Aller au contenu
Fini la pub... bienvenue à la cagnotte ! ×
AIR-DEFENSE.NET

Tancrède

Members
  • Compteur de contenus

    18 697
  • Inscription

  • Dernière visite

  • Jours gagnés

    166

Tout ce qui a été posté par Tancrède

  1. Les Palestiniens en tant qu'entité géopolitique sont faibles: ils n'ont donc pas d'amis dans le monde impitoyable des Etats. A l'occasion, ils leur servent de prétexte ou de commodité, mais rien de plus.
  2. Tancrède

    Identité nationale

    Désolé Slider, mais tu ne fais pas mieux que le dit député: tu restes dans le vague et le général où tout est facile et évident; c'est la même hypocrise au final. Je suis bien sûr que ce n'est pas ton intention, mais le fait est là, et on ne s'en tirera pas avec des grandes déclarations de principe creuses et sans applications dans le monde réel. C'est trop facile. Au final, et je crois que c'est bien malgré lui, le gouvernement a lancé un débat, ou plutôt un thème de multiples débats à multiples aspects, qui peut être salutaire si on veut bien s'en emparer et arrêter de se planquer derrière les slogans, généralités creuses et pontifications moralistes à 2 balles qu'on nous sert depuis les années 80. Est-ce que ce débat peut faire clasher? Oui, trois fois oui, et il serait temps! Depuis quand on a peur du débat parce que ça crée des antagonismes? C'est le propre d'une société vivante: on va s'engueuler? Bouhouhou! C'est pas consensuel? Depuis quand la démocratie et la liberté d'expression sont-elles censées faire du consensus? Il faut causer concret, ne pas définir des critères de "bon français" qui seraient autant de cases à cocher pour un domaine subjectif (par essence une stupidité), mais tracer des limites, des lignes de partage et définir un cadre. C'est ça un Etat, et c'est ça la loi. Un des trucs qui me chiffonne le plus pour la question religieuse, et évidemment la question islamique (les calotins catholiques ayant été matés depuis longtemps et les protestants et juifs ayant fait leur développement via la République), est cette constante justification par les religieux et affiliés que l'Islam n'est pas incompatible avec la République, et que, pour des trucs comme le foulard et les minarets, l'Islam ne les prescrit en rien donc c'est tout bon. On parle d'une religion monothéiste qui est autant un système religieux qu'un cadre juridique, politique, économique et moral, comme le catholicisme l'a été. Et avec en plus une forte composante culturelle issue des pays d'origine des populations concernées. Arrêtons de se mettre la tête dans le sable! Evidemment qu'une grosse masse de principes de l'Islam en tant que foi et religion organisée sont INCOMPATIBLES avec la République. Comme pour le catholicisme ou le judaïsme. Quand j'entends un religieux de l'UOIF me dire que c'est bon, les musulmans sont autorisés par l'Islam à faire ci ou ne pas faire ça et que ça colle avec la République, désolé, pour moi c'est là que ça merde. C'est à l'Islam comme religion organisée à se mettre en conformité avec la République; et là où il y a des points de friction, voire des incompatibilités, QU'Il S'ADAPTE OU QU'IL S'ECRASE! C'est ce que doivent faire toutes les religions dans un pays laïque où leur base référentielle n'a pas de valeur légale. Ca ne changera en rien la foi, qui est un fait individuel et privé, de ce fait intouchable. Mais la culte organisé n'a pas à être autre chose qu'une guide spirituel; et il n'est en aucun cas un référent en tant qu'institution. Il ne faut pas oublier que derrière le CFCM et donc l'UOIF, et je laisse à part les liens avec les frères musulmans et des pays comme l'Arabie saoudite, il y a les autres cultes organisés qui se pressent pour rogner la République partout où ils le peuvent. L'épiscopat français (avec la papauté et surtout cette papauté derrière) et le grand rabbinat (avec son ex boss, Sitruk l'abruti en chef, d'ailleurs sujet de honte pour une bonne part des français juifs) se sont signalés récemment par leur hâte à s'avancer aux côtés de leurs potes calotins. Et je ne mentionnerais même pas les églises évangéliques avec leur prosélytisme suractif et surfinancé, qui sont une honte pour tout chrétien qui se respecte. D'une part, il y a une question de principe et d'à propos, d'autre part, relis bien la façon dont ça s'est déroulé; il y avait intention de narguer chez les petits cons en question, et volonté agressive. Justement Alexandre, quoiqu'on en aie, la liberté d'expression et la liberté dans l'absolu implique par essence le droit plein et entier d'être un connard. Si ce n'était pas le cas, il faudrait génocider vraiment beaucoup de monde ;). Je te rappelle la grande réplique de De Gaulle; quand un homme dans la foule, devant lui, gueula "mort aux cons", le général, imperturbable, répliqua "vaste programme" :lol:.
  3. ????? Une nouveauté. Une autre nouveauté. La guerre se déroule donc toujours comme prévu? L'ennemi ne s'adapte pas? Le renseignement est parfait? On connaît à l'avance toutes les cibles sans exception? Aucune nouvelle n'apparaît? Aucun changement dans un dispositif ennemi n'arrive? Le navire est par essence invincible et invulnérable? Il n'a aucune panne possible, aucun blocage, aucun dysfonctionnement ne peut arriver? Il est sûr de toujours être là où il faut quand il le faut? C'est pas tant la permanence à la mer que l'assurance d'une disponibilité permanente, et la possibilité de remplacer une perte, ou la capacité n'existe pas. Ne jamais mettre tous ses oeufs dans le même panier et ne pas prendre un adversaire pour un con. Sans compter qu'on ne parle là que du cas d'une guerre classique, symétrique et d'importance, cas de figure à faible probabilité. Et en attendant, le bouzin doit aussi servir à d'autres choses, ou c'est pas la peine de le construire. Du coup, il lui faut d'autres modules pour le plus de cas de figures possible, témoignant d'un cadre d'emploi large, garantie de "rentabilité" stratégique de l'investissement.
  4. Attends BPC, si on doit être "réalistes" niveau budget dans ce topic hypothétique, la seule option abordable serait les tenders AVT, transportés par un navire (civil) semi submersible, un BPC ou un TCD et largués/dispersés sur zone, faits pour se planquer entre 2 eaux et intégrés à l'architecture réseau des frégates présentes. Parce qu'en l'état du budget, un seul frappeur, c'est 100 millions, plus 500 missiles soient 250 millions au bas mot, plus le prix des modules et lanceurs sylvers en masse. Et je fais grâce des inévitables surcoûts, merdages et corrections, inhérents à tout prototype. Pour en avoir une quantité utile, il en faut 2, voire 3, soient de 800 millions à 1,2 milliards; en l'état du budget et de sa gestion, c'est impossible. Il faut donc une reprise en main monstrueuse du Mindef avant tout, et si les analyses de Stratège sont même seulement à moitié justes, on aurait alors de quoi faire autre chose que du frappeur (genre les PA 2 et 3 ;)). Et il faudrait ajouter que si le frappeur, c'est mon postulat, doit être stratégiquement rentable, il doit, comme je le préconise, disposer d'une vaste gamme de modules de mission (avec plein de jolis trucs variés à balancer par paquets); donc, du coût en plus, même si on les fait low cost. Comme en informatique, c'est plus les imprimantes qui sont chères, c'est les cartouches d'encre qui deviennent un produit de luxe :lol:.
  5. Tancrède

    Identité nationale

    Le décryptage des mass medias est effectivement, tout comme en fait un enseignement de décryptage de la consommation en général (comment pas se faire avoir par le marketing, la com et le merchandising en général), une mesure nécessaire de salubrité publique. Pour l'enseignement en histoire, je suis à 100% pour un enseignement joint d'histoire, géographie et instruction civique, la géographie humaine et économique pouvant devenir une branche séparée au lycée, comme enseignement plus lié à l'économie. L'Histoire de France au collège et lycée n'a pas à jouer un balancier impossible entre un récit national massacré et une aspiration hypocrite à l'Histoire-science (recherche objective de la vérité, avant tout par l'historiographie, la critique des sources, la confrontation des thèses) qui nécessite un bagage et une attention hors de portée des élèves: le pseudo cocktail est douteux et ne réussit rien. L'histoire avant le bac doit être la transmission du récit national, la mémoire nationale: c'est subjectif et ça doit s'assumer comme tel, afin de donner non une vérité officielle, mais l'histoire vue par notre point de vue national en tant que communauté, en fonction de nos intérêts, défauts, qualités et aspirations à une époque donnée. C'est notre prisme d'analyse national sur le cours de l'histoire du pays et l'évolution de sa place dans le monde et de son regard sur lui-même et dans le monde, soit l'enseignement d'une subjectivité commune. C'est cette subjectivité qui nous a amené à penser et à nous penser comme nous le faisons, qui explique et justifie nos comportements collectifs et individuels, nos interactions et attitudes par rapport à nos concitoyens, à l'Etat et à la nation.... Y'a rien de mal à ça, et c'est comme ça qu'on se soude un minimum; ça n'a rien à voir avec une vérité officielle univoque, définitive et absolue. Et je constate que l'Histoire était une matière bien plus attractive et appréciée (et retenue) quand le manuel était un récit continu comme le Michelet (XIXème siècle), le Lavisse (IIIème République) ou le Malet & Isaac (années 50-60) qui, avec tous leurs défauts, et leurs a prioris, étaient des récits rassembleurs et créateurs de vivre ensemble. Et pour autant, même le Lavisse si nationaliste, si martelé par nos hussards noirs et si plein de fautes n'a pas détruit l'esprit critique en France, bien au contraire. Les divergences politiques, le brio intellectuel et les oppositions radicales, les grands débats et les idéologies collectives n'ont jamais été si vifs et intenses qu'à l'époque où ces écrits étaient la norme. Ils ont fait leur boulot, celui de cimenter une société qui pouvait se déchirer plus librement, contrairement à aujourd'hui, où le récit national est rejeté, mais où tout est politiquement incorrect et toute position un peu affirmée est condamnée comme pouvant déchaîner une émeute. C'est l'apologie de la tarlouze et le rejet de tout débat qu'on a quand la société n'est plus, précisément, cimentée par un minimum de patriotisme et de conscience nationale; une dictature molle du politiquement correct et de la bien-pensance alors que l'envie de débattre bout dans toutes les parties de la société. A force de le refuser, on passera le point où ces antagonismes niés ne pourront plus se résoudre que par l'affrontement.
  6. Tancrède

    Identité nationale

    Désolé, en fait je répondais pas à ton post avec cette phrase en particulier, mais à des remarques faciles qui m'ont été adressées à plusieurs reprises. Quand aux prolongement et dérives politiciens.... Quoiqu'on fasse ou ne fasse pas, la politique politicienne et les abus démagogiques arrivent sous une forme ou une autre; ça c'est inévitable dans la vie politique.
  7. Tancrède

    Identité nationale

    Faux Gally, justement, le ministère et le gouvernement en général n'ont pas grand-chose à dire sur le contenu des programmes d'histoire. ce sont des comités de rédaction issus du corporatisme enseignant qui rédigent les dits programmes, chercheurs et enseignants. Et ils se cooptent beaucoup plus qu'ils ne sont nommés pour leurs accomplissements académiques: les gouvernants ont assez peu leur mot à dire tant pour les programmes que pour les nominations. Et de facto, comme tout système, celui là a eu ses vertus, il y a longtemps, et se trouve aujourd'hui, et en fait depuis un bail, complètement grippé et parasité par une minorité à forte tendance idéologique. Déjà dans les années 60-70, c'étaient les lobbies enseignants gaulliste et communiste qui y tenaient le haut du pavé (un exemple parmi d'autres; c'est de là que vient l'insistance particulière sur la résistance, aux dépends des alliés ou des FFL dans la lecture de la 2ème GM). Depuis 20-30 ans, on a la domination d'un antipatriotisme plus ou moins bobo en proie à des restes d'idéologie communiste dévoyée, avec une insistance sur certaines mémoires particulièreset des visions très particulières de certaines périodes. Le tout sans même une réelle cohérence. Penche-toi sur la question et tu verras tous les plus grands historiens des 30 dernières années souligner ce massacre de l'enseignement historique, qu'il s'agisse de la mémoire nationale dans l'histoire au collège ou au lycée, ou l'histoire comme science à l'université; et je parle d'historiens aussi bien de droite que de gauche, en université ou non, de François Furet à Jacques Heers en passant par George Duby, Colette Beaune, Jean Tulard, Lucien Jerphagnon, Paul Veynes, Jean Christian Petitfils.... Les polémiques autour de Pétré-Grenouilleau ou Sylvain Gougenheim soulignent la puissance de ce lobby interne à l'éducation national et à l'enseignement supérieur.
  8. Tancrède

    Identité nationale

    La question de la Chine est différente, comme pour tous les pays qui se définissent avant tout par une ethnie dominante, mais aussi chez qui l'atavisme et un pouvoir fort et sans compromis (et ce d'autant plus que le pays est grand et peuplé) imposent une règle générale beaucoup plus forte. Mais la question n'est pas tant l'attachement sentimental, l'amour ou la fierté; ce sont des sentiments, on ne peut les commander, au mieux créer un cadre favorable à leur émersion, à un degré ou à un autre, dans une majorité de la population. La question est de donner, outre le sens du respect des lois et la compréhension des motifs de satisfaction matérielle et/ou mesurable (ce qu'on ne fait déjà pas ou mal) qu'il y a à faire partie de la communauté, de donner donc un sens de la dite communauté, qui se décline sous la forme de codes et référents culturels communs, d'un minimum de sens du devoir, d'un mode de civilité et de sociabilité propre au pays, d'une compréhension de la continuité historique qui nous amènent à penser collectivement comme nous le faisons et à aborder les problèmes et choix comme nous le faisons (et non en ordre si dispersé qu'aucun débat n'est possible).... Il s'agit de donner une conscience de la nation, de son importance et de son intérêt; alors qu'on arrête de me balancer que je prône un modèle unique et univoque de pensée patriotique! Concrètement, cela signifie par exemple que malgré leurs différences, communistes et droite républicaine peuvent trouver un terrain d'entente minimum et non déclencher une guerre civile, que les classes aisées ont conscience d'avoir plus de devoirs que les plus défavorisées, mais que ces mêmes populations défavorisées ont aussi quelque chose à donner. La loi peut rendre ça obligatoire, mais s'il n'y a pas de sens de la communauté et d'attachement à la patrie, les riches se barreront tous ou refuseront de payer, les pauvres désobéiront en masse, les classes moyennes en auront raz la casquette d'être pris à la gorge, les identités locales, territoriales, sociales, ethniques ou religieuses seront les seuls référents pour des multitudes de groupes, chacun sera dans sa chacunière et l'autorité de l'Etat n'existera pas. La loi aura bon dos.
  9. Tancrède

    Identité nationale

    Le problème est qu'il faudrait pouvoir leur faire la liste à ces petits cons suffisants et égocentriques; idéalement avec 2 claques et un voyage de 2 mois au Bengladesh, en Sierra Leone ou au Tchad, hébergé chez l'habitant moyen. Avant même d'expliquer l'importance des notions de groupe, de loyauté, de cohésion, de culture, de civilisation, de devoir.... difficiles à mettre en mots précis et données quantifiables, regardons ces questions de ce que l'Etat "donne". Voyons, juste à titre d'exemple ce qu'offre la France: - un pays en paix - un ordre intérieur dans la moyenne très haute des pays du globe - une longue espérance de vie - un système de santé accessible et encore efficace - une éducation plus qu'élémentaire quasi gratuite - une éducation supérieure quand même large d'accès - un accès gratuit à la culture - les commodités modernes pour pas grand-chose (électricité, chauffage, eau courante potable) - de l'aide, du soutien, de l'orientation à qui fait l'effort d'aller en trouver - des opportunités de carrière et/ou de création d'entreprise que peut de pays offrent, avec un marché plus que solvable - les libertés fondamentales dans l'ensemble bien présentes - une société policée et civilisée, où la force n'est pas un recours normal, où précisément il existe une civilité et une sociabilité, résultant autant du régime légal que de la civilisation et de l'histoire, qui limite les comportements agressifs et abus liés à des différences de statut, de pouvoir, de groupe d'appartenance.... - un régime non oppressif, le droit de vote, le droit d'association, le droit de manifestation politique - un Etat de droit en général, incluant une protection au travail et une protection sociale, filet de sécurité que peu de pays ont Sans compter des détails comme le fait que c'est un beau pays, présentant une diversité unique sur un espace pas si gigantesque: paysages, villes, culture.... On peut arguer sur tout, dire qu'aucune de ces choses n'est idéale ou parfaite, que beaucoup de choses vont mal.... Oui il hy a de grandes injustices et des choses qui fonctionnent mal, mais le niveau moyen d'injustice et le niveau moyen de dysfonctionnements sociaux ou étatiques sont parmi les plus bas de la planète. Et il faut comparer au reste du monde et souligner, au besoin en tapant sur la rable, que peu de pays offrent autant de possibilités, de recours, de soutiens et d'options pour se réaliser en tant qu'individu, que personne et que groupe, et se récupérer si quelque chose foire: dans tous les domaines susmentionnés, les petits cons en question devraient se voir enseignés qu'ils font partie des 10% les plus privilégiés de la planète. Berkut, le petit con qui t'as fait cette remarque (désolé si c'est la progéniture), tu devrais lui montrer à quel point il est stupide et autocentré, un enfant gâté provincial (au sens d'un raisonnement autocentré; aucune critique sur nos belles provinces) incapable de mesurer ce qu'il a au regard de la réalité du monde. "Quand je me regarde, je m'inquiète, quand je me compare, je me rassure", dixit Talleyrand.
  10. Tancrède

    Identité nationale

    Lis ce que j'ai écrit au lieu de te répondre à toi-même. Et? Elle te procure une conscience de groupe? y'a des meetings? Une présence au quotidien? On est juste en train de déblatérer depuis des pages sur le fait que des groupes identitaires de toutes sortes se constituent en France sur les terrains que la France a abandonné, précisément parce que la plupart des gens, apparemment pas toi, ont besoin d'appartenir à un groupe "tangible" au quotidien, et vers qui leur loyauté ira d'autant que le dit groupe agit. Il n'est pas question de penser comme je pense; mais apparemment, des centaines de chercheurs dans la plupart des pays occidentaux turbinent sur la question des groupes nationaux et de leur cohésion, sur la question du vivre ensemble et sur la pérennité des entités politiques. Les partis politiques qui évoquent la question semblent bizarrement avoir plus le vent en poupe que ceux qui la refusent obstinément. Mais apparemment selon toi, essayer de clarifier la question, c'est imposer une pensée unique. Est-ce que cette phrase veut même dire quelque chose? Ah bon? Donc en plus de tes impôts et cotisations, tu donnes autant d'argent à tous les pays de la planète, à toutes les causes et à toutes les populations qui ont des besoins importants? Félicitations, tu dois très bien gagner ta vie pour avoir autant de solidarité à dispenser.
  11. Tancrède

    Identité nationale

    Yep! C'est le problème de cette vision des choses: elle ne crée aucun "vivre ensemble" (terme consacré) et compartimente la société en tribus, ou l'atomise en individus. A terme, c'est générateur de violences, de divisions et de perceptions autocentrées de groupes qui en arriveront à n'avoir que leur logique propre aux dépends de celle de l'ensemble. Et la loi seule ne peut rien contre ça, à moins de forcer la liberté de penser. Mais il est dur d'expliquer en termes précis et en données quantifiables ce qui pourtant est une évidence: si la loi suffisait, on pourrait penser que la Constitution suffit à dire comment doivent fonctionner les institutions. Pourtant, si on essayait de le faire, il n'y aurait pas de gouvernement possible, parce qu'il faut une pratique parlementaire et gouvernementale, une façon de se parler, des référents pour se comprendre.... Bref, la Constitution n'est que la moitié du fonctionnement du gouvernement. La loi, c'est pareil; elle ne fournit que la moitié de la façon dont fonctionne une société: le reste, c'est précisément la culture, l'identité, la civilité, la sociabilité, la conscience de groupe.... Pour la communication au quotidien ou la transmission écrite, c'est encore la même chose: la langue avec ses règles ne fournit que la moitié du fonctionnement. il faut aussi un fond culturel commun, des références communes (conscientes et inconscientes), des codes, des fautes et omissions communément acceptées, des prononciations, des habitudes, des facilités.... Croire que la loi suffit à faire fonctionner une société est illusoire. Les 2ème et 3ème génération ont quand même grandi en France, et qu'ils le veuiillent ou non, ils sont culturellement plus français qu'autre chose, sans même s'en rendre compte le plus souvent. Ils se donnent des pseudo-identités en référence au passé de la famille, mais ils ne connaissent rien de ces cultures, alors ils recrachent un patchwork superficiel de quelques items culturels incohérents et sont en partie étrangers en France, et complètement étrangers au pays d'origine de la famille. Ca dépend où, ça dépend quoi. D'abord, ça n'est pas comparable parce que les USA sont à un moment de leur histoire plus assimilable à celui de l'Europe d'avant 40: le patriotisme y est encore jeune et fort, sans trop de compromis. Ensuite ils sont encore dans cette vision communautariste qui peut pour l'instant cohabiter avec le fait d'un Etat unique, précisément parce qu'ils sont le modèle dominant et rayonnant; mais tout ça n'a qu'un temps, et ce qui est une force aujourd'hui sera une faiblesse demain. De même, il faut voir un peu dans le détail ce que sont les minorités aux USA; les vagues d'immigration plus récentes sont en fait mieux intégrées que nombre de minorités historiques américaines. Le problème des indiens (notamment la fédération lakota) est folklorique, parce qu'ils ne sont pas nombreux, mais une partie significative de la communauté noire américaine est potentiellement en rupture avec le pays. Les USA devront, dans un avenir plus ou moins proche, faire face à des problèmes de cohésion nationale.
  12. C'est pas un bombardement qui a changé l'attitude de la population; s'il avait eu lieu sur Buenos Aires, là tu peux être sûr que la population n'en aurait pas plus aimé ses colonels, mais qu'elle aurait avant tout craché sur les Anglais et réclamé vengeance. Le bombardement seul ne fera jamais monter ce "seuil de mécontentement" au point de renverser un régime peu populaire; il a l'effet contraire, non parce qu'il rend le dit régime populaire, mais parce qu'il offre une diversion et une cause de haine et de rancoeur immédiate et tangible. Et je rappelle que je ne parle pas du fait de pouvoir toucher une infrastructure sensible (chose que les FREMM et l'aéronavale peuvent et pourront bien plus faire bientôt), mais bien de la capacité de bombardement massive comme moyen de politique extérieure (donc en temps de paix "tendue", comme arme de dissuasion et contre des groupes non étatiques). Et à cet égard, qui constitue l'essentiel des cas à l'horizon visible, je répète que la capacité obtenue est négligeable et constitue donc une dépense inutile EN L'ETAT DE LA SITUATION GEOPOLITIQUE ET DE NOS FORCES. Si on parle d'une guerre ouverte classique, je suis pour le concept. Ben, dees sanctions économiques, c'est pas du bombardement, ou alors j'ai loupé quelque chose :lol:. m'enfin ils tiennent avec ces sanctions depuis longtemps. Ajoutons que si d'aventure les USA et/ou Israël avaient envie d'aller bombarder une centrifugeuse ou toutes les installations nucléaires en Iran, ce serait du pain béni pour le régime qui ressouderait, au moins momentanément, sa population. C'est là tout mon point: si on veut une capacité de bombardement massive, ça veut dire qu'il faut pouvoir jouer fort, sinon je garantis qu'avec du frappeur seul à flotte égale par ailleurs, on ne pourra que se ridiculiser au mieux, être mis au ban des nations, au pire. Si on veut pouvoir la jouer comme ça, avec 2 frappeurs dispo en permanence, il faut, comme je l'ai dit plus haut: 2 PA dispo à l'année (donc 3), les escortes et le soutien qui vont avec, une capacité de bombardement lointain de l'AdA (A330 avec barillets....) et un corps de débarquement vraiment menaçant. Pour ce dernier, je parle réellement pas d'une brigade, mais bien de l'équivalent d'une division au moins. Le frappeur comme comme outil ne coûte sans doute pas trop cher, mais comme concept, c'est ça qu'il implique.... Et c'est plutôt cher. Sauf bien sûr, encore une fois, en cas de guerre classique ouverte, où son effet quantité est toujours utile. Tes que sont les LCS et AVT, moi aussi... A ceci près que le panel de possibilités n'est pas le même, à moins, et là on revient à la discussion technique, qu'on puisse trouver de la versatilité au concept, via une "industrie des modules" du frappeur: si on peut ainsi le rendre apte l'appui-feu côtier (pour les débarquements et la création d'une tête de pont), au bombardement tactique dans la profondeur aussi bien qu'au bombardement stratégique classique (rôle des mdcn sur les infrastructures et cibles à haute VA), à une capacité AA aussi bien qu'à la mise en oeuvre de drones de reco et à celle de missiles et drones de bombardement à longue endurance, alors oui, tu me trouveras prêt à signer des mains et des pieds. Mais est-il possible d'arriver à cette gamme de capacités en restant dans l'optique low cost?
  13. Tancrède

    Identité nationale

    Résultat, aucun sentiment d'appartenance, aucune conscience de groupe, donc aucune solidarité ni rien d'autre chose que la conception d'un pays comme un bête prestataire de service (parce qu question devoirs, à part les impôts, on cherche ce qu'ils peuvent être), au mieux, une vache à lait, au pire. Et certainement pas de conscience de la société et du vivre ensemble. Dans le monde réel, la loi ne suffit pas à faire vivre un pays, mais plus encore à le faire durer. De plus qu'est-ce qui a déterminé et détermine encore la loi, l'envie de faire telle loi plutôt que telle autre, de faire tel choix politique plutôt qu'un autre, de choisir parmi un nombre limité d'options politiques plutôt que des milliers d'autres? Qu'est-ce qui détermine ça sinon la culture et l'histoire du groupe qu'est la France? Qu'est-ce qui va faire qu'on se comprend sinon une langue commune, mais plus encore un référentiel culturel commun qui permet de lui donner un contenu sur lequel tous peuvent se comprendre un minimim? Qu'est-ce qui va assigner des objectifs et des manières de voir relativement similaires dans l'action et les choix politiques, du moins assez pour former un nombre réduit de tendances, sinon la tradition, la culture et l'histoire? Qu'est-ce qui va permettre qu'un débat existe sinon la culture, les traditions, une certaine forme de civilité? D'autres banalités bien-pesnantes? Non parce que les slogans bobos, ça va deux minutes. On fait dans le creux, l'abstrait et le général pour s'affranchir d'un raisonnement. Si tu veux appeler ça penser, libre à toi, mais c'est pas crédible.
  14. Ben le problème, je l'ai mentionné plus haut: l'effet des bombardements est nul sur la volonté d'un l'adversaire; c'est une capacité de complément. Ce qui compte, c'est la capacité à aller toujours un cran plus loin, et c'est pourquoi j'insistais sur le fait que si on prend du frappeur pour une politique extérieure agressive, à l'américaine, même si elle n'est pas dans nos moyens car il nous faudrait pouvoir encaisser le contrecoup diplomatique, politique et économique, il nous faudrait aussi l'USMC. Là seulement on aurait une capacité de contrainte. Et évidemment, un seule PA ne suffit pas non plus; vu les progrès des défenses aériennes et AA, sans compter la complexification de nombre d'Etats (= plus de cibles, dont les plus importantes sont mieux cachées et mieux protégées), un groupe aérien de PA aurait peu d'effet, et 2 seront limites. Mais il est illusoire de penser que c'est la capacité de bombardement qui permettra de compenser hors du cadre d'une guerre classique ouverte. Pour une politique extérieure dans le monde "probable" des 20-30 prochaines années, pratiquer la politique de la canonnière n'est pas dans nos moyens, ni dans ceux d'aucun Etat sauf le plus maousse. D'où mon insistance sur l'inutilité d'un tel bouzin hors conflit classique majeur. Et ce dernier, s'il devait arriver néanmoins, aurait quelle probabilité? Chine et Iran, ou peut-être Pakistan (mais en version guerre civile); ce sont les 3 horizons potentiels de conflit classique, et disons que l'Iran est le seule "pertinent" pour un modèle militaire français (pour la Chine, y'aurait une telle coalition que même si on doublait le budget du Mindef, on pèserait queud'chi). Et qu'est-ce qui influe sur la volonté de l'adversaire? La capacité de bombardement, surtout sur des cibles en zone de guerre civile? Ou plutîot la manifestatio de volonté d'un Etat en soi, avec sa capacité à aller toujours un cran plus loin? N'est-ce pas surtout l'incapacité ou la volonté manifeste de ne pas débarquer de troupes au sol (qui équivalent à faire la décision) qui a pu ridiculiser l'effort? Une campagne de bombardement affaiblit, peut énerver, peut éventuellement paralyser plus ou moins, mais elle ne décide pas et ne contraint pas suffisamment: l'ennemi s'adapte, et l'effet sur le moral est souvent contre produictif. L'adversaire étatique y est plus ou moins sensible, l'adversaire non étatique y est peu sensible.
  15. Tancrède

    Identité nationale

    Merde! Du coup, j'aurai presque des remords quand j'ordonnerais ton exécution comme traître à la patrie et européaniste aggravé.... Presque. Oui, oui, de sales fachos! Et Vercingétorix et Clovis ont cofondé le fascisme! Une note pour Léonard de Vinci; c'était pas un fasciste mais une saloperie de petit-bourgeois et rétrograde se laissant gouverner par les fascistes qui, comme chacun le sait, sont partout. C-seven, j'ai failli répondre avant de voir le délire :lol:.
  16. Tancrède

    Identité nationale

    Ona à assumer point; pas "humblement"; faut arrêter justement ce paradigme destructeur de vouloir enseigner l'Histoire sous l'angle moral, ou alors il faut faire une pédagogie des horreurs de l'Humanité entière (notamment celles des si gentils fellouzes du FLN ou des merveilleux VietMinhs, puisqu'on parle de repentance coloniale, ou encore dire comme il se fait qu'il y ait des arabes et l'Islam en Afrique du Nord, tous deux arrivés et implantés localement par des méthodes si douces, justes et bienveillantes). Pas vraiment constructif. Il n'y a pas à justifier, juste à constater, et c'est déjà très dur de pouvoir être certain de l'ensemble des faits constatés et d'avoir une analyse relativement détachée. On a fait ci, on a conquis ça, on a réagi comme ci, on a tapé ça, point barre. "C'était le monde d'alors, c'était comme ça, vous croyez être meilleurs ou plus malins?", voilà un peu l'esprit. C'est l'une des premières choses pour l'Histoire: on doit différencier ce qui ressort de la morale individuelle des faits des Etats. Et amener à montrer qu'un groupe agit dans son intérêt, et que c'est une nouveauté récente dans l'histoire que cet intérêt implique un aspect moral qui peut, parfois, se faire aux dépends des intérêts matériels (qui ne doivent pas être montrés comme méprisables, étant donné que tous en profitent directement ou indirectement; on est contre les ventes d'armes, mais on gueulerait si les usines qui les font fermaient?). C'est quoi cette histoire d'être fier ou pas fier de ce que la france a fait? On prend ce qu'on aime et on rejette ce qu'on aime pas? Non! On prend le global, et si on n'aime pas, on part. Les croisades, c'est un fait, et il y a du magnifique comme de l'abejct, et des deux côtés. la conquête de l'Algérie, c'est pareil; c'est un fait, accompli pour X et Y raisons, et il y a eu du crade et du grandiose. Et je prends le tout sans avoir "honte" de rien (on ne peut avoir honte que de ce qu'on a personnellement fait). Il faut de l'affectif, pas de la morale, et le principe de l'enseignement d'histoire et d'instruction civique doit être non de juger moralement, mais de montrer que tous les groupes humains ont fait des horreurs et de grands accomplissements, et qu'on doit juste connaître nos horreurs et nos réussites pour déterminer comment on veut se comporter aujourd'hui et à l'avenir, pas prendre une position morale dessus et juger en terme de "bien" et de "mal" (concepts à la fois abstraits et relatifs), ce qui est stérile, stupide et destructeur. Il convient de montrer que certes, notre histoire nous a indiqué une relative "morale" de comportement en tant que groupe/Etat, mais que en tant que groupe, notre première morale est particulière (et non abstraite, générale et "mondiale") et concerne l'intérêt du groupe, de sa cohésion et de sa prospérité (ce qui est bien pour les uns peut être le mal pour les autres, et il n'existe pas de "Bien" général et absolu; pour ça, il y a la métaphysique, la religionet l'au-delà). Non, non.... Mais t'étonnes pas si des gens baraqués sonnent à ta porte d'ici quelques temps ;).
  17. Tancrède

    Identité nationale

    C'est pas fait pour.
  18. Je vais pas citer tout ton post, ça rallonge vraiment trop (y devrait pas y avoir une politique pour limiter ça? Je vois des posts de 3 kilomètres avec 90% de citation d'un post précédent ), mais je réponds au global. Soit dit en passant, je lis toutes les références. Louis Gauthier ou autre, je constate surtout une récurrence et une déclinaison à l'infini de la politique rumsfeldienne, et que j'ai encore plus d'analystes stratégistes et d'hommes d'Etat à te citer qui tireront des conclusions radicalement différentes des conflits mentionnés et de l'efficacité INTRINSEQUE de l'arme aérienne et de la politique de la canonnière. Tu nous joues le lobbyiste de l'Air Force ou le pro-rumsfeldien fana du duo invincible et absolu aviation-forces spéciales? Parce que ce sont des analyses qui ont été plus que fortement battues en brèche, et j'attends toujours de voir une seule personne me montrer que Milosevic a craqué face à une campagne aérienne, par exemple: le changement diplomatique russe est ZE éléments qui l'a fait renoncer, et c'est pas un secret d'Etat (et accessoirement, personne n'a menacé de bombarder Moscou pour obtenir ce changement; ça passe par d'autres moyens). Depuis la 2ème GM, l'efficacité politique des bombardements a été sans cesse revue à la baisse (sauf le nucléaire, du moins quand on parle de frappes massives). L'arme aérienne n'a pas gagné la guerre du Golfe; elle a certainement limité les pertes de la coalition, c'est un fait (et faut pas me répondre comme si mon propos était de dire qu'elle est inutile), mais elle n'a pas fait la décision (et on va pas me faire croire que l'armée irakienne de 1991 aurait pu faire un mal énorme aux armées de terre présentes). Retourne en 1991 (tu es promu président des USA pour l'occasion) et ordonne juste une campagne aérienne massive. Le seul résultat que tu obtiendras, c'est une population irakienne massivement hostile, voire groupée autour du chef, et un Saddam qui te fait un gros doigt. Quel est le résultat de ça? Pareil pour le Kosovo. Et surtout, surtout, faut pas comparer dans l'abstraction la France et les USA; même si les USA pratiquaient la politique de la canonnière (ce qu'ils ont failli faire avec la guerre préventive), ils pourraient se le permettre. Nous non. Si on balance ou menace de balancer une purée de missiles sur un pays qui fait chier, tout un tas de pays vont nous en faire baver en retour, et pas militairement. L'idée du frappeur permet certainement de minimiser à l'extrême le coût des tirs de missiles. L'idée du frappeur permet certainement de maximiser une puissance de feu en bombardement, tant quantitativement (mais bon, sur ce dernier aspect, la précision est un acquis que le frappeur soit fait ou non). Mais mon point est que la nécessité cette capacité de bombardement n'existe que dans une gamme de circonstances si limitées que le concept, en l'état, est une dépense inutile, à moins de le rendre plus versatile. En pratique, il ne peut servir que dans une guerre ouverte de grande échelle, contre un adversaire étatique suffisamment organisé et développé (avec donc beaucoup de relais et centres de pouvoir, décision et richesses fixes et localisés à cibler, et bien sûr de cibles militaires), c'est-à-dire qu'il n'existe que dans un schéma clausewitzien classique, plutôt rare dans nos perspectives probables. Maintenant, je suis le dernier à refuser l'idée de se préparer au retour de conflits majeurs, et je suis d'accord avec le fait qu'à minima, une solution de ce type devrait au moins être étudiée et gardée à jour, voire bénéficier de capacités de construction rapide pour une telle occasion, avec éventuellement une tête de série effectivment produite comme bâtiment d'essai et d'expérimentations tactiques. Le côté "pour le cas où". Parce que je vois aussi la limite de l'éclatement sur un grand nombre de bâtiments. Je dirais même qu'il serait souhaitable d'en construire rapidement en cas de montée des tensions entre grands Etats, afin de pouvoir manifester une volonté crédible en prévention (genre "M. le Chinois, arrête de reluquer cette île ou tes bases toutes neuves vont voir leur prime d'assurance grimper"). Mais pour ce qui est de la politique extérieure hors d'une guerre de grande ampleur, c'est un outil inutile et un raisonnement de niche réalisé non à partir d'une perpective politique et stratégique, mais d'une logique micro-économique et d'une analyse sectorielle: ce n'est pas une capacité accrue de bombardement qui permettra d'infléchir la volonté d'un belligérant étatique organisé, mais ce sera un facilitateur de l'action des forces qui, elles, obtiendront ce résultat. Contre un adversaire non étatique, surtout idéologique, c'est zéro. Contre un adversaire étatique faible et peu organisé, donc pouvant adopter des méthodes de guérillas et une défense "low tech", c'est pas beaucoup plus. Pour jouer les gros bras en temps de paix et contraindre un Etat non belligérant à faire nos quatre volontés, je doute que ça marche et je suis en revanche bien persuadé de ce que nous ne pouvons pas nous le permettre (et à part la Chine et les USA, et encore, personne ne le peut). Mais un seul bataillon d'infanterie servira infiniment plus et constituera un outil de politique extérieure 1000 fois plus utile. Entièrement d'accord.
  19. Tancrède

    Identité nationale

    Pour les Chinois, ce sont les sociétés/associations Tongs qui font ça, collectant des contributions et mettant en relation ceux qui ont des moyens et nouveaux arrivants. Mais il y a aussi beaucoup d'arnaques liées à l'économie criminelle: les prêts à taux abusifs (en plus de ceux consentis aux migrants illégaux pour leur passage) qui asservissent à vie leurs "bénéficiaires" ne sont pas rares. Je verrais ces organismes comme des banques de micro-financements assortis de services de conseil (un moyen d'employer nos seniors dégagés trop tôt d'ailleurs, avec toute leur expérience), mais aussi comme des plates-formes de centrales d'achats. Non seulement elles aideraient, financièrement et techniquement, à démarrer et soutenir des activités (plutôt que de s'entêter à aiguiller vers des jobs qui n'existent pas en assez grand nombre), mais elles devraient aussi aider les habitants d'une zone donnée à acheter leurs produits de consommation (bouffe surtout) directement à des grossistes ou producteurs et de façon collective, afin de limiter sérieusement le coût de la vie que la grande distribution accroît. Et tant qu'à faire, on peut y caser des logiques de développement durable (achats en boucle courte aux producteurs les plus proches, achat préférentiel de produits français/européens....) pour améliorer la qualité moyenne de l'alimentation. Les conseils d'optimisation de budgets.... Seraient aussi souhaitables; j'avais lu une étude sur les surdépenses et gaspillages dans les achats et dépenses des milieux modestes, c'était effarant (mauvaise information, manque de connaissances, incapacité à planifier....). La base pour ce genre d'organisations peut et doit être avant tout locale, et je garde, malgré ma culture de droite une forte admiration pour bien des aspects de l'organisation des banlieues rouges de la grande époque du PCF qui savait mettre en oeuvre ce type d'organisation sociale (achats collectifs, implication de chacun, effort de culture ET orthodoxie budgétaire); ces banlieues, dans les années 50-60, étaient les mieux tenues, les mieux gérées et les mieux équipées. Mais ce sont aussi celles qui ont fauté, car paradoxalement, ce sont chez elles que les nouvelles vagues d'immigration ont été mises à l'écart dans les années 70. En partie, à ceci près que le relativisme a ses limites: l'identité nationale est la méta identité qui rassemble, là où toutes ces sous-cultures (au sens de sous-groupe, de subculture) divisent. Et il s'agit surtout d'une question d'intensité, pas de principe fondamental: des identités locales/territoriales, culturelles, religieuses (mais pas ethniques) fortes peuvent cohabiter avec une identité nationale mais si et seulement si celle-ci est affirmée avec force et volontarisme, et si elle est imposée et acceptée comme ayant un degré de légitimité plus élevé. Je n'ai rien à faire d'un mec qui se dit Français musulman; mais celui qui se dit musulman français va avoir des problèmes avec moi. Tu saisis la nuance? La règle commune l'emporte et ne souffre pas d'exception, sous peine de voir le groupe menacé. Et il faut délimiter ce que ça comporte, car ça ne peut pas être limité au seul point de vue de la précédence légale et cela doit se concevoir dans le temps: tout groupe, même seulement culturel, tend à développer son sentiment d'appartenance, ce qui veut dire que toute communauté cherchera inévitablement à resserrer ses liens et son autorité (il y a toujours, à l'interne, des questions de pouvoir qui s'ajoutent à cela) et évoluera vers le communautarisme, soit une logique où la loi du groupe l'emporte sur celle de la nation. C'est pourquoi l'appartenance nationale a un contenu et doit en avoir un au-delà d'un simple corpus de règles, parce qu'elle doit créer non seulement un corpus de devoirs et de droits, mais aussi un sentiment de conscience et de fierté. Et en France, cette conscience passe par l'Histoire nationale et par la langue, par l'attachement à la géographie affective, au territoire, par la solidarité au-delà de son ou ses sous-groupes d'appartenance immédiate. C'est difficile dans un petit pays comme la Belgique, mais bien plus encore dans un pays de 65 millions d'habitants et bien plus divers, et c'est pourquoi la règle et le sentiment (raison et passion) doivent être enseignés, transmis et affirmés avec force et volonté. A force de considérer l'ensemble national comme acquis, on ne sait plus mesurer à quel point de tels ensembles sont fragiles et leur existence quasi miraculeuse au regard de l'état actuel et passé du monde. On doit donc faire prendre conscience aux citoyens de cette fragilité et de ce qui se passe quand la communauté nationale ne s'impose pas, au besoin en piétinant une partie des identités "tribales".
  20. Tancrède

    Identité nationale

    Ne te sous-vends pas, Berkutinet, il n'y a rien de "léger" en toi: du Topol quand une simple rafale de kalasch suffirait.... Voyons.... Tu aimes ce qui est gros et ne fait pas dans le détail, assume-le! Lire ce que j'écris, m'écouter :lol:.... En général, il faut se réapproprier la nation, et en l'état des élites, ça ne peut partir que d'initiatives individuelles. Il y a quand même quantité de mouvements et d'organisations qui ne sont pas toutes apparentées aux tarés identitaires plus ou moins extrêmistes. Mais plus fondamentalement, il faut sortir de la logique ambiante qui voudrait qu'on ne puisse être fier de son pays que s'il est irréprochable, qu'il a tout bien fait comme il faut selon les canons moralistes de l'époque (pas colonisé, pas conquis, pas d'esclavage, pas de guerres de conquête ou pour assurer une prééminence, pas de restrictions à l'immigration, pas d'affirmation de soi et de sa culture, pas de maximisation de sa richesse....), parce qu'à l'aune de cette vision, aucun pays n'aurait en fait le droit d'exister. L'histoire d'un pays est celle de luttes violentes pour exister et s'affirmer, et de sommes d'inéquités monstrueuses, et l'histoire de l'humanité est uniquement un champ d'horreurs si on veut regarder le passé à l'aune de ce moralisme stupide. Et on a quoi sinon? Taubira disant que la France dont elle est fier se résume à la prise de la Bastille (un événement ridicule en soi, qui a conduit au massacre d'une garnison qui n'avait rien fait à personne, et à la libération de 7 prisonniers de droit commun dont un serial killer), à la DDH, à Rousseau, à Voltaire, à Schoelcher, Jaurès et Césaire. Putain, ça fait lourd! Le problème est en fait qu'on ne sait même pas ce que veut dire "être fier de son pays": on en parle comme si ça devait être la fierté de son gosse ou d'une réalisation quelconque, et on y fout une sauce morale. Mais ça n'est pas ça. Etre fier et/ou heureux d'appartenir à son pays devrait justement être présenté sous plusieurs angles: - il faut s'estimer heureux d'appartenir à un pays suffisamment riche et conscient de former un tout qui aide une bonne partie de la société et essaie de limiter les inégalités qui autrement en feraient un espace où seuls les forts peuvent imposer leur loi - il faut s'estimer heureux d'appartenir à un espace qui peut se défendre lui-même et éviter que d'autres acteurs, extérieurs, y imposent leur loi et leurs intérêts. A eux qui parlent pour tout et rien de "fascisme", de "militarisme", de "sécuritarisme", voire de "nationalisme", il faudrait montrer le monde extérieur pour ce qu'il est: une zone sauvage et sans droit où la stabilité est une denrée rare. Et cette stabilité ne vient pas sans prix. - il faut éviter de ne voir que la somme de ce qui ne va pas, des trains qui n'arrivent pas à l'heure, des injustices massives qui demeurent (et dont beaucoup sont irréductibles, quel que soit le niveau d'intervention de la communauté ou de bonne volonté de chacun).... Car on doit voir le monde entier tel qu'il est, monde dans lequel la France et les Français, même les plus défavorisés, sont plutôt du côté des 10% qui bénéficient d'un niveau d'avantages, de stabilité et de sécurité sans comparaison dans le monde actuel et dans toute l'Histoire. Et une portion non anecdotique de la population en bénéficie. A force de les avoir, on considère ces choses comme acquises, et même "dues" par l'Etat, alors qu'elles sont une lutte et une conquête de tous les jours, et le résultat d'une histoire unique. Et absolument rien, que ce soit la sécurité du territoire, la sécurité intérieure, le relatif niveau de justice et de droit, les avantages matériels, éducatifs, culturels et sociaux.... Rien de tout cela n'est définitivement acquis, et apparemment, peu de gens sont capables de mesurer les immenses chances que cela constitue. Quand des gamins de banlieue saccagent une école, avant de la reconstruire, il faudrait vraiment leur faire sentir que cette simple école est en soi une conquête majeure et quelque chose qui n'est pas naturellement "du". Le fait d'avoir l'eau courante potable à un prix relativement abordable aussi, et des milliers d'autres choses du même genre. Un stage au Bengladesh ou au Mali devrait être organisé pour la "jeunesse difficile". - il faudrait aussi faire comprendre ce que c'est que le simple fait du droit de vote associé à une relative liberté d'expression et un accès aisé à la culture et à l'éducation; pour une communauté, c'est la possibilité d'influer sur le cours de son destin, si tant est qu'elle fasse l'effort de se voir comme une communauté. - et pour que tout cela existe, il faut une communauté; pour ceux qui, malgré tout l'accès libre à la culture, malgré les politiques d'éducation, malgré la transmission familiale et sociétale de valeurs, traditions et cultures (individuelles et de groupe), n'arrivent pas à s'intéresser à autre chose qu'à leur cul, il faut leur souligner la nécessité pragmatique d'une participation volontaire à la vie de la République et de la patrie. Et cette nécessité, c'est avant tout celle de l'existence même du groupe qui ne peut pas fonctionner avec uniquement des individus. Manifestations et cérémonies, transmission d'une conscience minimum, service national, bénévolat, soutien même symbolique du groupe par rapport à l'extérieur (ne serai-ce que pour des équipes sportives), valorisation instictive du membre de la communauté par rapport à celui qui n'en est pas (ça veut pas dire voir les étrangers comme de la merde, attitude qui ressort d'un raisonnement binaire du tout ou rien).... Un événement anecdotique: SOS racisme a récemment manifesté lourdement, avec les habituelles formules incatatoires, accusations omnidirectionnelles de racisme, attaques verbales violentes et anathèmes variés, pour que les étudiants étrangers aient un accès gratuit aux musées, au même titre que les étudiants français. Cr'est un exemple type: - désolé à SOS machin, mais précisément, par principe même, être français, sur le territoire français, doit donner des avantages que les autres n'ont pas. Ca peut être sur des points de détail comme l'accès au musée, mais ça va jusqu'au niveau symbolique où l'appartenance est valorisée: on est membre d'un club qui donne des droits et devoirs particuliers, pas d'une masse indifférenciée, surtout que nous sommes dans un monde où tous font de même, mais où nous ne devrions pas? Appartenir à un ensemble donne des avantages, y compris matériels, au moins dans les frontières de cet ensemble, et surtout par rapport à ceux qui n'y sont que de passage. C'est ainsi depuis les Cités grecques; il y avait un statut pour les citoyens, et un pour les métèques (pas péjoratif à l'époque, c'était juste un statut légal pour les étrangers, leur donnant une protection, une hospitalité, mais pas les mêmes droits que les locaux). - sur le sujet particulier: les Français paient des impôts entre autres pour que leurs gosses aient une éducation. C'est cher et on ne peut déjà pas tout faire; on ne va pas en plus financer celle des autres. On peut accorder des facilités pour diverses raisons, mais il faudrait se rendre compte que chaque petit privilège coût quelque chose, et que la priorité va aux nôtres. On ne opeut raisonner en principes absolus, et donc traiter tout le monde de façon indifférenciée, que si on n'a pas de contrainte de cohésion du groupe d'une part, et si on n'a pas de contraintes de moyens d'autre part. Or, on a ces 2 contraintes. C'est bien SOS racisme qui devrait être "contre accusé" sur le plan moral, parce que ce qu'ils ont obtenu va coûter du fric à la communauté, et que ce fric n'ira pas ailleurs. - ils auraient au moins pu être conciliants et imaginatifs au lieu d'être moralisateurs, absolutistes et stupides: il aurait été facile de demander à l'Education nationale de négocier les prix des accès aux musées en gros pour les étudiants étrangers, afin de leur faire un tarif préférentiel, qu'ils paieraient en supplément sur leur frais de scolarité sans qu'il en coûte à l'Etat. Mais non, il faut l'indifférenciation aux frais du contribuable, avec les apparences de la justice et de la moralité. Hypocrisie répugnante.
  21. Ben, suffit de voir les frais d'entretien et de préparation chez les britanniques: à format d'armée comparable et budget supérieur, ils ont un budget d'investissement un peu inférieur au nôtre. Mais leurs budgets de MCO, de fonctionnement et d'entraînement sont vachement plus élevés, et eux ont vachement plus de chenillés, plus gourmands en MCO. Pas de grand mystère là-dedans, je ne connais pas le détail, mais le Leclerc n'est pas un plus gros consommateur de MCO; c'est juste qu ça a été un budget méprisé par les EM comme étant de l'intendance, et maintenant visé par les cost-killers comme la nouvelle variable d'ajustement dont le ciblage permet de s'affranchir d'une réflexion d'ensemble ou sur d'autres secteurs. Quand on met en avant un domaine particulier comme ça, c'est par raison politique, pas pour une autre raison; on trouve un bouc émissaire et on tape dessus. Si c'était pour cibler des dysfonctionnements qui font grimper les additions, on taperait partout, au niveau de fonctions et de modes d'organisation. Que le MCO soit à reprendre, c'est un fait, mais quand on met en avant celui du Leclerc et qu'on donne sa proportion dans le MCO terrestre, c'est qu'on veut taper sur la chenille.
  22. Tancrède

    Identité nationale

    Ca plus les proportions importantes, diversement déclinées, de désespérance sociale: suicide, célibat massif, syndrôme nolife, consommation d'antidépresseurs énorme.... Ceux qui ne sont pas affiliés à une "tribu", une communauté, forte, ou qui ne sont pas entrés dans le schéma social dit de réussite (boulot, famille et perspectives d'avenir discernables) sont complètement atomisés; les grandes villes sont à et égard des réserves naturelles de solitaires en masse. Avec une société médiatique et consumériste qui continue à encourager cette tendance naturellement: toute la consommation est "vendue" de façon à individualiser, compartimenter, sectoriser. Ajoutez ça au mode de vie moderne, et vous n'avez plus de société, juste un agglomérat d'individus vivant dans un même espace. Mais là encore, ça n'explique ni n'excuse le rejet de la république et de la France manifesté dans une certaine jeunesse qui dégrade elle-même son cadre de vie.
  23. En gros tu pousses à l'extrême la logique de conteneur de mission du type de ceux des navires danois, mais uniquement pour du VLS. Question économie, c'est effectivement le maximum, si on arrive à un stade d'industrialisation massif des lanceurs sylvers (à ce jour, c'est pas un truc bon marché). Pour ce qui est de l'ajout de capacité à des navires existants, c'est tout bon, mais peut-on faire çà à des frégates telles qu'elles sont sans leur enlever des qualités marines ou leur enlever carrément leur mobilité en zone littorale? Cette logique d'agglomérat des barges accouplables ne va pas impacter les frégates dans leur mobilité, leur signature accoustique et radar et leur maniabilité? J'avoue que si le tender-missile remorquable me plaît, je vois difficilement la façon d'éviter d'avoir un vecteur autonome, avec sa propre protection (furtivité a minima, plus les autres thèmes évoqués par le projet frappeur), mais surtout la gamme plus grande de possibilités qui en feraient un véritable outil utile de politique étrangère et de guerre dans une gamme de conflits réellement pertinente. Ca implique diverses possibilités de mise en oeuvre de drone, ce qui réclame des modules un poil plus grands que l'équivalent de quelques cellules VLS: de grands modules (dont certains peuvent être sécables en groupements de cellules, façon lego, tels que tu les vois), ou un navire creux avec un pont continu sur une certaine surface. Et une partie des modules qui doit pouvoir être dispersée d'emblée sur un théâtre. J'ai du mal à être clair, désolé; c'est pas super bien formulé dans ma caboche.
  24. Faut être cohérent: dès lors que tu mets autre chose que du bête missile, surtout des plates-formes de drones (à moins qu'ils soient tous considérés comme jetables à chaque mission, ce qui est douteux et peu économique, à moins qu'on les fasse en carton ;)), et dès lors que tu veux un frappeur qui, comme je le préfèrerais, offre un vaste panel de capacités apportant la quantité là où les autres navires ont la qualité, il faut qu'il puisse durer sur zone. Les drones, particulièrement, ne ressortent pas d'une politique d'emploi en one shot. C'est là où le module est capital: puisque c'est lui qui est jetable, pourquoi ne pas considérer que l'on peut en acheminer sur zone? D'autant que ceux qui sont à renouveler sont ceux à la cargaison la plus consommable, soit ceux uniquement faits de VLS. Après, pour savoir s'il est possible d'en faire qui soient insérable en mer, comme un élément flottant encastrable comme sur un rail (ou comme un gros Lcat entrant dans un radier), ça dépasse ce que je connais. Parce que s'il s'agit d'avoir assez de frappeurs pour entretenir une permanence sur zone avec renvoi fréquent à la métropole, on parle pas de 2 ou 3 engins, là.
  25. Tancrède

    Identité nationale

    Exact: qu'est-ce qui fait que certaines communautés (j'utilise le terme à défaut d'un autre) se sont mieux intégrées que d'autres? Les Vietnamiens se sont autant fait traiter de "niakoué" que d'autres de "macaronis", "polacks" (avec un sous-entendu évident), "bougnoule" ou "bamboula", pour faire simple. Et la plupart d'entre eux ne sont pas venus dans de meilleures conditions ni avec plus de moyens ou d'aide pour démarrer. Je mets à part une bonne partie de la communauté chinoise récente, en partie parce que je me documente sur le sujet, en autre partie parce qu'elle obéit à des comportements et lois spécifiques qui font d'elle un monde à part qui se considère encore avant tout chinois. Donc pourquoi d'autres communautés n'ont pas réellement posé problèmes? Peut-être les polonais et italiens, mais aussi les vagues de l'entre-deux-guerres (allemands, pays de l'est, juifs de l'est) sont-ils arrivés à un moment où l'identité était justement plus affirmée, ce qui leur a donné une chose à laquelle adhérer, mais aussi un "sas" d'entrée plus rude (comme un bizuthage pour schématiser). Mais il y avait, outre une identité affirmée et rendue attractive, une société plus structurée, surtout dans le monde ouvrier, mais aussi en terme de vie de quartier (surtout à Paris), chaque aire géographique et chaque strate de la société était structurée et composait une communauté d'accueil potentielle, et loin d'être seulement ethnique, religieuse ou culturelle. L'individualisation de la société a démoli ces structures et le schéma de pensée qui allait avec. Mais nos bien-pensants continuent à vanter l'individualisme et à ne penser qu'ainsi, sans voir que le tribalisme communautariste en est la conséquence immédiate. Les Chinois fonctionnent de la même façon, quel que soit le pays où ils émigrent: une organisation communautaire extrêmement développée, incluant plus que des aspects culturels. Ils constituent des fonds de cotisation pour aider les arrivants à démarrer une activité, des organisations juridiques pour les assiter dans leurs démarches, une hiérarchie sociale qui demeure très forte.... Bref, ce que l'Etat devrait faire plutôt que de constituer des ghettos et recourir à l'aide sociale massive et individialisée. Pour l'aspect matériel des choses, au moins, ça aide.
×
×
  • Créer...