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Tancrède

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Tout ce qui a été posté par Tancrède

  1. Je signale la sortie d'une minisérie anglaise appelée The Secret Agent, adaptation télé de l'excellent (limite grandiose) roman éponyme, un classique consacré en fait, de Joseph Conrad. Je ne l'ai pas encore vue: elle est dispo en streaming et je vais m'y mettre. Pour les amateurs d'histoires de renseignement cherchant l'authenticité (des types de personnages, des réalités de la chose....) et une bonne histoire tapant cruellement juste, une des raisons pour lesquelles le roman n'a pas trouvé le succès du vivant de Conrad, étant jugé "indécent" dans sa morale et ses personnages (sans doute un peu trop réels et multidimensionnels).
  2. OK, mauvaise formule; même Monsieur de LaPalisse aurait mieux formulé.... Mais j'ai une excuse: j'étais en train de bouffer un truc sucré.... Et le post ne pouvait pas être tapé suffisamment vite pour que je puisse me re-jeter dessus . Fondamentalement, il n'y a qu'un seul problème causant tous les autres: que le monde ne fonctionne pas comme je le veux et ne fasse pas ce que je dise.... Comment? On me dit que beaucoup d'autres gens pensent la même chose? Ah! Mais juste pour eux! Oups. Autre tentative, avec une réponse de français: c'est tout la faute aux Anglais et aux Allemands! Encore une? C'est la faute des femmes? De mon voisin du dessus? Des cons (vaste programme, on sait)?
  3. Je ne pense pas non plus que ce soit à ce point: les accords de libre-échange avec la Turquie sont un outil déterminant de négociation avec Erdogan, tant son économie, avec tous ses problèmes, est dépendante d'eux, la relation étant extrêmement déséquilibrée dès lors qu'on commence à mette leur existence dans l'équation. S'il faut en arriver là, même les acteurs économiques européens peuvent toujours déplacer les usines en Europe de l'est ou au Maghreb ou ailleurs, tandis que la Turquie ne peut tout simplement pas garder son niveau de développement sans un marché à la fois aussi vaste et aussi ouvert. Simplement menacer de la chose, mettre les accords (dans leur forme actuelle) en question publiquement, aurait un impact dramatique.
  4. Quoique je sois très critique des analyses de Fanon sur ce point, je plussoie ici, ce qui renvoie à ce qu'on a souvent évoqué, y compris sur ce fil même: outre le fait que le terrorisme jihadiste est pour très longtemps un fait permanent dans nos vies et qu'on ne peut donc l'envisager (sur certains plans) que sous une logique analogue à la logique policière (dans le sens où l'on n'y met pas fin: c'est une lutte "éternelle", avec des victoires uniquement contre des mouvances/organisations particulières), le point principal est que la lutte judiciaire, militaire/policière/sécuritaire, la "guerre de l'ombre" et même toute la gamme du "traitement préventif" (repérage, "embrigadement" des parents, déradicalisation), ne sont qu'une moitié de ce qu'il y a à faire. L'autre moitié, sans doute la plus déterminante, est d'avoir un projet de société "dominant" à proposer, un modèle attractif et inclusif qui constitue le fondement, le "moule" principal des horizons.... Soit tout le contraire de ce que les sociétés actuelles, y compris démocratiques et plurielles, et le capitalisme tel qu'il a évolué ces 40 dernières années, s'est avéré capable de faire. A tous les degrés, qu'il s'agisse de la grogne des classes populaires ou des classes moyennes, des tendances populistes ou du vote radical concret (Brexit, peut-être Trump et LePen), de la communautarisation plus radicale (ethnique, culturelle, religieuse) de certaines banlieues ou, à l'extrême, du passage au radicalisme islamiste armé, on a une vaste gamme des symptômes liés aux problèmes (très peu nombreux mais fondamentaux) d'immense portée de notre temps. Les conflits, violents ou non, sont, comme toujours, les symptômes de nos maladies. Et ici, ce qui manque, c'est le sens de l'appartenance à un passé (motivant) et un futur (crédible et attractif) pour des portions importantes et croissantes de nos populations, un sens dont la quête ne peut être amorcée et en partie portée (le reste est individuel) que par la communauté de référence.... Qui reste encore la nation/l'Etat, ce "truc" sur lequel on a craché abondamment et continuellement depuis plusieurs décennies, dont on a sans cesse sapé la capacité d'action et la légitimité sans rien apporter en remplacement. Bref, la nature vient d'encore démontrer qu'elle a horreur du vide. Et ce vide, des choses comme Daesh s'empressent de le remplir.
  5. Il s'agit plus que d'une simple question de "vraies" frontières: - il s'agit aussi d'une question de libre-échange: les flux de marchandises (qui peuvent offrir une vaste soupape pour les clandestins) sont très peu contrôlés déjà dans des frontières "normales", et encore moins quand il y a des accords spéciaux entre pays, surtout limitrophes.... Changer cela induirait des coûts phénoménaux et une autre réalité macro-économique. Si on y ajoute le principe de libre circulation des personnes (dans ses divers degrés et itérations dans et autour de la zone UE) auquel Bruxelles semble religieusement attaché (voir le problème maousse que ça va constituer dans les négos avec le RU post-Brexit), on s'aperçoit de la dimension du problème et de la masse des acteurs, avant tout économiques, qui vont faire bloc pour limiter tout changement - on a aussi le problème de l'époque: imagine le scénario catastrophe d'un Erdogan sans scrupule "ouvrant les vannes" et d'une Europe qui, de l'autre côté, aura fait des efforts et bâti une vraie frontière physique continue en Bulgarie et en Grèce (avec soit un financement de ces deux pays pour la chose, soit un début de "gardes frontières européens" sérieux).... Peut-être pas une "grande muraille", mais quelque chose pouvant gérer la très grande majorité de flux incontrôlés. Que se passerait-il? On aurait des masses d'individus (la centaine de millier devient l'unité de compte de base dans cette histoire) s'accumulant entre deux rangées de barbelés et devenant l'objet de négociations politiques entre l'UE et la Turquie.... Sous les caméras du monde entier et le regard de tous les réseaux sociaux de la planète (ce qui est une chose) et de l'UE (ce qui en est une toute autre). Comme les seigneurs féodaux assiégeant une place au temps jadis se livraient à des "jeux" comparables, l'assiégé faisant sortir les "bouches inutiles" de la place encerclée, l'assiégeant ne leur ouvrant pas le passage pour s'en servir comme instrument de chantage (puisque les laisser passer ou les secourir allègerait la conscience des assiégés): les dites "bouches inutiles", femmes, enfants, handicapés et personnes âgées, crevaient souvent lentement dans le no man's land. Donc un tel problème UE-Turquie deviendrait bien plus une histoire de jeu de nerfs et de volonté politique avec des conséquences directes et dramatiques: qui aurait le plus de contraintes de céder? La réponse est assez claire.
  6. N'exagérons rien avec la formule "élu par le peuple": le "candidat vice-président" est choisi (dans une shortlist qui résulte d'une bonne petite touillade politicienne au sein des instances du parti) par le candidat présidentiel de chaque parti, confirmé ou non par la convention du parti, et assiste le dit candidat présidentiel dans la campagne. Mais c'est un fait constamment prouvé depuis qu'il y a des sondages et enquêtes sur les élections présidentielles.... Le choix du co-listier a zéro influence sur le vote (même Sarah Palin, ou Dan Quayle, qui étaient considérés comme des handicaps plus que des avantages, n'ont pas eu d'impact sur le vote, ne dégoûtant que pas ou très peu de monde de Bush Sr ou McCain): c'est un choix de parti, pour obtenir un compromis politique préalable permettant au dit parti de se mettre en ordre de bataille pour l'élection générale, et c'est un personnage élu indirectement, parce qu'il est le "+1" de la personne qui est élue. On peut même dire qu'il est doublement indirectement élu, étant donné que l'élection présidentielle US est indirecte, passant par de grands électeurs. Mais quoiqu'il en soit, personne ne vote pour ou contre un vice président aux USA.
  7. J'ajouterais la forte dépendance de l'économie turque à l'égard des traités existants avec l'UE, qui eux-mêmes dépendent de bonnes relations avec la dite UE, dont les divisions et la soumission à un agenda ultra libre-échangiste ont des limites, surtout quand le sujet se trouve joint à une moindre sécurité des investissements (instabilité sécuritaire et juridique, disruption économique, pouvoir plus arbitraire), et, plus encore, aux désormais très sensibles questions des flux migratoires et de la frontière avec la Syrie. L'UE pourrait commencer à être moins divisée et plus regardante sur ses relations économiques avec la Turquie, "usine de l'Europe", encore plus avec la grogne populiste montante par chez nous sur les deux sujets de plus en plus joints que sont l'immigration et le "libre échangisme" (insistance sur le "isme"). On pourrait aussi pointer, en matière économique, le niveau de kleptocratie et de "crony capitalism" en Erdoganie, mais je serai plus prudent sur ce point, connaissant mal le degré auquel le mode de pouvoir de RTE et de "l'Etat AKP" a poussé ce trait (hors des limites "acceptables"?). Je ne peux cependant, plus généralement, m'empêcher de me poser une série de questions dont même l'article de Libération (une fois n'est pas coutume: je n'ai pas attrapé de gauchite aigüe) cité plus haut n'a fait que confirmer: - le degré de violence d'Erdogan reflète t-il encore un certain sens de l'insécurité, donc de la fragilité, de son pouvoir? Voire une conscience d'un effritement progressif de celui-ci, en lien ou non avec l'évolution économique (crainte du retour de bâton de ceux qui ont gagné argent et statut, et les ont perdus ou vu grandement baisser ou être fragilisé: c'est bien pire que la rancoeur de ceux qui n'ont jamais rien eu)? - y'a t-il ou non un projet défini de régime plus "purement" autoritaire (je laisse de côté la question d'une ambition de régime plus ou moins théocratique), avec des apparences démocratiques? La destruction systématique de toute forme d'opposition organisée et de l'essentiel des possibilités de libre débat et de critique sur des plates-formes significatives tendrait certainement à le confirmer - l'ensemble des comportements d'Erdogan en politique intérieure et extérieure ces dernières années pourrait-il ne traduire qu'une réaction face à l'effritement de son pouvoir "de fond" (tenu avec des moyens normaux, dont avant tout la popularité, la confiance d'un vaste électorat mobilisé, la confiance modérée d'une masse critique suffisante de Turcs non AKP....), et donc un resserrement plus brutal et directement autoritaire avant tout parce que M. RTE et consorts ne veulent tout simplement pas laisser le pouvoir à quelqu'un d'autre (potentiellement aussi parce qu'un tel changement leur ferait courir des risques personnels)? - quels seront demain l'état des grandes institutions turques qui ont été particulièrement ciblées par les purges erdoganiennes, police, justice et armée? Comme souvent dans un régime autoritaire, on peut beaucoup craindre pour la qualité et la compétence des personnels aux responsabilités à tous les échelons -ou au moins, à partir d'un certain niveau- car les critères primordiaux pour l'avancement et l'attribution de postes ne sont plus exactement les mêmes. Si dans nos pays développés et en paix, on peut par exemple souvent se plaindre de voir promus des officiers généraux à mentalité managériale (gratte papiers tâtillons à mentalité de compteurs de boutons de guêtres) et/ou de sycophantes du pouvoir (au pire) ou de conformistes incapables de faire la moindre vague dans leur sujet d'expertise ou vis-à-vis du décideur (au mieux), dans un régime autoritaire sans capacité d'autocritique ou de remise en question et avec des impératifs affirmés de contrôle absolu des fonctions clés, c'est mille fois pire (cf histoire militaire récente de l'Egypte, pour n'en citer qu'un). Bref, ces institutions turques -et je ne mentirais pas, on est sur AD.net, donc je pense avant tout à l'armée- ne sont-elles pas juste en train de se sur-politiser, mais juste d'une toute autre façon qu'à l'époque du kémalisme dominant, et largement au détriment de la compétence, de la cohésion, de la capacité à définir une politique militaire adéquate? Les à-côtés de ce genre de fonctionnement sont souvent une croissance de la corruption, du népotisme, de la féodalisation de l'institution (qui sert plus de levier de pouvoir pour le "game of thrones" interne à la dite institution et à l'Etat), de la moindre priorisation des logiques fondamentales du métier de l'institution (politiques d'armements -achats extérieurs et conception nationale-, stratégie globale et stratégie des moyens, doctrine, capacités à maintenir coûte que coûte, carte des implantations militaires)....
  8. Sans doute parce que l'armée a déjà bien été purgée, et qu'Erdogan bouge très vite depuis vendredi, bien plus vite que ce que d'éventuels conspirateurs, si tant est qu'ils aient maintenant la possibilité concrète de s'organiser, ne peuvent se concerter, trouver des alliés et relais, être sûrs de ceux sur qui ils peuvent compter, accéder à une masse critique suffisante de matos.... Ce genre de choses n'existe pas à l'état prêt à l'emploi à tout instant: c'est long et délicat, depuis que l'armée en tant que force kémaliste unie et hiérarchisée n'est plus justement ce bloc unifié permanent constituant un contre-pouvoir et opérant des putsch en tant que tel, en suivant la hiérarchie normale. Qui plus est, la troupe (de conscrits) est nettement plus diverse qu'auparavant, moins prône à avoir une quelconque confiance en l'armée ou un attachement si violent au kémalisme, et certainement moins encline à verser dans le coup d'Etat. Mais on ne soulignera jamais assez le travail fait auparavant par Erdogan dans l'armée: elle a déjà été grandement purgée, peut-être moins du "moule" kémaliste pour ses officiers et pros, que de toute possibilité d'organisation à grande échelle en tant que force politique alternative: l'armée en tant que corps unifié où les tièdes et non intéressés sont malgré tout entraînés par une hiérarchie ultra-kémaliste entriste et soudée qui régit son système interne et gouverne un vaste empire économique et un important budget (qui permettaient aussi de contrôler l'avancement et les attributions de postes, d'avoir des prébendes et des reconversion à offrir....), cette armée là a disparu, ne laissant que les "idéologiques" convaincus..... Dont beaucoup ont été individuellement purgés, en quantités suffisantes pour ne laisser que de petits groupes et des individus beaucoup plus coupés les uns des autres (là où il y avait auparavant un regroupement permanent et des communications constantes auparavant, une organisation militaire pouvant devenir politique du jour au lendemain) et sur la défensive, sans possibilité conséquente d'entraîner les tièdes, les opportunistes ou les non convaincus avec eux. C'est complexe un coup d'Etat militaire dans un pays vaste et peuplé: ça réclame beaucoup de préparation, beaucoup de monde.... Donc beaucoup de temps, de moyens, de motivation chez beaucoup de gens. Beaucoup de ces choses ont été supprimées, réduites ou sont devenues très encadrées.
  9. Ouais, mais on parle quand même de l'équivalence (pour la dite théorie du complot) d'avoir à faire beaucoup de lancés de dés, en n'ayant le droit de relancer que si on fait 6.... Il suffit de louper une fois, et c'est la foirade. Un saut dans l'inconnu qu'un décideur dans le monde réel ne fait pas.... Tout comme un rôliste n'aime pas vraiment dépendre de sa choune aux dés.... Même s'il peut quand même le faire occasionnellement parce que ce n'est qu'un jeu et que c'est pour le fun. C'est pourquoi j'ai plus que de très forts doutes sur un Erdogan envisageant même ce genre de billard à 300 bandes comme une option sérieuse: il a beau avoir les moyens de louer les services d'autant de bossus qu'il veut pour caresser leur difformité, je doute que ça lui donne assez de baraka pour risquer ce genre de trucs qui seraient plus à leur place dans un scénario de X-Files ou House of Cards.
  10. Mon point est surtout que ce n'est pas quelque chose qui se planifie réellement ainsi: si on examine comment de telles choses se préparent et se déclenchent (et là on parle bien d'une opération avec des centaines de pièces en mouvement en même temps, chacune ayant un degré certain d'autonomie), il semble douteux qu'un gouvernement, même le plus machiavélique, habile et sans scrupules, soit techniquement capables de faire déclencher une révolte armée par son opposition interne. Et plus encore, je ne connais pas vraiment beaucoup de politiciens qui tableraient sur la réussite d'une telle supposée opération pour pouvoir mettre en place leur politique: beaucoup trop d'efforts, et surtout beaucoup trop de risques (que ça se sache, que ça se voie, que ça dérape et que le contrôle soit perdu dans une direction ou mille autres), pour que ça en vaille la peine.... Surtout quand la dite politique était déjà sur les rails et très avancée quoiqu'il arrive, et même si la position d'Erdogan n'était de toute façon pas en danger. Faire tout ça pour choper le dernier carré des gulénistes juste un peu plus vite, alors qu'ils étaient condamnés et de toute façon pas une menace? Pour mettre en place une politique qui était de toute façon au programme et pas vraiment stoppable, avec un Erdogan fraîchement confirmé au pouvoir? Inutile. Il a juste profité d'une occasion suite à un événement que sa propre politique de purge a provoqué en faisant sortir les derniers lapins du terrier. Ceux-ci ont paniqué et ont eu une réaction qui a sans doute surpris le gouvernement, même s'ils avaient du tabler sur le fait que ça restait une possibilité. Les complots de ce type, ça passe bien à la télé, mais ça implique une telle complexité à tous les étages, à toutes les étapes, que ça en fait des trucs dans lesquels aucun décideur n'a envie de risquer de tremper le doigt. C'est pas un lancer de dés: c'est une série de lancés de dés où on n'a le droit de relancer que si on a un 6..... Avec la nécessité absolue de relancer au moins une centaine de fois.... Ce qui fait vraiment beaucoup de 6 d'affilée à faire du premier coup, sans aucun manquement. Les rôlistes et ex-rôlistes sur ce forum (je sais qu'il y en a quelques-uns, n'ayez pas honte) te parleront des réussites critiques et de leurs probabilités.
  11. Ce ne serait pas le premier "false flag" de l'histoire, mais là, j'avoue avoir quand même plus de doutes, parce que c'est un calcul qui repose sur vraiment beaucoup trop d'aléatoire: si tu es dans la position d'Erdogan, tu es en train de faire ta purge "normalement", via tes renseignements intérieurs et le système judiciaire qui est dans ta fouille, donc tu auras tes opposants, ce n'est qu'une question de temps. On est bien d'accord que si tes adversaires font quelque chose de visible et brutal pour s'opposer à toi, et que tu ne cours pas vraiment de risque dans l'histoire, c'est du tout bénef.... Mais franchement, quel est le niveau de probabilité que l'impression de voir les erdoganiens se rapprocher et leur souffler dans la nuque pousse les dits opposants à lancer une action armée? Je doute que qui que ce soit puisse calculer ça à l'avance, et je doute tout autant qu'il s'agisse de la réponse la plus spontanée, quand bien même il y aurait un putsch en préparation et que faire monter la pression leur fasse risquer de le lancer alors qu'ils ont encore le pantalon aux chevilles. C'est effectivement ce qui est arrivé, mais si on se replace avant les événements, goût pour la théorie du complot à part, qui peut raisonnablement prévoir ce qui va arriver, et surtout, quel stratège risquerait de tabler sa future politique sur ce genre de gambit où le hasard joue un rôle absolument dominant (les choix des opposants sont une totale inconnue pour le pouvoir, le déroulement des événements aussi, et l'issue encore plus). Que dans l'absolu, Erdogan soit capable de ce genre de choses en se foutant du coût humain, c'est peut-être biaisé, mais je suis tout prêt à le croire; en revanche, en termes de calcul politique, il faudrait être un authentique devin et/ou un taré complètement inconscient ou complètement persuadé de pouvoir lancer les dés mille fois et obtenir un six à chaque coup pour tenter une telle chose. Maintenant, ce qui me semble en revanche plus certain, c'est que Erdogan faisait sa purge comme il le fait depuis longtemps; connaissant ou non l'existence d'un projet de soulèvement militaire en cours de préparation, il visait ce qu'il reste d'opposition organisée dans l'appareil d'Etat, et n'y allait sans doute pas dans la douceur ou en faisant le détail, ce qui a pu précipiter le choix du tout pour le tout par des gulénistes aux abois (y'a t-il eu d'autres influences et incitations, voire aides? Ca restera du domaine du fantasme pour l'instant), dont certains l'ont fait même seulement pour le principe, et sont sans doute les jusqu'au boutistes qu'on peut voir continuer encore maintenant. Et en bon politicien, une fois le moment de flottement passé, que fait Erdogan? Il profite de la situation et transforme sa défense en contre-attaque, maintenant qu'il a une situation de crise, donc de grande confusion (et de faible visibilité pour ce qui se passe hors du champ des caméras) et de rassemblement, sinon national, au moins de son propre électorat qui tient le haut du pavé en ne pense pas en termes nuancés pour l'instant. Quand la poussière retombera, et que les Turcs, Erdoganiens compris (en tout cas ceux qui ne le sont pas de façon fanatique) verront à quoi ressemble le nouveau paysage, l'essentiel de la contre-attaque aura été réalisé et il n'y aura pas grand-chose qui pourra y être changé. Les plans d'épuration qui doivent exister depuis bien longtemps auront pu être appliqué en accéléré, avec moyens et justice d'exception et toussa, voire avec quelques "bonus" comme un rétablissement de la peine de mort. Il a pu penser que le putsch était possible, et calculer avec, penser qu'il était probable, penser qu'il était inévitable, ou se faire complètement surprendre par la chose; ça ne change rien. Etant le chef en place, avec un fort degré de maîtrise de l'Etat turc, il avait de la marge de manoeuvre et un fort niveau de "profondeur stratégique" par rapport à une telle opposition, donc quel besoin d'alambiquer des plans qui, dans la réalité, reposeraient essentiellement sur des séries de coups de dés, beaucoup trop pour être des lignes politiques viables ou intelligentes? Trop de choses qui peuvent foirer, beaucoup trop d'incertitudes.... Et surtout..... Il n'en avait pas réellement besoin. Evidemment, vu ce niveau de "confort stratégique", il a eu toute latitude pour profiter de l'événement et accélérer le tempo de ses changements de manière -pour lui- inespérée; et il ne s'est pas gêné, parce que c'est ce qu'un politique fait quand une occasion lui est donnée.
  12. Je crois qu'il y a déconnexion (et pas incompatibilité) entre ce que tu as écris et ce qui t'est opposé: la Turquie a connu des changements plutôt illibéraux ces dernières années, mais comme tu le dis, c'est pas encore réellement dramatique en ce qui concerne les libertés individuelles (on pourrait plus parler des questions de liberté d'expression, de débat public, de presse, de répression politique dans certains secteurs de la fonction publique, sans même évoquer la question kurde dans son ensemble comme dans son détail -parce que les individus kurdes dans les régions "à problèmes" ont certainement connu une détérioration de leurs libertés individuelles et de leurs accès aux opportunités).... Ce qui est plus pointé du doigt ici par ceux qui condamnent avec plus ou moins de nuance la politique erdoganienne, c'est la pente sur laquelle il est, donc son cap, et ce vers quoi la démocratie et les droits individuels turcs semblent s'aiguiller; et sous cet angle, l'avenir ne paraît pas rose pour les droits civiques et politiques des Turcs. Gné?
  13. C'est très mauvais pour la digestion: le docteur recommande de ne pas le faire.
  14. Je ne dis pas le contraire, mais en l'occurrence, sa façon de faire nous est dommageable, donc l'emmerder est légitime de notre point de vue (que nous avons le droit d'avoir). Mais j'évoquais en fait plus les aspects de sa politique extérieure dans l'absolu, notamment dans les aspects faisant usage de la diaspora turque et la travaillant politiquement au corps pour lui faire jouer un rôle et forcer sa loyauté du côté turc, ce qui n'est peut-être pas un casus belli, mais est clairement au-delà de l'action inamicale, surtout dans la façon de procéder qu'il a utilisée, et dans les ressorts sur lesquels il agit, fortement passionnels (religion et nationalisme "charnel"). Si j'y ajoute son jeu sur la frontière syrienne et sa façon d'aborder le problème de l'immigration ALORS QU'IL N'Y A DE FAIT PAS DE FRONTIERE "DURE" ENTRE TURQUIE ET EUROPE, je crois qu'on a le droit de hautement critiquer l'histrion d'Ankara, peut-être dans l'absolu objectif (hautement débattable certes, et parfois de dimension métaphysique), mais certainement du point de vue de nos intérêts. Après, on peut aussi examiner son exercice du pouvoir et ce vers quoi il fait évoluer la Turquie: même examiné de la plus objective et neutre des façons, ça sonnera toujours comme un jugement et une critique parce que nos critères de référence et nos tropismes naturels sur ce forum tendent à être l'Etat de droit, la démocratie, le pluralisme et la liberté d'expression (donc pas trop la peine de s'insurger trop sur un ton semblant agressif à l'égard du régime Erdoganien: quelle que soit la façon de formuler, même le plus neutre d'entre nous ici sonnera comme un critique très réprobateur.... Et si en plus c'est en fin de journée, quand la patience est à bout et la formulation se fait plus arbitraire et catégorique....). Sinon, un journaliste avait pointé du doigt le détail que, quand Erdogan a fait son appel "au peuple" (en fait plus sûrement aux antennes militantes de l'AKP), il l'a fait via Facetime, par un téléphone portable: est-ce le signe qu'il y a eu quand même un certain degré de flottement pendant un moment, au sommet de l'Etat, Erdogan ne contrôlant pas tant que ça les choses pendant quelques heures? Ou juste d'une limite technique due au fait qu'il était en déplacement (enfin quand même, on se dirait qu'un chef d'Etat aurait des moyens d'appel au peuple plus conséquents)? Il y a eu beaucoup de critiques contre les putschistes pour avoir foncé sur les médias traditionnels (cad ceux avec une empreinte "au sol"/"en dur" significative, généralement dans un immeuble) et négligé le contrôle d'internet: c'est légitime dans une certaine mesure, même si on imagine bien qu'ils y ont pensé mais qu'ils avaient des moyens très limités. Et la question n'est pas de "contrôler internet" (concrètement, dans un pays qui exerce un fort contrôle sur la chose, ça peut se résumer à combien d'implantations physiques pour mettre la main sur l'essentiel?), mais d'y exercer une emprise suffisante pour limiter les communications adverses et civiles, pouvoir surveiller, et pouvoir faire entendre sa voix et sa narration de façon conséquente. Quoiqu'il en soit, ils ne l'ont pas fait, mais Erdogan n'a pas terriblement joué non plus sur ce coup, et a grandement dépendu des médias sociaux (qu'il a abondamment censuré auparavant) et d'un accès nettement plus limité à la tribune nationale qu'à l'ordinaire. Il n'avait aucun autre moyen de se faire entendre haut et fort?
  15. Et oui, ça reste le truc chiant du vote: il n'y a pas de condition attachée (au-delà du "je pourrais ne pas re-voter pour toi à la prochaine"), pas de mandat impératif à côté de la case à cocher ou sur le bulletin à foutre dans l'urne.... Faudrait voir ce qu'on peut faire de ce côté, parce que c'est un peu généralisant, comme truc... Voire, ça prêterait même un peu à confusion . Y'a des mecs qu'ont un peu fait les flemmards quand ils l'ont inventé, ce bouzin.
  16. Je ne les légitime pas, en l'occurrence, je pointais, en réponse à ton post, notre droit de critiquer et de juger Erdogan, avant tout parce que son mode de gouvernance (nationaliste et islamiste, avec forte sollicitation de sa diaspora) a un impact sur nous et repose entre autres choses sur une politique étrangère comportant bien des aspects qui nous sont dommageables. Autre raison pour le juger sans être des néocolonialistes..... Parce qu'on le peut (chez nous) . Les droits, c'est comme les neurones: ça ne disparaît que si on ne s'en sert pas. Sinon, je vais résumer ces 24h et plus en Turquie en citant une grande philosophe d'un royaume lointain: "when you play the game of thrones, you either win or die. There is no middle ground".
  17. Il y avait cette image de l'hélico d'attaque straffant le sol: on sait si ça a touché/visé la foule, ou si c'était sur un bâtiment (ou supposément, il peut y avoir aussi des gens)? Même si les chiffres de victimes ne sont pas, dans l'absolu, gigantesques (ça aurait pu être bien pire, surtout vu les armes employées), l'affaire a été vraiment très violente et pas du tout "propre", et la réaction à chaud des civils exposés dans l'immédiat de l'après reddition laisse présager quelques horreurs.
  18. Oui, mais apparemment, ce n'était pas le dernier bastion des militaires kémalistes (qui ont déjà été apparemment balayés comme force politique cohésive et conséquente dans l'armée et l'appareil d'Etat, et ont soit disparu soit existent encore, moins nombreux, et se tiennent cois), mais des Gulénistes, quoiqu'apparemment une faction particulière (plus des ralliés, des opportunistes....) qui a joué un rôle plutôt trouble ces dernières années et se trouvait acculée. Le fait même qu'il ait existé un nombre si conséquent, dans la Turquie actuelle, de militaires gulénistes (encore plusieurs milliers non épurés?) à ce point organisés tendrait à me faire penser que le délitement du système, des principes, de la tradition, des réseaux et des solidarités kémalistes dans l'armée (et supposément ailleurs dans l'appareil d'Etat, surtout sécuritaire), doit être beaucoup plus avancé que ce qu'on pouvait croire. Mais je reste scié par les chiffres de la justice, ceci dit: 2745 juges sur 14 000, qui s'ajoutent à ceux qui avaient déjà été purgés ces dernières années... L'impact va être rude, parce qu'on ne remplace pas facilement et rapidement ce genre de fonctions.
  19. N'exagérons rien, c'est lui qui a quand même la plus grosse portion d'électorat en Turquie, et de loin (y'a rien en face qui soit capable d'approcher de ses scores avec une plate-forme crédible), plus l'avantage d'être celui aux commandes, ce qui, comme partout ailleurs, permet de provoquer un effet de ralliement plus ou moins important quand survient une crise. Maintenant, qu'il grapille quelque chose entre 1 et 3% stratégiquement placés par un niveau inévaluable de triche directe et indirecte aux élections, qu'il contraigne les possibilités d'action et d'expression des autres partis, limite sévèrement le débat, la critique et la libre parole, c'est certain. Tout comme le fait qu'il gouverne en s'appuyant sur les crises successives sur lesquelles on croirait qu'il compte, voire qu'il aide à en provoquer certaines, donnant à son régime bien des caractéristiques d'une dictature qui, rappelons-le, est par définition le régime de l'exception permanente. Mais ça ne veut pas dire qu'en face, il y a une majorité alternative: il pourrait y avoir au mieux, avec les bonnes conditions (dont du calme pendant un long moment), une majorité d'opposition, soit une coalition électorale capable d'obtenir un score supérieur à l'AkP, voire une majorité absolue.... Mais en aucun cas une majorité ayant une aptitude à gouverner, soit une ayant une plate-forme commune viable et des arrangements politiques tenables. Les majorités, au fond, ça n'existe pas vraiment, ou que très rarement: en démocratie, on gouverne au mieux avec 40% de l'électorat (ce qui peut occasionnellement faire une forte majorité si l'abstention et/ou la dispersion du vote sont fortes). Simple: quand le mec qui affirme son pouvoir et modèle sa nouvelle forme de régime de façon de plus en plus affirmée le fait en puisant dans des principes qui ont un impact sur nous. En l'occurrence, il a adopté un modèle politique semi-messianique, à cheval sur le nationalisme turc, voire pan-turc, et sur un islamisme dur avec une forte composante de prosélytisme, le tout permettant une sollicitation agressive de la diaspora turque d'une façon qu'on a le droit de ne pas apprécier pour de multiples raisons dont beaucoup bien bêtement pragmatiques. Après, on peut aussi s'insurger pour le principe de l'atteinte à l'Etat de droit, au pluralisme, aux libertés fondamentales et droits civiques et à la laïcité dans un autre pays (surtout un avec lequel il n'y a que très peu de frontières, mais ça ça renvoie aux susmentionnées questions pragmatiques), c'est déjà plus quelque chose de subjectif lié à notre propre messianisme démocratique (donc sujet à débat). Mais il y a vraiment beaucoup de raisons objectives de critiquer, de pointer des doigts et d'essayer d'agir sans passer pour les occidentaux prétentieux, envahissants ou "néo-coloniaux". Surtout quand le dit pays joue aussi un jeu trouble sur sa frontière sud et sur le point de la question migratoire où il joue les preneurs d'otages. Non, on n'a pas à se gêner pour critiquer et agir. Merci pour l'info et le lien.
  20. Comme évoqué plus haut: une purge sans précédent, un coup d'Etat erdoganien réussi, une emprise désormais sans opposition. Mais quand même: 2475 juges? Il va leur rester quoi? Il y a combien de juges dans le pays? Et surtout, combien y en a t-il capables de prendre la suite immédiatement? Un tribunal n'arrête jamais de tourner, et c'est un rouage essentiel d'un Etat moderne pour que la société et l'économie puissent continuer à fonctionner, qui ne souffre pas de ralentissements trop importants (on voit ce qui se passe dans certains pays occidentaux où la justice est très sous-financée: c'est déjà dur pour la société et problématique pour l'économie, surtout pour les petites entreprises). Un tel effectif de juge qui est viré du jour au lendemain, ça va donner quoi? C'est pas le genre d'effectif anecdotique qui peut passer par pertes et profits dans les marges acceptables du turnover normal: c'est une hécatombe, le genre de chiffre que les écoles et circuits de formation continue de fait dans le système judiciaire ne peuvent pas remplacer avant des années (surtout de manière satisfaisante)! Surtout quand on se rend compte qu'Erdogan en avait déjà purgé un nombre comparable auparavant. La justice turque va être bordélique pendant longtemps, extrêmement aux ordres, avec des résultats dans le temps moyen-long qui ne risquent pas d'être bons pour les affaires (surtout vu la direction et les préférences erdoganiennes). Mais c'est certainement l'épuration finale des Gulénistes, très présents dans la justice. Une telle situation d'un régime décomplexé parce que sans opposition structurée suffisamment forte, même s'il ne sera pas populaire au-delà du bref moment de ralliement face à ce putsch foiré, risque aussi de radicaliser encore plus les Kurdes, qui vont avoir encore plus les jetons et encore moins à espérer.
  21. Ah, ça c'est une autre explication, même si ça soulève la question de la position adoptée par Gulen, qui a nié en bloc et condamné la tentative: ses partisans auraient tenté de lui forcer la main et il les a lâché? L'échec probable de l'opération dès son démarrage l'a dissuadé? Ca concorderait avec le fait que, même s'il nous est quasi impossible de pouvoir évaluer la chose en termes réels, il est reporté depuis maintenant pas mal d'années que le kémalisme militaire s'est fait essentiellement casser les reins par Erdogan (surtout après 2007) et aurait disparu en tant que force organisée volontaire et cohésive.... Ou au mieux existerait encore de façon plus souterraine et ferait le gros dos en attendant des jours meilleurs.
  22. Ca aurait le mérite d'expliquer l'apparente débilité et improvisation de l'opération. Soit c'est ça, et on a une raison structurelle (et peu/pas d'espoir de réussir: c'est vraiment un baroud pour l'honneur), soit c'est un peu de ça dans le fond, mais surtout une improvisation parce qu'ils ont été pressés de se lancer par peur d'être débusqués en cours de préparation.
  23. Il y a donc bien eu une tentative de coup d'Etat en Turquie entre hier et aujourd'hui, et elle a réussi: Erdogan a mis la main sur le pays d'une toute nouvelle façon. Les semaines et mois à venir vont voir une purge, à la fois en douceur et discrète à certains endroits, et visible et tachante à d'autres, comme il n'en a pas encore été vu dans le pays. Une telle prise de position qui invoque un Gulen qui n'a pas fait ou dit grand chose dans l'affaire, c'est un Erdogan qui se renforce dans sa rhétorique poutino-chavézienne: "avec moi ou contre moi", "le bien contre le mal", "l'Etat c'est moi"....
  24. Doux Jésus! Et quoi encore? Tu vas bientôt avouer avoir déjà fait la connaissance charnelle d'une femme hors des liens sacrés du mariage? Mais comment peux-tu encore oser te montrer en public et parler sur ce forum?! Vite, il me faut aller réciter 20 paters et 40 ave, je sens mon âme souillée par ton péché. Note: comment peux-tu être athée et agnostique à la fois? Ca semble une position un peu difficile (et attention, je ne fais pas partie de ceux qui pensent que les agnostiques sont des athées sans couilles).
  25. Je me demandais au final si cet événement n'était pas le chant du cygne de l'armée kémaliste, le baroud d'honneur des derniers éléments qui y croient encore et sont prêts à faire quelque chose sur ce sujet: purges opérées dans la dernière décennie, changements de génération (avec sans doute une moindre force de l'attachement à la forme républicaine laïque en terme de ce qu'on est prêt à sacrifier pour la défendre: les priorités changent avec l'époque, surtout quand on considère quelque chose comme acquis), et sans doute action de fond du gouvernement pour desserrer l'emprise traditionaliste militaro-kémaliste sur la formation militaire (qui va en fait jusqu'à l'école primaire: le système scolaire militaire forme beaucoup de monde, et la majorité de ceux qui y passe ne finit pas dans l'armée, mais la grande majorité de ceux qui finissent dans l'armée sont passés par le système scolaire militaire) et "infuser" aussi bien des djeunz issus des couches socio-économiques de l'AKP qu'influer sur le contenu et la forme de l'enseignement. Dans un contexte pareil, où l'on peut aussi voir une certaine mesure de ralliement d'au moins une partie du corps des officiers au régime (par peur, par opportunisme et carriérisme, par intérêt, voire par un certain ralliement idéologique vers la tendance nationaliste aussi tenue par l'AKP), on peut se demander si ce qu'on a vu là n'était pas plus simplement le fait des "puristes" de l'armée se sentant devenir très minoritaires, ceux qui ont encore le courage et/ou l'intérêt de risquer quelque chose pour une telle idée, une telle conception de l'Etat et du rapport gouvernement-armée. Bref, était-ce le dernier carré?
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