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Tout ce qui a été posté par Wallaby

  1. https://europeanconservative.com/articles/news/china-cancels-borrell-visit-over-eu-alignment-with-america/ (5 juillet 2023) Le mois dernier, le Conseil européen a approuvé des sanctions à l'encontre d'entreprises chinoises soupçonnées d'approvisionner la Russie, et la Chine est accusée d'être un point de relais pour l'acheminement de matériel militaire européen vers la Russie. L'annulation de la visite de M. Borrell fait suite à la visite réussie, la semaine dernière, de Frans Timmermans, chef de la politique climatique de l'UE, en Chine, pour discuter de la lutte contre le changement climatique, et à l'annonce inquiétante que la Chine limitera les exportations de gallium et de germanium vers l'Europe, deux matériaux essentiels à la transition écologique. En avril, il a suscité la colère en évoquant la possibilité d'envoyer des navires de guerre européens dans le détroit de Taïwan, l'indépendance de l'île étant un point sensible majeur pour le PCC au pouvoir. https://www.politico.eu/newsletter/china-watcher/yellen-tests-bilateral-thaw-in-beijing/ (6 juillet 2023) Le voyage de Mme Yellen en Chine intervient deux semaines seulement après la visite du secrétaire d'État Antony Blinken à Pékin, ce qui laisse penser que la prédiction faite en mai par le président Joe Biden d'un "dégel" imminent des contacts bilatéraux de haut niveau est désormais en bonne voie. Elle a pris ses distances avec les faucons anti-chinois du Capitole en avertissant le mois dernier que le découplage de l'économie américaine de celle de la Chine serait "désastreux". Cela pourrait lui valoir le tapis rouge que les autorités chinoises ont refusé à Mme Blinken le mois dernier. Le département d'État a suscité l'étonnement en ramenant la semaine dernière au niveau 2 ses conseils aux voyageurs pour Hong Kong. La Chine a annulé le projet de visite à Pékin du chef de la politique étrangère de l'UE, Josep Borrell, la semaine prochaine, sans fournir d'explication. Dans les couloirs de Bruxelles, on pense que le ministre chinois des affaires étrangères, Qin Gang, pourrait avoir des problèmes de santé, puisqu'il a été absent de la scène publique pendant dix jours. Le haut diplomate chinois Wang Yi a exhorté le Japon et la Corée du Sud à développer une "autonomie stratégique" basée sur les "valeurs asiatiques" par rapport aux Etats-Unis. "Peu importe à quel point vous vous teignez les cheveux en blond, à quel point vous vous formez un nez pointu, vous ne pourrez jamais devenir un Européen ou un Américain, vous ne pourrez jamais devenir un Occidental. Nous devons savoir où se trouvent nos racines", a déclaré M. Wang lors d'un débat organisé lundi dans le cadre du Forum international 2023 pour la coopération trilatérale, dans la ville de Qingdao, sur la côte orientale de la Chine. L'Académie russe des sciences, en son Institut de la Chine et de l'Asie contemporaine à Moscou, a lancé le Laboratoire de recherche sur l'idéologie moderne de la Chine, qui se concentrera exclusivement sur "la pensée Xi Jinping sur le socialisme aux caractéristiques chinoises pour une nouvelle ère".
  2. https://afrique.le360.ma/societe/mali-la-mission-de-lonu-regrette-les-propos-dun-officier-senegalais-contre-larmee_HG45OVI75NA7XJHXEQL5QQDELU/ « Nous n’allons pas accepter d’être malmenés (...) Nous n’avons rien contre nos frères maliens mais ils commencent à nous créer des difficultés », dit en langue wolof l’officier, s’adressant visiblement à d’autres Casques bleus sénégalais. « Les Sénégalais ne manquent pas de caractère et les Maliens ne sont pas plus courageux que nous. Ils peuvent refuser qu’on parte en mission mais nous n’allons pas accepter d’être leurs jouets », ajoute-t-il sur cette vidéo qui a été partagée massivement sur Facebook et WhatsApp depuis mardi.
  3. https://www.rfi.fr/fr/afrique/20230705-mali-l-ex-premier-ministre-mara-demande-des-réponses-aux-autorités-sur-le-départ-de-la-minusma Pour l’ancien chef du gouvernement, le départ de la Minusma exigera également une réflexion sur l’accord de paix de 2015, mais il dit ne « croire pas à une déflagration sécuritaire dans notre pays. Je ne crois pas non plus à une reprise du conflit avec les groupes armés » signataires de l’accord de paix de 2015. « Je pense que le dialogue direct peut valablement remplacer la présence internationale sous certains aspects et j'en appelle au dialogue direct entre le gouvernement et les groupes armés, afin d'avancer dans la mise en œuvre de l'accord, puisque tout le monde dit qu'il veut mettre en œuvre l'accord. Donc, aujourd'hui, on a clairement l'option qui est ouverte. Maintenant, essayons de poser des actes concrets dans ce sens-là. »
  4. https://fr.euronews.com/2023/07/05/protection-antiaerienne-la-menace-des-missiles-russes-seme-la-discorde-entre-paris-et-berl En marge du Salon du Bourget en juin 2023, Emmanuel Macron a réitéré son opposition à faire appel à des tiers non-européen, avançant qu’un tel projet serait “sujet au calendrier, aux files d’attente, aux priorités, parfois aux autorisations des pays tiers et dépendant trop de l’extérieur. " Le président français s’est indirectement adressé à l'Allemagne en précisant que pour lui, acheter des systèmes de défense non-européens reviendrait à créer “les problèmes de demain”. En face, Berlin estime que la menace pressante de Moscou pousse vers une solution rapide, et faire appel à des alliés extérieurs à l’UE ne devrait pas selon elle constituer un frein. L’invasion de l’Ukraine a en effet mis en exergue l’inaptitude des pays européens à s'unir pour faire front dans l’urgence sur les plans matériel, stratégique et opérationnel. La dispute actuelle opposant Paris à Berlin au sujet de la défense du ciel européen s’inscrit dans un cadre plus large, notamment sur des divergences de visions pour l’Europe et la place que doit occuper les Etats-Unis dans la protection du continent. Shahin Vallée s'inquiète : “ je ne vois pas beaucoup de marge d'amélioration de cette relation franco-allemande à court terme, et je crains que la fenêtre d'opportunité pour agir se referme”.
  5. https://www.latribune.fr/economie/international/cereales-ukrainiennes-aucune-raison-de-prolonger-l-accord-selon-la-russie-968497.html La Russie a dit mardi ne voir « aucune raison » de prolonger l'accord sur les exportations de céréales ukrainiennes expirant le 17 juillet prochain.
  6. L'auteur de l'article de Newsweek : https://en.wikipedia.org/wiki/William_Arkin William M. Arkin (né le 15 mai 1956) est un commentateur politique américain, auteur de best-sellers, journaliste, activiste, blogueur et ancien soldat de l'armée américaine. Il a été analyste des affaires militaires pour le Los Angeles Times, le Washington Post et le New York Times. Arkin a servi dans les services de renseignement de l'armée américaine de 1974 à 1978 et a été stationné à Berlin-Ouest. Après avoir quitté l'armée, il a coécrit quatre volumes de la série Nuclear Weapons Databook pour le Natural Resources Defense Council, des ouvrages de référence sur les armes nucléaires. Le volume II, qui révèle l'emplacement de toutes les bases nucléaires américaines et étrangères dans le monde, a été condamné par l'administration Reagan. L'administration a demandé l'emprisonnement d'Arkin pour avoir révélé l'emplacement des armes nucléaires américaines (et soviétiques) dans le monde. Sa révélation ultérieure des efforts de recherche sur les "mini-nuke" par le Pentagone en 1992 a conduit à une interdiction du Congrès en 1994 et, finalement, à un engagement du gouvernement américain de ne pas développer de nouvelles armes nucléaires. Sa découverte de plans secrets américains visant à déplacer secrètement des armes nucléaires vers un certain nombre de sites à l'étranger a impliqué des gouvernements allant des Bermudes à l'Islande en passant par les Philippines. Arkin a dirigé les efforts de recherche et d'action de Greenpeace International sur la première guerre du Golfe, étant le premier analyste militaire américain à se rendre dans l'Irak d'après-guerre en 1991, et le premier à écrire sur les bombes à fragmentation, les victimes civiles et les effets en cascade des bombardements sur l'énergie électrique. Arkin a également été membre fondateur du projet sur les armes de Human Rights Watch et a rédigé le premier rapport complet de l'organisation sur les bombes à fragmentation. Il a ensuite analysé les causes des pertes civiles après la guerre du Kosovo (1999). M. Arkin s'est également rendu dans des zones de guerre en ex-Yougoslavie, au Liban, en Afghanistan, en Érythrée et en Israël pour le compte de gouvernements, des Nations unies et d'enquêtes indépendantes. De 2007 à 2008, il a été Policy Fellow à la Harvard Kennedy School au sein du Carr Centre for Human Rights Policy de l'université de Harvard. De 1992 à 2008, il a également été professeur adjoint à la School of Advanced Air and Space Studies, U.S. Air Force, Maxwell AFB, Alabama[2]. M. Arkin est coauteur de Top Secret America : The Rise of the New American Security State (Little Brown), best-seller du New York Times et du Washington Post, basé sur une série en quatre parties réalisée en 2010 par Arkin et Dana Priest. Top Secret America a remporté le prix du commentaire constitutionnel 2012 décerné par le Constitution Project. Le livre et la série sont le résultat d'une enquête de trois ans sur les zones d'ombre de l'énorme système d'intérêts militaires, de renseignements et d'entreprises créé au cours de la décennie qui a suivi les attaques terroristes du 11 septembre. La série a été accompagnée de la plus grande présentation en ligne jamais réalisée par le Washington Post, a valu aux auteurs le prix George Polk pour le reportage national, le prix Sigma Delta Chi de la Société des journalistes professionnels pour le service public, a été finaliste du prix Goldsmith pour le reportage d'investigation et candidat au prix Pulitzer, ainsi que lauréat d'une demi-douzaine d'autres prix journalistiques de premier plan. Le 4 janvier 2019, Arkin a démissionné de NBC News. Dans un article sur sa démission, CNN l'a décrit comme un critique de la "guerre perpétuelle" et du "fascisme rampant de la sécurité intérieure". https://edition.cnn.com/2019/01/02/media/william-arkin-departs-nbc-news/index.html M. Arkin est enclin à partager certains des instincts isolationnistes de M. Trump, bien qu'il ait qualifié ce dernier d'"imposteur ignorant et incompétent". "Et pourtant, écrit-il, je suis alarmé par la rapidité avec laquelle NBC soutient mécaniquement le contraire, pour être en faveur de politiques qui ne font qu'engendrer plus de conflits et plus de guerres. Il a également déclaré dans le mémo que l'ère Trump a conduit NBC à commencer à "imiter l'État de sécurité nationale lui-même - occupé et rentable. Aucune guerre n'est gagnée, mais la balle reste en jeu."
  7. https://www.theamericanconservative.com/fast-times-at-shandong-u/ (5 juillet 2023) Bell, qui a fait l'objet de vives critiques de la part de personnalités occidentales en raison de sa défense de la Chine, déclare explicitement dans The Dean of Shandong que son objectif est de convaincre les lecteurs que, malgré certaines tendances autoritaires, la Chine n'est pas le dangereux dragon rouge imaginé par les Occidentaux. En fait, Bell informe les lecteurs que son objectif est de vivre et de travailler en Chine pour le reste de sa vie et, avec un peu de chance, d'obtenir la citoyenneté chinoise. De 2017 à 2022, le Canadien Bell a été le doyen de l'École des sciences politiques et de l'administration publique de l'Université de Shandong. Le fait que le Parti communiste chinois autorise un étranger à occuper un poste administratif dans une université chinoise peut sembler étrange. Bell assure ses lecteurs qu'il n'est pas membre du PCC. Il a été nommé parce qu'il est connu pour ses recherches sur le confucianisme et que la Chine tente depuis quelques années de se réapproprier son héritage confucéen. Bell note également que, depuis 40 ans, la Chine s'efforce d'"internationaliser" ses universités. Bell plaide pour une Chine réformée qui s'inspire des principes du confucianisme.
  8. Renoncement de Macky Sall à un 3e mandat https://www.lepoint.fr/afrique/au-burkina-la-decision-du-president-senegalais-suscite-admiration-et-supputations-05-07-2023-2527501_3826.php Adama Nikiema, étudiant, partage l'analyse du journal, mais estime que cette décision, bien que « sage », est par contre entachée par ces morts et ces blessés imputables au « long silence » du chef de l'État. C'est pour cela d'ailleurs que le Dr Daniel Kéré analyse que l'image du président Sall est quelque part écornée. Car, « en déclarant bien plus tôt sa volonté de ne pas se présenter pour un troisième mandat, cela aurait sans doute sauvé de nombreuses vies et protégé des biens publics et privés », explique-t-il. Mieux, estime l'enseignant-chercheur, « l'histoire politique et sociale du Sénégal retiendra désormais de Macky Sall l'image d'un président dont ses partisans auraient tenté de forcer une énième candidature, pourtant impossible suivant les dispositions de l'actuelle Constitution sénégalaise ». Rasmané Zinaba du Balai citoyen, pense, lui aussi, que « ce renoncement de Macky Sall vient tardivement après tous ces troubles, tous ces morts et toutes ces violences. C'est triste, ajoute-t-il, qu'on arrive à plusieurs morts pour que ce qui devait être un acte normal devienne un exploit pour un homme qui n'avait d'autres choix. C'est la preuve encore que nous avons encore du chemin sur le continent. C'est triste de voir que respecter la loi, surtout la loi fondamentale qu'est la Constitution, est devenu un événement sous nos cieux ».
  9. https://www.bbc.com/news/technology-66106067 (5 juillet 2023) Un juge fédéral américain a limité les communications de l'administration Biden avec les entreprises de médias sociaux visant à modérer leur contenu. Dans une décision de 155 pages rendue mardi, le juge Terry Doughty a interdit aux fonctionnaires de la Maison-Blanche et à certaines agences gouvernementales de contacter les entreprises au sujet de "contenus contenant des propos protégés par la liberté d'expression". Il s'agit d'une victoire pour les républicains qui ont accusé les fonctionnaires de censure. Les démocrates ont déclaré que les plateformes n'avaient pas réussi à lutter contre la désinformation. Cette affaire a été l'une des batailles sur le premier amendement les plus suivies par les tribunaux américains, suscitant un débat sur le rôle du gouvernement dans la modération des contenus qu'il juge faux ou nuisibles. Cette décision fait suite à une plainte déposée par les procureurs généraux républicains du Missouri et de la Louisiane, qui alléguaient que les autorités américaines avaient fait pression sur les plateformes de médias sociaux pour qu'elles abordent des sujets tels que les politiques du Covid-19 et la sécurité des élections. Le juge Doughty, qui a été nommé par l'ancien président américain Donald Trump, a déclaré que les plaignants avaient "présenté des preuves substantielles à l'appui de leurs revendications". "Les preuves produites jusqu'à présent dépeignent un scénario presque dystopique", a déclaré M. Doughty dans sa décision. Il a ajouté : "Pendant la pandémie de Covid-19, une période peut-être mieux caractérisée par le doute et l'incertitude généralisés, le gouvernement des États-Unis semble avoir assumé un rôle similaire à celui d'un "ministère de la vérité" orwellien". La décision a limité les communications des agences gouvernementales, dont le ministère de la santé et des services sociaux et le FBI. Elle a également restreint les communications des fonctionnaires américains, dont le secrétaire du ministère de la sécurité intérieure, Alejandro Mayorkas, et Jen Easterly, qui dirige l'Agence pour la cybersécurité et la sécurité des infrastructures (Cybersecurity and Infrastructure Security Agency). Des exceptions ont toutefois été prévues pour contacter les entreprises afin de les avertir des risques pour la sécurité nationale et des activités criminelles.
  10. https://www.nytimes.com/2023/07/05/world/asia/north-korea-spy-satellite-useless-failure.html Après avoir analysé les débris du récent lancement raté d'une fusée par le Nord, la Corée du Sud a conclu que la technologie satellitaire du pays isolé était inutilisable. Le satellite que la Corée du Nord a tenté de mettre en orbite en mai était si rudimentaire qu'il ne pourrait jamais servir de satellite espion fonctionnel comme le souhaitait la Corée du Nord, a déclaré mercredi l'armée sud-coréenne. La Corée du Nord a lancé une nouvelle fusée, la Collima-1, le 31 mai, dans l'espoir de mettre en orbite son premier satellite de reconnaissance militaire, le Malligyong-1. La fusée, qui a déclenché des alarmes et un faux ordre d'évacuation à Séoul, a mal fonctionné et s'est abîmée en mer au large de la côte ouest de la Corée du Sud peu après le lancement.
  11. https://www.bbc.com/news/world-latin-america-66107026 L'Armée de libération nationale (ELN) a déclaré qu'elle cesserait les combats à partir de jeudi, en prévision d'un cessez-le-feu total en août. Le ministre colombien de la défense a confirmé que les forces armées seraient également invitées à cesser leurs offensives à partir de cette date. Toutefois, l'ELN a déclaré qu'elle se défendrait contre toute attaque de l'armée ou d'autres groupes armés. Cette annonce fait suite à l'accord de cessez-le-feu de six mois conclu la semaine dernière. Il doit entrer en vigueur le 3 août. La guérilla et l'État colombien doivent poursuivre leurs négociations de paix au Venezuela à partir du mois d'août.
  12. https://www.journaldemontreal.com/2023/02/28/la-situation-du-francais-au-quebec-est-une-veritable-catastrophe La situation du français au Québec est une véritable catastrophe Soyons clair. Depuis des décennies, on sait que l’enseignement du français bat de l’aile. Après avoir cherché dans le monde entier des méthodes qualifiées de pédagogiques et miraculeuses pour permettre aux enfants d’apprendre à écrire et à lire convenablement avant d’accéder au secondaire, on a échoué lamentablement. La Fédération étudiante collégiale du Québec sait que le taux de réussite à la fin du secondaire s’effondrerait si on n’ajustait pas les notes de passage vers le collégial. Brutalement, les Québécois doivent savoir que les futurs cégépiens ne sont plus armés pour écrire correctement. Cela explique pourquoi ces derniers ont du mal à décoder un texte. Bref, leur compétence sur le plan de la compréhension écrite est sérieusement déficiente. Bernard Drainville, responsable désormais de l’Éducation, qui s’est battu du temps qu’il était ministre péquiste pour renforcer les lois linguistiques, serait un traître à ses convictions passées s’il ne considérait pas imposer une réforme radicale dans l’enseignement du français écrit et parlé. Notons cependant sa gaffe récente où il a utilisé en public le mot «bullshiter». Ne serait-ce qu’un aveu d’épuisement en tant que ministre de l’Éducation? Que les ministres économiques de la CAQ soient performants et aident à enrichir le Québec n’est pas à dédaigner. Mais que les Québécois enrichis financièrement ne sachent plus lire, écrire et parler leur langue maternelle reposerait sur un appauvrissement collectif culturel menant à notre disparition comme peuple francophone en Amérique du Nord. Qui voudrait que la devise qui orne nos plaques d’immatriculation devienne « I can’t remember » ? Denise Bombardier
  13. https://www.ledevoir.com/culture/medias/794009/deces-journaliste-polemiste-denise-bombardier-complications-examens-medicaux (4 juillet 2023) Le Québec perd l’une de ses figures intellectuelles les plus connues. Denise Bombardier est décédée mardi matin à 82 ans des suites d’un cancer fulgurant. https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1993608/denise-bombardier-francophones-hors-quebec (4 juillet 2023) Or des visites en Ontario, au Nouveau-Brunswick et au Manitoba ainsi que des rencontres avec des Franco-Canadiens issus des communautés minoritaires ont conforté l’opinion de Denise Bombardier : Ce n’est pas parce qu’on parle une langue qu’on possède la culture de cette langue, a-t-elle dit à l'émission Tout le monde en parle en octobre 2019, critiquant au passage le chiac, le français parlé par les Acadiens [1]. [1] Éloge du chiac (1969) https://www.journaldequebec.com/2019/10/07/denise-bombardier-explique-limportance-de-bien-parler-francais Avec Sophie Durocher, dans On est pas obligés d’être d’accord, Denise Bombardier s’est désolée du fait que les francophones du Canada ne tiennent plus autant à leur langue maternelle qu’autrefois. Elle fait la même critique pour le Québec. «On a changé de paradigme. On n’est pas dans la continuité des choses. Les ruptures successives nous ont entraînés dans un autre monde. Je connais les arguments: “Vous voulez vous refermer. On est dans le métissage.” C’est toujours ce genre d’arguments... Ça sert toujours les puissants et ceux qui contrôlent le monde», a-t-elle déclaré avec des sanglots dans la voix. Pour Mme Bombardier, parler un bon français et protéger sa langue n’est pas un signe de repli, mais plutôt d’ouverture vers les autres francophones autour du globe. «La langue française est une langue universelle. Nous avons la chance de parler la même langue que 2 milliards de personnes sur la terre. Donc, ce n’est pas seulement une langue de communication locale, de communication dans la paroisse, de communication dans le clan. C’est une langue que l’on peut communiquer à d’autres», a-t-elle expliqué. «En s’enfermant dans une langue “sloppy”, comme avait dit le père Trudeau, et bien, on se coupe aussi de la possibilité d’entrer en communication avec les autres. C’est une position de repli parce qu’on a peur d’être envahis. On est minoritaire. Mais ce n’est pas une position de repli que de s’ouvrir à ceux qui partagent cette langue qui est portée par une culture qui a dominé et qui a permis aussi le progrès. C’est la langue des philosophes du 18e siècle qui nous ont amenés vers la démocratie et la défense des droits», a-t-elle ajouté. 8 octobre 2019 - Denise Bombardier et la qualité du français Voir aussi "Denise bombardier et la défense de la langue française", Bouillon de Culture (Bernard Pivot) 29 juin 2001 : https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/i08329025/denise-bombardier-et-la-defense-de-la-langue-francaise 00:33 Je devais m'affirmer pour défendre le français contre des Français. 01:16 Les Français donnent le sentiment de croire que leur langue et leur culture ne sont pas des instruments pour définir la modernité, et ils ont une... moi j'appelle ça de l'à-plat-ventrisme vis à vis des Américains, ils ont une sorte de fascination vis à vis d'une Amérique mythique, qui n'est pas l'Amérique réelle, d'ailleurs. Les mots anglais continuent de pénétrer alors qu'il y a des mots français que nous on crée, quand c'est nécessaire. Et vous croyez que votre culture qui est la mienne, et je la revendique, et que votre langue, qui est la mienne, et je la revendique, vous croyez que ça va... que c'est de toute éternité, et que vous allez demeurer dans cette position, et que les Québecois qui viennent une fois de temps en temps ici, ils nous donnent un coup de sang, et puis ils retournent et bien, let's start business et puis parlons anglais comme ça se fait maintenant. Denise Bombardier est en colère contre les Français, parce que les Français massacrent leur propre langue, parce qu'ils dilapident l'héritage commun de la francophonie.
  14. https://www.theatlantic.com/international/archive/2023/06/-china-pessimism-economy-censorship/674556/ (29 juin 2023) Prises ensemble, les statistiques dressent le portrait d'une société réticente à investir dans un avenir incertain - une société où de nombreux Chinois semblent protester avec leur portefeuille, leur utérus et leurs pieds, et où les meilleurs et les plus brillants se reconnaissent dans un personnage littéraire censé symboliser l'insignifiance.
  15. https://responsiblestatecraft.org/2023/06/28/we-shouldnt-be-cheering-for-state-collapse-in-russia/ En 1998, alors que les États-Unis menaient depuis des années une campagne visant à renverser le dictateur irakien Saddam Hussein, le général Anthony Zinni s'est rendu compte qu'ils ne disposaient d'aucun plan concret pour la suite des événements. Zinni a comblé cette lacune en commandant une série de jeux de guerre, qui ont prédit qu'un Irak post-Saddam serait plongé dans un chaos sanglant. Cette analyse, largement ignorée à l'époque, s'est révélée prophétique dans les années qui ont suivi. Nous pouvons nous faire une idée de la pensée de l'establishment de la politique étrangère sur le sujet en examinant ce que disent les groupes de réflexion influents. Prenons l'exemple du Center for a New American Security, un groupe de réflexion financé par les fabricants d'armes, étroitement aligné sur le parti démocrate et dont l'administration Biden a tiré un grand nombre de ses principales nominations en matière de politique étrangère. Peu avant la tentative de coup d'État de Prigozhin, Andrea Kendall-Taylor, directrice de son programme de sécurité transatlantique, a coécrit un article présentant plusieurs scénarios pour une Russie post-Poutine, en s'appuyant largement sur son témoignage lors d'une audition au Sénat en mai. Dans l'un des scénarios, écrit Mme Kendall-Taylor, M. Poutine conserve le pouvoir et finit par mourir dans ses fonctions, remplacé par un technocrate faible qui ne change pas grand-chose à la politique actuelle de la Russie. Dans un autre scénario, celui qu'elle préfère, une victoire militaire ukrainienne déclenche un "changement sismique" dans le paysage politique russe et galvanise "une vague de fond qui pourrait le déloger", conduisant à "la possibilité d'un avenir plus prometteur pour la Russie et pour ses relations avec ses voisins et l'Occident". Mme Kendall-Taylor admet que les chances de voir émerger une Russie plus libérale et démocratique sont "faibles", rappelant que la révolution égyptienne de 2011 a finalement abouti à la dictature brutale d'Abdel Fattah el-Sisi. Et elle reconnaît que si Poutine était destitué par une insurrection armée, "non seulement les conséquences seraient violentes, mais les chances qu'une nouvelle dictature prenne le pouvoir seraient également élevées". Malgré les risques "de violence, de chaos et même d'émergence d'un gouvernement plus dur au Kremlin", Mme Kendall-Taylor conclut néanmoins qu'"une meilleure Russie ne peut être produite que par une victoire claire et nette de l'Ukraine", qui "permettra aux Russes de se débarrasser de leurs ambitions impérialistes et de donner aux futures élites du pays une leçon précieuse sur les limites de la puissance militaire". Quel que soit le dirigeant qui suivra, l'Occident devrait éviter de se précipiter pour stabiliser les relations et plutôt exiger le retrait de la Russie de l'Ukraine, le paiement de réparations et la poursuite des criminels de guerre, tout en visant à "limiter la Russie et sa capacité à mener une agression au-delà de ses frontières" à long terme. Le Center for European Policy Analysis, un autre groupe de réflexion extrémiste, a publié plusieurs articles depuis le début de la guerre, déclarant que l'effondrement et la désintégration possibles de la Russie "seront bénéfiques pour tout le monde" et que l'objectif des États-Unis "devrait être la décolonisation", un nouveau raccourci populaire pour encourager sa désintégration. De même, tout en insistant sur le fait qu'il est "essentiel de se préparer" à un coup d'État en Russie, Pavel K. Baev, de la Brookings Institution, refuse explicitement d'envisager ce qu'il appelle la "possibilité distincte" d'un "effondrement catastrophique du régime autocratique russe et de l'éclatement de cet État en proie à de profonds troubles". Il affirme au contraire que les partisans de la ligne dure autour de Poutine "n'ont ni base économique ni soutien public" pour intensifier la guerre, et que quiconque prendrait le pouvoir se débarrasserait simplement d'eux et chercherait "un moyen d'échapper à la catastrophe qui s'accélère". Selon M. Baev, ces nouveaux dirigeants feraient une "série de concessions territoriales", réévalueraient la dépendance de Moscou à l'égard de son arsenal nucléaire et s'efforceraient de relancer les négociations sur le contrôle des armements et la stabilité stratégique avec les États-Unis. L'autocrate biélorusse Alexandre Loukachenko serait remplacé par "un gouvernement clairement pro-européen" dans la foulée, ce qui amènerait Moscou à annuler l'annexion décidée par Poutine en septembre et à se retirer totalement de l'Ukraine. Enfin, sans Poutine, la Russie serait moins encline à la confrontation avec l'Occident, ce qui constituerait un revers majeur pour la Chine. Si le régime de Poutine s'effondre, affirme Carl Bildt, coprésident de l'European Council on Foreign Relations, "les chauvins mèneront une bataille difficile", tandis que les revendications démocratiques gagneront du terrain. Une victoire décisive de l'Ukraine pourrait donner naissance à un nouveau leadership qui "ouvrirait la porte à un partenariat économique renouvelé avec l'Occident", écrit William Drozdiak, directeur exécutif fondateur du centre transatlantique du German Marshall Fund, dans un article publié par le Wilson Center. Certains préconisent des plans plus ambitieux. William Courtney, chercheur principal à la RAND Corporation, une société influente financée par le Pentagone, suggère que les sanctions ne devraient être allégées que si la Russie retire ses troupes d'Ukraine et de Biélorussie. Plutôt que de réduire les forces américaines en Europe, comme cela a été fait après l'effondrement de l'Union soviétique, les États-Unis devraient envisager "d'augmenter leurs forces en Europe centrale et orientale" et de laisser la porte ouverte à une nouvelle expansion de l'OTAN, tout en engageant les nouveaux dirigeants de la Russie à procéder à des réformes démocratiques. Étonnamment plus conciliant, le Center for Strategic and International Studies (CSIS), un éminent groupe de réflexion de l'establishment, reconnaît néanmoins les graves risques de violence et d'instabilité dans un vide de pouvoir russe, et appelle à une "danse prudente de renforcement de la confiance" et au maintien de la promesse d'"accueillir à nouveau" la Russie en Europe si elle se réforme. (Fait moins surprenant, le CSIS insiste toujours sur le maintien des sanctions, la poursuite de l'aide militaire à l'Ukraine et la poursuite des criminels de guerre russes en cas d'effondrement total de la Russie). Dans certains cas, les prédictions et les suggestions politiques semblent en contradiction. Lors d'un événement parrainé par le German Marshall Fund l'année dernière, les analystes seraient parvenus à un consensus selon lequel "une Russie post-Poutine serait pire qu'elle ne l'est aujourd'hui", avec la possibilité d'un "État encore plus stalinien", d'une guerre civile et de "la désintégration et la fragmentation de la Russie, avec des poches contrôlées par des milices et des seigneurs de la guerre" ( https://www.politico.com/newsletters/national-security-daily/2022/09/21/planning-for-a-post-post-putin-world-00057956 ) Pourtant, plus récemment, Bart M. J. Szewczyk, Senior Fellow non résident du Fonds, a affirmé que les gouvernements de l'OTAN devaient avant tout "intensifier leurs efforts pour aider l'Ukraine à gagner", sans mentionner ces avertissements désastreux lancés lors de l'événement de l'année dernière. Il considère comme "fallacieux" l'idée que des garanties de sécurité réciproques pour la Russie sont essentielles pour une paix viable et préconise d'utiliser une défaite militaire russe pour "mettre fin au conflit dit gelé en Moldavie, dissoudre l'État fantoche russe de Transnistrie et aider la Biélorussie à se démocratiser", ainsi que pour trouver le Mikhaïl Gorbatchev de cette génération, un "successeur russe avec lequel ils peuvent faire des affaires". Peu d'entre eux pensent que ce qui pourrait suivre Poutine n'est pas seulement la violence et la dissolution du pays, comme l'ont prévenu plusieurs experts, mais un gouvernement plus dur dirigé par des faucons plus enclins à l'escalade de la guerre et encore moins ouverts à un rapprochement avec l'Occident. Plusieurs considèrent l'effondrement de la Russie moins comme un risque que comme une opportunité, soit pour obtenir des concessions de Moscou au-delà d'un retrait de l'Ukraine, soit pour affaiblir et contenir davantage la Russie. On suppose que toute instabilité jouera en faveur de l'Occident, que ce soit en produisant une démocratie libérale au Belarus ou en sapant un gouvernement chinois qui, on le suppose, se contenterait de regarder les événements se dérouler. Ce qui est peut-être le plus frappant, c'est qu'il n'est pas fait mention de la manière dont l'Occident peut essayer de résoudre les griefs qui couvent depuis longtemps et qui ont alimenté l'agression russe d'aujourd'hui, ni même de la manière dont il devrait le faire. Certains préconisent de continuer à ignorer les préoccupations de la Russie concernant l'expansion de l'OTAN. On laisse entendre que ces griefs sont l'apanage de Poutine, même si le directeur de la CIA, William Burns, a explicitement déclaré que l'élargissement de l'OTAN suscitait une large opposition en Russie, et que Gorbatchev lui-même et d'autres libéraux russes se sont fait l'écho de nombreuses critiques de Poutine à l'égard de la politique étrangère de l'Occident. Il est légitime de se demander si les responsables de la politique étrangère des États-Unis et de l'Europe ne sont pas en train de répéter les erreurs commises en Irak, lorsque des prévisions trop optimistes sur les conséquences d'un changement de régime les ont laissés aveugles face aux répercussions en cascade de l'éviction d'Hussein. Celles-ci comprenaient une guerre civile et un conflit ethnique de longue durée, le renouvellement d'un régime corrompu et autoritaire, un renforcement de l'influence régionale d'un adversaire des États-Unis, ainsi que la violence et l'instabilité qui se sont étendues à l'intérieur et au-delà des frontières du pays, nécessitant des engagements militaires plus ouverts, sapant la position mondiale des États-Unis et entraînant des coûts humains et économiques considérables. Des résultats similaires seraient encore plus désastreux dans le cas de la Russie, qui est plusieurs fois plus grande que l'Irak, occupe une place plus centrale dans l'économie mondiale, possède le plus grand stock d'armes nucléaires au monde, est située aux portes de l'Europe et s'étend sur la quasi-totalité de l'Eurasie. Nous ne pouvons qu'espérer qu'il y ait une analyse plus sérieuse au Pentagone que ce qui sort des think tanks occidentaux.
  16. https://legrandcontinent.eu/fr/2023/07/02/la-chine-entame-la-construction-de-son-troisieme-brise-glace/ Mercredi, l’Union européenne a rejeté une proposition américaine visant à « fixer des normes d’émission et imposer des tarifs douaniers à ceux qui ne les respectent pas » sur les importations d’acier et d’aluminium à forte intensité carbone. Les dernières projections publiées cette semaine indiquent que le poids de la Chine dans ces domaines pourrait être exacerbé en 2023 — en exportant jusqu’à 77 millions de tonnes d’acier cette année, soit un niveau qui n’avait plus été atteint depuis 2016.
  17. https://legrandcontinent.eu/fr/2023/06/29/la-chute-de-lexceptionnalisme-allemand/ Moins de quarante ans après la réunification de l’Allemagne, les Länder qui formaient la RDA sont aujourd’hui plus riches que le nord de la France. Alors que le pays a accueilli un million de réfugiés syriens en 2015 et un million de réfugiés ukrainiens en 2022, le taux de chômage allemand, qui s’élève à 5,6 %, est nettement inférieur à la moyenne des États-Unis ou de l’Union européenne. Mais une économie ne peut soutenir une identité nationale que si elle est forte. Lorsque le chômage est élevé en France, les Français peuvent encore s’enivrer de leur mythe révolutionnaire ou de leur arme nucléaire. Lorsque la Grèce est au bord du défaut de paiement, les Grecs ont toujours Platon et les oliviers. Lorsque les États-Unis échappent à une nouvelle crise financière, il leur reste le rêve américain et Beyoncé. Mais que se passe-t-il dans une « économie en quête d’une raison d’être politique », comme l’historien Werner Abelshauser avait décrit l’Allemagne, si son PIB cesse soudainement de croître4 ? C’est ce que nous sommes sur le point de découvrir. L’économie allemande s’essouffle, et pas seulement à cause du COVID ou parce que le président russe Vladimir Poutine a fermé le robinet du gaz. Et à côté — ou peut-être à cause — de son malaise économique, le pays vit un véritable tremblement de terre politique. La richesse de l’Allemagne, sa démocratie parlementaire exemplaire et les considérables efforts qu’elle a déployés pour affronter son histoire nazie ne tiennent plus les partis nationalistes à distance. Deux ans après l’arrivée au pouvoir d’Olaf Scholz, l’Alternative für Deutschland (AfD), a franchi le seuil des 20 % dans les sondages. Fin 2022, l’Allemagne est entrée dans une récession technique qui a duré jusqu’au printemps 2023, et qui pourrait se poursuivre. C’est déjà une très mauvaise nouvelle, mais le tableau à plus long terme est encore plus inquiétant. La République fédérale est le seul grand pays de la zone euro dont l’économie n’a pas encore retrouvé ses niveaux d’avant la pandémie. En réalité, le PIB allemand a pratiquement stagné depuis 2018. Si vous demandez à Berlin qui est à blâmer, il ne semble y avoir qu’une seule réponse. Avec une production industrielle toujours inférieure de quelques 5 % aux niveaux prépandémiques, les fabricants allemands ne sont tout simplement plus compétitifs10. Pour beaucoup de politiciens, cela viendrait des coûts élevés de l’énergie. Si l’Allemagne a cessé d’être le moteur de croissance de l’Europe avant que la guerre de la Russie contre l’Ukraine ne provoque une flambée des prix de l’énergie, c’est parce que le pays est à court de marchés de croissance pour ses exportations ; et ce pour deux raisons. De nombreux pays européens, de la France à l’Italie, ont imité les fameuses réformes de l’Agenda 2010 de Schröder. Les coûts unitaires de main-d’œuvre de l’Allemagne ne sont donc plus inférieurs à ceux des autres pays. Depuis 2020, l’Allemagne enregistre un déficit commercial dans le domaine des biens avec les autres membres de l’Union. Les exportations de voitures allemandes vers la Chine ont diminué de 24 % au cours des trois premiers mois de 2023 par rapport à la même période en 2022. À mesure que l’économie d’État chinoise progresse dans la chaîne de valeur, elle n’a plus autant besoin de l’Allemagne. Pour couronner le tout, les États-Unis sont devenus plus protectionnistes sous Joe Biden. Pour les Allemands, la marque d’un bon gouvernement est « Ruhe und Ordnung » (le calme et l’ordre). Dans la mesure où les Lander de Thuringe et de Saxe, qui se trouvent à l’Est, organiseront des élections régionales l’année prochaine, la CDU ne pourra pas longtemps éluder la question de la collaboration avec l’extrême droite : l’AfD est en tête des sondages dans ces deux États. Pour le leader national de la CDU, Friedrich Merz, il est exclu de travailler avec l’AfD, mais à Berlin, beaucoup craignent que les sections locales de la CDU en Thuringe et en Saxe ne décident de le faire quand même. Merz ne peut pas l’empêcher, au risque de diviser durablement le parti. L’AFD tente de se trouver une respectabilité bourgeoise en singeant le discours dominant d’une politique budgétaire « responsable ».
  18. Wallaby

    Naufrages et assistance

    Une chose que j'ai apprise aussi, c'est que même la couleur était mauvaise : https://www.numerama.com/sciences/1433670-implosion-du-sous-marin-titan-des-questions-de-securite-apres-la-catastrophe.html La couleur blanche du Titan complique encore les choses, ce qui le rendrait plus difficile à repérer dans la mer à cause de l’écume des vagues. C’est pourquoi les objets flottants détectés depuis le ciel sont généralement de couleur orange ou jaune, ce qui leur confère une plus grande visibilité.
  19. https://www.lenouvelespritpublic.fr/podcasts/448 (2 juillet 2023) Nicole Gnesotto : Est-ce que Poutine est vraiment affaibli ? Les commentaires qui l’affirment sont presque unanimes. On le décrit humilié, ne contrôlant rien, avec une population qui ne le soutient pas vraiment, etc. Je n’en suis pas si sûre. Je pense que la position inverse est tout à fait défendable : en 24 heures, il a résolu un problème, exilé Prigojine et rétabli l’ordre. Je pense que si quelque chose sort affaibli de cette journée, c’est plutôt l’idée d’une possible résistance militaire à Vladimir Poutine. Deuxième incertitude : qu’en est-il la contre-offensive ukrainienne ? Elle était annoncée depuis plusieurs mois et commençait tout juste quand Prigojine a entamé sa marche, mais jusqu’à présent elle n’a pas montré de résultat spectaculaire. L’heure semble être à l’enlisement, des deux côtés. Combien de temps tiendra cette contre-offensive, et de quel niveau d’aide occidentale aura-t-elle besoin pour ne pas être un échec ? L’affaire Prigojine ne doit pas détourner notre attention de ce problème essentiel. Troisième incertitude : l’heure de la négociation. Je suis convaincue que le président Biden voudra être tranquille en janvier prochain pour sa campagne électorale, il va donc falloir que l’administration américaine trouve une espèce de succès d’ici là. Et pour avoir un début de négociation, il faudrait que les Ukrainiens soient vainqueurs, mais pas trop, pour ne pas que la Russie soit dépecée, et que Poutine soit affaibli, mais pas trop, pour qu’il reste l’interlocuteur. Or pour le moment, on est dans une situation inverse : pas de victoire ukrainienne, et à mon avis pas de réel affaiblissement de Poutine. Les Européens, qui sont en première ligne, devraient se poser une question : quel est leur intérêt ? Est-ce d’avoir en Russie un État failli, ou un État dur ? Ce débat existe un peu dans la presse, on peut lire ça et là qu'un certain nombre de responsables ou d'intellectuels (venant plutôt des pays de l’Est) ont envie de voir le démembrement de la Russie : la Russie réduite au grand duché de Moscovie, et encore, ce serait peut-être beaucoup. Et ils n’ignorent pas les risques de chaos politique, de guerre civile ou le flot potentiel de réfugiés. Mais il y a une espèce de volonté de voir ce régime, cette Russie défaite, anéantie, morcelée, qui, à mon avis, anime une partie de l'opinion publique à l'Est. Je pense que de l'autre côté, dans la vieille Europe et chez la plupart des dirigeants, y compris les Polonais et autres baltes, il y a tout de même le sentiment qu’un chaos russe est une boîte de Pandore ouverte sur un éventuel chaos nucléaire, qui n'est dans l'intérêt de personne. Je rappelle qu’en 1990, quand l’URSS s’est effondrée, on avait craint une dissémination non pas des armes nucléaires, mais des savants nucléaires, des cerveaux. Une mission dirigée par un sénateur démocrate américain Sam Nunn [1], en coopération avec le ministère de la Défense russe visait à mettre en sécurité le potentiel nucléaire de l’URSS. Les USA avaient d’ailleurs payé les salaires des scientifiques, pour ne pas qu'ils émigrent aux quatre coins de la terre et qu’ils vendent leurs services aux Coréens, aux Iraniens et caetera. Aujourd’hui, il y a un vrai risque, et les chancelleries en sont conscientes, d'un chaos russe. Une guerre civile entraînerait un flot massifs de réfugiés, et une fuite du savoir-faire nucléaire. L’un comme l’autre nous seraient très préjudiciables. C’est un débat qui me paraît fondamental pour les Européens ou plus généralement les Occidentaux, et je n’ai pas l’impression qu'on le mène. Je pense en tout cas, même si ce n'est pas en faveur de l'obtention de la démocratie, qu'il vaut mieux pour nous avoir un État qui contrôle son territoire que d'avoir un État failli aux dimensions de la Russie. [1] https://en.wikipedia.org/wiki/Nunn–Lugar_Cooperative_Threat_Reduction https://shfg.wildapricot.org/resources/Documents/3-Jones.pdf Neuf mois plus tôt, en 1990, les services de renseignement américains avaient prévu que l'aggravation de la situation en Union soviétique aboutirait probablement, au moins avec une chance égale, à un scénario de "détérioration sans anarchie". Les analystes estimaient que les problèmes économiques, politiques, ethniques et sociaux du pays allaient s'aggraver à un rythme accéléré, tandis que le pouvoir de Gorbatchev déclinerait. Bien que la tentative de coup d'État avait échoué, la conclusion du rapport selon laquelle des affrontements politiques plus préjudiciables étaient à prévoir, semblait s'avérer. M. Cheney a plaidé pour une approche qui "encouragerait l'éclatement de l'URSS", tandis que le conseiller à la sécurité nationale, Brent Scowcroft, et le secrétaire d'État, James Baker, ont adopté une ligne prudente qui rendrait plus probable un changement pacifique. Lorsque Scowcroft a soulevé la question du contrôle par l'Union soviétique de ses armes nucléaires, le président de l'état-major interarmées, le général Colin Powell, a assuré l'assemblée qu'il n'y avait aucun doute à ce sujet, que "l'Armée rouge" était aux commandes. Le sujet ne pouvait cependant pas être éliminé de la liste des préoccupations de l'administration. En fin de compte, elle a ajouté un sixième "principe" à sa liste d'objectifs concernant l'éclatement potentiel de l'URSS : "Le contrôle central des armes nucléaires et les garanties contre la prolifération interne ou externe". Nunn et Aspin avaient décidé en privé de combiner leurs propositions respectives en un seul amendement au projet de loi d'autorisation. La premiere partie de l'amendement autoriserait l'utilisation des fonds de defense pour transporter l'aide humanitaire a l'Union Sovietique. La seconde partie autoriserait le financement de la conversion de la défense, de l'aide à la reconversion des officiers militaires déclassés, des échanges entre militaires et de la destruction et de la non-prolifération des armes de destruction massive. En défendant cette disposition, Nunn a affirmé que l'aide pourrait être cruciale pour faire face au mécontentement militaire généralisé et aux troubles civils en Union soviétique. Il craignait que les armes nucléaires soviétiques ne soient vendues sur le marché international des armes. Cinq jours plus tard, le 13 novembre [1991], Nunn et Aspin ont retiré leur proposition, car l'opposition des membres des deux partis était féroce. En l'espace d'une semaine, Robert Strauss, l'ambassadeur des États-Unis à Moscou, ami de longue date de Bush et démocrate, a joint sa voix à la plainte de Nunn concernant l'imprudence du gouvernement américain. Strauss s'est alarmé de la possibilité d'une famine, ce qui a attiré l'attention de deux sénateurs : David Boren, démocrate de l'Oklahoma et membre influent de la commission de l'agriculture, et le sénateur Richard Lugar, républicain de l'Indiana et membre influent de la commission. Ils souhaitaient offrir des garanties de crédit agricole à l'URSS afin qu'elle puisse acheter des céréales aux États-Unis. Les préoccupations de Boren allaient bien au-delà de l'alimentation, puisqu'il présidait la commission sénatoriale sur le renseignement. Les responsables du renseignement américain l'ont informé que la situation en Union soviétique était "très instable et potentiellement dangereuse". Ashton Carter, directeur du Center for Science and International Affairs à la Kennedy School of Government de l'Université de Harvard, et trois collègues avaient récemment achevé une étude portant sur le problème de prolifération sans précédent qui pourrait advenir. Leur étude prévoyait la fin de l'Union soviétique et précisait les principales menaces pesant sur la garde fiable de plus de 27 000 armes nucléaires au cours de cette période agitée. Elle recommandait au gouvernement des Etats-Unis d'établir un programme global pour aider les Soviétiques et les gouvernements des républiques émergentes à sécuriser et à démanteler leur énorme entreprise nucléaire, y compris les armes et le matériel, les usines et les programmes de recherche, ainsi que le personnel militaire et civil associé à cette entreprise. Le briefing de Carter a eu lieu lors d'une visite de Viktor Mikhailov, vice-ministre soviétique de l'énergie atomique et de l'industrie, au groupe d'observateurs du contrôle de l'armement du Sénat. Mikhailov a décrit aux législateurs les problèmes rencontrés par son pays en matière de stockage, de destruction et de contrôle des armes nucléaires. Le problème est simple. Son pays n'avait pas l'argent nécessaire, environ 800 millions de dollars, pour stocker ou démanteler les armes nucléaires que Gorbatchev s'était engagé à détruire. Il a demandé l'aide des Américains. Sergey Rogov et Andrei Kokoshin, qui l'accompagnaient, ont ajouté à l'alarme en présentant un rapport qui donne à réfléchir sur les lacunes du contrôle nucléaire. Les trois hommes ont laissé à leurs auditeurs un message sans équivoque : l'Union soviétique était en train de s'effondrer et la situation exigeait une action rapide de la part des États-Unis. De tels messages ont également été reçus clairement dans les capitales occidentales. Des représentants des principales nations industrielles, le G-7, se réunissaient à Moscou avec Gorbatchev et des représentants des 12 républiques soviétiques restantes, signe que le pouvoir du gouvernement central s'affaiblissait, afin de déterminer comment ils pourraient fournir une aide tout en s'assurant que les républiques rembourseraient les dettes existantes. Le lendemain, le Washington Post publiait l'éditorial de Nunn et Lugar dans lequel ils décrivaient l'Union soviétique comme une superpuissance nucléaire sombrant dans le chaos, dont les signes étaient évidents : une économie en chute libre, une pénurie de nourriture et d'autres biens essentiels, une monnaie de moins en moins valable et des querelles ethniques qui couvaient depuis longtemps et qui se transformaient en affrontements violents. Dans cette période de troubles, les États-Unis avaient l'occasion d'encourager la plus grande réduction d'armes de destruction massive de l'histoire. Ils ont souligné "l'importance d'empêcher que les armes et le savoir-faire en matière d'armes ne soient transférés aux Saddam Hussein et aux Moammar Kadhafi du tiers monde".
  20. https://www.bbc.com/news/science-environment-66064838 (3 juillet 2023) Sous le contrôle de l'Organisation maritime internationale (OMI) des Nations unies, les délégués de 175 pays de transport maritime se réuniront à Londres cette semaine pour tenter de se mettre d'accord sur un nouveau calendrier en vue de la décarbonisation complète de leur secteur.
  21. Une institution clé pour comprendre la révérence de la presse au Japon vis à vis du pouvoir politique ou des grandes entreprises : le système des clubs de presse : https://apjjf.org/2016/20/McNeill.html (15 octobre 2016) Le système centenaire des clubs de presse japonais a toutefois connu un changement apparemment radical en 2009-2010. Le nouveau gouvernement du Parti démocrate du Japon (PDJ), qui avait déclaré son intention de remettre en question le puissant appareil bureaucratique japonais, a commencé à autoriser les journalistes des magazines, du cyberespace, des entreprises de médias étrangères et les pigistes à assister aux conférences de presse régulières. Toutes ces catégories de journalistes étaient auparavant interdites de participation aux événements de presse officiels, qui ont été dominés pendant des décennies par une relation ombilicale entre les législateurs, les bureaucrates et les plus grandes chaînes de télévision et les plus grands journaux du Japon. La décision du PDJ était largement attendue pour renforcer la fonction de surveillance des médias et pousser les institutions politiques japonaises à se réformer. Ce changement a été salué, entre autres, par l'organisation de surveillance des médias Reporters Sans Frontières (RSF), qui a hissé le Japon à la 11e place de son classement mondial de la liberté de la presse 2010, loin de son triste rang de 51e place quatre ans plus tôt, lorsque RSF avait constaté une érosion "extrêmement alarmante" des libertés de la presse. À l'heure où j'écris ces lignes [2016], le Japon occupe la 72e place (sur 180 pays) et recule rapidement par rapport à ce point culminant du début de la décennie. Comme le note Susan J. Pharr : "La plupart des institutions médiatiques clés du Japon des années 1990 étaient... entièrement en place pendant la période d'ascension militaire et de censure stricte des années 1930 jusqu'à la fin de la Seconde Guerre mondiale." Les directeurs de journaux et les rédacteurs en chef purgés, menés par Shoriki Matsutaro, président du Yomiuri Shimbun, ont été autorisés à reprendre leurs anciennes fonctions. Les contrôles hiérarchiques de la politique éditoriale ont été encouragés pour lutter contre le problème croissant du militantisme de gauche. "La continuité, plutôt que la discontinuité, est devenue le thème dominant de l'histoire des médias d'après-guerre", conclut Hanada Tatsuro, spécialiste des médias à l'université de Waseda. Bien qu'ils soient un héritage de la période d'avant-guerre, les clubs de presse sont devenus encore plus importants depuis 1945. Essentiellement des organisations de collecte d'informations rattachées aux principaux organes gouvernementaux, bureaucratiques et corporatifs du pays, les clubs ont été créés dans les années 1890 par des journalistes désireux de renforcer leur position collective en exigeant l'accès à l'information officielle. Pendant la guerre, ils sont devenus partie intégrante d'un système de haut en bas dédié à la diffusion des points de vue officiels. Pendant la majeure partie de l'après-guerre, ils sont restés des boutiques fermées, interdites à tous les journalistes, à l'exception de ceux qui travaillent pour les grands médias japonais. Les pigistes, les journalistes de tabloïds et de magazines et les reporters étrangers en ont été exclus pendant des décennies et n'ont commencé à y accéder que récemment. L'Association japonaise des éditeurs de journaux, le principal secteur à en bénéficier, défend les clubs, les louant pour leur précision et les qualifiant d'"institution[s] volontaire[s]" de journalistes "se regroupant" pour "travailler à la poursuite de la liberté d'expression et de la liberté de la presse". En réalité, selon les critiques, il s'agit de systèmes de gestion de l'information d'élite, canalisant directement les informations de ce que Herman et Chomsky (1989) appellent les "bureaucraties des puissants" vers le public, enfermant les journalistes les plus influents du Japon dans une relation symbiotique avec leurs sources. Selon Freeman, les journalistes ne sont guère plus que des porte-parole bien rémunérés, des "co-conspirateurs de la cartellisation de l'information". L'un de leurs critiques les plus connus renverse fameusement l'objectif déclaré des clubs de presse : Bien qu'apparemment conçu pour faciliter la diffusion de l'information au public japonais, déclare Karel Van Wolferen, le système des clubs de presse "constitue en fait l'obstacle le plus sérieux à cette diffusion". Les ministres japonais sont normalement protégés des journalistes par d'épais remparts. La première ligne de défense est constituée par les bureaucrates qui amadouent, poussent et orientent les journalistes vers des sujets de prédilection et les éloignent des terrains politiques minés. La deuxième ligne de défense, la plus controversée, est constituée par les journalistes eux-mêmes. En tant que membres du club de la presse, les reporters des médias d'élite travaillent en vase clos, avec leur propre ensemble de règles et de pratiques codifiées. En échange d'un accès exclusif à l'information et aux sources, les journalistes ne font pas de vagues, décourageant ainsi une relation qui pourrait être plus conflictuelle.
  22. https://meduza.io/en/feature/2023/06/30/if-the-authorities-had-rallied-around-putin-prigozhin-wouldn-t-have-even-reached-rostov "Il ne s'agit pas d'une révolution", affirme Andrey Zoubov, en référence aux événements du 24 juin. Il s'agit plutôt d'une "rébellion militaire typique", qu'il définit comme "un groupe armé de personnes qui cessent illégalement d'obéir à leur source d'autorité" et "visent à faire pression sur elle pour qu'elle apporte des changements favorables au groupe". Dans ce cas, au lieu d'obéir aux ordres de Poutine, le fondateur du Wagner Group, Evgeny Prigozhin, a marché vers Moscou. Une révolution, en revanche, est un long processus politique, affirme M. Zoubov, se référant à l'historien américain Richard Pipes, qui considère que la révolution russe s'est déroulée sur une période de 24 ans (de 1900 à 1924). Lorsqu'on lui demande s'il convient de comparer la rébellion de Wagner à l'affaire Kornilov, Zoubov répond que la principale similitude réside dans le fait que le général Lavr Kornilov et Prigozhin avaient tous deux des objectifs politiques : empêcher leurs opposants de détenir le pouvoir, qu'il s'agisse des bolcheviks dans le cas de Kornilov, ou du ministre de la défense Sergey Shoigu et du chef d'état-major général Valery Gerasimov dans le cas de Prigozhin. Zoubov n'a aucun doute sur le fait que la rébellion de Prigozhin n'était pas idéologique, mais qu'elle visait spécifiquement à formuler des demandes matérielles. Après la rébellion de Prigozhin, dit Zoubov, Poutine ne commande plus les élites. Il semble qu'il ne commande pas non plus le peuple. Il se retrouve dans la même position qu'Alexandre Kerensky, que l'on qualifiait en plaisantant de "persuadeur en chef". Nombre de ceux qui pourraient tirer parti de cette situation vulnérable et prendre le pouvoir mènent une vie confortable sous la direction de Poutine. Mais le pouvoir est séduisant, dit Zoubov, "et apporte une immense richesse". Les personnes capables de s'en emparer finiront par admettre que personne n'a besoin de Poutine. Il pourrait s'agir des responsables de la sécurité ou de l'armée. "Je ne peux pas exclure la possibilité que même Prigozhin puisse jouer ce rôle", remarque Zoubov. L'historien note que Poutine [...] a hérité de la même bande de bolcheviks que celle qui a pris le pouvoir en 1917. Poutine est en quelque sorte le chef de la Tchéka, la police secrète du parti bolchevique, et des organisations qui lui ont succédé, qui se débarrassaient de tous ceux qui se mettaient en travers de leur chemin. C'est l'une des principales caractéristiques du poutinisme, dit Zoubov : "un système criminel hérité, basé sur l'abus de pouvoir", qu'ils poursuivent activement. Les forces wagnériennes entrant dans Rostov ont été chaleureusement accueillies, mais Zoubov estime qu'il ne faut pas en conclure trop de choses : "[Les habitants] ne faisaient que s'amuser. C'est l'été, c'était un vendredi soir". Les résidents ont vu cela comme une sorte de "spectacle" - un spectacle qui mettait en scène des chars d'assaut. Ils ne se souciaient guère de la rébellion. Il est difficile de s'attendre à ce que le citoyen russe moyen regarde les groupes armés qui s'affrontent avec autre chose que de l'indifférence, explique Zoubov. Lorsque la Douma d'État protège les intérêts de Poutine plutôt que ceux de la population, qu'elle truque les élections et qu'elle classifie une grande partie du budget de l'État, les gens ont essentiellement appris à séparer leur propre vie de celle de Poutine. Le manque d'engagement de la population russe dans la politique peut toutefois être interprété positivement : Dieu merci, nous ne sommes pas dans une situation comme l'affaire Kornilov, où de larges pans de la société se détestaient profondément. Il est plus facile pour les apathiques d'aller voter qu'après le carnage et les meurtres qui ont marqué les années 1917-1918. Cette rébellion pourrait-elle déclencher un changement de pouvoir ? "Maintenant que la gâchette a été actionnée, ce n'est plus qu'une question de mois. Ou peut-être même une question de semaines", prédit M. Zoubov. La Russie a une longue histoire de tentatives infructueuses de renversement du gouvernement, depuis la princesse russe du XVIIe siècle Sophia Alekseyevna jusqu'au lieutenant général Lev Rokhlin. Malgré cela, l'historien note qu'il existe plusieurs exemples de réussite dans l'histoire de la Russie, avec Catherine II ou Élisabeth de Russie arrivant au pouvoir avec le soutien de l'armée. Zoubov ajoute que "sans aucun doute", l'armée russe "jouera un rôle dans le futur changement de pouvoir". M. Zoubov est convaincu qu'un changement de régime mettrait fin à la guerre en Ukraine. Selon lui, personne n'a besoin de cette guerre - ni les citoyens russes, ni les soldats, ni même Prigozhin. Après le renversement du régime gouvernemental, le front s'effondrera. La personne qui prendra ensuite le pouvoir aura pour tâche de mettre fin à la guerre, de retirer les troupes et d'œuvrer à la normalisation des relations avec l'Occident. Sans un gouvernement démocratique, cela est impossible. C'est pourquoi il faudra organiser des élections à tous les niveaux du gouvernement, reconstruire le pays et légitimer le nouveau chef d'État. Zoubov reste optimiste : La société russe est vivante, elle a une longue histoire et une culture que les gens ont emportée dans l'émigration. C'est pourquoi nous avons la possibilité de faire de la Russie un pays normal, européen et démocratique. https://fr.wikipedia.org/wiki/Andreï_Zoubov Ancien professeur de l’Institut d’État des relations internationales de Moscou (MGIMO). Il a temporairement perdu son emploi après avoir comparé le déploiement des troupes russes en Crimée à l’annexion de l’Autriche par Hitler dans le journal russe Vedomosti. Un mois plus tard, sa démission a été invalidée4,5 et il a pu continuer à enseigner jusqu’à l’expiration officielle de son contrat avec le MGIMO. Andreï Zoubov est l’un des principaux membres du Parti de la liberté populaire. Il a présenté sa candidature aux élections à la Douma en 2016 et est arrivé à la troisième place sa circonscription. En 2006, il est devenu le rédacteur en chef d’une édition en plusieurs volumes sur l’histoire de la Russie, « Histoire de la Russie. XXe siècle. » Son équipe a réuni plus de 45 chercheurs de Russie, de la diaspora russe, aussi bien des spécialistes européens et américains (Vittorio Strada, Richard Pipes). Le projet a été initialement préparé sous la direction de Alexandre Soljenitsyne, qui a relu et édité la plus grande partie du manuscrit (plus ou moins jusqu’à l’année 1956). Le livre a été publié en deux volumes en 2009.
  23. https://taz.de/Meduza-Analyst-ueber-Wagner-Aufstand/!5944102/ (2 juillet 2023) Peut-on parler d'une atmosphère de peur due à Prigoschin, surtout au niveau des élites russes ? Il n'y a pas beaucoup d'influence de Wagner sur les élites russes. Les gouverneurs se disputent directement avec Prigoschin - comme par exemple dans la région de Sverdlovsk, Evgueni Kuyvachev. Prigoschin n'a pas réussi à destituer le gouverneur de Saint-Pétersbourg, Alexandre Beglov. Le cœur du projet politique de Prigoschin est en fait dirigé contre l'élite. Au début, les frères Kovaltchuk le soutenaient encore, car ils pensaient qu'un tel projet pourrait être "vendu" à Poutine. Puis le chef de Wagner a commencé à agir contre l'élite. Toutefois, on ne peut définitivement pas parler de grande peur et d'influence. La troupe de mercenaires de Wagner et Prigoschin sont-ils présents dans l'opinion publique russe ? Prigoschin n'est pas une figure télévisuelle dans les médias d'Etat. Mais grâce à ses déclarations publiques remarquées sur des messageries instantanées populaires comme Telegram, il est devenu bien connu des partisans enthousiastes de la guerre et d'un public politisé. Selon les sondages, sa cote de confiance est de 4 pour cent ; lors des élections présidentielles, 2 pour cent des Russes voteraient pour lui. Ce n'est pas beaucoup. La rhétorique de Prigoschin est trop contradictoire et son image n'attire pas les gens ordinaires du pays. Les exécutions à la masse, c'est l'image d'un criminel, ce qui fait peur à beaucoup de Russes. Les déclarations de Prigoschin sur la mobilisation générale et la transformation de la Russie en Corée du Nord sont encore plus effrayantes. En voyant les images de la marche à Rostov-sur-le-Don, on pourrait avoir l'impression que Prigoschin est soutenu par une grande partie de la population. Mais c'est loin d'être le cas. Rostov compte plus d'un million d'habitants, sur les photos, on en voit au mieux quelques milliers près des chars, et seulement quelques dizaines avec des drapeaux de Wagner. De plus, je pense que beaucoup de personnes photographiées n'ont pas vraiment compris ce qui se passait. On a aussi manifesté contre Wagner à Rostov, d'ailleurs, et beaucoup plus seraient descendus dans la rue si les wagnériens étaient restés plus longtemps à Rostov. Vous attendez-vous à un nouveau soulèvement de Prigoschin ou à une nouvelle tentative d'agir contre l'armée russe ? Certains analystes ont décrit les événements comme un "cirque"... Je ne suis pas d'accord. L'objectif du soulèvement n'est pas encore clair, mais les coûts étaient bien trop élevés pour un simple cirque. Poutine a déjà fait allusion à des détournements de fonds publics chez Wagner et Concord, la société de restauration de Prigoschin. Rien de bon ne l'attend donc - Prigoschin a déjà été vaincu. Andrey Perstev est journaliste russe et travaille comme analyste politique pour le média en exil Meduza.
  24. https://medicalxpress.com/news/2023-07-suicides-singapore-year-high.html (1er juillet 2023) Les suicides à Singapour ont augmenté de près de 26 % l'année dernière, atteignant leur niveau le plus élevé depuis plus de vingt ans. Le suicide "est resté la principale cause de décès chez les jeunes âgés de 10 à 29 ans pour la quatrième année consécutive", représentant 33,6 % de tous les décès dans ce groupe d'âge, indique le rapport.
  25. https://www.theguardian.com/environment/2023/jul/01/just-four-pupils-left-how-the-sea-rose-up-on-a-thai-village Les mangroves, qui constituent une défense naturelle contre les fortes vagues et les ondes de tempête du golfe de Thaïlande, ont été considérablement réduites pour faire place à des aquacultures de crevettes. Ce phénomène, combiné à l'extraction des eaux souterraines et à la construction de barrages sur le fleuve Chao Phraya, qui traverse Bangkok et bloque le flux de sédiments en aval, a aggravé le problème de l'érosion côtière.
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