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Tout ce qui a été posté par Tancrède
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Tancrède a répondu à un(e) sujet de Gibbs le Cajun dans Politique etrangère / Relations internationales
Ouais, il va trouver un compromis entièrement articulé autour du thème des produits bio cultivés à l'ancienne (c'est son dada). En Irlande du nord, c'est quoi? Patates et TNT? -
Je ne mets pas cela dans le fil "criailleries", puisque c'est "officiel": l'institut de sondage Rasmussen, généralement plutôt considéré comme "penchant" assez nettement à droite, a fait une enquête sur le sujet des "fake news". Les électeurs Américains (spécifiquement les électeurs, donc le premier marché de l'info) sont 65% à considérer qu'il s'agit d'un vrai problème, mais le point n'est pas là. En réponse à une boutade du président qui avait proposé un trophée en la matière, les dits électeurs ont répondu: parmi les médias, FoxNews emporte le titre haut la main, avec 40% de l'opinion adulte inscrite sur les listes électorales qui pense que c'est l'usine à craques (et non à crack: ça, on sait que c'est le vieux sud), dont 53% des démocrates (un score étonnamment bas) et 42% des indépendants, contre seulement 24% chez les républicains qui pensent ainsi. CNN est en 2ème position avec 25% (l'électorat Trump hardcore, pour l'essentiel), avec 40% des républicains pensant la chose, contre 13% des démocrates. En 3ème position vient MSNBC avec 9%. Les 3 grands networks sont à moins de 5%.... Ce qui devrait souligner un truc que je mentionne parfois: le paysage de la télé est une réalité très diverse aux USA, immensément complexe, et surtout locale, mais quand on parle de l'influence des médias ou qu'on croit pouvoir se faire une opinion sur les USA à partir de leurs débats et infos télés, on oublie, outre la nouvelle prépondérance des médias sociaux (qui cependant se "nourrissent" en matière première auprès des médias tradis), que cette réalité est très peu examinée dans son ensemble. Pire encore, on se concentre sur les chaînes "visibles", celles qui causent fort et prennent des positions, jouent aux éditos virulents, en quelque sorte.... Bref, on ne regarde que les "cable news" (cad les 3 mentionnées sur le podium). Or, si on se penche un peu sur elles, on remarque avant tout qu'elles n'ont qu'une audience assez petite au regard du pays et de l'électorat: MSNBC, qui est passée en tête récemment après un fort recentrage (sauf sur les sujets sociétaux) et l'inclusion de présentateurs conservateurs, n'a au mieux qu'entre 1,5 et 2 millions de paires d'yeux à sa meilleure heure (le "Rachel Maddow Show": à comparer avec celui qui menait la danse jusque récemment, Bill O'Reilly, avec des scores comparables), et autour d'1 million dans le très politiquement important créneau du matin (Morning Joe), et l'essentiel de ces spectateurs est concentré dans les zones urbaines denses (et chez les CSP+ surtout) des deux côtes (et sans doute un peu autour de Chicago), avec une sur-représentation des afro-américains (la partie CSP+) et en général une moyenne d'âge très élevée (plus de 60 ans pour les 3 leaders du câble). Au regard d'une population en âge de voter de 250 millions, et d'un électorat de 230 millions (20 millions n'ont pas le droit apparemment), ou même d'une population effectivement votante de 135 millions environs (autour de 55% de participation les années présidentielles, moins dans les midterms, sauf peut-être les prochaines.... On verra), ça devrait rappeler que l'emprise des grands médias de nos jours est très loin de ce qu'elle a été, tant par l'explosion du secteur (nouveaux médias, multiplication des médias et plates-formes, moindre fidélité à un média particulier....) que par l'expansion démographique (dont une jeunesse qui grandit avec des mix médiatiques fondamentalement différents). Outre le changement assez majeur qui semble s'opérer dans le secteur des réseaux et chaînes locaux, à savoir une forte concentration avant tout menée par le groupe Sinclair (ultra-droite), on devrait aussi se rappeler que pour ces empoignades autour de Fox/CNN/MSNBC masquent souvent le fait que les infos du soir sur chacun des 3 networks historiques (ABC, CBS, NBC) sont au-dessus des 6 millions de spectateurs pour chacun d'eux, soit le quadruple du meilleur des "câbleux" en général, même si là aussi, c'est désormais très loin des chiffres absolus et relatifs (en % de l'électorat) qu'on voyait il y a 20 ans, ou même seulement 10.
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Tancrède a répondu à un(e) sujet de Gibbs le Cajun dans Politique etrangère / Relations internationales
On rit, mais c'est pas drôle, et c'est pas bon du tout, y compris pour nous: un gouvernement faible, en l'occurrence chez les Brits, n'est jamais une bonne chose. Et ce point de la frontière irlandaise me semble être un panier de crabes potentiel pour la construction européenne, la réalité de frontières européennes et de principes de droit.... Si on multiplie les accords à la carte, les régimes d'exception, les statuts spéciaux et les cas de règles à la demande, on dément beaucoup de choses qu'on essaie de mettre en place à grand-peine, on les vide de leur substance avant même qu'elles n'existent. Et c'est vrai aussi pour le RU hors d'Europe. -
Arabie saoudite, le pays et son influence internationale
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
J'ai moins de certitudes sur le premier point, à savoir la capacité de l'Etat saoudien à agir sur son propre territoire et sa propre population. De fait, MBS est parvenu non seulement à concentrer tous les pouvoirs ou presque (en tout cas ceux qui comptent) et à dompter (au moins en apparence? Au moins pour un temps? En fait réellement et effectivement?) le clergé qui est depuis quelques temps beaucoup moins présent dans la rue, beaucoup plus timide face aux tempêtes sur les médias sociaux dès qu'on voit la police religieuse arrêter un gamin qui danse en public ou une nana qui se balade sans burqah. La question devient: quels sont les pouvoirs en face? Quelles sont les alternatives? Quelles forces organisées peuvent rassembler assez de moyens matériels, financiers, humains et sociaux (réseaux, influence, décrédibilisation -notamment pour les investisseurs externes-, refus de coopérer au-delà du minimum, refus d'investir....) pour réellement constituer une opposition capable de bloquer, voire de s'opposer, au nouveau léviathan de la péninsule? Si cela devait en arriver là, quelles forces armées existent qui pourraient menacer MBS, ou en tout cas lui poser problème au point de changer ses plans, de les retarder (parce qu'une chose reste sûre: économiquement surtout, le royaume est sur la sellette et le compte à rebours est enclenché)? Des acteurs terroristes et/ou tribaux? Y'en a t-il suffisamment, et ayant une taille critique, pour avoir un effet quelconque? L'un des grands problèmes depuis que l'AS est devenue un sujet et que je lis, écoute et regarde des trucs dessus, est que beaucoup "d'experts" (tous sincères et très sûrs de ce qu'ils ont appris et vu sur le sujet, j'en suis certain) disent tout et son contraire et prévoient tout et son contraire: au final, si on devait examiner le pays sous l'angle des sources, concentrations (actuelles et potentielles) et réseaux/alliances de pouvoir/puissance, on se rendrait compte.... Qu'on n'en sait pas assez, très loin de là, et que l'opacité semble être la norme dominante. Du coup, on tire beaucoup de plans sur la comète, on pisse dans des violons et le schmilblick de l'analyse saoudienne avance peu. Pour revenir au point initial, la première phrase de la citation, la "déliquescence" de l'Etat a certes des éléments de certitudes, mais placer la chose comme le bilan global de l'analyse semble plus difficile (en tout cas je n'ai rien vu qui permette d'être à ce point catégorique), et en parlant des intrigues familiales byzantines chez les Séouds, je suis plutôt de l'avis des experts qui ont présenté les actions de MBS comme une concentration des pouvoirs qui rend de fait les centaines/milliers de princes absolument inutiles et impuissants, limités qu'ils sont à râler sans pouvoir rien faire (à moins de passer au stade de l'organisation en réseaux et de préparation d'un coup d'Etat, seule façon de tempérer un régime absolutiste comme le veut l'adage). -
Je ne sais pas si cela a été signalé, mais la Cour Suprême des USA a autorisé hier l'application de la troisième mouture du fameux "Travel Ban" du gouvernement Trump, qui barre l'accès au sol américain aux ressortissants des pays ciblés par une liste donnée plus tôt dans l'année (dont le Tchad, ce qui pose quelques problèmes désormais dans les affaires sahéliennes), soient 6 nations musulmanes, plus la Corée du Nord et le Vénézuela (en tout cas certains "groupes" issus de ce dernier pays). Les modalités varient un peu, mais pour l'essentiel, cela veut dire pas d'immigration, et dans la plupart des cas, pas de séjour ou même de transit. Même pour les cas où des séjours temporaires sont possibles, le niveau de surveillance et de contrôle sera lourd. Il semble que deux des juges seulement se soient opposés à cet avis, ou plutôt opposéEs, vu qu'il s'agit de Bader Ginsburg et Sotomayor.
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Pffff, tu sais même pas rouler les "r" par écrit . Comment puis-je prendre ton refrain au sérieux, franchement?
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Oh! Maintenant que tu le dis comme ça, non, c'est bon, aucune inquiétude: je suis rassuré, il n'y a là rien que de très normal, rien qui sorte du cadre habituel de l'histoire humaine. Oufff.... Je peux dormir tranquille.
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L'élection de Bush Jr a été décidée par la Cour Suprême de Floride. La Cour Suprême fédérale a joué un rôle, mais je sais plus quoi: l'essentiel de l'affaire n'est pas remonté à elle, cependant. Mais sinon, oui, chaque Etat a une Cour Suprême qui est le sommet du système judiciaire de chacun d'entre eux, et l'ultime instance d'appel sauf si le cas devient fédéral.
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La Virginie a voté début novembre.... Et on ne sait toujours pas qui a la majorité à la Chambre de l'Etat. De là à contester le résultat d'une élection aussi surveillée que la présidentielle: il peut en parler, ce serait pas si facile, et le dernier mot, s'il doit y en avoir un, revient à la Cour Suprême. Vachard! On peut pas baisser sa garde une seconde, sur ce forum de bêtes sauvages à l'affût .
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Oh! Es-tu un raciste-sexiste-homophobe-génocidaire-oppresseur capitaliste? Vite, je dois me trouver un safe space.... Tu m'as traumatisé avec tes mots qui sont l'équivalent de la violence physique (Ceci était une réaction de campus nord-américain: ça existe, et c'est la norme dans les universités youesses et canadiennes.... Et des gens deviennent très violents si on en rigole..... Mais c'est vrai que c'est commode comme truc: on balance ça agressivement, et ça coupe toute conversation, laissant l'adversaire coi)
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Esclavagiste! Et ma flemme, hein? T'en fais quoi de ma flemme?
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A un moment, si on avait du courage, on ferait une liste plus ou moins arrêtée et aussi simple, formelle, claire et résumée que possible de tous les moyens par lesquels l'accès au vote est limité/circonvenu/empêché/découragé (de façon "insistante" et suffisamment dissuasive pour équivaloir à un handicap objectif, soit une atteinte à l'exercice du droit de vote, de fait). Mais c'est si long de retrouver tous ces biais, et encore plus d'examiner le "cocktail" particulier de méthodes dans chaque Etat (parce que l'effet obtenu dépend toujours évidemment d'un tir croisé de telles armes). On pourrait/devrait aussi mentionner l'accès aux médias et donc à la "name recognition", aussi bien au niveau local que national, et le biais des "bulles" informationnelles diverses des USA: elles sont nombreuses, en plus de la "nationale", et toutes fonctionnent comme un petit univers oligopolistique assez fermé où accéder à la tribune est dur. Certains aiment à dire "mais regardez Bernie": des comme lui sont l'exception, pas la règle, et vu la façon dont sa popularité a grimpé, dès avant la convention démocrate (où il était déjà le candidat le plus populaire à gauche), y compris dans les électorats où Clinton l'avait initialement emporté (dont les noirs du sud qui avaient voté HRC lors du Supertuesday, mais ne savaient pas alors qui il était), on peut se dire que la chose était trop fortement biaisée dès le départ (voir le rôle du DNC et de son emprise sur la presse à cet égard, notamment, de façon iconique, lors des débats TV des primaires). Qu'un tel jeu soit biaisé, surtout dans un pays si grand et peuplé, c'est normal; qu'il le soit à ce point et que la plupart des outils et plates-formes politiques et médiatiques fonctionnent activement contre le renouvellement/l'ouverture/la concurrence au sein de l'offre politique, c'est très différent.
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USA - Criailleries 2 - Rumeurs, controverses, polémiques
Tancrède a répondu à un(e) sujet de rogue0 dans Politique etrangère / Relations internationales
Avec le gros bébé qui se trouve dans le bureau ovale? Mais que fait Pampers? -
Allemagne
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Wallaby dans Politique etrangère / Relations internationales
L'un des problèmes de Merkel est qu'elle n'a pas réformé grand-chose: elle doit son aura à l'avantage (momentané) de la situation allemande dans l'époque. Elle n'a rien fait pour l'obtenir ou l'augmenter, elle a plutôt contribué à la menacer, ou en tout cas la fragiliser. Et côté politique, comme Obama, et peut-être, semblerait-il (mais il est encore un peu tôt), Macron, elle bouffe tout l'oxygène dans la pièce, interdisant à toute alternative (de son côté en tout cas) d'émerger, si bien qu'il faudra un/des adversaires réellement disruptifs (poussés ou non par une situation plus ou moins grave faisant l'essentiel du boulot pour eux) pour la déloger.... Ou alors les dites circonstances graves la délogeront, et il n'y aura rien de crédible pour prendre les rênes. Obama a complètement vampirisé le parti démocrate pendant 8 ans (en moyens, en attention, en capital-image, en aura), tout comme la seule campagne de Clinton l'a fait pour finir par se crasher: de tels personnages ne sont plus des chefs de file, mais ceux qui vivent aux dépends des leurs. Merkel a t-elle un effet d'entraînement tel qu'il limite ce phénomène? L'absence d'alternative sur son bord, tout comme les résultats électoraux (et ses propres conneries/errements politiques) semblent indiquer le contraire. -
Pour les soirs où tu te dis que Bobonne va prendre cher.
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Ca j'avais pas suivi la chose ainsi, mais c'est logique: je voyais pas comment ils pouvaient contourner la règle des 60-40. Mais si la réforme fiscale n'est pas accrochée au projet de budget, ça passe. Je m'étais fait l'impression que c'était un seul et même texte..... De l'inconvénient d'avoir voulu trop survoler trop vite. Mea culpa: où sont les orties fraîches, que je me flagelle? T'inquiètes pas pour lui, va: y'en a d'autres pour payer.... Mais de toute façon, et je crois que j'avais posté sur le sujet il y a quelques jours/semaines, Trump a du commencer à payer pour ses propres frais d'avocats, le GOP ayant forcé le sujet: le fonds de campagne 2020 a arrêté de payer pour la représentation légale du Donald et de son rejeton homonyme, vu que c'est pas ce pourquoi elle est faite.
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Je me demande combien de temps les "reconciliations" (le compromis entre les textes des deux chambres) vont prendre, ou si elles ont déjà été négociées en coulisse.... Bref, d'ici combien de temps le projet final se retrouvera sur le bureau du Donald. S'il voulait se refaire une popularité, il devrait théâtraliser un refus net et clair de signer le truc.
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Tancrède a répondu à un(e) sujet de Gibbs le Cajun dans Politique etrangère / Relations internationales
Bof, tant que la reine peut aller à Balmoral l'été, l'essentiel est sauf. -
USA - Criailleries 2 - Rumeurs, controverses, polémiques
Tancrède a répondu à un(e) sujet de rogue0 dans Politique etrangère / Relations internationales
Pourquoi, c'est pas normal? T'as jamais fait ça? ..... Je suis le seul ici? Pourtant, en y réfléchissant, ils méritent bien qu'on leur rende la pareille! Tiens, ta prochaine mission (quand tu te rendras compte que tu es obligé de l'accepter et que le Département d'Etat d'AD.net niera avoir eu connaissance de tes agissements) sera de rendre la pareille aux chiens en allant te frotter l'entrecuisse sur la patte d'un doberman susceptible, acariâtre et chatouilleux . Là encore, monsieur, je dis: quoi d'anormal? On appelle ça des Parisiens conscients de leurs devoirs civiques, qui vont voter Tibéri. #thevotingdead NB: c'est un meme recurrent de la droite américaine, surtout à Chicago. Les démocrates sont souvent accusés d'avoir un rapport ambigu aux listes électorales et à l'inclusion éventuelle de gens décédés. Je suis trop peu au fait du sujet pour savoir si c'est justifié ou non, et si oui, si le problème atteint le niveau de la triche républicaine (gerrymandering et "purges" des listes par mille et un moyens). -
Signe de systèmes ayant atteint un stade de contradictions politiques trop grandes pour ne pas accroître le niveau d'hostilité entre les grandes formations politiques passé un point où la conciliation est possible? Signe de l'évolution de nos sphères médiatiques (au sens le plus large, donc pas limité à ce que nous appelons communément les médias -presse, infos télés....) et politiques qui n'arrivent à fidéliser leurs électorats qu'en les radicalisant et/ou en stigmatisant l'opposant (qui devient adversaire, puis ennemi), et ne peuvent faire cela qu'en contribuant à créer des "bulles" informationnelles fonctionnant toujours plus en circuit fermé? Signe que cette évolution des médias (notre seul moyen "d'être" et d'interagir dans un collectif) a poussé nos tendances naturelles (être "parmi les siens", vouloir voir nos biais et préférences confirmés par un groupe....) au-delà du seuil qui permettait à la démocratie de fonctionner bon an mal an (avoir une arène publique pas trop vaste et diversifiée où tous -ou presque- sont obligés de venir pour "s'abreuver" et s'exprimer, sans trop d'échappatoires)? Tu oublies une explication: ces gens croient toujours pouvoir s'en tirer, quoiqu'ils fassent, et encore plus quand leur équipe parvient au pouvoir, dont ils sont persuadés qu'il leur permettra de se blanchir et de se servir (encore plus), d'effacer toutes les ardoises. Et ce sont souvent des "joueurs" en termes de mentalité: miser et remiser, continuer à parier jusqu'à ce qu'il n'y ait plus un seul jeton, et reparier ensuite quand même, c'est l'état d'esprit. De l'extérieur ET à posteriori, ça donne l'impression d'imbéciles qui se rétractent lamentablement, et/ou s'écrasent encore plus piteusement, nous faisant nous poser ces questions que tu alignes: "mais à quoi pensait-il?", "comment a t-il pu croire que ça passerait?", et bien sûr le sempiternel "comment peut-on être aussi con?". On serait surpris de voir combien de gens géniaux dans l'histoire (politique surtout) ont tenté des coups pareils et réussi ou échoué, prenant des risques qui, vus en rétrospective, semblent absurdement énormes, semblant indiquer une grande stupidité. Si on regarde la carrière de Mitterrant, il a pas reculé devant les énormités ou un niveau d'exposition au risque complètement aberrant (et l'Observatoire n'en est qu'un exemple, même si particulièrement ridicule). La différence est qu'on ne dira que des perdants qu'ils sont stupides: les gagnants sont géniaux, et peu d'historiens seront assez honnêtes et/ou clairvoyants pour réellement évaluer le niveau de risque et d'exposition au moment de la décision. Même pour des gens intelligents, rôdés et qui connaissent le jeu et ses règles, c'est très difficile de couvrir ses bases avant de faire un mouvement (souvent impossible), c'est très difficile de continuer à apporter quelque chose à la table de son camp (et donc continuer à y justifier sa place), et c'est complètement impossible, à ce niveau, de gagner quoique ce soit sans des risques énormes et des failles béantes dans sa défense. En examinant les cas Clinton -oui les deux- on trouvera le même genre d'absurdités et de saloperies (et Bill vient de se faire rattraper -enfin- par certaines), qui reçoivent moins d'attention et d'efforts (ils sont hors jeu maintenant.... Bien malgré HRC qui persiste) et sont plus épargnés puisqu'ils ne sont pas au pouvoir, que la caste médiatique est largement dans la même combine et les mêmes cercles qu'eux (pas une garantie absolue ou éternelle), et que la "zeitgeist" du moment n'est plus du tout (sauf pour les plus hardcore des supporters de Trump) tournée vers eux. Y'a toujours ce risque que les politiciens américains partagent ce niveau de certitude plus ou moins présent à l'arrière de leur crâne que le monde ne peut pas tourner sans eux et que l'Amérique est exceptionnelle et inébranlable, allié à l'état d'esprit que tout finit toujours par se goupiller pour "les gens comme eux" (les élus, ceux au top): c'est con mais ça peut jouer, beaucoup plus qu'on ne le croit. Y'a aussi le fait que les démocrates, en particulier, ont besoin de se présenter comme ceux qui ne reculent pas à tous les coups pour compromettre toujours un peu plus à droite (ce qu'ils font depuis Clinton), ce qui a fait d'eux un partie de droite modéré (économiquement) avec un électorat de plus en plus mécontent de ce fait, de plus en plus enclin à l'abstentionnisme, et dont une partie s'est récemment organisée via une figure charismatique, et qui peut donc maintenant s'exprimer et peser. Et là, avec le texte de budget proposé, le recul serait de taille, et il n'y a que peu de marge et de temps pour négocier quoique ce soit; en fait il n'y en a pas vu l'immensité et l'extrême complexité du sujet (un projet de budget sérieux et un réaménagement de la fiscalité, c'est des mois de travail pour des centaines de gens qui s'y connaissent.... Plus les négos permanentes). Les dems pourraient très bien faire le pari qu'on peut se rabattre sur une "continuing resolution" au dernier moment pour éviter la catastrophe, ce que le gouvernement US a fait régulièrement depuis 20 ans (l'expression "kicking the can down the road" -reporter le problème à plus tard... Souvent indéfiniment, donc aux calendes grecques), et qui énerve et en fait arrange bien tout le monde au Congrès et ailleurs. Aaaaah, oui, c'est la loi qui a été votée en réponses à l'impossible imbroglio de "l'affaire XYZ" avec Talleyrand, qui a mené à la "quasi guerre" navale franco-américaine.
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Ca, c'est typiquement le genre de trucs où il est quasiment impossible d'en savoir assez à moins d'être un insider de chez les insiders: il y a beaucoup trop d'interactions directes et indirectes préalables dans ce genre de vaudeville politicien pour réellement pouvoir se faire une idée.... Quand on est, comme nous, du côté du vulgum pecus. Sinon, petite actualité sur le sujet des "civil assets forfeiture", que j'évoque de temps en temps sur ce fil, ces saisies de biens par la police et les autorités locales, censément pour aider à financer les forces de l'ordre et faciliter l'action contre le crime organisé en s'emparant d'actifs et de cash criminellement acquis.... Mais dont le statut juridique est souvent si équivoque et contre lesquelles les possibilités de recours et d'appels sont si peu pratiques ou accessibles, qu'elles donnent lieu à d'innombrables abus, surtout dans un pays (et quasiment dans tous les Etats de ce pays, puisque la police est avant tout une réalité locale aux USA, et non nationale) où les budgets locaux (municipaux, de comtés, d'Etats) sont étriqués et les standards plutôt bas (faut bien éviter de taxer, hein? Et subventionner les entreprises qui s'installent, bien au-delà de ce qu'elles rapporteront jamais à l'endroit). Dans les faits, si une bonne partie de ces actes restent bien de la confiscation d'avoirs criminels, une autre partie très conséquente représente purement et simplement, de fait, du vol "légal" par les autorités, généralement sur des citoyens au mauvais endroit au mauvais moment. Par ailleurs, l'usage de ces ressources fait lui aussi débat (quasiment aucun contrôle), comme le prouve un scandale tout frais, où des district attorneys de NY (Suffolk County) se sont "octroyés" 3,25 millions de dollars de bonus depuis 2012, via des fonds saisis. http://reason.com/blog/2017/11/28/new-york-prosecutors-gave-themselves-32 Désormais, le montant annuel total des civil assets forfeitures est supérieur à celui des cambriolages (5,2 milliards contre 3,9). Dans la même veine, l'ensemble estimé des "wage thefts" aux USA (vol/retenue/récupération non justifiée du salaire par le patron) représente plus d'argent que les vols ("wage thefts" vs "thefts": la formule frappe plus en anglais). A se demander qui sont les vrais voleurs dans un système. Si on met ça en parallèle avec l'historique récent des banques (sauvées par l'argent et l'action publiques en 2009, qui attribuent ensuite des bonus massifs à beaucoup des responsables de la crise, et repartent ensuite faire les mêmes saletés, et du lobbying pour pouvoir en faire encore plus et éviter les impôts).
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J'avoue que je me suis assez complètement détaché des détails de l'affaire russe: c'est ou être à fond dans le détail des choses -cad, dans les médias US, une avalanche constante de faits, ragots et contrepoints-, ou lâcher l'affaire.... J'ai pris l'option 2. Le petit tour de passe-passe médiatique d'il y a deux jours, où Pelosi et Schumer ne sont pas allés à la MB, et où, en réplique, Trump s'est fait filmer avec deux chaises vides autour de lui, semblerait avoir souligné cette possibilité côté démocrate, et a été interprété ainsi.
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Et Manafort a officiellement conclu un deal avec Mueller, qui lui permettra de sortir de sa résidence surveillée et de se balader à l'intérieur des USA (mais interdiction de sortie du territoire), et le tout sans truc de surveillance attelé à la cheville. On ne peut qu'imaginer ce qu'il a à dire en échange. De la même façon, le représentant Al Green (Texas) a promis de forcer un vote d'impeachment à la Chambre avant Noël, renforçant ainsi le groupe de 6 élus démocrates qui, le mois dernier, avait annoncé vouloir entamer une telle procédure. C'était déjà lui qui, en mai, avait appelé le premier officiellement à se lancer dans ce processus. Pour ce faire, il a introduit un texte via une "privileged procedure", c'est-à-dire qu'il peut se passer du blocage du Speaker (qui autrement décide de ce qui est mis au vote ou non), mais doit être soutenu dans un délai de deux jours de session. Ce texte a toutes les chances de se planter, étant donné la majorité républicaine (qui continue à ne pas lâcher Trump) et une certaine portion d'élus démocrates qui craignent que si une procédure d'impeachment s'engageait, tout espoir d'un minimum de politique bipartisane s'effacerait définitivement vu la guerre de tranchée absolue qui s'ouvrirait... Alors même qu'un petit détail devrait être souligné plus souvent: si le "budget" si controversé qui est sur les rangs ne passe pas, il ne reste qu'une dizaine de jours avant qu'on n'en arrive (de nouveau) à un "government shutdown" dont la minorité démocrate, pour la première fois, ne semble pas écarter l'hypothèse qu'il pourrait être souhaitable. Si le budget passe, ce sera douloureux pour les ricains, mais dans le temps (j'ai du mal à comprendre par quelle procédure il passera étant donné qu'il ajoute un déficit énorme, ce qui implique un vote 60-40 au Sénat); s'il ne passe pas, un deal peut être conclu pour une "continuing resolution" (ce qui s'est fait le plus souvent ces dernières années) qui n'ajoute aucun déficit et ne change, en essence, pas grand-chose.... Mais il reste peu de temps. Le plus étrange dans le budget est que les républicains ont répété leurs erreurs législatives de toute l'année, qui ont causé la défaite de leurs autres textes proposés: - c'est une somme de wish lists incohérentes, qui forment une usine à gaz bordélique fondée sur des hypothèses fantasmatiques, et qui plus est qui n'ont pas été testées en simulation, n'ont eu aucune étude d'impact (Mnuchin vient de se faire pincer en train de mentir à ce sujet, disant que ça avait été fait au Trésor). Celles qui ont été réalisées par des organismes indépendants, partisans et non partisans, sont unanimes: c'est de la merde, et un transfert de richesses du bas et du milieu vers le haut, qui n'aura quasiment aucun impact sur la croissance et l'emploi, mais aidera les gros donneurs du GOP. - le CBO a été bypassé (et est encore en train de compulser ses données), toute procédure normale a été évitée, et même la plupart des élus républicains ne savent rien de ce qu'il y a dans le texte pour lequel ils vont voter: c'est un pur procédé politicien pour passer quelque chose avant Noël et satisfaire les donneurs enragés qui ont menacé de fermer l'accès à la tire-lire - le niveau de mensonge et d'hypocrisie du leadership républicain a atteint des sommets pendant cette non procédure législative, ce qui, pour Capitol Hill, est vraiment dire quelque chose
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Chine
Tancrède a répondu à un(e) sujet de alexandreVBCI dans Politique etrangère / Relations internationales
La hantise des caciques chinois à l'encontre de terribles choses comme la séparation des pouvoirs ou une justice (relativement) indépendante fait particulièrement marrer, étant donné que ce sont précisément les choses qui attirent.... Les capitaux chinois privés, surtout les patrimoines individuels/familiaux (et à rythme accéléré depuis 2014). C'est con, mais un système juridique aussi dépolitisé que possible et tenant par et pour lui-même est la seule vraie garantie de la propriété privée, ce qui tend à faire venir..... Les propriétaires privés. Ou du moins leurs fonds. Z'aiment bien posséder leurs trucs, et êtres sûrs qu'ils seront encore à eux dans 20 ou 30 ans. Un peu d'habeas corpus et de procédure équitable, avec un doigt de règles du jeu claires, tendent aussi à avoir leurs charmes. -
USA - Criailleries 2 - Rumeurs, controverses, polémiques
Tancrède a répondu à un(e) sujet de rogue0 dans Politique etrangère / Relations internationales
Oui, c'était très confus cette histoire: ils les trafiquaient? Ils les tuaient? Et c'était dans une pizzéria, donc comment ça se combine, ce bouzin? Les enfants étaient enchaînés aux cuisines pour faire les pîzzas? Ils étaient tués à force de devoir bouffer les pizzas? Ils étaient convertis en garniture pour les pizzas? Surtout qu'en plus, tout se passait dans les caves de la pizzéria, qui n'a pas de sous-sol.... Je ne comprends plus rien , c'est trop compliqué pour moi toutes ces conspirations si alambiquées. Tous ces gens sont vraiment des génies du mal, pas étonnant qu'on n'arrive jamais à les pincer.