Hirondelle Posté(e) le 18 août 2020 Share Posté(e) le 18 août 2020 il y a 8 minutes, Ciders a dit : Moui. Moui moui moui. En d'autres termes, le Mali se suicide une fois de plus avec une junte formée de faisans dorés qui n'ont jamais été sur le terrain et qui couleront le reste de l'économie. Super ! Je ne connais pas la situation politique au Mali, mais j’aurais tendance à penser comme toi. C’est navrant pour ces pays dont les populations ont déjà si peu. J’ai l’impression qu’en Afrique, les militaires putschistes sont tout aussi kleptomanes que les politiciens, mais plus violents : le combo... Quant à Barkhane : ils ne font rien, ils sont complices ; ils protègent les institutions légales, ils sont colonialistes. Ça ne va pas simplifier l’opération... Quelqu’un connaît le cv des putschistes ? 1 Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
Tetsuo Posté(e) le 18 août 2020 Share Posté(e) le 18 août 2020 Ou alors , c est nous ... ce serais pas la première fois . Parce que si on n a rien vu venir ... Va vraiment falloir se remettre en question ... Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
Ciders Posté(e) le 18 août 2020 Share Posté(e) le 18 août 2020 il y a 2 minutes, Tetsuo a dit : Ou alors , c est nous ... ce serais pas la première fois . Parce que si on n a rien vu venir ... Va vraiment falloir se remettre en question ... La France n'a pas vocation à fliquer une armée amie d'un pays souverain. Sinon, c'est la Françafrique. Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
gustave Posté(e) le 18 août 2020 Share Posté(e) le 18 août 2020 D'autant qu'il est peu probable qu'il s'agisse d'un complot soigneusement mûri depuis des mois... Plus vraisemblablement une réaction à je ne sais quelle décision gouvernementale. Je ne crois PAS du tout que la France, par les temps qui courent, ait la moindre envie de se trouver à assumer un putsch au Mali! 1 1 Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
Hirondelle Posté(e) le 18 août 2020 Share Posté(e) le 18 août 2020 il y a 18 minutes, Ciders a dit : La France n'a pas vocation à fliquer une armée amie d'un pays souverain. Sinon, c'est la Françafrique. Bon, il y a la françafrique (pas bien!), il y a la naïveté (pas bien!) et il y a l’information, le renseignement, la préparation, la protection des ressortissants, des soldats... (BIEEEN!) 1 Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
Ciders Posté(e) le 18 août 2020 Share Posté(e) le 18 août 2020 il y a 1 minute, Hirondelle a dit : Bon, il y a la françafrique (pas bien!), il y a la naïveté (pas bien!) et il y a l’information, le renseignement, la préparation, la protection des ressortissants, des soldats... (BIEEEN!) Protection qui pour l'heure est assurée de même que le contrôle de l'espace aérien. Ça va aller pour cette nuit, range cette arbalète. il y a 18 minutes, gustave a dit : D'autant qu'il est peu probable qu'il s'agisse d'un complot soigneusement mûri depuis des mois... Plus vraisemblablement une réaction à je ne sais quelle décision gouvernementale. Je ne crois PAS du tout que la France, par les temps qui courent, ait la moindre envie de se trouver à assumer un putsch au Mali! Je mise sur un refus de promotion ou d'augmentation exceptionnelle de la solde. 1 Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
Hirondelle Posté(e) le 18 août 2020 Share Posté(e) le 18 août 2020 il y a 2 minutes, Ciders a dit : Protection qui pour l'heure est assurée de même que le contrôle de l'espace aérien. Ça va aller pour cette nuit, range cette arbalète. Juste pour dire que ce faire surprendre par un coup d’Etat, c’est une faute professionnelle pour l’ambassade : alors avec en plus le renseignement militaire et l’EM de Barkhane, et tout simplement radio-brousse qui est rarement sourde à ces choses, je pense improbable que la France ait découvert la tentative en écoutant RFI. Ce qui ne signifie nullement qu’on puisse en conclure quoique ce soit quant à un soutien aux putschistes. ’pi je suis emmerdé : j’ai de la famille là-bas qui n’est pas rentrée ce printemps à cause du Covid ! 2 Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
Soho Posté(e) le 18 août 2020 Share Posté(e) le 18 août 2020 il y a 13 minutes, Ciders a dit : Je mise sur un refus de promotion ou d'augmentation exceptionnelle de la solde. Je mise en effet sur le limogeage du chef d'état-major hier suite à des affaires de massacres de civils par les GAT alors que l'armée malienne venait de se retirer en connaissance de cause. Un rapport de l'ONU est sorti la dessus il y a peu. 1 1 Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
gustave Posté(e) le 18 août 2020 Share Posté(e) le 18 août 2020 Le nombre de fois où des organismes ont été surpris alors qu'ils n'auraient pas du l'être... Par ailleurs rien ne dit que nous avons été surpris. Enfin, s'il s'agit d'une réaction non préméditée à une action gouvernementale (ou autre), cela devient difficile à anticiper! Et je pense que l'état d'esprit des troupes est suivi de près. De là à pouvoir tout prévoir... Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
capmat Posté(e) le 18 août 2020 Share Posté(e) le 18 août 2020 (modifié) Il y a 9 heures, Hirondelle a dit : Je ne connais pas la situation politique au Mali Ceux qui endossent les costumes n'en assument pas les rôles. Si ils assument le rôle, ils perdent le costume. Modifié le 19 août 2020 par capmat Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
Kelkin Posté(e) le 18 août 2020 Share Posté(e) le 18 août 2020 Il y a 1 heure, Soho a dit : Je mise en effet sur le limogeage du chef d'état-major hier suite à des affaires de massacres de civils par les GAT alors que l'armée malienne venait de se retirer en connaissance de cause. Un rapport de l'ONU est sorti la dessus il y a peu. Des articles ? J'en ai trouvé sur la nomination d'Abdoulaye Coulibaly en 2019, mais pas sur son limogeage. Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
gargouille Posté(e) le 18 août 2020 Share Posté(e) le 18 août 2020 (modifié) https://www.lefigaro.fr/flash-actu/mali-coups-de-feu-dans-un-camp-militaire-proche-de-bamako-20200818 Des militaires, qui ont pris le contrôle d'une caserne près de Bamako, détiennent le président et son premier ministre. Le Conseil de sécurité de l'ONU se réunit mercredi en urgence.* *Est-ce que ça va changer quelque chose, la survie des deux otages ? Modifié le 18 août 2020 par gargouille Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
Snapcoke Posté(e) le 19 août 2020 Share Posté(e) le 19 août 2020 je lance une idée comme cela... je n'y crois pas trop mais bon... sait on jamais.... une vengeance de la turquie ? qui aurait "motivé" les putchistes ? Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
KALIKO Posté(e) le 19 août 2020 Share Posté(e) le 19 août 2020 Il y a 4 heures, Snapcoke a dit : je lance une idée comme cela... je n'y crois pas trop mais bon... sait on jamais.... une vengeance de la turquie ? qui aurait "motivé" les putchistes ? ^^ Pas besoin de cherche si loin. La genèse du mal est plus prosaïque : on leur a donné des FS (tout le monde sait sur AD.net qu'il faut pas en Afrique... ^^), l'armée commence à se faire accuser de crimes graves, les négociations en cours dérangent, IBK est très impopulaire, l'armée prend vraiment cher dans le Nord...les raisons ne manquent pas. 1 Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
Soho Posté(e) le 19 août 2020 Share Posté(e) le 19 août 2020 Il y a 6 heures, Kelkin a dit : Des articles ? J'en ai trouvé sur la nomination d'Abdoulaye Coulibaly en 2019, mais pas sur son limogeage. Pour l'histoire du village et le rapport de l'ONU : https://www.lemonde.fr/afrique/article/2020/08/17/mali-l-onu-pointe-la-responsabilite-d-un-haut-grade-dans-le-massacre-d-ogossagou-en-fevrier_6049153_3212.html son éviction est évoquée ici : https://www.google.fr/amp/s/amp.rfi.fr/fr/podcasts/20200818-%C3%A0-la-une-nouveau-coup-dur-pouvoir-malien-dicko Bon ce n'est sûrement pas la seule raison, mais ça a du participer au ressentiment des militaires. 1 1 Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
Fusilier Posté(e) le 19 août 2020 Share Posté(e) le 19 août 2020 Il y a 4 heures, Snapcoke a dit : je lance une idée comme cela... je n'y crois pas trop mais bon... sait on jamais.... une vengeance de la turquie ? qui aurait "motivé" les putchistes ? C'est cyclique, une habitude culturelle.... de mémoire, 1968, 1992, 2012... Note que dans certains pays proches, c'est parfois pire. 2 2 Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
Hort Posté(e) le 19 août 2020 Share Posté(e) le 19 août 2020 Erdogan souhaite t-il occuper la France avec le Mali pour avoir les mains plus libres en Méditerranée ? Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
C’est un message populaire. FoxZz° Posté(e) le 19 août 2020 C’est un message populaire. Share Posté(e) le 19 août 2020 Mouais ça pue le gros mytho cette histoire de Turcs. Surtout que les putschistes ont déclarés ne pas remettre en cause ni Barkhane, ni MINUSMA, ni les accords d'Alger et vouloir organiser des élections dans un délais raisonnable. 6 Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
C’est un message populaire. Wallaby Posté(e) le 19 août 2020 C’est un message populaire. Share Posté(e) le 19 août 2020 https://www.senat.fr/compte-rendu-commissions/20200302/etr.html#toc6 (3 mars 2020) Colonel Michel Goya : J'étais, à l'époque, assez circonspect, en raison de la règle non écrite des interventions, la « règle des trois ans » : s'il ne semble pas envisageable d'obtenir un résultat stratégique significatif en trois ans, mieux vaut éviter une action visible et s'organiser pour mener une guerre de longue durée, de basse intensité, à bas coûts et à basse visibilité. Tel n'est pas le choix qui a été fait, puisque l'on a décidé de maintenir Serval, dans un format un peu réduit, et de l'intégrer avec les autres opérations en cours dans la région, dans le cadre d'une grande opération unique, Barkhane. Celle-ci mobilise entre 3 000 et 5 000 soldats, six ou sept avions de chasse, une vingtaine d'hélicoptères, sur un espace immense. La principale différence est que Barkhane constitue une opération cumulative, non séquentielle : pas de grandes batailles ni de progression claire sur une carte, mais une multitude de petites actions, destinées à produire un effet par cumul. Barkhane travaille en collaboration avec les autres forces locales. Même si Barkhane représente la force la plus importante de la région, incontestablement, ses moyens ne lui permettent pas pour autant de faire beaucoup plus que des raids et des frappes ; ses effectifs sont tellement réduits que, même associés à des bataillons de forces locales, ils ne peuvent se déployer que quelques semaines dans une région. Nous ne sommes donc pas capables d'assurer une présence permanente dans une région, afin d'attendre la mise en place d'une administration locale efficace. Barkhane est donc surtout dissuasive, empêchant l'ennemi de reconstituer des bases importantes ou de mener des opérations militaires de grande ampleur, sous peine d'être immédiatement décelé et détruit. Elle maintient une pression forte, mais c'est insuffisant pour gagner la guerre et le potentiel de l'ennemi n'est pas véritablement entamé : en moyenne, on élimine un combattant et demi tous les deux jours, pour un coût de 600 millions annuels, soit deux millions d'euros pour éliminer un combattant... En réalité, on s'attaque aux symptômes, mais pas aux causes profondes, ni à la capacité de régénération de l'ennemi, car son centre de gravité ne se trouve pas dans ses camps du désert, mais bien à Bamako. Les organisations que nous affrontons ne sont fortes que parce que les États locaux, certains d'entre eux en tout cas, sont faibles. Tant qu'il en sera ainsi les ennemis continueront à gagner en puissance. Sur la durée, Barkhane coûte cher, financièrement, mais aussi humainement. Les pertes de soldats au combat vont s'accroître, inévitablement. Elles peuvent être acceptées par la société, pourvu qu'elles ne paraissent pas inutiles. Or, dans un contexte aussi flou, cela apparaît difficile. Barkhane a déjà coûté 2,5 milliards d'euros, qui auraient pu être employés différemment, alors que nos ennemis ne sont que des forces armées de quelques centaines de combattants, non des superpuissances militaires. Cette intervention devient la plus longue que nous ayons menée depuis longtemps. Plus elle dure, plus nous nous exposons à l'apparition d'un « cygne noir », un événement ou un accident susceptible de modifier la donne : une erreur de frappe militaire, qui tue de nombreux civils, ou la perte de plusieurs soldats. La disparition brutale de treize soldats dans un accident d'hélicoptère a fait la une des médias, mais a aussi eu un effet stratégique négatif. De plus, à terme, comme cette opération ne produit pas d'effets visibles, elle risque de voir son soutien local diminuer. Il n'est jamais agréable d'avoir une force étrangère sur son propre territoire et les populations sont tentées de surestimer le visible par rapport à l'invisible : après tout, si les Français ne l'emportent pas, en dépit de forces apparemment aussi puissantes que Barkhane, c'est qu'ils le veulent bien ! Cet échec peut ainsi être instrumentalisé par ceux qui veulent masquer leurs propres insuffisances. Barkhane, mécaniquement, est destinée à s'user. Si on poursuit dans cette voie, le risque d'accident augmente. Quitter la zone revient à abandonner toute notre stratégie qui vise à contenir les groupes djihadistes, à stabiliser la région du golfe de Guinée, à endiguer les trafics et les migrations, et à protéger indirectement notre territoire national. Il faut donc reconfigurer notre action dans la région pour la rendre plus efficace et surtout plus tenable sur la très longue durée. Cela signifie qu'il faut être le moins visible possible dans la zone critique, tout en conservant une capacité de frappe et de réaction en périphérie, et en activant tous les instruments de puissance à notre disposition, au-delà du militaire. Nous manquons à cet égard d'une vision commune des instruments de puissance : le militaire, l'aide au développement, la diplomatie - il est quand même surprenant de voir que l'on continue à critiquer les forces françaises sans que l'on n'arrive à riposter en termes de communication. Peut-être faut-il regrouper nos moyens sous une autorité unique, en nous inspirant de la Minusma, dont le chef a le rang de ministre. Son rôle militaire est très faible, mais son action globale est beaucoup plus large. Nous devons maintenir une présence discrète, en lien avec les forces locales. Les opérations étrangères qui ont réussi sont passées par l'intégration sous commandement national de forces différentes, voire de mercenaires locaux ou des forces privées, qui ont le mérite d'être moins visibles. Les Américains ont ainsi recruté 100 000 mercenaires locaux en Irak. La conception stratégique est celle du bouclier éloigné, visant à contenir les adversaires dans la région pour éviter des attaques trop violentes, sur place, ou là où nous détenons des intérêts, comme en Côte d'Ivoire ou dans la région du golfe de Guinée, ou encore sur le territoire métropolitain. Cette vision est peut-être exagérée ou fausse et peut-être que, si nous disposons d'un bon système de protection en France et de bons services de renseignement, nous ne risquons pas grand-chose. C'était aussi le discours que nous tenions pour justifier notre intervention en Afghanistan. Les attaques d'origine afghane se sont-elles multipliées sur le territoire français depuis notre départ d'Afghanistan ? Non, mais nul ne sait toutefois véritablement quel est le degré de menace dans cette région. Il importe de se placer dans la longue durée, car les problèmes sont complexes et ne se résoudront pas du jour au lendemain. Il convient donc d'être patient, même si cela n'est pas toujours compatible avec les mandats ou les agendas politiques. La coopération civilo-militaire entre l'AFD et l'armée constitue un peu une arlésienne. La question de la cohérence de nos actions est un problème ancien, qui se posait déjà en Afghanistan. Le sujet est compliqué pour de nombreuses raisons. Vous me demandiez si l'action militaire n'aboutissait pas à entretenir le conflit : peut-être, mais on pourrait dire la même chose, parfois, de l'aide au développement. Les groupes armés qui contrôlent une région sont bien contents de voir arriver des organisations non gouvernementales (ONG) qui s'occupent de la population et les déchargent de cette action, sans parler des ressources qui sont détournées au profit de ces groupes. En Afghanistan, j'avais calculé que l'aide qui parvenait réellement aux villages afghans n'était que de 10 % de l'aide versée... Une partie finissait dans les poches des talibans et contribuait à financer leur mouvement ! C'est pourquoi il faut mener ces actions dans le cadre d'une stratégie globale de réimplantation de l'autorité locale dans la longue durée. 1 4 Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
Shorr kan Posté(e) le 19 août 2020 Share Posté(e) le 19 août 2020 il y a 15 minutes, Wallaby a dit : https://www.senat.fr/compte-rendu-commissions/20200302/etr.html#toc6 (3 mars 2020) Colonel Michel Goya : J'étais, à l'époque, assez circonspect, en raison de la règle non écrite des interventions, la « règle des trois ans » : s'il ne semble pas envisageable d'obtenir un résultat stratégique significatif en trois ans, mieux vaut éviter une action visible et s'organiser pour mener une guerre de longue durée, de basse intensité, à bas coûts et à basse visibilité. Tel n'est pas le choix qui a été fait, puisque l'on a décidé de maintenir Serval, dans un format un peu réduit, et de l'intégrer avec les autres opérations en cours dans la région, dans le cadre d'une grande opération unique, Barkhane. Celle-ci mobilise entre 3 000 et 5 000 soldats, six ou sept avions de chasse, une vingtaine d'hélicoptères, sur un espace immense. La principale différence est que Barkhane constitue une opération cumulative, non séquentielle : pas de grandes batailles ni de progression claire sur une carte, mais une multitude de petites actions, destinées à produire un effet par cumul. Barkhane travaille en collaboration avec les autres forces locales. Même si Barkhane représente la force la plus importante de la région, incontestablement, ses moyens ne lui permettent pas pour autant de faire beaucoup plus que des raids et des frappes ; ses effectifs sont tellement réduits que, même associés à des bataillons de forces locales, ils ne peuvent se déployer que quelques semaines dans une région. Nous ne sommes donc pas capables d'assurer une présence permanente dans une région, afin d'attendre la mise en place d'une administration locale efficace. Barkhane est donc surtout dissuasive, empêchant l'ennemi de reconstituer des bases importantes ou de mener des opérations militaires de grande ampleur, sous peine d'être immédiatement décelé et détruit. Elle maintient une pression forte, mais c'est insuffisant pour gagner la guerre et le potentiel de l'ennemi n'est pas véritablement entamé : en moyenne, on élimine un combattant et demi tous les deux jours, pour un coût de 600 millions annuels, soit deux millions d'euros pour éliminer un combattant... En réalité, on s'attaque aux symptômes, mais pas aux causes profondes, ni à la capacité de régénération de l'ennemi, car son centre de gravité ne se trouve pas dans ses camps du désert, mais bien à Bamako. Les organisations que nous affrontons ne sont fortes que parce que les États locaux, certains d'entre eux en tout cas, sont faibles. Tant qu'il en sera ainsi les ennemis continueront à gagner en puissance. Sur la durée, Barkhane coûte cher, financièrement, mais aussi humainement. Les pertes de soldats au combat vont s'accroître, inévitablement. Elles peuvent être acceptées par la société, pourvu qu'elles ne paraissent pas inutiles. Or, dans un contexte aussi flou, cela apparaît difficile. Barkhane a déjà coûté 2,5 milliards d'euros, qui auraient pu être employés différemment, alors que nos ennemis ne sont que des forces armées de quelques centaines de combattants, non des superpuissances militaires. Cette intervention devient la plus longue que nous ayons menée depuis longtemps. Plus elle dure, plus nous nous exposons à l'apparition d'un « cygne noir », un événement ou un accident susceptible de modifier la donne : une erreur de frappe militaire, qui tue de nombreux civils, ou la perte de plusieurs soldats. La disparition brutale de treize soldats dans un accident d'hélicoptère a fait la une des médias, mais a aussi eu un effet stratégique négatif. De plus, à terme, comme cette opération ne produit pas d'effets visibles, elle risque de voir son soutien local diminuer. Il n'est jamais agréable d'avoir une force étrangère sur son propre territoire et les populations sont tentées de surestimer le visible par rapport à l'invisible : après tout, si les Français ne l'emportent pas, en dépit de forces apparemment aussi puissantes que Barkhane, c'est qu'ils le veulent bien ! Cet échec peut ainsi être instrumentalisé par ceux qui veulent masquer leurs propres insuffisances. Barkhane, mécaniquement, est destinée à s'user. Si on poursuit dans cette voie, le risque d'accident augmente. Quitter la zone revient à abandonner toute notre stratégie qui vise à contenir les groupes djihadistes, à stabiliser la région du golfe de Guinée, à endiguer les trafics et les migrations, et à protéger indirectement notre territoire national. Il faut donc reconfigurer notre action dans la région pour la rendre plus efficace et surtout plus tenable sur la très longue durée. Cela signifie qu'il faut être le moins visible possible dans la zone critique, tout en conservant une capacité de frappe et de réaction en périphérie, et en activant tous les instruments de puissance à notre disposition, au-delà du militaire. Nous manquons à cet égard d'une vision commune des instruments de puissance : le militaire, l'aide au développement, la diplomatie - il est quand même surprenant de voir que l'on continue à critiquer les forces françaises sans que l'on n'arrive à riposter en termes de communication. Peut-être faut-il regrouper nos moyens sous une autorité unique, en nous inspirant de la Minusma, dont le chef a le rang de ministre. Son rôle militaire est très faible, mais son action globale est beaucoup plus large. Nous devons maintenir une présence discrète, en lien avec les forces locales. Les opérations étrangères qui ont réussi sont passées par l'intégration sous commandement national de forces différentes, voire de mercenaires locaux ou des forces privées, qui ont le mérite d'être moins visibles. Les Américains ont ainsi recruté 100 000 mercenaires locaux en Irak. Nul n'est prophète en son pays... 2 1 Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
Teenytoon Posté(e) le 19 août 2020 Share Posté(e) le 19 août 2020 (modifié) Le 15/08/2020 à 13:36, Jésus a dit : Si tu appuis 10 fois sur la croix, tu débloqueras le pistolet à eau bénite, très utile dans le désert face aux islamistes Tu vois que tu arrives à faire des posts courts qui sont bien plus sympa que tes longues tirades Second degré inside, pas taper Modifié le 19 août 2020 par Teenytoon 2 Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
gargouille Posté(e) le 20 août 2020 Share Posté(e) le 20 août 2020 Il y a 2 heures, Teenytoon a dit : Tu vois que tu arrives à faire des posts courts qui sont bien plus sympa que tes longues tirades Second degré inside, pas taper Tu n'aimes pas l'eau bénite ? 2 Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
rendbo Posté(e) le 20 août 2020 Share Posté(e) le 20 août 2020 Il y a 9 heures, gargouille a dit : Tu n'aimes pas l'eau bénite ? nope : le canaillou préfère le flacon si il apporte l'ivresse... ou le goupillon Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
kalligator Posté(e) le 20 août 2020 Share Posté(e) le 20 août 2020 Chapeau à M. Goya qui a souvent une vision claire de situations compliquées Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
KALIKO Posté(e) le 21 août 2020 Share Posté(e) le 21 août 2020 2 Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
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