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Tout ce qui a été posté par Tancrède
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Difficile quand même: une guerre contre-insurrectionnelle obéit à d'autres règles. Dans ces conditions, buter l'armée espagnole et le corps expéditionnaire anglais aurait été facile, quoique les Anglais se seraient battu jusqu'au dernier espagnol et auraient rembarqué ;). Mais les guérillas, la population en général, auraient nécessité d'autres méthodes. Quelques bémols: - la logistique, les axes d'appro comme les axes de communication, sont sans arrêt coupés par les guérillas et leur harcèlement constant, obligeant à disperser d'importantes forces de combat pour s'assurer que la majorité des convois peut circuler, mais ceux-ci sont alors alourdis, sont quand même ralentis par l'opposition, et sont donc infiniment moindre. Sans compter aussi que l'interception continuelle des courriers empêche l'intendance de suivre les mouvements des armées qui se déplacent sans cesse. la confusion est grande. - la logistique napoléonienne est plus légère avant tout parce qu'on n'emporte que deux semaines à un mois de bouffe, plus que ça en munition, et point barre. Les lignes d'approvisionnement avec les bases ne concernent que les munitions. La bouffe est prise sur le pays. Et vivre sur le pays dans l'Espagne du début du XIXème, ben.... La cambrousse, c'est un peu un caillou pelé (l'Espagne d'alors a été victime de siècles d'émigration vers les Amériques et ses campagnes sont moins développées qu'au XVIème siècle, phénomène décrit par Gerard Mandeville) pour une armée en marche. Et encore plus avec les pégus en révolte et des armées qui vont et viennent partout. Oh, ben la campagne de 1808 s'est plutôt pas trop mal passée, avec le tondu en personne. Mais du coup, quand lui rapplique, c'est avec la Grande Armée, pas la merdouille qu'il envoie loin de lui (pas folle la guêpe :lol:). Oui, à Sainte Hélène, des années après les événements.... Bien sûr, il y en a toujours, faut pas raisonner en absolus; je parle de la qualité moyenne des troupes. Un commandement a toujours quelques unités d'élite (y'en avait même une ou deux dans l'armée d'Italie :lol:) et unités correctes, mais ce qui compte, ce sont les proportions globales: idéalement, le taux de nouvelles recrues ne doit pas dépasser le quart des effectifs (taux de 1805). Dans la pratique, un tiers de nouvelles recrues est tout à fait acceptable, et même supportable sur une certaine durée, malgré l'attrition (le reste se répartirait entre, mettons, les soldats expérimentés, rôdés, les vétérans, et l'élite). En Espagne et en Italie, non seulement on envoie des unités avec de mauvais soldats (on est à une époque, après les camapgnes d'Allemagne, ou Napoléon draine l'ensemble des forces en faveur de la Grande Armée, et celle-ci en faveur de la Garde) et une très forte proportion de bleus. Pire encore, les bleus qu'on envoie en Espagne ne sont même pas des jeunes sortis de l'entraînement, mais des glands directement sortis du bureau de conscription: leur premier fusil, ils le touchent directement en arrivant en Espagne, avec leur premier uniforme. L'instruction est souvent inexistante et se fait sur le tas. On est en fait dans le cas du bas de la gestion des forces françaises, la Grande Armée concentrant les efforts et les moyens. D'où mon insistance sur les fâcheuses conséquences du fait que Napoléon ait considéré l'Espagne comme un front mineur. S'il l'avait considérée comme un front vital, il y serait allé beaucoup plus, surtout après Tilsitt: il a alors eu entre 2 et 3 ans où il fut peu sollicité sur le plan militaire, et où il aurait pu mener campagne en continu en amenant un outil d'une toute autre qualité, une vision plus approfondie et réfléchie, et sans doute plus d'approvisionnements. Peut-être aurait-il vu les choses autrement avec plus d'attention et le nez sur le problème. Après tout, sécuriser la Catalogne, le Pays Basque, voire aussi l'Aragon, aurait largement pu suffire à créer un glacis de défense. Certes, la question du blocus continental et des portes d'entrée britanniques seraient, dans un tel cas, restées entières pour cette zone. Mais la libération d'un effectif permanent de 150 à 200 000h présents à l'année et le fait d'éviter jusqu'à 300 000 pertes (dont moins de 40 000 en bataille seulement: le reste est mort dans des embuscades de guérillas, et plus encore, comme souvent, de maladie et infections diverses) aurait pu largement valoir ce prix. 200 000h de plus pour les autres fronts et 300 000 jeunes hommes morts en moins, sur la durée: pas si mal....
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?????!!!!! :O :O :O :lol: :lol: Première nouvelle! Et y'a vraiment pas que Walcheren et la Corogne.
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Bon, ben voilà pour Gran Capitan; le sujet est créé et le titre sans ambiguité :lol:. Il s'agit en fait de décrire moins les combat eux-mêmes que l'ensemble des causes et explications des résultats et fonctionnements des forces en présence, régulières et irrégulières (guérillas, mais aussi éléments de renseignement), combattantes et politiques, bref de l'ensemble des parties prenantes dans le déroulement de la guerre. Messieurs, analysez, ne déclarez pas.... Je ferais mon premier post plus tard (un gros pavé, donc là.... La flemme), mais je clarifie mon opinion fondamentale en préambule: la raison la plus essentielle de l'échec de Napoléon fut avant tout la relégation à l'arrière plan de ce théâtre, perçu comme extrêmement secondaire au point de ne pas mettre les moyens (en qualité plus qu'en quantité) à la hauteur des objectifs, et de ne pas l'analyser correctement, se privant ainsi du soutien d'au moins une partie de la population (renverser la monarchie pour la remplacer par une autre, foutre son frère sur le trône, s'aliéner une Catalogne potentiellement favorable à la France révolutionnaire....) et ne traitant pas le conflit correctement. La gestion des postes de commandement fut tout aussi désastreuse. Après ça, il y a aussi les circonstances et contraintes stratégiques fondamentales du théâtre, les Anglais n'ayant quasiment aucune contrainte autre qu'être là (même pas d'obligation fondamentale d'engager un combat: ils n'ont pas d'objectif concret d'anéantissement des forces françaises-hors de leur portée-, pas de contrainte de temps, pas de grosse possibilité d'être acculés, pas de pression sur leurs lignes de communication, pas de contrainte de tenue du terrain....). Les Français en ont beaucoup, et les Espagnols aussi. Pour le cabinet anglais, l'Espagne est un sideshow dans un conflit global, en aucun cas une invasion de la France via l'Espagne; si ç'avait été le cas, 7 ans pour le faire, c'est de la nullité stratégique absolue sachant la qualité des troupes françaises sur place, mais les Anglais ont perdu le goût d'ssayer d'intervenir directement sur le front principal d'Allemagne. En fait, le seul objectif un peu concret des Anglais est d'assurer que le Portugal reste une tête de pont un peu sécurisée.
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Attention, quand je parle du nord de l'Angleterre, je parle vraiment du nord de l'Angleterre, pas de l'Ecosse (où la colonisation viking est plus faible, la terre étant pourrie), c'est-à-dire au sud du mur d'Hadrien (Northumberland....). Et n'oublie pas que les récits médiévaux assimilent facilement le massacre des élites avec le massacre de la population (ils sont assez égocentriques ces aristos ;)), ce qui est rarement le cas jusqu'à la Guerre de Cent Ans. Et les récits médiévaux en général, les chansons de gestes comme les sagas ou les romans de chevalerie (les chroniques sont un peu différentes et ont d'autres règles, même si la vérité reste loin), ne sont pas vraiment des sources très fiables sur la réalité des choses, seulement parfois des indications ou des débuts de piste. Et elles sont là avant tout pour faire plaisir à quelqu'un, chanter ses louanges ou servir de récit édifiant pour l'éducation. Et il reste constant que les analyses génétiques des populations du nord de l'Angleterre montrent justement l'importance de la souche danoise/norvégienne par rapport au reste du pays (de même que dans le nord de l'Irlande et l'est de l'Ecosse). La population scandinave n'étant pas élevée, il n'y a pas eu de gros bataillons pour remplacer les massacrés d'une éventuelle campagne des rois anglo-saxons. La seule conclusion est donc que le gros des colons n'a pas été tué et a pu continuer à faire souche. Quand aux Pictes, n'oubliont pas qu'il sagit avant tout d'une peuplade apparentée aux Celtes, pour ce qu'on peut en savoir, qui n'a donc pas eu tant de mal à se fondre dans la masse (et l'avait déjà fait avec les populations celtes du nord de l'Angleterre) quand la tribu irlandaise des Scots est arrivée aux IVème-VIème siècles. Les vikings arrivent 3-4 siècles plus tard, quand la société écossaise a déjà établi ses bases. Mais ils ne s'installèrent pas en grand nombre sur la terre d'Ecosse qui ne pouvait nourrir beaucoup de monde.
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Ouais, peut-être, mais l'armée russe d'Austerlitz présentait les mêmes défauts que les autres armées régimentaires: concentration des meilleurs dans certaines formations, et des plus mauvais et des recrues dans les autres. Face à une armée plus homogène avec surtout plusieurs centres de décision autonomes (même sur le champ de bataille lui-même) disposant chacun de moyens d'appui (contre un EM centralisé), les problèmes eurent été les mêmes. Certes la qualité moyenne des troupes russes en 1805 était meilleure, résultat de moins d'attrition, mais en 1812, ce fait était compensé par un début de changement organisationnel (premières divisions autonomes et amorces de corps d'armées permanents) permettant une meilleure (en tout cas moins mauvaise) allocation des ressources au niveau tactique. Ne regarde et ne lis surtout pas la série des Sharpe, tu vomirais à grandes cascades :lol:. On est dans la mythification absolue au deuxième degré: c'est pas seulement de la propagande directe faisant des Anglais les meilleurs, mais un double mensonge faisant appel au mythe du simple fantassin-underdog qui connaît la "vraie guerre" loin des clichés sur les belles charges de cavalerie. Du coup, en partant de ce trip sur la "vraie guerre" des bons gars solides de la base, des "vrais fusiliers avec des couilles, des muscles, des poils, un bon coeur et pas de manières", ils invente un autre mythe sur la guerre en prétendant qu'il s'agit du vrai déroulement des combats. A côté de ça, on a tous les clichés rosbifs sur l'Espagnol pas loyal et frappant dans le dos (tempéré par quelques vrais héros espagnosl qui sont.... Ceux qui aiment les Anglais :lol:), le Français fourbe envahisseur et mauvais au combat (ou alors brave, mais con comme un balais et donc toujours inefficace), les aristocrates (militaires ou pas) calculateurs, lâches, incompétents et sans coeur.... Et l'Anglais de base, triomphant, invincible, bon gars et tombeur de ces dames (avec quelques sergents salauds pour tempérer ;)). Là on atteint le degré zéro absolu de l'autosatisfaction britannique.... Parce qu'ils y croient ces cons! Le mythe de la "thin red line" et autres débilités du genre issus de la Waterloo Industry. Il me semblait (et même que c'était là qu'on s'était pris le bec pour la première fois).... Sinon on va en créer un.
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Israël et voisinage.
Tancrède a répondu à un(e) sujet de loki dans Politique etrangère / Relations internationales
Et ouais, c'est toute l'ironie de ce type de conflit: le mouvement terroriste tue, mutile et terrorise autant sa propre population que l'Etat constitué d'en face, mais la dite population se tourne vers lui. Pourquoi? Le désespoir, l'impuissance, la rage, l'absence de solution et de vision d'une porte de sortie. Même à ce stade, il y a encore une différence entre le Hamas et Israël pour les Gazaouis pris entre deux feux aussi meurtriers: le Hamas est avant tout fait des leurs (au sens ethnique, religieux, familial et de proximité). Malgré le fait qu'il s'agisse d'enculés sans beaucoup de considération pour eux, tout comme Tsahal (je parle de façon dépassionnée: une armée se comporte toujours comme une bande d'enculés quand le combat fait rage, par pragmatisme, réflexe de cohésion et souci d'efficacité immédiate), ils sont des leurs. Et le Hamas travaille cet aspect par sa politique sociale, que celle-ci soit liée à une part de réel souci de la population ou à de simples considérations de relations publiques, d'image, de constitution d'une assise et de recrutement. Mais même cette politique sociale ne serait au final pas forcément nécessaire: il suffit de voir l'exemple algérien pour cela. Le FLN n'a pas vraiment fait dans la charité, et a tué, torturé et mutilé bien plus d'Algériens que l'armée française. Mais la répression française fut bien plus mal vécue, et c'est au moment de la bataille d'Alger, pourtant très victorieuse, que l'on a commencé à perdre une part significative de la population, simplement parce qu'entre la terreur de l'un et la terreur de l'autre, on se replie sur les siens. Sans doute aurait-il fallu avoir la force de choisir de maintenir l'Etat de droit (et de commencer plus tôt les campagnes d'alphabétisation, de sécurisation et de soins des populations) malgré les pertes civiles pour réellement cantonner le FLN à l'image de pur mouvement terroriste pour la population. De même, Israël choisit les mesures d'exception, plus satisfaisantes pour sa population à court terme, se couvrant par les déclarations du style "on ne fait pas la guerre aux Palestiniens" et les termes pudique de "dommage collétéral" (qui a du mal à être crédible passé un certain niveau de morts et de blessés) et de "mur de sécurité" (qui cache mal le fait de ghettoisation effective et de blocus total vécus par les populations). C'est bien sûr un choix difficile, voire impossible, d'accepter une part inévitable de pertes civiles de sa propre population, mais c'est pourtant la seule réelle option de long terme pour l'Etat qui est en position de force et pour les dirigeants qui ont de la marge de manoeuvre. De fait, la seule autre option serait que les Palestiniens dans leur ensemble comprennent et acceptent qu'ils doivent subir des pertes pour que le Hamas soit éradiqué et que l'autorité palestinienne puisse pacifier le territoire. Ce qui supposerait aussi que la dite autorité soit respectable et crédible. De fait, par sa politique, c'est ce qu'Israël exige des Palestiniens sans le dire directement, ce qui fait beaucoup à demander à une population exsangue, menacée, affamée, décimée et pressée de toutes parts, avec un niveau d'éducation pas fabuleux. Et surtout quand ça vient de la part d'un Etat qui les bombarde depuis longtemps. Bref, ça n'a aucune crédibilité. L'effort d'acceptation des pertes ne peut venir que de la puissance dominante, avec des dirigeants qui ont le temps et l'espace pour réfléchir et devraient avoir la maturité d'aller contre leur population; simplement parce que ce sont eux qui le peuvent. Mais la vraie question reste entière: la plupart des décideurs de part et d'autres veulent-ils vraiment une paix de compromis? Acceptent-ils réellement l'autre? Je sais qu'on entend partout "tout le monde veut la paix", voire que la majorité partout est prête à une vraie paix de comromis impliquant un Etat palestinien vraiment viable. Mais qu'en est-il vraiment chez les leaders d'opinion et les décideurs, et leur façon de voir la sécurité de leur population à long terme, pour ne même pas parler des dimensions idéologiques de leurs pensées? Quoiqu'il en soit, l'exigence du zéro mort, zéro roquettes, zéro bombardement, zéro rétorsion comme préalable inconditionnel, est juste de la façade politique, un prétexte utile pour faire lanterner, au moins autant qu'il s'agit d'une vraie exigence, mais totalement irréaliste, et dont le devoir d'un politicien responsable serait de dire en face aux populations que c'est impossible. Toute autre attitude est démagogique et irresponsable, quand elle n'est pas purement hypocrite. Peut-être aussi cela correspond t-il aux limites de la pure démocratie d'opinion qui empêche les leaders forts de céder aux sirènes du sentimentalisme court termiste. Parce qu'à l'arrivée, la situation actuelle continuera à tuer quelques israéliens et à en rendre paranos beaucoup, et à tuer beaucoup de gazaouis et à en envoyer beaucoup dans les bras du Hamas. Les stratèges israéliens feraient bien de s'inspirer des principes de la guerre contre-insurrectionnelle et non seulement des méthodes du combat contre-insurrectionnel, afin de faire des gazaouis leurs alliés contre le Hamas. Mais là encore, la question reste celle de l'intention initiale: les décideurs des deux camps veulent-ils vraiment un Etat palestinien viable coexistant avec un Israël reconnu et accepté? -
Ouaif, enfin pour des adversaires plus professionnels et rationnels, en regardant des tarés s'agiter, il devait toujours y avoir quelqu'un pour se dire "tiens, y doit y avoir un village à qui il manque son idiot". Ceci dit, je rappelle une fois encore que le débat sur l'existence ou non des berserkers reste ouvert, aucune preuve concluante ou infirmante n'ayant pu vraiment être définitivement établie. Bien que ça n'ait rien d'impossible et qu'on trouve des équivalents dans d'autres cultures, indo européennes (celtes, grecs, slaves....) ou non (en Afrique notamment, mais aussi au Japon et chez beaucoup de peuplades animistes en Amérique du Sud, chez les indiens d'Amérique, en Indonésie ou dans les îles du Golfe du Bengale), cela peut aussi rester de l'ordre du mythe exprimant une croyance et une fascination certaines pour la frénésie guerrière, application au combat de l'aspiration de l'homme à l'absolu autant qu'attirance des cultures païennes pour la sauvagerie animale. La rage guerrière souvent interprétée comme la possession par un esprit animal et/ou divin autant que par l'état d'esprit du guerrier, n'est pas un phénomène unique, sachant que souvent, dans ces types de cultures animistes, les sorciers, prêtres et magiciens sont sujets à de telles transes et possessions (qu'il s'agisse d'un délire du à une drogue, l'excitation ou l'autosuggestion, ou bien qui sait ;)....): le vaudou en est un exemple célèbre, de même que les religions shamaniques. Il reste qu'au final, le berserker et ses analogues sont moins un sujet d'admiration chez les scandinaves qu'ils ne sont des sujets de fascination (impliquant donc attirance et répugnance en même temps), de même que chez les celtes et les autres peuples germaniques: on respecte et on craint ce phénomène, on l'admire mais on le veut à l'écart. Peut-être au final n'est-ce que l'un des multiples aspects de la façon dont une société traite ses fous et ses originaux, ne sachant vraiment quelle place leur accorder et n'arrivant pas à vraiment s'y adapter autrement qu'en les mettant à l'écart. De ce point de vue, je pense qu'on trouvera moins de traumatisés chez les berserkers que de marginaux, de fous, de fanatiques religieux à l'esprit trop faible.... Voire de camés, que ce soient aux baies toxiques, champis hallucinogènes, racines de peyotl, ergot de seigle, hashish.... Tous les pays ont leurs substances qui rendent bizarres. Mais l'intervention de drogues pour un tel effet me semblerait marginale s'il n'y avait pas des sujets prédisposés à les prendre.
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Maintenant, je ferais un petit aparté sur le chauvinisme dans ces débats historiques, sur cette période (oui Gran Capitan, c'est pour toi aussi :lol:, mais juste pour préciser un point afain qu'on ait plus de posts techniques et analytiques et moins de confrontations sur le fait de dire que telle ou telle armée, et donc nation, est intrinsèquement plus forte ou plus faible): quand on évoque la qualité moyenne des troupes (en tout cas quand moi je le fais), c'est avant tout pour expliquer ce qu'elles peuvent et ne peuvent pas faire, et généralement ça ne décrit pas la qualité moyenne de toutes les troupes d'une nation, mais celles d'un théâtre, voire d'un corps d'armée ou d'un type d'arme en particulier (les dragons restent par exemple une arme contestée, au bilan mitigé, à cette époque). Le chauvinisme serait de dire qu'une unité ou une arme est meilleure intrinsèquement, en raison de son origine, ou de ne trouver des excuses qu'à un camp pour ses foirades. Tel n'est pas mon propos. Sur l'affaire espagnole (et Gran Capitan, on peut relancer le topic quand tu veux: tu sais sous quel nom il est? J'arrive pas à le rechoper), je crois en fait que ce théâtre n'était pas, militairement parlant, d'une très haute qualité tactique vu la nature des troupes qui s'y confrontaient (et on passera les guérillas, sans doute l'arme dans son ensemble la plus meurtrière de ce théâtre, en raison de son caractère hautement peu militaire). Les Espagnols avaient, au départ, une armée (comme la flotte d'ailleurs) mal entraînée en raison des difficultés financières de la couronne; pour le reste, elle présentait les mêmes défauts que les autres armées monarchiques régimentaires de l'époque (corruption, caste d'officiers peu qualifiés, pas de grandes unités permanentes, conceptions antiques....). Par la suite, elle n'a pas pu vraiment devenir un outil stratégique en raison de la division de l'Espagne, pas vraiment le meilleur cadre pour former, structurer, équiper et entraîner l'armée idéale. A côté de ça, on avait une armée française dont j'ai évoqué les défauts (division du commandement, concurrence des maréchaux, mauvaise qualité des troupes, jeunes et peu entraînées....) et les handicaps sur le théâtre (lignes de communication et appro saturées par les guérillas, harcèlement constant, renseignement minime, contraintes de tenue, de police et de pacification du terrain en plus de la guerre....). Et l'armée anglaise n'était pas vraiment un outil grandiose: lenteur et lourdeur extrême, encadrement généralement peu qualifié, obligation de la garder groupée pour maintenir la cohésion (sa seule vraie qualité étant l'entraînement au tir de salve), nécessité de garder un train énorme.... Au final, de l'oeil du technicien, la guerre en Espagne n'était pas d'une haute tenue technique; vraiment un spectacle lamentable, mon cher, pfouh :lol:! En Russie, tous ces malades et ces morts de froids, ça vous gâche le paysage et ça vous enlèverait presque le goût des belles manoeuvres. Il est amusant de rappeler les commentaires de Napoléon sur les troupes russes: d'un point de vue général, les soldats russes sont les troupes étrangères que le tondu a le plus admiré, les voyant comme les plus capables (après les Français naturellement, ou avec selon l'humeur ;)) et surtout, enviant le fait que, comme les Français, ils se conduisaient bien sous le feu et pouvaient tout faire, mais surtout.... Qu'ils ne râlaient pas en le faisant :lol:.
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C'est toujours la même chose à toutes les époques: des images d'Epinal se forment, c'est plus glorieux que montrer les tripes à l'air, les hommes qui gerbent ou se pissent dessus, ceux qui hurlent, pleurent ou s'enfuient.... Mais même sur le "basic warfare", les images ne les montreront jamais en train de fatiguer, de faire des gestes parfois hésitants, même pour les plus rôdés d'entre eux, avoir un uniforme laissant trop à désirer (sauf quand la mode de l'imagerie est au type du soldat révolutionnaire ou du partisan). Un exemple analogue est celui des hoplites: lors des guerres du Péloponèse, il n'y eut quasiment jamais d'affrontement de hoplites. 90% des combats furent faits par des marins ou des fantassins légers dans des affrontements rapides et sanglants, sans règles et sans pitié, mais l'imagerie de la guerre rete celle du noble et courageux hoplite affrontant loyalement ses adversaires sur terrain plat. Et même la confrontation de hoplites était quelque chose d'indescriptible sans rapport avec l'iconographie qu'on en garde: tenir le bouclier du hoplite à bout de bras plus de 20 minutes est un effort monstrueux, donc pas mal devaient tomber, ou ne pas être tenus à la bonne hauteur. L'équipement pesait un âne mort et devait avoir le même effet. Sans compter la tripe, les cadavres et les mecs qui se faisaient dessus dans la phalange. Et plus encore, on ne devait pas voir plus loin que son voisin dans cette confusion: l'alignement des lances qu'on se représente devait plutôt ressembler à un bordel ne faisant pas autant de dégâts qu'on l'imagine en raison de la densité de ces formations lors de leur confrontation (la poussée devait être l'essentiel de la confrontation, jusqu'à ce qu'une formation craque). Et comme tous les équipements se ressemblaient, les cas de "friendly kills" étaient très nombreux. Le friendly kill et le friendly fire sont l'épitome de ce qui n'est pas représenté dans l'iconographie guerrière: ils ont toujours prélevé un tribut élevé, et encore plus avec les armes de jets puis l'artillerie. Il est à peu près certain que les moyens de contrôle actuels font que ces friendly kills n'ont jamais été aussi peu nombreux qu'aujourd'hui, Antiquité comprise. Un autre point que j'adore dans le décalage entre iconographie et réalité, pour lé période napoléonienne, est la réalité des charges de cavalerie, déjà évoquée plus haut, sans doute parce qu'il s'agit de la plus emblématique des armes de l'époque, le truc le plus sexy (les paras ou FS du temps, quoi). La plus grosse partie d'une charge se faisait au petit trop ou au trot enlevé, ne passant au galop que dans les tout derniers instants, et particulièrement dans le cas de la cavalerie lourde dont les chevaux (par ailleurs souvent affinés dans les tableaux, alors que les cuirassiers et équivalents étaient sur de frisons ou des percherons) devaient porter des hommes de grand gabarit alourdis d'une armure, et ce pendant des heures de marches, contre-marches, charges, replis, manoeuvres.... Et la charge d'un carré d'infanterie était un ballet qu'on ne représente jamais: les cavaliers restent en limite de portée de tir du carré, allant et venant afin d'asticoter les jeunes recrues et les soldats un peu nerveux (surtout après des heures de bataille et d'attrition ayant énervé les hommes et réduit l'effectif de sous-offs et officiers, voire les vétérans, capables de les tenir) afin d'en faire tirer un ou deux. Le fait qu'un coup parte du carré a tendance à entraîner le reste du carré à tirer, par panurgisme, nervosité, panique, ignorance de la situation, méconnaissance du procédé.... Dès que cet effet est obtenu, les armes sont déchargés, et généralement pas seulement celles du 1er rang, mais bien tout un côté du carré: les cavaliers chargent alors en masse, passant au grand galop dans les 100 derniers mètres afin de maximiser l'effet de choc pendant les 20 à 40 secondes que dure le rechargement. Les hussards, dragons et chasseurs sont particulièrement doués dans cet asticotage: quelques cavaliers se relaient pour aller parader dans la zone de tir du carré, défiant les fantassins de tirer, puis, si ça ne suffit pas, sortant leur mousqueton et tirant quelques coups dans le carré. On oublie aussi, dans tous les mythes, qu'une avance d'infanterie ne se fait jamais par des colonnes, lignes ou carrés directement, mais que les unités de ligne sont précédées de nuées de fantassins légers répartis en tirailleur (le nom du déploiement vient d'eux et de l'époque napoléoniennne quand même), par petites équipes de 2 hommes assaisonnant les unités adverses et visant les officiers et sous-offs comme tout bon sniper doit le faire, en profitant du moindre repli de terrain. Pas mal d'officiers anglais à Waterloo évoquent la terreur de leurs hommes face aux tirs de l'infanterie légère française, utilisée dans des proportions que les Anglais ne connaissaient pas (ils se vantent tellement de leur "light division" et des Baker Rifles en oubliant juste qu'il ne s'agissait que de quelques régiments, et que le Baker était une arme certes précise, mais avec la plus mauvaise cadence de feu de la période, et nécessitant un nettoyage après quelques tirs seulement). A noter que les bataillons d'infanterie de ligne pouvaient aussi remplir des devoirs d'infanterie légère dans ces types de déploiement sur le champ de bataille.
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Tout à fait, c'est d'ailleurs exact et très révélateur de l'opposition des organisations militaires entre le système "moderne" réellement inventé par Napoléon (à partir de débuts de réalisations déjà en place, d'innovations récentes et d'idées avancées depuis plus ou moins longtemps; on connaît les noms, avec Guibert, Bourcet, Gribeauval, De Broglie, le Maréchal de Saxe....) et le système des armées professionnelles traditionnelles des monarchies européennes. Ce dernier n'impliquait pas de grandes unités constituées, seulement des alignements de régiments d'infanterie à 2 ou 3 bataillons et de cavalerie à 3 ou 4 escadrons, seules unités organiques dont le rassemblement en brigades et divisions n'était qu'occasionnel, ces grandes unités étant des improvisations sur le moment, sans moyens organiques ni personnels fixes. En bref, il n'existe aucune structure de commandement entre le commandement général de l'armée (le souverain directement, ou son général en chef) et le colonel chargé d'un régiment. Les officiers généraux chargés des brigades, d'une colonne ou d'une aile de l'armée, ne sont pas permanents et doivent improviser leur organisation pour un temps de mission donné, parfois limité à une saison de guerre. Et les unités sous leur commandement ne sont que temporairement regroupées. Du coup, le système limite les capacités stratégiques des armées régimentaires: l'absence de structures permanentes de commandement de grandes unités empêche une vraie capacité à la coordination de plusieurs de ces grandes unités, et plus encore limite dramatiquement l'aptitude au combat interarme. Ces armées sont monobloc, n'ayant en fait qu'une armée principale lourde et peu manoeuvrante (et se congestionnant elle-même sur un faible nombre de routes) et des détachements annexes, contrairement à l'armée française dont l'organisation divisionnaire (après 1760 et le maréchal de Broglie, mais surtout avec la Révolution), puis surtout fondée sur le corps d'armée à partir de 1804, permet de décentrer le front, donc de l'étendre et de maximiser la capacité de mouvement et d'organisation rapide tout en gardant, et même en étendant la puissance de feu. Sur le plan des unités élémentaires, le système régimentaire a un vice majeur qui est de favoriser la constitution, parfois jusqu'à la caricature, de régiments forts et de régiments faibles, résultat de phénomènes de concurrence, de logiques de hiérarchies autant entre les unités qu'entre leurs officiers (impliqués dans les systèmes de cours, la course aux faveurs....). la logique comptable de ces armées va vers la concentration de la qualité, aux dépends de l'homogénéité, défaut qui devient particulièrement criant face à une guerre longue avec des taux d'attrition élevés, mais surtout face à une armée décentralisée fondée sur une conscription large. L'adversaire a beaucoup de points forts et de points faibles contre votre seul point très fort et vos gros points très faibles. Et avec le temps et l'attrition, votre point très fort diminue qualitativement bien plus vite que ses points forts. Là, c'est arithmétique. Les Anglais ne font pas autrement, et ça aurait pu leur coûter cher en Espagne, tant des unités de bleus, facilement énervables, ont déconné avec les populations civiles au point de concourir à un climat de méfiance que les comportements des commandants dans la coopération n'ont fait que renforcer. Napoléon a commencé à succomber à ce défaut en agrandissant la Garde au-delà de toute mesure (près de 120 000h en 1812): le gros de cet effectif (les Jeune et Moyenne Gardes) devait faire du turn over pour être une école à sergents, mais le système n'a pas été en place assez longtemps pour qu'on puisse savoir s'il aurait fonctionné. En attendant, cela a drainé à court terme les meilleurs effectifs de l'armée, entre 1809 et 1811, même si le phénomène a été relativisé par ces deux années de paix relative (pour le gros des forces) qui ont permis d'accroître l'entraînement et de faire regrimper la qualité moyenne des troupes destinées à la Grande Armée. Sans doute Napoléon n'aurait pas créé ce système si les années 1810-1811 n'avaient pas été calmes. Mais là encore, on constate l'erreur fondamentale de considérer le front espagnol comme secondaire, erreur qui a incité Napoléon à continuer à drainer les soldats de l'armée d'Espagne sitôt qu'ils s'étaient dégrossis et y avaient fait leurs classes. Je renvoie à ma description du système pyramidal de l'organisation des armées françaises (les armées d'Espagne et d'Italie, mais aussi les garnisons dans une certaine mesure, sont au service des effectifs de la Grande Armée, les effectifs de la Grande Armée sont au service de la Garde).
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Surtout qu'il faut pas me la passer à certains endroits, espèce de petit dégoûtant :lol:. Merci pour la pommade, ça reste bon même quand il n'y a pas d'irritations ;).
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Israël et voisinage.
Tancrède a répondu à un(e) sujet de loki dans Politique etrangère / Relations internationales
Ca c'est de la forme politique: tout le monde s'en tape tant les mots ne sont rien face aux faits. Ca peut même être ressenti de façon injurieuse. J'ai déjà précisé mon point il y a quelques temps sur ce sujet, mais là, dire que ce genre de déclaration a le moindre début d'importance, surtout de la part d'un politicien décrédibilisé bien avant la dernière opération, ça relève du domaine du fantasme. Ca fait presque penser aux martiens de Mars Attacks flinguant à tout va en gueulant dans le traducteur "nous venons en paix, nous sommes vos amis". Ou encore le mec qui en frappe un autre en disant "ça me fait plus mal qu'à toi". Si ce genre de déclaration a un effet, il ne peut qu'être contre-productif, tant sa formulation sera ressentie comme une hypocrisie: c'est sentimentalo-dégoulinant et ça semble sortir d'une mauvaise série américaine. Une autre formulation, plus dure et réaliste, sans larmoyance, aurait peut-être pu produire un effet relativement positif, du moins dans certains endroits. Mais Olmert n'est certainement pas le mec capable de faire ça, ni le mec qu'on voudra voir faire ça. -
Ca marche plus sur ce site, du moins de mon ordi (ça marchait avant, et ça marche sur un autre forum où je suis); si je fais un retour, je tombe sur une zone de texte vierge. La première fois, je crois que j'ai hurlé (je devais avoir fait un post bien tancrédien, genre pavé garni). Hurlé presque autant qu'un mec que j'ai entendu entrer en rage berserk pendant mes 3 jours, lors du passage en cabine interactive pour les tests psychotechniques (ceux qui l'ont fait, c'était au moment où ils inversaient les pédales et les manettes dans le petit jeu avec la fusée dans un labyrinthe: j'étais mort de rire, mais le mec dans la cabine d'à côté a tapé sur les parois en hurlant :lol:).
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On regrette toujours de pas avoir quelqu'un à achever à coups de tatanes dans les côtes (pour boire du calva dans son crâne après, naturellement ;)) quand ça arrive, hein? Après chaque paragraphe, je copie ce que j'ai écrit, ça limite sévèrement la casse, et surtout la frustration (on regrette d'ailleurs moins la quantité d'écrits que les quelques lignes marrantes ou bonnes formules qu'on peut sortir à l'occasion: vanitas vanitatum :lol:). J'ajoute une note à propos de l'esprit militaire viking: formulé ainsi, il s'agit d'un non-sens. La culture viking, du moins pour les questions liées à la violence et au combat, est avant tout guerrière et en aucun cas militaire. Une culture militaire ne peut naître que dans le cadre d'Etats constitués et stables; en fait, on assiste justement au cours de la période viking du VIIIème au XIème siècle, à une phase de transition de la culture guerrière vers une société féodale à esprit pré-militaire, évolution entraînée par les changements structurels de la société scandinave au travers de son expansion, avec la constitution d'élites franchement féodales, de hiérarchies sociales infiniment plus marquées qu'au début de la période, et d'une catégorie numériquement non négligeables de combattants professionnels. Cette évolution est comparable à ce qu'on a pu voir ailleurs en Europe: les Grecs de l'Iliade sont encore clairement une culture de guerriers, bien avant que n'arrive la révolution hoplitique et l'âge du paysan-soldat et de la Cité-Etat avec son armée de conscription. La réforme de Marius donne remplace l'armée de conscription romaine par des armées professionnelles et clientélistes portant en germe la guerre civile et la mort de la république, puis l'avènement de l'Empire, au moins au même degré que l'expansion de la cité italienne en méditerranée (ce sont d'ailleurs 2 phénomènes auto-entretenus dont les USA devraient se méfier de nos jours).
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Bien sûr, la Norvège est une entité culturelle bien concrète avant ça; je parlais en tant qu'Etat indépendant et constitué. Attention, j'ai pas dit ça, ou alors je me suis mal fait comprendre: Norvégiens et Danois sont les vikings que nous avons connu en occident; mais ce que j'ai dit est que la Suède et le Danemark sont les entités étatiques et nationales qui sont sorties, historiquement, de la période viking en tant qu'Etats vraiment constitués. La Norvège en tant qu'Etat n'existe pas à cette période: son histoire est pendant longtemps consubstantielle de celle du Danemark, notamment dans leur genèse confondue sous Knut le Grand. Dans l'imaginaire, les Norvégiens sont même les plus vikings des vikings en raison de leur pays: on imagine avant tout le viking dans son grand fjord glacé :lol:. Mais il ne faut pas trop les appeler norvégiens ou danois à l'époque: chaque fjord, chaque vallée, est une nation viking en soi (comme les tribus gauloises avant la conquête romaine, oules Cités-Etats grecques) pendant le gros de la période. Norvégiens et Danois sont des perceptions rétrospectives auxquelles il ne faut pas trop donner d'importance pour cette époque. Les Suédois, ou Svears, sont plus à part, en ce qu'ils ne participent pas de l'aventure occidentale et sont séparés des autres groupes par la barrière naturelle du centre de la péninsule scandinave, n'interagissant pas beaucoup avec les groupes occidentaux autrement que par un commerce occasionnel en mer Baltique. Pas vraiment non plus: les dirigeants vikings sont chassés ou tués par les rois anglo-saxons jusqu'au point final de 1066, mais la population du nord de l'Angleterre est en grande partie faite de descendants des vikings, et pas tant des Norvégiens que des Danois, alors plus fréquemment appelés Jutes (du Jutland). Mais l'Angleterre a gardé le souvenir du Danelaw ("la loi des Danois", soit la zone de contrôle effectif des Danois) et du Danegeld ("l'argent des Danois", soit le tribut annuel), bien qu'il s'agisse en fait d'une appellation générale incluant aussi bien des Norvégiens que des Danois. Donc les rois anglo-saxons n'ont pas vraiment massacré la population de colons scandinaves, préférant la mettre sous son contrôle; en ce sens, la conquête normande de Guillaume le Bâtard fut infiniment plus violente et sanglante, particulièrement dans le nord. Mais les chroniques méiévales ont tendance à écrire qu'on a massacré tous les êtres humains quand on a massacré les élites (comme pour les empereurs romains dont les chroniques sont souvent le fait des classes sénatoriales anti-impérialistes; dans les faits, l'essentiel des empereurs n'a pas beaucoup fait de mal aux populations, mais quand il y a des révolutions de palais, le meurtre de sénateurs et d'élites est présenté comme un génocide de la race humaine :lol:). Là à mon sens, tu te fais des constructions (il en faut, elles font plaisir ;)): les Suédois n'ont pas moins bataillé et ne s'écrasaient pas nécessairement contre les forts (il est d'ailleurs amusant de noter que l'endroit où Svears et Danois-Norvégiens se sont le plus rencontrés, c'est dans la Garde Varègue des Basileus :lol:). Et les armées danoises, comme norvégiennes, ne naissent qu'à partir du Xème siècle en raison des évolutions que j'ai évoquées plus haut: Norvégiens et Danois ont connu une évolution similaire, et les Danois n'ont pas moins exploré que les Norvégiens. Moi, sur une mer un peu chargée, si je prenais des champis, je sauterais pas à l'eau.... Mais c'est sûr qu'une part de moi irait dans l'eau :lol:. C'est toute l'ironie des cornes chez tous les indo-européens, du moins en période païenne: cornes=pouvoir, c'est donc un attribut de chef que l'imagerie a fini par généraliser avec le temps. Chez les celtes aussi, les ailes ou les cornes aux casques sont avant tout des symboles de pouvoir (les cornes étant la référence à Cernunos, le dieu cornu), tout comme le célèbre casque à cornes et cimier d'Alexandre le Grand (ou la version militarisée et standardisée des différents types de cimiers chez les Grecs et Romains). Je précise que le côté maternel chez moi n'est pas normand, mais norvégien ;) (grand-mère née norvégienne, plus tard naturalisée suédoise, ce qui fait que mes cousins sont partout dans la péninsule, entre Göteborg, Malmö, Uppsala, Oslo et Trondheim). Donc pas de cuisine à la crème :lol:, mais directement des harengs marinés et de la viande de renne.
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Pas tellement non plus pour l'essentiel de la période, avant tout parce que l'économie scandinave était alors assez peu monétarisée: le troc avait largement plus droit de cité en général. Mais plus encore, le butin en métaux précieux était bien souvent conservé pour lui-même et sa valeur de réserve éventuelle; les scandinaves avaient plus tendance à se parer et à parer leurs familles et leur baraque des objets précieux raflés lors d'un raid. La logique de concentration capitalistique du butin et donc à son usage sous forme numéraire, n'intervient que plus tard, vers la fin de la période, et accompagne en fait la concentration progressive de la puissance, du pouvoir et de la richesse au sein des sociétés nordiques, comme constitutif naturel de la hiérarchisation radicale de cette société jusqu'à la fondation de grands royaumes. Tant que la société scandinave était limitée à des territoires de quelques villages et petites bourgades assez éloignés par les distances, la géographie (zieutez un peu les côtes de Norvège) et le climat, une économie monétarisée était assez peu logique, et ce d'autant plus que la quantité de métaux précieux était encore limitée. L'irruption de quantités plus conséquentes donc fini par apporter des changements, dont sans doute une période inflationniste à un moment ou à un autre, mais somme toute, ça n'a pas du être très impactant. Cvs, les vikings, c'est un peu l'un des tout premiers sujets historiques auxquels je me sois intéressé en profondeur, alors j'ai pas vraiment de mérite, juste un peu d'avance; si je savais lire les runes et commenter les sagas et poèmes épiques dans le texte (parce que les traductions de la saga d'Harald Hardradi et autres trucs du genre, c'est un poil long et chiant), là je frimerais vraiment.
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L'existence ou non des berserkers n'est pas certaine et reste encore débattue quoiqu'elle n'aurait rien d'impossible, de nombreuses autres cultures païennes ayant des équivalents: les Celtes, par exemple, mentionnent de nombreux cas de guerriers capables de frénésie guerrière (l'un des plus célèbres étant le Ard Ri -ou Haut Roi- irlandais Slaine, mais les récits gallois du proto-personnage dont on a tiré Arthur lui attribuent cette capacité, et César mentionne des guerriers, mais aussi des druides, entrant dans cet état), et les francs étaient connus pour leur furie guerrière dont la fougue chevalière a hérité mythiquement sous le nom de furia francese. Toute culture guerrière glorifie ceux qui entrent dans un état second leur faisant mépriser le danger que cet état ait besoin de drogues ou non. Pour Erik le Rouge, fondateur du royaume de Groenland, il y a en effet d'un exil suite à une querelle, qu'il s'agisse d'une vendetta ou carrément d'une concurrence de clans avec un objectif de pouvoir. A noter que la découverte du Vinland (le Labrador) par son fils, Leif Eriksonn, sera elle la résultante d'une entreprise d'exploration commerciale tout à fait régulère. Si le climat de la Scandinavie est difficile, celui de l'Islande est à chier, et celui du Groenland est juste de la merde, malgré le redoux des XIème-XIIIème siècles. Ces terres ne peuvent donc héberger beaucoup de monde. Mais majoritairement, les raids semblent plus avoir été une activité économique complémentaire à l'agriculture, rendue plus nécessaire par la pression démographique, mais surtout, surtout, mille fois surtout, plus attractive par le bénéfice qu'elle permettait. Ce bénéfice était énorme: piller les villes côtières, et plus encore les monastères et églises était très facile et rapportait de grandes quantités de métaux et objets précieux. Et le tout pour une opposition quasi inexistante, donc un coût limité à l'armement des navires. Ce rapport bénéficiaire énorme a attiré une part croissante de la société scandinave vers cette activité complémentaire, et incité une part significative à en faire une activité unique. Cette dernière part est devenue purement guerrière et aristocratique, ou bien mercenariale (notamment dans la Garde Varègue), encourageant le lancement d'expéditions de plus en plus grandes, nécessitant pour ce faire des sociétés plus vastes, plus structurées et mieux contrôlées faisant régresser l'autonomie locale, l'égalité relative des hommes du nord et la liberté individuelle au profit de logiques de hiérarchies sociales infiniment plus prononcées. L'expédition de 885 en est un premier avatar qui permet de réunir autour de 30 000h, chiffre énorme pour les populations du Danemark ou de la Norvège. Au Xème siècle, nombre de chefs vikings peuvent rassembler régulièrement des milliers d'hommes (alors qu'au début de la période viking, dans la 2ème moitié du VIIIème siècle, les expéditions rassemblaient rarement plus de quelques dizaines de guerriers, tous marins, paysans et guerriers), dont une proportion importante de professionnels de la guerre. Au XIème siècle, on a de véritables armées organisées dirigées par un nombre très réduit de souverains bien établis que Knut le Grand finit par dominer. A ce stade, le christianisme finit par être encouragé par les souverains comme outil de pouvoir, suivant le même raisonnement observé par les rois germaniques en Europe occidentale aux Vème-VIème siècles, et en Europe orientale aux Xème-XIème siècles (notamment en Russie). On notera aussi qu'au fur et à mesure de l'accroissement de l'activité de raids, le bénéfice s'amoindrit, tant en raison de la réduction des richesses à prendre (elles sont de plus en plus protégées par des régions qui se méfient et se défendent, elles sont moins nombreuses en raison des pillages répétés, mais aussi en raison de l'apauvrissement de l'occident pendant la période des guerres civiles ou encore de l'accroissement mathématique de la concurrence d'autres vikings plus nombreux pour un gain moindre), qu'en raison de l'accroissement du coût des expéditions (plus de monde, il faut aller plus loin dans les terres....). Logique purement capitaliste: un nouveau marché est de plus en plus exploité et voit de plus en plus d'acteurs y intervenir jusqu'à ce que le bénéfice s'amoindrisse au point de devenir nul. La logique aristocratique qui se substitue lentement à la logique commerciale fait changer la nature des expéditions (et de la société scandinave) à partir de la fin du IXème siècle: la migration et la conquête deviennent des objectifs qui prennent de plus en plus d'importance, le raid de rapine disparaissant peu à peu, jusqu'à l'apogée knutien. Les archers encore, ils ont ce genre de truc: beaucoup de guerriers sont capables de tirer à l'arc, comme le prouve l'importance de la couverture d'archerie lors du siège de Paris. Mais il est vrai que, comme dans beaucoup de cultures guerrières (hors les peuples cavaliers des déserts et steppes, à la culture spécifique), l'archer n'est pas vraiment l'idéal du brave, donc il n'y a pas d'archerie spécialisée. 90% des opérations vikings ont en fait comporté peu de combats: des massacres de civils et de religieux oui, quelques confrontations avec des milices locales, certes, voire peut-être quelques seigneurs locaux ici ou là avec leurs quelques guerriers, mais bien rarement des oppositions avec des forces organisées. Ils cherchaient d'ailleurs à les éviter. C'est une logique "opération spéciale": "eyes on the price" est la seule devise. Et les ravages sur les lieux et les personnes (rapts de gens réduits en esclavage, meuretres, mutilations, destructions incendies, désacration....) correspondent autant à des défoulements de jeunes excités (après un combat ou non) qu'à des comportements culturels guerriers et à des méthodes de "guerre psychologique". Ce dernier aspect est confirmé par le fait que quand un raid ne peut être dissimulé, les populations évacuent assez souvent avant même le débarquement. Ou alors elles se barricadent ou se défendent, mais elles évacuent dans pas mal de cas, ce qui facilite l'entreprise. Les aspects culturels encourageant les entreprises guerrières ne sont pas à négliger, bien sûr, mais il ne faut pas exagérer et sombrer dans la mythologie germanophiliste: le viking a la même trouille de la mort et de la douleur que n'importe quel autre gland, malgré ce que disent les sagas qui sont autant de baratin et de vantardises destinées à satisfaire l'ego du commanditaire, comme dans d'autres cultures. On transforme un raid de pillage en glorieuse entreprise réussie au péril de sa vie et face à un adversaire invincible. Ca pète plus que de dire qu'on est aller poutrer des moines la nuit pour leur piquer leurs chandeliers en or. Si la religion, quelle qu'elle soit, avait une vraie influence fondamentale sur la majorité d'un peuple (dans le cas des viking, elle leur aurait supprimé la peur des pertes et les contraindrait à ne jamais retraiter, la mort au combat étant le summum du top moumoute), depuis le temps que l'humanité existe, on l'aurait noté quelque part. Au même moment que la menace des vikings sur les zones côtières et fluviales, on notera que l'Europe occidentale en guerre civile est aussi menacée par les raids des nomades hongrois (qui mènent des expéditions jusqu'à Lyon!) et la menace des raids navals arabes sur les côtes méditerranéennes (la Sicile et le sud de l'Italie sont les plus touchées). D'autres cultures guerrières païennes, comme celle des Hongrois, existent donc encore au même moment. La dynastie des Arpad se convertira cependant plus tôt que les premiers vrais rois scandinaves, faisant entrer leur peuple dans l'ère chrétienne et sédentaire, en fondant le royaume de Hongrie, un poil avant nos copains du Grand Nord.
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Les cornes sur les casques sont en fait plus un mythe qu'autre chose: généralement, les casquesvikings n'ont pas de cornes, sauf quelques exceptions qu'on trouve aussi à l'occasion chez les celtes et les autres germains (pour motif de fierté ou d'intimidation peut-être). T'as jamais customisé ton flingue, tes fringues, ton skate, ta casquette ou ta bagnole, toi :lol:? Les chevaliers ne faisaient pas autre chose avec leurs armures, leurs casques et leurs chevaux, même si c'était plus classe et plus cher. On aime personnaliser ses outils, même si ça correspond plus à une culture de guerrier qu'à une culture de soldat (ceux-ci ont parfois droit à ce genre de fantaisie, mais sur des objets ou des surfaces bien délimités, et dans une mesure bien calculée: boucliers des soldats romains tardifs....).
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C'est une explication très contestée que tu donnes là: je rappelle que les expéditions guerrières à fin de pillages étaient de vraies entreprises commerciales (des OPA agressives sur les actifs d'autrui, quoi ;)), très chères à monter et nécessitant une main d'oeuvre abondanteque les micro Etats scandinaves ne pouvaient fournir que quand la saison des moissons étaiet terminée. Le sol nourrissait insuffisamment (le climat reste dur, même s'il y a un redoux général pendant la période), et cette activité était un complément outre le fait d'être un fait de gloire aussi bien implanté dans les mentalités par voies culturelles qu'encouragé pour raisons religieuses. N'oublions pas non plus qu'on parle, pour l'essentiel de la période de raids vikings, d'entités micro-étatiques, souvent de la taille de quelques villages, donc de décisions et d'initiatives très locales dépendant de nécessités et de désirs très locaux, sans volonté générale pour la Scandinavie. Le côté évacuation du trop plein de violence me semble quand même limité au regard de l'aspect entrepreneurial correspondant aux mentalités autant qu'aux nécessités, de même qu'à côté de l'aspect plus simple de l'appât du gain et des désirs de gloire, voire de conquête dans certains cas. Rappelons qu'on n'est pas dans une société aussi aristocratique que la société féodale européenne: tout le monde veut du gain, et les chefs ne raflent pas le gros du butin (comparons la persistance de cette mentalité chez les Francs avec l'épisode du Vase de Soissons où un guerrier peut légitimement remettre un roi à sa place pour fait de gourmandise). Le raid est en fait plus une activité complémentaire de l'agriculture, parfois même nécessaire. Et plus les Scandinaves en font, plus ça devient une part importante de l'économie et de la vie au fil des décennies, puis des siècles: réflexe capitaliste, les énergies se concentrent où le gain est le plus grand, au point que la société finit par en dépendre à un certain degré (voire l'économie anglaise et la finance pure ;)). Par reherche d'efficacité et concurrence, la décision se concentre graduellement au point de constituer des aristocraties guerrières rassemblant de plus grands territoires, qui fondront les premiers vrais royaumes à l'origine des Etats scandinaves. Je rappelle à titre de comparaison un fait moins connu: les Francs, constitués par plusieurs peuples vers le Ier siècle, ont eu aussi cette période de raids agressifs et de pillages, surtout sur le limès romain mais poussant aussi des expéditions maritimes, et ce jusqu'à Gibraltar et au-delà en Méditerranée. Les Angles et les Saxons (les Francs ont par ailleurs aussi intégrés de éléments saxons) sont arrivés en Angleterre pendant cette période de leur évolution civilisationnelle, menant des raids maritimes en Mer du Nord et particulièrement en Angleterre du Vème au VIème siècle jusqu'à ce qu'une partie de leur population s'y installe définitivement. Leur société modérément aristocratique l'est devenue de plus en plus au point de constituer des royaumes, puis ces royaumes se sont concentrés jusqu'à nêtre plus que 2 ou 3 au moment du foedus avec Rome. Les Grecs aussi (doriens, ioniens, crétois....), en leur temps, n'ont pas commencé autrement que les vikings, quand on les appelait "peuples de la mer" et qu'ils ont ravagé et conquis l'Egypte, se sont installés dans tout l'est méditerranéen (y compris en Palestine où ils furent connus sous le nom de Philistins) avant de vraiment développer leur civilisation en se sédentarisant en Grèce continentale. Dans le même ordre d'idée, beaucoup de peuples ont commencé par cette période plus ou moins partiellement nomade de pillages et de raids terrestres ou maritimes (les Arabes sont restés longtemps dans cet état culturel, le désert isolant aussi bien que la mer). L'étude historique du peuple juif est à cet égard très enrichissante en ce qu'il s'agirait vraissemblablement de populations sémitiques TRES diverses ayant en commun d'être souvent des parias, des brigands, des pillards ou des nomades, avec quelques éléments sédentaires, qui se seraient ligués (un peu comme les francs ou les Alamans, et contrairement aux peuples dits "ethniques"). la particularité des vikings est qu'il s'agit là d'une des évolutions les plus tardives, et donc les mieux documentées, d'une société païenne guerrière partiellement nomade vers une société totalement sédentaire et organisée, 1500 plus tard que les populations méditerranéennes, 1000 ans plus tard que les Celtes et 500 ans plus tard que les autres populations germaniques. En terme d'historiographie, c'est assez fabuleux à étudier. Les Baltes auraient pu être les derniers à suivre cette évolution, mais ils ont été pris par le Drang Nach Osten des occidentaux après le XIIème siècle. Cette évolution est un schéma relativement commun, accéléré ou retardé par la proximité ou l'éloignement d'autres peuples, et donc les logiques de concurrence, affrontements, influences et échanges qui en découlent. Comme quoi, il a fallu environs 8 siècles pour passer du premier Etat scandinave relativement stable et important à Alfred Nobel et à son petit concours.
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Deux choses: - d'abord, les drakkars, ça n'existe pas; c'est un nom apparu ultérieurement. Les vikings avaient principalement des Karv (navires à franc tillac dédiés au commerce) et des knarrs (navires à franc tillac dédiés aux expéditions longues et guerrières). Précision d'orfèvre, mais les scandinaves détestent l'appelation drakkar, et j'ai hérité cette aversion par ma grand-mère :lol:. - les boucliers ne sont absolument pas de la déco: il s'agit de la protection des rameurs-guerriers autant que de la nécessité pratique d'accrocher ces machins-là quelque part. Les knarrs n'ont pas de cale (franc tillac), sont effilés (pas de place pour un vrai rouf au centre) et ont en général très peu d'espace de stockage. De plus, remonter le bordage (assez bas par nature) en y plaçant des boucliers offre un aspect plus intimidant au navire (psychologiquement, moins on voit l'adversaire, plus on a d'appréhension), de même que leur décoration individuelle très bariolée et volontairement menaçante. Un bouclier fait environs 80cm de diamètre en moyenne: accroché à la moitié, ça ajoute 40cm de protection en hauteur pour les rameurs qui n'ont ainsi besoin que de peu se courber pour continuer à ramer efficacement à couvert des projectiles, du moins en trajectoire directe. Ce n'est pas négligeable. La seule vraie déco du navire réside dans sa poupe, mais surtout dans sa proue, toutes deux sculptées, généralement d'une tête de dragon ou d'animal fantastique (couplée à une tactique d'attaque sous couvert de la brume ou de la nuit, cette déco fait son petit effet au sein de populations rurales très supersititieuses, autant que la réputation des vikings, travaillée par des démonstrations de violence et de mutilations très pensées), autant pour des raisons religieuses, traditionnelles et superstitieuses que pour des motifs d'intimidation et d'attachement au navire. La voile peut parfois aussi servir ce dessin, même si les vikings la décorent plus rarement.
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Pour le côté "qui ils étaient", là, il faut aller vers wiki et, après, vers les bouquins indiqués, avec un disclaimer: il y a beaucoup de bouquins d'auteurs plus ou moins farfelus, ou de gens trop influençés par l'idéologie racialiste des XIXème-XXème siècles (qui a tendance à faire de tout ce qui est germanique/nordique quelque chose d'une essence supérieure, connerie idéologique très éloignée d'une recherche historique de la vérité; ou alors c'est des pédés refoulés fantasmant sur des beaux guerriers blonds/roux musclés en manteau de fourrure). Ceux-là écrivent des bouquins faisant des vikings les guerriers ultimes de la mort qui tue (alors que question bataille rangée ou conquête d'Etats organisés, le bilan et l'analyse ne plaident pas en leur faveur), des alliés des extra-terrestres ou les découvreurs de toutes les terres connues. Il faut avant tout regarder deux aspects qui les définissent: - la géographie et l'histoire climatique: expliquent leur isolement pendant une longue période, leur culture à part, leur nombre limité, leurs modes de pensée, mais aussi les évolutions de leurs mouvements (du VIème au XIIIème siècle, les variations du climat dans leur zone climatique aux ressources très mesurées expliquent les périodes d'expansion et de repli liées à la pression démographiques). - leur paganisme gardé plus tardivement qu'ailleurs, expliquant en partie leur attitude (bien qu' l'Histoire prouve que les logiques matérielles et d'intérêt personnel ont plus souvent dominé que les logiques culturelles, religieuses et idéologiques, celles-ci restent loin d'être négligeables, surtout à certaines périodes). Leur culture guerrière et marchande fut encouragée par ce facteur religieux et leur isolement, qui a limité les influences étrangères. Mais cette religion n'est pas unique en ce qu'elle ressemble très fortement au paganisme germanique et celtique. La christianisation, l'organisation d'entités étatiques plus stables, l'adoucissement du climat aux XIème-XIIIème siècles, mais aussi les contacts plus permanents avec d'autres cultures, les ont plus fermement sédentarisé. J'oubliais quelques migrations; les populations germaniques des grandes migrations des Vème-VIème siècles venaient pour certaines de cette zone, ou pas loin (Lombards et Goths, vraisemblablement). Gobalement, leur apport fut plus spectaculaire que significatif, même s'il est loin d'être négligeable, tant dans le cours des événements européens que sur certaines évolutions technologiques ou institutionnelles. L'Angleterre et la Russie furent de loin les territoires les plus touchés, bien que de façon très différentes: l'expansion viking en Russie fut très pacifique et commerçante (y'avait de la place pour tout le monde), suivie par une fusion au sein de la population et de l'élite dirigeante (comme en Normandie). En ANgleterre, il s'est agi d'une longue période de ravages et d'une immigration agressive assortie d'une domination coloniale, du VIIIème au XIème siècles. Ils se sont tenus à l'écart du continent tant que Charlemagne était en place et pendant la plus grosse partie du règne de Louis le Pieux, tant que l'Empire carolingien était organisé. Quand les affrontements ont commencé entre les fils de Louis le Pieux, que ce dernier a été contesté puis déposé et que l'Occident est entré dans une période de guerres intestines et de divisions et atomisation violentes et permanentes, dans la deuxième moitié du IXème siècle, leur grande période a commencé. Mais ils n'ont vraiment que rarement été en mesure d'affronter des forces organisées, et n'ont quasiment jamais pu en vaincre. Le cas de l'immense armada réunie en 885 pour le Grand Siège de Paris (en fait pour aller piller la Bourgogne via la Seine, mais les Parisiens ont bloqué le passage) reste une exception, d'ailleurs aussi peu à leur gloire qu'à celle de Charles le Gros: seuls les Parisiens en retirèrent une grande gloire, et encore plus leur chef, Eudes, Comte de Paris, fils de Robert le Fort (tué par une flèche lors d'une escarmouche avec des vikings) et une des grandes figures des Robertiens, famille concurrente des carolingiens tardifs qui donnera quelques rois des Francs aux IXème-Xème siècles, et surtout, qui sera connue plus tard sous le nom de Capétiens après l'élection d'Hugues Capet en 987.
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Pour faire schématique, les vikings (aussi appelés northmen, ou hommes du nord, ce qui donna "normand" en français), mes ancêtres côté maternel ;) (à propos, le film est vraiment une daube hollywoodienne absolue sans rapport avec l'Histoire, ni de près, ni de loin), sont les populations indo-européennes qui s'installèrent en Scandinavie (Suède, Norvège, Danemark, bassin baltique, Finlande) pendant l'âge du fer. Les Romains les appelaient Hyperboréens (cad "les mecs vachement au nord") et ne les connaissaient qu'indirectement par les populations celtes de Bretagne (notre actuelle Grande Bretagne) et par les peuplades germaniques d'avant les grandes migrations (l'espace germanique étant alors peu densément peuplé et très peu habitable, et la partie nord de l'Allemagne étant faite de marais constituant une barrière naturelle aux échanges). Leur groupe culturel dans la grande famille indo-européenne s'apparente assez à celui des populations germaniques et celtes, mais ils se sont aussi mélangés, suivant les endroits, avec d'autres groupes, notamment dans les Pays Baltes et sur les rives sud de la baltique (avec les populations justement nommées "peuples baltiques" :lol:). Ils n'apparaissent vraiment dans l'Histoire qu'à partir du VIIIème siècle après JC où ils entament une période de raids et de migrations limitées dans le monde connu, ravageant les côtes européennes, essentiellement pour faire du butin, mais parfois aussi pour faire des conquêtes, ce dernier cas correspondant plus à des destins personnels qu'à des politiques de longue haleine rendues impossibles en raison de la désunion absolue de ces peuples. En effet, il n'y alors pas d'Etats vikings, mais des dizaines d'entités locales unies seulement par une culture commune. Au final, elur impact fut avant tout psychologique, tant leurs raids, en fait des entreprises faisant partie de leur économie et de leur culture, ont porté la terreur sur les régions littorales et le long des grands fleuves, qui plus est à une période où l'Europe, surtout occidentale, était dans une période de divisions et de guerres civiles dans la période qui succéda à la mort de Charlemagne et à la désagrégation de l'Empire carolingien. L'Angleterre et l'Irlande furent les plus touchées et les plus ravagées pendant les 2 siècles et demi que dura la phase d'expansion des vikings. Leur paganisme guerrier, leurs grandes aptitudes nautiques (qui leur permettaient de frapper loin et à l'improviste), le caractère psychologique de leurs opérations de piraterie et de pillage (ils n'ont en fait que rarement mis sur pied de grandes armées et ne visaient que des opérations aux marges des grands pays, centrées sur l'acquisition de butin, opérant rapidement afin d'éviter les armées organisées qui, généralement, si l'affrontement arrivait, les chassait sans faire de manières), la sauvagerie de certains comportements, la période de terreur dont ils étaient un des facteurs (avec les guerres civiles permanentes).... Leur firent une réputation historique gigantesque. Vers la fin de leur période de gloire, on peut noter la constitution d'entités étatiques plus grandes et surtout plus permanentes dont certaines auront une postérité notable. On notera aussi un éphémère mais puissant empire viking centré sur la Norvège et le Danemark, avec l'Angleterre et l'Irlande comme dépendances principales (en Angleterre, la zone de conquête viking, le Danelaw, étaie soumise à un tribut important, le Danegeld, de sinistre mémoire), mais cette construction ne survivra pas longtemps à son fondateur, Knut le Grand. Mais on notera surtout leurs zones de migrations et les Etats auxquels ils ont participé à divers degrés. - La Suède et le Danemark sont les deux Etats directement descendants des royaumes vikings, la Norvège et la Finlande le sont plus par extension, en tant qu'anciens territoires issus de ces royaumes (on rappellera que la Norvège n'existe que depuis 1903, ayant été territoire danois, puis suédois, pendant l'essentiel du dernier millénaire), mais tous sont de population et de culture relativement homogènes. - L'Islande est une découverte du Xème siècle, fondée comme un nouvel Etat par des exilés norvégiens, de même que l'éphémère royaume du Groenland (de "grönland", "terre verte", due à un réchauffement relatif aux IXème-XIIème siècles). Ce sont ces exilés qui découvrirent l'Amérique au Xème siècle, en touchant terre au Labrador. - les grandes zones de migrations: nord de l'Irlande, nord de l'Angleterre (et un peu l'Ecosse), Normandie (la bien nommée, qui fut offerte par Charles le Simple au chef viking Rollon en 911, pour s'installer dans ce territoire assez peu peuplé et défendrel'estuaire de la Seine) et Bassin de la Volga. En Angleterre et en Irlande, ils se fondirent dans la population après que leurs derniers rois aient été vaincus en 1066 par le dernier roi anglo-saxon qui fut vaincu quelques semaines après par Guillaume le Conquérant, lui-même issu des Ducs de Normandie. La Normandie est un cas édifiant où les vikings, qui migrèrent de façon limitée (avant tout des hommes, relativement peu de familles), se francisèrent et se christianisèrent très rapidement. - les participations: l'une des plus connue, mais des plus limitée, fut la Garde Varègue des Empereurs Byzantins, constituée de vikings (mais aussi de francs et de saxons). Plus importante fut surtout la fondation de la première grande entité étatique russe par les populations suédoises (svears) de la Volga qui se fondirent dans les populations slaves alors divisées. Le fondateur mythique de la Russie serait ainsi un viking ou un "métis" suédo-slave, Rurik. Cette branche des suédois apparaît sous plusieurs noms: "varègues", "svears", mais surtout "Rus", nom qui a fini par faire florès au point de baptiser le pays. On notera aussi des migrations plus limitées dans le Poitou et en Méditerranée, et on aime aussi à présenter l'expansion normande des XIIème-XIIIème siècles (en Sicile, en Italie et de là en Terre Sainte) comme un prolongement de leur "caractère", bien qu'il s'agisse là d'une lecture très idéologique et bien peu historique (car en fait, une partie importante de la noblesse européenne turbulente s'exporte alors là où il y a des places à prendre: Itlaie, Terre Sainte, puis après 1204, dans les Balkans et les décombres de l'Empire byzantin).
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L'armée italienne, une armée maudite?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de STNG dans Histoire militaire
Même ça, j'en suis revenu: il est vrai que certains peuples, ou certaines régions, soumis à des situations de guerre permanente ou à des menaces très perceptibles sur de longues périodes, développent un état d'esprit et des pratiques guerrières plus développées sur des périodes de temps plus ou moins longues. Les cantons suisses, Sparte entre la révolution de Lycurgue et la Guerre du Péloponèse, les milices communales nord-italiennes, les paysans du nord de l'Espagne pendant la Reconquista, les régions occidentales françaises pendant les invasions viking, les régions du nord et de l'est français à partir du XVIème siècle.... La période des nationalismes et de la révolution industrielle, avec la conscription universelle, ont érigé de tels systèmes en réalités nationales homogènes, rendant les populations aptes à la guerre sur une échelle totale; depuis 45, les occidentaux, américains compris, sont généralement beaucoup moins aptes au combat. Avant tout une défaite de commandement, surtout due à des objectifs irréalistes de Cadorna, à une gestion des troupes lamentable (la cruauté érigée en système, qui plus est sans contrepartie, a rarement donné de bons résultats) et à une prise en compte nullissime du terrain et des conditions de progression (trop souvent il y a eu un pur raisonnement sur cartes). Ils le savaient bien (d'où la neutralité au début de la guerre), mais d'un autre côté, comment éviter l'implication étant donné la situation géographique de l'Italie et les pressions des belligérants. Ils ne pouvaient pas éviter d'être impliqués, et ce d'autant plus qu'il y avait alors, dans les quelques facteurs unifiants de l'Italie, un nationalisme bien réel (même si pas omniprésent) poussant à récupérer les terres irrédentes (Istrie, Trentin, Dalmatie, une partie du Tyrol). Et les considérations de sécurité du territoire, comme la crainte bien justifiée de rapports de sujétion avec des voisins trop puissants, étaient incontournables. -
L'armée italienne, une armée maudite?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de STNG dans Histoire militaire
Faut vraiment arrêter avec ces grandes mythologies nationales qui décrètent que tel ou tel peuple est supérieur ou inférieur à d'autres à la guerre: les Italiens ne sont pas plus inaptes que d'autres, et leurs déboires au XXème siècle correspondent à des réalités avant tout matérielles, circonstancielles et organisationnelles facilement analysables. Je rappelle d'abord que l'Italie au XXème siècle est une nation très jeune, de presque 100 ans plus jeune que les USA; c'est un agrégat de régions-Etats historiques qui font leur union lentement, avec une structure d'Etat encore peu établie, surtout face aux pouvoirs locaux bien plus puissants. Hormis les grands moments politiques et les amorces de mouvements politiques et sociaux nationaux, l'Italie n'est pas vraiment un pays uni. Et économiquement et socialement, c'est un pays où les contrastes sont très élevés. En conséquence, l'union nationale italienne est avant tout un mythe à ce moment. Les habitants du sud agricole, dominé par le latifundium encore quasi féodal, sont le plus souvent peu éduqués, mal traités, mal nourris, mais constituent une part très significative de la chair à canon dans une armée où l'intendance suit mal, l'équipement est insuffisant, l'entraînement demeure lacunaire, et la cohésion reste faible. La discipline est en conséquence brutale: comment, dès lors, attendre de ces gens qu'ils aient les capacités et la volonté de bien se battre? Les problèmes industriels et technologiques ont été évoqués, et on peut prendre en particulier l'exemple de la campagne de 1940 dans les Alpes (contrairement à la Première Guerre Mondiale où l'armée italienne bénéficie en partie du soutien matériel allié qui leur apporte matériel et soutien): les troupes d'infanterie régulière et les unités de blindés légers manquent de tout, des chaussettes à la bouffe en passant par les munitions ou les vêtements chauds. Quand on se bat contre un adversaire qui, même très inférieur en nombre, est bien accroché sur ses positions, et que celles-ci se trouvent entre 1500 et 2500m d'altitude, avouez que les défaites peuvent s'expliquer. Ajoutez de graves problèmes de commandement, particulièrement dans les hauts grades très liés à des phénomènes de castes sociales auto-reproduites et à une incapacité à s'adapter aussi bien à la réalité de la guerre qu'à celle de leur armée (comble de l'incomptétence), se foutant des pertes humaines, et vous aurez un début de tableau. Voilà pour le négatif, on peut mentionner le positif: rien que dans la campagne de 40, à l'opposé de la ligne, on ne parlera jamais assez des excellentes troupes de montagnes italiennes (les Alpini), de même que de leur équivalent de nos chasseurs (les Bersagliari), toutes d'excellentes unités régulières d'élite (elles ne sont pas limitées à quelques bataillons) dont l'équipement n'est pas infiniment meilleur que celui de la ligne, mais dont les compétences et le mordant n'ont rien à envier à ceux des meilleures unités des autres nations belligérentes. On rappellera aussi l'excellence des troupes de marine italiennes, bien que ce soit plus anecdotiques (là c'est pas des gros effectifs), et la haute compétence dans les opérations spéciales, notamment bien sûr leurs commandos marines (ils restent les inventeurs des unités de nageurs de combat). Et le combattant italien de 1915-1918 n'a vraiment pas à rougir de son bilan: le haut commandement a de la sérieuse autocritique à faire, mais le combattant a, tout comme les autres, tenu dans des conditions atroces. Et je rappelle que le front italien de la Grande Guerre était à bien des égards aussi dur que celui de France, voire parfois plus (les barrages d'artillerie font des dégâts affreux sur un sol montagneux et rocailleux comme celui du nord-est italien, beaucoup plus que dans la terre meuble du nord-est de la France même si notre front avait des concentrations d'artillerie inégalées). Et historiquement, le combattant italien ne s'est jamais déshonoré, en tout cas pas plus que les autres. Sans remonter à l'Empire Romain (je rappelle que les Italiens descendent des Romains, mais aussi, dans le nord de l'Italie, d'un peuplement majoritairement celte, puis par la suite, de forts apports germaniques avant tout Ostrogothiques et Lombards, soit un mélange global celto-germano-latin, comme la plupart des pays d'Europe, avec des apports ultérieurs normands et espagnols plus limités), les Etats italiens ont eu leur content de grands moments militaires: - le milicien communal des grandes Cités-Etats du nord est sans doute le meilleur fantassin d'Europe du IXème au XIVème siècle: son succès le plus éclatant reste les grandes défaites infligées au St Empire Romain Germanique de la grande période (celle où il y a un royaume de Germanie) au XIIème siècle, notamment face à Frédéric Barberousse (pour qui les années 1180 ne sont pas précisément un exemple frappant de supériorité militaire allemande :lol:). - le marin soldat des thalassocraties du IXème au XVIème siècle s'est couvert de gloire: la prise de Constantinople en 1204 (où les Vénitiens s'illustrent dans l'assaut des remparts aux côtés des Français), les Croisades, la lutte permanente contre les Ottomans à partir du XIVème siècle.... Sont des exemples frappants. - la chevalerie italienne et italo-normande a eu aussi ses grands moments, notamment lors des croisades - on notera aussi la capacité de certains Etats à monter occasionnellement de grandes armées pour leur faire réintégrer la "grande scène" historique européenne: la Sicile des Rois normands face à l'Empire byzantin (notamment avec Robert Guiscard), les Etats papaux au XVIème siècle, Venise à l'occasion.... - la participation de contingents italiens à de nombreuses armées d'Etats de tutelle n'a jamais posé de problème, du moins dans le cas d'unités permanentes (tercios espagnols, y compris des tercios viejos, infanterie italienne de la Grande Armée, unités italiennes de l'armée autrichienne....). - une bonne partie des meilleures unités de mercenaires du XVème au XVIIème siècle est faite d'unités italiennes, et la majorité des plus grands commandants de telles unités ou de commandants indépendants (les condottiere) sont italiens, les plus célèbres étant des hommes comme Montecuccoli, Eugène de Savoie (pas totalement italien et pas vraiment un mercenaire, mais il aurait pu servir aussi bien la France que l'Empire), Bartolomeo Colleoni.... Enfin bref, voilà pour la réputation du combattant ou du chef italien. Quand à la "malédiction" de l'esercito, on peut y voir avant tout des maladies de jeunesse d'un Etat encore imparfaitement formé, et les probèmes inhérents à un pays qui n'est alors, concrètement qu'un pays en voie de développement (sauf pour la partie nord-ouest, essentiellement la Lombardie et la zone côtière de Gênes à la Toscane, le développement industriel italien est très lacunaire, et la moitié sud est carrément un pays sous-développé). Face à des nations développées et bien plus solidement établies par le temps, les résultats s'expliquent. -
Israël cherche une stratégie en cas de conflit avec ses voisins
Tancrède a répondu à un(e) sujet de cvs dans Politique etrangère / Relations internationales
Bof, moi, tant que les prix du hoummous et du caviar d'aubergine ne grimpent pas....