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Tout ce qui a été posté par Tancrède
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Histoire longue des forces et opérations spéciales
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Tancrède dans Histoire militaire
Oui et non, mais les armées du temps jadis, même les plus organisées, étaient plus souples. Dans ton exemple, ce qui permet de monter cette opération, c'est qu'on est à petite échelle: Drake connaît ses hommes, sait lesquels sont bons et peuvent tenter le coup avec une chance raisonnable. A plus grande échelle, dédier des unités uniquement à ça n'est pas la seule solution: comme je le mentionne (c'est mon postulat, je ne suis pas neutre), "connaître" ses hommes pour un officier général commandant une large force implique de connaître ses unités, non les individus, bien trop nombreux. Du coup, la question est d'avoir des unités d'élite, de spécialités diverses, mais dont on sait que leurs hommes sont aptes aux coups de mains et à certaines tâches. Attention, mon but n'est pas de dire qu'il faut fair edisparaître toutes les unités dites spéciales, mais de les limiter au maximum: en l'occurrence, un Service Action un peu enrichi et le GIGN pour les prises d'otages. Car si on a une bonne définition de l'action "spéciale", on se rend compte que ce genre de missions n'est pas non plus, hors du business lié au renseignement, le gros du cahier des charges des FS militaires qui, en revanche, mobilisent proportionnellement beaucoup de moyens, d'attention et de querelles de chapelles en cherchant en plus à grossir toujours plus. Un réservoir, du coup plus large (question de gestion et de disponibilité des troupes) d'un certain nombre d'unités d'élite offrirait une meilleure marge de manoeuvre au commandement pour l'action irrégulière, une mesure d'action clandestine et l'action commando, sans pour autant qu'il soit incongru pour ces unités de servir dans l'orbat normale pour une part de leur effectif. Il y aurait d'ailleurs notablement moins de querelles de chapelles internes et d'engueulades pour les missions et les budgets. Quelques exemples dans des armées organisées: - l'armée romaine classique avait dans chaque légion: des speculatores (légionnaires dédiés à la reco avancée, cavalerie et infanterie légère et au renseignement, mais aussi à la guérilla et à la guerre d'embuscades) et les evocati (soldats vétérans resignant un contrat et obtenant un statut spécial, plus généralement le placement dans la première cohorte, celle d'élite et de réserve, plus grosse) - l'armée louis-quatorzienne et celle du XVIIIème siècle a de sous-unités autonomes ou des sous-unités de chaque spécialité, toutes ayant une tâche principale, mais servant de réservoir permanent pour des tâches hors cadre: Ce sont les compagnies franches (groupes de volontaires experts d'un milieu, souvent levés localement parmi des gens qui se connaissent: volontaires, miquelets et francs tireurs sont leurs noms les plus courants, et ils forment l'infanterie légère avancée ou des groupements autonomes opérant derrière les lignes ennemies), les mineurs (élite des sapeurs du génie: ce sont eux qui mènent les assauts souterrains dans un siège, participent aux assauts au grand jour dans les premières vagues, se joignent à des groupes de reco agressive pour saisir des ponts et/ou en construire rapidement des improvisés, souvent sous le feu....), la cavalerie légère (étrangère et française: hussards, estradiots, croates....), des compagnies spéciales dans tous les régiments d'élite et la plupart de ceux de ligne (compagnie colonelle, faite des meilleurs, compagnies de grenadiers, compagnie de mousquetaires....) et surtout les dragons, qui ne sont pas que de l'infanterie montée mais bien la variable d'ajustement des tâches, ceux qui remplissent tout ce qui est entre les cahiers des charges des autres unités (ils sont fantassins légers, cavaliers légers, hommes des coups de main et commandos, acteurs de la "petite guerre", mais ils sont aussi sapeurs avancés, peuvent faire des ponts improvisés, ils sont l'élite de la tranchée lors d'un siège, menant l'assaut avec les mousquetaires....). Bref, il a toujours fallu des hommes pour les missions commandos, les missions hors cadre/irrégulières, le renseignement opérationnel, la reconnaissance avancée, les coups de main et saisie d'objectifs, le sabotage, la guerre non conventionnelle, les opératons derrière lmes lignes ennemies. Mais elles devraient faire partie, via une grosse brigade pool d'infanterie d'élite (chargée de la gestion des formations, spécialisations et niveaux d'entraînement), du réservoir normal des forces dans lequel on puise pour toute projection, pas être conçues à part. Elles fourniraient des spécialistes et de l'élite: - spécialistes cadres en certains milieux et conditions d'engagement pour épauler/encadrer des unités régulières (jungle, urbain, contre-insurrection....) - spécialistes techniques: FAC, coordination des feux, observation avancée d'artillerie, unités commandos/reco du génie, fantassins opérateurs avancés ROEM, renseignement opérationnel... - infanterie légère d'élite et commandos, déployée par sections, compagnies ou bataillons comme renfort, réserve et/ou appui/encadrement des forces d'un GTIA, d'une division.... Moi ça me semble plus sain que de sectionner les forces dans trop de chapelles spéciales, ce qui crée à terme des divisions qui ne font que se renforcer, à mesure que l'arme entre dans les mentalités. Perte de souplesse inutile, éparpillement des moyens, rigidités et redondances dans les atributions théoriques, guéguerres de chapelles accrues pour les missions et les budgets/moyens.... C'est encore plus ridicule dans une armée réduite. -
Pour de multiples raisons, certaines politiques, mais la plupart culturelles: - l'Histoire comme science n'existe pas: on est dans le temps du récit (chacun le sien), de l'exaltation.... L'Histoire telle que nous la concevons paraîtrait une absurdité aux esprits de l'époque, ou en tout cas totalement étrangère à la transmission traditionnelle, surtout orale, où ce qu'on recherche est autre chose et n'est pas fondamentalement moins absurde; une leçon, une édification, une glorification.... Tu retrouverais les mêmes différences de mentalités entre les civilisations de l'écrit et celles de l'oral. Les premières, par exemple, savent la relativité du sens des mots et considèrent que pour ce qui ne concerne pas l'utilitaire (comptabilité, administration.... Choses pour lesquelles les Gaulois utilisaient le grec), l'histoire, la mémoire, le récit.... Se transmettent de façon vivante. Le récit médiéval, la chronique, est une héritière directe de cette tradition orale germanique et celte, mais utilisée par des sociétés plus organisées. - l'utilisation purement politique/intentionnelle, déformation du principe précédent: les rédacteurs sont rares et les récits sont donc émis, directement ou indirectement, par quelques acteurs intéressés: roi, grands féodaux, Eglise, ordre religieux.... - société aristocratique: la plupart des chroniques et récits sont faits pour un public particulier, les aristos, et/ou sur commande (de la noblesse, du clergé lui-même , les arbalétriers, les coutiliers, les sergents d'armes, les vougiers, les guisarmiers et la piétaille ne "comptent" absolument pas, sauf parfois sous certaines conditions (les "milices communales à Bouvines, utilisées par Philippe Auguste dans le récit pour créer un élan patriotique; mais leur mention reste limitée). On ne les mentionne que si on perd, généralement en disant que c'est leur faute, qu'ils se sont barrés, qu'ils ont paniqué.... Pour Azincourt, les arbalétriers gênois en ont pris plein la gueule dans les chroniques. - l'opportunisme, comme déformation du principe précédent: on s'adapte suivant le résulte. En l'occurrence, loin du mythe de la "Band of Brothers", créé par Shakespeare, les Anglais après Azincourt ont passé sous silence les archers et coutiliers pour ne mentionner que les chevaliers et hommes d'armes, très peu nombreux dans la bataille (les rois anglais avaient pris l'habitude de ne pas emmener beaucoup d'aristos pour éviter les indisciplines si fatales aux Français). Si bien que pour beaucoup d'Anglais encore, et certainement avant Shakespeare on ne retient que le nombre de chevaliers pour l'effectif anglais, chiffre qu'on voit encore mentionné à l'occasion, et qui donnerait autour d'un millier d'hommes aux Anglais. parfois même, on ne compte que la haute aristocratie, à cheval, soit moins de 300h, pour voir débiter des conneries de chansons de gestes où 250 rosbifs auraient vaincu 30 000h, voire 60 000.
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Ordres de batailles: Valmy et Fleurus (1794)
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Suchet dans Histoire militaire
Bien sûr, tu crois qu'on a envoyé des masses populaires de volontaires bordéliques? Bon, je vais compulser mes archives et je vais voir ce que j'ai: si je n'ai pas d'orbat précis, je te détaillerais la structure de l'armée rébvolutionnaire, soit le moment où on a fusionné les vieux régiments pros avec les bataillons de volontaires dans les "demi-brigades" ("régiment" faisant trop monarchique) à 3 bataillons, pour juxtaposer les anciens et les bleus. -
Histoire longue des forces et opérations spéciales
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Tancrède dans Histoire militaire
Initialement, j'essayais d'appuyer le sujet sur l'AVANT 39-45, pour mieux comprendre ce que je pense être l'obsession trop absolue de la conception des unités spéciales actuelles, obsession qui créera à mon avis une impasse. -
Une grosse merde, c'est toujours mieux qu'une petite crotte (attention, c'est la réflexion de l'année pour les perles du forum :lol:!), donc non! Lo toutirikiki contre maousse costo!
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Peuh! La BIM est certes faites de bons, mais elle est toute riquiqui à côté de la grosse buite parachutiste et de ses 8000h+! Comme tout mec le sait dès la naissance, plus c'est gros, plus c'est beau! Ceci dit, les Alpins ont le Génépy.
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Je sais!!!! J'ai la réponse qui mettra tout le monde d'accord, ou à peu près! La meilleure unité, et qui fait tout en plus, c'est............................................. C'est............................................ La onzième brigade parachutiste! C'est une unité polyvalente, certes une grande unité (mais une unité quand même), qui sait faire à peu près toutes les spécialités, ou en tout cas un max, et elle est composée de soldats au top! Qui dit mieux :lol:! Enfin, c'est le meilleure, mais après l'EMA bien sûr. Cui-là, il est imbattable (voir plus haut): sur carte, simulation et PowerPoint, comme y vous met leur mère à n'importe qui!
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[Afghanistan]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de g4lly dans Politique etrangère / Relations internationales
J'étais tombé là-dessus sur le blog d'un journaliste US en Afghanistan (Michael Yon.... Pas Youn). ca fait pas plaisir: -
La position de Napoléon, dans un tel contexte, était plus que tenable: - il avait la force armée - dans le contexte susmentionné, il aurait la légitimité de la victoire, et plus encore ce que la victoire et plus encore quelques mois d'entraînement et d'organisation permettent à l'armée: cohésion et motivation retrouvées - le soutien des républicains et jacobins, surtout après la constitution de Benjamin Constant - pas vraiment d'alternative en face de lui; et c'est peut-être ça le facteur le plus déterminant. En mars 1815, les Bourbons se sont plus que décrédibilisés, malgré toute l'intelligence et la bonne volonté de Louis XVIII qui se traîne un boulet monumental avec les anciens émigrés et son frère, soit le clan des ultras Evidemment, l'inconnue, la vraie, est dans le temps: si le conflit continue, la lassitude des Français, et surtout des élites, anciennes et plus encore nouvelles, peut se faire sentir à nouveau. Mais notez bien que la Restauration n'a pas fait beaucoup d'heureux, et les soulèvements royalistes des Cent jours (essentiellement Bordeaux et la Vendée) sont circonscrits à des aires, et surtout à des milieux socio-économiques et culturels particuliers, avec un très faible élan populaire. Mais le fait est qu'il n'y a pas d'alternative réelle, et que les républicains, libéraux et jacobins hardcore savent que leurs idées ne peuvent arriver au pouvoir sans provoquer la même opposition idéologique et les mêmes craintes que Napoléon. Comme le dit Fouché, les non monarchistes rassemblent beaucoup de monde, "des conventionnels repentis aux déçus de l'Empire"; s'y ajoutent les Bonapartistes, très nombreux et d'autant plus forts que Napoléon est alors le seul personnage réellement "médiatique" à l'échelle du pays, et qu'en quelques mois, les anciennes élites de retour au pays se sont signalées par leur rapacité et leur revanchisme dans les campagnes. Pour le côté "soutien rural" à la monarchie traditionnelle, on oublie que le principal grief qui a fait des paysans les soutiens de la monarchie est la religion, et que Napoléon est précisément celui qui leur a enlevé le gros de ce soutien via le Concordat et la fin de l'anticléricalisme. Les seules zones de campagnes restées résolument antibonapartistes aussi bien qu'antirépublicaines sont peu nombreuses et correspondent aux zones de rejet du Concordat (la Vendée est la seule où ce soit significatif), via les congrégations de prêtres réfractaires, de force forcée schismatiques, rassemblées dans ce qu'on a appelé "la Petite Eglise" et autres mouvances assimilées.
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En même temps, ces trucs là portent moins loin que les canons et munitions modernes et la puissance de destruction n'offre plus d'avantage notable): membre impressionnant mais performances minables. Du Rocco Siffredi en pré-retraite :lol:. C'est juste pour se donner des frissons en touchant l'affût :lol:. M'enfin, vous devriez savoir que la meilleure unité française, c'est l'EMA; la preuve, tous les avantages qu'on leur donne et les compliments qu'ils se font. Ils doivent bien le mériter! Et eux sont aptes à traiter absolument toutes les missions dans tous les domaines: infanterie, cavalerie, génie, soutien, appui, aviation légère, aviation d'assaut, chasse, aviation stratégique, marine de surface, sous-marinade, satellites, planification, discussion budgétaire, chasse, pêche, nature, tradition, musique, stratégie, stratégie de salon, sexe des anges, tactique, tactique théorique -surtout-, enfilage de perles, rognage de chandelles, dîner aux chandelles, avancement, carriérisme, léchage de culs, servilité, absence d'initiatives, couille-mollisme, guerre urbaine, guerre symétrique, contre-insurrection, guerre aérienne, guerre de chapelles.... Et tout ça, quelle que soit la météo, la visibilité ou la température, en n'importe quel point de la planète en moins de 24h.... Grâce aux locaux climatisés, aux voitures climatisées, aux avions climatisés, aux aides de camp acclimateurs.... L'intendance suit toujours avec ces unités d'élite. Les soldats universels, c'est bien les officiers généraux de l'EMA! Et on les critique, fous que nous sommes.
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Ben, en fait depuis 2001, il lui ont fait retrouver en volume et en valeur les plus hauts niveaux des années 80.
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Ben faut pas être borné: j'ai jamais dit que l'externalisation n'était que mauvaise. Faut pouvoir faire des analyses secteur par secteur :lol:. Mais y'a un problème avec ça: si les Chinois nous envahissent avec elles, je vous préviens, même si je suis encore patriote, je succombe aux clichés anglo-saxons et je me rends tout de suite (reddition avec conditions: qu'elles soient dans cet uniforme et que ce soit sous leur garde, sinon c'est jusqu'à la mort).
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Tiens, voilà enfin une première ouverture grand public pour le travail d'historiens révisant les adages depuis quelques années déjà. paru dans le NY Times. Historians Reassess Battle of Agincourt By JAMES GLANZ MAISONCELLE, France — The heavy clay-laced mud behind the cattle pen on Antoine Renault’s farm looks as treacherous as it must have been nearly 600 years ago, when King Henry V rode from a spot near here to lead a sodden and exhausted English Army against a French force that was said to outnumber his by as much as five to one. No one can ever take away the shocking victory by Henry and his “band of brothers,” as Shakespeare would famously call them, on St. Crispin’s Day, Oct. 25, 1415. They devastated a force of heavily armored French nobles who had gotten bogged down in the region’s sucking mud, riddled by thousands of arrows from English longbowmen and outmaneuvered by common soldiers with much lighter gear. It would become known as the Battle of Agincourt. But Agincourt’s status as perhaps the greatest victory against overwhelming odds in military history — and a keystone of the English self-image — has been called into doubt by a group of historians in Britain and France who have painstakingly combed an array of military and tax records from that time and now take a skeptical view of the figures handed down by medieval chroniclers. The historians have concluded that the English could not have been outnumbered by more than about two to one. And depending on how the math is carried out, Henry may well have faced something closer to an even fight, said Anne Curry, a professor at the University of Southampton who is leading the study. Those cold figures threaten an image of the battle that even professional researchers and academics have been reluctant to challenge in the face of Shakespearean verse and centuries of English pride, Ms. Curry said. “It’s just a myth, but it’s a myth that’s part of the British psyche,” Ms. Curry said. The work, which has received both glowing praise and sharp criticism from other historians in the United States and Europe, is the most striking of the revisionist accounts to emerge from a new science of military history. The new accounts tend to be not only more quantitative but also more attuned to political, cultural and technological factors, and focus more on the experience of the common soldier than on grand strategies and heroic deeds. The approach has drastically changed views on everything from Roman battles with Germanic tribes, to Napoleon’s disastrous occupation of Spain, to the Tet offensive in the Vietnam War. But the most telling gauge of the respect being given to the new historians and their penchant for tearing down established wisdom is that it has now become almost routine for American commanders to call on them for advice on strategy and tactics in Afghanistan, Iraq and other present-day conflicts. The most influential example is the “Counterinsurgency Field Manual” adopted in 2006 by the United States Army and Marines and smack in the middle of the debate over whether to increase troop levels in Afghanistan. Gen. David H. Petraeus, who oversees the wars in Iraq and Afghanistan as the head of the United States Central Command, drew on dozens of academic historians and other experts to create the manual. And he named Conrad Crane, director of the United States Army Military History Institute at the Army War College, as the lead writer. Drawing on dozens of historical conflicts, the manual’s prime conclusion is the assertion that insurgencies cannot be defeated without protecting and winning over the general population, regardless of how effective direct strikes on enemy fighters may be. Mr. Crane said that some of his own early historical research involved a comparison of strategic bombing campaigns with attacks on civilians by rampaging armies during the Hundred Years’ War, when England tried and ultimately failed to assert control over continental France. Agincourt was perhaps the most stirring victory the English would ever achieve on French soil during the conflict. The Hundred Years’ War never made it into the field manual — the name itself may have served as a deterrent — but after sounding numerous cautions on the vast differences in time, technology and political aims, historians working in the area say that there are some uncanny parallels with contemporary foreign conflicts. For one thing, by the time Henry landed near the mouth of the Seine on Aug. 14, 1415, and began a rather uninspiring siege of a town called Harfleur, France was on the verge of a civil war, with factions called the Burgundians and the Armagnacs at loggerheads. Henry would eventually forge an alliance with the Burgundians, who in today’s terms would become his “local security forces” in Normandy, and he cultivated the support of local merchants and clerics, all practices that would have been heartily endorsed by the counterinsurgency manual. “I’m not one who sees history repeating itself, but I think a lot of attitudes do,” said Kelly DeVries, a professor of history at Loyola College in Maryland who has written extensively on medieval warfare. Mr. DeVries said that fighters from across the region began filtering toward the Armagnac camp as soon as Henry became allied with their enemies. “Very much like Al Qaeda in Iraq, there were very diverse forces coming from very, very different places to fight,” Mr. DeVries said. But first Henry would have his chance at Agincourt. After taking Harfleur, he marched rapidly north and crossed the Somme River, his army depleted by dysentery and battle losses and growing hungry and fatigued. At the same time, the fractious French forces hastily gathered to meet him. It is here that historians themselves begin fighting, and several take exception to the new scholarship by Ms. Curry’s team. Based on chronicles that he considers to be broadly accurate, Clifford J. Rogers, a professor of history at the United States Military Academy at West Point, argues that Henry was in fact vastly outnumbered. For the English, there were about 1,000 so-called men-at-arms in heavy steel armor from head to toe and 5,000 lightly armored men with longbows. The French assembled roughly 10,000 men-at-arms, each with an attendant called a gros valet who could also fight, and around 4,000 men with crossbows and other fighters. Although Mr. Rogers writes in a recent paper that the French crossbowmen were “completely outclassed” by the English archers, who could send deadly volleys farther and more frequently, the grand totals would result in a ratio of four to one, close to the traditional figures. Mr. Rogers said in an interview that he regarded the archival records as too incomplete to substantially change those estimates. Still, several French historians said in interviews this month that they seriously doubted that France, riven by factional strife and drawing from a populace severely depleted by the plague, could have raised an army that large in so short a time. The French king, Charles VI, was also suffering from bouts of insanity. “It was not the complete French power at Agincourt,” said Bertrand Schnerb, a professor of medieval history at the University of Lille, who estimated that there were 12,000 to 15,000 French soldiers. Ms. Curry, the Southampton historian, said she was comfortable with something close to that lower figure, based on her reading of historical archives, including military pay records, muster rolls, ships’ logs, published rosters of the wounded and dead, wartime tax levies and other surviving documents. On the English side, Ms. Curry calculates that Henry probably had at least 8,680 soldiers with him on his march to Agincourt. She names thousands of the likely troopers, from Adam Adrya, a man-at-arms, to Philip Zevan, an archer. And an extraordinary online database listing around a quarter-million names of men who served in the Hundred Years’ War, compiled by Ms. Curry and her collaborators at the universities in Southampton and Reading, shows that whatever the numbers, Henry’s army really was a band of brothers: many of the soldiers were veterans who had served on multiple campaigns together. “You see tremendous continuity with people who knew and trusted each other,” Ms. Curry said. That trust must have come in handy after Henry, through a series of brilliant tactical moves, provoked the French cavalry — mounted men-at-arms — into charging the masses of longbowmen positioned on the English flanks in a relatively narrow field between two sets of woods that still exist not far from Mr. Renault’s farm in Maisoncelle. The series of events that followed as the French men-at-arms slogged through the muddy, tilled fields behind the cavalry were quick and murderous. Volley after volley of English arrow fire maddened the horses, killed many of the riders and forced the advancing men-at-arms into a mass so dense that many of them could not even lift their arms. When the heavily armored French men-at-arms fell wounded, many could not get up and simply drowned in the mud as other men stumbled over them. And as order on the French lines broke down completely and panic set in, the much nimbler archers ran forward, killing thousands by stabbing them in the neck, eyes, armpits and groin through gaps in the armor, or simply ganged up and bludgeoned the Frenchmen to death. “The situation was beyond grisly; it was horrific in the extreme,” Mr. Rogers wrote in his paper. King Henry V had emerged victorious, and as some historians see it, the English crown then mounted a public relations effort to magnify the victory by exaggerating the disparity in numbers. Whatever the magnitude of the victory, it would not last. The French populace gradually soured on the English occupation as the fighting continued and the civil war remained unresolved in the decades after Henry’s death in 1422, Mr. Schnerb said. “They came into France saying, ‘You Frenchmen have civil war, and now our king is coming to give you peace,’ ” Mr. Schnerb said. “It was a failure.” Unwilling to blame a failed counterinsurgency strategy, Shakespeare pinned the loss on poor Henry VI: “Whose state so many had the managing, That they lost France and made his England bleed.”
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Quel pourcentage de cette masse de ch'tites minettes sont des vrais soldats :lol:? Ceci dit, j'ai absolument rien contre cette variété de contractors là.
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La politique étrangère et de défense selon Sarkozy
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
2 choses: - J. Marseille est quand même un économétricien et le seul vrai exégète de l'analyse historique et dynamique de la dépense publique. Ce qu'il propose après l'analyse est souvent même, plus que de l'idéologie, à la limite de l'autisme en matière de d'analyse économique. Mais l'analyse demeure et il ne faut pas la mésestimer. Ceci dit, la Cour des Comptes, à mots couverts et en formules byzantines, ne dit pas autre chose dans les ordres de grandeur. Et j'ai d'office réduit, par anticipation, une portion "idéologique" de ses chiffres. - la RGPP ne correspond pas à une analyse rationnelle ou objective: c'est un choix politique. Ses dix milliards ne visent qu'aux économies politiquement pas trop dommageables pour une réélection. En aucun cas elles ne correspondent à une vision, même à moyen terme, de la réforme de l'Etat (j'ai un copain énarque, jadis à la réforme de l'Etat -rattaché au PM- et maintenant conseiller à l'Elysée, qui a suffisamment vomi sur le dossier pour garder la cicatrice de ce constat). -
Commando Marine et fusilier commando.
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Europe
Non, je parlais dans le cadre de mon hypothèse: quand je dis un autre univers, je parle des commandos en tant qu'affectation, ma projection de brigade ne prenant donc en compte que les unités de fusiliers marins (avec leur pourcentage de codos affectés). Je ne parle que des unités, donc des permanences: quand je dis "un autre univers", je défalque donc d'office des comptes de l'organigramme les 500-550 commandos marine affectés aux unités éponymes en permanence, l'univers en question étant le COS et ses missions. Même si des membres de ces codos viennent à l'occasion pour une affectation en unités fus ou une mission particulière, je ne les prends pas en compte parce qu'ils sont "à part". Pour un organigramme d'une unité organique permanente, je vais pas m'amuser à faire le compte de l'ensemble des qualifiés commandos qui ne forment pas une unité particulière. -
La politique étrangère et de défense selon Sarkozy
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
Jacques Marseille estimait, en se fondant sur l'historique des rapports annuels de la Cour des Comptes, que 20 à 25% de la dépense publique (pas seulement le budget de l'Etat) étaient entièrement imputables aux redondances, doublons, structures non réformées, sureffectifs inutiles, mais aussi dépenses conjoncturelles accrues du fait de manque d'effectifs et de moyens à de nombreux endroits (et oui, quand un organisme doit faire avec des bouts de ficelle à l'année masi que sa mission DOIT être remplie, il faut bien solder en fin d'année, en faisant en catastrophe ce qu'on aurait pu et du lisser dans le temps).... Même en supposant qu'il exagère, on pourrait dire que 15% sont économisables, en prenant aussi une marge incompressible de mauvaises dépenses (parce que l'homme est imparfait), et de surdépenses "politiques" (faut pas se faire d'illusions; aucun système ne peut fonctionner sans ça, ou nous serions des machines); mettons 8-10% pour l'ensemble de ces dépenses "intouchables". Dans ces 15% économisables, même 10% de la dépese publique totale, on a plus que le déficit. -
Le périmètre britannique à 39-40 milliards de livres (43 milliards d'euros) est comparable au nôtre de 39-40 milliards d'euros. Les pensions y sont intégrées (pensions de guerre et invalidité + pensions proprement dites) et pèsent environs 7 milliards d'euros (6,2 milliards de livres la dernière fois que j'ai zieuté, mais il était en augmentation accélérée ces derniers temps vu les coupes d'effectifs et le turnover accéléré).
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La politique étrangère et de défense selon Sarkozy
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
C'est 44 milliards le service de la dette maintenant???? Si c'est confirmé, 44 milliards, c'est 25% du budget de l'Etat (15% il y a 2 ans): y'a t-il vraiment besoin d'expliquer l'impact sur la marge de manoeuvre? D'un autre côté, les Japonais arrivent à des choses assez impressionnantes question hardware (quantité et qualité) et effectifs avec un budget équivalent au nôtre et plus de 100% du PIB en dette. -
Je parlais des chiens des groupes cynophiles des Fusiliers évidemment; ils sont modestes aussi?
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Commando Marine et fusilier commando.
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Europe
Désolé, j'ai ajouté ma réflexion après la petite remarque. Mauvais timing. -
Commando Marine et fusilier commando.
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Europe
Les clébards sont pas immatriculés comme fuscos avec une telle proportion :lol:? Ceci dit, je m'intéresse pas aux polémiques comme celles dans lesquelles tu as été "agressé" sur ce même topic, sur ce point particulier. Je suis sur les unités opérationnelles. Par exemple, les fusiliers sont-ils entraînés à l'échelon compagnie, par exemple? Seraient-ils aptes immédiatement à être déployés en OPEX en tant que compagnie ou bataillon formée (j'imagine bien que de toute façon, ce sont de bons fantassins, et qu'il leur suffirait donc d'un temps d'adaptation et de formation si c'est pas le cas)? Bataillon, j'imagine pas, mais compagnie renforcée, peut-être? Au final, si leurs charges mobilisent tout l'effectif à l'année, il est en effet de peu d'intérêt de les intégrer à une brigade type RM. Du moins du point de vue de gestion globale des effectifs. Après, comme dit plus haut, les "fondre" (pas au sens du disparition du corps) dans un ensemble interarmée de gestion des forces d'infanterie, et notamment via la dite brigade, pourrait avoir des avantages d'une autre nature, que je mentionnais: motivation (tournées en OPEX, moindre permanence des devoirs de gardes que tu présentais comme peu motivants....), recrutement, variété des pôles d'expérience et meilleurs communication et partage des RETEX.... Mettons que les devoirs des fusiliers (les codos, en tant qu'unités, pas que qualification, sont dans un autre monde) nécessitent de faire tourner à plein régime environs 1500h à l'année (900h dans les 2 groupements, 600h dans les 7 Cies: moyenne à la louche). En tenant compte de ça, une brigade amphibie de 9000 gusses (sans compter ce qui va autour: gendarmerie maritime, pompiers, et surtoutles effectifs de base et formation qu'apparemment tu défalquais des totaux d'unités de fus proprement dites) répartissant les dites tâches sur les périodes d'entraînement et de repos (dans un cycle à 4 ou 6 mois) peut garder un volant de 7000h à l'aise (tu vois, je compte large) pour organiser un corps d'infanterie de marine plus qu'honorable. je rappelle, pour comparaison, que les Royal Marines, c'est 7200h tout compris à périmètre d'activités comparable (et même non, puisque ce total intègre les effectifs de base et surtout les SBS et leur encadrement, alors que moi je défalque les Commandos Marine). Chez eux, l'infanterie proprement dite, à savoir les 3 "commandos", c'est moins de 1900h (l'effectif théorique de chaque bataillon/commando est de 692h, et il n'est jamais atteint évidemment). Et le total de la 3 Commando brigade au total (qui est l'exemple pour la brigade amphibie intégrée et complète que tu appelles de tes voeux) ne doit pas dépasser les 4500h. Mettons 5000 (sans doute exagéré) avec la structure de commandement mobile et des compléments (SBS, logistique et autres). Et ce sachant qu'elle intègre dans ses effectifs, en plus, des éléments de l'Army (Génie, artillerie et infanterie). Bref, on peut faire, même s'il est vrai que l'avantage n'est pas directement comptable. Mais tu crois pas que ça aurait un effet positif sur le corps des fusiliers et sur l'infanterie (motivation, recrutement, RETEX....) d'être intégrés à un pool natioonal des forces dispo pour OPEX. On n'a peut-être plus des forces d'une taille suffisante pour justifier des attributions permanentes dans des corps aussi spécialisé. Dans ce cadre, l'expertise propre du corps, ce serait plus la formation et la fourniture de cadres fuscos pour les missions de protection/sécurité, enf aisant tourner un volant de fantassins de marine et de fusiliers organisés dans une grosse brigade "expéditionnaire". Un pool à la fois pour la projection, les DOM-TOM et la protection en métropole, mais avec un réservoir centralisé assez large. -
Fusilier pourrait vous dire qui c'est les meilleurs, les universels, les macho men absolus :lol:.
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Justement, en fait je n'en suis plus si sûr qu'avant, d'où ma position très ambigue (je suis désolé si je n'ai pas pu donner une impression nette, d'où ta réponse; je ne critiquais nullement ta position): j'essaie de me documenter sur la période 1814-1816, surtout en termes de données chiffrées, et je n'arrive pour l'instant pas à adopter un avis tranché. Si l'on s'en tient aux données fondamentales globales (effectifs et tout le reste) et aux opinions des dirigeants européens pendant les Cent Jours, Napoléon est condamné, Waterloo ou pas, la volonté commune des monarchies est suffisamment claire. Ca c'est l'analyse traditionnelle. Maintenant, si on analyse en dynamique, en essayant d'affiner les connaissances et données chiffrables (qui donnent les rapports de force à des instants données, les estimations prévisionnelles....), on peut en fait faire des projections raisonnables de solutions alternatives. Il est clair que des projections de stabilisation de l'Empire sont plus favorables à partir des choix faits entre 1805 et 1807-1808. Mais je me suis rendu compte récemment que prévoir un Empire installé après 1815 reste de l'ordre du raisonnable sous certaines conditions. Evidemment, par exemple, l'Angleterre est un écueil quasi-absolu à priori. mais il faut aussi connaître l'évolution économique, surtout en dynamique: on peut par exemple se rendre compte de la grave crise économique et boursière (mais aussi sociale) anglaise en 1814-1815. Et le comportement de la Bourse anglaise juste avant et au lendemain de Waterloo, surtout quand la nouvelle d'une défaite a commencé à circuler (quand les Rothschild ont fait le gros de leur fortune en fait) indique que s'il y avait eu défaite ou rembarquement, l'attitude de l'Angleterre aurait pu en être grandement affectée. Peut-être même un Napoléon assagi aurait pu obtenir d'eux un minimum d'écoute attentive à ce moment précis, et ce d'autant plus que l'Angleterre avait vu l'attitude menaçante de la Russie et ses prétentions (et capacités) àl'hégémonie européenne, ainsi que l'agressivité prussienne. Et faire bouger, même un peu, les Anglais, c'est le moyen, quasiment le seul, de toucher Metternich. Bref, c'est pas si évident que je le pensais jusqu'il y a peu de temps.
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Justement, la tradition et le droit divin sont ce qui a permis aux puissances de se recoaliser si vite en 1815: la realpolitik n'est pas la seule donnée. On en oublie que ce que Napoléon portait et représentait pour les populations, parfois malgré lui, c'était le principe des nationalités, le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, le "droit des gens".... Et c'est pourquoi sa mémoire est même plus positive (sauf en Angleterre) en Europe aujourd'hui qu'elle n'est négative (ce qui est négatif, c'est l'occupation, les ponctions économiques, la mobilisation des hommes pour l'armée.... Soient des effets plus puissants à court terme, mais moins à moyen et long terme). Et l'Italie et les populations allemandes ont été vraiment mécontentes du congrès de Vienne, sans compter le Pologne et quelques autres, le découpage selon les négociations intéressées des puissances ayant peu plu. Même pour la Russie, il y a l'évolution personnelle d'Alexandre Ier, au départ de tendance naturelle libérale, qui s'oriente vers un conservatisme radical, surtout une fois ses sympathies pour Napoléon envolées. metternich et Alexandre sont vraiment idéologiques sur ce point. La Prusse ne compte pas en elle-même. Et l'Angleterre ne veut pas voir la France près d'Anvers. J'ai du mal à imaginer comment, face à une telle unicité de vues, Napoléon aurait pu faire définitivement croire qu'il était assagi et la France trop exsangue pour menacer qui que ce soit. Surtout avec un tel différentiel de rapports de force qui rendait les alliés peu prêts au compromis. Jamais durablement, surtout avec Metternich aux commandes.