Aller au contenu
Fini la pub... bienvenue à la cagnotte ! ×
AIR-DEFENSE.NET

Tancrède

Members
  • Compteur de contenus

    18 697
  • Inscription

  • Dernière visite

  • Jours gagnés

    166

Tout ce qui a été posté par Tancrède

  1. Y'a 2 séries sur les SEALS en ce moment: Six et Seal Team. A laquelle fais-tu référence? Les deux sont assez bofs, avec beaucoup trop d'insistance sur le drama à mon goût, mais la première n'a aucun personnage sympathique, ou même auquel on puisse vaguement s'identifier (même de très loin), et verse vraiment beaucoup trop dans un espèce de mélo mêlant hyper-sentimentalité et fausse dureté/méchanceté, avec des comportements humains pas crédibles (peuplée de gens très borderline). La seconde fait mieux dans ce registre, trouve un moins mauvais équilibre. Les deux versent dans de mauvais clichés et des excès trop visibles (aheum, suspension of disbelief en overdrive), notamment en "abîmant" leurs personnages trop et trop vite, si bien que les voir repartir en opération qui avec une blessure sérieuse ou qui avec un trauma incapacitant a quelque chose d'un tantinet agaçant pour le spectateur. Je veux bien que des opérateurs soient jamais à 100%, et doivent à l'occasion pousser le bouchon et faire avec certains trucs que le commun des mortels considèrerait comme une excuse pour rester à la maison, mais quand même. Si on veut se donner des airs "réalistes" (angle de ces séries) et donc jouer dans cette cour là, faut vraiment jouer avec ces règles là. L'action est pas mauvaise dans les deux, mais elle est vraiment trop rare dans Six, par rapport à tout le mauvais drama et les persos antipathiques, et elle y est pas génialement filmée ou mise en valeur (et un peu décousue à l'occasion, soit par amateurisme, soit par volonté de la jouer "immersion/point de vue subjectif", ce qui prive de beaucoup de trucs qui se passent). Dans l'autre série, c'est plus conventionnel pour la mise en scène, mais aussi plus ambitieux (et y'a sans doute plus de fric, même si beaucoup doit aller dans le salaire de David Boreanaz) et lumineux. Et on y trouve aussi (conséquence de la différence de budget sans doute) plus de grands angles, de décors variés et vastes, de matos visibles à l'écran (avions de transports....). A tout prendre, s'il faut regarder, et choisir, je conseille plus Seal Team, mais faut pas non plus trop en attendre. Y'a une moins mauvaise écriture, des persos incomparablement plus "réels" (mais ça vole pas très haut non plus) et auxquels on peut s'identifier un minimum, ou dont on peut avoir un minimum quelque chose à foutre. Mais dans l'ensemble, à part quelques séquences (l'action surtout), y'a des problèmes de rythme et d'intensité en général (c'est pas facile de bien vendre les longs silences, les personnages stoïques/laconiques/taciturnes, les dialogues triviaux sur le quotidien ou les relations avec de tels persos....).
  2. Va voir la tronche des universités.... Rien que la devanture t'en dit beaucoup dans pas mal de cas.
  3. Je me suis mal exprimé: je m'interrogeais par exemple, dans le cas évoqué, de la section d'appui fournissant 2 mortiers (et/ou 2MMP, ou 2*7,62) pour 3 sections, là où, par exemple, l'Army US ou l'USMC prévoiraient un weapons platoon pouvant allouer 1 mortier (et/ou missile, et/ou une mitrailleuse) par rifle platoon. Et je me demandais à quoi correspondait ce choix délibéré de rationnement: contrainte de ressource ou choix tactique?
  4. Je me suis toujours demandé pourquoi on se tient à des éléments d'appui avec toujours moins d'outils que d'éléments à appuyer (2 armes d'appui de chaque type ou moins pour 3 sections de combat, ici), là où tant d'autres armées ajustent les appuis au nombre d'éléments de mêlée à soutenir, de sorte que chacun d'entre eux puisse à tout moment avoir accès à la gamme complète d'appuis sans bouffer sur ceux des autres. Est-ce purement pour des motifs économiques? Contraintes d'effectifs volontaires (ne pas dépasser un certain total pour l'unité)? Ce rationnement a t-il une pertinence tactique?
  5. Je ne sais pas vraiment s'il est si pertinent de parler en termes de pays, dans beaucoup de cas, et pas plus pertinent de parler en terme de zones géographiques: nombre de lieux en Afrique voient un développement fabuleux, mais il s'agit d'ilôts de développement concentré, avec un "hinterland" plus ou moins interconnecté autour (un modèle presque colonial, on pourrait dire dans beaucoup de cas: la ville, ses dépendances, et des points de production.... Et entre ces choses, ou au-delà, le vide ou presque). Et le potentiel de croissance en est du coup plus limité, parce qu'il y a peu de possibilités d'expansion autour, ce qui fait craindre la fragilité de ces systèmes, et une hyperconcentration du développement et des richesses à quelques centres urbains et leurs dépendances, sans grand rayonnement pour le reste de la population, sinon des migrations intra et inter-pays et régions amenant beaucoup de sous-développement dans la périphérie immédiate des dits îlots. Je ne sais pas où trouver des données (ou même s'il y en a suffisamment de fiables) cartographiant la stabilité de la gouvernance et son degré de contrôle (et l'adhésion qu'elle inspire) sur des aires géographiques données, mais ça me semble être la donnée la plus pertinente, parce que la plus problématique. Qu'on se rappelle à tout instant, quand on évoque ces sujets, que l'Afrique produit largement suffisamment de bouffe et d'eau pour faire vivre sa population et constituer des stocks permettant de faire face aux chocs.... Et que pourtant les problèmes d'alimentation et d'eau sont gigantesques un peu partout, conséquence d'infrastructures et de procédés d'échanges problématiques et/ ou inexistants, d'une gouvernance corrompue et/ou faible, de territoires pas/peu maîtrisés (surtout de manière continue, stable et largement acceptée). Les "investissements" chinois sont une épée à double tranchant qui s'est ajoutée récemment à une équation difficile, et a accéléré/amplifié nombre de problèmes existants: endettement insoutenable, corruption d'élites en place se foutant des populations et des lendemains, faible investissement dans le capital humain local, remplacement de beaucoup de productions locales par des produits d'importation sans compensation (par des revenus générés localement et l'enrichissement subséquent de suffisamment de monde).... Au final, la stabilité des ensembles politiques constituant l'Afrique subsaharienne me semble problématique à l'aune de ces changements et de leur rythme.
  6. Et la MB est toujours là. D'où mon point: quelles tafioles! C'est une analyse stratégique hautement professionnelle et parfaitement nuancée. Ces glandus ne sont même pas capables de refaire la guerre d'avant-hier; quelles chances ont-ils de faire face à la guerre future?
  7. Alors plutôt des Systèmes Logistiques Autonomes (SLA) venant d'un programme de recherche commun entre Tanzanie et France? Pourquoi utiliser des mots simples quand on peut faire un bon acronyme bureaucratique abscons qui facilite les tensions et politisation débiles des putaclics en tous genres? A débilité, débilité et demie, et le monde continue à tourner. Les ordres de grandeur, présentés ainsi, sont terrifiants. Et l'un des tout premiers problèmes pour adresser ces défis gigantesques reste le même aujourd'hui qu'il y a plusieurs décennies: la gouvernance, la stabilité, la cohésion des entités politiques composant le continent, ou en tout cas une bonne proportion de la partie subsaharienne (au nord: autre gamme de problèmes).
  8. Tancrède

    [British Army]

    J'approuve fortement la réponse claire et articulée du forum sur le twitter de ce monsieur Plutôt deux fois qu'une!
  9. Le plan canadien n'a aucune crédibilité: aucun mouvement prévu vers Washington pour (re) brûler la Maison Blanche et le Congrès. Quelles tafioles!
  10. Alors est-ce un indicateur? Starbucks a annoncé avant-hier, suite à de mauvais résultats, la fermeture nette de 150 points de vente aux USA, exclusivement en centre-ville. Principalement sous l'effet de la concurrence (cafés plus haut de gamme d'un côté, et moins chers de l'autre -genre McDos et ses déclinaisons en cafés) dans le cadre d'un marché très saturé (ont dit souvent aux USA qu'il y a peu de Starbucks qui ne soient pas à portée visuelle d'un autre Starbuck) qui ne progresse pas. Si Starbucks (ou plutôt la densité de Starbucks à l'hectare) et quelques autres enseignes sont le signe de la gentrification/boboisation d'un lieu, que dire d'un tel changement ?
  11. Le trip aussi, dans l'histoire, c'est que les blancs ont un désavantage similaire: moindre en amplitude, mais quand même très significatif par rapport aux minorités autres qu'asiatiques. Seulement, dans le contexte actuel, il est impossible d'en faire un scandale pour essayer de remettre en cause la "discrimination positive", soient essentiellement des quotas d'admission sur critères raciaux, qui peuvent être aisément modulés par la portion non quantitative des dossiers ("tests de personnalité" et autres). Je me demande quand on va voir, dans cette population blanche, des associations juives commencer à râler: au vu des résultats des dernières décennies, il semblerait que les universités, en tout cas les bonnes, seraient peuplées aux trois quarts de juifs et d'asiatiques si les admissions étaient faites au mérite seul. Il faut cependant aussi rappeler l'existence de l'autre mode de "discrimination positive" (ou pas positive) peu claironné par les universités: les "legacy students". Majoritairement blancs (mais pas que), il s'agit en fait des enfants d'anciens d'une université. Le sentiment d'appartenance à une fac étant particulièrement travaillé aux USA, ce mode de fidélisation est lié à un certain traditionalisme (continuité, émulation....), mais aussi et surtout à la volonté de fidéliser les donations privées aux finances de l'établissement. Pour ce faire, donner un ou plusieurs coups de pouces aux enfants des anciens lors de leur processus d'admission a longtemps été considéré comme de bonne guerre, et l'est encore très souvent. Il n'y a cependant pas tellement d'indications que cela accroisse tellement les donations des dits anciens (au-delà de l'occasionnelle riche personne qui "offre" un nouveau dortoir pour que junior soit admis), et cela ne relève pas vraiment le niveau des élèves. Enfin, quand on voit le taux et la durée d'endettement des diplômés, on se demande parfois pourquoi tous se battent pour ce douteux privilège (hors de quelques filières, et surtout du top niveau de certaines filières). Les tarifs pratiqués dépassent tout entendement (quand on parle des bonnes universités, ça fait des années scolaires à 40-50 000 dollars ou plus la pièce, sans compter les fournitures, le logement, la bouffe...). Je me demande toujours quelle proportion de diplômés trouvera un job leur permettant de repayer la dette assez rapidement (10 ans ou moins, mettons), ou même la proportion de diplômés qui trouvera un job permettant de vivre avec cette dette de manière pas trop contrainte (cad pouvant se loger décemment, mettre un peu de côté....).
  12. Même pas tant que ça, puisque là aussi, beaucoup dépend du bon vouloir des Etats, de ce qu'ils laissent filtrer, de ce que d'autres apprennent d'eux et veulent mettre au grand jour ou pas, de ce qu'ils veulent négocier entre eux directement ou pas.... Le point essentiel est que l'ONU, au final, a le grand mérite d'ETRE la table. Ceci dit, parmi les critiques légitimes qu'on peut avoir à l'encontre de l'ONU, je trouve qu'il y a beaucoup de choses à redire à son expansion bureaucratique, notamment au travers des multiples agences et sous-groupes divers que l'organisation chapeaute ou a développé en propre, et dont l'utilité, et plus souvent encore le rapport utilité/coût, puis surtout l'instrumentalisation idéologique ou le détournement, l'idéologisation parfois, ou le refuge d'inutiles coûteux que cela constitue (qui connaît l'administration onusienne connaît son extrême népotisme et son côté placard à ratés, encombrants du parti ou cousins lourdingues). Les soirées mondaines massives et permanentes pour chapelles politico-idéologiques bien pensantes en vue et les postes douteux innombrables pour ceux qui les fréquentent, j'ai de forts doutes sur leur efficacité, de fortes craintes sur leur influence (dans le genre moule mental à élites transnationales), et une forte réticence à aller jusque là dans le financement de placards de luxe pour favoriser des cormpromis politique (en prenant les amis des amis). Ca ne donne pas une efficacité équivalente en contrepartie, et ces cercles ont une influence d'autant plus puante qu'ils sont souvent instrumentalisés.... Comme par exemple le conseil des droits de l'homme mentionné initialement dans la conversation. Avoir la métaphorique table des négociations dans un lieu où tous sont représentés en permanence, avec des organes spécialisés (pour la déconflixion et la préparation de dossiers) et des personnels se connaissant (= courroies de transmission) et se pratiquant au quotidien est nécessaire, mais le "bureaucratic creep" et la compromission du système par trop de biais, qui se sont installés avec le temps et souvent beaucoup d'initiatives sans doute aussi bien intentionnées que naïves (au début), demande à mon sens un certain coup de balai et une réévaluation des missions. Surtout celles réalisées aux frais de la princesse. Passé un certain stade, il y a, bien au-delà de la fonction essentielle, de vrais cas parfois inquiétant de parasitisme ou d'éléments contre-productifs (notamment par l'instrumentalisation). De grâce, opérons un "back to basics" et arrêtons de faire semblant de croire que l'essentiel de ces organismes liés à l'ONU sont des blanchisseuses morales quand elles sont plus souvent des instances au service d'idéologies et/ou d'intérêts bien particuliers: retour autant que possible à une plate-forme "bare bones" aussi neutre que possible.
  13. Les USA dépensent 18% de leur PIB ou plus dans la santé, pour un résultat global bien plus mauvais (bon, faut aussi prendre en compte leur alimentation et niveau d'activité physique), bien plus inégal et, pour certaines couches de population, bien plus cruel (banqueroutes en pagaille, morts inutiles, vies plus douloureuses, épidémie des opiacées) que celui des Européens qui claquent 11 à 13% de leurs PIB là-dedans en moyenne..... L'explication de pourquoi les uns ont une éducation et une santé moins chères serait plutôt à voir là, vu les montants impliqués, que dans des écarts de dépenses de défense couvrant 1,1 à 2% du PIB en Europe contre 3,5% aux USA. Il semble y avoir plus de grain à moudre dans le différentiel côté santé, et plus de fric à réorienter depuis les poches des pharmas et assurances. Ca n'empêche évidemment pas d'aller voir aussi du côté de celles des amateurs "d'optimisation" fiscale.
  14. Pas de biais cognitifs (au moins dans ce cas); j'essaie de décrire les circonstances politiques qui s'appliquent aux partis américains et à leurs composantes, en passant autant que possible à travers le filtre des médias US qui sont essentiellement biaisés. Mon post n'avait pas pour but d'embrasser FoxNews ou Sinclair Media, juste de pointer que les démocrates bénéficient d'un certain avantage en termes d'image, notamment sur ce point, qui n'est dans les faits pas mérité, là où on sait bien que les républicains sont pourris jusqu'au trognon. Alors si j'insiste un peu sur la pourriture démocrate, c'est qu'à mon sens, elle a moins tendance à être mise en évidence, surtout ces temps-ci, par des médias qui n'ont, dans leur majorité, aucune hésitation à faire du deux poids deux mesures jusqu'à des points caricaturaux. Il y a encore 7-8 ans, voire plus récemment, j'aurais volontiers dit qu'on ne pouvait faire d'équivalence facile entre, par exemple, MSNBC et Fox News, la première n'étant pas l'équivalent de gauche de la seconde, s'attachant plus aux faits et à une couverture recherchant plus de contexte et de justesse, sauf sur certains sujets sociétaux. Mais l'évolution des médias ces dernières années (en bonne partie due aux changements des modèles économiques du secteur et de ses problèmes), et plus encore depuis l'élection présidentielle (dans un premier temps) et la victoire de Trump (dans un second) ont balayé cet état de fait: tous les médias d'infos ou presque sont passés dans un nouveau monde où le format et les méthodes de Fox sont devenus la norme: c'est essentiellement la tabloïdisation absolue du secteur qui domine, au service d'un nombre très restreint de lignes éditoriales extrêmement idéologiques. Pour ma remarque sur ce petit changement du parti démocrate, je faisais plus un récapitulatif et une mise en contexte pour montrer que ce n'était qu'une apparence de changement, rien de plus. Assez indicative parce qu'elle semble être le produit de la "guerre civile" au sein du parti, avec les Bernistes faisant pression tout comme, il y a 8 ans, le Tea Party tel que coopté (et changé) par les Kochs et consorts, a impulsé un fort changement au GOP, mais une apparence seulement parce que les montants concernés ne sont pas de nature à peser lourd dans le vote des élus démocrates. L'argent innonde les deux partis, mais pas de la même façon, et pas toujours le même argent, c'est essentiellement tout ce que je disais. Et si on sait beaucoup plus quel fric arrose les républicains (les évangélistes, les hydrocarbures et autres industries d'extraction, la finance -grande et petite-, le domaine militaire-sécurité, les assurances et la pharma), on a tendance à plus facilement oublier ce qui arrose et dicte la conduite des élus démocrates (le big pharma et les assurances aussi, la finance -surtout la grande-, la tech, les syndicats et un tas de chapelles idéologiques dont certaines sont maintenant devenues des secteurs économiques juteux pouvant bien cracher). Parce que pour l'instant, on ne voit que rarement des démocrates se battre pour empêcher les républicains de casser les législations en question, au-delà de quelques progressistes militants (Sherrod Brown, Elizabeth Warren, Bernie Sanders et quelques autres avec moins de régularité) qui font leur speach et ne trouvent aucun appui, même dans leur parti, l'idée étant que dans sa mouture actuelle, le parti démocrate n'offre dans les faits que très peu de différences avec le GOP sur les sujets économiques/corporate, sur la politique étrangère (guerre partout, tout le temps) et sur le financement de la vie politique (et de la vie des politiques). Donc mon point principal, pas forcément bien mis en évidence, c'est que quelque chose semble bouger au parti démocrate, sous l'effet de nouvelles forces organisées, mais que pour l'instant, le changement n'est que superficiel. C'est pour cela qu'il est intéressant de suivre les discours et postures des officiels du parti, qui sont le symptôme de cette lutte interne qui, au final, montrera si une alternative moins dépendante du "big money" va se constituer dans cette organisation, ou si ça restera que de la blague. Si c'est de la blague, j'attends de voir ce qui va pouvoir se passer sur la scène hors des 2 grands partis oligarchiques.
  15. Toujours marrant, mais ça ne passera jamais: même si le vote était concluant, le projet devrait ensuite passer plusieurs étapes dans l'Etat de Californie (dont un contrôle de constitutionnalité pour le texte final), chacun risquant fort d'être sa tombe, et même si tout passait au niveau de l'Etat, il y aurait ensuite l'étape finale, fédérale, cad tout un très lourd circuit à Washington où, là, la mort est assurée. Personne à droite ne veut de plusieurs Californie (où il y a des chances que la majorité des sénateurs fédéraux soient fermement démocrates), et aucun autre Etat ne veut vraiment voir 4 sénateurs supplémentaires représentant une même région et ses intérêts particuliers (relativement inchangés). Qui plus est, créer 3 Etats en lieu et place d'un seul coûterait très cher (3 infrastructures d'Etat à bâtir, plus le coût de la transition et du bordel qui l'accompagne), alors même que la Californie est de plus en plus endettée (avec le spectre de ses retraites de fonctionnaires qui la hante vraiment grave).
  16. Juste pour l'anecdote: le DNC a officiellement renoncé à collecter de l'argent des industries pétro-gazières et de celle du charbon..... Un immense renoncement vu que les premières avaient, en 2016, donné 7,6 millions aux démocrates contre 53,7 millions aux républicains .... On ose à peine évoquer les chiffres pour le charbon, dont les caciques ont donné 97% de leur fric politique au GOP. Le DNC a essentiellement jugé que ce très modeste apport financier valait moins que le potentiel bénéfice d'image auprès de certains publics; ce bénéfice n'est pas certain partout, même en terre démocrate, étant donné que, étant juste un renoncement sectoriel, ça ne change pas grand-chose à l'image de partis assujettis aux financement corporate, et cela ne peut donc plaire qu'au vote écolo militant, qui de toute façon n'était pas à droite. Il va falloir voir s'ils arrivent à bien vendre la chose pour "compenser" la perte des quelques millions de ces industries: y'aura t-il un bénéfice électoral ou au moins d'image? Personnellement, je doute, même si, ponctuellement, ça peut bien jouer au niveau du sol, lors d'un débat, si un candidat démocrate arrive à envoyer dans la face d'un républicain qu'il/elle ne prend pas de fric du pétrole (une industrie pas si impopulaire, hors des très grandes villes de toute façon à gauche), et à ne pas se prendre en retour qu'il/elle avale les donations de la Silicon Valley et de l'industrie pharma (elle très impopulaire, et donnant autant aux deux partis) à grandes goulées. Une petite anecdote de plus dans l'univers des faux-semblants et des hypocrisies en tous genres qu'on appelle politique. La vie à la Cour, quoi.... Il nous faudrait un St Simon pour commenter.
  17. Je ne présenterais pas forcément la chose comme ça: oui, l'argent de moult parties du big business est plus présent chez les Républicains à tous les échelons, mais il est aussi très présent côté démocrate, surtout au niveau national, et le big business en général se décline aussi en factions, sur le plan des donations politiques (caricaturalement, l'industrie pétrolière envoie quelque chose comme 70% de son fric politique au GOP, et le charbon plus que 90%). Par exemple, l'actuel débat sur la Net Neutrality (qui a officiellement sauté cette semaine, même si le cas sera poursuivi en justice) peut être vu comme certains médias le présentent, à savoir les méchants républicains favorisant les câblo-opérateurs/fournisseurs d'accès contre le petit internaute innocent et les divers opérateurs internets, petits et potentiels surtout, ou bien souligner qu'il s'agit d'une bataille entre les dits fournisseurs d'accès et les grands de l'internet (Facebook, Google, Apple, Netflix....) qui donnent eux beaucoup plus aux démocrates qu'au GOP, et pas pour des raisons philantropiques, pas pour favoriser la vitalité de l'internet (qu'ils écrasent aussi à leur façon) ou la concurrence des services en ligne. Personnellement, comme beaucoup, je préfère le réglage par défaut sur la Net Neutrality, mais comme réglage moins pire (telle qu'elle est/était) que l'alternative (mais pire quand même). Même à un moment où les géants de l'internet sont devenus très idéologiques et monopolistiques sur leurs marchés. Donc la question est de savoir qui corrompt qui, et de ce point de vue là, la cartographie du fric politique est nettement moins manichéenne qu'elle ne le semble, à entendre les médias. C'est pas une équivalence morale, c'est juste pointer du doigt où va le fric et pour qui les lois sont faites: dans le cas des deux partis, la réponse est rarement "la population, ou un vaste segment de population". Tu évoques Dodds-Franks pour la finance, mais passé le moment post crise 2008 où il a été voté, à bien des titres exceptionnel, la grande majorité des démocrates ont travaillé contre cet arrangement a minima. Et beaucoup l'avaient voté pour la même raison que beaucoup de républicains ne s'y étaient pas opposés: c'était, comme évoqué, un moment exceptionnel. Le logiciel s'est ensuite bien vite remis en place. La preuve? Quasiment aucun démocrate ne s'est battu pour sauver Dodds Franks. Parce qu'ils mangent au même râtelier, et rampent et supplient tous les jours pour avoir plus. Et dans des quantités plus que significatives. Je ne considère pas comme un brevet de vertu que les démocrates se tapent 40% du fric politique de Wall Street et les républicains 60%: vu les montants, ça ne change rien aux grandes orientations et ça ne les isole en rien d'une influence décisive de la finance. Chou vert, vert chou. Pelosi et consorts ne sont pas "accommodants": dans les faits, hors du moment exceptionnel de 2008-2010, ils se sont comportés exactement comme les républicains sur ce sujet et d'autres, et même parfois de façon encore plus agressive. Faut pas s'illusionner sur la courte fenêtre post crise, où certaines règles avaient changé pour un temps. Elles n'avaient d'ailleurs changé qu'un peu, sinon Dodds-Franks aurait eu vraiment plus d'ambition. Bien des législations que tu évoques sont promulguées ou abrogées avec un concours démocrate très conséquent; c'est juste qu'aucun média ne le dit, et que, quand ils daignent en parler, ils se contentent de tout foutre sur le dos des républicains et de blanchir de fait leurs potes démocrates pourtant tout aussi coupables. De la même façon qu'on ne parle pas des républicains qui, surtout en matière financière, votent systématiquement contre ce genre de changements pro-Wall Street, principalement des libertariens attachés à un autre système monétaire (tant d'Autrichiens chez les libertariens), et des républicains "classiques" qui restent attachés au principe de Glass Steagall -comme John McCain par exemple. Par ailleurs, dans la gamme du "big money", il ne faut pas oublier que les démocrates touchent beaucoup d'argent (et d'autres formes d'aides) de la part d'autres organisations non "big business", mais à leur façon tout aussi néfastes: syndicats (dont beaucoup sont très corrompus et/ou très idéologiques, notamment ceux de l'enseignement qui sont encore pires que les nôtres), lobbies divers liés à des causes et idéologies souvent très biaisées.... Les républicains ont les églises évangélistes, mais les démocrates ont leurs formes de fanatiques. Aussi avec beaucoup de fric. Aussi revendiquant des avantages particuliers pour leurs causes et/ou leurs populations qui empiètent sur la règle de droit, la vie des autres.... Et la chose a récemment pris une dimension tout autre, avec le changement de dimension (alors qu'avant, c'était déjà préoccupant, voire alarmant) des "culture wars" depuis l'élection d'Obama (très idéologique sur ces points) et plus encore celle de Trump. C'est pourquoi la situation actuelle est intéressante: jusqu'aux années 90 et au nouveau compromis blairo-clintonien, l'argent des syndicats classiques pouvait faire, sinon jeu égal, du moins concurrence au fric corporate, et ce relatif équilibre avait un certain effet calmant pour les pulsions de ces deux camps. L'effondrement des syndicats du secteur privé, dans les années 80, puis surtout 90 (grandement aidé par Clinton, c'était la nouveauté du temps), a bouleversé le paysage de la gauche sur le plan du financement, et donc, par la suite, sur le plan des candidats et élus, et des types de candidats et d'élus, côté démocrate, en en faisant des républicains à peine light, se cachant derrière les oripeaux des "culture wars" et de quelques causes sociétales. Et c'est ce qui est peut-être en train de changer avec les revendications populistes vues depuis 2015-2016, qui ont, via Sanders, pu atteindre un autre niveau de visibilité et d'attractivité, mais aussi (via la technologie), d'autres sources de financement. Quelles dimensions cela peut-il atteindre? Dur à savoir pour l'instant. Mais l'impact est déjà visible, et n'est pas sans ses propres problèmes: beaucoup d'idéologues, certains à des niveaux de vrais zélotes. Et ces changements auront un impact sur les bases électorales et les clientèles types de telle ou telle politique. Mais mon point principal était juste de te répondre qu'une bonne part (pas tout) de l'impression qu'on a des républicains sur beaucoup de législations de protection des consommateurs/individus vient des médias. Dans les faits, le parti démocrate est beaucoup plus souvent complice plus ou moins actif que l'inverse. Si c'était pas le cas, la Californie (par exemple) où ils sont absolument majoritaires depuis maintenant longtemps (même pendant l'épisode Schwartzy, ils définissaient l'essentiel de l'agenda), aurait une toute autre gueule.
  18. Là, tu exagères le tableau: pour une bonne partie des démocrates élus, et en fait la majorité, on ne parle pas de mollesse ou de pusillanimité: il y en a bien dans l'évitement des discussions sur ces sujets et le sens de leurs votes sur ces sujets (avec l'aide des médias, chargés de ne pas les aborder avec eux), mais certainement pas dans le vote lui-même, qui va dans son immense majorité dans le même sens que celui des républicains. Sur les banques en particulier. Qu'il s'agisse de Nancy Pelosi, Barbara Boxer, Dianne Feinstein, Joe Mancin, Chuck Shumer et d'autres grandes et moins grandes figures dans les deux chambres, ou de jeunes "stars" montantes (cad mises en avant par le DNC comme "l'avenir") genre Kamala Harris ou Cory Booker, ils votent tous des deux mains le "tout et n'importe quoi pour Goldman Sachs". C'est juste qu'ils le font en silence et que, quand les médias daignent en parler un peu, en passant, le vote démocrate est passé sous silence, ou on met en avant les interventions aussi grandiloquentes qu'inutiles de quelques progressistes ou de l'occasionnel 'honnête homme" (d'un parti ou de l'autre) qui dit que ça va trop loin, que c'est insupportable.... Et on le fait parce que cet intervenant est sûr d'être dans l'extrême petite minorité. Crois-moi, ces votes sont rarement, sinon jamais, de dures batailles parlementaires. Et balayer Dodds-Franks (pour le peu que cette loi représentait) n'a pas posé de graves problèmes au sein du parti démocrate. Ni de longs débats. Et c'est justement là que les CSP + "liberals" n'ont en fait jamais été confrontées à un choix qui pourrait, à l'avenir, commencer à s'imposer à eux, ou en tout cas à beaucoup d'entre eux: avec l'irruption d'un mouvement progressiste plus organisé et motivé (tel un "Tea Party de gauche"?), vu les propositions avancées, beaucoup de choses jusqu'ici admises comme allant de soi ou plus simplement mises sous silence (on embrasse Goldman Sachs, mais derrière le rideau, et devant, on dit que le racisme est partout et qu'il faut aider femmes et minorités) vont se retrouver en place publique, comme alternatives de moins en moins compatibles dans un nombre croissant de circonscriptions. A commencer par les plus aisées. Mon avis est que, graduellement, beaucoup de gens vont se découvrir "fiscally conservative, socially liberals" (cad je me fous des questions sociétales progressistes qui coûtent rien, ou même je milite pour elles, mais pas touche à mon fric et ma vie, et laissez le business tranquille) et se demander où voter. Sans compter tous ceux que la radicalisation croissante du discours sociétal de gauche inquiète (disproportionnellement les blancs et les hommes): on a pu observer une baisse de popularité significative des démocrates depuis 2016 (malgré les tendances électorales) dans plusieurs couches de poulations, surtout blanches, surtout masculines, mais plus encore, et c'est l'étonnant, chez les jeunes. La génération après les "milennials" semble nettement plus conservatrice ou libertarienne. Evidemment, ça compte peu: ce sont encore des cohortes limitées, et comme d'habitude, plus on est jeune, moins on vote. Une autre part de la relative désaffection pour la gauche depuis 2016 vient du fait qu'il y a aussi une radicalisation à gauche: des millenials allant chez les socialistes (si, si, y'a un parti; plusieurs en fait) ou diverses mouvances de ce style. Mon point est que les changements induits depuis 2016 commencent à rebattre certaines cartes dans et hors des partis, où les compromis historiques leur permettant de faire cohabiter des électorats différents vont devenir plus durs. Case in point avec mon évocation de l'équilibrage blairo-clintonien: les CSP+ et bien pensants vont commencer à avoir plus de mal à accepter certaines choses s'ils doivent choisir entre leur niveau de vie, leur taxation, leur voisinage, les écoles des gamins, d'un coté, et les grands et nobles idéaux de l'autre. C'est de ce choix que des gens comme Dianne Feinstein, Pelosi ou Hillary les ont abrité pendant plus de 25 ans. A l'inverse, en face, malgré l'actuel cultisme de Trump qui le rend incontournable dans le parti républicain (il semble qu'il ait réussi à gagner le pari que j'avais évoqué au moment de l'élection: se tailler une place suffisante pour avoir une faction dominante dans le parti, même si elle se compte moins en élus et cadres qu'en niveaux de peur infligé aux élus et cadres), il y a aussi du mouvement, notamment chez les plus jeunes générations (qui ont concédé beaucoup de points sociétaux et se foutent de pas mal de trucs donnant au parti son image de vieux trous du culs rigides) et les libertariens. C'est encore trop tôt pour avoir un effet de masse, et il est probable que le GOP va passer au moins un mauvais cycle électoral, mais la situation générale (droite et gauche) est plus dynamique qu'on ne pourrait le penser, avec des pans d'électeurs se retrouvant graduellement en face de nouvelles questions.
  19. Le souvenir est toujours bien vivant. Y compris chez beaucoup de noirs américains. Au final, la plupart des électeurs savent qu'ils ne votent réellement que sur 1, 2, peut-être 3 motivations principales (avec une qui pèse très lourd et domine le débat dans leur tête). Chez la plupart des cadres sups urbains ou péri-urbains, les préoccupations d'ordre fiscal et/ou immobilier et/ou éducatif viennent en tête. L'éducation est un sujet plus local, donc impacte moins le vote national, donc restent la fiscalité et l'immobilier, sujets à la fois nationaux et locaux. Le grand art du blairo-clintonisme des années 90-2000 (et du macronisme actuel?) a été de mobiliser minorités ethniques à problèmes, classe professionnelle (CSP + urbaines surtout) et étudiants, en flattant les premiers (médias, culture, programmes gouvernementaux à forte visibilité et faible impact économique, mais parfois très grand coût), favorisant les seconds (fiscalité, aides....) et enthousiasmant les troisiègmes (grands mots et concepts qui flattent l'ego, nobles missions, lobbying culturélo-sociétal dans l'enseignement supérieur, plus quelques budgets). C'est ce qu'ils essayent encore aujourd'hui, et vu le ton culturel, le monopole médiatique d'une certaine bien-pensance, ça donne encore des chances de résultat, mais ce navire a quand même accumulé les fuites depuis un moment. Les Etats fermement "bleus" et riches sont écrasés d'impôts, ont un coût de la vie insupportable (cf Massachussets, Connecticut, NY, Californie), souvent une haute insécurité, une éducation à chier et des tas de problèmes visibles (notamment les accumulations de sans-abris assez dantesques), en plus de déficits accumulés qui battent tous les records. Rappelons par exemple que le plus iconiquement "liberal" des Etats, la Californie, qui vante ses réussites, a l'un des systèmes éducatifs les plus mal notés et coûteux (après avoir été un exemple mondial à une autre époque), une infrastructure pas accrue/améliorée depuis 30 ans (la gestion des eaux, par exemple, est prévue pour un Etat de 25 millions d'habitants, quand il y a aujourd'hui près de 40 millions de gens qui y vivent), une mauvaise qualité de vie (noté 49ème Etat sur 50), un gigantesque problème de sans abris et de crime (renvoyant aux problèmes de santé mentale, d'immigration, de revenus....) et une bulle immobilière si énorme qu'elle est aujourd'hui dangereuse en plus d'exclure beaucoup de monde et de rendre la vie difficile à la plupart (les prix sont vraiment hallucinants) et d'en faire un Etat avec un solde net de départs important depuis une décennie (et ceux qui partent, c'est la classe moyenne). On dit que c'est un Etat gouverné pour les très pauvres, les migrants, les très riches et les syndicats de fonctionnaires. A l'arrivée, quand les classes moyennes supérieures (ou même pas si supérieures) et les riches "liberals" ont à voter: malgré leurs grands idéaux et leurs préférences, pour quoi beaucoup d'entre eux vont-ils voter? Surtout si, au niveau des primaires, il y a, comme c'est de plus en plus le cas depuis 2016, opposition entre des populistes économiques et des hillaristes? S'ils votent hillaristes, c'est beaucoup moins pour les nobles idéaux que pour la politique de Messieurs Goldman et Sachs (les premiers aidant à éviter de se poser des questions dérangeantes sur leurs priorités).... Avec les discours plein des dits nobles idéaux, et des politiques ad hoc.... Du moment qu'elles changent pas les montants d'argent significatifs, cad l'actuel fonctionnement de l'économie et de la société, tant au niveau local que national. En pratique, ce sont des blue dogs. Si les primaires se mettent à faire passer plus de bernistes, je ne suis pas sûr que tant de CSP+ liberals, dans les circonscriptions concernées, voteront si joyeusement démocrate. Ils ne deviendront pas républicains, mais c'est pas dit que des effectifs significatifs n'évitent pas tout simplement de voter. A partir d'un certain point, surtout dans les temps économiques caricaturaux d'aujourd'hui (particulièrement dans des endroits comme NY et la Californie, où c'est à un point dystopique), le compromis blairo-clintonien révèle une position intenable entre des groupes trop différents.
  20. Firefly a disparu longtemps avant que Netflix devienne un service de streaming: à cette époque, ils en étaient encore à louer des cassettes et DVD par correspondance . Mais ils ont sauvé Longmire pour deux saisons: appréciable, même si cette série est un peu trop descendue à mon goût dans une espèce d'auto-enculade permanente de ses propres codes et personnages, à fond dans une forme de trip autocentré, minabilisant et autodestructeur; qu'est-ce qu'ils ont comme bagage, chemins croisés avec de grandes mafias et multinationales, et d'intrigues et dilemmes shakespearo-freudiens, ces flics d'un bled paumé du Wyoming.
  21. Bouef. Puis la "famille divine" réduite pour la série à juste une autre famille dysfonctionnelle à l'américaine (où c'est évidemment le père le seul coupable de tout et depuis toujours, sans doute parce que c'est un "mâle toxique") qui peut être traitée par le premier psy venu, c'est tellement symptomatique de l'étroitesse de vue des scénaristes d'aujourd'hui et du manque total d'ambition dans les récits qu'on produit (et je ne parle pas d'ambition visuelle; pa besoin de grands budgets, de scènes démentes ou d'effets spéciaux spectaculaires pour produire du souffle, de l'ampleur, au moins dans les personnages): je comprends bien que, surtout dans les séries lambda, il s'agit souvent de ramener beaucoup de grandes choses à nos dimensions, à notre quotidien quelque part (quoique je trouve ça contraire au besoin d'évasion). Là, je m'insurge juste qu'on ramène de l'aussi grand à de l'aussi petit, même de l'aussi minable, étroit d'esprit et pitoyable. Même le cadre général du bad boy sauvage qui doit au final être "dompté" pour devenir le bon petit copain pour la gentille et parfaite (évidemment) héroïne (c'est l'arc principal, ou co-principal, de la série), est assez monumentalement raté, cliché, formulaïque et bâclé. D'abord et avant tout parce que le formidable personnage principal (dans le matériau d'origine) est minabilisé très tôt dans la série. Royalement. Et c'est en plus fait de façon immature, par des post-ados que je n'ai aucun mal à qualifier d'incompétents. La seule chose qui doit empêcher Neil Gaman (l"auteur et créateur de la BD) de hurler ou se couper les veines, ce sont des royalties qui ont sans doute été bien négociées.
  22. Une de mes grandes déceptions, Lucifer: la BD originelle est vraiment bien, grandiose, ambitieuse, avec un vrai personnage original. Et là, la série, qui avait pas si mal débuté même si peu ambitieuse (petit budget, plus que visiblement talents de 3ème niveau dans l'écriture), assez pour être un bon petit truc à mater sans attendre l'extase, a vite évolué vers les formules habituelles, où le matériau d'origine sert juste de prétexte et d'oripeaux pour la même chiasse qu'on retrouve partout ailleurs: une série de duo policier improbable aux petits pieds, avec peu de justifications ou d'effort d'intelligence ou de cohérence, qui est juste là pour mettre en avant le personnage féminin archétypique et Mary Sue en vogue à notre époque et trivialiser, voire ridiculiser le personnage principal (juste le Diable: on penserait qu'il serait un peu travaillé et un peu hors normes) et les enjeux de ce qui l'entoure, en en faisant une espèce de petit gamin émo et immature, qui ne fout rien, en proie à un complexe d'Oedipe ridicule, et qui est visiblement sans la moindre intelligence ou force de caractère. Juste les gadgets d'un play boys de Los Angeles pour faire "bad boy", avec un accent anglais pour mieux vendre la chose au public ricain. Rien à attendre de cette série: du cliché de ce qu'il y a de plus pitoyable dans la prod audiovisuelle aujourd'hui.... Et même pas bien fait. Dommage de gâcher un bon acteur là-dedans. En revanche, j'ai quelques espoirs, en tout cas pour l'instant, en ce qui concerne Condor, qui a démarré la semaine dernière: après 2 épisodes, ça se laisse toujours regarder. J'en attends beaucoup, même si j'essaie de calmer mes espérances: c'est une adaptation en série du classique Les 3 jours du Condor (je pense que l'histoire durera beaucoup plus que 3 jours ), et malgré la tronche aseptisée du protagoniste et de pas mal de choses dans l'environnement, le décor.... Y'a un petit quelque chose là-dedans. Mais peut-être me gourré-je à cause des dites attentes. Le 2ème épisode, vu hier, m'a laissé craindre que quelques bons clichés du temps allaient prendre le pas sur le reste de la narration (spoilers plus tard si demande), mais pour l'instant, je croise les doigts. Le rythme est assez bon, et pour l'instant, pas de signe d'action façon super-héros; c'est peut-être ça qui m'a accroché, au final. Un bon équilibre dans le feeling, entre visuellement plaisant et suffisamment réaliste pour créer le bon degré d'illusion/suspension of disbelief (pour moi en tout cas). Pour l'instant restant le mot d'ordre.
  23. Vous voulez pas créer un sujet sur The Expanse; j'ai l'impression que ce fil ne sert plus qu'à cette série ....
  24. Tancrède

    [VBMR light] 4x4

    Le Jaguar est caricatural, mais c'est vrai que ça fait un moment que cet encombrement du toit sur les véhicules me choque un peu: beaucoup de fragilité, beaucoup de vulnérabilité, beaucoup de visibilité sur ces trucs qui ressemblent de plus en plus à des étals de quincaillers. J'imagine bien que des gens très qualifiés y réfléchissent beaucoup, et qu'il n'y a pas forcément beaucoup d'alternatives sur un véhicules à la surface dispo limitée et dont certains surfaces doivent rester vierges parce que peu pratiques et plus vouées à prendre les coups (donc à avoir avant tout du blindage)..... Mais d'un autre côté, le camouflage montré sur ces photos a aussi été fait par des gens très qualifiés .
×
×
  • Créer...