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Tout ce qui a été posté par Tancrède
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Comme je l'ai évoqué plus haut, et c'est à mon avis l'ensemble statistique le plus révélateur en ce moment, Trump a perdu ces dernières semaines une proportion significative de son électorat de base (hommes blancs dans toutes leurs déclinaisons selon le niveau d'éducation, la situation maritale, le niveau de revenus, la région culturelle d'appartenance sur le territoire....), ce qui est une première et s'ajoute au fait qu'il s'est enfermé dans une spirale toujours plus égocentrique et erratique qui fait encore plus fuir les autres bassins d'électeurs potentiels, dont ceux qui auraient logiquement du s'orienter vers lui, ou en tout cas la candidature républicaine (les femmes blanches, et surtout les femmes blanches mariées, sont en tête de cette liste: hors, Clinton les emporte par plus de 10 points dans les deux catégories, et par plus de 30 points pour celles ayant un diplôme). Et la convention républicaine n'a pas vraiment aidé, s'il faut en croire les sondages sortis depuis: elle a été très regardée, mais beaucoup de gens n'ont apparemment pas aimé ce qu'ils ont vu (une faible majorité d'hommes blancs seulement se dit plus prête à voter Trump qu'avant la convention, alors que les femmes blanches disent assez massivement l'inverse). Grosso modo, les blancs non hispaniques représentent 71% de l'électorat (moins en terme de démographie, mais ils s'inscrivent nettement plus sur les listes électorales, et votent plus); les hommes blancs sont donc environs 35% du corps électoral, et de ceux là, Trump ne semble avoir l'approbation ou le soutien mitigé que d'une courte majorité (avec une tendance à la baisse), soit autour de 18% de l'électorat. Ca fait très peu, surtout s'il commence à perdre des points dans ce créneau de marché, là où Clinton semble en revanche progresser dans tous les autres.
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De ce qui se dit (comme je l'ai mentionné plus haut), ses enfants courent dans tous les sens pour éteindre les incendies qu'il allume et essayer de nettoyer la merde qu'il sème: il n'écoute plus vraiment personne, et même la pourriture qui lui sert de chef de campagne (Paul Menafort, dont les liens avec moult oligarques russes voire Poutine lui-même sont en train de devenir un sujet de conversation) ne saurait plus quoi faire.
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C'est ce qu'ils appellent le "pivot" (ça se voit pas, mais je l'ai écrit en anglais ): plus personne n'y croit dans les médias, dans le parti républicain, voire même dans son staff. Il était censé devenir sérieux et rassembleur quand il est devenu mathématiquement le candidat, il ne l'a pas fait. Il était ensuite censé l'être quand ses derniers concurrents se sont retirés, il ne l'a pas fait. Il était ensuite censé le faire à la Convention, il ne l'a pas fait. Et il n'est même pas resté dans ses anciens niveaux d'outrance, de ridicule, d'égotisme extrême: il a poussé plusieurs crans plus loin dans ce domaine. Ca rend un soudain virement vers le truc "être présidentiel" plus douteux, fait de l'adoption de positions plus rassembleuses et de l'appel à un électorat plus large des perspectives nettement plus fantasmées qu'autre chose. Et même son nationalisme radical (anti-immigration, anti-élites, anti-libre-échangisme, militariste et isolationniste à la fois) axé sur les hommes blancs est passé en seconde position par rapport à ses polémiques égocentriques et mesquines, et à ses attaques ad hominem et à ses jugements à l'emporte-pièce (et multiplement contradictoires) sur tel ou tel point d'actualité (nationale ou internationale). He's kinda losing it!
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Les dernières semaines de Trump n'ont vraiment pas été bonnes: le boost issu de sa convention ratée n'a été que limité et temporaire, et l'avance de Clinton semble désormais plutôt écrasante, s'inscrivant de plus en plus comme une tendance lourde. Plus inquiétant, Trump perd constamment du terrain dans ce qui avait jusqu'ici été sa base essentielle, fidèle contre vents et marées (et déclarations débiles): les hommes blancs, surtout les moins éduqués. Qu'il s'agisse des hommes en général, des blancs en général, des hommes blancs, des hommes blancs éduqués, moyennement éduqués ou peu éduqués, la PDM de Trump chez eux est en baisse, ainsi que l'intention d'aller voter (pour lui ou en général) dans ces électorats; il semblerait donc que les conneries, contradictions, énormités et attaques de Trump ne marchent plus pour lui comme par le passé, que le ton général de la conversation (dont il reste le principal motif dans les médias décidément incorrigibles) soit en train de changer assez nettement à son sujet (notamment dans le fait que ses conneries et contradictions sont plus systématiquement pointées), que sa méthode de fuite en avant permanente (couvrir un scandale, une outrance ou une connerie par un autre scandale, une autre outrance ou une autre connerie, débiter trop de conneries à la minute pour que l'attention puisse suivre ou s'arrêter dessus et critiquer) ne marche plus vraiment (le "système" s'y est adapté et a trouvé des parades, la population s'en est fatiguée).... En somme, malgré le niveau élevé de colère et de ressentiment envers l'élite politique, Trump ne semble plus parvenir à incarner la réponse à l'angoisse du temps, ne faisant plus venir à lui tant de monde que ça. De plus en plus d'élus et caciques républicains prennent leurs distances ou se déclarent franchement contre lui (certains affichant publiquement qu'ils voteront Clinton), alors que Trump joue encore aux petits griefs en ne soutenant pas nombre de candidats au Congrès (dont Paul Ryan et John McCain, en ce moment dans des réélections difficiles) parce qu'ils ont mis du temps à se rallier et ont gardé des distances (et il croit sans doute ainsi être politiquement habile, ce qui est atterrant); plus préoccupant encore pour lui, son propre staff serait "suicidaire" (selon le mot d'un membre se confiant à la presse) et ne saurait plus quoi faire pour l'empêcher de dire des conneries et de s'enfoncer dans des polémiques sans objet, au lieu de faire campagne, de rallier du monde et de parler de lignes politiques importantes pour le pays. Sa propre famille serait dans le même bain, s'enfonçant avec lui en essayant de constamment jouer les pompiers face à leur paternel pyromane. Entre la querelle avec les parents du soldat musulman et son attitude cavalière, inutilement mensongère, contradictoire et condescendante à l'égard de la Purple Heart qu'il a brandie, alors même que ses liens financiers avec des pays de l'ex-URSS commencent à apparaître, et que ses malversations patrimoniales et fiscales sont examinées, beaucoup en viennent à se demander -et c'est devenu un sujet de conversation permanent ces jours-ci- s'il a même la capacité mentale et l'équilibre psychologique pour être président, ou en tout cas si on n'est pas en train d'assister à une sorte de crise (breakdown): sénilité, démence, ego qui a pris complètement le dessus (et qui le persuade qu'il sait tout mieux que tout le monde et ne peut rien faire mal, quoiqu'il fasse), sabotage conscient ou inconscient? Un enfant gâté en pleine crise qui va toujours plus loin dans l'outrance parce que personne ne lui a jamais dit non et qu'il a toujours pu s'en sortir dans la vie (grâce aux privilèges dans lesquels il a toujours baigné)? Il semblerait en tout cas que les rouages ne fonctionnent plus bien du tout sous la moumoute. En tout cas, il est certain que plus d'un an de campagne avec un rythme de vie exécrable (il passerait ses nuits sur Twitter) prenne son pourcentage sur un vioque de 70 piges qui n'a pas l'air d'avoir de toute façon une bonne hygiène de vie (on n'est pas rougeaud comme ça sans raisons -même si l'autobronzant masque en partie le fait sous cette couleur orange vraiment bizarre). On peut dire ce qu'on veut sur Clinton, mais elle connaît la musique depuis plus de 20 ans: on parie qu'elle dort 7h par jour et mange quand et comme il faut, avec un peu d'exercice et/ou de yoga ici et là?
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Tancrède a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
Trump a une plate-forme anti-minorités: il se rejette lui-même! Cela correspond d'ailleurs à ce que beaucoup de gens qui le connaissent (et ne le méprisent pas forcément) disent de sa position actuelle et du pourquoi de son manque de talent et d'ardeur à faire campagne (sous-organisation, aucun ordre de bataille informatique ou de plate-forme de micro-targetting -un élément devenu essentiel-, collecte de fond en dessous de tout, programme de déplacements anémique et mal choisi, polémiques qui s'alignent et ne lui gagnent rien tout en créant un bagage accumulé qui commence à être sérieusement problématique, rognage perpétuel de ses marges de progressions....): il ne veut pas vraiment être président, et encore moins faire le job avec toutes ses contraintes, mais il ne veut pas perdre non plus. Ces gens qui le connaissent en concluent que son scénario idéal est de perdre de très très peu, et de répéter ensuite jusqu'à sa mort que cette petite marge a été truquée, tout en faisant fructifier l'immense audience qu'il s'est créée pendant cette campagne (et qu'il ne perdra pas s'il perd de très peu) en créant une chaîne télé, un bouquet multimédia payant à son nom où il pourra faire un max de fric avec des reality shows pourris et vachards, et des talk shows et news shows ultra orientés et gratuitement virulents, le tout saupoudrés par ses interventions et tweets personnels. Coup de bol pour une telle opportunité: Ailes a été jarté de FoxNews, annonçant une nouvelle ère de ce network, qui cessera d'être ce qu'il a été ces 20 dernières années pour se "normaliser", ce qui semble être la volonté des fils de Murdoch et une nécessité vu l'âge moyen très avancé de l'audience qui clamse en temps réel. Avec en plus l'effondrement de TheBlaze (la plate-forme multi-chaîne de Glenn Beck) en raison d'une gestion désastreuse (et d'un CEO qui s'est littéralement barré avec la caisse), la porte est grande ouverte pour que Trump prenne la relève de ce qu'a été (et est encore pour quelques temps) FoxNews pour la droite américaine. Ca semble nettement plus correspondre au profil, aux préférences et aux capacités de Trump (sauf pour la gestion, où il a prouvé en 40 ans de carrière qu'il est profondément foireux), et son comportement en tant que candidat en campagne semble plus plaider pour cette thèse qu'il ne veut pas vraiment gagner (ou alors il est extrêmement con/aveuglé par son ego). Et on sait qu'il pourrait financer une telle entreprise par le seul endroit où il arrive (depuis maintenant des années) encore à trouver des bailleurs de fonds, à savoir les poches de certains oligarques russes (au service de Poutine? C'est la méchante rumeur, maintenant, surtout depuis qu'il a fait modifier la plate-forme du GOP dans un sens recherchant nettement plus le laisser-faire avec Moscou.... Le CV de son directeur de campagne n'est pas non plus étranger à ces insistantes rumeurs). Si l'hypothèse Trump agent de Moscou semble un tantinet exagérée (versus Hillary agente des Séouds.... Et de tous ceux qui veulent payer?), elle n'est pas non plus totalement infondée, et il est certain que ça fait maintenant plus d'une décennie que Trump ne trouve absolument personne pour financer ses trucs en occident ou sur toute autre place financière "raisonnable" (si on peut parler ainsi des banques de notre époque -cf 2008), et que c'est au ratelier russe qu'il a bouffé depuis..... Tout comme on sait qu'il y a une très bonne volonté à Moscou pour financer des activités politiques et autres en occident (Marine, t'as besoin d'une rallonge? Alain, t'en reprendras bien un petit coup?). -
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Tancrède a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
Bernie, Bernie, Bernie reviens, Bernie reviens parmi les tiens..... T'te façon, moi, en tant qu'Américain-sur-ce-thread, je m'attache aux valeurs traditionnelles et fondamentales pour jauger de qui est qualifié pour être président: - quel candidat est capable d'avaler 3 pintes ou plus en moins d'une demi-heure tout en rotant l'alphabet et en décrivant en long en large et en travers à quel point Washington est merdique et de combien les Cubs vont perdre les prochaines World Series (en fantasy baseball parce que dans le monde réel, ils n'y retourneront pas de sitôt: leur longue malédiction le veut ainsi)? - quel candidat peut parler sérieusement des problèmes de gun control, c'est-à-dire en sachant décrire abondamment CHAQUE modèle de flingue dont il parle? - quel candidat peut parler du sujet des droits des Etats et se prononcer pour leur avancement tout en maintenant son attachement à Roe vs Wade et sa volonté de garantir l'intégrité de cette jurisprudence (un exercice périlleux pour qui connaît les débats américains)? - quel candidat peut passer le solo de Stairway to Heaven? - quel candidat a tous ses cheveux..... Et là messieurs, on est dans un sujet important, fondamental; nous, initiés d'Air Defense, connaissons la terrible réalité scientifique qui lie chimiquement les méchants dictateurs et odieux tyrans à des excroissances capillaires subnasales.... Mais il faudrait aussi s'intéresser au phénomène qui relie la présidence américaine à l'intégrité de la couverture capillaire craniale: ce n'est pas une règle absolue, mais elle est outrageusement dominante..... Un président américain a, dans 83% des cas (c'est une mathématisation faite par le laboratoire d'études de Barney Stinson.... Où 83% semble la réponse chiffrée à tout -pour les fans de la série HIMYM), ou en tout cas une écrasante majorité des cas, toute sa chevelure pour lui. ET LA MESSIEURS, TRUMP EST MAL! On sait que le.... Machin?.... La bestiole?.... Bref, ce qu'il a sur le crâne est en partie fait d'implants (dont il s'est plaint abondamment à une époque.... Et que des bouches indiscrètes ont rapporté à la presse), et en partie fait de ?????? Le dernier président capillairement handicapé fut Gerald Ford, et encore, c'était pas un président pour de vrai puisqu'il n'a pas été élu et a juste fait un interim. Avant cela, le dernier vrai président au chef non naturellement couvert fut Dwight Eisenhower (et encore, il avait ce truc de général victorieux et avide collectionneur de Pokémons pour compenser). Que pensez-vous des chances de Trump face à ce terrible paramètre? Wayne Lapierre ne se présente pas. Et il va sans doute recommander Gary Johnson, par ailleurs soutenu par le célèbre multi-candidat auto-baptisé Vermine Suprême. -
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Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Un bon exemple bien typique, tant la Mary Sue est généralement le signe d'un écrivain/scénariste de deuxième catégorie (ou pire), et/ou d'un pur racolage visant une audience à l'égo et aux insécurités importantes, donc préprogrammées pour s'identifier à un personnage autour duquel/de laquelle tout, absolument tout, tourne dans l'histoire. Un personnage qui a toutes les qualités et avantages ou presques, qui n'a que de petits défauts attachants et ne fait aucune faute qui porte de lourdes conséquences.... Et si d'aventure il en fait de ce type, tout est fait dans l'écriture pour les lui pardonner moralement, là où d'autres personnages en faisant de similaires ou de plus petites n'ont pas un traitement si charitable. Essentiellement, Jack Ryan est un fantasme du mâle américain moyen (tendance blanc) des années 70 à 2000. Un archétype faussement déguisé en "Monsieur tout le monde", un Aragorn grimé en Frodo et dont l'histoire est écrite par une fangirl ado hystérique. -
Vous êtes magiquement transformé en Américain... vous votez pour qui ?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
Non, je suis un vrai-faux Américain: je vote pas et je vais même pas m'entraîner au tir, parce qu'il y a le Superball à la télé.... Ou The Bachelor..... Ou une rediff de Game of Thrones.... Ou une belle assiette de buffalo wings. Ou un barbecue à préparer. Ca, c'est la vraie Amérique! -
C'est le cas.... C'est juste qu'on pas envie de voir que c'est pareil chez nous, et qu'il y en a autant . Là nos avis divergent grandement: dans la culture de la célébrité qui règne aux USA plus que n'importe où ailleurs, dans une atmosphère de polarisation extrême (réellement inimaginable pour nous: notre polarisation est plutôt calme en comparaison) et avec le fonctionnement médiatique et le niveau de haine anti-"élites" qui existent dans ce pays, c'est parfaitement possible pour une personnalité publique comme Trump de réaliser ce qu'il a réalisé (avec beaucoup d'aides de fait, avant tout des médias), et même sans trop réfléchir à la façon de procéder. C'est là qu'est toute l'ironie de la situation, et toute la tragédie dans laquelle se trouve le GOP aujourd'hui (et avec lui le système politique US, parce que, surtout chez eux, qu'un parti ait un trop net avantage permanent pendant longtemps -comme le parti démocrate s'apprête à en avoir- n'est PAS une bonne chose), même s'il est difficile de s'en faire pour eux tant ils ont créé les conditions pour l'avènement du Donald (ou d'un personnage comparable) depuis 20 ans. Mais le fait est que les conditions de la primaire, surtout républicaine, ont permis à Trump de faire son truc sans trop dépenser, trop en faire, ou trop y réfléchir: il suffit déjà de voir ce qu'on put y réussir des hurluberlus comme Michelle Bachman, Herman Caine, Sarah Palin ou le docteur-qui-dort-debout Ben Carsson, alors qu'il n'avaient que pas ou peu de célébrité, peu de reconnaissance même dans un électorat réduit, et certainement pas une "image de marque" (cad avec des associations mentales -devenues automatiques- à des thèmes et images) comme Trump en a depuis 40 ans aux USA. Sa candidature arrive à la confluence de multiples phénomènes, certains liés à lui, d'autres au GOP et à son écosystème, d'autres encore à certaines portions de l'électorat et au pays en général, qui ont créé une masse de circonstances lui donnant d'immenses avantages sans qu'il ait à trop penser et travailler son bouzin (voire même à se rendre compte de ces avantages) pour obtenir les résultats qu'il a obtenu. Je ne dis pas qu'il y ait non plus été sans aucune réflexion, aucune idée.... Mais souligne juste qu'il n'a pas eu à préparer autant que tu sembles le penser. Beaucoup de choses lui sont arrivées dans les mains, qu'ils les ait vu venir ou non. Pour ce qui est de sa "doctrine", je diffère radicalement de toi: je n'ai pas trouvé de grande cohérence dans le propos de Trump, ni de grande constance dans la plupart de ses positions, aussi bien sa plate-forme économique (notamment la question des inégalités de richesses et de taxation, très loin de son discours s'il faut en croire le semblant de programme qu'il a publié) que sa politique étrangère (où ses contradictions successives soulignent entre autres choses à quel point il n'y connaît rien et s'en fout). Il semble récemment s'être plus fermement engagé sur la question "loi et ordre", dans un registre de "droite dure" traditionnelle (bref, ça va tabasser de la minorité et aucun flic ne risquera de procès), mais à part ça pas grand chose. Il tape, parfois même juste, dans beaucoup de sujets très divers de mécontentement, ce qui est souvent le propre des populismes qui osent parler des problèmes, les amplifiant ou non, mais ne proposent que des réponses simplistes (impraticables et/ou odieuses, ou qui feraient en fait grandir les dits problèmes) et une croyance en la personnalité miraculeuse du candidat pour ramener un âge d'or fantasmé. Dans la multitude de trucs qu'il pointe du doigt et pour lesquels il avance parfois des bouts de solution superficiels, on discerne bien peu de cohérence, bien peu de constance, et beaucoup d'incompatibilités et de contradictions pures et simples. Pour ce qui est du thème du commerce extérieur (censément un must pour moi qui ne verse PAS dans l'idéologie libre échangiste), tout ce qu'il propose est lui-même affirmant qu'il négociera "les meilleurs deals". Rien d'autre, sinon une vague vision de colbertisme débile où le monde serait plus ouvert que jamais aux produits US alors que ses USA pourraient se fermer autant qu'ils veulent, et où retirer (ou faire payer très cher) la protection et/ou la présence (militaire, politique....) américaine n'aurait visiblement pas de conséquence sur les relations avec les pays concernés et sur le commerce extérieur américain (et pas que les ventes militaires). Qui plus est, à part le petit boost post convention républicaine, l'écart Clinton-Trump n'a eu tendance qu'à aller dans un seul sens, et à grandir. Même si le bump post convention démocrate avantage outrageusement Clinton (50-42, 48-39), elle a gagné encore un peu plus de marge, et la constance de cette marge tend à indiquer une tendance générale, même si tout n'est pas fait et beaucoup peut encore arriver. Et si on regarde l'élection Etat par Etat (parce que l'élection présidentielle n'est PAS une élection nationale), l'avantage de Clinton demeure, ce qui est nettement plus préoccupant pour Trump, notamment dans les "battleground states" où il ne semble pas progresser malgré un avantage dans certains d'entre eux qui n'étaient pas attendus pour un candidat républicain (notamment l'Ohio et un score conséquent en Pennsylvanie).
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Je suis plutôt d'accord: tout ce qui peut être trouvé sur Trump tend à aller dans ce sens. Il y va à l'impulse, déteste se préparer, faire sa due diligence, apprendre et, même apparemment, lire. Il est peut-être rôdé par l'expérience pour vendre son boniment à qui veut l'entendre, mais sa méthode est essentiellement de lancer des pavés et de voir comment ça réagit dans l'audience immédiatement à portée, sans réfléchir au reste, sans réfléchir aux conséquences, et sans réfléchir plus de quelques minutes à l'avance. Tout pour emporter la minute présente et l'attention du moment des gens qui l'écoutent (du pur ego à courte vue, à fond dans la satisfaction immédiate). C'est en partie pour cela d'ailleurs qu'il a essentiellement foiré la plupart de ses grandes aventures en affaires, qu'il se rabat sur des arnaques telles que la "Trump University", se focalise sur une politique d'image de marque (qui est très loin de valoir autant qu'il le dit ou de faire les résultats qu'il dit) et qu'il n'est pas, comme il le prétend, un grand nom de l'immobilier à NY ou ailleurs, ce que confirmeront les grands noms de l'immobilier à NY et les banquiers de la place spécialisés dans le secteur (qui ne font plus affaire avec lui depuis très longtemps). Dans ce petit monde du business immobilier, il est un peu un mélange de l'idiot du village, du Tartarin de service et de la grenouille qui veut se faire aussi grosse que le boeuf, le tout formant, pour ces gens, un personnage amusant et pittoresque qui fait partie du paysage new yorkais, mais avec qui on ne discute que peu et avec qui on ne fait surtout pas de business. C'est juste un arnaqueur à grande gueule, un "snake oil seller", comme qu'y disent aux Youesses.... Et il y a un moyen très simple de savoir quand il ment: ça arrive quand il ouvre la bouche.
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Que sa posture et son propos dérive de techniques de vente qu'il connaît bien, c'est certain, et on a déjà moultement parlé du sujet, mais pour ceux qui connaissent un peu l'histoire médiatique du personnage: il a toujours parlé comme ça! On peut remonter aux années 70-80 et le voir aussi parler de cette façon. Et l'un des trucs ici est qu'il n'est pas si aisément compréhensible par "tout le monde": il parle à une portion plus réduite de l'électorat (blanc masculin principalement -34-35% de l'électorat inscrit-, avec un accent variable mais certain sur les moins éduqués et aisés) qui réagit plus à certains mots et formules clés, et à une posture personnelle (agressive, anti-"élite", anti-"politiquement correct", outrancière, autoritariste) qu'à des propositions ou une cohérence quelconques. Ce n'est efficace que vers cette portion de population en colère contre l'establishment ET correspondant à un certain set de critères ethniques, idéologiques et culturels, et là est sa grande faiblesse, car il s'est fermé tous les autres électorats pour conquérir celui-là, perdant même de larges portions de l'électorat républicain (y compris les femmes blanches mariées, ce qui n'avait jamais été fait par aucun candidat républicain) dans le processus. Il a lui-même dégommé sa marge de progression potentielle pour sécuriser un bassin démographique trop réduit pour l'emporter, ne faisant pas que réduire sa PDM dans ces autres électorats, mais littéralement en se les aliénant complètement. Il n'est même pas sûr qu'il conserve son rassemblement actuel tant il décrédibilise ses propres positions et compense imparfaitement par un appel à la confiance dans sa personnalité (on est vraiment là dans la personnalisation du pouvoir, le culte de la personnalité.... Qui cherche à compenser l'impossibilité de ce qu'il promet par un focus croissant sur sa personne, qui devient graduellement équipée de pouvoirs magiques faisant que quand il sera au pouvoir, ce détail mesquin qu'est le monde réel se pliera à sa volonté) et par une espérance que son élection entraînerait un éclatement du système washingtonien (un problème vu qu'il est littéralement en train de lécher les burnes de l'establishment de droite pour radiner du pognon.... Qui n'arrive qu'en trop petites quantités). Comme le répètent certains journalistes: si l'élection est à propos d'Hillary, elle perd. Si elle est à propos de Trump, il perd. Et tous deux vont essayer (ou ne pas pouvoir s'empêcher) de jeter la pierre sur l'autre et de faire un match de catch dans la boue (dans la fange, plutôt) qui a des chances de faire diminuer la participation (peut-être la seule chance que peut encore avoir Trump d'être élu).
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Structure de ses phrases ? Je dirais même qu'il est incapable de finir une phrase ou d'en formuler une complète: il change d'idée ou de sujet d'attention en cours de phrase, ou réalise ce qu'il est en train de dire et vire sur autre chose.... Ca doit être pour ça que Sarah Palin ne se fait plus voir dans la campagne Trump (à moins qu'ils ne l'aient payée pour dégager): elle est folle de rage que Donald lui ait piqué son mélangeur de mots, le truc avec lequel elle pond son iconique "word salad" qui rend ses discours surréalistes (dadaïstes pour être plus précis) tant ils ne ressemblent pas à du langage humain, et plus à un récital incohérent de mots clés (des déclencheurs qui font de toute façon réagir la part haineuse, furieuse, ignorante et/ou peu éduquée de la base républicaine, même si le discours, ou ses "phrases" -j'emploie le terme avec une acception très large- ne veulent rien dire) et de formules martelées sur les médias ultra-conservateurs et qui en viennent à vouloir dire quelque chose pour ceux qui ont le décodeur (généralement acquis par beaucoup de souscriptions dépensées dans ces médias, un visionnage soutenu par longues sessions quotidiennes, et sans doute pas mal d'alcool et de produits plus ou moins légaux).
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Trump n'a pas été opposé à la guerre en Irak: d'abord, il n'était pas à un poste de responsabilité, donc son opinion à l'époque (et aujourd'hui) ne valait pas plus que celle du premier poivrot commentant le monde du fond d'un bar (et plutôt moins à mon avis), ensuite, il a comme d'habitude noyé la réalité de ses éructations sous des torrents de nouvelles éructations et pets de cerveaux, étant donné qu'au moment du vote pour les pouvoirs donnés au président (qui n'étaient pas un vote direct pour spécifiquement aller en Irak, même si c'est ce à quoi ça a conduit et si tout le monde le savait au moment du vote proprement dit), Trump a hurlé avec les loups et approuvé le fait.... Pour se rétracter plus tard (tout en niant, comme d'habitude, avoir changé d'avis, parce que dans le monde de Donald, il a toujours raison) et désapprouver la guerre. Il ne connait strictement rien aux relations internationales et au reste du monde, et a sur chaque sujet un avis aussi documenté et inflexible que les conversations sur son média préféré, Twitter (cad, il dit n'importe quoi et son contraire, parfois dans la même phrase). Et cette "opposition" à la guerre d'Irak n'a pas été extrêmement vocale ou soutenue: il n'a pas fait de grande campagne de presse pour appeler à la raison ou condamner le gouvernement, n'a rien risqué, rien payé ou rien exposé pour se faire entendre ou essayer de changer les choses: il a lâché le truc pendant 2 minutes (un autre pet de cerveau juste pour se donner des airs) dans une interview sur autre chose, sans approfondir, et sans ensuite revenir sur le sujet de façon à obtenir un effet quelconque. Ce genre "d'opposition" ne mène à rien, n'alimente même pas le débat, et a autant de valeur qu'un tweet. Ca ne lui coûte rien, ça ne change rien, donc ça ne vaut rien, surtout en plus quand il s'agit d'un changement d'avis peu de temps après avoir eu l'avis exactement opposé (au moment où les choses se décidaient). Je n'aime pas quand les politiques se servent de survivants ou des familles de victimes ou de soldats tués, ce qui revient à faire voter les morts: le procédé est assez puant, mais a toujours existé et continuera à exister. Trump ne s'est pas gêné pour le faire avec la mère d'un des soldats tués à Benghazi (sachant pour la petite histoire que la plupart des autres familles de ces soldats ont été nettement du côté Clinton, ou en tout cas extrêmement opposées à la charge républicaine sur le sujet, qui instrumentalisait leur perte), donc s'il faut comparer les deux candidats sur le thème de l'instrumentalisation de la mort en service commandé, il y a un partout sur ce terrain nauséabond. Ensuite, qualifier Clinton de partiellement responsable de la mort d'un soldat en 2004, c'est pousser le bouchon un petit peu, au milieu de tout ce qu'on peut légitimement critiquer chez HRC. Que le comportement de la presse ait fait un extrême cas de "deux poids deux mesures" quand à cet usage des familles de soldats tués, c'est un fait, mais la réaction de Trump a été au-delà du ridicule et du méprisable, et essentiellement parce qu'il est pathologiquement incapable de la fermer, de se restreindre, d'accepter la critique, d'admettre qu'il dépasse les bornes ou se trompe.... Difficile d'évaluer son intelligence proprement dite: elle est planquée et handicapée par son monumental ego de petite brute dans la cour de récré d'une maternelle.
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[Séries TV]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Dans un jeu vidéo de ce type, et visant une audience particulière, le récit de fond compte moins, voire n'existe que pour "encourager" le joueur (solitaire) dans son petit trip, procédant donc à une narration fortement incitée à être sur-centrée sur le personnage incarné qui a toutes les raisons d'être une Mary Sue pour flatter l'ego du dit joueur et lui créer un bon petit délire satisfaisant pour sa vanité, si tant est qu'il s'intéresse réellement au récit qui n'est qu'un support pour l'action. Il n'y a pas vraiment d'intérêt, d'incitation, à avoir une vraie histoire, et surtout pas une "partagée" avec d'autres persos, antagonistes et protagonistes, primaires et secondaires, où le devenir du perso qu'on joue dépende d'actions d'autres personnes, où il faille s'intéresser à d'autres individualités.... Le format du jeu est par trop définissant pour encourager toute autre forme de scénario et de background, et limite même l'intérêt de chercher trop de cohérences ou d'attachement à l'histoire de fond. La dernière fois que j'ai touché à un Halo, c'était le 2, il y a bien longtemps, et le seul intérêt pour moi, passé les débuts post-achat où jouer solo était un peu fun, fut de jouer à se poutrer à 4 (où on se torche de l'histoire et du contexte). -
[Séries TV]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Il est un des cas typiques de Mary Sue, ou de "Gary Sue" comme on dit parfois, le point de ce qualificatif étant que le personnage: - est un peu trop omnipotent, omnicompétent, quasi seul à déterminer le destin de l'univers (façon de parler) par ses seules actions - tous les autres personnages de l'histoire, à l'écran et hors écran, "n'existent" littéralement dans le récit que pour servir et/ou expliquer sa quête, son action, son cheminement, son passé.... Ils n'ont pas vraiment d'existence propre par et pour eux, de rôle qui "pèse" dans l'intrigue sauf pour, d'une façon plus ou moins déguisée, le "servir", l'aider, s'opposer à lui (le point important étant le "lui"), le mettre en valeur.... Et ils n'ont pas de récit propre au moins un peu indépendant - par extension, et c'est le point principal qui définit une Mary Sue, tout, dans l'histoire du personnage évoqué, est beaucoup trop disproportionnellement "centralisé" sur le dit personnage, des éléments fondamentaux de l'intrigue à ses ressorts particuliers, de la résolution des situations à l'avance de la quête générale, de la conversation de tous les personnages (qu'il soit présent ou pas) à "l'angle de vue" générique sur l'histoire. C'est en partie normal dans un jeu vidéo à un joueur (quoiqu'on puisse le faire plus subtilement, ou ne pas le faire du tout en inscrivant le personnage dans une intrigue et un contexte général où il n'est qu'un rouage parmi mille autres -même si un rouage qui compte un peu plus- aussi bien pour la résolution de l'intrigue que pour les aspects relations/émotions), mais ça ne veut pas dire que cela fait une bonne histoire aussi bien pour l'écrit que pour l'audiovisuel. Bref, la Mary Sue, c'est avant tout la manifestation dans une fiction d'un excès de nombrilisme, ce qui renvoie aux origines du terme, qui vient de fanfictions de Star Trek dans les années 70, écrites par des jeunes filles en fleur trop émotives, peu sûres d'elles-mêmes et narcissiques (des ados, quoi) avec un crush pour un capitaine Kirk pas encore démoli par l'alcoolisme, qui publiaient des histoires mal écrites où leur personnage était de façon bien trop évidente des fantasmes d'elles-mêmes projetées dans l'univers de la série, des personnages surcomptétents qui étaient partout, faisaient tout, résolvaient tout, étaient le sujet de l'attention et de la conversation de tous, et s'envoyaient évidemment en l'air avec le capitaine, tout en étant de jeunes filles timides (concession à la réalité de leur image d'elles-mêmes) à peine sorties de l'académie de StarFleet.... Bref, ce qu'une ado tend à fantasmer sur elle-même, bâtissant un récit autour de cette projection entièrement centrée sur elle-même, dans tous ses aspects, évolutions et personnages. Et les jeux vidéos à un joueur sont une plate-forme incitant à centraliser ainsi un récit sur un individu.... Surtout quand l'histoire compte au final nettement moins que l'action. Donc si, le verdict est rendue: le rude Masterchief EST une Mary Sue de première bourre, malgré ses airs de dur à cuire viril . Parce que ses états d'âmes, son passé, ses tourments, ses décisions, ses actions.... Sont le seul truc qui alimente l'intégralité de tout ce qui se passe et ne se passe pas, de tout ce qui se dit et ne se dit pas, dans son univers de fiction. Quel m'as tu- vu! -
Coup d'état en Turquie ?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Daj dans Politique etrangère / Relations internationales
Pas tant que ça sur ce point: on a toujours plus de rancune pour le visage et la main qui vous ont nui que pour ceux qui l'ont ordonné de loin. Le rapport est plus direct. Surtout quand les dits visage et main sont effectivement punissables, là où l'ordonnateur est à la tête de l'Etat et intouchable. -
[BREXIT]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Gibbs le Cajun dans Politique etrangère / Relations internationales
Ca finit souvent par arriver quand même, à un moment ou à un autre... Surtout quand la nécessité financière fait loi. Junker a choisi son camp, assez nettement: certains disent que c'est parce qu'il a une certaine conscience historique et qu'il ne veut pas être celui qui a planté l'Europe en donnant un passe aux Britiches (cad une UE à la carte où on peut avoir les avantages sans les inconvénients), mais quoiqu'il en soit, la nomination de Barnier est un message direct, qui rappelle par ailleurs que la relation Bruxelles-Berlin n'est pas au beau fixe. Mais c'est une réplique à la position de Theresa May qui a dit quasiment en tout (sauf en le disant directement) que seule comptait sa négo avec Merkel, le reste étant appelé à s'écraser devant le résultat. Verra t-on une position commune entre Junker, la France, la Pologne et peut-être (une première dans les "camps" habituels en Europe) la Hollande (qui a récemment fait beaucoup de démarches à Londres, avant tout pour faire venir les grands établissements de la City)? De ce qui se dit, les Allemands ne semblent pas très convaincus de pouvoir faire venir une part conséquente du business de la City à Francfort, la ville étant trop petite et peu attractive (en prenant en compte tous les facteurs qui font l'attractivité) pour ce genre de business et d'individus, et le fait que la place était en passe d'être virtuellement absorbée par Londres avant le Brexit (et en préparation pour ce faire) indiquerait que beaucoup d'esprits et d'organisations (et leurs émanations politiques, le tout constituant le tropisme général, la façon dont les Allemands pensent en général chercher des capitaux) continuent sur cette lancée, ce qui placerait 2 "blocs" face à face, avec cet axe anglo-allemand d'un côté, et d'un autre, un groupement de circonstance incluant France et Bénélux, avec l'appui de la Commission. -
Hillary aura sans doute un "bump" à l'issue de la convention démocrate, mais sans doute moins important que ce que la classe médiatique avance, qui est dithyrambique sur la qualité des discours, la perfection de l'organisation et les "kumbayas" artificiels de la fausse "lovefest" qu'est cet événement (le comportement des Bernistes, surtout de leur minorité la plus farouche et vocale, en attestant), mais continue à sous-estimer les aspects hypocrites de cette politique traditionnelle trop léchée, qui sont ressentis comme tels par nombre d'Américains. Il est vrai que cette convention oppose un énorme contraste au minable bordel de la semaine dernière à Cleveland, où les intervenants de seconde zone se sont déchaînés devant des amphis aux trois quarts vides, annonçant la fin des temps et décrivant une Amérique aux rues à feu et à sang appelant de ses voeux le sauveur à l'orange chevelure: la convention républicaine, sans avoir été un flop, a quand même assez largement raté sa mise et peu convaincu hors de ses enclaves démographiques, et on peut donc l'ajouter à la liste des occasions manquées de la campagne Trump, qui donne par trop dans les erreurs d'amateurs. Le fait reste en partie obéré par les dynamiques en cours dans une partie conséquente de la population blanche (dont les femmes mariées sont l'enjeu capital pour Clinton, tout comme la Floride est l'enjeu capital pour Trump: ce sont les deux pivots des campagnes) qui continue à assurer à Trump un matelas empêchant Clinton de prendre trop d'avance (ça va de pair avec l'impopularité de cette dernière, particulièrement marquée chez les blancs, surtout en terme de cote de confiance), mais limite aussi la possibilité pour l'orang outan new yorkais de passer en tête. A moins de révélations plus choquantes par Wikileaks, et/ou d'un rythme assez soutenu dans le temps de telles révélations, qui soient soutenues par la presse (en bonne partie clintonienne), je doute de l'impact de ces scandales pour Clinton qui a fait l'essentiel de son impopularité de toute façon: elle ne peut pas descendre plus bas à moins d'un vrai "game changer" qui aurait besoin d'être infiniment plus maousse que l'accumulation de ces "petites" casseroles pour que l'ex-première dame prenne vraiment un pain dans la gueule. Le rôle des grands médias compte beaucoup dans le niveau d'impact de ces "affaires", et ils ont nettement choisi leur camp. Personnellement, je pense même que la seule raison pour laquelle Trump est encore dans la course est le fait que les médias ont besoin de l'y maintenir (dans une certaine mesure) parce que ça fait de l'audience et qu'il y a besoin de maintenir le suspense jusqu'en novembre: il est toujours possible qu'au dernier moment, il y ait un vrai "effet Trump" de quelques pour cents, analogue au vote Brexit, qui le propulse à la Maison Blanche, rendant les médias responsables de l'avoir mis en position d'en bénéficier, mais à l'examen des réservoirs démographiques pour les élections, Trump s'est trop limité dans son champ des possibles, s'est tiré trop de balles dans le pied.... Parce que ce n'est certainement pas la candidature Clinton (qui serait extrêmement faible contre tout autre adversaire) qui lui a bouffé son champ d'expansion.
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Il y a de la déconnexion, mais c'est avant tout purement intentionnel dans ce genre d'instance: en détournant la conversation avec constance et à une telle échelle, en choisissant les sujets de conversation principaux et l'angle sous lequel on les aborde, on décide, ou au moins on influe lourdement, sur ce qui est discuté et comment on en parle pour la majorité de la population, ou en tout cas la majorité des populations qu'on cible. Ce modèle générique a pris du plomb dans l'aile avec la profusion de nouveaux médias ne dépendant pas, ou moins, des quelques cercles de décision désormais totalement intégrés dans des filières corporate et généralement plus ou moins alignés avec un parti, un groupement politique ou un candidat (et de toute façon affiliés à une multinationale et à ses obligés), mais il garde un poids très conséquent encore pour le moment. Et ça leur suffit. Que des journalistes et commentateurs "experts" aient l'air de plus en plus cons, déconnectés, faux et/ou vendus en réalisant cet exercice n'est pas trop grave: leur audience fidèle est encore très importante.... Et c'est pour ça qu'on les paie autant. Il est d'ailleurs amusant de comparer l'accroissement permanent du CA et des bénéfices des grandes chaînes d'info (et je parle juste de l'info, pas de l'ensemble de l'offre télé associée à une chaîne info) américaines (là où historiquement, les chaînes ou émissions d'info étaient la tête de gondole ne faisant pas d'argent, mais constituant le produit d'appel établissant une réputation de sérieux, de révélateur de scandales et de vérités mises sous le manteau, qui faisaient venir l'audience) avec leur audience en déclin structurel depuis maintenant une quinzaine d'années: certes, il y a plus de moyens de tirer du fric d'un abonnement et de ses options aujourd'hui, mais pas dans les proportions dont on parle ici, très loin de là. Les pubs sont largement surpayées, les émissions sont directement sponsorisées par un tas de soutiens corporate.... Bref, les grandes chaînes networks et câble (d'info et autres) sont aujourd'hui des porte paroles directs de l'establishment financier et politique, des publi-reportages de fait: c'est leur business model, hautement profitable et niant l'essentiel de ce que la presse est censée être. Et en face, les médias alternatifs sont encore, quoique nombreux, beaucoup trop petits pour peser suffisamment en tant que force d'opposition, surtout que beaucoup d'entre eux sont des trucs de niches, d'extrémistes, de tarés et/ou d'amateurs, ce qui laisse peu d'alternatives, et surtout bien peu ayant une masse critique suffisante pour peser contre le "messageing" venu du "haut". Cette élection semble avoir indiqué un début de quelque chose pouvant s'opposer à cela, grâce aussi à des circonstances particulières (des candidats extrêmement alternatifs et charismatiques avec Trump et Sanders, une crédibilité des grands médias qui est voisine de celle du Congrès -dans les 5-6%-, le ras le bol du business as usual et des mêmes sempiternels discours, la situation socio-économique....), mais la route semble longue.
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Alors il fait vraiment tout comme Marine LePen? Il est vraiment la poissonnière qui gueule des Américains? Mais bon, ça fait maintenant quelques jours que cette polémique de Wikileaks a commencé, et il semble qu'elle ait finalement eu un début d'impact avec la fausse mise à l'écart de Debbie Wasserman Schultz, qui elle-même n'a pas suffi vu que la désormais ex patronne du DNC s'est faite huer, mais reste inscrite comme intervenante lors de la convention (avec un embarras croissant même chez l'establishment cependant) et, évidemment, reste tout aussi puissante dans le DNC et pour la campagne Clinton. Julian Assange a cependant annoncé qu'avant la fin de la semaine, vraisemblablement, il lâcherait une tournée supplémentaire d'emails puants du DNC, alors suspense.... Pour l'instant, le spin adopté dans les grands médias (souvent très engagés avec Clinton sans l'afficher.... Comme le montrent les emails) est de pointer exclusivement l'angle russe plutôt que de parler du contenu des mails.
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Les intéressants résultats d'une nouvelle étude sur les violences policières: http://www.nbcnews.com/health/health-news/black-people-more-likely-be-stopped-cops-study-finds-n616546
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[BREXIT]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Gibbs le Cajun dans Politique etrangère / Relations internationales
D'un autre côté, faut pas non plus trop en conclure, du moins sur le sujet des universités: - comme évoqué dans l'article, cela peut durer jusqu'à ce que les négociations donnent quelque chose, et un nouveau "business as usual" (pas forcément éloigné de ce qui se faisait avant, c'est la crainte montante pour l'ensemble du statut post Brexit par chez nous) s'installera. Ca leur ferait donc quelques années problématiques (considérant l'impact dans le temps de ces projets), mais un rétablissement - la relance évoquée par le gouvernement britannique s'attacherait j'imagine à financer au moins partiellement le gap - c'est peut-être un mal nécessaire dans le secteur des universités modernes où le budget de recherche est souvent délirant et aux dépends des études et des étudiants depuis maintenant quelques décennies, étant donné l'importance démesurée donnée à la recherche (et dans les faits, surtout à la production de papier qui est le principal critère de mesure de la recherche) comme critère d'évaluation de ces lieux censés être avant tout des institutions de formation. Se renforcer sur le côté académique pour créer plus d'étudiants plus qualifiés pour se lancer dans la recherche -et accessoirement baisser drastiquement le coût de la scolarité- ou une activité de haut niveau, est désormais un enjeu majeur pour les systèmes de formation supérieurs, la bulle de l'endettement et les inégalités importantes et croissantes d'accès à l'enseignement supérieur n'étant pas que des spécialités américaines. -
Quelques addendums quand même (je ne conteste pas ton propos, mais j'y apposerais quelques amendements.... Une chose que le Congrès américain est désormais incapable de voter d'ailleurs ): - les jeunes dont tu parles ne seront plus des jeunes dans 8 ans, rappelons le, ou en tout cas plus dans la même catégorie de jeunes, même s'il est certain que la majorité d'entre eux ne sera pas dans une bonne situation économique (elle sera quand même moins mauvaise en moyenne) et qu'en termes de perspectives, ce ne sera pas glorieux pour beaucoup d'entre eux, voire franchement déprimant. Les opinions changent avec l'âge, on apprend, à tort ou à raison, à relativiser, on devient blasé, on entre dans le parti abstentionniste.... - une grande partie de "l'effet Obama" a été due à un truc qu'il apportait par rapport à Clinton, mais qui était plus un effet psychologique qu'autre chose (vu qu'il ne s'est jamais posé en révolutionnaire, ou même en homme de centre gauche: il est un "démocrate de l'establishment", centre droit, avec quelques propositions sociétales de gauche): sa nouveauté, son absence de casseroles. Cela en faisait en soi un disrupteur (en plus de la question de la couleur et de ses prénoms) et un porteur d'espoir, qui plus est en une année de crise sans précédent ou presque, qui a motivé un nombre anormal de gens pour aller militer et voter. C'est un phénomène difficilement reproductible dans de telles proportions, et même Trump et Sanders n'ont pas retrouvé des chiffres pareils, essentiellement parce que c'est pas la crise de 2008 tous les jours (heureusement). - le vote jeune pour Clinton, il faut y faire attention: d'abord parce qu'on n'est encore qu'en juillet, et que même les chiffres d'intention de participation sont pour l'instant peu représentatifs de ce qui se passera, tout comme ceux d'intentions de vote. Plus important encore, le fait que les jeunes voteront Clinton n'obère pas le fait que leur taux de participation risque, comme la plupart du temps, d'être très bas, et -et c'est le point notable qui sera à regarder à la loupe- sans doute plus bas qu'il ne l'aurait été si Sanders avait été le candidat (dans quelle proportion? A voir). Par ailleurs, il faut noter que le boost qu'a eu Gary Johnson est avant tout du fait d'un flux de la jeunesse vers les libertariens, moins par conviction que par recherche d'un vote protestataire (qui ne soit pas non plus Trump), sans doute aussi parce que les libertariens sont devenus le produit d'appel d'alternative aux démocrates sur les campus devenus trop souvent des dictatures du politiquement correct dégoûtant beaucoup d'étudiants de gauche ou modérés/indépendants qui refusent le GOP et se réfugient donc soit dans l'abstention (de loin le premier "parti alternatif") soit chez les libertariens (dont la diversité est suffisamment grande pour pouvoir accueillir tout et son contraire sans besoin d'une forme de cohérence générale: bref, c'est juste le parti pour dire merde à papa républicain et maman démocrate). - l'anti-establishment restera une ligne de campagne qui marche, parce qu'essentiellement, les establishment actuels risquent bien de rester en place: côté républicain, c'est encore eux qui tiendront les nominations et les élus au Congrès et dans les Etats (et toutes les filières de financement, le réseau des Koch en tête, qui a déclaré la guerre à Trump), le meilleur des scénaris pour Trump (qui ne semble pas prêt à faire ce genre de travail) étant qu'une fois élu, il profiterait de la fonction et de la situation pour se constituer graduellement une "power base" pour peser plus dans le parti). Côté démocrate, maintenant que la tempête est passée, on peut être sûr qu'ils retiendront toutes les mauvaises leçons de l'aventure, pour mieux se conforter dans leur position..... Ce que l'incident actuel avec DBW confirme largement, et que les huées qu'elle a du subir aujourd'hui ne changeront pas. Ils sont bien en place aux postes qui comptent, ont intérêt à faire bloc, trop de mauvaises habitudes prises, trop de fric et de carrières en jeu, trop le goût de la chose.... DBW elle-même est trop solidement élue dans sa circonscription, et trop implantée dans les réseaux politiques de Floride et de Washington, avec une trop grande faculté de levées de fonds, pour aller où que ce soit. D'où la manoeuvre politique en forme de doigt levé qui a juste consisté à changer l'intitulé de sa fonction sous les apparences de la "virer". Elle reste à la table des grands, et garde toute sa capacité de négociation, c'est ça qui compte dans ce monde. Et même pour le poste de patron de la DNC, le remplacement sera sans aucun doute de la même eau. Les fusillades "de masse" (j'oublie toujours quel est le nombre de victimes formant le seuil pour qu'un événement de ce type soit ainsi qualifié) sont en effet en croissance constante depuis quelques années, alors même que la violence armée stagne ou baisse de façon structurelle (mais très lente). Et il est tout aussi vrai qu'on y prête désormais plus d'attention, en raison du caractère particulier de ce type de violence.
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Apparemment une nouvelle fusillade dans un nightclub de Fort Myers en Floride où se déroulait (de jour) une fête organisée pour des ados: 2 morts (14 et 18 ans), 2 douzaines de blessés dont une de 12 ans(bilan provisoire), malgré la présence de gardes armés.... Je vais être méchamment cynique mais.... La routine, quoi . Cet événement serait lié à 2 autres échanges de tir dans le quartier, à quelques minutes d'intervalle.
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A ce stade non: ça aurait pu être le cas AVANT la révélation par Wikileaks, mais plus maintenant. Maintenant, c'est la moindre des "politesses" politiques pour pas faire trop tache. Du damage control, et même pas terriblement conciliateur, étant donné qu'elle retrouve directement un rôle important et reste à la "table des grands", parce qu'elle a du capital politique et la faveur des soutiens importants du parti. Ce réassignement est même un gentil "va te faire foutre" à Sanders et à ses partisans, vu que dans les faits, c'est le service minimum. Côté échange de bons procédés et négociation interne entre les Sandersiens et l'establishment, ça n'a aucune valeur. C'est le genre de réaction qu'on observe quand on sait ou on croit que le scandale potentiel restera potentiel et n'ira pas plus loin, ce qui semble pour l'instant confirmé par le faible bruit fait par les révélations Wikileaks dans les grands médias US qui ne s'attardent pas sur de telles peccadilles et préfèrent parler des choses importantes comme le dernier tweet de Trump, le fait qu'il ait réussi à faire un discours en lisant un prompteur; et sans se tromper, la dernière catastrophe naturelle en cours, l'attentat en Allemagne ou les pronostics inutiles du jour sur le résultat électoral de la présidentielle (dont on sait qu'aucun sondage ne sera fiable avant Labor Day en septembre, généralement le moment où la population rentre vraiment dans le trip massivement)...