligner sans cesse les revenus sur le moins disant, avant tout la Chine, qui a suffisamment de réserve démographique pour moins dire encore longtemps, et pas seulement pour les jobs peu qualifiés? Dire qu'on compensera ça par la "montée en gamme" et les productions à haute valeur ajoutée, mirages des 15 dernières années, c'est se masquer le fait que ces créneaux ne compteront que pour une faible part d'une population active. Et que la production de richesses ne peut atteindre des niveaux intéressants que si l'on occupe le gros de notre marché national sur tout le spectre de la VA. C'est pas l'Etat qui handicape suffisamment l'économie pour expliquer le succès des importations de produits à bas coût qui colonisent notre marché national, comme les économies occidentales en général, et de loin.
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[Union Européenne] nos projets, son futur
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Marechal_UE dans Politique etrangère / Relations internationales
Ni les années 30, ni les années 70.... Et pas non plus les lendemains du Krash de 1987, ou la crise financière de 1993.... Faut croire que ça veut pas rentrer et que les politiciens aiment prolonger les crises parce qu'ils savent qu'ils n'auront pas les couilles de resserrer les boulons, de taper sur leurs clientèles et de remettre en question leurs petits systèmes confortables quand ça ira mieux.... Alors tapons gaiement sur tout le monde quand c'est la merde, histoire de garder la tête enfoncée dedans; ils croient que ça sent meilleur ou que les populations s'habituent quand le plus grand nombre en a dans les narines? -
[Union Européenne] nos projets, son futur
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Marechal_UE dans Politique etrangère / Relations internationales
Forcément, leurs patrons banquiers leur ont dit qu'il fallait être d'accord. Serrer la vis pendant une crise :P.... Y'en a qui persistent à ne pas vouloir retenir les leçons de l'histoire. -
Guerre Etats-Unis vs Europe qui est le loser?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de nourdi dans Politique etrangère / Relations internationales
On a Jason Statham et Daniel Craig, il sont rosbifs, pas ricains, et plus en forme que Willis/Schwartzy/Stalone les croulants..... Mais Van Damme et Seagall s'annulent; aussi stone et foireux l'un que l'autre, et sans doute trop cons pour trouver le champ de bataille . En France, on a qui? Oups, y'a juste Clovis Cornillac qu'a fait un film de baston :-[. Non on ferait mieux de se rendre tant qu'ils ont Norris et Jack Bauer. Et moi je vais vraiment aller prendre un cachet. De Fenrir just for fun: On peut tenter un assaut Yamakasi sur New York -
Guerre Etats-Unis vs Europe qui est le loser?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de nourdi dans Politique etrangère / Relations internationales
Tu veux dire le Texas? Ils attendent qu'USA et UE se soient atomisés et attaquent tout le monde (avec Chuck évidemment). Juste une petite, pour soutenir l'argument: Un jour, Chuck Norris a fait un bras de fer avec Superman.... Le perdant devait foutre son slip sur son pantalon :P.... Maintenant je vais sortir :-X. -
Guerre Etats-Unis vs Europe qui est le loser?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de nourdi dans Politique etrangère / Relations internationales
A moins qu'on se révolte tous ensembles, pourquoi les USA iraient faire la guerre contre leur colonie :P? -
Roland, je sais pas pourquoi tu persistes à penser qu'on a des points de vue si radicalement opposés sur les principes, les buts et les aspirations; c'est pas le cas. Les vraies différences sont sur le mode opératoire: - que tu exposes ton point de vue comme si on pouvait trancher à un instant T dans des dépenses soudain devenues sacrifiables. Et quand on parle de retraites, on parle en plus de gens qui ne pourront rien faire pour récupérer ce qu'ils ont perdu et ne pourront tout connement plus vivre. Plus largement, ceux qui en bénéficient font leurs anticipations individuelles en fonction de ces revenus et prestations. - que tu n'envisages pas que les dépenses produisent aussi des effets sur l'offre nationale et la conditionnent en partie (couper ces dépenses d'un coup est aggravateur de crise). Qu'on le veuille ou non, on parle de systèmes "lourds" (à tous les sens du terme) qui composent une des données en fonction desquelles fonctionnent l'offre et la demande en France. Impacte brutalement cette donnée, et l'effet en cascade peut être ravageur (consommation, production nationale....). Une réforme est inévitable certes, et elle entraînera en partie cette cascade. Ce que tu appelles le "maintien du train de vie" est aussi un des gros facteurs de l'offre nationale. Fais ton "grand soir" de la réforme de l'Etat, et une partie de l'économie se casse la gueule avec.... Et en fait tu donnes à Besancenot son "grand soir". - que tu utilises le mauvais fonctionnement conjoncturel de nombreux systèmes étatiques pour en condamner le principe dans l'absolu: la Sécu fonctionne mal, mais elle a bien fonctionné longtemps. L'EN fonctionne mal mais a bien fonctionné encore plus longtemps. L'hôpital est à la ramasse mais a eu ses longues heures de gloire.... Bref, toute organisation humaine, privée ou publique, est condamnée à l'entropie à un moment ou un autre. Elle attend sa réforme. Mais ce qui est un erreur, c'est de dire que parce que c'est la merde à un instant T, c'est son principe même qui est une connerie. Etablis un système, quel qu'il soit, quel que soit son domaine, et même s'il fonctionne super bien pendant un temps, tout ce qui le fait deviendra un problème à plus ou moins brève échéance. - que tu n'envisages pas la question selon le fonctionnement réel (d'aujourd'hui) de l'économie: le cas du chômedu est emblématique. On est à un point, dans les sociétés dites "développées", où la subdivision de l'activité et les exigences sont telles que retrouver un taf est long et dur, et que même une bonne part des qualifications "haut de gamme" (bons cursus....) sont aujourd'hui "banalisées" du fait de la mondialisation et de la "production" de profils qualifiés à l'échelon mondial. Le cadre, même parfois supérieur, jadis emblématique de la base de l'élite, fait plutôt partie du vulgus pecum aujourd'hui. Et il n'est pas question que de la France où le marché du travail est peu fluide et les exigences à l'embauche sont hallucinatoirement spécifiques, mais même aux USA, il est dur de retrouver un job relativement équivalent (je parle hors crise) et pas si facile de se requalifier. C'est un problème de complexité et de "lourdeur" des sociétés modernes où tout est cher en argent et surtout en temps (donc aussi en argent ;)); avoir des mioches, déménager (et tout ce qui va avec), se former.... Y'a que les tout jeunes diplômés sans attaches de 24-29 ans (29 ans et quelques = âge moyen du premier gamin) qui peuvent être réellement conformes à ce qu'idéalisent absurdement les "modèles" ultra-libéraux en vigueur. Comme les boîtes, les individus ont besoin d'un peu de visibilité autour de la trentaine. Et les modèles scandinaves tant vantés sont certes séduisants à cet égard, mais on mentionne peu leurs problèmes de financement, mais plus encore, sont-ils applicables à de grands pays plus complexes et peuplés que ces petits Etats très homogènes? Plus généralement, je m'intéresse surtout au facteur du mauvais fonctionnement des systèmes incriminés. Une des différences avec la situation grecque est que la Grèce n'avait en aucune façon les moyens de se payer son système, quelle qu'en soit la gestion. En France, et c'est là qu'est tout le côté inique, on a ces moyens, et c'est d'ailleurs ce qui rend nos échanges en grande partie caducs, ou en tout cas peu intéresssants dans l'immédiat. parce que la vraie question est qu'une vraie réforme de fonctionnement, à niveau de prestations et de services maintenus, ou pas trop loin, résoudrait le gros des problèmes pour un certain temps. Mais cette réforme semble hors de portée pour des motifs là très politiques et de gestion socio-politiques au jour le jour: complexité du timing, compétition politicienne, proximité permanente d'une échéance électorale, médias, avantages et clientélismes divers....
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Et là tu ne raisonnes que dans un absolu qui n'existe jamais, comme s'il y avait un point de départ arrêté; pour parler d'économie, on ne peut pas parler d'un type qui démarre dans la vie, c'est prendre le particulier pour le général. Je fais pas de théorie, je constate simplement. Et je me fonde sur des théories diverses. C'est pas vraiment eux qui immobilisent le gros du fric de l'épargne CENSE être consacré à l'investissement et qui n'est consacré, pour sa plus grosse part, qu'à des mouvements de capitaux de court terme et très court terme, et aux prêts aux Etats et grosses institutions financières. Là faut vraiment regarder les masses d'argent dont on parle si on veut causer réalité un minimum. Favoriser l'offre ne doit se faire, comme le serrage de vis budgétaire et les réformes qui charclent, que quand ça va bien ou pas trop mal: encourager, aider et orienter l'investissement quand c'est porteur afin de maximiser l'effet confiance. Quand c'est la crise, c'est la demande qu'il faut nécessairement soutenir, afin que l'offre ainsi développée ne s'effondre pas. Seulement ça repose aussi sur une perception bien sentie du marché national dans les 2 cas, non d'un marché mondialisé qui n'est réellement favorisé qu'en occident en général et en Europe en particulier. Trucide la demande, celle de l'Etat, celle des entreprises, celle des ménages, pendant une crise, et tu amplifies la crise. Parce qu'en plus, c'est pas vraiment les importations de produits low cost qui vont morfler le plus. Pire encore, les acteurs économiques anticipent que ça n'ira pas bien et économisent ou investissent encore moins; ça c'est l'effet multiplicateur en sens inverse, ou comment accroître l'impact d'un mouvement en cours. Ce phénomène n'est pas nouveau, mais l'importance désormais gigantesque et la rapidité des mouvements de capitaux, de même que le court-termisme, le panurgisme, les calculs délibérés et la sur-réactivité des acteurs financiers (et par extension des autres acteurs économiques) sont désormais tels qu'il est multiplié de façon démesurée. Et dans de nombreux cas, ce peut même être parfaitement artificiel.
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Quand on voyait déjà que l'affaire Kerviel a médiatiquement permis à la Sogé de faire passer 2 milliards de pertes discrètement en les foutant en plus sur le supposé passif du bouc émissaire :P.
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Désolé, mais tu te fais de lourdes illusions: ces masses financières, c'est en bonne partie de l'épargne, des cotisations d'assurance.... Et en plus, ce que font ces irresponsables là influe sur toutes la sphère économique et financière: quand ils bougent dans un sens, tout le monde y va, quand ils pointent une direction, c'est celle qui est regardée, quand ils décident de plomber un secteur et/ou une zone (rarement pour des motifs économiques réels), l'effet multiplicateur s'accroit et ce secteur morfle, quand ils décident d'en booster un (rarement pour des motifs économiques aussi), les investissements s'y concentrent (les bulles) jusqu'à l'absurde et au détriment des autres.... Seulement tu touches pas grand-chose dessus, et ce n'est en rien employé à ce pourquoi des facilités de toutes sortes leur ont été rendues accessibles, à savoir INVESTIR, réellement investir. Le tout est employé plusieurs fois pour un même montant, et ce de façon croissante considérant ce que les banques peuvent prêter au regard des dépôts et placements qu'elles peuvent avoir effectivement. Ce fric regarde effectivement les Etats comme les populations en ce que, par panurgisme et intérêts de courte vue, il n'est en aucun cas employé à ce qu'il est censé faire, et ce dans des proportions terriblement lourdes limitant au maximum les capitaux disponibles pour quelque chose qui ressemblerait à de l'investissement, qui n'est pas jugé assez rentable par ceux qui s'amusent dans l'ingénierie et la roulette financière. Le fric dispo pour les vrais investissements devient une rareté suprême, allouée au compte goutte et pour très cher, sauf évidemment pour les géants et les secteurs hyper pointus aux profits marginaux importants et aux perspectives de croissance exponentielles (comme dans tout marché émergent et/ou de niche). Résultat, ne peuvent réellement produire que les industries et secteurs très poussés, ou les gros acteurs secondaires ou tertiaires pouvant générer des volumes absolument gigantesques et répartir l'activité et le risque sur plusieurs continents. Et en plus les pays ultra tournés vers l'exportation de produits peu ou pas pointus, mais massivement bon marché en raison d'une main d'oeuvre corvéable à merci et pour pas un rond. Produits que l'on est trop contents de faire venir pour garder l'illusion d'un pouvoir d'achat maintenu. L'investissement n'est donc plus possible pour des économies complètes, sans quoi des pays comme la Grèce, mais aussi nos pays dits développés, auraient pu maintenir des tissus plus denses de PME et "petites grandes entreprises" avant tout locales concentrées sur la demande intérieure et n'ayant qu'une part réduites aux exportations, solvables et profitables mais pas gigantesquement. Ce fait maintiendrait tout connement une demande solvable et soutenable. Le problème est que tu ne sais même pas ce que c'est et que tu caricatures en limitant à ce que balancent des politiciens en campagne; on parle plus largement de relance par la demande. Parce qu'à l'opposé, on peut parler de l'extrême connerie d'une économie de l'offre qui ne développera rien du tout sinon des secteurs de marge dont l'effet ne touchera jamais qu'une partie réduite de la population. Economie de l'offre qui contractera aussi le crédit à l'extrême (ce qui, combiné à la façon dont fonctionne la finance, cassera tout connement l'investissement) et tuera ce qui reste de demande de l'Etat. Point commun des économistes de l'offre: aucun n'a jamais trempé dans aucune activité économique, se contentant de rester en chaire d'université et, à l'occasion, de planter les pays de l'est lors de leur transition.
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C'est dit: PHENOMENES ARTIFICIELS et surdimensionnés. Non, dans le monde réel. Des exemples? Rien que l'histoire de l'utilisation du contrôle fiscal en fournirait d'amusants. La mort n'est pas forcément la conséquence. Quand à l'intimidation et à la menace, tu pourras pas en entendre parler avant un bout de temps. Mais bizarrement, c'est ce vers quoi se reconvertissent les services de renseignement et de sécurité; c'est même souvent leur secteur qui a le plus fort développement. Mais je parle surtout d'un développement futur; tu crois qu'un décisionnaire politique hésitera une seule minute quand la réalité socio-économique sera telle que seuls des démagogues ultra-agressifs auront droit de cité? Surtout quand leurs marges de manoeuvre seront si réduites qu'il ne leur restera que cet outil-là. Tu crois que nos pays développés et calmes le sont ad vitam? Poutine n'a rien fait d'autre. Aucun raccourci, et comme je l'ai dit, va en parler avec les avocats concernés: tu les feras bien marrer. Accessoirement, ce sont ces mêmes normes américaines imposées au niveau international qui ont permis du hors bilan énorme et incontrôlable, assez souvent plus important que ce qu'il y avait dans le bilan.... Sur pression américaine, pression venue du lobbying des acteurs financiers. Que le monde est petit. Aaaah, je me demandais quand allait arriver la baguette magique de l'autorégulation: faut arrêter de déconner, l'autorégulation est un mythe, et le rééquilibrage n'a d'existence -partielle- que quand tu regardes rétrospectivement des analyses sur 50 piges. Faut lire autre chose que Friedman et ses abstractions. Quand aux agences de notation, désolé, mais là faut vraiment que tu te renseignes: leurs recommandations sont intéressées, TOUJOURS. C'est comme ça que ça fonctionne. Pour les commissaires aux comptes, rebelote: tu dois pas en côtoyer beaucoup, ou pas être assez intime. Les cas Madoff et Andersen ne sont pas des exceptions, mais bien plus la règle dans le gros business, et je n'invente pas de délire parano, j'ai suffisamment bossé avec les professions intéressées (traders, analystes, intelligence économique, commissaires auxc comptes, consulting, avocats) et j'y connais encore suffisamment de monde pour savoir que c'est un secret de Polichinelle et un sujet de blagues constantes au déjeuner. Sur la place de Londres comme à Paris (les 2 où je connais du monde), c'est pas trop dur à confirmer. Le couplet "Madoff a été chopé, le système fonctionne"... Pitié, faut être un peu sérieux 2 minutes. Madoff ou Enron sont 2 de ceux qui se sont fait pincer, c'est tout. Ils deviennent lépreux tout d'un coup, mais pointés du doigt par des gens qui font la même chose. Quel couplet! Les Etats, en premier lieu, ne sont pas des acteurs comme les autres: ils sont LEGITIMES et seuls représentants de l'intérêt général d'une communauté. Mais surtout, en second lieu, pourquoi différencier les élites politiques et financières? Là je parle pas des Etats mais de ceux qui les dirigent. Ce sont les mêmes! Et on supprime les dernières barrières qui faisaient encore semblant de les séparer. Comme les "marchés", les "Etats" ne sont pas une espèce d'entité informe: ce sont des appareils, trustés par des élites. Et que ce soit à Bruxelles, dans les capitales nationales ou à la tête des grands boîtes multinationales, et surtout les acteurs financiers, c'est de plus en plus chou vert et vert chou, qu'il s'agisse des mêmes personnes faisant le va et vient, de cercles de relations, de gens "achetés" ou d'affiliés idéologiques (et à Bruxelles, Dieu sait qu'il n'y a absolument qu'une mentalité unique). Et tout ce monde ne fait qu'une seule et même chose: brasser les mêmes affaires. Y'a pas de domaine politique et économique séparé, faut arrêter de fantasmer.
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Ca c'est un jugement beaucoup trop facile, et surtout dans l'absolu. Les fuites aussi sont là, et dans le monde réel, ce sont des gens, des vies (et accessoirement des électeurs) et il suffit pas de dire qu'ils ont qu'à se sortir les doigts du cul et que ce sont rien que des conneries d'assistés. Une économie, un Etat, offre un cadre pour créer des richesses, de l'activité et des opportunités, ou non. Mais le problème, c'est que si je suis contre les raisonnements Besancenot-like comme quoi il y a un gâteau et qu'on peut le partager comme si c'était une quantité d'argent disponible non seulement à un instant T, mais aussi une quantité définie ad vitam, je m'oppose au raisonnement inverse qui est trop facile. Quand on regarde une économie de près, mais plus encore le système économique global, on voit plus qu'évidemment que la création de richesses n'est pas quelque chose de disponible pour tous, et c'est pas inciter des gens à créer leur petit commerce, réel ou online, pour se baptiser entrepreneur, qui en crée. Les secteurs qui font de la vraie richesse sérieuse, y'en a pas tant que ça. Mais surtout, leurs opportunités de croissance sont TRES loin d'approcher le niveau des besoins des populations, trop nombreuses, et surtout, les gros acteurs économiques sont dans un mouvement de compression constante de la demande (recherche de la main d'oeuvre, y compris qualifiée, la moins chère, compressions des salaires....) bien trop rapide, chose facilitée par la mondialisation et la rapidité des mouvements de capitaux, et ce encore plus quand ces mêmes acteurs pensent à des horizons courts (4 à 5 ans en moyenne, soit la durée standard d'un dirigeant à son poste) donc à une rentabilité si immédiate qu'elle ne peut être "industrielle", mais plutôt financière et/ou raisonnant trop en profit marginal. Greffe là-dessus, comme conséquences: - la complexification des filières en raison de la propension extrême à l'outsourcing: tu multiplies les acteurs, donc les échelons, d'une même filière = chacun veut sa marge. Le prix ne peut plus baisser comme dans une logique d'économie d'échelle normale. Il a un seuil incompressible trop grand. Ce schéma est surtout vrai dans la grande consommation, et se trouve symbolisé par le cas de la grande distribution. - la concentration des capitaux: les richesses sont concentrées à un niveau pas vu depuis le début du XXème siècle. Corollaire, c'est là où on passe d'une économie productrice à une économie prédatrice (exemple de l'Angleterre avant et après les années 1870: financiarisation, baisse du niveau de vie....) - l'utilisation des capitaux: la focalisation du court terme et du profit marginal concentrent vers la finance et l'investissement qui n'en est pas un, à savoir l'immobilisation permanente d'une proportion sans cesse croissante des capitaux disponibles sur des fonds dits d'investissements qui ne font, en fait, que bouger sans arrêt pour des manoeuvres financières. Ou comment la finance devient une "industrie" en soi: on fait de l'argent avec de l'argent, mais pour un nombre réduit d'acteurs, et cette masse capitalistique énorme ne sert jamais à l'investissement "réel". Fait souligné par Warren Bffet autant que par George Soros. Le cas grec est emblématique: pourquoi en arriver à ce niveau d'allocations? Parce que la Grèce n'avait que peu d'opportunités de se développer assez vite pour offrir des débouchés à sa population, qualifiée ou non, et trop peu de capitaux pour développer plus, alors que le coût de la vie montait proportionnellement dix fois trop vite en raison de l'ouverture des marchés. Que là-dessus se soit greffées incompétence, lâcheté et corruption, ça arrive aussi. Mais qu'on me sorte pas le couplet sur les vertueux créateurs de richesse, vibrante incarnation de la liberté d'entreprendre. S'il y a bien une figure qui n'a rien à voir avec de tels acteurs, c'est bien le mec qui crée sa boîte du fond des tripes en raclant chaque euro disponible et la développe contre vents et marées. L'essentiel des masses d'argent qui circulent dépasse mille fois ce qu'on pourrait râcler dans la fraude et la rationalisation d'un budget national (ça veut pas dire qu'il faut pas le faire) et ce qui est réellement investi dans l'économie pour créer de la "vraie" richesse effectivement mise en oeuvre. Ces massess ont des parasites contraignant plus les marges de manoeuvre d'un Etat, orientant les flux d'investissement (ça fait partie des calculs de ces acteurs) et fragilisant autant les Etats que les économies, bien plus que des politiques fiscales ou sur-régulatrices le feront jamais. Quand un assureur (plus grosse manne financière) rechigne à payer ce qu'il doit, ou fait durer le délai de remboursement d'une PME ou d'un individu, c'est parce que ça lui rapporte bien plus de continuer à faire tourner ce fric en placements divers que de payer les avocats et experts qui font durer le dossier: ça c'est l'impact vu d'en bas. Il y a un magot: c'est pas un gâteau constant à un instant T, mais c'est la fourchette d'allocation des richesses créées dans chaque boîte, ou plus précisément dans chaque secteur et dans chaque filière. Et si la répartition continue à se concentrer, les conséquences ne seront pas limitées à des politiques qui font semblant de râler ou d'autres qui se font prendre la main dans le sac. Faut juste regarder quelles sont les proportions dont on parle.
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et si la France devient première puissance européenne ?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de tenson dans Economie et défense
A ceci près que la contrainte budgétaire et monétaire se fera sur.... Ses clients, donc ses perspectives à l'export seront immédiatement dézinguées COMME EN 1994-1995! Sa masse d'argent ne croîtra pas: faut pas confondre court et moyen terme. Et sa démographie la rattrape déjà (poids des vieux). Regarde ses chiffres: la rentrée de devises dues à l'export vers les pays émergents extra-européens ne vaut pas ce que lui coûte la perte de contrôle de son marché intérieur (ça ne compense JAMAIS) et une inévitable baisse de la demande de ses clients proches. Sans compter le fait avant tout prévisible que la Chine ne va pas continuer à importer de la machine-outil allemande mais fait déjà tout pour s'en passer. Que ses clients européens aient une demande en baisse (politique de l'euro fort jusqu'à l'absurde), et l'Allemagne perdra une grande partie de ses rentrées de devises qui, en l'absence d'un marché intérieur porteur (il ne l'est plus) et couvert par la production nationale (et il l'est peu), sans rémission, comme en 1994-95. Et en attendant, le pouvoir d'achat des Allemands baisse continuellement, contraignant à toujours acheter plus de sa consommation aux pays émergents et à perdre encore plus son marché intérieur. Exporter bagnoles (surtout dans le marché actuel et avec les contraintes falsifiées de délocalisation qui en découlent), produits chimiques et machine-outils ne compense pas, et loin s'en faut, la perte du marché intérieur. Surtout avec une population qui vieillit. Ca c'est un profil de pays en voie de développement que l'Allemagne amène; et comme ils sont encore le prescripteur de tendance économique en Europe.... -
Non, plus simplement ce à quoi on aboutira quand les Etats n'auront plus que ce moyen et que les opinions publiques seront si irritées que les politiciens actuels soit se coucheront et suivront le flot, soit seront giclés au profit de gens plus décidés, mais aussi de purs démagogues agressifs à la recherche de coupables autant que de boucs émissaires à offrir. Un seul Madoff, ça sera très léger dans ce cas de figure. Encore complètement faux: tu raisonnes en principes absolus et abstraits, pas en proportions et en temporalité. Pour garder la métaphore, les mouvements spéculatifs ont peut-être rendu instoppable ce qui n'était qu'un petit foyer parfaitement gérable. Les anticipations adaptatives, ça parle? Les anticipations auto-réalisatrices du fait de l'importance des capitaux mis en branle qui crée d'elle-même un phénomène parfaitement artificiel à partir de rien ou de petits problèmes qui avaient tout pour rester circonscrits.... Non, toujours pas? Et chaque vague de mouvements de fonds qui délenche des vagues d'anticipations nouvelles toujours plus montées en épingle, par panurgisme, par effet d'opportunité ou pire encore, par pure manipulation? Renseignes-toi sur les "stratégies" de tels mouvements chez les pros de la finance, et plus encore sur l'immense marché des boîtes d'intelligence économique (renseignement et communication, manipulation et désinformation) qui bossent là-dedans. J'y ai fait un petit tour, c'est assez amusant. Ca c'est le monde réel, pas les jolis principes théoriques de Friedman, balancés d'une chaire d'université dans les années 60, à l'époque de l'étalon or, des changes fixes et des masses monétaires peu extensibles. Oui, c'est pour ça que tant d'entre elles ont des QG dans des endroits nettement moins regardant, et que les dites législations contraignantes n'ont rien de très contraignant dans les faits, étant donné que ces boîtes ne ressortent jamais 2 fois de la même législation. Parle à un avocat spécialisé là-dedans, tu lui donneras sa grosse crise de rire de la semaine. Si les Etats étaient soumis à ces obligations? Au moins les Etats ont des directions qui changent et se critiquent les unes les autres, et un renouvellement au grand jour, de même qu'un régime de critique constante. Tu connais: - l'honnêteté des commissaires aux comptes? Ils ne vont jamais contre le client: contrôle = ZERO. Il est payé par le contrôlé . - les agences de notation, déjà si renommées: directement impliquées et liées à des intérêts privés, donc juges et parties, ce sont elles qui assurent aussi le "contrôle" d'estimation et de jugement pour les acteurs économiques, mas aussi pour bien des administrations.... On croit rêver - les contrôles des autorités de marchés = aucun moyen n'existe (budget = peanuts). Et les nominations y sont politiques: bref, toujours les mêmes potes vu l'interpénétration des milieux politiques et financiers. Ca, ça s'appelle le monde réel. Oh, les Etats irresponsables, encore eux! Et bien sûr, le fait que les gros acteurs économiques et financiers soient souvent des influences parasites au sein des appareils d'Etat (corruption, mais surtout lobbying, idéologie, publications, interpénétration des personnels et pantouflages, et financements de carrières politiques) ne joue en rien? La conformation des législations à des intérêts particuliers qui se font représenter, non, ça parle pas? Pourtant c'est l'une des premières cause, sinon la première, de l'inflation législative et régulatrice aux USA et en Europe (quand chaque texte de loi voit son volume multiplié par 20 à cause des tirets, exceptions, exemptions..... Diverses).
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Bataille de Leipzig, un échec pour les alliées ?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Charles XII dans Histoire militaire
Faut jamais juger trop facilement ce genre de truc, surtout avec le recul historique et plus encore en ne regardant que le côté militaire des choses: surtout à ce stade, les choix se font aussi sur le degré de confiance envers les dits maréchaux, pas seulement de compétence. Ou encore selon les besoins qu'on peut avoir de certains ailleurs, toujours pour des motifs de confiance et de compétence. Que Napoléon se soit séparé de Davout avant Waterloo n'a rien à voir avec quelque chose dont il avait envie, et c'est encore moins du à l'ignorance du besoin qu'il aurait pu en avoir sur le terrain. Après, pour la bataille elle-même, rappelons aussi que coordonner une masse pareille sur une telle étendue, avec les moyens de l'époque, est juste impossible, à moins de déléguer totalement et de mener plusieurs batailles peu ou pas coordonnées, ce que les Coalisés ont plus ou moins fait et qui explique à la fois leur mauvaise efficacité globale (si on les analyse comme un seul adversaire) et la contrainte de l'attaque frontale à laquelle ils obéissent, pas seulement parce que le nombre le leur permet ou en raison des leçons apprises, mais aussi parce que c'est la seule vague "coordination" qu'ils peuvent opérer. Napoléon continue à opérer de manière plus ou moins centralisée, mais ne peut faire avec ces effectifs là ce qu'il sait réaliser avec 60 à 100 000h (et là c'est déjà limite avec 100 000h): les communications, la coordination, le travail d'EM.... Tout cela n'autorise pas une temporalité satisfaisante pour de telles masses sur une telle surface, avec les moyens de l'époque. En soi, Leipzig préfigure ce que seront les batailles du XIXème jusqu'à la 1ère GM: trop de monde, pas assez de moyens (fiables en plus) de contrôle et de communication, une chaîne de remontée, traitement et redescente de l'info trop insuffisante.... Par rapport à une bataille qui va plus vite et qui tue plus vite dans tous les secteurs, assez éloignés les uns des autres. Et les réserves ne peuvent faire l'ajustement de façon satisfaisante. -
Bataille de Leipzig, un échec pour les alliées ?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Charles XII dans Histoire militaire
Ce n'est pas une victoire décisive, mais ça reste un succès allié d'attrition (ils peuvent se permettre les pertes qu'ils ont chopées, les Français non), et surtout une défaite stratégique pour Napoléon qui ne peut plus que repasser le Rhin et, aussi grave, abandonner d'importants effectifs dans les garnisons d'Allemagne. Que sur le terrain proprement dit, ce soit un revers plus qu'une défaite, n'a rien à y voir. -
Ca c'était une vision d'avant les années 80, devenue caduque et même fausse aujourd'hui, faut sortir des vieux manuels: aujourd'hui les masses représentées par la "spéculation" (j'aime pas les noms généralisants, mais c'est pratique) font bien plus qu'amplifier une tendance, elles font la tendance, elles la forcent même assez souvent, et l'exemple des manips sur l'euro est à cet égard révélateur. Qu'une tendance à l'affaiblissement de l'euro ait pu avoir lieu à un horizon plus ou moins défini est une chose, qu'il arrive rapidement et massivement en est une toute autre. Invoquer un principe très général ne recouvre aucune réalité, car il nie le degré d'importance du phénomène, et plus encore sa temporalité. Dans cet exemple, la différence entre un mouvement inévitable, mais pas nécessairement gigantesque ni concentré dans le temps, se traduit par des réalités différentes: des Etats qui peuvent faire passer un petit moment difficile, ou au contraire succomber, se serrer la ceinture ou perdre leur pantalon, rester relativement unis ou créer une spirale antagoniste dans l'eurogroupe, potentiellement destructrice.... Quand tu penses que la différence entre les "taux d'efficacité" des traders se fait sur le nombre d'opérations de vente/revente à la seconde (et en fait sur la puissance de leurs ordis et l'efficacité de leurs logiciels), tu peux douter de la pertinence de leur boulot pour l'économie. Mais tu peux surtout douter des "principes de marché" et de la pertinence de l'allocation globale des ressources qui en découle. Si on retranche l'investissement à court, très court et encore plus court terme (aucun mot ne définit les manoeuvres éclairs qui constituent une bonne partie des mouvements financiers) de ce qu'on appelle trop globalement "l'investissement", tu arrives à des chiffres vraiment réduits. Ca donne une idée des proportions. Et je vois pas ce qu'il y a "d'heureux" à ce que des institutions privées à ontérêts très particuliers aient leur mot à dire dans une politique budgétaire: soit elles prêtent, soit elles prêtent pas, mais j'ai pas souvenir qu'elles aient un droit de vote, ni qu'une place doive leur être réservée au gouvernement. Tant que l'Etat a un pouvoir de législation et d'application de cette justice, mais surtout tant qu'il a la force armée, légitime qui plus est, il a la plus grosse. Les juifs et les lombards, ou le plus gros des oligarques russes, devraient servir d'exemple. Envoyer le CdG n'est pas la question: juste s'en prendre aux personnes clés et aux biens qu'ils contrôlent. En dernier recours, ça existera toujours: les gens et les titres de propriété ne sont pas dématérialisés, et il y a bien plus d'un seul Etat un peu important qui pourrait se retrouver aux abois. Ah oui, c'est sûrement la première cause d'instabilité des marchés financiers :P.... Et eux ont donné tant de gages de confiance, tant de probité et de clarté dans leurs comptes.... Sauf qu'il est blanchi, intraçable.... Et totalement confondu avec l'argent "propre" dasn des fonds et investissements légaux. Maintenant entendons-nous bien Roland: c'est pas parce que certains ici s'en prennent avant tout aux acteurs financiers qu'ils pensent que l'Etat n'a pas une sérieuse révision de ses modes de gestion à faire. Mais en l'occurrence, quand on parle de ce qui fragilise les économies en général, il faut d'abord voir les plus grosses masses de fric et les attitudes les plus directement dangereuses et irresponsables. Et en l'occurrence, les gros acteurs financiers, par leurs comportements, objectifs et logiques, sont devenus de vrais fléaux. Que le gouvernement grec ait merdé, c'est une chose avérée, mais ce qu'on entend "proposer" en retour est aberrant: resserrer la vis budgétaire PENDANT une crise est juste absurde et prolongateur de crise (voir l'exemple de 92-93: les Allemands refont exactement le même coup avec la même stupidité, qui leur a valu à l'époque de gros problèmes). Quand on invoque aussi, par exemple, le cas canadien dans les années 90, on oublie juste une chose: certes ils ont drastiquement apuré leurs comptes publics, mais c'est aussi au même moment qu'ils ont trouvé des masses de pétrole, ce qui a plus que largement compensé le manque et permis leur boom économique. Pareil pour l'Irlande qui s'est longtemps placée en modèle de vertu en oubliant que les allègements fiscaux qu'ils ont autorisé étaient permis par les fonds européens. Les thuriféraires de l'économie de l'offre oublient juste qu'aucune offre ne crée de demande au-delà d'une frange très limitée de population ou du phénomène de mode en consommation, et ce encore plus quand on parle d'une économie mondialisée où l'offre, y compris la plus qualitative, est une chose "banalisée". On n'est plus dans le monde des 30 glorieuses avec un marché limité. Ce que les Allemands, et par extension les eurocrates et leur affiliation aux acteurs financiers, nous vendent, c'est juste un modèle de pays émergent focalisé sur les exportations de qualité qui ne concerneront au mieux qu'un tiers d'une population active (directement et indirectement), oublieux du marché intérieur ouvert aux quatre vents. Et ce que la crise grecque a déclenché est l'occasion que beaucoup cherchaient.