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Tout ce qui a été posté par Tancrède
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Le "ground game" est essentiel dans un pays aussi vaste, aux communautés aussi nombreuses, à la scène médiatique aussi éclatée (et encore plus depuis l'avènement du numérique et la baisse des grands médias): c'est par cette multi-implantation et un fort recours au volontariat (où les démocrates ont un avantage structurel très important dans la plupart des grands Etats) qu'on peut non seulement démarcher du monde et aller chercher l'électeur où il est (et c'est prouvé: le porte à porte, le contact humain, est le média le plus efficace), mais aussi plus généralement le convaincre d'aller voter tout court (dans un pays où l'abstention est énorme), et lui procurer s'il le faut un moyen de transport vers les bureaux de vote, depuis son domicile ou son lieu de travail (il n'y a pas "d'election day" aux USA, malgré une forte volonté en ce sens: les républicains, principalement, s'y opposent car cela désavantage les électorats tendant plus vers les démocrates). Si on couple ce "ground game" à des capacités C4I importantes permettant le renseignement en temps réel et le micro-targetting, l'avantage ainsi construit est redoutable, réellement indispensable.... Surtout pour une candidate aussi naturellement impopulaire que Clinton qui, malgré tous ses immenses avantages et les conneries massives de Trump ses 2 mois écoulés, n'a pas pu se distancer du républicain comme cela aurait du être le cas. Ce ground game est ce qui lui permettra peut-être de limiter l'abstention, plus structurellement défavorable aux démocrates, et d'aller chercher les démocrates et indépendants peu convaincus chez eux pour les faire voter. C'est une dépense très importante, et désormais nettement plus décisive que de vastes plan médias matraquant des messages publicitaires. Et Trump n'a quasiment rien fait en la matière avant la Convention du GOP, quasiment rien fait depuis, comptant en fait sur les implantations locales du parti républicain, là où Clinton a bâti une infrastructure en plus de celle de son parti, et qui plus est aussi placé des personnels de sa campagne dans les implantations démocrates. Il surdépense en merchandising, il va dans des Etats où l'avance de Clinton est trop importante pour être rattrapée, ou dans ceux où il est sûr de gagner, et il se contente de grands meetings (qui ne peuvent donc être très nombreux et toucher une aire suffisante) et de pub.
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[Union Européenne] nos projets, son futur
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Marechal_UE dans Politique etrangère / Relations internationales
Surtout que l'essentiel de leurs réserves est hors des USA pour éviter l'IRS; une bonne partie doit être à Londres, donc j'imagine qu'en ce moment, à tout hasard, ils doivent commencer à envisager de trouver des destinations pour leur tire-lire. On négocie mieux quand il n'y a rien à saisir pour la justice. Mais c'est pas facile de nos jours de placer correctement des sommes pareilles, surtout s'il commence à y avoir un peu de coordination entre les grands ensembles étatiques qui ont désormais tous un début de dent contre la fraude fiscale (même si beaucoup des dirigeants en profitent personnellement.... C'est pas non plus des sommes de cet acabit: pas le même "genre" de fric). A un moment, ça risque d'être moins problématique de faire un deal avec le fisc américain pour des boîtes comme Apple..... Enfin, on peut essayer d'y croire. Mais vu qu'alors même qu'on était dans la dernière ligne droite des primaires, un gigantesque deal se négociait au Congrès pour le rapatriement des réserves des multinationales (au moins pour une centaine d'entre elles) au pays contre un pourcentage ridicule en impôts (de l'ordre de 6%, et ils trouvaient que c'était encore trop salé)..... Pas de nouvelles (alors que le précédent établi par Bush Jr pour un tel deal rappelle que ça ne débouche sur rien d'avantageux économiquement pour le pays, tout en blanchissant officiellement des sommes issues de la fraude). -
Sondage comparatif évaluant la popularité de Trump chez les Afro-ricains: - Trump vs Duke University (qui a un long passé de ségrégation et une litanie d'événements racistes encore frais): 7% vs 62% - Trump vs sièges de milieu de rangée dans les avions: 14% vs 64% - Trump vs junk mail: 20% vs 62% - Trump vs chiottes publiques: 30% vs 57% - Trump vs peste bubonique: 38% vs 52% - Trump vs punaise de lit (ou "bedbug": relativement inhabituelle en Europe, c'est une constante importante dans les grandes villes américaines, surtout de la côte est, et donc une "figure" culturelle récurrente): 41% vs 50% Malgré tout, et en faisant des équivalences approximatives des éléments de comparaison, Trump reste nettement moins impopulaire que le Congrès, qui est très en-deçà des scores de popularité des excréments canins, des sorciers/ières et des maladies vénériennes.
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Oooooooooh. Joolliiiiiiii! La réplique dont Fusilier n'est pas peu fier: tu gagné ton pastis, ce soir!
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Comme je le disais, Lyssenko doit avoir la larme à l'oeil.
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Insulter sans savoir et recourir au non argument par défaut de traiter l'autre de sexiste, ou de raciste (les "go to answers" de l'absence de débat qu'on observe de nos jours), prouve juste une chose: vous n'avez pas lu le topic. Je n'ai jamais émis le moindre sexisme sur ce topic, quoique tu puisses sur-interpréter. Je veux bien me dire anti-féministe, ça c'est certain, tout comme je suis anti "-isme" en général, les extrêmismes et idéologies en tous genres (surtout aussi peu fondées) me débectant. Etant donné que la plupart des points abondamment développés depuis longtemps sur ce topic et ailleurs prédatent de loin le début même de cette fameuse expérience des Marines, encore une fois, ce point manque gravement de validité. C'est pas l'affirmer qui changera grand-chose. Qui plus est, sur le détail de la dite étude, on rappellera que les membres des équipes testées, hommes et femmes, n'étaient pas issus du pool combattant (seuls les cadres des unités étaient des vétérans), et ont tous eu le même temps (anormalement important) de préparation aux épreuves et de mise en condition (largement le temps de faire du muscle et de gonfler le palpitant). Sur les blessures et l'indisponibilité, mon point va bien au-delà de la dite étude étant donné que la disproportion entre les sexes se retrouve dans plusieurs armées. Selon les services, elle peut-même être bien plus importante. Sans même aborder une plus forte tendance chez les femmes, dans les armées expéditionnaires, à éviter les déploiements (ou en tout cas à être moins disponible pour eux), ce qui tend à faire des femmes, en moyenne, des investissements nettement moins rentables dans la durée pour ce genre de métier. Les USA sont le premier pays en terme d'anti-dépresseurs, il me semble, la France n'étant "que" le premier pays européen. Mais surtout, en terme de taux de suicide, les deux pays sont extrêmement proches (quasi identiques en suicides masculins). Ceci dit, je ne vois pas ce que les taux de suicide, avec comme tu le mentionnes l'énormité du nombre de paramètres (accès à des moyens aisés de suicide, niveau de suractivité ou de sous-activité, niveau d'isolement individuel, perspectives socio-économiques, géographie, pression socio-culturelle....), a à voir avec le sujet quand il est ici question d'un environnement particulier où, dans tous les pays où des données peuvent être trouvées, on observe la même différence entre les sexes pour ce qui est des réactions au stress accumulé sur la longue durée. Quel rapport de la RAND? J'en lis depuis près de 15 ans sur le sujet. Ils en ont pondu quelques-uns. L'entraînement et l'équipement sont avant tout calculés pour les besoins rencontrés et les épreuves affrontées. Tu peux modifier un brelage ou un sac à dos pour mieux correspondre à la morphologie féminine, mais tu ne changeras pas le fait qu'il y a entre 25 et 40kgs, parfois plus, qui doivent être portés. Et chaque fois que des innovations arrivent pour alléger ce paquetage, on découvre de nouveaux besoins, de nouveaux outils et atouts, qui viennent anéantir l'économie réalisée (dernièrement, l'accroissement du nombre de batteries de plusieurs types dans des armées qui se technicisent toujours plus, ou l'éternel besoin d'emporter toujours un peu plus de munitions, sans même mentionner l'emport de plus de bouffe ou d'eau pour accroître l'autonomie). Le paquetage militaire (même hors armes) tourne autour de 30-40 kgs depuis plus longtemps que les légions romaines, au point qu'il s'agit d'une constante quand on parle d'infanterie à travers l'Histoire, malgré tous les changements techniques. Ca devrait inciter à plus de modestie dans les déclarations à l'emporte-pièce comme quoi la chose est sexuée et tout se résoudra par une féminisation de l'équipement. La seule qui ait eu lieu pour tant de militaires depuis maintenant quelques décennies, c'est que ce que les femmes ne doivent pas porter, leurs camarades masculins ont du se le colleter en supplément.... Je constate surtout (et on avait déjà abordé la question sur ce sujet) une grande volonté, souvent politiquement motivée, de conformer la préparation de la guerre bien plus aux aspirations sociales, culturelles et politique du corps social, qu'à la réalité de l'adversité rencontrée, qui a toujours déterminé la culture des armées (sauf de beaucoup de celles qui ont perdu). Ce n'est d'ailleurs pas uniquement vrai pour ce sujet, mais des excès de la mentalité de caste mythologisée de la noblesse française de la guerre de 100 ans aux délires tactico-techniques de la RMA (qui ont rencontré la planète réalité dans la dernière décennie... Seulement en partie), l'histoire est riche d'armées qui ont voulu décréter à l'avance ce que la guerre serait, souhaitant que la réalité se conforme à ce qu'ils sont, et pas l'inverse. J'ai pas vu de femmes encore au 13 ou au 2ème Hussards (là où on planque en sentant le chacal). Pour ce qui concerne la guerre en Syrie ou en Lybie, l'avantage est évident et se trouve être le même qu'en Afghanistan ou ailleurs: le recueil du renseignement auprès des populations locales. Y'a pas besoin d'en avoir des dizaines, juste quelques-unes. Et je ne sais pas où tu as lu que Israéliens, Anglais ou Américains démentaient ce fait, étant donné que leur politique semble indiquer exactement le contraire: les unités de renseignement de terrain de Tsahal font largement appel aux femmes, le SRR en a quelques-unes comme tu le mentionnais, et les ricains prolongent les expériences antérieures (feu le "lioness" program des Marines....). Marrant, c'est pas ce que j'ai lu sur les multiples articles trouvés en ligne. Un; ce ne sont pas les armées, là. Deux, il y a amplement matière à débat (notamment parce que ces genres d'études sont rarement commanditées et réalisées par des entités neutres dans ces débats) et ce genre de conclusions ne reflète que très mal la matière collectée, notamment sur les phénomènes psychologiques, étant donné par exemple que la pression que tu évoques, c'est essentiellement les femmes qui se la mettent elles-mêmes. C'est une autre conséquence du dimorphisme sexuel: les hommes tendent à plus risquer, à plus se lancer dans l'inconnu que les femmes (toujours cette chierie de testostérone), quitte à faire des conneries, là où les femmes tendent à vouloir être plus sûres d'avoir couvert absolument toutes leurs bases (ce qui souvent est en grande partie illusoire) avant de pousser un cran plus loin, quitte à rester plantées ou à avancer très lentement. Deux faces d'une même médaille, avec leurs lots d'avantages et d'inconvénients. Personne ne nie qu'il y en a qui soient au niveau: le problème étant qu'elles sont très peu nombreuses, ce qui fait se poser un tas de questions, comme le fait de savoir si ça vaut le coup de changer beaucoup de choses pour très peu de monde; les changements coûtent cher, et contrairement à ce qui est un peu gratuitement affirmé, beaucoup des changements proposés surestiment grandement les résultats qui peuvent en être obtenus, comme les fameux facteurs "culturels". L'ingénierie sociale est un art délicat, qui a rarement changé beaucoup de choses dans des propensions drastiques, surtout quand on parle d'influer sur les mentalités et la façon de penser (demande au "nouvel homme" communiste que devait façonner l'URSS): Lyssenko serait fier de nombres de telles expériences menées de nos jours qui veulent conformer la réalité de situations spécifiques, comme ici la guerre, aux desideratas et représentations de l'époque . Ce que je lis et entends en termes de changements "culturels" semble plus relever du voeu pieux qu'autre chose. C'est un délire qu'un pays loin de toute probabilité de conflit et d'engagement soutenu de ses troupes (au-delà d'éléments FS et de micro-contingents symboliques dans une coalition où seuls les poids lourds font quelque chose) peut se permettre, c'est moins le cas pour un pays s'engageant fréquemment, et ce n'est pas du tout le cas pour un pays sans marge de sécurité (cad qui a au moins un fort risque de faire face à des adversaires réellement dangereux pour lui). Pour des pays loin de menaces réelles (j'entends: existentielles), le poids politique relatif de forces incitant à des changements relevant de l'expérimentation sociologique devient important, parfois décisivement, surtout quand on parle des armées de terre, qui tendent à être la dernière roue du carrosse, avec le moins de "juju" politique pour se faire entendre. Car on évite toujours la discussion la plus difficile: c'est déjà une chose lourde et complexe de parler des facteurs individuels, c'en est une toute autre de parler de mixité, de cohabitation dans la durée de populations si fondamentalement différentes dans un milieu où l'on incite à un esprit de groupe extrêmement normatif et exclusif (et pas dans des aspects toujours glorieux: la mentalité de meute, c'est pas toujours joli en tout) et à un fort niveau d'agressivité, deux tendances naturelles qu'on exacerbe pour les mettre au service de quelque chose. Elles ont leurs problèmes, mais elles sont aussi très nécessaires (et personne n'a rien trouvé de mieux). Les fantassins BAC+5? Ouaich. C'est ce qu'on essaie de se faire.... Mais comme partout ailleurs sur ce forum, on tend à dévier.
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Gné? Les grandes limites ont été soulignées, notamment la sur-sélection des femmes évoquées, leur moindre représentativité et le différentiel en terme de plafond de performance/marge de progression. Plus qu'un peu, oui. Et si cet exacte proportionnalité était si vraie, on se demande vraiment pourquoi mère nature/l'évolution se serait cassée le cul à établir un fort dimorphisme sexuel plutôt qu'une espèce hermaphrodite (parce que c'est essentiellement ce que vous dite: le dimorphisme sexuel n'existe pas.... Ou en tout cas pas au-delà de la capacité reproductive). Ca doit être de l'imagination ou un complot patriarchique. Et le point ici n'a jamais été de souligner que des/les femmes n'étaient pas capables de faire le coup de feu: on a par exemple eu le cas d'une infirmière au Tchad qui avait participé à la défense d'un poste (en 2009 je crois?) aux côtés des paras. Ca veut dire qu'elle est au niveau des paras dans votre grille de lecture? La question ici n'est pas de parler d'une aptitude ponctuelle, mais de façon un peu plus large. Les unités de renseignement ont commencé à intégrer des femmes pour la simple raison que leur sexe présente un avantage structurel insurpassable et irremplaçable dans une gamme de situations où elles seules ont accès à certaines sources et infos. Cet avantage justifie qu'on soit plus cool sur la sélection, et si quelques-unes peuvent passer les critères de perf sans aide, c'est encore mieux. Ca ne change juste pas la loi des grands nombres. Les Américains sont aussi des êtres humains, contrairement à ce que d'aucuns peuvent penser, et leurs corps fonctionnent comme les nôtres, hors d'une aptitude étrange à avaler du beurre de cacahuète avec de la gélatine; et il n'y a aucune raison de balayer d'un geste la masse d'études suivies qu'ils accumulent depuis maintenant plus de 30 ans au nom de supposées différences "culturelles" étant donné ce qui est mesuré, avant tout dans le domaine physique. L'argument pour s'en passer est assez sur-réaliste. Et ce encore plus vu qu'on peut cumuler avec les études d'autres pays, notamment, oui Israël: d'où vient cette idée qu'ils n'ont pas suivi et analysé le phénomène? Il y a beaucoup de matière, et elle est pas dure à trouver (en langue anglaise essentiellement, à moins de lire l'hébreu). Et non, il n'y a pas qu'une seule étude qui révèle les points que j'avait soulevé: rien que sur ce topic, on en a référencé pas mal dont la plupart sont antérieures à la dite expérience des Marines. Pour les USA, on en trouve aussi bien issues des forces américaines que d'instituts et think tanks privés (dont la RAND).
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Il est à mon avis plus irrité par l'excès de pathos qu'on trouve dans les représentations actuelles des militaires revenant de la guerre, de même que par la difficulté (sans doute nécessaire) à trouver un juste milieu entre le refus de voir le problème de ces séquelles et une tendance au sur-diagnostic (aux USA, ça tend à même devenir très grave vu leur tendance très lourde à recourir aux opiacées et à sur-médicaliser beaucoup de choses qui n'en valent pas la peine), le juste niveau (et une plus fine nomenclature) de ces problèmes n'étant visiblement pas trouvé, de même qu'une bonne façon de les traiter (sans même parler des insuffisances tout aussi réelles en la matière, avant tout en nombre de psys disponibles et réellement qualifiés). Si on étend le sujet, on se rend aussi souvent compte qu'il renvoie aux problèmes d'une société individualiste moderne, qui, contrairement à une société "traditionnelle", n'a plus l'infrastructure qu'on pourrait qualifier de "naturelle", pour faciliter le retour des soldats, notamment la famille (proche et étendue) solide vivant durablement en un seul lieu, le clan, la tribu et/ou le village.... Des facteurs dont l'absence multiplie et aggrave des séquelles qui n'auraient sinon pas eu d'impact lourd (absence pour laquelle l'armée ne peut pas être blâmée). Et d'une, on peut enchaîner des anecdotes: le point est qu'on ne bâtit pas une règle sur des exceptions. Et pour celles que tu mentionnes, il me semble d'ailleurs que dans le cas de la gendarme, il n'y a pas eu de "démontage", mais DEUX gendarmes (dont un homme) qui ont arrêté un agresseur, le deuxième s'enfuyant (et pour l'accrochage avec les SRR, ça révèle quoi? un combat de rencontre où il se trouve qu'un des camps avait 2 femmes dans ses rangs). On est loin des fantasmes de Xena la guerrière. Pour la moraline de Marius, rappelons que ça se place dans un contexte où les gens dont il parle sont déjà arrivés au sommet d'un processus de sélection très long et dur. Comme pour les sportifs de haut niveau, oui, c'est en grande partie dans la tête que ça se passe..... Une fois qu'on a établi que la concurrence se fait entre des gens ayant passé l'essentiel de leur vie à être filtrés, sélectionnés (et donc l'immense majorité est éliminée) et entraînés essentiellement de la même façon. On a donc une compétition entre specimens rares dont la génétique (souvent rare) et le niveau extrême de spécialisation (qui conditionne le corps sur de nombreuses années, souvent plus d'une décennie, soit aussi quelque chose de rare) sont des dénominateurs commun: la différence se joue nécessairement ailleurs. Justement Gally: c'est un peu le sujet. Depuis le début de ce topic, on parle de la fonction mêlée de l'AdT, pas du reste: le sujet n'est pas ici de parler de la place des femmes dans les armées, ou de remettre en question l'utilité de femmes dans certaines spécialités "exposées" (notamment dans le renseignement de terrain). On peut cependant avoir une géométrie relativement variable pour définir les métiers dans la partie opexable de l'AdT qui auraient besoin de critères physiques plus exigeants, les troupes de mêlée et d'appui direct/rapproché n'étant pas les seules, surtout dans certaines configurations de conflit ("asymétriques", "guerre au sein des populations".... Quel que soit le nom du moment) sans front clair, à avoir besoin de certaines capacités (surtout si la culture et/ou la politique d'une unité, d'un corps, d'une armée, donne, comme l'USMC, une importance à la polyvalence et au fait de faire de tout soldat un fantassin avant tout, quelle que soit sa spécialisation). Quel est le biais que vous invoquez dans les études américaines? Surtout quand c'est pour comparer avec les déclarations d'officiels et de recrues supervisées dans un journal; pas vraiment des commentaires sous le manteau, ou des retours d'expérience hors de la vue du mindef norvégien. Par ailleurs, oui, les études sur le sujet sont "innombrables" depuis maintenant 3 décennies, notamment aux USA, au Canada, en Israël et en Angleterre (pour celles auxquelles l'accès est aisé), et ont tendance à dégager certaines constantes; - l'entraînement accroît la différence hommes-femmes - les différences physiques/physiologiques existent et sont importantes, notamment dans les domaines de la résistance à l'usure, la résistance au stress (qui est en partie conditionnée par le physique), le taux de globules rouges et l'oxygénation du sang, la capacité cardiovasculaire (relative à la masse corporelle), l'importance de la force dans le haut du corps, le potentiel de progrès (lié en bonne part au taux de testostérone).... - les taux de blessures et d'usure (blessures musculo-squelettiques et "stress injuries", dépression et problèmes psychologiques....) sont très nettement plus importants chez les femmes, et l'écart s'accroît avec le temps (effet de cumul): l'impact est énorme sur le niveau d'indisponibilité (de l'ordre du double chez les femmes par rapport aux hommes), mais aussi sur le coût global de ces problèmes, aussi bien pour leur traitement dans l'armée que APRES l'armée (séquelles, pathologies lourdes, voire handicaps purs et simples), ce qui concourt de l'accroissement du coût du soldat. Et ça (plus d'autres), ce sont juste les facteurs individuels; l'équation se complique quand on parle de la mixité, de l'esprit de corps et de la cohabitation au quotidien, qui plus est dans le contexte particulier d'unités de combat. Pour l'anecdote déjà répétées de nombreuses fois: ce fameux événement n'était pas "chez les Rangers", mais à la Rangers School qui, comme son nom ne l'indique pas, n'a aucun lien avec le 75th Ranger Regiment sinon une vague et lointaine ascendance commune. Le 75th a sa propre filière de sélection et de formation (plus poussée, comme toute unité FS ou assimilée). J Et ça c'est pas idéologique à l'extrême comme vue, au mépris de toute réalité biologique? En plus d'être étrangement réducteur sur ce que nécessite le métier de fantassin "lambda". Rétablir la conscription et faire de la sélection dedans est encore aujourd'hui la solution d'urgence pour ce fameux jour où ça merde grave..... Evidemment sans le quart de la moitié des infrastructures pour gérer la chose. Quoiqu'il arrive pour ce fameux grand soir où tout fout le camp, on n'a pas l'équipement pour faire face à un soudain besoin de recruter en masse et de faire énormément grandir l'armée. Mais plus spécifiquement sur le sujet, et en gardant bien à l'esprit qu'on parle ici uniquement des unités terrestres (mêlée, appuis, soutien "exposé"), tu évoques là le problème le plus délicat, celui qui est en même temps crucial et pour lequel il est le plus difficile de se faire une vision claire étant donné la masse d'informations contradictoires qu'on a dessus: la mixité des unités, sa réalité au quotidien et dans la durée, ses coûts, ses problèmes.... Entre la vision unanimement irénique brandie par le niveau politique et la masse d'anecdotes individuelles "d'en bas" relatant des opinions opposées, on a à boire et à manger, et des problèmes pour se mettre d'accord sur des critères d'évaluation objectifs, qui de toute façon ne pèse rien face à la Zeitgeist et au dit échelon politique qui a décidé dans un sens pour tout sauf des raisons opérationnelles. J'oublie toujours le nom de la formule, mais le point en demeure: plus une fonction se féminise, ou donne l'impression de le faire, plus les hommes s'en détournent spontanément (accroissant donc la féminisation de ce métier). La féminisation d'une armée est-elle aussi un facteur de réduction du pool de recrutement masculin?
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Déjà, ici c'est le sujet de l'armée de terre et du combat terrestre. Ensuite, c'est faux, on a déjà traité la question: ce n'est pas le sexe, mais la taille, qui est l'élément déterminant dans ce phénomène qui, par ailleurs, a plus souvent été sorti de tout contexte et sens de la proportion (c'est le cas de le dire) afin de servir d'argument dans un débat partisan sur le sujet. Le point ici est que les plus petits gabarits (où les femmes sont mieux représentées) ont un avantage relatif face aux G pour de bêtes raisons de longueur du chemin à parcourir pour la circulation sanguine, c'est tout: ce n'est pas dans des proportions drastiques, mais cela existe. Comme on le dit et le répète depuis le début de ce sujet, la question a maints aspects: - la différence physique structurelle moyenne entre les populations masculines et féminines, mais aussi, à un degré plus incertain à cerner, la différence psychologique. Le résultat en est - les conséquences de court et moyen-long terme de ces différences, qui renforcent considérablement les différences et problèmes (l'entraînement accroît les différences hommes-femmes, les taux de blessures/indisponibilités/maladies/problèmes psychologiques.... Sont très nettement plus élevés chez les femmes....), notamment dans le coût moyen des unités et soldats, pour un niveau d'efficacité au mieux égal, et souvent inférieur. Et en tout cas définitivement problématique quand on réfléchit en terme de rapport coût-avantage. D'autres phénomènes non liés au sujet ont évidemment aussi leur part dans ce problème récurrent des armées occidentales, mais ce n'est pas pour ce topic. - la réalité de la mixité dans les armées et les unités: là, c'est l'élément le plus problématique, où il est le plus dur d'avoir suffisamment d'infos objectives pour tirer des conclusions absolument certaines dans tous les aspects du sujet. On sait qu'il y a des problèmes (ce qui me rend hautement dubitatif entre autres sur le sujet des Norvégiens précédemment évoqué, où pour l'instant on a du publi-reportage et peu/pas de retours réels, et pas assez de temps écoulé.... Sans même compter qu'il s'agit d'unités de conscrits), on sait qu'ils sont nombreux et parfois graves, on sait qu'ils ont des conséquences, on sait que la réalité évoquée par les communicants des armées et les journalistes traitant le sujet en touristes n'est qu'un paravent souvent teinté d'idéologie ou d'agenda politique, on sait que les soldats doivent fermer leur gueule et sourire, et on sait que beaucoup de choses ne correspondent pas aux règlements théoriques dans tous les aspects (sélection et avancement, attribution des charges de travail, gestion de la mixité et liaisons entre personnels.....). Mais dimensionner correctement ces choses et les placer dans leur contexte à une juste échelle reste pour l'instant très difficile. - la place du politique et de la mentalité/culture du temps dans la gestion des armées sur ce sujet, qui tend à déformer plus ou moins lourdement la question, imposer des changements le plus souvent maladroits, voire carrément idéologiques, aux effets directs et indirects pernicieux et contre-productifs, voire à terme franchement dangereux. Maintenant, tout ne compense pas la faiblesse musculaire ou les autres différentiels récurrents observés entre les deux sexes vus comme pools de recrutement, et ça devrait être d'autant plus évident que la décennie écoulée a remis à l'ordre du jour un certain niveau de réalité du combat terrestre où le facteur humain a été (enfin) un peu remis à l'honneur, et le niveau d'exigence nécessaire revu. Endurance, mobilité, agressivité, robustesse et résilience, aptitude à opérer sur de plus longues durées et en mode dégradé, à encaisser des mois de déploiement sans trop perdre de potentiel de combat, à être polyvalent (l'opposé par exemple de ce qui tend à devenir la norme dans des équipes avec de trop forts différentiels de physiques et d'aptitudes, qui font spécialiser les rôles et fragilisent l'unité et sa résilience), à tenir l'usure psychologique..... Sans même compter l'impact de la durée et de la réalité (si possible pas trop "aménagée" par des politiques diverses et variées) du métier et de la vie en unité, on a un vaste ensemble de choses (où les différences entre les sexes sont importantes et tendent à l'être encore plus avec le temps qui passe et l'entraînement qui s'accumule) qui sont de vrais problèmes si on refuse de les voir en face.
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Je ne sais pas si on aura de vrais résultats, de vrais retours, de cette expérience, avant très très longtemps. Pour l'instant et pour un bon bout de temps, on aura des commentaires extatiques comme ces présentations, essentiellement des publi-reportages commandités ou directement rédigés par le service de com de l'armée norvégienne, tout comme la com américaine exécute les directives du parti sur ce sujet (et d'autres.... Rmmmmhmmmh.... F35.... Mrrmmmhm), pour dire que tout est beau, parfait, gentil et optimal et que les résultats sont toujours fabuleux "parce qu'on pense bien et qu'on a les idées justes et la vérité". Comme toutes les institutions communiquent ainsi, l'armée ne fait pas exception, et tend même à maintenir une telle "ligne officielle" plus longtemps et artificiellement que les autres, souvent même quand l'absurdité est évidente même pour le dernier des crétins. Combien de temps a t-il fallu pour que soit abordé un tant soit peu ouvertement le sujet des agressions sexuelles dans les armées? Combien de décennies, pour être plus direct? L'expérience n'est certes pas sans intérêt, si et seulement si on peut obtenir des retours un peu réels, mais aussi si les observateurs sont eux-mêmes suffisamment détachés de leur sujet pour avoir des grilles d'analyses pas trop orientées. Et de ce côté, je suis pas sûr que les pays nordiques soient les mieux armés, vu qu'il s'agit sans doute des pays où le jusqu'au boutisme féministe (j'entends: au sens idéologique, donc bien au-delà de questions d'égalisation des chances et statut entre les sexes) a fait quelques honnêtes ravages dans les milieux universitaires (bien sûr unilatéralement et indistinctement appelés "progrès", et quiconque émet des réserves ou, Odin l'en préserve, des critiques, est sanctionné et mis au ban de toute discussion civilisée, de toute tribune ou de tout organisme de recherche). Je trouve d'ailleurs étrange sur le sujet de la Norvège que, dans le même temps où ils lancent cette nouvelle forme de mixité dans le service, ils lancent aussi une unité à statut "spécial" (une unité FS orientée rens, mais où les critères d'admission sont bien moins exigeants que dans les FS) exclusivement féminine.... Y'a pas comme qui dirait une contradiction dans les termes, voire -Thor me préserve de si mal penser-, dans les intentions? Pourrait-on y discerner une forme d'hypocrisie? Naaaaaan, pas possible. Les Nordiques sont si francs et honnêtes..... Je le sais, j'en suis un. Sinon, je met un lien avec le pitch du dernier bouquin de Martin Van Creveld, qui est depuis longtemps obsédé par le sujet: il s'agit ici d'un essai sur ce qui, selon lui, constitue l'ensemble des problèmes particuliers qui affligent les armées occidentales et ont dégradé au fil des décennies leur efficacité tout en faisant exploser leurs coûts. Essentiellement, il traite de toutes les choses qui ont fait disparaître "l'esprit martial": la dévalorisation du métier des armes, la perte du goût du risque dans les mentalités de l'époque, l'infantilisation et la féminisation des mentalités, ce que d'aucuns appellent l'angélisme et le "politiquement correct" (employé ainsi, sans définition précise, il faut faire attention: comme Trump le prouve, ça devient souvent un vecteur d'autre chose, un mot clé pour certains extrémistes pour critiquer BEAUCOUP de choses), l'obsession excessive des séquelles psychologiques de la guerre.... Donc à prendre avec des pincettes (je trouve qu'avec l'âge, il devient un peu rabâcheur et obsessionnel sur certains trucs, le Creveld), mais toujours un regard différent sur les choses, et un profondément analytique et informé (suivre son blog est assez intéressant, notamment sur le sujet de l'évolution des mentalités dans les milieux universitaires en Israël, en Europe et aux USA, très révélateur sur maintes choses, notamment le sujet du topic): http://www.martin-van-creveld.com/what-must-be-done/
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EN 2017, il y aura encore du super heros, mais du russe
Tancrède a répondu à un(e) sujet de rendbo dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Mais je n'ai que de la compassion face à la dureté du monde que les roux doivent affronter M Mais tout n'est pas sombre pour nos amis flamboyants.... CE TOPIC PART DEJA EN COUILLE..... Ca doit encore être la faute à des rouquins.... -
EN 2017, il y aura encore du super heros, mais du russe
Tancrède a répondu à un(e) sujet de rendbo dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
En même temps, avoue-le..... Ils le cherchent bien .... Pôpu résister.... Suis déjà loin..... -
EN 2017, il y aura encore du super heros, mais du russe
Tancrède a répondu à un(e) sujet de rendbo dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Je reviens sur ma remarque: en même temps, pour le CGI, on peut comprendre.... Le budget du film est d'un peu moins de 6 millions de dollars, soient 380 millions de roubles. Même en PPA (je ne sais pas ce qu'un million de rouble vous achète par rapport à 15 000 et quelques dollars -conversion rapide), mais le différentiel avec Marvel and co (surtout vu ce qu'ils ont pu établir en terme d'infrastructures de production aux implantations, équipes, structures humaines et matérielles de prod rôdées, savoirs et savoirs-faires bien établis, progressant et travaillant en continu) est certainement très marqué. Ceci dit: Y'a deux bonitas sur l'affiche.... Et deux mentionnées dans le haut de la fiche ImDB du film. La 2ème serait la méchante? Quoiqu'il en soit, le mec avec les espèce d'épées quasiment circulaires, je le trouve déjà naze..... Sérieux, c'est quoi ces coupe-choux? En plus on sent la très artificielle vague de politiquement correct faussement inclusif version russe: il faut absolument une équipe quota soulignant avec une volonté un peu trop visible à l'écran (et donc puant la directive "d'en haut", à moins d'un excellent script et de personnages merveilleusement développés.... Ce qui, soyons honnête, n'est pas le propre de ce genre de films) la grande, belle et fraternelle diversité ethnique et culturelle de l'empire du pays. Y'en a qui croient vraiment que c'est la méthode pour faire du sentiment national.... Ou constituer un produit d'appel correct pour faire venir plus de monde dans les salles? Faut généralement être un peu plus habile que ça, et pas s'en tenir au superficiel (surtout quand on le fait maladroitement). -
EN 2017, il y aura encore du super heros, mais du russe
Tancrède a répondu à un(e) sujet de rendbo dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Rien qu'à voir le trailer, ça pue la non originalité à plein nez, avec un supplément de platitude désolante très abondant. Et côté CGI, ça semble..... Etre loin derrière ce qu'on peut voir chez les ricains. -
[Séries TV]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Nan, quand même pas.... Mais apparemment t'as quand même vendu du beurre aux Allemands . Nuance. -
Ca se passe très mal pour la reconversion de la campagne Sanders en un mouvement: la nouvelle organisation, appelée Our Revolution, se divise radicalement sur plusieurs sujets, notamment son statut légal, mais surtout, apparemment, sur la stratégie fondamentale et le style de commandement, ceux adoptés résultant de la nomination de Jeff Weaver, le directeur de campagne de Sanders, qui semble n'avoir pas beaucoup d'amis: http://www.nbcnews.com/politics/2016-election/bernie-sanders-new-group-hits-major-trouble-launchpad-n636741 Bernie est-il en train de foirer sa "révolution" politique?
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Pour faire un peu d'histoire avec l'actualité, je pointe ici que ce qui est reproché à Clinton dans cette histoire avec sa fondation en général (être un SuperPAC déguisé, prendre d'importantes sommes de puissances étrangères et de riches individus et multinationales dont l'utilisation est au moins en partie douteuse), mais surtout pendant la période où elle était Secrétaire d'Etat, est exactement ce que les USA ont condamné chez un certain diplomate français 1797, lors de l'affaire dite "XYZ", mélange de "pay for play", de trafic d'influence et marchandisation de l'accès au décideur, de corruption pure.... Affaire qui a mené à la "quasi guerre" entre le Directoire et les USA. Juste pour souligner l'ironie.
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La reconquête du Sénat semble une très forte probabilité pour les démocrates depuis maintenant un bon bout de temps, et ce malgré l'effet de reprise économique qui a commencé à être ressenti par une portion réduite mais significative de la population, effet qui tend à favoriser généralement les républicains et/ou le parti perçu comme étant "dans l'opposition" (terme relatif aux USA), cad le parti PAS à la Maison Blanche (quel que soit l'état de la majorité au Congrès).... Ce qui peut aussi être un signe que cet effet de reprise placardé partout n'a pas une très forte réalité dans le portefeuille et les perspectives de l'Américain moyen. La popularité croissante d'un Obama en fin de mandat joue aussi, contrastant avec l'extrême impopularité du Congrès, et disproportionnellement des républicains au Congrès, et le haut niveau d'impopularité de Trump (des deux candidats, mais pour la perspective de ce sujet, c'est Trump qui compte). Il n'y a que quelques sièges réellement en jeu au Sénat, et la seule chose qui pourrait sauver la majorité républicaine (hors d'un événement "deus ex machina" de grande ampleur qui redonne du souffle au GOP, soit l'équivalent politique d'un miracle ou d'une série d'événements de ce type) est le fait que, comme dans toute élection américaine, il ne s'agit que d'un renouvellement partiel de la chambre haute (une portion seulement des sénateurs sont en campagne, et une petite partie seulement d'entre eux sont en danger), qui comme toujours donne un avantage certain à l'élu en place. Ce qui avantage les démocrates, c'est Trump d'une part, et le mode de scrutin d'autre part (scrutin général dans un Etat, sans découpage électoral, qui favorise donc représentativité et vote populaire). Le vrai enjeu reste la Chambre: l'impopularité et la décrédibilisation de la campagne Trump ont atteint de tel niveau que l'effet que tu mentionnes déteint sur les candidatures républicaines, tout comme la peur de Trump et diverses sortes d'efforts ont favorisé un surcroît d'inscriptions sur les listes électorales et un surcroît d'intention d'aller effectivement voter dans nombre de populations différentes, tendant largement vers le parti démocrate ou une forme de modération/vote indépendant qui est, pour l'instant en tout cas, radicalement antagoniste vis-à-vis ce que Trump a vendu depuis un an et quelques. Et la Chambre, en l'état des choses, c'est la timbale à décrocher, qui ne semblait pas réellement en jeu il y a encore 2 mois, voire même encore au moment de la Convention républicaine. Les républicains en général, et Trump en particulier, ont continuellement loupé toutes les occasions valables de cogner sur Clinton efficacement depuis maintenant plusieurs mois, et ce alors même que nombre de révélations sur elle et l'establishment démocrate, très valables politiquement et d'intérêt général pour la discussion, étaient mises à jour. C'est-à-dire qu'ils ont lamentablement foiré la seule chose qui pourrait les faire gagner, ou en tout cas revenir sérieusement dans la course, à savoir faire tourner la conversation nationale sur le sujet de Clinton, et non Trump (le principe étant qu'avec 2 candidats aussi impopulaires, celui autour duquel tournent les débats, sur lequel l'attention se braque, perd la course). Les récentes révélations sur la Fondation Clinton semblent cependant avoir gagné en maturité et être parvenues au sommet de l'agenda médiatique en ce début de semaine: on va voir si la sauce prend, alors même qu'on a un Donald qui a adouci son ton et en vient presque à se faire oublier, dans le sens où il ne fait pas d'outrances particulièrement choquantes depuis une semaine, même s'il a l'air de pédaler dans la choucroute en revenant sur nombre de ses positions, notamment sur le sujet de l'immigration qui a fait sa popularité initiale. Le rôle et la stratégie de son nouveau conseiller Stephen Bannon (le gars de Breitbart) restent inconnus, mais on sent plus la patte de sa nouvelle directrice de campagne, Kelly Ann Conway, une sondeuse républicaine connue et respectée, sans doute chargée "d'adoucir" son image auprès d'un certain nombre de groupes démographiques. Si pour une fois il arrive à utiliser l'actualité pour ne pas parler de lui mais pointer (et efficacement, encore une gageure pour lui qui n'est pas très habile) le doigt (et les yeux de la nation avec, s'il s'y prend bien) sur Clinton et ses casseroles, il pourrait se redonner une goulée d'air frais et rappeler à une portion significative des citoyens qu'ils détestent Clinton aussi (et pourquoi) et que l'aspiration au changement radical reste une motivation électorale anormalement forte cette année.
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Sinon, les chiffres de collecte de fonds ont été publiés: Hillary Clinton: Raised in July: $52.3 million Raised in June: $36.4 million Spent in July: $38.2 million Cash on Hand: $58.5 Donald Trump: Raised in July: $36.6 million Raised in June: $26.7 million Spent in July: $18.5 million Cash on Hand: $38.4 million Gary Johnson: Raised in July: $1.6 million Spent in July: $856K Total Raised: $2.9 million Democratic National Committee Raised in July: $32.3 million Raised in June: $11 million Spent in July: $30 million Cash on Hand: $10.1 million Republican National Committee: Raised in July: $27.2 million Raised in June: $17.2 million Spent in July: $13.8 million Cash on Hand: $34.5 million Donc pour juillet: Total DNC + Clinton = 84,6 millions Total RNC + Trump = 63,8 millions SUPER PACS (en fait il s'agit juste ici des principaux SuperPACs: il y en a bien plus impliqués dans la course, ayant ou non un lien direct avec les candidats ou partis, sans même compter ceux qui ne se sont pas encore déclarés) Priorities USA: Raised in July: $9.9 million Raised in June: $12 million Spent in July: $11.4 million Cash on Hand: $38.7 million Make America Number 1 (devinez à qui/pour qui il est, celui-là) Raised in July: $2 million (Robert Mercer) Raised in June: $97.00 Spent in July: $300K Cash on Hand: $2.8 million Great America PAC (à votre avis?): Raised in July: $2.47 million Raised in June: $2.56 million Spent in July: $2.74 million Cash on Hand: $983K (Source: NBC) L'un des points notables (pas évident avec ces seuls chiffres) est un certain niveau de vampirisation des fonds et de la collecte du DNC par la campagne Clinton, un fait que l'on a observé notamment avec la magouille de "blanchiment" (figuratif) de fonds collectés par Clinton pour le parti et qui fut en fait récupéré exclusivement par sa campagne, alors qu'elle avait lourdement insisté (contre Sanders) pour dire qu'elle jouait pour toute l'équipe à cette occasion (sous-entendu: contrairement à Sanders). Le fait est que nombre de candidats démocrates un peu partout manquent de fonds pour faire campagne face à des adversaires sur-financés généralement, et ce encore plus cette année vu que nombre de super-donneurs républicains se sont détournés de Trump pour se concentrer sur les élections au Congrès et les élections d'Etats, notamment les frères Koch qui avaient annoncé l'an dernier qu'ils mettraient presque un milliard dans ce seul cycle électoral. Mais la ligne au DNC semble être "tout pour Hillary, rien en dehors d'Hillary, rien contre Hillary", alors même que c'est sa campagne qui semble avoir le moins besoin de fonds, et le moins de difficultés à en trouver. L'autre point concerne la campagne Trump, qui a radicalement augmenté ses dépenses en juillet par rapport aux mois précédents, passant à 18,5 millions en un seul mois (doublant sa moyenne mensuelle de 2016), mais l'un des points qui surprend les observateurs et inquiète les républicains est que plus de 10% des dépenses de campagne concernent le merchandising (casquettes, T shirts, mugs, pancartes, autocollants.... Bref, les goodies matériels), alors qu'il n'a toujours quasiment pas d'organisation au sol dans les Etats, que son organisation "centrale" reste très petite (et en plus bordélique et divisée, comme on a pu le voir avec le jeu de chaises musicales et la tragi-comédie humaine des semaines écoulées), très moyennement professionnelle (voire pas du tout) et privée de certaines capacités aujourd'hui essentielles dans une campagne (notamment un ordre de bataille informationnel avec relai dans les Etats, cellule de micro-targeting, gestion big data, cellules de "guerre informationnelle"....). Le recrutement reste très faible, pour une campagne déjà sous-staffée, donc: Trump a par exemple dépensé bien plus pour louer des espace de rallyes et meetings qu'en masse salariale. Divers journalistes ont présenté ces proportions de dépenses à celle d'une tournée de concerts plus qu'à celle d'une campagne, ce qui fait pointer que Trump a l'air de faire plus campagne auprès de ceux qui sont déjà sûrs de voter pour lui qu'auprès d'autres publics, ce qui peut sembler étrange, voire stupide (avec le caveat que suite à ses conneries des dernières semaines, il doit re-convaincre une bonne partie de la base qu'il avait encore il y a un mois), d'autant plus qu'il ne semble pas faire campagne dans les bons Etats et endroits (pas mal de trucs dans des Etats garantis démocrates ou républicains -donc une perte de temps-, ou qui ne peuvent rien lui rapporter de suffisant), mais rappelle aussi que les achats de goodies en question, et pas mal des dépenses d'hôtellerie, vont droit vers les coffres de la boîte familiale. On peut extrapoler là-dessus, y compris trop, mais sur le plan de la stratégie de campagne, ça semble assez stupide, et d'autant plus divisif du côté républicain que Trump se défausse du travail "au sol" sur l'organisation du GOP qui a déjà fort à faire avec les multiples élections nationales, d'Etat et locales.
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Sur ce dernier point, on peut effectivement pointer du doigt, outre le fameux livre (puis documentaire) Clinton Cash, les récents développements sur le sujet de la Fondation Clinton, et plus encore l'étrange annonce de Bill Clinton que l'ex et futur couple présidentiel se détacherait de la dite Fondation, tout comme leur fille, pour éviter des conflits d'intérêts.... En évitant le sujet des conflits d'intérêts passés. Parce que l'un des qualificatifs les plus fréquents pour qualifier cette organisation est "un SuperPac déguisé en oeuvre de bienfaisance" ("a SuperPAC masquerading as a charity"), notamment en référence à la proportion plutôt réduite du cash brassé qui va aux bonnes oeuvres revendiquées.
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C'est la méthode Trump: il n'investit jamais rien, ou presque rien, et fait du bénef via de la combine, avec une valeur ajoutée (cad son travail)..... Réduite. Et les bénefs ne sont JAMAIS ce que lui en dit, raison pour laquelle des gens comme Bloomberg (et la plupart des banquiers sérieux) le considèrent comme un gagne petit et surtout pas un milliardaire pour de vrai. Sinon il n'aurait pas besoin d'entourloupes minables -qui ressemblent souvent à de pures arnaques- comme la Trump University, ou la collection d'entreprises foirées qu'il a empilé au fil des années, généralement très mal managées, et lancées avec des moyens minables (sauf quand il arrive à baratiner des miseurs peu avertis), pas vraiment de fond, d'originalité, de sérieux ou de qualité, mais beaucoup d'esbrouffe: les steaks, la compagnie aérienne, le fond d'investissement immobilier, le magazine.... S'il en retire du fric, c'est généralement celui des investisseurs (ou ce qu'il en reste), pas des recettes. Rappelons que les casinos qu'il a réussi à planter (et dans les années 80-90 en plus, soit avant la grande libéralisation du secteur qui emmerde tant Las Vegas, Reno et Atlantic City aujourd'hui), c'est autant par un management exécrable et une absence de vision que par une surdépense (à crédit) et un auto-torpillage par le lancement d'une "baleine blanche", soit un 3ème casino, un gigantesque ultra-cher et mal financé (aucune banque ne le prenait au sérieux, alors il a recouru à des junk bonds à 14%) qui a vampirisé ses 2 autres (qui faisaient péniblement une petite marge) et précipité une chute vertigineuse..... Et comme à chaque fois qu'il s'est planté, son paternel est venu à la rescousse pour l'aider à faire face à son endettement massif. Je ne sais plus combien de boîtes aux lettres il avait dans le Delaware, mais c'était quelque chose d'assez dantesque, et révélateur du manipulateur/arnaqueur à la petite semaine qu'il est en réalité. La seule chose qu'il a su réellement faire, c'est de créer une gigantesque illusion autour de lui, de sa boîte et de sa vie, donnant l'impression qu'il est une pointure (du moins pour le public moins averti), ce qui lui a servi de diverses façons pour continuer à faire du business, même si loin des affaires menés par les vrais poids lourds de ses secteurs d'activités, qui le voient au mieux comme une mascotte amusante et pittoresque dans la scène new yorkaise et ses soirées, et la plupart du temps comme quelqu'un avec qui NE PAS faire affaire. Qu'on se rende compte qu'il arrive à se démerder pour donner l'impression qu'il donne pas mal à de bonnes oeuvres, quand l'exégèse récente (et encore en cours) de ses finances révèle qu'il n'a quasiment rien déboursé depuis 2007 ou 2008 dans ce domaine, se contentant de lever des donations via des oeuvres à son nom..... Et de se faire photographier remettant les chèques. Et même quand il donne (et c'est pas des masses), c'est essentiellement à des "oeuvres" comme les écoles privées de ses enfants (comme beaucoup de "dons aux bonnes oeuvres" aux USA sont en fait du fric allongé à des écoles et universités privées qui n'en ont pas besoin, principalement pour avoir une plaque ou un bâtiment à son nom, accéder à un board....) ou à la fondation de tel ou tel politique avec qui il veut être bien (dont Mme Clinton), même s'il est très loin des donneurs importants. Le coup du million donné aux vétérans récemment (à une assoce qui s'était déclarée pour lui), ce fut contraint et forcé: il a été surpris le pantalon baissé après avoir trop ouvert sa gueule, et des journalistes ont fait leur boulot en cherchant s'il avait allongé après ses promesses (ce qu'il n'avait alors évidemment pas fait, des mois après les annonces). Qu'il ne donne pas, ça le regarde et il ne devrait pas être critiqué pour cela, mais ne rien allonger ou presque, et se vanter (=faire du capital sympathie/politique/social) d'être un immense philanthrope (en travaillant l'arnaque pour avoir les confirmations et les photos ops), ça c'est méprisable et à l'image du personnage: minable.
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[Séries TV]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Je suis en train de supporter la saison 3 parce qu'elle promettait de la baston (parce que le reste de la série, beurk): enfin une récompense au bout de 7 épisodes dans la saison.... Une rapide bataille navale entre destroyers.... Et ben c'est comme la première fois avec une fille: on sait pas trop ce qui se passe, on ne voit pas grand-chose et c'est très vite fini. -
FRANCE : 5° puissance économique?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de SPARTAN dans Economie et défense
Surtout qu'ils ont un moyen bien simple de privatiser de droit et surtout de fait l'argent qu'ils pompent du système: ils le sortent du pays, et si possible eux (et la famille) avec. Ce qui se fait à rythme accéléré et soutenu depuis maintenant 2 ans. -
Sinon, sur l'élection, juste histoire de causer en termes réels vu le mode de scrutin, voilà la carte telle qu'elle se présentait il y a 10 jours et qu'elle se présente encore: * A ce jour, Clinton n'a besoin que des Etats "Safely Democratic" et "Likely Democratic" pour dépasser les 270 grands électeurs nécessaires pour l'élection, soient les Etats en bleu foncé et bleu-gris, et ce alors même qu'elle affiche une forte avance, la plupart du temps à deux chiffres, dans les Etats "Lean Democratic". En face, on a un Trump qui pour l'instant ne passe de temps que dans 5 Etats (Pennsylvanie, Ohio, Floride, Caroline du Nord et Virginie) où il a accumulé un retard très important (seule la Floride -et peut-être la Caroline du Nord- semble encore pouvoir être retournée à moins d'un véritable "game changer" massif qui le ramènerait dans la course), ce qui semble être une perte de temps qui affole les stratèges républicains déjà très éprouvés par cette campagne anormale. Le problème est d'autant plus grave, comme évoqué en début de paragraphe, puisque Clinton n'a pas besoin des 5 Etats actuels mentionnés comme "lean democratic" (Ohio, Caroline du Nord, Floride, Iowa et Nevada) pour l'emporter (273 grands électeurs sans eux, 348 avec eux: le compte daté d'hier a un peu évolué depuis cette carte, désolé pour ceux qui font le calcul), rendant les actuels allers-retours de Trump en Floride, Caroline du Nord et Ohio encore moins utiles, même s'il est difficile de voir ce qu'il peut faire d'autre. A ce stade, la tâche semble impossible. L'avantage de Clinton est tel que, comme mentionné dans un post précédent, sa campagne a arrêté de dépenser en publicité dans les Etats censément "battleground", et qu'en plus elle a envoyé son colistier, Tim Kaine, faire campagne dans des Etats ultra "rouges", notamment le Montana, le Wyoming et l'Idaho, où, sait-on jamais, le reflux vis-à-vis de Trump pourrait être suffisant pour éclaircir la carte (en tout cas pour les sénatoriales et certaines circonscriptions pour la Chambre), mais surtout pour faire chier la campagne de Trump et la mettre sur la défensive y compris dans des Etats où il ne devrait même pas avoir besoin de mettre les pieds. A priori, c'est avant tout politique et lié à la volonté générale de réformer profondément non seulement le système carcéral, mais plus largement le fonctionnement de la justice aux USA. En l'état des choses, même si un certain début de consensus se forme sur certains aspects de la question (notamment la politique pénale dans certains domaines, à commencer par tout ce qui entoure les drogues douces), rien n'est encore fait, et dès lors qu'on dépasse des réformes de ce type -qui vont déjà faire des remous et avoir des conséquences et batailles-, il va falloir en arriver au Congrès, puisque la question budgétaire tout comme celle de réformes législatives (sans même parler du rôle de la Cour Suprême, donc des nominations à venir, à commencer par le remplacement de Scaglia) vont arriver rapidement sur le tapis. Pour l'instant, on reste dans le domaine important mais limité de la décision exécutive. La question des économies à réaliser est importante, mais subordonnée aux impératifs en cours: les vraies économies qui POURRAIENT (conditionnel) en découler sont de plus long terme, principalement liées à une baisse structurelle de la population carcérale.... Mais la question dépend aussi beaucoup des Etats, qui ont l'immense majorité des prisons et prisonniers (et leurs propres politiques pénales et carcérales, dont l'interaction avec la loi fédérale dépend de multiples variables constitutionnelles, législatives, politiques et médiatiques), et donc là encore, d'âpres batailles à venir au Congrès et dans l'arène publique. On a déjà vu Trump faire une sortie remarquée sur l'amnistie de 38 000 détenus fédéraux non violents par Obama: c'est même pas le hors d'oeuvre. L'argument de l'économie de fonctionnement à court terme ne pèse pas bien lourd dans ce cadre: le surcoût, avéré semble t-il, des prisons privés, n'est pas d'une magnitude énorme (même si les coûts induits, notamment en matière de problèmes causés et de récidive, accroissent cette magnitude): le vrai enjeu est la taille moyenne fondamentale de la population carcérale, elle-même prise dans le défi de la politique pénale aux USA, versus le besoin de sécurité (et le sentiment d'insécurité). Et si on ajoute le temps, le coût et les problèmes de transition d'un ordre pénal à un autre (supposément meilleur), qui peuvent par eux-mêmes compliquer, voire foutre en l'air la politique choisie, on a un tableau aussi complexe que glaçant. Et pendant ce temps là, la Louisiane se paie la catastrophe naturelle la plus grave aux USA depuis l'ouragan Sandy (2012) dans l'indifférence générale, mais une catastrophe moins télégénique qu'un ouragan puisqu'il s'agit d'une inondation due à une crue massive du Mississippi (qui a pété les digues dans et autour de Bâton Rouge) et à des pluies très importantes. Depuis le début (12 août), on compte 13 morts, 20 à 30 000 personnes évacuées par les services d'urgences et forces de l'ordre, 40 000 maisons et immeubles détruits ou endommagés, des dizaines de milliers de gens sans abri.... Le tout dans un Etat de fait en banqueroute (suite à la politique fiscale et budgétaire du précédent gouverneur républicain, ex bref candidat à la présidentielle et ex "espoir" du GOP, Bobby Jindal). Mais bon, c'est moins excitant que la dernière Trumperie.
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Petite nouvelle amusante: le Department of Justice a annoncé qu'il allait renoncer à l'usage des prisons privées aux USA en ne renouvelant pas les contrats en cours quand ils arriveront à expiration. Cette décision fait suite à la grâce de 38 000 prisonniers non violents par le président qui semble donc avoir décidé de marquer le coup dans le domaine particulièrement problématique de la politique pénale et de l'emprisonnement aux USA. C'est une "petite" nouvelle car cela ne concerne que les prisons privées utilisées par l'Etat fédéral: la grande majorité des prisons sont du ressort des Etats, et l'Etat fédéral lui-même n'a pas fait un usage extensif du privé, n'y ayant recouru qu'à partir de 1997 suite à une augmentation brutale de la population carcérale sous sa juridiction, augmentation que le rythme de construction n'avait alors pas pu suivre (et pas voulu: c'était l'époque de la réduction des dépenses sous Clinton, et de l'anti-gouvernementalisme de la majorité républicaine à la Chambre). Donc ne vous inquiétez pas pour les "fournisseurs" du complexe carcéro-industriel . De ce fait, cela ne concerne "que" 13 prisons et 22 000 prisonniers (12% des détenus fédéraux sous la supervision du FBP), pour l'essentiel non violents et ayant encore 3 mois ou moins à tirer (portant le total de prisonniers "low security" libérés immédiatement ou à brève échéance à 60 000). Cela semble être cependant un premier mouvement (ou deuxième si l'on inclue la grâce présidentielle accordée à un grand nombre d'incarcérés) dans une stratégie plus vaste, car même au niveau fédéral, toutes les prisons privées ne sont pas (encore?) écartées du jeu: d'abord, celles gérées par le Immigration and Customs Enforcement (ICE), soit environs 200 établissements de toute taille (je ne sais pas quel pourcentage de privées) ayant en moyenne 31 000 détenus à tout instant (immigrés clandestins dont le dossier est en cours de traitement), mais aussi celles gérées par l'US Marshall Service. Dans les deux cas, il s'agit de détentions de plus court terme que celles des établissements du Federal Bureau of Prisons dont il est ici question, mais il est aussi à noter que si l'US Marshall Service appartient aussi au DOJ (et je ne crois pas que la privatisation soit un vaste phénomène dans leur programme carcéral plutôt réduit), l'ICE est lui sous la tutelle du Department of Homeland Security (DHS, le "monstre" créé par l'administration Bush), et a une empreinte au sol nécessairement très éclatée (surtout dans les régions frontalières -et on sait de quelle frontière en particulier-, mais quand même un peu partout) qui tend donc à plus inclure les Etats et administrations locales dans la décision.... Donc plus de guéguerre politique. Néanmoins, il est intéressant de se pencher sur l'explication donnée par le DOJ, qui semble amorcer un combat plus large sur le sujet (l'intention est certainement là, la volonté reste à voir, de même que les moyens): profitant de données connues mais qui ont eu peu de publicité, la porte-parole s'est étendue sur le fait que les prisons privées ne font pas faire d'économies, ne fournissent pas le même niveau de services (très mauvaise qualité des soins et de la nourriture....) et de programmes favorisant la réinsertion (augmentant de ce fait le taux de récidive), et ont de graves problèmes en matière de sécurité et d'ordre interne (évasions, destructions coûteuses, trafics -notamment de drogue et de téléphones portables-, mais surtout nombre de morts, blessés et traumas dans les prisons: émeutes plus fréquentes, mauvais climat, brutalité très poussée, agressions contre le personnel....), et ce alors même que les prisonniers qui y sont envoyés sont les moins dangereux (mais qui coûtent autant dans ce système, voire plus, que des prisonniers plus dangereux). C'est aussi significatif en ce que c'est la première fois depuis 35 ans de tendance continue à la hausse, que le recours aux prisons privées va connaître une relative décrue. Le DOJ a profité de circonstances favorables pour annoncer cette décision qui s'inscrit donc dans une plus large stratégie, notamment la distraction de la campagne électorale qui monopolise l'attention, et la décrue -réduite mais tendancielle de la population carcérale (en tout cas fédérale): 22 100 détenus du FBP dans le privé aujourd'hui contre environs 30 000 il y a 3 ans. Cependant, les organisations collectives des entreprises du secteur, et leurs think tanks et lobbyistes, ont déjà répliqué, démentant les résultats des études avec d'autres études, se déclarant "attristées", et mettant en route les mécanismes de leur influence, lobbyistes à Washington et dans les Etats, et par eux, entre autres, les communautés où se trouvent les prisons évoquées (contre la baisse d'activité due à la fermeture éventuelle des prisons et le système judiciaro-carcéral qui alimente beaucoup de monde et pompe beaucoup de ressources sur les populations les plus vulnérables)..... Le combat est donc lancé. Les 13 prisons privées oeuvrant pour le FBP sont situées dans 8 Etats, dont 4 risquent de poser problème vu leur couleur politique et leur politique carcérale (largement influencée par les opérateurs privés qui y sont très puissants): Texas (5 implantations), Georgie (2), Caroline du Nord et Mississippi. 2 entreprises, des géants du secteur, gèrent ces 13 prisons: Corrections Corporation of America (1,7 milliards de CA), et GEO Group (1,6 milliards de CA). Ce sont les deux leaders sur le territoire américain, avec une présence internationale forte et une puissance de lobbying souvent décisive, et toutes deux sont, comme il se doit, bien marquée par des séries de scandales en tous genres. Il est certain que seul le niveau fédéral peut s'opposer à ces entreprises: aucun Etat ne semble en mesure de le faire, même si une gouvernance forte et opposée à l'industrie s'y mettait. Passé cette étape, le cas de l'ICE sera plus problématique étant donné l'éclatement du programme de cette agence, lié à la nature de ses opérations (beaucoup de petites implantations), qui rend une transition hors du privé plus complexe et longue: si néanmoins le changement est adopté rapidement, certains s'annoncent confiants en un effet vertueux découlant de l'influence des agences fédérales sur leurs homologues au niveau de chaque Etat, qui serait avérée dans le domaine carcéral. On peut en douter, surtout en raison de la puissance propre de l'industrie du secteur, tout comme on peut douter de l'homogénéité de cette influence selon les Etats, notamment dans le vieux sud où ces entreprises sont puissantes de bien des façons (les villes et communautés qu'elles animent, les financements de campagne dans les Etats...). Tout comme on peut douter du niveau de volonté d'Hillary Clinton pour la suite, qui s'est déclarée pour l'abolition du recours au privé, tout en percevant des financements de cette industrie (notamment un de ses SuperPACs qui a largement puisé dans cette manne). Le combat s'annonce de toute façon chaud: CCA et GEO Group réalisaient 50% de leur CA en contrats fédéraux en 2015 (principalement l'ICE et l'US Marshals Service): le coup présent avec le BPF ne représente "que" 7% environs de leur CA (en tout environs 640 millions de dollars pour ces 13 prisons), et hier, le cours des actions de ces deux boîtes a perdu environs 35%, essentiellement par crainte de ce qui va suivre. Il y a donc sans aucun doute préparation d'une contre-attaque, ce qui fait se demander si ce coup de semonce était suffisant, et si une politique de petits pas ne risque pas d'être ultimement contre-productive.