capmat Posté(e) le 14 février Share Posté(e) le 14 février il y a 16 minutes, Patrick a dit : Le pétrole se trouve dans le sud du Nigéria. Surtout en mer. Il y a bien meilleur compte à améliorer ces sites et à privilégier le bateau qu'à se casser la tête avec un oléoduc. Il s'agit d'un gazoduc. Le projet concurrent part aussi du Nigéria, longe la côte atlantique, pour aboutir au Maroc vers un hub gazier à destination de l'Europe. Le Gazoduc du Nigéria vers le Maroc est effectivement beaucoup plus long, mais il a l'avantage de desservir tout les pays situés le long de la côte atlantique vers le Maroc. Ce gazoduc est posé en mer le long de la côte, ce qui le rend moins accessible aux agressions "extérieures". Evidemment, c'est un sujet de plus dans la rivalité entre l'Algérie et le Maroc. 1 1 Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
Polybe Posté(e) le 14 février Share Posté(e) le 14 février il y a une heure, Ciders a dit : Un signe de plus de l'isolement nigérien mais aussi algérien : l'Algérie est bloquée de tous les côtés, il ne lui reste plus grand chose pour manœuvrer. Quant à cette idée de tube transsaharien, oui... on y croît. Autant qu'à la centrale burkinabée. Créer un marché intérieur n'est pas idiot, c'est quelque part une grosse puissance régionale qui tend la main à l'AES. Inesperé pour les deux camps. Après je prédis que ça ne va pas se faire tout seul ! ^^ On entend pas les maliens... Le tube, je pense que c'est plus un prétexte (et peut-être un pari sur l'avenir). il y a 38 minutes, Patrick a dit : Le pétrole se trouve dans le sud du Nigéria. Surtout en mer. Il y a bien meilleur compte à améliorer ces sites et à privilégier le bateau qu'à se casser la tête avec un oléoduc. Y en a aussi au Niger etc. et très mal exploité/transporté. il y a 9 minutes, capmat a dit : Il s'agit d'un gazoduc. Le projet concurrent part aussi du Nigéria, longe la côte atlantique, pour aboutir au Maroc vers un hub gazier à destination de l'Europe. Le Gazoduc du Nigéria vers le Maroc est effectivement beaucoup plus long, mais il a l'avantage de desservir tout les pays situés le long de la côte atlantique vers le Maroc. Ce gazoduc est posé en mer le long de la côte, ce qui le rend moins accessible aux agressions "extérieures". Evidemment, c'est un sujet de plus dans la rivalité entre l'Algérie et le Maroc. Je pense que c'est un facteur clé en effet, la lutte d'influence avec l'autre puissance, le Maroc. Ce dernier ayant aussi pas mal investi au Niger (de là à se dire que ça va jouer à demander à papa, puis à maman...). Et effectivement, côté Maroc la solution retenue est beaucoup plus sur. Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
Ciders Posté(e) le 14 février Share Posté(e) le 14 février à l’instant, Polybe a dit : Créer un marché intérieur n'est pas idiot, c'est quelque part une grosse puissance régionale qui tend la main à l'AES. Inesperé pour les deux camps. Après je prédis que ça ne va pas se faire tout seul ! ^^ On entend pas les maliens... Géographiquement parlant, avec le Sahara au milieu, très difficile. Mais ça permettra au moins aux projets d'axes transsahariens de sortir des réserves. Et comme tu le dis, niveau sécuritaire... Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
Polybe Posté(e) le 14 février Share Posté(e) le 14 février il y a 11 minutes, Ciders a dit : Géographiquement parlant, avec le Sahara au milieu, très difficile. Mais ça permettra au moins aux projets d'axes transsahariens de sortir des réserves. Et comme tu le dis, niveau sécuritaire... La Transaharienne n'a de sens que si l'on parle "Algérie". Mais déjà que là, ils arrivent pas à la terminer... Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
olivier lsb Posté(e) le 14 février Share Posté(e) le 14 février (modifié) Le 14/02/2026 à 10:01, Asgard a dit : Et sinon, concrètement, ca change quoi ? A partir du moment où ils ont rompu le contrat avec Orano, on n'a plus de billes chez eux, si ? Quant à la guerre militaire avec nous.... faut d'abord traverser la Med ^^' Eh bien visiblement, on semble avoir conservé quelques billes puisque quelle ne fût pas ma surprise en lisant que... https://www.bloomberg.com/news/articles/2026-02-14/niger-ready-to-return-orano-produced-uranium-after-mine-takeover?taid=699071924fe0d800012adc55&embedded-checkout=true Niger is ready to return the uranium produced by Orano SA at the Somair mine to the French nuclear company. About 95,000 tons of concentrated uranium powder is ready to be sent back to Orano, according to military ruler Abdourahamane Tiani. Niger is renegotiating its oil deal with China National Petroleum Corporation, which it views as unfair, says Tiani. 95 000 tonnes ! C'est pas anecdotique, ni en volume ni en valeur. Pas impossible qu'on ait pu faciliter l'attaque sur Niamey, mais c'est hautement spéculatoire à ce stade. En revanche, l'échec du coup d'état au Bénin doit être pour quelque chose dans le retour de la junte aux discussions, et nous y avons joué là un rôle. https://www.revueconflits.com/benin-le-coup-detat-qui-dit-tout-haut-ce-que-la-region-murmure/ Modifié le 15 février par olivier lsb Edit : chiffre peu credible 1 1 Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
Polybe Posté(e) le 14 février Share Posté(e) le 14 février (modifié) Il y a 1 heure, olivier lsb a dit : Eh bien visiblement, on semble avoir conservé quelques billes puisque quelle ne fût pas ma surprise en lisant que... https://www.bloomberg.com/news/articles/2026-02-14/niger-ready-to-return-orano-produced-uranium-after-mine-takeover?taid=699071924fe0d800012adc55&embedded-checkout=true Niger is ready to return the uranium produced by Orano SA at the Somair mine to the French nuclear company. About 95,000 tons of concentrated uranium powder is ready to be sent back to Orano, according to military ruler Abdourahamane Tiani. Niger is renegotiating its oil deal with China National Petroleum Corporation, which it views as unfair, says Tiani. 95 000 tonnes ! C'est pas anecdotique, ni en volume ni en valeur. Pas impossible qu'on ait pu faciliter l'attaque sur Niamey, mais c'est hautement spéculatoire à ce stade. En revanche, l'échec du coup d'état au Bénin doit être pour quelque chose dans le retour de la junte aux discussions, et nous y avons joué là un rôle. https://www.revueconflits.com/benin-le-coup-detat-qui-dit-tout-haut-ce-que-la-region-murmure/ Heu le poids je crois qu'ils ont fumé là...on a toujours parlé d'environ 1000 tonnes. Ce qui est crédible. Il est ridicule et complotiste au possible d'affirmer que la France donne des ordres à l'EIGS. Au Bénin on a aidé un pays ami qui nous l'a demandé. Et on l'a fait en souplesse. Comme quoi y a pas besoin de chercher des complots partout, on assume très bien ce que l'on fait... Par contre ce mouvement retour vers Arlit, je soupçonne que quelqu'un (les US vu le timing) en gentiment suggéré d'arrêter les conneries et revenir dans le rang. Pas sur qu'Arlit soit cependant toujours la forteresse que ça a été. Parce que devinez qui payait pour sécuriser le coin... Modifié le 14 février par Polybe 2 2 Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
olivier lsb Posté(e) le 14 février Share Posté(e) le 14 février il y a une heure, Polybe a dit : Heu le poids je crois qu'ils ont fumé là...on a toujours parlé d'environ 1000 tonnes. Ce qui est crédible. Il est ridicule et complotiste au possible d'affirmer que la France donne des ordres à l'EIGS. Au Bénin on a aidé un pays ami qui nous l'a demandé. Et on l'a fait en souplesse. Comme quoi y a pas besoin de chercher des complots partout, on assume très bien ce que l'on fait... Par contre ce mouvement retour vers Arlit, je soupçonne que quelqu'un (les US vu le timing) en gentiment suggéré d'arrêter les conneries et revenir dans le rang. Pas sur qu'Arlit soit cependant toujours la forteresse que ça a été. Parce que devinez qui payait pour sécuriser le coin... Je ne considère pas complotiste l'idée que l'ennemi de ton adversaire est ton ami. Juste de la défense froide de nos intérêts, et c'est une vérité générale que les services de renseignement parlent à tout le monde. Au demeurant, les mouvements jihadistes sahéliens ont ceci de particulier par rapport à leurs cousins du MO, qu'ils n'ont jamais conduit d'attaques sur le sol FR. Effectivement, 95 000 tonnes, ça fait beaucoup, surtout pour le nombre de camions aperçus près de l'aéroport. Une coquille de métriques US / système latin peut être ? Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
Polybe Posté(e) le 14 février Share Posté(e) le 14 février à l’instant, olivier lsb a dit : Je ne considère pas complotiste l'idée que l'ennemi de ton adversaire est ton ami. Juste de la défense froide de nos intérêts, et c'est une vérité générale que les services de renseignement parlent à tout le monde. Au demeurant, les mouvements jihadistes sahéliens ont ceci de particulier par rapport à leurs cousins du MO, qu'ils n'ont jamais conduit d'attaques sur le sol FR. Effectivement, 95 000 tonnes, ça fait beaucoup, surtout pour le nombre de camions aperçus près de l'aéroport. Une coquille de métriques US / système latin peut être ? Alors déjà en faisant ça, tu valides tous les narratifs panafricanistes, AES, nigériens et donc globalement anti-france. C'est sur que l'EIGS n'a jamais tué de Français... Ensuite tu prêtes une capacité de nos Services assez phénoménales. Parce qu'il est bien connu que l'on manipule facilement ce genre de mouvement, n'est-ce pas ? Mais surtout, tu trouves une explication...inutile ! C'est assez fréquent, c'est un gros coup, ça nous arrange, donc c'est nous. Question conne : qu'est-ce qu'on y gagne ? Parce qu'en admettant que tu favorises un pareil coup, rien, absolument rien ne garantit : - que tu en sois pas découvert ; - que tes proxies prennent leur degré d'initiative...je ne sais pas, en récuperant de quoi faire une bombe sale et en te la faisant péter sur tes intérêts à toi (ou pire, à un allié, genre les US...) ; - que ça pénalise ton industrie, genre payer des dommages et intérêts ; - que ça ternisse ton image (ça reste un minerai exploité par une entreprise française) et la filière (c'est sur qu'en France c'est pas un sujet). 95 000 tonnes, un article écrit avec le cul ? 1 1 2 Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
ksimodo Posté(e) le 14 février Share Posté(e) le 14 février Disons que 95 000 tonnes de cailloux brut, ça peut être éventuellement pas si loin de 1000 tonnes en semi brut ( et être trés loin en yellow cake ). Tiani est africain ( il parait ) alors en comparaison la sardine qui bouche le port de Marseille ce n'est aucunement de la "menterie". Au pire une micro erreur, tant qu'on parle en tonnes l'unité est acceptable......... La cause est sérieuse puisque son peuple doit se préparer à une guerre avec la France, parait il. Il paraitrait que ce qui est exagéré est de facto insignifiant, mais celà ne vaut pas forcément en Afrique ( depuis toujours ) ni depuis les US ( depuis peu ). 1 Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
Patrick Posté(e) le 14 février Share Posté(e) le 14 février Il y a 2 heures, olivier lsb a dit : Je ne considère pas complotiste l'idée que l'ennemi de ton adversaire est ton ami. Juste de la défense froide de nos intérêts, et c'est une vérité générale que les services de renseignement parlent à tout le monde. Au demeurant, les mouvements jihadistes sahéliens ont ceci de particulier par rapport à leurs cousins du MO, qu'ils n'ont jamais conduit d'attaques sur le sol FR. Effectivement, 95 000 tonnes, ça fait beaucoup, surtout pour le nombre de camions aperçus près de l'aéroport. Une coquille de métriques US / système latin peut être ? J'ai demandé à Mistral AI: Donne moi toutes les conversions possibles en mesures impériales pour 1000 tonnes métriques. Voici les conversions possibles de 1000 tonnes métriques en unités impériales couramment utilisées pour la masse : Conversions de 1000 tonnes métriques en unités impériales Unité impériale Valeur (approximative) Livres (lbs) 2 204 623 lbs Onces (oz) 35 273 962 oz Stones (st) 157 473 st Tonnes courtes (US ton) 1 102,31 US tons Tonnes longues (UK ton) 984,21 UK tons Ces valeurs sont basées sur les facteurs de conversion standards. Si tu veux une précision supplémentaire ou une autre unité, n’hésite pas à demander ! Tu as un truc qui s'approcherait de 95 000? Parmi les conversions de 1000 tonnes métriques en unités impériales, la seule valeur qui s’approche de 95 000 est celle en stones : 1000 tonnes métriques ≈ 157 473 stones Si tu cherches une unité qui donne un nombre proche de 95 000, il n’y en a pas directement dans les unités impériales de masse courantes. Cependant, si tu veux une conversion personnalisée ou une autre unité, précise ton besoin ! Peut-être cherches-tu une unité de volume ou une autre mesure ? [...] Bonus : 95 000 tonnes de yellowcake = plus que la production annuelle mondiale (environ 60 000 t/an). Stockées sur un tarmac : Ça ferait un cube de 20 mètres de côté… bonjour la sécurité ! Bref. 1 1 Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
Polybe Posté(e) le 15 février Share Posté(e) le 15 février Il y a 8 heures, ksimodo a dit : Disons que 95 000 tonnes de cailloux brut, ça peut être éventuellement pas si loin de 1000 tonnes en semi brut ( et être trés loin en yellow cake ). Tiani est africain ( il parait ) alors en comparaison la sardine qui bouche le port de Marseille ce n'est aucunement de la "menterie". Au pire une micro erreur, tant qu'on parle en tonnes l'unité est acceptable......... La cause est sérieuse puisque son peuple doit se préparer à une guerre avec la France, parait il. Il paraitrait que ce qui est exagéré est de facto insignifiant, mais celà ne vaut pas forcément en Afrique ( depuis toujours ) ni depuis les US ( depuis peu ). Bah j'avoue m'être posé la question du poids des terres à dépolluer, mais là pour le coup ça fait probablement trop peu. Ensuite, on peut vraiment être aussi précis en poids extrait/raffiné ? Plus que Tiani, je pense à un stagiaire qui a un peu fumé. C'est lui qui sort ce chiffre ? Oui c'est bien pour ça que cette histoire de guerre ne me fait que moyennement sourire. On est pas à l'abris d'une connerie. Il y a 8 heures, Patrick a dit : J'ai demandé à Mistral AI: Donne moi toutes les conversions possibles en mesures impériales pour 1000 tonnes métriques. Voici les conversions possibles de 1000 tonnes métriques en unités impériales couramment utilisées pour la masse : Conversions de 1000 tonnes métriques en unités impériales Unité impériale Valeur (approximative) Livres (lbs) 2 204 623 lbs Onces (oz) 35 273 962 oz Stones (st) 157 473 st Tonnes courtes (US ton) 1 102,31 US tons Tonnes longues (UK ton) 984,21 UK tons Ces valeurs sont basées sur les facteurs de conversion standards. Si tu veux une précision supplémentaire ou une autre unité, n’hésite pas à demander ! Tu as un truc qui s'approcherait de 95 000? Parmi les conversions de 1000 tonnes métriques en unités impériales, la seule valeur qui s’approche de 95 000 est celle en stones : 1000 tonnes métriques ≈ 157 473 stones Si tu cherches une unité qui donne un nombre proche de 95 000, il n’y en a pas directement dans les unités impériales de masse courantes. Cependant, si tu veux une conversion personnalisée ou une autre unité, précise ton besoin ! Peut-être cherches-tu une unité de volume ou une autre mesure ? [...] Bonus : 95 000 tonnes de yellowcake = plus que la production annuelle mondiale (environ 60 000 t/an). Stockées sur un tarmac : Ça ferait un cube de 20 mètres de côté… bonjour la sécurité ! Bref. ...et c'était dans un message qui faisait de la France un possible commenditaire de l'EIGS. Bref. 1 Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
MIC_A Posté(e) le 15 février Share Posté(e) le 15 février Le Niger prêt à restituer l’uranium produit par Orano après la prise de contrôle de la mine - Bloomberg Est-ce que la source est vraiment fiable vu les chiffres assez fantaisistes annoncés ? les 1000 tonnes de Yellow cake font l'objet d'un contentieux devant tribunaux, s'en accaparer est une chose mais pour en faire quoi derrière sachant que qui que ce soit qui se portera acquéreur d'une marchandise aussi sensible et de surcroit appartenant toujours à ORANO, garanti des ennuis à long terme. Concernant les US qui feraient pression, je n'y crois guère sinon à leurs profits et souligne au passage leurs comportements quand on s'est fait éjecter du Niger alors qu'apparemment on y était pour exploiter et protéger nos intérêts avec une présence qui remonte à loin et accords tacites. S'assurer de sécuriser les points stratégiques et opérations autour en collaboration avec le GVT d'alors et les US avec un bon pied à terre du fait de notre présence et ils n'ont rien fait pour nous soutenir., pensant (à tord) qu'ils auraient place nette pour la suite et ont en définitive subit le même sort dans un lap de temps encore plus réduit que pour nous. Là, ils y reviennent par la petite porte (et des dollars) pour garder une présence dans le coin afin probablement d'y faire des affaires, peu importe avec qui en définitive. La crainte serait que ce chargement déplacé sur l'aérodrome dans la capitale soit en parti détourné ou laissé à l'abandon sans précautions avec un risque à terme de dissémination. 1 Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
Polybe Posté(e) le 15 février Share Posté(e) le 15 février il y a 2 minutes, MIC_A a dit : Le Niger prêt à restituer l’uranium produit par Orano après la prise de contrôle de la mine - Bloomberg Est-ce que la source est vraiment fiable vu les chiffres assez fantaisistes annoncés ? les 1000 tonnes de Yellow cake font l'objet d'un contentieux devant tribunaux, s'en accaparer est une chose mais pour en faire quoi derrière sachant que qui que ce soit qui se portera acquéreur d'une marchandise aussi sensible et de surcroit appartenant toujours à ORANO, garanti des ennuis à long terme. Concernant les US qui feraient pression, je n'y crois guère sinon à leurs profits et souligne au passage leurs comportements quand on s'est fait éjecter du Niger alors qu'apparemment on y était pour exploiter et protéger nos intérêts avec une présence qui remonte à loin et accords tacites. S'assurer de sécuriser les points stratégiques et opérations autour en collaboration avec le GVT d'alors et les US avec un bon pied à terre du fait de notre présence et ils n'ont rien fait pour nous soutenir., pensant (à tord) qu'ils auraient place nette pour la suite et ont en définitive subit le même sort dans un lap de temps encore plus réduit que pour nous. Là, ils y reviennent par la petite porte (et des dollars) pour garder une présence dans le coin afin probablement d'y faire des affaires, peu importe avec qui en définitive. La crainte serait que ce chargement déplacé sur l'aérodrome dans la capitale soit en parti détourné ou laissé à l'abandon sans précautions avec un risque à terme de dissémination. Ben je vois mal le Niger, l'Etat nigérien, l'exprimer comme ça, surtout publiquement. Le remettre à sa place est une chose, même si là ça me surprend aussi. Comme je le suggerais, de nos jours je ne vois pas en quoi ça serait plus en sécurité à Arlit qu'à Niamey, sans compter le déplacement retour du convoi. Arlit était sur parce que beaucoup de troupes s'y trouvait, mais aussi parce que le business profitait aux touaregs et que du pognon (pas que du Niger...) était mis dans les FDS. D'ailleurs, ça me fait penser que depuis Arlit, on peut aussi enlever la cargaison par avion (ce qui n'a pas été fait). Je pense donc que le choix de l'aéroport de Niamey tenait aux conditions de sécurité après que la frontière soit demeuré fermée (et non à un enlèvement par avion). Probablement par pressions diplomatiques exercés sur les pays traversés (France, Communauté Internationale, USA...). Niamey était donc surement vu comme le point le plus sur possible. Ensuite comme tu le soulignes, parmis les candidats interessés, qui a intérêt à s'attirer des complications internationales ? Pas tant que ça, et ceux-là ont des adversaires puissants. L'Iran par exemple, je vois mal les US et Israël laisser faire. Les US, il y a deux choses : - la non-prolifération (Iran), un sujet du moment ; - la non-prolifération (AQ + EI), un sujet de longue date. Les US se sont aussi fait bousculer par les soubresauts du Niger. Par la fermeture de leur base d'Agadez entre autre. Y a la question des sites de la CIA aussi (Louis Saillans en évoque un, Dirkou etc.) ? J'ignore si tout ça est toujours en activité, mais ça me surprendrait. Là on dirait que les US essayent justement de revenir. Ils faisaient leurs trucs, à part des français avec parfois des intérêts communs. L'approche à la Sabre plus qu'à la Barkhane je dirai. Je pense que c'est ça qu'ils veulent réactiver. Plus, ère DT oblige, du business (et ça les Nigériens en rêvent). 1 Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
Polybe Posté(e) le 15 février Share Posté(e) le 15 février Sur la relation Iran-Niger : https://www.ege.fr/infoguerre/laccord-iran-niger-comme-precedent-dun-modele-de-predation-revelateur-dun-nouvel-ordre-geo-economique-dans-les-etats-fragilises Je précise que je ne suis pas très à l'aise avec cette notion d'Iran au Niger, car elle me rappelle un peu trop certains montages fumeux des US pour justifier l'invasion de l'Irak en 2003. "L’accord Iran - Niger comme précédent d’un modèle de prédation révélateur d’un nouvel ordre géo-économique dans les États fragilisés Le 26 juillet 2023, le coup d'État au Niger ouvre une brèche géopolitique majeure. Privée en quelques mois de ses appuis occidentaux, la junte réoriente son alignement stratégique vers l’Iran, la Russie et la Chine. Dans un contexte de fragilité extrême - crise économique, vide sécuritaire, isolement diplomatique - émerge alors un accord inédit : 300 tonnes de yellowcake nigérien échangées contre soutien militaire, reconnaissance politique et financement iranien. Ce troc “sécurité contre ressources” n’est pas une transaction bilatérale, mais un mécanisme de prédation économique révélateur d’une reconfiguration profonde des équilibres géo-économiques. Le Niger devient ainsi le laboratoire sahélien d’une stratégie iranienne éprouvée au Levant : capturer un État fragilisé par intégration institutionnelle progressive, mêlant sécurité, économie et contrôle du narratif. Ce précédent ouvre parallèlement une brèche dangereuse dans le régime de non-prolifération, esquissant l’émergence d’un “marché gris nucléaire” où la matière fissile devient instrument de puissance pour des États cherchant à contourner les sanctions. Dès lors, une question centrale s’impose : comment l’accord Iran–Niger, fondé sur un troc asymétrique sécurité-ressources, s’impose-t-il comme un modèle de prédation transposable dans d’autres États fragilisés, tout en révélant la remise en cause des équilibres géo-économiques régionaux et internationaux ? Le Niger post coup d’état, un terrain de jeu stratégique propice à la prédation Le renversement de 2023 marque la bascule du rapport de force et l’ouverture d’une fenêtre géopolitique. Le 26 juillet 2023, le président Mohamed Bazoum est renversé par la garde présidentielle conduite par le général Abdourahamane Tiani. Ce putsch, huitième renversement de régime au Sahel en trois ans, bouleverse immédiatement les équilibres politiques et sécuritaires du Niger. Justifiant ce coup par devoir républicain et urgence de répondre aux aspirations démocratiques du peuple déçu par un gouvernement issu des urnes[i], l’installation du pouvoir kaki provoque surtout un basculement durable des rapports de force avec les partenaires occidentaux. Dès septembre 2023, la junte met fin aux principaux accords militaires. Elle dénonce d’abord la coopération de défense avec la France, puis, le 16 mars 2024, elle abroge l’accord militaire de 2012 signé avec les États-Unis. Qualifiant ce dernier de “déséquilibré” et “imposé unilatéralement”, Niamey exigera le retrait des 1 100 militaires américains présents sur son sol. Ce départ entérine la fermeture de la base 201 d’Agadez, infrastructure stratégique pour les opérations de surveillance dans la bande sahélo-saharienne. Cette double rupture supprime les deux principaux appuis de l’assistance sécuritaire occidentale au Niger, et ouvre une vacance que d’autres puissances concurrentes pourraient exploiter. La perspective d'accéder à un pays riche en uranium, en quête de nouveaux relais stratégiques, constitue une véritable aubaine pour l’Iran, la Russie et la Chine. L’approche iranienne : architecture d’une stratégie hybride “sécurité contre ressources” L’intérêt de Téhéran pour l’uranium nigérien ne date pas de 2023. Dès 2013, Mahmoud Ahmadinejad se rend à Niamey pour proposer une coopération économique dans un contexte où le gouvernement nigérien cherchait à réduire sa dépendance envers Areva (devenu Orano). À l’époque, Niamey nie toute discussion [au sujet de] ou transfert d’uranium vers l’Iran, mais l’épisode révèle : que l’Iran cherche depuis longtemps un accès direct à une ressource stratégique qu’il ne peut sécuriser pleinement sur son territoire ; le Niger reste ouvert à la diversification de ses partenariats. Ce socle ancien facilite la reprise des contacts une décennie plus tard. Chronologie de l'offensive iranienne La stratégie iranienne repose sur une pénétration progressive, multi-niveaux et encadrée pour éviter toute rupture brutale qui provoquerait une réaction internationale immédiate. Alors que la France condamne immédiatement la junte, l'Iran consolide sa présence diplomatique par cinq visites officielles[ii] de haut niveau : ambassadeur (septembre), ministre des Affaires étrangères (octobre), vice-président (janvier). Affirmant son appui “inconditionnel” à la junte, Téhéran ne se contente plus de soutenir mais se propose comme modèle opérationnel alternatif et disponible pour un régime sous embargo. Chaque trois à six mois, un nouveau jalon bilatéral consolide la relation. Au bout d’un an, il n’est plus question de contacts exploratoires, le Niger apparaît officiellement comme un partenaire aligné. Entre avril et mai 2024, les services américains[iii] identifient des négociations confidentielles autour de 300 tonnes de yellowcake (concentré d’uranium), valorisées à 56 millions de dollars. Cette transaction, révélatrice par sa rapidité, expose l’Iran comme unique débouché crédible pour un Niger privé des circuits occidentaux. Le yellowcake, jadis inséré dans une chaîne de valeur internationale structurée, se transforme en monnaie d’échange bilatérale. Le délai - à peine dix mois après le putsch - montre que Téhéran a parfaitement saisi l’opportunité créée par l’embargo. En parallèle[iv], l’Iran déploie son ancrage culturel par l’intermédiaire de l’Organisation de la culture et des relations islamiques, instrument historique de diffusion idéologique. Au Niger, cette structure alimente les narratifs anti-impérialistes de la junte et tisse des réseaux locaux durables. Le volet sécuritaire[v] parachève l’ensemble. En mai 2025, le général Ahmad Rezaei Radan signe un mémorandum de coopération instaurant un comité conjoint d’experts chargé de la lutte contre le terrorisme, la criminalité transnationale et le contrôle des frontières. Nous assistons à une intégration institutionnelle similaire aux modèles éprouvés en Syrie, en Irak ou au Yémen. Les conseillers iraniens s’insèrent au cœur des structures sécuritaires, fournissent technologies, renseignement et formation, tout en minimisant l’exposition internationale de Téhéran. En moins de dix-huit mois, l’Iran passe ainsi de partenaire diplomatique opportun à acteur structurel du dispositif de sécurité nigérien. La comparaison temporelle avec les puissances occidentales est éclairante Entre août 2023 et fin 2024, ni la CEDEAO, ni la France ne sont parvenus à définir une réponse cohérente au renversement de Bazoum. La France n’annonce l’adaptation de sa doctrine sahélienne qu’en janvier 2025 (suivi du RNS de juillet 2025), soit vingt mois après le putsch. Ce décalage temporel critique permet à l'Iran d’occuper la vacance aujourd’hui laissée par les occidentaux. En activant ces quatre niveaux simultanément, Téhéran met en place une dépendance multidimensionnelle. Le Niger ne peut rompre avec l’Iran sans perdre un marché d’exportation vital, un soutien sécuritaire remplaçant celui des États-Unis, une source de reconnaissance extérieure et un narratif idéologique qui légitime la junte auprès de sa base populaire. L’ensemble forme un verrou stratégique qui excède largement une coopération classique : il s’agit d’une captation progressive d’un État fragilisé, non par la force, mais par la maîtrise du temps, du récit et des institutions. Les motivations stratégiques de Téhéran Sa principale contrainte vient de son programme nucléaire. Avec plus de 400 kg cumulés d’uranium enrichi à 60% (selon l'Agence Internationale de l’Energie Atomique - AIEA), l’Iran s’approche du seuil militaire (90%), mais cette avancée repose sur un flux continu d’uranium naturel. Or ses réserves domestiques, bien que volumineuses, sont trop pauvres en teneur pour soutenir un enrichissement soutenu. Sous sanctions, extraire des milliers de tonnes de minerai pauvre pour quelques kilos exploitables n’est plus viable. L’uranium nigérien - à la fois plus riche et disponible en volumes élevés - a donc une valeur critique. Les 300 tonnes de yellowcake négociées assureraient plusieurs années de continuité, suffisamment pour prolonger la montée en capacité de Téhéran. Le deuxième impératif est géopolitique. Pour l'Iran, le Moyen-Orient est saturé : rivalité avec l’Arabie saoudite, pression israélienne, présence militaire américaine hostile. L’Iran y atteint progressivement ses limites d’expansion. Le Niger, situé au croisement du Mali, du Burkina Faso et du Nigeria, offre une tête de pont idéale en Afrique. Sa centralité permet à l’Iran de se projeter sur un nouveau terrain, précédé par son allié historique russe. Ensemble, Moscou et Téhéran peuvent créer une zone d’influence coordonnée, allant du Sahel central jusqu’aux couloirs maritimes du golfe de Guinée. Depuis 2018, l’Iran évolue dans un environnement de sanctions extrêmes : gel des avoirs, embargo sur les exportations pétrolières, isolement bancaire quasi-total. Téhéran a donc besoin de zones grises juridiques pour signer des accords informels, c’est-à-dire des États fragilisés et hors radar des mécanismes de conformité occidentaux. Le Niger, isolé, devient un sas extraterritorial. Téhéran peut y pratiquer le troc stratégique : drones, formation militaire et renseignement contre yellowcake. Le Niger devient alors une interface clandestine permettant à Téhéran de respirer économiquement malgré le régime de sanctions. Depuis vingt ans, l’Iran applique un modèle reproductible dans les États fragilisés : soutien sécuritaire immédiat, insertion de conseillers, implantation économique, présence culturelle et contrôle informationnel. Ce schéma - appliqué au Liban, en Syrie via les milices chiites, en Irak via les Unités de mobilisation populaire, au Yémen - reposerait sur l’idée que seuls les États en crise accepteraient une intégration sécuritaire profonde, sans conditionnalité politique. Téhéran transpose donc son modèle, mais l’adapte avec non pas de proxy idéologique, mais un accord “gagnant-gagnant” entre forces d’un Sud global. Le Niger devient ainsi le premier laboratoire sahélien du modèle iranien d’expansion sous embargo. Le rôle “facilitateur” de la Russie dans l’opération L’accord Niger-Iran ne s’est pas noué en vase clos. La Russie agit en architecte discret, facilitant l’entrée iranienne tout en consolidant sa propre position au Sahel. Depuis quarante ans, Moscou et Téhéran maîtrisent l’art des coopérations parallèles, des “passe-passe” fonctionnels. L’arrivée d’Africa Corps en avril 2024 sécurise le régime, créant les conditions politiques favorables à la signature, en mai 2025, du protocole sécuritaire et uranium avec l’Iran. La Russie joue le rôle de validateur stratégique, dont la présence militaire offre à la junte la garantie qu’aucun renversement ne viendra perturber les accords sensibles sur les ressources. Bien qu’aucune réunion tripartite formelle ne soit documentée, la synchronisation des séquences diplomatiques et l’enchaînement qui suit témoignent d'un parfait alignement entre leurs intérêts stratégiques respectifs. L’absence de rivalité apparente entre Moscou et Téhéran en est un autre indicateur. À cette coordination opérationnelle s’ajoute une cohérence narrative. Russie et Iran alimentent les mêmes discours souverainistes et anti-occidentaux, attaquant la CEDEAO, dénonçant les “ingérences”, et exaltant la “libération du Sahel”. Ainsi, La Russie verrouille l’avenir énergétique et sécuritaire à travers Rosatom et Africa Corps ; l’Iran capte la rente minérale, fournit les technologies militaires et installe son modèle d’intégration institutionnelle. Cette co-hégémonie reste toutefois fragile. Si les volumes d’uranium nigérien ne suffisent pas à répondre aux ambitions cumulées de Moscou et Téhéran, une compétition larvée pourrait émerger. La Russie investit massivement dans l’expansion de son nucléaire civil ; l’Iran, lui, dépend structurellement de l’uranium nigérien pour soutenir son enrichissement. Le Niger échange ainsi autonomie contre stabilité immédiate, mais au prix d’une dépendance totale envers ses nouveaux parrains. Ce modèle, désormais éprouvé au Sahel, combine influence sécuritaire et économique, et s’impose comme une stratégie reproductible dans d’autres États fragiles de la région. Le deal “sécurité contre uranium” : anatomie d’une prédation L'opération s'inscrit dans une logique de prédation économique. Cette dynamique illustre l'idée que l'affrontement économique est souvent associé à une opportunité d'action pour le fort afin d'accroître sa puissance par rapport au faible. Le prix affiché - environ 187 USD/kg - respecte les standards internationaux, mais il occulte un avantage colossal pour Téhéran. Sur les circuits parallèles nécessaires au contournement des sanctions, l’uranium coûte entre 350 et 450 USD/kg. En l’acquérant au prix spot via le Niger, l’Iran économise 50 à 80 millions de dollars, soit une décote considérable à obtenir autrement. Ce n’est pas un rabais commercial, c’est un gain stratégique rendu possible par la vulnérabilité nigérienne. Les 300 tonnes ne représentent pas seulement une marchandise mais constituent un actif nucléaire. Converties, elles fourniraient assez d’uranium métal pour alimenter plusieurs dizaines de têtes nucléaires potentielles. Cette valeur optionnelle transforme un simple troc en transfert d’avantage militaire, disproportionné par rapport au prix payé. Cette approche de recherche de raccourcis visant à assimiler rapidement des moyens d'accroissement de puissance rappelle les stratégies de rattrapage technologique observées par la Chine, qui a cherché à combler son retard en captant le savoir-faire occidental[vi]. Dans ce contexte, l'Iran utilise l'économie pour obtenir un avantage de puissance par d'autres moyens. La situation évoque également le processus analysé par Pierre Fayard concernant la pérennisation du rapport de force économique entre dominant et dominé[vii]. Au-delà du prix, le “package” sécuritaire scelle une dépendance durable. Les drones livrés exigeraient des pièces détachées, des mises à jour logicielles et des communications chiffrées exclusivement iraniennes : sans maintenance, le parc devient inutilisable en moins d’un an. Les instructeurs de l’IRGC s’insèreront dans les chaînes de formation et capteront les flux de renseignement, créant des canaux parallèles aux anciennes structures occidentales. Politiquement, le soutien iranien devient vital pour la junte isolée : toute rupture réintroduirait un risque d’effondrement diplomatique et sécuritaire immédiat. L’éviction “méthodique” d’Orano comme revers stratégique L’éviction d’Orano résulte d’un étouffement graduel : entre mars 2024 et juin 2025, Niamey retire le permis d’Imouraren, prend le contrôle opérationnel de Somaïr malgré les 63,4 % d’Orano, puis nationalise l’entreprise au nom de la souveraineté. Le CIRDI (Banque mondiale) reconnaît la violation des contrats, mais la junte ignore la sentence. À l’été 2025, les actifs sont immédiatement réalloués : 300 tonnes pour l’Iran, négociations avec Rosatom, intérêt chinois pour Imouraren. En quinze mois, Orano passe d’acteur historique à opérateur évincé sans recours effectif, illustrant un lawfare inversé où la souveraineté territoriale et les alliances priment désormais sur les arbitrages internationaux. Cet évènement illustre parfaitement l'adage rappelé par Olivier de Maison Rouge (citant Maurice Barrès) : “Où manque la force, le droit disparaît ; où apparaît la force, le droit commence de rayonner”[viii]. L'éviction d'Orano repose sur une construction discursive sophistiquée transformant la gestion de l'uranium en enjeu identitaire. Ce narratif, puissant et mobilisateur, fonctionne comme arme de guerre économique car il justifie les ruptures contractuelles, neutralise les critiques internationales et légitime de nouveaux partenariats (Nicolas Moinet). Derrière ce discours, les véritables bénéficiaires ne sont ni l'État nigérien ni sa population, mais les puissances étrangères comblant le vide. L’accusation de la France d'avoir “pillé les ressources nigériennes” depuis 60 ans via Orano ignore les redevances, taxes, et emploi de plus de 2 500 Nigériens (si l’on compte le personnel de Somaïr, Cominak avant fermeture, Imouraren et les sous-traitants). Le grief concernant le refus d'Orano de transformer localement l'uranium masque une impossibilité technique : le Niger ne dispose ni des moyens ni de la demande intérieure pour autant investir dans une usine de conversion ou d’enrichissement. Dernièrement, le rejet de se plier aux mesures de la CIRDI dite “outil colonial” montre une vision du droit international comme instrument de domination occidentale - alors que le pays y a adhéré de son plein gré. Désormais, l'uranium sera toujours exporté brut vers des partenaires n’exigeant ni transparence, ni bonne gouvernance. La junte affirme vouloir transformer localement l'uranium pour capturer la valeur ajoutée et mieux bâtir la filière nucléaire nationale. Mais cette promesse se heurte à des écueils techniques et économiques sur le terrain et aux besoins contraires de ses parrains (yellowcake brut pour Iran, enrichissement exclusif en Russie). Le double discours de Niamey Après chaque révélation, Niamey dément publiquement tout accord formel tout en reconnaissant implicitement des discussions avancées. Cette ambiguïté sert trois objectifs : flexibilité diplomatique (rassurer l'Occident en niant, dissimuler ses intentions comme le théorise Mr Harbulot), protection juridique (l’absence de document officiel complique l’action judiciaire), tests de réaction (chaque fuite agit comme ballon d'essai, en utilisant un processus similaire à la fenêtre d'Overton). Cette tendance large est visible dans plusieurs États fragilisés. Le Mali a utilisé ce mécanisme pour marginaliser Barrick Gold au profit de la Russie, la Guinée a mobilisé le même narratif pour réviser ses contrats de bauxite au détriment de Rio Tinto et au bénéfice de la Chine. Le Niger reprend cette stratégie et l'adapte au secteur nucléaire, faisant du discours de souveraineté - bien que louable dans le fond, l’alibi d'une prédation orchestrée par puissances extérieures. Les risques majeurs d’un marché gris nucléaire en expansion L'uranium nigérien confère à l'Iran la pièce maîtresse qui complète son arsenal nucléaire - passant d'une capacité théorique à une force de dissuasion militaire opérationnelle. Ce basculement reconfigure immédiatement l'équilibre stratégique du Moyen-Orient. Les répercussions seraient directes. L'Arabie saoudite activerait immédiatement l'option nucléaire pakistanaise, formalisant une dépendance stratégique jusqu'alors informelle. La Turquie envisagerait une nucléarisation propre, menaçant l'équilibre régional. L'Égypte exigerait une parité nucléaire, déstabilisant toute la zone. Israël, percevant une menace existentielle, pourrait initier des frappes préventives sur les installations iraniennes. On assiste donc à un possible scénario de déstabilisation générale au Moyen-Orient où chaque acteur se nucléariserait pour rétablir l'équilibre. L'uranium nigérien ne modifie donc pas seulement la compétition sahélienne, il amorce une course nucléaire régionale aux conséquences potentiellement catastrophiques. Menace terroriste régionale Un voyage des mines d’Arlit aux ports du Golfe de Guinée, traversant le Burkina Faso, constitue un point critique de vulnérabilité extrême. Près de 40% du Burkina Faso est contrôlé par des groupes djihadistes affiliés à AQMI et l'État islamique au Grand Sahara - organisations disposant d'armes lourdes, d'expertise en embuscades et de capacités de frappe confirmées contre des convois militaires. Un convoi d'uranium traversant cette zone représenterait une cible d'une valeur stratégique inédite. Même une capture partielle fournirait aux terroristes la matière pour fabriquer des “bombes sales” - dispositifs dispersant la matière radioactive pour contaminer des zones urbaines et les rendre inhabitables pendant des années. L'impact économique et social dépasserait largement les seuls dégâts radiologiques : panique massive, abandon urbain, coûts de nettoyage colossaux. À Lomé (Togo), les États-Unis et l'UE exerceraient une pression pour bloquer ou inspecter la cargaison. En mer, Israël et les États-Unis pourraient intercepter le navire - comme ils l'ont déjà fait avec d'autres cargaisons stratégiques à destination de l'Iran. En cas de capture terroriste, l'AIEA activerait ses protocoles d'urgence, le Conseil de sécurité convoquerait une résolution d'urgence, et il y aurait intervention militaire internationale pour récupérer la matière. Le Sahel deviendrait théâtre d'une "guerre nucléaire de basse intensité" mêlant opérations spéciales, surveillance satellite, frappes et menaces radiologiques transfrontalières. Exploitation de la faille du système de l’AIEA L’Iran exploite avec une précision remarquable la faille temporelle du système de non-prolifération. La transparence dépend de la bonne foi des États, les vérifications prennent des mois, et toute résolution du Conseil de sécurité peut être neutralisée par Moscou ou Pékin. Dans cet intervalle, l’uranium peut quitter le territoire, être livré voire converti avant même que les organes de contrôle ne réagissent. L’AIEA, conçue pour un environnement de coopération volontaire, se retrouve impuissante face à un État soutenu par des parrains géopolitiques capables de bloquer toute sanction. Le précédent nigérien est potentiellement explosif : il démontre comment contourner le régime du TNP (Traité sur la Non-Prolifération) sans subir de conséquences immédiates, en combinant opacité, lenteur procédurale et protection diplomatique. Si l’uranium nigérien atteint l’Iran sans réaction internationale, une brèche serait ouverte vers un “marché gris nucléaire”, où des États tiers deviendraient des relais discrets de contournement, redéfinissant les rapports de force de la gouvernance atomique mondiale. L’accord Iran-Niger montre comment un troc asymétrique “sécurité-ressources” peut devenir un mécanisme de capture progressive d’un État fragilisé. Le Niger échange une part de sa souveraineté de facto contre une survie politique immédiate. À court terme, Téhéran remporte une victoire tactique décisive : accès sécurisé à l’uranium, implantation africaine durable, contournement des sanctions sans coût militaire. À moyen terme, le Mali, le Burkina Faso et d’autres États sahéliens pourraient répliquer ce schéma avec Moscou et Pékin, installant une prédation multidimensionnelle standardisée où sécurité, ressources et reconnaissance s’échangent en dehors de toute conditionnalité. À long terme, ce précédent fragilise le régime de non-prolifération : comme le note Hannah Hollander, les opérations de zone grise “sont souvent intentionnellement dissimulées, ce qui rend difficile l'attribution de la responsabilité, et elles sont généralement juste en dessous du seuil justifiant une réponse militaire”. Le Niger et ses voisins deviennent alors des zones grises de puissance, servant de relais à des architectures géopolitiques qui ne reconnaissent plus les frontières ni les cadres normatifs. Amélie Ségla ( MBA Stratégie et Intelligence Économique SIE29 de l’Ecole de Guerre Economique)" Cet article me semble souffrir de sérieuses limites. Outre que ça repose sur un narratif a priori US (j'ai dit ce qu'il en a été par le passé...), certaines affirmations sur la pénétration iranienne au sein du gouvernement nigérien me semble relever plus de la déduction que de la preuve sourcé. En revanche cela pourrait expliquer certaines choses autour du Yellowcake "nigérien" et de la posture de la France vis-à-vis du dossier iranien. Une théorie donc, certes intéressante, mais une théorie seulement. L'article cite ses sources, bon... Au passage je ne sais pas trop quoi penser de cette histoire de protocole d'urgence de l'AIEA. Cela parle à quelqu'un ? Bref, cette vision - qui comme je le souligne me semble reposer sur une vision en partie US et française des choses - peut pas mal expliquer le fait que les US manient carotte et baton au Niger, et que de très fortes pressions se sont exercées sur les voisins du Niger pour ne pas laisser passer le convoi. 1 1 Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
olivier lsb Posté(e) le 15 février Share Posté(e) le 15 février Il y a 11 heures, Patrick a dit : J'ai demandé à Mistral AI: Donne moi toutes les conversions possibles en mesures impériales pour 1000 tonnes métriques. Voici les conversions possibles de 1000 tonnes métriques en unités impériales couramment utilisées pour la masse : Conversions de 1000 tonnes métriques en unités impériales Unité impériale Valeur (approximative) Livres (lbs) 2 204 623 lbs Onces (oz) 35 273 962 oz Stones (st) 157 473 st Tonnes courtes (US ton) 1 102,31 US tons Tonnes longues (UK ton) 984,21 UK tons Ces valeurs sont basées sur les facteurs de conversion standards. Si tu veux une précision supplémentaire ou une autre unité, n’hésite pas à demander ! Tu as un truc qui s'approcherait de 95 000? Parmi les conversions de 1000 tonnes métriques en unités impériales, la seule valeur qui s’approche de 95 000 est celle en stones : 1000 tonnes métriques ≈ 157 473 stones Si tu cherches une unité qui donne un nombre proche de 95 000, il n’y en a pas directement dans les unités impériales de masse courantes. Cependant, si tu veux une conversion personnalisée ou une autre unité, précise ton besoin ! Peut-être cherches-tu une unité de volume ou une autre mesure ? [...] Bonus : 95 000 tonnes de yellowcake = plus que la production annuelle mondiale (environ 60 000 t/an). Stockées sur un tarmac : Ça ferait un cube de 20 mètres de côté… bonjour la sécurité ! Bref. Oui je pense aussi, dès le premier post, que l'article de Bloomberg s'est sérieusement planté sur les quantités en jeu. 1 2 Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
olivier lsb Posté(e) le 15 février Share Posté(e) le 15 février Il y a 13 heures, Polybe a dit : Alors déjà en faisant ça, tu valides tous les narratifs panafricanistes, AES, nigériens et donc globalement anti-france. C'est sur que l'EIGS n'a jamais tué de Français... Ce que je voulais rappeler plus froidement, en observant le déroulé des événements ces derniers temps au Niger, et peut être un début de rétropédalage de la junte sur l'uranium, c'est que le pouvoir est sous pression et ses marges de manœuvre très réduites par les événements. Que la raison d'état commande de discuter, voir de coopérer avec tout le monde, même si c'est des adversaires. C'est vieux comme le renseignement, de l'Iran avec Israël (Iran-Contras), du DRS avec les jihadistes sahéliens, en passant par la CIA et HTS pour ce qui me vient tête. Citation Ensuite tu prêtes une capacité de nos Services assez phénoménales. Parce qu'il est bien connu que l'on manipule facilement ce genre de mouvement, n'est-ce pas ? Un intérêt commun n'est pas une manipulation. Quand il a été proposé un corridor d'évacuation de Raqqa à Daech en 2017, faudrait être immensément naïf pour croire que nos services n'ont pas pris contact avec, et opérer une forme de coopération. Citation Mais surtout, tu trouves une explication...inutile ! C'est assez fréquent, c'est un gros coup, ça nous arrange, donc c'est nous. Question conne : qu'est-ce qu'on y gagne ? Parce qu'en admettant que tu favorises un pareil coup, rien, absolument rien ne garantit : - que tu en sois pas découvert ; - que tes proxies prennent leur degré d'initiative...je ne sais pas, en récuperant de quoi faire une bombe sale et en te la faisant péter sur tes intérêts à toi (ou pire, à un allié, genre les US...) ; - que ça pénalise ton industrie, genre payer des dommages et intérêts ; - que ça ternisse ton image (ça reste un minerai exploité par une entreprise française) et la filière (c'est sur qu'en France c'est pas un sujet). La dynamique jihadiste au sahel prospère d'abord sur un agenda politique local, où les clivages locaux existants, préalablement exprimés de manière non violente ou restés silencieux, sont relabellisés en tant que djihad armé. Ils utilisent souvent la coercition et l’intimidation. Mais ils s’efforcent aussi de persuader, patiemment, par le bas, les communautés de la supériorité de leurs normes de gouvernance, là où les états n'ont généralement pas brillé par leur compétence ou leur impartialité. En somme, ils font de la politique au plus près des acteurs. Après j'ignore les conclusions des services de l'état sur ce qu'il peut nous rester comme intérêt à coopérer loyalement avec une junte sous influence russe, et qui a déjà exproprié le plus gros actif civil français du pays, après avoir fait de même sur le militaire. Un coup de pression sur le pouvoir de Tiani pour qu'il lâche du leste sur l'uranium d'Orano, c'est pas inconcevable. Je reconnais que c'est purement hypothétique... Mais constatons que la junte a changé de discours malgré le soutien russe, en quelques mois. Alors que sur le papier, je vois vraiment ce qui a changé depuis, sauf l'échec du coup de d'état au Bénin. Parce que la France n'a pas le monopole de la question, et les panafricanistes se gardent bien de couvrir le sujet naturellement. https://www.rfi.fr/fr/économie/20260215-niger-le-général-tiani-ouvre-la-porte-à-une-restitution-de-l-uranium-à-orano Citation Niger: le général Tiani ouvre la porte à une restitution de l'uranium à Orano Niamey et le groupe minier français s'affrontent depuis des mois autour de l'uranium de la Somaïr à Arlit, dans le nord, nationalisée en juin 2025. Et alors qu'une importante cargaison d'uranium extrait par Orano est toujours bloquée à l'aéroport de Niamey, vendredi 13 février 2026, lors d’un message à la nation, le chef d'État, le général Abourahamane Tiani a ouvert la porte à une restitution à la France d'une partie de l’uranium produit par Orano. Publié le : 15/02/2026 - 05:08 Dans son discours, Abourahamane Tiani l'a répété : l'uranium de la mine d'Arlit est désormais propriété pleine et entière de l'État. « L'uranium. Il est nigérien, le Niger a investi. » Mais vendredi, le chef de l'État s'est dit aussi prêt à restituer à la France une partie de l'uranium produit par Orano avant la reprise de la mine par le Niger. « La France a ses 63,4% de 156 231 tonnes. S’ils veulent demain qu'on leur envoie ça, nous payons nous-mêmes le transport pour leur envoyer parce qu'ils étaient là au moment où ça a été produit. Mais tout ce qui a été produit par la suite est nigérien. Et restera nigérien, inshallah » Dans cette affaire, le groupe minier affirme avoir été dépossédé de ses ressources, quand Niamey invoque la nationalisation du site. À ce jour, côté français, deux procédures ont été engagées concernant le stock d'uranium de la Somaïr. La première action est portée devant le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (Cirdi). La seconde devant la justice française. En décembre, le parquet de Paris a ouvert une enquête pour vol en bande organisée dans le but de servir les intérêts d'une puissance étrangère. De son côté, le Niger a annoncé début février sa volonté de porter plainte contre Orano. Niamey avance notamment les préjudices subis sur l'environnement durant la période d'exploitation de la mine par le groupe français. Contacté par RFI, Orano n'a pour le moment pas réagi aux propos du général Tiani. Eh bien voilà comment on arrive à 95 000 tonnes: en additionnant ce qui n'a pas encore été extrait, mais avait été valorisé dans le cadre de la prise de participation dans la Somaïr (et ça se paie par anticipation). Mais vendredi, le chef de l'État s'est dit aussi prêt à restituer à la France une partie de l'uranium produit par Orano avant la reprise de la mine par le Niger. « La France a ses 63,4% de 156 231 tonnes. S’ils veulent demain qu'on leur envoie ça, nous payons nous-mêmes le transport pour leur envoyer parce qu'ils étaient là au moment où ça a été produit." 1 Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
Polybe Posté(e) le 15 février Share Posté(e) le 15 février (modifié) il y a 27 minutes, olivier lsb a dit : Ce que je voulais rappeler plus froidement, en observant le déroulé des événements ces derniers temps au Niger, et peut être un début de rétropédalage de la junte sur l'uranium, c'est que le pouvoir est sous pression et ses marges de manœuvre très réduites par les événements. Que la raison d'état commande de discuter, voir de coopérer avec tout le monde, même si c'est des adversaires. C'est vieux comme le renseignement, de l'Iran avec Israël (Iran-Contras), du DRS avec les jihadistes sahéliens, en passant par la CIA et HTS pour ce qui me vient tête. Un intérêt commun n'est pas une manipulation. Quand il a été proposé un corridor d'évacuation de Raqqa à Daech en 2017, faudrait être immensément naïf pour croire que nos services n'ont pas pris contact avec, et opérer une forme de coopération. La dynamique jihadiste au sahel prospère d'abord sur un agenda politique local, où les clivages locaux existants, préalablement exprimés de manière non violente ou restés silencieux, sont relabellisés en tant que djihad armé. Ils utilisent souvent la coercition et l’intimidation. Mais ils s’efforcent aussi de persuader, patiemment, par le bas, les communautés de la supériorité de leurs normes de gouvernance, là où les états n'ont généralement pas brillé par leur compétence ou leur impartialité. En somme, ils font de la politique au plus près des acteurs. Après j'ignore les conclusions des services de l'état sur ce qu'il peut nous rester comme intérêt à coopérer loyalement avec une junte sous influence russe, et qui a déjà exproprié le plus gros actif civil français du pays, après avoir fait de même sur le militaire. Un coup de pression sur le pouvoir de Tiani pour qu'il lâche du leste sur l'uranium d'Orano, c'est pas inconcevable. Je reconnais que c'est purement hypothétique... Mais constatons que la junte a changé de discours malgré le soutien russe, en quelques mois. Alors que sur le papier, je vois vraiment ce qui a changé depuis, sauf l'échec du coup de d'état au Bénin. Parce que la France n'a pas le monopole de la question, et les panafricanistes se gardent bien de couvrir le sujet naturellement. Vouloir et pouvoir sont deux choses différentes. On arrive pas du jour au lendemain à infiltrer et manipuler un groupe comme ça. Qui lui-même n'est pas aux ordres. Bref, c'est il me semble ridicule, et je cherche un précédent, à savoir un groupe djihadiste qui fait une OP au cachet pour un pays occidental. Je ne suis pas en train de nier les collusions Services/groupes terro'. Je dis que faire monter une OP comme ça au débotté, c'est déjà autre chose. Et comme je l'ai souligné : - y d'autres moyens de pressions et de neutralisations pour parer à la prolifération, qui ont d'ailleurs probablement été joués (avec succès) ; - qu'est ce qu'apporterait cette attaque à la donne "yellowcake" ? Rien, sinon un potentiel d'emmerdes pratiques et diplomatiques. Oui, et en Syrie tu ne vois pas une différence entre AQ et EI ? Y a effectivement un des deux avec lequel il est connu que l'Occident a eu des rapports, l'autre pas. Et ça se transpose assez bien au Sahel, y a des exemples. Reste encore et toujours un intérêt à le faire. Je cherche encore. J'avais annoncé ici même les limites de l'approche nigérienne, en traçant en creux ce changement de discours. Il n'y a que ceux qui croient au miracle russe (et qui n'étudie pas le précédent centrafricain...) pour croire qu'il en irait autrement. Le coup de pression, les coups de pressions ont eu lieu, avec succès, encore une fois largement ilustrés ici. Pourquoi risquer que des djihadistes puissent mettre la main sur de la matière que l'on ne veut justement pas voir se diluer ? Parce qu'une attaque terro', c'est pas un groupe de FS qui cible précisemment, que l'on contrôle à l'ouverture d'angle près etc. ^^ Je n'ai pas compris ta dernière phrase : Parce que la France n'a pas le monopole de la question, et les panafricanistes se gardent bien de couvrir le sujet naturellement Je conclus que l'on cherche du complot capillotracté là où l'objectif et l'explication au plus simple c'est que l'aviation était bien la cible ! Modifié le 15 février par Polybe 1 2 Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
Polybe Posté(e) le 15 février Share Posté(e) le 15 février il y a 31 minutes, olivier lsb a dit : https://www.rfi.fr/fr/économie/20260215-niger-le-général-tiani-ouvre-la-porte-à-une-restitution-de-l-uranium-à-orano Eh bien voilà comment on arrive à 95 000 tonnes: en additionnant ce qui n'a pas encore été extrait, mais avait été valorisé dans le cadre de la prise de participation dans la Somaïr (et ça se paie par anticipation). Mais vendredi, le chef de l'État s'est dit aussi prêt à restituer à la France une partie de l'uranium produit par Orano avant la reprise de la mine par le Niger. « La France a ses 63,4% de 156 231 tonnes. S’ils veulent demain qu'on leur envoie ça, nous payons nous-mêmes le transport pour leur envoyer parce qu'ils étaient là au moment où ça a été produit." Aaaaah ok, merci ! En gros le gars veut nous vendre des cailloux. Bon plus sérieusement, ils ont l'air vraiment aux abois question pognon pour sortir un truc comme ça... Cela me rappel cet extrait que j'ai posté plus haut : "Le double discours de Niamey [...] Après chaque révélation, Niamey dément publiquement tout accord formel tout en reconnaissant implicitement des discussions avancées. Cette ambiguïté sert trois objectifs : flexibilité diplomatique (rassurer l'Occident en niant, dissimuler ses intentions comme le théorise Mr Harbulot), protection juridique (l’absence de document officiel complique l’action judiciaire), tests de réaction (chaque fuite agit comme ballon d'essai, en utilisant un processus similaire à la fenêtre d'Overton). Cette tendance large est visible dans plusieurs États fragilisés. Le Mali a utilisé ce mécanisme pour marginaliser Barrick Gold au profit de la Russie, la Guinée a mobilisé le même narratif pour réviser ses contrats de bauxite au détriment de Rio Tinto et au bénéfice de la Chine. Le Niger reprend cette stratégie et l'adapte au secteur nucléaire, faisant du discours de souveraineté - bien que louable dans le fond, l’alibi d'une prédation orchestrée par puissances extérieures. [...]" 1 2 Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
Polybe Posté(e) le 15 février Share Posté(e) le 15 février Je laisse cette analyse ici : Pas de complot, que du très connu et classique. Voilà voilà... Personnellement je suis beaucoup plus en phase avec l'intervenant maroccain. 2 Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
Patrick Posté(e) le 15 février Share Posté(e) le 15 février Il y a 1 heure, olivier lsb a dit : Ce que je voulais rappeler plus froidement, en observant le déroulé des événements ces derniers temps au Niger, et peut être un début de rétropédalage de la junte sur l'uranium, c'est que le pouvoir est sous pression et ses marges de manœuvre très réduites par les événements. Que la raison d'état commande de discuter, voir de coopérer avec tout le monde, même si c'est des adversaires. C'est vieux comme le renseignement, de l'Iran avec Israël (Iran-Contras), du DRS avec les jihadistes sahéliens, en passant par la CIA et HTS pour ce qui me vient tête. Un intérêt commun n'est pas une manipulation. Quand il a été proposé un corridor d'évacuation de Raqqa à Daech en 2017, faudrait être immensément naïf pour croire que nos services n'ont pas pris contact avec, et opérer une forme de coopération. La dynamique jihadiste au sahel prospère d'abord sur un agenda politique local, où les clivages locaux existants, préalablement exprimés de manière non violente ou restés silencieux, sont relabellisés en tant que djihad armé. Ils utilisent souvent la coercition et l’intimidation. Mais ils s’efforcent aussi de persuader, patiemment, par le bas, les communautés de la supériorité de leurs normes de gouvernance, là où les états n'ont généralement pas brillé par leur compétence ou leur impartialité. En somme, ils font de la politique au plus près des acteurs. Après j'ignore les conclusions des services de l'état sur ce qu'il peut nous rester comme intérêt à coopérer loyalement avec une junte sous influence russe, et qui a déjà exproprié le plus gros actif civil français du pays, après avoir fait de même sur le militaire. Un coup de pression sur le pouvoir de Tiani pour qu'il lâche du leste sur l'uranium d'Orano, c'est pas inconcevable. Je reconnais que c'est purement hypothétique... Mais constatons que la junte a changé de discours malgré le soutien russe, en quelques mois. Alors que sur le papier, je vois vraiment ce qui a changé depuis, sauf l'échec du coup de d'état au Bénin. Parce que la France n'a pas le monopole de la question, et les panafricanistes se gardent bien de couvrir le sujet naturellement. https://www.rfi.fr/fr/économie/20260215-niger-le-général-tiani-ouvre-la-porte-à-une-restitution-de-l-uranium-à-orano Eh bien voilà comment on arrive à 95 000 tonnes: en additionnant ce qui n'a pas encore été extrait, mais avait été valorisé dans le cadre de la prise de participation dans la Somaïr (et ça se paie par anticipation). Mais vendredi, le chef de l'État s'est dit aussi prêt à restituer à la France une partie de l'uranium produit par Orano avant la reprise de la mine par le Niger. « La France a ses 63,4% de 156 231 tonnes. S’ils veulent demain qu'on leur envoie ça, nous payons nous-mêmes le transport pour leur envoyer parce qu'ils étaient là au moment où ça a été produit." ...Ça fait 99 050. Pas "95 000". Donc ils ne savent toujours pas compter. 1 1 Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
Polybe Posté(e) le 15 février Share Posté(e) le 15 février il y a 2 minutes, Patrick a dit : ...Ça fait 99 050. Pas "95 000". Donc ils ne savent toujours pas compter. Boarf à 4050 tonnes près on va pas chipoter. "Y en a un peu plus, je vous le mets quand même ?" 2 1 Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
olivier lsb Posté(e) le 15 février Share Posté(e) le 15 février Il y a 2 heures, Polybe a dit : Aaaaah ok, merci ! En gros le gars veut nous vendre des cailloux. Bon plus sérieusement, ils ont l'air vraiment aux abois question pognon pour sortir un truc comme ça... Cela me rappel cet extrait que j'ai posté plus haut : "Le double discours de Niamey [...] Après chaque révélation, Niamey dément publiquement tout accord formel tout en reconnaissant implicitement des discussions avancées. Cette ambiguïté sert trois objectifs : flexibilité diplomatique (rassurer l'Occident en niant, dissimuler ses intentions comme le théorise Mr Harbulot), protection juridique (l’absence de document officiel complique l’action judiciaire), tests de réaction (chaque fuite agit comme ballon d'essai, en utilisant un processus similaire à la fenêtre d'Overton). Cette tendance large est visible dans plusieurs États fragilisés. Le Mali a utilisé ce mécanisme pour marginaliser Barrick Gold au profit de la Russie, la Guinée a mobilisé le même narratif pour réviser ses contrats de bauxite au détriment de Rio Tinto et au bénéfice de la Chine. Le Niger reprend cette stratégie et l'adapte au secteur nucléaire, faisant du discours de souveraineté - bien que louable dans le fond, l’alibi d'une prédation orchestrée par puissances extérieures. [...]" Oui la formulation du Niger est ambiguë, à dessein j'imagine: ils reconnaissent implicitement un droit "de tirage" pour la partie française, découlant de "l'ancien droit de propriété" (ce qui ne peut pas être explicitement admis, sous peine de s'exposer un peu plus dans le contentieux judiciaire en cours). Ils ne s'opposent pas à des livraisons futures, mais n'abordent ni la question de l'indemnisation pour l'expropriation, ni la question du prix de ces potentielles livraisons. Ce qu'on peut constater, c'est que le coup de force initial a partiellement échoué: la mine est à eux de facto, mais le yellow cake n'a pas quitté le pays et la junte est à cours d'options et de cash. Donc on en revient à des négociations, qui peuvent très bien ne pas aboutir. 1 Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
Shorr kan Posté(e) le 15 février Share Posté(e) le 15 février Le 14/02/2026 à 11:56, Ciders a dit : Un signe de plus de l'isolement nigérien mais aussi algérien : l'Algérie est bloquée de tous les côtés, il ne lui reste plus grand chose pour manœuvrer. Quant à cette idée de tube transsaharien, oui... on y croît. Autant qu'à la centrale burkinabée. Le 14/02/2026 à 12:23, Patrick a dit : Le pétrole se trouve dans le sud du Nigéria. Surtout en mer. Il y a bien meilleur compte à améliorer ces sites et à privilégier le bateau qu'à se casser la tête avec un oléoduc. Il s'agit de gaz naturel que le Nigéria cherche à valoriser, et un gazoduc c'est mieux quel le GNL économiquement, et l'Algérie avec une infrastructure déjà existante est un point de sortie logique s'ils arrivent à se connecter à leur réseaux ; après, si je n'ai pas trop de doute sur la faisabilité technique, pour le volet financier (qui finance ?) et géopolitique, je ne me prononce pas. 1 1 Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
Polybe Posté(e) le 15 février Share Posté(e) le 15 février il y a une heure, olivier lsb a dit : Oui la formulation du Niger est ambiguë, à dessein j'imagine: ils reconnaissent implicitement un droit "de tirage" pour la partie française, découlant de "l'ancien droit de propriété" (ce qui ne peut pas être explicitement admis, sous peine de s'exposer un peu plus dans le contentieux judiciaire en cours). Ils ne s'opposent pas à des livraisons futures, mais n'abordent ni la question de l'indemnisation pour l'expropriation, ni la question du prix de ces potentielles livraisons. Ce qu'on peut constater, c'est que le coup de force initial a partiellement échoué: la mine est à eux de facto, mais le yellow cake n'a pas quitté le pays et la junte est à cours d'options et de cash. Donc on en revient à des négociations, qui peuvent très bien ne pas aboutir. J'ai posté une explication de leur stratégie de com'. Ils font toujours comme ça, et le but c'est d'endofer la communauté internationale. 1 Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
Bechar06 Posté(e) le 15 février Share Posté(e) le 15 février Le 14/02/2026 à 13:17, Polybe a dit : La Transaharienne n'a de sens que si l'on parle "Algérie". Mais déjà que là, ils arrivent pas à la terminer... Oui, mais ... https://www.latribune.fr/article/afrique/14317225418443/la-bad-accordera-un-pret-de-2-5-milliards-deuros-a-l-algerie-pour-le-projet-de-transsaharienne-ferroviaire "La Banque africaine de développement (BAD) va débloquer un financement total de 3 milliards USD (environ 2,5 milliards d’euros) destiné à l’Algérie, pour la construction de la ligne ferroviaire Laghouat - Ghardaïa - El Menéa, longue d’environ 495 km. C’est ce qu’a indiqué le président Abdelmadjid Tebboune à la presse nationale le 7 février, précisant qu’il s’agit d’un prêt remboursable sur 13 ans. L’institution panafricaine avait déjà approuvé en novembre 2025 un prêt de 747,3 millions d’euros pour financer une première section du tracé. Un corridor stratégique vers le Sahara et le Sahel Ce projet d’infrastructure représente aussi la première phase de la Transsaharienne ferroviaire, destinée à relier Alger à Tamanrasset sur près de 2 000 km, avec un raccordement prévu vers le Niger. Prévue pour être achevée d’ici 2028, cette Transsaharienne doit désenclaver les bassins de production agricole et minière des wilayas de Laghouat, Ghardaïa et El Ménéa, et aussi faciliter le fret des ressources minières dans les régions désertiques du Sahara et du Sahel." 1 1 Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
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