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Tout ce qui a été posté par Tancrède
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dérapages, surcoûts et coûts programmatiques
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Economie et défense
La question qu'il sera politiquement difficile de poser est: qui est responsable? Et donc, où faut-il taper le plus fort? Le risque étant là de voir les organismes et individus les plus responsables s'en tirer et les dysfonctionnements continuer jusqu'au prochain coup de gueule. Ou alors de voir cette question des coûts devenir une obsession systématique et donc politisée, c'est-à-dire détachée de réalités concrètes, auquel cas, on peut risquer de voir se généraliser des matos quelconques, fonctionnant mal ou mauvais à coût supportable (et dont on passe les carences sous le bruit de l'autocongratulation des gouvernements responsables, d'un EM "business oriented" et d'une DGA qui, comme toujours, fait l'envie du monde entier :P). -
On aimerait aussi et surtout entendre parler des meilleurs standards d'entraînement et de commandement du monde =(.
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Pourquoi la France a capitulé en 1940?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de alexandreVBCI dans Histoire militaire
Désolé, mais les moyens logistiques allemands de venir chatouiller une Afrique du Nord mobilisée, même si elle sous-équipée, ne sont pas là, et surtout pas avec les flottes alliées dans la balance; encore une fois, rien que pour le débarquement en Angleterre, le dixième de la capacité nécessaire pour tenir l'effort dans la durée n'était pas atteignable. Et la capacité aérienne allemande, c'est une chose pour mener une bataille intensive au-dessus de la Manche, c'en est une autre au-dessus de la Méditerranée. -
Pourquoi la France a capitulé en 1940?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de alexandreVBCI dans Histoire militaire
Les possibilités allemandes en Afrique du Nord, même en profitant de la Lybie italienne, ne tiennent pas la route une minute: envoyer des forces ET les soutenir? Pitié, Sea Lion était déjà une gageure irréaliste, faut arrêter les délires. Que les équipes qui travaillent sur l'hypothèse d'une France qui reste dans la guerre exagèrent des trucs, je veux bien, mais il n'est pas non plus absurde d'envisager qu'un gouvernement français qui aurait pris la décision de continuer aurait pu organiser une évacuation de certaines forces (celles en Angleterre comprises) et de scientifiques, industriels et techniciens (en effectifs importants) vers l'Afrique du Nord. La France en serait-elle devenue un acteur majeur influant à elle seule sur le cours des choses? Non, évidemment, mais elle n'en aurait pas pour autant été anecdotique. Nommément demeurée dans la guerre, avec un territoire impérial comme atout et appui pour peser dans les négociations, ainsi qu'une population mobilisée encore importante (l'effort de mobilisation des populations européennes d'Afrique française fut sans doute, en proportion bien sûr, l'un des plus importants de toute l'histoire militaire). Tout aurait dépendu des Ricains après; mais l'attitude de l'administration Roosevelt était, les archives diplomatiques le soulignent, à l'encouragement de rester dans la guerre, même si elle ne pouvait encore rien dire publiquement. Cependant, traiter avec le gouvernement légitime et légal d'une France qui continue était dans les souhaits de Roosevelt qui, bien que pragmatique, a aussi eu des comportements "affectifs" dans ses choix diplomatiques (avec la Russie, l'Angleterre et l'Arabie Saoudite). Avec la France et l'Angleterre demandant de l'aide, qui dit que le prêt-bail n'aurait pas été négocié plus tôt, que la conférence de l'Atlantique n'aurait pas été différente.... Les conséquences d'une France restant dans le conflit sont trop nombreuses pour qu'on puisse tabler dessus comme changeant peu. Que les années 40 et 41 aient été dures, c'est certain, mais voir un débarquement allemand en Afrique du Nord dans ces conditions est complètement irréaliste avec une Lybie encerclée et sans grand intérêt, un Moyen Orient sans vraie menace (pouvant du coup envoyer les troupes françaises du Levant et les effectifs anglais mobilisés pour cette campagne) et une Afrique du Nord française à conquérir. Quand à Franco, qu'est-ce qui aurait pu changer l'analyse qu'il avait faite de la situation? Un tel état des choses l'aurait au contraire renforcé dans son isolationisme. Pour note, bien que quantitativement insuffisantes, des installations militaires portuaires modernes pour soutenir la flotte existent dans les colonies: Bizerte et Mers El Kébir sont faites pour ça. Dakar dispose de réelles capacités aussi, même si à un moindre degré de spécificité militaire. -
Pourquoi la France a capitulé en 1940?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de alexandreVBCI dans Histoire militaire
Juste quelques remarques sur ce point: - les divisions belges sont de taille brigade. On considère que les Belges ont l'équivalent de 11-12 divisions. - les divisions allemandes sont en moyenne plus grosses - les Allemands ont une masse d'effectifs non endivisionnés Au global, l'Allemagne a une supériorité numérique réellement importante; le nombre de divisions est en l'occurrence trompeur. -
:lol:Pour le cas particulier du gaulisme, c'est différent: ça n'existe pas et ça n'a jamais existé. Le "vrai" gaulisme, c'est suivre le général: comme le dit son fils, ce n'est en rien un programme politique ou un principe, tout au plus une éthique, une attitude. Bref, une rectitude moral et les intérêts du pays à coeur (quelle que soit son opinion) loin devant l'intérêt de caste, l'intérêt personnel, l'intérêt de clientèle politique.... Bref, placer l'intérêt et la conscience du pays au-dessus de son confort personnel et d'autres considérations. Soit en théorie ce que chaque homme politique (mais la politique comme un sacerdoce, c'est pas vraiment l'idée ambiante), et dans une certaine mesure chaque citoyen, devrait faire. Ca correspond à des personnages d'une autre carrure que celle de notre personnel politique actuel.
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Entre ces 2 phrases, le lien est quasi absent; c'est une conclusion qui n'a pour ainsi dire pas de rapport avec le fait initial. Au sein même de la communauté juive américaine, on relève des différences énormes, pour certaines issues d'un passé relativement proche, notamment via la vulnérabilité à certaines maladies ou déficiences génétiques qui sont en fait, à ce jour, les seuls éléments concrets permettant de parler de groupes humains, ou plutôt de sous-groupes, au sens génétique. Et ces différences surviennent sur peu de générations, via la reproduction. Cet élément permettrait en fait de tracer une cartographie de groupes humains de taille très réduite correspondant à des réalités locales désormais changées par l'exode rural du XIXème siècle (en occident), et plus encore celui post 45. La fin du mode de vie agraire a pour ainsi dire "désenclavé" le patrimoine génétique de communautés en majorité séculaires, s'étant reproduites dans une aire géographique limitée (pas de la consanguinité, mais pas si loin). Exemple: la population de l'île de Ré, que je connais bien, pourrait ainsi passer pour une ethnie si on suivait ton argument. Le critère doit être immensément plus large, ou alors il y a presque autant d'ethnies que de communes rien qu'en France (plusieurs dans les grandes villes) car on peut aussi y ajouter la sélection sociale liée à l'historique de castes, classes et/ou ordres, qui segmente beaucoup d'un côté, et ouvre peu de l'autre, la reproduction géographique. Sans doute l'intention de l'UMP est bien plus électoraliste qu'attachée à un renouveau du lien national sous angle culturel et affectif qu'est le sentiment d'identité commune. Mais ce n'est pas une raison; j'estime que, bien plus que le pouvoir qui, après tout, joue le jeu du pouvoir, l'opposition politique, mais plus encore les têtes d'affiche de la "société civile" (médias et têtes d'affiches médiatiques, associations et "bonnes consciences", "penseurs" publics, directeurs et faiseurs d'opinion....) sont bien plus responsables, préférant crier au racisme réactionnaire, jeter l'anathème sur un procédé "stigmatisant" (on se demande pourquoi) et "passéiste" (on verra bientôt si la déliquescence sociale ne rappellera pas aussi des souvenirs de guerres civiles "passéistes") plutôt que s'approprier le débat et/ou essayer de refléter ou de faire refléter les sentiments de l'opinion (ce dernier point étant la grande responsabilité des médias). Une fois que le gouvernement a lancé le thèmes, il est de bon ton d'avoir des débats dessus, et, puisque c'est du gouvernement (quel qu'il soit), de décrier son point de vue. Mais malgré tous leurs problèmes, les médias ont encore une bonne marge de temps de parole "différent" à exposer, internet peut simplement être suivi et des tendances du web données par les journalistes sans qu'ils se mouillent trop, des appels à textes peuvent être faits, les politiques peuvent en profiter pour parler de choses réelles, surtout l'opposition qui a l'avantage sur un gouvernement en place de pouvoir dire des faits plus crus et des visions plus tranchées (et par la suite de faire aussi réagir, en pour et en contre, sur ce qu'ils ont dit) et d'être moins tenue par la langue de bois. Mais non, il est plus commode de rester sur les mêmes hypocrisies alors que ça fait des années que le sujet préoccupe tous les bords et entraîne des problèmes qui font l'actualité toutes les semaines, sinon tous les jours. Ta formulation me semble un peu confortable: "le passé est important, mais faut pas s'enfermer dedans".... Un peu facile, non? Ca veut tout et rien dire. Personne n'a, ce me semble, proposé de revenir à la 3ème République, d'imposer le port de la moustache 1900 et la consommation de picrate au kilomètre parce que l'eau courante est peu potable, de revenir sur Vatican II.... Tout le monde a un "juste milieu" à proposer sur le lien passé-présent-avenir. Ce qui est sûr, c'est qu'aujourd'hui, le passé est inconnu d'une proportion inquiétante de la population qui n'appartient à rien et n'a pas d'identité collective, ou en tout cas n'en a pas conscience, et certainement pas de lien social culturel et affectif fort (y'a que ceux qui vont vivre un peu à l'étranger qui commencent à comprendre quelque chose à propos du terme de "différence" en termes d'identité, sur les façons de penser....). Nous sommes une République qui a choisi d'avoir un fonctionnement démocratique (il est d'autres républiques: autoritaires, aristocratiques, démocratiques mais à parti/religion unique....). Quand j'ai balancé ma phrase, j'ai caricaturé pour me faire comprendre, quoique l'évolution récente de la démocratie et de la société ne m'ont pas convaincu que notre démocratie, en occident en général, ne soit pas en fin de cycle entropique. Elle fonctionne encore plus mal qu'avant et a trop d'acteurs et forces qui la parasitent (nettement plus qu'avant quantitativement et qualitativement; rien que le problème de l'information dans une société merchandisée est en soi une quasi cause de faillite). Evidemment qu'en principe, une démocratie est le meilleur système pour servir de garde-fou au pouvoir et garder des élites sous surveillance. Si et seulement si ça fonctionne un minimum. Education (famille, école, environnement), Instruction (école et famille) et information sont les pierres d'angles qui seules peuvent justifier de la légitimité d'une démocratie. Et ces pierres ont rarement été aussi friables.
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Encore une fois, très occidentalo-centré: qui te dis que c'est une influence positive? Pour qui le serait-elle? Selon les critères de qui est-ce positif? C'est pas de la capillotraction: faut vraiment essayer de comprendre la façon dont les autres cultures voient ces apports, plus souvent superficiels qu'autre chose. Le Japon Meiji est précisément le pays qui a su le mieux adapter l'apport pour ne pas changer de culture, et ça a donné autre chose qu'un pays occidental bis (c'est l'occupation ricaine après 45 qui l'a changé). C'est un choix: si on place ce qu'on pense être les "valeurs" au-dessus de la survie du groupe, alors non; si l'on préfère le groupe, en supposant qu'il pourra se réinventer, alors oui, c'est justifié. La France n'a pas suvécu autrement. La communauté avant tout, c'est au final le choix de tous les pays (on justifie des dictatures aussi comme ça parfois; et le pire est que c'est pas toujours évitable, voire même nécessaire). C'est un débat très vieux, depuis la tragédie grecque (Antigone et tout le bastringue, ou le coup des assiégeants qui proposent de lever leur siège contre le sacrifice d'un seul bébé). Le collectif et l'individu, rien de nouveau.
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Ouaip, elle est sortie toute seule, dans le fil du reste; je m'en suis rengorgé dans ma barbe virtuelle. Un jour ou l'autre, et plus on attend pire ce sera, faudra pas avoir peur du frontal, si possible uniquement en paroles, affirmations sans ambiguités et prises de position suivies d'effet (à l'école surtout), si besoin est en étant prêt à pire. La société n'a pas moins évolué, ni moins vite, pendant la Révolution industrielle; elle était mieux assise, plus consciente d'elle-même en tant que tout, et surtout plus réaliste quand aux conséquences de déchirements internes. De moins en moins vrai; tous les identitarismes ne sont pas unément radicaux, et l'adhésion est justement de plus en plus un fait communautaire lié à la guetthoïsation des groupes. On n'adhère pas, on naît dedans. Et l'essence de la société de consommation est une atomisation de l'individu consommateur face à l'offre, aux besoins qu'elle affirme remplir et au statut qu'elle prétend procurer. Echec d'hier n'est pas échec de demain: le fait est qu'on parle de phénomène plus ou moins développés selon les cas, mais dont certain sont bien au début d'un processus politique, précisément via l'affirmation forte d'une identité, d'un sentiment d'appartenance, donc d'une légitimité en devenir. Je ne les crains pas aujourd'hui. Je me méfie d'eux pour demain; tous ne réussiront pas, mais il y en a de forts, qui plus est parfois appuyés sur des dynamiques et groupes similaires hors de France. Mais ce qui fiche les boules est moins ça que l'absence de réponse de la communauté nationale en face, sinon le béni oui-ouisme ambiant. Là, tu confonds forme et fond, et plus encore, résumer comme tu le fais évite de voir comment d'autres cultures se sont appropriées de telles choses, précisément par leur force identitaire et leur attachement à leur nature profonde. Le nier, c'est, comme les américains, juste se contenter de voir des danses, des musiques, des bouffes et des fringues différentes comme définissant une autre culture (et la langue étrangère ne serait là que de l'américain avec des mots bizarres). Ca, c'est la culture selon les guides "Lonely planet". Je reviens pas de ce que peu de gens soient capables de saisir ce qu'est la différence de culture: une façon de voir le monde, un langage qui n'a pas les mêmes concepts, les mêmes nuances, les mêmes différences de mots pour qualifier les choses et les idées (qui n'ont du coup pas les mêmes séparations), des priorités différentes, des aspirations d'autres ordres.... Mais non, essayer d'expliquer ça, c'est "finasser", et l'essentiel est acquis. Désolé, mais j'aimerais que tu comprennes à quel point ce que tu dis est choquant et occidentalo-centré. Non, les nations ne sont pas d'accord sur l'essentiel; et quand certaines le sont, ça ne les empêche pas d'être antagonistes, parfois radicalement, parce qu'elles restent aussi des groupes donnés avec une solidarité particulière, et par une conscience identitaire forte ("y'a moi, ma famille, les miens.... Et les autres", autre version de "les Grecs et les barbares"). regarde le phénomène identitaire, et avant tout national, dans le monde; il se porte très bien et s'affirme toujours plus.... Sauf en Europe. Et la globalisation n'empêche rien et n'ouvre pas plus; créer des manières de communiquer et des rapports transversaux ne crée pas des communautés conscientes d'elles-mêmes, parce qu'il s'agit d'interactions de vie limitées, pas de la vie réelle et quotidienne et de la projection dans l'avenir. Etre sur un Twitter "Seigneur des Anneaux" ou "liberté de la presse en Chine populaire" avec un Chinois ne va pas faire de nous les membres d'une même communauté de vie; des amis peut-être, des partenaires de combat politique si on va au-delà des mots, mais à moins qu'il émigre et s'assimile, y'a peu de chances que les différences de fond s'estompent réellement. Ca se constate simplement dans la durée. La démocratie? Tu as vu son état aujourd'hui dans le monde par rapport à il y a 20 ans? Les apparences démocratiques se sont répandues, et après? La démocratie, c'est une coquille vide, un mode de fonctionnement aussi biaisable que n'importe quel autre. Ce qui compte est ce pourquoi on prend ce mode d'organisation ou un autre; en France c'est la République et la définition particulière (et unique) que nous en avons. Les valeurs, en théorie, c'est là-dedans. Et je me torche pas mal de la démocratie; la République, c'est un peu plus sérieux, ou en tous cas, faudrait la prendre au sérieux.
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Telles qu'elles circulent, les "valeurs" ne valent rien: des slogans aseptisés que personne ne comprend vraiment et surtout pour lesquelles presque personne n'irait au-delà des mots pour les faire vivre, voire les défendre. Les "valeurs", c'est pas des trucs abstraits interchangeables et valables partout dans le monde. Chacune, et plus encore la combinaison de certaines, est spécifique à un lieu, à une population, à une époque, toute étant l'aboutissement d'un processus historique particulier qui n'a pas de transcription équivalente dans un autre lieu. "Eh, le Coréen, t'es pour la liberté? Cool moi aussi, on est donc pareils"; c'est à peu près le niveau de ce qu'on appelle les "valeurs" dans le discours actuel. Avant même de démontrer longuement la stupidité et la superficialité de ces comportements, faudrait déjà voir: - qu'aucune nation, aucun courant d'idée n'a la même définition de ce que peut-être la liberté, ni n'y attache la même importance (la liberté écrite en droit est quand même en grande partie un concept abstrait dont l'absence dans un texte n'est pas forcément synonyme de dictature: ça dépend aussi des conceptions qu'on peut avoir de la vie et des limites qu'on voit dans les dits textes). Et quand on parle de pays et de cultures, cette différence est encore plus grande. - l'universalisme est avant tout une grande vanité, certes parfois généreuse, au moins en théorie; mais demande à un Chinois s'il préfère ses dirigeants corrompus (et il le sait) ou un dirigeant vierge et porteur de liberté amené par un pays étranger ou porteur d'une culture étrangère, et tu verras la réponse. La conscience du groupe, de la culture, du temps et de l'espace est fondamentale. Et à cet égard, l'Europe est une exception dans le monde: la seule zone où la conscience du groupe et de son identité s'est effondrée à ce point. Et la globalisation renforce ce phénomène partout.... Sauf en Europe, où persistent ces débilités de croire que le monde "s'ouvre" (en plus au sens occidental) à tous et à chacun. Tu rêves si tu crois que cette déliquescence du sentiment national et du sens de l'identité collective s'affaiblit dans le monde face à la globalisation. Ca c'est la mignonne image d'Epinal des pubs IBM et autres. On a plutôt évité de faire des listes de ce que n'est pas l'identité française, je trouve. Pas vu de définition négative et j'ai plutôt fait l'inverse. Et j'ai surtout insisté pour éviter la porte ouverte à ces sempiternelles critiques comme quoi l'idée d'une identité serait une liste de critères formant un moule unique qui n'a jamais existé: personne n'a suggéré que le modèle baguette-camembert-laïcard était la définition du Français. Alors pitié, plus de cet argument factice répété depuis le début du topic. Le problème de l'identité est celui de la cohésion du groupe, que seule la conscience d'une continuité historique et territoriale (ça ne veut pas dire que le roman national répète le même chapitre indéfiniment) peut donner, à défaut d'une communauté ethnoculturelle 100% homogène moulée de la même façon (évidemment une abstraction). C'est pas des slogans comme "le multiculturalisme est ce qui nous unit", ou "unis dans la diversité" qui changeront quoi que ce soit aux faits de l'identité et du tronc commun nécessaire qui unit dans le temps une communauté diverse, vaste et complexe, ni le simple fait de la loi, qui n'est qu'une conséquence de la culture et de l'identité commune, éléments qui seuls permettent de se concilier un minimum et de se sentir appartenir. Si ce sentiment n'existe pas, ou n'existe qu'en parole, les identités de référence seront toutes ces micro-tribus qui s'affirment ça et là. Pour ça, il faut d'abord qu'il soit un peuple, et c'est bien là le problème. Il y a certes du métissage, mais faut le relativiser, et très fortement, numériquement. On est très loin du cas brésilien, et de façon vraiment massive; les groupes se mêlent plus en France qu'ailleurs, mais ça ne veut pas dire que c'est démographiquement très important (voir les études et estimations de l'EHESS). Ca reste assez limité, et dans la majorité des cas, apparemment,un couple issu de cultures différentes, surtout en fait quand l'une des 2 parties a la religion chevillée au corps, formera une cellule familiale plutôt uniculturelle que vraiment métissée.
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J'entends bien; et le point n'est pas tellement la réalité en soi de l'existence de supposées races ou non. Mais de fait, ces concepts existent en tant que réalité dans les inconscients collectifs, il faut donc bien les admettre comme une donnée tangible, appuyée par de relatives similarités apparentes, tout au moins suffisamment convaincantes pour qu'un grand nombre de gens y croient. Nier ce fait revient à se priver d'une partie des données qui font le problème. Dans le cas de populations d'origines très diverses, c'est encore plus manifeste et épineux. Je ne parle pas des cas particuliers, ni de ceux qui sont à cheval entre les groupes, réels ou supposés, mais des gros bataillons; et dans le cas des immigrations non européennes en France (la façon de voir la race aux USA est très différente, faut pas employer cet exemple à outrance), il est difficile, surtout avec des publics fermés (par rejet ou autre), plus ou moins éduqués, plus ou moins intégrés, de faire "nier" le fait qu'ils sont de couleurs ou de langues ou coutumes différentes. L'évidence saute parfois trop aux yeux pour ne pas que, dès le plus jeune âge, une mise à part survienne, surtout s'il n'y a que peu d'affirmation d'une contrepartie culturelle et affective nationale unifiante. Et déjà tu ne prends qu'une partie du problème, compromettant l'analyse et les éventuelles solutions. Qu'on le veuille ou non, que ce soit vrai ou non, que ce soit con ou non, des groupes, sous-groupes et micro-groupes, familles et tribus existent et se perçoivent comme tels. Sans doute la volonté idéologique de nier complètement les différences de races, religions.... Pour la citoyenneté est-elle trop demander à l'être humain, ou difficile à concilier avec le cantonnement de ces mêmes sous-groupes à la seule sphère privée individuelle. Mais le fait est quand même qu'on a pu le faire pendant un temps, après la fin du principe monarchique (qui fonctionne différemment), avec des différences somme toutes plus profondes et nettement moins de moyens matériels dédiés, mais une volonté unifiante et une conscience de l'importance de l'enjeu (dans les autorités comme dans les populations) autrement plus fortes. Un des trucs les plus dangereux qui va avec est la société de consommation: si t'as pas tout ce qui est montré à la télé, si t'es pas tout ce qui est érigé en modèle par la pub, t'es pas de la bande.... C'est une calamité que n'avaient pas non plus à affronter nos ancêtres de la Révolution Industrielle à 1945: le sentiment de rejet est mille fois plus développés et peut s'imposer à tous, et donc les réactions qui vont avec. La perte des communautés, hiérarchies et liens de niveau local et/ou social est très cruelle en ce qu'elle n'offre plus de structure alternative; les communautés identitaires qui se forment maintenant sont des étrangetés sans ancrages, et réinventées (c'est souvent bas de gamme, incohérent et très peu authentique d'ailleurs) en opposition à la dite société de consommation qui, apparemment, forme notre alpha et omega dans le registre des constructions culturelles et sociales collectives qui peuvent s'affirmer librement. Je me rends aussi compte que les banalités que je balance me vaudraient des procès si je les déclamais à la télé.
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Par l'importance des marqueurs génétiques, j'entends surtout la traçabilité qu'ils permettent pour évaluer l'évolution des populations, l'importance relative des différents apports (surtout par rapport aux prétentions raciales habituelles), la réalité des mélanges ou non (étrangement, même dans le cas de populations diverses sur un même territoire depuis longtemps, ceux-ci ne sont pas dominants, même quand il y a peu de différences visibles).... C'est une cartographie historique des groupes humains qui en ressort. C'est particulièrement intéressant dans certains cas, notamment dans les populations juives, qui n'ont au final que peu à voir avec les juifs bibliques, populations sémites ayant démographiquement bien peu migré hors de Palestine (plutôt un fait d'élites, de zélotes, d'indésirables -politiques ou autres-, de commerçants et de gens partis tenter leur chance ailleurs); selon toute vraisemblance, les actuels Palestiniens ont bien plus de chances de descendre des hébreux bibliques, ce qui est frappant à l'heure même où une supposée judéité raciale s'affirme de façon croissante en Israël, selon un modèle de nationalisme proche des mécanismes nationalistes allemands historiques. Mais les dynamiques à l'oeuvre dans les pays occidentaux pluriels (c'est moins vrai dans les petits pays à faible variété ethnique, culturelle....) sont emblématiques et devraient faire réfléchir; partout où le patriotisme (et pas qu'un cocardisme facile lors des compètes de foot ou de quelques polémiques médiatisées) est contesté, voire condamné comme "générateur de guerre", des micro-identités, loyautés de sous-groupes et sub-cultures en profitent pour s'affirmer et rechercher de plus en plus de permanence, d'autorité, d'organisation, de légitimité, donc de place dans l'espace politique, s'affirmant tour à tour intermédiaire légitime entre une communauté donnée et l'Etat (non plus un groupe de proximité culturelle, mais bien une entité marquant sa différence et une autonomie plus ou moins grande) ou carrément une réalité politique et organisationnelle se voulant de plus en plus autonome et se référant avant tout à elle-même. C'est le propre de toute forme d'organisation que de chercher à se pérenniser et à affirmer son autorité sur son champ d'action et sa population particulière. Dans le cas d'un club de foot, on s'en balance. Dans le cas d'un phénomène identitaire, par essence intéressé dans tous les domaines de la vie (sécurité, santé, prospérité, justice, valeurs, auto-régulation, droit spécifique, image de soi, religion....), on touche tout connement au politique et au principe de légitimité en tant que tels. Ce phénomène se produit à tous les degrés dans les pays européens où le phénomène de conscience nationale est plus ou moins en berne, mais personne n'a le droit de dire publiquement que chaque fois qu'on refuse ce facteur unifiant, le seul qu'on ait en fait, un espace se vide que d'autres acteurs, par essence diviseurs, veulent remplir. Et on couvre pudiquement ce fait par des affirmations gratuites et des slogans qui sonnent bien et innocents ("valeurs", sans trop préciser ce qu'elles impliquent ni leur donner de cohérence entre elles).
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Evidemment, le multiculturalisme est l'un des fléaux de notre temps; non parce que cela comporte en soi des choses néfastes, mais parce que c'est un terme trompeur. On ne peut pas parler "du" multiculturalisme comme d'une doctrine, ou d'un principe, ou d'une idéologie unifiante. Ce n'est qu'un terme pratique pour résumer la déliquescence du tronc commun identitaire (qui seul crée la solidarité et la conscience du groupe) au profit d'un laisser-faire sacralisé qui laisse se reproduire et se développer, sans volonté organisatrice, toutes les micro-identités possibles et imaginables. Ca n'est une idéologie ambiante qu'en termes de rejet de toute affirmation d'une identité "supérieure" (pas de jugement de valeur) qui soit commune à toutes les parties du tout qu'est la France. Celle-ci étant justement, sans doute encore plus que tout autre pays en Europe, une construction culturelle et politique avant d'être une réalité évidente sur le plans des identités locales, linguistiques.... Elle en est d'autant plus fragilisée. Pas d'insularité, de Blut und Boden, plus de religion unique.... Chez nous. Là où il ne faut pas entrer dans le jeu des thuriféraires bien-pensants du "multiculturalisme", c'est qu'il faut refuser absolument leurs anathèmes binaires selon lesquels si on n'est pas d'accord avec eux, c'est qu'on est pour une société française à modèle unique supposé: même sous la IIIème République et son histoire officielle très biaisée, je persiste à penser qu'il y avait en fait, même hors immigration, bien plus de diversité dans les façons de voir qu'aujourd'hui, tant les cultures des "pays" de France étaient plus fortes, vivantes et profondes que l'ensemble des identités actuelles. Le refus du multiculturalisme n'est pas le refus d'une société plurielle. La différence est qu'il faut une matrice culturelle commune, une identité d'une certaine façon dominante (le terme est un peu connoté, mais c'est l'idée), pour conserver une conscience de groupe vivante, vraiment partagée et affirmée. Jadis, devant la variété du territoire, le principe monarchique, et dans une certaine mesure religieux, assurait cette force unifiante. Par la suite, le patriotisme (nationalisme pendant quelques courtes périodes) a pris le relais, de même qu'un Etat plus affirmé et une société fière de son passé et consciente de sa réalité historique. Toutes ces choses ont été condamnées, réellement mises à l'index dans certains milieux influents à divers degrés, depuis une grosse quarantaine d'années. Mais le besoin d'un sentiment d'appartenance et de solidarités fortes lui ne change pas; le vide se comble, et les béni-oui-ouis du multiculturalisme jouent les autruches. L'enfer est pavé de bonnes intentions..... Et des cadavres de beaucoup d'abrutis fermés à toute autre vérité que la leur.
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J'étais plutôt aussi de cet avis, mais il faut quand même aller un peu plus loin; les études génétiques de marqueurs spécifiques à des populations spécifiques, au-delà de caractères morphologiques, soulignent la "traçabilité" et l'existence de groupes donnés, même si la croyance en ce que ces groupes soient porteurs de qualités et de défauts, voire de vices et de vertus de par cette dite proximité reste de l'ordre du vieux fantasme des historiens du XIXème siècle. Evidemment aussi, il est très loin d'être systématique que ces proximités et groupes recoupent des tracés de frontières ou des délimitations d'ensembles ethnoculturels proprement dits. La France, hors populations immigrées depuis 1 siècle et demie et hors DOM-TOM, regroupe plusieurs entités de ce type. Le phénomène culturel et le fait national (soit essentiellement l'histoire, le rapport à une terre, la culture et la conscience de groupe au-delà de telles proximités) existent donc bel et bien, même s'ils ne sont plus aussi puissants que jadis, du moins en Europe occidentale. Ce qui nous ramène au sujet proprement dit et à l'ensemble de ce qui fait l'identité et donc la cohésion d'un groupe national.
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Je ne dis pas ça, mais après tout faut peut-être parler de ce sujet et l'exorciser; on a tendance à l'occulter en France, contrairement aux USA où on a le penchant inverse jusqu'à l'absurde. Ce que je disais est que le terme "caucasien" est une fiction inventée aux USA pour les USA afin de dire "blanc" sans le dire. Politically correct rencontre legally useful. Après, j'aimerais qu'un jour, juste pour le fun, quelqu'un d'obsédé par ça me donne une définition satisfaisante des termes "races" et "ethnie". Mais pour beaucoup de peuples de tous les continents (en fait une énorme majorité), il n'en demeure pas moins que ça a une importance capitale; en France, on est plutôt des exceptions.... Et encore. Si on veut parler de "race" blanche, ça n'existe pas vraiment, comme une hypothétique et de plus en plus mythologisée "race noire" que les pan-africanistes et black supremacists essaient de nos jours (et depuis quelques décennies en fait) d'inventer et d'imposer. Si on veut parler du substrat de populations européennes, les études génétiques récentes sont en train de lentement commencer à renvoyer les vieilles certitudes aux chiottes: les éléments celtes et "germains" (en fait, ces 2 ensembles pourraient être plus ou moins identiques) sont minoritaires dans les pays où on vante leur primauté. Il s'agit de peuples migrants s'étant imposés dans les lieux d'arrivée, qui étaient déjà peuplés. C'est en fait la même chose pour toutes les migrations dites indo-européennes. On s'est rendu compte, par exemple, que l'élément nordique en angleterre pesait assez peu dans le caryotype de la population, et que même dans son lieu de plus forte concentration (Northumbrie, foyer d'immigration des Jutes/Danois), moins d'1/3 de la population pouvait vraiment s'y trouver une origine partielle. De même, au Pays de Galles, en Cornouailles, en Irlande et en Bretagne, l'élément celtique n'est pas génétiquement énorme. Il apparaîtrait en fait que le substrat de population principal (l'Angleterre fut le pays le plus étudié par ce type d'études) renverrait plutôt à des populations pré-indo-européennes ou proto-indo-européennes plus ou moins proches..... Des Basques (qui eux seraient en fait le dernier échantillon "préservé" d'une population européenne primitive). Et les mélanges sont sur le même modèle partout en Europe: les populations de migrants de l'âge du bronze (grecs, latins, ibères, celtes/germains) ou des grandes invasions (surtout germains plus "nordiques", mais aussi populations iraniennes) n'ont jamais été des apports si massifs qu'ils seraient devenus la majorité. Ca ce sont des mythes raciaux. Mais les mélanges réalisés n'en ont pas moins une réalité devenue culturelle et concourant du phénomène identitaire, qu'on le veuille ou non. Juste un truc: la blondeur fascine parce qu'elle est rare et focalise l'attention, tout comme les vrais bruns/brunes (cheveux aile de corbeau/de jais). Dire d'une population qu'elle est "plutôt blonde" est faux, quand on sait que, si on prend un strict critère de blondeur "vraie" (exit les châtains plus ou moins clairs), même les pays nordiques et le nord des Pays Baltes (foyer originel de la blondeur, dans l'hypothèse dite de "la sélection sexuelle".... C'est très cochon d'ailleurs :lol:) ne verront pas des taux supérieurs à 20-25% de la population, et la Pologne vraiment beaucoup moins. Ca fait mal aux nazillons, mais les Allemands sont en majorité plutôt bruns, et en moyenne pas plus blonds que les Français. Et pour les pays Slaves, c'est en général plutôt pareil, malgré les clichés et l'attention portée à la blondeur dans ces régions. Le maintien de teintes éclaircies en général (pour toutes les couleurs de cheveux, mais particulièrement les blonds et châtains) ne correspond pas à des phénomènes raciaux, mais à la faible luminosité de ces régions et aux carences qu'elle entraîne, de la même façon qu'une teinte de peau en moyenne plus mate s'installe dans les régions à plus fort ensoleillement.
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Caucasien est une notion technique américaine inventée à la va vite quand, passé une certaine époque, il a fallu trouver un qualificatif légal pour éviter de dire plus prosaïquement "blanc". C'est pas une race, ça n'a pas de réalité ethnique. Tu crois vraiment que besoins identitaires X + besoins identitaires Y.... = revendication sociale sans vraie exigence identitaire (culturelle, religieuse.... Donc légale à la fin des fins)? Perso, ça relève de l'alchimie, ça.
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Tu sous-estimes un fait important Gally: le racisme dont ont été victimes ces premières vagues intra-européennes a été plus massif et bien pire en nature, infiniment pire que celui dont peuvent souffrir certaines franges des populations immigrées ou "visibles" actuelles. La réponse perpétuelle que la solution est dans les moyens mis est nulle et non avenue, il n'est aujourd'hui plus besoin de le prouver; et nombre sont ceux issus de migrations extra-européennes à pouvoir le dire haut et fort sans être traités de racistes ou de fachos (qualificatif qui retombe immanquablement sur un "gaulois" s'avançant sur ce terrain). Il y a un problème de perception et d'attitude, c'est certain, ainsi qu'un problème énorme au niveau culturel, surtout de la part de l'Etat, des forces médiatiques et sociales (les médiatisées en tout cas) et des mouvements politiques qui refusent d'admettre publiquement ce qu'il faut pour unir un pays. Il est assez intéressant de voir des logiques similaires se produire aux USA (pas exactement la même chose, mais il y a des éléments communs): la non assimilation des vagues d'immigration récentes, africaines notamment, avec les "minorités à problèmes" (j'emploie un terme caricatural pour les besoins de la concision; ne pas y voir malice). Les africains arrivés plus récemment ne se mêlent pas avec les populations noires historiques (du moins les défavorisées, soit une bonne proportion) dont elles ne comprennent pas la rancoeur, le communautarisme et l'isolement. Problème "social", sans doute, mais ça veut dire quoi? C'est vague. Le problème est, pour des tas de raisons et de fautes de part et d'autres, que des sous-groupes plus ou moins importants se sont formés, et qu'ils ont souvent atteint le point où ils ont une logique propre, peut-être irréductible dans certains cas, et que cette logique prime à leurs yeux celle de la nation. Et ça, c'est un phénomène avant tout culturel.
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Juste une note: je cherche des phrases simples (quand même pas des slogans) pour essayer de résumer ce que j'explique. Test bench: - respecter les lois et avoir la carte d'identité, c'est pas être français, c'est juste avoir la nationalité et vivre en France: faut pas confondre citoyenneté et commodité administrative - la nation est au minimum la somme de ses parties (pas mon avis, mais on n'est pas obligés d'avoir tous la même conception), pas leur simple juxtaposition; faire une addition c'est déjà un travail plus dur qu'aligner les chiffres Ouais en fait, je vais essayer d'éviter :P.... S'il y en a qui sont plus inspirés....
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Le "français normalisé"? Je connais pas ce modèle là. C'est une affirmation médiatique créée justement par tous les représentants et "penseurs" identitaires/communautaires, pour se différencier d'une supposée "masse", qui en fait n'existe pas. Je ne parle pas de comportements individuels, dans le fond, mais en fait de façons de se comporter en groupes: au niveau individuel, l'Histoire de France (comme de tout autre pays d'ailleurs) est quand même là pour démontrer qu'on se déchire entre nous sans problèmes. Et l'un des fonds de l'identité est de savoir quels principes, quels modes de comportement, quelle civilité, quel imaginaire commun (qui n'est pas exclusif d'autres), quels mythes, quelles règles non formellement écrites (mais en fonction desquelles on fait des lois qui en sont la transcription à un instant T, dans une réalité donnée mais éphémère).... Ont été édictés ou acceptés plus ou moins tacitement de façon à ce qu'on puisse exister comme un tout malgré les dynamiques et tensions internes. Mais aujourd'hui, il est plus facile de s'indigner contre ces choses parce qu'elles sont peu facilement explicables en temps médiatique, plus assez "naturellement connues", et surtout parce qu'elles sont contraignantes alors qu'on ne vante que l'individu (qui par ailleurs est une chose fragile qui se fait choper par telle ou telle tribu sans que, là, on y voit malice.... Atterrant). Et oui, c'est contraignant! La survie du groupe a un prix, et comme l'individu, le groupe a des droits et a surtout besoin d'avoir les moyens (avant tout intellectuels et affectifs) d'exister. Le problème médiatique, c'est qu'il faudrait dire de but en blanc: oui, il y a un problème plus ou moins important entre l'Islam tel qu'il est souvent enseigné et pratiqué, et la République, et ce problème réveille les autres monothéismes, mais ce problème est enf ait celui de l'ensemble des sub-communautés affectives, intellectuelles, identitaires, religieuses, bref de tous les regroupements identitaires qui s'affirment au détriment du seul qui ne divise pas, à savoir la nation. Et pour que l'identité nationale puisse exister, désolé, mais il n'est pas question d'accepter que chacun s'en fasse seul une idée à la carte, qui ne dérange jamais ses petites habitudes et préférences personnelles. Parce qu'on est à un stade où dès que quelque chose est imposé, c'est décrété comme de l'intolérance, de la haine, du racisme, du fascisme ou de la bigoterie. Dans le monde réel, si on veut tenir une nation, elle a ses prérogatives, et même sa part d'arbitraire, et si un sous-groupe veut tailler aménager la loi commune à ses convenances, il n'y a pas à le laisser faire en cherchant la discussion: les groupes n'ont pas de droits particuliers en France. On a essayé, ça a pas été glorieux. La part républicaine de l'identité française ne vise pas à créer un espace neutre et régulé où chacun fera comme il l'entend: c'est aussi un projet d'affranchissement de l'individu. C'est pour ça que l'école est un espace sacré et l'élève n'est pas un citoyen. Il est un citoyen en devenir qui doit être, au moins pendant la scolarité, en partie arraché à son milieu économique, social, culturel et religieux pour être ouvert aux autres réalités de la nation et se voir offrir un vrai choix de vie, ce qui passe non seulement par l'instruction, mais aussi par l'éducation et la vie ailleurs que dans son vase clos d'origine. Donc exit le foulard et les contraintes religieuses à l'école, entre autres choses. Y'a pas à être "démocratique" là dessus.
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Honnêtement, Gally, je fais pas ma pub, mais relis des trucs que j'ai écrit: tu persistes à vouloir comprendre "identité française" comme une espèce de moule étroit limité au calendos/pinard/baguette (j'exagère à peine). Personne n'a évoqué ça. Mais l'identité, c'est l'histoire dans son ensemble, la terre et les morts, et ce qu'elles ont impulsé comme logiques au territoire et aux populations, leur façon de fonctionner ensemble, d'interagir et de décider des règles selon lesquelles elles peuvent coexister non en groupes séparés mais en un ensemble réellement cohérent (et ça veut pas dire issu d'un moule unique). Entre le loi telle qu'elle existe à un instant T et le droit de chacun à vivre comme il l'entend, mais aussi au-delà de la loi, un groupe humain a une identité fondamentale: grandes orientations, civilité, tronc commun de culture (s'il était limité à ce qu'on apprend aujourd'hui à l'école, la guerre civile menacerait) qui permet de communiquer/s'engueuler/s'entendre (parler français avec un vocabulaire de niveau bac ou même plus ne fait pas un français d'un anglais; il y a plus), imaginaire collectif, aspirations héritées.... Sont des choses qui rentrent dans le mélange et aident à se déterminer ensemble. Le problème dans ce débat, c'est qu'elles sont inquantifiables et même peu facilement résumables; si quelqu'un arrivait à en faire des slogans, ça passserait sans doute mieux. Si tu n'as que la loi et le droit des individus et des petits groupes, tu n'as pas de nation, tu n'as que des communautés qui se boufferont à la première occasion et à la première situation tendue. La loi n'est qu'une conséquence de l'identité du groupe. ca n'est pas une réalité figée non plus, mais pour reprendre la métaphore du roman national, il faut bien que les nouveaux chapitres soient dans la continuité des précédents, sinon c'est un autre bouquin ou le roman n'est en fait qu'un recueil de nouvelles sans lien ni continuité. Pour une nation, ça veut dire des ruptures brutales. L'une des questions a problèmes aujourd'hui n'est pas tant les identités affirmées des migrants, mais plutôt la reconstruction très artificielle de telles identités dans des groupes clos: les pan-africanistes, black supremacists, pseudo-arabes/maghrébins "affirmés", musulmans de la deuxième heure écoutant des prêches salafistes faussement aseptisés (doctrine dure avec des mots doux).... Sont de fait perdus pour la République et pour la nation et posent problème. Et le plus lamentable est que ces pseudo-identités de groupes sont des reconstructions lamentablement déconnectées des origines pourtant si vantées. Les régionalistes, autonomistes et indépendantistes radicaux ne font pas mieux dans le genre. Et de l'autre côté, on a un Etat et des institutions qui n'osent pas affirmer une identité, une nation, un passé, une culture qui seuls peuvent constituer un pôle de rassemblement face aux déchirements actuels. La Frane n'est pas menacée dans l'immédiat, mais elle l'est à terme. Ce qui est menacé à relatievement court terme, c'est l'idée de la France dans les esprits d'une partie plus ou moins large de la population. Parce que quoi qu'en disent les défenseurs jusqu'au boutistes du droit de chacun, un groupe ne tient pas par l'opération du Saint Esprit ni par les seuls éléments quantifiables (Etat, institutions, allocations, subventions....); et les populations, encore plus dans la société moderne qui atomise et fragilise les individus, ont besoin d'identités de rattachement. La nation ne le fait pas? Qu'on le veuille ou non, c'est alors un espace qui se vide et que des sous-groupes et sous-cultures (pas de jugement de valeur) s'empressent d'occuper. C'est pas affirmer que "l'identité c'est la diversité" ou des trucs du genre "les valeurs" et le bastringue habituel, qui mettra du contenu et de la force. Identité = carte mère. Loi = système d'exploitation. Sous-groupes, sous-cultures.... = logiciels. Enlève la carte mère et regarde ce qui arrive.
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évolution de la diplomatie dans l'histoire .
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Gibbs le Cajun dans Histoire militaire
"Ils ont choisi la honte pour éviter la guerre: ils auront la honte et la guerre". Justement, quand le diplomate, ou l'homme d'Etat en général, ne sait pas ou plus évaluer la puissance, y'a maldonne. Bon, en l'occurrence, en 39, on peut dire qu'il était "admissible" de se gourer sur l'évaluation des nouvelles capacités opérationnelles qui faisaient la décision: côté allemand, c'était pas mieux chez les diplomates ou même le gros de l'Etat-Major (Gudérian était vu comme un hurluberlu aux passions mécanisées illusoires). Mais les Anglais sont devenus les plus irréalistes: - sur les intentions allemandes, lisibles à partir de 36 - sur la possibilité concrète pour eux de rester neutres face à une Europe en flammes (il existait un fort parti pro-nazi dans les élites anglaises, comme une anglophilie chez Hitler qui n'a pas compris la résolution de Churchill et son refus des ouvertures de paix allemandes après Dunkerque) - sur l'évaluation des potentiels de puissance en Europe, et avant tout la démographie -
évolution de la diplomatie dans l'histoire .
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Gibbs le Cajun dans Histoire militaire
Plus dur: passé 36, les politiques savaient que la guerre était inévitable, ou en tout cas peu évitable. Et la réorganisation massive des industries d'armement le souligne bien. En 38, Daladier sait très bien que la guerre est maintenant certaine et qu'il faut gagner du temps parce que la France ne sera prête que pour 41 au mieux. Et il y a un gros problème: face à l'Allemagne post-Anschluss et post Sudètes de 75-80 millions d'habitants (et plus jeune), la France de 39 millions d'habitants dépend absolument de l'Angleterre. Le merdage diplomatique due à un aveuglement stupide est à pêcher du côté anglais: Chamberlain est le vrai con de l'histoire. Daladier n'avait juste aucun moyen d'amener les insulaires vers une position plus ferme. A ce stade, il n'avait pas le choix, et comme pendant tout l'Entre-Deux-Guerres, la France était à la remorque de l'Angleterre dont elle avait un besoin vital. Les Anglais ont gardé jusqu'à l'absurde la mentalité de splendide isolement en pensant avoir tout le temps du monde, et leur obsession dépassée de l'équilibre européen qui les a fait voir la France post-1918 comme l'élément dangereux et perturbateur. Réflexe acquis de pensée de chapelle, en aucun cas d'une analyse rationelle. -
évolution de la diplomatie dans l'histoire .
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Gibbs le Cajun dans Histoire militaire
Chuis un peu flemmard, là, après mes posts au kilomètre de la fin d'année :-[. Merci pour Ambrose Bierce, ça fait toujours du bien ;). Sinon, y'a aussi De Gaulle: "la diplomatie, c'est l'art de faire durer les carreaux cassés". Enfin, sans entrer dans le détail, je pense qu'il ne faut pas approcher ce sujet en le différenciant comme un domaine à part: certes, la représentation d'un Etat proprement dite requiert des codes, des accointances, une approche particulière, mais c'est seulement technique. Parce qu'au final, il s'agit toujours et encore de stratégie, c'est-à-dire de Politique (avec un vrai grand "P"): comme la guerre, qui a aussi des spécialistes dans sa réalisation (espèce étrange, plutôt verte depuis les années 40, appelée "militaires"), et en fait tous les domaines et moyens d'action de l'Etat, il s'agit de l'action du souverain, de l'Etat, selon ses intérêts et ses vues. La perception de ses intérêts peut varier avec les époques (selon les priorités assignées par les mentalités et intérêts du temps), mais le fond reste le même: on poursuit des objectifs avec les moyens les plus opportuns dans le temps court et le temps long. Bien des militaires furent d'excellents diplomates, bien des diplomates furent des stratèges de première force.... Tout cela concourt de la même logique et des mêmes modes de pensée. Un militaire qui ne pense qu'à faire la guerre et ne voit rien d'autre de pertinent comme moyen, c'est comme un diplomate qui ne pense et n'agit que pour préserver la paix à tout prix, devant les intérêts, valeurs et priorités de son pays: en langage clair, ces 2 hommes s'appellent des cons, au mieux, des bigots de leur propre chapelle, au pire. Il ne faut donc pas voir précisément ces domaines comme des chapelles, mais bien avoir en tête une approche globale, qui est la seule pertinente pour un Etat; et les grands hommes (et chefs) d'Etat n'ont jamais eu, quelle que soit l'époque, d'autre façon de voir. C'est pourquoi on disait plutôt "être aux affaires" qu'être dans une carrière particulière. En faire des domaines séparés, c'est en faire des logiques concurrentes, et, au final, des chapelles. Si on prenait un début symbolique et fictif, on pourrait se dire que 2 groupes de primitifs se rencontrant évaluent les risques et intérêts de se friter, de se laisser passer ou de vivre en bon voisinage. Y'a pas un mec appelé "diplomate" et un appelé "guerrier" qui vont donner des réponses différentes en fonction de ces noms (sauf si ce sont des cons qui dirigent): y'a un calcul global qui est fait, des analyses et évaluations (pas sur powerpoint, ce sont des primitifs). Après, tout le monde ne fait pas forcément les mêmes (tout n'est pas facilement évaluable, on peut ne pas penser au groupe, mais plus à soi....), mais une bonne instance dirigeante tranchera; et des bons conseillers des dirigeants, comme les bons dirigeants, feront cette analyse globale. -
Faits militaires cruciaux de l'histoire de France
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Suchet dans Histoire militaire
- Guerre des Gaules: elle donne une orientation plus que marquante à la composition (géographie, économie, organisation du territoire -qui en devient un justement-, perception d'une frontière sur le Rhin....) - rupture momentanée des années 406-410.... Jusqu'aux Champs Catalauniques (453): cet espace se sépare de fait de l'empire romain et se perçoit comme autosuffisant et "seul". Il n'est pas unifié, mais les forces qui le composent s'arrangent entre elles, et leurs rapports de force le définissent réellement comme un espace en soi. - épopée de Clovis (fin VIème-début VIIème siècle: Vouillé, Tolbiac): émergence d'une force dominante sur cet espace et alliance du trône et de l'autel (première légitimité d'un Etat français ou proto-français), qui graduellement, va imposer la logique quasi perpétuelle de la France, à savoir l'opposition entre un centre (fort ou faible suivant la période) et des parties (féodalités, entités souveraines ou proches.... Fortes ou faibles aussi selon le moment) - conflits de succession des petit-fils de Charlemagne (oublié les batailles: accrochages et batailles multiples) qui aboutissent au Partage de Verdun (843): redéfinition de l'espace franc "français" lui-même - Bouvines ET la Roche-aux-Moines, 1214: la France capétienne cesse d'être divisée. Ré-émergence d'un pôle central fort - 2 dernières phases de la Guerre de Cent Ans (d'Azincourt, 1415, à la campagne de la Loire de 1431 et ses lendemains): moment absolument déterminant. L'ère de l'Etat moderne et d'un sentiment national structurant ont transformé l'affrontement féodal en conflit entre 2 nations. En réaction, l'Etat moderne doit se construire (Charles V, Charles VII) - Bataille de Nancy, 1477: fin de la menace bourguignonne, soit l'apparition d'un Etat-Empire souverain sur les marges et à l'intérieur du royaume, concourant de l'affirmation du premier Etat-Nation centralisé d'Europe. Refus de l'émiettage féodal traduisant une nouvelle conception de l'Etat. - Siège de Paris (1589-1593) et victoire de Fontaine-Française (1595): Henri IV met fin aux Guerres de Religion, promouvant le 1er Edit de tolérance avec la force pour le faire respecter. Parallèlement, il repousse à peu de frais l'invasion espagnole et détruit les dernières armées de la Ligue, entité plus politique et féodale que religieuse. L'Etat peut ainsi s'affirmer au-dessus de l'autorité religieuse, et composite, détaché du besoin absolu du soutien de l'Eglise. Il y a un Etat, avec une première forme (ténue) de "laïcité" (pas vraiment, mais politiquement, c'est un peu le cas), en ce sens que l'Etat s'affirme par lui-même avant tout (symboliquement, le premier acte en ce sens fut l'attentat d'Agnani en 1308 où l'envoyé de Philippe le Bel gifla publiquement le pape). - décennie 1649-1659: fin de la Fronde, de la Guerre de Trente Ans et de la Guerre franco-espagnole. Ré-émergence de la France comme puissance dominante, écrasement du dernier baroud de la féodalité (en tant que force armée) face à l'Etat, définition d'un "sanctuaire national" qui ne sera pas sérieusement menacé avant 1792-1794, puis 1814. Les batailles sont nombreuses, aucune ne pouvant prétendre être absolument décisive à elle seule pour l'issue de la guerre (peut-être la campagne de Turckheim par Turenne, mérite t-elle ce qualificatif). Pour la Fronde, on citera Cognaq, la campagne de Guyenne, et surtout Bléneau et Charonne, affrontements modestes mais décisifs. Sans doute l'une des décennies les plus fondamentales de toute l'Histoire de France. - Malplaquet et Denain: le pré carré est préservé, aucune paix vraiment dommageable ne peut être infligée à la France, ni aucun démembrement. - Valmy, Jemmapes, Fleurus: la France révolutionnaire ne sera pas reprise en main par les monarchistes - campagne d'Italie et ses suites, campagne d'Allemagne de 1805-1807: définition d'un espace où la France exercera une influence politique décisive et structurante (qui lui reviendra en partie dans la gueule plus tard) - campagne de Russie: condamnation à terme des possibilités de maintien de la France impériale - 1830: conquête d'Alger: on en sent encore les conséquences aujourd'hui, non ;)? - 1870: entrée dans l'ère des nationalismes agressifs et des antagonismes radicaux avec le voisin - la Marne: pas de campagne rapide, la guerre va durer. - Verdun-la Somme: même constat. - mai 40: merde! - Suez, 1956: ni la France ni l'Angleterre ne sont plus en haut de la chaîne alimentaire -
Pourquoi la France a capitulé en 1940?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de alexandreVBCI dans Histoire militaire
Si c'est pour le buter, oui, si c'est pour le récompenser, c'est un peu faible . Ah ben voilà! On s'absente un peu et on se fait traiter de vieux! J'en bave dans mon dentier, tiens!