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Tancrède

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Tout ce qui a été posté par Tancrède

  1. C'est un des grands rappels de cette élection, pour les Américains, mais, comme partout ailleurs, le libre-échange, et surtout son itération actuelle en "libre-échangisme" à tout crin, n'est pas une position de droite ou de gauche: c'est un courant de pensée, et, actuellement, plus une idéologie qu'autre chose vu le degré auquel c'est désormais poussé, qu'on trouve traditionnellement au centre (centre droit, centre gauche, "marais" plus ou moins apolitique et plus opportuniste, affairiste ou attaché à l'équilibre des forces politiques plus qu'à des politiques trop marquées), avec une opposition aussi bien à droite qu'à gauche, même si pour des raisons en partie différentes (mais en partie communes). Les USA sont en train de redécouvrir certaines tendances de la droite, comme le populisme, le protectionnisme, l'étatisme de droite, une autre forme de nationalisme que le cocardisme expansionniste et idéologique des néocons: en l'occurrence, la droite américaine traditionnelle est plus isolationniste en terme de tropisme naturel. L'establishment du GOP depuis maintenant plusieurs décennies (le changement s'amorçant vraiment dans les années 70 avec le "renouveau" idéologique conservateur qui commence à refuser l'héritage du New Deal et de Keynes) était exclusivement affairiste/corporatiste, et/ou néocon et/ou religieux, se focalisant sur la population blanche qu'il fallait instrumentaliser idéologiquement (grand merci FoxNews, hérault de cette formule) sans la servir économiquement, un paradigme que les mêmes décennies de politique économique et l'évolution démographique et des comportements politique (baisse relative de la population blanche, baisse de la participation blanche face à ce GOP là) ont rendu désormais intenable, et ouvrant grand la porte à vous-savez-qui. En remontant un peu le temps, il est loisible de trouver moult oppositions républicaines/de droite au libre-échange en Amérique, y compris à des époques où il avantageait outrageusement les USA; je renvoie par exemple à la présidence (et un très fort discours en particulier) du président McKinley (mandat de 1897-1901) qui a défini une position très claire sur le sujet et qui est longtemps restée la référence. Il pointe notamment que le libre échange, surtout très poussé, favorise outrageusement le marchand (qui emploie peu et/ou rémunère peu, crée peu de valeur ajoutée) par rapport au producteur (incarnation de toutes les vertus au XIXème siècle); c'est resté culturellement implanté à droite, même si plus passé en second ordre des priorités ces dernières décennies, et cela rejoint largement une bonne partie de la gauche (pas celle bien en cours ces dernières décennies non plus.... Jusqu'à Bernie) qui pointe pareillement du doigt un marchand en position trop avantageuse par rapport à la production (plus vue sous l'angle de l'employé évidemment). Le discours historique de McKinley en 1892, alors que le sujet du libre échange, en lien d'ailleurs avec la question épineuse du bimétallisme, faisait rage: Un discours que je trouve étrangement d'actualité, et qui rejoint ce que pas mal d'économistes, y compris des pro-libre échange (qui essaient de se démarquer de "libre échangistes") comme Jeffrey Sachs (qui a contre toute attente soutenu Sanders).
  2. Plus on lit de trucs, plus on se rend compte qu'ils n'étaient justement pas si amateurs: ils ont été surpris trop tôt dans leurs préparatifs et ont préféré lancer le truc et tenter un "hail Mary" plutôt que de ne rien faire, et ils auraient même pu réussir quelque chose s'il n'y avait pas eu un problème de timing dans le domaine du renseignement sur le lieu où se trouvait Erdogan (c'est sans doute l'élément qui fut le plus déterminant, Erdogan à lui seul pesant tant dans son système) à un moment donné. Côté média, on a aussi vu qu'ils n'étaient pas aussi superficiellement cons que certains journalistes ont pu les dépeindre, et là encore, le problème de préparation interrompue a été déterminant: ils n'avaient pas prévu que de prendre la télé, ils avaient aussi un "plan internet", mais qui n'a pu en l'occurrence être que partiellement et superficiellement appliqué, beaucoup trop tôt. L'objectif dans ce domaine était d'accéder à une plate-forme (à l'antenne et online) de taille suffisante pour influer sur la narration des événements, mais le régime a un avantage trop énorme dans ce domaine (notamment via les réseaux religieux, les associations AKP établies et les réseaux sociaux de partisans) pour que prendre le contrôle des médias traditionnels et d'une mesure de contrôle (si besoin est sur les implantations physiques à portée de main) d'internet ne soit pas une nécessité, ce qu'ils ont tenté, mais là encore avec trop peu de moyens et trop tôt. Je crois cependant illusoire de pointer du doigt une prétendue "débilité" de ces gens qui savent très bien comment la société marche et quelle importance y ont les "nouveaux (mais plus si nouveaux) médias", télés et journaux online tout comme réseaux sociaux. Mais ces médias dépendent aussi d'implantations physiques dont une bonne partie est atteignable et contrôlable, et si l'objectif n'est plus de saisir la totalité de ces vecteurs comme au temps des coups d'Etat "traditionnels" (ce qui est désormais impossible), il est néanmoins possible de prendre les rênes d'une masse critique suffisante pour pouvoir faire passer son message dans le mainstream avec une force suffisante pour un bon impact. Dans ce contexte, le contrôle des médias traditionnels reste un enjeu de première bourre: ils pèsent encore très lourd (quel pourcentage des plus de 40-50 ans passe son temps sur les réseaux sociaux? Quel pourcentage des plus jeunes regarde quand même encore la télé ou écoute la radio régulièrement? Là, on a des questions qui comptent) et rassemblent toujours infiniment plus d'audience par chaîne que n'importe quel média online (surtout que beaucoup des plus gros médias online sont la fenêtre internet de médias tradis, donc produites, éditées et tournées aux mêmes endroits).
  3. L'un des changements les plus fondamentaux depuis 20 ans pourrait commencer à arriver dans la scène publique et politique américaine, suite au renvoi d'une personne, même pas d'un job gouvernemental: Le renvoi de Roger Ailes de FoxNews cette semaine ne fait pas d'énormes remous dans le grand public américain, ni ne suscite grand chose ailleurs, mais c'est un authentique séisme qui risque d'avoir de profondes répercussions, et ce d'autant plus que ce renvoi s'inscrit dans un changement de plus longue haleine dans l'empire Murdoch, où le patriarche semble désormais plus partager la direction avec ses fils, lesquels ont des idées différentes de leur père et, de notoriété publique, ne pouvaient pas voir Ailes en peinture. L'un des besoins de changements principaux de FoxNews est en grande partie du à ce qui a fait son succès (c'est, rappelons le, la première chaîne américaine en terme d'audience et de bénéfices, et la figure de proue d'un empire médiatique hautement rentable), à savoir fidéliser une large audience via des méthodes douteuses mais efficaces; essentiellement, on peut résumer la recette à quelques ingrédients, comme un biais extrême et spécifiquement ciblé sur un spectateur particulier (mais très nombreux), l'homme blanc âgé et plus ou moins "traditionnel" ou conservateur dans sa représentation de lui-même et de l'Amérique. Et ce spectateur, tout est fait pour le flatter et le confirmer dans ses idées et sa vision du monde et du pays, par tous les biais directs et indirects possibles, sans aucun souci de cohérence du récit et du ton général, de retenue dans l'expression (qui peut être aussi caricaturale que voulu), sans déontologie (l'erreur, la manipulation et le mensonge n'existent pas pour FoxNews, à un niveau sans équivalent ailleurs) et certainement sans aucun souci de relation soutenue avec le monde réel. Et les femmes sont hautement sexualisées dans le propos comme dans l'image (Fox étant souvent qualifié de porno light et cheap pour les vieux blancs), ce qui est bien l'élément par lequel Ailes est tombé. Apparemment, l'ambiance au travail dans un immeuble dominé par Roger Ailes, c'est Mad Men, soit l'univers culturel dans lequel Ailes (un homme de Nixon) a lui-même grandi et fait son apprentissage, et tout, de la sélection et du recrutement à la présentation à l'antenne, en passant par l'ambiance au travail (jusqu'au dress code obligatoire et à la disposition des bureaux, faite pour qu'Ailes puisse mater sous les bureaux des femmes), tout est fait pour conforter monsieur Ailes dans sa vision de l'ordre des choses et l'impunité la plus complète pour agir comme il le désire à l'égard de son personnel féminin, dont la plupart est sélectionnée pour son physique et dont apparemment beaucoup ont eu à passer sur le canapé ou sous le bureau d'une façon ou d'une autre sous peine d'être virées ou de stagner/régresser dans leur carrière (et quasiment toutes ont eu à subir sa rhétorique, un niveau ou un autre de harcèlement sexuel....). On le qualifie de "génie du mal" dans beaucoup de médias américains, même si le ton est toujours resté modéré vu la puissance du personnage et sa tendance très confirmée à sur-réagir à la moindre critique et à déclencher des foudres légales et illégales sur quiconque s'adonne à ce sport honteux de pratiquer la liberté d'expression: procès sans fin dont beaucoup sans base.... Mais avec beaucoup de fric; harcèlement jusqu'au domicile, pressions au travail via l'employeur appelé personnellement par Ailes, menaces directes et indirectes, détectives privés foutus sur le cul du malcontent, démolition en règle online et à l'antenne du personnage s'il est connu, "online bullying".... Il y a encore dans l'immeuble Fox un étage dédié à ce genre d'activités. Ailes a bâti FoxNews et le modèle économique de l'empire médiatique que tous les autres Networks copient aujourd'hui, à partir de 1996, étant soutenu sans réserve par Murdoch entre 96 et 2000 (4 ans de pertes massives avoisinant les 400 millions de dollars); c'est à peu près l'époque du "Gingrichisme" triomphant à droite et le début de la radicalisation extrême du parti républicain, déjà bien préparé culturellement, électoralement et politiquement par l'ère Reagan, elle-même la première "rationalisation" de la nouvelle équation politique de la droite créée par Nixon avec la "southern strategy" qui faisait de l'électorat sudiste ex-démocrate le pivot essentiel du nouveau GOP. Les années 90 sont la décennie où le GOP est devenu quasi exclusivement le parti des vieux blancs avec une prime aux plus organisés, soient les plus aisés (on voit le backlash de cet aspect des choses aujourd'hui avec Trump: les blancs non aisés se rebiffent), et le parti du big business où les donations comptent plus que les votes. Et Fox a accompagné la chose et est entré dans un cycle de co-renforcement permanent avec cette évolution, développant une relation toujours plus symbiotique avec le GOP et les sphères conservatrices et religieuses, au moment même où le développement du numérique changeait la donne médiatique en favorisant la tribalisation de l'audience.... Qui est aussi l'électorat. Bref, les fils Murdoch ont saisi l'occasion pour ne pas soutenir Ailes et le contraindre au départ (avec 60 millions pour la route, ne pleurez pas pour lui): il est difficile de réellement savoir quelle est leur vision politique personnelle et s'ils veulent voir leur média de référence être un prescripteur d'opinion à un niveau comparable à ce qu'a pu être Fox jusqu'à aujourd'hui pour une audience très particulière, mais une chose est sûre, ils veulent une plus large audience, parce que celle visée par Ailes, malgré son importance numérique encore certaine (les blancs sont encore 60% de la population, et 71% de l'électorat actif, dont une moitié d'hommes, dont un tiers sont "vieux"), avant tout parce que c'est une très vieille audience (la moyenne d'âge du spectateur de FoxNexs est de 61 ans! TF1, tu es une chaîne de djeunz!), et que les moins de 35-40 ans tendent aujourd'hui plus à aller online sur des médias encore qualifiés "d'alternatifs" (pour l'info) qu'à faire leur marché juste entre les networks et les chaînes du câble. Ils n'ont en fait pas le choix et doivent diversifier, parce que cette audience ne se renouvellera pas dans des chiffres comparables.... Et elle est en train de décaner à rythme accéléré (simple logique). Donc la caisse de résonance massive qu'est encore Fox pour la droite américaine ne sera plus, dans un délai plus ou moins court, parce qu'elle va devoir changer de ton si elle veut survivre. Et même s'il est certain que la sphère média des conservateurs et autres droites va rester développée, voire s'accroître quand les fidèles de "l'esprit Ailes" (Hannity, O'Reilly....) créeront leurs propres médias ou en rejoindront des existants (sauf s'ils acceptent de mettre de l'eau dans leur vin) comme d'autres l'ont déjà fait (Breitbart, Drudge, The Blaze -de l'abruti en chef Glenn Beck, la chaîne de Sarah Palin....), ce n'est pas la même chose, encore aujourd'hui, qu'avoir un des quatre grands networks; en terme d'audience rassemblée en un seul lieu, en terme d'impact, en terme de point d'équilibre entre spécificité du propos et large appel, c'est encore pour l'instant un niveau d'influence non reproductible pour un seul média, à la fois vecteur et produit d'appel. Et cet impact sur la politique américaine, où Fox est devenu un ressort vital pour le GOP, surtout dans ses itérations les plus radicales, jouant un grand rôle de sélection (de quels élus et types d'élus est propulsé sur la scène) et de contrainte (même les quelques modérés qu'il restait sont écrasés par le poids de cette "Pravda" et de sa ligne narrative), est immense, puisque c'est la seule plate-forme de grande (et large, si on finasse) audience réellement susceptible d'être vue par tout le monde dont les ultra conservateurs disposent. Les sycophantes du big business ont.... L'essentiel des autres chaînes (CNBC les lécheurs de cul en tête). Mais pour le reste? Ca s'éparpille vite dans un vaste écosystème de médias nettement plus petits et ciblés sur des niches particulières.
  4. Qu'est-ce que je peux en savoir? Tout ce que je sais dessus: - c'est qu'il a coûté très cher (à comparer avec son "rival" pour censément le même créneau, Deadpool, qui fut très "cheap") - que Warner parie beaucoup dessus, surtout après la foirade de BvS - que Snyder est toujours le "chef de projet" général de la franchise DC pour Warner.... Ce qui n'est pas un bon signe - que suite au succès extraordinaire de Deadpool, ils ont décidé de changer le film (déjà tourné à ce stade et en post-prod) et de retourner des scènes.... Ce qui peut être aussi bien un bon signe qu'un mauvais, quoique je pense souvent dans de tels cas que c'est pire de changer en cours de route (du moins si c'est plus que quelques ajustements) car on essaie alors plus de foutre ce qu'on pense être des empilements "tactiques" de recettes gagnantes (en l'occurrence piquées à l'adversaire) aux dépends de la "stratégie" générale du projet initial, qui fait (pour le meilleur ou le pire) son intégrité et une histoire cohérente avec son intention générale, son style, son ambiance.... On risque de dénaturer le projet en en remplaçant des briques (souvent trop) et en foutant des patches et habillages au lieu de revoir l'architecture générale qui va avec une telle reconsidération (mais évidemment, ça supposerait de refaire le film.... Trop cher, trop de temps, trop compliqué). Certains peuvent faire ça très bien, mais en général, je ne pense pas que ce soit un exercice souhaitable, surtout quand l'impulsion vient plutôt du studio que du réalisateur et/ou des scénaristes: le niveau corporate prend trop souvent les commandes à Hollywood, avec une liste de recettes et éléments tout prémâchés dont ils se persuadent, souvent chiffres à l'appui, qu'ils sont des martingales transposables. Bref, je ne sais trop qu'en penser, surtout que je ne suis pas objectif: j'ai trop envie de le voir, trop envie de voir Margot Robbie en Harley Queen (que je souhaite la plus tarée et la moins sentimentale possible), je veux voir du déjanteage gratuit et pas de pathos, du chiage sans règle sur les codes du cinéma d'action, des Blockbusters et des films de superhéros.... Même si Warner a pas vraiment été foutu de créer sa propre franchise de superhéros et donc de développer des codes qui peuvent vous bourrer à la longue, nécessitant un petit lavement comme Deadpool a su en administrer un.
  5. On pouvait s'y attendre, mais je confirme le soupçon: N'ALLEZ PAS VOIR INDEPENDANCE DAY! C'est une chiasse monumentale qui ne se donne même pas la peine d'emballer ses formules toutes faites sous un couvert de narration ou d'originalité même limitée, qui donne dans un sentimentalisme non seulement excessif, mais en plus très mal rendu (je doute que ça tire la larmoyance ou l'enthousiasme même des plus niais et sensibles, voire même, pire encore, des ados ), dans de l'action sans grand contexte (ce qui en diminue grandement l'impact) et empilée sans goût, et fait tout son possible pour donner un maximum d'indices bien lourdingues, voire de renvois directs, dans le sens d'une franchise pour au moins un film ultérieur, ce phénomène étant devenu, avec la vogue des films de superhéros, l'obsession déclarée de tous les grands studios qui poussent le bouchon si loin et si fort qu'ils en gâchent beaucoup de leurs films (surtout les plus chers) et favorisent outrageusement les projets porteurs de franchise potentielle, le plus souvent en dépit du bon sens le plus élémentaire..... Et évidemment, ID2 a fait un flop, tout comme Tarzan et, déjà, Ghostbusters 2016 (après une semaine d'exploitation). L'été des blockbusters s'annonce sanglant, et même les films qu'on a envie de voir (surtout en été) parce qu'ils promettent du fun débile sont souvent juste.... Débiles. Et nuls. Et tout caca. Et chiants. Et un gâchis de fric (évidemment, là c'est juste vrai pour ceux qui paient). Et un gâchis de temps (là c'est vrai pour tout le monde ). Et tout caca. La conclusion est l'une des pires que j'ai jamais vues, et le combat final (spoïleure aleurte: les gentils gagnent ) est..... Je n'ose même pas évoquer le niveau de ridicule et de manque d'imagination qui a créé cette bouse scénaristique (indice: quelqu'un a trop vu de séries sentai quand il était petit). Et le reboot de Ghostbusters est vraiment caca; infiniment plus que Ghostbusters II (déjà un mauvais souvenir). Vite, retourner voir Captain America: Civil War pour me rincer les yeux avec du VRAI fun stupide qui se contente très bien d'être distrayant, occasionnellement stimulant, et bien insultant pour l'intelligence, mais avec respect du client et panache. Comme dirait l'autre, "je veux bien qu'on m'encule, mais je veux de la tendresse".... Ou de la vaseline, au moins.
  6. Quelle grandeur d'âme: ça te fait honneur. Sinon, pour la garde, moi je penche vers des razzias de miitants AKP dans les quartiers chrétiens (s'il en reste en Turquie dont la soi-disant diversité a complètement disparu) et chez les réfugiés, dont les enfants seront enlevés et emmenés dans une caserne pour y être élevés selon les précepts de RTE qui va vouloir des janissaires.
  7. Problème dans cette critique: elle est très juste et pointe le très réel danger d'un entérinement de l'arbitraire de la présidence qui peut par ce genre de biais, s'affranchir du Congrès dans des proportions toujours plus conséquentes.... Mais le principal responsable de cet état de fait et de cette évolution est le Congrès lui-même qui, depuis maintenant 8 ans ou presque, refuse même de débattre de la question de la guerre tout en critiquant le président pour la faire trop, pour ne pas la faire assez, pour ne pas en discuter assez avec eux, pour la faire sans leur aval (tout en refusant d'en débattre).... Tim Kaine, par ailleurs (et comme déjà évoqué plus haut) un "corporate democrat", très pote avec Wall Street, qu'on pourra, selon la nomenclature des 3 raisons de choisir un candidat pour la VP, mettre dans la catégorie "gouvernance": il "n'apporte" pas le parti démocrate dont l'establishment est déjà entièrement inféodé à HRC, il n'apporte pas d'électorat particulier ou d'Etat (son Etat, la Virginie, évolue plutôt vers le parti démocrate même s'il reste encore "battleground", mais Tim Kaine n'y a pas la popularité suffisante pour faire pencher la balance).... Mais c'est un fin politique, avec pas mal d'influence et de relations au Congrès, un bon sens du contact, une grande capacité à faire bosser des gens ensembles, et une très bonne relation avec HRC. Et en plus c'est un pur candidat establishment, avec une vague teinte progressive sur les domaines sociétaux (ceux qui coûtent pas beaucoup d'argent ou de donateurs). Donc un candidat pour la VP choisi selon les mêmes lignes qui ont fait qu'Obama a choisi Biden.
  8. Putain! En plus ils tapent en Bavière, LE lieu où la réaction risque d'être la plus gratinée et sans ambiguité. Calcul ou hasard?
  9. Les Koch sont l'archétype du nouveau genre de "grands féodaux" de notre époque: ils soutiennent les républicains depuis plus de 30 ans parce que les USA sont encore un pays à deux partis, avec un système électoral et des contraintes matérielles qui forcent de toute façon à une bipolarisation de fait, même si un des partis peut éclater et amener ainsi 1 ou 2 cycles électoraux avec plus de partis (même si ça ne s'est pas vu depuis le XIXème siècle). Et pourquoi les républicains? Parce que c'est le parti du big business: le parti démocrate depuis Bill Clinton a aussi évolué en ce sens (ce qui est de plus en plus contesté en interne), mais pas assez à leur goût tant ils ont pu, avec d'autres, amener le GOP à sa situation actuelle de pure émanation manipulable à merci, entièrement dépendant des grands donneurs et d'un écosystème d'organisations poussant toujours plus vers le principe du renard libre dans le poulailler libre. A la base, les frères Koch (enfin juste Charles et David, qui dirigent l'empire depuis qu'ils ont spolié leur autre frère de l'héritage familial qu'ils ont ensuite développé) sont plus libertariens (c'est ce qu'ils impulsent en mode hypocrite dans le volant économique du GOP: un salmigondis néolibéral/libertarien/capitalisme de copinage/socialisme pour les riches): l'un des deux (Charles je crois) avait même entamé à grands frais une carrière électorale sous cette étiquette au début des années 80 (faisant émettre des tas de pièces d'or à son effigie comme goddie publicitaire)..... Avant de se planter dans les grandes largeurs. Mais fondamentalement, la religion, et même le sujet de l'avortement, ils ont l'air de s'en taper même s'ils financent et soutiennent moult organisations et candidats très religieux (parce que ça les arrange et qu'il faut bien des relais de pouvoir). Bref, beaucoup d'hypocrisie chez les deux ploutocrates du Kansas.
  10. Ca va être dur: il faut avoir une moyenne de 15% d'intentions de vote sur un nombre conséquent de sondages de plusieurs instituts et sur une durée donnée, pour démontrer une importance soutenue dans le temps. Pour l'instant, Johnson a plutôt fait du yoyo, même s'il est clairement sorti du "marais" des 4-8% où stagne encore Jill Stein, la candidate verte, qui a eu, il est vrai, beaucoup moins d'attention médiatique. Mais un trait a été analysé récemment dans cette petite poussée de Johnson: il semblerait que, pour l'instant, il vampirise plus à gauche qu'à droite, avant tout des ex partisans de Sanders, surtout des jeunes (la marque républicaine est, encore plus que d'habitude, très basse chez les jeunes: les libertariens représentent la seule alternative à l'actuelle mouture du parti démocrate). Maintenant, alors même que les frères Koch semblent avoir déclaré une guerre active à la candidature Trump, on pourrait voir Johnson recevoir leur attention.
  11. Aaaah, si seulement il faisait ça une fois élu, et persistait malgré toutes les oppositions, notamment du lobby militaro industriel (on peut rêver): quel meilleur booster pour une Europe puissance, et avant toute chose, quelle possibilité immense de reconquérir la grande majorité des parts de marché du secteur défense en Europe (et d'autres ailleurs, s'il faut l'en croire)? Les "sommes énormes" dont il parle étant entre autres la garantie d'acheter américain pour plein de trucs, continuerait-il à dire qu'elles quittent les USA en pure perte ou changerait-il d'avis? Je penche pour la deuxième option, vu qu'il est déjà capable de changer d'avis plusieurs fois par phrase (ou ce qui passe pour des phrases dans la salade de mots sans connexions -une salade sans vinaigrette, grand dieu- qui lui sert de langage). Quel farceur ce Donald. Ben de père en fils aîné, ils s'appellent tous pareils (genre actuellement: Donald Trump a engendré l'un des intervenants très médiatisé de la convention: Donald Trump Junior), avec une ritualisation des prénoms pour les éventuels autres fils dans chaque famille. Chez les Julii Caesares, par exemple, Gaius est un prénom de cadet, la branche "du" César étant une branche cadette; les aînés s'appellent Sextus. Ca rend la généalogie romaine encore plus chiante. Mais pour les Sullas ("Sylla", c'est helléniser son nom) et Scipions, faut se rappeler que le nom qui compte le plus chez eux, c'est celui que nous flemmards n'utilisons pas, le nomen: on n'utilise que le cognomen (un surnom légalement reconnu et/ou entré dans l'usage et qui persiste dans une lignée, notamment pour distinguer les branches d'une "gens") et éventuellement l'agnomen que certains grands personnages acquièrent individuellement (exemple avec Publius Cornelius Scipio AFRICANUS -"l'Africain"-, ou Lucius Cornelius Sulla Felix -"le veinard", ou encore le père de Pompée, Gnaeus Pompeius Strabo -"le bigleux, le loucheur", aussi surnommé "carnifex", soit "le boucher"). Le nomen des deux familles évoquées, c'est Cornelius (gens Cornelia), un des très grands et anciens noms patriciens.
  12. Donc Marine ou Angela vont utiliser tous leurs atouts féminins pour séduire et ensorceler le président Donald? Comme précisé par Ciders, Sylla/Sulla (d'une branche de la gens Cornelia -donc un cousin des Scipions- qui avait un beau passé et plus beaucoup de présent avant lui) est un OVNI, mais politiquement, il n'a pas fait dans la nuance: il s'est positionné en tête de la faction ultra-conservatrice (et contre son ami et bénéfacteur Marius), même si pour mettre en place son programme, il a révolutionné l'usage, et très violemment.... Utilisant des procédés bien peu romains, ce contre quoi aucun conservateur n'a trop moufté, par peur, opportunisme et/ou aveuglement volontaire parce que l'ordre mis en place remettait le patriciat au sommet de tout. Le système mis en place par Sulla rétablissait le fonctionnement de la république, optimisait l'existant, et changeait un peu les rapports de force vers quelque chose de plus antérieur, rendant sa prééminence au Sénat et à la classe sénatoriale, un fait accru par l'importance des proscriptions (souvent suivies ou accompagnées d'exécutions, de procès fantoches.... Mais rappelons que la peine de mort était très rare pour les citoyens romains, qui ne l'aimaient pas: on exilait, on forçait au départ surtout, on proscrivait, ou on assassinait). Il avait cependant prédit, en prenant sa retraite (vivant: un fait qui devenait rare à cette époque pour les grands généraux romains), que son système ne lui survivrait pas parce que les élites romaines -ses partisans inclus- en abuseraient et le rogneraient, l'état des choses et des mentalités ayant passé un stade où les institutions traditionnelles pourraient tenir. Mais pour l'ensemble des précédents à ce qu'a fait César, il faut certes inclure Sulla, mais aussi remonter plus loin: entre les Gracques et Sulla/Marius, puis Cinna, puis Pompée, il y a comme un crescendo de formes exceptionnelles de gouvernance, de résistances et insolences de magistrats et généraux (enfin rappelons aussi qu'à Rome, un général est un magistrat, pas un officier) faisant des "coups" et abusant du système.... Sulla a eu plus de postérité que cela, mais comme Marius (le "3ème fondateur de Rome" après Romulus et Marcus Furius Camilius), il n'a pu que subir l'ombre écrasante de César et d'Auguste: ces deux amis et rivaux furent des géants absolus suivis par 2 encore plus titanesques. Mais il reste quand même son tabularium dans le forum; un bâtiment austère mais encore debout. Il a néanmoins en son temps soulevé les passions et les délires, même s'il n'a pas été aimé (et surtout pas comme Marius, et encore moins comme César): c'est pas qu'il a pas eu beaucoup de trucs (dont des panégyriques) écrits sur lui, c'est juste que, comme 90% de la production écrite romaine de ce temps, tout a disparu. On se représente du coup de façon très déformée l'importance des personnages de l'époque. Rappelons aussi que, côté sanglant, Marius a versé lui aussi dans l'horreur à la fin de sa vie, quand il prend Rome après que Sulla soit reparti en orient (et en revenant, il fera sa 2ème marche sur la ville): son 7ème et dernier consulat (arraché par la menace), qu'il n'exercera que quelques jours avant de clamser, fut une orgie de sang. César n'a pas bénéficié des proscriptions sanglantes de Sulla: ses propriétés familiales (son père était encore le paterfamilias à ce moment.... Et était un proche et partisan de Marius, étant son beau-frère) ont été saisies par Sulla, laissant César virtuellement incapable d'avoir le niveau de fortune adéquat pour appartenir à l'ordre sénatorial (mais comme il était encore jeune, il avait du temps): seuls les biens de sa mère n'ont pas été saisis, vu qu'on essayait de laisser les femmes hors du jeu et qu'elle avait une bonne relation avec Sulla (qui avait été lié à la famille de César par son premier mariage avec une tante de César). Une relation qui fut utile puisque sa mère finit par obtenir que Sulla ne fasse pas exécuter le jeune Caius Julius comme il le voulait initialement. Donc non seulement il a saisi les biens césariens (tous ou pas, on ne sait pas), non seulement il l'a dépouillé de son titre (très prestigieux) de flamen dialis (les 3 flamens sont parmis les plus hauts offices religieux de Rome, et font partie des rares à procurer un revenu et une belle maison à Rome..... Mais ils ont tant de contraintes et d'interdit que là, Sulla a en fait rendu service à César), mais en plus il voulait le buter! Mais suite à l'intervention maternelle, César put s'en sortir, et surtout partir (sur ordre de Sulla) en orient pour faire son premier stage militaire, sous Lucullus au siège de Mytilène où il se distingua grandement. Trump n'est pas Crassus: il a pas le fric! Trump est peut-être un Saturninus (un démago sans capacité de faire ce qu'il dit) qui se transformera (oui, parce que Saturninus s'est transformé en cadavre avant d'y arriver.... Grâce à Sulla d'ailleurs) en un affairiste de plus s'il parvient au pouvoir, tout en tenant mal et indignement son office tout en continuant à faire la baudruche et la grande gueule.... Il y a du Pompée en lui, donc? Quoique Pompée avait quand même de vraies réussites à son actif, un certain talent, et était sans doute plus riche encore que Crassus.... Donc non. S'il fallait un des "grands" personnages de ce Ier siècle romain av JC (on va éviter la litanie des moins connus pour les non amateurs), je dirais peut-être Marc Antoine à ce moment là: beaucoup de gueule, pas vraiment de talent au-delà de quelques "coups" d'éclat dans le chaud du moment, une grande veulerie, le fait d'avoir tout servi sur un plateau d'argent, le besoin de paraître dépassant toute autre priorité, le relationnel facile et la faculté de rallier des gens à lui sans pouvoir tenir de promesse ou offrir quoi que ce soit de crédible, une énorme flemme pour s'atteler à une tâche sérieuse ou se cultiver sur un sujet (ce qui est très attesté sur Trump dont il se dit qu'il n'a pas lu un bouquin en 20 ans), la prétention creuse de pouvoir et savoir tout faire mieux que tout le monde, l'attachement aux apparences du pouvoir, le besoin de se servir de la puissance pour satisfaire son ego (y compris dans des vengeances abusives qui peuvent même lui nuire politiquement).... Mais il a même pas le physique pour jouer à Marcus Antonius, ceci dit. Enfin, oui, je vois BEAUCOUP de parallèles. Et en plus il se fait une orientale trop maquillée, après avoir eu d'autres femmes (quoiqu'Antoine en ait eu plus: 4 légales en droit romain, plus Cléopâtre). Tu rigoles: Crassus avait une énorme clientèle. Faut pas non plus le caricaturer comme n'ayant (re)fait sa fortune que salement: il avait mille fers à son feu, même s'il a effectivement profité des proscriptions de Sulla (un peu trop, ce qui l'a laissé en froid avec le dictateur) après l'avoir aidé dans sa reconquête (la quasi totalité de sa famille ayant été butée par Marius), et même s'il s'est adonné à la prédation immobilière d'une manière devenue iconique (et qui fait même de Trump une tapette à côté). Le grand commerce lui a bien plus rapporté (par des biais légaux, puisqu'il est interdit aux sénateurs), de même que la traditionnelle propriété agricole et minière. Mais il appartient quand même à l'une des plus vieilles et importantes famille de Rome (les Licinii, dont sa branche est l'aînée), ce qui, allié à un bon accès au pouvoir et de l'argent, en font un des plus grands poids lourds politiques de son époque bien avant qu'il n'atteigne le pinacle de sa fortune. C'était un bon stratège (il faut l'être pour en arriver là où il est arrivé), et contrairement à ce qu'on peut croire, un militaire compétent (il a eu la formation et l'expérience) comme il l'a montré dans la reprise de Rome (bataille de la Porte Colline) et face à Spartacus (pas des combats outrageusement durs, mais il a repris, remotivé et réorganisé -certes brutalement- des troupes romaines -pas des pros en plus- désemparées, et planifié une campagne très méthodique). En orient, il a joué de beaucoup de malchance et de circonstances défavorables, a pâti de son obsession (pour le trésor parthe qui l'obnubilait, depuis qu'il s'était vu interdire de campagne en Egypte), a été handicapé par l'absence de connaissance de l'adversaire (point alors commun à tous les Romains) et par le mépris qui en découle (accru par le sentiment de supériorité romain.... Les Israéliens de 73, y compris les bons officiers, connaissent le problème).... Et ne s'est pas avéré non plus le meilleur des tacticiens (sans pour autant être un mauvais) alors qu'en face, il avait un gars très bon, très préparé, et sur son terrain. Pour Cléopâtre, rappelons qu'elle n'est pas qu'une Ptolémée: elle est aussi par sa mère une Mithridatide (elle est la petite fille du "grand" Mithridate VI, le grand ennemi de Rome avec ses poisons et ses grandes invasions en Anatolie et en Grèce, que Sulla est allé poutrer 2 fois), soit une autre longue lignée de baiseurs de frères et soeurs..... Ce qui nous ramène à Trump et à ses commentaires sur ce qu'il pourrait vouloir faire avec sa fille....
  13. Les Gracques voulaient activement recréer la classe moyenne romaine, essentiellement autour de politiques agraires visant les vétérans, qui à leur époque étaient très nombreux dans une république à armée de conscription qui sortait de nombreuses guerres et restait impliquée sur d'autres théâtres domestiques et outre mer, qui devenaient permanents et réclamaient une armée de fait tout aussi permanente. Je ne sais pas s'ils ont réellement voulu "faire de la politique autrement" dans le contexte de la Rome de l'époque, mais c'est certainement ainsi qu'ils ont été dépeints par leurs adversaires conservateurs, et comme ces derniers ont gagné, ce sont de tels épithètes ("démagogues", "disrupteurs", "destructeurs"....) qui ont eu tendance à rester pendant un moment dans la bulle de plus en plus spécifique que devenait la politique romaine, essentiellement limitée à la première classe du Cens (sénateurs, équestres et autres de cette première catégorie faite des romains riches ou aisés tenant une part toujours plus disproportionnée du capital et des circuits de décision politiques et économiques), et "l'opinion publique" et ses faiseurs, faites des mêmes et de leurs affiliés et clients. Mais en-dessous de la 1ère classe, leur popularité était grande et le resta. Il fallut attendre quelques personnages de grande portée (avant tout Marius, environs 13 ans après la fin de Gaius Gracchus, le "2ème Gracque": pas particulièrement populiste mais très opportuniste et ayant une vision plus vaste de l'Etat, et un peu impériale; mais aussi le pourtant très conservateur Marcus Livius Drusus et sa tentative d'éviter la guerre sociale et de réformer l'Etat romain, le démagogue Saturninus et sa tentative de coup d'Etat, puis après, la faction "marienne" et sa continuation dans ce qu'on appelle rétrospectivement et abusivement les "populares") pour que cette branche de la politique romaine s'implante en permanence dans le fonctionnement de la république de façon significative. Il est difficile cependant de voir dans ces personnages des gens voulant "faire de la politique autrement": tous étaient conservateurs de mentalité (sauf Saturninus qui a fait cavalier seul et s'est enfoncé dans un délire complet) et de pensée politique, pas vraiment des pré-marxistes ou des gauchistes, si on veut le voir ainsi, ni des étatistes si on veut penser en terme libéral vs keynésien. La plupart mêlaient leur ambition personnelle, leurs intérêts (personnels, familiaux, de clan....) et des préférences politiques (comme tout politicien) qui reposaient sur des calculs un peu différents que ceux "d'en face" pour atteindre des objectifs en grande partie partagés. Le radicalisme des archéo-conservateurs (et d'autres facteurs structurels moins dépendants des individus et factions, qui créaient des circonstances favorables au déroulement des événements) a beaucoup plus joué pour cristalliser la division dans la politique romaine, au point d'en faire un fossé qui, ultimement, aboutit à ce moment où un César acculé se tâte (rien de sale) devant un petit cours d'eau du nord de l'Italie. Quelqu'un voit des parallèles?
  14. Les références à la France dont on se passerait bien: qu'est-ce que Chris Christie, Paul Ryan (Speaker de la Chambre), Marco Rubio, Rick Santorum, John Boehner (ex Speaker de la Chambre), Dick Cheney, John McCain, Rand Paul et Reince Priebus (patron du GOP) ont en commun, outre le fait d'avoir une carte de membre du GOP, et surtout, qu'ont-ils en commun avec la France? Ils partagent le nouveau hashtag qui fait fureur sur la twittosphère républicaine et la bulle républicaine sur les médias sociaux: ils sont désormais qualifiés (dénoncés en fait) par le terme "Vichy Republicans". En bref, ils sont qualifiés de collabos avec l'occupant, nommément le nouveau "führer" à la rousse moumoute, une posture qui, selon les auteurs de la formule, nuit à la "marque" républicaine tout comme le gouvernement de Vichy nuisait à la France. La formule marche assez largement, mais il faut noter que la proportion de républicains se rangeant sous cet avis est indéterminée; la référence renvoie plutôt à un niveau d'éducation certain, ce qui, en pratique, doit sérieusement limiter -surtout dans l'électorat républicain hardcore actuel- sa portée. Mais le fait n'en demeure pas moins que ce terme fonctionne, et que cette tendance renvoie à ce qui est encore apparu hier avec l'intervention controversée de Ted Cruz à la convention, à savoir une profonde division dans le parti, dont beaucoup prédisent la fin, au moins sous sa forme actuelle.
  15. La "responsable" de ce copié-collé des formules (bien plus que des mots) a déjà été désignée hier soir et son nom lâché à la presse: c'est une proche de la famille Trump, et elle servira de bouc émissaire alors même que par ailleurs, la campagne et les fans continuent sur le thème du déni. Faudrait savoir: s'il n'y a pas eu plagiarisme (alors que tous les ricains ont des oreilles), pourquoi doit-il y avoir un coupable? Mais le vrai fond de l'affaire est que dans l'ensemble, à part l'habituelle tempête dans le verre d'eau des grands médias, toujours moins représentatifs, regardés/lus/écoutés et crus, et des élites politiques et médiatiques, la grande majorité des électeurs (et encore plus des électeurs républicains) s'en tapent complètement et n'y ont brièvement prêté attention que pour l'occasion des vannes sur le sujet par les comédiens de grande audience. Pour le reste, les journaleux et politiques qui continuent à essayer d'en faire un plat perdent le temps de tout le monde et décrédibilisent toujours un peu plus leur profession, à l'image déjà fortement ternie. Certes l'incident révèle des choses aussi bien sur l'amateurisme et la superficialité de la campagne Trump, de même que sur la mentalité de culte de la sphère républicaine actuelle, particulièrement dans sa représentation à la convention, ce qu'on a vu avec les interventions d'hier soir, notamment le show de Chris Christie et son procès bidon de Hillary Clinton avec grands appels aux hurlements de la foule ("coupable") à chaque paragraphe; mais dans l'ensemble, c'est un détail qui ne nuira sans doute même pas à l'image encore très faible de Melania Trump qui n'a pas beaucoup fait parler d'elle et a essentiellement joué un rôle de potiche. La convention peut continuer à incarner la "fact free zone" qu'est devenue la bulle médiatique républicaine, et la caisse de résonance médiatique censée conquérir les électeurs indécis, un job qui s'avère ardu tant l'événement manque d'intervenants de poids (célébrités de quatrième rang ou oubliés, tarés en tous genres, et politiciens inconnus et/ou has been -les poids lourds et moyens du parti ont boycotté) et tant il se spécialise dans la rhétorique "red meat" qui cible trop spécifiquement ceux qui sont déjà pour Trump et flatte leurs bas instincts. Plus dur de chasser l'indépendant, le modéré et l'indécis avec ce genre d'appât trop spécialisé. Mais bon, sur le plan plus précis de Melania Trump, on va adopter la devise du métier que Trump a fait sienne: "il n'y a pas de mauvaise publicité". Elle a eu son introduction nationale pour se créer une image (et les mauvaises langues ont déjà avancé que, voulant se faire un profil de First Lady, elle a choisi de se bâtir celui.... De Michelle Obama), et là, elle a désormais un visage, une présence, et une voix (même si ce n'est pas la sienne).... En plus d'un accent (sérieux, elle est aux US depuis plus de 20 ans et elle est pas foutue de parler un anglais courant, et surtout un sans lourd accent?). Note bien, ça aide à lui donner un contenu (pas de mauvais jeu de mot avec ça, messieurs).
  16. Arya n'est pas revenue dans le temple pour se moquer, mais pour "payer" le tribut demandé par le dieu aux mille visages, à savoir une vie: le nom de la vie en question compte apparemment peu une fois que le contrat initialement en question est passé. Donc entre la vie d'Arya et celle de la "waif" (nom du perso dans le bouquin), c'était à qui l'emporterait. Si la waif a perdu, et bien la morale de l'ordre semble être "vae victis", mais en attendant, une vie a été prise et offerte/rendue au dieu aux mille visages, ce qui semble rétablir l'équilibre des comptes dans cette religion méticuleuse. "Jaqen" n'a peut-être pas eu le résultat qu'il escomptait, mais ça a l'air d'être réglo malgré tout. Le fait qu'Arya n'ait pas été un membre accompli de l'ordre, et juste une apprentie, rentre peut-être en ligne de compte, j'en sais rien, mais ça semble être comme ça que ça se passe. Que ce soit une facilité de scénario (peut-être juste choisie pour accroître la dramatisation pour l'écran), le livre à venir passant par un autre procédé ou ayant prévu à la base de passer par un autre procédé, c'est un autre débat.
  17. Pour les "marines" romains, J'ai posté un truc en MP à Gibbs qu'il mettra sur ce fil plus tard.... Je signale juste qu'il faut faire attention, surtout à partir de la période impériale, à une trop grande interprétation des noms, ou surtout de trop extrapoler du triptyque praenomen/nomen/ cognomen, étant donné que les affranchis prenaient souvent, lors de leur manumission, le package complet de leur maître dont ils intégraient la clientèle et (au moins pour l'affranchi lui-même, moins pour ses descendants) à la "familia" duquel ils appartenaient (au sens d'une "famille" élargie et plus affective, pas d'une appartenance légale et certainement pas d'une proximité de rang social, les affranchis étant au plus bas de l'échelle des hommes libres) du fait généralement d'un certain niveau d'intimité prolongée (en moyenne, la "carrière" d'un esclave éduqué -fréquemment entré volontairement sur ce chemin pour accéder à une future ascension sociale- était d'environs 15 ans de service plein avant manumission). Et évidemment, comme tu le mentionnes, des gens acquérant la citoyenneté romaine (pour service rendu à un éminent personnage, individuellement ou collectivement pour un groupe plus ou moins grand) peuvent aussi prendre le nom romain de leur bénéfacteur. Dans les deux cas, affranchi ou obligé, la raison principale est la même: on entre dans la clientèle du dit personnage, sorte de lien vassalique (avec contrat et forte réalité morale) tendant souvent à être héréditaire. La tombe évoquée semble plus renvoyer à un pérégrin (homme libre non citoyen) de l'Empire, mais rien n'est sûr: y a t-il une datation de la tombe? Donc ton Tibérius, surtout vu le rang qu'il invoque (pas phénoménal s'il ne précise que "miles", soit "soldat", appellation générique, mais si on a mieux, généralement on le mentionne), et le corps d'appartenance (la Marine, qui n'est pas dans la Rome républicaine ou impériale d'un grand prestige, loin derrière les légions, et même derrière les auxiliaires, tant côté rang social et renommée que côté salaire, avantages et part de butin: il faut attendre Claude pour qu'ils aient même une retraite, et le IIIème siècle pour que les statuts se rejoignent), ton Tibérius, donc, ne semble pas avoir été un soldat d'un rang significatif. Le Tibérius Iulius mentionné comme officier (donc le patron du dit enterré) est sans doute le centurion de son équipage (l'équipage de chaque navire, quel que soit sa taille, est toujours considéré comme une centurie dans la marine romaine), soit, vu la différenciation sociale du service, pas un personnage éminent ou même d'un rang social très significatif appartenant à une gens quelconque (si ce n'est que le nom "Iulius" fut nécessairement très répandu après César -membre le plus éminent de la gens Iulia avec son petit neveu et fils adoptif Auguste, qui prendra aussi le nom Caius Iulius Caesar comme le veut l'usage- qui a eu pas mal d'affranchis et un nombre immense de gens à qui il a accordé la citoyenneté). En Provence, il me semble que la flotte basée dans ce coin (la seule ou presque sur la côte française de Méditerranée) était à Fréjus, pour la note.
  18. Ce genre de régimes crée une partie de sa propre élite, rallie ceux qui sont plus ou moins proches (en les avantageant), et ignore ou écrase ceux qui risquent de faire chier et/ou qui sont trop connectés; le reste s'écrase et suit le mouvement par trouille. Tout le monde ne peut pas réussir cette martingale: il faut avoir le juju politique pour pouvoir acquérir une telle marge de manoeuvre, mais la dernière décennie (et un peu plus) en Turquie montrent que RTE s'est bâti cette "power base" via les réseaux religieux et les classes moyennes et populaires de l'est et du centre pour qui il a pu favoriser une certaine prospérité (ou au moins l'espoir d'en voir un bout).
  19. Même pas besoin de faire quoi que ce soit: les effectifs sont très conséquents en proportion des métiers très spécifiques auxquels ils appartiennent, mais cela reste un petit nombre de gens très différents et très éparpillés, physiquement, socio-économiquement, sur le plan relationnel. Il suffit pour le régime de les laisser végéter la bouche ouverte, maintenant qu'ils n'ont plus de position susceptible d'avoir une influence ou une audience significative, et qu'il n'y a plus de médias prêts à leur donner un accès quelconque. Ils peuvent protester sur un blog, voire se constituer en association, mais ils ne sont plus grand-chose en terme de pièces de valeur pour une opposition un tant soit peu conséquente. Un pouvoir autoritaire s'en prend aux corps intermédiaires et gardes-fous institutionnels pour pouvoir isoler et accabler l'individu isolé.
  20. Quelqu'un les a mises en jeu et perdues dans une partie de Pokémon Go? Elles sont gardées par Pikachu, et il faut aller les récupérer, mais RTE n'a pas de Pokémon assez fort. Nintendo a mis ses meilleurs geeks sur l'affaire, étant donné la forte critique émise par le gouvernement turc contre le jeu.
  21. Bonne question.... Et celui qui s'empresse de la poser le premier a souvent des trucs à se reprocher, cherchant à orienter les regards loin de lui: où étais-tu entre vendredi et samedi dernier, Môssieur Ciders ?
  22. Il faut beaucoup plus de temps pour former un magistrat "de base", et encore plus pour en avoir un qui peut fonctionner normalement (sélection, école, expérience de base et formation "sur le tas": ça représente au moins 6-7 ans pour avoir un juge "rentable"), sans même compter un taux relativement élevé d'indisponibilité annuelle pour la formation continue. Une disruption brutale de 2500-2700 juges, qui s'empile sur une forte attrition due aux purges précédentes qui doivent encore être absorbées par le système, aura des effets brutaux: on n'en verra sans doute pas la publicité, mais beaucoup de Turcs et d'entreprises turcs sentiront la différence pour pas mal d'années, sans doute au point de créer une grande quantité de situations problématiques. Mais plus généralement, ma remarque portait sur l'impact sur la qualité des services publics purgés, armée en tête, par ce qui ressemble à la politisation croissante des institutions concernées: sélection, avancement et attributions de postes se réalisant avec une emphase quasi exclusive ou en tout cas excessivement lourde sur la loyauté politique, donnent des résultats connus sur le fonctionnement de tels organismes. Et plus le besoin de ce conformisme politique est fort et affirmé avec force (comme ce sera le cas dans un régime autoritaire, et surtout très personnalisé sur un leader, plus que dans une démocratie où cet effet sera bien plus modéré et diffus), plus les logiques internes, du haut au bas de la pyramide, tendent à polluer le fonctionnement du service en question, et pas juste dans le court terme, mais en changeant sa culture, ses routines, ses modes de communication interne, le type de profil favorisé, les priorités, les codes de comportement, la nature des interactions, le ton général des échanges.... Bref, je me demande si RTE n'a pas, volontairement ou non, flingué son armée.
  23. Les mouvances terroristes, guérillas et mouvements de contestations avaient cependant quelques liens entre eux, à commencer par la trame sur laquelle ils brodaient leur récit particulier (dans le grand style "think global, act local"), le communisme révolutionnaire, l'utopie marxiste.... C'est plus qu'un puissant effet d'attraction et de mode quand ça s'inscrit à ce point dans l'air du temps. Ce qui renvoie au deuxième gigantesque point commun: le bloc communiste, son image (vraie ou non, déformée ou non) et sa politique extérieure multi-angles (financement et soutien -matériel, éducatif, intellectuel, propagande/publicité, protection, information- de partis, de guérillas, de syndicats.... Mais aussi lutte active contre ceux qui s'opposent à leur "mignons" , alliés et pantins). Tout devient infiniment plus puissant et concret quand il y a une "success story" (déguisée ou non), de vrais pays, de vrais individus, un récit fort, une image omniprésente, sur lesquels s'appuyer. Et sur ces deux tableaux, l'islamisme a pu atteindre quelque chose de comparable à bien des égards: d'échelle mondiale, présent partout (concrètement ou potentiellement, notamment via les diasporas musulmanes et internet), actif, ciblant des publics spécifiques (les désenchantés, les ratés et les laissés pour compte de la mondialisation et des systèmes socio-économiques et culturels en place dans les pays d'émigration; ciblage plus large dans les pays musulmans, avec des logiques politiques de plus court terme parce que plus atteignables), il est la nouvelle menace protéiforme, renaissant sans cesse de ses cendres, qui peut tabler sur une telle résilience parce qu'il a pu créer cette "marque", ce label à très forte image qui va au-delà d'opposition politique ou armée dans la logique nationale d'un seul pays, tout en ayant un ou plusieurs "heartlands" (dont le proto Etat daéshien qui a représenté le franchissement de quelques échelons à cet égard). Ca aurait pu être le communisme, ça a été l'islamisme. Je n'enterrerais pas les nations si vite; ça fait un petit moment que je te vois un petit peu trop fataliste sur ce sujet. La mondialisation telle qu'elle se déroule actuellement n'a rien d'une fatalité si les disruptions qu'elle produit un peu partout commencent à réellement poser des problèmes internes dont la dimension peut passer un seuil critique et, soit par réaction des gouvernants (quand on est poussé, on choisit sa survie avant ses espérances de bénefs), soit par prise de pouvoir des protestataires, commencer à voir une vague inverse de forte limitation du "libre échange" comme idéologie régnante. Les nations sont les "tribus", ou plutôt "méta tribus" que l'Histoire a vu émerger (souvent en partie au prix des sous-groupes existant sous elle), et le courant actuel, si aucun volontarisme ne fait surface, fait bien plus courir le risque d'un effondrement que la possibilité de construction d'ensembles plus grands ayant une crédibilité (je parle surtout pour le cas européen ici, mais par d'autres modalités, ça vaut aussi pour de grandes entités existantes..... Pas mal de gens que j'ai lu craignent par exemple cela en Chine): le risque est donc de voir cette forme de "mondialisation" par les échanges détruire les marchés existants qui ne laisseraient la place qu'à de bien plus petites entités, avec peu de synergies et beaucoup plus de conflits (et pas grand chose de crédible pour les chapeauter).
  24. Tant de purges dans l'armée, la justice, la police et le reste de la fonction publique.... Comme je l'évoquais plus haut pour l'armée, ça risque dans un premier temps de créer un fort effet de disruption sur l'activité et les capacités des dites organisations, mais ensuite de pousser beaucoup de crans plus loin leur politisation (penchant naturel des organismes publics, tout comme le penchant naturel des privés est la financiarisation) et leur assujettissement (à tous les échelons?) aux jeux du pouvoir. Et ici, le pouvoir semble de plus en plus se résumer aux clans internes d'un parti toujours plus unique. Le paradigme erdoganien remplace le paradigme kémalien: sera t-il moins républicain? Il sera en tout cas probablement (encore) moins démocratique. Mais dans une telle configuration "d'arrangement" de la fonction publique au goût du dirigeant, l'efficacité du service a tendance à être la première victime, d'autres priorités (loyauté, conformisme, obéissance, jeux de pouvoirs, pas de critique) prenant un pas absolu sur le reste, à un degré d'autant plus important que le pouvoir est autoritaire.
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