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Tancrède

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Tout ce qui a été posté par Tancrède

  1. On est d'accord (quoique tu ne fous apparemment que des VLS dans les bouzins; j'espère un peu plus ;)), et le point déterminant reste quand même la gestion des coûts des programmes, parce qu'on parle d'une architecture de "morceaux" plus ou moins jetables (récupérables, mais qu'on peut abandonner sans trop de regrets): quelqu'un conidèrera t-il des masses de lanceurs sylver comme tels, à moins qu'on sorte un sylver A80bis :lol: low cost, fait en matériaux recyclés ;)? Disons que le concept, quelle que soit sa forme, est avant tout littoral, fait pour l'action contre la terre. Le renforcement en capacités AA est éminemment souhaitable, surtout en France avec nos 2 Forbins et 2 FREDA comme "horizon" (ha ha.... Désolé), mais il correspondrait à des modules moins jetables. Le frappeur lui-même, comme bâtiment, n'est qu'un pousseur de modules.
  2. Tancrède

    Identité nationale

    Le problème fondamental n'est pas dans les migrants: l'immigration, surtout de travail, n'a en fait jamais posé problème. Le problème est apparu dans les 2ème et 3ème générations, dont l'enfance et l'adolescence ont correspondu à la crise de l'emploi, mais bien plus encore, le rejet idéologique de toute forme de conscience nationale au-delà de slogans creux et vagues, là où on a besoin d'une identité forte. Eux ont, comme chacun dans son coin, développé des "identités" locales, sous-formes de sous-cultures populaires (au sens de subculture, comme classification; pas de jugement de valeur, le mauvais goût de chacun ne regarde..... Que chacun) et de conservation d'éléments de cultures d'origine, dynamique favorisée par le regroupement géographique. Mais ce qui a été anémié, c'est la "métaculture" nationale, la seule qui rassemble un grand ensemble de populations dont les tendances naturelles sont la différenciation et la recherche d'un groupe identifiant et valorisant. Depuis 40 ans, "on" a décidé qu'il fallait en avoir honte, ne pas "l'imposer", ne pas exiger de l'intégrer.... Le refus maintenu de l'enseignement et l'affirmation de l'identité nationale, ou du moins de ses fondements (et ce n'est pas un modèle arrêté, mais il y a un tronc commun d'affect, de comportements, de modes d'expression et de relations, et de savoirs, mais aussi de "pratiques" et moments de rassemblement) a du coup créé un vidde que ces sous-cultures et identités remplissent. le problème se pose aujourd'hui, contrairement aux générations d'immigrants précédentes, tout connement parce que pour ces généraitons précédentes, la question ne se posait pas réellement, ni pour les arrivants et leurs descendants, ni pour les Français de naissance: ça allait de soi. Sans doute aussi cela était-il facilité par le fait que la France était puissante et plus rayonnante, un modèle attractif et phare, mais ce n'est pas le fond de la chose.
  3. Pour moi, ce sont 2 conditions sine qua non: - certains modules de missions doivent être jetables sous-forme de batteries semi-immergées, afin de décentraliser la capacité de frappe massive que n'ont pas les bâtiments classiques, et de la rendre aussi moins anticipable, moins "lisible". Soit les dits modules sont jetables entiers, soit ils sont eux-mêmes composés de groupes de cellules séparables, destinés à être essaimés le long d'une côte ou dans une zone donnée. Savoir si c'est techniquement faisable, qui plus est pour un prix abordable, et si ils peuvent être récupérables après par un bâtiment de servitude, c'est autre chose. - une grande variété des modules de missions, afin de ne pas limiter l'engin à une simple capacité de frappe massive de missiles de croisière qui ne servira quasiment jamais, ni comme arme employée, ni comme arme dissuasive. En soi, un matraqueur pur et dur ne sert à rien, hors du cas d'une guerre ouverte et complète contre un Etat développé et organisé, ce qui est loin d'être le scénario guerrier le plus envisageable. La versatilité de l'offre de modules est donc un impératif, permettant de disposer non seulement de VLS en masse, mais aussi, si besoin, d'une artillerie navale (railgun idéalement, et/ou LRM), de missiles AA abordables, de capacités de minage rapide et massif, de mise en oeuvre de drones de nombreux types.... Bref, ce faisant, il serait le supplétif quantité des diverses spécialités représentées par les bâtiments classiques: les modules déterminent quelles capacités ont été choisies. Parce que la conception initiale du navire qui largue toute sa purée en une fois et retourne au port est en soi encore plus absurde: ça limite encore plus les capacités d'emploi, étant donné qu'on a besoin de garder en permanence plus de capacité de tir en réserve que effectivement balancée. Et ça suppose aussi qu'on sait sur quoi balancer absolument toute la puissance dès le début, et que l'adversaire ne va pas s'adapter. C'est un peu une pensée magique qui voudrait qu'on règle tout dès les premières minutes, qui plus est uniquement par l'artillerie. Rien à voir avec la guerre dans le monde réel. Bref, tel que voulu, il s'insère dans une vision de la guerre tellement limitée que le conflit pour lequel il est fait (c'est pas les conflits, mais le conflit) a peu de chances de jamais se produire, surtout, encore une fois, que dès qu'il sera seulement planifié, la dialectique de l'épée et du bouclier se mettra en place et les adversaires potentiels s'adapteront. Et par ailleurs, je l'avais souligné, mais personne n'a relevé: cette insistance sur "l'architecture réseau" comme une martingale qui résout tout, avec le renvoi, sans arrêt, à l'exemple de Nimitz vs Yamamoto, est peut-être une des plus grandes faiblesses. L'un des plus forts développement des tactiques de guerre consistera justement à viser les réseaux électroniques et autres multiplicateurs de force: quel besoin de "viser l'amiral" quand on peut péter le câble de son téléphone ;)? Les satellites, les divers noeuds de communications, les ondes elles-mêmes seront les cibles privilégiées de demain, faisant de tout bâtiment incapable d'opérer aussi par lui-même, en conditions dégradées, une coûteuse inutilité dès lors qu'on s'inscrit dans le contexte d'une guerre classique et symétrique entre acteurs étatiques d'un certain niveau de développement (probabilité déjà limitée).
  4. Tancrède

    Identité nationale

    Commençons par remarquer que je trouve injuste les réflexions sur la petite miss France (l'élection est déjà passée?? Je croyais que c'était fin décembre en général): elle est très mignonne, et c'est bien le moins -excusez-moi pour l'horrible jeu de mots, mais je résiste pas- pour du "beur" de Normandie :P..... Je sais, je sors. Ben j'aimerais déjà être avec.... Vraiment beaucoup. Sinon Gally, il ne faut pas reposer que sur les analyses matérielles: les chiffres pour les dits quartiers sont certes impressionnants (entre 5 et 6 millions d'habitants dans ces quartiers, dont 20% de jeunes en moyenne, dont environs un quart de 18-25 ans, soient 300 000; c'est la moitié de ceux-là qui sont au chômedu, soient 150 000, ce qui est beaucoup, surtout si on ajoute les chômeurs dans les classes d'âge au-dessus, mais il faut bien dimensionner la chose), mais il faut bien se dire que la pauvreté et la précarité étaient bien plus grandes au XIXème siècle et, en fait, jusqu'aux années 50, sans que le sentiment d'appartenance ou l'envie d'être français soient remis en question, ni d'ailleurs que les habitats des populations défavorisées soient aussi dégradés (alors qu'ils n'ont jamais eu autant d'équipements et de moyens) par une partie de leur propre population, ou encore que les services publics y soient aussi attaqués de multiples façons. On constate que dans des zones défavorisées d'autres types et populations (grandes zones péri-urbaines lointaines....), moins équipées et souvent plus pauvres, de tels problèmes sont infiniment moins développés. C'est donc que la logique matérielle a montré ses limites: on a tout connement abordé le problème sous le mauvais angles, dont une politique d'urbanisme débordant de moyens mais très mal pensée ne constitue qu'un aspect qu'ont persiste à voir comme le seul. Dans une mauvaise stratégie, les sommes versées le sont en vain. Et le bât blesse au niveau du sentiment d'appartenance, mais aussi au niveau de la mentalité qu'on a laissé s'installer, à savoir que l'Etat devait quelque chose aux nouveaux arrivants bien plus que ceux-ci ne lui devaient quelque chose. Allégeance, devoir, loyauté, volonté de s'intégrer à un ensemble et non seulement aux abstractions affirmées par la République.... Que des mots et des approches qui ont été méprisées, décriées, voire qualifiées de purement racistes, au pire, ou archaïques et stupides, au mieux. Mais pourtant il y a un manque, un vide, et on a beau verser du fric et répéter les appels aux "valeurs", aucun sentiment d'appartenance ne se crée, aucune conscience de groupe n'existe. Faut bien qu'il y ait une explication. Le commencement d'explication est simple: les vagues d'immigrants précédents (polonais, italiens....), contrairement à ce qui est dit, n'étaient pas moins étrangères à la France d'alors que les plus récentes le sont à celles d'aujourd'hui. Pour le jeune Napoléon, être corse dans la France d'ancien régime était bien plus dur qu'être arabe dans la France actuelle, et le Polonais de 1900 était bien plus étranger en France que le malien aujourd'hui; les identités étaient plus affirmées, plus naturelles, et on était bien conscient, en tant qu'immigré, d'arriver dans un ensemble existant qui avait un contenu et n'avait pas honte de le vivre. Y appartenir devenait un enjeu et un motif de fierté, même pour ceux qui n'étaient motivés que par des impératifs de travail et de subsistance; au pire, c'était juste normal de faire comme les Romains en arrivant à Rome. Mais apparemment, c'est devenu raciste et xénophobe de se voir comme un groupe (mais ceux qui se constituent en groupes d'identités et de modes de vie étrangers tout en prenant la nationalité, eux, ont le droit). J'entendais Louis Schweitzer répéter le même credo sur les "valeurs" et la négation d'une identité française au profit des grandes abstractions à la mode (multiculturralisme, identités qui changent tout le temps....); et personne n'ose rétorquer que les populations qui n'ont aucun ensemble auquel adhérer se recréent des identités communautaires/communautaristes, ethniques, religieuses, "tribales", régionales.... Dont les lois ne peuvent que prendre de plus en plus d'importance parce que la loyauté et l'image de soi de leurs membres ne se comprennent qu'au travers du dit groupe. En bref, il n'est que de constater que l'être humain est avant tout un être de désir et un être social qui a besoin d'une image de soi et d'une estime de soi provenant non seulement de lui-même, mais aussi des autres, de la société et de ses "pairs", d'un ensemble auquel s'identifier et appartenir, d'un récit dans lequel s'inscrire, d'une subjectivité de groupe pour se valoriser.... Et l'obsession rationaliste et abstraite, couplée à la bien-pensance en vogue, continue à nier cette subjectivité constitutive de l'homme comme individu et comme partie d'un groupe. L'Etat continue à refuser de remplir ce vide; d'autres s'en chargent. A quand le point de rupture?
  5. Tel que je l'ai lu dans les diverses parutions sur le sujet, ce n'est justement pas le concept à la base, qui est plutôt monolithique et ne parle que de puissance de feu en soi. Disons que là, je prends plus une espèce d'accompagnateur du capital ship d'une task force, PA et/ou flotte d'assaut, qui apporte un effet quantité sur la puissance de feu, mais aussi et surtout un panel de capacités plus vaste: appui feu pour le débarquement, salves de missiles de croisière, tir de bombardement en saturation, capacité AA, mais aussi reco et observation lointaine (pouvoir lancer une vingtaine de ScanEagle, low cost, ça peut le faire), et surtout déploiement de plates-formes autonomes afin de palier l'effet "tous les oeufs dans le même panier" (tenders lance-missiles semi-submersibles, drones kamikazes à grosse endurance, missiles faisant du loitering). Je comprends un truc dans les dévoiements ricains du stryker qui ont conduit au Zumwalt: le besoin d'une artillerie d'appui-feu, qui va avec leur conception de la projection. Le besoin du canon et/ou du LRM naval est un fait acquis, à moins qu'une révolution technique apporte du missile efficace et longue portée à moins de 100 000$ la pièce. Aussi, en fait, la vraie remise au goût du jour du concept repose dans une capacité à le diversifier dans ses capacités et dans ses possibilités de "décentraliser" ses capacités (en "désquamant" un peu avec des tenders séparables et des drones et missiles à grosse endurance), mais si et seulement si le tout peut garder une tendance explicite aux coûts modérés. Parce que si c'est pour avoir juste du missile de croisière et AA, je maintiens ma position dubitative sur un concept dont le raisonnement est trop spécialisé et ressort d'une logique seulement micro-économique et en aucun cas politique et stratégique, qui correspond à un cadre d'emploi et à des possibilités trop limités. J'entends bien que le bouzin n'est pas un outil de puissance, un outil politique en soi, mais un multiplicateur de force low cost pour ceux qui le sont (PA et groupe amphibie surtout, mais aussi leur escorte AA); or, ces forces doivent couvrir un éventail de capacités très large afin d'être pertinentes, donc le machin doit pouvoir accroître l'effet quantité de ces capacités, et justement pas seulement être un "frappeur". A ce stade, l'idée serait d'en construire 1 ou 2 dans l'immédiat, comme des armatures navigantes vides (et éventuellement, de garder la chaîne de prod sous cocon), sorte de squelette flottant apte à recevoir des modules de 3 à 4 grands types (dont certains séparables en mer), voire plus, qui, eux, seraient l'objet d'un effort de recherche plus permanent.
  6. Waouh, je m'absente un gros week end et ça a turbitartiné dans l'intermède! Je referais de gros pavés bien juteux et chiants à lire pour vous punir, mais pas ce soir. Juste un truc; je constate que toutes les réflexions qui essaient d'articuler le frappeur sous une forme ou une autre (voire en "déstructuré" sur plusieurs coques) omettent le concept d'emploi stratégique, mais surtout (moi compris), raisonnent à missiles (ou assimilés) existants, et ce alors même qu'on est censé parler d'un concept radicalement différent de vecteur maritime. Mais comme cela a été brièvement évoqué plus haut, on doit envisager autre chose que le missile de croisière dont même une grande série semble ne pas pouvoir faire baisser le prix en deçà de 600-700 000 dollars la pièce: - il faut attendre de voir ce que donnera le rail gun - pour ce qui est de l'appui feu (ou le bombardement de grandes villes côtières et bases navales), les nouvelles technologies d'obus et les possibilités de LRM naval restent pertinentes - on va assister à une confusion des genres qui offrira des possibilités low cost intéressantes: missiles low cost, drones kamikazes, missiles à capacité de loitering.... Le concept du frappeur est éminemment le fait d'une réflexion de guerre froide, dans un environnement de guerre classique et symétrique, qui plus est à une époque où le tomahawk était une sorte d'arme absolue avant le stade nucléaire. Mais les nouvelles possibilités offertes dans le registre du "feu tactique/stratégique" à coût modéré demandent peut-être à attendre quelques années pour réévaluer le dit concept sous un nouveau jour. Parce qu'un frappeur, conçu comme un membre permanent d'un GAN ou d'un groupe amphibie, mais portant des modules plus variés, voire offrant en sus des capacités de mise en oeuvre de drones (sorte de PA cheap), offrirait un plus grand panel de possibilités militaires donc politiques, tout en ressortant fondamentalement de la même logique qui est d'apporter de l'effet quantité dans le feu, mais là dans un plus grand nombre de variantes: des missiles/drones pouvant rester 24h au-dessus d'une zone avant de frapper, des éléments détachables (genre les "tenders" semi-immergés, constituant des batteries de missiles planquées), un petit parc de drones (pas des gros, mais de quoi démultiplier les yeux d'une task force, et déployer aussi des dents), et bien sûr les chproumées de missiles de diverses portées et possibilités. Là le bouzin ne serait plus aussi central, mais constituerait en somme un transport low cost pour plusieurs plates-formes de feu qui, sur zone, pourraient se déployer et donc être moins vulnérables. Plus de variété ddans les capacités, moins de concentration géographique du vecteur).
  7. La formation professionnelle à plus de 26 milliards d'euros et qui ne fonctionne pas est un sujet de dépenses mal foutues qui me préoccupe plus que les 400 à 500 millions de coûts OPEX en Afghanistan. De même que le trou de la sécu et le scandale de la fonction publique territoriale.
  8. L'Afghanistan, c'est au max 450 millions de surcoût OPEX, on est loin du 200ème du déficit des comptes publics. "Argument" ridicule, désolé.
  9. Mais pas ça qui les a fait bouger pour jeter l'éponge. Les Brits aussi avaient le moral dans les chaussettes pendant le Blitz.... Lire les auteurs de l'époque, voir les films de l'époque. Les histoires de résilience, de résignation, d'indignation, d'orgueil, toussa ;). Comme souvent dans des guerres ou action qui ne vont pas jusqu'au bout: une ré-évaluation côté serbe, suite à la démonstration que l'OTAN était plus décidé qu'auparavant, et prêt à surenchérir autant qu'il le faudrait. En un sens, c'est l'action des troupes au sol, non dans leur action de combat, mais dans le fait qu'elles soient là, et qui veut dire que s'il faut en venir aux mains, contrairement à l'affaire bosniaque pendant longtemps, ce coup là "on est prêt" (du moins l'OTAN s'est efforcé de le faire croire vu la reluctance de Clinton, connue plus tard). Ce sont les anticipations qu'il faut voir, pas les effets directs. De ce côté, le potentiel des forces serbes au sol a été très peu touché parce qu'ils s'étaient adaptés (dissémination, camouflage....) et parce qu'ils avaient un niveau de volonté suffisant dans un premier temps. Mais sur le coup (et encore aujourd'hui), ils ont vu un OTAN décidé et disposant de plus de moyens, donc ont remis à plus tard (ce qui couve encore). Et plus encore, il y a l'action diplomatique russe, sans doute le facteur le plus décisif. J'ai lu les papiers publiés et les sites dispo, je trouve l'argumentation réductrice et singulièrement détachée de toute réalité stratégique. Et mon point est que justement, tel que présenté comme "concept", il est vide de sens stratégique, ce pourquoi j'étais plutôt d'accord avec Gally qui proposait directement un supplément missiles sous forme de modules offrant une capacité de frappe additionnelle à chaque flotte ou navire. Et moi, j'ai eu l'air de dire qu'un seul PA suffisait à tout? C'est vain si on ne peut pas surenchérir après coup, parce qu'en soi, ça n'offre aucune capacité de décision, juste un plus fort pouvoir de nuisance, d'où ma remarque impliquant que si on prend du frappeur, il nous faut aussi l'USMC avec. C'est complètement inutile parce que cette capacité de nuisance seule -et encore une fois, je précise bien que je situe hors du cas de la guerre classique ouverte où le principe est très utile- n'emportant pas la décision, elle n'offrira aucun résultat politique, y compris contre des dictatures (où justement le boss accepte les pertes plus que les menaces). Il faut pouvoir aller plus loin si on veut pouvoir jouer à ça. Si l'alternative n'est qu'entre balancer des missiles en masse sans pouvoir rien faire d'autre ou râler comme un putois bien-pensants, à tout prendre, je préfère l'option la moins chère. Mais c'est pas aussi caricatural que tu le présentes. Et pire encore, il faut pouvoir encaisser les conséquences et rétorsions politiques, économiques et autres, ce que seuls les USA peuvent faire. La politique de la canonnière rend rarement populaire et fait peu respecter, à moins qu'on soit vraiment maousses ou incontournables dans un domaine particulier (position géographique, taille, marché, ressource stratégique....), ce qui n'est pas le cas pour nous. Bref, cette politique n'est pas dans nos moyens, quel que soit le budget militaire qu'on puisse s'offrir et même si on l'optimise au mieux. Et comme, en outre, cette capacité est, seule, inutile, c'est une capacité EN PLUS, qu'il faut avoir AVEC l'aviation embarquée en quantité un tant soit peu suffisante, et AVEC un gros corps de débarquement dissuasif. Si vous trouvez un moyen de budgéter ça, je signe avec vous et tant pis pour les rétorsions. Ben Suez, c'est quand même pour d'autres raisons que la puissance militaire (parce que Nasser était torché), ou alors il aurait fallu une puissance suffisante pour se payer les USA et/ou l'URSS; je doute que toute la pertinence budgétarienne de Stratege/PA suffise à nous trouver ça dans les possibilités de notre PIB ;). Y'en a eu après, et il a continué à animer des camps de vacances pour tous les terroristes de la planète (avec même un boom après 89 et l'arrivée des fameux GO "afghans"); non, pas trop vu le changement. Et les ricains non plus. Il a fallu 16 piges pour arriver à une table de négo. Super efficacité. Là on parle d'une guerre ouverte et classique, où j'ai dit que la capacité était utile. Et quand je dis inutile, j'ai précisé à chaque fois inutile EN SOI! Et je précise que ce n'est qu'un corollaire; c'est de l'appui, rien d'autre. parce, tout aussi bizarrement, à chaque guerre depuis 1870, on a surestimé sans arrêt les effets de l'artillerie. Si on suit ta logique, Verdun aurait du être pris le premier jour par les Allemands, et les offensives de la Somme ou du Chemin des Dames auraient du être de retentissants succès, vu les pilonnages. Les Viet Congs auraient du succomber sous le plus gros bombardement de toute l'histoire, l'Allemagne se serait rendue en 44, ou Berlin serait tombée dès les premiers jours du siège de 45, la RMA devrait être la martingale militaire absolue, comme l'air land battle en son temps.... Et à chaque fois, on remet le plat, avec de brillants analystes qui garantissent avant une guerre que leur joujou gagnera l'affaire de loin. En oubliant toujours au passage ce qu'est la guerre, ce qu'on vise, l'effet qu'on veut obtenir et comment on obtient un résultat. Comme je l'ai dit plus haut, je fais référence à l'argument que Philippe m'a opposé de l'emploi du frappeur et de sa caapcité comme ressort diplomatique; en d'autres temps, on appelait ça la politique de la canonnière, qui ne marchait en fait que pour des raisons bien particulières sorrespondant à cette époque. Et je parle donc de rétorsions politiques et économiques principalement (il peut y en avoir d'autres sortes), pas du pays frappé, mais bien d'autres pays, qu'il s'agisse d'alliés du dit pays, de pays partageant quelque chose avec lui, de pays profitant de l'opportunité de crier avec les loups, de pays viscéralement opposés aux "pays du nord", aux pays occidentaux ou à la France en particulier et qui se jettent sur l'occasion pour faire chier.... Mise au ban des nations (on a déjà expérimenté ça pendant la guerre d'Algérie; pas joyeux pour l'influence du pays, les accords entre pays ni pour les marchés extérieurs), c'est un sport que les USA peuvent se permettre parce que eux ne le sont qu'en paroles, pas nous. Ca défoule peut-être, mais ça ne les fera pas changer d'avis ou d'attitude dans ce genre de cas. A moins qu'on puisse aller plus loin (c'est ça la vraie menace; "chéri, si tu continues à faire ta maligne, je viens chier dans ton fauteuil, te baffer et baiser ta fille") sans avor à en venir au nucléaire non plus. mais ce "seuil de létalité" n'a de début d'efficacité politique que si on peut faire beaucoup plus que balancer 500, 1000 ou 1500 missiles d'un coup; ça, ça braque, ça décide rien, sauf encore une fois en cas de guerre classique ouverte (auquel cas la discussion entre nous ne sera plus que sur le contenu technique: frappeur unique ou répartition de modules?). Par exemple, dans le cas iranien, ça ne les dissuadera de rien même si on a 4 frappeurs dans le Golfe Persique. En revanche, si on a les 4 frappeurs, 2 GAN, une base aérienne à Abu Dhabi et 2 corps de débarquement de l'échelon division, plus une coalition avec nous avec une grosse force au sol (on parle de plusieurs corps d'armée) et en l'air, là on peut envisager de voir même Ahmadinedjad commencer à envisager de négocier. Mais c'est pas le même tarif. Parce que 4 frappeurs avec 1 ou 2 GAN, 1 division au sol, notre base aux Emirats et même 3 brigades amphibies (et pour déployer ça, il faut quel genre de flotte?), ça ne les fera même pas fléchir. Voilà juste pour remettre des idées de dimension à l'esprit. Et juste 4 frappeurs pour une opération d'intimidation, il t'enverront chier, même si t'es prêt à balancer toute la purée. Si tu te mets dans cette position stupide, soit tu recules et t'as l'air d'un con, soit tu le fais, tu n'obtiens rien et en prime t'es un monstre avec une opposition modiale contre toi (et juste Israël pour te tenir la main) et du boycott politique et économique partout. Bref, si tu fais tes 2, 3 ou 4 frappeurs, mais que tu ne fais pas au moins aussi: - un 2ème, voire un 3ème PA - une grosse flotte d'escorte - un ou 2 GROS corps de débarquement, niveau division (je rigole pas en disant l'USMC; vu le relatif rééquilibrage de la puissance un peu partout, il faut ça) - une flotte de débarquement et une flotte de soutien adaptées à ces changemetns massifs Si tu ne fais pas aussi ça, tes 4 frappeurs ne te serviront strictement à rien pour ce qui est d'obtenir un résultat politique réel, et donc de pouvoir te dire "puissant". Tu pourras juste te larguer 4 bordées de missiles à 300 millions d'euros pièce; si ça te fais jouir, tant mieux pour toi, mais ça passe à côté du but recherché qui est un orgasme, pas une raclée de ptoui façon branlette estudiantine ;). En bref, ces 4 frappeurs feront de toi un meilleur supplétif des ricains qui te souriront et te serreront la paluche un peu plus quand ils viendront te taper des moyens militaires pour leurs opérations (mais bon, Tony Blair avait l'air de penser que c'était ça la puissance et l'indépendance). En aucun cas ces frappeurs ne feront de toi un cador plus indépendant et plus capable. Ce qui compte, c'est la capacité à surenchérir et à aller toujours un cran plus loin que l'autre, et sans avoir à en subir les conséquences en plus.
  10. En l'état des choses au jour d'aujourd'hui, oui, mais le départ n'est pas pour demain.
  11. Ben la tache d'huile, sont directement concernés, rien que pour des intérêts visibles: - la zone du canal de Suez, de la Mer Rouge et du Golfe Persique, soit une partie de nos lignes d'approvisionnements et d'exportations - plusieurs pays où nous exportons significativement - la plus grosse région productrice de pétrole - un conflit ouvert entre juifs (et non plus israéliens dans la perception "de la rue") et musulmans (la guerre nie les nuances subtiles), avec joyeuses répercussions chez nous qui iront au-delà de la manifestation un peu houleuse Un conflit israélo-libanais ouvert, encore plus dans le contexte actuel, offre des opportunités et peut embraser cette région où de nombreux intérêts et "passions" politiques se croisent et se frottent. Croire qu'il n'y aurait pas de répercussions chez nous, économiques ou politiques, c'est faire l'autruche.
  12. Primo, en Allemagne, ça n'a JAMAIS été efficace; y'a juste 50 piges de réflexion stratégique là-dessus. Ni sur la production allemande, ni sur le dispositif militaire. Secundo, au Japon, c'est pas le bombardement classique qui a eu raison de la volonté de combattre. Au Kosovo, l'efficacité des frappes otaniennes a été très faible sur le potentiel de combat des unités serbes. Dans la Première Guerre du Golfe, c'est pas le bombardement naval qui a obtenu la décision. Et il ne me semble pas avoir dit qu'une capacité de frappe ciblée était inutile; c'est une capacité utile, mais ce qui est ouvertement stupide dans ce concept, c'est d'en faire l'alpha et l'omega de ce qui obtient la décision sur le terrain, parce que ce n'est pas et cela n'a jamais été le cas. La guerre est l'affrontement des volontés, et l'efficacité du feu sur la volonté a toujours du être dramatiquement revue à la baisse malgré la tendance, en temps de paix, à le promouvoir comme l'outil absolu et décisif. La seule exception à cette règle, et encore ne se base t-elle que sur une expérience unique, fut celle du feu nucléaire au Japon, et elle ne repose pas sur le même paradigme. Autre cas de figure; Khadaffi n'était pas dans une position de guerre, mais dans des "tests" et "asticotages" grandeur nature; il a pris une claque sur le poignet, a compris que l'adversaire était résolu et n'a pas insisté pour ses actions dans le Golfe de Syrte. C'est pas des bombardements qui ont changé du tout au tout sa volonté, mais le signe qui a été envoyé. Et ça n'a pas influé sur sa politique extérieure, qui s'est juste déclinée sous d'autres angles. Par ailleurs, c'est plutôt, politiquement, les USA qui ont perdu dans l'histoire. Faux, ce sont juste les moyens physiques, pas les moyens dans l'absolu, et c'est encore une fois prendre la technique pour le fait. Tout dépend de l'ensemble des choses qu'on cible, du contexte dans lequel on les cible (et qu'on a contribué à créer), de ce pourquoi on les cible, de ce qu'on fait à ces cibles et de l'effet q'uon veut obtenir. Un même outil peut-être empoyé pour des centaines de choses différentes. Seulement avec un vecteur aussi limité que le bombardement, surtout par missile, on n'a qu'une gamme de possibilités très limitée. La projection de force est peut-être difficile, mais c'est elle qui offre des possibilités d'obtenir un effet réel. le bombardement conventionnel n'obtiendra pas grand chose, et en tout cas certainement aucun effet politique dans le cas d'une guerre. Sa seule possibilité est d'envoyer un signe et de faire reculer un adversaire non vraiment décidé à tenter le coup, ou qui est juste en train de tâter la résolution de son antagoniste. Et pour ça, il n'y a pas besoin d'une frappe massive parce qu'on est dans le registre de l'intimidation et de la manifestation de la volonté. Frapper des cibles de prix ou non, ou faire du bombardement massif façon Curtis Lemay aboutit à la même impasse: l'effet sur la volonté de combattre est limité au mieux, nul au pire. Dans ce registre, c'est une dépense inutile. Ca n'a d'impact, plus ou moins efficace (voir le cas allemand ou le cas serbe), que sur la capacité de combattre de l'adversaire, et en cela, ça n'est qu'un corollaire parmis mille autres d'une action de guerre complète. Ca n'est donc pas un outil de politique extérieure efficace, juste une capacité d'appui potentiellement très utile mais qui n'en remplace pas une autre et ne fait en aucun cas la décision en soi. Pas vraiment dans le sujet, mais c'est une façon très particulière de voir la chose. Ben on s'est pourtant aperçu que pas mal savaient s'adapter et préserver leur capacité, et que surtout, si on se limitait au bombardement, ça ne changeait rien. Et la réaction des populations est bien plus souvent le resserrement autour du chef, qui peut par ailleurs être haï; l'extérieur est rejeté dans le gros des cas. Quand à l'invasion; plus facile, parfois, certes, mais comme l'Irak l'a montré, c'est pas vraiment la partie dure. Et y'en a comme qui diraient qui n'auront à l'avenir ni la volonté ni la capacité de monter ou remonter pareille opération, précisément parce que beaucoup d'illusions que ta phrase contient ont volé en éclat depuis. Entre autres ces certitudes quand aux méchants dictateurs jetés à bas par leur bon peuple et les embrassades qui attendent les "libérateurs". Dans tous les cas, où est le résultat politique? Quelque part entre nib, nada et peau de balle. C'est nier beaucoup de réalités: - les conséquences des bombardements de représailles, surtout sur un pays qui n'est pas les USA ou qui n'a pas la taille approchante. Politiquement, économiquement, voire d'autres façons, on peut en prendre plein la gueule. La politique de la canonnière ne marche pas dans n'importe quelles conditions ni pour n'importe quel Etat; si ça marchait jusqu'au début du XXème siècle pour nous et d'autres, c'était en raison de conditions bien spécifiques. - hors contexte de guerre ouverte, un bombardement, que ce soit d'un missile ou d'un plein de frappeur accompagné de raids d'aviation, ça n'est qu'un avertissement; et pour qu'il soit valide, il faut qu'il puisse être suivi d'effets, à savoir la projection de forces qui est la deuxième étape d'une menace. Alors si on veut jouer à ça, il nous faut des frappeurs et le corps des marines. Pas le même prix. Parce qu'encore une fois, le bombardement en lui-même A UN EFFET NUL SUR LA VOLONTE DE L'ADVERSAIRE. Sans capacité d'aller plus loin, c'est payer très cher pour n'obtenir pas grand-chose et s'exposer à des représailles d'autres natures et d'autres provenances. Tel que peuvent être la France, l'Italie ou l'Angleterre, hors de cette capacité de puissance de feu saturant en temps de guerre classique ouverte et déclarée (appui côtier, voire AA) dont on a effectivement besoin, acheter 3, 4 ou 8 frappeurs ne changera rien, parce qu'en soi, ça n'est pas une capacité politiquement et stratégiquement significative. Je ne nie rien du tout, mais encore une fois, je rappelle que ce frappeur n'est qu'une capacité de complément que tu sembles voir comme une capacité en soi, ce qui est faux, ce pouquoi le comparatif avec l'aviation à haute performance ou la capacité nucléaire est complètement à côté de la plaque, le nucléaire se situant dans un autre paradigme, et l'aviation à haute performance offrant un panel de capacités infiniment plus large, notamment celles de pouvoir faire le moins aussi bien que le plus. Et la finalité de la guerre n'est pas ceci ou cela; il n'y a que la finalité de la politique, dont la guerre n'est qu'une composante. Faire une analyse sectorielle sur la guerre, c'est déjà amputer la réflexion. je rappellerais surtout que nous sommes bien placés dans un ordre international donné, et que plus le temps passe, moins notre puissance relative, comme les Anglais, justifie que nous y soyons aussi bien placés. Notre premier intérêt est donc de nous y maintenir becs et ongles. Parce que c'est pas une capacité de frappe dans la profondeur qui changera quoi que ce soit, même si on se limite au champ purement guerrier. Et je répète que la politique de la canonnière telle que tu la préconises, il n'y a que quelques Etats qui peuvent se la permettre, et au niveau global, il n'y en a qu'un. Et c'est pas seulement parce qu'il a les outils pour la faire qu'il peut se le permettre, mais bien par ce qu'il est, par sa taille, par sa position et par son niveau écrasant de puissance, puissance que même à budget géré parfaitement et dépense optimisée au mieux, nous ne pourrons même pas reproduire au cinquième. En admettant qu'on se mette à se servir de ce genre d'outils pour aller bombarder quiconque moufte contre notre politique énergétique, faut être bien aveugle pour ne pas voir que l'effet boomerang (même pas militaire) sera massif contre nous, alors qu'il ne le sera pas contre les USA. Dure réalité du monde. Quand à nos intérêts. La pacification d'un pays sans pétrole ou uranium, nommément l'Afghanistan j'imagine, elle répond aussi à des intérêts d'une autre nature (je me suis suffisamment étendu là-dessus sur le topic dédié) que le seul approvisionnement énergétique, bien qu'il en fasse indirectement partie. Il n'y a pas que l'intérêt direct, matériel et visible. Sans même compter ce qu'on obtient et ce qu'on doit concéder dans les relations internationales (où on échange des renseignements contre une facilité commerciale, la corvée humanitaire au Bantoustan oriental contre une clause d'un traité, un accès à un marché contre du timeshare dans la police des pingouins en Terre Adélie, des récoltes de blé contreune base militaire, une annexe d'université contre une mine de cuivre....). Et comme je le disais plus haut, nous sommes co-garants d'un certain ordre international qui nous est largement, et disproportionnellement, favorable; le maintenir dans la mesure du possible est aussi un intérêt premier.
  13. Akhilleus, c'est pas beau de boire dès cette heure-ci!
  14. Pour ce qui concerne le vote, et en limitant la capillotraction, je mettrais: Fontaine-Française Patay Montgisard La Marne (le côté à l'arraché) La Campagne du Large de Tourville (victoire stratégique sans combat) Bouvines ("d'un côté c'est l'Europe et de l'autre la france"; des héros ce coup-là, Dieu ne trompa pas l'espérance ;)) Mélissa Theuriau
  15. Sur quoi t'es pas d'accord? Après lecture de ton post, je vois pas des masses. Sinon, d'autres défauts qui me sautent aux yeux, en version courte: - l'architecture réseau est sans doute la future grande cible des forces armées, non seulement en ciblant physiquement les structures, vecteurs, véhicules.... Qui les animent localement, depuis la métropole voire dans l'espace, mais plus encore virtuellement par la guerre électronique. Hors le frappeur est un engin qui ne fonctionne QUE par elles; il en dépend de façon absolue, n'ayant pas de capteurs propres. - encore les réseaux, et c'est plus une hypocrisie du concept qu'un défaut en soi: le frappeur dépend du réseau créé par la présence des bâtiments "classiques et hors de prix" avec tout leur appareillage compliqué et souvent inutilisé. Envisager qu'on n'en a pas besoin et que tout passerait par satellite entre la métropole et le théâtre, c'est ne pas comprendre la guerre et l'adaptation au terrain, et se reposer encore une fois sur une capacité unique, donc ciblée et vulnérable; encore du fantasme RMA-like de guerre presse-boutons et de commandement depuis l'EMA. Cela fait là encore du frappeur une capacité supplémentaire, et non une capacité de remplacement à moindre coût. Donc une addition globale qui monte. - comme le dit Pollux: l'épée et le bouclier. Dès lors que le machin existera, 1000 façons de le contrer seront développées. Et ce truc là n'a absolument aucune possibilité d'évolution, vu que c'est un concept simpliste et brut de décoffrage (ce qui est le but de la réflexion), à vocation unique et ultra-spécialisée. - plus une interrogation sur cette histoire de blindage léger (compartimentage et structures tubulaires) et de furtivité sans la chercher: quelle épaisseur de coque, quelle maniabilité obtenue, quelles versatilité du vecteur? Le comparatif avec des supertankers est pas fabuleux, vu que ces bestioles ne sont pas réputées pour leur souplesse et l'immense possibilités d'itinéraires qui leur est offerte. - encore une fois, un frappeur pour quelle guerre? Attaque contre l'Iran, attaque contre la Chine, frappe contre un Pakistan en guerre civile avec zones géographiques bien déterminées pour les camps en présence; et à part ça? Le problème de l'amiral Metcalf, c'est qu'il s'est rêvé en nouveau Mahan ou en nouvel amiral Fisher en oubliant que ces hommes réfléchissaient dans le contexte d'un monde différent, infiniment plus structuré et organisé autour d'un nombre faible de gros acteurs voués à se friter d'une façon bien déterminée, à la recherche d'un objectif politique unique et très clausewitzien. Bref, c'est une très bonne adatation des technologies du XXIème siècle à la situation stratégique et géopolitique d'avant la 1ère Guerre mondiale. - La dépense semble du coup énorme, sachant que c'est une dépense supplémentaire et non de remplacement, face à la probabilité du besoin. Comme toutes les menaces, ces optiques de gros conflit ne sont pas impossibles, mais il faut toujours faire des arbitrages (et ils peuvent être erronés comme imparfait, cependant, René Loire n'est pas vraiment un expert là-dedans) en fonction des menaces les plus probables et des besoins les plus immédiats: une solution efficiente et cost-effective commence par une étude de marché pertinente. Et le seul point de départ du concept, c'est le coût par missile tiré; pas l'efficacité militaire, tactique, stratégique et donc politique du missile ou de la frappe massive de missiles, pas le "marché" stratégique (les situations et besoins probables/visibles), pas la variété des besoins d'une politique militaire et des effets recherhés qui sont POLITIQUES. Bref, c'est un concept qui répond à un seul problème, ponctuel, celui du coût unitaire d'une frappe de missiles (et donc de la quantité qu'on peut balancer par rapport à ce qu'on pourrait balancer), soit une réflexion micro-économique sans considération pour la nature et la variété des besoins. Un cost-killer n'est pas un entrepreneur, et une marine doit trouver le moins mauvais dénominateur commun à une variété immense de problèmes dont celui du coût unitaire n'est qu'un parmi des milliers d'autres. - juste une question: le coût "coque nue", il inclue le prix des lanceurs sylver? C'est pas gratuit ces machins là, et s'il en faut 500 dans 4 gros modules missions.... - René Loire utilise comme argument la menace d'un adversaire créatif face à nos supposés "conservatismes" inhérents aux armes. C'est oublier un facteur stratégique fondamental: nous ne sommes pas des jeunes entreprises agressives en conquête de marchés, des condottiere à vendre ou des empires en formation. Nous sommes dans un ordre international d'Etats "installés" avec des positions à tenir et à gérer. Il ne sert à rien et il est impossible pour un Etat foncier et sédentaire de former la horde de Gengis Khan, aussi efficace soit-elle. Le frappeur est une arme d'attaque massive contre la terre; pas de possibilités de variété des effets obtenus, pas d'autres possibilités de missions. Et les autres missions doivent aussi être remplies. Ce n'est pas une arme de défense ou de politique, mais une arme de guerre classique de haute intensité, destinée à opérer des représailles (mais on connaît la limite de l'efficacité militaire de telles frappes et du feu en général) ou à accompagner une opération d'invasion amphibie (mais contre la Chine, on n'a pas vraiment des centaines de milliers d'hommes à débarquer, ce qui limite encore plus les cibles potentielles et le besoin de cet outil). Ca j'aime bien, parce que je suis sensible au besoin ponctuel d'une capacité de frappe saturante, mais aussi aux risques d'attaques saturantes contre une flotte. Pour l'AA, serait-ce envisageable? Une sorte de module identique (avec un nombre donné de cellules missiles AA) accompagnant un GAN en étant tracté par le bâtiment de ravitaillement ou un remorqueur de haute mer dédié, et fonctionnant en réseau avec les frégates AA? On aurait ainsi des séries de "tenders" spécialisés (tenders AVT, tenders AA) s'insérant à la demande dans l'architecture réseau, et matériellement remorquables/transportables. Le point étant que, pour l'AVT, il ne s'agit pas d'une remorque, mais d'un module semi-immergé opéré à une certaine distance par les frégates ou autres navires dans un rayon donné.
  16. J'en oubliais le principal. Un des trucs qui m'énerve le plus dans la rhétorique des thuriféraires du frappeur est la négation complète de la finalité, pour ne reposer entièrement et absolument que sur l'argument du coût par missile tiré. C'est nier complètement le principe de la guerre et l'immense variété des situations et des effets recherchés, qui sont avant tout politiques. Et il faut bien s'en rendre compte: le frappeur est une ultra spécialisation qui n'est utile que dans un nombre extrêmement limité de cas. Qui plus est, il n'enlève aucunement le besoin en navires "à l'ancienne" qui sont ceux qui portent les capteurs et systèmes permettant la mise en oeuvre des missiles, et que pourtant ces mêmes thuriféraires démolissent. Parce qu'un frappeur servira dans quelles circonstances? On retomberait presque dans les errements idéologiques de l'époque de Curtis Le May avec cette obsession du bombardement massif dont on sait à quel point il est inefficace. Et fondamentalement, on est en plein dans la "pensée magique" des fanatiques du feu qui l'emporte sur tout. Et les fameuses frappes de 2003 contre l'Irak, utilisées en exemple assez fréquemment, ont eu une utilité militaire assez contestable. Hors la guerre est plus riche et plus complexe, et la finalité est toute autre. On recherche un effet donné et adapté à chaque situation là où le frappeur n'offre qu'une capacité unique. Est-elle utile? Est-ce un besoin? Oui, la puissance de feu est un besoin dans certaines circonstances. Mais une puissance massive telle que fournit par la bestiole est-elle utile face aux théâtres et situations les plus probables dans les 10-15 ans? Nettement plus douteux. Il n'est utile que face à un adversaire étatique d'une certaine importance et d'un certain niveau de développement et d'organisation, donc dans l'optique d'un conflit classique d'une certaine ampleur. Pour le reste, c'est une dépense absolument inutile. Alors évidemment, le conflit classique reste ce à quoi on doit se préparer, et on n'est jamais à l'abri de la chose; mais c'est sans doute la première fois que le débat se pose d'une manière aussi précise, parce que le principe du frappeur repose sur une spécialisation extrême, voire totale. C'est un bazar qui ne servira que dans le cas d'un adversaire étatique classique important qu'on pourra aller taper chez lui: aucune utilité en défense du territoire, aucune utilité en blue water navy, aucune capacité d'entrée sur zone. En bref, dans les possibilités actuelles de conflit, c'est construire un navire et acheter une mégachiée de missiles pour faire la guerre à l'Iran et aucun autre. Bref, c'est une canonnière, une batterie flottante; et avec ça, on a soit un appoint pour une opération d'attaque sur un pays un tant soit peu puissant (à quoi ça sert contre les bandes armées somaliennes et autres structures guerrières dans des failed states?), soit un outil pour renouer avec la politique de la canonnière qui n'est plus tellement d'usage, ni dans nos moyens politiques. Donc l'éconiomie présentée n'existe que sous un angle micro-économique, pas vraiment dans une perspective stratégique. Cet argument du coût par missile tiré, c'est voir la chose par le petit bout de la lorgnette; et surtout quand ils prennent un comparatif avec un avion jugé "hors de prix", ils omettent de mentionner l'extrême versatilité de l'avion et le panel large de capacité qu'il offre par rapprt à la seule capacité de destruction stupide du missile. Capacité de guerre froide, qui plus est pensée dans le contexte américain d'une marine vaste et complète ayant besoin à l'occasion de maximiser une capacité particulière.
  17. Un professionnel des plates-formes offshore? Ouaif. Et les calculs de coûts des programmes militaires sont aussi faits par des experts. Désolé, mais rien de ce que j'ai lu de ce monsieur ne me convainc en la matière: tout repose sur des invocations, quasi mystiques, "d'entreprises innovantes" qui arriveront immanquablement, par la magie et la vertu de la structure, à faire beaucoup mieux avec beaucoup moins. On croirait entendre un prosélyte. Primo, le Cole n'a pas été détruit (et ce n'était ni une torpille, ni un missile), secundo, un tanker fait surtout une taille monstrueuse, avec un grand nombre de compartiments-cuves séparés, et lui ne porte pas des cellules missiles fragiles et délicates, mais du bête pétrole. Et encore une fois, le "frappeur" fait fi de beaucoup de réalités: à quelles situations un bâtiment doit-il faire face sur une zone hostile? Beaucoup d'équipements chers en dépendent. Mais surtout, c'est un machin qui ne peut servir qu'à une chose et une seule; question versatilité, c'est zéro. Donc effectivement, il est impératif qu'il ne coûte pas grand-chose, et qui plus est, il ne sert qu'en complément d'une flotte existante avec ces capacités si chères, si stupidement conventionnelles et si décriées par l'auteur, capacités qui, elles, sont nécessaires à une situation hostile et imprévisible, ainsi qu'à un panel de capacités plus larges, offrant plus de possibilités. Désolé, mais 150 millions d'euros pour un gigantisme de ce style, je ne peux que dire "mon cul"; pas dans le monde réel. Ou alors, effectivement, on se tient à l'absolu de l'absolu: un navitre con, incapable de quoi que ce soit, avec juste des compartiments à missiles, et nécessitant le reste de la flotte pour pouvoir les lancer. Mais dans ce cas là, c'est un coût supplémentaire net pour une flotte, et les missiles rentrent dans le calcul de ce coût. Quand le principe d'un bâtiment implique d'acheter du missile dans une quantité pareille (on parle donc de 500 apparemment), c'est un changement d'axe et d'orientation budgétaire majeur: parce que ce n'est même pas un achat d'une fois, mais bien une reconception de l'emploi du missile, qui se trouve dès lors banalisé et employé sans réserve. Parce qu'un tel bâtiment sera un vrai petit (non en fait; obèse serait plus juste) autiste handicapé dans une flotte. La puissance de feu (et une puissance de missiles, soit du très cher) me paraît en outre dangereusement concentrée en un seul bâtiment (qui n'est pas vraiment un foudre de guerre face à des hostiles), donc vulnérable. Mettrait-on tant de ressources et de puissance sur un bâtiment peu protégé et sans beaucoup de capacités hors de son ultra-spécialisation? Non sens tactique. La seule pertinence du concept est de partir du point que nous partageons presque tous, à savoir le manque de puissance de feu des bâtiments modernes, hors les "capital ship" genre gros destroyers, par essence peu nombreux. Et en fait, il ne s'agit que de la puissance de feu contre la terre (avec un supplément AA voire AN pour la sécurité sur zone j'imagine). Et de ce fait, si elle est possible, je préfère l'idée du tender low cost, sorte de package de mission additionnel offrant ponctuellement cette capacité manquante à des frégates arrivant sur une zone d'intervention et répartissant donc la puissance de feu sur un plus grand nombre de vecteurs. Le point n'est pas tellement de coupler la frégate à un tel "tender AVT", mais d'en faire une batterie flottante oeuvrant grâce aux systèmes d'une flotte sur zone; la question de la mobilité peut dépendre de plusieurs formules. Maintenant, s'il s'agit de faire une batterie AA flottante pouvant accompagner des flottes (là, une frégate ne peut pas avoir une remorque à demeure; questions de bruit, d'usage du sonar, de maniabilité, de sécurité par grosse mer....), je ne crois pas que le concept en vaille la peine. Parce qu'il faut quand même se poser la question, et se la reposer à l'aune des besoins potentiels: à quoi sert réellement un frappeur et dans quelles circonstances est-il utile? Vraissemblablement dans un nombre terriblement limité de circonstances. Et il n'offre qu'une capacité unique en fait. Le coût de celle-ci doit donc être peu sensible, non seulement celui du bâtiment, mais celui des missiles, et il n'est pas dit que le missile de croisière low cost soit à portée de main. Les USA eux-mêmes sont revenus des bordées massives de missiles saucées facilement et au rapport coût (financier)-efficacité (militaire) peu évident. C'est vrai qu'en fait, pour l'action terrestre, si je ne suis pas hostile au missile de croisière (toujours nécessaire pour certaines cibles), je reste plus dans l'optique du canon (avec aussi des obus guidé) dont le rapport coût-efficacité me semble à terme plus intéressant en matière d'usage: il semble qu'il faudra pouvoir disposer d'une capacité de saturation toujours croissante, ce pourquoi des obus, aux capacités de plus en plus poussées en matière de ciblage, semblent un compromis économique nettement plus pertinent que le missile, à mesure que les quantités nécessaires augmentent. Et pour l'instant, la capacité des canons et obus à devenir plus précis et à porter plus loin me semble infiniment plus grande que la capacité des missiles à devenir moins hors de prix. Bref, on est dans la recherche de ce qui fera la batterie, ou la canonnière, de demain. Et pour ce faire, je crois plus à une dominante canon (à obus con et intelligents) avec une composante missile qu'une dominante absolue de missile en quantités industrielles (au besoin, je crois aussi à un complément, pour les missiles, offert par une arme AdA low cost qu'on évoque à l'occasion, à savoir des avions civils avec des barillets de lancement en soute; ça va bien avec le reste).
  18. Taillebourg en 1242 aussi: fin de la 1ère Guerre de Cent Ans, et par une belle charge de cavalerie en plus.
  19. Mais oui bien sûr; l'ex patron d'un détachement de Special Forces et grand patron du 75th Ranger est un pur "produit médiatique" qui ne sait pas comment mener cette guerre. Faut arrêter 2 minutes avec les facilités pontifiantes.
  20. Castillon n'a rien de "spécial"; c'est une victoire finale et décisive, point. Il y en a d'autres. On peut la voire comme "belle" au sens où elle achève une guerre, mais c'est tout. Au sens "esthétique", ou de la "beauté" tactique (pas d'autres mots, désolé ils sont impropres), le déroulement de la bataille n'a rien de grandiose ou d'héroïque. Sans doute parce que tu ne connais pas le sujet; et si le drapeau de ton avatar est kasher, y'a des chances que je connaisse l'explication ;).
  21. Je me permets d'être férocement dubitatif sur une telle évaluation (on n'a même pas le prix des missiles et silos là-dedans), surtout vu le dérapage habituel des programmes d'armement (légitime et illégitime), mais plus encore en raison de la non prise en compte de l'ensemble des menaces auxquelles doit faire face un bâtiment en zone hostile, sans même compter celles durant son acheminement sur zone (si on amène une telle puissance de feu, c'est qu'on est dans une affaire sérieuse, donc contre un adversaire qui peut faire chier loin de ses bases). Et si c'est juste pour dire qu'on produit un machin comme ça, mais qu'il ne peut que s'insérer dans une force classique ayant tous les capteurs et capacités contre tous types de menaces, c'est juste un concept un poil hypocrite. Une capacité ajoutée certes fondamentalement intéressante pour la puissance, mais à ce compte, c'est beaucoup d'oeufs dans un seul panier. De ce fait, je préfère une dizaine de "tenders" tels que les décrit gally, de plus petite capacité, mais plus "maniables", sans doute plus discrets, et répartissant plus une puissance de feu équivalente ou un peu inférieure. Une "batterie-remorque" semi-immergeable d'une vingtaine à une trentaine de cellules (ou plus ou moins, j'en sais rien), et intégrée au réseau d'une task force, serait un moyen low tech/low cost plus pertinent.
  22. La jeunesse quasi exclusivement urbaine et occidentalisée dans le mode de vie n'est plus une jeunesse de kibboutzim vivant à la dure et/ou ultra-motivés par l'ère des "temps héroïques" d'Israël. L'armée libanaise devait aussi essayer de limiter les dégâts sur les civils et les infrastructures; dans l'absolu, ils y sont quand même allé "mollo" par rapport à ce qu'ils pouvaient faire en termes de puissance de feu. Là on parle d'un Etat qui ne peut pas se permettre, dans une configuration de guerre au milieu de sa propre population, d'y aller comme en 14. Et il doit le faire sans le matos moderne qui permet de tirer plus précisément, de mieux discriminer les cibles.... Les pertes sont inévitables dans une telle configuration. Pour ce qui est des 3000h, c'est l'effectif du Hezbollah qui serait passé par des camps d'entraînement iraniens, tous degrés confondus (de la simple formation de sergent à l'opérateur "spécial"), depuis 15 ans. Et le tout pour arriver à une force combattante "d'active" d'un millier d'hommes. C'est bon, les Libanais ont mieux et plus rien qu'avec leurs 3 rgts FS. Et la force de milice du hezbollah, estimée autour de 8 à 9000h, est gérable aussi; bonne formation de base ou pas, faut pas non plus les faire passer pour des militaires d'actives. Peut-elle faire du dégât? Oui, parce qu'on parle d'une force implantée er répartie déjà sur le terrain. Fait-elle le poids contre l'armée libanaise? Non.
  23. Talinn, c'est Reval à l'époque, la clé du Golfe de Botnie avec Riga (pour peu qu'on ait aussi une flotte évidemment). Sans doute y avait-il des dépôts, mais à cet endroit, c'est pour l'armée de MacDonald, soit un corps de maxi 50 000h à ses débuts, nettement moins peu après. Qui plus est, dans la tradition napoléonienne, c'est du ravitaillement taillé pour 40 jours, maxi 2 mois; après, l'armée est censée vivre sur le terrain. Et les Pays Baltes, c'est peu peuplé, ça n'a pas de grosses réserves donc, et c'est très sauvage à l'époque (peu de routes, peu de villes). Pour le ravitaillement de toute l'armée, on parle de quelque chose d'une toute autre ampleur. Mais quitte à rétrograder à la hauteur des Pays Baltes, autant revenir en Pologne, où sont les grandes bases logistiques, magasins et dépôts: c'est pas vraiment plus loin, et le réseau routier est infiniment plus dense. Le vrai problème est que fondamentalement, une fois la terre brûlée déclenchée, aucune armée ne peut vivre en Russie (faut voir aussi les pertes russes: monstrueuses), et qu'entre Moscou et le Niémen, on a surtout des marais, peu ou pas de routes (et des mauvaises) et des plaines vides. Un glacis de plus de 1500km où si on veut opérer, il faut emmener son manger ;), avoir des médecins et des médocs, et un putain de train pour assurer les flux. Et même si on a ça, ça veut dire qu'on n'opère plus très vite. Si koutouzov n'avait pas réussi, on ne sait trop comment, à faire accepter sa volonté par un tsar qui voulait en finir vite, la bataille décisive aurait eu lieu bien avant Borodino, peut-être même avant Smolensk. Napoléon aurait-il peu en finir là? Sans doute vu que même à Borodino, c'est la volonté de koutouzov de retraiter aussitôt que possible (et donc de ne rien tenter pendant la bataille) qui a permis aux Russes de garder une armée encore organisée. Du coup, une bataille décisive avant Smolensk permettait de retraiter avant le dur de l'hiver et d'éviter d'avoir à se taper St Petersbourg, faisant retraiter aussi MacDonald.
  24. Pas enjeu économique majeur, mais un vrai enjeu de sécurité; la région est explosive, et tout conflit qui dégénère là-bas est promis à faire tache d'huile. Faudra un jour arriver à faire comprendre qu'on est co-garants (via le CS) d'un certain ordre international qui nous est plutôt fondamentalement favorable (moins qu'avant, certes, mais toujours pas mal) et qu'on a donc intérêt à ce que cet ordre soit préservé autant que possible. Dans cet ordre des relations internationales, les leviers dont nous disposons, et la participation que nous prenons nous ouvre plus de portes (donc plus de marchés) et nous rend plus écoutés que ce que notre taille et notre puissance effectives pourraient nous permettre seules. La contrainte corrollaire, c'est une implication supérieure au niveau du globe, précisément pour garder autant que faire se peut le monde ordonné comme il l'est. Sinon, les grandes zones se réorganiseront plsu en fonction des intérêts de ceux qui voudront et pourront y peser. Et dans cet ordre là, on aura macache. Avec surtout le déplaisant effet kiss-cool; quand un ordre international change, c'est rarement dans la douceur; les guerres qui voient un tel changement sont les pires de toutes (guerres du Péloponèse, Guerre de Cent Ans, Guerre de Trente Ans, Guerres de la Révolution et de l'Empire, Guerres Mondiales) parce que ce sont les fondamentaux mêmes des relations internationales qui s'y voient bouleversés. Ces fondamentaux dépendent des rapports de force existants, mais ceux-ci sont toujours en tension; ce qui menace vraiment, ce sont une "ambiance" des rapports entre Etats et autres acteurs, et des éléments déclencheurs, eux très locaux. Ces déclencheurs sont des zones déstabilisées et/ou en crise, où se cristallisent, directement ou indirectement, les intérêts et visées de plusieurs Etats et alliances plus ou moins antagonistes.
  25. Les Pays baltes ne pouvaient pas soutenir le cinquième de l'armée; et l'hiver y est pire, balayé par les vents de la Baltique: l'armée de MacDonald ne pouvait déjà pas vivre sur le terrain et y crevait à grande vitesse à cause du typhus.
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