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Tout ce qui a été posté par Tancrède
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De façon objective et pour un observateur raisonnablement informé et ayant au moins quelques fois regardé des débats et émissions politiques, Clinton a "gagné" le débat haut la main: Trump était pitoyable, d'un niveau infantile dans ses réponses, son langage corporel, sa façon d'interrompre pour ne rien dire (qui n'était pas tactique: c'est lui qui ne peut pas se retenir) et de grogner et multiplier les onomatopées.... Y'a une liste sans fin. On peut aussi pointer du doigt les mille occasions simples qu'il a loupées de bien répondre à Hillary sans avoir besoin d'un large bagage de connaissances, ce qui signale qu'il n'a pas un grand esprit d'à propos et n'est pas vraiment un "rapide" question ciboulot; pire encore, on a vu son incapacité à sortir d'un sujet où son égo est mis sur la sellette, quitte à s'enfoncer pendant 10-15 minutes avec des explications pitoyables au lieu de balayer le thème d'un revers de main ou d'une réplique courte (le "birtherism" en fut l'exemple le plus flagrant) et de réattaquer Clinton. On a aussi vu Clinton très capable de rester impassible et arriver à le décontenancer vraiment trop facilement. Il a néanmoins bien performé dans les 25 premières minutes, même si quasi uniquement avec des mensonges et de façon très maladroite, mal informées, avec -chose qui a été l'un de ses plus grands handicaps- une extrême limitation de son registre, autant sur le plan des connaissances (et donc des angles d'attaques sur un seul sujet: un grave manque de "biscuits") que sur le plan du vocabulaire: trop de répétition des mêmes mots et formules simplettes, en nombre beaucoup trop limité même pour son audience de base, nuit gravement à l'impression qu'il donne. Mais il a dominé néanmoins ses 25 premières minutes, et tout le monde s'accorde à dire que la première demi-heure est ce qui compte le plus dans ce premier débat qui est celui qui, apparemment, compte aussi le plus, parce que le plus regardé des 3 (plus le débat vice-présidentiel dont on a vu en 2008 et 2012 qu'il peut compter.... Du moins si on a une Palin, et surtout, un Joe Biden, extrêmement habile et populaire.... Les deux glandus insipides de cette année risquent moins de détonner). Trump aurait donc ça qui joue pour lui, si cette théorie est si vraie que ça. Maintenant, il faut aussi revenir à certaines réalités: - on a toujours les deux candidats les plus impopulaires de l'histoire américaine récente, et le débat d'hier n'a pas rendu Clinton sympathique, et n'a sans doute pas non plus fait de Trump un gars aimable - les débats n'affectent pas ceux qui ont déjà décidé de leur vote (à moins d'un pétage de plomb complet ou d'un meurtre de bébé face caméra), soient environs 80% de l'opinion à ce jour - les "undecided" sont à 20%: à ce stade, c'est un record. Il y a peu de chances que les débats en bougent beaucoup de façon ferme à moins que Trump ne passe vraiment trop pour un con - la barre a été fixée en fonction de chaque candidat: Clinton n'a pas droit à l'erreur, parce que c'est essentiellement la politique d'image qu'elle a développé depuis longtemps, celle de l'hyper compétence. Pour Trump, cette barre est de fait beaucoup plus basse: tant par sa campagne que par ce que les médias ont développé pour lui, tout a été fait pour qu'il n'aie besoin que de paraître relativement "normal". Pour gagner plus que ce qui semble être actuellement son plafond, il doit faire un peu plus sérieux et présidentiel, mais pas dans des proportions si délirantes.... Parce qu'il ne faut pas oublier qu'une bonne partie de ses électeurs ou de ceux qui hésitent mais considèrent sérieusement de pouvoir peut-être voter pour lui, n'ont pas cette intention parce qu'ils croient en lui ou l'aiment: s'ils votent pour lui, c'est pour brandir leur majeur contre Washington, pour faire de lui une grenade dégoupillée lâchée dans la capitale. Un vote protestataire assez lucide en somme, et pas forcément porteur de grandes espérances (ce qui est triste ou terrifiant quand on y pense). - 90% de toute communication est non verbale, donc avant d'examiner dans le détails les échanges du débat, il vaut mieux essayer de voir ce qui "est passé" hier soir, et là, le bilan est plus mitigé qu'on ne pense, parce que Clinton a fait passer quelques trucs malgré tout (pas de la sympathie, hein), mais surtout parce que cette analyse est beaucoup plus subjective et variera fortement dans chaque public ciblé. Trump a beaucoup, peut-être trop, "parlé" ainsi à son audience déjà acquise, comptant sans doute trop sur une Clinton se dégommant elle-même en incarnant trop l'insider, l'establishment si détesté. C'est un pari plus qu'un calcul, et il est difficile de dire si Clinton a été si détestable que ça auprès du 20% de "flottants". Ce sont moins les sondages ponctuels des prochains jours qui nous diront qui l'a emporté que l'impact sur la tendance des sondages qu'on pourra commencer à observer d'ici une semaine, ou plutôt deux.... Si tant est que les débats aient un impact si mesurable: l'audience a été superballesque (dans la gamme des 90-100 millions de paires d'yeux), au moins pour la première demi-heure (après quoi il commence à y avoir de la fuite, et surtout, moins d'attention: le cerveau marche par phases de 20 minutes environs avant d'avoir besoin de faire une pause, sinon il se met en écoute plus passive et tout devient plus confus, moins réceptif), mais il reste difficile d'évaluer l'impact des débats présidentiels précédents depuis le duel Nixon-Kennedy. A part quelques-uns où on a pu dire que l'exercice avait eu un rôle réel, voire opéré un tournant (Nixon-Kennedy, Reagan-Mondale, Bush-Gore), il semblerait que le machin ne soit pas aussi décisif qu'on le pense. Et rappelons encore à cet égard que ce qui porte Trump, ce n'est nullement sa candidature, son programme ou sa personne: c'est la colère, l'envie de changement. Il a certes besoin, dans une certaine mesure, d'une partie de l'électorat "calme" plus traditionnellement à droite, essentiellement des blancs et des gens éduqués (et évidemment une marge forte chez les blancs éduqués, femmes et hommes, ce qui pose problème pour lui en ce moment.... Surtout les femmes), mais beaucoup dépend d'un facteur qui énerve les journalistes parce qu'il est actuellement impossible à quantifier: la participation. Autant celle des pro-Trump, dont une bonne partie sont des républicains ou "right-leaning" qui s'étaient éloignés du vote depuis longtemps (combien vont voter?), que celle des anti-Trump ou des démocrates et "left leaning" (qui, plus que jamais, ne doivent pas être confondus avec des pro-Clinton, qui ne semblent pas être une espèce prolifique) qui risquent de ne pas se ruer aux urnes (y compris les noirs, apparemment pas si emballés par la miss même si elle a une écrasante majorité chez ceux qui iront voter). Autre inconnue: ceux qui actuellement ont viré chez Johnson ou Stein, mais voteront "utile" le jour J. C'est un comportement toujours observé dans les élections, qui ramènera sans doute Johnson à un chiffre assez bas. Pour l'instant, il semble que les alter candidats aient plus pompé chez Clinton que chez Trump, ce qui veut dire que cet effet du jour J aura plus tendance à alimenter soit Clinton soit l'abstention. -
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[Séries TV]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
The Magicians: j'ai bien tripé dessus, mais il y a aussi plein de longueurs et d'inutiles atermoiements avec en prime, les inévitables tourments adolescents et prises de tête sans fin, ce qui n'est tolérable, voire intéressant que si c'est bien fait -et c'est loin d'être toujours le cas dans cette série-, utile à l'intrigue -ils en foutent un peu trop à toutes les sauces-, limité -y'a des épisodes où c'est surabondant-, et si les personnages en plein tourments sont sympathiques.... Et sur ce dernier point, j'avoue que la série a un problème; le personnage principal m'est vite devenu intolérablement imblairable. Une tête à claque comme c'est pas permis: j'ai envie de le baffer, de le cogner, de lui arracher les yeux, de lui faire bouffer sa putain de langue qui bafouille sans arrêt, de lui arracher sa mèche de faux beau gosse, et de le noyer.... Très très fort et à répétition. Bref, de l'emmener à Guantanamo. L'univers de la série, sa magie, son "fonctionnement", sont vraiment bien trouvés et surtout bien mis en image et en récit, et bien utilisés dans une histoire dont la trame de fond est plutôt pas mal...... Y'a juste un problème avec cette gallerie d'ados hystériques et névrosés. Alors on tolère évidemment la névrose des nanas canons (normal), j'aime bien le copain homo qui se donne des grands airs, et son duo avec la pêtasse ultime, j'aime même la copine du héros refoulée et la "co-héroïne" qui, malgré son hystérie et son comportement de junkie en manque, a sa logique en tant que perso.... Juste un problème: la figure de proue du casting est..... Mmmmmf.... Rien qu'en y pensant et en devant écrire dessus, j'ai des frémissements dans la main et envie de cogner quelque chose. -
[Séries TV]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
J'ai vu hier le pilote de l'adaptation en série de L'arme Fatale..... Et contre toute attente (vraiment contre toute attente) et contre toute anticipation..... J'ai bien kiffé: en espérant que la suite restera à la hauteur. Rien d'original, pas vraiment de quoi bouleverser les codes, mais c'est plutôt pas mal écrit, dans le registre (c'est de la série B, hein), et les acteurs sont bien choisis, et surtout, le duo Riggs-Murtaugh "fonctionne" bien. Agréablement surpris. Autre essai: Graves. Une série satyrique sur un ancien président républicain, joué par Nick Nolte, qui, 16 ans après la fin de son 2ème mandat, remet brutalement en question son "héritage" et sa carrière, bouleversant le train-train de sa vie d'ex-chef d'Etat, au grand dam de sa femme qui a elle-même des ambitions politiques, et de son entourage, de sa fille (ex petite chérie de l'Amérique conservatrice qui pète les plombs) à son nouvel assistant, (un des personnages centraux, un jeune conservateur prépubère dont l'ex-président est le héros) qu'il bizuthe constamment. M'a bien fait marrer. Autre série, aussi sur la présidence (année électorale oblige, je suppose): Designated Survivor. C'était apparemment la série la plus attendue de la rentrée à la télé américaine. Kieffer Sutherland est ici loin de Jack Bauer, interprétant un secrétaire d'Etat au logement qui est le "designated survivor", cad le membre du cabinet américain dont c'est le tour d'être planqué dans un endroit secret pendant que le président, le vice président et le cabinet sont avec le Congrès au grand complet pour le discours sur l'Etat de l'Union.... Histoire qu'il y ait une personne de l'ordre de succession présidentiel qui soit épargné au cas où quelque chose arrive.... Et vous l'aurez deviné, quelque chose arrive: gros boum au Congrès, et tout le monde y crève. Le dit secrétaire au logement a cependant tout sauf le profil d'un politicien de la "A list", tout sauf le profil d'un leader: c'est un militant de quartier qui a réussi à obtenir le poste pour l'image auprès des communautés défavorisées, qui n'a jamais réellement "baigné" dans les milieux du pouvoir ou eu à se tailler une carrière politique. Pas vrailment un carnassier et certainement pas quelqu'un qui s'est jamais préparé à avoir même un dixième de ce genre de responsabilités.... Et n'en a jamais eu l'ambition. Au moment où tout arrive, il était même en fait en train d'être poliment viré pour le grave crime d'inutilité politique. Alors même que le gouvernement américain est décapité (plus de Cour Suprême, plus de cabinet, plus de Congrès, plus d'exécutif), on a donc monsieur "mais qu'est-ce que je fous là" précipité au milieu d'une tourmente à la Jack Ryan, alors même qu'un complot terroriste de grande ampleur est en action (et apparemment pas encore terminé même après que le Capitole ait fait boum) et que certaines personnes dans le staff présidentiel ne soient pas du tout convaincues par le nouveau patron, au point de commencer à se dire qu'il devrait peut-être rejoindre ses ex-collègues. Le pilote était correct, les moyens sont très adéquats (le Capitole démoli et fumant..... Ca change d'une énième version de la Maison Blanche démolie ) et le casting est riche: outre Sutherland, on retrouve entre autres Maggie Q en analyste du FBI, la toujours parfaite Natascha Mc Elhone (Ennemis Rapprochés, Ronin, Truman Show, Californication) en First-Lady-par-accident, et Kal Penn (moins connu en France: c'est un acteur et un comique ET un ex-conseiller d'Obama). Mon impression générale pour Designated Survivor est mitigée: le pilote est vraiment bon, et se mate d'une traite sans donner l'impression que 3/4 d'heure se sont passés. Les personnages sont bien définis d'entrée de jeu, et plutôt pas mal, les dialogues sont fluides et le montage de très bonne facture. Il y a juste pour moi cette impression d'un gros "mais" qui est moins liée à l'épisode qu'à ce qu'il me fait craindre. Sans doute l'habitude d'avoir été déçu par beaucoup trop de séries dont le synopsis promettait trop (ou mieux), ou dont le pilote ne fut pas suivi d'épisodes à la hauteur. C'est donc une impression vraiment en partie très subjective. Mais on peut cependant craindre les recettes toutes faites, les routines scénaristiques et l'abus de tropes et codes habituels qui empêcheraient cette bonne intro de prendre l'essor qu'elle mériterait. A voir si Sutherland (lui-même dans son jeu aussi bien que le script) pourra faire autre chose, par exemple, qu'un Jack Bauer/Jack Ryan, une cendrillon de la présidence qui se révèle parfait dans l'épreuve: c'est une ligne scénaristique où il sera vraiment difficile d'être original, et encore plus d'être bon. Sinon, pas la peine d'essayer Bull, la série pour laquelle Michael Weatherly a lâché NCIS: une série "para-judiciaire" où il joue un psy avec une agence chargée d'analyser et manipuler des jurys via des techniques de pointe. C'est chiant et capillotracté. Evitez aussi Our Girl, la série "militaire" anglaise qui en est déjà à sa deuxième saison (personnages différents dans chacune): c'est essentiellement du délire sentimentaliste sur une fille dans l'armée, sorte de Grey's Anatomy en kaki. -
Chine
Tancrède a répondu à un(e) sujet de alexandreVBCI dans Politique etrangère / Relations internationales
Mais fais pas ton parano: les Chinois sur ce plan sont comme nous.... Qu'ils prévoient ou non d'envahir Taïwan avec des robots, ils se font juste des illusions avec ce genre de démonstration: ils ne veulent pas voir qu'ils sont en train de préparer leur propre chute en fabricant et entraînant ainsi leurs futurs seigneurs et maîtres (et nos seigneurs et maîtres à tous), les robots. Ils vont se soulever contre nous dans plus très longtemps, maintenant, de toute façon. Peut-être qu'il suffira encore d'une suite foirée de Terminator en plus pour déclencher l'événement. Mais bon, au moins leur deuxième version de nos futurs overlords est mignonne et souriante. -
C'est une tendance structurelle lourde depuis maintenant deux décennies ou plus: les armes sont de plus en plus concentrées sur une proportion réduite de la population. La dernière statistique que j'avais vu dans ce registre, c'était qu'un tiers des foyers (peut-être un critère de référence plus important que le nombre d'individus proprement dit) avait au moins une arme, et que 20-25% d'entre eux (cad des foyers ayant au moins une arme) en avaient plusieurs. Non, c'est assez peu probable, même si ça serait le cas dans une certaine mesure si (et seulement si) les élections voyaient une majorité républicaine l'emporter à la Chambre et au Sénat.... Ce qui en l'état est très peu vraisemblable. Si nombre de ses réformes économiques pourraient rassembler pas mal de républicains (et quelques démocrates dits "blue dogs"), ses préconisations sociales/sociétales (faisant nécessairement partie de la négo globale) les lui alièneraient à un niveau viscéral, tout en ne gagnant pas forcément beaucoup de soutiens démocrates dans nombre de cas. Et s'il faisait les premières sans trop toucher aux secondes, il s'aliènerait sa propre base, repassant dans la case "conservateur" aussi sec. Est-il un assez fin manoeuvrier, avec un capital sympathie suffisant auprès des élus, soit ce qu'on appelle aux USA un "shmoozer" (cad un type capable de séduire/persuader/tyranniser des élus professionnels opposés à lui et de les amener à sa position sans forcément leur donner énormément en échange: le dernier grand président "shmoozer" aux USA, c'est Johnson, avec Reagan et Clinton qui l'étaient un peu, mais à un bien moindre degré)? J'en doute, même s'il a pu le faire en tant que gouverneur pendant quelques années.
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Juste pour la note: le vote pour l'élection présidentielle américaine commence cette semaine dans le Minnesota, la semaine prochaine dans l'Iowa et, à partir de là, dans un très grand nombre d'Etats qui pratiquent le vote anticipé (early voting), dispositif qui favorise la participation (notamment vu le nombre de gens découragés par les files d'attentes le jour J, ou surtout, qui sont indisponibles, essentiellement parce qu'ils travaillent et ne peuvent prendre le temps) et a représenté jusqu'à un tiers des bulletins dans les dernières élections. On anticipe le même niveau de vote anticipé, si bien que le jour de l'élection, environs un tiers des participants auront déjà voté, un chiffre qui inclue, il faut le noter, les vote par procuration (absentee voting) et par correspondance (postal voting: dans 3 Etats, le "early voting" passe uniquement par correspondance, et dans 5, il ne se fait qu'en personne). Evidemment, comme toujours aux USA, les modalités varient selon l'Etat: durée de la période d'early voting, dispositions pratiques, pièces nécessaires et processus d'inscription.... Et encore évidemment, comme toujours aux USA, la chose est très politisée. Le processus favorise en effet lourdement les démocrates (ou plutôt, l'électorat démocrate en a plus besoin), dont nombres d'électorats ont plus de difficultés à se présenter dans les bureaux de vote le jour J, voire sont activement empêchés ou handicapés pour le faire par des politiques et pratiques ciblées: restrictions du nombre de bureaux dans leurs districts, restriction des horaires, limitation du nombre de personnels et machines, rôle actif des chambres de commerce pour pénaliser les employés prenant quelques heures pour voter, pratiques d'intimidation, restriction des transports publics, mauvaises indications sur l'emplacement des bureaux de vote et restriction de leur accessibilité.... Les Etats à majorité républicaine ont depuis longtemps multiplié les législations et tactiques de toutes sortes visant à restreindre l'accès au vote et le vote même des populations et circonscriptions tendant plus à voter démocrate, depuis le problème des cartes d'identité et de l'abus (et la prolongation) des privations de droits civiques (notamment les ex-taulards, même ceux condamnés pour 3 fois rien) jusqu'à ces restrictions le jour du vote, en passant par mille et une choses, grandes et moins grandes, Et évidemment, dans la liste de ces choses, tout ce qui peut être fait dans le cas des pratiques d'early voting, absentee voting et postal voting, est fait, et les Etats républicains multiplient les attaques constantes; même quand il se font retoquer par les commissions électorales, ils repartent à l'assaut avec les mêmes projets, à peine modifiés, et le processus de retoquage est toujours plus long que le passage d'une législation ou la mise en place d'un ordre exécutif du gouverneur, et plus encore que la mise en place de pratiques plus ou moins invisibles (avant le jour J) au niveau local. L'avantage est donc à Clinton sur ce plan: c'est bien connu, les démocrates votent plus tôt le jour J, et votent plus de façon anticipée. Sera-ce suffisant pour compenser le défaut d'enthousiasme? L'électorat potentiel démocrate est plus vaste, mais aussi moins organisé, plus éparpillé, et là, l'énorme organisation "au sol" qu'a bâtie la campagne Clinton ces derniers mois peut jouer son rôle en allant chercher l'électeur là où il est (covoiturage et cars pour le transport, porte à porte pour aller remobiliser, y compris au dernier moment, ce que facilite encore plus le micro-targetting en temps réel....): une période étendue d'early voting permet à ce genre de dispositif de trouver sa pleine efficacité. Dans quelle mesure cela peut-il compenser le défaut de motivation (voire la franche hostilité) de larges pans de population, même celles qui penchent structurellement pour le parti démocrate?
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Sinon, petit update sur les intentions de vote pour les 18-34 ans, ces "millennials", si courtisés, entre la mi-août et aujourd'hui: - Clinton a perdu 17% en un mois chez eux, passant de 48 à 31% - le grand gagnant est Gary Johnson, qui en a pris 13%, passant de 16 à 29% - Trump ne bouge pas trop, passant de 25 à 24% - Jill Stein a eu un net plus, passant de 11 à 15% On voit plusieurs choses: d'abord, il y a peu ou pas d'indécis dans cette catégorie de population, mais surtout, l'énorme chute de Clinton a été essentiellement absorbée par Johnson, et un peu par Stein, les deux "alter candidats" dont un seul pourra se présenter dans les 50 Etats, Jill Stein, apparemment, ne parvenant à le faire que dans 45 d'entre eux. Johnson est ainsi le deuxième candidat chez les jeunes, et d'une très courte marge. Ca peut changer, évidemment, peut-être même aussi brutalement que ça l'a fait en un mois, mais à mesure qu'il est devenu plus connu, et malgré ses très visibles insuffisances, surtout en politique étrangère, Johnson a une bonne image, et encore beaucoup de marge de progression en terme de notoriété (et beaucoup de handicaps institutionnels qui limitent cette progression).
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2 études viennent d'être publiées par le Urban Institute (un think tank focalisé sur les problèmes de société, surtout en milieu urbain, créé par le gouvernement de Lyndon Johnson afin d'analyser la situation et les propositions politiques pour sa "great society") concernant les problèmes des adolescents américains dans les couches modestes; il en ressort que qu'entre 20 et 25% des 12-19 ans, soient plus de 7 millions d'individus, sont de fait dans une telle situation d'insécurité alimentaire qu'ils n'ont d'autre choix que de recourir à des activités criminelles pour se nourrir, dont très souvent la prostitution (plus marquée chez les filles), et une proportion sans cesse croissante de comportements dits "à risque" (alcoolisme et drogues), toutes choses qui tendent inévitablement à leur créer de nouveaux handicaps, tant psychologiques (enfermement dans une mentalité défensive et court termiste, traumas....) que capacitaires (mauvaises performances scolaires, retards dans le développement physique et mental....) et, évidemment, juridiques (casier, temps en prison et "dans le système" en général....). La tendance ne semble pas s'améliorer: si dans les années 90-2000, les commentateurs se lamentaient qu'un enfant sur cinq aux USA naissait dans la pauvreté et cumulait dès lors une série de handicaps rendant difficile toute chance de progression sociale, la proportion est désormais plutôt de un sur quatre. Sans compter que, pour les adolescents sus-mentionnés comme pour les plus jeunes, il faut compter un autre quart de la population évoquée qui n'est pas beaucoup mieux loti que ce "quart du fond" (la masse de gens qui ne sont pas très au-dessus du/des seuil définissant la pauvreté, et dont le lieu de résidence -environnement urbain où le coût de la vie est très supérieur....- définit aussi le niveau de vie, autant que le niveau apparent de revenus), et aligne une portion plus ou moins importante de ses handicaps. Au-delà des simples chiffres et proportions, ce qui a surpris les chercheurs, pourtant penchés sur ces problèmes depuis longtemps, fut une évolution dans la nature et la gravité des problèmes dans ces populations, et avant tout la place qu'y tient désormais l'alimentation: le niveau de vulnérabilité alimentaire des couches les plus modestes des USA, quand on regarde plus finement que le simple fait de les considérer comme "sous le seuil de pauvreté", est une nouveauté dans les proportions qu'il atteint, de même que le niveau de désespérance qu'il suppose. Un peu comme si l'horizon des pauvres aux USA s'était rabaissé depuis quelques décennies, la proportion d'entre eux devant faire n'importe quoi pour simplement trouver leur prochain repas ayant explosé. Ca me fait penser à la proportion assez similaire que j'avais pu voir sur l'Angleterre, ou environs 20-25% d'une classe d'âge (de plus en plus disproportionnellement plus chez les garçons) était, dès la fin de l'adolescence, inapte au travail ou même à tout processus d'apprentissage, portant essentiellement les mêmes problèmes et stigmas décrits plus haut (quid chez nous?).
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Au Parlement canadien, ce sont bien des professionnels qui ont eu le gars, en l'occurrence la Police Montée, dont un détachement constitue la sécurité de Parliament Hill: le type qui fut le visage de l'intervention était le "sergeant at arms de la Maison des Communes", une fonction essentiellement honorifique, mais c'est aussi le poste de responsable de la sécurité des Communes, qui est confié à un pro. Dans le cas évoqué, le gars était un flic de la RCMP avec 30 ans de carrière, et un cursus distingué (parce que ce job n'est pas confié à quelqu'un qui a fait de la figuration dans sa profession), et il n'a pas agi seul, mais avec son équipe de sécurité (dont le type qui a tiré le coup fatal). Et si quelqu'un avance que la RCMP n'est pas une force professionnelle parce qu'ils ont un uniforme folklo.... Ce quelqu'un n'est pas très sérieux.
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Ben, c'est ce qui a été et sera le cas le plus fréquent, et ce encore plus avec l'EI qui a définitivement revendiqué le "low tech" et l'action via des individus "séduits" mais agissant de leur propre chef (plutôt que des cellules "de pros"). L'attentat de Boston avait été pareillement réalisé avec des bombes artisanales bricolées avec des ingrédients issus du commerce et ne nécessitant même pas l'achat de grandes quantités (on peut faire des bombes réellement méchantes avec des engrais, insecticides.... Qui s'achètent en quantités industrielles si on est, par exemple, un agriculteur.... Et les contrôles sont inexistants, même si ça peut être visible). Et aujourd'hui, tous les plans et méthodes de fabrication sont en ligne pour qui se donne la peine de chercher plus de 20 secondes; l'EI doit sans doute, dans son activité internet, avoir ses rubriques "vie pratique, tactique et modes d'emplois", avec hotlines pour conseiller les aspirants massacreurs, leur indiquer quels plans suivre, quels sont les trucs qui marchent le mieux, les choses à éviter.... Maintenant, Trump va se jeter sur ce truc comme la vérole sur le bas clergé: il s'est déjà empressé d'en parler au pied des marches à la descente de son avion, mais juste pour dire que c'était arrivé: il va être nettement plus violent juste après et... O miracle, son valet de service est le gouverneur du New Jersey, détesté de ses administrés, et qui ne fait plus son métier (après l'avoir mal fait) depuis près de 2 ans, n'y foutant que rarement les pieds, mais qui va pour l'occasion rechausser ses pompes de chef responsable et "grand dans la tourmente" (enfin essayer de le faire) pour la jouer dur à cuire au coeur d'or, avant de se lancer lui aussi dans des diatribes antiterroristes (et possiblement anti-musulmanes/anti-immigration/anti-réfugiés) viriles pour faire croire qu'il sait de quoi il parle avec des déclarations creuses et des mots qui sonnent fort et couillus, mais ne veulent pas dire grand-chose (et bien souvent décrivent des préconisations de politiques et actions que le gouvernement mène déjà). Ne caricature pas non plus comme Trump: les noirs ne vivent pas universellement dans des guettos pourris. Ils composent une part disproportionnée des populations modestes et pauvres des USA, mais sont très loin de correspondre en moyenne à ce stéréotype. Il y a une classe moyenne noire (ou plutôt DES classes moyennes noires, avec toutes les strates qui composent cet ensemble nommé "classe moyenne") qui est tout sauf anecdotique, et une élite noire. Ils sont sur-représentés dans les déciles inférieurs de la répartition de la richesse aux USA, c'est un fait, et en bonne partie pour des raisons historiques et quelques facteurs structurels (au moins dans certaines régions) qui accroissent leurs chances d'y rester....Comme c'est le cas pour une partie sans cesse croissante des USA, et comme c'est le cas depuis longtemps aussi pour une portion significative de la population blanche (ou plutôt certaines parties de cet ensemble vaguement défini et peu uni qu'on appelle "les blancs")..... Cette portion qui tend maintenant nettement à voter Sanders ou Trump, ou à s'abstenir. Maintenant, c'est très vrai que les démocrates prennent le vote noir pour acquis depuis longtemps, et se permettent aussi une fois au pouvoir de continuer à promettre sans trop réaliser, mais n'oublions pas plusieurs choses: - dans un système essentiellement bipartite, quel autre choix y a t-il? Les deux partis sont de fait un oligopole, et auprès de chacune de leurs bases, ils sont un monopole sans alternative (d'où la croissance de l'enjeu des primaires). Et la polarisation de la discussion publique, des médias et de la vie politique ont accru cette emprise, tout comme l'augmentation permanente du coût d'entrée et de maintien dans la dite vie politique, qui garantit qu'une certaine élite se reproduit et maintient son emprise, et surtout que les directives qui président à son action et à son mode d'exercice et de conservation de son monopole politique restent en place (ils sont essentiellement prisonniers du système). - beaucoup des choses que fait l'Etat fédéral sont par essence limitées (voire de fait invalidées) par le pouvoir des Etats et des juridictions locales (et vice versa), et ces échelons sont en lutte permanente depuis toujours. La lutte peut même être exacerbée dans certains Etats, comme, de façon exemplaire, dans le vieux sud, où la question même de l'autonomie locale est d'une grande importance, où le niveau d'hostilité au pouvoir fédéral est culturellement viscéral, où les potentats locaux et élites en place ont plus d'emprise et de mauvaises habitudes.... - il y a eu explosion du nombre d'entités de taille conséquente, localement et nationalement, ayant à leur disposition une surface financière de nature à parasiter l'application de nombres de politiques, à modifier leurs textes de lois ou à empêcher que certaines politiques franchissent le cap de la seule bonne intention. Grandes entreprises, grandes fortunes plus ou moins politiquement inclinées, groupements de toutes sortes (religieux, idéologiques, culturelles, mono-causes....) et leurs articulations en organisations multiples (cabinets de lobbying, avocats, fondations, think tanks, associations....), peuvent aujourd'hui avoir un niveau d'action et de parasitage à tous les stades de la vie politique, un pouvoir de nuisance, d'influence et de modelage de la politique locale et nationale qui fait peur. Attribuer les faibles efforts en faveur de certaines population au seul mépris de l'establishment d'un parti me semble du coup un peu exagéré, tant le pouvoir d'agir est de fait très limité.... Surtout quand le dit parti n'a pas eu le Congrès pour lui depuis 2010, avec en plus une majorité à la Chambre qui, contrairement à toute tradition politique américaine, a décidé de faire de l'obstructionnisme pur et simple, sans compromis. Maintenant, je suis d'accord, ce mépris institutionnel et réducteur des groupe électoraux à de simples outils oubliables existe bel et bien, à un niveau pas vu depuis longtemps, si bien que les réactions vues pendant cette élection (Sanders, Trump, Cruz, Johnson, Stein) sont très logiques..... De même que la faible motivation et la cote de confiance déplorables des candidats des deux grands partis. Comme le souligne Shorky, l'abstention sera le facteur déterminant, et pour l'instant (je l'avais signalé un peu plus haut), Clinton est loin d'avoir réussi à recréer la "Obama coalition": les jeunes ne l'aiment pas, les noirs semblent peu motivés pour aller voter, les hispaniques sont divisés (j'ai décrit plus haut selon quelles modalités) et, surtout, la partie extrêmement démocrate est peu politiquement active, et la part de marché de Clinton chez les blancs est très inférieure à celle qu'avait Obama, même en 2012. J'ai précisé ce truc plus haut: le fait de l'appeler "cet homme" n'a rien de raciste chez Clinton, a priori. C'est lié au fait (selon Colin Powell et surtout Jeffrey Seeds, soutien financier clintonien de longue date) qu'elle n'a pas toujours pas digéré 2008. Orgueil? Vexation inacceptable? Blessure trop profonde? Le fait est qu'elle n'aurait apparemment pas réussi à mettre ça derrière elle.
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Alexis,tu souhaites tellement voir Trump gagner (oui, l'envie de changement fait bander, je sais, mais je doute personnellement que Trump soit capable de grand-chose, et même si son élection entraînait du changement, je doute que ce soit pour le meilleur) que tu t'égares un peu. D'abord et avant tout, oui, la presse américaine a passé la semaine à sortir des sondages quantifiant les "déplorables" dans l'électorat du Donald, et si ça varie selon les Etats, dire la moitié n'est pas exagérer, si on s'en tient aux critères donnés par Clinton elle-même, à savoir la nationalité, la religion et le lieu de naissance d'Obama (et les intentions nécessairement néfastes qui en découlent), les clichés sur les noirs, latinos et musulmans (dans l'ordre, les premiers sont paresseux et violents, les seconds sont des criminels et veulent détruire la culture américaine, les derniers sont pires encore et devraient être interdits aux USA) et quelques autres joyeusetés. Au niveau national, évaluer le phénomène autour de la moitié de l'électorat Trump penchant vers ces "thèses" est essentiellement vrai.... D'ailleurs, quand dans les dernières décennies a t-on vu Clinton dire quoi que ce soit qui ne venait pas d'une étude préalable pour anticiper les réactions de son public? Elle a autant de spontanéité et d'authenticité qu'une publicité pour lessive (et elle ment tout autant). Si on regarde Etat par Etat pour ces mêmes questions, on voit des proportions plutôt flippantes dans les Etats "rouges"; en Caroline du Nord (que Clinton semble en train de retourner, ceci dit), les électeurs Trump étaient par exemple plutôt autour de 65-70% à avoir ce genre d'opinions, dans les sondages réailisés cette semaine. Maintenant, on peut légitimement apporter tous les bémols qu'on veut: il y a des nuances, des groupes diffrents dans cette moitié de l'électorat Trump, et une minorité est réellement active et inébranlable dans ce genre d'idées, et prête à les faire suivre d'effets. Mais pas tant que çaSi Trump tourne autour de 40% de l'éelctorat en ce moment, alors cette remarque concerne autour de 20% des électeurs américains, ce qui est assez cohérent avec les enquêtes de plus longues haleine sur les composantes de la population politique américaine. 20% de gens plutôt racistes (de "discrets en temps normal" à "très ouvertement et actifs", en passant par une multitude de modalités et stades divers), est-ce si différent d'ailleurs? Est-ce si choquant? Moi, ça ne me paraît pas surévalué. Si on y ajoute les gens ayant des réactions xénophobes plus ou moins temporaires face à un événement ou une crise particuliers, et ceux ayant des idées et préférences tendant à plus d'opposition à l'immigration, je dirais même que ce sont des proportions très communes. Mélange ensuite la chose à l'électorat religieux de droite, et prend dans ce groupe ceux qu ont leurs propres déviances (surtout liées à l'importance du religieux dans leur vote) dont des aspects qui peuvent être plus ou moins équivalents et/ou convergents (surtout vu de l'extérieur, et surtout avec les lunettes idéologiques du "camp d'en face") avec ces préjugés; militants anti-avortements, opposition à l'homosexualité dans tout ou partie de ses aspects (dont avant tout le mariage gay et l'homoparentalité), aspirations plus ou moins théocratiques (généralement "soft": prières dans les écoles, affirmation du caractères avant tout chrétien des USA -donc hiérarchisation de fait des religions du pays-....). Et avec ça tu as une proportion plutôt importante de l'électorat de droite qui penchera à divers degrés vers ces choses "déplorables", dont une proportion conséquente qui sera très vocalement et visuellement pour, et dont une autre sans doute plus conséquente encore sera pour ou tendra à être pour de façon moins visible dans les reportages, mais plus avouée dans les sondages. Ce qui a été révélé cette semaine. L'autre moitié de l'électorat Trump, ce sont des républicains qui ne peuvent pas voter autre chose que républicain pour diverses raisons, dont l'antipathie à Clinton, et des gens qui veulent le changement à n'importe quel prix, y compris celui de Trump. Car en effet, d'autres sondages, depuis maintenant un bail, indiquent que beaucoup des électeurs de Trump, de tous les groupes électoraux qui forment sa part de marché, ne croient pas un mot de ce qu'ils racontent, ne croient pas forcément beaucoup en lui, voire ne l'aiment pas beaucoup plus que Clinton.... Mais ils veulent le coup de pied dans la fourmilière et ont décidé, à tort ou à raison, que c'était le seul moyen. Que tu aies envie de changement et de voir, pour ce faire, Trump l'emporter, c'est une chose. Ne va pas pour autant nier la réalité des forces qu'il sollicite (très consciemment et très explicitement, bien souvent) pour se faire élire. Après, c'est évident que Clinton a été politiquement nulle dans cette histoire: tactiquement, c'était juste débile. Tout politique sait que, devant les caméras, tout électeur est un ange de pureté et d'innocence en période électorale. C'était une collecte privée, comme ces candidats en alignent des centaines à l'année, mais apparemment, les smartphones étaient pas encore rentrés dans les habitudes des services de sécurité: c'est le barman (un intérimaire) qui avait filmé Romney en loucedé (parce que ce qui se disait le faisait halluciner) et avait refilé le truc à un journal. Si la sécurité et/ou le staff de Romney avaient été plus malins, ça serait resté privé, comme 99% de ce qui se dit en général dans ces collectes de fond, où on doit entendre bien pire que ça encore.
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Un détail amusant qu'on peut ou non (si on veut) associer à l'enthousiasme pour la candidature Clinton: le nouveau livre de la candidate (et de son colistier whatshisname/whatshisface) est en rayon et.... A fait un flop monumental dans sa première semaine (la première semaine étant souvent l'indicateur de la carrière d'un livre, faisant en moyenne un tiers de ses ventes). Qui plus est, les revues par les lecteurs en sont vraiment mauvaises, 82% des contributeurs sur Amazon (407 à ce jour) lui ayant donné une étoile, et même ceux en donnant plus, voire le maximum, sont assez critiques. Amazon risque peut-être d'effacer cela, comme ils le font pour beaucoup d'auteurs "bien en cour" et à forte visibilité, mais le fait est là à ce jour.
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Si quelqu'un a jeté un oeil aux dernières fuites mail publiées (j'ai du mal à suivre qui a lâché quoi, à ce point) par un hacker/collectif/whistleblower ou un autre, il pourra trouver des trucs amusants, notamment la correspondance de Colin Powell (républicain et insider notoire) avec Jeffrey Leeds (un très important soutien financier de Clinton, mais aussi patron d'une grosse boîte gérant des "for profit colleges" -ayant comme toutes ces boîtes d'énormes problèmes juridiques- qui, à ce titre, finance aussi des républicains), qui se lâchent tous deux un peu sur Clinton. Entre autres choses, Powell souligne à quel point Clinton et ses staffers ont merdé sur l'histoire du serveur et des emails, tout en essayant de se décharger sur lui, à quel point Clinton est vorace pour ses tarifs d'interventions sur le circuit des discours où elle a asséché les budgets de plusieurs universités (notons bien que Powell condamne moins le principe que le fait.... Parce que ça l'a empêché de faire quelques speechs lucratifs, lui étant désormais tout aussi "washington insider"), à quel point Bill Clinton, apparemment, s'enverrait encore beaucoup en l'air (terme choisi par lui "dicking around"; traduction approximative: "tremper la bite") avec des "bimbos" (dans le texte); il se plaint aussi d'avoir à voter pour elle tout en se disant "son ami" (ça sent la mentalité de l'establishment qui fait bloc pour garder son business model), mais surtout, il la décrit très bien en disant que "tout ce qu'elle touche, elle le détruit par hubris". C'est une description qui me semble adaptée au personnage qui, malgré tout son professionalisme et son expérience, tend à prendre beaucoup de choses de haut et à se comporter comme si elle était au-dessus des lois et principes, ce qui lui est souvent reproché et est pointé du doigt pour expliquer son impopularité. Powell et Leeds soulignent par ailleurs le trait de caractère qui selon eux définit le plus Clinton: une ambition "sans frein", qui bousillera "l'héritage" d'Obama à la première occasion, continuant à le mépriser pour sa victoire de 2008 qu'elle n'accepterait ou ne croirait toujours pas (elle appellerait toujours Obama "that man"). Malgré toute la subjectivité qu'on peut voir dans ces commentaires, on sent quand même le niveau de l'establishment américain, avant tout fondé sur un entre-soi focalisé sur l'assiette au beurre (ce qui est plus reproché à Clinton par ces gens, c'est d'en vouloir plus que sa part).... Et on voit que Colin Powell est loin de son image de jadis. Rappelons qu'il faut pas mal relativiser aux USA sur de telles statistiques: la définition de la pauvreté, par exemple, est largement obsolète (le seuil fixé, par exemple, est très insuffisant, et le panier de biens de référence définissant le pouvoir d'achat repose sur des éléments complètement dépassés), et varie énormément selon les zones géographiques. Il faudrait aussi se pencher sur le niveau de "captation" des augmentations de revenus par un très petit pourcentage au sommet (qui, au point caricatural actuel, fause grandement les choses), et le mettre en rapport avec un suivi de l'inflation (il me semble bien que les Américains ne la déduisent pas). Pour l'assurance maladie, rappelons aussi que le système américain, en plus d'être extrêmement coûteux, l'est encore plus en raison de ses résultats globaux plutôt mauvais: une grande partie des couvertures procurées sont très partielles, voire mauvaises, souvent irrégulières (pour beaucoup d'Américains, il est difficile d'avoir une couverture santé en continu au cours de sa vie), et assez fréquemment financièrement handicapantes; par ailleurs, l'augmentation du nombre de personnes couvertes, via l'ACA, a commencé à produire un effet boomerang (outre le coût global qui va augmenter -alors que le niveau de dépenses de santé est énorme-, sans que cette question soit réglée politiquement), entre autre incarné par la sortie du système d'une compagnie d'assurances (qui sera suivie par d'autres), mais aussi par le fait que beaucoup de gens sont giclés peu de temps après avoir été inscrits (faisant monter les statistiques, mais seulement pour un moment). Si l'Amérique a incontestablement connu une meilleure reprise que d'autres, ça ne rend pas la dite reprise nécessairement forte, solide, réelle pour tous, ou aussi brillante qu'elle est politiquement affichée l'être: les chiffres de l'emploi sont très contestables, comme d'ailleurs Janet Yellen elle-même l'avait dit, vu la taille de la population sortie du marché du travail, la réalité des jobs créés (temps partiel, petits boulots) et nombre de critères choisis pour les statistiques (notamment le fait qu'une personne est considérée comme "ayant un job" si elle fait plus de quelques heures -deux je crois- par semaine). On constate par exemple depuis maintenant quelques années que si le nombre d'emplois a augmenté, le nombre d'heures travaillées par semaine n'a pas bougé (une autre version du "partage du temps de travail"?), qu'une part grandissante d'achats de biens durables se fait via des financements par "junk bonds" (notamment les voitures, l'électroménager....) en plus d'une reprise de cette pratique dans l'immobilier, recréant ainsi toutes les bases de la crise de 2008 (sans même parler évidemment des pratiques et comportements en général à Wall Street), que la possibilité d'épargner est plus devenue un privilège pour une minorité.... Si on y ajoute l'énorme problème de l'accès aux études supérieures dans tous ses aspects, on se fait une meilleure image: la masse de la dette étudiante, le coût moyen des universités, la valeur des diplômes dispensés (notamment la masse énorme d'étudiants en sciences humaines, souvent dans des disciplines assez ésotériques et inutiles), le fréquent sous-emploi des diplômés (le grand mensonge actuel étant l'incitation aux études scientifiques, surtout informatiques, quand on voit que plus d'un tiers des promos finit dans des petits jobs génériques, et un autre tiers comme petites mains sous-payées dans l'informatique: l'informatique est la nouvelle "law school": une bulle ayant créé un énorme excès d'offre, et qu'on continue à encourager pour faire baisser le coût de la main d'oeuvre).... La bulle de la dette étudiante n'est qu'un aspect du problème, de même que le boulet que se traîne à vie une proportion énorme de diplômés qui ne pourront jamais rembourser, tout en voyant leur budget mensuel tronçonné par la chose. Petit addendum par rapport à mon post précédent: concernant le vote des "jeunes", je précise que Johnson devance Trump chez les étudiants, et que ceux-ci risquent de s'abstenir encore plus que d'habitude. Pour ce qui est de la population des moins de 30 ans en général, Clinton en a pour elle 48% (60% pour Obama en 2012, bien plus en 2008), et Trump 29%, 21% déclarant qu'ils voteront pour un autre candidat ou s'abstiendront (dans ces 3 catégories, on peut prévoir un "coefficient de dégradation" important, cad un décalage plus ou moins fort entre l'intention de voter et le fait de voter effectivement).
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Ca ferait redite: Fallon doit faire un truc adapté à Clinton: - mal reboutonner son tailleur-pantalon (vêtement iconique pour Clinton) - lui donner une robe bleue avec une tache douteuse (amateurs d'histoire....) - arriver à lui faire dire un truc qui ne soit pas un morceau de texte préparés par 15 rédacteurs et testé sur divers publics-témoins au préalable
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Pour préciser quelques trucs oubliés dans le post précédent: tout se jouera en Floride, dans l'Ohio, en Caroline du Nord, en Georgie (en Georgie! Un autre territoire "viande rouge"), et -mais c'est difficile à dire car très volatile et difficilement suivable- dans le Nevada et l'Iowa. La Pennsylvanie, censée être un swing state, est aujourd'hui devenue fermement clintonienne, de même que le Wisconsin. Mais restons calmes dans l'ensemble, car le suspense est de fait limité: Clinton en est pour l'instant à 272 grands électeurs plus ou moins fermement verrouillés, contre 174 à Trump. et le chiffre le plus important dans la carrière d'un présidentiable américain, le chiffre qui gouverne toute sa vie, c'est..... 270. Clinton n'a pas trop de sueurs froides à mon avis: en l'état des choses, elle peut se permettre de perdre tous les Etats actuellement considérés comme "swing states" sur la carte et l'emporter. Ca peut changer, et le problème de la participation peut réellement jouer, et jouer lourd, mais à l'heure actuelle, l'essentiel des nuages annoncés sur son horizon sont avant tout les exagérations de journalistes qui veulent qu'il y ait du suspense pour continuer à délirer et à blablater sur l'élection pendant 90% de leur temps d'antenne plutôt que de s'occuper de l'actualité. Encore une fois, les débats, surtout le premier et le dernier, seront les seuls éléments pouvant rebattre un peu les cartes (voire plus que ça s'il s'y passe quelque chose d'énorme), à moins d'une gaffe monumentale de l'un ou de l'autre (surtout de l'une, l'autre ayant une couche waterproof -jusqu'à un certain point- sur le sujet des énormités, avec un traitement différencié dans la presse) qui foutrait tout par terre, façon Romney et ses 47%, ou Dukakis faisant une balade dans un Abrams avec une tête vraiment, vraiment con (depuis, on sait que les casques sur un politicien, c'est comme ce que disait Hitler sur les hommes politiques en maillots de bain: ça ne doit jamais arriver sur une pellicule).
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Vous êtes magiquement transformé en Américain... vous votez pour qui ?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
Pffff, n'importe quoi: on peut aussi aller jouer au bowling sans déchoir. Autres activités compensatoires permettant de rester un "red blooded all American": boire de la bière, manger des nachos, faire un barbecue, mater beaucoup de "football" (ouais, enfin ce qu'ils appellent comme ça) à la télé (NFL et les ligues universitaires, plus les rediff), et se déchaîner dans sa ligue de "fantasy football". -
Il y a de très fortes variations selon les sondages (même si la tendance est effectivement au rééquilibrage des 2 après le bump post convention de Clinton et le très mauvais mois d'août de Trump), et le lead d'Hillary (dans l'ensemble, c'est encore le cas) est très limité, et plutôt dans la marge d'erreur. Mais attention quand même: les chiffres nationaux ne veulent pas dire grand-chose: l'élection présidentielle américaine est au suffrage indirect ET se fait Etat par Etat: le seul chiffre important, ce sont les grands électeurs dans chaque Etat, et pour l'instant encore, Clinton a un fort lead, même si elle est repassée derrière dans 2 Etats-clés (Ohio et Floride). Difficile de se dire que cette élection se joue réellement dans 4 Etats seulement. Mais plus encore que ça, l'essentiel va se jouer dans le niveau de participation, et c'est peut-être là que Clinton a le plus de difficultés: si les sondages varient si anormalement, c'est avant tout pour cette raison, les échantillons pris par les instituts variant beaucoup dans ce qu'ils arrivent à définir comme les "votants probables". Cette année bien plus que d'autres, tout le monde a du mal à les trouver, parce qu'une part anormalement élevée de l'électorat est très emmerdée par cette élection: les deux candidats atteignent des sommets d'impopularité, pour diverses raisons, certaines tenant à eux-mêmes, d'autres tenant à la conjoncture et à l'humeur du pays (radicalement anti-establishment et "washington insiders", voulant un changement à tout prix, même à celui d'élire en toute conscience un clown voleur et menteur). Résultat, Clinton n'arrive pas à mobiliser les jeunes, qui risquent de s'abstenir encore plus que d'habitude et/ou de se reporter en bonne partie sur Gary Johnson (qui dépasse le score de Trump chez les jeunes), elle n'arrive pas à mobiliser les blancs (elle est largement derrière les scores d'Obama en 2008 et 2012 à la même période pour cet électorat), et, si elle domine absolument pour ce qui est des noirs, elle est loin du score d'Obama, et la population noire, pourtant assez politisée et mobilisée les années présidentielles (pas dans les mid terms cependant), ne semble pas excessivement enthousiaste à son égard. Les latinos sont une inconnue pour l'instant en matière de participation: on voit des vagues importantes d'inscription sur les listes (pour l'instant mal quantifiées), mais difficile encore de voir si ce sera suffisant, et surtout, les latinos sont (comme les asiatiques d'ailleurs, même si eux pèsent démographiquement assez peu) très peu politisés, et se divisent par ailleurs en deux ensembles assez nets: les "natifs", dont la langue usuelle (cad à la maison) est l'anglais, sont équitablement partagés entre la droite et la gauche et participent raisonnablement aux élections (un peu moins que la moyenne nationale cependant avec de fortes variations selon l'Etat et la CSP), là où ceux dont la langue usuelle est l'espagnol (généralement des immigrants eux-mêmes, nés hors des USA, ou vivant dans un foyer avec des parents migrants) sont massivement démocrates, mais participent extrêmement peu et ne sont pas du tout impliqués dans la vie associative liée de plus ou moins loin à la politique. Ce dernier facteur a été trouvé comme étant fortement déterminant pour le taux de participation, loin devant le niveau de revenus ou le niveau d'éducation: les asiatiques sont ainsi le groupe le plus éduqué en moyenne aux USA, avec un niveau de revenu moyens élevé (le plus élevé par groupe ethnique, même si la population "blanche" en général est un ensemble trop vaste, et donc trompeur), mais ont des taux d'abstention très élevés. Autre point: les cartes seront massivement rebattues la semaine prochaine, avec le premier débat entre les deux. Et quelque part, même si ça dépend beaucoup du format et des modérateurs, j'ai du mal à voir Clinton avoir le dessous vu le différentiel de connaissances, le niveau de pratique et la préparation massive qu'elle a du avoir. La santé peut jouer, ceci dit: la pneumonie, ça reste méchant, et vu ce que prélève une campagne sur une personne âgée, je doute que les deux jours de congé qu'elle a pris soient suffisants (surtout qu'ils ont du être passés au téléphone, à négocier des trucs et en étudier d'autres). Donc gaffe aux sondages nationaux: au décompte des grands électeurs "fermement" et "probablement" pour un parti (on enlève la catégorie "penche vers", pour éliminer les conjectures), l'avantage de Clinton est encore très large. Qu'on se rappelle par exemple que la Caroline du Nord est de fait un swing state où Clinton a l'avantage..... Pour ceux qui n'ont pas la carte politique des USA dans la tête, les deux Carolines, ce sont d'habitude des territoires hautement "viande rouge": jusqu'il y a un mois, ça faisait des décennies que personne n'imaginait voir un candidat démocrate y avoir une chance même pour un mandat dans un conseil des parents d'élèves d'un bled quelconque. Et le Texas (le Texas!) a des chiffres qui ont fait sérieusement flipper le GOP ces dernières semaines.
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T'as pas honte d'associer Speedy à ce genre de commentaires? Mr Gonzales n'est PAS une icône gay. 'Suis pas homophobe, mais y'en a un peu marre de cette revendication constante de toutes les icônes masculines et de l'enfance comme étant des produits d'appel pour la jaquette! Nan mais! et quoi encore? On va bientôt me dire que feu le cow boy Marlboro en était? Voire, puisqu'ils osent tout, que les Village People sont gays? Ha ha, pour ce dernier cas, de vrais exemples de masculinité, je me gausse ! Pour Snowden, je crois qu'il craint plus les avances d'Anna Vasilyevna Chapman, l'ex-wannabee espionne (très ratée) qui s'est faite choper en 2010 avant d'avoir fait quoi que ce soit, et qui depuis joue les "attention whores" en Russie.... Il y a 2 ou 3 ans, elle avait agressivement déclaré sa flamme à Snowden, disant vouloir l'épouser et, je crois, faisant une demande face caméra. Evidemment, on sait que c'est pour le buzz, mais elle a beau être regardable, ce genre de chose, ça rend méfiant. Et ça peut inciter à penser que Moscou, ou la Russie, sont soudain des endroits très petits, où on se sent décidément bien à l'étroit.
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Je crée ce topic à la suite de multiples lectures depuis un certain temps, très diverses dans leur ton, leur origine, leur sujet.... Mais donnant présentant une certaine consistance dans la direction qu'elles semblent voir emprunter l'armée US, et plus largement les forces armées américaines en général. Le point ici n'est pas de parler du matériel ou des politiques d'armement, des choix stratégiques ou des processus d'acquisition, de l'organisation ou des budgets, mais bien de l'outil et du système humain que constitue l'armée: ressource, formation initiale et continue, système hiérarchique, mentalité et culture, système socio-économique.... L'un des principaux points de départ commun à ces lectures est l'inadaptation du modèle militaire américain, la désormais bien connue antienne que l'occident, Amérique en tête (le joueur le plus costaud et le plus prescripteur de tendances), ne gagne plus rien malgré des avantages encore très nets dans nombre de domaines (la plupart en fait), alors même que son outil militaire lui a rarement coûté autant. Un autre point récurrent est la politisation de la discussion sur l'armée, malgré un rôle sans cesse affaibli du militaire, et du domaine militaire, dans la vie publique et la conversation politique, fait qui a favorisé l'émergence de conversations très convenues sur le sujet, très déconnectées de la réalité sur beaucoup de points, mélangeant abruptement un discours stratégique sophistiqué avec son jargon (inaccessible au plus grand nombre) avec une floraison de diverses formes de sentimentalismes étouffant toute critique (l'exaltation du sacrifice, du dévouement et du devoir qui trompe tout discussion sur les performances, les résultats et la qualité des forces, la "morale des conflits" et leur judiciarisation subséquente, qui empêchent de discuter de réalités plus simples, le résumé de ce qui doit être fait en matière militaire avec des formules ultra patriotiques appelant abstraitement à "la force" -pas celle de Star Wars- et autres formules viriles....), quand on n'est pas dans le cas européen d'une ignorance totale et d'un je m'en foutisme patentés. Particulièrement pointé est le rôle des officiers, et avec eux de leur système de formation, dans la bureaucratisation et l'extrême conformisme qui frappent les forces US. plus largement, le recrutement est en train de devenir l'un des principaux problèmes des USA, comme on a pu le voir depuis la professionnalisation des armées, plus récemment pendant la décennie de conflits (2001-2011), et qui ne fait que grandir, malgré l'illusion des quelques dernières années, ou la crise a un peu aidé. Et c'est d'autant plus vrai que l'accent est maintenant porté sur la redéfinition et l'importance des individus et organisation chargés de donner aux armées une capacité d'adaptation qui n'a jamais été si nécessaire.... Du moins c'est ce que les discours du SoD et des derniers Chairman of the Joint Chiefs proclament..... Renvoyant au décalage susmentionné entre discours et réalité. Je précise que les analyses que j'ai lues sont pour bon nombre, même si éclairées, plutôt partisanes, en ce qu'elles émettes des avis, généralement assez nets. Avant d'engager la discussion, quelques-uns de ces textes; - sur la formation des officiers, leur mentalité et le "système" qui en découle: http://www.tomdispatch.com/post/176037/tomgram%3A_william_astore%2C_time_to_hold_military_boots_to_the_fire/ - sur le recrutement et la qualité des soldats (emphase plus poussée sur les officiers): https://fabiusmaximus.com/2015/10/01/military-recruitment-in-the-21st-century-89802/ - sur l'évolution dans la "caste" des officiers généraux et la gestion des commandements: http://www.theatlantic.com/magazine/archive/2012/11/general-failure/309148/ - une critique directe des académies militaires: https://www.washingtonpost.com/opinions/why-we-dont-need-west-point/2015/01/23/fa1e1488-a1ef-11e4-9f89-561284a573f8_story.html?utm_term=.fef18d40e4a3 On verra ainsi beaucoup de termes et concepts: carriérisme, conformisme, parochialisme, entrisme, bureacratisation, élitisme, pantouflage, à-plat-ventrisme devant le discours ambiant (politiquement correct et autres épouvantails, réels ou non), absence de critique, absence de responsabilisation, sanctions inexistantes, technocratie, autoritarisme sans comptabilité, technicisation (en remplacement de l'esprit martial, de la pensée stratégique ou tactique), recrutement de plus en plus centré sur les familles militaires (ou régions militarisées), image plutôt que substance/apparence plus que consistance....
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Pour les amateurs d'organisation militaire, voici un projet qui a eu un très sérieux lobbying auprès de l'Army, et qui l'aura encore pour un moment, afin de remplacer le modèle fondé sur les très critiquées Brigade Combat Teams (déjà en train d'être largement refondues par "densification"). En toile de fond, on sent autant le sponsor d'un industriel allemand et ses fanas dans la sphère politico-militaro-industrielle aux USA, qu'une certaine vision moins de la politique étrangère que de ce que doit faire l'armée, parce qu'on se le dise, c'est un éloge aux forces lourdes, qui entend promouvoir un modèle fondé entièrement sur le PUMA dans toutes les variantes qu'il pourrait adopter (y compris avec un canon de 120).... http://www.douglasmacgregor.com/LRSGBriefing.pdf
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[Séries TV]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
J'adore effectivement le tatouage qui révèle toujours les trucs le jour même où ils arrivent, la plupart (si on y réfléchit un peu, mais même pas tant que ça) ne pouvant réellement être prévus/anticipés (reposant plus ou moins sur beaucoup de contingences, hasards, initiatives prises sur le moment).... Mais tant pis: c'est Nostradamus qui a du faire le design des tatoos. Et apparemment, ceux qui ont "encodés" ces tatouages ont même prévu l'ordre dans lequel ils seraient décodés et compris, en plus de la date à laquelle ils le seraient.... En bref, le principe même de l'intrigue est pire que stupide et réclame une bien trop importante "suspension of disbelief" pour moi. -
[Séries TV]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
J'ai assez rapidement lâché tant c'était nul (à mon goût): ça aligne les invraisemblances et incohérences visibles comme une drag queen à la Mecque, les énormités sans nom, et un ton général qui essaie de se faire mélodramatique et sérieux tout en étant beaucoup trop con, mal joué et mal écrit pour provoquer autre chose que des baîllements atterrés. Et j'ai vraiment du mal à comprendre comment on peut s'attacher à un seul de ces persos. Stappleton a beau avoir de la présence, quand un rôle est mal écrit, ça ne suffit pas à compenser: son perso devient assez vite énervant, comme les autres. J'ai aussi vu pas mal de critiques (et me suis du coup senti moins seul) sur les choix en matière de cinématographie: la caméra qui tremblotte en permanence et le découpage ultra-saccadé pendant les scènes d'action, c'est un poil irritant; ça semble pousser un cran plus loin ce qui est devenu une mode générique, à savoir faire ce genre d'effets visuels en pensant dynamiser l'action tout en compensant pour des acteurs pas vraiment capables d'être convaincants en combat, notamment pour des histoires de gabarit (c'est moins ridicule pour une gamine de 50kgs toute mouillée de tenir tête à un mec bien bâti si les angles de vue changent toutes les demi-secondes) ou de capacité. -
J'ai l'impression que c'est devenu, à l'exemple américain, une pratique courante que de contester systématiquement le résultat de tout appel d'offre (dans l'armement et, en fait, partout): tactique commerciale, bargaining chip, essai de se raccrocher aux branches pour obtenir quelque chose.... C'est en tout cas un truc qui se fait maintenant à tous les coups, faisant par ailleurs augmenter le coût des choses pour un Etat, en délais et en frais de justice. Aux USA, c'est une véritable plaie, surtout vu l'échelle de certains contrats, la lourdeur des processus d'acquisition du DoD, l'implication de la politique politicienne à tous les échelons....