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Tout ce qui a été posté par Tancrède
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Comment expliquer les immenses constructions laissées par d'anciennes civilisations?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Gibbs le Cajun dans Histoire militaire
Oui, je le mentionne d'ailleurs: à ma connaissance, la seule trace écrite qu'on a est le carnet de Villard de Honnecourt (dont il ne reste qu'une partie), un petit ensemble d'une centaine de pages à l'origine, parsemé anarchiquement de dessins et schémas (preuve néanmoins qu'il y avait une certaine capacité de schématiser à l'époque), qui devait plus être son carnet d'idées et de souvenirs vu qu'en l'état, il ne pouvait servir de manuel et ne représente pas un ouvrage complet sur l'art du bâtisseur. -
Comment expliquer les immenses constructions laissées par d'anciennes civilisations?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Gibbs le Cajun dans Histoire militaire
Attention, ce n'était qu'en partie "secret" au sens où nous l'entendons: le savoir-faire se transmettait au sein des confréries dans les corps de métiers (ici les tailleurs de pierre, véritables rock stars de l'époque dans ces métiers), au cours d'un long apprentissage. Il y avait certes un enjeu de transmission contrôlée du savoir, en partie parce que le dit savoir devait être bien transmis, sur des années, d'un maître à un compagnon (qui lui-même a du passer par le stade d'apprenti pendant longtemps), parce que ces corporations gardaient leur savoir-faire jalousement vu qu'il était aussi bien un avantage commercial rare qu'un gage de leur statut particulier dans la société médiévale (des hommes libres de tout vasselage). Mais soyons réaliste: c'était pas un truc qui se "volait" en piquant quelques bouts de papier avec les recettes secrètes dessus. Et c'est là que vient l'autre explication du "secret": le papier était une chose rare et chère à l'époque: les bâtisseurs se transmettaient surtout un savoir-faire par la parole et par l'exemple, pas par des cours magistraux et certainement pas par des manuels. Ce savoir n'existait que dans les hommes, et, comme beaucoup d'autres techniques pendant cette époque (y compris les techniques militaires/de combat, contrairement au monde asiatique qui nous a laissé beaucoup plus de traces écrites dans le domaine des arts martiaux et d'autres), n'a pas traversé les siècles sous forme écrite, mourant parfois quand la demande pour de telles productions disparaissait. On n'a qu'un seul carnet d'un bâtisseur de cathédrale, et encore, parce que ce type était une exception qui avait choisi de coucher des trucs sur papier. L'un des trucs étonnants avec les cathédrales est qu'elles étaient ainsi souvent réalisées quasiment sans plans, sans schémas couchés sur un support quelconque, autres que de détail. Et ces détails couchés sur supports l'étaient généralement sur des plaques de cire ou une couche de plâtre frais sur un plateau de bois, comme à l'époque romaine, soient des supports très périssables, souvent d'ailleurs effacés/détruits après usage, pour être réutilisés ou parce qu'ils étaient chiants à transporter et que ces itinérants (les bâtisseurs médiévaux étaient par essence des semi nomades) avaient une capacité d'emport limitée dans leurs petits convois. Qu'on se représente le même procédé dans un autre domaine: il a fallu des décennies à Colbert pour imposer aux maîtres charpentier de marine de plus transmettre leur savoir-faire empirique, de le coucher par écrit et d'aider à le rationaliser et le standardiser pour l'améliorer (et en faire une science), au point que le ministre a du faire venir des charpentiers d'autres pays (suédois et néerlandais surtout) pour les y forcer en amenant plus de concurrence, et parce qu'ils étaient plus disposés à coopérer. Les charpentiers s'en défendaient parce qu'il en allait aussi de leur statut particulier, de la rareté de leur savoir (et donc de l'oligopole qu'ils pouvaient créer, voire un monopole local) pour leur famille (la transmission étant souvent familiale), malgré les primes offertes, mais aussi et surtout parce qu'ils ne croyaient pas qu'une théorisation "scientifique" et une transmission de type plus scolaire pouvait produire quoi que ce soit de mieux que ce que leur méthode ancestrale, acquise longuement et durement, donnait. -
Je ne pense pas que Trump l'apprécierait: il le trouverait très "low energy", comme un certain autre . Ceci dit, sa diatribe anti-clinton, je ne sais pas si c'est la traduction française, mais ça sonne plus qu'un peu comme un discours de LePen: je ne pointe pas particulièrement de racisme ou autre chose du genre en disant cela, je parle du style, des thèmes mis en opposition brutale dans le corps de texte..... peut-être l'utlisation de termes comme "sans grades" par le traducteur n'est-elle pas innocente et propre précisément à produire cet effet dans une oreille française, mais il y a plus que ça. Evidemment, je n'ai pas vu ce discours là, mais je ne doute pas que la prestation soit de moindre qualité que si c'était JMLP: on a bien le droit de le mépriser, de le détester et de critiquer son propos, mais on ne peut lui nier son talent de tribun (même reconnu par ses adversaires).... Contrairement à un Trump qui n'a vraiment pas de grand talent d'orateur et ne reçoit d'applaudissements que des plus hardcore de ses supporters, déjà tout acquis à sa cause et ne répondant pas vraiment à un discours, mais juste à un nombre limité de mots et expressions clés.... comme le prouve aussi Sarah Palin, qui lâche les mêmes et qui, encore plus que le Donald, a définitivement renoncé à la nécessité (sans doute ridicule et élitiste) de faire des phrases complètes ou cohérentes... Ou qui veuillent même dire quelque chose.
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Si tu mentionnes les mots "ambulance", et "Clinton" dans la même phrase, et aux USA surtout où les flingues abondent, est-ce que ça ne fait pas deux raisons de tirer dessus?
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L'une qui s'absente occasionnellement, voire flagelle un peu, et l'autre qui s'excite tout seul sur son portable dès que twitter parle de lui, se lançant dans des polémiques de trolls sans fin et bousillant sa propre campagne pour des délires égotistes.... La fatigue d'une campagne présidentielle prélève décidément un tribut bien lourd sur ces personnes, généralement âgées, qui briguent le job de fromage de tête. Qu'on y pense: plus d'un an de nuits très courtes avec un sommeil de mauvaise qualité, de stress permanent, d'énervements quotidiens, de sollicitations multiples (à tout instant, et de façon généralement simultanées), de déplacements constants, de mauvais repas généralement sur le pouce, d'une hygiène de vie généralement dégueulasse, à serrer des pognes (plus ou moins bien lavées) dans tous les azimuths, à simuler toutes ses humeurs, à gérer les conneries, vraies et fausses, qui ne manqueront pas d'être faites tous les jours ou vous seront de toute façon attribuées, à essayer d'anticiper ce qui peut venir (et qu'on ne devine quasiment jamais), à s'avilir pour réclamer du pognon à des gens dont on dépend et qu'on aime rarement, à essayer de garder un cap politique malgré les milliers de deals et de promesses qu'on doit faire pour récolter cet argent et toutes les formes nécessaires de soutien.... On peut plaisanter dessus, mais ces 15 mois de campagne ou plus (sans compter les années de préparation), ça doit vous faire vieillir de 10 ans brutalement, sans qu'il y ait le droit de se reposer. Je n'aime aucun des deux candidats, mais c'est bien le seul aspect des choses pour lequel je pourrais les plaindre. Le boost d'ego occasionnellement reçu pendant cette période (compensé par toutes les vexations constantes) ne suffit pas à équilibrer: très loin de là. Alors que certains "journalistes" spéculent et/ou se déchaînent sur la santé générale de Clinton parce qu'elle a quelques occasionnelles vapeurs, ça me fait un peu marrer, surtout que 99% d'entre eux ne doivent pas y croire une seconde, ce qui renvoie à cette vieille (mais immortelle) réplique dans le Parrain II: "monsieur, nous participons vous et moi de la même hypocrise" (Michael, au gouverneur du Nevada à qui il refuse une prébende que l'autre lui demandait tout en lui crachant à la gueule avec un discours moraliste).
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[BREXIT]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Gibbs le Cajun dans Politique etrangère / Relations internationales
C'est ce que j'entends par "en temps de paix": pas une puissance géopolitique, mais un petit tyran de cour d'école dans la basse-cour européenne: fort avec les faibles (cad: avec tout pays, grand ou petit, en Europe, qui se trouve isolé), faible avec les forts. -
[BREXIT]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Gibbs le Cajun dans Politique etrangère / Relations internationales
Je te trouve optimiste là-dessus, non seulement l'UE ainsi remodelée pourrait survivre, mais elle pourrait la jouer franchement méchant sur le continent: le "bully" commercial imposant ses normes. Un St Empire qui fonctionne (du moins en temps de paix). Et c'est toujours les enfants qui trinquent. -
[BREXIT]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Gibbs le Cajun dans Politique etrangère / Relations internationales
Pourquoi les divorces ne sont-ils jamais réellement à l'amiable? Enfin, Farage est obligé d'être indigné: c'est son fond de commerce. Faudra voir si le gouvernement brit va s'indigner. -
Oui, j'avais noté au moment de l'interview que le journaliste (en l'occurrence Mike Barnicle, un régulier sur Morning Joe) avait répondu cette bourde à la réponse-question de Gary Johnson, sans personne pour le reprendre: j'ai été regardé ce qu'en disait le NY Times, et j'ai vu qu'ils s'étaient plantés (essentiellement un journaliste nommé Alan Rappeport) en voulant être les premiers à défoncer la tronche du libertarien, se faisant à leur tour démonter par leurs collègues ensuite (comme quoi, le NY Times n'est plus ce qu'il a été: la chute de la presse écrite est décidément un mal du siècle). Je soupçonne qu'il a repris béatement, sans prendre le temps de réfléchir (pour être le premier à publier online), la réplique de Barnicle qui, lui, s'en tire sans critiques apparemment. Mais bon, c'est clair d'un autre côté que Johnson n'entrave que dalle à la politique étrangère, et vient d'en remettre une couche sur son image (par ailleurs sympathique) de fumeur de joints (il en prend pour de vraies raisons médicales, le type étant un sportif extrême avec une collection de blessures très sérieuses). Ceci dit, difficile de savoir où en est la polémique: est-ce encore au stade de la tempête dans le verre d'eau des journalistes et "experts" qui en ont quelque chose à foutre ou cherchent à créer des scandales pour le buzz, ou est-ce que ça va prendre dans une portion de l'opinion? On verra d'ici quelques jours. Sinon, j'adore la prise de conscience de la presse américaine suite à une réplique de Poutine pendant une conférence de presse commune Obama-Poutine: à un journaliste qui lui demandait pourquoi il pensait du bien de Trump qu'il aurait complimenté reprises publiquement, le qualifiant notamment de "brillant", Poutine a répliqué en demandant pourquoi le journalist (et la presse américaine avec lui) surinterprétait-il sa réponse? Ca a du s'agiter dans les rédactions, puisque quelqu'un est remonté à la source (les déclarations initiales) et a conclu qu'il y avait eu une erreur de traduction sur le mot "brillant", Poutine ayant employé le terme dans le sens de "flamboyant", "visible", et pas dans le sens de "très intelligent" (apparemment, ce sont deux mots bien différents en russe, mais les/des dico peuvent, en anglais, traduire par le terme "brillant" dont l'acception est nettement plus confuse). Bref, ça ferait des mois que Trump se gargarise d'un soi-disant compliment de Poutine (lui renvoyant des fleurs en réponse, au scandale de ses opposants et de la presse) qui n'a jamais existé, en tout cas pas dans le sens qu'il pense, et cela fait autant de mois que la presse américaine en fait du "quelque chose" qui n'a pas réellement lieu d'être (même si ça a permis de révéler beaucoup de chose sur le caractère du Donald, son penchant pour l'autocratisme et sa sensibilité à la flatterie gratuite). C'est tout la faute à un traducteur sous-qualifié, ou à Google Translator? Pas essoufflé, le Donald se lance dans une nouvelle polémique en se servant des personnels lui donnant son "intelligence briefing" (tous les candidats en ont un régulier par la CIA, une fois officiellement nominés) pour s'attaquer à Obama, décrétant que leur langage corporel pendant le briefing indiquait qu'ils désaprouvaient fortement les choix de politique extérieure de l'actuel président..... Faut-il vraiment des commentaires sur ce genre de débilités? EVIDEMMENT, vous répondra la presse américaine, qui se déchaîne sur cette énième idiotie de l'orang outan new yorkais, pointant des doigts vertueux et accusateurs sur cette manoeuvre ridicule. Ces briefings sont évidemment censés être un truc dont on ne parle pas, et certainement pas pour les politiser, et on peut noter que, derrière son apparente discipline nouvellement trouvée depuis 2 semaines, l'ancien Donald est toujours là, prêt à sauter à pieds joints dans le premier étron venu, mais on voit l'ensemble de l'establishment se jeter sur la chose de manière concertée et unanime, en en refoutant trois couches au point d'en faire une affaire d'Etat et la nouvelle qui domine toutes les autres. Certes c'est de mauvais goût, une rupture de la nécessaire éthique de responsabilité et de réserve d'un aspirant dirigeant, et une énième preuve que Trump n'est en rien qualifié pour le job de président (le "commander in chief forum" d'avant-hier devrait à lui seul l'avoir assez prouvé: débilités, mensonges, ignorance, platitudes, délires, généralités et rien d'autre.... La méthode Trump), mais évidemment, la scène politico-politicienne va en remettre mille couches et hurler à la mort bien au-delà de ce qui est nécessaire, dans l'espoir d'en faire un objet médiatique et l'arme fatale contre Trump. Difficile de savoir à qui il faut le plus en vouloir: le Trump pour être décidément très con, ou l'establishment médiatico-politique pour faire ce qu'ils font toujours..... Les électeurs vont encore plus se retrancher dans leurs opinions déjà établies, à mon sens, et les hésitants hésiter encore plus. On voit d'ailleurs, surtout côté républicains, un grand nombre de gens dire qu'ils voteront républicains sur les bulletins, mais laisseront les cases pour la présidentielles non cochées, créant, malgré des élections à bulletin unique, une plus forte abstention pour la présidentielle que pour les autres élections.
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Message-test, après un jour d'accès bloqué au forum (mais d'une façon différente des autres problèmes que j'ai pu voir).... Ce matin, dans un talk show, Gary Johnson s'est décrédibilisé, du moins aux yeux de la classe médiatique et des élites, quand, à une question concernant ce qui se passe autour d'Alep, il a répondu par une autre question "c'est quoi Alep?", démontrant sa totale ignorance, et un certain je m'en foutisme, en matière de politique étrangère, tant par cette question que par ses essais de se raccrocher aux branches après coup. Il n'a donné que dans les généralités et platitudes sur les guerres expéditionnaires. La presse risque d'en faire une tempête dans un verre d'eau, en tout cas quelque chose d'important pour définir son image. Il est vrai que c'est inquiétant, ceci dit, même si nombre d'électeurs risquent de s'en foutre; mais le vrai point es que cela risque de dégoûter la masse potentielle d'électeurs, surtout dans la portion éduquée, qui ne peuvent se résoudre à voter pour l'un ou l'autre des candidats principaux, et notamment une bonne partie de l'élite républicaine et des classes dites "banlieusardes" (comprendre: CSP+ de banlieues médianes/confortables/cossues) qui tendaient dans une portion croissante à favoriser le candidat libertarien comme recours face à Trump. En tout cas plus qu'assez de monde pour l'empêcher de parvenir au seuil des 15% qui lui donneraient accès aux médias.
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C'est ce que Nietzsche appelait (en parlant aussi bien de l'Angleterre que des USA) "l'épicerie anglo-angélique", l'angélisme mentionné étant un mélange de vraie-fausse bonne conscience/innocence assez peu regardante, et de croyance religieuse poussant jusqu'au messianisme (en Dieu ou en le business, ou en un étrange mélange des deux, nul ne le sait). . Pour revenir à la campagne, je mentionne que ce soir aura lieu, dans un format de "town hall" et à bord de l'USS Intrepid, le "commander in chief forum" (sur NBC), une heure pendant laquelle Trump et Clinton présenteront séparément leur vision de la sécurité nationale devant une assemblée de personnels militaires et de vétérans, sous le contrôle d'un modérateur. Il n'y aura pas d'interaction entre les candidats (le premier des 3 débats n'arrive que le 26 septembre), chacun faisant sa présentation et se trouvant ensuite confronté à l'audience pour une série de "Q&A", mais c'est la première fois que Trump et Clinton seront dans le même bâtiment au même moment, qui plus est en face de la même audience sur le même sujet, et pendant le même temps d'antenne. 2 jours après Labor Day, c'est aussi le premier grand événement où la taille de l'audience et son niveau d'attention à la campagne risquent d'avoir franchi pas mal de caps, faisant de cette soirée un moment déterminant annonçant, et probablement influençant lourdement les tendances et perceptions dans cette dernière ligne droite de la campagne où l'ensemble de la population prête réellement attention.
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[Séries TV]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Ah? Je savais pas pour Judy, je croyais qu'elle était entièrement inventée, mais effectivement, ils ont changé certains noms, et si le personnage original est encore en vie et avec un statut spécial, il semble normal de changer son nom, tout comme on peut comprendre le petit besoin de dramatisation pour le personnage de Carillo, le vrai Hugo Martinez, son modèle, étant encore en vie et ayant pris sa retraite. Franchement, le fait qu'il meure ne change rien à l'intrigue et fait partie de ces petits aménagements qu'on peut tolérer, ne serait-ce que parce que cela donne l'occasion d'une bonne déviation avec un peu de tension et de spectacle, sans pour autant changer quoi que ce soit à la trame des événements ou, dans le fil de la série, à l'éan donné au Bloc de Recherche, à ce stade bien en place. On va dire que le personnage de "Carillo" a joué son rôle, et n'était plus vital à l'écran, donc autant le rendre intéressant via une mort spectaculaire plutôt que de le voir relégué à un "supporting character", ce qui aurait été inévitable dans un format de narration visuelle où, même si les scénaristes le veulent et essaient, on ne peut réellement avoir beaucoup de personnages principaux: même quelqu'un qu'on met au premier rang et dans toutes les scènes sera secondaire s'il n'est pas "visuellement" au coeur des choses et qu'on n'a pas dramatisé sa vie (et donc consacré beaucoup de temps à la suivre: son histoire perso, sa famille, son évolution psychologique....). La mort brutale de la journaliste-pêtasse, en revanche, je suis d'accord: aussi historiquement fausse que totalement inutile sur le plan narratif, tant ça a été brièvement traité et c'est tombé comme un cheveu sur la soupe. C'est d'autant plus con que par la suite, elle est devenue la plus importante source d'info sur la période. Représenter sa vie après Escobar, même en quelques minutes, en caricaturant un peu (en fait à peine) au besoin, aurait été plus marrant: cette nana n'a absolument aucune pudeur ni aucun sens moral, et a exploité le filon sans la moindre vergogne. Sinon, oui, l'AUC (qui n'était pas encore l'AUC à ce moment il me semble) a joué les gros bras pour Medellin, même si pas vraiment sur une base permanente: c'était de l'entente de voisinage (et de cousinage) plus due à la nécessité qu'autre chose, pour permettre un minimum de cohabitation, préserver du cartel certaines zones rurales que l'organisation protégeait, et faire un peu de fric en appoint à un moment où ils n'avaient pas encore de sources de financement suffisantes (malgré ce que les riches propriétaires terriens consentaient, c'était avant tout une forme de milice d'autodéfense de petits et moyens propriétaires au départ, qui voulaient éviter de tomber sous le contrôle total de ces grands latifundiaires). Pour la formation de Los Pepes et ce qui a précédé et suivi, faut pas trop essayer de déterminer des étapes trop nettes, comme trop souvent les livres essaieront de le faire: le recrutement de sicarios était une activité constante, de même que l'éventuel entraînement pour certains (avec notamment un spécialiste israélien -entraîneur pour les cartels et pour l'AUC- qui vient très récemment d'échapper de façon rocambolesque à la justice), et les tensions entre groupes étaient constantes, même au sein du Cartel (la guerre de turfs ne s'est jamais arrêtée, même à l'épogée d'Escobar). Que les Moncada et Galeano aient ensuite nettement pris un virage pour la vengeance suite à la "disparition" de leurs chefs, c'était plus une continuité qu'une nouveauté, justifiée aussi bien par l'action d'Escobar que par l'opportunité présentée par son statut désormais plus flou, son autorité amoindrie et son contrôle sur Medellin et le trafic plus en doute. Prendre des contacts avec des alliés potentiels (notamment les Castano que Escobar avait essayé de tuer depuis "la Catedral", montrant ainsi que les meurtres de Moncada et Galeano n'étaient ne furent pas un acte impulsif comme dans la série) et en trouver qui veulent une part de gâteau et participer, ça fait partie de l'ordre des choses dans ce petit monde féodal sans règle fixe, où les choses bougent très vite: si Escobar a buté les 2 autres glands dans sa prison, c'était pas non plus juste parce qu'il était parano ou s'emmerdait. Que quelqu'un ait ensuite voulu coller un nom au ciblage d'Escobar, c'était en fait un singeage des méthodes mêmes d'Escobar ("muerte a secuestradores" notamment), qui avait forgé sa réputation aussi via une politique de communication et un goût pour le spectaculaire: créer une organisation temporaire regroupant divers intérêts et groupes pour, à travers elle, consolider ce rassemblement et en prendre le contrôle, c'est toute l'histoire du Cartel de Medellin. L'AUC est ainsi née (sur une période de4-5 ans environs) de "Los Pepes" et de ceux qui s'y croisaient, des connexions et du focus qui y ont été développés, de même que sa division interne entre les pro et anti-recours au trafic de drogue, les "anti" perdant le combat. Je trouve d'ailleurs que ce dernier point offre une bonne source d'intrigue pour la série, cette division étant incarnée par la famille Castano même, où Carlos semble s'être opposé à la chose, contrairement à Vicente, lui nettement plus pote avec le "Don Berna" aussi présent dans la série. Y'a du Shakespeare ou de la tragédie grecque là-dedans, que je vous dis: les 2 fils (en fait 3) anticommunistes voulant venger leur père, qui se retrouvent à devoir financer la lutte via la collaboration avec le cartel, puis directement le trafic, pour ensuite se déchirer sur le sujet à mesure que la drogue prend la priorité sur le combat anticommuniste. -
[Séries TV]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Bouef; à mon avis, il y a pas encore assez de recul sur les cartels mexicains de "3ème génération" pour pouvoir dégager une bonne histoire bien dramatisée. Pour une chose, ça manque de point final comme avec la mort d'Escobar, la fin du Cartel de Cali, le démantèlement des milices paramilitaires.... Et puis le Mexique, c'est un peu la guerre féodale permanente, maintenant! trop de clans, aucun suffisamment dominant, trop de figures, trop de profusion et de bordel. La Colombie offrait un paysage quelque part un peu plus simple à appréhender pour les dramaturges: 2 cartels se succédant l'un à l'autre avec une brève période de concurrence, puis le temps des milices paramilitaires, puis lentement, la reprise en main par l'Etat, bon an mal an, avec une vraie-fausse conclusion pour les groupes armés (fausse parce qu'ils n'ont ni été détruits, ni punis, mais simplement ré-assimilés). Les FARC n'ont jamais rien fait d'autre que grenouiller, côté coke: par rapport aux cartels, puis aux milices, ils sont restés des épiciers de quartier. Pour le côté "romantique", ou en tout cas iconique, c'est clair qu'Escobar est plusieurs crans au-dessus, du pain béni pour les scénaristes. Mais les paramilitaires, via certaines icônes, et en fait un cercle d'individus assez réduit et en interaction (concurrence, rivalité, amitié, coopération, haine, fraternité, trahison....) permanente, fournit quand même du beau matos, même si aux USA et en Europe, ces figures sont moins connues (elles le sont vraiment bien en Colombie et dans les pays voisins). Après, évidemment, si la série durait, j'adorerais voir une saison dédiée à la période de "transition" de la tête du business de la coke de la Colombie au Mexique: la première saison commence après tout avec la transition de très petite échelle du Chili à la Colombie, essentiellement passée par quelques individus qui avaient le savoir-faire, avec en toile de fond une absence de concurrence (les producteurs initiaux, de niveau artisanal à l'époque, ayant été butés par Pinochet) et l'inexistence de la lutte antidrogue. Le "passage de flambeau", et tout ce qu'il a du recouvrir (transfuges, règlements de compte, dégommages de clans, prise en main des routes....) dans les années 2000 a été autrement plus complexe et violent. Miam. -
[Séries TV]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Pas vraiment d'autre choix: Désolé pour la spoiler alert, mais bon, cette saison (et la série, en fait), c'est un peu comme Titanic: on sait exactement comment ça se termine. Là, on a la fin d'Escobar en fin de saison, ce qui ne va laisser que Cali, et peut-être encore plus les paramilitaires, sur la scène. On a vu l'introduction des frères (en tous cas deux d'entre eux) Castano pendant cette saison, et quand on regarde le conflit intérieur colombien, une fois qu'Escobar a quitté la scène, c'étaient eux les principaux pourvoyeurs de violence (et de drogue une fois que Cali a été dégommé), même loin devant les FARC et autres milices communistes/communisantes. En plus, le cartel de Cali fut nettement moins haut en couleur et spectaculaire dans ses actions et ambitions qu'Escobar: ça fait moins de matériel pour une dramatisation télé. Ses dirigeants étaient un nettement moins bon matériel pour fiction: pas d'ambitions politiques, pas d'action ou de politique d'image pour la population (donc pas ce côté "populo" d'Escobar, avec son image de robin des bois pour les locaux, ou de fort soutien dans la population), pas de frasques hautes en couleur, pas de comportement d'enfant gâté soudain frustré qui se lâche et réplique par le terrorisme à grande échelle et sans retenue.... Les mecs de Cali, tout ce qu'ils voulaient, c'était se fondre dans l'élite existante de la Colombie, singeant ses manières et sa corruption, sa relative discrétion et son exclusivisme. Tout à l'opposé du populisme revendicateur et confrontationnel d'un Escobar qui s'était persuadé qu'il allait "changer le monde", ou du moins la Colombie (il s'en était sans doute persuadé, au moins en partie, même si la réalité a montré que c'était surtout des paroles et des illusions, et qu'il n'aurait rien concédé aux impératifs de son business et de son orgueil). Donc perso, je vois pas le cartel de Cali fournir du matériel pour plus d'une saison, et encore, en partageant l'affiche: les paramilitaires devenus narcos me semblent plus propices à une intrigue qui pulse, et avec eux, toute cette gallerie de personnages troubles qui ont tourné dans cette nébuleuse d'organisations plus ou moins fédérées, qui ont graduellement mixé leurs activités militaires avec le trafic de coke, certaines devenant plus narcos que paramilitaires, d'autres non, et les personnes à leurs sommets se transformant en une mosaïque très différenciée, ce qu'incarne parfaitement la famille shakespearienne des Castano. Le personnage de "Don Berna" (Diego Murillo Bejarano) est particulièrement illustratif aussi; venu du Cartel de Medellin, on le voit dans la série devenir le partenaire de la pêtasse rendue veuve par Escobar (elle, c'est un personnage fictif créé pour la série) et s'engager dans la lutte contre Escobar, prenant alors contact avec les frères Castano pour former cette organisation temporaire "Los Pepes", à l'activité spécialement meurtrière. Il gardera ces contacts, puisqu'il entra alors dans ce monde des paramilitaires, devenant l'un des leaders de leur "confédération" dominante, l'AUC, qui fut un vrai "Etat dans l'Etat", avec des effectifs très importants, un poids démesuré dans le trafic de drogue, une énorme emprise territoriale (parfois directe, souvent plus sous la forme de soutien local actif chez les propriétaires terriens et dans le monde rural en général, mais aussi avec moults multinationales -business de la protection-, surtout minières) et une forte empreinte politique (évidemment dans la droite), de même que de nombreux liens et intérêts croisés avec les forces de sécurité. Eux ont influé sur les destinées du pays, pas Cali. C'est personnellement de ce côté que je vois nettement plus d'options pour une bonne saison: les gars de Cali, fondamentalement, ils sont assez chiants et, à côté du cartel de Medellin à son apogée et des paramilitaires, ils font un peu petits. La preuve: au final, après la fin d'Escobar, ils ne durent que 2 ans. -
Ce qui est un des biais de financement politique: on crée une fondation (ou autre statut) dans un autre Etat que le sien, avec un nom très similaire à une fondation légitime, voire le même (ce qui est possible si l'organisation n'existe que dans un Etat: tous n'ont pas de dispositifs spécifiques pour empêcher la chose), et la dite fondation se met à financer la personne voulue. Vu l'imbroglio des règles de chaque Etat et du niveau fédéral, à moins d'un niveau d'examen extrêmement approfondi (comme pour une présidentielle.... Et encore, il faut vraiment le vouloir pour trouver), ça passe tout le temps, et c'est autant un schéma de financement presque anonyme de partis ou candidats politiques que de blanchiment d'argent.... Et un auquel Mme Clinton a aussi eu recours, notamment, via d'autres biais, pour "reconvertir" les fonds récoltés par elle soit-disant "pour le parti" et ses candidats au Congrès ou à des élections locales/d'Etat, qui sont en fait retournés à 99% dans les poches de sa campagne. C'est étonnant de constater à quel point le parti républicain, mais surtout la campagne Trump sont extrêmement nuls, incapables qu'ils sont de parvenir à soulever les casseroles de Clinton efficacement, alors que bien souvent, ils n'auraient même pas besoin d'enquêter dessus eux-mêmes, n'ayant qu'à profiter de la manne que l'actualité et plusieurs décennies d'examen approfondi du couple Clinton leur fournissent. Le narcissisme de Trump, l'amateurisme de sa candidature et de sa campagne sous-développée, jouent-ils à ce point? Il a préféré parler de son nombril (ni de son adversaire -en tout cas pas comme il faut pas de ce qu'il faut et pas avec l'intensité qu'il faut-, ni de l'électorat ou du peuple ou même de SON électorat) et s'enferrer dans les twitter wars permanentes et microbiennes, créer des scandales inutiles et dommageables qui ont fait fuir l'électorat suburbain (surtout blanc) qui lui était quasiment garanti, dégoûter les indépendants.... Maintenant, il a beaucoup trop à faire, avec trop peu de moyens pour le faire. Et encore peut-il s'estimer heureux d'être encore un peu dans la course uniquement parce que Clinton est une mauvaise candidate (malgré tout le fric du monde et le soutien d'un establishment trans-parti) et se trouve être particulièrement peu aimée. Aucun de ces deux là n'aurait la moindre chance de l'emporter face à n'importe quel autre candidat, aussi "classique" fut-il: ils se méritent l'un l'autre, franchement. Deux versions de l'absolument indésirable, dans des modalités aussi opposées que possibles (et n'ayant rien à voir avec le contenu théorique de leurs programmes ou partis). Je serais américain, j'aurais envie de gerber. Pour revenir sur l'article initial: regardez le "bilan" de Pam Bondi.... Dans le genre incompétente et/ou ultra-idéologique au point de corrompre son métier par un mélange d'ambition personnelle et de choix orientés, on fait difficilement mieux. Elle illustre merveilleusement la réputation de la scène politique de Floride (et particulièrement le parti républicain de cet Etat): tarée et corrompue jusqu'à la moëlle. Avec les deux Carolines, on a le sommet.
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Le voyage d'Obama en Asie est décidément voulu comme un moment fort: aidé par les diverses polémiques qui l'ont déjà parsemé (vrai-faux incident diplomatique sur le tarmac en Chine, échange musclé avec Poutine, insultes du président philippin et annulation de la rencontre avec lui), le déplacement ne manquera pas de notoriété. Au Laos, Obama a par exemple annoncé une aide annuelle de 90 millions de dollars pour le démantèlement des mines et bombes non explosées de la guerre du VN, un montant supérieur au total de ce qui a déjà été versé depuis la fin de ce conflit. On constate donc une certaine persistence dans le "pivot stratégique" vers l'Asie, voulu par le président américain depuis le début de son mandat; il avait ainsi annoncé que malgré l'impopularité du traité et le fait que, bon gré mal gré (et même si ce n'est que pour la façade chez certains), les candidats en lice pour novembre se sont déclarés contre, il fera passer, ou essaiera de faire passer, le TPP après les élections, pendant la période dite "lame duck session" du Congrès (vote du Congrès sortant, avec des élus non reconduits de ce fait libérés de beaucoup de pressions et obligations). Juste pour la forme: hier aux USA, c'était "Labor Day" (leur fête du travail qui, comme la nôtre, est ironiquement chômée), traditionnellement le moment à partir duquel la campagne électorale devient "réelle" pour l'essentiel du public américain, où tout le monde commence à sérieusement se pencher sur la question et prendre de fermes décisions sur ses choix de vote. Ca semble bizarre de le formuler ainsi après l'année écoulée et l'apparente ominiprésence de la dite campagne, mais s'il est vrai que celle-ci a atteint de nouveaux sommets en matière de présence dans les esprits et de monopolisation du temps d'antenne (du moins dans la partie info et débats), il faut bien se dire qu'à partir d'aujourd'hui, quantitativement (beaucoup plus de monde) et qualitativement (niveau d'attention prêté, intérêt porté, décisions prises en fonction de ce qui se voit), beaucoup de choses deviennent nettement plus sérieuses. Il reste deux mois, et c'est vraiment la dernière ligne droite, où plus beaucoup de choses ne seront pardonnables ou oubliables, où tout aura beaucoup plus de conséquences. Ce sont ces deux mois pour lesquels Clinton (et habituellement, tous les candidats) s'est préparée, aussi bien personnellement (répétition et mémorisation de tous les sujets possibles, de toutes les questions possibles, de toutes les répliques et parades possibles pour des interviews, des débats ou des "Q & A" dans des salles communales) que via son organisation (et avant tout le déjà très mentionné "ground game", l'organisation au sol si déterminante, mais aussi l'ordre de bataille médiatique et numérique). En face, il ne semble pas que grand-chose ait été fait. Pendant ces 2 mois, les points marqués et perdus vont commencer à vraiment compter, et il semblerait que Trump les commence avec le pantalon sur les chevilles.
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La honte ultime pour nos armées, les nouvelles rations lyophilisées
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Clairon dans Actualités terre
C'est du sérieux apparemment: ils ont même créé de la poutine de combat! -
La honte ultime pour nos armées, les nouvelles rations lyophilisées
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Clairon dans Actualités terre
Ouais, parce qu'il y a plus qu'eux qui boivent encore du Martini.... Et encore, juste parce que c'est une obligation contractuelle due à la politique de communication de la boîte, à cause de vous-savez-qui. -
Correction; Bill Maher avait percé le mystère de l'ascendance trumpienne il y a un bail: Donald avait d'ailleurs très mal pris la blague (pourtant en plein milieu de sa polémique artificielle sur le certificat de naissance d'Obama) et intenté un procès à Maher pour 5 millions.... Que le juge avait vite balayé.
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La honte ultime pour nos armées, les nouvelles rations lyophilisées
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Clairon dans Actualités terre
Regarde le p'tit dej des rations canadiennes avant de critiquer et de râler comme un Breton, tu vas nous faire un infarctus (trop de caféine?).... Le croissant peut venir en plus, mais c'est pas lui qui te fournit du carburant pour la matinée.... Et qui a parlé de gicler le café? Je crois de toute façon qu'il y a des lois contre une telle éventualité (le café est pas dans la constitution? A tous les sens du terme d'ailleurs). -
La honte ultime pour nos armées, les nouvelles rations lyophilisées
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Clairon dans Actualités terre
Les lingettes sont un cauchemar écologique, ne se dégradant quasiment pas (et un énorme problème pour les organisations chargées de la tuyauterie des villes.... Ce qui évidemment n'est pas l'affaire des soldats en pleine nature): va y avoir des contestations écolos.... Ceci dit, si les Brits sont chargés de l'aligot.... Ils vont le faire avec quoi? Le cantal, la tome ou le salers, ça pousse (oui, messieurs,les fromages FRANCAIS, poussent tels quels dans la nature) pas en Gibi: ils vont devoir l'importer (raaah, revanche!) ou vont vendre un truc estampillé "aligot" fait avec une des mêmes merdes industrielles qu'on trouve sur les pizzas (je crois que c'est souvent même pas un produit laitier), et qui n'a que rarement grand-chose à voir avec le fromage? Auquel cas le terme "d'aligot" est galvaudé, et devrait être retiré.... Et l'honneur serait sauf. Sinon, j'aimerais pour les rations militaires que l'AdT soit moins chauvine côté petit-dej et aille voir ailleurs: les Canadiens semblent avoir le meilleur truc dans ce registre là (à base d'une idée révolutionnaire: ils mettent effectivement des calories, de l'énergie, dans le petit dej..... Mind Blowing!).... Importons, copions! -
Et Hillary Clinton a levé 143 millions de dollars en août.... How about'em apples?
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Un peu plus haut, j'avais déjà parlé du très sale business des prisons privées aux USA, du moins celles en affaires avec l'échelon fédéral qui a décidé de cesser de recourir à cette formule.... Voilà la suite, sous un autre angle: un programme fédéral remontant au New Deal a établi certaines dispositions pour faciliter la réinsertion par le travail des ex-condamnés, créant par là une assez vaste allée pour que des prisons puissent disposer d'un créneau de marché, de financements et de moyens humains et matériels pour pouvoir faire tourner une telle activité économique. Initialement, ce furent surtout des travaux lourds, notamment de voirie, qui étaient concernés (d'où l'image d'Epinal des détenus cassant des cailloux et charriant de la terre sous un soleil de plomb, avec des gardes armés); puis ce fut la production de certains items comme des plaques d'immatriculation et des meubles de bureaux cheaps. Dans les faits, la chose est plus diversifiée, et si elle est débattable, elle n'est pas par principe choquante, l'activité aidant de façon prouvée à limiter le taux de récidive dans des mesures extrêmement significatives. Le problème actuel viendrait plutôt de l'échelon corporate car, oui, vous l'aurez deviné, les "prisons-usines" où la chose est organisée sont essentiellement des prisons privées, gérées par un très faible nombre de sociétés, géantes dans leur secteur, avec qui plus est un niveau de contrôle très limité et complaisant, et une forte puissance de lobbying. Ainsi de FPI, l'un des plus lourds acteurs en la matière (et cible de l'article dont je mets le lien plus bas), qui gère 83 prisons-usines (ou doit-on dire "usines-prisons"? Naaaan, ça ça serait plus les Chinois, ces vils exploiteurs sans âme qui emprisonnent les ouvriers..... Le chou est vert, ou le vert est-il chou?) "employant" 12 000 détenus-ouvriers payés entre 23 cents et 1,15 dollars de l'heure (le salaire minimum fédéral est à 7 et quelques dollars, outrageusement bas et n'ayant pas été réévalué depuis plus de 20 ans, ce pourquoi Sanders faisait campagne pour 15, et Clinton disait que 10 serait un minimum réalisable même si très insatisfaisant). Evidemment, un détenu a des coûts qu'un employé normal n'implique pas (entretien, surveillance, traitement administratif) et une prison a des contraintes qu'une entreprise n'a pas (interruptions, violence, contrôles....), mais l'un dans l'autre, avec des marchés réservés, des priorités dans l'accès à certains appels d'offre, des relations préférentielles avec le gouvernement, un effet de taille certain, la quasi totale absence de contrôle, la dérogation à de nombreuses règles sur le travail.... Le modèle économique est supposé être très (beaucoup trop, tant sur le plan moral qu'économique) avantageux, et a en plus été ouvert, si bien que ces boîtes peuvent entrer en compétition avec des "normales" pour n'importe quel marché..... Ainsi par exemple du fameux exemple militaire des casques défectueux à la fin des années 2000 (un contrat de 30 millions) qu'on a déjà évoqué sur le forum plusieurs fois: FPI était le sous-traitant. Parce qu'évidemment, absence de contrôle, main d'oeuvre servile et le "profit motive" d'une grande boîte privée donnent d'excellents résultats: la sécurité au travail (notamment tout ce qui a trait au contact avec des substances dangereuses), le contrôle qualité, les normes environnementales.... Ne sont pas réellement des soucis. Pas plus que les règles sur la concurrence, surtout de PME qui sont impuissantes face à ce genre de boîtes. Malgré l'énormité des contrats concédés et la position avantageuse créée, FPI est structurellement déficitaire depuis 2009, même si ses actionnaires ont touché beaucoup de dividendes et si sa direction a aligné les bonus et augmentations (pas dans l'article: j'ai regardé ailleurs).... http://www.nbcnews.com/news/us-news/federal-prison-owned-factories-fences-face-scrutiny-n639791
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[Séries TV]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Calomnies! J'en aime plein. Et rien que dans le post auquel tu répondais, j'en mentionnais justement une. Maintenant, c'est clair que j'ai des exigences, ou plutôt des catégories d'exigences: pour une série comme Tyrant, qui visait à faire quelque chose d'un peu intelligent et ambitieux, et qui avait bien commencé dans ce sens, les critères sont nécessairement plus élevés (une série de super héros comme la récente Powers -annulée après 2 saisons-, j'ai nettement moins d'exigence; et je l'ai bien aimée). Disons qu'un de mes premiers critères de jugement et d'appréciation, c'est qu'une série soit à la hauteur de ce qu'elle promet, des ambitions qu'elle affiche, du niveau de récit qu'elle prétend donner.... Et le moins qu'on puisse dire, c'est qu'après la première saison de Tyrant, qui portait des ambitions et promesses certaines, ça a très vite décliné pour se concentrer sur le plus petit dénominateurs commun (de mauvaises histoires de cul et de sentimentalisme plat, focalisation sur trop peu de personnages qui en plus deviennent très mal traités, le tout emballé sous de mauvaises apparences d'intelligence et de maturité) et de grands mots derrière lesquels il n'y a que de la prétention. Chose étrange, les résultats en demi-teinte de la première saison avaient conduit à une restriction du budget (dont un changement de pays pour le tournage.... Ca doit coûter malgré tout, ce qui est ironique) et à un changement complet du staff d'écriture (absolument complet), y compris l'inspirateur de la série.... Les résultats furent à l'avenant, et l'audience est en chute libre depuis; les derniers épisodes sont à des niveaux abysmaux. Bref, pour moi, si on fait de la merde, on doit pas prétendre faire de la grande cuisine: y'a un peu trop de décalage. Après la mesure de cet écart, il y a évidemment d'autres critères plus évidents (rythme, écriture et dialogues, personnages, image....), et certains, tout aussi évidemment, plus subjectifs (parfois on accroche, parfois pas). Mais j'avoue avoir une certaine rancoeur contre les séries qui déçoivent après avoir porté l'enthousiasme et les attentes à un certain niveau: plus dure est la chute. J'ai adoré beaucoup de choses dans Sons of Anarchy et Justified, si ce n'est un problème de rythme et de répétition dans ces deux séries: résultat, j'ai un peu lâché au bout d'un moment parce que ça ne me stimulait plus des masses, mais je ne dirais pas que c'était mauvais ou mal écrit ou mal fichu (et certainement pas mal joué).... Plus un petit handicap avec SoA: le protagniste m'a jamais vraiment fait triper, dès le départ , ce qui limite le facteur l'ancrage qu'on peut développer (mais les autres persos, j'adore). Un autre exemple d'une série qui a commencé fort et promettait beaucoup: Vikings.... Et ça a vraiment bien merdé assez vite ensuite, pour devenir de la mauvaise heroic fantasy cheap (même pas de magie ou de dragons). J'ai adoré la première saison, acceptant toutes les conneries historiques et délires sur les vikings parce que ça marchait pour mois (et donc la "suspension of disbelief" nécessaire ne me posait aucun problème), et il a fallu qu'ils se lancent dans une fuite en avant, une surenchère permanente et outrancière, faisant en outre de leurs persos des caricatures (tout le monde essaie de faire du GoT, ou quoi? Faudrait avoir la capacité d'écriture avant de singer). Donc ma réaction est proportionnelle à la déception: elle tombe de plus haut, donc plus méchamment. Dames? Sammy? C'est pas la même chose? Je dirais bien qu'il emporte la palme de la tête à claque de la série, tant il est chiant au possible et ses scènes et répliques merdiques.... Mais il a beaucoup de concurrence. Et de toute façon, ils ont tué le meilleur perso, après avoir vraiment gaspillé son histoire et son potentiel. -
[Séries TV]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
La saison 2 de Narcos est disponible depuis aujourd'hui!!!!!!! Ouff, parce que l'actuelle saison de Tyrant est vraiment minable, poussant toujours un peu plus les mauvais aspects de la série, initialement embryonnaires, pour en faire un très mauvais soap opera (au budget qui s'est bien réduit depuis les débuts) stupide et mal écrit, visant un sensationalisme et un sentimentalisme cheap au service d'une non intrigue superficielle d'où tout ce qu'il pouvait y avoir de pertinent, voire d'intelligent, a été extirpé au forceps au long de la saison 2.... Donnant une saison 3 (sans doute la dernière) qui relève d'une mauvaise parodie de GoT, polarisée autour de quelques personnages mal écrits, aux dialogues et décisions stupides, à la psychologie d'ados attardés et émos, qui piquent des crises et ne vivent que pour des rancunes qu'une telenovela bas de gamme n'oserait pas utiliser. Bref: beurk. Mais Pablo Escobar vient de sauver mon paysage audiovisuel.