C’est compliqué et intéressant… Il me semble qu’il y a deux pistes de réflexion. La première, disons «politique». Il me semble que les cadres référentiels, qui permettent de forger/ construire l’opinion du citoyen sont en crise. D’une part, les «intermédiaires» (partis politiques, syndicats, églises, lieux de travail et de vie, etc..) ne jouent plus vraiment leur rôle dans ce sens. D’autre part, les cadres historiques (qui semblaient « naturels ») sont pris dans le mouvement de la mondialisation, qui tend à « dissoudre» les territoires, à rendre abstrait, l’espace, les entreprises, les produits… Comme en plus, ce mouvement nous est présenté comme l’effet naturel de l’activité humaine, et non comme un choix (politico-socio-économique) les gens se trouvent en position d’injonction paradoxale, pris en tenaille entre la « naturalité » de ce qu’a « toujours » été (l’histoire, les traditions, le territoire…) et la «naturalité» des phénomènes contemporains (on n’y peut rien, il faut s’adapter, ma bonne dame) Il me semble que la solution «naturelle» est la «mise à distance» , puisque de toutes manières on n’y peut rien (avec toutes les nuances, en fonction des possibilités de chacun : du bobo urbain au cri de désespoir du prolo qui vote FN…) La seconde piste, me semble reposer sur la relation au danger, aux risques, dans nôtre société. Là aussi il me semble qu’il y a des mouvements contradictoires. D’une part, une mise au ban du risque (automobile, tabac, santé du corps, etc…) qui fonctionne comme un élément de contrôle social, dans des sociétés éclatées. Et d’autre part, des conduites à risques (conduite automobile, stupéfiants, sports à risques…) fondées sur la négation du risque («idéologies défensives» qui permettent de faire, sans y penser) qui permettent d’échapper au contrôle social ; avec l’effet de la sur-affirmation de l’individu face au groupe (les sectes, tribus de quartier ou de mode, n’étant que des ellipses…) En définitive, il me semble que c’est moins une question de «résilience» (que je crois est beaucoup plus grande que on ne le pense) qu’un problème du « qui et du pourquoi » NB J’ai grossi les traits pour les besoins de la cause…