herciv Posté(e) hier à 05:27 Auteur Share Posté(e) hier à 05:27 (modifié) Il y a 10 heures, Alberas a dit : Pour moi, ça ressemble à un texte généré par IA sur la base de questions bien ciblées, et lu par un bot avec un accent CNN. Le message est simple,répété plusieurs fois "L'Europe se libère de sa dépendance à la BITD US et cela va avoir des conséquences désastreuses pour l'économie US, ses emplois, ses alliances et sa suprématie mondiale. Le MAGA va entrainer un isolement des USA. Merci Trump!" Bonjour lacampagne des mid terms. C'est une IA. C'est marqué dans les avertissements que je n'avais pas lu. Mais c'est aussi une analyse qu'il convient de considérer. Je n'avais pas les montants du SAFE en tête, 860 milliard en 5 ans. Ils sont vraiment important et les financement sont obtenu par la dette. La video fait le focus pour remarquer que SAFE est un texte protectionniste très orienté anti US. Modifié hier à 05:30 par herciv Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
herciv Posté(e) hier à 05:38 Auteur Share Posté(e) hier à 05:38 La commission veut que SAFE soit attribué rapidement et annonce les premiers pays à recevour les fonds. https://www.army-technology.com/news/europan-commission-safe-loans/?cf-view 1 Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
herciv Posté(e) hier à 05:50 Auteur Share Posté(e) hier à 05:50 (modifié) SAFE est un fond destiné a faire financer l'Industrie Européenne en procédant à la manière Indienne, c'est-à-dire en récupérant fabrication et design des armes. Acheter des KF-21 ne sra pas possible avec SAFE. https://www.iiss.org/research-paper/2025/12/the-safe-regulation-and-its-implications-for-non-eu-defence-suppliers/ Modifié hier à 05:51 par herciv Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
herciv Posté(e) hier à 05:55 Auteur Share Posté(e) hier à 05:55 La seconde vague de pays financable avec SAFE vient d'être aporouvée. https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/en/ip_26_211 Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
herciv Posté(e) hier à 06:06 Auteur Share Posté(e) hier à 06:06 La Pologne admet qu'elle ne pourra pas acheter coréen ou US avec ce prèt. Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
Alberas Posté(e) hier à 08:41 Share Posté(e) hier à 08:41 Il y a 3 heures, herciv a dit : C'est une IA. C'est marqué dans les avertissements que je n'avais pas lu. Mais c'est aussi une analyse qu'il convient de considérer. Je n'avais pas les montants du SAFE en tête, 860 milliard en 5 ans. Ils sont vraiment important et les financement sont obtenu par la dette. La video fait le focus pour remarquer que SAFE est un texte protectionniste très orienté anti US. Ce n'est pas ma lecture. Cette video est un pamphlet anti Trump. Elle explique que la réaction européenne (le SAFE) aux délires hégémoniques de Trump se retourne contre les intérêts américains que Trump entendait défendre. C'est assez primaire comme argumentation (25 minutes pour répéter toujours la même argumentation) mais c'est efficace pour conforter l'opposition à la poitique de Trump. Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
C’est un message populaire. rogue0 Posté(e) hier à 23:30 C’est un message populaire. Share Posté(e) hier à 23:30 (modifié) Je pose ça ici, même si ça a sa place dans plusieurs sujets (USA, monde multipolaire, technologie vs démocratie, etc) Peter Thiel, le "tech bros" premier soutien majeur de Trump 1 *, était de passage à Paris le 26/01/2026, pour une conférence sur la démocratie à huis-clos à l'Académie des sciences morales et politiques (invité par Pierre Manent, philo tendance conservateur lié à l'institut de france). C'est assez surprenant pour les connaisseurs, puisque ce milliardaire critique ouvertement la démocratie (fondateur du groupe Palantir, spécialisé dans la tech militaire et des outils pour les SR/services de renseignements) . Au départ qualifié de libertarien, il est maintenant qualifié par certains de techno-fasciste (il préfère les régimes autoritaires pour accélérer le progrès technologique). Et il a financé l'essort d'un certain JD Vance, devenu depuis vice président des USA (et candidat sérieux à succéder à Trump). * Accessoirement, il trouve Trump 2 trop mou, et cherche des alternatives ... Son discours a rapidement fuité, car il aurait repris ses thèmes préférés : accélérer le progrès technologique, pour éviter la fin du monde et la venue de l'AntéChrist ... Et a invité le public a bien réfléchir à la perspective entre, au choix une Guerre Froide 2.0 "perdue" contre la Chine ... et une 3ème Guerre Mondiale "gagnée" apocalyptiquement contre les chinois. C'est juste une petite piqûre de rappel sur le fait que derrière Trump, il y a des factions US bien plus radicales et disciplinées que lui... Donc nettement plus dangereuses. Et accessoirement, à souligner le danger à dépendre de la tech US (pas juste Palantir, qui fournit de nombreux SR et polices en Europe, tous les GAFAM): certains "tech bros" n'hésiteront pas à perdre des milliards de $, pour faire gagner leur idéologie (et à côté d'eux, les "woke" US font presque figure d'épouvantail )... Et ceci, sans même avoir reçu d'ordre de l'administration Trump (même si les tech bros ont une influence non négligeable dessus). ça ne m'étonnerait pas que les partis dits "eurosceptiques" (et/ou qui se prétendent souverainistes) reçoivent (déjà? bientôt?) plus de financement de la part des tech bros soutiens de Trump, que de Moscou (avec leur valise de cash traditionnelle). Léger bémol : Suite à la crise du Groenland, lesdits partis ont été obligés de désavouer en public leur proximité (passée) avec l'administration Trump... Qui devenait plus un boulet qu'un atout, face à la menace d'invasion armée d'un territoire européen. ------------------------ sources: Révélation 26 janvier 2026 (regroupement des articles) https://news.google.com/stories/CAAqNggKIjBDQklTSGpvSmMzUnZjbmt0TXpZd1NoRUtEd2pJbS11MEVCRjk4bGVMRm9yZk9TZ0FQAQ?hl=fr&gl=FR&ceid=FR%3Afr (résumé des diapos et du discours à priori "neutre" : mais commentaires du point de vue Européen "classique") https://legrandcontinent.eu/fr/2026/01/27/peter-thiel-a-lacademie-notes-integrales-et-commentaires-critiques/ (média tech sérieux, peu politique) https://next.ink/brief_article/peter-thiel-est-linvite-de-lacademie-des-sciences-morales-et-politiques/ média "classique", biais de droite https://www.lepoint.fr/monde/antechrist-troisieme-guerre-mondiale-ia-le-discours-lunaire-de-peter-thiel-en-france-QB2N272JPRF63ASW5X6FOKAZ6Y/ média "classique", biais de gauche https://www.lemonde.fr/politique/article/2026/01/26/peter-thiel-a-l-academie-des-sciences-morales-et-politiques-pour-parler-de-l-antechrist-devant-un-groupe-de-travail-sur-la-democratie_6664141_823448.html septembre 2025 sortie d'un livre FR sur les tech bros, en particulier ceux à tendance techno fasciste https://next.ink/200695/apocalypse-nerds-il-ne-sagit-pas-de-renverser-letat-mais-de-subvertir-les-institutions/ Modifié il y a 1 heure par rogue0 EDIT : formatage des sources 4 4 Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
Wallaby Posté(e) il y a 14 heures Share Posté(e) il y a 14 heures Il y a 9 heures, rogue0 a dit : (média tech sérieux, peu politique) Le Grand Continent est l'émanation du Think Tank Groupe d'études géopolitiques [1] Tous deux sont des créations de Gilles Gressani [2] [3] [1] https://fr.wikipedia.org/wiki/Groupe_d'études_géopolitiques Plusieurs personnalités politiques et institutionnelles (Emmanuel Macron[12], Heiko Maas[13], Charles Michel[14], Josep Borrell[15], Kaja Kallas[16], Frans Timmermans[17]) ont participé aux travaux du Groupe d’études géopolitiques. Je n'ai pas trouvé d'infos sur qui finançait ce Think Tank. [2] ses réflexions sur le Groenland : https://forum.air-defense.net/topic/20939-groenland-lenjeu-europe-etats-unis/page/47/#comment-1864381 [3] https://fr.wikipedia.org/wiki/Gilles_Gressani 1 Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
Wallaby Posté(e) il y a 10 heures Share Posté(e) il y a 10 heures (modifié) Il y a 14 heures, rogue0 a dit : https://legrandcontinent.eu/fr/2026/01/27/peter-thiel-a-lacademie-notes-integrales-et-commentaires-critiques/ SLIDE 9 — La modernité a progressé plus rapidement que nous ne pouvons le comprendre… De 1750 à 1970 environ, explosion incroyable de la science et de la technologie — la science et la technologie ont été à la hauteur de leur grande conception d’elles-mêmes Des bougies aux ampoules à incandescence, des chemins de terre aux chemins de fer en passant par les fusées… L’espérance de vie d’un Français a presque doublé, passant de 45 à 80 ans au cours du XXe siècle. C’est vraiment très rapide, vertigineux, difficile à comprendre, palpable et universel. Difficile à comprendre ? L'exploitation des énergies fossiles explique beaucoup de choses. Pour moi ce n'est pas si énigmatique. L'énergie fossile, c'est de l'énergie solaire en conserve. En se les appropriant, on s'est rapproché du soleil et on s'est brûlé les ailes. La planète brûle et nous regardons ailleurs, comme disait Jacques Chirac. SLIDE 12 —… mais les récits sur le progrès reflètent-ils les résultats ? Les résultats correspondent-ils aux efforts fournis ? Je suis arrivé à la conclusion que non. Ce n'est pas un scoop. Déjà Joseph Tainter dans son ouvrage The Collapse of Complex Societies publié en 1988, expliquait que la loi des rendements décroissants s'appliquait à la science, où des personnels toujours plus nombreux produisent toujours moins de découvertes ou de brevets par personne ou par dollar dépensé. SLIDE 16 Les fruits mûrs ont été cueillis et où il est donc plus difficile de trouver de nouvelles choses ? Ça, c'est exactement le coeur de la thèse de Joseph Tainter. SLIDE 21 [une critique des critiques de l'IA] Donc Thiel se déclare ici opposé à l'idée de réguler l'IA, en arguant que cela revient à créer un gouvernement totalitaire mondial. Stuart Russel [1] pense qu'il faut réguler l'IA comme on régule les centrales nucléaire. Les normes, en particulier celles de l'AIEA (gouvernance mondiale, prototype d'un gouvernement mondial ? totalitaire ?), imposent aux fabricants de prouver par des calculs de probabilité que chacun de leur composants a une fiabilité supérieure (ou une probabilité de défaillance inférieure) à un seuil. Ensuite on multiplie toutes ces probabilités et on obtient la fiabilité de la centrale nucléaire complète, et si c'est en-dessous du seuil, alors on considère que c'est OK. [1] ici https://forum.air-defense.net/topic/23399-la-technologie-contre-la-d%C3%A9mocratie/?do=findComment&comment=1856570 SLIDE 23 "maréchal de Tan" : cette transcription-traduction aurait donc été faite par une IA sans relecteur humain... (Et pourquoi ce mot "slide" ? "diapositive" n'existe pas ?) [un plaidoyer contre la paix] De la part d'un fabricant d'armement, pouvait-on s'attendre au plaidoyer inverse ? Aujourd’hui, les partis ouvriers sont devenus des partis de gérontocrates et d’assistants sociaux, qui s’adressent aux personnes qui ne travaillent pas, qui sont à la retraite, ce qui ne peut se maintenir qu’en vendant leurs pays à la Chine. Voir l'intervention de David Baverez qui explique que l'Europe de l'Ouest est principalement vendue à l'Amérique : https://forum.air-defense.net/topic/42691-us-vs-europe/page/11/#comment-1868889 Et je repense à Laurent Izard, auteur de "La France vendue à la découpe" (2019) https://forum.air-defense.net/topic/6986-union-europ%C3%A9enne-nos-projets-son-futur/page/238/?tab=comments#comment-1199198 Le grand angle mort de cet argument, c'est que Thiel n'explique pas pourquoi l'Europe devrait être plus maltraitée par la Chine que par l'Amérique. Je pense que si Thiel agite le chiffon rouge chinois, c'est pour maintenir l'Europe dans la dépendance vis à vis de l'Amérique, comme l'explique Aris Roussinos d'Unherd à propos de la Russie. Il suffit de remplacer le mot "Russie" par "Chine" : l'agressivité vis à vis de la Russie Chine « renforce notre dépendance à l'égard des faveurs capricieuses de Washington » : https://forum.air-defense.net/topic/26674-guerre-russie-ukraine-2022-g%C3%A9opolitique-et-%C3%A9conomie/page/1472/#comment-1869889 QUESTIONS DU PUBLIC Mais d’un autre côté, si nous continuons à freiner, nous allons nous retrouver avec quelque chose de bien pire que la stagnation. On peut inverser l'argument : si nous continuons à faire croître l'économie, nous allons nous retrouver avec quelque chose de bien pire que la stagnation : le changement climatique et le dépassement des diverses limites planétaires. Tout s’est transformé en une sorte de psychologie de l’intériorité. Le problème, c’est que c’est un substitut à l’action. Cela aussi peut s'inverser : l'action irréfléchie, par exemple le projet martien de Musk, est devenue une sorte de substitut à l'intériorité. Modifié il y a 10 heures par Wallaby Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
rogue0 Posté(e) il y a 10 heures Share Posté(e) il y a 10 heures Il y a 4 heures, Wallaby a dit : Le Grand Continent est l'émanation du Think Tank Groupe d'études géopolitiques [1] Tous deux sont des créations de Gilles Gressani [2] [3] [1] https://fr.wikipedia.org/wiki/Groupe_d'études_géopolitiques Plusieurs personnalités politiques et institutionnelles (Emmanuel Macron[12], Heiko Maas[13], Charles Michel[14], Josep Borrell[15], Kaja Kallas[16], Frans Timmermans[17]) ont participé aux travaux du Groupe d’études géopolitiques. Je n'ai pas trouvé d'infos sur qui finançait ce Think Tank. [2] ses réflexions sur le Groenland : https://forum.air-defense.net/topic/20939-groenland-lenjeu-europe-etats-unis/page/47/#comment-1864381 [3] https://fr.wikipedia.org/wiki/Gilles_Gressani En fait, je pense qu'il y a méprise Mon commentaire "(média tech sérieux, peu politique)" s'appliquait à la ligne d'en-dessous -> Next Inpact, ex PCInpact, média tech assez pointu (avec parfois des analyses de Marc Manach dit "Bug Brother" sur la surveillance en ligne des GAFAM et SR ) et financé par abonnement. https://next.ink/brief_article/peter-thiel-est-linvite-de-lacademie-des-sciences-morales-et-politiques/ Mais, merci pour la recherche sur le Grand Continent : leur biais éditorial est clair (centre-(gauche ?), pro-Europe, anti-impérialisme Russe, Chinois, US) avec une rigueur rare de nos jours (avec des tonnes de sources, et qui fait l'effort de citer/traduire à priori intégralement les idéologues des empires actuels... avant de les critiquer), mais leur soutien et financement avait toujours été un mystère pour moi 1 Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
Wallaby Posté(e) il y a 9 heures Share Posté(e) il y a 9 heures (modifié) il y a 23 minutes, rogue0 a dit : En fait, je pense qu'il y a méprise Mon commentaire "(média tech sérieux, peu politique)" s'appliquait à la ligne d'en-dessous Au temps pour moi. Si j'avais réfléchi deux minutes à ce que veut dire le mot "tech", je n'aurais pas fait l'erreur. Le reste "média sérieux", "média peu politique" (au sens de la politique politicienne) semblait aller comme un gant à Le Grand Continent. Modifié il y a 9 heures par Wallaby Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
Wallaby Posté(e) il y a 9 heures Share Posté(e) il y a 9 heures il y a 20 minutes, rogue0 a dit : https://next.ink/brief_article/peter-thiel-est-linvite-de-lacademie-des-sciences-morales-et-politiques/ Je tique dès la première phrase : Peter Thiel, le milliardaire qui assume de vouloir en finir avec la démocratie... S'il veut en finir avec la démocratie, alors il n'assume pas. Car sinon pourquoi essaierait-il de faire croire à son auditoire qu'il s'inquiète de la santé de la démocratie ? https://legrandcontinent.eu/fr/2026/01/27/peter-thiel-a-lacademie-notes-integrales-et-commentaires-critiques/ Ou bien cela nous dit quelque chose de très important sur la santé de la démocratie. Pourquoi s'inquiète-t-il du "glissement vers des systèmes non-démocratiques" ? On assiste à des combats de plus en plus vicieux pour la domination des ressources et on glisse vers des systèmes non-démocratiques. Pourquoi aurait-il peur que la démocratie "s'effondre" ? Mon intuition me dit que sans croissance, la démocratie s’effondrera. Pourquoi celui qu'Olivier Tesquet (dans un tweet utilisé comme source par Next) et le journal Libération (dans un article utilisé comme source par Next) qualifient de "milliardaire technofasciste" brandit-il le mot "totalitaire" comme une épithète péjorative ? https://legrandcontinent.eu/fr/2026/01/27/peter-thiel-a-lacademie-notes-integrales-et-commentaires-critiques/ J’aimerais ajouter un autre risque existentiel à la liste : celui d’un gouvernement mondial totalitaire comme un seul État. Dans le contexte de Taïwan, mon hypothèse par défaut est que nous nous contenterons de vendre le peuple taïwanais chinois à l’esclavage totalitaire et que nous ne nous battrons pas beaucoup lorsque la Chine envahira. Au contraire, Benito Mussolini assumait le caractère totalitaire de son régime : https://fr.wikipedia.org/wiki/Totalitarisme En 1925, les théoriciens du fascisme reprirent de manière opportuniste le terme à leur compte, en lui attribuant une connotation positive, celle d'unité du peuple italien. Benito Mussolini exaltait sa « farouche volonté totalitaire », appelée à délivrer la société des oppositions et des conflits d'intérêts Je continue de citer Next : Le milliardaire américain, cofondateur de PayPal puis de Palantir, a donné à l'automne un cycle de conférences privées consacrées à son idéologie dont les accents religieux servent un propos ouvertement libertarien. Libertarien ou fasciste, il faut choisir... Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
Wallaby Posté(e) il y a 5 heures Share Posté(e) il y a 5 heures Quel est le contentieux entre Peter Thiel et la démocratie ? Pour le savoir, lisons cet article de Jacobin, le magazine de gauche américain : https://jacobin.com/2025/10/peter-thiel-would-be-philosopher-king-takes-on-democracy/ (10 juin 2025) Peter Thiel, aspirant roi philosophe, s'attaque à la démocratie Le milliardaire Peter Thiel affirme que liberté et démocratie sont incompatibles, et son portefeuille d'activités dans le domaine de l'exploration de données et des paris politiques traduit cette conviction dans la pratique. Son programme est un programme de contrôle autoritaire déguisé en innovation. [Donc s'il est un ennemi de la démocratie, c'est "déguisé" et non "assumé"] La première fois que j'ai entendu parler de Peter Thiel, c'était en Chine, il y a environ dix ans. Il devait donner une conférence sur son livre publié en 2014, Zero to One, à l'université Tsinghua (connue comme le MIT chinois), spécialisée dans les technologies, où il était difficile de ne pas remarquer les immenses banderoles à son effigie. J'ai écarté l'engouement pour Thiel comme un autre exemple du « phénomène David Hasselhoff » : des célébrités américaines de second rang qui acquièrent une renommée disproportionnée à l'étranger. À cette époque en Chine, même des liens ténus avec certains centres de pouvoir américains — la Silicon Valley, Wall Street, Hollywood — pouvaient être mis à profit pour rehausser son profil, en exploitant la soif de modernité à l'américaine du pays. Contrairement à la star d'Alerte à Malibu, Thiel allait bientôt devenir bien plus qu'une curiosité culte à l'étranger. En tant qu'architecte idéologique derrière la puissante société de capital-risque The Founders Fund, cofondateur de PayPal et Palantir, premier investisseur de Facebook et mécène politique de Donald Trump et J.D. Vance, Thiel est devenu le roi-philosophe d'un mouvement techno-autoritaire en pleine expansion. Peu après son discours à Tsinghua, Thiel a attribué sa « renommée en Chine » à l'enthousiasme du pays pour la technologie. Mais la véritable raison est probablement idéologique. Coécrit avec Blake Masters, candidat politique ayant échoué à deux reprises, Zero to One — qui, selon Thiel, s'est vendu à plus d'exemplaires en Chine que partout ailleurs dans le monde — était moins un manuel sur la création d'entreprise qu'un plan directeur pour l'oligarchie, ressemblant à la fusion chinoise du pouvoir étatique et de l'infrastructure de surveillance. Alors que Pékin exerce son contrôle par le biais de systèmes de crédit social, de réseaux de reconnaissance faciale et de censure basée sur l'IA, Thiel envisage un contrôle par le biais du code et du capital, mais uniquement privatisé, avec des milliardaires de la technologie, et non des responsables du parti, comme architectes de l'ordre. Se décrivant lui-même comme un libertarien, Thiel n'a aucun problème avec un État tentaculaire tant que lui et ses acolytes sont aux commandes. Palantir, l'entreprise de technologie militaire qui occupe désormais une place centrale dans les appareils de renseignement américains et britanniques, illustre parfaitement ce modèle. Son logiciel intègre de vastes quantités de données publiques et privées afin de prendre des décisions opaques concernant les personnes ciblées et les raisons de ce ciblage, créant ainsi une machine qui normalise la suspicion préventive, tout en opérant dans l'ombre de la responsabilité publique. Il est donc ironique que Thiel critique la Chine comme étant « dérangée par la technologie » parce que « tout est surveillé à tout moment et en tout lieu », alors qu'en réalité, Palantir est en train de mettre en place précisément ce type de systèmes. L'influence de Thiel a également fait de Facebook (aujourd'hui Meta) plus qu'un simple réseau social. Pendant son mandat au conseil d'administration (2005-2022), l'entreprise s'est transformée en une machine de manipulation comportementale qui capte l'attention numérique et sape le journalisme factuel et le discours démocratique. Pour Thiel, premier investisseur extérieur de l'entreprise de médias sociaux, il ne s'agissait pas d'un échec, mais d'un accomplissement : une plateforme privée conçue pour l'extraction de valeur pour les actionnaires, et non pour l'intérêt public. Pris ensemble, Meta et Palantir incarnent l'architecture douce du contrôle défendue par Thiel : des systèmes privés qui façonnent les comportements tout en échappant au contrôle public. Mais même la concentration de pouvoir la plus radicale nécessite un récit pour la rendre acceptable. Tout comme le Parti communiste chinois (PCC) maintient son système en se mythifiant comme le gardien de « l'ordre et de l'harmonie », Thiel enveloppe son modèle privé d'autoritarisme dans une mythologie intellectuelle conçue pour le légitimer. Thiel présente la résistance à la responsabilité démocratique non pas comme un intérêt personnel, mais comme une nécessité civilisationnelle, présentant les fondateurs comme des sauveurs, le public comme irrationnel et le pouvoir de l'élite comme le seul rempart contre le chaos. Pour étayer ces affirmations, il s'appuie sur un canon philosophique trié sur le volet — comprenant Friedrich Nietzsche, Leo Strauss et René Girard — qui dégage une aura défensive de sérieux : un vernis pseudo-intellectuel qui protège son projet de toute remise en question, car rares sont ceux qui connaissent suffisamment ces penseurs pour contester la manière dont il les utilise. Il emprunte à Nietzsche la figure de l'Übermensch, l'individu exceptionnel qui mérite de régner parce qu'il transcende la morale du troupeau. Thiel suit un modèle entrepreneurial dans lequel les fondateurs de start-ups technologiques comme Mark Zuckerberg sont des Übermenschen modernes qui conservent des participations disproportionnées dans leurs entreprises afin de préserver la pureté de la vision du fondateur et d'échapper aux normes et aux contraintes qui lient tous les autres (Zuckerberg contrôle plus de 60 % des droits de vote de Meta). Il s'agit d'une version privatisée de ce qu'offre le Parti communiste chinois (PCC) : un contrôle exercé non pas par des bureaucrates du parti, mais par des « grands hommes » qui opèrent au-dessus des processus délibératifs et du contrôle démocratique. Strauss fournit le cadre politique de la vision de Thiel. Dans son essai de 2007, « The Straussian Moment », Thiel dépeint la démocratie libérale comme décadente et épuisée, affirmant que l'Occident a perdu la volonté de croire en lui-même. Faisant preuve d'une remarquable clairvoyance dans le contexte actuel de désinformation, il invoque Strauss pour suggérer que les élites doivent préserver les « nobles mensonges » — mythes ou croyances inventées présentés comme des vérités — afin de maintenir l'harmonie sociale et de légitimer leur pouvoir, même lorsque le discours sous-jacent est faux. Il n'est donc pas surprenant qu'il soutienne des personnalités antidémocratiques comme Donald Trump, qu'elles proposent ou non des politiques cohérentes ou sensées. La théorie du désir mimétique de Girard ajoute une dimension psychologique à la vision du monde de Thiel : les désirs humains ne sont pas originaux, mais imitatifs — nous voulons ce que les autres veulent. Cette imitation engendre la rivalité et, en fin de compte, la violence, que les sociétés gèrent par le bouc émissaire et l'exclusion. Par conséquent, pour Thiel, la concurrence n'est pas un catalyseur d'innovation, mais une force destructrice à éviter. « La concurrence est pour les perdants », a-t-il déclaré dans une phrase célèbre qui résume son obsession pour le monopole comme objectif ultime de l'innovation et de l'entrepreneuriat. [Pourtant les régimes démocratiques semblent adopter ou s'approprier des lois sur les brevets qui accordent un monopole à l'inventeur sur son invention : https://fr.wikipedia.org/wiki/Brevetabilité_du_vivant#Histoire_du_brevet Le premier cas avéré de protection accordée par une collectivité à un inventeur, pour une machine, date du 19 juin 1421[1] ; la première loi instituant un brevet est la Parte Veneziana promulguée par la république de Venise le 19 mars 1474. La première loi moderne sur les brevets d'invention est le Statute of monopolies votée par le Parlement anglais en 1623. Dès le XVIIIe siècle, la plupart des pays occidentaux avaient mis en place différents systèmes nationaux pour la protection des inventeurs et de leurs inventions. Les États-Unis, dont la Constitution elle-même prévoit la protection du droit des inventeurs (Art.1.8), adoptent leur loi sur les brevets le 10 août 1790[2] et la France en 1791. ] On retrouve cela de manière curieuse dans le modèle chinois des entreprises technologiques « championnes nationales » : Huawei fournit l'infrastructure de télécommunications, Alibaba et Tencent collectent des données via leurs applications de paiement et de messagerie, et Hikvision fournit des caméras de reconnaissance faciale. Ces entreprises sont autorisées à dominer les marchés parce qu'elles s'engagent également à servir les intérêts du parti et de l'État. Dans la vision de Thiel comme dans la réalité chinoise, la souveraineté des entreprises prime sur la responsabilité publique. La différence ne réside pas dans le fait que le pouvoir soit centralisé ou non, mais dans le fait de savoir qui peut l'exercer. Bref, l'approche de Thiel se résume à un argument sans détour : on ne peut pas faire confiance à la démocratie. La foule est guidée par l'envie et l'hystérie. Le fondateur, en revanche, voit clairement. À l'abri des pressions collectives et des structures de responsabilité, lui seul peut transcender les rivalités destructrices, agir sur des vérités « définitives » et échapper à l'attraction gravitationnelle du désir mimétique. Dans cette vision du monde, la réglementation est un obstacle, la coordination une faiblesse. Les forts doivent régner, les autres doivent s'en aller. Dans un essai publié en 2009 dans Cato Unbound, Thiel écrivait : « Je ne crois plus que la liberté et la démocratie soient compatibles ». Il ne s'agissait pas seulement d'une provocation, mais d'une déclaration programmatique qui l'aligne sur les autoritaires tant à l'étranger qu'au niveau national, aboutissant à un second mandat de Trump qui teste quotidiennement les limites de la démocratie constitutionnelle américaine. Le changement climatique, la justice raciale et les inégalités économiques deviennent tous des « distractions » dans ce cadre, car ils exigent un effort collectif et des intérêts communs. Son portefeuille d'investissements représente donc l'infrastructure d'un régime irresponsable : un régime qui surveille, note, influence et prédit. De ce point de vue, Palantir ne fournit pas « des résultats essentiels à la mission de l'institution la plus importante de l'Occident », comme le prétend son site web, mais une boîte noire de modélisation prédictive, vendue aux services d'immigration et aux services de renseignement militaire, qui remplace le jugement humain par la reconnaissance de schémas et la suspicion automatisée. Meta, quant à lui, est passé d'un réseau social à une sorte de place publique synthétique, régie par une logique privée de participation et de profit. Le parallèle avec le modèle autoritaire chinois de développement technologique est frappant. Thiel est en train de construire l'architecture douce d'un avenir autoritaire : un avenir créé non pas par l'État, mais par des ingénieurs privés du comportement public. Ses appels à un pouvoir monopolistique ne raviveront pas le dynamisme américain, car une telle consolidation sape les fondements mêmes de l'innovation démocratique. Comme l'histoire l'a montré, les avancées américaines sont le fruit d'écosystèmes compétitifs mais collaboratifs, et non de monopoles ou de visionnaires solitaires. Les innovations les plus transformatrices – vaccins, GPS, Internet – sont issues de projets soutenus par l'État, de coalitions démocratiques désordonnées et de collaborations internationales. Autant de formes de pluralisme que Thiel dénonce comme sources d'inefficacité. Peter Thiel ne veut pas construire un monde meilleur comme il le prétend. Il veut construire un monde où c'est lui qui décide ce que signifie « meilleur ». Personne d'autre n'a son mot à dire. Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
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