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Tancrède

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Tout ce qui a été posté par Tancrède

  1. Visiblement, ils avaient soit des ambitions trop démesurées par rapport à leurs capacités, soit de sévères illusions sur ce que peut accomplir effectivement une action limitée sur les leviers de pouvoir en général et de gouvernance en particulier dans un pays moderne vaste et très peuplé (notamment le fait de ne pas avoir de mesure de contrôle sur l'internet national et donc la capacité à avoir son mot à dire sur la narration des événements), soit ils n'avaient pas assez de renseignements sur la position géographique d'Erdogan, soit ils n'avaient pas de FS avec eux qui auraient immédiatement pensé avant tout en de tels termes (cibler la tête d'un pouvoir si centralisé et personnalisé) et planifié la chose, soit ils avaient vraiment d'énormes illusions sur la réaction des populations..... Soit une combinaison de tout ou partie de ces éléments.
  2. S'ils avaient des preuves, ou au moins des éléments, pour cela, il aurait été infiniment plus efficace et moins problématique de passer un coup de fil à Wikileaks et de laisser le scandale lentement infuser dans les mentalités: ça aurait été plus ou moins vite vu pour créer un terreau nettement plus favorable à une contestation politique efficace. Je veux bien que les militaires, turcs en particulier, aient une certaine conscience de classe et de métier de leur rôle de gardiens d'une certaine conception de l'Etat turc (qui a aussi été souvent le prétexte pour asseoir leurs préférences, besoins et intérêts, bien plus que la démocratie et la laïcité revendiquées), et aient moins d'inclination naturelle pour ce genre de procédés, mais il y a des limites: cette tentative, avec si peu de monde, de moyens, de relais et de préparation, sonne plus comme du désespoir (notamment s'ils ont eu la certitude d'être "cernés" en cours d'un processus de préparation de quelque chose de plus sérieux), de l'impulsion du moment et/ou de la connerie qu'autre chose, avec très peu de chances de réussite, soit une prise de risque totale pour aucun espoir de victoire.
  3. Raisons pour soutenir (en paroles, au final, rien de plus) Erdogan pour les pays démocratiques: - bon an mal an, il reste un chef élu démocratiquement: la totale propreté du processus est en question, mais dans l'ensemble, il est représentatif dans un pays qui répond encore -dans les critères nécessairement à géométrie variable du monde- à la majorité des normes qu'on considère "acceptables" pour parler d'Etat relativement de droit - on ne commence réellement à se mêler des affaires des autres que quand nos intérêts sont concrètement et gravement menacés, que le rapport de puissance permet raisonnablement d'espérer un résultat, et/ou que les horreurs commencent à s'amonceler et déranger - il est le patron en place, et le plus crédible en terme d'emprise et de contrôle pour assurer la stabilité continue de la Turquie, en l'état des rapports de force existants dans le pays aujourd'hui.... Aspect renforcé par le côté improvisé et très limité du putsch - la Turquie est en ce moment un pays où on ne veut pas voir de flottement, avec leurs 2-3 millions de réfugiés syrio-iraqiens dont beaucoup veulent aller plus à l'ouest, et la nécessité d'avoir une frontière solide avec le conflit syrien (qu'on espère voir renforcée et hermétique) - rapidement, on a pu voir un fait simple et objectif: il est le vainqueur de cette affaire Je poserai donc la question a contrario: y'avait-il une seule bonne raison de soutenir les putschistes? Même s'ils avaient pu capturer ou tuer Erdogan dans un raid bien calculé, quels leviers de pouvoir pouvaient-ils espérer contrôler? Comment auraient-ils pu prendre effectivement les rênes du pays et assurer sa stabilité? Qui et quoi auraient-ils pu contrôler? Même si, suite au dit raid hypothétiquement réussi, ils avaient eu des ralliements significatifs dans l'armée et l'appareil d'Etat, quelle direction aurait pu émerger, et quelle structure de pouvoir en aurait résulté, si tant est même qu'une structure de pouvoir stable ou un tantinet solide aurait pu le faire? Quelle réaction de la population en général, des divers électorats existants, et/ou des populations des différentes parties de la Turquie? Le scénario le plus probable aurait été un genre de junte technocratico-militaire s'improvisant en temps réel, sans assez d'expérience et de relais de pouvoir, des protestations massives, une situations insurrectionnelle un peu partout, une armée en flottement et une population refusant globalement le processus et la nouvelle direction, quand bien même elle aurait été bien intentionnée. L'amateurisme et l'improvisation paient rarement dans ce genre de business.
  4. Bon, alors il vient de perdre définitivement l'électorat féminin (et les homos, mais ça on le savait déjà). Pence est TRES mal perçu de ce côté là. Et il a sacrément merdé sur certains sujets, notamment les droits des homosexuels, ce qui a valu un boycott économique à l'Indiana (avec beaucoup de multinationales montant au créneau, des investissements gelés ou annulés....), et beaucoup en Indiana même, y compris à droite, diront qu'il a plutôt merdé son mandat de gouverneur en général, même si là, c'est plus débattable. Il a en revanche très bonne presse chez les conservateurs au niveau national (la bulle de droite quoi), ce qui témoigne du fait que ce choix est réellement fait pour rassurer l'establishment et rallier le GOP en ordre de marche, qui n'aurait certainement pas accepté Gingrich, mis au ban depuis longtemps et toujours prêt à sortir le même genre d'énormités que Trump (qui n'a donc pas besoin d'un Trump bis et n'a sans doute utilisé Gingrich que pour forcer la main du parti), et sans doute pas non plus un Christie aujourd'hui sans capital politique, pas vraiment crédible comme matériau présidentiel et impopulaire (même s'il aurait sans doute été efficace comme chien d'attaque anti-clintonien) y compris dans son propre Etat. Dans une présidentielle ricaine, on choisit un colistier pour rallier le parti (on prend alors une personne dont l'image vous "complète", compense vos défauts de profil politique), rallier un Etat (un swing state particulièrement important dans une année donnée) ou une zone géographique (pour le GOP, on choisit ainsi généralement ceux qui vous rapportent le Midwest, le sud ou les Rocheuses et leurs électorats particuliers), ou avoir quelqu'un qui sait comment diriger un pays (le choix de Biden par Obama, de Cheney par W Bush, l'illustre) et donne cette image de candidat prêt à diriger au premier jour. Trump a ici fait le choix de la première option.
  5. En plus de ce qu'a dit Gally, j'ajouterais quelques points: - dans le domaine alimentaire (par exemple) où le nombre de morts et hospitalisations dues à des problèmes de qualité sanitaire ont dramatiquement baissé depuis 40 ans, au point aujourd'hui d'être devenues des exceptions rarissimes (statistiquement).... Qui attirent en revanche une attention médiatique démesurée qui n'existait pas il y a 40 ans: parce que les médias s'y intéressaient moins (ça faisait plus partie "de la vie", du paysage général), parce qu'il y avait bien moins de temps d'attention médiatique disponible pour cela.... Pour la criminalité et la délinquance, c'est pareil: c'est moins une question de "les gens étaient plus durs avant" que le fait de la raréfaction de la violence (ironique de le présenter ainsi) dans nos vies et notre façon de pensée. Fondamentalement, la société des années 60-70 était plus violente que celle d'aujourd'hui, même si cette violence était différente (moins "concentrée" en quelques événements spectaculaires comme les attentats.... En tout cas après la guerre d'Algérie). - identique dans le principe au point précédent, mais méritant désormais une mention à part: la médiatisation "horizontale" a explosé dans les dernières décennies. Par les portables, puis les smartphones, et les médias sociaux auxquels on a un accès permanent où qu'on soit, l'info (et l'info AVEC image) sur le moindre micro-événement est partout, directement dans les consciences, accroissant une tendance de société qu'on avait déjà sur-développé avec l'expansion constante de la sphère médiatique (et de ses dérives dans le traitement de l'info, son absence de recul, son sensationnalisme, son matraquage, la croissance du nombre de chaînes/médias, leur thématisation, leur approche ciblant des publics particuliers qu'ils saturent -créant une tribalisation de la société-....): chaque micro-événement, aussi isolé ou peu représentatif qu'il soit, devient dans les consciences un phénomène de société, quelque part exemplaire de "ce qui se passe en général" (quelques centaines de jeunes au mauvais goût se mettent au "twerking" en essayant d'émuler Miley Cyrus, et dans les médias, c'est un phénomène de société que TOUS les jeunes font.... Sauf que où que tu ailles pendant cette soi-disant "mode", tu ne le voyais nulle part). Quelques petits cons afro-américains se mettent à cogner des gens dans la rue avec pour enjeu entre eux de mettre ces gens KO d'un seul coup, et FoxNews maintient depuis 4 ou 5 ans le mythe que ce "knockout game" est un truc généralisé, constant (on n'a pas recensé plus d'une vingtaine d'occurrences en 4-5 ans aux USA, dont pas mal n'avaient aucun lien entre elles sinon l'aspect général de l'événement) - la composante socio-économique du problème est une réalité forte: la très grande majorité des jeunes "à problèmes" jusqu'aux années 70 n'avaient que quelques années de "problèmes" et trouvaient, bon an mal an, de gré ou de force, un boulot et une vie relativement vite. Rien que statistiquement, le fait qu'en moyenne ce nombre d'années "à problèmes" (cad avec une fin pour la majorité de ces jeunes) ait été multiplié par les changements économiques (cette part de chômeurs, travailleurs précaires et/ou à temps très partiel, et de non actifs, est structurellement élevée partout) accroît le nombre potentiel de gens pouvant basculer, mais surtout cette impression de gens non intégrés et mécontents (dont en fait la plupart ne font rien de dangereux). Mais ce phénomène était nettement moins développé avant et donnait ainsi plus l'apparence que "la machine marchait". De fait, la capacité d'intégrer des gens "dans le système" a structurellement baissé partout dans le monde développé.
  6. De ce que j'ai glané ici et là, dans les profils types dominants des terroristes agissant dans des pays où ces mouvances n'existent pas sous forme organisée à une échelle autre que groupusculaire, on trouve l'ex-petit délinquant et marginal, le type bien intégré qui en a (soudain ou non) gros sur la patate (sur les "grandes questions" de la vie et de la société: ce sont des gens ayant plus un besoin d'idéologie.... Et la plupart ont soit activement participé à au moins une mouvance politique/idéologique/religieuse avant, et/ou s'y sont intéressés intellectuellement sans s'engager; dans l'absolu, ce sont des radicaux et radicaux potentiels qui se sont islamisés), et le déséquilibré (de longue date, ou celui qui craque: il peut être intégré ou délinquant/ex-délinquant, ou encore exclu socio-économiquement ou juste très seul, le déterminant est ici plus purement psychologique/psychiatrique): et ces 3 profils seraient en relativement relativement équivalentes, ou en tout cas pas outrageusement différentes. Les grandes mouvances qui parviennent à drainer des flux de volontaires à travers plusieurs frontières ont pu amorcer un début d'organisation du travail permettant de mieux profiter des compétences disponibles (ce qu'on voit avec Daesh et ses pools de techos et communicants, par exemple), mais c'est assez limité, et une bonne partie de ce qui fait passer à l'acte le plus grand nombre de ces terroristes isolés réside précisément dans le fait de commettre eux-mêmes l'irréparable, plus que de se mettre au service d'une plus vaste organisation dans le temps long en ayant un job et une place déterminée (ce qui est en revanche plus fréquent chez ceux qui vont effectivement en Daéchie, dans le proto-Etat.... Où on a d'ailleurs vu que la proportion de ceux se déclarant prêts à commettre un attentat suicide était assez ridiculement basse). Quand on observe l'ensemble des attentats islamistes dans le monde ces 20 dernières années, et particulièrement ceux commis dans des pays (Europe de l'ouest, Inde, Russie, Afrique du Nord, USA, sud est asiatique) où on ne trouve pas de vaste organisation structurée apparentables à des proto ou quasi armées (un phénomène assez limité au MO et au Maghreb, avec quelques autres occurrences ici et là), on remarquera plutôt que la distribution des profils répond plus à cette équivalence de proportion. C'est pas parce que ce qu'on a eu en France ces 2 dernières années renvoit plus à un de ces profils que c'est la règle générale. Pour la note, ces 3 grands profils sont les mêmes qu'on retrouvait dans les groupes gauchistes communistes à l'activisme plus ou moins violent (voire terroriste) dans les années 60 à 80, et dans les groupes fachistes/d'extrême-droite des années 20-30 (à leurs débuts, avant le changement d'échelle pour ceux qui ont franchi ce cap), pour ne citer que des exemples récents où des mouvement aux idéologies radicales ont pu trouver des circonstances favorables, notamment l'existence de puissances extérieures partageant le même combat ou quelque chose de proche, et/ou un chaos suffisant pour les rendre attractifs (à une échelle significative) ou en tout cas leur permettre de grandir et d'atteindre une taille critique. En ce sens, pour relativiser certaines choses, on pourrait dire qu'en France, le radicalisme islamique est nettement moins dangereux pour le pays que n'ont pu l'être les mouvances d'extrême droite avant le 6 février 34, ou le PC dans l'immédiat d'après guerre.
  7. En même temps, Dany est le plus souvent dans les emmerdes parce qu'elle a des dragons: soit directement parce que quelqu'un les veut, veut les tuer, ou veut se servir d'elle (because dragons et nom de famille), soit indirectement parce qu'elle va dans les emmerdes en se disant qu'elle a précisément cet outil de bombardement aérien lourd et d'appui tactique dans la poche. Bref, si les dragons n'étaient pas là, Dany aurait nettement moins d'emmerdes, parce qu'elle n'aurait pas fait tout ce chemin. Dothraki/Fers-Nés? Les Dothrakis se sont certes dépucelés dans le domaine amphibie, mais je sais pas si ça va vraiment être une vocation pour autant (et puis ils se sont ralliés à celle qui a les dragons: c'est quasi religieux comme truc)..... Z'aiment pas la mer. Pour moi, Dothraki et Ironborns, c'est la rencontre qui ne peut avoir lieu (en tout cas pas plus qu'exceptionnellement): les uns galopant sur la mer, les autres naviguant steppe, plaine et désert..... Et les Iron Islands sont pas vraiment une base d'opération rêvée pour les Dothrakis dont les vavaux tendent à préférer les vastes steppes plates aux petites îles étriquées, découpées et rocheuses. Et pis s'ils se retrouvaient face à face, sur terre, les Dothrakis foutraient une poutrée monumentale aux Ironborns, na!
  8. Et Dorne a commencé via une fusion entre le patron de l'ancien territoire et la reine d'une vague d'immigrants régnant comme co-seigneurs..... Mais quelque part, même si je sais que la morale immanente châtiant les trous du cul n'est pas très déterminante dans le monde de GoT, j'aimerais bien que les mesdames de Dorne se prennent un retour de bâton: j'aime pas les capricieuses (et capricieux) qui mettent leurs rancoeurs personnelles avant les intérêts et responsabilités liés à un Etat et une population (et ne voient les dites populations que comme un instrument à leur service pour faire ce dont ils/elles ont envie: pas de stratégie, gouvernance de merde), et j'aimais bien le personnage de grand garde du corps du prince de Dorne (il est plus travaillé dans le bouquin) qui n'a pas mérité une mort pareille, d'un coup dans le dos par une morveuse qu'il aurait pu mettre en purée d'une beigne et avaler pour son petit dej sans même s'en apercevoir. J'avais aussi de la sympathie pour le prince handicapé et mélancolique qui acceptait de se faire traiter de faible et de lâcheparce qu'il se donnait la peine de réfléchir plusieurs coups à l'avance et de préserver sa population, pratiquant le jeu long sans céder à ses impulsions du moment. En échange, Dorne a récolté des apparences de "girl power", mais surtout un groupe de dirigeants peu compétents, égoïstes et impulsifs..... Et si je devais faire une gradation des territoires de Westeros ayant ma préférence personnelle, je dirais que Dorne arrive en tête pour moi: bonne "vibe" pour ce coin, pour son esthétique, son style, sa mentalité, sa population (les Dornish "salés", "sablés" et "rocheux" -ils sonnent presque comme des pâtisseries- selon la typologie du lieu).... Et le seul territoire non conquis historiquement par les Targaryens, rallié à la couronne par un compromis négocié avec un bon bargaining power. Bref, je kiffe plus Dorne, donc je m'insurge plus de ce qui se passe qui m'irrite. Les gens des Riverlands peuvent se déchirer éternellement et avoir des familles régnantes décimées et changeant en permanence, il me serait difficile de plus me foutre de ce qui arrive au Val D'Arryn, le Bief donne l'impression qu'il peut continuer tout seul, avec ou sans les Tyrell, et n'a pas été assez travaillé pour déclencher de la sympathie, les Crownlands et Stormlands laissent indifférents, et le Nord, tout comme les Iron Islands, me fatiguent (le trip répétitif "les gens du nord sont durs, vertueux et patients, pas flashy ou vantards, avec de rudes accents et de grandes rigolades outrancières lancées avec une énorme de chope de bonne et honnête bière à la main, par opposition au reste qui sont des tapettes du sud"... Bref, ce cliché, qui traverse la SF, la fantasy et la fiction historique, me pompe sévérement le dard tant il a été utilisé, abusé et caricaturé). Dorne est plus original et stylé, mélange de Dune, Highlander et côte barbaresque assez plaisant. Maintenant, Jon et Sansa? Outre que Sansa reste un tantinet mariée (même si les autorités religieuses ont récemment chopé un petit problème de vacance de l'ensemble du haut de la hiérarchie) avec un personnage qui risque peu de disparaître et semble bien placé pour être un chouïa important dans le futur régime (comme disent les ricains, si tu veux le faire chier "talk to the hand"), et outre les rapports entre elle et celui qui reste son demi-frère de fait (et son cousin germain direct: ça reste généralement un "no no" sauf chez les Targaryens élevés dans la mentalité familiale), je ne vois pas vraiment ce que cela unifierait. Au mieux pour le nord, ça fait doublon. Pour Westeros, a t-il priorité en tant que fils (légitime ou non? Le mariage est-il authentique?) de l'héritier vs Daenerys fille cadette du dernier roi? Dans le royaume de France oui, mais chez ces dégénérés consanguins (par rapport aux nôtres)? Et encore faudrait-il qu'il se fasse accepter comme Targaryen: les preuves sont plutôt limitées, et ça dépendra en fait plus de ce que Dany, Targaryen officielle avec tampon AOC et mention "vue à la télé", voudra reconnaître (savoir si elle veut avoir une famille ou non).... Sans compter que s'il veut vraiment jouer ce jeu là, il va un peu risquer son capital politique dans le nord (déclarer son lignage, c'est aussi dire qu'il n'est PAS le fils de Ned Stark: Sansa devient l'héritière unique, même si Jon a un bon capital sympathie), tout en n'ayant pas vraiment une armée prête à soutenir sa pétition, et sans doute pas une forcément très désireuse de le faire (le Nord est épuisé, a une autre priorité qui menace de "l'autre" nord, et en a franchement soupé des aventures dans le sud: réclamer un effort en ce sens serait risqué pour les Starks, même si Jon et Sansa étaient d'un seul avis sur ce point, ce qui est douteux.... Même s'il ne s'est pas encore présenté)..... Et en face, si ça devait être confrontationnel, Daenerys raboule avec, encore une fois, une putain d'infanterie de la mort qui tue, une cavalerie gigantesque et efficace, 2 alliés puissants et essentiellement intacts (le Bief et Dorne), un utile même si limité (les rebelles des Iron Islands).... ET 3 PUTAINS DE DRAGONS! Nan, si Jon voulait (quand il l'apprendra) faire quelque chose sur le sujet de son lignage, sa seule option serait d'aller demander conseil à tata Dany.
  9. Nan, j'ai été regardé: c'est bien 90 millions. C'est la 2ème série la plus chère après GoT.
  10. Je l'ai évoqué plus haut: il y a toujours Young Griff/Aegon, mais il n'existe apparemment que dans les bouquins. Mais dans les bouquins, il est déjà arrivé sur place, avec une armée conséquente (la Golden Company, celle qui ne rompt jamais sa parole.... Sauf une fois.... Précisément pour lui). Dragonglass, Dragonsteel.... Et dragons tout court. Ce qui tombe bien: y'en a 3 sur le marché, maintenant.
  11. Sur le sondage: ce ne sont que des sentiments (et je note que les changements d'avis sont pas loin d'équilibrer le jeu). La question est de savoir quels électorats (et en quelles proportions) sont effectivement regroupés ou prêts à se regrouper et se mobiliser, prêts à aller voter à chaque élection qui risque d'arriver (le RU pourrait connaître une plus grande fréquence de consultations populaires dans un avenir proche), y compris si, comme lors du référendum, les conservateurs font "mumuse" avec les conditions d'accès au vote à certains endroits (on est très loin de ce qui peut se passer aux USA, mais la triche n'a pas été absente). Pour ta quatrième hypothèse, je note qu'elle tient avant tout à un facteur précis: le fait que l'UE soit ou non vraiment résolue à mettre le passeport financier de la City en jeu. J'ai franchement beaucoup de craintes à cet égard, sachant que pour moi, c'est LE truc sur lequel il ne faudrait pas céder: démantibuler en partie ce paradis fiscal, cette concentration dantesque de capitaux et de pouvoir parasitaire, devrait être une priorité. Mais les acteurs de la City pèsent lourd à Bruxelles, et savent faire entendre leur voix; j'ai donc beaucoup de doutes sur le fait qu'aucun arrangement, quelle que soit la forme de l'accord général qui sera trouvé, ne laissera pas à la City tous les droits d'entrée qu'elle veut, en dépit des paroles fortes qu'on peut entendre sur le sujet.
  12. La nouvelle saison de Tyrant, c'est dans 4 jours. Ca s'est amélioré sur certains trucs techniques, notamment le jeu des acteurs (bon OK, c'était pas difficile d'améliorer un peu dans ce domaine), y'a toujours autant de fric sur l'écran, mais fondamentalement, c'est une écriture et des dialogues qui restent assez bas de gamme et niais, tout en essayant de jouer à GoT avec de la nudité, du sang.... Et toujours ce cul entre deux chaises, hésitant entre la fiction à prétention historique (même si TRES loin de l'Histoire) et le film de kung fu débilitant avec tous les vices de ce genre quand il est porté à certains degrés de caricature (poids, taille et muscles inexistants, arts martiaux "magiques" et "wire fu", crevettes dégommant des mastodontes....). Mais bon, je regarde, parce que j'ai des faiblesses pour quoi que ce soit d'historique, surtout quand c'est de la "grande" histoire (grands personnages et événements), qu'il y a VRAIMENT beaucoup de fric sur l'écran (j'ai entendu circuler le chiffre de 90 millions la saison.... Ce qui me semble hallucinant et sans doute faux, mais on sait jamais de nos jours) et donc de l'ampleur dans les ambitions et les scènes.
  13. C'est tout le problème du vote majoritaire: il n'y a pas une seule opinion plus ou moins relativement partagée qui l'a jamais emportée sur une autre: juste deux agglomérats de courants très différents, parfois fondamentalement opposés en nature, qui fonctionnent de fait ensemble quand la question décidée est résumée à un choix entre blanc et noir. Crois-tu une seconde que le camp du "Brexin" ait pu être une chose plus unifiée, ou moins contradictoire, que le camp du Brexit? Comme loi générale de la politique, je doute qu'on puisse trouver un seul courant d'opinions relativement compatibles qui puisse raisonnablement dépasser une zone allant de 15 à 25% d'une population donnée, et même si c'est évidemment très artificiel, ça reste un bon repère de se dire que la dite population peut essentiellement être divisée en quintiles, pour ce qui est de tels "méta-regroupements" de courants plus ou moins compatibles (les quintiles mentionnés étant des coalitions, pas des ensembles purement homogènes), dont un est fait d'indécis. Dans une scène politique, la seule chose qui ait jamais dépassé réellement cette forme de division "naturelle", c'est l'occasionnel grand personnage (ou coalition très solide incarnée par l'entente de quelques individus visibles et politiquement forts) disposant d'un capital politique anormalement élevé (souvent lié à un rôle clé, un accomplissement particulièrement notable, une image extrêmement forte et positive, un capital confiance conséquent....), soit un OVNI n'arrivant que rarement (quoique l'événement ou les facteurs lui procurant ce capital peuvent survenir pendant un mandat).... A peine plus ou moins souvent qu'une question aussi polarisante et effectivement posée (cad allant au vote populaire, soit directement, soit par une élection devenant un référendum de fait particulièrement crucial) qu'a pu l'être la question du Brexit (ou de Maastricht....), un référendum constitutionnel.... Transcender cette barrière des 15-25% n'arrive que rarement, pour un mouvement ou un politique, le mieux en temps ordinaire étant un "coup" unique lors d'une élection (colère populaire alliée à une candidature qui, pour de multiples raisons dont beaucoup purement conjoncturelles, parvient à récolter un peu au-delà de sa "base naturelle et potentielle"), non reproductible, le plus souvent quand même accompagné d'un besoin d'alliés, donc d'un travail en coalition.
  14. T'as pas vu cette saison? Il fait une apparition notée dans le flahback que "visite" Bran, où il est montré que c'est lui qui porte le coup décisif à Arthur Dayne pour sauver Ned Stark alors en très mauvaise posture. La partie un petit peu chiante étant de parvenir jusqu'aux WW: y'a comme un océan de zombies-glaçons entre tout aspirant WW-killer et les dits WW. Tactiquement épineux, dur pour garder le pantalon sec. En même temps, l'armée des morts ne me semble pas très tactiquement versatile, et certainement pas du genre à fonctionner en unités ou mettre en oeuvre des armements plus sophistiqués que leurs membres et leurs dents. Pour ce qui est de l'affrontement avec d'autres forces humaines, ils gardent le facteur mobilité, un certain niveau de blindage, la rapidité de mise en oeuvre de leur arme principale (même un scorpion, c'est chiant à installer, et mettre en batterie, et c'est lent à recharger, donc.... Pas se louper compte), et peuvent compter sur le facteur peur en face, le facteur surprise (ils attaquent où et quand ils veulent) qui limite les possibilités de voir de vastes pièges avec des dizaines de scorpions ou des centaines d'archers capables de se focaliser sur eux (si tant est que les flèches peuvent encore leur faire quelque chose, à ces petits bébés encore en pleine croissance), et le fait que les armées westerosi ont peu d'éléments professionnels capables de cela en nombre suffisant (monde médiéval -c'est d'ailleurs mentionné dans les livres- avec surtout les chevaliers comme force pro, le reste étant plus des levées peu entraînées encadrées par des pros). Nan, sont plutôt mieux armés, les dragons. Et puis tant qu'ils mangent leurs protéines, ils continuent à grandir.
  15. C'est mentionné dans la série et dans les livres il me semble: elle dit que ses dragons seront les seuls enfants qu'elle pourra jamais avoir, ce qu'elle a enduré pour les faire naître ayant apparemment pris un lourd tribut. J'ai toujours pensé à la chose ainsi, mais si c'est pas sûr.... Dans les bouquins, on a 3 aéronefs d'attaque, et, semble t-il, 3 pilotes potentiels: Daenerys, Jon et le jeune Griff/Aegon qui a lancé sa propre invasion de Westeros (qui piétine). Problème dans la série: ce dernier n'a pas fait d'apparition. Vont-ils l'introduire dans une séquence de raccommodage ou passer outre et laisser un dragon sans cavalier et faire en sorte que ça ne compte pas? Pour le dragonglass, est-ce que ça compte tant que ça? Ca ne sert que contre les WW qui ne sont qu'une dizaine (nombre pour lequel il y a assez de réserves au Mur): les zombies se découpent à l'ancienne. Tiens, sinon j'avais oublié un truc pour la filiation de Jon; y'a certes son médium de frangin qui connaît le truc, maintenant.... Mais il y a encore quelqu'un qui sait: le père des deux gamins qui ont accompagné Bran dans le nord (dont seule la soeur est encore vivante): Howland Reed, le seigneur des marais du Neck, qui a sauvé la peau de Ned dans le combat pour délivrer sa soeur. Reed était là pour entendre le serment de Eddard Stark. Et hop: deux sources d'info, la chose peut donc être confirmée légalement, et Jon peut devenir une pièce stratégique pour tout Westeros après être devenu de façon un peu douteuse le joueur dans le nord.
  16. C'est un peu maigrichon en ce moment: les séries d'été commencent à sortir, mais le rythme est ralenti. Preacher, déjà évoqué plus haut, est pas mal dans un genre particulier (ça va pas révolutionner ton monde non plus). Pour se défouler, et connaissant un peu tes penchants, je te recommanderais Archer (si tu n'as pas déjà regardé), histoire de rigoler de tous les clichés (des films et séries, des polars et trucs d'espionnage, de la morale et du politiquement correct). Ou sinon Turn, sur l'espionnage américain pendant la guerre d'Indépendance.
  17. Dont une entière sur mon absence d'un fil..... DONT JE N'AVAIS MEME PAS REMARQUE LA CREATION! Militairement, c'est plié d'avance: Cersei n'a plus grand chose sur quoi elle puisse compter, et surtout pas de la loyauté: elle ne contrôle pas les Westerlands, elle en est coupée physiquement, et dans les Crownlands, passablement attritionnés par des années de guerre, on va pas dire qu'elle commande l'amour des féaux locaux, ou de la population (chez qui le grand septon et la religion nettoyée étaient populaires)..... Ni qu'elle ait beaucoup d'autres choses que la garde de King's Landing qui n'est pas une force militaire sérieuse. Et ses qualités de dirigeantes et de stratège sont pour le moins discutables. Sa seule existence militaire repose sur son frangin, seigneur effectif des Westerlands (depuis la mort de tonton Kevan dans le grand sept), un frangin qui l'aime mais qui est aussi entré dans une phase de doute et de quête de sa propre humanité, qui pourrait donc aussi bien la jouer seigneur responsable de son domaine que frangin se lançant dans la fuite en avant suicidaire. Et s'il est un commandant compétent, il n'est pas exceptionnel et fait de toute façon face à des statistiques plus que défavorables, avec 2 territoires ne pouvant se soutenir mutuellement à défendre (et le plus important n'est pas celui où il se trouve). Littlefinger a zéro chances s'il veut la jouer confrontationnel. Réellement besoin d'expliquer? Il est nommément seigneur d'Arrenhall qui lui confère un revenu important, un titre et une importance (entièrement dépendants du souverain en place) mais pas un vrai fief avec des troupes et des places fortes: son autorité sur les hommes du Val dépend entièrement du gamin instable et de la révérence que les féodaux du coin ont pour le nom Aryn, qui n'est pas infinie (et très limitée par endroits). Les effectifs sont de toute façon trop limités pour réellement peser dans le cadre d'une quête du pouvoir pour lui-même, et il semble trop bon calculateur pour joindre ses forces à celles de Cersei. S'il veut continuer à espérer poser son cul sur le trône, ce sera en pratiquant le jeu long après s'être rallié à "l'ordre nouveau". Daenerys aura toutes les cartes en mains dès le moment où son armée aura débarqué sans dommage (s'il n'arrive rien avant l'arrivée à Westeros et/ou pendant la phase amphibie).... Et de toute façon.... ELLE A 3 PUTAINS DE DRAGONS. Point barre. Z'avez un peu lu l'histoire de son ancêtre Aegon le conquérant et de sa prise de Westeros? C'est pas son contingent terrestre réduit qui a marqué les points. La seule faiblesse de Dany, c'est son incapacité à procréer, qui fragilisera sa position sitôt la situation calmée et le royaume retourné à un mode de fonctionnement pacifié: les calculs vont commencer immédiatement puisqu'il y aura un chef d'Etat qui ne peut perpétuer son règne, donc garantir un avenir pour le compromis politique qu'elle aura pu obtenir. Cette stérilité rend tout mariage de Dany sans grande valeur (sauf pendant un moment si le secret est gardé, ce qui n'achète qu'un peu de temps), donc toute alliance potentielle fondée dessus très faible. Ce qui la laisse entièrement dépendante de son capital militaire propre et de celui de ses alliés pendant le temps où ils auront besoin d'elle pour leur vengeance (après ça, le jeu reprend). Evidemment, la grande menace au nord constitue son moyen de "prolonger l'Etat d'urgence" s'il y a moyen de convaincre rapidement les domaines au sud du Neck que les contes pour enfants sont très très réels. Autre point de faiblesse du camp targaryen, mentionné au-dessus: les conditions climatiques pour l'armée d'invasion: de l'infanterie lourde (lourde parce que fonctionnant comme infanterie de ligne: c'est pas le poids de l'équipement qui définit le terme) venant de pays chauds (mais on va dire qu'ils sont pas conditionnés pour être des tapettes) et des cavaliers des steppes dont on ne sait pas s'ils savent gérer le froid (vastes zones de migration.... Ceci dit, je m'inquiéterais plus de la capacité à les contrôler).... Ou si l'auteur va en avoir quelque chose à foutre de tels détails. Et encore une fois, pour le conflit face aux joyeux drilles en costard de glace.... Il y a 3 putains de dragons. Là, je me fonde moins sur les données "militaires" fournies que sur les nécessités dramatiques d'une bonne intrigue: il apparaît évident que le Mur DOIT être franchi. Brêché, contourné, escaladé.... Qu'importe: il n'y aura pas de suspense si le Mur est le lieu de l'affrontement, une ligne de bataille bien claire, nette et délimitée, faisant une guerre (presque) "proprette" (selon les critères définis par la saga). Non: ça va merder à fond et déchirer, saigner, bouffer des bébés , envahir partout, jouer à The Walking Dead peut-être jusqu'à King's Landing, avec des dragons ne pouvant être au four et au moulin à la fois face à une armée qui grandit à mesure qu'elle avance, malgré le système C4I avancé dont disposera la coalition (nom de code "3 Eyed Raven") face aux daéchiens du froid.
  18. Quelqu'un peut m'expliquer le vrai intérêt de ce genre de regroupement? J'ai pas assez suivi la chose, mais il ne me semblait pas que les régiments concernés allaient déménager (je suis assez sûr que, politiquement, personne ne fera bouger un seul militaire de Brive la Gaillarde avant très longtemps), ce qui fait d'une brigade quoi exactement? Un pur groupement sur le papier, sans aucune "économie d'échelle" réelle sur le fonctionnement, avec 2 CFIM distincts, et sans doute pas beaucoup d'occasions de manoeuvres communes en grand? Et quid du fait d'avoir maintenant 4 RI sans que les appuis et soutiens soient dimensionnés en fonction d'un tel accroissement du potentiel de mêlée? Y'a t-il même une ambition pour que les brigades puissent, au moins en théorie, être des unités de manoeuvres? Ou ne sont-elles plus que des réservoirs de SGTIA ou de GTIA au mieux? Ce qui me renvoie toujours à ce mystère que personne n'a réellement su éclairer: la recréation de "divisions". Quelle pertinence, et surtout.... Quelle réalité à la chose?
  19. On paye peut-être particulièrement le prix de l'impuissance semi-orchestrée du pays à Bruxelles, mais aussi, peut-être plus qu'ailleurs, la non-construction d'une Europe sociale, ou en tout cas l'avènement d'une UE disproportionnellement favorable aux intérêts corporate (particulièrement incarnée dans le développement extrême du lobbying à Bruxelles). La France a, profondément intégrée dans son ADN politique et sa mentalité collective, un rapport différent à la place de l'Etat (pour un tas de raisons historiques inhérentes à la formation de la Nation), et la construction européenne telle qu'elle s'est faite depuis maintenant un certain temps est de plus en plus difficilement compatible avec la perception nationale de ce que doit être cette place. Evidemment, ce n'est pas univoque et les problèmes structurels de la politique française depuis 30 piges ont certainement leur rôle dans cette désaffection, problèmes dont l'UE prend une part indue du blâme (et comme le dit Phil Collins "it's a game of give and take": l'Etat français -et les autres- prend aussi des blâmes plus attribuables à l'UE). Déterminer ce que la majorité des Français eurosceptiques ou hostiles à Bruxelles (deux choses différentes) reprochent réellement à "l'Europe", au-delà d'une grande colère contre la conjoncture socio-économique ou l'avenir bouché pour des pans désormais massifs de populations (dans tous les pays développés d'ailleurs), est un exercice de toute façon compliqué, et j'avoue ne pas partager les conclusions de l'article qui me semblent un peu faciles et interprétant beaucoup trop les sondages qu'ils ont réalisé.
  20. Pour être franc, c'est un des trucs qui m'inquiètent le plus: il y a peu de tels moyens dans le contexte habituel du "jeu" européen, ce qui veut dire que soit le jeu continue, essentiellement inchangé (à voir quel sera le nouveau rôle des Britons dedans), et ceux qui veulent "avancer" avec un objectif penchant plus vers une forme de fédéralisme seront soit frustrés, soit parviendront à imposer leurs réformes très lentement, créant de la frustration chez les "confédéralistes". Dans les deux cas, les positions risquent de clairement mieux se définir, et avec elles les ressentiments entre Etats, le tout sur fond de populismes montants, dont les formes restent à déterminer: on ne sait pas quelles formes de nationalismes et/ou de collectivismes vont avoir du succès, où elles vont le trouver, et dans quelle mesure.... A moins précisément qu'une nouvelle donne puisse être négociée définissant clairement les "deux vitesses" d'une nouvelle forme de construction européenne (à habitat différencié, en somme). On peut trouver certaines garanties pour les "non intégrés" si un début de fédération devait se créer (et les USA joueraient certainement un rôle dedans, pas vraiment réjouissant, tout comme le RU y retrouverait importance et influence sous une autre forme), mais le point est qu'essentiellement, deux "camps" sont en train de commencer à se dessiner, dans ce registre. C'est en fait la posture de l'Allemagne et son "néo-impérialisme" soft qui m'a étonné sur ce sujet: ils semblent avoir franchi quelques étapes vers cet objectif (à redouter: une confrontation des aspirations françaises et allemandes quand à une telle "fédération"? C'est pas pour demain), à moins qu'il ne s'agisse que d'une tendance vraiment conjoncturelle de l'actuel gouvernement (pas dans les mentalités de la population) et de cette image de "nation saine" du continent qu'ils se sont foutus dans la tête depuis 5-6 ans, qui alimente un hubris chauviniste temporaire (parce que madame Réalité va frapper plus fort à la porte assez vite). Le fait est qu'il y a des forces "en dur" qui poussent vers ce fédéralisme, pour diverses raisons: il y a encore un courant actif en France, et (plus grave pour certains) un tropisme naturel de l'européisme français pour cette façon de voir l'UE, et la chose semble aussi plus ou moins avérée en Allemagne. Je ne sais vraiment pas à quel degré c'est vrai dans les autres "fondateurs", mais il y a aussi des institutions européennes (lieu où sont les "tables de négo", où tous se croisent, où des permanents maintiennent la mentalité près des leviers de pouvoir transnationaux, où une bonne partie des opinions et façons de voir sont influencées/moulées....) où cette façon de voir l'UE est une réalité active. Bon, ce genre de développement devrait plus se trouver sur le sujet "UE", mais mon point principal est de souligner que des camps semblent se dessiner nettement plus, tant pour des raisons économiques et politiques que pour de vrais tropismes idéologiques; un jeu européen qui se redéfinirait pour vraiment tenir compte de ces paramètres ne chassera pas le RU de la partie, même s'il ne devait plus être dans les institutions européennes.
  21. L'un des problèmes est l'évaluation de ce que tu appelles le "choc de court terme": le risque économique et financier est, pour beaucoup d'experts (y compris de nombreux qui ne sont aucunement liés émotionnellement ou politiquement aux questions du Brexit et de l'UE) absolument énorme en ce moment, et même s'il est difficile d'établir le Brexit comme la cause majeure d'un potentiel effondrement économique mondial, il fait partie de ces accidents majeurs dont les répercussions peuvent faire basculer de façon certaine dans une merde dont on ne sort que partiellement et lentement. Il y a en ce moment de fortes inquiétudes sur la planète finance, et de la panique par endroits, ce qui est d'autant plus un inconvénient dans l'économie mondialisée que le flot de capitaux est extrêmement concentré dans un nombre réduit de centres, et que la tendance s'y décide essentiellement dans 3.... Dont Londres. Le tout sur fond d'un marché pétrolier structurellement en berne, d'une Chine qui présente tous les signes de problèmes majeurs, d'une "reprise" américaine toussotante qui semble être sur sa fin, et d'une Europe déflationniste et divisée où les populismes agressifs sont déjà dans le haut de l'affiche. Présenter le choix des politiques en disant simplement que c'est du court termisme contre de la "vision" de long terme ne me semble pas mesurer l'ampleur des difficultés à sa juste valeur, même si on peut effectivement débattre de la réalité du caractère décisif du Brexit dans l'éventuel déclenchement d'une crise économique généralisée (l'économie mondiale, et en particulier l'économie américaine, présentant selon beaucoup des caractéristiques de veille de crise depuis 2014, qui seraient devenues très prononcées). En revanche, dans le débat européen, il semblerait que les lignes de fractures entre partisans d'une zone économique et partisans d'une construction fédérale commencent à se définir beaucoup plus nettement, la Pologne ayant fait le premier pas en avant sur la scène en affichant plus clairement sa couleur. L'Europe à 2 vitesses dont on parle depuis si longtemps serait-elle la solution politique inévitable d'un long et dur débat dans les mois et années qui viennent? Si oui, j'ai cependant du mal à voir comment cela pourrait arriver, les partisans d'un régime plus "confédéral" (cad une zone commerciale avec quelques attributs souverains limités et une gouvernance cantonnée à quelques domaines) n'ayant pas intérêt à voir se construire un interlocuteur "central" de plus en plus unique, ressemblant toujours un peu plus à un Etat, dont le poids serait pour eux ingérable.
  22. Le cherry coke est un soda; 'nough said! Faut tous les foutre aux oubliettes.
  23. Theresa May a toutes les chances d'être la prochaine, vu les tendances majoritaires chez les conservateurs, la personnalité eurosceptique-mais-ralliée-en-dernière-minute-au-Brexin, et le revanchisme anti-Brexit et anti-Johnson: elle a réuni toutes les bonnes cartes pour correspondre à la schizophrénie de fait du parti. Et c'est la seule des candidats à avoir conquis une image publique un peu significative. Peut-être insuffisant pour le "old boys club", mais en l'état des choses, ça devrait passer.
  24. Un dessin amusant qui en dit long:
  25. La préparation esthétique des JO; une illustration de la façon dont notre monde évolue?
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