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Chimera

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Tout ce qui a été posté par Chimera

  1. Juste pour rappel, le programme Rafale dans une période année 1985-2000 c'est 10 Milliards d'euros (conception, prototypes, essais, certifications) avec la majorité absorbée au pire moment d'un point de vue budgétaire pour la France ; entre 1990 et 2000, puis 11,7 milliards d'euros supplémenetaires étalée sur 2023-2026 pour la modernisation et développement de nouveaux standards. Le reste (20 Milliards) étant associés aux couts d'industrialisation et acquisition). Tout ça c'est hors développement SCAF qui sont en parallèle sur un budget en constante augmentation et un avionneur Dassault au plus haut niveau d'un point de vue industrialisation (25 Rafale par an en 2025). En face, les FAL Eurofighter sont soit à l'arrêt soit en train de tourner sur des cadences faméliques. Si on prend l'hypothèse d'une trajectoire à +100% par rapport à la baseline budgétaire des années 1990-2017 (suite augmentation des crédits qui font passer le budget de 30 Mrds à 70 Mrds de 2017 à 2030), la France serait en capacité de financer un programme à 80 Milliards d'euros sur 30 ans, soit le double du programme Rafale.
  2. J'ai écouté Olivier Andriès intégralement dans son intervention. Remis dans son contexte, la sortie d'Andriès fait sens: Safran semble avoir superbement négocié la répartition des taches sur le NEFE en 2019. Il apparait clairement que chacun travaille son domaine et qu'un cloisonnement très clair est établi entre parties chaudes et froides. Andriès rappelle notamment que c'est le fonctionnement actuel avec GE sur la jointe venture CFM56. Je suis confiant dans l'idée que Safran a été intraitable avec le camp allemand en précisant que chacun est propriétaire des développements et que jamais, la maitrise des procédés spéciaux utilisés sur les parties chaudes ne seront partagés. C'est trop stratégique, trop technique et c'est d'ailleurs pour cette raison (il l'explique très bien) pourquoi Safran a investit dans l'élaborateur d'alliages Aubert&Duval. Je n'imagine pas une seule seconde que tout d'un coup il décide qu'il faille rentrer dans des dépendances par une mise en commun franco-allemand parce l'EuropeudeulaDéfanseu. Le fait que les négos aient été houleuses est un signe très positif: les allemands voulaient certainement plus et acquérir une maitrise sur les parties chaudes et ils sont repartis bredouilles. La stratégie de Safran sur ces lignes de produit est clairement énoncée : "on veut être N°1 sur des systèmes critiques, pas n°3 ou 4". En clair, ils ne veulent pas être MTU qui est avant tout un acteur du MCO. C'est une activité indispensable, mais c'est pas comme faire des commandes de vol ou des centrales inertielles. Et là, Safran est incontestable et incontournable. Face à ses homolgues allemands, Safran était dans une position ultra confortable pour dicter les conditions car incontournable sur certains domaines très spécifiques, même hors moteur et Safran veut garder la noblesse de la conception moteur, tous modules confondus et avec la forge. Je pense que Dassault et Trappier ont fait l'erreur de signer trop vite en 2022. Trappier l'avait même avoué, il n'était pas confiant dans ce qu'il avait négocié et il s'est rendu compte trop tardivement de son erreur, contrairement à Safran qui a tout bouclé en 2019 avant même la signature des contrats phase 1B. Il y a donc un problème insurmontable: renégocier des accords avec un acteur qui lui est aux abois et voit dans ce SCAF la dernière opportunité d'embarquer dans l'avion dans le cockpit et ne pas être relayé en tant que passager. Le fait que les équipes de Saint Cloud ne soient pas satisfaites du travail réalisé par ADS sur 3 ans de phase 1B amène forcement de la crispation, dénigrement et volonté de remise en cause des accords dans un objectif d'efficacité. Sur la coopération NEFE si le NGF franco-allemand ne se fait pas, je continue à penser que Safran n'aura pas le choix (politique) que de s'aligner sur Dassault et ne pas poursuivre dans une coopération qui favoriserait l'arrivée d'un potentiel concurrent allemand dans l'avion de combat à l'horizon 2040-2050. Ce n'est pas tellement une question de savoir si Olivier Andriès est pour mais si la commission sur les exportation d'armement du SGDSN accepterait cette éventualité. Dans son interview, il a plutôt l'air d'acter l'échec et que "c'est la quasi rupture, et visiblement, les avionneurs n'ont pas trouver les moyens de fonctionner ensemble", pas de jugement, juste un état de fait et qu'il faut acter et prendre les décisions par la suite. Il utilise le même vocabulaire que Trappier: best athlete, pas là pour aider et compenser les plus faibles, il faut les plus forts sur chaque domaine. Il est à noter que Andriès revient plusieurs fois pendant son intervention sur l'impulsion du General De Gaulle et Pompidou pour aller dans le sens de la souveraineté et que Safran est devenu incontournable via la FOST sur les centrales inertielles par exemple. Là encore, du Trappier tout craché : la dissuasion nucléaire comme clé de voute de tout, la source originelle de la puissance de notre BITD. Le message pour moi est assez clair pour le politique.
  3. Pas mal cette intervention d'Olivier Andriès, il y a ceux qui acceptent les best athlete et il y a les autres donc. Bon en Espagne, l'accès aux drogues dures complique l'affaire. Les commentateurs sont sous approvisionnement constant en protoxyde d'azote mélangé à la tequila et les phrases n'ont plus aucun sens, c'est pénible à lire (Patrick on se calme s'il te plait) mais je partage quand même : https://defensayseguridad.es/el-fin-del-fcas-la-alianza-entre-dassault-y-harmattan-ai-ha-roto-el-equilibrio-del-caza-europeo/
  4. Suis-je le seul à voir dans les annonces récentes Dassault, Safran, Thales une consolidation vers un projet alternatif 100% français au SCAF ? Petite chronologie des annonces: 8 Octobre 2024: Annonce par Lecornu du developpement de l'UCAS, première attaque en règle par le haut du pilier "drones" du SCAF. Ce même pilier sensé être sous le lead d'Airbus DS dans le cadre du SCAF et pour lequel nous n'avons vu que des visuels pas très prometteurs. 18 juillet 2025 : Safran et la DGA annoncent T-REX et Turenne 3, feuille de route des motorisation F5 et NGF mais aussi et surtout (passé inapercu...) les motorisations de drones LW et RC. Ces mêmes LW/RC dont Airbus DS se targue d'être en avance et de savoir concevoir sans jamais impliquer Dassault ni même Safran: 26 novembre 2025 : Dassault Aviation et Thales officialisent, via l’accélérateur cortAIx, un partenariat stratégique pour développer une intelligence artificielle (IA) « maîtrisée et supervisée » au service du combat aérien. On nous jurait pourtant que c’était la spécialité d'Airbus DS, ce combat collaboratif bourré d'IA: 12 janvier 2026 : Annonce de partenariat Harmattan AI et Dasssault et levée de fonds de 200 millions d'euros via Dassault. Objectif du partenariat: C'est donc la dernière brique IA embarquée et cloud de combat d'Airbus DS qui est attaquée frontalement. Nos amis allemands n'ont plus que les yeux pour pleurer. Ils voient l'enchainement d'annonces rendre obsolètes ou redondants leurs travaux menés depuis 2022 et pour lesquels, il faut le dire, l’engouement reste encore très mesuré à Saint Cloud. Je vous pose donc la question suivante: Et si les acteurs du GIE Rafale n'avaient pas déjà enterré le SCAF franco-allemand eux-même, en prenant leurs responsabilités et en faisant la promotion de l'IA made in France à la place de ceux, au gouvernement, qui devraient le faire ? Les annonces sont trop coordonnées, trop imbriquées les unes aux autres, trop stratégiques et trop resserrées dans le temps pour ne pas être téléguidées et planifiées pour notre trio GIE Rafale favori. Et si les enveloppes actuelles suffisaient au GIE pour mener les études ? Et si les fameux "100 Mrds" nécessaire pour ce SCAF aux contours flous (qu'on on nous rabâche en permanence) n'avaient aucune réelle signification sur la partie software, compte tenu du fait que les couts de développement software s'effondrent tous les 6 mois avec l'avènement de l'IA partout dans le monde ? Et si ce qui restait immuable au fil des génération, c'était le physique ? La cellule, les bons vieux vérins hydrauliques, la voilure carbone, les longerons et articulations de canard en titane, ce qui se touche et qui se monte. L'avion, quoi. Et si Dassault, qui dit vouloir se concentrer sur ce qu'il sait faire (l'avion) avait raison depuis le début ? La vraie mort du SCAF n'est pas à chercher dans des communiqués politiques laconiques qui ne tomberont jamais, elle est à chercher dans les communiqués déjà tombés de ceux qui sont ambitieux et qui savent où aller, c'est à dire les industriels.
  5. Je pense qu'il est urgent d'annoncer "une solution transitoire nationale pour 2035 en attendant le développement et l'arrivée du SCAF franco-germano-espagnol pour 2040". Mais ça resterait une solution transitoire ; qu'il n'y ait pas de méprise ici, nous resterons pleinement engagés dans cette collaboration vitale, fructueuse et indispensable pour l'avenir de l'Europeu de la Défanseu.
  6. On sait comment l'AfD se positionne sur le SCAF et plus généralement sur les cooperations franco-allemandes ? Ils privilégient les cooperations à la Russie c'est bien ça ?
  7. Le pire, c'est qu'on leur propose rien. Ce sont les responsables politiques allemands et commentateurs défense sur X qui rentrent dans ces délires d'ASMP-A sous Eurofighter. Même notre francophobe preferé Armchair General s'était laissé à imaginer ce que serait une dissuasion commune avec la France qui agirait comme bienfaiteur de l'Europe en mettant à disposition ses ASMP-A, bijou technologique issu des études ramjet de Roger Beteille des années 60, tout ça vendu au plus offrant parce que "l'Allemagne peut payer". Lunaire. J'ai lu aussi qu'un programme nucléaire militaire allemand était envisageable et que générer du plutonium ou tritium pouvait se faire moyennant arrangements avec la France pour refaire tourner les réacteurs de Marcoule. Bah voyons. On voit bien à la lecture des commentateurs allemands que le récent déversement de sommes considerables mis sur la table leur fait tourner la tête et perdre même la mesure de leurs propos et les exite dans leurs revendications. Ces endettés de français peuvent être payés comme de vulgaires valets pour qu'ils lâchent leurs technologies les plus sensibles, à commencer par le vecteur de l'arme nucléaire dont les commandes de vols, raffinées pour la mission de frappe nucléaire, sont au coeur de la discorde sur le NGF/SCAF.
  8. On ne va pas s'emballer trop sur ce contrat pour une raison très simple ; ce n'est pas le fer de lance, la défense ultime de nos européens atlantistes. Le vrai sujet, le seul sujet valable à ce niveau c'est la présence des B-61 et leurs vecteurs en Europe et je crois me souvenir que les Néerlandais en ont quelques unes chez eux. Je ne crache pas sur ce contrat, j'établis juste une hiérarchie dans les systèmes d'armes qu'une nation peut acquérir pour sa défense. Quand un PM danois viendra à Paris discuter ASMP-A, je commencerai à penser qu'il y a réelle inflexion.
  9. Je te connais bien Patrick! Parfois j'abonde dans ton sens, parfois j'essaye de prendre le contrepied non pas par pédanterie mais parce qu'il y a encore chez moi une toute petite flamme d'espoir qui brule (déjà bien éteinte chez toi!) et qui m'amène à penser que sur un malentendu ou un concours de circonstances bien fortuit, on se retrouverait un jour avec des danois, hollandais ou allemands qui sortiraient de leur torpeur et commenceraient à reconnaitre que oui, la France agit dans l’intérêt des européens et donc dans leurs intérêts et qu'un rapprochement bien plus profond serait la seule marche à suivre. C'est beau le rêve européen!
  10. Je partage l'analyse et je mets un bémol sur la conclusion: ce n'est pas à la France ou au Royaume Uni de faire des efforts ou de tendre la main. Je trouve particulièrement désagréable que certains en Allemagne imaginent qu'il faille mettre FR/UK devant le fait accompli pour leur soutirer des "concessions" ou obtenir le "meilleur deal": On croit rêver. Limite la menace de prolifération et le "c'est de votre faute, j'avais pas le choix". C'est à l'Allemagne de faire des efforts et d'apporter de gages par exemple en achetant du matériel français sur étagère, un vecteur d'ASMP-A par exemple: une flotte de Rafale. Mais même là, ça leur parait incongru alors qu'ils enchainent les contrats F-35 (couplés à la B-61 bien évidemment): Par "avion", comprenez l'Eurofighter. Ce qui est pénible avec les responsables allemands, c'est qu'on a toujours l'impression qu'on leur doit quelque chose en échange, qu'il faut que le deal soit "équilibré" et que tout doit être issu d'un compromis où ils sentent que l'autre (comprendre la France) a lâché quelque chose. Bah ça tombe mal, sur les armes nucléaires, il n'y a rien d'équilibré entre la France et l'Allemagne et c'est donc à l'Allemagne de venir faire des propositions, venir demander, venir signer des contrats et c'est à la France d'imposer les conditions.
  11. On a besoin de la bombe ? Article de Konrad Schuller dans FAZ: Les Allemands ne savent plus si l'Amérique les protégera lorsque la Russie attaquera. Il discute de ses propres armes nucléaires. Un matin de 19. En décembre 1956, Konrad Adenauer se rend à la Chancellerie de Bonn avec des préoccupations pour la réunion du cabinet. Quelques semaines auparavant, des chars soviétiques avaient écrasé un soulèvement en Hongrie, et les journaux venaient de rapporter à nouveau des exécutions. Et maintenant aussi ces nouvelles de Washington: En Amérique, avec quatre divisions en Europe, l’allié le plus important de la jeune République fédérale, les politiciens et les responsables militaires ont pensé au «désengagement». On a parlé d’économies de coûts, de « négociations de désarmement » avec les Soviétiques, de retrait de troupes et d’une « zone tampon européenne » au milieu. Où se trouve l'Allemagne. Adenauer était alarmé. La République fédérale en tant que zone tampon sur un continent militaire aurait été une proie facile pour Moscou. Des doutes sont apparus. Le Président Dwight D. Eisenhower Europe en cas d'attaque, si nécessaire par la menace d'armes nucléaires ? Ou abandonnerait-il les alliés ? Parmi les lustres du palais de Schaumburg, son siège officiel, Adenauer a présenté une analyse sombre: s’appuyer sur la protection de Washington est «irréel» car l’utilisation d’armes nucléaires nécessite des décisions unanimes de l’OTAN et un vote du Congrès américain. Par conséquent, il est « urgent que la République fédérale elle-même dispose d’armes nucléaires tactiques ». Il en fut autrement. Les États-Unis prirent leurs responsabilités au sérieux et déployèrent pendant des décennies leur parapluie nucléaire au-dessus de l'Europe. L'Allemagne resta exempte d'armes nucléaires. 68 ans plus tard, cependant, en février 2024, Donald Trump a raconté lors d'un événement de campagne comment il a autrefois plié les Européens parce qu'ils ne voulaient pas dépenser assez pour l'armée. « Tu n’as pas payé ? — Oui, répondit l’un d’eux, disons que ce serait comme ça. Alors qu'est-ce que ce serait ? L’Amérique protégerait-elle l’Europe ? « Non, je ne vous protégerais pas », a répondu Trump. Au contraire. Il encouragera les Russes à faire ce qu'ils veulent. Il faut payer. » Depuis, beaucoup de choses se sont passées. Le vice-président de Trump, J. D. Vance, a remis en question la communauté de valeurs entre l'Europe et l'Amérique, la nouvelle stratégie américaine en matière de sécurité décrit l'UE comme une sorte d'adversaire, et le groupe de réflexion britannique IISS écrit qu'il serait « imprudent » d'ignorer que l'Amérique pourrait retirer son bouclier protecteur de l'Europe. Philip H. Gordon, conseiller à la sécurité de l'ancienne vice-présidente américaine Kamala Harris, et l'ancienne secrétaire d'État adjointe au ministère américain de la Défense, Mara Karlin, ont donc récemment écrit que les partenaires des États-Unis devraient peut-être désormais « constituer leurs propres forces nucléaires », car on ne peut plus compter sur l'Amérique. Il existe déjà des forces nucléaires en Europe, en France et au Royaume-Uni. Mais leurs arsenaux sont petits et ne servent que ce qui est décrit en France comme les « intérêts vitaux » de sa nation. Cependant, vous pouvez également entendre ce que Trump dit et Poutine fait, et vous pensez donc à la façon dont la France pourrait contribuer à une «deuxième assurance-vie» pour l’Europe. Les Britanniques et les Français commencent à s'entendre, et en juillet, dans la "Déclaration de Northwood" sur la dissuasion nucléaire, ils ont constaté conjointement qu'ils répondraient à toute "menace extrême" de l'Europe. Une vague promesse nucléaire de protection. Cependant, la formulation est délibérément vague et son poids est loin d'égaler ce que les Américains ont offert jusqu'à présent. La crédibilité des États-Unis en tant que puissance protectrice reposait avant tout sur le fait qu'ils ne se contentaient pas de faire des promesses à leurs alliés, mais leur offraient également des gages : l'Allemagne abrite des installations américaines irremplaçables telles que la base aérienne de Ramstein ou l'hôpital de Landstuhl, le plus grand hôpital militaire américain hors des États-Unis. Mais surtout, des bombes atomiques américaines sont stockées en Allemagne et dans plusieurs autres pays de l'OTAN. Elles sont prêtes à être transportées vers leur cible par des avions des pays hôtes dans le cadre d'un système à double clé appelé « partage nucléaire ». Londres et Paris sont jusqu'à présent peu disposés à déposer de telles promesses, donc ils manquent de crédibilité. Même quand Hitler a commencé la Seconde Guerre mondiale, la question était enfin «Mourir pour Gdansk»? Il a répondu non et a laissé tomber la Pologne alliée. Le F.A.S. a demandé aux professionnels comment les vagues promesses de Londres et de Paris pourraient être rendues crédibles, et elle a reçu plusieurs réponses. Le président de la commission de la défense au Bundestag, Thomas Röwekamp de la CDU, propose de le faire comme avec l’Amérique: «La nation partenaire nucléaire représente les ogives, l’Allemagne l’avion et les équipages. » Gustav Gressel, de l'Académie de défense nationale de l'Armée fédérale autrichienne, varie cette idée avec la suggestion que les pays européens pourraient moderniser leurs avions de telle sorte qu'ils puissent transporter le missile de croisière français nucléaire ASMP. La question de savoir si cette arme sera effectivement stockée sur son territoire devrait rester secrète. La Russie « ferait alors face à un risque imprévisible si elle voulait attaquer l’Europe ». Élie Tenenbaum de l'institut d'analyse français IFRI dit enfin qu'il peut théoriquement être fait comme les Américains au Japon: il peut aussi y avoir des armes nucléaires américaines, mais contrairement à la participation nucléaire en Europe, il n'y a pas de système à deux clés. Il y a des obstacles. Si les forces nucléaires de la France ou de la Grande-Bretagne devaient également protéger l’Allemagne et d’autres alliés, elles devraient devenir beaucoup plus grandes, et cela coûterait plus d’argent que Paris et Londres ne pourraient payer. Jürgen Hardt, le porte-parole du groupe de l’Union au sein de la commission des affaires étrangères, affirme donc que l’Allemagne peut « offrir à la France et au Royaume-Uni de participer aux coûts de la recherche et du développement, mais aussi à la construction de nouveaux sous-marins nucléaires et de nouveaux systèmes d’armement ». Il serait bon d'acquérir de toute façon la compétence technologique. « Pour cela, vous pourriez obtenir la promesse que ces armes protégeront également les pays impliqués. » Un autre problème est plus difficile à résoudre : comme aux États-Unis, les tendances d'extrême droite ont le vent en poupe en France et en Grande-Bretagne, et Marine Le Pen, figure de proue du Rassemblement national nationaliste, refuse de donner des garanties à tout autre pays. Ceux qui comptent sur Londres ou Paris pourraient donc passer de Charybde en Scylla. Ici, certains mettent en jeu la « bombe allemande ». Eckhard Lübkemeier, ancien chef adjoint du département européen à la chancellerie, décrit cette possibilité en conversation avec la F.A.S. comme la dernière position de rechute dans le cas où « aucun de nos partenaires n’est prêt à donner un engagement crédible à la protection ». Un tel prospect pourrait aider à gagner Londres ou Paris en tant que partenaire à la fin. Alors un chancelier allemand pourrait dire au président français ou au Premier ministre britannique: «Si vous ne voulez pas, nous devons le faire comme vous et nous protéger le nucléaire. Vous avez le choix de devenir la puissance de protection nucléaire de l’Europe ou d’accepter l’émergence d’autres puissances nucléaires. » Même un président français du parti de Le Pen ne peut guère ignorer cela. Tenenbaum, de l'IFRI français, trouve cette réflexion convaincante. Si l'Allemagne se lançait de manière crédible dans la course à la bombe, cela pourrait servir de « catalyseur » et « dynamiser » le débat sur un engagement français plus fort. Tenenbaum rappelle Adenauer : à l'époque, le bouclier protecteur américain avait été créé principalement « parce que l'Allemagne envisageait sérieusement de se doter de sa propre arme. Pour dissiper cette intention, les Américains ont proposé le partage nucléaire ». Le débat est en cours. Des experts tels que Rainer Moormann, qui travaille chez Forschungszentrum Jülich depuis des années, estiment que l'Allemagne possède les connaissances techniques avec l'usine d'enrichissement nucléaire de Gronau pour construire sa propre ogive en trois à cinq ans. La bombe allemande est également discutée de manière animée à l'étranger. Moritz Graefrath et Mark Raymond de l’Université de l’Oklahoma écrivent dans la revue Foreign Affairs qu’une « force nucléaire indépendante » permettra non seulement de sécuriser l’Allemagne en cas de « retrait soudain américain », mais contribue également à créer une « Europe indépendante ». Maximilian Terhalle de la London School of Economics dit au F.A.S. que s’il n’y a plus de parapluie nucléaire pour l’Allemagne, « la possibilité d’un dissuasion nucléaire distinct ne devrait pas être exclue ». Marc Trachtenberg de l’Université de Californie écrit que si Trump annonce la promesse de protection de l’Amérique, il n’y a plus moyen d’« ignorer davantage cette question ». On parle également des inconvénients: l'Allemagne s'est engagée dans le traité de non-prolifération et dans le traité de plus de quatre de rester exempte d'armes nucléaires. C’est important pour un pays qui s’appuie sur des règles – même si des experts tels que Lübkemeier disent que dans les situations «fondamentalement» changées, c’est-à-dire sans protection américaine et avec une Russie agressive à l’Est, le droit international des traités permet de retirer les anciens engagements. D'autres risques demeurent. Si l'Allemagne visait la bombe, d'autres pays pourraient suivre et lancer une course aux armements nucléaires. Poutine envisage peut-être d’attaquer le territoire de l’OTAN dans les années nécessaires pour construire la bombe avant qu’il ne soit trop tard pour lui. Enfin, et enfin, les isolationnistes autour de Trump pourraient dire que si les États-Unis n’étaient plus nécessaires, ils pourraient également retirer leurs troupes d’Allemagne. Certains pensent que l’Amérique restera de toute façon, malgré Trump. Le lieutenant-général Heinrich Brauß, secrétaire général adjoint de l’OTAN pour la politique et la planification de la défense jusqu’en 2018, dit aux F.A.S. qu’après tout ce qu’il entend, les Américains seraient « inchangés pour l’OTAN ». Le Congrès a également approuvé un budget de défense beaucoup plus élevé pour 2026 avec les votes du parti de Trump que demandé par le président, et a également stipulé qu'au moins 76.000 soldats américains doivent rester en Europe. Les considérations sur une « bombe allemande » ne sont donc « pas appropriées maintenant ». Il est beaucoup plus important de renforcer la Bundeswehr de manière conventionnelle, car si les Européens prennent en charge leur « juste part des fardeaux communs », les Américains continueraient à « défendre notre sécurité ». Le chancelier et les principaux responsables de la politique de sécurité de son parti s'expriment de la même manière. Friedrich Merz a déclaré à la F.A.Z. en octobre, « actuellement » qu’il ne pense pas à une bombe allemande. Hardt pense qu’elle « ne sera pas nécessaire » et Röwekamp les exclut « définitivement ». C’est aussi l’humeur de la population. Les sondages montrent que la majorité ne veut pas d'une Allemagne nucléaire. Mais ils montrent aussi que l’incertitude causée par Trump et la menace de Poutine ont fait fondre cette majorité. En 2020, avant l’invasion de l’Ukraine par la Russie, a déclaré Forsa, cinq pour cent étaient en faveur d’une « bombe allemande ». En mars 2025, il y en avait déjà six fois plus. https://zeitung.faz.net/data/589/reader/reader.html?#!preferred/0/package/589/pub/802/page/1/content/104417
  12. Ah j'oubliais, Saab avait un Directeur de programme sur nEUROn, voilà ce qu'il disait en 2007 au sujet de propriété intellectuelle: Source: https://www.secretprojects.co.uk/threads/dassault-saab-alenia-neuron-ucav.1377/?utm_source=chatgpt.com Ce qui est développé conjointement est la propriété conjointe, ce qui issu d'anciens programmes reste chez la fabriquant/concepteur originel. Ca vous rappelle pas quelque chose par hasard ? Bonne chance à Saab dans ses futures discussions avec Airbus DS.
  13. Je me suis longtemps pris la tête avec Julien Maire sur X mais depuis le rachat par Elon Musk de Twitter, il se fait plus discret. Il n'est pas très brillant dans ses analyses et invente beaucoup. Il surinterprète, déforme et tire des conclusions alambiquées sur à peu près tout et imagine que derrière les boites, il y a des relations tumultueuses et passionnées comme dans les Feux de l'Amour. Sur cette histoire DA-Saab, il délire totalement. Il n'y a pas d'animosité entre Dassault et Saab, pas plus qu'il n'y a d'amitié. Il y a des boites qui défendent leurs expertises et savoir-faire, sans faire rentrer d'affect en ligne de compte. On est pas chez les bisounours et chacun va chercher à défendre son domaine et c'est bien normal. Le fait que les politiques soient incapables de décider (autant Merz que Macron) après 8 ans d'échec de discussions sur le SCAF ne veut pas dire qu'il y a un méchant ou un gentil dans l'histoire. Cela veut juste dire qu'il n'y a pas la place pour une coopération acceptable pour les deux parties et ce n'est pas un drame que de le constater. On est pas des enfants, Julien Maire doit grandir et surtout renommer son site correctement; european-military-aircrafts.net‬: on ne mets pas de "s" à aircraft en anglais, un petit détail quand on se la joue analyste défense dans le secteur aéro...
  14. L'interview du PDG de Saab du 21/12 est reprise un peu partout sur les médias allemands et espagnols en imaginant un partenariat Saab-Airbus et donc un FCAS germano-hispano-suedois. Ces gens ont-ils lu l'interview dans son integralité? Ils y voient des appels du pieds, j'y voit surtout un industriel qui pose ses conditions pour une potentielle collaboration : autorité de design qui reste chez Saab dans tous les cas.
  15. A ce sujet, Damen reste encore largement fautif en acceptant un contrat trop risqué, ChatGPT : On peut s'interroger sur le choix initial réalisé par le BAAINBw : comment ne pas voir ce risque dans la capacité à conduire le programme dans d'évaluation des offres après tant de ratés sur les "coopérations" européennes. Je pense que le BAAINBw prend surtout des décisions éminemment politiques et qu'à l'époque, il y avait l'idée de renvoi d'ascenseur par les hollandais sur d'autre contrats... Tu as raison de faire le parallèle sur le SCAF sauf que Dassault maitrise la CAO/PLM comme personne puisque c'est eux qui l'ont inventé donc ce n'est certainement pas Airbus DS ou Indra qui allait leur imposer l'environnement virtuel de travail. Petite aparté: je pense avoir ma petite idée de la raison pour laquelle CATIA est mondialement utilisé en aéronautique et naval par quasiment tout le monde, sauf les chantiers navals allemands. Mais vous allez dire que je vois le mal partout donc je ne dis rien.
  16. Ah mais c'est assez simple: il leur est insupportable d'accepter que la France, qui investit depuis 70 ans dans une défense autonome et indépendante des Etat-Unis, soit capable sur certains domaines de faire jeu égal ou de proposer 70-80% des capacités équivalentes pour 1/4 du prix et tout cela en faisant 100% made in France avec 100% d'autorité de design. Que le voisin en déficit budgétaire, le bouseux latin Français qui dépense mal, qui fait les choses à l'arrache et qui n'est pas très sérieux, arrive à faire mieux qu'un Hollandais qui a inventé le commerce, un Allemand qui sait tout faire ou un Britannique qui a inventé le monde, ce n'est pas entendable. Donc une collaboration avec la France NE PEUT PAS se faire avec la France en tant que leader sur le développement du système, ce n'est pas entendable, donc c'est soit on achète américain (on accepte l'hégémonie donc forcement on obtient le meilleur matériel du monde, n'est ce pas ?), soit on achète européen (avec un peu de français mais pas trop quand même). Personne en Europe n'achète de matériel français "sur étagère", ce n'est pas culturellement acceptable.
  17. Il faut arrêter les délires de collaboration entre industriels français et un futur NGF allemand ou hispano-allemand. Le jour où le SCAF tombe et la France lance son programme national, le trio Dassault-Safran-Thales se reformera avec une volonté de revanche et nos "partenaires" pourront aller se brosser pour obtenir un bout de moteur ou de FCS. C'était déjà l'état d'esprit en 85 et ça semble repartir dans ce sens aussi cette fois ci. Si les allemands veulent créer de la concurrence, il faudra qu'ils soient bons par eux même. Zero cadeaux.
  18. Encore un énième article dans la presse allemande qui survole le sujet à très haute altitude. Je remarque que ces articles sont de pseudo analyses politiques qui font abstraction du sujet de fond: les capacité industrielles. On n'y parle jamais de commandes de vol, de conception et expertise CAD, de compétences en études aérodynamiques/souffleries, de compétences sur la motorisation, de prototypage, de démonstration à l'intégration des systèmes embarqués, la certification civile, des essais en vol... On s'en branle de tout ça. Ce qui compte: c'est le ressenti, la big picture, l'enjeu géopolitique, Trump, l'Europe, l'Histoire. La propriété intellectuelle ? Un détail. Les revendications de Dassault ? Nationalisme mal placé et inapproprié. On est également ravi d'apprendre que le GCAP est "quasiment opérationnel" sans même avoir volé, beau morceau de journalisme niveau +++ en expertise aéronautique. Ce monde de la presse est maintenant inondé de gens qui n'y connaissent rien ou trop peu pour écrire des papiers un minimum sérieux. Aucun d'entre eux pour se demander pourquoi Airbus DS, soit disant en charge des drones du SCAF, n'a toujours pas été capable en 8 ans de programme de faire voler ne serait-ce qu'un démonstrateur et que c’était quand même vachement étrange après avoir englouti plusieurs milliards depuis 2017. N'importe qui d'un peu compétent aurait compris que pour faire voler des choses dans l'air il fallait une motorisation et qu'ADS n'a aucun partenaire avec quelque chose de potable entre 1-5 kN de poussée et que c'était quand même là le sujet principal pour que leurs PowerPoint puissent enfin décoller dans la vraie vie. On continue à être noyés par ces articles qui répètent les même inepties "GCAP-SAAB-F-47" depuis 6 mois sans qu'ils n'arrivent à comprendre que leurs fadaises ne tiennent pas 2 minutes quand on pose factuellement les choses sur la table.
  19. Sauf que contrairement à ce que nous avons fait en 2017 sur le SCAF, la Suède et son gouvernement impliquerait Saab dès le départ pour définir les contours de la collaboration et la préservation des intérêts nationaux. Les sorties de Johansson sont mêmes tellement limpides qu'elles me semblent téléguidées pour poser les conditions à l'Allemagne tout de suite. Jamais Trappier et Dassault n'ont été impliqués dès le départ sur le SCAF et c'est bien le problème. Je le rappelle de nouveau: les Suédois n'ont pas hésité une seule seconde à nationaliser puis remettre Kockums sous Saab lorsque TKMS les a fragilisé. Ils sont vaccinés depuis contre cette saloperie d'européite aiguë.
  20. Ils ne sont pas complètement cons et ont bien compris ce qui n'a pas marché sur l'EF: répartition industrielle en dépit du bon sens (réglé dans GCAP), implication de l'Allemagne sur la phase design qui a poussé vers l’ultra-manœuvrabilité (réglé) , renégociations permanentes avec l'Allemagne qui avait des largesses budgétaires quand les autres ne pouvaient plus suivre (réglé), blocages export dus à l'Allemagne (réglé). Vous remarquerez que le gros handicap du programme EF a souvent été de la même origine géographique... Encore une fois, ça ne veut pas dire que le GCAP sera un bon avion, ça veut juste dire qu'ils ont de bonnes bases. Nous on a même pas les bases saines pour avancer sur les rivets ou les salles de réunions. Il faut avoir la lucidité de dire que rien ne va et qu'en face c'est plutôt bien engagé.
  21. Il est évident que GCAP a au moins évité les erreurs du SCAF sur l'organisation et le leadership du programme. Savoir si ça sera un avion performant est une toute autre chose. Le Rafale omnirole était un pari (réussi) juste avant l'effondrement des crédits de défense suite à la chute du mur de Berlin et la fin de l'URSS. Réitérer le succès du Rafale n'est pas assuré compte tenu de l'environnement concurrentiel qui n'est plus le même et l'avance perdue depuis maintenant 8 ans. Il faut absolument un électrochoc et je ne comprends pas que cet électrochoc ne vienne pas de la maison et famille Dassault elle même. Si le portefeuille de commandes est confortable à l'horizon 10 ans, on peut s'inquiéter de la suite. GCAP avance, les coréens aussi, les turcs aussi, les chinois aussi. Je commence sérieusement à m’inquiéter car la classe politique est complètement aux fraises et, il faut avoir le courage de le dire, l'échec du SCAF c'est l'échec du brillant Sébastien Lecornu, en poste pendant 8 ans au MinArm et qui a piloté tout cela de très près jusqu'à son départ. Il est maintenant urgent de décider de quelque chose, de n'importe quoi, mais au moins de sortir de l'ornière. Il est impensable que BAE et les Britanniques arrivent à etre leader de leur GCAP alors que le leadership dans l'aviation de combat en Europe c'est Dassault. Il faut trouver une méthode, qui fédère peut être ou peut être pas, mais retrouver la méthode et revenir à la manœuvre avec une position de leader légitime; autorité de design, répartition de la charge, choix de conception, choix des fournisseurs, le contrôle pour la performance et rien d'autre. L'article de Anne Baeur dans Les Echos va d'ailleurs dans ce sens sur la fin ; les crédits de défense sont en augmentation et les Etats veulent revenir à la manœuvre sans faire de compromis ; les coopérations c’était pour les années 90 quand personne n'avait de sous. Maintenant c'est l'action pour la performance et la souveraineté.
  22. Le fait que rien ne soit sorti de cette "réunion de la dernière chance" suffit à en conclure que Dassault tient tête à la fois aux allemands mais aussi à ceux qui en France voudraient leur forcer la main. Si l'Elysée, MinArm étaient désespérés de signer, ils l'auraient fait depuis bien longtemps et auraient trouvé les arguments pour faire plier Trappier. Or, la sortie de Trappier post réunion du 12 pour réaffirmer ses positions nous permet de supposer que ça tient le choc chez DA et qu'ils sont quand même assez imperméables aux pressions politiques. Autre élément à mettre dans la balance, l'Allemagne détricote en parallèle tous les autres programmes; le char Leopard 3 est officiellement lancé entre Rheinmetall/KMW donc enterrant de facto MGCS qui était le programme mis en miroir du SCAF et sur lequel le contrat tacite en 2017 était : "vous faites les chars, on fait les avions". Huit ans plus tard, le char est donc allemand, l'Eurdrone est allemand, le MAWS sera français et américain outre Rhin, les drones du SCAF sont allemands, le cloud du SCAF est allemand, le remplaçant du Tigre (H145M) est majoritairement allemand et le SCAF doit être renégocié pour maintenant être 2/3 Airbus DS donc contrôlé par les allemands et avec Dassault en minorité. Je pense qu'à un moment il faut savoir dire stop et se faire respecter, budget ou pas budget pour faire autre chose en national. Cette volonté d'hégémonie sur tous les programmes est insupportable et je pense que ceux qui font le pari de la coopération (italiens et espagnols) vont vite déchanter aussi lorsque l'Allemagne renégociera les accords à mi-vie des programmes lancés car avec un budget à 150 quand les autres seront péniblement à 50, ça ne va pas être tenable. La trajectoire budgétaire allemande écrase la compétition et rend toute coopération équilibrée impossible, alors même que certains de ses industriels nationaux sont incapables de mener des programmes ambitieux à leur terme. La meilleure option pour la France est donc de maintenir un effort budgétaire progressif et mesuré (en lien avec la capacité de l'industrie à absorber les contrats et au MinArm à staffer derrière) et de ne pas tomber dans la surenchère qui serait inefficace et source de gaspillages. Cet effort doit aller majoritairement vers des programmes nationaux et faire l'impasse sur les coopérations qui amèneraient des compromis de design foireux sur des solutions embarquant les armes de la dissuasion. Exit le SCAF en coopération et surtout avec personne d'autre; ni les espagnols, ni les indiens ou émiratis ou martiens. Personne et nous même parce que c'est pas le moment, parce que les enjeux sont trop forts et parce qu'on sait faire.
  23. Je me fais l'avocat du diable; le programme Rafale a couté 20 Milliards pour son développement et l'industrialisation sur 30 ans, hors couts de production, dont 25% était à la charge des industriels de la team Rafale. Je vois mal Dassault puiser dans l'intégralité de ses réserves (8 Mrds) pour aller financer un démonstrateur sans le soutien de l'Etat et sur tous les développements associés. La trésorerie est aussi utilisée pour gérer le quotidien de l'entreprise et on peut pas taper dedans autant qu'on veut. Le groupe pourrait solliciter les actionnaires pour une augmentation de capital mais il faudra le justifier et ne pas dégrader le bénéfice et donc le versement des dividendes aux actionnaires. Ça reste une boite cotée en bourse et ils ne peuvent pas faire n'importe quoi. Même chez DA, les marges de manœuvres restent limitées sans s'accorder avec l'Etat sur le développement du successeur. Et quand l'Etat a décidé qu'il fallait se marier avec une nana certes pleine de thunes mais bien vilaine... le choix est compliqué. J'aimerais pas être à la place de Trappier en ce moment, faudra être solide demain.
  24. Bon. A quelques heures de la réunion fatidique, est-ce que certains d'entre vous ont pu sonder vos sources internes chez DA ? C'est quoi le mood en interne ? Si on leur force la main, ils font quoi ? J'ai un mauvais présage...
  25. En écoutant les récentes interventions d'Olivier Andries en commission, il ne fait pas de doute que Safran se rangera du coté de la team Rafale et que jamais ils iront faire de l'ombre à un NGF 100% français en équipant un NGF allemand concurrent en parallèle. Dassault et Safran ne sont pas les meilleurs amis du monde mais pas au point d'aller contre les intérêts de la France. Le succès du Rafale repose sur une recette française 100% souveraine qui plait aux clients et il n'est pas question de se tirer une balle dans le pieds en allant soutenir un concurrent naissant.
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