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Tancrède

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Tout ce qui a été posté par Tancrède

  1. Le différentiel favorables/unfavorables est mauvais, très mauvais, historiquement mauvais pour un président à ce stade de son mandat: il a foutu en l'air sa période d'état de grâce de façon aussi rapide que stupide, et c'est censé être LE moment d'une présidence, la fenêtre d'opportunité pour la partie la plus législativement productive d'un leader américain en exercice. Après vient la période pré-mid terms (la saison commence tôt aux USA), et les marges de manoeuvres sont réduites. Les vieux routiers du système disent ainsi qu'il y a, dans un mandat présidentiel, environs 6 mois (les 6 premiers) de vraie présidence. Que Trump ait (encore) un socle de soutien tournant autour de 30% plus un volant de républicains et indépendants variable de 5 à 10% prêts à aller contre le courant, c'est, encore pour l'instant, un fait, quoique ces 2 dernières semaines, j'ai vu plus de 36% que de 39-40. Ce qui est plus préoccupant pour lui, outre les vagues sapant sa falaise (pas de métaphore sexuelle, je te vois venir), c'est le solde net de sa job approval, et la montée des "disaprove" (ainsi que les gens qui désaprouvent maintenant et ne le faisaient pas il y a deux mois, ou même un): on n'est qu'en mai, il n'est pas censé s'être aliéné autant de monde si tôt, avoir soulevé autant de protestations, y compris en "zone rouge" (mais bon, touche à l'assurance santé et tu sens la douleur), surtout avec aussi peu de réalisations. Sa seule chance pour l'instant, c'est que l'opposition est dans une merde presque aussi accablante que celle du GOP: ils sont encore au stade de la lutte interne, aucun leader n'émerge (enfin si, un, mais ils font tout pour le nier), ils s'enferrent dans les mauvaises avenues de lutte anti-Trump (y'a une campagne d'affichage condamnant la collusion Trump-Russie à grands frais..... Y sont vraiment CONS! C'est pas ça qui va soulever la masse des gens), gardent la posture et le langage de tapettes qui fait que, depuis plus de 20 ans, les démocrates convainquent peu et mal, et restent en mode suçage du têton corporate. Qui a besoin d'amis avec des ennemis comme ça? Non, il y a vraiment deux corruptions, là: Trump est entré dans le mode de pourriture washingtonien (cad qui sert surtout à financer les partis et les candidatures: l'enrichissement personnel vient surtout après un mandat) avec enthousiasme, certes, et sur ce plan, il est -ou essaie d'être- comme les autres: il ne nettoie pas le marais, il l'étend, et s'y taille son enclos. Mais il y a la nouveauté, ce qui en rajoute une couche rarement vue: la corruption personnelle/familiale qui consiste en l'emploi de la position et des prérogatives du poste, des moyens de l'Etat, pour mener les affaires de deux empires immobiliers, de deux fortunes familiales: la soeur de Jared Kushner surprise la semaine dernière à Shangaï en train de vendre des green cards à 500 000 dollars ou plus la pièce, c'était juste de l'assaisonnement sur cette salade moisie. Les deals massifs pour Kushner, pour Ivanka (aurait-elle eu cette ouverture du marché chinois pour sa marque avant novembre dernier? Jamais de la vie) et pour la marque Trump (avec les deux glandus de fils oeuvrant aux frais de la princesse), la conversion de la boîte familiale en machine à attirer les prébendes à grande échelle, ça c'est une nouveauté et un cap qu'on ne franchit pas d'ordinaire, ou discrètement, à très petite échelle (et généralement pas les gros joueurs: ce sont des trucs constatés chez les sous-fifres), ce qui est la raison pour laquelle il y a des dispositions, y compris constitutionnelles (emoluments clause, nepotism laws....), contre ce que Trump pratique en toute impunité, principalement parce que les républicains au Congrès ont pour l'instant ignoré la chose. Le simple fait qu'il soit resté en possession de son groupe (Jimmy Carter avait du à grand regret se séparer du business qu'il avait passé sa vie à bâtir) et même pas séparé au moins de sa direction est en soi un boulevard évident pour tout juriste; il n'y a juste pas de volonté politique d'appliquer la loi, pour l'instant.
  2. Je suis tout sauf un fan de Robespierre, des Montagnards ou du Comité de Salut Public, mais il faut reconnaître que si Trump était acculé.... Il n'aurait pas les couilles de se brûler la cervelle comme l'autre emperruqué.... Même si ce dernier s'est au final raté et a passé une VRAIMENT sale nuit avant d'aller cracher sa tête dans le panier. Autre différence de caractère: on appelait Robespierre "l'incorruptible".... Aheum. No comment.
  3. Alexis, Alexis: tu laisses encore ton côté "Trump est anti-système donc y'a quelque chose de pas totalement pourri dans sa présidence" l'emporter: tu sais pourtant que c'est mauvais pour toi.... Tu as encore oublié tes pilules? Rappelle-toi, plus elles sont colorées, mieux elles marchent. Je suis tombé sur plusieurs examens de situation par des vrais juristes, qui ont dégagé quelques points fondamentaux émergeant du maëlstrom d'indignations, de partis pris, d'extrapolations, de commentaires enflammés dans un sens ou un autre, et aident à clarifier quelque peu: - on n'a que très partiellement accès à ce que savent les agences fouillant dans les divers aspects de la campagne et de la présidence Trump depuis bien avant l'élection, donc tout ce dont on parle n'est que très relatif sous ce seul angle - en l'état de ce que l'on sait publiquement, le cas (ou plutôt les cas) judiciaire contre Trump dans l'optique d'une procédure d'impeachment sont pour l'instant, pour citer l'un de ces juristes, "paper thin". Il y a quelque chose, et même plusieurs "quelque chose", mais en termes de preuves et d'éléments concrets (toujours sous cette réserve initiale de l'état des infos disponibles publiquement), ces zéminentes têtes juridiques ne voient pas encore de balle d'argent pouvant frapper le loup garou - il y a beaucoup de choses à fouiller côté fric: les divers aspects de la "russian connection" et de l'intervention des Russes dans l'élection avec ou non la complicité de membres de la campagne et/ou de Trump lui-même sont pourt l'instant encore loin d'avoir débouché sur suffisamment d'éléments juridiquement admissibles pour qu'une quelconque procédure puisse être lancée. Mais la masse des conflits d'intérêts de Trump et de sa famille, l'argent déjà touché.... Sont un autre boulevard qui, lui, dispose déjà de beaucoup d'éléments. Seul problème, personne dans la majorité républicaine ne veut et ne voudra lever le petit doigt dans cette direction, du moins tant que Trump ne sera pas jugé plus utile/nécessaire qu'embarrassant. - le cas particulier de l'obstruction à la justice dans le cas Comey est au même stade, juridiquement parlant, que le 2ème point: pas assez de matériel concret et irréfutable pour se lancer dans une procédure aussi lourde que l'impeachment. Surtout avec le niveau de mauvaise volonté des élus républicains et le blocage de Paul Ryan et Mitch McConnell qui, à eux seuls, peuvent délayer et empêcher que quoique ce soit puisse être mis en branle au Congrès. La seule façon de les faire bouger est politique, et ça veut dire beaucoup de temps: il faudrait que des pressions de tous horizons s'exercent de façon croissante et atteignent une masse critique restreignant tant leurs options concrètes et leurs horizons politiques (et individuels), qu'ils n'aient pas d'autre choix, tout connement parce qu'à ce stade, l'objet politique Trump devient plus dérangeant qu'utile. Mais c'est lent et aléatoire comme processus. Autre solution: de nouveaux éléments concrets arrivent dans les enquêtes en cours (ce qui peut se produire: plus on fouille, plus les découvertes s'accumulent rapidement, passé un certain stade: des gens parlent plus et plus vite devant l'urgence et la crainte de perdre l'option d'un deal....) qui accélèrent grandement le cours de l'affaire, et changent les calculs des caciques républicains. En attendant, la présidence perd l'opinion publique à vitesse grand V, la majorité républicaine est au plus bas (ce qui n'est pas peu dire), mais le parti démocrate n'est pas beaucoup plus haut; il a en fait baissé depuis l'élection, et Hillary Clinton -qui est en train de revenir sur la scène et essaie de se réimposer comme "parrain" financier de la lutte anti-Trump- est encore moins populaire qu'elle ne l'était le 8 novembre dernier (cad à peine plus que Trump), alors qu'elle n'a rien fait depuis. Mais ses sbires ont réinvesti le parti et essaient d'orchestrer une offensive médiatique "discrète" contre Sanders et l'aile progressiste des démocrates, qui a le vent en poupe; c'est un fait qui ne cesse d'être confirmé depuis 3 mois: Sanders est, avec le planning familial, "l'objet" politique le plus populaire des USA, le personnage le plus populaire de la gauche, et de loin le personnage politique le plus populaire, avec la meilleure cote de confiance. Résultat, l'establishment démocrate n'aime pas ça et se campe sur sa ligne traditionnelle (bouffer au râtelier corporate, occuper le terrain médiatique traditionnel pour noircir cette tendance), et le parti offre le spectacle d'une grande division (sous couvert d'une tournée nationale "duale" avec Sanders et le nouveau patron du DNC, Tom Perez, qui ne convainc personne: Sanders est applaudi et attire les foules, Perez est ignoré ou hué), ce qui limite grandement sa capacité à capitaliser sur la résistance (aujourd'hui spectaculairement importante) aux politiques républicaines, et sa capacité à incarner cette opposition. Ca simplifie quelque peu la position républicaine, au moins pour un temps, et donne de la marge à Trump, de quoi voir venir un petit peu; mais c'est pas un expert, et il a démontré ces derniers jours qu'il ne sait pas jouer le jeu, gâchant des occasions à répétitions et multipliant les gaffes. On dit à Washington que c'est pas le crime qui a votre peau, mais ce qu'on fait pour essayer de le couvrir, de le maquiller. Et le Donald n'est pas très bon dans ce domaine.
  4. Les "furieux-bave-aux-lèvres" sont pour l'essentiel les plumes sous-traitées des establishments des deux grands partis. Je pose surtout le fait que Trump a peu ou pas de marge de manoeuvre: la politique militaire/étrangère est pour l'essentiel entre les mains de McMaster et Mattis, avec un Tillerson diminué et pas à la hauteur allant jouer le VRP pour des contrats spécifiques. On oublie que le niveau de pouvoir d'un président particulier dépend de beaucoup de choses que Trump n'a pas: une bonne compréhension des mécanismes de l'exécutif et du fonctionnement de l'Etat, une bonne compréhension du système politique (constitution formelle et "informelle", jeu des partis et élus, individualités et groupes, modes d'interaction entre les pouvoirs et leurs composantes), un vaste panel de gens de confiance (pour leurs divers degrés de loyauté ET leur compétence), et de leurs réseaux de gens de confiance (on parle de milliers de postes) qui sont les indispensables "extensions" du président (sans lesquelles il n'est qu'un individu isolé dans une grande machinerie ayant ses propres logiques et impératifs), une base électorale organisée (toujours pas le cas pour Trump, et la passion du "moment" de 2016 s'éteint vite, surtout face aux désillusions), une base électorale ralliable (cad les évangélistes.... Qui ont eu Gorsuch, et ont maintenant plus d'exigence.... Et ont Mike Pence en réserve), un vaste accès au financement (qui est peut-être en train de vaciller pour le Trump) et un capital politique personnel (son image est ce qui est en balance en ce moment). Plus un peu de hasard (représenté dans l'élection, par exemple, par ceux qui ont voté pour lui en le haïssant, pour le changement.... Ils sont vite perdus). Tous ces manques rendent un président en exercice très faible. Si en plus toutes ses casseroles sont examinées à la loupe par un Congrès qui voit sa chance, il est cuit, qu'il y ait impeachement ou pas: il sera un pantin (pratique pour incarner toutes les politiques ploutocratiques voulues par la droite) ou un ex-président potentiellement taulard. Bref, en terme de marge de manoeuvre, il n'a réellement que le coup de folie purement arbitraire: appuyer sur le bouton rouge, ordonner des frappes débiles, lancer des opérations spéciales sans concertation.... Et merde! S'il a un sursaut de virilité mal placé après avoir constaté sa nullité et son impuissance, on est tous dans la chia.... Pourquoi ai-je la scène finale de Dr Folamour dans la tête, moi?
  5. L'impeachment est devenu une possibilité bien concrète ces derniers jours, et même si, finalement, ça n'arrive pas, la réalité de cette situation et du point qu'elle pourrait néanmoins atteindre veut dire, en sous-main, un président très faible, dans l'impossibilité de faire quoique ce soit. Plus généralement, la crise actuelle à Washington révèle surtout la réalité de Trump: un type qui ne sait absolument rien de son nouveau job, qui ne connaît rien à la loi, qui est complètement véléitaire et incapable de jouer dans la cour des grands, et dont le capital politique déjà limité se réduit très vite (et il est possible que parano et sénilité commencent à oeuvrer). Il n'a par ailleurs aucune idée propre, aucun objectif (sinon être dans la photo avec les "vrais joueurs"), et n'aurait de toute façon aucune capacité de les mettre en oeuvre. Et maintenant, il est chaque jour un peu plus à la complète merci de la majorité républicaine qui peut ou non décider de la procédure d'impeachment, selon son estimation du risque encouru à vexer la base de Trump (toujours pas structurée, et en partie fluctuante.... Et dont une partie quitte le navire: même Ann Coulter a eu un retour de flamme public sur Trump). Et Pence est derrière, et attend... Donc peu de changement fondamental à attendre de la posture américaine: l'establishment républicain a la barre.
  6. Le Service Secret a laissé un enregistreur entrer dans le Bureau Ovale ? Les tentacules m'en tombent! Ou alors Poutine a juste vraiment envie de se foutre de leur gueule et de refiler quelques crises cardiaques au vieux "cold warriors" du Sénat et de la Chambre. Peut-être est-il en ce moment plié en quatre dans son bureau, se roulant par terre en se disant que rire est vraiment bon pour la santé.
  7. L'ironie du cas de HR McMaster, l'officier qui a fait grand bruit -et sa réputation- en écrivant un bouquin condamnant (avec une grande expertise et un raisonnement imparable) les généraux de l'époque du Vietnam pour leur incapacité à dire la vérité au pouvoir et à faire leur devoir.... Il se retrouve dans une situation similaire: http://www.slate.com/articles/news_and_politics/war_stories/2017/05/h_r_mcmaster_s_reputation_is_being_destroyed_by_trump_s_deceit.html
  8. Pour la Cour Suprême, c'est plus délicat: c'est clairement une discourtoisie, voire une insulte, que de refuser l'examen de la candidature, mais l'effet global reste sans grande conséquence, vu que le GOP avait alors la majorité au Sénat et restait donc constitutionnellement libre de refuser le candidat du président sans enfreindre la loi, ou sans abuser de ses prérogatives, même si les nominations à SCOTUS ont été pendant longtemps bien moins politisées qu'elles ne le sont actuellement. C'est en fait depuis les années 60-70, et particulièrement depuis Roe v Wade (et l'organisation fondamentale du combat politique autour de ce sujet, avec la constitution d'un "camp" religieux/conservateur dur, enragé, voire fanatique), que la chose a changé, et que les nominations sont devenues chaque fois un peu plus dures, un peu plus politisées, plus divisives, réclamant des processus plus longs et faisant cesser l'idée même de consensus relatif (sur certains sujets) qui avait longtemps prévalu et était au coeur de la partie non écrite de la constitution, au centre de la pratique politique américaine telle que voulue et initiée par ses fondateurs. Cet "esprit des lois" semble entamé son agonie à partir des années 80, et être tombé dans un coma profond (voire être mort?) durant la dernière décennie. Cela ne changera pas si les fondamentaux actuels de la politique américaine ne changent pas: poids de l'argent en politique et des forces qu'il représente, moindre représentativité, niveau de polarisation, arène publique (essentiellement les grands médias) parasitée par les mêmes forces (avec pour résultat une faible représentativité, des biais généraux trop décalés par rapport à la société, un encouragement à l'antagonisme stérile, une tribalisation accrue....). Dire que le sort du monde occidental et de la démocratie dépend lourdement de ces animaux là.... Ca fait frémir. A coups de pioche, ouais!
  9. Et oui, les Pères Fondateurs des USA ont certes volontairement laissé beaucoup de choses dites à demi-mot, ou incomplètement formulées, afin de ne pas trop contraindre, de ne pas trop prédéfinir, de limiter les blocages.... Mais aussi parce que beaucoup de choses étaient présupposées comme allant de soi ou, pour reprendre la formulation de la déclaration d'indépendance, beaucoup de choses sont considérées comme "self evident". Oups. Jefferson n'a jamais rêvé qu'une orange en moumoute avec un QI de poisson rouge et l'ego d'un paon pourrait être élu. On était alors entre gentlemen éduqué venant du même monde et des mêmes cursus, dans une époque où il n'était pas concevable qu'un énergumène non membre du club pourrait s'inviter. Raté: ils ont eu Jackson de leur vivant (en tout cas pour certains d'entre eux), et maintenant il y a.... Le truc, là, au nom duquel Sean Spicer (et d'autres avec lui) est en train de laisser filer sa réputation, sa santé mentale, sa santé tout court et sa carrière. Le truc qui, paraît-il, hurle tous les soirs sur sa télé qu'il mate en peignoir (essayez de dormir avec cette image en tête ) en s'envoyant double dose de crème glacée. Va t-il falloir un nouvel amendement à la Constitution? "En cas d'élection d'un inapte/attardé/trou du cul/corrompu incapable de remplir ses devoirs, qui refusera d'invoquer l'article 25, et que le Congrès refusera de déclarer incompétent...." (remplir la suite.... Je sèche).
  10. Ce qui pourrait les placer dans une situation délicate sur le plan constitutionnel, vu que se poserait alors la question dérangeante de savoir comment on sanctionne le commandant en chef, surtout pour une faute relevant du pouvoir exécutif. Je ne crois pas qu'il y ait quoique ce soit de prévu en la matière, sinon au niveau politique, et là, ça veut dire directement l'artillerie lourde d'une procédure d'impeachment, ce qui a très peu de probabilités d'arriver pour un tel acte, et serait aussi ridicule que politiquement contre-productif. Si le président est placé de facto dans la situation d'être le classifieur/déclassifieur ultime, c'est avant tout par défaut de solutions viables pour exercer un tel niveau d'autorité.... Sur l'autorité suprême de l'exécutif. Difficile de voir quel dispositif constitutionnel pourrait encadrer la gestion d'information sensible jusqu'à ce niveau sans de facto amoindrir la présidence. Résultat, la sanction la plus efficace et la plus pertinente sur une telle situation reste peut-être.... Le ridicule. Soit le recours au "4ème pouvoir" et au jugement de l'opinion publique. Vaut mieux faire passer un président particulier pour un con qu'essayer de résoudre politiquement la chose par une action ou des dispositifs dont les conséquences ne sont pas mesurables. De bien plus grande conséquence, un événement peu couvert a eu lieu la semaine dernière, qui risque d'impacter lourdement la scène politique américaine: le 8 mai, il a été annoncé que Tribune Media allait être racheté par le conglomérat Sinclair Broadcasting Group. Brouef, et alors, me direz-vous, soulignant ainsi qu'on a là deux noms illustrement inconnus au bataillon. L'opération coûtera 4 milliards de dollars, déjà, et Sinclair va en plus assumer l'en-cours des dettes de Tribune, soit environs 2,7 milliards, ce qui devrait tout de suite donner un ordre de grandeur. Tribune est un conglomérat réalisant plus de 3 milliards de CA annuel, et l'un des poids lourds de la diffusion télé aux USA, avec 42 stations, un réseau national du câble (WGN America), une chaîne d'info régionale (Chicagoland TV) et une station de radio, plus des participations dans d'autres networks. Sinclair est aussi un groupe média important (environs 2 milliards de CA) qui réalise là une énorme expansion, et c'est le 2ème plus grand opérateur de stations télé aux USA (le plus grand si mesuré par taux de couverture) avec 173 stations (233 quand les rachats en cours seront finalisés): le groupe couvre 40% de la population US (70% après les rachats en cours), en grande partie dans le midwest et le sud (tiens, tiens). Le groupe est connu pour son orientation politique ultra conservatrice, qui gouverne sa ligne éditoriale et sa politique envers ses filiales: l'un des aspects les plus visibles de cette action est l'obligation absolue pour toute station du groupe de diffuser une quantité élevée de spots pub appelés "must run ads", qui sont des messages pour diverses causes de la droite dure, évidemment financées par l'immense nébuleuse d'organisations politiques/politisées qu'autorise le système américain et qui innondent la politique US de fric de manière moins ou encore moins transparente (PACs et SuperPACs, fondations et think tanks, organisations "caritatives" et églises, 501(c)....). Ca fait partie du business model du groupe et de l'idéologie de ses propriétaires (la famille Smith), très liée à la droite et à l'ultra-droite US. Plus encore que des pubs et des publi-reportages (très déguisés en reportage), la programmation en général est pensée et imposée d'en haut pour créer un climat orientant largement vers les tendances et causes politiques choisies, soit une version plus diffuse de la façon dont FoxNews a été pensée à l'origine (une organisation politique déguisée en média). On peut ou non appeler ça un organisme de propagande privé, mais le fait demeure: l'organisation des programmes et leur contenu font l'objet d'une telle stratégie, et se voient souvent imposés en plus des reportages et segments "must run" dont les newsrooms se sont souvent et sans effet) plaint, entre autres en raison de la faible qualité et du biais extrême des dits contenus, et de leur inadaptation aux audiences visées. Le groupe vient d'ailleurs d'embaucher Boris Epshteyn comme analyste politique en chef; il s'agit de l'ancien staffer proche de Trump qui a du démissionner en mars de la Maison Blanche parce qu'il avait écrit la déclaration que Trump avait faite pour le jour du souvenir de l'Holocauste... Sans mentionner l'Holocauste. L'hyperconcentration dans le secteur des médias, que ce soit dans son aspect macro-économique, dans les conséquences de la mentalité corporate, ou comme ici dans la version d'un business model idéologique; quel avenir!
  11. L'ortographe avait l'air bonne, ce qui n'est pas si souvent le cas dans ses tweets. Donc y'a au moins ça. Autre chose, il est tout-à-fait vrai que le président a le droit de déclassifier à loisir (ou presque): il est l'arbitre ultime de ce qui est classifié ou non, et le seul à pouvoir opérer en ce domaine de manière arbitraire. A part ça, je vois rien d'autre.
  12. Je sais pas si ça va tant les servir que ça: de tout ce que j'entends, lis et constate, et de l'aveu même de Trump (encore une connerie prouvant que ce type ne sait même pas ce qu'il dit ou de quoi il parle, et certainement pas garder un fil de pensée continu), la politique étrangère est menée par le Pentagone avec l'assentiment et "l'orientation" (de toute façon, il y a consensus) des leaders républicains. Et ils gardent le même cap qu'ils ont depuis Bush: castagner, dans leur grande illusion idéologie désormais traditionnelle, et au mieux un peu tempérée, inspirée par les bons vieux néocons et faucons qui n'ont rien oublié et rien appris de la décennie 2000, et ont réussi à passer au travers des gouttes de leur déconfiture et de leur désavoeu publics pour rester éminemment interviewables dans les médias et invités à tous les dîners en ville. Après tout, ce sont eux les principaux marketeurs des VRP américains vendant "sécurité" et matériel militaire un peu partout. Faut bien une trame narrative pour justifier la stratégie de vente et balayer d'un geste toutes les questions sur les excès de dépenses militaires (surtout quand on les augmente), les déficits (quand ce sont pas les démocrates au pouvoir), la corruption du système militaro-industriel, et le gaspillage au Pentagone. Bref, l'accalmie (mais sans changement fondamental de cap) constatée sous Obama risque de se terminer, la recrudescence d'activité de ces 3 derniers mois n'étant qu'un prélude. Je ne suis pas sûr que Vladimir apprécie le changement, en fin de compte, même si ça l'aidera à nourrir sa posture anti-américaine; il ne constitue pas vraiment un contre-modèle attractif, ni n'a les moyens de faire face. Alors effectivement, la tactique d'encourager le bordel institutionnel reste la seule option, mais c'est du combat d'arrière-garde avec ce qui reste de moyens, surtout si, d'aventure, la présidence Trump s'engageait sur la voie de l'impeachment. C'est pas encore vraiment d'actualité, même si les journalistes politiques en parlent tous les jours depuis la semaine dernière, mais c'est devenu une possibilité bien concrète, surtout depuis que la piste de l'argent (des Trump et de Kushner) est pour ainsi dire officiellement dans le viseur des enquêteurs. Beaucoup de commentateurs bien introduits évoquent quotidiennement ce qu'ils entendent de l'atmosphère de la Maison Blanche, où le Donald serait en roue libre, accusant tout le monde et menaçant le renvoi toutes les cinq minutes, avec un Kushner (le seul exempt des colères présidentielles) fonctionnant de la même façon. Je ne sais absolument pas quel crédit accorder à ces bruits, sinon que plusieurs journalistes avec les bonnes relations les relaient avec insistance depuis quelques jours. Si c'est même juste un peu vrai, on a un portrait inquiétant (bon, OK, et quelque part aussi très marrant) de l'état de fonctionnement de l'exécutif de la première puissance mondiale.
  13. L'érosion des Verts semble le fait le plus continu sur la période.
  14. Dans l'ensemble, entre les deux sondages que tu mentionnes, y'a pas de grands changements, effectivement, et même l'AfD ne semble pas s'être effondré. En revanche, sur cette élection dans ce Land, le changement par rapport à 2012 est lourd: la participation a pourtant été en hausse (difficile de savoir dans quelle mesure cela impacte le changement), la CDU a grimpé de ce que le SPD a perdu (aussi difficile de savoir quelle proportion de transfert d'électeurs), les Verts ont pris une claque équivalente, et le FDP reprend des couleurs (s'il ne le faisait pas dans CE Land, ça veut dire qu'il n'en a plus aucune). L'AfD entre au Landtag avec un score inférieur à son électorat national, ce qui est normal pour ce Land, et il semble que les pirates soient sortis du Parlement. Dans l'ensemble, je dirais que le souci sécuritaire a grimpé et qu'il a bénéficié à la droite, même si c'est cette même droite qui a créé le "problème" (et encore plus dans la perception que dans la réalité) en ouvrant les vannes de l'immigration mal contrôlée: ce vieux réflexe instinctif de "droite = sécurité" (souvent démenti par le monde réel) semble donc encore fonctionner, dès lors que Merkel a eu un peu de temps pour se refaire, et qu'apparemment, le SPD n'a pas vraiment su convaincre. Evidemment, l'élection est avant tout locale, et le sentiment d'insécurité peut y avoir une importance supplémentaire d'autant plus cruciale que le gouvernement sortant a été vertement critiqué sur le sujet, et que les questions économiques pèsent d'un poids relativement moindre dans ce Land riche. Encore une fois, je n'ai pas assez suivi l'actualité allemande, mais la CDU a du faire des efforts pour raidir et droitiser certains aspects de sa politique pour éviter de se faire bouffer trop d'espace par l'AfD et se réaffirmer face à un SPD dont je n'ai toujours pas vraiment compris quel est son "message" global, si ce n'est un gloubi boulga cherchant à adresser tous les sujets sans vraiment de thème (ou de leader) unifiant, clair et fort, ni de réponse acrrée et cohérente à chacun des sujets, un défaut de plus en plus répandu dans les partis de gouvernement un peu partout (n'est-ce pas Mme Clinton?), qui continuent à compter un peu trop sur l'inertie de systèmes tendant au bipartisme.
  15. Et encore, ils sont nettement plus compréhensibles que ceux de la vidéo à laquelle tu fais référence. Ce sont des Ecossais modérés.
  16. Hein? J'ai pas suivi (j'oserais presque dire que j'ai lâché )? On m'a pas prévenu? Le fireprout est de nouveau un truc en vogue? En tant que descendant de Rochelais et de Vendéens, je me permets d'objecter et d'émettre de sérieux doutes face à cette affirmation dont j'ose dire qu'elle est totalement gratuite.... En toute bonne foi . Pour la compensation et une bonne partie des activités de réassurance, ça semble plutôt plié, et là, on parle de quelque chose comme 700 milliards à 1 trillion/an. Et ce genre de trucs a tendance à avoir un effet d'entraînement, dès lors qu'on parle de l'accès au marché et à certaines institutions rapatriées. Suivez les marchés immobiliers des quartiers chics de quelques villes (Paris, Francfort, Amsterdam, Dublin), pour savoir ce qu'il en est avec un peu d'avance: s'il y a, dans les mois qui viennent (ou dans l'année, pluôt), un pic anormalement brutal du mètre carré, vous aurez vos réponses avant qu'elles ne soient annoncées. Il manque un émoji qui approuve, pleure et vomit en même temps.
  17. Ouaaaah, l'effet Schultz n'a pas fait long feu, on dirait. Surtout qu'en Rhénanie du Nord Westphalie (je crois qu'il y a eu coquille:: c'est Rhénanie Palatinat et Rhénanie du Nord -Westphalie), outre la moindre friction sociale via le niveau de développement et le PIB par tête, la tradition progressiste tend à être la plus forte, et c'est là que l'historique du SPD est le plus implanté. Ca doit faire mal du côté gauche. Mais c'est aussi, du fait de cette même richesse, le Land où les questions brûlantes du moment (immigration, inégalités, identité) sont les moins pressantes. J'ai pas trop suivi l'actualité allemande: on sait quels sont les facteurs qui, ces derniers mois, ont joué en faveur de la CDU, et/ou en défaveur du SPD? Schultz n'est certainement pas un monstre de charisme, mais quand même....
  18. Donc tu penses que les Anglais sont en fait des Parisiens?
  19. Un Eurostar peut embarquer combien de Leclercs et de Leopards? On peut les mettre en tarif enfant?
  20. Fuckin'both! Mais n'affichons pas de sentiment de supériorité français: les ricains, au moins, ont une chance de débusquer et peut-être confondre certains de leurs dirigeants qui ont bouffé au râtelier de puissances étrangères en échange de changements politiques. Chez nous, on attend toujours que soient évoqués les cas de ceux qui quémandent trop à l'est.... Ou trop à l'ouest.
  21. Sur l'allégation que Trump aurait demandé à Comey un serment d'allégeance: la rumeur prend de la consistance, étant donné que la Maison Blanche s'est donnée la peine de réagir en prétendant que le président demandait à Comey de jurer sa loyauté "au pays" (??????????), et que ce dernier aurait décliné (double facepalm). Des sources au FBI, qui ont vu Comey après cette entrevue, confirment la chose (et l'état d'ébahissement de Comey). Le pourcentage de cons dans ce bâtiment doit être vraiment ahurissant: pourquoi se sentent-ils obligés de répliquer sur ce point, s'ils veulent que personne n'y prête attention? Si c'était pas authentique, pourquoi s'y intéresser tout court? Une telle obsession, jusque sur un point de détail, et une telle stupidité de croire que leurs démentis ou leurs communiqués, surtout à ce stade de cette présidence, peuvent avoir même un dixième de l'effet qu'ils recherchent, sont proprement déroutantes. Mais la cause, le moteur de ces prises de positions dont on ne sait pas si elles sont plus dues à la stupidité, à la parano ou à la vanité (et les illusions qu'elle amène), ce moteur est Trump lui-même. Il se dit qu'une bonne part de son entourage est faite de purs sycophantes, et qu'on trouve aussi une bonne portion d'incompétents (deux catégories non exclusives l'une de l'autre), mais il reste des gens intelligents, quoique beaucoup, surtout maintenant, doivent éviter de faire des vagues pour essayer de sauvegarder ce qui reste de leur réputation et de leurs perspectives d'emploi (oups pour Spicer, Conway et Huckabee-Sanders). Malgré ces gens, le comportement général de la MB est complètement asservi aux caprices et pulsions de l'orange amère. Avec les patrons du Congrès comme "enablers". Sérieux. "Un serment de loyauté au pays"..... Je faisais de meilleures excuses et esquives quand j'avais 4 ans et prétendais n'avoir pas touché au pot de nutella, jurant (d'une bouche maculée), si besoin était la main -tachée de nutella- sur le coeur, que c'était la faute à quelqu'un d'autre (comme dans la pub: un type armé avec des chaussures ou des chaussettes atomiques?). De toute façon, c'est bien connu: "c'est pas moi, c'est Murphy".
  22. Je suis curieux de voir si ça va prendre: l'affaire de l'enquête russe, des fuites de la MB et du renvoi de Comey a été baptisée par certains (je sais pas où est la source d'origine) "Stupid Watergate"..... A votre avis, c'est assez accrocheur? Ca a des chances de prendre? Dans notre époque somme toute assez peu créative ou imaginative, où on tend plus à réemployer et user jusqu'à la corde des trucs faits à une autre époque (à la manière de la "création" publicitaire), ça me semble une bonne formule.... Et après tout, elle résume bien des choses, évoque rapidement l'infamie et la bêtise.
  23. Les coups bas et méthodes "actuelles" existaient avant Nixon, et n'ont rien de nouveau: ce qui change, c'est le degré auquel une classe politique peut être prêt à les pousser et/ou à les accepter comme "faisant partie du jeu" ("on n'y peut rien ma bonne dame, ça a toujours été comme ça: autant essayer de pisser contre le vent"), les montants de fric qui y sont investis (donc l'échelle à laquelle c'est pratiqué) et le degré de relative impunité (juridique et/ou médiatique) à l'égard de telles pratiques (l'impunité vient parfois de la simple impossibilité d'adresser une portion suffisante de la masse de ces incartades, surtout dans les médias). Notons que ce degré d'impunité dépend aussi de la "banalisation" culturelle de ces pratiques: s'il y en a beaucoup, tout le temps, que c'est difficilement prouvable, ou en tout cas explicable en quelques mots, que pour un coupable qu'on chope, dix autres continuent.... Il y a effet de saturation dans les consciences, si bien que trop peu d'attention et d'importance y est accordé; de ce fait, les médias s'en désintéressent encore plus. Voir par exemple la façon dont le gerrymandering est passé sous silence (hors de quelques évocations ici et là), ou la suppression de droits civiques des ex-condamnés (qui ont fait de la prison ou pas) pour des millions d'électeurs pour des motifs parfois triviaux: entre 3 et 4 millions pour la seule Floride (dont 25% des adultes afro-américains): c'est une part déterminante de l'électorat dans un swing state, et la grande majorité sont des condamnés non violents, pour des petits délits (stationnement interdit ou excès de vitesse, attentat à la pudeur ou ébriété sur la voie publique, avoir fumé un joint....). Mais c'est du "dirty trick" systémique, parce que les républicains de cet Etat ont décidé que les gens commettant des infractions avaient tendance à voter démocrate. Mais pour revenir à ta remarque, les coups bas et méthodes actuelles remontent à très loin: les années 1850-1860 (premières vagues migratoires réellement massives), et surtout la période du "Guilded Age" (de la reconstruction à T Roosevelt, voire à la 1ère GM) furent des moments de pourriture, de corruption et de méthodes politiques réellement débectantes pratiquées à grande échelle. Z'avaient pas Breitbart, Roger Stone, les frères Koch ou le soutien informatique russe, mais ils faisaient très bien sans. Quand je dis que Nixon avait une haute idée de son pays et de la présidence, je ne dis pas qu'il était exempt de faute, juste qu'il avait une certaine conception (très honorable) des devoirs et de la dignité de la présidence et de ce qu'il percevait comme la "mission" du pays. Le fait qu'il ait été prêt à faire absolument n'importe quoi pour être celui qui assumerait cette "présidence digne" et à remplir cette "mission" est l'autre aspect de la question.... Avec Nixon entre les deux pour essayer de résoudre la contradiction. Ce qu'ultimement, il n'a pas pu faire, ayant accumulé trop de casseroles, d'obligations et de mauvais réflexes pour parvenir au pouvoir (par lequel il voulait assouvir son ambition, servir son pays, entrer dans l'Histoire et justifier/blanchir tout ce qu'il avait du faire pour en arriver là).
  24. Sur Nixon, son surnom était "Dirty Dicky" (jeu de mots avec le fait que le diminutif "Dick", pour "Richard", veut aussi dire "bite"), ou R "Dirty Tricks" Nixon . Pour son célèbre "I"m not a crook", je crois que cette réplique fut faite en réponse au sujet d'allégations d'enrichissement personnel, et non de ses méthodes politiques (financement, usage des pouvoirs de la présidence, dossiers compromettants, méthodes de maffieux et coups bas en tous genres); et il ne semble pas avoir vraiment beaucoup pris de fric pour lui-même, donc il est possible qu'il ait été assez sincère, et pas trop loin de la vérité, en disant qu'il n'était pas un escroc. Qu'on le veuille ou non, malgré tous ses défauts, Nixon avait une très haute idée de son pays, des institutions, et de la présidence.
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