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Tout ce qui a été posté par Tancrède
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Les samouraïs, le Bushido, le japon d'avant
Tancrède a répondu à un(e) sujet de cvs dans Histoire militaire
Ils devaient maîtriser tant de savoirs-faires et savoirs différents que le combat ne pouvait être enseigné aussi profondément, constamment et assidûment que chez les samouraïs, c'est aussi con que ça. -
Les samouraïs, le Bushido, le japon d'avant
Tancrède a répondu à un(e) sujet de cvs dans Histoire militaire
Soulignons aussi que les ninjas sont plus ou moins des parias au sens social, même si tous les grands clans ont recours à leurs services et même si les héritiers de ces mêmes clans font souvent des classes chez eux afin d'acquérir certains savoirs et savoirs-faires spécialisés, et savoir comment utiliser cette ressource (le célèbre escrimeur Yagyu Jubei fut en partie éduqué ainsi). Du fait de ce rejet, de la nécessité de concentration des savoirs-faires (et de leur apprentissage dans la durée) et de la culture de caste, les ninjas étaient des "familles" au sens large, des communautés villageoises très concentrées dont les 2 prééminentes et plus célèbres furent les "familles" Higa et Koga. Un autre motif du rejet social était la gamme de savoirs-faires de "couverture" dans laquelle ils excellaient: bateleurs, acrobates, artistes ambulants, colporteurs.... Ces métiers leurs servaient à se déplacer dans le pays (circuler au Japon était une activité très surveillée et règlementée) inaperçus. L'un des principaux mythes concerne leur efficacité au combat et leurs armes: le combat n'était pas vraiment leur compétence première, et même s'ils ont développé avec le temps des méthodes très complètes (rassemblées aujourd'hui dans certaines écoles de ninjutsu -ou ninpo- les autres étant des arnaques), l'aura qui les entoure en a fait des combattants quasi surnaturels alors qu'ils étaient nettement moins spécialisés dans le combat, à mains nues ou armé, que la caste guerrière. La plupart de leurs armes étaient de qualité très moyenne, voire mauvaise, leur but étant avant tout d'être camouflable. Beaucoup d'entre elles étaient ainsi des bricolages ou des armes improvisées, et s'ils devaiet en venir au combat frontal, c'est que quelque chose avait vraiment foiré dans leur mission. Par exemple, passé les mythes et fantasmes d'nfance, on s'aperçoit que le shuriken est une arme très inefficace: c'est très léger, imprécis, de faible portée, et ça ne cause pas de dommages conséquents, sauf si on s'en prend un dans l'oeil (mais là, c'est vraiment pas de bol). -
Et faire grève? Avoir 10 guichets/bases pour 1 guichetier/escadron? Se foutre de la satisfaction du client? Oublier les produits standards (voir ne plus rendre les services de base) pour favoriser les produits de niche beaucoup plus chers?
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C'est moi ou ça fait vraiment compagnie de fret postal?
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Le choix japonais repose aussi en grande partie sur leur volonté de maîtriser les savoirs-faires fondamentaux en matière d'armements: ce char peut venir surtout de leur volonté de maintenir une production relativement importante en attendant le prochain modèle de MBT, les cadences de production de leur type 90, même volontairement ralenties, ne suffisant pas. De même, une production "intermédiaire" comme ce char permet de se maintenir au goût du jour dans la conception, la production et le suivi, sans pour autant dépenser autant que pour un nombre équivalent de T-90. Le Japon a une conception avant tout politique de son armée de terre; la marine et l'aviation sont nécessairement très opérationnelles et doivent être immédiatement engageables. L'armée de terre a une conception de plus long terme, où l'autonomie de production et la capacité de remontée en puissance rapide l'emportent. Qui sait aussi si la volonté d'un char plus léger ne peut correspondre à une volonté éventuelle d'avoir une force expéditionnaire dissuasive plus transportable pour faire le beau dans des opérations ONUsiennes?
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USA : politique intérieure
Tancrède a répondu à un(e) sujet de alexandreVBCI dans Politique etrangère / Relations internationales
Ce qui reflète encore quelque chose de "stable" dans la carte politique américaine: 40% des Ricains votent toujours démocrate, et 40% toujours républicain, tout le monde se battant pour le flottant de 20%. 40 à 45% de Républicains représentent donc bien autour de 20% de l'électorat. Et encore, cette haine doit être concentrée sur les faucons hardcore et la très bigote soi-disant "moral majority". -
C'est un peu HS en ce qu'il s'agit là du dernier chapitre des migrations d'une petite partie des Indo-Européens; les peuples germaniques et autres qui migrent s'étaient fixés depuis longtemps en Europe du Nord, du Centre et de l'Est et ont rebougé à ce moment. On a une fausse image de ces migrations, surtout du point de vue ethnique et culturel: - il faut d'abord noter que l'Europe non romaine n'est pas vide quand les Goths et autres arrivent: elle est depuis longtemps peuplée par des groupes plus ou moins larges de celtes et germains que l'historiographie du XIXème siècle a essayé de différencier à tort (pour des raisons de nationalisme surtout), en poursuivant la division artificielle créée par les Romains, César en tête, qui ont décrété qu'à l'ouest du Rhin, il y avait des Celtes, et à l'est, des Germains. Mais Germain, à la base, ne veut dire que "cousin". César a surtout créé une différence pour dire qu'il avait conquis "les" Gaules, inventant de ce fait un faux ensemble quasi unifié, ce qui impressionne plus que la réalité, à savoir qu'il a conquis des myriades de petits royaumes divisés. La frontière du Rhin est une invention liée aux besoins politiques de César. Mais historiquement, les langues celtes et germaniques sont clairement de racines communes, et, en se baladant d'ouest en est, les langues et cultures changeaient, certes, mais de façon suivie et cohérente, reflétant l'historique des migrations et rassemblements. - Ainsi, dans les grandes migrations, il faut souligner que certains "peuples", ne sont en fait pas venus de loin, mais ont toujours été là: les Francs et les Alamans (Alemanii = "tous les hommes"), particulièrement, sont des rassemblements politiques des tribus celto-germaniques allant des Pays-Bas à l'Allemagne du Sud, mais de tribus qui étaient là depuis très longtemps: Chamaves, Tunctères, Usipètes, Bataves, Sicambres, Ampsivariens, Marcomans.... Sont des noms qu'on trouve depuis bien avant JC, et la défaite romaine du Teutoburgenwald fut le fait de tribus, unifiées momentanément par Arminius/Hermann, qui devinrent plus tard membres du "peuple" franc. Ces tribus limitrophes du Rhin, du Danube, de la Weser et de l'Elbe ont été pour partie repoussées lentement vers l'ouest par les mouvements de plus gros groupes venus de l'est. Ils étaient acculés côté ouest par le Limès, depuis des siècles, et leur seule possibilité a été de s'unifier graduellement. - il ne faut pas oublier non plus que dans ces migrations, il y a une part non négligeable de peuples ni celtes ni "germaniques": Iraniens (Sarmates, Roxolans....), Daces, Slaves, Romains de toutes origines ayant quitté l'Empire.... Et que dans les soi-disants "germaniques", il faut différencier ceux qui sont installés en Europe centrale et occidentale depuis longtemps (tribus composant les Francs et Alamans, mais aussi sans doute une partie des gros bataillons ralliés aux nouveaux venus et qui sont présents sur les terres "envahies"), et ceux venus d'Europe du Nord et de l'est, eux-mêmes des groupes déjà assez composites: Scandinaves, Slaves, peuples baltiques, populations d'Ukraine (avec des éléments iraniens: les Ostrogoths étaient initialement des Scandinaves qui se sont séparés des Wisigoths à un moment donné, pour s'installer le long de la Mer Noire; ils sont devenus entretemps un peuple cavalier des steppes, intégrant en partie d'autres ethnies avant de repartir vers l'ouest).... - dans l'ensemble, il ne faut pas considérer que ces peuples sont des entités ethniquement et culturellement homogènes, ni même qu'ils ont une religion ou une langue commune. Ce sont des rassemblements opérés par une tribu particulière, qui peut être la plus puissante du groupe ou non, ou simplement avoir eu, à un moment donné, un avantage politique/tactique particulier. Les Huns eux-mêmes n'étaient qu'une partie minoritaire du grand ensemble de la horde d'Attila. L'historienne Anne Bernet compare tous ces peuples des grandes migrations/invasions à de larges bandes organisées et composites qu'on pourrait assimiler aussi bien à des entreprises privées qu'à des gangs organisés ou des troupes de mercenaires coalisés et "concentrés" (comme une joint venture capitaliste) par une aristocratie particulière. - il n'y a en fait que les aristocraties dirigeantes de ces peuples qui offrent un noyau de "culture dominante" qui s'impose plus ou moins à l'ensemble, non en ce qu'elle crée une culture commune, mais en ce qu'elle dirige ces fédérations de tribus (et que les élites des dites tribus assimilent pour partie afin de s'insérer dans les hautes sphères de ces groupes). Les manuels parlent ainsi de "peuples", quand en fait ils retracent l'histoire de ces aristocraties centrales, le groupe qu'elles dirigent n'ayant aucune unité ethnique, culturelle, linguistique, religieuse ou autre, comme si on parlait de l'histoire d'un gros conglomérat multinational (avec des dizaines de métiers dans des dizaines de pays) en la résumant à celle de son conseil d'administration. Numériquement, c'est assez dur d'évaluer ces entités, et ce d'autant plus que leurs effectifs devaient varier assez souvent, au gré des ralliements, des conquêtes, des pertes, des défections ou de l'installation de certaines tribus dans une zone conquise, mais aussi de rassemblements exceptionnels et négociés pour une campagne particulière (cf l'invasion vandale et alémanique de 406); c'est comme l'actionnariat d'une grosse boîte ;). Et c'est d'autant plus dur qu'il s'agit souvent de peuples en mouvement, où il est délicat pour les observateurs de différencier les combattants des non combattants. Mais dans l'ensemble, il est douteux que, tout compris, le noyau permanent des plus grosses de ces fédérations ait dépassé les 100 000 individus. L'Empire, à la fin du IVème siècle, doit compter dans les 50 millions d'habitants minimum, peut-être 55, voire 60. La grosse moitié se trouve dans l'Empire d'Orient, l'Occident ayant connu un petit déclin démographique.
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Alors si je reprends mes comptes, et que la structure du Royal Armoured Corps ne change pas, c'est que le Scout Vehicle ne sera destiné qu'à l'Armoured Corps, et que l'infanterie mécha/armoured aura autre chose, de même que l'artillerie. Désolé de t'avoir forcé à te répéter, mais inconsciemment, je pensais "Scout Vehicle" en lisant "SV".
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Les guerres du milieu de XIXème siècle
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Supply-side dans Histoire militaire
Von Moltke, c'est le génie militaire d'entre 1815 et 1914, et sans doute même le seul vrai génie militaire de cette période riche en meneurs d'hommes, penseurs militaires, grands tacticiens et grandes figures hautes en couleur et fortes en gueule, mais plutôt vide côté grands stratèges et chefs opérationnels à haut niveau. Il critique par ailleurs lui-même vertement la qualité lamentable des chefs de corps et de division en 1870, et n'apprécie vraiment que ses collaborateurs du grand EM. Je ne crois pas, pour le reste, que la guerre d'Italie de 1859 puisse être qualifiée de "performance" pour qui que ce soit, tant le commandement souffre d'une nullité et d'une inhumanité crasses, allant connement à un affrontement frontal ne pouvant donner que des victoires à la Pyrrhus. -
Je sais, je parlais juste du Scout Vehicle: les 3 autres variantes sont aussi considérées Scout?
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Dans le Royal Armoured Corps, l'organisation pour les véhicules de reco armée SV est assez délimitée: - 5 rgts reco: 180 (+60 avec ATGM) - 1 escadron reco dans 3 des 5 rgts de chars: 36 - 1 troop de 8 dans chaque rgt de chars: 40 Ce qui établit le gros du besoin en véhicules reco blindée chenillés autour de 316, auxquels s'ajoutent une réserve, les engins de formation, et sans doute un volant pour usage dans d'autres unités (artillerie notamment, mais aussi armoured infantry sans doute, surtout avec la respécialisation de l'infanterie et l'abandon du système de rotation des compétences) que je peux mal évaluer. Mais même en attribuant 1 troop de 8 dans chaque régiment de Warriors et 1 par régiment d'artillerie, je ne suis pas sûr qu'on arrive à un besoin express de 600, sachant en plus que le Royal armoured corps évacue pas mal ses formations TA des unités blindées de char et reco.
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Les guerres du milieu de XIXème siècle
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Supply-side dans Histoire militaire
Il n'y a pas vraiment de "compétences" offensives, surtout quand on parle d'une infanterie de ligne (où la compétence.... Est la ligne); et pour l'assaut, y'a la guerre de Crimée. La "compétence" offensive allemande est juste due au fait que l'armée allemande est à l'attaque; mais cette attaque est bordélique et coûteuse, et ne fait pas montre d'une quelconque capacité. Notons par exemple que la doctrine de l'artillerie allemande est stupide (foutre les canons Krupp sur l'avant, comme on positionne l'artillerie depuis les Guerres d'Italie), autant que la nôtre (disperser l'artillerie), et leur a valu des pertes énormes et évitables. Le problème vient précisément de ce que j'ai mentionné plus haut: la coordination de ces armées est devenue impossible, et l'historique des mouvements de grandes unités prussiennes le souligne gravement, de même que les commentaires sur la difficulté à manier des conscrits à cette échelle et la nullité des généraux de brigades et de divisions prussiens, souvent vieux et obsédés par l'attaque à tout prix, passant leur incompétence sous les compliments à la bravoure des petits gars qui crèvent par paquet, plus souvent parce que les mouvements sont hasardeux et non coordonnés et que les unités ne s'appuient pas entre elles, rendant les batailles de rencontre, les combats et les premiers moments des grandes batailles particulièrements meurtriers pour les unités avancées. Les pros français étaient un peu plus faciles à manier à grande échelle (surtout pour les grandes marches), et il était plus aisé de se reposer sur les officiers de terrain, plus autonomes. Pour la note, l'armée française a été à l'attaque dans la campagne de Crimée, avant que le siège de Sébastopol ne s'installe. L'un des problèmes qu'il faut aussi mettre à la décharge des généraux français (ils y en a peu pour eux dans ce registre, alors mettons le) est que l'absence de réserves qualifiée (la Garde Mobile inspirant peu) a pu pas mal impacter leurs calculs et expliquer pour une petite partie leur attentisme: il n'y avait que 400 000 pros à foutre en l'air, contre plus du double d'effectif dans l'armée prusso-allemande (et plus vite concentrés en plus) et pas de réserve de qualité approchante (et de loin) à mettre en oeuvre. Ca n'excuse en rien l'immobilisme total, mais ça aide à mieux voir. -
Les guerres du milieu de XIXème siècle
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Supply-side dans Histoire militaire
L'armée française de 1870, du moins celle qui fait le gros des combats jusqu'à Sedan (je ne compte pas l'armée de la Loire: c'est plus vraiment de la guerre) au sens où nous l'entendons dans ce topic), est essentiellement l'armée d'active professionnelle. C'est un compromis politique entre la droite bonapartiste et monarchiste qui veut du tout pro, et la gauche républicaine qui reste dans la volonté d'un "peuple en armes". Grosso merdo, l'armée d'alors dans son ensemble est faite de: - l'armée pro (peut-être 350 à 400 000h) - les unités coloniales pros, dans lesquelles on incluera alors la Légion, pas encore autorisée à opérer en métropole (100 000h, pour l'essentiel non rapatriables, en tout cas rapidement) - la Garde Mobile, armée de conscription (600 000h théoriques) Le tout est censé atteindre un total de 900 à 1 000 000h dont 450 000 pour la garde mobile effectivement réunie. Mais cette dernière ne s'illustrera réellement qu'après Sedan, constituant le coeur (avec la masse de volontaires) de la résistance: très motivée, héroïque même, mais peu efficace. La Garde Mobile avant Sedan n'a jamais bénéficié des moyens permettant un entraînement et un équipement corrects (une armée pro, surtout aussi grosse que celle du Second Empire, sans compter ses ambitions maritimes, coûte très cher, et il y a aussi des réticences à financer une institution plus républicaine que bonapartiste); elle est réduite au rôle de force supplétive (garnisons, forts, arrières....) et ne participe que marginalement aux combats d'avant Sedan. En face, les prussiens ont une force de 900 000 conscrits, plus 300 à 400 000h issus des autres Etats allemands; mais il faut noter qu'il y a une force d'active et une de réserve (ainsi que des disparités qualitatives fortes pour les autres Etats allemands), et que dans l'ensemble, les Prussiens n'ont pas les moyens de mettre en oeuvre et de coordonner cette masse, ce qui compense un peu, même si leurs réserves sont au global très supérieures. De fait, la France ne pouvait pas compter sur plus de 400 000h mis en campagne, et la Prusse sur plus de 800 à 900 000. Mais plus encore, si une guerre défensive avait pu être bien menée côté français, tout indique que les Prussiens n'auraient pu faire direr et profiter de leurs réserves, tant les moyens auraient manqué et tant, dans un tel cas de figure, leur armée d'active aurait trop souffert pourqu'il soit judicieux de poursuivre avec la réserve peu encadrée. Dans les faits, aucun des 2 Etats n'avait les moyens d'une guerre longue: le conflit de 1870 ne pouvait être qu'un sprint. -
Les guerres du milieu de XIXème siècle
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Supply-side dans Histoire militaire
Pour affiner un peu, j'ajouterais que pendant la période napoléonienne (et avant), les charges à la baïonnette sont encore, malgré leur effet limité en terme de pertes infligées, à la pointe de l'attaque et de l'action décisive. Leur impact psychologique comme les blessures infligées ont lieu très souvent à des points cruciaux de la bataille, là où la ligne peut casser ou casse effectivement, entraînant la création d'une brêche, ou tout au moins d'une opportunité, à échelle plus ou moins vaste. C'est d'ailleurs pourquoi les unités d'élite (compagnies ou régiments de grenadiers....) et de vétérans s'en font une spécialité. Au milieu du XIXème et après, cet effet n'est plus suffisant face à la démultiplication de la puissance de feu en cadence, en puissance et en portée, qui impacte bien plus fortement une charge baïonnette au clair avant que celle-ci ait même une chance de voir le contact. De plus, les lignes sont plus profondes et plus longues en raison de la croissance énorme des effectifs et des dispositifs plus concentrés, mais aussi et surtout le dispositif d'une armée mise en ligne est déjà nettement plus profond, ne serait-ce que par l'effet de l'accroissement des portées des armes individuelles comme de l'artillerie et par l'accroissement du train nécessaire à de telles armées (il faut plus de champ derrière, donc plus de protection, ce qui donne aussi des positions de repli plus conséquentes): la distance à parcourir sous le feu, qui plus est sous un feu plus dense et plus meutrier, n'est tout connement plus en rapport avec les possibilités de mouvement de l'infanterie comme de la cavalerie. Seul le terrain intelligemment utilisé peut relativiser parfois cet effet, comme la guerre franco-prussienne l'a montré. Mais pour ce qui est de la baïonnette, les blessures qui lui sont dues ne reflètent plus que quelques points d'accrochage localisés, à un endroit de la ligne ou un autre, qui n'offrent plus de possibilités quelconques, et plus encore, des actions et combats d'escarmouches ou de prises de batteries sans réel impact à une échelle significative. dans cette guerre, l'armée française n'a pas seulement été supérieure tactiquement parce qu'elle était en défense, mais bien parce qu'elle était faite de professionnels qui ont toujours mieux utilisé le terrain, toujours été mieux encadré au niveau des unités élémentaires (par des officiers et sous-offs expérimentés), et qui utilisaient leurs armes (une meilleure arme d'ailleurs) bien mieux que les conscrits prussiens. Ceux-ci n'étaient formés qu'à charger en masse, à part quelques unités légères au global moins nombreuses et compétentes que leurs adversaires. Mais elles étaient plus nombreuses et surtout nettement mieux dirigées dans l'action d'ensemble par l'EM général prussien, pas au niveau des commandements de grandes unités. Ce dernier était juste lamentable, mais il avait le double avantage d'être composé d'idiots obtus ne cherchant qu'à aller en avant au mépris de toute considération (syndrôme du con qui marche), et d'avoir en face un EM français indécis, attentiste et tâtillon qui ne laissait pourtant la bride sur le cou à aucun chef de grandes unités (divisionnaire, bridagier, chef de corps et même chef d'armée), ne faisant rien et ne laissant rien faire. Si on regarde l'action de l'armée prussienne en 1870, on n'y verra en fait rien d'impressionnant et des collections d'erreurs et de ratages.... Sauf du côté de l'EM général et encore plus de son grand patron; à l'inverse, on voit un EM français improvisé, amateur, plein d'illusions et d'idéologies (comme les généraux prussiens hors de l'EM général) qui est mauvais avant tout parce qu'il ne commande pas (plus encore que parce qu'il commande mal). Si on se cotente de l'outil militaire, l'armée française avait tout pour compenser et l'emporter sur le terrain, malgré l'infériorité numérique et les insuffisances: l'avantage allemand du chemin de fer s'arrêtait à la frontière à partir de laquelle les Prussiens devaient marcher, et avec un train énorme vu leur effectif, le renseignement opérationnel pêchait des 2 côtés (on peut même dire qu'il était nul), mais jouer à domicile donne des avantages de ce côté, la supériorité des canons prussiens était compensée par le professionalisme des artilleurs français (face à des conscrits), l'efficacité du tir d'infanterie français et les possibilités de mieux utiliser le terrain (surtout à mesure qu'on attirait les Prussiens loin de la frontière: le canon krupp est logistiquement lourd).... La grosse faute française est cette mentalité d'amateurs romantiques qui sévit dans tous les milieux d'officiers européens alors, y compris prussiens (où le grand EM, très professionnel et obsédé par les questions logistiques et prévisionnelles si "dégradantes", n'est pas très populaire): tous les officiers européens vivent alors dans la mythologie napoléonienne, méprisant les vraies leçons. Seule une caste d'officiers généraux prussiens "intellectuels", a retenu la leçon de l'Etat-Major professionnel et permanent de Berthier, le premier EM moderne, et en a imposé le maintien et l'entraînement constant (mais aussi sa "veille" technologique et sa pensée prospective) dès après le Congrès de Vienne. Je ne sais pas si la Guerre de Sécession est un si bon exemple, en ce qu'on peut y voir tous les stigmates et symptômes de la modernité technique, mais absolument aucune "pensée" de la guerre: dans l'ensemble, et jusqu'à la fin, je ne trouve pas qu'elle ait été une guerre très bien menée, ou même pensée au niveau stratégique. Certes, on trouve quelques grands chefs et meneurs d'hommes au niveau brigade, division ou corps d'armée, mais dans l'ensemble, on constate du gâchis permanent jusqu'au bout, et pas de vrais grands chefs (on peut fonder une religion autour de Lee, je vois pas ce qui la justifie pour un chef de ce niveau; l'habileté, voire l'inspiration, tactique ne suffit pas). Mais pour ne pas trop charger facilement les officiers généraux, il faut noter quand même ce que j'ai évoqué plus haut; l'une des grandes faiblesses de ce moment est que le champ de bataille est devenu très peu visible et "contrôlable", et le théâtre d'opération plus encore: - les armées sont bien trop grande, couvrent trop de surface, et leur train comme leurs lignes d'approvisionnement et communications sont trop étendues - les nuisances entravant la coordination sont multipliées à toutes les échelles: accroissement de la surface couverte par les armées et unités, bruit multiplié (artillerie plus grosse, plus nombreuse et plus puissante, obus explosifs, densité -cadences, nombre et puissance- du feu d'infanterie en croissance exponentielle), fumée omniprésente à une toute autre échelle.... - les moyens de communication, sur le théâtre comme sur le champ de bataille, n'ont pas progressé d'un iota: télégraphe optique ou par câble dans quelques cas (mais peu pour une armée en campagne), pigeons voyageurs, mais pour l'essentiel, signaux visuels et auditifs (musique et fanions: face à la nouvelle dimension du bruit et de la fumée, c'est peanuts), et avant tout, messagers et estafettes (mais qui doivent couvrir plus de terrain et plus vite, dans un environnement au feu plus dense, et risquent encore plus de se perdre ou de se faire avoir) - le renseignement est insuffisant à tous égards, principalement à cause de l'accroissement du temps et des distances à couvrir; même multiplier le nombre d'unités, à pied ou à cheval, qui s'y collent, ne suffit pas. En effet, la surface à couvrir croît bien plus que ce qu'une augmentation des unités dédiées peut couvrir, et plus encore, la temporalité est impossible à respecter, étant donné que c'est toujours par les mêmes moyens (cheval et pieds) que l'on doit rapporter l'info en temps et en heure. Le flux d'info peut augmenter, mais l'essentiel périme bien plus vite qu'avant, sans même compter que la capacité de traitement reste insuffisante, et que prendre une décision devient plus dur encore. Rarement le "brouillard de guerre" a été aussi grand pour les décideurs opérationnels; cela doit être mis à leur décharge. On peut donc aussi comprendre, en dehors du facteur impardonnable de cette idéologie napoléonisante erronée, leur obsession pour concentrer leur dispositif en permanence, histoire d'avoir un semblant de contrôle dessus. Si à l'époque napoléonienne, il devenait déjà difficile d'embrasser une bataille d'un seul regard, à cette époque, on peut à peine en voir un cinquième au mieux, dans le cas des grosses batailles d'armées concentrées. Le fait de conserver au-delà de son temps l'obsession de l'infanterie de ligne et du contact décisif n'est donc pas du qu'à de l'idéologie, mais aussi tout connement à l'absence d'alternative en termes de moyens de commandement, contrôle et renseignement. Adopter un mode opérationnel fondé sur une infanterie légère diluée sur de grandes surfaces et se concentrant rapidement pour aussitôt se ré-étaler, et reculant ou avançant au gré des opportunités et d'une stratégie générale, n'est pas possible et ne le sera pas avant que l'aviation d'observation, la photo, le téléphone, l'automobile (pour déplacer vite l'artillerie et pouvoir faire suivre rapidement la Log entre 2 voies ferrées, parallèlement au front) et la TSF ne soient disponibles (et encore, en 1918, c'est pas encore bien glorieux). Rappelons enfin que si l'instruction a progressé, coordonner des masses humaines en paquets denses est dur, même quand il s'agit de pros: c'est un long temps d'instruction qui est nécessaire pour faire une bonne infanterie de ligne. La rendre polyvalente est quasi-impossible. Et l'infanterie légère aussi a besoin de temps, mais ne peut pas devenir encore le modèle dominant pour les raisons évoquées plus haut. -
Kadhafi accuse Israël d’être derrière tous les conflits en Afrique
Tancrède a répondu à un(e) sujet de romy dans Politique etrangère / Relations internationales
Celle-là je l'adore :lol:! Je la garde. Enfin, pour modérer un peu ton propos, je dirais quand même que ses femmes gardes du corps sont loin d'être toutes fabuleuses (pourquoi investir pour des implants sur un cageot, je vous le demande, mon bon monsieur ;); parce qu'elle ne le vaut pas ). Et il semble quand même aussi plus outrancier que Bush, qui prenait de faux airs sérieux et réfléchis (pas crédibles, on est tous d'accord) de bon gars de la campagne (même pas crédible non plus dans ce registre, le rejeton passé par l'Ivy league via relations familiales). Pourquoi le faire à Poitiers? La ville n'a plus le même intérêt qu'avant; c'est joli, mais c'est un peu chiant, et y'a pas trop de places de parking pour les blindés ;). Enfin 2 pros dignes de ce nom pour redresser la scène comique, sur la pente descendante depuis la mort de Desproges, Le Luron et Coluche. C'est pas Dubosc ou Jamel qui vont nous sortir de ce pot au noir. -
[Union Européenne] nos projets, son futur
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Marechal_UE dans Politique etrangère / Relations internationales
Qui a dit qu'il ne fallait rien faire; désolé, mais c'est toi qui utilises sans cesse les mêmes rengaines qui font de tout ce qui n'est pas d'accord avec toi un ramassis de facho-communisto populistes. * Et avant de parler de réalité, tu devrais te documenter sur les phénomènes dont tu parles. Quelques exemples: - une bonne partie, sinon la majorité, des membres des partis dits de gouvernements savent et disent, parfois même pas à mot couverts, que l'UE actuelle est un monstre idéologique à sens unique, qu'il s'agit d'un protectorat américain à peine masqué. C'est pas parce qu'un parti affiche une position globale qu'elle reflète sa réalité; faut-il vraiment expliquer ça, ou on va se mettre à croire ce qu'un politicien déclame dans un discours pour faire de l'audience? - les décideurs vont dans le sens de l'intérêt général, c'est bien connu; ils ne placent jamais leurs ambitions avant.... Tu devrais essayer d'aller faire un tour dans le monde réel, surtout en politique. - la contrainte de se dire pro-europe (qui heureusement n'engage à rien tant ça ne veut rien dire et tant personne n'est d'accord dessus) est une réalité dans le monde médiatique, pour tout décideur, surtout politique: tu n'es pas affiché pro-europe, tu n'as pas de carrière, personne ne te confiera de liste pour un scrutin, et grâce aux eurobéats, tu te retrouveras même avec une estampille "facho" ou "coco". Oups! Cette méthode rappelle un procédé connu? - toute critique qui n'est pas assortie d'un programme politique et d'une liste électorale est donc interdite? Waouh! C'est beau la démocratie. Mais ça aussi c'est un procédé connu. On s'en sert beaucoup dans les médias. Non, désolé, je dirige pas un parti. Mais d'un autre côté, toi non plus, donc nos opinions ne valent rien. - le lobbying comme système légal est un sujet très traité, notamment aux USA, avec le financement des partis politiques. Et justement, c'est un des autres problèmes majeurs qui a l'air de te passer allègrement au-dessus du cigare - tu continues à refuser de lire ce qu'on écrit sur le protectionnisme, préférant hurler au passéisme et aux appels à l'autarcie complète dès qu'on évoque le mot; continue à jouer les autruches, ça ne changera pas la réalité. Qu'elle soit de mon avis ou de celui contraire, elle est manipulée, et de plus en plus dévoyée. Les majorités n'existent pas, mais aujourd'hui elles sont très mal informées, et orientées dans une direction donnée nettement plus facilement qu'auparavant; c'est un fait constaté, pas que pour le débat européen. Et c'est un thème connu et traité concernant la médiacratie (ou médiocratie plutôt), l'impact des médias sur la société et la politique, la concentration dans les organes d'information, l'impact de l'audiovisuel, le duel audimat/responsabilité journalistique (inutile de préciser qui l'a perdu), la place des gros intérêts dans les lignes éditoriales, la profession de journalisme, les idéologies collectives "soft" (phénomène de pensée unique).... La décadence de la démocratie en démagogie n'est pas une nouveauté; bien que le thème soit plus riche, il suffit même d'avoir lu Platon pour comprendre les mécanismes fondamentaux.... Ah mais merde, je suis anti-intellectualiste, je n'ai donc pas lu Platon et je préfère écouter Bébert au café du commerce. C'est con pour toi AlexandreVBCI, mais je connais visiblement bien mieux le sujet que toi et mon avis vient de beaucoup de lectures, passées précisément au filtre d'un minimum de recul et d'esprit critique. Par ailleurs, la majorité s'est exprimée plus d'une ou deux fois, et apparemment, son avis n'a pas été pris en compte quand il n'allait pas dans ton sens. Ensuite, quel anti-intellectualisme, quel antiparlementarisme? Je vais me faire traiter de poujadiste après avoir été traité de facho? Et toi tu n'as jamais sorti un argument qui ne soit une généralité pontifiante et facile sortie tout droit d'un programme politique, documents dont on connaît la profondeur de réflexion et l'intense travail critique à leur base. Chaque création d'une structure bureaucratique quelconque est évidemment une grande avancée et le truc est sûrement créé pour faire du vrai boulot et sera financé et appuyé, bénéficiera des meilleurs éléments et sans doute aussi d'un haut niveau de coopération entre Etats. On y croit tous. Le lobbying à l'échelle industrielle serait apparemment, dans ton monde, la même chose avec le même impact que des arrangements d'alcôves entre gros industriels et autorités; on parle juste pas de la même ampleur, d'un registre différent revenant à comparer le puceron et la baleine, le péché véniel et un système global. Mais non, pour toi, c'est du pareil au même (de même, je le note, que ton ignorance complète de l'impossibilité de réguler cette profession à Bruxelles, qui s'est encore vue récemment pour la plus grande humiliation publique du Parlement). Aqva, moi et quelques autres nous cassons le cul à essayer de faire comprendre, en nous répétant beaucoup, certaines réalités économiques, politiques, géopolitiques et culturelles de base, qui sont évidentes à la plupart des experts qui écrivent bouquins et articles sur le sujet, mais auxquelles tu ne réponds que par des généralités et des quasi slogans, et pire encore, par ce binarisme obsessionnel qui rejette tout ce qui ne va pas dans ton sens vers les limbes de l'obscurantisme fachiste, communiste ou même d'un passéisme franchouillardo-IIIème républicain dont personne n'a pourtant parlé. Plutôt que delire un point un peu développé, tu préfères inventer ce que nous avons dit. J'imagine que c'est plus commode. Visiblement, tu ne prends pas la peine de lire les posts qui te sont adressés et répétés, préférant répondre dans le vague et par des généralités faciles orientées contre un extrémisme dont je n'ai vu personne ici faire preuve. Si tu veux parler économie, on l'a fait avec autre chose que de dire "à 27 on sera puissants et le monde est plein de gros méchants". C'est toujours con pour toi; au-delà de ton expérience personnelle que tu prends pour une généralité, la plupart des analystes et experts se penchant sur la question sont plutôt dubitatifs, à un degré ou à un autre, sur cette jolie vision idyllique de "l'union des peuples". Mais j'imagine que ce sont aussi des fachos ou des cocos. Ou peut-être font-ils juste preuve de l'esprit critique dont tu parles, mais qui apparemment n'a pas droit de cité s'il ne va pas dans ton sens. Ca fait plusieurs posts qu'on est assimilés à des fachos, des cocos ou des illuminés plongés dans un passé lointain, et ce sans autre argument que des accusations répétées, excusez-moi tous si je lâche un peu de pression. -
[Union Européenne] nos projets, son futur
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Marechal_UE dans Politique etrangère / Relations internationales
Et il faudrait même être encore plus nombreux, et pourquoi pas faire une Union des pays de culture occidentale, ce serait encore mieux et plus puissant.... Mais encore une fois, ce genre d'argument est un pur raisonnement de papier, un raisonnement sur carte: ça n'a pas de force ou de réalité. Mieux vaut être une puissance cohérente de 100 millions d'habitants ou même moins qu'une usine à gaz réunie par arrangements entre amis (en dépit de la démocratie) et fondée sur de fausses bases. La cohérence est plus importante qu'un faux effet de taille dont on ne profiterait même pas d'ailleurs, en l'absence de la dite cohérence. Et dans ce genre d'Europe, quels intérêts seraient représentés? Il serait impossible de représenter ceux de tous, ou même tous ceux des plus gros: que resterait-il? Les desideratas prioritaires des mieux représentés, même pas compensés par une quelconque solidarité interne qui n'existe pas chez des peuples différents: ce ne serait même pas un argument politique pour un parti de dire que telle région, ou tel ex-pays est tenu à l'écart des gros bénefs et de la redistribution. La priorisation des intérêts ne favoriserait que quelques centres, comme la définition actuelle de la politique économique et monétaire de l'UE n'est faite que pour la structure économique de l'Allemagne. Les identités n'ont pas été créées; certains éléments qui les composent peuvent avoir été développés par des politiques spécifiques, mais c'est justement ce que les eurocrates ne veulent pas comprendre: elles sont le résultat de l'accumulation de l'histoire, ce en quoi elles ne seront jamais remplaçables par une quelconque création, surtout de cette Europe là. Des terroirs aux langues, en passant par "l'esprit" d'un peuple et les mémoires partagées, les douleurs et les antagonismes, les chauvinismes comme les idéaux, les institutions comme les modes de dialogue social, les pratiques de gouvernement comme les façons de s'engueuler, l'attachement à telle ou telle conception du groupe et des rapports groupe-individu, l'importance du fait religieux en général ou d'une religion en particulier dans la vie quotidienne et la vie publique, la conception du droit, l'imaginaire, les références, l'importance accordée à la campagne ou à la ville le rapport à l'histoire et à la géographie (pas le contenu de l'histoire ou de la géographie).... Tout cela est différent chez les peuples européens, et souvent radicalement différent. Et c'est ça la culture, pas 3 fêtes nationales ou européennes qui se décrètent ou même des manuels d'histoire artificiels. Les identités se sont forgées bien avant qu'il y ait même des politiques d'éducation pour le grand nombre et des histoires officielles destinées à d'autres que quelques aristos. Quand à la part de volonté qu'il a fallu dans l'histoire pour forger les nations européennes, souvent en dépit de telle ou telle région, avant que se forge un esprit commun, je rappellerai que ça s'est fait sous la menace de guerres quasi-permanentes, de contraintes dont nous n'accepterions pas le millième aujourd'hui, par des Etats autrement plus forts, volontaires et poursuivant leur volonté dans le temps long (au travers des dynasties royales). Le parlement européen ou la Commission useraient-ils de telles méthodes s'ils le pouvaient? Auraient-ils ce niveau de volonté? Y'aurait-il des personnages d'une trempe suffisante pour ce faire? Non, mille fois non, et si jamais il y avait un embryon de volonté d'agir en ce sens, je ferais partie de ceux qui iraient plastiquer les bâtiments, et j'espère que les Européens le feraient aussi. Il faut autre chose pour forger des Etats forts que les mollassons ploutocrates sans couille et faussement bien-pensants qui dirigent actuellement. Ca et/ou une menace extérieure directe et immédiatement perceptible par tous, avec une vraie guerre dure et sale qui soude les peuples et impose des changements institutionnels irréversibles: la peur, la vraie, la grosse, celle qui autorise et fait accepter les mesures d'exception (et souvent un pouvoir un peu ou très tyrannique) est le seul ciment qui peut marcher dans un premier temps. Et pour faire marcher ça dans la durée, il faut une volonté implacable et des méthodes peu démocratiques (ça veut pas dire des génocides ou un régime totalitaire, mais pas la culture du gentil consensus, ni le droit de s'exprimer pour tous). Pour établir une cohérence dans un machin à 27 pays qui n'en a aucune, il faut la forcer, et pas du tout tendrement: c'est à sec et sans vaseline. Et désolé, mais ce genre de perspective m'intéresse peu. J'imagine déjà les commentaires du genre "le monde n'est plus comme ça", "on a changé".... D'avance, pitié sur l'humanité en progrès, j'en ris doucement. Mais le problème est que personne n'en veut; on ne se rend même pas encore compte que l'Allemagne a changé et qu'elle assume pleinement la réunification. Elle ne roule que pour elle et c'est maintenant elle qui veut faire (et qui réussit plutôt bien) de l'Europe un multiplicateur de SA puissance, mais uniquement de sa puissance économique. Où sont les volontés d'Europe politique ailleurs que dans quelques discours très creux et généralement loin d'analyses réalistes? Un exemple marrant est Cohn Bendit: européiste militant, il avoue même sans gêne qu'une union européenne sous prééminence allemande est sa vision des choses.... Marrant pour un mec qui est désormais tête de liste en France. Et lui, c'est un modéré binational. -
[Union Européenne] nos projets, son futur
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Marechal_UE dans Politique etrangère / Relations internationales
Un des problèmes est qu'il n'y en a pas vraiment, ou en tout cas que personne n'a l'air de le comprendre de la même façon, ce qui revient au même. Ca on le savait déjà avant ces nominations: l'idée d'Europe politique n'existe pas en Europe ailleurs que dans certaines parties de l'élite bruxelloise et dans le blabla des partis politiques français de gouvernement. Quelques affirmations bien pensantes pour un lointain futur qui n'arrivera pas.... Oups, mais dis donc, c'est l'une des définitions d'une idéologie, ça! Quand à l'identité.... Ca ne s'invente pas, ça ne se décrète pas, et contrairement à des organisations administratives, ou même étatiques, on ne décide pas que c'est dissout ou créé. C'est le genre de raisonnement sur le papier qui finit toujours avec un grand effet boomerang dans la gueule. -
[Union Européenne] nos projets, son futur
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Marechal_UE dans Politique etrangère / Relations internationales
Encore merci Aqva, je deviens très flemmard pour répéter les mêmes choses à longueur de topic ;). Encore la comparaison entre la création des USA et celle de l'UE: faudrait arrêter avec cette facilité de langage qui n'a rien à voir. Les USA se sont créés sur une base ethnique, politique et culturelle homogène qui est devenue un modèle s'imposant au melting pot qui est venu ensuite (il y avait un modèle auquel s'assimiler). Que les Colonies/Etats aient été initialement jaloux de leur indépendance et se soient un moment considérés comme des pays à part entière ne change rien: ils parlaient la même langue, avaient la même culture, un attachement pour les mêmes choses, et une même conception de l'organisation politique et de la société (cet "aristocratisme" américain des élites de la fortune, d'où vient le système de vote, l'intéressement de chaque citoyen ayant été "arraché" par les événements de la Guerre d'Indépendance et ne changeant pas le fond). Par ailleurs, il s'agissait de grands Etats assez vides, contraints brutalement par une menace extérieure et un environnement hostile. L'UE est radicalement à l'opposé de cela: aucune base ethnique et culturelle commune, des visions différentes de l'organisation politique et sociale, des nations et/ou peuples consitutés depuis longtemps (que l'existence en tant qu'Etat soit ou non ancienne), de fortes consciences de cette existence (ça s'appelle la légitimité), une perception des intérêts nationaux primordiaux, une histoire longue qui a cimenté ces choses.... Comparer l'identité, la réalité et la conscience "nationale" des Etats US à celle des pays européens est de l'ignorance franche et complète, ou alors de l'hypocrisie sémantique: les Etats US n'ont pas le centième du "niveau d'existence" des Etats européens. On parle d'Etats, mais on ne parle pas de peuple californien, de peuple du Kansas.... Dans quelques siècles peut-être (et alors là on verra l'Etat fédéral US avoir des problèmes). Ou alors avoue-le franchement si tu prends le modèle US: tu veux l'homogénéité linguistique et culturelle et un supra-modèle qui s'impose aux autres, en ne leur laissant que des bribes de différence, juste au niveau du folklore local. -
En gros, il nous faudrait l'USMC ;). Mais même ce que tu dis est posé de façon incomplète: Parce que c'est bien joli si ce cas de figure se présente, mais il faut nuancer: une "puissance supérieure ou égale" signifie que le dit ennemi peut venir nous chercher des poux près de la maison (n'oublions pas que notre maison est aussi en Amérique du sud et dans le Pacifique). Ce qui compte pour l'évaluation de cette puissance adverse est plutôt "haute intensité contre un adversaire LOCALEMENT plus puissant ou équivalent", et là ça fait plus de monde et de cas de figures, en potentiel. Localement plus puissant ne veut donc pas dire plus puissant dans l'absolu (peu de candidats encore aujourd'hui), mais bien plus puissant, sur le terrain concerné, que ce qu'on peut lui balancer en rétorsion, ou ce avec quoi on peut le dissuader en prévention (vu que le nucléaire est de toute façon évacué de l'équation dans la plupart des cas). Sur l'invasion du territoire métropolitain, à part si la Russie redevenait un ogre capable de déferler sur l'Europe (pas vraiment à l'ordre du jour), c'est pas trop la peine de l'envisager. Le seul vrai risque envisagé sur le territoire, comme partout en Europe, relève plutôt d'un mix de questions de sécurité et défense couvrant des conflits sociaux, ethniques, religieux.... Qui pourront avoir des dimensions et une intensité dramatiques (hypothèse dite du "Camp des Saints"), mais n'engagerons pas des forces lourdes. Donc on en revient au final à la question de savoir jusqu'à quelle hauteur on estime devoir être capable de s'engager outre mer; les dangers potentiels sur la Guyane et les îles du Pacifique ne sont pas facilement évaluables (et la crédibilité de scénarios d'invasion reste limitée), donc cela reste en grande partie un pur exercice intellectuel et un choix, sur fondements parfaitement théoriques, de ce qu'on VEUT effectivement pouvoir faire. Hors, la volonté est en ce moment faible (et les politiques préfèrent hypocritement dire "l'Europe et l'OTAN" pour éviter d'avoir à investir dans un secteur politiquement non rentable), et la théorisation souffre de ce que le gros des budgets d'équipement n'a pas les besoins estimés de l'Etat comme premier critère d'affectation. Bref, une force lourde projetable crédible, c'est avant tout une manière de dire "on peut vous envahir", et rien d'autre. La question est: pour tel adversaire, que faut-il être capable de balancer comme force d'invasion? Avant même d'enva=isager la flotte et l'aviation qui vont avec, il faut savoir de quoi on a besoin au sol pour chaque "échelle" d'adversaire.
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Les guerres du milieu de XIXème siècle
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Supply-side dans Histoire militaire
Sur le global, c'est une question que tu pourrais résumer quasiment à la seule Guerre de Crimée tant elle concentre massivement les défauts et innovations de l'époque. Intellectuellement, on assiste un grand retour en arrière sur l'époque napoléonienne dans les cercles d'officiers, et même plutôt à une régression sur les fantasmes qu'ils ont des guerres napoléoniennes, tant ils en oublient les vrais enseignements. Seuls les Prussiens sauront s'adapter un peu mieux, au moins au niveau de l'organisation globale et de la conception stratégique, via la constitution du seul grand Etat-Major permanent et professionnel. Si c'est pour les aspects purement "champ de bataille", on constate effectivement un accroissement des distances d'engagement, mais le combat reste en général très linéaire: les effectifs grimpent en flèche sur la période, et les communications sur le terrain restent les mêmes qu'avant. Il faut donc "tenir" de très grosses unités elles-mêmes, et les coordonner sur un champ de bataille envahi par un bruit sans cesse croissant (cadences de tir accélérées, puissance de la nouvelle artillerie....) et par une fumée omniprésente (celle des armes, celle du terrain). En fait, on constate qu'à ce niveau tactique, toutes les armées ont du mal à faire de brillants mouvements. Même les Prussiens ne sont pas mieux lotis: pendant la guerre de 1870, au niveau du déploiement et du mouvement en brigades, divisions ou corps, ils sont mauvais, et même plus que nous (armée de conscrits contre nos professionnels), et plus lents, qui plus est commandés par des généraux de brigades et de divisions assez lamentables en général (des "vieux" idolâtres de Blücher, assez cons et obtus), mais qui n'ordonnent que la marche en avant quelles que soient les pertes. Le fait est que les officiers du temps sont obsédés de l'attaque, de la charge de cavalerie héroïque, de la ligne disciplinée (celle là pour de bonnes raisons, évoquées plus haut, et pour de mauvaises: imagerie stupide, début de l'illusion du choc de rupture -malgré la nouvelle puissance de feu- qui dégénèrera jusqu'en 1914).... pour eux, "l'intendance suit" et n'est pas importante; ils calculent peu la logistique, anticipent en amateur et ne réunissent des EM complets que quand une campagne commence. Seuls les Prussiens font exception, et c'est leur haut EM qui fera la différence, pas leurs officiers de terrain. Parce qu'au niveau tactique, on est dans une impasse qui préfigure, en moins catastrophique, les boucheries de 1914: - puissance de feu d'artillerie sans cesse croissante, de même que sa précision: l'effet sur des concentrations de troupes peut-être rapidement décisif, quel que soit le terrain ou la météo - puissance de feu d'infanterie absolument meurtrière contre des troupes en ligne - portées désormais trop élevées pour que le choc soit encore une hypothèse rationnelle (les soldats ayant trop de distance en espace dangereux à parcourir avant d'arriver au contact: les pertes sont énormes) - impossibilité de coordonner souplement un effort sur le terrain. C'est déjà quasiment impossible de faire quelque chose avec les absurdes concentrations en gros paquets, mais quand il faut faire intelligent et répartir ses mouvements sur un champ de bataille d'une certaine taille, aucun effort efficace n'est possible. Le temps et l'espace sont peu connectables: le renseignement ne peuut jamais venir à temps et suffisamment, la transmission des ordres non plus. la battle awareness est minable et la coordination pourrie. - Cet effet est accentué par l'obsession pour les vagues d'infanterie et les charges de cavalerie en dépit du bon sens, alimentée par l'imagerie napoléonienne et la mentalité "virile" du temps - la puissance de feu globale rend aussi ce problème de connaissance et communication, additionné de l'idéologie faussement napoléonienne, dramatique On ajoute ça à un mépris pour les pertes assez prononcé. On peut aussi noter le développement de formations adaptées qui ne cessent de monter en puissance, pour le renseignement et l'action dispersée utilisant au mieux le terrain et la portée comme la précision des armes modernes afin de maximiser l'efficacité et de minimiser les pertes, et pour offrir à des armées de plus en plus concentrées la "ventilation" nécessaire pour mener la "petite guerre", les combats hors bataille, les "opérations commandos".... On assiste ainsi, au milieu du XIXème, à une renaissance de l'infanterie légère très malmenée après 1815 (conservation d'un petit nombre de régiments, par rapport au tiers de l'infanterie qu'elle a représenté sous Napoléon); la France est pionnière dans ce domaine (ce que les Prussiens copieront vite), ce qu'autorise l'expérience coloniale, mais aussi les critiques adressées par des officiers de terrain. Il suffit pour s'en rendre compte de voir la rapide croissance du nombre de bataillons de chasseurs à pied et alpins, en plus des unités coloniales. Le fait d'avoir une armée professionnelle et principalement expéditionnaire a permis à la France de développer rapidement cette spécialité. -
Ni les Goths ni les Lombards ne sont des peuples homogènes (et ce sont des indo-européens ;)): les peuples des grandes migrations/invasions dites barbares sont des agglomérats extrêmement composites avec, mais pas toujours un groupe dominant, même si cette domination est rarement numérique, et plutôt culturelle (1 élite d'un peuple donné qui a commencé le rassemblement). Les soi-disants "Goths" furent un amalgame des premières tribus ayant émigré vers l'Ukraine (ostrogoths) et la Dacie (wisigoths); et avant même de commencer leur migration/invasion finale dans l'Empire romain, ils s'étaient déjà mélangés avec des groupes locaux de toutes origines, eux aussi assez nombreux, tels que des Daces, des Sarmates/Roxolans/Alains (populations iraniennes), de nombreux celtes du Danube et de Germanie, des Romains (eux-mêmes très variés à l'époque) exilés ou ayant fui l'orbis.... Certains groupes, tels que les Francs, les Alamans et les Vandales, sont plus composites, étant de vastes agglomérats de toutes petites tribus, mais le principe reste le même. Maintenant, quand on considère que tous ces peuples sont seulement une part des Indo-Européens, on peut essayer de comprendre à quel point on parle d'un ensemble absolument gigantesque dans le temps et l'espace, où quelques traits culturels, politiques, religieux..... Communs ne suffisent pas nécessairement à qualifier le tout de "groupe", ou même d'un ensemble. Les Indo-Européens, ce sont des vagues de populations terriblement différentes ayant opéré, depuis un supposé "réservoir" allant de l'Asie Centrale jusqu'à l'Ukraine, et de l'Oural jusqu'au sud du Caucase (théorie déjà bancale), de gigantesques mouvements multi-directionnels vers le sud, le sud-ouest, l'ouest et le nord-ouest, et le tout sur une période allant des débuts de l'âge du bronze jusqu'au Haut Moyen Age. Trouver des schémas et une cohérence là-dedans, et essayer d'établir qu'une origine commune, ou en tout cas proche, rassemble ces groupes séparés non seulement par l'espace mais aussi par plusieurs époques, relève d'une audace sémantique un peu artificielle. A moins de preuves plus décisives que ce dont on dispose aujourd'hui, ça restera plus un fantasme qu'une fait.
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[Belgique]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Jojo67 dans Politique etrangère / Relations internationales
Et toi, tu t'es demandé combien de dialectes/langues reconnus existaient par exemple en côte d'ivoire? Le Français y est la seule langue "nationale": à ton avis, combien de personnels d'ambassades, wallons ou flamands, parlent même un seul de ces dialectes et essaient autre chose que le français dès qu'ils sortent d'Abidjan? Un diplomate parle un véhicule commun et qui est affiché comme tel par l'Etat où il officie, les disputes tribales locales ne le regardent pas. Que ce soit une imposture radio ne change rien: l'employé ne pouvait savoir et a donc réagi comme il aurait réagi face à un vrai diplomate, et le moins qu'on puisse dire est que c'est une réaction navrante de nullité et de connerie. Mentalité de trou paumé refermé et agressif: juste pitoyable. Pour la note, l'afrikaner n'est pas vraiment du flamand; et pour ta culture, un diplomate sud-africain a 95% de chances d'être un anglophone ne parlant pas un mot d'afrikaner (les afrikaner ne sont pas vraiment dans les élites officielles et l'establishment en général, ou alors ce sont des acculturés). Essaie encore une fois. Avant d'insulter, essaie juste de prendre du recul par rapport à tes idées arrêtées, ça évite les noms d'oiseau. -
Pas laïcs au sens où nous l'entendons, mais au moins dans les textes, les religions sont strictement séparées de l'Etat fédéral, au point qu'il n'y a, dans les textes, pas de différence majeure de fond entre France et USA (hors pour la devise, la symbolique....). Seulement ça c'est la théorie; après il y a les usages, très important en pays de common law, et les mentalités. Du coup, la pratique ("l'identité", quoi, différente de la seule loi ;)) est souvent très différente, et les profs de l'école publique aux USA sont sans arrêt au combat contre les religieux. Chez nous, ils demandent moins d'heures, aux USA ils demandent de gicler les bigots..... Je préfère les leurs ;)!
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JAPD et Lien armée-nation: une seule analyse possible = :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: