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Tout ce qui a été posté par Tancrède
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Une célèbre citation de Sumner Welles, secrétaire d'Etat de Frankin D Roosevelt (à ce moment) résume la chose encore plus prosaïquement (la phrase est peut-être de Roosevelt lui-même: c'est débattu). A propos de Somoza (le premier de la "lignée"), le dictateur nicaraguayen: "he's a bastard, yes, but he's our bastard" (c'est un salaud, certes, mais c'est notre salaud. Variation: le terme "son of a bitch" a pu être employé, plutôt que "bastard"). L'époque des "banana wars" et du pré carré étasunien en Amérique du Sud avant guerre (en fait depuis la doctrine dite du "big stick" de Roosevelt Ier) a largement vu cette façon de faire américaine (en aucune façon anormale par rapport aux autres pays) se développer, et la méthode s'affiner. Et la protestation contre cette politique extérieure date aussi de cette époque, y compris chez les militaires (cf le très célèbre Smedley Butler, un des rares double récipiendaire de la Médaille d'Honneur; voir son action, son mouvement et son livre War is a racket).
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[Séries TV]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Je viens d'essayer le pilote d'une nouvelle série inspirée d'un roman de Neil Gaman (après Constantine qui a bombé, et Lucifer, qui n'a pas d'ambition et qui, malgré une légèreté agréable et un acteur qui sauve quelques meubles, est juste réduit à une bête série policière), American Gods, et franchement, l'épisode m'a bien plu. Le thème est sympa: les anciens dieux païens survivent à notre époque, grandement diminués par la disparition de leur culte, et sont graduellement remplacés par de nouveaux, comme la Technologie (incarnée par un ado geekifiant et psychopathe), la Mondialisation ou les Medias (incarnés par Gillian Anderson: Scully's back!). Le personnage principal y est Shadow Moon (ainsi nommé parce que sa mère était une pure hippie), un ex-taulard dont la femme vient de mourir dans des circonstances qui achèvent de le briser. Il est recruté par un étrange personnage, qui se fait appeler "Mr Wednesday" , visiblement un arnaqueur professionnel montrant des dons étonnants, qui n'est autre qu'Odin ("Wednesday" vient de "Wotan", le nom germanique d'Odin) lui-même, qui essaie de rassembler les autres dieux et créatures mythologiques pour l'inévitable conflit qu'il voit poindre. C'est extrêmement bien monté et bien écrit, la production est léchée et dispose visiblement de tous les moyens dont elle a besoin, et le casting est très bon: pas de stars, mais des figures connues, pas de physiques stéréotypés ou trop de gens jolis à voir, mais des "gueules", avec en tête l'excellent Ian McShane (qui, depuis Deadwood, est partout sans qu'on arrive souvent à placer un nom sur le visage) jouant un Odin vraiment très bien conçu, et un personnage principal qui, malgré sa belle gueule et sa mâchoire carrée, arrive à sortir du lot et à donner envie de plus, parce qu'il est bien créé, bien porté, et que l'alchimie semble prendre avec McShane. C'est sanglant, c'est sans complexes, ça reste assez "comics style" sans devenir con, et le pilote est vraiment fait comme un pilote doit l'être: il pose des questions, il donne envie, il ne dévoile rien d'autre que des mises en bouche. Après la très bonne première saison de Preacher, qui vient du même "milieu" d'origine (éditions Vertigo de DC, soit essentiellement la bande à Neil Gaman), ça fait plaisir. , -
J'y pensais en l'écrivant: j'ai eu la flemme d'essayer d'imaginer un jeu de mot avec..... Même pô honte. Il a pas tout appris en 10 minutes de "que sais-je" avec tonton Xi, professeur absolument impartial (bien sûr). Ou alors ce dernier est vraiment, mais alors vraiment très bon: "savoir tout sur tout en dix minutes", le nouveau cursus de la (nouvelle) Trump University, pour 39 999,99 dollars.... Les dix minutes. En prime, un WE-séminaire à (côté de) Mar A Lago, (aucun) frais payés.
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Au même moment où Ajit Pai, le nouveau patron de la Federal Communications Commission appointé par Trump (un des très rares postes pourvus dans cette administration sous-staffée) s'apprête à s'attaquer à la Net Neutrality (dont il est depuis longtemps un farouche opposant) et aux mesures de protection du e-consommateur, dans un pays où Internet fonctionne en général déjà mal, de façon très inégale et pour un prix moyen élevé, et où les fournisseurs d'accès sont tout puissants pour maintenir les choses en l'état. Déjà au tableau de chasse de cette administration: les règles de protections des données privées. https://www.nytimes.com/2017/03/30/technology/net-neutrality.html?_r=0 Amusant de voir le combat à venir: la chose semble difficile à enrayer, et peut-être que les délais requis et l'état du capital politique de Trump poseront suffisamment de problèmes avant que ne se profilent les élections de l'an prochain, mais j'ai du mal pour l'instant à voir quelles forces organisées de taille suffisante pourront mener la contre-charge. Beaucoup de voix et de capacité à faire du bruit, mais je ne vois pas de poids lourds capables de coaliser et organiser un effort suffisant.
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Ca, c'est certain, et vu le nombre de nouvelles vidéos quotidiennes postées sur des trucs comme Youtube ou Facebook, de nouveaux textes ou posts envoyés sur reddit et cie, le problème est de taille et le restera, y'a aucun doute là-dessus, et c'est un défi majeur au modèle économique de telles boîtes qui doivent investir massivement dans la façon de faire le gatekeeping. Mais passer en bloc du laissez-faire quasi-absolu à la censure (de fait, c'en est une quand on démolit en bloc l'incitation économique qui a été développée depuis maintenant plus de dix ans) plus ou moins complète du jour au lendemain, en faisant aussi peu (en fait pas) de distinction entre les producteurs de contenu, c'est plus que brutal, c'est plus qu'exagéré. Ca va, par exemple, jusqu'à l'usage de gros mots, même basiques: tu dis "fuck" une fois, tu es démonétisé. Pour le journalisme, l'analyse, le commentaire d'actualité, il suffit de mentionner ISIS ou certains faits de société, quand bien même on les traite exactement comme un grand média, pour être giclé du money pot (seuls les LGBTQ, par un intense lobbying généreusement et gratuitement médiatisé par la façon dont fonctionnent les choses aujourd'hui, ont pu forcer une exception pour eux). Le tout se faisant du jour au lendemain, pour des acteurs économiques dont 99,9999999% ne peuvent pas vraiment encaisser le choc de transition. Les quelques-uns ayant acquis une notoriété suffisante (et là on parle vraiment de quelques-uns, au sens où on peut les compter sur les doigts de la main ou presque) pour survivre quelques temps et passer à un autre mode de financement plus direct (Patreon and co) ont quand même encaissé des pertes autour des 2/3 aux 3/4 de leurs revenus. L'absence de préavis a été le coup le plus rude dans l'histoire. Mais chez Facebook et Google, ça s'active beaucoup: il y a actuellement des milliers d'employés dédiés au tri de l'info, au gatekeeping, soit une fonction essentielle du journalisme ici abordée surtout sous l'angle technique, par la programmation d'une forme de censure systématique dont les impératifs sont à la fois limités par les possibilités technologiques face à une telle masse de données (non réductibles aux seuls maths) à analyser tous les jours, et par qui peut faire pression sur la définition des critères encadrant cette nouvelle forme de politique éditoriale. On doit accepter, dans la critique qu'on peut en faire, les limites du champ des possibles pour ces entreprises: encore une fois, la masse de données est proprement ingérable au cas par cas, et définir des systèmes de classement, de nomenclaturisation des contenus reste un art plus qu'une science, même avec les effectifs qu'ils sont en train de recruter pour beefer ce qui semble être en train de devenir un axe majeur d'investissement pour eux. Et ils en sont encore au stade où ils essaient de le faire avec des bouts de chandelle -par rapport à l'immensité de la tâche dont ils ont du mal à accepter la responsabilité. Mais ça laisse vraiment beaucoup de place pour critiquer le reste de ce qui guide le gatekeeping. Plus sain tel que ça a fonctionné, on peut aller jusque là; mais potentiellement dangereux à sa façon aussi. De toute façon, c'était en un temps où la ressource de base de l'industrie, les ondes, étaient plus ou moins contrôlables, du moins sans trop bouleverser le cadre institutionnel. Sinon, un petit update sur l'actualité des tendances d'opinion en politique: de récents sondages ont indiqué que les supporters de Trump regrettaient dans l'ensemble peu leur vote, à ce stade symbolique aux USA des 100 premiers jours en exercice, qui sont, depuis Roosevelt, une mesure de performance considérée comme importante. Je n'ai pas vu passer de détail Etat par Etat, zone par zone, ce qui pourrait être utile, voire crucial étant donné la quasi imperceptible marge de victoire de l'agent orange dans certains Etats encore aujourd'hui majoritairement démocrates et culturellement plus à gauche (ou en tout cas plus "étatistes/fédéralistes"), mais il semblerait que le bilan global soit encore pour l'instant favorable au président élu dans ses troupes. Ce que ça peut vouloir dire si tôt dans le mandat relève à mon avis de l'ésotérisme, au-delà de quelques vérités générales "identifiantes" pour beaucoup d'Américains, comme le fait que pour nombre d'entre eux, il représente encore le majeur dressé contre l'entité méphitique qu'incarne Washington (le "système"), qui tient la goupille de la grenade envoyée le 8 novembre. Une enquête intéressante du Center for Politics de l'Université de Virginie se penche plus en détail sur l'électorat de Trump: http://www.centerforpolitics.org/crystalball/articles/center-for-politics-poll-takes-temperature-of-trump-voters-at-100-day-mark/ Où l'on voit un peu plus dans le détail la composition de cet électorat de circonstance dont il reste à voir ce qui est consolidé aujourd'hui, et ce qui peut ou non l'être à l'avenir pour le camp Trump. Pour l'instant, la satisfaction semble être encore là; évidemment, à ce stade, c'est encore purement du psychologique, de la perception, même si les remous autour de l'éventuelle réforme du système de santé ont touché du monde. Je me suis surtout intéressé, pour voir la tourmente dans laquelle sont les démocrates, à la part de l'électorat Trump qui a voté Obama au moins une fois, soient environs 20% (du vote Trump, pas du vote en général): c'est vraiment l'électorat flottant qui vote avant tout pour la disruption, quelle qu'en soit l'incarnation, aux côtés de leur équivalent dans le camp de l'abstention (évidemment moins facilement chiffrable). C'est aussi une proportion qui rejoint, sans doute sans exactement se chevaucher avec elle, la proportion de gens qui ont dit voter Trump tout en le détestant (démocrates et indépendants anti-hillaristes, conservateurs votant par discipline de parti....). 43% disent par ailleurs avoir plus voté contre HRC que pour Trump, et, fait notable, autour de 20% ont une vue favorable de Bernie Sanders et de Joe Bident (dont l'équipe vient d'annoncer qu'ils sont en train de tâter le terrain pour 2020). Les tendances générales sont une chose, leur géographie en est une toute autre, et si on veut réellement commencer à pouvoir prédire les directions générales, il va falloir se pencher sur ce qui se passe côté démocrate, autant pour jauger de ce que vont faire ces 20% de trumpistes qui ne sont pas réellement trumpistes, que pour évaluer les choix et le comportement de cette portion des abstentionnistes (surtout dans les Etats et zones censément démocrates, ou plus "étatistes") qui a choisi sciemment de ne pas voter du tout, ainsi que ceux qui ont voté par dépit pour les candidats tiers (ou encore ceux qui ont sciemment invalidé leurs bulletins, en certains endroits en nombre suffisant pour changer le cours de l'élection). On notera aussi le niveau élevé (86%) de méfiance et d'absence de confiance envers les médias, dont le discours général a tendance à marcher en faveur de Trump auprès de cet électorat qui semble plutôt perdu comme audience pour tout ce qui n'est pas Fox.... Et encore: vu ce qui se passe en ce moment chez les Murdochs, il semble que le network s'apprête à perdre du monde.
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Et tu ne démontres là que ton ignorance totale et complète du sujet dont tu traites, en créant ici une fausse opposition entre deux hommes de paille symboliques et sans grand lien avec la réalité (ou seulement avec les extrêmes du spectre) qui conviennent à tes conclusions pré-établies. Mais t'as raison, reste avec les classiques: ça ne fait avancer aucun schmilblick, sinon tes propres certitudes, mais, hé, on a tous besoin d'auto-validation. Et la méthode Cracou: attaques d'emblée, recherche immédiate du "gotcha", antagonisation préventive, invectives et condescendance permanente, exigeant des autres ce qu'on n'exige pas de soi-même. Non, une incitation à travailler un sujet qui est un domaine académique légitime autant qu'un secteur d'activité, non aisément résumable en un ou deux paragraphes sur un forum de discussion. J'ai fait un certain temps de formation sur le sujet, et l'ai un peu pratiqué professionnellement, donc les généralités pontifiantes et décalées ont tendance à m'irriter quand elles sont en plus assénées avec aggressivité et mépris. Comme c'est le cas pour beaucoup de monde il me semble. Si tu connaissais le sujet, tu verrais que la phrase à laquelle tu fais référence est exactement dedans. !!! Regarde un peu au-delà de ton ego, de temps en temps: arrêter une discussion parce que l'autre est bouché à l'emeri ou que l'échange ne va nulle part me semble une réaction plutôt rationnelle. Mais cette remarque en dit beaucoup sur toi: apparemment, le but du forum est de jouer à qui pisse le plus loin dans des échanges sur un point spécifique d'un topic plus large (ici, bien plus large) au point de le polluer durablement et de perdre son temps, dans l'hypothétique espoir d'avoir un "vainqueur" et un "vaincu" imaginaires, qui existeront d'autant moins que rapidement, dans un tel va et viens, toute idée d'avancer le schmilblick s'efface devant la seule urgence de marquer des points (qui ne sont réellement marqués que dans la tête des participants). Puisque tu aimes les explications avec du vocabulaire économique, on va essayer: désolé, mais les "incentives" ne sont pas là pour justifier l'enferrement dans de tels échanges. T'as quelque chose pour motiver la demande? Faut sortir du bac à sable, sérieusement. Par exemple, pour moi, après ce post aussi inutile que le tien, je vais m'arrêter: j'ai dit ce que j'avais à dire, et vu l'échange, y'a pas grand chose d'autre à ajouter. Encore une fois, on n'explique pas par les extrêmes du spectre. Et tu te fais vraiment beaucoup d'illusions sur ce que sont les "grands médias" actuels, et sur la possibilité concrète de leur faire rendre des comptes sur la grande majorité de ce qu'ils produisent. A encadrer, à exposer pour les étudiants: apparemment, tu n'as pas vraiment compris ce qui s'est passé cette dernière décennie dans le secteur des médias. Reste dans ton XXème siècle confortable. Une niche n'est pas le marché, et le marché ne peut être qu'une somme de niches. L'exception n'est pas la règle. Comment l'expliquer plus simplement? Aaaaah, encore le grand complot tancrédien pour noyer le poisson sur tout et son contraire: grand Dieu, je dois être le porte-parole officiel de tous les complots. J'aime beaucoup l'emploi de "scientifiquement débile" dans ta rhétorique, ceci dit: quel support "scientifique" pour analyser ce point m'échappe, mais ça sonne bien. Une meilleure connaissance du marché de la presse et des médias, de leur fonctionnement et de son évolution récente aiderait beaucoup ton propos, ceci dit. Ca lui donnerait un minimum de base. Un travail préalable à la discussion qui serait salutaire, surtout pour quelqu'un qui essaie de présenter le Canard comme un modèle économique généralisable pour l'essentiel du marché et les grandes audiences en pensant sincèrement que c'est un argument. The pot and the kettle, le roquefort et le camembert....
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Simplement l'essentiel des sondages réalisés sur base des items politiques souhaités par la population américaine: tu as peut-être de très beaux yeux, mais je ne vais certainement pas me fendre le cul à compiler une liste des enquêtes et sondages sur le sujet, qui sont aisément trouvables et s'accumulent depuis des années (et encore plus rien que sur la dernière année électorale), et dont j'ai moi-même publié quelques exemples depuis un an sur ce topic. Honnêtement, apprends un peu comment fonctionnent la presse et la sociologie des médias de masse, regarde comment on tourne un débat ou on crée une polémique artificielle pour créer de fausses équivalences en permanence et un relativisme tiédasse, comment on enlève tout intérêt et pertinence à un propos tout en ayant l'air sérieux et intelligent, comment s'est développée la mode de "l'infotainment" scénarisé (modèle qui trouve sa quintessence chez CNN) ou de l'organisation politique déguisée en info (modèle de Fox, développé à dessein par Roger Aisles qui ne s'en est jamais caché), comment l'access journalism (antithèse du travail de journaliste) est devenu la norme, comment le choix des sujets oriente la conversation générale ou comment le martèlement sur un nombre très limité de sujet bouffe la capacité d'attention disponible. Compare ça au modèle économique des grands médias depuis l'arrivée d'Internet (audiences en chute libre, profits croissants sur le créneau info, longtemps historiquement -jusqu'aux années 90- une perte d'argent acceptée pour la valeur de tête de gondole du produit dans un groupe média) qui n'est certainement pas bénéficiaire par la valeur des souscriptions diverses et abonnements, et encore moins certainement grâce au marché publicitaire (en baisse structurelle en valeur absolue -audiences en baisse- et relative -la minute pub, hors certains grands événements spécifiques, ne vaut plus, loin de là, ce qu'elle a pu valoir il y a 15 ans): les programmes eux-mêmes sont devenus le lieu où se déverse l'argent des annonçeurs qui entendent dicter une bonne partie des choix de types de programmes et des contenus (et donc la ligne éditoriale pour l'info), et non plus seulement "encadrer" le ton général de l'info (ce qui était déjà choquant) comme au "bon vieux temps" de la boîte à cons et de son obsession pour la ménagère de moins de cinquante ans. C'est une version plus poussée du publi-reportage ou du native advertising, de la pub déguisée en info. On fait ça pour des produits, pour une marque, mais aussi, plus sûrement, plus finement, de façon plus diluée (usage plus "stratégique"), pour un programme politique, des tendances qu'on entend impulser à la conversation générale.... Ca n'est pas une théorie du complot, c'est un fait simple et une branche des grands cabinets de com et des médias qui n'a cessé de se développer depuis presque 2 décennies. Aux USA, avec le degré de pénétration du big business dans l'activité politique et la scène publique, personne ne met beaucoup de forme pour le nier. Mais croire que la pub et donc l'intérêt des annonceurs se limitent aux espaces entre les programmes ou à l'occasionnel placement de produit, c'est avoir 50 ans de retard sur le métier. Un des principe des Beltway Medias, juste comme anecdote: mets un créationniste et un scientifique sur un plateau télé, et tu as deux opinions légitimées là où il ne devrait pas y avoir de débat; et l'audience réagit selon ces lignes. De même, mets en débat la couleur du ciel au Parlement, et personne ne sera d'accord, produisant ainsi un blocage politique (qui est le but recherché par l'introduction de la question initialement), non parce que les cellules grises ou les yeux manquent, mais parce que l'intérêt pour l'affrontement est là et en vient à dominer tout autre impératif. Si l'intérêt dominant de l'exposant (dans notre sujet, le média d'information) est de faire de l'audience et non de diffuser l'info, la seule valeur qu'aura rapidement la presse est son aptitude à créer le conflit là où il n'y en a pas, et à parler de rien sur un mode conflictuel (en maintenant l'intérêt via divers trucs: des personnalités connues, des événements "voyants"....). Ce n'est qu'un exemple, mais à l'heure de l'info 24/24, de la surabondance médiatique (provoquant la saturation permanente pour l'audience) et du tempo informationnel ultra-rapide (empêchant la "digestion", favorisant les réflexes d'addiction), ça change radicalement le paradigme de ce marché par rapport aux périodes précédentes, quand bien même les principes fondamentaux (annonçeur/média/audience) restent fondamentalement identiques. Et cette temporalité et cette surabondance, soit dit en passant, limitent à elles seules la capacité concrète à se plaindre auprès des journalistes ou à critiquer: tout est "absorbé" et dévalué par le système à grande vitesse, sans grand impact pour son fonctionnement ou les choix éditoriaux: si ta remarque sur l'accessibilité des journalistes dans les rédactions actuelles (à 80% faites de pigistes: va voir ce qu'ils considèrent comme des "sources") avait beaucoup de validité, on verrait des changements dans leur fonctionnement.... J'attends encore. Au cas où tu ne le saurais pas, il n'y a pas, loin de là, que des excités extrêmistes vlogant depuis la cave de leurs parents dans ces médias: des chaînes se sont créées (certaines depuis fort longtemps) aussi bien que des médias écrits, aux côtés des plates-formes comme reddit où on trouve le pire et le meilleur, tout et son contraire. Qu'il y ait un problème de filtrage, de gatekeeping sur des plates-formes aussi vastes, c'est certain, mais ce problème existait aussi l'an dernier et il y a 5 ans, et ne semblait pas causer d'insomnie aux annonceurs: le timing est ici un peu louche, et la punition trop soudaine, trop concertée, trop organisée, et trop collective pour être honnête. Là, le bon grain et l'ivraie ont été touchés sans faire le détail, si bien que tout ce qui cause de l'actualité, quelle que soit l'approche (journalistique ou délirante), a par exemple été démonétisé. A petite échelle, avec un phénomène culturel qui crée la particularité de sa situation, notamment via un haut degré de fidélité et une saine gestion. Il est cependant très plafonné dans sa diffusion, et ne semble pas être un modèle en expansion. Qui plus est, et surtout à notre époque (où on lit de moins en moins de papier, et où on a de moins en moins le réflexe d'accepter spontanément de payer pour certaines choses comme l'information), il serait très intéressant de se pencher sur la pyramide des âges de son lectorat, parce qu'il y a des chances qu'une bonne partie, sinon l'immense majorité, passe l'arme à gauche dans la décennie qui vient, à un rythme non compensé par les nouveaux abonnements. Mais un cas comme le Canard (malheureusement) est assez unique: merci de citer l'exception qui confirme la règle. T'es sûr que tu comprends la façon dont les médias fonctionnent? Quand l'annonceur dicte le contenu, tu n'es plus un média, tu es un porte parole (bon, c'est une forme de média, au sens le plus strict: un intermédiaire), un porte voix. L'organe de presse est celui qui attire les paires d'yeux par son contenu, et vend cette audience à un annonceur: dans le principe essentiel, rien ne change. La question ici est le rapport de pouvoir, et c'est lui qui a changé: Google s'est aplati pour faire du publi-reportage, c'est essentiellement ce que j'ai dit. Le tout au nom d'un principe générique de lutte contre les "fake news", les vidéos d'ISIS et autres joyeusetés du genre, soit en théorie une bonne direction: la réalité de l'implémentation va cependant plus loin, puisque cette censure ne se limite pas, très loin de là, à de tels champs d'application. Tout comme l'Eglise en son temps a étendu le champ d'application du terme "hérétique" pour en venir à condamner et se débarrasser de tout ce qui pouvait l'emmerder et lui compliquer la vie (ou l'ego de tel ou tel prélat). C'est plus commode. Simplement dit, le rapport de force entre médias et annonceurs a totalement changé depuis 15-20 ans, plus qu'il ne l'a fait depuis le XIXème siècle: la presse est faible (audience par média écroulée, abondance quasi infinie des supports, chute du coût de l'accessibilité de l'info, multiplication des organes de presse et plates-formes), les annonceurs (plus concentrés et politiquement organisés que jamais depuis l'époque des barons-brigands) sont tout puissants. C'est donc leur parole qu'on entend, presque sans distortion, juste avec un peu d'habillage. Il y a un tas de bonnes et de mauvaises raisons qui expliquent pourquoi les paires d'yeux et le temps de cerveau disponible ont fui les médias traditionnels depuis 15 ans, surtout dans le domaine de l'information; et l'aseptisation du journalisme, tout comme son alignement vers un champ intellectuel bien plus limité et souvent orienté dans une direction globalement unique (avec de menues variations qu'ont fait mal passer pour des divergences profondes), en font partie. Oh, c'est trop mignon! Y'en a qui y croient.
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Référence à l'étude en question, par les deux compères, à Princeton.... Et malgré sa qualité et la faiblesse des critiques à son encontre (malgré un processus de revue rigoureux).... Elle n'a quasiment rencontré aucun écho dans la presse qui a opéré un vaste silence radio sur la chose, entre autres raisons parce qu'elle y est largement incriminée comme agent du pouvoir de l'élite, présentant un faux pluralisme au service du consensus des différents groupes gouvernants. https://scholar.princeton.edu/sites/default/files/mgilens/files/gilens_and_page_2014_-testing_theories_of_american_politics.doc.pdf On voit le même mouvement partout: il y a une guerre quasiment sans publicité qui est livrée depuis quelques mois sur Youtube et d'autres plates-formes comparables, contre les divers opérateurs de "médias alternatifs", quelle que soit la forme (vidéo, écrite....) de leur travail. S'il est vrai que la valeur de ce qui est ainsi produit est très inégale (vraiment très) et sans contrôle (type "gatekeeping") suffisant, la réaction est pour le coup complètement disproportionnée, mélangeant la colère des élites en place et de leur discours imposé (faux consensus, fausses équivalences, censure molle, pensée unique, orientation complète du choix des sujets et angles de vue....) contre ces lieux de libre expression (et leurs abus légitimement critiquables et parfois inquiétants), la crainte d'intervenants extérieurs (comme le "cas russe") et la pression des annonceurs contre tout ce qui peut associer leur marque à des types de messages considérés comme non désirables (on comprend que Coca ne veuille pas voir une bannière pub pour ses sodas apparaître sur une vidéo d'ISIS, mais ça va bien au-delà de ça). Les youtubeurs (et autres) ont été frappés ces dernières semaines par une baisse massive de revenus (sans explication) pour tous types de contenus "criticables", et plus que tous autres, pour ceux qui font du journalisme ou du commentaire d'actualité et de faits de société, dont les vidéos ont été essentiellement démonétisées (cad sans pub), suite à un retrait assez massif des annonceurs qui ont ainsi fait pression sur Youtube, donc sur Google. L'événement a été aussitôt appelé "Ad-pocalypse" et n'en finit plus de faire l'objet d'une colère massive des youtubeurs, hors de ceux qui continuent à bien vivre d'un matériel non polémique, soit essentiellement du divertissement/sport et des conseils pratiques dans tous les domaines du quotidien (cad ce qu'on trouve sur les médias tradis). Essentiellement, Google réagit comme les chaînes de télé, en s'aplatissant devant les annonceurs et le pouvoir (politique et "sociétal" -cad les groupes bien représentés près du gouvernement, dans les médias et dans diverses institutions faiseuses d'opinions), en promettant de tout faire pour qu'il n'y ait que du pain (virtuel) et des jeux (et du futile en général) sur ses plates-formes. Et ils vont plus loin encore puisque, on l'a appris cette semaine, le géant du Web se consacre actuellement, dans la lignée de Facebook et sous le prétexte de la "guerre aux fake news", à opérer un vaste mouvement de censure non seulement sur Youtube, mais sur son moteur de recherche, pour prioriser absolument les résultats "fiables", ce qui, dans le contexte des sujets politiques, d'actualité, de société.... Veut dire "les médias traditionnels" (ceux qui sont déjà complètement vendus). Nos recherches internet vont commencer à sérieusement changer de gueule dans les semaines et mois à venir. Le tout est au service de ce "faux centre" de la scène publique, qui n'en finit plus depuis 40 ans de s'éloigner (par la droite sur l'économique, par la gauche sur le sociétal) de ce qui serait plus ou moins le vrai centre si on avait une politique représentative: de fait, les partis sont "mal placés" par rapport aux courants d'opinions plus ou moins cohérents, trop insatisfaisants pour leurs électorats, avec des oppositions et chevauchements entre eux qui ne collent pas. Les partis de gouvernement seront toujours des coalitions plus ou moins cohérentes, mais ils le sont beaucoup trop devenus, alors même que les consensus tacites entre partis sur certains sujets fondamentaux sont devenus trop importants de leur côté. Le résultat en est une offre politique dont les groupements et lignes de fracture n'ont que peu à voir avec ceux de la population (pour rappel, en France, le mouvement ouvrier et l'affaire Dreyfus, puis dans une moindre mesure le gaulisme, furent les derniers grands faits et moments redéfinissant les camps politiques.... Y'a besoin d'un update). Ce n'est nulle part aussi vrai qu'aux USA, où les deux grands partis sont en décalage complet avec les préférences de leurs électorats de base et élargis, avec ceux des indépendants "ralliables" lors d'une élection, et avec ceux de la population en général, dès lors qu'on envisage la chose item par item sur une liste de grands choix politiques.... Où il y a de fait un consensus majoritaire dans la population, nié par les deux bords (salaire minimum, couverture santé universelle, OPEX, coût de l'éducation, avortement, argent en politique, contrôle des armes individuelles.... Que des sujets où une vaste majorité va dans le même sens). Si le système politique représentait la population, gauche et droite se redéfiniraient sur de toutes autres lignes, et le centre -donc le "consensus mou", la "pensée unique" qui tend toujours à en émerger- serait très différent, et très loin des positions actuellement martelées sur les médias dominants.
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Disons que tant qu'ils sont cons au point d'avoir ce besoin irrépressible (aaaah, les ados et jeunes pleins de foutre et d'hormones, désespérés de trouver une forme de validation externe) de parler de leur idéologie et d'écrire des textes dessus, ils sont pas trop dangereux car hautement repérables.
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Si les USA commencent à devenir une alliance trop chère, les SudCo se mettront dans l'orbite de la Chine, sur un mode de finlandisation calme qui leur profitera tout en compromettant gravement la position américaine, avec au passage, à une échéance plus ou moins longue, sans doute un certain coup pour le commerce américain dans la péninsule. D'un coup d'un seul, les USA perdront toute tête de pont continentale, un acheteur important de productions militaires (et les Coréens pourraient en plus monnayer la technologie américaine qu'ils possèdent auprès des Chinois) et un partenaire commercial majeur. Joli coup, effectivement, pour quelqu'un qui croit être en position de force parce qu'il a le plus vaste arsenal et ignore les fondamentaux du "world business". La position géographique est une ressource rare, le commerce est un business juteux. Et si elle était une puissance, elle serait un concurrent dangereux de plus pour les USA (avec des intérêts propres et définis, des ambitions et des moyens conséquents à leur service) au lieu d'être un supplétif et un acheteur; une Europe puissance ne serait plus cliente de la force militaire et du matériel militaire américains, soit une énorme perte sèche et un sujet de dépense encore plus importants vu que les USA devraient avoir des plans, des contingences et un dispositif militaire prêt à faire face à cette nouvelle menace potentielle sortie de nulle part.... Sans même une emprise sur le continent ou des relais de proximité pour avoir un dispositif capable de frapper aisément, sauf si le RU devient un pur protectorat militaire qui du coup serait cher à acheter. Les alliances, c'est plus rentable que les ennemis, de beaucoup. Encore une fois, oublier ces réalités basiques au nom de l'économie de quelques milliards revient à rapidement avoir à payer des dizaines de milliards et une situation générale plus hostile. La pire hypocrisie de cette rhétorique américaine étant, dans le cas de l'Europe ou du Golfe, que les Etats concernés payent très cher cette alliance, via leurs achats militaires et d'autres modalités (partie des frais d'entretien des troupes et matos US....). Je ne sais pas s'il y a beaucoup de diplomates américains qui croient vraiment que des Etats européens achèteraient le moindre matos youesse s'il n'y avait pas l'OTAN, mais si c'est le cas, ils se sont gourés de carrière. Et s'il y a des politiques dans le même cas, ils vont au devant de graves désillusions s'ils pensent pertinent de jouer cette carte. Si les augmentations de budgets militaires européens commencent vraiment à avoir lieu et à durer, les pays concernés vont vouloir qu'une plus grande part de ce gâteau reste chez eux, et l'industrie du continent a des chances de reprendre des couleurs, mais si là-dessus, les ricains commencent à monnayer plus cher leur alliance, à la rendre plus conditionnelle, il devient nettement plus certains que le gâteau restera à la maison et n'ira pas chez Boeing, Raytheon, BAe, Lockheed et compagnie.
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Il se contente sans doute d'évoquer ces choses à voix haute, comme ça semble être la "méthode" que ce président croit être intelligente, et il n'y aura probablement pas de suivi. Mais ce faisant, il semble incapable de se rendre compte qu'il endommage la crédibilité et/ou l'attractivité de l'alliance américaine, tout d'un coup moins stable, plus conditionnelle, moins crédible, ce qui est très dangereux quand elle implique cette donnée plus éthérée (et moins nécessairement certaine) de la garantie ultime, militaire et nucléaire (parce qu'aucun traité au monde ne peut réellement garantir que les promesses seront respectées, ce qui fait reposer un accord de ce type sur des facteurs informels, sur un certain type de confiance). Trivialiser une telle alliance, même si seulement verbalement comme le fait Trump, c'est dangereux, inutile, contre-productif, tout ça pour, au mieux, grapiller quelques clopinettes, mais sans doute juste afin de "parler" à son électorat avec sa posture de matamore. Les Sud-Coréens vont sérieusement commencer à calculer et agir différemment, si ça continue, et comme souvent dans les affaires d'Etat (où tout est vaste, complexe, faiblement couvert, couvrant une immensité de détails), ça ne se verra pas du tout ou pas beaucoup pendant longtemps, et quand ça sera enfin noté, ce sera pour des trucs de grande conséquence.
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terrorisme Daesh
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Politique etrangère / Relations internationales
Toi, tu as vraiment besoin d'aller faire dodo. -
terrorisme Daesh
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Politique etrangère / Relations internationales
Comprends pas: l'info est largement diffusée, y compris par des organes de presse respectable, et n'a, fondamentalement, rien de très extraordinaire: 3 glands ont été pris dans un "stampede" ("panique", "ruée") d'un troupeau de sangliers, et se sont fait dézinguer par ces petites bébêtes dont on oublie souvent qu'elles sont très dangereuses (mâchoires pouvant sectionner un membre, défenses pouvant tuer net, puissance d'impact résolument dissuasive, agressivité parfois terrifiante). Le genre de mort plutôt bête/peu glorieuse qui arrive souvent dans les guerres, et qu'on ne signale généralement pas, comme les accidents de voiture (nombreux), les maladies (surtout vénériennes), les chutes idiotes (telle cette militaire américaine morte noyée en tombant d'un quai alors qu'elle reculait en tenant en joue un groupe de prisonniers).... Enfin, l'histoire est marrante rien que pour le jeu de mots que j'ai vu passer: ils ont été tués par "Squeal Team Six" ("squeal" = hurlement aigu, aussi utilisé pour qualifier le couinement/groinement du cochon) . -
Allemagne
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Wallaby dans Politique etrangère / Relations internationales
Pas à 18 ans, mais pendant et à la sortie l'ENA, crois-moi, il y a peu de gens qui n'ont pas un plan, surtout ceux qui se sont découverts assez tôt de l'ambition dans le "grand business": à Sciences Po, on les reconnaît à 10 kilomètres, on sait à quelles assoces ils vont aller (en y faisant leur shopping indifféremment: la couleur politique importe peu, l'important c'est l'opportunité qu'on y trouve), et on sait exactement qui ils vont fréquenter et éviter. Quelques noms sont même entrés dans la légende de l'école, cad ce qui est gravé dans les portes des toilettes des hommes au rez de chaussée rue St Guillaume.... Et effacé sous le règne néfaste de feu Descoings après des décennies de préservation de ce grand type d'art pictural. Et une fois dans les prepENA et dans le round des concours, c'est un activisme spectaculaire pour peaufiner le plan: une fois dans l'école, c'est du réseautage avec un objectif clair (et quand même un peu de boulot parce qu'il faut une bonne place sur le classement de sortie.... On va quand même pas finir à la préfectorale, non plus). -
Allemagne
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Wallaby dans Politique etrangère / Relations internationales
De nos jours tel que ça fonctionne en France, ce serait pas un vrai dommage politique, surtout vu son électorat: le point n'est pas tant qu'il en ait honte aujourd'hui ou quoique ce soit de ce genre, c'est de savoir la façon dont il envisageait la chose au tout début. Une fois le mensonge adopté, on s'y tient pour "garder le cap", ne pas avoir l'air de quelqu'un qui cache les choses.... Après tout, Jack Lang est encore officiellement "marié" . Et contrairement à tout ce que j'ai pu croire, j'ai halluciné, à l'époque où j'étais assistant parlementaire, que l'ancien "j'ai failli être quelque chose en politique, si, si je vous dis" philippe Douste-Blazy n'en étais PAS (encore aujourd'hui, j'ai du mal à y croire). Pour Macron, non que ça ait une quelconque importance en soi sur la scène française, c'est "l'identité" publique qu'il a choisie tôt dans sa vie et sa carrière, sans doute pour des raisons rationnelles: les petites discriminations de tous les jours, les stigmas plus ou moins feutrés qui demeurent même à degré réduit -mais tout compte dans ce genre de carrière- et peuvent jouer même juste une fois au mauvais moment, à toutes les étapes du cursus honorum, le besoin de projeter une image publique donnée, surtout quand on brigue le pouvoir exécutif (qui reste malgré tout, inconsciemment ou non, attaché à une certaine conception de la "virilité" dans des portions non négligeables de l'électorat), l'impact que la chose peut avoir à l'étranger (encore une fois, ce peut être mineur et sotto voce, mais dans ce genre de métiers et de carrières, les plus petits détails peuvent jouer)..... On ne connaît pas ses raisons, et même si beaucoup d'indices semblent pointer dans cette direction (notamment le rôle, très tôt dans sa vie, de la Brigitte comme mentor/tuteur), rien n'est sûr à 100%. Mais le fait principal reste: dans une carrière de haut niveau, chez quelqu'un de si ambitieux, on se tient à son histoire une fois qu'on l'a choisie, et on n'en dévie jamais. Et puis, il a l'air d'aimer avoir la figure de la femme mûre/maman/professeure/guide avec lui, et savoir charmer ce genre de personne, ou il sait donner cette impression; va t-il enjôler la mère Merkel par ce biais? Il va certainement contraster avec le Donald et le Vlady dans le domaine des relations interpersonnelles pour une Angela encore en deuil de son beau Barak, ça c'est sûr. La suite des Feux de l'Amour politique au prochain épisode, avec le retour du jumeau maléfique, la guerre nucléaire qui pointe, le rôle trouble du vil Wolfgang Schauble dans l'idylle naissante entre Emmanuel et Angela.... Que de suspense! -
Allemagne
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Wallaby dans Politique etrangère / Relations internationales
La rumeur (qui est plus qu'une rumeur dans les milieux politiques et journalistiques -souvenirs des "secrets" familiaux de Mitterrand, pour garder les habitudes) est que Macron n'est pas tellement branché Brigitte (ils auraient un autre genre de relations, parce que lui regarde d'autres sortes "d'horizons"), donc dans ton scénario, ça ne poserait en fait aucun problème: une France à deux consuls, comme la république romaine (ça a si bien fini pour elle). Mais si ça résoud la question de la politique polono-russe, et pour revenir dans le sujet, quid de la posture vis-à-vis de l'Allemagne? Parce que là, vu de Berlin, c'est pas Macron qu'on accuserait d'être à voile et à vapeur, mais tout le pays. -
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Tancrède a répondu à un(e) sujet de Wallaby dans Politique etrangère / Relations internationales
J'aurais plutôt été sur un régiment folklo de hussards ailés, tous frais payés: ça a plus de gueule, et de toute façon, ils semblent préférer l'ombrelle nucléaire américaine, aussi moyennement certaine soit-elle. En plus, ils ont l'air de beaucoup nous cracher dessus ces derniers temps.... Donc non! La meilleure option diplomatique reste pour moi de leur bourrer la gueule pour leur faire signer n'importe quoi. Comme des jeunes mariés. -
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Tancrède a répondu à un(e) sujet de Wallaby dans Politique etrangère / Relations internationales
Bien vu.... C'est parti pour la tournée de Vodka-Calva! -
(Sources: Huffington Post, TYT, Mick Mulvaney) Mick Mulvaney, élu au Congrès récemment devenu le nouveau directeur de l'Office of Management and Budget (agence établissant le budget tel que voulu par le président, qui sera confronté à la vision du Congrès), s'était fait pendant longtemps (ca va peut-être changer avec son nouveau job) une image de soi-disant pourfendeur de la dépense publique (dans les limites politiquement opportunes pour lui et son "créneau de marché"), indiquant notamment que l'OCOF (Overseas Contingency Operations Fund: la réserve pour les urgences, soit généralement le premier temps des OPEX non prévues, les besoins soudains et imprévus d'expansion d'un dispositif...) du Pentagone était essentiellement un "slush fund" (une caisse noire) pour des dépenses militaires n'entrant pas dans les limites officiellement fixées par le budget, permettant donc aux politiques de rajouter une couche de dépenses vers leurs sponsors du secteur de l'armement. Et de fait, depuis 2001, les USA ont dépensé plus de 9 trillions pour la Défense, dont 1,7 sont passés par l'OCOF, dont une bonne partie n'a en aucun cas correspondu à des dépenses liées à "l'extraordinaire" des guerres (comme qu'on disait jadis). Bref, ce budget est devenu en majorité un bon moyen d'échapper aux limites qu'on se fixe officiellement et, semble t-il, très artificiellement (compromis politique, besoin de se donner des airs d'économe vertueux/responsable....), du "hors bilan" bien commode pour renvoyer la balle à qui finance généreusement les campagnes électorales et vous garantit un job après la politique. Mais évidemment, c'était une caisse noire quand Obama était président. Maintenant que l'orange moumoutée est au pouvoir, et que Mulvaney est son prophète budgétaire, c'est une dépense utile: le budget Trump prévoit une augmentation du budget de la défense en général, et une du budget pour les OCO en particulier. C'est que ce budget est bien commode: il n'est pas soumis aux mêmes règles et contrôles que le budget "ordinaire" de la défense, il est fait pour être claqué vite, constituer une marge de manoeuvre de court terme, offrir de la souplesse.... Et facilite d'autant les renvois de balle aux copains: c'est là qu'on trouvera les pires proportions de surfacturation, les cas de favoritisme les plus criants.... On connaît le genre. Ainsi, hier, un élu californien signalait à l'attention de Mattis l'entreprise TransDigm Group, qu'il accuse de surfacturer illégalement le Pentagone en abusant d'un monopole de fait qu'elle crée volontairement, comparant au passage l'entreprise au désormais tristement célèbre "Pharma Bro" Martin Shkrelli (repreneur d'une entreprise pharma pris dans une sombre affaire de "price gouging", en mutlipliant le prix de certains médocs -dont beaucoup de vitaux- par un facteur hallucinant). Transdigm est un holding se procurant des pièces spécifiques de machinerie lourde produites par un seul fabricant ou un nombre très réduit; ils rachètent les dits fabricants et multiplient alors les prix de vente par un facteur indécent (joli business model, pour les fans du "libéralisme"), soit exactement le business model du "Pharma Bro", dans un autre domaine. Pour éviter de tomber sous le coup des dispositifs de lutte contre la prédation par les prix (part des moribondes lois antitrust aux USA), ils simulent des offres concurrentes de la part des fabricants.... Qu'ils possèdent tous. Il s'agit donc de monopoles cachés et très spécialisés dont l'élu californien susmentionné a montré quelques exemples de pratiques: par exemple, un câblage dont le prix est passé de 1,7 millions de dollars à 7,8 après le rachat par Transdigm (sans que le produit ait changé). Ou encore un "rotor de moteur" (???je traduis littéralement donc je sais pas ce que c'est.... Et m'en fous un peu) facturé 654 dollars avant rachat, et 5474 dollars après. La documentation interne de la compagnie révèle ainsi que 80% des ventes de Transdigm sont réalisés sur de telles situations monopolistiques qu'elle a créées. Autre problème d'un monopole, et encore plus quand il s'agit comme ici d'un monopole contrôlé par une entité purement financière, l'investissement dans le maintien de la qualité est réduit, si bien que les cas de problèmes avec les produits Transdigm se sont multipliés dans les dernières années (crashant, entre autres, pas mal de drones pour cause de "starters-générateurs" -???- foireux). C'est un problème d'autant plus frustrant quand on parle de pièces si spécialisées, avec si peu de clients: il s'agit de domaines exigeant beaucoup de compétence technique, avec au final une assez faible demande, ce qui rend le client -les forces US- prisonnier du petit nombre de fournisseurs, d'autant plus qu'il y a peu d'entreprises volontaires pour se lancer sur ces marchés (voire aucune). Donc peu de concurrence, et peu d'entrants potentiels. C'est encore plus encouragé par le système américain si prompt à répondre au lobbying et aux donations en tous genres, par opposition à une vraie stratégie industrielle qui demanderait des changements plus profonds. Le "predatory pricing" est surveillé et règlementé, même si très imparfaitement (dispositifs incomplets, moyens de contrôle limités, nombreuses exceptions....), mais de même, la volonté de faire respecter ces règles est faiblarde: 12 filiales de Transdigm ont évité de révéler au DoD qu'elles appartenaient à la holding, selon l'élu californien Ro Khanna, qui s'est lancé sur le sujet. Transdigm s'est refusée à tout commentaire, et son PDG a été signalé comme ayant gagné en 2016 plus de 18 millions de dollars, soit plus que ce que gagnent les PDG de Apple, Boeing ou Citigroup: on voit les avantages à ce business model prédateur, la faiblesse des incitations à la vertu ou de la dissuasion contre les mauvais comportements (déjà bancale, et en plus peu imposée). Et on ne s'étonnera pas non plus, à travers cet exemple, que si les USA dépensent 600 milliards pour leur défense, ils n'en reçoivent certainement pas pour autant, très loin de là. Le budget des OCO mentionné plus haut est le vecteur le plus favorisé pour de tels acteurs industriels qui passent ainsi encore plus facilement à travers les contrôles: le domaine des pièces détachées est un exemple particulièrement sensible où on peut profiter de telles dépenses "d'urgence", même s'il s'agit dans les faits uniquement de renouveler les stocks normaux.
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Allemagne
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Wallaby dans Politique etrangère / Relations internationales
Je doute que quoi que ce soit change dans un tel cas: à la base, la plupart de ces pays ont très peu de monde en Afrique, peu de personnels civils ou militaires, peu de communautés d'expats.... Bref, si un problème de ce genre survenait, ça ne changerait toujours rien à la loi des grands nombres et des permanences: mieux vaut négocier sur le coup avec les pays amis pouvant intervenir que bouleverser toute sa politique budgétaire, diplomatique et militaire pour ça. Ce qui a du sens. Quand le problème est d'une échelle si réduite, de tels "incidents de parcours" font partie du "cost of doing business", sans devenir des intérêts vitaux. Et côté opinion publique, ça se transcrira de la même façon, au-delà, au pire, d'un court moment d'émotion et d'indignation plus ou moins partagé, voire, dans le pire des pires et si des circonstances défavorables s'empilent les unes sur les autres pour créer un mini-désastre sur ce sujet, la chute d'un ministre ou d'un gouvernement. Et après ça la vie continue. Il faudrait que ces pays aient beaucoup plus de monde en permanence, beaucoup plus d'intérêts économiques de plus grande échelle, plus d'échanges structurels, avec les zones concernées, pour que quelque chose change. Et il faudrait peut-être aussi qu'ils aient un peu moins de "Russie potentielle" sur le dos, qui a tendance à occuper leur attention plus que modérément. -
Allemagne
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Wallaby dans Politique etrangère / Relations internationales
Donc si on double la dose de vodka lors du prochain sommet, on peut les gagner à notre côté? Autre plan alambiqué pour forcer les opinions européennes à aller plus vers une Europe puissance avec volonté d'intervention extérieure et acceptation des dangers induits par des territoires outre-mer: on rend BHL célèbre partout sur le continent, on l'impose jusqu'à la nausée (d'accord, ça vient très vite), on le surmédiatise auprès de chaque opinion publique.... Et dès la première intervention, on l'envoie comme correspondant de guerre spécial, en espérant que, devant la caméra, il se prenne une balle dans le brushing (organe vital chez le Béchamel) à l'applaudissement de tous les Européens qui verront dès lors le mérite immense de l'action extérieure. Il est pas blindé mon plan? -
Bien sûr que si: il y a trop d'élus du vieux sud qui n'aiment pas qu'on défigure l'héritage esthétique colonialo-esclavagiste de la Maison Blanche, et en cette semaine de vote sur le plafond de la dette, il n'y a pas forcément toutes les lignes budgétaires pour faire ça. Le doublage d'absolument toutes les surfaces intérieures en or et moumoute léopard (ils utiliseraient bien du vrai, mais y'en a plus assez) a une priorité absolue pour que le petit Donald puisse se sentir chez lui.
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Allemagne
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Wallaby dans Politique etrangère / Relations internationales
Frallemagne, Fritalie, Frespagne, Frhollande.... (et peut-être la plus provocante de toutes: Frangleterre) Non, je ne vois pas de quoi tu parles. -
Ouais, j'ai vu passer ça aussi. Bien marrant, mais te casses pas à chercher: le gars s'est déjà fait retoquer et la chose a été mise sous cloche discrètement. Tout comme les tentatives, dans les premiers jours de la nouvelle présidence, de foutre de la pub pour les produits de Melania sur le site de la Maison Blanche.
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Update sur la polémique potentielle des 107 millions de l'inauguration de Trump (qui n'en a pas coûté le tiers): Christina Wilkie, pour le Huffington Post, a organisé un vaste travail de crowdsourcing avec des centaines de volontaires, pour tracer la provenance de cet argent. Il semble ainsi que les documents envoyés à la FEC (Federal Election Commission, qui centralise les données exigées des candidats électoraux) soient grevés "d'erreurs" et de biais destinés à cacher l'identité des donneurs, comme cela avait déjà été évoqué sur ce fil. Faux noms ou non déguisés, fausses adresses, groupes fictifs ou sociétés écrans.... Tout est bon pour refiler du fric à Donald sans en avoir l'air. Ce qui est peut-être encore plus choquant dans l'affaire que l'habituel cortège de faux-fuyants divers et variés dans ce genre de partouze pour riches donneurs achetant le système continuellement, est qu'ici, la maladresse et la connerie semblent avoir régné, ou bien carrément l'absence de suivi des formes légales même les plus basiques, traduisant un sentiment de future impunité plus important que jamais. Ce pourrait être embarrassant pour Trump étant donné que le comité d'inauguration de Trump, comme sa campagne électorale, sont légalement aussi responsables que les donneurs du bon respect de la procédure. Mais bon, quand on a une liste de casseroles et de conflits d'intérêts comme celle de Trump, c'est peut-être juste un item de plus sur la liste qui reviendra, ou non, un jour lui mordre le fondement quand la situation politique s'y prêtera.