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Tout ce qui a été posté par Tancrède
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C'est vrai, et on en parle depuis un bail, mais sa sortie était complètement débile (pas sa première fois) et, comme d'habitude, formulée de la pire façon possible.... Et -et c'est évidemment plus subjectif- cela a été repris, répété, déformé et amplifié en ce sens (ce pourquoi un politique doit toujours faire extrêmement attention à ce qu'il dit et comment il le dit).
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[Séries TV]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Elle est pas nouvelle: c'est l'avant dernière saison, il me semble. Elle doit avoir 4 ou 5 ans. -
Trump n'en finit plus de se tirer des balles dans le pied, à tel point qu'il en accréditerait presque les opinions de quelques commentateurs selon lesquels il n'a jamais voulu être président et n'avait entrepris cette campagne que pour se faire remarquer, faire de la pub à sa "marque" et flatter son ego, la réussite ayant été totalement inattendue. Hier, jour anniversaire de l'armée américaine (le 241ème), il a déclaré sans préambule que les soldats avaient piqué des millions de dollars pendant l'occupation de l'Irak, faisant référence aux vastes sommes d'argent en cash amenées des USA et distribuées sur place pour relancer l'économie, et dont on sait que de larges portions on purement et simplement disparu. Alors même qu'il est en grande difficulté dans les sondages, en baisse continue (malgré l'attentat d'Orlando, qui n'a eu d'impact que sur son score en crédibilité comme personnalité que les ricains préfèreraient en cas de crise, où il est devant Clinton) et avec un retard à 2 chiffres sur Clinton désormais, Trump continue dans sa méthode de communication foireuse qui, depuis maintenant plus d'un mois, lui fait perdre Newscycle sur Newscycle, le met en froid avec les médias et beaucoup d'indépendants, et plus encore avec le parti républicain qui en est à évoquer ouvertement un changement de règles pour la convention, afin de remettre sa nomination en question. Et dans ce contexte, le voilà qui attaque gratuitement et sans motif l'un des seuls trucs qu'il ne faut attaquer en aucune circonstance pour un politicien (avec les enfants, les armes, le bacon, la religion et la tarte aux pommes): l'armée. Lui qui s'est déjà foutu dedans avec sa "vision" des prisonniers de guerre (McCain en tête), l'évocation d'une privatisation des soins aux vétérans et sa bourde avec ses soi-disants donations à des associations de vétérans (dont il a du faire une partie en catastrophe quand il s'est fait prendre), lui qui a de façon notoire profité de tous ses avantages pour éviter le Vietnam (multiples reports pour études, truquage du tirage au sort, fausse exemption médicale) et a prétendu mieux connaître le contre-terrorisme que les généraux, le voilà qui, pour zéro raison, sort ce pet de cerveau! Je vais vraiment croire qu'il n'a jamais voulu la présidence et fait maintenant tout pour s'en sortir, surtout vu que, côté business, sa "marque" n'a fait que prendre des coups depuis un an (perte de multiples contrats, nom qui en a pris quelques coups majeurs, affaires judiciaires étalées au grand jour, image en berne), et que tout ceux qui le connaissent disent que sa "marque" est tout ce qui compte pour lui. DETAIL AMUSANT que je viens de remarquer: ce jour de "l'Army Day", anniversaire de l'US Army.... Est aussi le jour de l'anniversaire de Donald Trump: l'Army a eu 241 ans hier, et Donald Trump en a eu 70. Outre qu'il s'agit d'un franc manque de respect pour son aînée, cette sortie de Trump peut aussi nous dire qu'il avait bu quelques coups en trop.... Ce que pour une fois quelqu'un, quelque part (qui n'appartient pas à la base républicaine) pourra lui pardonner juste ce coup là.
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[Séries TV]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Le drapeau étoilé, j'en sais rien, mais c'est un fait prouvé, une loi de l'univers: la tarte aux pommes est toujours gagnante, quel que soit le sujet dont on parle! Ose dire le contraire! La seule chose de mieux qu'une tarte aux pommes, c'est.... .... Quand il y en a DEUX! Mais certainement pas quand des pervers essaient de mêler des plaisirs non compatibles: Pour eux, il n'y a qu'un seul mot: Hein? Quoi? Je me rappelle plus pourquoi on parlait d'espions russes et d'enfants dans un sujet sur la tarte aux pommes.... Ca va me revenir. -
Bilan de la primaire démocrate après la dernière, celle du district de Columbia hier soir (que Clinton a gagné 80%-20%): - plus de 30 millions de suffrages démocrates, et dans certains Etats (primaires dites "ouvertes"), indépendants, se sont exprimés - Clinton a empoché 2797 délégués, dont 2217 "pledged", contre 1872 délégués à Sanders, dont 1825 "pledged" - 16,3 millions d'électeurs ont voté Clinton (56%) contre 12,5 millions pour Sanders (43%) - pour comparaison: en 1976, Carter l'a emporté face à Jerry Brown (alors gouverneur de Californie.... Ce qu'il est de nouveau aujourd'hui) avec 7 millions de voix (40%) contre 2,5 millions (14%). En 1980, Carter, alors président, a quand même du passer par une primaire (un challenge "en interne") contre Ted kennedy (le dernier frère de JFK), l'emportant avec 10 millions de voix (51%) contre 7,3 (38%). En 1984, Walter Mondale l'emporta sur Gary Hart avec 6,9 millions de voix (38%) contre 6,5 (36%). En 1988, Dukakis l'emporta contre Jesse Jackson avec 10 millions de voix (42%) contre 7 (29%). En 92, Clinton l'emporta avec 10,5 millions de voix (52%) sur Jerry Brown (qui quitta ensuite la politique pour 15 ans, partant dans un trip ashram-Himalayah-bouddhisme-marie-jeanne) avec ses 4 millions (20%) et un monsieur Paul Tsongas avec 3,6 millions (18%). En 2000, Al Gore avait battu Bill Bradley avec 11 millions de voix (76%) contre 3 millions (21%). En 2004, Kerry l'a emporté avec 10 millions de voix (62%) contre 3,2 à John Edwards (20%). Enfin, l'élection la plus disputée fut celle entre Obama et Clinton, le premier l'emportant avec 17,8 millions de voix (48%) contre 17,7 (48%). Dans ce dernier cas, le taux de participation fut exceptionnel, de même que le nombre d'inscrits, surtout dans les Etats avec primaires ouvertes et/ou avec des dispositifs de toutes sortes favorisant le vote, même si la situation générale (crise, guerre en Irak) et la candidature d'Obama ont assuré une bonne partie de l'affluence. Pour rappel général: l'électorat américain représente environs 213 millions de citoyens, dont autour d'un quart ne sont pas inscrits sur les listes électorales, soit un peu plus d'une cinquantaine de millions de citoyens en âge de voter. On n'a pour l'instant pas de mesure des efforts d'inscription (aidés ou non par les gouvernements locaux, voire parfois handicapés par eux -dans les Etats très républicains) et des mouvements plus ou moins spontanés en ce sens (la campagne Sanders et la campagne Trump ont ainsi incité du monde) qui ont eu lieu pendant les primaires, dont on sait qu'ils ont été très importants dans certains Etats (Illinois, NY, Californie, Texas notamment). Il faut noter l'existence d'une bataille continue, mais assez chaude en ce moment, sur non seulement ce sujet de l'inscription et l'incitation parfois musclée du gouvernement fédéral pour la favoriser, mais aussi sur la lutte contre les pratiques devenues très fréquentes et ouvertement abusives de restriction de l'accès au vote, de facto et de jure: beaucoup de dirigeants d'Etats (gouverneurs, et/ou secrétaires d'Etats, et/ou attorney generals, suivant les prérogatives particulières des uns et des autres selon l'Etat) sont en train de se faire tordre le bras -et de résister, comme dans le cas du Kansas- à cette pression montante de Washington, d'autant plus insistante que cette élection sera la première depuis les années 60 sans la majorité des dispositions et provisions du "Voting Rights Act", la pièce maîtresse issue du Mouvement des Droits Civiques et de la présidence Johnson. L'expansion du système de "Same Day Registration" (possibilité de s'inscrire sur les listes lors du vote lui-même, en une seule procédure) rencontre encore des difficultés, essentiellement dans les Etats républicains qui ont généralisé et standardisé, dans ces dernières années, les diverses méthodes que chacun employait depuis longtemps de son côté; elles forment un package appliqué partout où ils le peuvent, limitant l'inscription, organisant des parcours d'obstacles de fait et/ou de droit qui dissuadent de voter, et/ou compliquent ou bloquent l'accès au vote. Seuls 4 Etats ont rendu l'inscription automatique lors de la remise d'un permis de conduire ou d'une carte d'identité, ce qui n'est pas un coup décisif (rappelons que les USA n'ont pas une culture de la carte d'identité comme chez nous: tout le monde n'en a pas, peu ont un passeport, et même le permis n'est plus aussi courant qu'il l'a été), mais a significativement augmenté le nombre d'inscrits (avant tout par la facilité de la chose). Les Etats ayant un système de Same Day Registration ont un taux de participation en moyenne de 10 à 15% supérieur à ceux qui n'en ont pas, surtout quand le système est combiné à d'autres (vote anticipé -s'il y a une période significative- ou vote par procuration par exemple): en 2012, année de participation bonne mais sans plus (2008 restant l'année exceptionnelle dans l'histoire récente), ils avaient ainsi 71% en moyenne contre 59% dans les autres Etats. Pardon pour ce paragraphe désordonné, mais je faisais ces rappels pour souligner à quel point la question de la participation est cruciale aux USA, sans doute plus qu'ailleurs, mais aussi extrêmement complexe en raison des blocages qui abondent dans le système électoral, et de la diversité des situations selon les Etats. Et cette année, le taux de participation promet d'être un facteur encore plus décisif, surtout avec 2 candidats aussi fondamentalement impopulaires.
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[Séries TV]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Nan, j'ai du mal m'exprimer: j'avais regardé les 2 premiers EPISODES de la série, ils m'avaient fait chier et vomir en même temps, et j'avais donc lâché l'affaire. Par curiosité (j'avais tellement oublié ce truc que j'ai halluciné quand j'ai vu qu'il y avait une saison 3! Pas compris comment c'était possible), j'ai maté le début de la saison 3: je n'ai rien regardé d'autre.... Bien m'en a pris. Nan, ils vont soit parvenir à fuir, soit la situation va évoluer au point qu'ils seront en position de négocier un bon deal. Mais franchement, le personnage du fils commence à me courir: c'est à se demander ce qu'il fout là, tant ils ont vidé le rôle de toute substance potentielle. Qué nuisance ce petit con! Il sert à rien. -
[BREXIT]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Gibbs le Cajun dans Politique etrangère / Relations internationales
Je confirme ce que dit Gally: il suffit de voir qui le dit député rencontre chez les gens "importants" de sa circonscription, mais aussi, et c'est le truc le plus intéressant, d'aller faire un tour dans la permanence de son député, sur une période d'un mois. Tu verras que beaucoup de gens viennent demander des trucs. Eux connaissent leur député, et en retirent quelque chose. C'est la politique: faut pas avoir peur d'aller demander si on veut recevoir. et ceux qui ne le font pas, cad la grande majorité, l'ont dans l'os. Ce serait un peu cynique de dire que c'est leur faute, mais se contenter de voter et d'oublier la politique entre les élections, c'est un peu vouloir se faire enfiler. -
[Séries TV]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Oh putain! Je viens de regarder les 2 premiers épisodes de la saison 3 de The last ship, série dont j'avais juste vu les 2 tout premiers épisodes avant de la lâcher..... Ca bouge, y'a du fric sur l'écran, mais comment dire..... Je crois que je range le truc direct dans la catégorie des films et séries qu'on peut mettre sous l'étiquette "onanisme américain", ou "American auto-erotism": pire que NCIS et ses dérivés, c'est vraiment quelque chose qui aurait pu être bien s'ils n'avaient pas tout bousillé avec un sentimentalisme dégoulinant, un patriotisme en noir et blanc de la plus mauvaise eau, des personnages artificiels et un storytelling à cheval entre sensationnalisme outrancier et raccords artificiels. Tant de moyens.... Sauf sur l'essentiel. -
[BREXIT]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Gibbs le Cajun dans Politique etrangère / Relations internationales
Pas besoin de grenouilles: il est maintenant prouvé qu'un simple trafiquant d'armes et sa bande peuvent régler l'affaire. PS: si vous ne l'avez pas vu.... Vous avez de la chance. Gardez les choses ainsi, c'est un conseil! -
Et Guitry disait que dans un plan cul à trois, l'important c'est d'être l'un des deux: comme quoi....
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Sondage NBC News couvrant la période 6-12 juin, et donnant Clinton gagnante à 49% contre Trump à 42%, la tendance étant toujours à la hausse pour la première (+1%) et à la baisse pour le second (-2%). Le même sondage indique que 54% des électeurs prédisent une victoire de Clinton (+5%), contre 40% pour Trump (-4%); ce deuxième point a son importance, puisque ces pronostics tendent à impacter le taux de participation, à décourager ou encourager. Plus l'écart est grand entre les certitudes sur qui va l'emporter, plus cela a tendance à accroître l'écart en terme de participation des deux "camps". Cette tendance semble confirmer après quelques meetings de campagne de Trump qui ont plutôt fait flop, peinant à remplir les salles à plus d'un quart de leur capacité (ce qui se voit particulièrement quand il s'agit d'une grande salle, comme un stade.... Oups!). Ce sondage est donc la dernière "photo" de la compétition juste avant l'attentat d'Orlando, et on comprend que Trump soit parti à la charge sans la moindre pudeur ou décence pour exploiter l'événement.
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Je suis tombé par hasard sur un site de discussion de militaires américains (avec évidemment les réserves à apporter à l'anonymat du net), et j'ai suivi une discussion de l'an dernier entre des policiers militaires décrivant la différence de traitement des femmes et des hommes dans leurs unités: ils soulignaient notamment que beaucoup de choses étaient passées aux femmes, malgré les normes censément convergentes désormais en vigueur. Par exemple, les critères de force physique et capacités à maîtriser des récalcitrants, forcenés.... Etaient purement et simplement oubliées pour l'essentiel, quand on en venait aux femmes, ce qui pointait en corollaire que les femmes des MPs sur-utilisaient mace et tasers. 2 intervenants décrivaient aussi des femmes ratant des épreuves de tir pour voir l'examinateur leur accorder une bonne note quand même, et, plus largement, ils pointaient la persistance d'une forte différence de standards de fait auxquels étaient tenus les femmes sur tous les plans (physiques, intellect, émotionnel....), malgré les réglements en vigueur, et la différence de traitement à l'égard des femmes qu'ils jugeaient "dorlotées" jusqu'au point de l'infantilisation. On voyait aussi beaucoup de plaintes d'unités de tous types qui se plaignaient ainsi de voir les femmes de leurs rangs échapper aux corvées (un type prétendant être un mécanicien -d'un autre côté, je ne vois pas qui prétendrait en être un sur le net: généralement, on prétend plutôt être dans les FS- décrivait ainsi que les 2 femmes de son groupe ne touchaient jamais un seul outil) et être assignées à des jobs bien moins demandeurs, tout en étant promues plus vite. La liste des récriminations était longue, mais très convergente. J'essaie de retrouver le site, et je ne peux en aucun cas garantir que quoi que ce soit dans les faits énoncés soit vrai, évidemment, même si beaucoup de choses, de façons de faire malgré les règlements officiels, rappellent des plaintes qu'on entend constamment. Je m'étonnais en fait du nombre de gars en discutant, de leur insistance sur le fait que les règles officielles étaient de la blague, et sur le fait que la plupart parlaient de comportements récents, après le "changement" de 2013 (même si beaucoup des activités examinées étaient ouvertes aux femmes avant), ce qui me faisait me demander à quoi ressemble l'ambiance dans les unités américaines aujourd'hui. Le débat renvoyait aux complexités et propos "en petits caractères" accompagnant la tonitruante "ouverture générale" de tous les métiers aux femmes en 2013: apparemment, pas grand-monde ne croit à la réalité des "hauts standards unifiés", auxquels ont été adjoints, dès 2013, des remarques et commentaires pointant la nécessité d'ajuster les critères de qualification de "chaque métier" (ce qui permet une grande marge d'interprétation, déjà), de mettre en question la nécessité de hauts critères dans chaque branche et activité pour "calibrer" la barre à la "réalité" du besoin. Apparemment, quand il était en place, Martin Dempsey (ex chairman of the Joint Chiefs of Staff), a écrit une lettre (datée du 9 janvier 2013) où il insiste sur le fait qu'une masse critique suffisante de femmes doit être "poussée" dans des métiers d'infanterie pour former un groupe de futures cadres, un point en corrélation avec le terme de "diversity metrics" (énoncé en 2011) dans les fonctions de combat, soit une nouvelle "unité de mesure" établie comme un objectif apparemment important dans l'EM. La chose a été apparentée à un système de quota, donc décidée "d'en haut", et semble être la "guideline" des décisions prises en haut lieu dans ce domaine, faisant dire à beaucoup de monde (dont, certes, beaucoup de gens opposés par principe et pour des raisons au moins en partie non militaires) que la "diversité" est placée au-dessus de la "combat readiness" dans les priorités du Pentagone, et que cette priorité s'imposera, de fait et/ou de droit, au maintien de critères élevés de qualification, faisant même craindre que la chose soit imposée y compris dans le monde des FS. Bref, on pointe ici la crainte que les quotas (qui semblent être une réalité) aient beaucoup plus de poids politique que les standards de qualité. Ainsi, dans l'USMC, par exemple, tout bataillon de mêlée devra avoir au moins 2 femmes officier dans des fonctions de commandement: la chose est ainsi décrétée.
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Petit tour rapide des quelques discussions télé qui commencent à avoir lieu aux USA aujourd'hui (après l'avalanche permanente de flashes infos et répétition ad nauseam des mêmes "reportages" et non-infos des envoyés sur place).... Et sans surprise, dès lors qu'on passe les récriminations habituelles, la répétition des mêmes "propositions" et doigts pointés que depuis le 11 septembre, on arrive vite au comparatif avec l'Europe sur le sujet de l'intégration des musulmans, généralement par des intervenants qui ne connaissent rien au sujet (des musulmans -bien sûr généralisés en une catégorie-, de leur intégration et de l'Europe) et se retranchent dans les platitudes plus idéologiques/chauvines qu'autre chose: les Européens ne savent pas intégrer, c'est le génie américain de le faire, ça a été fait avec les musulmans mais c'est en train d'un peu déraper.... Bref, je vois des gens qui essaient plus de se rassurer sur "ce qu'ils sont" (on est là dans la métaphysique de l'identité collective) que de faire face aux réalités complexes de leurs problèmes et de trouver des solutions.
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On pourra arguer que dans le cas français, il n'y a pas eu nettement plus d'attaques comme le Bataclan ou Charlie Hebdo entre autres en raison du gun control (même si, depuis Shengen -entre autres événements "externes"-, la chose est devenue nettement moins aisée à faire fonctionner); le point de tels dispositifs n'est pas de garantir le 100% sécurité, juste de juguler la très grande majorité du flot. C'est évidemment un argument nettement moins percutant qu'une garantie, et plus difficile à faire passer dans les médias, surtout quand on a en face le premier débile ou le premier pourri sponsorisé qui va arguer que le contrôle "n'empêchera pas des attentats d'arriver", ce qui est vrai dans l'absolu, mais pas dans les mêmes quantités, pas avec le même niveau de risque. Qu'appelle-tu un "lieu de divertissement temporaire"? C'est pas un night club normal? Il me semblait que c'en était un, apparemment une institution pour la communauté LGBT depuis un bail. Ou bien "temporaire" est-il le terme pour une boîte (par opposition à quoi de "permanent"? Un bar?)? C'est du détail, mais je pose juste la question par curiosité.
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De ce que j'ai entendu, le gars a pris son temps: il était déjà venu dans la boîte auparavant, sans doute en repérage, et le soir de la tuerie, il s'est posé au bar et a pris un verre..... Pour l'instant, je n'ai pas entendu d'explication sur la façon dont il a pu glisser un AR-15 à l'intérieur (on suppose que l'arme de poing pouvait être facile à planquer sur lui), mais il semble que celait ait été le cas: l'arme était déjà à l'intérieur, et lui est arrivé ensuite "normalement", a pris son temps pour zieuter, est allé chercher le FA, et a commencé.
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Je ne sais plus s'il y a eu des tués, mais j'ai vu suffisamment d'interviews, talks shows, témoignages et reportages sur "l'après" pour rappeler qu'il y a eu BEAUCOUP de backlash, souvent violent, sur les musulmans américains ou résidents, sous mille et une formes: violence physique, ségrégation de fait ou mise au ban d'une communauté (on imagine les voitures et maisons recevant soudain des "ajouts décoratifs" ou des cailloux), refus d'accès à des établissements ou au crédit (au niveau local), refus de logement.... Pour l'après-Boston, je pensais en particulier à la campagne des "détectives citoyens" (lourde ironie) qui se sont coordonnés via les médias sociaux pour poursuivre et lyncher un gars (indien il me semble) dont une rumeur sur ces mêmes médias avait affirmé qu'il ressemblait au terroriste. Le mec n'avait évidemment rien à voir avec l'affaire, et a perdu la vie pour avoir eu la mauvaise couleur de peau, au mauvais endroit, au mauvais moment. Trump n'a plus les médias autant pour lui, et ils gardent la force de frappe la plus significative: la sphère "alternative" est trop éclatée, et une partie trop importante de son audience penche nettement de "l'autre côté", pour qu'il puisse surfer si facilement sur l'événement de façon à retourner l'opinion. Et, comme j'insistais sur ce fait, il n'a pas bâti l'outil qui lui offrirait aujourd'hui le porte-voix pour faire ça: c'est con d'être un général sans EM, sans système C3I et sans relais vers la majorité de ses troupes, effectives et potentielles, et du coup.... Sans artillerie lourde. Ma prédiction: il va capitaliser un peu de monde, peut-être même un sursaut significatif après sa dégringolade dans les 2 dernières semaines, et même éviter à Clinton de connaître un sursaut significatif suite à la réunification démocrate, mais ce sera du court terme. Je le vois pas assez bon pour réellement réellement exploiter ce type de situation au-delà de l'audience qu'il a déjà. Alors peut-être que ça va faire du buzz lourd et agressif dans un premier temps, de la polémique multimédia qui va donner l'impression qu'il a retourné le pays, même, mais ce sera surtout l'excitation de ceux qui sont déjà plus ou moins trumpistes, pour l'essentiel.
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Le vrai Newscycle commence demain: on va voir qui de Trump ou de Clinton aura le moins de honte devant l'instrumentalisation de la tragédie, et si quelqu'un aura un peu de classe (on sait d'où de point ne viendra pas, ceci dit). Si vous avez envie d'avoir un goût de moisi dans la bouche ce soir, essayez de suivre la twittosphère; entre les appels à la haine et célébrations en tous genres, avec des dénis d'enthousiasme plus ou moins hypocrites ou plus ou moins bien cachés d'un côté, et les hurlements, les "RIP" inutiles et les "je suis Orlando" complètement vides de sens, de l'autre, ça va pas voler haut, mais les chiffres de suivi, de likes, de retweets et de réponses seront des indices forts, de même que les lynchages virtuels et appels à s'acharner sur l'un ou l'autre individu, anonyme ou célèbre (genre candidat à la présidentielle, au hasard). Le bruit qui va entourer cet événement va déterminer si Trump peut se relancer, ou s'enfoncer, si on se focalise sur l'impact sur la présidentielle: les 3-4 jours qui viennent seront décisifs de ce côté. C'est à qui tramera la chose dans les consciences: les Américains (en fait surtout les "indépendants": le tiers de l'électorat fermement trumpiste et/ou très à droite est déjà acquis) vont-ils plus virer vers l'indignation sur la spécificité de la cible, et pointer du doigt les facilités et horreurs éhontées que Trump va sans nul doute balancer, ou bien plus se focaliser sur l'identité du tireur -ou plutôt sa religion- et tendre vers "l'homme fort" qui ne recule devant... Aucun mot? L'aiguillage de cette peur par l'establishment médiatique et politique sera t-il à la hauteur, et aura t-il assez d'emprise vu l'ampleur des "nouveaux médias"? La réunification des démocrates en sera t-elle accélérée (sur le plan politicien, Sanders perd quelques pions avec cet événement: le ralliement, l'unification, doivent désormais primer)? Vous le saurez au prochain épisode de la série "Présidentielles qui puent". Oh putain! Un shoot dans le camp de Trump; il va s'acharner sur ce gars et en faire l'exemple "typique" de l'immigrant et du musulman. Mais c'est con pour le Donald, il n'a pas écouté les pros et n'a pas bâti l'outillage pour vraiment instrumentaliser la chose et toucher le maximum d'audience en profondeur et sous tous les angles. Il a juste twitter. Vu ce qu'on a pu voir dans les jours qui ont suivi l'attentat de Boston, j'ai peur de ce qui va pouvoir se passer ici et là pour des musulmans isolés qui n'ont rien demandé à personne.
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Philippines : un nouveau président original
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Kiriyama dans Politique etrangère / Relations internationales
J'entends bien, et c'était mon point: souligner à quel point il faut que le débat soit au moins un peu mature dans CHACUN des pays "qui comptent", et qu'ensuite, il y en ait au moins un qui ait le capital politique disponible suffisant ET la volonté d'en consacrer suffisamment à ce sujet, pour entraîner les autres. Rien que sur ce dernier point, je ne crois pas qu'un seul pays, même les USA ou la Chine, ait le "juju" nécessaire pour accomplir cela, quand bien même il le voudrait vraiment (et quand bien même le débat chez eux aurait fait suffisamment de progrès). Et même si, mettons, une dizaine des pays "poids lourds" avaient un débat bien avancé et mûr sur la question, et Chine et USA étaient d'accord pour consacrer un peu de leurs "bargaining chips" politiques pour lancer le mouvement et assurer le suivi, visant à coordonner, harmoniser quelques trucs et créer quelques organisations suffisamment dotées (on parle de circuits économiques sérieux, là, et plus encore, d'une surveillance accrue du secteur noir et gris des médocs contrefait/de contrebande, qui est un des aspects conjoints du problème), il n'est pas dit qu'ils pèsent assez, et il est encore moins dit que le simple fait de la coordination d'entités de cette taille, avec autant de contraintes lourdes et d'intérêts divergents dans tous les domaines, soit une chose si gérable. Bref, j'y crois pas des masses. Des politiques nationales ayant, comme en Hollande, des résultats limités, qu'on pourrait accroître avec des trucs comme l'expérience portugaise, je veux bien: à un horizon de 10 ans et quelques petites évolutions politiques pas si lourdes (pour le cas des pays européens), je veux bien croire qu'on pourrait voir beaucoup de choses se passer et des résultats significatifs atteints (dans les limites susmentionnées). Mais pour du vrai changement, un bouleversement réel des données fondamentales du problème, que seule une coordination internationale poussée pourrait permettre..... Nan. Dans un siècle peut-être, si la 3ème GM, un effondrement écologique, un astéroïde destructeur ou une multitude de révolutions sanglantes ne sont pas arrivées d'ici là. -
Philippines : un nouveau président original
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Kiriyama dans Politique etrangère / Relations internationales
Tu connais beaucoup de dirigeants, ou de gouvernements, ou de pays, qui ont la capacité de forcer ou d'amener la majorité des pays "qui comptent" dans une direction politique voulue? Plus précisément, tu en connais beaucoup qui pourraient le faire sur cette question qui, si elle est loin d'être mineure (au contraire), n'est pas non plus ce sur quoi se fixent les priorités des dirigeants quand il s'agit de trouver des accords internationaux contraignants? La sécurité (au sens classique, donc on parle surtout des litiges effectifs ou potentiels entre Etats avec vision sur le court terme, et le moyen terme au mieux du mieux) et le commerce sont les lieux principaux où ils essaient de se concentrer, et les pas effectués dans ces domaines sont déjà réduits; pourtant, c'est là que l'essentiel du capital politique disponible pour les négociations est dépensé. Pour le reste, ils font avec ce qu'il reste, généralement des accords d'échanges d'infos plus ou moins limités, des dispositifs de consultations et procédures accélérées quand c'est possible, et quelques organisations plus ou moins concrètes, mais faiblement dotées et de capacité plus que limitée. Il y a peut-être encore une part de déformation culturelle qui fait penser à ce genre de trafics comme à des questions "mineures", du ressort de la police de chacun, et au plus d'accords régionaux facilitant leur travail, et on peut aussi trouver des raisons moins avouables (importance économique de fait de ce secteur dans tous ses aspects, tant par son importance, les marchandises traitées -de l'illégal au légal-, son impact économique et ses liens profonds avec l'économie "légale", mais aussi parfois liens de ses acteurs avec les décideurs politiques), mais le principal de l'affaire est qu'il y a aussi de profondes différences culturelles entre les cultures et populations des pays concernés sur le regard à avoir sur la chose et son traitement, qui transforment tout changement politique majeur (on parle ici de postures radicalement différentes, avec donc des mutations profondes des mentalités, des politiques, des moyens mis en place....) en une question bouleversante pour les scènes publiques des dits pays. Multiplie la chose par le nombre de pays concernés, et dis-moi quel pays (et ensuite seulement quel dirigeant ou système de gouvernement) pourrait être le moteur d'une telle révolution internationale. Je doute même que les USA, dans les meilleures conditions politiques et économiques possibles aujourd'hui (et qui sont loin d'être réunies en l'état de ce pays) pourraient avoir un leadership assez puissant pour faire changer de posture autant de pays; je doute même qu'ils aient la capacité d'impulser un tel changement à la seule Europe, à moins qu'on commence à parler d'un changement si profond aux USA que cela deviendrait un de leurs axes permanents de politique étrangère, sur au moins deux décennies (alors pas la peine d'espérer que France, Allemagne ou Angleterre puisse jouer ce rôle). Et de toute façon, le débat qui pourrait amener à ce changement de posture aux USA n'est même pas réellement entamé, donc d'ici à les voir bouger. Les deux exemples portugais (quelques années d'application seulement) et hollandais (quelques décennies d'application) n'ont pas fait bouger les choses d'un iota en Europe.... Indicatif? -
Un aperçu de la situation économique des Américains sur une période de 15 ans: - les 10% les plus riches: en 1998, la "valeur" moyenne (net worth, ou situation nette) d'un foyer de cette catégorie était de 646 600$, contre 1 130 700$ en 2013, soit +74,9% - la classe moyenne (une compilation un peu généralisante à mon goût de 5 déciles avec trop de diversité) est passée de 76 300 à 61 700$, soit -19,1% - la "working class" (7ème et 8ème décile) est passée de 47 400$ à 22 400$, soit -52,7% - la "lower class", aussi parfois appelée "underclass", est passée de 8300$ à 6100$, soit -26,5% - globalement, on constate ainsi un patrimoine américain moyen de 102 500$ en 1998, contre 81 200 en 2013, soit une baisse de 20,8% On peut contester les tranches choisies pour donner ces tendances, mais les écarts sont trop importants pour ne pas souligner les évolutions en cours. Même dans les 10% de tête, on trouvera que les fameux 1% au top, et plus encore le "terrible" 0,1% (en fait moins encore) des super riches, fausse de beaucoup le chiffrage pour ce décile tant les déséquilibres induit par la surconcentration des richesses ont atteint des dimensions macro-économiques. L'évolution des revenus est aussi mauvaise, et encore plus si on regarde la qualité et les perspectives de la grande majorité des jobs créés/recréés avec la "reprise" et qu'on examine la réalité du marché du travail américain, loin du taux de chômage "officiel" (si on regarde le non emploi, le sous-emploi et le taux de participation au marché du travail). Géographiquement, ce que les Américains appellent "middle class", définie par le niveau de revenus, est en retrait net dans 203 des 229 aires urbaines ("metropolitan areas"; je ne suis pas sûr de l'exacte définition) significatives. Mais globalement, la majorité de ces tendances ne datent pas de la crise, qui ne fut qu'un accélérant: elles étaient déjà largement en cours avant. Et les programmes publics censés minimiser ces écarts dans certains secteurs essentiels de la vie, et/ou amortir les chocs et les transitions (transports, justice, aide au logement, sécurité sociale....) n'ont pas suivi, voire ont souvent diminué. On peut aussi noter que ces tendances ont touché beaucoup plus durement certains groupes ethniques, surtout les noirs et latinos, beaucoup plus représentés dans le bas de la "middle class", dans la "working class" et dans la "lower class". La "valeur" médiane d'un foyer noir est de 7 113$, celle d'un foyer latino de 8 348$, celle d'un "blanc" est à 111 146$ (mais il y a une diversité bien plus vaste, et l'extrême sur-représentation des blancs dans le 1er décile, et surtout dans le 1% et dans le 0,1% fausse complètement ces données): ces chiffres reflètent avant tout la différence d'accès aux opportunités et à la mobilité sociale, aujourd'hui extrêmement basse aux USA (ce pourquoi le cas des "blancs" devrait être beaucoup plus décomposé -notamment sur base géographique- étant donné l'extrême diversité des situations dans cette population).
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Philippines : un nouveau président original
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Kiriyama dans Politique etrangère / Relations internationales
Je suis assez d'accord sur ta conclusion, jusqu'à un certain point: l'idée libertarienne de légaliser toutes les drogues contre une réglementation (production, qualité, distribution) me fait tiquer; en revanche, si je regarde la désormais célèbre politique adoptée au Portugal en matière de lutte anti-drogue (accompagnement et traitement), et si je lui adjoint celle de légaliser quelques-unes des drogues les plus courantes, à commencer par le cannabis/la marie-jeanne, je me dis qu'on pourrait non seulement tronçonner une part suffisamment significative des revenus et donc des moyens des réseaux criminels, mais aussi mieux circonscrire et encadrer une bonne part de la "demande" en lui permettant de gérer le problème, le tout à un coût bien moindre que le traitement répressif (je crois que le chiffrage comparatif aux USA, effectué par la RAND, avait déterminé que l'approche par le traitement coûtait 7 fois moins cher que l'approche version "war on drugs"). Ce ne serait évidemment pas une solution définitive, et on serait encore en face de certains trafics rapportant des sommes gigantesques aux diverses mafias de toutes tailles, mais il semble bien qu'on verrait un net changement de dimension du problème. Ceci dit, il faut aussi désormais adjoindre aux trafics de drogues illégales, anciennes et nouvelles, celui désormais n°1 mondial, du trafic de médicaments (réels et contrefaçons), dont le chiffre d'affaire dépasse largement celui des premières, et qui passe pour l'essentiel par les mêmes réseaux de distribution (ou du moins les mêmes entités qui les contrôlent). Résistance culturelle, inertie des politiques en place, qui le sont souvent depuis longtemps (gérer la transition, à soi seul, est long et en apparence peu productif pendant un moment), difficultés de coordination internationale (c'est beaucoup moins efficace si un ou quelques Etats épars le font, sans du coup impacter autant les organisations visées).... Pour revenir à Duterte, il est assez terrifiant comme gars: on ne sait pas si il croit aux conneries qu'il raconte, mais sa méthode très donaldtrumpienne sous amphètes (voire notamment le constant rabâchage public de ses "prouesses" sexuelles, y compris lors d'un mariage) rejoint le schéma classique, et semble t-il de plus en plus courant un peu partout, de "l'homme fort"/"homme providentiel" dont la démagogie fonctionne face à l'inertie et au polissage excessif de politiciens classiques, technocrates et/ou magouilleurs sans relief et egoncés dans des systèmes pourris dont l'action n'a que des conséquences entropiques sans amélioration visible du sort des pays dont ils ont la charge. Bref, quand une figure de ce type parvient à s'affirmer (il faut réunir les conditions, mais il faut aussi qu'il y ait une figure capable de jouer ce rôle et de se faire entendre et voir), on est dans le thème du "tous pourris" et l'aspiration à des solutions, fausses mais plaisantes sur le moment, simples et brutales, qui, pendant un temps, donnent l'impression que "quelque chose" est fait ou va être fait. Sans aller jusqu'au sempiternel revival comparatif des années 30 qui nous ferait dire "ça recommence", ou "c'est comme ça que ça commence", on peut voir Duterte s'inscrire dans cette tradition. La brutalité policière donne l'impression de résultats rapides tant qu'on ne regarde que le court terme et qu'on ne se penche pas trop sur les conséquences directes et indirectes; innocents tués/blessés/emprisonnés, floutage de la règle de droit, autoritarisme et concentration du pouvoir, toute puissance d'une caste/mouvance qui se retranche au pouvoir, impact limité ou nul sur la criminalité en ne s'attaquant qu'aux symptômes -et le plus souvent les moins dangereux, même si plus visibles et nombreux-.... Et à part cet aspect, la "lutte contre la corruption" est bien plus souvent le cas d'un remplacement des pourris en place par les pourris du nouvel arrivant, qu'une opération "mani pulite". Comme souvent avec de telles figures "d'homme fort", Duterte, c'est en grande partie beaucoup de gueule. -
Juste pour actualiser: Clinton est à 42% d'intentions de vote, Trump à 39 (dernier sondage Fox). Mais les points notables de ce sondage: - Trump a connu une chute de 6% - la chute fut très rude chez les indépendants (-11%), chez qui il ne mène plus que 35-30 - ce sondage se termine juste avant la réunification des démocrates, et donc le fort coup de pouce que Clinton va avoir après la "réconciliation" à la Maison Blanche, qui va, pour la première fois, autoriser à voir son premier véritable score
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On peut dire que la grande majorité des Américains ne savent pas vraiment comment leur propre système fonctionne, et on ne se trompera pas de beaucoup, et ce même s'il y a ce fond de sagesse et de perception populaire qui fait sentir que "le système est truqué", qui est bien sûr plus vrai à certains moments qu'à d'autres. Mais sur ce sujet particulier de la présidence, on dira qu'il y a président et président (et non, aucun des deux n'est un camembert), surtout quand on veut un président "transformateur"; pour qu'un président puisse avoir un tel rôle, il faut pas mal de conditions, en plus de ses qualités et motivations personnelles (et déjà, j'ai de sérieux doutes sur les deux domaines concernant Trump, au-delà de ce qu'il prétend être, être capable de, et vouloir). Le premier pouvoir du président pour être un canal de changements majeurs, c'est de savoir bien occuper le "bully pulpit", le poste présidentiel perçu comme tribune pour changer la conversation, pointer les fautes, désigner des coupables, proposer des solutions même si elles n'ont pas d'application immédiate.... Et le tout de façon insistante et percutante, avec acuité et force, sans pour autant perdre de capital politique ou de popularité. Un exercice déjà difficile. Ensuite, il faut avoir un vrai mouvement politique derrière soi, quelque chose de solide, pas comme les deux vastes coalitions appelées "partis" et dont le duopole dominant contraint la scène politique et les solutions possibles, rendant autre chose que le statu quo difficile, voire inatteignable. Historiquement, le progressisme américain, puis le néo-conservatisme dans les domaines fiscal et économique, ont été les deux plates-formes où un "marais" bipartisan a pu servir de point d'appui à certains présidents. A noter qu'une partie de ce soutien parlementaire à un président fort peut aussi être de nature personnelle, ou lié à ses qualités de médiateur ou de rassembleur (on peut penser ainsi aux 2 Roosevelts et à Lyndon Johnson). Ces deux piliers de l'action d'un président transformateur qui démarre sans soutien significatif pour sa plate-forme de changement majeur ne fonctionnent qu'avec le temps, ce qui fait essentiellement d'un premier mandat la période où il accumule la capacité à opérer du vrai changement, mais où il doit aussi faire suffisamment de choses pour être réélu. C'est ainsi qu'a procédé Théodore Roosevelt, mais aussi Woodrow Wilson, ou encore la "double présidence" Kennedy/Johnson. J'ajoute aussi que le président même le plus agressivement transformateur doit garder de bonnes relations avec suffisamment de monde au Sénat pour pouvoir exercer ce qui est peut-être son pouvoir le plus important, en tout cas le plus déterminant pour la nation (avec le veto, on argumentera): la nomination de juges à la Cour Suprême. S'il veut placer des gens qui auront un impact profond et durable sur l'interprétation de la loi dans la durée, il doit pouvoir limiter ses desideratas en matière de changement radical, et/ou avoir d'excellentes relations avec beaucoup de sénateurs. Un Sanders n'aurait pas eu d'autre moyen de mener son action, commençant un mandat, s'il avait été élu, avec une bien maigre mouvance parlementaire et peu de ponts à proposer aux camps d'en face. Donc c'est possible, mais pas comme Trump le suggère, et pas avec ce que lui amène à la table: une telle stratégie demande du temps, un plan bien défini et auquel on se tient (pas des humeurs du moment), des qualités personnelles conséquentes et une mouvance parlementaire, pour pouvoir graduellement bâtir le capital politique nécessaire. C'est toujours une supposition exagérée qu'on trouve dans tous les médias: croire que la majorité des Américains suivent la campagne en détail, ou font beaucoup plus que voir quelques trucs dessus (pendant pas trop longtemps) une fois par semaine au max. Mais sinon oui, je soulignais aussi le rôle croissant des "alter médias", soulignant cependant qu'il ne faut pas non plus les surestimer en terme de quantité ou de force d'impact sur la population en général. Les Américains regardent beaucoup les télés locales, par ailleurs, qui sont nettement moins politisées. Mais plus généralement, en termes politiques, quand je parle de "toucher" un électorat, c'est faire plus que simplement être sur l'écran qu'ils regardent (ce qui est déjà cher quand on veut être vu de 80-90% de la population américaine): c'est de faire passer le discours, de les convaincre d'aller voter, de prendre parti, de voter pour untel.... Voire de les faire venir militer. A chacune de ces réponses recherchées correspond un coût additionnel. Pas tant que ça, je crois. A moins que Trump ne change profondément quelque chose dans sa posture, son discours et ses choix.
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On en a déjà parlé plus haut: son ascension a effectivement été faite essentiellement grâce à l'ombrelle, aux relations et à la garantie de son père, et avec l'outil (le boîte familiale, un business de taille très conséquente) créé par ses grands parents et son père, dont il a eu la direction effective (avec le papounet en arrière plan comme garde fou) depuis 1971. Et avec en addition les divers dispositifs mis en place par le père pour garantir le train de vie du Donald. Comme le dit l'article: Ou comme le dit Bill Maher: "congratulations, you made it.... Against no odds". Une façon intéressante de présenter la candidature de Trump et son impact sur l'opinion, que j'ai entendue ce matin, est de voir qu'il est parvenu à incarner le changement; le problème est qu'il a aussi, contrairement à Sanders, réussi à incarner une face particulière du changement. On peut arriver à représenter le saut dans l'inconnu ou, comme Trump, le saut vers quelque chose qui fait peur. Et le problème qu'il s'est créé, au fil du temps mais encore plus dans les dernières semaines, une masse de thèmes mal définis mais assez clairement identifiés, qui l'associent à cette deuxième version du changement, celui qui fait au moins un peu plus peur qu'il n'exalte, et ce alors même qu'un changement de cap assez radical était effectivement la donne la plus puissante de cette primaire, ce qu'il avait identifié et ce sur quoi il a su surfer. Lui-même s'est défini comme voulant être une page blanche sur laquelle les électeurs placeraient leurs craintes et leurs espérances: il n'a apparemment pas pu faire autrement qu'accepter les souhaits et craintes d'une certaine partie de l'électorat, ce qui a quand même fini par le définir, si bien que le thème de la page blanche ne marche plus très bien (sauf pour la caractéristique essentielle: "blanche".... Ca, c'est un thème qui lui est devenu vraiment très associé). Il est bien trop défini politiquement, désormais, pour pouvoir jouer à l'attrape-tout selon les circonstances, comme il avait pu le faire au début malgré ses insistances régulières sur certains thèmes liés au "white nationalism". C'est devenu sa ligne trop dominante, à l'exclusion de beaucoup trop d'autres choses, ce qui lui aliène maintenant beaucoup de réservoirs démographiques, la plus grave perte en la matière pouvant être les femmes, y compris les femmes blanches et femmes blanches mariées en particulier, normalement deux électorats républicains solides (en partie confondus, évidemment, mais qu'on aborde de manière ciblée et différentiée quand même).
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[Union Européenne] nos projets, son futur
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Marechal_UE dans Politique etrangère / Relations internationales
Ils ont entre autres l'énorme secteur des retraites de fonctionnaires, souvent compté à part, qui ne passe pas par des caisses mais directement par le budget.