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Tout ce qui a été posté par Tancrède
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Tancrède a répondu à un(e) sujet de Gibbs le Cajun dans Politique etrangère / Relations internationales
Enfin bon, la tendance est quand même lourdement en faveur du Remain: même avant l'assassinat, l'avance prise par le Leave était du ressort du conjoncturel et pas si vérifiée dans tous les sondages. Je ne crois pas qu'il faille voir dans l'événement et son exploitation un moment pivot qui a fondamentalement changé le courant dominant: ces choses là n'ont pas une telle puissance. Je parie toujours sur le facteur trouille. Juste par curiosité: à votre avis, combien de Britanniques sont en France cette semaine pour l'euro? Quelques centaines de milliers? Et quelle est la probabilité que la majorité d'entre eux n'ait pris aucune précaution pour voter par procuration? Spontanément, et pensant à travers de honteux clichés, j'aurais tendance à dire que la majorité des supporters de foot actifs rentrent plus dans le profil des Brexiteurs.... Donc l'Euro (double wink).... Complice du Remain? Si le référendum se joue à quelques poils de couille de chameau, quelques dizaines ou centaines de milliers d'électeurs s'abstenant comptent lourdement, tout comme des événements ponctuels comme une mauvaise météo qui dissuade plus certains types d'électeurs de se décider à aller voter (ce qui pèse lourdement et est pris en compte en temps réel par les campagnes modernes). -
Trump fait paniquer les républicains; si l'on considère que juin est le premier mois -même alors que les conventions n'ont pas eu lieu- de la campagne présidentielle générale (ce n'est pas le cas cependant: le "capital" médiatique et politique accumulé pendant les primaires ne disparaît pas), alors Clinton a pris plus d'une longueur d'avance, moins de son fait que par l'inaction du milliardaire. Cela fait maintenant plus de 5 semaines que la campagne Trump n'a rien changé et pas fait grand-chose au-delà des désormais habituelles polémiques et twitter wars de sa tête de liste, et l'un des points qui l'illustrerait le mieux serait le petit nombre de ses staffers rémunérés: la campagne Trump n'a ainsi que 30 personnes plus ou moins professionnelles employées à plein temps dans tout le pays (organisation centrale ET au niveau local), et pas vraiment une armée de bénévoles qui compenserait. Par comparaison, la campagne Clinton tourne autour de 800 personnels, avec des pics autour de 900 il y a 2 mois (Sanders est allé brièvement jusqu'à 1000). Pour organiser et coordonner les efforts sur le terrain, battre le pavé, former et encadrer les bénévoles, organiser la collecte de fonds et la collecte de données.... Il faut du monde, et il faut une organisation cohérente et "apprenante", qui évolue et se réforme en temps réel. Et ce monde, tout comme cette organisation vivante et évolutive, Trump ne les a toujours pas. Rien que pour la collecte de fond, il est très loin derrière, ayant plus que sous-estimé la dimension de l'entreprise et l'énormité de l'effort nécessaire, et ce alors même que la quantité de pub gratuite (surtout de pub positive ou "non négative", comme une enquête récente l'a montré: sa couverture a été majoritairement positive ou neutre depuis un an, contrairement à Clinton) à laquelle il a été habituée par les médias ne fonctionne plus aussi bien, et n'est plus aussi prête à lui passer ses conneries ou à accepter son discours "libre de faits" sans critiquer. Il apprend seulement à faire des discours en suivant le prompteur, et commence à peine à adopter un rythme de collecte de fonds qui ressemble à quelque chose de professionnel, là où Clinton a 30 ans d'expérience en la matière. Et son organisation n'a littéralement pas d'effort de terrain qui soit à un dixième de la mesure de ce qui est nécessaire, Trump s'étant apparemment persuadé que les logiques, nécessités et impératifs qui gouvernent une primaire sont les mêmes que celles qui animent une élection générale: il n'a aucunement appréhendé le changement de dimension dont la magnitude est de 1 à 7 ou 8, avec un électorat infiniment plus divers, en grande majorité bien moins prédisposé à écouter son discours, et encore moins à pardonner ses erreurs. Et il a encore moins développé la capacité à cibler les électorats clés, tant dans sa posture (dont on a déjà parlé: les "blocs" électoraux ethniques, socio-professionnels, par sexe....) que dans les moyens pour les atteindre où ils sont, qui nécessite un outil adapté: ainsi, par exemple, on sait que l'élection se joue toujours dans un nombre limité d'Etats dit "battleground" ou "swing states", dont le vote a réellement des chances de basculer dans un camp ou l'autre (rappelons que la présidentielle américaine n'est pas une élection directe: qui a la majorité dans un Etat empoche tous les grands électeurs de cet Etat, ce qui donne une lourde prime pour cette forme de scrutin majoritaire), et ces swing states sont au nombre de 8, vu les prévisions actuelles qui ne semblent pas avoir trop changé par rapport aux élections précédentes (il peut y en avoir un peu plus, mais en termes de proba, c'est plus limité). On a ainsi, traditionnellement, la Floride, le Colorado, le crucial Ohio, le Nevada, la Virginie, la Caroline du Nord, l'Iowa et le New Hampshire. Ces Etats reçoivent donc un effort disproportionné de la part des campagnes et des PACs/SuperPACs. Rien qu'en juin, Clinton & Co a dépensé autour de 23 millions de dollars dans ces Etats en publicité, contre.... Zéro à Trump. Le temps passé par Clinton dans ces Etats est incomparablement supérieur. Et Trump, à ce qu'on a entendu et qui a été évoqué plus haut, est passé à 29 staffers permanents cette semaine. Les particularités de cette année rappellent que ces avantages structurels ne sont pas toujours si déterminants, et que l'humeur d'une partie de l'électorat est à la rage et/ou à un sentiment de "mal représentation" que certains analystes comparent à des dispositions pour un candidat de type fasciste (ni radical révolutionnaire, ni ultra capitaliste, ni communiste, ni socialiste) qui peut parler à une portion particulière des "classes moyennes" (ni celle qui a tout perdu ou risque le déclassement à brève échéance, ni celle, très minoritaire, qui aspire ou vise la bonne bourgeoisie); mais Clinton a commencé un travail de terrain qui généralement paye dans le temps long, et, aidée par les bévues et l'inaction générale de Trump, marque des points, parce que quand on parle d'une telle diversité de lieux et de gens, d'un théâtre d'opération si énorme avec une infinité de champs de batailles, grands, petits et microbiens, une tactique de campagne fondée sur les polémiques sur les grands médias et un nombre très limité de grands meetings (où Trump a eu du mal à faire venir du monde ces dernières semaines) ne constitue pas une boîte à outils suffisamment variée, et encore moins une offrant la capacité de porter assez de coups, de mener assez d'actions dans une période de temps donnée. Le facteur qui handicape encore Clinton, c'est.... Elle-même: elle n'est pas un candidat très charismatique, porte ses casseroles, n'est pas fondamentalement très sympathique pour beaucoup de gens, et ne motive pas les foules (elle marche mieux avec, en revanche, les électeurs chez eux, ceux qui ne vont pas dans des meetings mais vont voter quand même -les vioques, quoi- , comme on a pu le voir avec Sanders, même si elle ne motive pas de nouveaux électeurs); l'avantage de Trump en couverture médiatique est désormais un facteur très limité vu que Clinton n'en bénéficie pas vraiment moins (et que pour la partie non gratuite, elle est mieux armée), et qu'il s'agit désormais d'un "mano a mano", une course où on ne parlera que rarement de l'un sans comparer à l'autre. Certaines choses marchent peut-être encore dans le sens de Trump (et beaucoup de commentateurs avertissent que les tendances observées dernièrement ne sont pas absolues et que l'élection sera serrée.... Ce sont les mêmes commentateurs qui riaient de la candidature Trump et de ses chances l'an dernier, donc.....), mais le renvoi de Lewandowski (dans des conditions apparemment peu aimables, vu qu'il a été giclé manu militari, littéralement "accompagné" vers la sortie par la sécurité) et ses circonstances soulignent autant un stade de panique dans la campagne Trump que son amateurisme général (les staffers, pourtant peu nombreux, l'ont appris après coup et se sont lancés dans des commentaires et discussion tous azimuths.... Sur twitter; ce qui permet de voir beaucoup de choses qui ne devraient pas être vues), en partie du à la personnalité du milliardaire et à son mode de commandement aussi impulsif et imprévisible qu'autocratique. Le changement de direction sera t-il salutaire? Est-ce trop tard? Et sur ce, Trump a décidé d'aller en Ecosse pour un voyage lié à son entreprise, avec une étape possible en Irlande (mise en doute vu que les autorités et populations locales ont fait part de leur déplaisir à cette idée). Un petit ordre de grandeur pour le cash: - Trump a commencé le mois avec 1,3 millions de dollars en caisse (Romney au même moment en avait 17 millions) et a levé 3,2 millions en mai (Romney en avait levé 23 en mai 2012) - Clinton a commencé le mois avec 42 millions et a levé 28 millions en mai Et juste pour la note, Bernie Sanders, qui avait levé 27 millions de dollars en avril, en a levé 15,6 millions en mai, en bonne partie après la Californie, témoignant d'une solide base encore prête à contribuer pour le voir "peser" et lancer un mouvement durable. Ainsi, au début du mois de juin, il avait encore un trésor de guerre de plus de 9 millions de dollars, qui sont littéralement des "bargaining chips" pour la suite. Rappelons que le vainqueur de la convention d'un parti récolte l'ensemble de l'argent des candidats encore en lice, qui peuvent cependant s'arranger pour le faire disparaître rapidement juste avant (histoire de "se négocier"), par exemple en le renvoyant aux contributeurs, ce qui a le double avantage d'être en plus peu critiquable. Sanders pourrait procéder ainsi vu que beaucoup pressentent que Clinton estimerait désormais avoir plus besoin de Wall Street que de Sanders ou de la gauche, pour jouer les "rassembleuses". Peut-être un bon pari pour sa candidature, peut-être pas, mais si elle s'affichait ainsi, ça promet une convention mouvementée.
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Allemagne
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Wallaby dans Politique etrangère / Relations internationales
Est-ce que leur problème de recrutement est tel qu'ils envisagent cette solution? Ou bien une autre mentalité se développe t-elle? Ca fait très ancien régime, et si purement contractuel, refusant l'idée nationale; tu m'étonnes qu'une association de militaires s'insurge contre le principe. La France, même révolutionnaire, n'a pas vraiment renoncé aux unités à recrutement étranger dans une proportion variable, même il s'agissait alors d'un recrutement plus idéologique (puis par la suite, avec l'expansion, de la conscription en territoire occupé/annexé) qui remplaçait la relation contractuelle; quant ensuite est venue la Légion, elle a d'abord employé beaucoup de Français (aux activités politiques mal vues) et francophones, le temps de s'implanter dans le paysage et d'être "appropriée" culturellement par le pays à l'époque des nationalismes. L'Angleterre, restée "d'ancien régime", a gardé sa relation contractuelle pour des unités à recrutement étranger, dont il ne reste que les Gurkhas (avec lesquels s'est bâtie une relation spéciale et d'ordre affectif, et une longue histoire) et, dans une moindre mesure, la forte territorialisation des unités "identitaires" (Irlandais et Ecossais surtout) dont l'intégration a été poussée par d'autres logiques (proximité et intégration de fait dans la "nation-île"). Pour le cas allemand, où la conception de l'armée est si culturellement liée à celle de la nation depuis l'unification, tenter de créer ce genre de truc ex nihilo semble bizarre, ou alors les problèmes de recrutement, de rétention, de motivation et de niveau de forme sont beaucoup plus graves que ce qu'on peut lire ici et là, et ce genre de proposition ressemble plus à un "hail Mary" avancé par un énième de ces bureaucrates sortis du moule corporate, dont les armées occidentales semblent désormais si remplies. -
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Tancrède a répondu à un(e) sujet de Gibbs le Cajun dans Politique etrangère / Relations internationales
Tu es normand? Et bien dans ton cas particulier, il n'y a aucune réponse définitive à ces questions qui semblent te tarauder si sauvagement la nuit que tu te sens obligé d'engloutir un pot entier de crème-glacée-de-la-honte vers 2h du matin (oui! Tu crois que je ne le sais pas?) comme si tu était une célibataire new yorkaise, car la seule réponse que tu trouveras est -nécessairement- "p't'êt ben". La question de savoir qui est le "pot de terre" et qui est le "pot de fer" dans le questionnement de Fusilier n'est pas tant d'essayer de déterminer la façon dont l'impact de la "mondialisation" (dont on se sert abusivement comme outil à tout faire pour souligner une affirmation plutôt que de le décortiquer dans toute son immense complexité) affecte une région, une communauté donnée dans un scénario X ou Y (des pays plus petits et moins bien armés ou situés que les "grands" pays européens s'en sortent pas mal du tout), est en fait avant tout la question de savoir si le corps social, politique et géographique dont on parle est capable d'adaptation. Il y a certainement une "taille critique" qui pèse lourdement dans cette équation (même si je ne chercherais pas trop à en déterminer une absolue: d'autres facteurs circonstanciels entrent en jeu qui peuvent la faire varier), mais peu de facteurs jouent autant qu'un degré élevé de cohésion, le sentiment globalement partagé dans cette entité d'être dans le même bateau (ce qui suppose entre mille choses une limitation des écarts de richesse, éducation....), une capacité à s'adapter aux circonstances, et en corollaire, celle de produire de la volonté politique pour coordonner cela. Le problème de présenter l'UE comme une solution pour éviter d'être un nain dans un supposé "nouveau monde" est que l'entité proposée n'en est pas une (et ne promet pas d'être quoique ce soit de solide, décisif et cohérent/cohésif avant très longtemps, ni ne propose quoi que ce soit de crédible ou concret en ce sens), et que son processus de naissance affaiblit ce qui précède et domine encore la scène, avec de vrais outils et un vrai capital pour encore justifier son existence. Je surestime peut-être la valeur de la cohésion interne d'un ensemble socio-politique, mais en l'état des fonctionnements d'organisations communautaires de cette taille, je ne vois dans l'UE (en ce qu'elle est, en ce qu'elle détruit en se fabricant, en ce qu'elle propose et vu les outils employés, et au rythme trop lent qu'elle suit pour ses objectifs) aucune crédibilité, aucun potentiel de création d'une entité politique solide et/ou qui ait des chances réelles de devenir quelque chose dans ce genre, et ce encore plus à notre époque où: - la technostructure de l'ensemble a développé trop et trop vite une mentalité propre qui infecte toutes les élites dirigeantes du continent et les fait agir exclusivement de façon "top-down", même les dirigeants nationaux se servant de la gouvernance européenne pour faire avaler ce qu'ils ne peuvent souvent imposer directement à leur propre pays pendant leurs mandats. Ce parasitage du processus décisionnel démocratique a produit trop d'effets négatifs qui a bon dos d'être nié par le sempiternel argument selon lequel l'UE ne fait rien que le conseil européen ne veuille: il a permis aux dirigeants, entièrement acquis à cette forme de transnationalité, d'acquérir une forte marge de manoeuvre face à leurs propres peuples et à leurs propres obligations, avec l'avantage additionnel que si quelque chose passe vraiment trop mal, ils peuvent encore balancer "c'est pas moi c'est l'Europe" pour se dédouaner (un terme qui vient ainsi de prendre une nouvelle manière de double sens) ainsi présentée comme une espèce de blob menaçant, indéterminable et toujours fautif. Qui est coupable? Personne, vraiment, sinon ce qu'est devenue l'idée d'Europe, moins incarnée par des individus particuliers au pouvoir (dans les nations ou à Bruxelles), et plus la pensée unique qui les gouverne, le marais dans lequel ils baignent en permanence, l'inertie acquise et les dynamiques en place dans les multiples institutions et plates-formes de négociations de tous niveaux qui articulent ce rouleau compresseur en apparence diffus - le pouvoir acquis par ces nouveaux "grands du royaume" que sont les intérêts privés dont la taille est désormais directement menaçante pour la gouvernance, et dont la proximité littéralement incestueuse avec tous les échelons du pouvoir, sont devenus des parasites en soi dont l'action a pour effet politique principal de favoriser un accroissement constant et rapide non seulement des écarts de richesses, mais encore plus de la capacité d'action du politique, et de la capacité des peuples à influer sur le politique (on l'avait vu sur le topic USA, avec cette étude de Princeton sur le poids des plus riches et connectés dans le processus législatif). "L'impression d'être dans le même bateau" est la première victime de telles évolutions. De ce fait, on peut comprendre l'attitude de bon nombre d'Anglais, et, à un certain degré, la faiblesse de "l'argumentation" économique dans son impact: pas mal de monde n'en a rien à foutre, même quand ils le croient, de la perte de 2 ou 3 points de PIB, quand de toute façon la croissance n'est pas partagée par grand monde quand elle est là. Chier! J'ai deux chansons que ces pensées me mettent dans la caboche; vous êtes plutôt quoi, sur ce sujet? Wind of change? Ou Highway to Hell? -
Un article clair sur le sujet, qui résume beaucoup de choses: http://www.nationalreview.com/article/420826/women-in-combat-military-effectiveness-deadly-pentagon Quelques passages illustratifs: L'un des aspects généraux de la question qui me frappe particulièrement est que ce débat est de ces quelques points qui concourt le plus, de nos jours, à accroître dramatiquement le coût d'investissement et de fonctionnement des armées pour obtenir un résultat équivalent ou inférieur; il y a beaucoup de telles causes, quoique peu qui aient une telle ampleur, mais toutes participent de l'effet convergent de réduire l'efficacité globale des unités, des armées et donc de la politique étrangère, sans que leur coût diminue (ce qui, à tout le moins, serait une forme de bénéfice compensant partiellement cette perte). L'autre point qui me fascine dans la globalité de cette question est plus de détail: c'est la façon dont l'efficacité générale est rognée par une somme de petites choses, par exemple le fait que même une femme pouvant passer les critères d'admission tendra néanmoins à être plus souvent indisponible, aura moins d'endurance dans le long terme, aura sans doute un impact sur la cohésion de son unité -en des proportions plus ou moins aisément observables mais néanmoins réelles-, aura plus de chances de coûter plus cher à la sortie -notamment en raison d'un plus grand taux de pathologies durables pour lesquelles il faut payer-.... Et ces "petites choses" (les femmes en unités de combat entre autres, mais l'étendue des problèmes dans le domaine de l'équipement et des politiques d'armement couvrent maints autres sujets dans le forum) sont peu sensibles dans le temps court, parfois niées très fort en raison de circonstances socio-politiques particulières, mais quand on fait le bilan de temps en temps, on voit ce qui bouffe la capacité d'action d'une armée: on obtient moins d'effets pour l'argent dépensé.
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A poids, taille et niveau d'entraînement équivalents (ce dernier point voulant souvent dire que la femme doit s'être plus entraînée, les progrès musculaires étant plus lents chez elle, plus vite plafonnés, et incrémentalement plus durs -saleté de testostérone), il me semble que la différence était d'environs 10 à 20% pour ce qui concerne les performances dans le haut du corps. Cet écart devient effectivement plus important dans le monde réel, puisqu'on suppose que le boxeur professionnel ne s'entraînera pas moins que la boxeuse professionnelle (cad un entraînement de malade qui bouffe toutes les heures médicalement disponibles -les phases de repos, d'alimentation et de travail technique représentant la majorité du temps- dans un calendrier de sportif), voire un peu plus vu que la capacité de récupération tend à être plus rapide chez l'homme pour la plupart des activités (sauf l'endurance cardiovasculaire dans des activités non handicapées par un surcroît d'intensité ou un poids porté -comme un paquetage de combat ), et beaucoup plus rapide dans des activités réclamant une forte intensité anaérobique (bon, pour la boxe, à part certaines activités de muscu en préparation, c'est rarement anaérobique). Après, je ne sais pas si cela peut être bien mesuré, mais il y a le facteur robustesse (ici, la capacité à encaisser les coups et leur accumulation) dont le différentiel existe entre les sexes; quelqu'un sait si on peut quantifier la chose? Sinon, pour ce qui concerne le fonctionnement de l'agressivité, mon prof de krav maga dit souvent que, pour les femmes, il faut solliciter plus et plus longtemps pour arriver à faire sortir "la bête", comparé aux hommes, et quand c'est fait, il y a plus de déchaînement absolu (la femme tendant plus souvent à passer en mode totale agressivité, avec moins de nuances, de "phases" entre le passif et l'actif, ce qu'évidemment, un entraînement poussé permet de relativiser via la compréhension du combat, la maîtrise de ses gestes et la connaissance de soi): sans aller jusqu'à s'enferrer dans un débat inné-acquis, nature-culture, la physiologie semble évidemment jouer un rôle certain (dans des proportions j'imagine variables selon l'individu et la situation), et pas seulement "l'éducation" ou la culture ambiante (ouh, le méchant patriarcat a sûrement encore frappé). Moindre propension à aller spontanément au contact, à envahir l'espace de l'autre, à vouloir faire mal.... Y'a des conséquences, même si les statistiques réelles (cad pas celles avancées à la stalinienne par les "gender studies" qui se gourent depuis 40 ans sur le sujet) de la violence domestique (qui voient essentiellement une parité des sexes dans l'initiation de la violence physique) indiquent que ce n'est pas un sujet sur lequel on peut trancher si simplement. Pour ceux qui regardent, occasionnellement ou non, le MMA, j'avoue avoir été intéressé par le match Ronda Rousey-Holly Holm de la fin de l'année dernière: la branlée qu'a (enfin) pris Rousey est intéressante sur le plan dont on parle ici, vu qu'il s'agissait d'un match de coups, où il n'y a pas eu de phase au sol significative (un fait devenu peu fréquent dans ce sport, surtout dans les matches de Rousey). Fondamentalement, j'ai pas vu une avalanche de coups (Holm est une boxeuse/boxeuse thaï) ni ne peut vraiment évaluer la dureté de la majorité de ce que Holm a foutu sur la tronche de Rousey, mais j'avoue avoir été surpris de la vitesse à laquelle cette dernière a perdu son punch, son agressivité et son souffle, longtemps avant le magistral high kick à la gorge qui l'a achevée. Pour ceux qui l'ont vu: elle a pris un ou deux coups particuliers qui peuvent l'expliquer, ou y'a t-il un facteur de sexe qui explique la chose?
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Ne sois pas si phallocrate, espèce de néanderthal cisgenre et privilégié (oui, c'est du vocabulaire féministe); la comparaison entre athlètes de haut niveau est difficilement représentative tant on parle là de véritables mutants généralement tellement passés à la moulinette de mille et un échelons de sélection (par tous les moyens, y compris le temps, depuis les premiers critériums dans la petite adolescence jusqu'aux sélections olympiques) et d'une spécialisation monomaniaque les voyant consacrer tout leur temps à une activité pendant des années. Ils n'en sont pour ainsi dire plus représentatifs de grand chose. Pour la comparaison entre boxeurs, je ne suis pas sûr -on parle à catégorie de poids équivalente j'imagine- que l'écart soit si gigantesque, mais je ne me prononcerai pas vu mon manque de capacité à faire la comparaison pour ce sport. Pour l'endurance, je crois que je l'avais évoqué plus haut dans le topic, mais effectivement, ce truc de l'endurance est un mythe qui dérive d'une trouvaille scientifique qui indiquait que certains muscles du haut des cuisses avaient chez les femmes une endurance moyenne marginalement supérieure (proportionnellement) face à un certain type d'effort (parce que l'on ne mesure même pas "l'endurance" en général, mais différents types et niveaux).... Ce qui ne voulait même pas dire une endurance supérieure (même marginalement) des jambes, ou même des cuisses, ni une performance supérieure: on était là dans la mesure ultra-fine des processus biochimiques à cet endroit, et au fonctionnement de ces muscles particuliers dans le cycle de l'oxygène dans le corps. Mais bizarrement, le truc a été gonflé au point de d'obtenir cette généralisation complètement stupide -et fausse- qui donnerait un avantage d'endurance aux femmes. Bref, de la légende urbaine sans fondement, mais que tu es sûr de voir brandie par quelqu'un comme "argument".
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Faut pas non plus céder aux sirènes du féminisme universitaire/professionnel qui, depuis ses évolutions des années 70-80, est devenu un délire complet en surenchère permanente qui nie toute réalité à la biologie (sans doute parce qu'il n'y a que des gens issus de la socio, de la psycho ou de la philo dedans.... Et pas les plus brillants), mais qui a su monter un puissant écosystème de lobbying et de modelage des esprits (si on peut encore les appeler ainsi) à la puissance politique et médiatique désormais déterminante, qui dicte les codes de comportement, y compris dans les orientations imposées aux armées (parce que c'est pas la pression interne à l'institution qui réalise ces changements, malgré les problèmes désormais structurels de recrutement). En matière d'agressivité, les femmes ont en moyenne 20 fois moins de testostérone que les hommes: c'est pas un supposé "bridage" depuis l'enfance qui change fondamentalement la donne.
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[BREXIT]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Gibbs le Cajun dans Politique etrangère / Relations internationales
Paris et Francfort sont sur les rangs depuis que le référendum a été annoncé, et ça discute donc à fond depuis quelques années déjà, vu le nombre d'activités qui seraient rapatriées sur le continent en cas de Brexit (rien que la réassurance en fait baver beaucoup): il y a de la logique à souhaiter intérieurement que les britiches partent, et certainement plus d'un politique -même eurobéat- qui le souhaite, tout en étant plus ou moins certain que ça ne peut pas arriver ailleurs, "parce que c'est comme ça, c'est le sens de l'histoire et les angliches n'ont jamais vraiment été dans le trip, un point c'est tout". Croire qu'il n'y a pas de telles certitudes arbitraires (conscientes ou non) chez les décideurs continentaux est illusoire: c'est le propre d'un "air du temps", d'une "pensée unique", d'une idéologie, d'une mode, qui frappe aussi puissamment (quoique différemment) les milieux dirigeants qui, comme tout le monde, se laissent infecter par diverses formes de pensée de groupe (même si avec beaucoup plus d'arguments et d'analyse) auxquelles ils s'accrochent ensuite éperdument, et encore plus quand on y trouve des intérêts individuels puissants (carrières futures dans le privé ou le public, "amis" et soutiens corporate qui sont entièrement acquis à "la cause"....). Suivre la majorité (dans les élites, ce type d'européisme -même si avec des déclinaisons nationales et/ou idéologiques- est absolument dominant) est rassurant sur bien des plans, et la peur corollaire de détonner est paralysante, tant dévier de la ligne générale est mortifère pour une carrière. Aussi, il n'est pas forcément étonnant de voir des dirigeants continentaux brandir la menace, se lécher les babines à l'idée de récupérer des trucs qui partiraient d'Angleterre en cas de sortie, prendre une position de négociation.... C'est pas forcément que pour le show et essayer de terrifier le péquin britiche. -
Le Brésil, le géant de l'Amérique du Sud
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Politique etrangère / Relations internationales
Ca sent plus la sur-exagération de la situation afin d'autoriser une forme ou une autre d'Etat d'urgence donnant beaucoup plus de latitude et d'autorité sans contrepoids au pouvoir en place, qu'une analyse équilibrée des problèmes du pays, aussi graves soient-ils. Y'a des gens maintenant en haut de la pyramide qui veulent le pouvoir, qui veulent impulser leurs orientations préférées au pays, et qui veulent pas qu'on les en empêche ni qu'on aille regarder dans leurs placards. -
C'est de la com', et juste de la com: la voix officielle a parlé, et quiconque doute, critique ou contredit sera cassé. Ils sont à ce point dans la merde, question recrutement? Ca veut quand même dire, au final, une dégradation qualitative d'une certaine portion des troupes de combat, si c'est le cas, les femmes n'étant que la partie visible de l'iceberg. Je ne sais pas si ça aura, par ailleurs un impact sur le taux de rétention des soldats et cadres déjà en place, mais si c'est le cas, c'est une mauvaise cautère sur un jambe de bois. Encore pire si des trucs comme le taux moyen d'indisponibilité (vu par exemple le différentiel très important de blessures de stress et problèmes musculo-squelettiques) augmentent. Surtout si on ajoute le fait des autres trucs, petits et moins petits, invisibles mais bien réels, comme la rapidité injustifiée de l'avancement pour les femmes (vu qu'il y a volonté d'en pousser vers le haut, qu'il y a ces histoires de femmes en unités de terrain qui bossent de fait dans des bureaux et en retirent des promotions plus rapides....): à force, il serait intéressant de se pencher sur ce cas.
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Peut-être pas, mais il suffit d'un ver dans le fruit pour pourrir l'ambiance: des recrues, qui plus est si "structurellement" différentes, dont tout donne l'impression qu'on force leur entrée par tous les moyens, présentent de forts risques de mauvaise intégration, de rejet de greffe. Le ton de ce journal a quand même l'odeur d'un propos dicté d'en haut, comme souvent quand des militaires s'expriment dans un journal (et encore pire dans une parution militaire qui ne répond que rarement à des critères civils de liberté de ton). Tout est beau, tout est gentil, tout le monde est à 120%, le matériel est toujours génial, supérieur à tout ce qui se fait et fonctionne parfaitement, les dotations sont toujours parfaitement adéquates, les programmes d'équipement, de recrutement et d'entraînement sont toujours au top et parfaitement exécuté, et nos troupes sont toujours les meilleures, et le soleil brille constamment, et non rien ni personne ne force l'interviewé à dire cela. Les Américains, en particulier, multiplient ce type de séminaires et de "formations" sur tel ou tel sujet (particulièrement en ce qui concerne les femmes): "sensitivity training", "acceptance training", "sex education", cours anti-viol.... Je me demande combien de centaines d'heures par personnel sont ainsi perdues chaque année, parce que je doute fortement de l'efficacité de ce genre de trucs qui n'ont pour seul avantage que d'offrir aux officiers généraux et pontes de la défense "l'argument" (au Congrès) que tant de dollars et d'heures sont consacrées chaque année à la chose et que donc ils prennent la chose "au sérieux" (message envoyé "donc foutez-nous la paix avec vos histoires de juges non militaires"..... Ils font ça depuis longtemps, et ça n'a pas vraiment d'impact). En aval, n'est-ce pas le genre d'activité qui donne l'impression au soldat américain d'être pris pour un attardé mental par "le haut"?
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Le monde s'est arrêté Le temps a des ratés La voûte céleste pourrait s'effondrer La gravité risque ne plus s'exercer Dieu menace de se mettre en grève Les crêpes refusent de se retourner dans la poëlle Cette semaine a commencé, après 2 ans de procédure initiale et un avis du juge en mai dernier, le procès opposant les représentatifs de l'ex -et très inconnu- groupe Spirit à Led Zeppelin (cad représentants du divin sur terre) pour plagiarisme de leur chanson Taurus (?) dans la musique de Stairway to Heaven (cad la voix du divin sur terre, loué soit le rock), dont les royalties accumulées sur 40 ans sont estimées à 550 millions de dollars actuels (dont je doute que Led Zep ait touché même les sacro saints 20%). Mercredi, Jimmy Page (sa sainteté pour les intimes) a témoigné à la barre, en grand style, dans un procès qui a vite commencé à ressembler à une farce.... Y'a t-il encore un bûcher pour les blasphémateurs?
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T'inquiètes pas pour elle: elle est cul et chemise avec Clinton, très introduite dans l'establishment du parti et essentiellement indéboulonnable dans sa circonscription de Floride, donc confortable politiquement et en position centrale. Mais la principale raison pour laquelle Clinton et les clintonites voulaient minimiser les débats avec Sanders n'était pas par peur de mauvaises performances de Clinton: c'était pour éviter d'offrir une plate-forme visible à un Sanders en mal d'image et de notoriété. Il a pu contourner en partie cet obstacle, mais cela a pris beaucoup trop de temps et n'a pu être fait complètement: il a acquis une notoriété nationale, mais trop tard, et il n'a pas pu réellement se présenter partout, être au contact de suffisamment d'électeurs partout, acquérir une image sur laquelle il aurait pu plus influer (son image nationale a été plus modelée par ses adversaires démocrates et conservateurs, qui ont réussi à en faire un idéaliste doux rêveur aux projets délirants). Sur ce plan, Clinton avait -littéralement- des années d'avance de par tous ses avantages d'image et de temps de présence sur la scène nationale et sur celle de la plupart des Etats (et auprès de communautés particulières, avant tout les noirs du sud, qui ont constitué dès le SuperTuesday la marge d'avance en "pledged delegates" qu'elle n'a ensuite jamais perdu). Sanders n'est, lui, réellement "apparu" au plan national qu'à la toute fin de l'année dernière, et n'a pas pu rattraper ce déficit grave d'image, "d'implantation" dans les esprits, et de crédibilité, devant batailler pour pouvoir avoir une influence partielle sur la définition de son "personnage" national, en grande partie confectionné par des médias plus hostiles qu'amusés, et des adversaires faussement sympathiques.
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Un micro-événement au charme d'anecdote pour le monde extérieur, une mini-révolution au Sénat des USA: le filibuster (pas la version procédurale dont des républicains comme Ted Cruz ont plus qu'abusé ces dernières années, et qui ne demande aucun effort particulier ni ne prends de temps) est un acte spectaculaire qui, dans sa forme pleine et entière (cad rester debout pendant longtemps en parlant continûment afin de bloquer toute l'activité et de prolonger la session en cours sans fin en vue), arrive rarement (il peut se passer des années entre 2 "vrais" filibusters), est aussi commenté et attirant pour les médias qu'il est politiquement inutile, voire mauvais pour la carrière du sénateur qui l'entreprend (c'est considéré comme très mal vu, disrupteur, inefficace et crameur de capital politique). Les filibusters sont généralement un acte plutôt vain et pouvant au mieux attirer l'attention du public sur un sujet, car ils sont essentiellement un témoignage d'impuissance contre les forces dominantes au Sénat et/ou dans le système politique en général, soit une sorte de chant du cygne pour une cause perdue. Le plus long filibuster de l'histoire fut celui du sénateur ségrégationniste Strom Thurmond (légende du Sénat dont il fut une figure très visible et controversée pendant 47 ans, jusqu'en 2003) qui s'opposa au vote sur le premier Civil Rights Act de 1957 (au nom de la ségrégation) en parlant non stop et en restant debout pendant 24 heures et 18 minutes. Comme tous les filibusters, cela ne produisit rien, sinon de le rendre célèbre. Hier, le sénateur Chris Murphy (démocrate, Connecticut) a fait son propre filibuster, non pour s'opposer à une loi, mais pour demander un vote sur deux amendements qu'il proposait, aux lendemains des attentats d'Orlando, sur le "gun control" aux USA. Il a tenu pendant 14 heures et 50 minutes, entrant ainsi dans le top 10 des filbusters les plus longs de l'histoire du Sénat américain (8ème position), et le plus long qui ait été vu depuis 1992 (juste pour souligner que ça n'arrive pas tous les jours aux USA). Vu ainsi, on pourrait se dire que c'est pittoresque, un petit moment de drama politique pour ceux que le sujet peut intéresser et pour ceux qui peuvent être atteints par l'étrange maladie qui consiste à regarder les chaînes parlementaires sur de longues périodes. On peut ajouter des détails comme le fait que, contrairement à d'autres filibusters, celui-ci a constitué en une suite de propos entièrement cohérents et pertinents sur le sujet évoqué, là où d'ordinaire, passé quelques heures, le sénateur faisant un filibuster tend à perdre le fil de son propos ou, surtout, à manquer de trucs à dire dessus (parler en public, ça se prépare.... Et on ne prépare pas plus d'une heure ou deux de discours), si bien qu'il apporte d'autres "munitions" le plus souvent complètement hors sujet: recettes de cuisine, romans.... Fournissent généralement la majorité de la "matière" du filibuster au-delà des 2 premières heures. Un des biais peut être à l'occasion de voir des confrères appuyer votre filibuster en posant une question (pas considérée comme une interruption), ce qui permet de relancer le sujet, mais surtout, parce que le dit confrère devient aussi complice et a préparé sa question pour la rendre très longue, de s'asseoir quelques instants (ce que Murphy n'a pas fait) ou de reposer sa voix; reprendre ses esprits (parce que quelque part, quand on fait ça, on est "dans la zone" mentalement). Hier, Chris Murphy a directement, dans son filibuster, attaqué le Sénat et son inaction (ce qui se fait encore moins qu'un filibuster) et a reçu le soutien en cours de route de la plupart de ses confrères démocrates et de quelques républicains.... Et le filibuster a pour la première fois produit un résultat tangible: Murphy n'a arrêté la danse que quand il a pu être sûr d'un engagement du Sénat pour qu'il y ait un vote sur les 2 propositions d'amendement qu'il appuyait. Il y aura donc un vote sur 4 propositions, les Républicains en ayant ajouté 2, en partie sous la pression de l'événement. Ces propositions ne sont pas gigantesques, ne bouleversent pas la question du "gun control" aux USA, mais leur arrivée au stade de vote et la manière par laquelle elles y sont parvenus, elles, sont une mini-révolution, même si l'émotion des circonstances, les particularités du filibuster de Murphy (sénateur du Connecticut où le très marquant massacre de Sandy Hook a eu lieu et dont il a fait un exposé avec grandes photos d'enfants tués pendant le filibuster) et un certain niveau de ras le bol perceptible aux USA sur l'inaction du Congrès en général et son blocage sur ce sujet en particulier, ont compté pour beaucoup. Personnellement, le truc qui me fascine le plus avec ces filibusters.... C'est de savoir comment ces gens tiennent 10, 15 voire 24 heures.... Sans pisser.
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Tancrède a répondu à un(e) sujet de Gibbs le Cajun dans Politique etrangère / Relations internationales
Quand tu vas voir le ton des médias, les propos tenus, surtout dans les tabloïds et sur les réseaux sociaux, tu parleras de nécrophilie; on n'est pas habitués à voir les médias commenter en ces termes, en France, mais chez les Brits, c'est franchement pervers en plus d'être outrancier. Ils y prennent trop de plaisir pour que ce ne soit pas du ressort de la sexualité la plus animale. Le meurtre lui-même, puer vraiment? Va pas nous monter des théories du complot. Ce qui va puer, c'est l'exploitation de "l'aubaine" politique que cela représente: la posture faussement désolée d'une bande de politiciens sans morale ou scrupule, le déchaînement indécent de journaleux, communicants et "experts" en tous genres qui vont commenter, accuser, déplorer, exploiter, dévier, instrumentaliser tout en se donnant des airs de grands humanistes respectueux.... Bref, le cirque habituel où la seule chose qui ne comptera pas sera la victime (et ses proches). L'article du Monde fait référence à la probable érection de cette dame en icône: c'est ce qui risque d'arriver, dans le plus vulgaire des torrents médiatiques qui se souciera bien peu de réalisme, de vérité ou d'humanité et piétinera tout ce qu'il pourra piétiner pour pouvoir parler du sujet dont il veut parler avec ceci comme instrument. On a déjà Cameron qui raboule en catastrophe de Gibraltar, sans doute la bave aux lèvres et prêt à incarner "l'homme d'Etat" qui rassure et guide de sa main ferme mais tendre, avec la mine attristée et magnanime mais forte.... Enfin, s'il croit vraiment que sa tronche de fin de race peut produire dans ce registre. -
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Tancrède a répondu à un(e) sujet de Gibbs le Cajun dans Politique etrangère / Relations internationales
C'est moins le problème de l'événement en lui-même, par lui-même et pour lui-même: il est de nature à faire réfléchir et reculer un certain nombre de gens, au moins les faire s'interroger, et il s'agirait peut-être d'un nombre de gens suffisant pour se voir dans un sondage.... Mais un événement de ce type devient un objet politique une fois qu'il est sur la scène publique, et un objet est manipulable, malléable et instrumentalisable. Qui plus est, ce n'est pas un objet neutre: il est plus, par sa nature, apte à servir les intérêts du "remain". Vont-ils se priver de s'en servir par tous les moyens possibles, directs et indirects? I THINK NOT! Les médias britanniques ne sont pas connus pour pratiquer un code de déontologie profond et pour retenir la dureté (souvent abusive et disproportionnée) de leur langage, par exemple, et ils sont l'un des premiers outils dont un politique se servira. Il y a de puissants intérêts qui oeuvrent pour le "remain", et donc des budgets conséquents à disposition, de même que des "bonnes volontés" pour ouvrir leurs pages et leurs écrans à ceux dont l'avis va "dans le bon sens". Et il y a un gouvernement et un camp politique en mal de plates-formes et d'angles d'attaque qui font mouche. L'équation n'est pas dure à résoudre: dans les jours prochains, derrière les faux-semblants de "retenue", de "décence" et de "correction", à base de "n'exploitons pas ce tragique événement", le tragique événement sera exploité, abusé et instrumentalisé de la façon la plus éthiquement pornographique possible. Et la caisse de résonance sera employée au maximum pour tourner l'anecdote en tournant majeur et en moment représentatif du camp adverse. Savoir si ça fonctionnera est tout autre chose (ça peut même avoir un effet boomerang), mais ne doutons pas qu'il y a en ce moment même des Etats-majors de staffers et de communicants, du public et du privé, ces spin doctors dont la scène londonienne regorge, qui mettent en place stratégies et plans opératifs pour déchaîner leur offensive, soigner leurs angles d'attaques et prises de position, leurs argumentaires et leurs anecdotes illustratives.... Ca aura peut-être une apparence de débat policé dans sa forme final, en tout cas sur les grands médias "sérieux" (avec des à côtés vulgaires et sanglants sur Internet -médias et réseaux sociaux- et dans les tabloïds, voire dans les débats "physiques" organisés), mais encore une fois, ne doutons pas une seule seconde que ça fera partie d'un plan coordonné aux mouvements calculés et peaufinés par des pros recherchant l'effet maximum. Mon soupçon est que les budgets et "bonnes volontés" bénévoles (de tous échelons) pour cela sont plutôt sans limites, et l'occupation du terrain multi-médiatique est au programme, avec un camp (le plus riche) qui vient de trouver un os à ronger pour s'y maintenir longtemps et attirer l'attention. Leur plus grand problème est qu'ils risquent d'en abuser. -
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Tancrède a répondu à un(e) sujet de Gibbs le Cajun dans Politique etrangère / Relations internationales
Tu ne crois pas que ça fait plutôt pencher la balance dans l'autre sens? "Bouh, le camp des racistes, des attardés et des assassins"! -
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Tancrède a répondu à un(e) sujet de Gibbs le Cajun dans Politique etrangère / Relations internationales
Et sur la compétitivité des productions françaises (et autres)? Et donc par là à l'activité en France, et à ses conséquences sur la population qui peut avoir un pouvoir d'achat. Il semble que de ce côté là, tout ne soit pas dû, loin de là, à l'absence de réformes internes (et encore plus si on mesure l'effet comparatif avec l'Allemagne, qui bénéficie depuis maintenant 19 ans d'exportations qui vont bien mais sans que la monnaie utilisée s'apprécie). -
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Tancrède a répondu à un(e) sujet de Gibbs le Cajun dans Politique etrangère / Relations internationales
Quand une nana se teint les cheveux en blond, son QI baisse, c'est prouvé! Si, si, je l'ai lu dans..... Quelque part. Je sais plus ce que c'était, mais c'était super sérieux.... Avec des images et des pop ups pornos et tout.... -
La désaffection du parti républicain avec Trump semble ne faire que se renforcer au fil des sondages: beaucoup d'élus en place et de candidats font d'impressionnantes et pathétiques prouesses de gymnastique verbale pour essayer de ne pas cracher sur le candidat officiel du parti tout en s'en démarquant, mais n'enrayent pas l'impact de sa candidature sur la leur, et sur le parti et ses perspectives en général pour les élections de novembre, qui ont commencé à sérieusement baisser depuis un mois. La popularité/l'indice de confiance du GOP atteint ainsi un plus bas historique à 32% contre 49% pour le parti démocrate, le plus grand écart mesuré. Mais l'indicateur le plus préoccupant est peut-être (Marquette University Law School Poll, 12 juin) le "enthusiasm gap", l'écart de motivation entre les partis, qui ne fait que grandir: 78% des électeurs républicains pensent qu'ils iront effectivement voter en novembre (-9%) contre 84% des démocrates (+3%), ces derniers indiquant un enthousiasme croissant confirmant une réunification de fait avant les prises de position des chefs (l'inconnue restant l'électorat "Bernie pas Clinton") et une motivation dont les ressorts principaux sont encore difficiles à quantifier (anti-trumpisme, espoir progressiste boosté par un Sanders avec poids politique, volonté de reconquête du Congrès; un "effet Hillary" propre à la personne de Clinton ne semble pas être une réalité forte). Ces chiffres sont encore plus graves qu'ils ne semblent, non seulement parce qu'il s'agit d'une tendance soutenue depuis 2 mois, mais plus encore, parce que d'ordinaire, même quand les choses vont bien, on constate une proportion inverse: le parti républicain mobilise en temps normal mieux ses troupes, en partie parce qu'elles sont très nettement moins nombreuses en terme d'électeurs inscrits, la vaste masse de démocrates étant significativement plus grande (donc plus dure à motiver, rassembler....), plus disparate, moins coordonnée. Le fait de voir un tel écart, qui plus est en croissance, indique donc que le niveau de préoccupation dans le GOP est apparenté à une alerte rouge, ce qu'on voit par exemple dans certaines élections comme la sénatoriale de l'Arizona où la position de McCain, qu'on croyait indéboulonnable (et dont la carrière est terminée s'il n'est pas réélu, vu son âge), est désormais très difficile, alors qu'il doit maintenir un soutien de façade à Trump tout en essayant de bien faire sa campagne. Les bruits de couloirs sur un changement de règles pour la Convention sont donc bien plus que des rumeurs. Les électeurs républicains semblent donc en partie se démobiliser, se démotiver, un fait qu'on voit particulièrement dans la partie la moins trumpiste de l'électorat du GOP, les plus modérés (ou moins "immodérés") et conservateurs classiques, plus éduqués, plus urbains, plus aisés, plus proches des sensibilités "business", d'ordinaire très politisés, très impliqués dans des organisations politiques (et les efforts de mobilisation de terrain qui vont avec) et votant systématiquement.
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Tancrède a répondu à un(e) sujet de Gibbs le Cajun dans Politique etrangère / Relations internationales
Pourquoi? J'ai pas prévu de guetter les incendies d'immeubles ou de maison, voire de les provoquer, pour ensuite faire du chantage aux proprios pendant l'incendie -avec mon service privé de pompiers- en leur tordant le bras pour leur faire signer un acte de vente à vil prix. Ca, c'était Crassus. -
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Tancrède a répondu à un(e) sujet de Gibbs le Cajun dans Politique etrangère / Relations internationales
Ahah! Si Brexit il y a et si ces questions ne se règlent pas de façon à proroger l'essentiel du fonctionnement existant, il y aura de bonnes affaires immobilières à faire dans le Périgord et le Morbihan! Comment ça, je ne pense pas aux choses les plus importantes? Nan mais! Comment ça c'est un raisonnement de petit grapilleur? Pfffff, n'importe quoi! -
On en avait pas parlé quand le sujet avait émergé il y a quelques mois? En tout cas, les féministes râlent et se déclarent soudainement, dans leur majorité, anti-conscription, se trouvant une vocation nouvelle à souhaiter son abolition pure et simple (parce qu'elles sont si "égalitaristes" ), et les quelques réalistes qu'il y a chez elles s'en tapent parce qu'évidemment, voir la conscription réappliquée est hautement improbable, et que même si ça arrivait, on sait très bien qu'il y aurait une forme de répartition des tâches ou une autre qui garderaient les choses en place. Bref, ce truc, c'est du bruit pour rien. SINON, BANDE DE MECREANTS! Il y a 2 jours, c'était l'anniversaire du guide suprême caudillo conducator commandante de sa solennissime orangitude Donald Trump, et aucun de vous ne lui a souhaité! N'avez-vous pas honte? N'avez-vous pas peur ? Il le saura! Il va vous falloir faire 70 fois quelque chose pour célébrer ses 70 ans (le plus vieux candidat de l'histoire américaine, en passant... Oups! je l'ai dit et posté! Ils vont venir me chercher ), sinon, il va vous arriver des trucs. Sur une note plus sérieuse, les esprits se troublent actuellement dans les médias pour essayer de comprendre pourquoi les Russes ont fait savoir qu'ils avaient hacké la base de données du DNC et, surtout, pourquoi ils ont publié les résultats, surtout en ce qui concerne l'opposition research démocrate sur Trump (somme de tout ce qu'on peut trouver sur un adversaire pour établir les angles d'attaques de son action et de sa personne, les points faibles, les éventuels méfaits, les conneries.... Afin d'alimenter la rhétorique contre lui, d'élaborer une stratégie, de faire une architecture pour les débats, de faire les pubs négatives....). Etat-ce le fait de services russes concurrents visant surtout à se prouver auprès de Poutine? Est-ce pour soutenir Trump sans trop en avoir l'air, en désarmant un peu les démocrates (ils passent pour des branques, et perdent une partie de l'effet de surprise et de l'impact de ce qu'ils ont sur Trump)? Si le piratage lui-même a du sens, la publication semble en avoir moins. Qu'en pensez-vous? Beaucoup de choses sont troublantes dans cette opposition research, et avant tout le fait qu'il n'y a dedans rien qui ne soit déjà dans le domaine public: c'est un dossier travaillé organisant tout ce qu'on peut trouver sur Trump de façon ouverte, arrangé pour faciliter le travail des staffers, mais dans l'ensemble, il n'y a rien dedans qu'on ne sache déjà et qui n'ait déjà été utilisé. Certains pensent que, dans la campagne de Clinton (pas le DNC), il y a un autre dossier avec des trucs plus juteux, et d'autres pensent que les Russes n'ont publié que ce qui les arrangeait....
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[Séries TV]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Je réfute l'association entre Ameuwica et la tarte aux pommes: la seconde a été inventée bien avant la première! C'est pas comme si on n'avait pas, par nos puissants programmes de R&D, développé toutes les formes de tartes aux pommes possibles et imaginables sauf une (la tarte tatin date du XIXème siècle) avant que Colomb fasse une erreur de cartographie ou que des zélotes puritains aillent exercer leur liberté du culte là où ils pouvaient empêcher les autres d'en avoir. La victoire de la tarte aux pommes n'est pas américaine, parce qu'elle précède les USA de beaucoup! Nonmais!