herciv Posté(e) le 5 janvier Auteur Share Posté(e) le 5 janvier il y a 1 minute, Teenytoon a dit : Si personne en Europe ne veut des importations agricoles sud-américaines, il suffit de ne pas les favoriser en ne signant pas cet accord. Ce matin on apprend que la France est en train de bloquer les importations venant d'Amériques du Sud si elles ne sont pas conformes. Changement de monde et de vitesse. 1 Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
Teenytoon Posté(e) le 5 janvier Share Posté(e) le 5 janvier il y a 1 minute, herciv a dit : Ce matin on apprend que la France est en train de bloquer les importations venant d'Amériques du Sud si elles ne sont pas conformes. Changement de monde et de vitesse. Oui parce qu'on n'est pas raccord sur le Mercosur contrairement à d'autres pays européens dont l'agriculture est loin d'etre prioritaire pour eux. 1 1 Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
herciv Posté(e) le 5 janvier Auteur Share Posté(e) le 5 janvier (modifié) il y a 2 minutes, Teenytoon a dit : Oui parce qu'on n'est pas raccord sur le Mercosur contrairement à d'autres pays européens dont l'agriculture est loin d'etre prioritaire pour eux. Je crois surtout que la filière agricole vient de recevoir une promotion au rang de "production stratégique". Et que donc les agriculteurs doivent être protégés coute que coute. N'oublions pas que c'est Lecornu qui est à la manoeuvre et que les enjeux il les connait par coeur. Modifié le 5 janvier par herciv 1 Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
rendbo Posté(e) le 5 janvier Share Posté(e) le 5 janvier il y a 2 minutes, herciv a dit : Je crois surtout que la filière agricole vient de recevoir une promotion au rang de "production stratégique". Et que donc les agriculteurs doivent être protégés coute que coute. N'oublions pas que c'est Lecornu qui est à la manoeuvre et que les enjeux il les connait par coeur. lui peut-être mais son patron... disons qu'on a pu le voir à l'oeuvre sur la protection de certains secteurs stratégiques, qu'ils soient militaire ou civils. 1 Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
herciv Posté(e) le 5 janvier Auteur Share Posté(e) le 5 janvier il y a 1 minute, rendbo a dit : lui peut-être mais son patron... disons qu'on a pu le voir à l'oeuvre sur la protection de certains secteurs stratégiques, qu'ils soient militaire ou civils. Le monde change et Macron est sur le départ. Lecornu gère les affaires courantes et je trouve plutôt pas si mal compte tenu du contexte très stressant. Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
gustave Posté(e) le 5 janvier Share Posté(e) le 5 janvier Il y a 6 heures, herciv a dit : Ce matin on apprend que la France est en train de bloquer les importations venant d'Amériques du Sud si elles ne sont pas conformes. Changement de monde et de vitesse. En quoi change-t-on? Le MERCOSUR est bloqué par, entre autres, la France depuis des mois, non pas par la volonté des politiques qui se sont engagés dans le processus de cet accord mais sous la pression des agriculteurs. Au cas où cela t'aurait échappé il y a un pe de pression sur ce sujet depuis quelques semaines voire mois, et une nouvelle période d'action débute. Sûrement une coïncidence avec la décision (assez limitée d'ailleurs, relevant largement de l'effet d'annonce) d'hier... 1 Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
MIC_A Posté(e) le 7 janvier Share Posté(e) le 7 janvier (modifié) D'ailleurs, le président de la FNSEA l'a clairement dénoncé, les mesures prises ne concernent en rien les agriculteurs (ou à la marge)/éleveurs. Les productions ciblées étant orientés "très exotiques" ne répondant en rien aux doléances en cours avec blocages, bref, coté "analyses et compétences" on est en droit de se poser des questions ! Modifié le 7 janvier par MIC_A Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
herciv Posté(e) le 7 janvier Auteur Share Posté(e) le 7 janvier Je ne sais pas oû mettre ça mais la Chine interdit l'importation de puces h200 de Nvidia et l'export vers le Japon d'aimants. Les blocs accélèrent. 1 Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
herciv Posté(e) le 8 janvier Auteur Share Posté(e) le 8 janvier La dedolarisation continue : https://www.northernminer.com/news/gold-tops-us-bonds-as-largest-foreign-reserve-asset/1003886237/ Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
herciv Posté(e) le 11 janvier Auteur Share Posté(e) le 11 janvier L'Europe affirme ses liens avec l'Inde comme avec le Mercosur : https://www.latribune.fr/article/economie/international/7992131253322614/accord-commercial-ue-inde-bruxelles-et-new-delhi-accelerent-dans-un-contexte-de-tensions-mondiales 1 1 Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
herciv Posté(e) le 13 janvier Auteur Share Posté(e) le 13 janvier Bon çà c'est pas bon non plus. La Chine dresse sa muraille pour défendre son bloc. On n'a aucune précision sur qui et sur quel produit. Mais on sait déjà que le Japon n'a plus le droit aux terres rares chinoises. Le ministère chinois du Commerce annonce l'imposition de droits de douane pouvant atteindre 113,8% Cette année pue dans tous les sens. https://www.zonebourse.com/actualite-bourse/le-ministere-chinois-du-commerce-annonce-l-imposition-de-droits-de-douane-pouvant-atteindre-113-8-ce7e58dbda81f323 Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
FATac Posté(e) le 19 janvier Share Posté(e) le 19 janvier Le numérique, les réseaux sociaux et les pixels, c'est un peu des blocs, non ? Parmi ceux d'entre nous qui utilisent X (pas moi), il y en a qui suivent "French Response" ? 1 Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
Phacochère Posté(e) le 19 janvier Share Posté(e) le 19 janvier Oui et c'est assez rafraîchissant. 2 Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
rogue0 Posté(e) le 22 janvier Share Posté(e) le 22 janvier (modifié) (Je pose ça ici, car les implications sont globales : pas seulement pour le Groenland, l'Ukraine, etc) Petit rappel que la crise du Groenland est du pain béni pour au moins 2 empires : l'Empire chinois (de portée mondiale pour l'industrie, les terres rares, et la R&D et (actuellement) de portée régionale pour la puissance militaire + financière + le soft power (mais ça change très très vite) et l'empire russe : de portée régionale sur tous les indicateurs de puissance ... sauf les ICBM, l'agitprop, les barbouzes, et la production militaire, notamment de drone et d'obus. (pendant que l'Empire US (encore de portée mondiale en puissance militaire, financière et soft power) décline a vitesse grand V.) https://www.lemonde.fr/international/article/2026/01/21/la-russie-se-rejouit-du-projet-de-donald-trump-d-annexer-le-groenland_6663487_3210.html https://www.lemonde.fr/economie/article/2026/01/21/au-forum-de-davos-la-chine-se-presente-comme-un-partenaire-fiable-face-a-un-trump-imprevisible_6663513_3234.html Pour la Chine, ça tombe à pic pour se présenter (à nouveau) comme un empire sympa non impérialiste pardon comme partenaire stable & positif, en alternative aux USA. (pas facile pour Xi Jing Ping ... mais Trump l'aide beaucoup). Et si les alliances occidentales sont disloquées, ça peut lui rouvrir des marchés. ( le marché européen était actuellement d'accès restreint sous pression US ... et aussi au vu de la déferlante des produits chinois). D'ailleurs, suite à cette crise, la Chine a une chance non négligeable de neutraliser la Corée du Sud. Pour le Japon, ça sera plus dur avec le gouvernement japonais actuel Pour la Russie, c'est le rêve (mouillé). Elle n'a même plus besoin d'opération de guerre hybride risquée pour diviser l'OTAN : c'est POTUS Trump qui continue de détruire l'OTAN de l'intérieur, pour lui. (ça mériterait une médaille de Héro de Russie ça ). Il est aujourd'hui clair que la crédibilité du "pouvoir" dissuasif de l'OTAN a déjà été sévèrement entamée ... (quasi fatalement?) (malgré le recul - temporaire?- de Trump)... Bien plus que dans les crises Trump précédentes. (où les élus GOP "traditionnels" pouvaient encore argumenter que c'était du cinéma pour forcer les européens à augmenter les budgets militaires -> là, il n'y a plus la moindre excuse moralement défendable... juste le retour à la loi du plus fort). Qui parmi les ex-alliés pardon vassaux européens (selon Trump) serait aujourd'hui assez crédule pour compter sur l'assistance militaire US dans un conflit conventionnel contre la Russie ? ... sans même parler de menace nucléaire ? (et si l'assistance militaire US était possible, il faudrait sans doute la payer un prix exorbitant ... peut-être plus chère qu'une occupation soviétique (/mauvaise blague)) A ce titre, pour les "petits" pays de l'OTAN frontaliers de la Russie (pays baltes, Moldavie voire la Roumanie), j'estime que le pouvoir dissuasif de l'OTAN (sans USA) a déjà baissé de plus de 70% en conventionnel... et 90% en nucléaire. Les 10% de dissuasion nuke résiduelle ? c'est 5% de dissuasion nuke US, et 5% pour les nuke FR et anglais. Parce que quasi personne (et encore moins en Russie) croit que la France et le RU risqueront leur pays pour sauver les autres. Les prédictions des SR occidentaux sur le délai minimum avant la prochaine guerre russe contre un pays européen (entre 2 et 5 ans) étaient jugées par certains comme "irréalistes" voire "hystériques" voire "russophobes" (TM)... Parce que les critiques présupposaient que l'OTAN continuerait d'exister comme alliance crédible... Au vu de cette crise du Groenland, et du doute existentiel sur la crédibilité de l'OTAN sans les USA : perso, j'estime que le délai minimum avant invasion d'un petit pays européen frontalier de la Russie tombe à ... 3 mois après un cessez le feu voire la reddition en Ukraine. (avant cette crise du Groenland, les USA avaient déjà annoncé se retirer d'Europe d'ici 2027, et que c'était aux européens d'assurer leur propre sécurité) Après tout, rien que la production russe de drone Geran/Shahed est estimée à ~5500 drones par mois. 3 mois de production, ça fait au minimum 15 000+ Shahed améliorés, ça suffit largement à surcharger toute défense aérienne (hors Ukraine), et à pilonner toute concentration de troupe défensive. Bref, suite à cette crise, j'espère que les pays OTAN (hors US : à voir la GB et le Canada) vont vite discuter d'une architecture de sécurité alternative en Europe (pour le côté militaire). Les discussions risquent d'être rudes, mais j'espère qu'elles aboutiront rapidement... Et que la France y trouve son compte (cette fois). Et pareil pour l'UE : même si la France a eu des déceptions (en terme de coopération militaire, ou de négociations économiques), en cas de guerre économique/douanière/commerciale "dure" avec les USA (ce qui sera très courant), si on était en dehors d'un bloc économique, on se ferait rapidement broyer par les autres Empires. Modifié il y a 18 heures par rogue0 4 Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
herciv Posté(e) il y a 19 heures Auteur Share Posté(e) il y a 19 heures (modifié) Le 22/01/2026 à 04:12, rogue0 a dit : Et pareil pour l'UE : même si la France a eu des déceptions (en terme de coopération militaire, ou de négociations économiques), en cas de guerre économique/douanière/commerciale "dure" avec les USA (ce qui sera très courant), si on était en dehors d'un bloc économique, on se ferait rapidement broyer par les autres Empires. Tiens un article qui fait écho à ta question et qui balaie plusieurs sujet dont l'approfondissement européen du nucléaire français, le Groenland et le contingent à fournir en garantit à l'Ukraine. https://www.kyivpost.com/interviews/68680 Au-delà de la rhétorique : la quête de la France pour une autonomie stratégique européenne La France entretient une longue tradition d'alliance avec les États-Unis, mais aussi une saine méfiance envers Washington. Le reste de l'Europe gagnerait à s'inspirer de Paris. Par Wojciech Albert Łobodziński de Wojciech Albert Łobodziński | 1er février 2026, 14h57 L'opinion publique française est majoritairement favorable à une augmentation des dépenses militaires. Les sondages montrent que plus de 70 % des Français craignent une extension du conflit avec la Russie. Kyiv Post s'est entretenu avec Aurélien Duchêne, maître de conférences à l'ILERI, consultant défense pour la chaîne d'information LCI et collaborateur du Monde, ainsi qu'auteur de « La Russie de Poutine contre l'Occident ». Wojciech Albert Łobodziński : Comment la France peut-elle combler efficacement le fossé entre la rhétorique ambitieuse du président Macron sur « l’économie de guerre » et la production industrielle réelle du pays, notamment compte tenu du retard important dans la production de drones et de munitions par rapport aux besoins immédiats d’un conflit de haute intensité ? Aurélien Duchêne : L’obtention du budget demeure le principal obstacle, les retards de l’Assemblée nationale persistant. Toutefois, le président Macron a récemment annoncé une augmentation de 7,5 milliards d’euros (8,8 milliards de dollars) des dépenses de défense, soit une hausse de 13 %, en privilégiant trois domaines clés pour concrétiser les promesses. Tout d'abord, la France accélère sa production de munitions. Notamment, après un arrêt de 15 ans, elle reprend cette année la production nationale de missiles SCALP. Deuxièmement, la stratégie se concentre sur les technologies de drones de pointe. Plutôt que de rivaliser avec la production de masse russe, la France ambitionne de devenir leader sur des créneaux de niche basés sur l'intelligence artificielle. Les récents partenariats avec des entreprises comme Alta Ares ou Harmattan AI illustrent cette orientation vers des systèmes de drones et de lutte anti-drones avancés, déjà utilisés en Ukraine. Autres sujets d'intérêt Après Davos : l'Ukraine n'a plus de temps – l'Europe va-t-elle intervenir ? Le discours du président Zelensky à Davos, dans lequel il critiquait la complaisance européenne, était une tentative de la dernière chance pour mobiliser l'Europe afin d'aider l'Ukraine à chasser les Russes. Enfin, la France s'attaque à son déficit de capacités blindées. Avec seulement 200 chars Leclerc en service et une production arrêtée depuis longtemps, le scepticisme grandit quant au projet franco-allemand MGCS. Compte tenu du délai de 20 ans et des tensions bilatérales, un « plan B » gagne du terrain : développer un char intermédiaire en 5 ans. Ce changement marque un tournant vers un armement plus rapide et plus puissant, garantissant que les capacités militaires françaises puissent enfin soutenir ses ambitieuses déclarations politiques. Suite à la déclaration d'intention de janvier 2026 de déployer jusqu'à 6 000 soldats français pour « la surveillance de la paix » en Ukraine, quels sont les principaux risques logistiques et politiques d'une telle mission, et peut-elle rester viable sans mandat formel de l'ONU ni implication militaire directe des États-Unis ? La capacité logistique de la France à soutenir un déploiement de longue durée en Ukraine repose sur deux piliers : une vaste expérience et la proximité européenne. Ayant géré 5 000 hommes lors d'opérations antiterroristes de pointe dans des environnements complexes, l'état-major affirme qu'une mission européenne serait logistiquement plus simple. Nous étudions actuellement des rotations de brigades avec les Britanniques afin d'assurer une présence continue. Si la faisabilité logistique est évidente, les mandats juridiques et politiques demeurent complexes. Deux options principales sont à l'étude. La première consiste en une mission menée par l'UE, qui pourrait s'appuyer sur les cadres de formation existants. Toutefois, si la Russie ou la Chine bloquent un mandat de l'ONU, ou si un consensus européen s'avère difficile à atteindre, la France devra envisager une « coalition des volontaires ». Dans ce cas de figure, la France et ses alliés se déploieraient de manière coordonnée, sans mandat international formel. Bien que la France ait la capacité de gérer de manière indépendante sa propre logistique, et même d'apporter son soutien à ses partenaires, nous n'agirions pas en vase clos politiquement. La question cruciale et non résolue demeure celle des règles d'engagement. Comment réagir si les forces russes attaquent nos troupes ? Exactement. Un déploiement unilatéral représente un engagement politique considérable. Si certains peuvent plaider pour une position audacieuse, il est peu probable que la présidence française puisse justifier à elle seule un tel risque. L'opinion publique rejetterait très certainement un scénario où la France serait la seule nation à risquer une confrontation militaire directe avec la Russie. Par conséquent, même si nous pouvons jouer un rôle de premier plan sur le plan logistique, nous devons agir dans le cadre d'une stratégie collective. Comment le gouvernement français justifie-t-il l'augmentation des dépenses de défense à 3 % du PIB et l'accroissement de l'aide à l'Ukraine tout en réduisant l'aide publique au développement (APD) et les programmes sociaux pour gérer une crise de la dette publique et un déficit dépassant 6 % du PIB ? L'opinion publique française soutient largement l'augmentation des dépenses militaires, un consensus forgé au cours d'une décennie de prise de conscience accrue des enjeux sécuritaires suite aux attentats terroristes de 2015. Aujourd'hui, ce sentiment est renforcé par la perception de la Russie comme une menace directe ; de récents sondages montrent que plus de 70 % des Français craignent une extension du conflit, tandis que la moitié d'entre eux estiment qu'il existe un « risque élevé » de guerre directe. Par ailleurs, il existe une conviction stratégique selon laquelle, pour éviter d'être marginalisée par l'Allemagne, la France doit investir massivement dans son armée afin de maintenir son rôle influent en Europe. Cependant, si le réarmement est populaire, les méthodes pour le financer ne le sont pas. Que voulez-vous dire par là ? L'état-major avertit que la nation doit se préparer à des sacrifices, mais l'opinion publique reste profondément divisée sur la question des coupes dans les dépenses sociales. Si une majorité s'accorde sur la nécessité générale de réduire le déficit, qui dépassait 6 % en 2025, le soutien s'évapore dès que des mesures concrètes sont proposées. Les débats sont polarisés : certains préconisent de taxer les plus riches, d'autres de s'attaquer aux coûts de l'immigration, tandis que beaucoup s'opposent farouchement à toute réduction des pensions ou des soins de santé. Cette tension sera probablement déterminante pour l'élection présidentielle de 2027. Le parti macroniste prône la rigueur budgétaire et un budget de guerre, tandis que le Rassemblement national promet de trouver des fonds en réduisant les contributions européennes et les dépenses liées à l'immigration, sans toucher aux protections sociales. En définitive, si les Français sont prêts à investir davantage dans la défense, le gouvernement est confronté à un défi de taille : trouver les milliards nécessaires sans provoquer de troubles sociaux. Le consensus sur l'objectif (une armée plus forte) ne s'étend pas encore aux moyens d'y parvenir (des réformes impopulaires). Dans quelle mesure la proposition de Macron d'européaniser la dissuasion nucléaire française constitue-t-elle une garantie de sécurité réaliste, et comment est-elle perçue à Paris compte tenu de la situation actuelle au Groenland ? Concernant la dissuasion nucléaire, malgré les affirmations du Rassemblement national selon lesquelles Macron entend céder notre arsenal à l'UE, le consensus parmi les experts est différent. Nous reconnaissons que notre dissuasion ne peut s'arrêter à nos frontières ; la Russie n'envahira pas Marseille demain. L'opinion se répand que la France devrait affirmer explicitement que son parapluie nucléaire couvre les intérêts vitaux de ses alliés européens. Je n'anticipe pas de partage nucléaire formel, comme le déploiement d'ogives françaises en Pologne. Cependant, nous nous orientons vers une coopération plus étroite. Nous avons récemment mené l'exercice « Poker », au cours duquel nous avons entraîné nos bombardiers stratégiques avec les Britanniques. À l'avenir, nous pourrions mener des exercices similaires avec les forces polonaises, suédoises ou roumaines. La dissuasion reste française, mais la coopération opérationnelle s'européanise. Concernant le Groenland, à Paris, l'ambiance oscille entre validation stratégique et opportunité. Les tensions sur place sont perçues comme la preuve irréfutable que la garantie de sécurité américaine s'effrite. En France, on a l'impression d'un certain « on vous l'avait bien dit ». C'est pour la France l'occasion de prendre les devants. Bien que notre contribution matérielle soit modeste (nous envoyons 15 personnes), le simple fait que l'Europe réagisse est significatif. Nous avons été particulièrement surpris par la volonté de l'Allemagne de déployer des troupes, car nous ne nous attendions pas à une telle initiative. En France, nous ne croyons pas sérieusement que Trump envahira le Groenland, mais nous considérons cette crise comme un catalyseur pour l'autonomie européenne en matière de défense. En fin de compte, elle confirme que les mises en garde répétées de la France concernant la dépendance aux États-Unis étaient justifiées. Pour suggérer une correction ou une clarification, écrivez-nous ici. Vous pouvez également sélectionner le texte et appuyer sur Ctrl + Entrée. Wojciech Albert Łobodziński Wojciech Albert Łobodziński est chercheur, traducteur et ancien rédacteur de PAP et correspondant du quotidien italien La Stampa. Ancien élève de l'Université de Varsovie et de l'EDHEC, il étudie actuellement au Collège d'Europe. Modifié il y a 19 heures par herciv 1 1 Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
Polybe Posté(e) il y a 18 heures Share Posté(e) il y a 18 heures il y a 24 minutes, herciv a dit : Tiens un article qui fait écho à ta question et qui balaie plusieurs sujet dont l'approfondissement européen du nucléaire français, le Groenland et le contingent à fournir en garantit à l'Ukraine. https://www.kyivpost.com/interviews/68680 Au-delà de la rhétorique : la quête de la France pour une autonomie stratégique européenne La France entretient une longue tradition d'alliance avec les États-Unis, mais aussi une saine méfiance envers Washington. Le reste de l'Europe gagnerait à s'inspirer de Paris. Par Wojciech Albert Łobodziński de Wojciech Albert Łobodziński | 1er février 2026, 14h57 L'opinion publique française est majoritairement favorable à une augmentation des dépenses militaires. Les sondages montrent que plus de 70 % des Français craignent une extension du conflit avec la Russie. Kyiv Post s'est entretenu avec Aurélien Duchêne, maître de conférences à l'ILERI, consultant défense pour la chaîne d'information LCI et collaborateur du Monde, ainsi qu'auteur de « La Russie de Poutine contre l'Occident ». Wojciech Albert Łobodziński : Comment la France peut-elle combler efficacement le fossé entre la rhétorique ambitieuse du président Macron sur « l’économie de guerre » et la production industrielle réelle du pays, notamment compte tenu du retard important dans la production de drones et de munitions par rapport aux besoins immédiats d’un conflit de haute intensité ? Aurélien Duchêne : L’obtention du budget demeure le principal obstacle, les retards de l’Assemblée nationale persistant. Toutefois, le président Macron a récemment annoncé une augmentation de 7,5 milliards d’euros (8,8 milliards de dollars) des dépenses de défense, soit une hausse de 13 %, en privilégiant trois domaines clés pour concrétiser les promesses. Tout d'abord, la France accélère sa production de munitions. Notamment, après un arrêt de 15 ans, elle reprend cette année la production nationale de missiles SCALP. Deuxièmement, la stratégie se concentre sur les technologies de drones de pointe. Plutôt que de rivaliser avec la production de masse russe, la France ambitionne de devenir leader sur des créneaux de niche basés sur l'intelligence artificielle. Les récents partenariats avec des entreprises comme Alta Ares ou Harmattan AI illustrent cette orientation vers des systèmes de drones et de lutte anti-drones avancés, déjà utilisés en Ukraine. Autres sujets d'intérêt Après Davos : l'Ukraine n'a plus de temps – l'Europe va-t-elle intervenir ? Le discours du président Zelensky à Davos, dans lequel il critiquait la complaisance européenne, était une tentative de la dernière chance pour mobiliser l'Europe afin d'aider l'Ukraine à chasser les Russes. Enfin, la France s'attaque à son déficit de capacités blindées. Avec seulement 200 chars Leclerc en service et une production arrêtée depuis longtemps, le scepticisme grandit quant au projet franco-allemand MGCS. Compte tenu du délai de 20 ans et des tensions bilatérales, un « plan B » gagne du terrain : développer un char intermédiaire en 5 ans. Ce changement marque un tournant vers un armement plus rapide et plus puissant, garantissant que les capacités militaires françaises puissent enfin soutenir ses ambitieuses déclarations politiques. Suite à la déclaration d'intention de janvier 2026 de déployer jusqu'à 6 000 soldats français pour « la surveillance de la paix » en Ukraine, quels sont les principaux risques logistiques et politiques d'une telle mission, et peut-elle rester viable sans mandat formel de l'ONU ni implication militaire directe des États-Unis ? La capacité logistique de la France à soutenir un déploiement de longue durée en Ukraine repose sur deux piliers : une vaste expérience et la proximité européenne. Ayant géré 5 000 hommes lors d'opérations antiterroristes de pointe dans des environnements complexes, l'état-major affirme qu'une mission européenne serait logistiquement plus simple. Nous étudions actuellement des rotations de brigades avec les Britanniques afin d'assurer une présence continue. Si la faisabilité logistique est évidente, les mandats juridiques et politiques demeurent complexes. Deux options principales sont à l'étude. La première consiste en une mission menée par l'UE, qui pourrait s'appuyer sur les cadres de formation existants. Toutefois, si la Russie ou la Chine bloquent un mandat de l'ONU, ou si un consensus européen s'avère difficile à atteindre, la France devra envisager une « coalition des volontaires ». Dans ce cas de figure, la France et ses alliés se déploieraient de manière coordonnée, sans mandat international formel. Bien que la France ait la capacité de gérer de manière indépendante sa propre logistique, et même d'apporter son soutien à ses partenaires, nous n'agirions pas en vase clos politiquement. La question cruciale et non résolue demeure celle des règles d'engagement. Comment réagir si les forces russes attaquent nos troupes ? Exactement. Un déploiement unilatéral représente un engagement politique considérable. Si certains peuvent plaider pour une position audacieuse, il est peu probable que la présidence française puisse justifier à elle seule un tel risque. L'opinion publique rejetterait très certainement un scénario où la France serait la seule nation à risquer une confrontation militaire directe avec la Russie. Par conséquent, même si nous pouvons jouer un rôle de premier plan sur le plan logistique, nous devons agir dans le cadre d'une stratégie collective. Comment le gouvernement français justifie-t-il l'augmentation des dépenses de défense à 3 % du PIB et l'accroissement de l'aide à l'Ukraine tout en réduisant l'aide publique au développement (APD) et les programmes sociaux pour gérer une crise de la dette publique et un déficit dépassant 6 % du PIB ? L'opinion publique française soutient largement l'augmentation des dépenses militaires, un consensus forgé au cours d'une décennie de prise de conscience accrue des enjeux sécuritaires suite aux attentats terroristes de 2015. Aujourd'hui, ce sentiment est renforcé par la perception de la Russie comme une menace directe ; de récents sondages montrent que plus de 70 % des Français craignent une extension du conflit, tandis que la moitié d'entre eux estiment qu'il existe un « risque élevé » de guerre directe. Par ailleurs, il existe une conviction stratégique selon laquelle, pour éviter d'être marginalisée par l'Allemagne, la France doit investir massivement dans son armée afin de maintenir son rôle influent en Europe. Cependant, si le réarmement est populaire, les méthodes pour le financer ne le sont pas. Que voulez-vous dire par là ? L'état-major avertit que la nation doit se préparer à des sacrifices, mais l'opinion publique reste profondément divisée sur la question des coupes dans les dépenses sociales. Si une majorité s'accorde sur la nécessité générale de réduire le déficit, qui dépassait 6 % en 2025, le soutien s'évapore dès que des mesures concrètes sont proposées. Les débats sont polarisés : certains préconisent de taxer les plus riches, d'autres de s'attaquer aux coûts de l'immigration, tandis que beaucoup s'opposent farouchement à toute réduction des pensions ou des soins de santé. Cette tension sera probablement déterminante pour l'élection présidentielle de 2027. Le parti macroniste prône la rigueur budgétaire et un budget de guerre, tandis que le Rassemblement national promet de trouver des fonds en réduisant les contributions européennes et les dépenses liées à l'immigration, sans toucher aux protections sociales. En définitive, si les Français sont prêts à investir davantage dans la défense, le gouvernement est confronté à un défi de taille : trouver les milliards nécessaires sans provoquer de troubles sociaux. Le consensus sur l'objectif (une armée plus forte) ne s'étend pas encore aux moyens d'y parvenir (des réformes impopulaires). Dans quelle mesure la proposition de Macron d'européaniser la dissuasion nucléaire française constitue-t-elle une garantie de sécurité réaliste, et comment est-elle perçue à Paris compte tenu de la situation actuelle au Groenland ? Concernant la dissuasion nucléaire, malgré les affirmations du Rassemblement national selon lesquelles Macron entend céder notre arsenal à l'UE, le consensus parmi les experts est différent. Nous reconnaissons que notre dissuasion ne peut s'arrêter à nos frontières ; la Russie n'envahira pas Marseille demain. L'opinion se répand que la France devrait affirmer explicitement que son parapluie nucléaire couvre les intérêts vitaux de ses alliés européens. Je n'anticipe pas de partage nucléaire formel, comme le déploiement d'ogives françaises en Pologne. Cependant, nous nous orientons vers une coopération plus étroite. Nous avons récemment mené l'exercice « Poker », au cours duquel nous avons entraîné nos bombardiers stratégiques avec les Britanniques. À l'avenir, nous pourrions mener des exercices similaires avec les forces polonaises, suédoises ou roumaines. La dissuasion reste française, mais la coopération opérationnelle s'européanise. Concernant le Groenland, à Paris, l'ambiance oscille entre validation stratégique et opportunité. Les tensions sur place sont perçues comme la preuve irréfutable que la garantie de sécurité américaine s'effrite. En France, on a l'impression d'un certain « on vous l'avait bien dit ». C'est pour la France l'occasion de prendre les devants. Bien que notre contribution matérielle soit modeste (nous envoyons 15 personnes), le simple fait que l'Europe réagisse est significatif. Nous avons été particulièrement surpris par la volonté de l'Allemagne de déployer des troupes, car nous ne nous attendions pas à une telle initiative. En France, nous ne croyons pas sérieusement que Trump envahira le Groenland, mais nous considérons cette crise comme un catalyseur pour l'autonomie européenne en matière de défense. En fin de compte, elle confirme que les mises en garde répétées de la France concernant la dépendance aux États-Unis étaient justifiées. Pour suggérer une correction ou une clarification, écrivez-nous ici. Vous pouvez également sélectionner le texte et appuyer sur Ctrl + Entrée. Wojciech Albert Łobodziński Wojciech Albert Łobodziński est chercheur, traducteur et ancien rédacteur de PAP et correspondant du quotidien italien La Stampa. Ancien élève de l'Université de Varsovie et de l'EDHEC, il étudie actuellement au Collège d'Europe. Que l'on donne un kil de rouge et son poids en camembert à cet homme de bien ! 2 Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
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