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Tancrède

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Tout ce qui a été posté par Tancrède

  1. D'accord, y'a quelques allumés qui peuvent être prêts à payer pour du FAMAS de contrebande; mais là, on parle de cas particuliers et de flingues à l'unité, pas de vraies quantités pour le trafic d'armes proprement dit. Je parle de trafic d'armes, pas de quelques pétoires tombées du camion. Jusqu'à reuve du contraire, on voit pas des masses de guérilleros, narco-groupes, terroristes et autres groupes armés charger en faisant sonner le clairon ;). Et la forme "futuriste", elle a quand même du plomb dans l'aile depuis une trentaine d'années: d'autres poissons "futuristes" sont arrivés dans l'aquarium.
  2. C'est clair que la qualité et la quantité du recrutement, de même que la gestion des ressources humaines et l'entretien de réserves plus ou moins formées sont l'un des grands problèmes des armées depuis l'aube des temps. C'est marrant comme les mêmes arguments reviennent et s'opposent depuis toujours à cet égard, correspondant à des visions de l'armée et de la société bien particulières, mais constantes, quelle que soit l'époque, la mentalité, la culture, le régime ou la nature de la société. Il ne s'agit pas d'un débat correspondant seulement à des nécessités purement utilitaires et pratiques (de ce côté là, les besoins changent peu, quoique la technologisation de l'armée induit des besoins toujours plus grands en personnes hautement qualifiées), mais bien aussi à des questions de mentalité, de conception de la société, d'ordre social.... On peut par exemple renvoyer au Comte de St Germain pour qui l'armée attirait par essence les inutiles de la société, les rejetés, les violents, ce qui est une des conceptions les plus dures d'une armée professionnelle, au fond très aristocratique et post médiévale qu'on peut retrouver à Rome après la réforme de Marius, en Grèce après la guerre du Péloponèse.... Mais rien ne dure, et on peut constater que les armées professionnelles, outre leurs limites intrinsèques, posent avec le temps de graves problèmes potentiellement dangereux pour le régime en place, comme toute organisation vivant en vase clos. Pour l'instant en France, ce n'est pas le cas, mais d'ici 50 ou 60 piges, qui sait? Une chose est sûre, le problème de la qualité se reposera rapidement, et une forme plus travaillée de réserve citoyenne et/ou de conscription plus ou moins limitée refera surface. Rien que les besoins techniques (pas assez de pilotes d'hélicos, besoins d'informaticiens et d'électroniciens toujours plus grands, besoins de mécanos confirmés....) y contraignent déjà. Au fond, les grands thèmes des problèmes éternels: - la ressource humaine: recrutement et gestion - le coût et l'acheminement de l'intendance - l'acquisition et le traitement du renseignement - la chaîne et les "systèmes" de commandement (organisation hiérarchique et pratique, sélection et choix des chefs, résoudre le conflit éternel entre autorité et souplesse, systèmes concrets de signaux et transmissions....) - l'apprentissage et l'intégration rapide de l'expérience acquise (surtout face à 2 grandes épreuves: le temps de paix et l'après victoire) Le combat proprement dit, l'armement, la tactique, l'art opérationnel.... Au fond, ça semble plus facile à côté: on connaît les réponses et les formules.
  3. Tancrède

    Armée d'Orient

    Dur de caractériser tel ou tel front comme "plus dur" ou non, cependant le front ouest fut quand même la plus grande concentration de troupes et d'artillerie à très grande échelle de l'Histoire, avec un taux d'attrition catastrophique. Il faut mentionner aussi le front italien, très étroit, avec du coup une densité aussi énorme, qui plus est sur un sol rocailleux et en altitude où l'impact de concentrations d'artillerie jamais égalées crée un véritable enfer sur terre. Mais il est vrai que l'armée d'Orient a souffert, surtout dans l'immédiat d'après guerre, d'un silence assourdissant, voire à l'occasion d'un léger mépris. La particularité de ce front est son absence de densité face aux surconcentrations des fronts occidentaux; il en résulte un front plus mobile à l'échelon tactique, dans un environnement vaste et assez désert, de grands mouvements, y compris de cavalerie, et des opérations plus décisives. Mais la mortalité au combat n'y est pas la même qu'à l'ouest, quoiqu'il ne se soit pas agi d'un front reposant non plus, d'autant plus que c'est un théâtre où il a fallu plus marcher, et ce dans le cadre de vastes zones peu habitées, souvent peu salubres, sans grandes infrastructures sanitaires. Le taux de mortalité par maladie fut aussi très élevé. Et il ne faut pas oublier que c'est aussi cette armée d'Orient qui a quand même subi les opérations des Dardanelles, pas particulièrement fraîches et joyeuses.
  4. Les guerres sont très loin d'avoir toujours été livrées pour les richesses: ça a pu être rituel, ça peut encore être religieux, ou plutôt religio-politique, ca sera toujours politique, ça se fait pour des raisons de sécurité et de la perception qu'on en a (selon une gille d'analyse qui va de gentiment préventif à carrément parano), ça se fait pour détourner l'attention de sa population de problèmes intérieurs, ça se fait pour unir un pays, ça arrive par accident dans un contexte un peu tendu, ça se fait pour sécuriser ses approvisionnements et/ou ses débouchés (les 2 passant par les mêmes axes commerciaux), aider ses alliés/clients/Etats dépendants.... Mais même pour le côté purement pognon, faut pas délirer avec une espèce de raisonnement coût-bénéfice global que personne ne fait jamais (et qui n'est généralement possible que des décennies après): ça se fait pour satisfaire des intérêts particuliers qui eux feront du beurre dessus. La "guerre contre la terreur" en Irak et Afghanistan, avec tout le redéploiement stratégique autour de la région (sans doute autour d'une stratégie d'enveloppement des réserves pétrolières contre la Chine) a trucidé les finances américaines et limité leur capacité à répondre à la crise économique (comme le Vietnam les avait empêché de lutter contre la crise monétaire de la fin des années 60 et les a contraint, coup sur coup, à renoncer à la parité or du dollar et imposé le flottement des changes). Mais c'est pas pour ça que les grosses boîtes qui pèsent à Washington ont fait de mauvaises affaires dans ces histoires: paraîtrait même qu'elles en redemandent. C'est d'ailleurs ce qui tire la sonnette d'alarme de nombreux analystes qui soulignent le risque de voir l'Amérique, dont l'économie dépend en partie du secteur militaire et de tous les secteurs d'activité qu'il impacte à divers degrés, directement ou non, devenir un facteur d'instabilité majeur faisant une sorte de business de la guerre, d'autant plus que ce rôle serait la seule manière de la voir garder un certain niveau de leadership face aux nouveaux géants émergents. Le schéma est vieux comme tout: même si quelqu'un se préoccupait à l'avance du coût d'une guerre (ce qui arrive rarement dans les sphères influentes; ceux qui font ces calculs sont rarement des gens de poids quand l'atmosphère prête à la guerre), on calcule toujours pour une guerre courte. C'est la plus dangereuse et pourtant la plus tenace des illusions humaines depuis que les Etats existent, que cette croyance qu'une guerre courte et victorieuse et possible. Et pourquoi y croit-on? D'une part, parce qu'on le veut (personne n'aime imaginer une horreur qui s'éternise), et d'autre part, parce qu'il y a toujours un tas de gens qui ont intérêt à encourager cette idée. La guerre sera toujours là parce qu'il y aura toujours quelqu'un qui y aura intérêt, que cet intérêt soit matériel ou non, et parce qu'il y aura toujours des gens pour croire ce qu'on leur en dit. Mais plus largement, il y en aura toujours parce que c'est dans la nature des communautés humaines que d'avoir des intérêts différents: pas assez de ressources, trop de monde (masses et groupes spécifiques) à satisfaire, trop de difficultés à garder un groupe uni, insatisfaction de la façon dont on est gouverné, croyances différentes et manipulations d'ordre spirituel ou politique, injustices et réaction contre elles (avec au final d'autres injustices).... Croire à la fin de la guerre, c'est croire à la fin de l'Histoire. Tu as une vision très limitée de la façon dont on chiffre les choses: comment chiffre t-on en valeur de bilan annuelle le fait d'essayer de créer un pôle de stabilité en Asie centrale, de couper l'accès russe aux mers chaudes, d'empêcher le Pakistan de sombrer dans une guerre civile partielle, de limiter l'accès par terre de la Chine au Moyen orient, de satisfaire les financeurs de campagne et divers lobbies qui permettent d'avoir une majorité? Ce sont là des calculs que des gens font, et ils peuvent les faire en dollars même s'il ne s'agit pas que de ça. La différence est qu'un Etat, contrairement à une boîte, calcule à plus long terme et ne calcule pas qu'en argent proprement dit. Plus généralement, faut arrêter avec cette thèse très américaine que les guerres ont toujours été des sortes de hold up pour du fric ou des marchés: c'est foutre aux orties les 3/4 des guerres de l'histoire. Et pour les guerres de l'opium: c'étaient pas des guerres, juste du business. Mais au final, c'est bien ce que disait l'autre teuton: on continue le business avec d'autres arguments. Juste une histoire de dealer qui n'aime pas que le client moufte.
  5. Pourquoi, y'a des mafieux qui veulent piquer des FAMAS :lol:? Je crois pas qu'il ait la cotte dans le trafic d'armes.
  6. Et tu crois que ça ne coûtait pas la même chose avant? Je peuxte donner tous les exemples que tu veux: la guerre a toujours engagé plus que ce que les Etats pouvaient payer.
  7. Mais le régime birman est encore une dictature parce qu'il s'agit toujours des mêmes personnes qui font durer la situation d'exception issue des élections remportées par le mouvement d'Aung San Su Kyi. C'est que c'est confortable d'être le boss. Le personnage du dictateur, qu'il s'agisse d'un leader charismatique ou d'un mec un poil plus puissant au sein d'un comité dirigeant sans visibilité, est assez intéressant, dans la mesure où il peut être une figure de sauveur (généralement, moins il reste longtemps, plus il est un sauveur :lol:), réelle ou travaillée (et cetaines forces tradi essaient de faire ça avec Pinochet, par exemple), soit il est l'odieux despote qui s'enkyste sur un trône qu'il a taillé. Quand il dure comme ça, on est soit dans le cas d'un Etat pourrissant (le cas de la Birmanie), et la transition ouvre toutes les perspectives, y compris les pires, soit on est dans une évolution vers une forme de monarchie/despotat ou de totalitarisme, c'est-à-dire un pouvoir fort qui se trouve ou se bâtit soit une légitimité (monarchie/despotat), soit une idéologie (totalitarisme/théocratie). Bref, la dictature ayant une date d'expiration courte (à l'échelle de la vie d'un pays), soit y en a qui essaient de durer ou de perpétuer le régime, donc en le faisant changer vers autre chose, soit on a des profiteurs qui entendent traire la vache jusqu'au bout et partir avec la caisse ou crever en place. C'est tout l'un ou tout l'autre, y'a pas de milieu. C'est bien toute l'ambiguité du débat sur Franco: il est certain que, surtout après l'assassinat de Carrero Blanco, il savait que son régime ne pouvait lui survivre: c'était un régime d'exception, comme toute dictature, sans vrai contenu autre que le reflet de ses forces de soutien. Comme il avait apparemment une "certaine idée de la nation" (on peut dire beaucoup de chose, mais c'était pas un dictateur-abuseur comme les tarés âpres au gain de la Junte birmane), il a mis en place certains trucs pour la suite (et c'est sur la nature et le niveau de ses préparatifs que les historiens s'empoignent joyeusement). Un ca intéressant serait de situer Napoléon dans ce bastringue là: dans la grille d'analyse que j'ai présentée ici brièvement (si, si), napoléon est le cas typique du dictateur-homme providentiel qui, pour durer, cherche à se créer une légitimité, ce en quoi il a en grande partie réussi (à tel point que son neveu, 40 piges après, se fera élire président sur ce seul nom et ce souvenir). Il tend donc vers la monarchie: sa seule autre option (à part se retirer noblement dans une retraite campagnarde sitôt l'ordre rétabli, un régime solide mis en place et les abus du directoire châtiés.... Mais c'aurait pas été Napoléon :lol:) eut été l'idéologie, soit l'appui sur les Jacobins et républicains de tous poils, avec le maintien du régime exceptionnel du consulat -et lui comme consul à vie. Mais cette option, outre qu'elle n'était pas dans sa mentalité et sa vision religieuse qui le faisait instinctivement pencher vers le césaropapisme, aurait supposé une plus grande division du pays au lieu de la réconciliation du gros des forces révolutionnaires avec une grande partie des émigrés et du clergé, sous son autorité. Ceci dit, cette option pouvait-elle ou non se passer de l'option monarchique? L'idée de faire revenir les Bourbons comme souverains régnants sans pouvoir a bien failli se faire, après tout (mais eux ont pas voulu, notamment grâce à la certitude de l'appui anglais).
  8. Tancrède

    Le mercenariat

    Blackwater, Dyncorp et la plupart des autres exécutent de fait tout autant des missions de combat. Et c'est pas le fait d'être engagé dans un coup d'Etat qui définit le mercenariat, ni légalement ni dans le principeni dans les faits. Pour le reste, on a vu des hommes de Blackwater exécuter des missions de combat; ils ne sont aucunement limités au gardiennage et à la protection des personnes en zones de guerre. Ils offrent même maintenant pour certains un service de renseignement, dont on fait plus que soupçonner qu'il a sa partie "action" (l'offre serait inintéressante sinon, étant donné la pléthore de boîtes d'intelligence économique et stratégique existantes et autrement mieux équipées, telles que Kroll, la plus grosse base de données privée au monde). Et surtout, Blackwater et Dyncorp en sont maintenant à proposer une brigade d'infanterie légère clé en main. C'est pas pour jouer les gardes du corps. Servitude, mon cul. Ca n'a rien de ridicule: c'est pas parce qu'il y a une raison sociale et un cabinet de lobbying que ça en fait un business honnête et propre aux attributions bien délimitées: ils sont juste la version institutionnalisée des artisans comme Denard et les autres "affreux" de la période post coloniale. Mais ils donnent tout autant dans le cradasse, à côté d'autres jobs de "servitude" (soutien, entraînement, protection rapprochée, protection de sites....) qui sont aussi très juteux. Mais ils offrent un service complet, et leur avantage pour ce faire est précisément le vide juridique qui encadre leur activité et leur existence. C'est pas parce que, avec de bons avocats, des connections politiques et de bons lobbyistes, ils ont réussi à entrer dans le paysage et à éviter le mot de "mercenaire", qu'ils ont inventé un autre business. Faut revenir sur terre, outre les histoires purement crapuleuses, nombre d'abus commis l'ont été par eux et n'ont pas eu à l'être par des soldats US, précisément parce que leur statut est très mal défini. C'est Bob Denard qui a rencontré un juriste et un financier, ce secteur.
  9. C'est pourtant les Salafistes qui les financent, non? Ce serait pas plutôt une haine entre Arabes et Palestiniens? Après tout, les pays arabes n'évoquent le sujet israélo palestinien que pour emmerder les occidentaux et jouer contre Israël; pour le reste, le Moyen orient musulman entier se fout comme d'une guigne des palestiniens.
  10. C'est pas HS: ça montre bien ce à quoi aboutit une situation d'exception. C'est marrant comme dans l'Espagne actuelle, le gouvernement essaie de plus en plus d'imposer une Histoire officielle consacrant la thèse des gentils républicains contre les méchants fachos, au même moment où sortent de plus en plus de bouquins rétablissant la vérité de la Guerre Civile (sans chercher à faire de la mémoire franquiste; il y en a aussi, bien sûr, mais c'est pas la majorité du genre). Il a été de bon ton de mettre tout et son contraire sur le dos de Franco, des Nationalistes et du Franquisme: c'est sain et c'est normal après un changement de régime que de cracher sur le précédent et de le rejeter en bloc et sans nuance pendant un moment. C'est un retour de balancier parfaitement normal. Mais après plus de 30 piges, y'a du recul, ce que la société civile montre (avec évidemment des trucs -bouquins, déclarations, manifs- franchement nauséeux sur les franges extrêmes) mais que le gouvernement nie: là on est dans un phénomène de bien-pensance typique de notre époque soi-disant libérée et sans idéologie. Aznar était typique des élites post-franquistes, et a sans doute poussé trop loin dans la "réhabilitation" de Franco (pour la note, il ne m'est pas du tout sympathique, le moustachu.... Aznar.... Et Franco non plus; peut-être que j'aime pas les moustachus en fait :lol:), mais le gouvernement et les élites institutionnelles actuelles poussent aussi trop loin dans l'autre sens. Un bon cas de guerre des mémoires; et qui dit guerre dit que la vérité est toujours la première victime.
  11. Tancrède

    Le mercenariat

    Legio patria nostra, mais la Légion n'est pas non plus une force de mercenaires: les légionnaires ont un statut de soldat, sont soumis aux droit, conventions et règlements de la guerre en vigueur (contrairement aux contractors qui sont dans un flou juridique savamment entretenu), portent un uniforme national et sont au service exclusif de la France (quoiqu'on l'a "prêtée" 2 fois :lol:). Le processus juridique est que la Légion est au service de la France et les légionnaires au service de la légion ;). Sans compter les officiers qui, eux, ont prêté serment à la France initialement, et voient leur cursus s'inscrire dans le circuit normal des officiers de l'armée. Parce que la Légion, quoique pas marquée par un Etat, est quand même pleine de Belges, Monégasques, Suisses et Québécois sans accent :lol:. On n'est pas une force mercenaire parce qu'on est payé (le mot même de "soldat" veut dire "payé"). Les boîtes de contractors, elles sont des sociétés mercenaires, engagées pour une tâche précise et payées pour remplir exclusivement cette tâche, toute liberté leur étant laissée pour savoir comment la remplir et quel niveau de moyens mettre pour cela. C'est d'ailleurs un de moyens de nombreux abus et scandales de corruption: elles multiplient les contrats et sous-contrats, pour une même force engagée, tant pour accroître leurs marges que pour aider l'exécutif, ou directement l'administration militaire, à contourner les règles constitutionnelles et les limitations des budgets discrétionnaires (tant qu'on reste en deçà d'un certain montant par contrat, et non par société, le Parlement et la procédure d'examen en général ne peuvent pas mettre leur nez dedans). Le vide juridique qui entoure leur engagement et leur action permet aussi tous les abus dans tous les domaines: opacité absolue (trafics, coups de forces, délits.... En découlent), concertation limitée, liberté d'action, absence de règles d'engagement et de code de conduite réel, consignes de sécurité (pour eux comme pour les populations et adversaires) inexistantes.... Tout est fait (et c'est le but: c'est ce qui permet leur "souplesse" d'emploi) pour les laisser se comporter comme des grandes compagnies du Moyen Age.
  12. J'interdis formellement à tout forumeur de regarder cette merde qu'est The unit: outre les inévitables clichés pitoyables sur les Américains tels qu'ils se souhaiteraient, on y a vu un épisode franchement francophobe (avec des soldats français particulièrement ridicules, notamment un officier avec bérêt à plumet et un stick très britannique, sans oublier le 3ème accessoire, le parapluie dans le cul, ainsi que la connerie prétentieuse et la lâcheté qui va avec). Haro sur cette chiasse! Pour une série "d'espionnage", regardez Chuck : c'est nettement plus marrant, avec un humour référentiel adapté aux geeks de tous poils :lol:. Ce n'est ni sérieux ni réaliste, mais après tout, The Unit et 24h non plus, loin de là. Over there c'était vraiment décevant, que de la bonne propagande baignant dans une sauce pseudo-réaliste On ne critique rien autour de Mrs B :lol:! A propos de séries réalistes, quelqu'un a t-il déjà vu la série anglaise Soldier, Soldier? J'arrive à la trouver nulle part, et il paraît qu'elle est pas mal: ça se situe dans le cadre de la réforme massive du début des années 90, le tronçonnage de la British Army et les nouveaux types de missions.
  13. De toute façon, ceux qui trouvent l'activité basse dernièrement oublient surtout.... Qu'on est en août :lol:.
  14. Bof, faut les laisser se trucider: de toute façon, ils le veulent et ça passera pas, donc autant crever l'abcès au lieu de mettre la main dessus. La seule intervention étrangère qui pourrait résoudre la crise, c'est celle qu'on évoque périodiquement, à base de parkingisation de tout ce qui se trouve entre le Sinai et St jean d'Acre, pardon, Acra (un vieux réflexe des croisades :lol:). Ou alors, s'il y a une faille tectonique autour d'Israel, appliquer la solution que Lex Luthor voulait pour la Californie (à base de quelques bombes H dans la faille de San Andreas). 2 peuples sur une même terre, toute l'Histoire démontre que ça n'a jamais marché: qui se fait encore des illusions?
  15. Oulà! Débat qu'il vaut mieux ne pas commencer ici: qu'avait vraiment prévu Franco pour l'après-Franco? On va essyer d'éviter celui-là, les historiens s'égorgent encore dessus, les sources fiables manquent, alors essayons de ne pas prétendre avoir lu l'article ou le bouquin décisif qui a plus raison que les autres, parce qu'il n'a pas encore été écrit, ni en espagnol, ni en français, ni en anglais, ni en patagon, en esperanto, en klingon ou en sindarin. Mais malgré son peu d'intelligence (confirmé par beaucoup de monde), Franco avait sans doute compris que la dictature est avant tout une situation, et non un régime: c'est une situation de crise qui se prolonge ou est prolongée, et qui reste avant tout liée à une personne, et non un état stable pour un pays. Une dictature est d'ailleurs peu idéologique: elle peut mettre en avant des exemples, et choisir une propagande et une orientation générale, mais celles-ci correspondent aux forces qui la soutiennent, dans le cas de l'Espagne franquiste, les forces traditionnelles (notables et aristocratie, clergé, paysannerie et armée). La dictature de Franco n'est en aucun cas un régime fasciste, les forces fascistes, nommément la Phalange, étant minoritaires et d'ailleurs vite très encadrées tant par le régime que par les forces traditionnelles, mais aussi par les anciens phalangistes évincés et épurés du mouvement (initialement, la Phalange n'est pas un mouvement fasciste, mais une espèce de mouvement de jeunesse national-idéaliste pas très politisé, que fréquente d'ailleurs Federico Garcia Lorca). La situation de crise à laquelle répond le soulèvement nationaliste, c'est l'échec et l'effondrement de la démocratie espagnole qui, à l'époque, n'a jamais trouvé son point de stabilité, et on peut dire que les partis dits modérés sont les premiers fautifs de ce fait. Les modérés de tous bords n'ont plus eu de choix après coup qu'entre 2 camps en guerre ouverte. Et le fait est qu'il ne s'agissait pas d'une guerre entre démocrates et fascistes, parce que les démocrates étaient partagés entre les 2 camps (ou massacrés par les 2), et dans aucun des 2 ils n'étaient en position de décider quoique ce soit. Il s'agissait d'une crise, qui s'est rapidement polarisée autour de 2 camps (aucun n'étant démocratique) dont l'un était à dominante idéologique révolutionnaire, et l'autre à dominante traditionnaliste et nationaliste. Le dernier camp a la particularité d'avoir un leader clair et identifié qui, à défaut d'être un génie visionnaire, sut se vendre, travailler sa com et jouer le pivot de ralliement de forces très diverses. Toute la dictature est là-dedans: elle coalise des forces hétérogènes, voire antagonistes (ce peuvent être toutes les forces politiques, comme à Rome, qui s'en remettent à un décideur, ou bien une partie, dans une situation de guerre civile), afin de rétablir ordre et unité, rien de plus. C'est par nature un régime d'exception, et surtout UNE DICTATURE N'A PAR ESSENCE PAS REELLEMENT DE PROGRAMME. Rien au-delà de quelques principes et slogans simples et fédérateurs, car son but premier est de rassembler le plus possible. C'est le contraire d'une révolution idéologique dont l'essence est de se faire avec une minorité "pure", et de n'admettre d'autres forces à son côté que soumises et/ou inférieures. La particularité espagnole fut que ces 2 mouvements se sont confrontés dans une situation de guerre civile déjà bien mûre et divisant le pays en 2 camps significativement puissants, ce qui explique la longueur de la période de guerre, avec en plus l'appoint étranger des 2 côtés. L'affrontement a donc duré et dégénéré en une véritable guerre de grande ampleur. Il n'est toujours pas dit qu'en 1958, la France n'aurait pas pu basculer dans une situation analogue si De Gaulle n'avait pas été De Gaulle, et s'il n'avait pas su nouer cet étrange rapport entre gaullistes et communistes. La situation était idéale pour une guerre civile de grande ampleur et l'émergence d'une dictature: pays divisé, régime absolument impuissant et bloqué, armée remuante et forces non gouvernementales et antagonistes très importantes (syndicats de masse et PC énorme d'un côté, milieux et mouvements nationalistes et poujadistes, forces traditionnelles, rue algéroise et armée de l'autre). On le comprend mal en lisant les manuels d'histoire, mais on n'est vraiment pas passé loin. Ce fut d'ailleurs l'apogée de ces forces non gouvernementales dont le déclin en terme de puissance, de capacité de mobilisation et de conviction a commencé après, tant côté PC-syndicats que côté nationaliste et traditionnel (rien d'étonnant à ce que les milieux nationalistes haïssent profondément De Gaulle). La force, tant dans les urnes que dans l'opinion et la rue, des mouvements gaullistes, a constitué à ce moment le seul pivot pouvant rallier la majorité silencieuse et lui éviter, ainsi qu'aux partis politiques dits de gouvernement, d'avoir à faire un choix radical entre 2 camps. J'adore quand mon tonton me raconte la rue parisienne en mai-juin 58, avec les mecs du RPF qui recevaient des mitraillettes et des flingues en très grand nombre (dont on se demande d'où elles venaient :lol:) rue de l'Université, à 2 pas du Palais Bourbeux. Et 3 rues plus loin, y'avait les cocos et les nationalistes (et vraiment pas que des étudiants) qui n'étaient parfois séparés que par une rue et venaient se chauffer à la barre à mine et au manche de pioche (à Alger, c'était plus univoque).
  16. Faut quand même pas oublier que; côté japonais, l'opération est aussi un coup de bluff bien mené par le général Yamashita qui a réussi à faire croire qu'il avait beaucoup plus de troupes arrivant en soutien, ainsi qu'un abondant train logistique. Insuffisance du rens britannique et opération d'intox bien conduite ont précipité la décision de reddition. Mais les Brits n'avaient plus un tel complexe de supériorité sur les Japs depuis longtemps: il en restait, bien sûr, mais ce sont les Russes qui ont du essuyer les plâtres de ce rabaissement d'orgueil en 1905. Car il ne faut pas oublier non plus que c'est cette campagne qui a révélé les grosses faiblesses de l'armée de terre japonaise: tanks obsolètes et faiblards, insuffisance de l'artillerie.... Oui, mais dans aucune de celles-là on n'avait de supériorité numérique et matérielle, et surtout pas de l'acabit de celle des brits :lol:. Au moins on s'est fait torcher en étant nettement moins nombreux et nettement moins bien équipés que l'adversaire ;). A Singapour, ce qui décide du sort des Brits, par ordre d'importance: - le coup de bluff - l'encerclement stratégique, par terre et surtout par mer - l'audace des troupes japonaises (qui participe du coup de bluff) Faut pas exagérer: les décideurs militaires sont pas si pleins de préjugés quand on en vient au concret des choses. Singapour avait pas loin de 80 000h et un bon niveau d'équipement (artillerie, moyens antichars, DCA....), sans même compter qu'il s'agissait d'une base stratégique majeure, disposant de moyens logistiques et manufacturiers navals, aériens et terrestres. Les problèmes d'équipement qui ont pu se faire remarquer (et en fait y'en a pas vraiment, sinon des effectifs aériens un peu limites) ne sont pas dus à des préjugés, mais aux habituelles, et parfois légitimement inévitables, restrictions en termes de budget. Mais dans l'absolu, on peut pas dire que Singapour en particulier, et la Malaisie en général, n'avaient pas de quoi se défendre. Surtout si on compare avec ce que l'Indochine française avait pour combattre: pas le quart des hommes qu'il fallait, et surtout pas le dixième des moyens (l'aviation étant réduite à sa plus simple expression, qualitativement et quantitativement).
  17. Ca c'est la formation des officiers anglais qui parlent: tous passés par les prep schools, ils savent ce que c'est que de se faire enfiler par la porte de derrière :lol:. Résultat, les Japs ont pu passer en étant pourtant nettement moins nombreux. Mais l'essentiel, c'est de trouver l'endroit qui reste ouvert :lol:.
  18. Tancrède

    L'artillerie de demain

    Sauf que là on parlait du Royal Artillerie, appellation originelle du 1er RA et matrice initiale de l'artillerie régimentaire sous Louis XIV (son premier nom fut "Régiment des Fusiliers du Roi"). Personne n'a parlé du fait que l'artillerie rosbife était, à l'inverse de l'armée de terre, royale ou non.
  19. Tancrède

    L'artillerie de demain

    Donc c'est la finesse des capteurs accoustiques individuels qui permet une triangulation satisfaisante? Et c'est spécifiquement pour la contre-batterie? Donc les questions cruciales sont: - la portée: apparemment, on la connaît pas, mais à moins de 10-15 bornes, je vois même pas l'intérêt - le mode de déploiement: apparemment, c'est l'affaire des unités de reco. Mais il faut une dotation abondante pour que ce soit valable, genre équipement standard d'un bon nombre d'unités de reco, et pas que d'artillerie (si c'est pas cher), avec un véhicule de traitement dans chaque batterie de tir et 1 à 4 aussi dans chaque CEA. Le problème du mode de déploiement dépend de la portée: plus elle est courte, plus il s'agira d'une affaire de spécialistes (à l'arrivée, on imagine bien le micropôle spécialisé dans la Brigade de renseignement :lol:, avec des micro-unités d'opérateurs FAC), avec des modes de déploiement spécifiques, un entraînement poussé (plus t'es censé être près de l'ennemi discrètement....) et tout le tralala et le coût des quasi unités spéciales genre 2ème RH. j'ai bien compris que c'est le côté passif et pas cher du système qui fait son intérêt, mais la pertinence du modèle dépend de la portée: c'est secret ou y'a un moyen de savoir?
  20. Tancrède

    L'artillerie de demain

    J'ai été sidéré quand j'ai vu ça apparaître; quelqu'un sait comment ça s'utilise, comment ça s'inscrit dans la boucle du rens, quelle portée ça a?
  21. J'ai pas vraiment l'impression que Zamorana et moi ayons eu la même conversation, parce que son post ne répond en rien au mien :lol:, et apparemment, j'ai été propulsé dans le camp de la méchante "épicerie anglo-angélique" (pour citer Nietzsche). Juste une remarque à ce sujet, pour éviter les postures moralisantes et les très prétentieuses analyses globalisantes de supposés systèmes (ça n'existe que dans les discours): les fondements protestants de l'école de pensée libérale de Locke à Adam Smith sont des analyses rationnelles supposant des contreparties pour garantir un équilibre social, ce qui permet d'affirmer que, grâce à l'inévitable avidité humaine pour le pouvoir, l'argent et la volonté de s'asseoir sur la gueule de son voisin, le "capitalisme", anglo-saxon ou non, n'est que modérément appliqué par rapport à ses principes initiaux et fondamentaux sans lesquels il ne peut correspondre à ces fondements théoriques, pas plus que le communisme pratique, quelle que soit sa forme, n'a jamais répondu aux attentes de la "question sociale". Citons les plus importants de ces principes: - les 5 conditions de marché pur et parfait selon Smith, qui, pour faire court, interdiraient l'existence même de très grandes entreprises pouvant, par tous les moyens donnés par leur taille, fausser la donne d'un marché, autoriser des logiques de domination et de néo-féodalité (telles qu'on les voit actuellement), mais aussi de marchés captifs, d'ententes oligarchiques et, progressivement, de stratification sociale permanente. Par ailleurs, si ces conditions étaient respectées, la pub et la com seraient proscrites et vues comme la perversion qu'elles sont, avec tout ce qu'elles supposent en matière de formatage des esprits, de différenciation sociale par la consommation (toute la société de consommation est là), de ressenti de pauvreté par rapport à des niveaux d'achats trop élevés, d'incitation à l'endettement, de surconsommation.... Et l'accès de tout marché devrait être garanti. - l'éthique qui va avec cette mentalité, qui est celle du partage: certes, dans l'éthique calviniste (apprend à nuancer, Zamo: le luthéranisme rejette la prédestination et s'apparente au catholicisme sur ces sujets, d'ailleurs Luther n'a jamais cessé de se dire catholique et ne voulait pas de schisme), la prédestination et le rapport pacifié, non à l'argent mais à la réussite (référence à la parabole des talents entre autres), incitent à mettre en avant ceux qui ont réussi. Mais dans le même temps, l'idéal qui sous-tend absolument cette éthique calviniste et l'esprit du capitalisme (rappelons le lien décrit par Max Weber) est celui de la frugalité et du partage: la société de consommation est donc quelque chose d'étranger à cette mentalité. Le principe calviniste de l'argent est que tout ce qui n'est pas nécessaire au fait de faire vivre décemment sa famille doit impérativement être mis au profit de la communauté, tant sous forme d'assistance aux démunis qui sous la forme d'investissement productif. De ce fait, on constatera que les protestants Américains, en particulier, sont de très mauvais chrétiens et qu'ils ne préfèrent retenir que la première moitié de cet enseignement (faire du fric sans complexe et en écrasant la gueule du prochain), en rejetant l'autre moitié qui est sa contrepartie nécessaire. Bref, ils ne sont qu'humains ;). C'est encore pire dans le cas des communautés évangéliques d'inspiration calvinistes (il y en a d'autres) qui, dans leur lecture reader's digest de la religion, transforment cela en une vraie idéologie politique, avec une institution religieuse multipliant les abus, notamment financiers, dont le protestantisme était censé être le rejet (idôlatrie supposée, marchandisation des actes religieux, ventes forcées d'artefacts assortis de supposés bénéfices spirituels, équivalent aux indulgences de jadis....). Bref, ils enfreignent la première règle du sermon sur la montagne: "tu ne serviras pas Dieu et l'argent" :lol:. Pour faire court, faut pas confondre dérives et principes. Toi qui es si prompt à démentir la dérive du supposé idéal communiste quand on évoque l'URSS, essaies d'avoir la même approche pour le reste. Pratiquement tous, mais une fois arrivé en haut, "le pouvoir corrompt", et une nouvelle élite se met en place ou se développe lentement. Tout nouveau système, initialement moins pourri que le précédent, se dégrade ainsi jusqu'au point le plus bas de ce cycle entropique, jusqu'à ce qu'un nouveau le remplace: ça peut se faire dans le même cadre institutionnel (on a tort de parler de 13 siècles de monarchie en France comme d'un bloc: quand on regarde de plus près, on s'aperçoit plus qu'il y a 6 à 9 cycles de 1 à 2 siècles), ou passer par un changement complet. Ce qui est condamnable et illusoire, c'est de croire qu'arrivera un système parfait et immuable un jour: c'est de l'ordre du religieux et cela incite au final à tous les extrêmistes. Gardons en mémoire le toast de Talleyrand: "à l'immobilité de l'histoire et.... Au mouvement des affaires". Ca c'est d'une grande hypocrisie: c'est en partie vrai, bien sûr, mais les révolutions, apportant une mentalité opposée, portent en elles des logiques absolues et par essence violentes, surtout à partir de la Révolution française (mais aussi avant). La révolution anglaise, pas celle de 1688 mais celle d'avant (c'est pas une vraie révolution si un roi n'est pas décapité :lol:), a failli prendre ce tournant, mais le sort des armes en a voulu autrement et a permis à Cromwell de l'emporter face à son ex New Model Army qui se soulevait sous les auspices des Puritains et des levellers. Et le cortège de violence est toujours des 2 côtés. Les bolcheviks n'ont pas attendu les interventions occidentales pour se comporter comme des ordures, et il n'y a qu'à lire les intentions de Lénine avant même février 17 pour percevoir l'odeur du sang et de l'inéquité. C'est le propre des idéologies que d'être sans tolérance réelle, même celles qui s'affichent comme fondées sur une supposée ouverture (comme notre faux "libéralisme" actuel, qui n'est tolérant que dans un cadre restreint). Ce sont des logiques absolues et englobantes qui, fondées sur des analyses de l'ensemble du réel sous un angle unique, cherchent à l'y faire rentrer de force quand il s'agit d'appliquer. Je comprends, croit et utilise beaucoup l'analyse marxiste matérialiste de l'Histoire, mais contrairement aux marxistes, je ne la crois pas suffisante pour résumer les mouvements de cette Histoire. On ne peut tout expliquer par le jeu de la Superstructure et de l'Infrastructure, de la propriété des moyens de production.... Cette analyse s'affranchit d'autres logiques fondamentales, avant tout culturelles, traditionnelles et psychologiques qui ont autant d'importance dans l'explication des événements. Pour utiliser la même formule que toi, une analyse fondée sur ce seul raisonnement englobant (je suis un anti-hégélien, donc l'analyse marxiste à base de Hegel et Feuerbach, malgré sa pertinence, j'en vois vites les grosses limitations et les contours) est tout aussi fausse et dépassée que la supposée "analyse anglo-saxonne" que tu évoques comme s'il s'agissait d'un corpus unifié. Pour revenir pleinement au sujet, je dirais que la dictature n'est en aucun cas un plat unique, mais toute une variété: elle peut être dure ou molle, voire invisible. Le principe d'une dictature est qu'elle peut apparaître dans n'importe quel régime, sous certaines conditions, et qu'elle n'est qu'une dérive poussé de la logique de concentration du pouvoir qui est propre à chaque type de régime, mais il ne s'agit pas d'une dérive entropique. Il s'agit d'une réponse, ou d'une conséquence, de la dégradation du régime précédent. Il n'y a pas vraiment de schéma de dictature (hors les grandes lignes), parce que c'est par nature une situation d'exception, une réaction simple et brutale (voire vraiment violente) venant en réponse, ou en correctif, de l'anarchie, du bordel, des insuffisances ou de l'immobilité d'un système complètement dégradé, réaction qui n'a comme but immédiat que le rétablissement de l'ordre et d'un fonctionnement bon an mal an du pays. Mais il faut aussi différencier 3 choses que sont la dictature, la tyrannie et le régime totalitaire. Malgré la diversité des formes, ce sont 3 principes différents: la tyrannie est une dérive centralisatrice/autocratique/technocratique/despotique d'un régime, le régime totalitaire correspond à une idéologie, et la dictature est un événement ponctuel. D'ailleurs, l'histoire même du terme renvoie à une forme légale romaine qui est de fait l'appel à un homme providentiel en temps de crise grave et insolvable par la voir collégiale. C'est le régime des situations de crise, correspondant à la rencontre d'une personne et d'une situation. Supposément, dans la tradition romaine, la dictature est la quintessence de la vertu, fortement liée à l'exemplarité de la citoyenneté (genre Cincinnatus) et au constat pragmatique qu'aucun régime n'est parfait et que, atteignant son point de rupture, il nécessite un sauveur, à supposer qu'existe systématiquement un tel homme en temps de crise. C'est un peu l'inconnue X, le facteur indéfini qui justifie l'équilibre du système. Mais dans ce cadre d'idée et de principe, le dictateur, sitôt la crise passée, est censé se retirer lui-même, sans quoi il devient un tyran et donc la cible légitime d'une exécution légale par tout citoyen. D'ailleurs, aucune dictature ne se perpétue jamais, à moins de changer de nature et de devenir un système, soit idéologique (régime totalitaire, théocratie), soit monarchique, ou encore despotique. Rousseau lui-même évoque la figure hypothétique du dictateur comme contrepoint nécessaire à tout régime démocratique face à une crise, tant il sait qu'aucune constitution ne peut créer de régime parfait. Mais la condition du dictateur est son mandat limité dans le temps, la haute stature morale et l'auctoritas naturelle du personnage, donc toujours le grand problème de la façon de le choisir, et de l'impossibilité quasi complète d'établir un système de choix fiable (l'article 16 de notre constitution n'en est qu'une version, dont l'élégance subtile et le défaut majeur est de rejeter la responsabilité de ce choix sur l'élection du président).
  22. Comme je dis, faut pas surréagir à ce qu'on voit dans les médias et particulièrement internet: ce n'est pas représentatif mais caricatural. Les forums sont des défouloirs où seuls les plus motivés ou tarés sur un sujet donné (amateurs forcenés, comme nous ici, ou tarés isolés ayant besoin de gueuler) s'expriment. Ce ne sont pas des tendances statistiques lourdes, amis des symptômes des extrêmes. De plus en plus nombreux pour ces gars là, c'est quelques milliers de plus, pas quelques millions.
  23. Faut pas sur-réagir à ce que les journaux décident soudain de mettre en première page: les milices d'extrême droite existent depuis longtemps et elles ne se mettent pas tout d'un coup à recruter de gros bataillons. + 54% sur quel effectif? N'est-ce pas avant tout du à la crise bien plus qu'à un président noir qui, de toute façon, représente l'Etat central washingtonien qui est le seul vrai adversaire de ces milices, qu'il s'agisse de paramilitaires ou de survivalistes? Ils ne sont pas armés pour mener une guerre, au pire juste pour faire chier et faire des dégâts. Et faut bien se rendre compte que le plus gros de ces mecs sont des survivalistes, mountain men et autres allumés du genre qui ne veulent que vivre dans leur coin, pas mener une guerre idéologique. Et faudrait pas non plus les voir comme une espèce d'armée de l'ombre coordonnée: ce sont des centaines de petits groupes épars. Ces articles que tu cites sont d'ailleurs plus orientés sur le fait qu'il s'agit d'un phénomène de communication du au fait que, comme partout, les gens aiment se faire peur et évoquer des scénarios catastrophes. Que dans un avenir indéfini, l'Amérique se divise en plusieurs entités, ma croyance en l'Histoire me fait dire que c'est certain: que cet avenir soit proche, j'en doute fort. Surtout qu'en temps de crise, c'est peu probable. Si ça devait arriver dans un avenir relativement proche, ce serait au lendemain de la sortie de crise. Les causes mobilisatrices, surtout chez les Américains qui ont cette tendance adolescente à tout surjouer et à surdramatiser, restent des forces infiniment puissantes. Que les indépendantistes de tous poils, qui existent depuis l'origine des USA, se déchaînent et acquièrent une audience médiatique dans des temps difficiles, c'est aussi naturel qu'amplifié par le côté caricatural des médias modernes. J'imagine bien que Sarah Palin et son mari vont revenir plus visiblement à leurs amours indépendantistes de l'Alaska, ce que confirmeraient leurs dernières déclarations sur le fait de ne plus reconnaître l'Amérique. Au Texas, dans le Vermont, en Californie, en Géorgie, dans les Carolines, en Virginie, dans le Wyoming ou l'Idaho et pas mal d'autres Etats (surtout les "one of them in the middle, ruraux et peu peuplés, particulièrement dans les Rockies), la presse locale aura toujours une partie autocentrée évoquant ces thèmes comme elle le fait depuis toujours.
  24. C'est pas vrai, t'es un immigré ou quoi? Chuis sûr que t'as même pas l'accent, espèce de jeunesse mondialisée, va :lol:. J'exprime ici un grand regret à un commentaire entendu place Stanislas à Nancy (alors que j'avais la bouche pleine de mirabelles glacées.... Ouh, regret), avec le bon accent un peu traînant de Metz: "j'ai mal les pieds les deux". J'en meurs encore de rire (mais sans projections d'éclats de mirabelles glacées maintenant). Mais je vais utiliser la méthodologie du professeur Desproges pour te démontrer que tu es têtu, et que de ce fait, les Lorrains sont tous têtus, comme les Bretons. L'expérience recquiert de porter un Lorrain, en l'occurrence toi, à ébullition, car dans un premier temps, il faut prouver que le Lorrain trempé est aussi résistant aux hautes pressions que l'acier trempé. Es-tu partant?
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