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Tancrède

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Tout ce qui a été posté par Tancrède

  1. Tancrède

    VBCI

    Max, espèce de cochon.... Mais à ce moment, les mecs du 35ème RI, c'est quoi? Des précoces ;)?
  2. Tancrède

    VBCI

    Oh, je sais pas: un ou deux pelotons se farcissant en mouvement une grosse colonne de technicals au Tchad, avec à côté un bon photographe captant le moment "chevauchée fantastique" comme un moment kodak, ça ferait quand même son petit effet médiatique et psychologique qui a sa part même dans la pensée des décideurs (côté inconscient): ça donne image et consistance, ça place un truc plus spontanément dans la tête de liste des références connues qui vous viennent inconsciemment. L'être humain, fut-il de la sous-espèce politique ou général, n'est jamais totalement rationnel. Aprsè tout, le LAV des Marines, spontanément, ne vient à l'esprit que dans sa version Falloujah, avec tout l'accastillage anti-IED et son grillage anti-RPG tout partout. Qui arrive, spontanément, dans le quart de seconde qui suit l'évocation du nom, à le voir autrement? Au jour d'aujourd'hui, quand quelqu'un évoque le VBCI (je parle pas des geeks du forum), et encore plus à l'étranger, qu'est-ce qui vient à l'esprit? Pas grand chose. Si on pouvait déjà lui trouver un nom, et pas cet acronyme insipide comme l'armée en trouve trop souvent (et quand elle se fend de nom, on écope d'horreurs minables et ridicules genre des SNA à noms de pierres pour vieilles rombières, de noms d'opérations que je préfère ne pas évoquer....); ça coûte pas cher, quand même. Je lance ici l'opération "trouvons un nom au VBCI"! 1ères propositions: - le 7 à 8 (évoquant de loin la portée maxi d'un Spike dont on espèrerait le voir installer sur le VBCI) - Totor (mon préféré, mais je comprendrais qu'il ne plaise pas ;)) - le De lattre ou le Roi jean (parce qu'il attaque en coordination avec le Leclerc :lol:) - un nom bien viril et sans grand rapport, à l'américaine: Guerrier, Spartiate, trucidator maximus, Marteau de Thor ou pacificateur.... Bref, y'a le choix - favoriser le terrain et la nature: le Fennec (trop pris), le Cougar, le sanglier, le ragondin, le rat des champs, le schtroumpf costaud - une qualité particulière du véhicule: le spacieux (pas terrible), le cracheur (en référence à sa cadence), l'Aware (en référence au C4ISR, mais ça fait trop vandamme :lol:)....
  3. Non, la Chine actuelle n'est plus un régime totalitaire, mais elle en garde beaucoup d'éléments, essentiellement des slogans, quelques méthodes et surtout beaucoup d'administrations qui servent surtout aujourd'hui de réseaux d'ententes. Le parti unique existe toujours, et son catéchisme aussi, mais ça n'a plus rien à voir. L'idéologie est aujourd'hui en grande partie remplacée par un nationalisme forcené, encouragé et stipendié par l'Etat, et favorisé par l'expansion économique, mais plus encore par l'homogénéité ethnique et culturelle qui ont pris la relève du modèle unique de l'homo communistus, ce qui permet, même si à une moindre échelle, de toujours garder un modèle unique absolument dominant, et donc des possibilités de "déviationismes" en tous genres, utilisés comme armes politiques. Le régime est une ploutocratie autoritaire et bureaucratique, aux mains d'une élite financière et étatique qui regroupe les mêmes familles de façon assez indifférenciée, ainsi que de vastes réseaux de clientèles qui, d'amont en aval et dans toutes les régions, maillent le pays via les structures du parti et de l'appareil d'Etat. On a gardé la structure, mais les acteurs ont changé (soit les personnes, soit leur motivation). Mais le fait reste qu'il s'agit d'un appareil d'Etat extrêmement corrompu et pléthorique, et qui le restera vraissemblablement, les effectifs constituant une bonne part de la clientèle des différents clans, donc un ressort de pouvoir. Mais le régime en soi n'est plus un totalitarisme, ni dans la nature, ni dans la pratique: ce n'est pas un Etat de droit, le pouvoir y est d'ordre ploutocratique/aristocratique/féodal, et il est clairement autoritaire. Est-ce une phase transitoire ou non? Si ça l'est, on pourrait dire au futur antérieur qu'il s'agit d'une dégénérescence de système qui peut atteindre son seuil de paralysie, et donner lieu alors à un coup de force. Sinon, ce régime peut très bien s'assainir graduellement et, sinon devenir une démocratie (pas vraiment dans l'idée ou la culture locale), au moins s'orienter vers un genre de république mandarinale (bref, un genre de république aristocratique), sans doute encore autoritaire (on ne gouverne pas ce genre de pays avec une démocratie) mais avec une règle de droit plus strictement observée, des clientèles plus encadrées permettant une rationalisation étatique, et donc un équilibre social plus affirmé. Ceci afin de tempérer les innombrables mouvements violents de paysans expropriés et d'ouvriers et mineurs surexploités, ainsi que les inévitables mouvements sociaux dus au vieillissement démographique qui va précipiter la première génération d'enfants uniques, celle qui part actuellement à la retraite et qui a fait le gros du développement, dans de grandes difficultés (parce que ces enfants uniques ont la charge de toute la famille au sens étendu, et n'ont pas la moindre assurance ou le début d'un système de retraite. L'idéologie nationaliste surtravaillée et balancée comme contre-feu quand le climat social est chaud ("regardez ces vilains Français ou ces méchants japonais, blablabla...."), ne suffira pas à compenser ça, d'autant plus que la corruption est un scandale permanent (on rappellera que Tien An men est une manifestation massive contre la corruption, et non une révolte démocratique, et que ce sujet reste tout aussi explosif 20 piges après) et que les problèmes écologiques en général empêcheront plus de la moitié des Chinois de profiter du développement.
  4. Et en France, on n'est pas passé loin d'être le premier régime totalitaire moderne avec la Convention et son idéologie, aussi fondée sur la table rase et un "homme nouveau". Le Comité de Salut Public et la conception de ce qui ressortait de l'Etat selon Robespierre, ça avait plus que des odeurs connues. Tué dans l'oeuf par les Thermidoriens, ce régime a quand même laissé un arrière-goût.
  5. De toute façon, au moment de la 1ère GM, cette catégorisation n'a plus lieu d'être. Mais sur le principe non: les dragons sont une infanterie montée, pas une cavalerie démontée; la nuance est très importante jusqu'à la fin de la période napoléonienne. Une infanterie montée, ça veut dire que les chevaux ne sont en aucun cas entraînés à la mêlée ou aux manoeuvres de cavalerie (charge groupée, flanquement....). Ils sont là pour transbahuter rapidement des fantassins en un point de la bataille où ils sont utiles et peuvent faire rapidement un effet décisif. Les dragons eux-mêmes ne sont pas entraînés à la charge ou à la mêlée, et ne sont pas de très bons cavaliers; ils savent monter pour bouger vite sur le champ de bataille et rien d'autre. La confusion est souvent venue du fait que certains chefs d'unités ont cherché à pousser l'entraînement cavalier de leurs dragons pour les rendre aptes à des devoirs de cavalerie, et que souvent, les dirigeants ont cherché aussi à favoriser cet entraînement, le plus souvent par l'économie habituelle des ministères, afin d'essayer de gonfler à moindre frais ses effectifs de cavalerie et de rechercher cette illusion de stratège de cabinet que serait "l'unité polyvalente" par excellence. Mais les résultats n'ont jamais été bons. On a aussi de nombreux cas d'unités de ragons devenues des unités de cavalerie mais gardant l'appellation par tradition. De fait, les cavaliers restent des êtres humains: ils sont capables de se mouvoir à pied :lol:. Ils savent se battre et ont un entraînement au tir. Les hussards et chasseurs, en particulier, sont faits pour la "petite guerre" d'embuscade et d'escarmouche, le plus souvent en avant-garde, en reco avancée, pour les diversions, opérations de renseignement, "opérations spéciales", coups de mains, sabotages et le harcèlement. Ils sont donc souvent à pied; mais ce sont des cavaliers démontés, et leur combat à pied est du combat individuel, ou en petits groupes d'une dizaine d'hommes (ou un peu plus), mais de toute façon en tirailleurs, et non en formation. Les dragons, eux, sont de l'infanterie montée: quand ils sont arrivés où ils doivent intervenir, ils démontent et s'organisent comme une unité de ligne, pratiquant le tir de salve et connaissant les formations et manoeuvres d'infanterie. La confusion sur les dragons vient de l'extrême diversité que j'ai évoquée plus haut: on trouve de tout, suivant les unités et les pays, et parce que tout a été essayé avec eux.
  6. Si vous voulez un exemple qui dérange les catégories, c'est le Portugal de Salazar. C'est avant tout une dictature appuyée sur les forces et hiérarchies traditionalistes, certes. Mais le truc tient à la personnalité de Salazar, non un militaire mais un économiste qui a tenté une expérience unique: les dictatures sont généralement soit progressistes (dans le sens où le régime veut développer le pays à marche forcée, accroître sa puissance), soit des ploutocraties où le dictateur et ses appuis n'ont pris le pouvoir que pour se gaver et faire fructifier leurs intérêts. Salazar est un cas particulier dans le sens où il avait un idéal et la volonté de le mettre en oeuvre, mais un idéal tradi/rétrograde, où la volonté était de préserver et revitaliser l'ordre ancien: c'est pourquoi toute son oeuvre a consisté à désindustrialiser le pays afin de revenir à une société fondamentalement agraire et de type ancien régime, appuyé sur les élites traditionnelles (Eglise, armée et aristocratie terrienne), avec un petit noyau commerçant et industriel pour les besoins réellement indispensables à un minimum de puissance (essentiellement l'armement et le commerce colonial). De fait, il fallait une certaine dose d'idéologie, plus poussée que dans d'autres dictatures, afin de lutter contre la "modernité" en tant que concept politique, mais au profit d'une oeuvre de restructuration du pays sur son modèle ancien, où un économiste vise à recréer les structures fondamentales (sociales, psychologiques et économiques) qui conditionnent une société d'Ancien Régime. On est loin du niveau d'un totalitarisme, mais on n'est pas vraiment dans une dictature au sens strict, étant donné qu'il y a un vrai contenu idéologique, ou plutôt, traditionnaliste. Mais c'est pour cela que le Portugal était économiquement un pays du Tiers monde jusque dans les années 70: c'est parce que ça a été voulu. Sur le versant régime, c'est aussi sans doute la dictature la moins sanglante qui fut à l'époque contemporaine: je n'en suis aucunement un apologue et je ne méconnais pas les activités policières du régime, mais il faut constater qu'en matière de répression, le Portugal de Salazar n'a pas été un régime de tortionnaires systématiques ou de sanguinaires. Une expérience dictatoriale à part. Tyrannique oui, dans le sens où la tyrannie est une dérive vers les abus, même selon les critères du régime en place quand il est autoritaire. Totalitarisme évidemment. Mais l'URSS n'est pas une dictature et n'a rien d'une dictature; ce n'est pas un régime d'exception, mais bien un régime en place, avec une idéologie, un but, des structures, une disparition de l'individu et une pérennité. Il n'y a pas d'autres forces qui appuient le régime que le régime lui-même (via l'Etat-parti): le régime est l'Etat et rien d'autres. Il n'y a pas de grands industriels, de propriétaires terriens, de financiers, de clergé, de milieux étudiants, de syndicats, de partis, d'associations ou d'armée qui soutiennent le régime: il n'y a que le parti et tout procède de lui, et aucun rapport de forces entre diverses composantes de la société ne pèse sur le régime, parce que le régime est la société et la société n'a pas de composantes autonomes. La dictature est l'opposé du totalitarisme: Etat d'exception sans pérennité, elle ne repose que sur un équilibre et des conditions particulières à un instant T, dont seul un homme, ou un petit groupe, assure l'image et la constance pour un temps donné. Aucune idéologie n'en assure un ciment quelconque et l'usage de la force (militaire et policière) est un moyen uniquement de répression, là où un régime totalitaire use de moyens de force bien plus étendus (policiers et miltitaires, mais aussi contrainte et violence psychologique au quotidien, endoctrinement, formatage, espionnage permanent, délation totale....) et à une plus vaste échelle. Alors oui, dans les 2, tu trouveras l'arbitraire, la peur, la violence; mais c'est vraiment pas à la même échelle, et surtout, ce ne sont que des gadgets, pas les principes d'organisation. C'est pas parce qu'on ne peut écraser la gueule de quelqu'un qu'avec une rangers que tous les régimes qui ordonnent qu'on le fasse sont de même nature, feront les mêmes choses et les feront à la même échelle et pour les mêmes motifs. L'argument facile à ce stade serait de dire que le mec avec la rangers dans la tronche se fout un peu de la différence d'intention: mais là, c'est justement faux, car dans un cas, il n'y aura qu'un nombre limité de mecs dans sa situation, et ce seront pour l'essentiel des opposants actifs. Dans l'autre cas, il peut s'agir de quidams chopés au hasard dans la rue, de gens dénoncés par un voisin qui lorgne sur leur appart, de glandus qui ont juste un peu râlé devant leur famille ou un (faux) ami, qui n'ont pas eu l'air assez enthousiastes en levant le bras droit devant un zampolit/policier politique/délateur qui était mal luné ce jour là, qui ne correspondent pas au bon modèle d'être humain établi par le régime, aussi bien que d'opposants réels. La différence, c'est que dans un cas et dans l'autre, la population carcérale ou en travaux forcés n'est pas la même (juste pas la même échelle), et l'effectif de tués non plus. Le systématisme jusqu'au boutiste est l'apanage des totalitarismes. Et c'est pas dans une dictature qu'on trouvera une partie de la population carcérale/travaux forcés (celle qui a une chance de revenir) dans des "camps de rééducation" où lavage de cerveau et/ou endoctrinement sont au menu. Pragamtique et sans idéologie, le dictateur s'en tape. Quelque part, le leader totalitaire veut être aimé et adoré comme un dieu, ou veut à tout le moins que l'idéologie le soit. A ce moment, s'il faut caractériser, lénine fut, lui, dictateur pendant un moment, soit l'Etat d'exception qui couvre la révolution d'octobret et la guerre civile. Mais le régime s'institue après. Ce que Staline dirige n'est pas un Etat d'exception, mais bien un régime en place avec des structures qui peuvent lui survivre, et une idéologie qui le guide.
  7. A.H n'est pas un dictateur: c'est le chef d'un régime totalitaire, qui n'est en rien la même chose qu'une dictature. A.H, c'est pas si facile: lui même a nommément pas tant de pouvoirs que ça, le régime nazi ressemblant en fait plus à une féodalité institutionnelle où chaque "Grand" du régime est à la tête d'un Etat dans l'Etat (économie, forces, voire même territoires) dont il est le maître absolu: Himmler et Goering en sont les exemples les plus aboutis. Hitler ne fait, et c'est là qu'est son pouvoir, qu'arbitrer entre eux. Un régime n'est pas totalitaire parce qu'il a un parti unique ou que le chef concentre les pouvoirs fondamentaux: "totalitarisme" implique que c'est la totalité de la vie, que ce soit la vie active ou la vie personnelle, qui est impliquée dans le mode de citoyenneté-sujétion du régime. Le moindre petit acte, même le plus insignifiant, concerne l'Etat, et toute la personne de chaque citoyen est supposée agir et adhérer. Toute loyauté va avant tout à l'Etat, rien n'est "en dehors de l'Etat": aucune dictature n'a jamais exigé une telle disparition/négation de l'individu au profit du tout (elle demande juste qu'il la ferme, qu'il s'écrase et continue à vivre dans son coin sans se mêler de politique). Et le niveau de propagande et de bourrage de crâne n'a rien à voir dans un régime totalitaire et dans une dictature. Des régimes totalitaires, y'en a pas eu des masses: la Chine à une époque, l'URSS, l'Allemagne nazie, le Cambodge khmer rouge, le Vietnam et la Corée du Nord. Pour des totalitarismes religieux, faudrait voir (j'ai pas étudié précisément le sujet). Si on se concentre sur les gadgets (parti unique, culte de la perso, concentration de pouvoirs, police politique....), effectivement, on aura pas l'impression d'une grande différence de principe, mais c'est une illusion due au fait que dans le principe d'application, y'a pas 36 façons de diriger un Etat avec un régime autoritaire. La différence se situe au niveau des principes, mais surtout de l'intensité de l'application de cette autorité, du niveau de la contrainte et de la répression, du développement en quantité et en qualité de la persuasion/propagande/idéologie/implication personnelle. Et là est la différence: quand une dictature est sanglante, sauf exception (situation de guerre, civile ou extérieure, de grande ampleur surtout), ça veut dire des milliers de morts. Quand un régime totalitaire est dit sanglant, ça veut dire des dizaines de millions. Pourquoi? Parce qu'une régime totalitaire, quelle que soit sa forme et son application, c'est une idéologie avant tout, une idéologie avec un but devant lequel tout doit courber, et qui se traduit toujours et inévitablement par la volonté absolue de créer de force un nouveau type d'homme. Un régime totalitaire veut par essence forcer la réalité pour un "idéal" qui est de l'ordre quasi religieux, ou religieux (théocratie). De ce fait, le niveau de tolérance à l'égard de tout "déviationisme" est de zéro, et le propre d'un régime totalitaire étant de considérer que le moindre aspect de la vie et de la pensée individuelle concerne l'Etat, cela veut dire que même se brosser les dents d'une certaine façon peut être passible de sanction (j'exagère à peine). C'est aussi dans un régime totalitaire que l'on est censé dénoncer sa propre famille systématiquement parce que la loyauté va au parti/pays. C'est dans ce genre de régime que la société est noyautée de délateurs à une échelle sans comparaison avec les moyens d'une police politique de dictateur. L'impression en régime totalitaire est que le pouvoir est partout, jusqu'à votre table, jusqu'à votre lit et jusque dans votre tête (c'est pas pour rien que l'essentiel des techniques de pub et de com, faites pour s'adresser directement à l'inconscient sans passer par la case esprit critique, furent inventées pour la propagande nazie ou coco). Et ce niveau de tolérance zéro pour un déviationisme qui peut intervenir même dans votre intimité suppose une population de réprouvés incarcérés, exécutés ou aux travaux forcés infiniment plus nombreuse que dans une dictature. On n'est juste pas dans les mêmes catégories de proportions, et de très loin. Le totalitarisme, c'est une emprise globale sur la société, sur le pays, sur les groupes et sur les esprits et les individus: c'est l'Etat total. Big Brother n'est pas le fantasme orwellien d'une dictature, mais d'un totalitarisme. En plus de contrôler en permanence, le totalitarisme exige votre participation active et permanente, et votre adhésion affective: aucune dictaure ne demande rien de plus que votre silence et votre obéissance à un certain nombre de lois visant au maintien de l'ordre. On n'est juste ni dans le même monde, ni dans les mêmes principes, ni dans les mêmes proportions. Le chef d'un totalitarisme est bien plus qu'un dictateur: c'est un despote absolu, mais aussi un autocrate dans tous les domaines, un guide spirituel de l'idéologie officielle (qui est une vraie théocratie, laïque ou religieuse).... Un dictateur est un pragmatique, un chef totalitaire est un allumé (ou un très grand cynique) dont l'emprise va bien au-delà et exige infiniment plus. Une dictature est par nature un régime et une situation d'exception, un moment transitoire (qui dure au maximum le temps de vie du dictateur) correspondant à des cuirconstances particulières (des rapports de force, la déliquescence d'un régime et l'arrivée d'un personnage sont des fondamentaux) : le régime totalitaire se veut là pour l'éternité et une "nouvelle ère" de l'humanité reforgée qu'il entend créer. Par essence, le totalitarisme est messianique; la dictature ne fait pas vraiment de prosélytisme car elle n'a pas de contenu idéologique, et surtout pas d'idéologie exportable. Aucune dictature ne veut créer un nouvel humain ni ne s'embarrasse d'une idéologie quelconque autrement que pour la forme et un cadre général de la propagande officielle: on ne demande même pas d'y croire, juste d'observer ce culte public limité, tournant généralement de quelques grands thèmes et de la personnalité du chef. Et ce culte de la personnalité est généralement là pour combler un vide, parce que la dictature ne peut survenir que quand un régime a failli, et en attendant que l'Etat se reconstruise (pour ou contre le dictateur), ce culte est un patch qui tient lieu "d'esprit public": personne n'y croit vraiment sauf les excités du régime, mais c'est comme la religion au sens purement cultuel (et non au sens de la foi), c'est là pour unir la population. ni le dictateur ni ses appuis ni la population ne sont dupes. Saddam Hussein, c'est un dictateur qui a duré exceptionnellement longtemps et vrsé de plus en plus dans la tyrannie, comme une caricature/dégénérescence de son régime; mais l'Irak de Saddam n'est en aucun cas un pays totalitaire. Il en faut bien plus. Le bodycount exceptionnel de ce régime est avant tout du à la guerre Iran-Irak qui a précipité le pays dans une guerre civile larvée et de grandes difficultés économiques qui ont poussé vers toutes les extrêmités. Bref, le dictateur est devenu despote, tyran, dans un pays où personne ne pouvait plus reprendre les rênes (il a buté tous ceux qui pouvaient le remplacer). Chavez n'est pas un dictateur: il est à la tête d'une espèce de régime transitoire (dont il est en fait le seul ciment) qui est une république plutôt autoritaire (mais tempérée par d'autres aspects) dont l'aspect "exécutif qui prime tout" est surtout du à la déliquescence de la démocratie. En ce sens, il a des aspects dictatoriaux dans le principe, car il est le patron qui dirige une sorte de régime d'exception.
  8. Euh, pas vraiment: n'est pas totalitaire qui le veut bien mon bon ami. Un totalitarisme régulier ou séculier, c'est d'une toute autre ampleur, c'est pas vraiment la même catégorie d'emprise sur la société, et ça va jusqu'à l'emprise sur les esprits, demandant une démarche active de chacun là où un dictateur n'exige qu'une chose, c'est qu'on la ramène pas. Et la tyrannie n'est pas un régime, c'est une dérive, une évolution: on ne devrait pas dire "une tyrannie", mais "ce chef d'Etat est devenu tyrannique", c'est-à-dire qu'il abuse de ses pouvoirs et de sa ^position au point de dénaturer le régime de façon durable. C'est dans ce genre de situation que tu risques de voir un mec se comporter comme un despote oriental. Le boss d'un régime totalitaire a aussi cette possibilité, et c'est lui qui est de loin la pire des véroles, le régime totalitaire étant celui où chaque aspect de la vie, collective comme individuelle, est régulé par le régime, et où l'adhésion de chacun et sa participation sont exigées. La dictature, en général, fait soft à côté, le "ferme ta gueule" avec rangers dans la tronche faisant presque mine de câlin complice. Berkut, j'ai parlé quand du mariage? J'étais beurré?
  9. Ils ont dit qu'ils en prendraient 8. Pour l'instant, il n'est pas encore dit qu'on leur les vendra. Et si ça se fait, j'ose croire que ce ne sera pas sans à-côtés dûment négociés, question transferts de technologie, droits de reproduction.... Sagem n'est pas uniquement staffé par des abrutis complets (en tout cas on l'espère).
  10. Et oui, mais tous les fleuves ne sont pas la Volga. Et elle ne coule pas dans le bon sens :lol:.
  11. C'est pourquoi il n'y a pas grand monde qui voit un grand avenir solide à une union politique, hors éventuellement l'irruption d'une crise sans précédent et d'une capacité européenne à y réagir. Mais là je parle d'une crise façon maousse, gabarit guerre directe. On ne peut comparer la situation celle des USA qui se sont construits historiquement sur une table rase, qui plus est avec une population initialement homogène sur tous les plans, et ensuite en gardant cette base démographique absolument dominante le temps de s'établir et jusque très récemment. Par rapport à la mosaïque et à l'Histoire longue européenne, ça fait du décalage.
  12. Si tu crées une telle agence en l'état de l'UE, ça ne fait qu'un organisme de plus au service des intérêts et de l'absence de légitimité dont tu parles. Faut pas mettre la charrue avant les boeufs.
  13. J'ai précisément essayé de souligner que la nuance est autre: tyrannie, dictature et régime totalitaire sont 3 choses différentes. Le régime totalitaire est un système total fondé sur une idéologie, séculière ou religieuse. La tyrannie est une dérive de n'importe quel type de régime qui se centralise de plus en plus (la monarchie vers l'autocratie....), et la dictature est un régime par essence d'exception, révélateur de la faillite d'un régime précédent, et qui a peu de chances de durer au-delà de la vie de son créateur.
  14. Faut quand même rappeler avant tout que cette histoire de plombier polonais, c'est quand même du pur phénomène médiatique par lequel la France a été accusée de xénophobie. Mais faut quand même revenir au réel: y'a pas eu de manif contre les polonais, pas de sites internets ou blogs hurlant à l'invasion de la main d'oeuvre bon marché.... Où étaient ces hordes de Français hurlant à la mortcontre l'artisan du bâtiment issu de l'ex-Europe de l'Est? Dans l'imagination des faiseurs de unes. J'ai pas vraiment eu l'impression de voir des images de plombiers, polonais ou non, cloués en effigie sur le parvis de Notre Dame ou à l'intersyndicale des plombiers. Faut quand même arrêter ces délires et accusations qui sentiraient bien plus l'opération d'intox médiatique culpabilisante que le mouvement populaire (je dis même pas que c'est le cas, je dis que c'est déjà moins incroyable). On est d'accord, l'UE n'est même pas sur une ligne ou une "option": elle est dans une véritable idéologie libre-échangiste (avec sa bonne dose de dogmatisme qui empêche aussi de tenir compte des différences structurelles des économies et encore plus de tenir compte des différences culturelles au point de s'asseoir dessus) appuyée par les intérêts américains et facilitée, via le lobbying, par le jeu des intérêts particuliers (même pas nécessairement européens), par essence de type féodal. D'accord pour le principe (technocratie, intrigues de palais, foire aux egos, tour d'ivoire, idéologie....), mais limitons tout de même les idées de "bordel technocratique" qui donnent des allures de bureaucratie kafkaïenne à une administration qui compte moins d'employés que la Ville de Paris ;).
  15. Ben.... C'est l'éternelle gageure des Russes.
  16. Le problème du transsibérien dans un contexte de guerre, c'est pas les limites capacitaires, mais la vulnérabilité extrême d'une ligne ferroviaire aux attaques aériennes ou commandos, et ce d'autant plus que protéger cet axe partout est impossible, et que réparer les dégâts est long et dur, tant les distances sont grandes et les conditions difficiles.
  17. Pas d'ironie par pitié. Je ne pense pas appartenir aux catégories susmentionnées, et pourtant je suis contre. Ce qui est sûr, c'est que l'idée déjà amochée d'une union politique crèverait définitivement avec l'entrée de la Turquie.
  18. C'est un fil rouge qu'ils usent jusqu'à plus soif (y'a toujours quelqu'un de plus puissant, blablabla). C'est vrai aussi que le verre qui disparaît et cette insistance permanente sur le yogurt sain me bourrent salement. Encore pire, la maman qui devient active dans le boulot de Mike (j'ai peur du syndrôme mémé mitraillette qui risque de pas tarder), sa relation "ouverte" avec son fils, les faveurs accordées d'avance de part et d'autre (avant, il fallait batailler pour obtenir un truc d'elle et on avait "peur" du jour où ell risquait de demander des comptes, quand Mike la comparaît à un parrain de la mafia russe): on arrive dans le larmoyant, les sentiments étalés façon psychanalyse de bazar (et vu comment ça avance, on risque de bientôt voir que le père de Mike était pas un si mauvais gars :P).
  19. La A-Team, c'était naze, mais au moins ils étaient les premiers dans le genre: à tous les sens du terme, Burn Notice devient la B-Team ;). Ils n'ont plus qu'un seul mode relationnel, un seul dialogue répété tout le temps, et Fiona n'a plus qu'un seul discours à la bouche. Et elle est même plus marrante. Sam arrive toujours à trouver l'information qu'il faut avec un "buddy of mine" bien placé.... Bref, que des recettes toutes faites et beaucoup trop rôdées: tout ce qui était marrant avant (astuce, système D, faire beaucoup avec peu....) est vite expédié pour arriver à l'action et aux bon sentiments dégoulinants. Même la relation avec Sam, initialement une confiance très limitée pour un mec décadent, sans grande morale, corrompu et grillé de partout, est devenue un truc purement stéréotypé. Plus grave encore, et symptomatique: la relation à l'argent qui manque toujours à Mike, même pas évoquée et plus jamais un problème.
  20. Evitons de dire que les opposants à l'entrée de la Turquie dans l'UE ne sont que les xénophobes, racistes et masses abruties en tous genres.
  21. La réforme actuelle, au moins dans ses objectifs, vise plutôt à rendre autonome les 5 ou 6 grands commandements militaires vus comme des armées autonomes, sauf en cas de guerre majeure. Et c'est précisément par constat des capacités limitées du transport: le transsibérien a une capacité limitée, mais non négligeable pour autant si la situation l'exige. L'aérotransport est vraiment limité: il l'était déjà au temps de l'URSS (voir tout le problème des forces aérotransportées pour lesquelles la capacité d'airlift n'a jamais pu être à la hauteur), et il l'est encore plus aujourd'hui. Et surtout, rappelons une réalité pour toutes les armées: l'aérotransport, dès lors qu'on parle de grandes unités (échelon division ou plus) n'est qu'un petit appoint du côté logistique. Faut-il rappeler les charmants adages sur l'efficacité quantitative du transport de munitions par avion?
  22. - l'UE n'a pour ainsi dire pas de vraie politique étrangère (elle n'essaie un peu que pour les échanges commerciaux) et ça a pas l'air près de changer - une politique au MO ne passe que par une implication directe et/ou des intérêts majeurs (et le versant pétrolier ne passe pas par là, mais par le détroit d'Ormuz: on fait ça en direct), et au niveau de l'UE, la plupart des pays (hors grands Etats, et encore) n'en ont aucune envie. - si c'est juste pour avoir un levier au Proche Orient (et non au Moyen orient), pas besoin d'avoir la Turquie comme membre: on peut faire aussi bien par d'autres formes de deals avec Ankara. Dieu merci, on est dans un monde d'adultes et la Realpolitik a ses constantes éternelles.
  23. Sinon, je vomis encore la saison en cours de Burn Notice (la 3): ils ont graduellement enlevé tout ce qui en faisait le charme: ils y ont foutu de plus en plus de morale, de plus en plus exagéré les aspects McGyver et fait exploser le syndrôme du superhéros.? La nuance en disparaît totalement, et comme dans beaucoup de séries (pas sérieuses) "d'espionnage", la CIA est graduellement redevenue une espèce d'agence de super héros en charge de sauver le monde, constituant donc un objectif de vie moral pour un Mike Westen en pur idéaliste perdu. On caricature "l'espion" bien plus qu'avant, et on fait passer le tout avec des commentaires offs qui, bien plus qu'avant, vous baratinent et justifient tout et n'importe quoi. Tous les automatismes et mécanismes de la série n'ont pas disparu: ce sont en fait les mêmes, mais ils ont été systématisés, exagérés et caricaturés au point d'arriver à du convenu et du grand guignol permanent (il ne manque plus qu'un truc, c'est que les "gentils" utilisent des flingues tranquilisants et non de vraies armes, comme dans d'autres très mauvaises séries). Bref, les Ricains ont gâché leur série de la même façon que d'habitude: ce qui étaient des équilibres légers et des jolies petites inventions deviennent des ficelles grossières et des recettes toutes faites. Dur de l'expliquer précisément, mais c'est le ressenti global d'une perte de saveur; tout est plus répétitif et prévisible, tout semble très convenu, l'humour a franchement baissé (y'a encore un truc ici ou là), on recours trop aux "solutions magiques" (y'a toujours le pote qui connaît le bon gars au bon endroit, dans absolument tous les cas, y'a toujours un gadget à bricoler qui résout tout, on recours beaucoup plus à l'action et aux grosses explosions plutôt qu'aux solutions astucieuses des débuts).... Edition de message pour rester dans la légalité. Berkut
  24. Et ça changera quoi? Ca n'empêchera pas le business ("regarder vers l'orient" ne veut pas dire réorienter l'économie), et l'UE elle-même ne sait pas vers où elle regardera dans 10 ans: encore plus vers l'Atlantique? Un peu plus vers un rééquilibrage? Se scindera t-elle (pas une scission de l'UE en soi, mais un partage de sous-ensembles politiques) en zones différemment orientées? Rien n'est clair. Et il faut, comme je l'ai indiqué plus haut, tenir compte avant tout des évolutions prévisibles des opiniosn publiques européennes qui tenderont plus à se radicaliser face à des conditions économiques plus difficiles. Ca rend moins patient, moins ouvert et moins accueillant. Arrête de nous présenter la Turquie comme la planche de salut de l'Europe ou l'enfant béni qu'elle attend depuis toujours et dont elle ne veut que lécher les pieds, ce n'est pas le cas.
  25. Moi j'annonce un fait, tu me rebalances un "si" (et un très gros "si").
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